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		<title>Maurice AYMARD, Claude GRIGNON, Fran&#231;oise SABBAN, (dir.), Le temps de manger. Alimentation, emploi du temps et rythmes sociaux </title>
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		<dc:date>2012-02-21T21:47:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Annie Hubert
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&lt;p&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans L'homme, Vol. 35, N&#176; 134, 1995, p. 241-242. M. Aymard, C. Grignon, F. Sabban, (dir.), Le temps de manger. Alimentation, emploi du temps et rythmes sociaux, Paris, &#201;ditions de la Maison des Sciences de l' Homme/Institut National de la Recherche Agronomique, 1993, 326 p. Nous voici plong&#233;s dans ce que l'on pourrait appeler une &#171; anthropologie du temps &#187; : le temps est-il ponctu&#233;, orchestr&#233; par les repas ? Le concept de temps change- t-il selon les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L150xH150/arton520-3d04e.jpg?1718472799' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans&lt;/i&gt; L'homme, &lt;i&gt;Vol. 35, N&#176; 134, 1995, p. 241-242.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M. Aymard, C. Grignon, F. Sabban, (dir.), &lt;i&gt;Le temps de manger. Alimentation, emploi du temps et rythmes sociaux&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de la Maison des Sciences de l' Homme/Institut National de la Recherche Agronomique, 1993, 326 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous voici plong&#233;s dans ce que l'on pourrait appeler une &#171; anthropologie du temps &#187; : le temps est-il ponctu&#233;, orchestr&#233; par les repas ? Le concept de temps change- t-il selon les cultures et les p&#233;riodes de l'histoire ? Le temps est-il de l'argent ? Les activit&#233;s li&#233;es &#224; l'alimentation contribuent-elles &#224; rythmer la vie sociale ? Toutes ces interrogations structurent un ouvrage passionnant o&#249; l'on trouve des d&#233;finitions d'un temps que l'on pourrait qualifier de &#171; traditionnel &#187; et d'un temps &#171; moderne &#187; pass&#233; dans la cat&#233;gorie &#233;conomique de pertes et profits et illustr&#233; par l'expression &#171; budget temps &#187;. Sociologues, anthropologues, historiens, &#233;conomistes, biologistes m&#232;nent ici une r&#233;flexion commune sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; la question : y a-t-il une horloge biologique qui d&#233;finirait et rythmerait le temps par des besoins physiologiques universels, Virginia Utermohlen r&#233;pond qu'il existe des rythmes pr&#233;cis, de 6 heures et de 4 heures, exigeant des prises alimentaires pour permettre le fonctionnement du cerveau sans pertes de r&#233;serves. Toutefois ceux-ci sont organis&#233;s diff&#233;remment selon les cultures. Stephen Menell, s'inspirant de l'&#339;uvre de Norbert Elias, fait voir comment se sont mis en place ces rythmes &#224; la fois biologiques et sociaux, comment se cr&#233;e le &#171; temps social &#187;. Fran&#231;oise Sabban nous emm&#232;ne en Chine ancienne o&#249; le calendrier lunaire, les cycles, les saisons sont &#224; la base de l'agriculture, de la cuisine et de la conservation des aliments ; o&#249; r&#232;gne un concept de temps optimal, en ann&#233;es, mois, jours et m&#234;me heures, propices &#224; la production de divers types de denr&#233;es alimentaires. Fran&#231;ois Sigaut &#233;tudie la mani&#232;re dont l'alimentation a structur&#233; nos rythmes sociaux, &#224; moins que ce ne soit l'inverse : nous sommes confront&#233;s &#224; cette frange floue entre nature et culture o&#249; chaque groupe humain s'est forg&#233; une mani&#232;re d'exister et d'expliquer le temps. Sa pr&#233;sentation de l'alimentation paysanne aux XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles nous &#233;claire sur les n&#233;cessit&#233;s biologiques des travailleurs paysans, leurs go&#251;ts, les quantit&#233;s consomm&#233;es, qui attestent la lente et profonde transformation op&#233;r&#233;e depuis trois si&#232;cles : notre culture a chang&#233;, et de m&#234;me nos aliments et nos go&#251;ts. D'o&#249; une vision diff&#233;rente du temps et de sa r&#233;partition dans la journ&#233;e. Peter Scholliers compare le temps consacr&#233; &#224; l'alimentation dans l'Europe ouvri&#232;re des XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Quelle place tenait alors la pr&#233;paration et la prise des repas dans la journ&#233;e de travail ? On commence &#224; entrevoir l'id&#233;e que &#171; le temps c'est de l'argent &#187;. Des diff&#233;rences notables apparaissent dans l'alimentation des ouvriers et des paysans, tout comme dans leurs rythmes de travail. Une comparaison entre classes laborieuses et bourgeoises indique enfin que plus le revenu augmente, plus on consacre de temps &#224; manger. Mats Essemyr analyse le temps consacr&#233; &#224; la production et &#224; la pr&#233;paration des aliments en Su&#232;de au si&#232;cle dernier, alors que se d&#233;veloppe une classe ouvri&#232;re. &#192; mesure que s'accro&#238;t le revenu, le temps consacr&#233; &#224; la production de nourriture diminue. La composition du r&#233;gime alimentaire change, avec une consommation accrue de viande et de produits laitiers, ph&#233;nom&#232;ne universellement li&#233; au d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans des soci&#233;t&#233;s plus lointaines, Mary Weismanel d&#233;crit les transformations qui affectent les Indiens de Zumbagua dans les Andes &#233;quatoriennes. Le temps traditionnel est celui des femmes, qui restent au village. Les hommes vont chercher du travail dans les villes et reviennent p&#233;riodiquement. Cela induit de profonds changements dans la soci&#233;t&#233;, modifiant le travail des femmes et introduisant la perspective d'une assimilation &#224; la culture occidentale. Subsistent cependant les repas et le temps traditionnels lors des f&#234;tes. La r&#233;sistance culturelle se manifeste non plus au quotidien, mais dans le rythme annuel des grandes c&#233;l&#233;brations. Jeanne Cobbi aborde le partage alimentaire au Japon o&#249; le don d'aliments est essentiel au bon fonctionnement des relations sociales. Tous les &#233;v&#233;nements de la vie, toutes les f&#234;tes sont l'occasion d'&#233;changer des dons de nourriture. Soulignons l'extr&#234;me valorisation de la fra&#238;cheur des aliments et l'intervalle minimal entre leur pr&#233;paration et leur absorption. Le facteur saisonnier a &#233;galement son importance dans le choix des dons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean-Louis Flandrin diss&#232;que notre temps pass&#233;. Comment nos heures de repas ont- elles chang&#233; ? Les mod&#232;les ant&#233;rieurs au XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mentionnent le plus souvent quatre repas quotidiens : d&#233;jeuner, d&#238;ner, go&#251;ter et souper. Leurs horaires ont &#171; gliss&#233; &#187; au cours des si&#232;cles et des saisons, le d&#233;jeuner surtout : de premier repas de la journ&#233;e il est devenu celui de la mi-journ&#233;e. Le repas du matin s'escamote et devient tr&#232;s l&#233;ger chez les bourgeois et les nantis. Il en va ainsi chez les bourgeois parisiens du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, selon Anne Martin-Fugier. L'horaire mondain requiert de servir le dernier repas de la journ&#233;e au milieu de la nuit, les gens de bonne compagnie se couchant vers quatre heures du matin. Ici encore, l'horaire bourgeois montre le recul de l'heure du d&#238;ner. Steven Kaplan &#233;voque le temps fant&#244;me de ceux qui vivent &#224; contre-temps, entre autres les boulangers, travaillant la nuit il y a un si&#232;cle. En conclusion, Claude Grignon tente d'expliquer la gen&#232;se de notre repas. Comment les horaires ont &#233;t&#233; influenc&#233;s par les enjeux &#233;conomiques et sociaux, comment il fut le produit de rencontres souvent conflictuelles de mod&#232;les culturels et sociaux diff&#233;rents : la r&#232;gle traditionnelle, le monde paysan, le monde de l'usine, l'usage bourgeois, l'exercice du pouvoir. &#171; Le mod&#232;le des repas fait partie de l'ensemble des r&#232;gles culturelles qui font obstacle, sous une forme maintenant la&#239;cis&#233;e, aux int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques qui poussent plus que jamais &#224; la d&#233;r&#233;glementation chronologique de la vie sociale &#187;, dit-il, soulignant combien les rythmes et types de prises alimentaires sont un enjeu vital de l'expression sociale et culturelle, mais aussi des d&#233;veloppements &#233;conomiques, voire politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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