Lecture
par
Florence Giust-Desprairies et Benoît Gréan
à la Librairie Tschann
125 Bd du Montparnasse, 75006 Paris
11 février – 19h30
Lire Florence Giust-Desprairies ou Benoît Gréan, c’est à chaque fois faire l’expérience d’une manière originale de faire fluer le langage, mais aussi de viser un monde nouveau dans lequel nous avons du mal à nous repérer. Chez Giust-Desprairies comme chez Gréan – et chez la peintre Luisa Gardini avec qui celui-ci travaille depuis des années – ce qui est en jeu, c’est de produire une écriture du corps qui soit aussi un corps d’écriture, unique et pourtant partageable. Non pas un usage bien usé des « mots en liberté », un jeu facile avec la dispersion et le discontinu, ou à l’inverse un « lyrisme » plein de soi et sans portée, mais la transcription d’expériences et de réflexions concernant notre monde, ce monde de migrants, de « migration verticale », comme le dit Florence Giust-Desprairies, ou ce « monde aérophage », comme le dit de son côté Benoît Gréan.
Leurs approches sont bien sûr très différentes, mais je ne peux m’empêcher de noter, dans les deux cas, la fureur ou la colère plus ou moins rentrée qui s’exprime dans leurs vers, comme du reste dans la peinture de Gardini, et dans laquelle je vois une marque de la poésie d’aujourd’hui, ou en tout cas de celle qui compte à mes yeux, une poésie qui répond pleinement à ce que nous sommes en train de vivre.
Pascal Michon – Editions RHUTHMOS
F. Giust-Desprairies, Fureur ombilic, Paris, Rhuthmos, 2024, 84 p. – ISBN : 979-10-95155-37-9
F. Giust-Desprairies, Migration verticale, Paris, Rhuthmos, 2021, 86 p. – ISBN : 979-10-95155-28-7
B. Gréan & L. Gardini, Sonnets des satiétés, Paris, Rhuthmos, 2020, 68 p. – ISBN : 979-10-95155-24-9


