ETHNOLOGIE et ANTHROPOLOGIE – « Temps et rythmes. L’anthropologie va vous surprendre ! » – musée du quai Branly, Jacques Chirac – Paris – 4 et 5 avril 2026

Rhuthmos
Article publié le 2 avril 2026
Pour citer cet article : Rhuthmos , « ETHNOLOGIE et ANTHROPOLOGIE – « Temps et rythmes. L’anthropologie va vous surprendre ! » – musée du quai Branly, Jacques Chirac – Paris – 4 et 5 avril 2026  », Rhuthmos, 2 avril 2026 [en ligne]. https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article3250

« Temps et rythmes. L’anthropologie va vous surprendre ! »

Musée du quai Branly, Jacques Chirac

Paris – 4 et 5 avril 2026

 

 

Résumé : À l’occasion de son vingtième anniversaire, le musée du quai Branly – Jacques Chirac convie le public à un week-end exceptionnel consacré à la découverte de l’anthropologie. Quatre conférences invitent le public à explorer le temps et les rythmes à travers les cultures du monde : des conceptions kanak du temps et de « l’anniversaire », aux archives sonores de l’époque coloniale, réveillées par la conférence musicale « MÈDE MI WÁ – Nous sommes des humains ». Le flamenco gitan fera ensuite entendre la cadence du compás, avec une conférence mêlant chant, danse et anthropologie, puis l’entrelacement des constellations, calendriers et performances rituelles en Amazonie occidentale sera mis en lumière.

 

Présentation générale de l’événement : Ce rendez-vous biennal met à l’honneur de jeunes anthropologues, mais aussi des artistes, des personnalités et des chercheurs de renom, à travers une riche programmation mêlant grandes conférences, mini-conférences interactives, projections cinématographiques, commentaires d’œuvres, performances et rencontres.

 

Plébiscité lors des précédentes éditions par près de 15 000 visiteurs, cet événement constitue un moment de découverte et d’échange autour de l’anthropologie sous toutes ses formes, dans un esprit convivial, sensible et accessible.

 

Quatre conférences invitent le public à explorer le temps et les rythmes à travers les cultures du monde : des conceptions kanak du temps et de « l’anniversaire », aux archives sonores de l’époque coloniale, réveillées par la conférence musicale « MÈDE MI WÁ – Nous sommes des humains ». Le flamenco gitan fera ensuite entendre la cadence du compás, avec une conférence mêlant chant, danse et anthropologie, puis l’entrelacement des constellations, calendriers et performances rituelles en Amazonie occidentale sera mis en lumière.

 

Les « têtes chercheuses », des mini-conférences illustrées, interrogent la notion de « progrès » au Mexique, le rap en Afrique subsaharienne, les dates et les durées dans la science archéologique, le calendrier maya, les rythmes de travail ou encore ceux du vivant, évoqués à travers les chants d’oiseau au Brésil.

 

Sur le Plateau des Collections, des conservateurs et des spécialistes font découvrir au public, sous un angle inédit, une sélection d’objets.

 

Deux projections exceptionnelles rythment le week-end : présenté en avant-première, DODJI, l’archet vodun d’Amaury Voslion raconte un voyage initiatique au Bénin, où la musique devient le langage d’une quête intime et spirituelle. I Am the Blues de Daniel Cross, invite, quant à lui, à un voyage vibrant au cœur du blues du Sud des États-Unis, à la rencontre de ses figures légendaires. Une sélection de courts métrages s’engagera sur les chemins polyphoniques que prend la transmission, vous propulsera dans l’énergie des danseuses et des danseurs et vous mettra dans la confidence de patrimoines musicaux secrets.

 

Tout au long du week-end, le salon de lecture Jacques Kerchache propose une sélection de bandes dessinées, comics, mangas et manhuas qui propulsent le lecteur dans les imaginaires du futur. Utopies et dystopies, récits apocalyptiques et uchronies éclairent des problématiques contemporaines.

 

Une rencontre consacrée au rythme de la mode, réunissant une chercheuse et une créatrice, abordera le mouvement « slow fashion » et l’enjeu de la durabilité.

 

Enfin, le week-end se clôturera en beauté avec le concert-lecture « S’ILÙ AKÒKÒ – Au rythme du temps » de Yewhe Yeton et Sophie Maillard, qui mêle rythmes béninois, témoignages sur la mémoire de l’esclavage, mots, silences et pulsations.

 

 

Programme des grandes conférences

Théâtre Claude Lévi-Strauss

 

Chercheurs confirmés, personnalités reconnues, musiciens, vidéastes et artistes explorent les notions de temps et de rythme, au fil de propositions originales fondées sur le dialogue et le croisement des regards.

 

Samedi 4 avril

 

1. 11h – 12h30 Pourquoi les Kanak ne fêtaient-ils pas leurs anniversaires ? Emmanuel KASARHEROU (Président du musée du quai Branly – Jacques Chirac) modérée par Benoît de L’ESTOILE (directeur de la Recherche et de l’Enseignement)

 

À partir de cette question en apparence simple, Emmanuel Kasarhérou explore une autre manière de penser le temps, l’individu et la société. En Nouvelle-Calédonie, composée d’une grande diversité de groupes humains et linguistiques, et plus spécifiquement dans la culture kanak, l’individu n’existe jamais seul : il est un faisceau de relations inscrit dans un collectif. Le temps ne s’y organise pas autour de l’âge individuel, mais autour de moments collectifs précisément codifiés – cycles agricoles, culture de l’igname, mort des chefs, levées de deuil – qui font événement pour la communauté et donnent au temps sa valeur sociale. A l’occasion du vingtième anniversaire du musée du quai Branly-Jacques Chirac, son président propose une réflexion en contre-champ sur l’identité, la mesure du temps, les évidences occidentales et les effets de la colonisation.

 

2. 15h30 – 17h Conférence musicale MEDE MI WA (“Nous sommes des humains”) Yewhe YETON (rappeur et chanteur béninois) et Cécile VAN DEN AVENNE (sociolinguiste)

 

Au printemps 1931, un régiment de tirailleurs africains quitte Fréjus, où il est caserné, pour participer à la grande Exposition coloniale internationale de Paris, qui se tient à Vincennes. Les tirailleurs font les plantons dans l’exposition et participent à des défilés militaires ainsi qu’à des parades folkloriques. À l’automne, certains y sont encore et sont réquisitionnés pour enregistrer des musiques « indigènes ». Parmi eux, un tirailleur dahoméen, nommé Hounsou dans les archives, enregistre un chant. Il tient la voix solo et le chœur reprend, sur un rythme kaka typique de la vallée de l’Ouémé. Il scande :

Nous sommes des contraints aux travaux forcés, Blanc, nous sommes contraints aux travaux forcés

Je ne suis pas un prisonnier, nous sommes des contraints aux travaux forcés

Ce chant est le point de départ de la proposition d’une chercheuse, française, et d’un musicien, béninois, Cécile Van den Avenne et Yewhe Yeton, pour une conférence musicale à deux voix. L’une raconte, l’autre chante, et le duo fait ressurgir les voix ensevelies dans les archives. La performance proposée fait entendre des chants qui n’avaient jamais vraiment été écoutés depuis plus de 90 ans, les mots mêmes tels qu’énoncés alors. La création musicale les réactive, leur réinsuffle une énergie. Les rythmes réveillent la mémoire.

 

Dimanche 5 avril

 

1. 11h – 12h30 conférence musicale : le compas, au rythme du flamenco, Caterina PASQUALINO (anthropologue EHESS), BASTIAN DE JEREZ et LORI LA ARMENIA (chanteur et danseuse de flamenco gitan)

 

L’art du flamenco incarne une révolte contre les pesanteurs et les injustices de l’ordre social. Cet anticonformisme s’exprime notamment par une temporalité disruptive se traduisant par des arrêts inattendus dans le continuum performatif. Mais le chant et la danse sont aussi une expérience collective. Suscitant un véritable phénomène de contagion émotionnelle, ils permettent de communier avec le public. Caterina Pasqualino invite à explorer les profondeurs d’un art qui ne cesse de fasciner et de surprendre. Une performance des artistes flamencos Bastian et Lori La Armenia accompagne la conférence.

 

2. 15h – 16h30 Le bal des astres : temps et rythmes rituels en Amazonie occidentale, Stephen HUGH-JONES et Thiago DA COSTA OLIVEIRA

 

Avec leurs connaissances astronomiques pointues et leur calendrier rituel élaboré, les peuples Tukano du Haut Rio Negro se distinguent dans le contexte de l’Amazonie autochtone par une traduction cosmopragmatique étendue de leur connexion au monde céleste.

 

Rythmée par les étoiles et les constellations, une série de danses rituelles marque le passage des saisons, la culture des jardins et le cycle annuel de la maturation des fruits et de la migration des poissons, indispensables à la vie en Amazonie.

 

Vêtus de costumes représentant le soleil et les astres, les danseurs qui dansent autour du centre de la grande maison et les étoiles du zodiaque qui tournent autour de la terre ne font plus qu’un : les étoiles dansent le peuple et le peuple danse les étoiles.

 

Dans une conversation richement illustrée de films, de photographies et d’enregistrements sonores, l’anthropologue Thiago da Costa Oliveira s’entretient avec Stephen Hugh-Jones, figure majeure de l’anthropologie amazonienne et spécialiste reconnu des peuples du Haut Rio Negro, au sujet des jaguars, des oiseaux, des poissons et des artefacts du zodiaque amérindien et de leurs liens avec les coiffes de plumes et les ornements corporels portés par les danseurs Tukano.

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