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		<title>Le rythme de la prose
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		<dc:creator>&#201;ric Bordas
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&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans Semen 16 | 2003 et &#233;t&#233; mis en ligne ici. Nous remercions &#201;ric Bordas de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire sur RHUTHMOS. Comme chacun sait, le rythme est partout : dans la vie quotidienne (en tant qu'exp&#233;rience), comme dans les discours savants (en tant que r&#233;f&#233;rence). Dans le monde, comme dans la prose du monde qui rend celui-ci sensible &#224; d&#233;faut de toujours le rendre intelligible. La r&#233;currence de cette perception et de cette mention rythme elle-m&#234;me nos (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique28" rel="directory"&gt;Po&#233;tique et &#201;tudes litt&#233;raires &#8211; GALERIE
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans&lt;/i&gt; Semen &lt;i&gt;16 | 2003 et &#233;t&#233; mis en ligne &lt;a href=&#034;http://semen.revues.org/2660&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;. Nous remercions &#201;ric Bordas de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire sur RHUTHMOS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
Comme chacun sait, le rythme est partout : dans la vie quotidienne (en tant qu'exp&#233;rience), comme dans les discours savants (en tant que r&#233;f&#233;rence). Dans le monde, comme dans la prose du monde qui rend celui-ci sensible &#224; d&#233;faut de toujours le rendre intelligible. La r&#233;currence de cette perception et de cette mention rythme elle-m&#234;me nos tentatives de rapprochement du mouvement et du temps pour permettre une appr&#233;hension plus claire du sujet recteur. Cons&#233;quence bien connue et in&#233;vitable : le mot (banalis&#233;) tend &#224; remplacer le concept (incertain), pour &#233;vacuer les questions de fond, &#224; commencer par les d&#233;finitions concurrentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les &#171; 100 d&#233;finitions du rythme &#187; r&#233;unies par P. Sauvanet dans sa somme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, par exemple, se demande Pierre Sauvanet, dans une th&#232;se magistrale de philosophie consacr&#233; &#224; cet objet instable (2000, t. 1, p. 147), &#171; qu'y a-t-il au juste de commun entre les trois expressions suivantes : un &lt;i&gt;rythme ternaire&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;rythme cardiaque&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;rythme syncop&#233;&lt;/i&gt; ? &#187;. Filons-nous une m&#233;taphore ? mais laquelle, au juste ? N'avons-nous pas plut&#244;t trois r&#233;f&#233;rents bien distincts, trois objets perceptibles par leurs qualit&#233;s rythmiques, que nous assimilons &#224; une superstructure cognitive qui serait ce rythme magique. Car la superposition des emplois lexicaux ne saurait passer pour une syncr&#232;se acceptable : &#171; &lt;i&gt;rythme ternaire&lt;/i&gt; d&#233;signe a priori une pure structure formelle, &#224; laquelle seule une p&#233;riodicit&#233; potentielle conf&#233;rerait &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; une temporalit&#233; ; &lt;i&gt;rythme cardiaque&lt;/i&gt; d&#233;signe au contraire a priori un simple cycle de battements, se r&#233;p&#233;tant &#224; intervalles r&#233;guliers, auquel seule une structure de pens&#233;e &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; conf&#233;rerait une intelligibilit&#233; ; quant au &lt;i&gt;rythme syncop&#233;&lt;/i&gt;, il renvoie &#224; la dimension fondamentale du mouvement, qui s'oppose &#224; tout ce qui est m&#233;canique ou m&#233;trique, et qui se laisse difficilement appr&#233;hender a priori. Seule l'analyse th&#233;orique permet de le distinguer &#187; (Sauvanet, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;). Parlons-nous donc encore de la m&#234;me chose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De la m&#234;me fa&#231;on, et dans le domaine de la langue, ce que nous appelons &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; en po&#233;sie versifi&#233;e classique correspond-il au rythme de la prose ? La prose, d'ailleurs, a-t-elle un rythme ? Une r&#233;ponse cat&#233;gorique n'est pas possible sans quelques mises au point g&#233;n&#233;rales, et l'on anticipera tout de suite la conclusion en affirmant que ce clivage artificiel, qui oppose prose et po&#233;sie, est absolument intenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On a la (bonne) habitude de commencer toute r&#233;flexion sur le rythme par la d&#233;finition de Platon : &#171; &#8230; cet ordre du mouvement a re&#231;u le nom de rythme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lois, 665a.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'organisation du mouvement rythm&#233; (et rythmique) s'op&#232;re formellement gr&#226;ce &#224; l'existence de &#171; relais de m&#234;me nature &#187; (Pineau, 1979, p. 12) que la perception, auditive et/ou visuelle, sensible quoi qu'il en soit, rep&#232;re dans une construction g&#233;n&#233;rale, une configuration des mat&#233;riaux trait&#233;s. Le mouvement est ainsi d&#233;fini par l'alternance dynamique des &#171; &#233;lans &#187; et des &#171; pos&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Traduction, aussi simple que possible, des mots grecs arsis et th&#233;sis.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : ces relais doivent &#234;tre assez rapproch&#233;s pour que leur r&#233;union fasse forme. Du point de vue de la motivation d'un tel mouvement physique, Nicolas Abraham (1972), se fondant sur la psychanalyse, a montr&#233;, &#224; la source de l'&#233;nergie rythmique, la pression permanente du d&#233;sir humain cherchant sans cesse &#224; se donner des moyens de se satisfaire, puis insuffisamment satisfait par chacun des moyens qu'il a &#233;labor&#233;s et remis en qu&#234;te par le sentiment de frustration qui d&#233;coule de cette exp&#233;rience. En fait, il appara&#238;t tr&#232;s vite que le principal probl&#232;me &#224; r&#233;soudre est celui d'un m&#233;talangage : comment dire le rythme comme configuration temporelle organis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Benveniste, dans son &#233;tude lexicale de ce qu'il pr&#233;sentait comme &#171; le principe du mouvement cadenc&#233; &#187; (1966, p. 335), a admis l'effort de m&#233;taphorisation presque indispensable pour sugg&#233;rer un contenu s&#233;mantique &#224; l'id&#233;e de &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt;, sans pour autant cacher ses r&#233;ticences devant les d&#233;rives impr&#233;cises que semblable conceptualisation par l'image ne pouvait qu'entra&#238;ner. Objet d'une &#233;vidente pr&#233;sence en musique bien s&#251;r, mais aussi en po&#233;sie versifi&#233;e, le rythme se per&#231;oit &#8212; &#224; d&#233;faut de se d&#233;finir &#8212; comme une &#171; &lt;i&gt;alternance&lt;/i&gt; de marques (temps fort, temps faible) du m&#234;me et du diff&#233;rent &#187; (Dessons &amp; Meschonnic, 1998, p. 33), de vide et de plein, de longues et de br&#232;ves, comme un d&#233;coupage, par intervalles, du son sur fond de silence. Cette conception peut conduire &#224; oublier que le rythme est fondamentalement un &lt;i&gt;mouvement&lt;/i&gt;, et non un compte, un pointage, oubli ent&#233;rin&#233; par la m&#233;trique, qui entretient une notion fausse des unit&#233;s (vers, phrase ou strophe) en privil&#233;giant le sch&#233;ma sur le discours, et qui rend l'analyse du rythme de la prose presque toujours caduque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les critiques tr&#232;s s&#233;v&#232;res de G. Dessons &amp; H. Meschonnic, op. cit., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi, approfondissant l'approche de Benveniste, Henri Meschonnic (1982, p. 69-70) nous a appris &#224; penser le rythme comme &#171; une structure &#187;, &#171; un niveau &#187;, qui est l'organisation m&#234;me du sens dans le discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On prendra garde &#224; ne pas confondre syst&#232;me (ensemble organis&#233; par des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme d&#233;couvre le sens de l'&#233;nonc&#233;, et, partant, la trace du sujet de/dans cet &#233;nonc&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Si le sens est une activit&#233; du sujet, si le rythme est une organisation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De sorte que c'est toute une critique du signe linguistique que la reconnaissance de la notion de &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; implique par elle-m&#234;me : le rythme, comme organisation du continu dans le langage (Goux, 1999), met en &#233;vidence la structure discontinue du signe dans la paradigmatique langagi&#232;re. Tout ceci &#8212; dont il faut bien mesurer l'importance, car il s'agit rien de moins que d'une redistribution des &lt;i&gt;hi&#233;rarchies&lt;/i&gt; porteuses de sens, de valeurs et construisant les formes m&#234;mes de toute communication &#8212; peut se ramener &#224; la formule de Benveniste dans son travail sur le rythme pour proposer la reconnaissance d'autres paradigmes fondateurs que ceux du signe : le &#171; s&#233;mantique sans s&#233;miotique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le s&#233;miotique (le signe) doit &#234;tre RECONNU ; le s&#233;mantique (le discours) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend que les &#233;tudes de Benveniste et de Meschonnic, et aujourd'hui &#233;galement de G&#233;rard Dessons (1995), cherchent &#224; remplacer une &lt;i&gt;linguistique&lt;/i&gt; du discours qui avoue sur ce point pr&#233;cis ses limites&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est &#233;galement la conclusion du bilan de Wunenburger (1992).&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par une &lt;i&gt;po&#233;tique&lt;/i&gt; de l'&#233;nonciation, plus attentive &#224; la question des instabilit&#233;s des sujets s&#233;mantiques, au-del&#224; des supports privil&#233;gi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Compte tenu de ces pr&#233;cautions m&#233;thodologiques, on entendra par &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt;, dans une pr&#233;cision de la d&#233;finition platonicienne, &#171; l'organisation du mouvement de la parole par un sujet &#187; (Dessons &amp; Meschonnic, 1998, p. 28), id&#233;e qui a le m&#233;rite de replacer le sujet recteur au centre de la r&#233;flexion. Que cette organisation soit &#224; l'&#339;uvre dans le mat&#233;riau linguistique de la prose, c'est une &#233;vidence que seule la carence des outils d'analyse ou m&#234;me de r&#233;flexion pourrait sembler contredire. Mais il est bien &#233;vident que les probl&#232;mes pos&#233;s par sa reconnaissance sont consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, parce que le rythme, on l'a vu, implique la pr&#233;sence concr&#232;te et active du &lt;i&gt;silence&lt;/i&gt; comme superstructure sensible. Or, comme le signalait d&#233;j&#224; Daniel Delas il y a quelques ann&#233;es (1991), en un avertissement qui n'a peut-&#234;tre pas &#233;t&#233; assez entendu, il est certain que la linguistique ne conna&#238;t gu&#232;re le silence, mais seulement la &lt;i&gt;pause&lt;/i&gt;, qu'elle subordonne toujours au continuum de la cha&#238;ne parl&#233;e et/ou &#224; celui de la logique de la pens&#233;e. Nous aurions tout &#224; gagner &#224; apprendre &#224; ne pas penser le silence par d&#233;faut, moins encore &#224; le vivre comme une menace d'aphasie, mais &#224; l'envisager comme un discours actif, qui a sa syntaxe, &#224; d&#233;faut d'avoir une grammaire et un lexique. Une syntaxe concr&#233;tis&#233;e dans les pulsations rythmiques de son apparition/disparition, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Autre probl&#232;me th&#233;orique pos&#233; par l'id&#233;e m&#234;me d'un rythme non mesurable en unit&#233;s m&#233;triques de convention, la gestion de la prise en charge du &lt;i&gt;temps impliqu&#233;&lt;/i&gt; &#8212; par opposition au temps repr&#233;sent&#233; dans le discours parl&#233;. Et si le rythme, autre aspect du silence, n'&#233;tait qu'un r&#233;seau vide, n'existant seulement que dans son application &#224; la densit&#233; figurative d'une s&#233;miotique sp&#233;cifique ? quelle serait alors la dur&#233;e de cette vibration ? quelle serait sa chronologie originale, entre pr&#233;sent, pass&#233; et futur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Troisi&#232;me et dernier probl&#232;me ici envisag&#233;, comment analyser le rythme d'une langue dans un mat&#233;riau non esth&#233;tis&#233;, sans une linguistique de la &lt;i&gt;voix&lt;/i&gt;, qui ne soit pas une po&#233;tique du discours ? Sur ce point, plus que sur les deux pr&#233;c&#233;dents encore, il conviendrait de parvenir &#224; assouplir les relations entre linguistique et litt&#233;rature si l'on veut vraiment pouvoir obtenir une r&#233;ponse &#224; la question, et non rester sur des positions de principes. Le rythme de/dans la langue n'existe que par une mise en voix, qui implique une pr&#233;sence au monde &#224; partir de laquelle certains r&#233;seaux s&#233;miotiques peuvent se d&#233;ployer. C'est l&#224; la diff&#233;rence majeure avec la perception d'un rythme temporel, qui est un rythme historique, non articul&#233; en unit&#233;s auditives : rythme des &#233;v&#233;nements, rythme des saisons, etc. Compte tenu de ces trois difficult&#233;s d'intellection, on a choisi, dans le pr&#233;sent volume, d'envisager le rythme comme une &#171; grille d'orientation et de densification &#187; du discours (Ceriani, 1988, p. 37), en un mot comme une &lt;i&gt;aspectualisation&lt;/i&gt; du programme discursif, parfois pr&#233;sent&#233; dans sa variante narrative. Ainsi, le rythme de base, le rythme fondateur de toute &#233;nonciation, peut &#234;tre con&#231;u comme structure &#171; de contr&#244;le responsable de la dynamique &#224; la fois temporelle et volitive &#187; de la production et de l'attente narrative, mais aussi po&#233;tique (Ceriani, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;), une structure qui est une empreinte absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On a donc choisi de partir du ph&#233;nom&#232;ne &lt;i&gt;rythmique&lt;/i&gt;, dans sa concr&#233;tude, par opposition &#224; l'abstraction du &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; comme concept immanent. Jean-Paul Goux ouvre le volume, en scientifique et en &#233;crivain, pour insister sur l'importance d'une syntaxe tr&#232;s large dans la perception et l'appr&#233;hension du rythme &lt;i&gt;dans&lt;/i&gt; la prose narrative, un rythme qui est d'abord &#171; allure &#187;, allant dans la continuit&#233; &#8212; trace de voix, et marque de style. Puis, trois &#233;tapes compl&#233;mentaires permettent de cerner cette pr&#233;sence active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Dans sa dimension linguistique, le rythme est un &lt;i&gt;r&#233;gulateur perceptif&lt;/i&gt;, qui peut jouer un r&#244;le unique dans l'activit&#233; de contrainte du sens. Albert Di Cristo analyse la m&#233;trique de la parole ordinaire, et tout le dispositif de mod&#233;lisation du syst&#232;me accentuel fran&#231;ais ; la m&#233;trique s'oppose au rythme, et ce ailleurs que dans l'opposition esth&#233;tique prose &lt;i&gt;vs&lt;/i&gt; po&#233;sie. Sabine P&#233;tillon, pour sa part, se penche sur l'&#233;nonciation des parenth&#232;ses, des formes de suspension, &#224; partir desquelles le sens bifurque et propose des interactions parfois retorses ; son support de r&#233;alisation privil&#233;gi&#233;e est l'unit&#233; &lt;i&gt;phrase&lt;/i&gt;, que le rythme contribue &#224; d&#233;finir, voire &#224; inventer. Il est clair que le rythme structure les possibilit&#233;s de production et de r&#233;ception de n'importe quel message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Cinq &#233;tudes consacr&#233;es &#224; la po&#233;tique, non des textes, mais du mat&#233;riau langagier choisi, envisagent ensuite le rythme, non plus comme une structure &#224; proprement parler, mais comme un &lt;i&gt;dispositif pragmatique&lt;/i&gt;. Jacques-Philippe Saint-G&#233;rand montre comment les dictionnaires, encyclop&#233;dies et autres manuels de rh&#233;torique et de po&#233;tique, du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, se sont &#233;puis&#233;s &#224; poursuivre une impossible d&#233;finition du &#171; rhythme &#187; en d&#233;vitalisant ce principe temporel par des aplatissements dynamiques hors contexte &#233;nonciatif. Le dialogue avec les d&#233;clarations de musiciens et de po&#232;tes fut un rendez-vous manqu&#233;. Jean-Michel Gouvard relit la &lt;i&gt;Grammaire g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt; de Beauz&#233;e pour revenir &#224; la source de l'analyse moderne de la prosodie. Il rend hommage &#224; l'originalit&#233; d'une pens&#233;e qui a anticip&#233; la reconnaissance d'une diff&#233;rence radicale entre accentuation de type m&#233;canique et accentuation li&#233;e &#224; l'expressivit&#233;. Beno&#238;t de Cornulier fait le point sur les &#171; probl&#232;mes d'analyse rythmique du non-m&#233;trique &#187;, r&#233;guli&#232;rement rappel&#233;s par les m&#233;triciens depuis Jean Mazaleyrat. Son travail vise &#224; nuancer l'opposition prose/po&#233;sie, tout en soulignant pourtant les incompatibilit&#233;s m&#233;thodologiques de base. De fa&#231;on radicalement diff&#233;rente, G&#233;rard Dessons creuse la dimension prosa&#239;que de &#171; tout ce qui n'est point vers &#187;, pour montrer que le clivage est une erreur totale, en particulier, donc, en ce qui concerne le rythme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Illouz &amp; Neefs (2002) pour un approfondissement de cette id&#233;e, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : refusant la reconnaissance n&#233;gative de la prose, il retrouve le prosa&#239;sme dans le rythme de certains vers. Enfin, Philippe Jousset propose une ph&#233;nom&#233;nologie de la prose comme objet de connaissance, dans le monde et sur le monde : il &lt;i&gt;&#233;coute&lt;/i&gt; le rythme des configurations narratives ou po&#233;tiques pour se demander comment &lt;i&gt;parle&lt;/i&gt; la prose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&#8212; Deux derni&#232;res &#233;tudes privil&#233;gient la dimension &lt;i&gt;stylistique&lt;/i&gt; du ph&#233;nom&#232;ne physique. Le rythme est alors envisag&#233; comme &lt;i&gt;strat&#233;gie de caract&#233;risation&lt;/i&gt;, plus ou moins ma&#238;tris&#233;e, dosage aspectuel et configuration d'une attente qui fait sens dans sa compl&#233;mentarit&#233; avec le silence. Marie-Christine Lala, relisant Duras, Bataille et Artaud, &#233;crivains de la violence s'il en est, et de ce que l'on appelle &#171; folie &#187;, &#233;tudie les diff&#233;rences de liaison dans le continu du mat&#233;riau discursif, autant que dans les continuit&#233;s de la rupture en tant que principe. Son &#233;tude place la voix au centre de la v&#233;rit&#233; de la prose, la voix qui est un autre aspect, sinon l'aspect m&#234;me, du style. Impossible de r&#233;aliser un volume sur le rythme de la parole et de la phrase, ou du texte, sans une &#233;tude sur le th&#233;&#226;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On lira les passionnantes r&#233;flexions d'A. Vitez, interrog&#233; par H. Meschonnic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : Arnaud Bernadet a choisi le th&#233;&#226;tre de Kolt&#232;s, ce th&#233;&#226;tre de la &#171; d&#233;mystification de la voix &#187;, qui prend le risque du silence, en un nouveau phras&#233; : le r&#233;citatif de cette prose ose le registre de l'amu&#239;ssement, racontant &#171; moins l'indicible qu'il ne le r&#233;alise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est &#224; la somme de Pierre Sauvanet (2000, t. 2, p. 179) que l'on empruntera le mot de la fin. &#171; Ce que permet une pens&#233;e du rythme, c'est peut-&#234;tre ceci : &#224; partir d'un point d'ancrage local, passer au &lt;i&gt;global&lt;/i&gt; sans tomber dans le total. Le rythme n'est pas tout, tout n'est pas rythme, mais les ph&#233;nom&#232;nes de rythmicit&#233; offrent une perspective globalisante, &#224; travers le sch&#232;me et le concept de rythme comme diff&#233;rentiel et comme mixte (structure, p&#233;riodicit&#233;, mouvement) &#187;. Peut-&#234;tre faudrait-il donc pr&#233;f&#233;rer le terme de &lt;i&gt;rythmique&lt;/i&gt; &#224; celui de &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; &#8212; comme on oppose le &lt;i&gt;musical&lt;/i&gt; &#224; la &lt;i&gt;musique&lt;/i&gt;. Le rythme est d'abord et exclusivement la propri&#233;t&#233; abstraite de ce qui est rythmique. &#171; Le rythmique permet de quitter le terrain d'une totalit&#233; pan-rythmique pour tenter de penser, non le tout, mais les diff&#233;rents aspects du rythme dans chacun de ses ph&#233;nom&#232;nes. Avec le rythme, la pens&#233;e ne vise donc pas un objet identique &#224; soi : tout juste peut-elle pr&#233;tendre &#224; fournir un &lt;i&gt;canevas conceptuel&lt;/i&gt;, &#224; mieux fixer le sens des mots que nous employons quand nous disons &#8216;rythme' &#187; (Sauvanet, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#201;preuve de libert&#233; intellectuelle, comme on parle d'&#171; &#233;preuve de r&#233;sistance &#187;, mais risque &#233;galement, l'&lt;i&gt;id&#233;e de rythme&lt;/i&gt; peut nous permettre de nous d&#233;gager du f&#233;tichisme du signe et du sens &#224; comprendre, pour faire accepter l'&#233;vidence d'une pr&#233;sence au monde.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;ABRAHAM, Nicolas [1972] : &#171; Le temps, le rythme et l'inconscient &#187;, &lt;i&gt;Revue
fran&#231;aise de psychanalyse&lt;/i&gt;, Paris, vol. XXXVI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BENVENISTE, &#201;mile [1966, 1974] : &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris,
Gallimard (2 tomes).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
CERIANI, Giulia [1988] : &#171; L'empreinte rythmique : r&#233;gulation, information,
contraintes &#187;, &lt;i&gt;Cahiers de S&#233;miotique Textuelle&lt;/i&gt;, Nanterre, n&#176; 14, p. 37-48.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DELAS, Daniel [1991] : &#171; Silence et rythme &#187;, &lt;i&gt;RITM&lt;/i&gt;, Nanterre, n&#176; 1, p. 11-20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DESSONS, G&#233;rard [1995] : &lt;i&gt;Introduction &#224; la po&#233;tique&lt;/i&gt;, Paris, Dunod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DESSONS, G&#233;rard, &amp; MESCHONNIC, Henri [1998] : &lt;i&gt;Trait&#233; du rythme. Des vers et
des proses&lt;/i&gt;, Paris, Dunod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GOUX, Jean-Paul [1999] : &lt;i&gt;La Fabrique du continu&lt;/i&gt;, Seyssel, Champ-Vallon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
ILLOUZ, Jean-Nicolas, &amp; NEEFS, Jacques (&#233;d.) [2002] : &lt;i&gt;Crise de prose&lt;/i&gt;, Saint-
Denis, PUV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
MESCHONNIC, Henri [1982] : &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du
Langage&lt;/i&gt;, Lagrasse, Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
PINEAU, Joseph [1979] : &lt;i&gt;Le Mouvement rythmique en fran&#231;ais. Principes et
m&#233;thodes d'analyse&lt;/i&gt;, Paris, Klincksieck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SAUVANET, Pierre [1996] : &#171; &#192; quelles conditions un discours philosophique sur le
rythme est-il possible ? (r&#233;ponse &#224; Henri Meschonnic) &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; P. Sauvanet &amp; J.-J.
Wunenburger (&#233;d.), &lt;i&gt;Rythmes et philosophie&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, p. 23-39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SAUVANET, Pierre [2000] : &lt;i&gt;Le Rythme et la raison&lt;/i&gt; (tome 1 : &lt;i&gt;Rythmologiques&lt;/i&gt;, tome
2 : Rythmanalyses), Paris, Kim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
TODOROV, Tzvetan (&#233;d.) [1965] : &lt;i&gt;Th&#233;orie de la litt&#233;rature&lt;/i&gt;, Paris, Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
VITEZ, Antoine [1982] : &#171; &#192; l'int&#233;rieur du parl&#233;, du geste, du mouvement. Entretien
avec H. Meschonnic &#187;, &lt;i&gt;Langue fran&#231;aise&lt;/i&gt;, Paris, n&#176; 56, p. 24-34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
WUNENBURGER, Jean-Jacques (&#233;d.) [1992] : &lt;i&gt;Les Rythmes : lectures et th&#233;ories&lt;/i&gt;,
Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir les &#171; 100 d&#233;finitions du rythme &#187; r&#233;unies par P. Sauvanet dans sa somme philosophique (2000, t. 1, pp. 230-245), qui vont de d&#233;finitions &#233;pist&#233;mologiques (Aristox&#232;ne de Tarente : &#171; Le rythme appara&#238;t lorsque la division des temps prend un ordre d&#233;termin&#233; &#187;) &#224; des intuitions plus lapidaires (Pablo Casals : &#171; Le rythme, c'est le &lt;i&gt;retard&lt;/i&gt; &#187;). De ce bel ensemble, on distinguera l'analyse de Diderot &lt;i&gt;(Salon de 1767)&lt;/i&gt; : &#171; Qu'est-ce donc que le rythme ? me demandez-vous. C'est un choix particulier d'expressions, c'est une certaine distribution de syllabes longues ou br&#232;ves, dures ou douces, sourdes ou aigres, l&#233;g&#232;res ou pesantes, lentes ou rapides, plaintives ou gaies, ou un encha&#238;nement de petites onomatop&#233;es analogues aux id&#233;es qu'on a et dont on est fortement occup&#233;, aux sensations qu'on ressent, et qu'on veut exciter, aux ph&#233;nom&#232;nes dont on cherche &#224; rendre les accidents, aux passions qu'on &#233;prouve et au cri animal qu'elles arracheraient, &#224; la nature, au caract&#232;re, au mouvement des actions qu'on se propose de rendre ; et cet art-l&#224; n'est pas plus de conventions que les effets de la lumi&#232;re
et les couleurs de l'arc-en-ciel ; il ne s'apprend point, il ne se communique point, il peut seulement se perfectionner. Il est inspir&#233; par un go&#251;t naturel, par la mobilit&#233; de l'&#226;me, par la sensibilit&#233;. C'est l'image m&#234;me de l'&#226;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 665a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Traduction, aussi simple que possible, des mots grecs &lt;i&gt;arsis&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;th&#233;sis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir les critiques tr&#232;s s&#233;v&#232;res de G. Dessons &amp; H. Meschonnic, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 32. L'id&#233;e vient des Formalistes russes en fait ; voir l'article d&#233;cisif de O. Brik, &#171; Rythme et syntaxe &#187;, ou les remarques de B. Eikhenbaum, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Tzv. Todorov (1965).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On prendra garde &#224; ne pas confondre &lt;i&gt;syst&#232;me &lt;/i&gt; (ensemble organis&#233; par des unit&#233;s qui sont interd&#233;pendantes) et &lt;i&gt;structure&lt;/i&gt; (ensemble d'unit&#233;s solidaires, mais pas n&#233;cessairement interd&#233;pendantes). Pour une discussion des propositions de Meschonnic, voir Sauvanet (1996).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Si le sens est une activit&#233; du sujet, si le rythme est une organisation du sens dans le discours, le rythme est n&#233;cessairement une organisation ou configuration du sujet dans son discours &#187;, H. Meschonnic, &lt;i&gt;ibid.&lt;/i&gt;, p. 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Le s&#233;miotique (le signe) doit &#234;tre RECONNU ; le s&#233;mantique (le discours) doit &#234;tre COMPRIS. [&#8230;] Le privil&#232;ge de la langue est de comporter &#224; la fois la signifiance des signes et la signifiance de l'&#233;nonciation. De l&#224; provient son pouvoir majeur, celui de cr&#233;er un deuxi&#232;me niveau d'&#233;nonciation, o&#249; il devient possible de tenir des propos signifiants sur la signifiance &#187;, &#201;. Benveniste (1974, p. 64-65).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est &#233;galement la conclusion du bilan de Wunenburger (1992).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Illouz &amp; Neefs (2002) pour un approfondissement de cette id&#233;e, historicis&#233;e tout au long du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On lira les passionnantes r&#233;flexions d'A. Vitez, interrog&#233; par H. Meschonnic (1982), pour mesurer toute la pluralit&#233; de r&#233;alisation de la voix au th&#233;&#226;tre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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