Présentation de la collection « Le libre jeu des plis »

Sophie Klimis
Article publié le 4 mars 2025
Pour citer cet article : Sophie Klimis , « Présentation de la collection « Le libre jeu des plis »  », Rhuthmos, 4 mars 2025 [en ligne]. https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article3121

Collection « Le libre jeu des plis »

 

 

Le titre de cette nouvelle collection de recherche-création condense l’insaisis­sable matrice des sens du rythme. Dans son étude pion­nière sur « La notion de “rythme” dans son expression linguistique », Émile Benveniste faisait référence au « péplos qu’on arrange à son gré » afin de donner à entendre ce que signifiait la notion de rhuthmos chez les Grecs avant que Platon ne la réifie en cadence : la « forme improvisée, momentanée, modifiable », la « mani­ère particulière de fluer » des « dispositions ou des configurations sans fixité ni nécessité naturelle et résul­tant d’un arrangement toujours sujet à changer ».

 

Avant lui, Friedrich Nietzsche avait terminé sa célèbre conférence sur Le drame musical grec par une référence en apparence accessoire au « libre jeu des plis » du costume de scène introduit par Eschyle. Si ce n’est qu’il poursuivait en affirmant que « le drame musical grec est pour tout l’art antique un tel libre jeu des plis : avec lui on voit dépassé tout ce qui entravait, tout ce qui isolait les différents arts […] contrainte, et pourtant grâce, diversité et pourtant unité, nombre d’arts hautement actifs et pourtant une seule œuvre d’art ». Autant dire que la tragédie athénienne fut pour Nietzche le rhuthmos par excellence : une forme ondoyante conjoignant tous les contraires. Un oxymoron vivant, incarné dans les corps des acteurs, mais aussi et surtout dans ceux des choreutes chantant et dansant.

 

La visée indissociablement politique et esthétique de cette collection, enracinée dans l’antiquité grecque pour permettre l’invention de nouveaux possibles, est ainsi de créer un espace d’expression libre, dans un monde où le néolibéralisme expirant nous confronte à tous les excès : virtualisation croissante de nos existences, déni de notre fragilité, immortalité fantasmée, appropriation et destruction de tout le vivant, réduction de la complexité de l’humain à de l’intellect désincarné ou à la pure matérialité d’un corps sans âme.

 

 

Les manuscrits sont à envoyer uniquement par courriel (format WORD, 12 Times new roman) à l’adresse suivante : sophie.klimis@uclouvain.be

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