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		<title>Pascal MICHON, Les rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;
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		<dc:date>2010-07-12T04:21:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Eric Aeschimann</dc:creator>



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&lt;p&gt;Eric AESCHIMANN &#8211; Lib&#233;ration, 13 septembre 2007 P. Michon, Les Rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;, Paris, Les Prairies ordinaires, 2007, 311 p., 17 &#8364;. L'&#233;t&#233;, les Eskimo vivent dispers&#233;s, sont propri&#233;taires de leurs armes, n'ob&#233;issent qu'&#224; eux-m&#234;mes, ne participent &#224; aucune c&#233;r&#233;monie collective ; dans la longue nuit de l'hiver, ils se regroupent &#224; plusieurs familles par habitation, s'exaltent dans le chamanisme, mettent les biens en commun. Autre exemple : au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eric AESCHIMANN &#8211; &lt;I&gt;Lib&#233;ration&lt;/I&gt;, 13 septembre 2007&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
P. Michon, &lt;i&gt;Les Rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Les Prairies ordinaires, 2007, 311 p., 17 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'&#233;t&#233;, les Eskimo vivent dispers&#233;s, sont propri&#233;taires de leurs armes, n'ob&#233;issent qu'&#224; eux-m&#234;mes, ne participent &#224; aucune c&#233;r&#233;monie collective ; dans la longue nuit de l'hiver, ils se regroupent &#224; plusieurs familles par habitation, s'exaltent dans le chamanisme, mettent les biens en commun. Autre exemple : au III&lt;SUP&gt;e&lt;/SUP&gt; si&#232;cle, les premiers moines vivaient seuls cinq jours par semaine, mangeant et priant quand ils voulaient ; la communaut&#233; se retrouvait le samedi apr&#232;s-midi et le dimanche pour prendre un repas en commun et prier, jusqu'&#224; ce que, devenu religion d'Etat, le christianisme n'impose des r&#232;gles de vie plus strictes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ou encore : en 1900, alors que les rythmes industriels p&#233;n&#232;trent toute la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise , on note l'apparition, dans &#171; les milieux scientifiques, politiques, artistiques ou commerciaux industriels &#187; , d'individus s'&#233;mancipant des rythmes collectifs. &#171; Chacun se nourrit et travaille en fonction de ses n&#233;cessit&#233;s propres sans suivre exactement les sch&#233;mas cycliques et les routines qui s'imposent aux autres membres de la soci&#233;t&#233;. &#187; Favoris&#233;s mais r&#233;cusant les r&#232;gles, bourgeois et d&#233;j&#224; boh&#232;mes : des bobos avant l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Agr&#233;g&#233; d'histoire, ancien directeur de programme au Coll&#232;ge international de philosophie, Pascal Michon a d&#233;j&#224; plusieurs ouvrages sur le rythme &#224; son actif. Son objectif n'est pas de restituer les m&#233;tamorphoses du rythme &#224; travers les &#226;ges comme l'histoire des mentalit&#233;s aurait pu le faire autrefois. Pour lui, comme en son temps pour Henri Lefebvre, le rythme est bien plus qu'une production humaine : il est la substance m&#234;me o&#249; l'homme se construit, o&#249; la communaut&#233; s'&#233;chafaude, o&#249; les deux s'articulent - ou pas. Tout ce qui est rythmique est politique et tout ce qui est politique est rythmique, telle est l'&#233;quation qui sous-tend les Rythmes de la politique et le rend &#224; la fois d&#233;routant et passionnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le long avant-propos donne la mesure de l'ambition du projet. Dressant le panorama de la pens&#233;e critique aujourd'hui, Michon d&#233;nonce l'impasse des &#171; h&#233;ritiers &#187; , ceux qui continuent de penser avec les cat&#233;gories formalis&#233;es par Deleuze, Foucault ou Derrida, sans voir que les conditions historiques ont chang&#233;. La r&#233;cusation des grandes th&#233;ories, l'&#233;loge du r&#233;seau ou la d&#233;construction de l'individu-sujet &#233;taient des mots d'ordre corrosifs lorsqu'il s'agissait de lutter contre la pesanteur des vieux syst&#232;mes ; trente ans plus tard, le concept de monde fluide et la r&#233;duction des individus &#224; de &#171; simples paquets de connexions, des noeuds d'influence, des entrecroisements de flux &#187; ne sont plus que les relais id&#233;ologiques du lib&#233;ralisme financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est pour sortir du d&#233;voiement des seventies sans en renier l'acquis que Pascal Michon choisit de recourir &#224; l'id&#233;e de rythme. Le rythme, explique-t-il, c'est &#171; l'organisation de ce qui est mouvant &#187; . Certes, l'homme est fait de flux &#8211; flux du corps, du langage, de la vie sociale &#8211; mais aussi de processus qui organisent ces flux et vont faire de lui un individu, un sujet. Domestiquer le corps, scander la langue, concilier le vivre-seul et le vivre-ensemble sont autant d'op&#233;rations qui n&#233;cessitent des rythmes temporels et spatiaux, des rep&#232;res, des &#171; mani&#232;res &#187; . Ces mani&#232;res-l&#224; sont la mati&#232;re premi&#232;re de la politique : &#171; le rythme est au coeur de la question du pouvoir. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par exemple, l'organisation de la journ&#233;e. Vers 1830, les potiers anglais travaillent mollement le lundi et le mardi, passant plus de temps au bistrot qu'&#224; l'atelier ; du mercredi au samedi en revanche, les journ&#233;es peuvent atteindre 16 heures ; quand au dimanche, c'est repos. Ce rythme est une survivance m&#233;di&#233;vale, comparable dans son irr&#233;gularit&#233; et son laisser-aller aux rythmes saisonniers du travail agricole. Au Moyen Age, l'&#201;tat lui-m&#234;me est paresseux et se contente d'interventions ponctuelles dans la vie de ses sujets : l'imp&#244;t, les ex&#233;cutions publiques. Mais, avec la Renaissance et l'apparition des politiques publiques, il entreprend de renforcer la coh&#233;sion sociale en r&#233;gularisant les rythmes de vie. C'est le temps de la &#171; surveillance &#187;, d&#233;crit par Foucault. La prison et l'h&#244;pital, puis l'&#233;cole servent de laboratoire pour d&#233;finir un mod&#232;le de vie matinale, propre, ponctuelle. Un mod&#232;le o&#249; la manufacture viendra se glisser naturellement : en 1700, les Fonderies Crowley tiennent &#224; jour des fiches o&#249; l'heure d'arriv&#233;e des employ&#233;s est inscrite &#224; la minute pr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De la rythmisation de l'URSS (c&#233;r&#233;monies sportives, d&#233;fil&#233;s) au travail &#224; la cha&#238;ne taylorien, Pascal Michon explore les incarnations du rythme politique, tout en soulignant la n&#233;cessit&#233; de ne pas r&#233;duire cette histoire &#224; une simple mise au pas r&#233;pressive. Si ali&#233;nant qu'ait pu &#234;tre le travail r&#233;p&#233;titif, son abandon progressif au profit de la flexibilit&#233; ne s'est accompagn&#233; d'aucun suppl&#233;ment de libert&#233;. Au contraire, il s'est traduit par &#171; un assujettissement et une atomisation de la main d'oeuvre encore plus intenses, rendant possible, simultan&#233;ment, le renforcement du pouvoir d'une toute petite minorit&#233; &#187; . Il en va de m&#234;me pour l'information, dont la fluidification par les r&#233;seaux contemporains a pour effet de diminuer &#171; la tension interne &#187; et &#171; la capacit&#233; de prise en charge de la contradiction et du conflit &#187; . L'information &#171; est &#224; la fois pulv&#233;ris&#233;e, d&#233;sincarn&#233;e et d&#233;politis&#233;e par les nouveaux appareils techniques et par les nouvelles organisations sociales en r&#233;seau. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Entre le monde r&#233;gl&#233; d'hier et la soci&#233;t&#233; fluide d'aujourd'hui, le d&#233;fi politique et intellectuel est de construire une &#171; rythmicit&#233; &#187; de bonne qualit&#233;, &#171; une eurythmie simultan&#233;ment corporelle, discursive et sociale. &#187; Des 35 heures aux rythmes scolaires, des mouvements de capitaux &#224; l'organisation urbaine, le chantier des &#171; bons rythmes &#187; est immense.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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