Peut-on mesurer la vitesse du récit médiéval ? Réflexions sur le rythme, l’agencement et la lecture du roman en vers

Vanessa Obry
Article publié le 17 décembre 2025
Pour citer cet article : Vanessa Obry , « Peut-on mesurer la vitesse du récit médiéval ? Réflexions sur le rythme, l’agencement et la lecture du roman en vers  », Rhuthmos, 17 décembre 2025 [en ligne]. https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article3211

V. Obry, « Peut-on mesurer la vitesse du récit médiéval ? Réflexions sur le rythme, l’agencement et la lecture du roman en vers », Perspectives médiévales. Revue d’épistémologie des langues et littératures du Moyen Âge, no. 42, 2021.


Résumé : À partir de la définition, dans Figures III de Gérard Genette, de l’alternance de scènes et de sommaires comme le patron rythmique traditionnel du roman, l’article se demande à quelles conditions la mesure de la vitesse du récit et le système théorique forgé par Genette peuvent constituer un outil narratologique pertinent, pour l’étude de l’écriture et pour la compréhension des modes de lecture du roman médiéval. En s’intéressant à deux exemples de romans en vers des XIIe et XIIIe siècles (Erec et Enide de Chrétien de Troyes et Le Roman de la rose ou de Guillaume de Dole de Jean Renart), il propose une réflexion sur le rôle de la variation rythmique dans la fabrique de la continuité du roman.


Mots clés : vitesse, rythme, roman en vers, conjointure


Dans le chapitre « Durée » de Figures III, consacré à la vitesse du récit, Gérard Genette définit l’alternance de scènes et de sommaires comme le patron rythmique traditionnel du roman :

Dans le récit romanesque tel qu’il fonctionnait avant la Recherche, l’opposition de mouvement entre scène détaillée et récit sommaire renvoyait presque toujours à une opposition de contenu entre dramatique et non dramatique, les temps forts de l’action coïncidant avec les moments les plus intenses du récit tandis que les temps faibles étaient résumés à grands traits et comme de très loin […]. Le vrai rythme du canon romanesque, encore très perceptible dans Bovary, est donc alternance de sommaires non dramatiques à fonction d’attente et de liaison, et de scènes dramatiques dont le rôle dans l’action est décisif [1].

Le constat permet de souligner la singularité du récit proustien, où, en l’absence quasi-totale de sommaires et de pauses descriptives, ne subsistent que l’ellipse, lorsqu’une partie du temps de l’histoire n’est pas l’objet du récit, et la scène, à caractère itératif ou non. [...]

Notes

[1Gérard Genette, Figures III, Discours du récit, Paris, Seuil, 1972, p. 142.

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