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		<title>Les mobilit&#233;s du &#171; vivre libres ensemble &#187;
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Godard
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		<description>
&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans Informations sociales, 2006/2, N&#176; 130, p. 60-71.&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sociologie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1196 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/pdf/Francis_Godard_Les_mobilites_du_vivre_libre_ensemble.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 143 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779450480' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans&lt;/i&gt; Informations sociales, &lt;i&gt;2006/2, N&#176; 130, p. 60-71.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Vie publique et vie priv&#233;e : de nouveaux r&#233;gimes temporels
</title>
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		<dc:date>2014-09-09T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Godard
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue R&#233;seaux, 2007/1, N&#176; 140, p. 29-65. Personne ne le conteste, et ceci est devenu un lieu commun, nos modes de vie connaissent des mutations importantes et sont amen&#233;s &#224; en conna&#238;tre d'autres encore plus importantes. Depuis la fin des &#171; trente glorieuses &#187; une succession de transformations se cumulent pour aboutir &#224; ce que l'on peut consid&#233;rer comme le d&#233;but d'une v&#233;ritable mutation anthropologique. Les explications propos&#233;es pour comprendre un tel (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sociologie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu multi-appartenant&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Pour conclure&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Pour conclure&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;f&#233;rences&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue &lt;/i&gt; R&#233;seaux,&lt;i&gt; 2007/1, N&#176; 140, p. 29-65.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Personne ne le conteste, et ceci est devenu un lieu commun, nos modes de vie connaissent des mutations importantes et sont amen&#233;s &#224; en conna&#238;tre d'autres encore plus importantes. Depuis la fin des &#171; trente glorieuses &#187; une succession de transformations se cumulent pour aboutir &#224; ce que l'on peut consid&#233;rer comme le d&#233;but d'une v&#233;ritable mutation anthropologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les explications propos&#233;es pour comprendre un tel mouvement ne manquent pas. Les diverses th&#232;ses de l'hypermodernit&#233; pr&#233;tendent en fournir les cl&#233;s mais au prix de g&#233;n&#233;ralisations et de simplifications parfois excessives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces mutations se manifestent de bien des mani&#232;res dont nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; percevoir les sympt&#244;mes dans les transformations des comportements individuels. Nous souhaiterions, pour notre part, analyser l'une d'entre elles particuli&#232;rement significative de la nouvelle &#233;poque o&#249; nous sommes engag&#233;s. Il s'agit du processus de r&#233;organisation des pratiques quotidiennes. On a largement &#233;tudi&#233; les processus de r&#233;organisation des temps de travail ou les &#233;volutions des pratiques de consommation et de sociabilit&#233; mais on commence seulement &#224; apercevoir que c'est l'ensemble de nos programmes d'activit&#233; dans la vie priv&#233;e comme dans la vie professionnelle qui s'organise diff&#233;remment. De ce point de vue, deux probl&#232;mes m&#233;ritent une attention particuli&#232;re : celui de la structuration de l'architecture temporelle de nos vies quotidiennes et celui de la red&#233;finition des rapports entre vie publique dans sa dimension professionnelle, d'une part, et vie priv&#233;e dans sa dimension familiale, d'autre part. Le temps se fait rare donc pr&#233;cieux : on &#233;conomise du temps ici pour mieux en d&#233;penser ailleurs selon une autre distribution de la valeur temps au cours de la journ&#233;e, de la semaine, de l'ann&#233;e ou de l'existence. Les cat&#233;gories qui servent &#224; d&#233;crire les pratiques sociales sont remises en cause, celle de la c&#233;sure traditionnelle entre vie publique et vie priv&#233;e comme bien d'autres. On pourrait imm&#233;diatement objecter que cette c&#233;sure n'a jamais exist&#233; dans le monde de la petite entreprise (agricole, artisanale ou commerciale), ou encore qu'elle n'a pas lieu d'&#234;tre pour l'ensemble des retrait&#233;s dont le poids dans la population et l'importance &#233;conomique ne cessera d'augmenter dans les ann&#233;es &#224; venir, ou qu'elle rev&#234;t un sens tr&#232;s particulier dans le cas des populations exclues du march&#233; du travail. On pourrait certainement montrer que dans chacun de ces cas, elle rev&#234;t d'autres formes mais tel n'est pas notre propos. Nous souhaitons plut&#244;t focaliser notre analyse sur ces populations situ&#233;es au c&#339;ur des enjeux de productivit&#233; d'une soci&#233;t&#233; dans tous les aspects de la vie professionnelle ou priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plusieurs tendances structurelles marquent l'ensemble des pays d&#233;velopp&#233;s. Certaines r&#233;sultent d'une &#233;volution de longue port&#233;e historique d'ordre culturel qui a conduit &#224; plus d'autonomie des personnes. D'autres r&#233;sultent d'une transformation du travail issue de la mondialisation de l'&#233;conomie. D'autres, enfin, r&#233;sultent de la profonde transformation des rapports au temps et &#224; l'espace, associ&#233;e au d&#233;veloppement des nouvelles technologies de communication mat&#233;rielles (les moyens de transports rapides) et immat&#233;rielles (les dites TIC). Leurs effets se m&#234;lent de mani&#232;re &#233;troite dans la constitution de nouveaux r&#233;gimes temporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De l&#224; d&#233;coule une s&#233;rie de nouvelles questions concernant l'organisation de notre vie quotidienne. Comment la multi-appartenance et la capacit&#233; &#224; construire des programmes d'activit&#233;s complexes par la ma&#238;trise du temps aboutissent-elles alors &#224; d'autres mani&#232;res d'articuler les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie individuelle ? Va-t-on vers une intensification de notre vie priv&#233;e sur le mode de l'intensification du travail et vers la mont&#233;e en puissance de la productivit&#233; individuelle sur tous les plans ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion d'intensification du travail est accept&#233;e et a fait l'objet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'adoption massive et rapide des nouvelles techniques de communication par les individus semblerait &#234;tre associ&#233;e &#224; cette sorte d'injonction latente &#224; optimiser l'organisation de sa vie dans toutes ses dimensions professionnelles ou priv&#233;es. S'accompagne-t-elle r&#233;ellement d'une r&#233;organisation globale de nos programmes d'activit&#233; o&#249; vie professionnelle et vie priv&#233;e finiraient par se confondre, comme cela est parfois affirm&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La th&#232;se de l'&#233;mergence d'un nouveau mod&#232;le de comportement propre &#224; l'individu contemporain se propose alors comme r&#233;ponse &#224; de telles questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il appara&#238;trait pour certains que se profile une matrice comportementale commune &#224; toute une soci&#233;t&#233; sur le mod&#232;le de la th&#233;orie de la personnalit&#233; de base &#233;labor&#233;e en leur temps et dans leur soci&#233;t&#233; du moment par bien des auteurs tels par exemple, David Riesman avec son ouvrage &#171; La foule solitaire &#187; ou avec David Linton avec son ouvrage sur &#171; La personnalit&#233; de base &#187; ou encore Eric Fromm&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FROMM, 1941.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ses th&#233;ories de la personnalit&#233; autoritaire. Cette nouvelle matrice s'imposerait d&#233;j&#224;, en ce sens qu'elle organiserait peu ou prou l'ensemble des pratiques de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, il est difficile de tracer un portait coh&#233;rent de ce nouvel id&#233;al type tant l'ensemble des &#233;crits cens&#233;s d&#233;crire l'univers de l'hypermodernit&#233; pr&#233;sentent de th&#232;ses contradictoires sous une fa&#231;ade de coh&#233;rence trompeuse. L'homme hypermoderne serait ici, un &#234;tre de l'imm&#233;diatet&#233; et l&#224;, un &#234;tre de r&#233;flexivit&#233; ; il serait ici, port&#233; par la recherche de la jouissance et de la satisfaction imm&#233;diate des d&#233;sirs et l&#224;, comme un &#234;tre calculateur multipliant des strat&#233;gies assurantielles ; il serait ici, d&#233;fini &#224; partir d'une personnalit&#233; de base et l&#224;, comme un comme un combin&#233; identitaire associant de multiples r&#233;f&#233;rences identitaires ; il serait l&#224;, un &#234;tre libre de choisir sa vie et l&#224;, un &#234;tre conformiste soumis aux prescriptions des institutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On peut, bien entendu, arguer du fait qu'il est tout cela en m&#234;me temps et que c'est cela qui le caract&#233;rise. Encore faudrait-il parler de la m&#234;me chose et ne pas laisser &#224; penser que le point de r&#233;f&#233;rence th&#233;orique commun du &lt;i&gt;melting pot &lt;/i&gt;th&#233;orique hypermoderne serait l'av&#232;nement d'une post sociologie. Encore faudrait-il, partant de situations socialement d&#233;finies, montrer comment des individus socialement situ&#233;s, g&#232;rent ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Notre propos n'est pas ici de porter une critique g&#233;n&#233;rale &#224; ces th&#233;ories tant elle couvrent de questions diff&#233;rentes, depuis la question des rapports entre syst&#232;me &#233;conomique et syst&#232;me psychique jusqu'&#224; la question du d&#233;litement des structures d'encadrement moral de l'individu, en passant par celle de l'&#233;mergence d'un nouvel individu narcissique et jouisseur. Nous souhaitons porter le regard sur une des questions soulev&#233;es par les tenants de la dite hypermodernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elle concerne la mise en demeure, &#224; laquelle seraient soumis les individus, d'&#233;laborer des programmes d'activit&#233; de plus en plus complexes, de plus en plus flexibles, de plus en plus productifs dans toutes les dimensions de leur vie. L'&#233;laboration de ces programmes appellerait des ressources cognitives plus &#233;labor&#233;es, fond&#233;es sur culture du temps r&#233;el permettant la r&#233;activit&#233; en toute circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les nouveaux r&#233;gimes temporels au plan individuel se caract&#233;riseraient ainsi par une rationalisation du temps : l'optimisation et l'intensification du temps seraient devenus l'alpha et l'om&#233;ga de l'organisation de l'ensemble de nos activit&#233;s. La nouvelle technique de communication que constitue le t&#233;l&#233;phone mobile permettrait de remplir les vides et de rationaliser l'ensemble des moments de la vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une enqu&#234;te de l'Association Fran&#231;aise des Op&#233;rateurs Mobiles de 2003, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le note Francis Jaur&#233;guiberry il conduit &#224; un &#171; d&#233;doublement du temps &#187; : le temps interstitiel entre deux t&#226;ches peut &#234;tre rempli ou encore les temps peu denses peuvent &#234;tre densifi&#233;s (lorsque je conduis en t&#233;l&#233;phonant, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ils se caract&#233;riseraient &#233;galement par une densification du temps. La multiactivit&#233; d&#233;j&#224; inaugur&#233;e avec la radio ou la t&#233;l&#233;vision (j'&#233;coute la radio et je fais la cuisine ou je conduis) est maintenant d&#233;cupl&#233;e avec le t&#233;l&#233;phone cellulaire (je t&#233;l&#233;phone et je conduis). La culture du zapping r&#233;sulte de la m&#234;me logique de juxtaposition des contenus sur l'&#233;cran. Le WAP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wireless Application Protocol.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui va d&#233;sormais permettre d'acc&#233;der &#224; internet &#224; partir d'un t&#233;l&#233;phone mobile combine la pratique du zapping (je passe en permanence d'un sujet &#224; un autre sur mon &#233;cran), &#224; celle de la multi-activit&#233; et de la chasse aux temps morts (je me branche sur le r&#233;seau internet dans les interstices de la vie quotidienne). C'est ce qu'on appelle rentabiliser et recomposer son temps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ils se caract&#233;riseraient par une capacit&#233; &#224; la r&#233;activit&#233; relevant d'une nouvelle culture du temps r&#233;el. Nous utiliserions les multiples sources d'information disponibles en temps r&#233;el pour r&#233;organiser en permanence l'ensemble de nos programmes d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les nouveaux r&#233;gimes temporels seraient &#233;galement ceux de la disponibilit&#233; permanente. D'une part, l'individualisation des modes de vie se traduirait par des types de sociabilit&#233; caract&#233;ris&#233;s par la multiplication des &#171; liens faibles &#187;. Il s'agit de liens individualis&#233;s, qui n'engagent pas toute la personnalit&#233;, qui se succ&#232;dent rapidement dans le temps et qui appelle d'autres techniques de communication. Les TIC qui autorisent des communications individualis&#233;es, rapides, non formalis&#233;es, correspondent &#224; ces formes de sociabilit&#233;. D'autre part, la tendance &#224; la multi-appartenance appellerait des individus constamment disponibles. Les TIC par les capacit&#233;s qu'ils offrent &#224; manipuler presque dans le m&#234;me moment des informations appartenant &#224; diff&#233;rents registres de vie seraient en parfaite congruence avec la gestion personnelle de r&#233;seaux complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; trac&#233; un des aspects du type id&#233;al de l'individu hypermoderne. Ce serait l'individu hyperactif, capable de r&#233;agir vite aux &#233;v&#233;nements, ind&#233;finiment disponible, organisateur sans faille de toutes les dimensions de sa vie quotidienne, flexible et donc capable de jouer en permanence sur toutes les formes possibles d'ajustement entre sa vie priv&#233;e et sa vie professionnelle au point de confondre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On peut distinguer deux variantes de ce mod&#232;le. La premi&#232;re suppose l'&#233;mergence d'un monde presque parfaitement fluide fond&#233; sur une mobilit&#233; optimale des biens, de l'information et des personnes. La m&#233;taphore de la soci&#233;t&#233; &#171; comme r&#233;seau et comme fluide &#187; l'emporte sur celle de la soci&#233;t&#233; con&#231;ue comme territoire. La mobilit&#233;, la fluidit&#233;, plus g&#233;n&#233;ralement la logique des flux constituerait le fondement de toute l'organisation sociale. John Urry&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;URRY, 2000.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en vient &#224; conclure que, du fait en particulier du d&#233;veloppement des TIC et du &#171; temps instantan&#233; &#187;, toutes les fronti&#232;res (entre les &#201;tats, entre le travail et la famille, entre le jour et la nuit&#8230;) tendent &#224; devenir poreuses. La flexibilit&#233; sous toutes ces formes, port&#233;e par des populations mobiles et branch&#233;es sur toutes les sortes de r&#233;seaux serait au principe de l'ensemble de nos comportements. La fluidit&#233; et la mobilit&#233; apparaissent alors comme une sorte de mod&#232;le g&#233;n&#233;ralis&#233; pour comprendre la vie en soci&#233;t&#233; dans toutes ses dimensions. Pour certains autres auteurs comme Ulrich Beck, le divorce dans la vie priv&#233;e et la mobilit&#233; matrimoniale rel&#232;verait alors de la m&#234;me propension &#224; la mobilit&#233; et &#224; la flexibilit&#233; que la mobilit&#233; professionnelle. Cette version radicale pose dans le m&#234;me mouvement, d'une part, qu'il n'existe plus de mod&#232;le stable de comportement et que par cons&#233;quent chaque individu invente sa vie et ses valeurs en permanence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BECK, 2001, annonce la disparition du mod&#232;le des soci&#233;t&#233;s industrielles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, d'autre part, qu'une seule et m&#234;me logique de fluidit&#233; et de flexibilit&#233; r&#233;git l'ensemble des comportements et des repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces tendances sont ind&#233;niablement &#224; l'&#339;uvre dans nos soci&#233;t&#233;s. Mais ne doit-on pas consid&#233;rer avec plus de prudence que le mod&#232;le id&#233;al de l'individu du capitalisme contemporain n'est qu'un id&#233;al type correspondant plus ou moins aux comportements de certaines cat&#233;gories sociales. Celles que l'on appelle parfois les &#171; &#233;lites &#187;. Les th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; postindustrielle consid&#233;raient d&#233;j&#224; que les fractions sup&#233;rieures de classes moyennes ou &#171; &#233;lites administratives et culturelles &#187; dont l'assise r&#233;sidait dans un niveau &#233;lev&#233; de formation initiale constituaient le &#171; centre vital de la soci&#233;t&#233; post industrielle &#187;. La th&#232;se hypermoderne reprend la m&#234;me logique en supposant que le mod&#232;le est actuellement port&#233;e par une sorte d'avant-garde soci&#233;tal, les dites &#171; classes cr&#233;atives &#187; et qu'il est amen&#233; &#224; se diffuser ensuite &#224; l'ensemble de la population selon une sorte de loi de la diffusion des mod&#232;les sociaux qui irradierait la soci&#233;t&#233; depuis les couches &#171; sup&#233;rieures &#187; porteuses du mod&#232;le dominant vers les autres couches de la population. Certains analystes de l'hypermodernit&#233; sont bien plus prudents en d&#233;non&#231;ant l'id&#233;ologie d'une soci&#233;t&#233; de march&#233; cach&#233; sous ce mod&#232;le : &#171; &#8230;l'homme hypermoderne est une fiction, une repr&#233;sentation qui est propos&#233;e, impos&#233;e aux individus issus de la culture moderne occidentale, voire aux autres, &#224; force de slogans, d'images, d'injonctions paradoxales et de mise en conformit&#233; de leur environnement technique, &#233;conomique et social. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARUS-MICHEL, 2004.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La seconde variante a ceci de commun avec la premi&#232;re qu'elle consid&#232;re que le mod&#232;le est d&#233;sormais dominant. Mais elle va plut&#244;t &#233;voquer les ravages soci&#233;taux qui l'accompagnent en d&#233;non&#231;ant ce qu'elle nommera le &#171; culte de l'urgence &#187;. Alors que la premi&#232;re version insiste sur le d&#233;veloppement de la libert&#233; individuelle propre au mod&#232;le, la seconde version insiste sur le fait que l'intensification du temps et la recherche de la productivit&#233; constituent de nouvelles contraintes constitutives de l'organisation des nouveaux modes de vie. Les individus seraient devenus esclaves de la recherche de l'optimisation de l'organisation de leurs activit&#233;s personnelles. Les TIC constitueraient alors les vecteurs (certains diraient les complices) d'une recherche d'optimisation du temps. On met alors les TIC en accusation au pr&#233;texte qu'elles seraient les vecteurs du syst&#232;me de la disponibilit&#233; permanente et de nouvelles formes de domination au sens o&#249; seuls les dominants peuvent exiger des domin&#233;s qu'ils le soient en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, cette critique qui fait reposer l'explication de l'intensification de la vie principalement sur le d&#233;veloppement des TIC manque largement sa cible, car le d&#233;veloppement des TIC peut relever de diff&#233;rents types d'usage. Surtout, elle s'inscrit sur le m&#234;me type de raisonnement qui consiste &#224; postuler une logique unique en mati&#232;re de rationalit&#233; des comportements. La nouvelle norme de comportement ne fonctionnerait plus sur le mode dit fordiste de l'imposition par les institutions et en particulier par les institutions organisatrices du travail d'une norme unique mais &#224; partir d'une injonction pour les individus &#224; adopter une logistique du quotidien efficiente qui permettrait toujours plus de productivit&#233; dans tous les domaines d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : les limites d'un id&#233;al type &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'observation empirique plus pr&#233;cise des &#233;volutions de notre soci&#233;t&#233; am&#232;ne cependant &#224; mettre en doute la th&#232;se de la g&#233;n&#233;ralisation du mod&#232;le. Surtout elle am&#232;ne &#224; penser les &#233;volutions soci&#233;tales &#224; partir de le rencontre de logiques contradictoires plus qu'&#224; partir du d&#233;ploiement d'un mod&#232;le unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous sommes alors amen&#233;s &#224; porter plusieurs types de critiques &#224; ces th&#232;ses. Nous rappelons qu'il n'existe pas de th&#233;orie stabilis&#233;e et unifi&#233;e de l'hypermodernit&#233; mais des th&#232;ses souvent contradictoires. N&#233;anmoins, ces th&#232;ses convergent peu ou prou vers une m&#234;me vision de l'&#233;volution de nos modes de vie. Ce qui autorise cette reconstruction d'un univers intellectuel et l'utilisation du terme de mod&#232;le (en un sens tr&#232;s g&#233;n&#233;ral) et ce qui nous permet d'ouvrir un d&#233;bat o&#249; chacun reste libre d'identifier les th&#232;ses ainsi critiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le consid&#232;re que la nouvelle culture fait consensus &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dire que le mod&#232;le est r&#233;pandu dans les &#171; classes cr&#233;atives &#187; ne signifie pas pour autant qu'il constitue un id&#233;al de vie pour ces derni&#232;res. Elles le subissent parfois autant qu'elles le choisissent et il n'est pas dit qu'il ne se heurte pas &#224; un moment &#224; des r&#233;sistances dans la vie professionnelle comme dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour s'en tenir &#224; l'exemple de la mobilit&#233; physique, les sp&#233;cialistes des transports&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont montr&#233; que des contres tendances apparaissaient. L'injonction &#224; la mobilit&#233; rencontre d&#233;sir de pacification du trafic et un ralentissement des vitesses de circulation des automobiles, elle rencontre nouveau d&#233;sir de ville et un mouvement de retour vers les commerces de centres ville. La logique des flux se heurte &#224; de nouvelles recherches d'identit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le suppose des types de rationalit&#233; des comportements simplificateurs &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'hypoth&#232;se selon laquelle l'optimisation des temps de la vie serait au principe de tous les principes de rationalit&#233; des comportements proc&#232;de en fait d'une vision relevant d'un &#233;conomisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. Elle semble admettre que le principe de flexibilit&#233; qui caract&#233;rise les nouvelles mani&#232;res de travailler aurait envahit l'ensemble de la vie priv&#233;e. Elle semble finalement peu coh&#233;rente avec la th&#232;se de la multi-appartenance au sens o&#249; cette derni&#232;re postule non pas une mais plusieurs logiques organisant les comportements selon les sph&#232;res relationnelles mises en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le passe sous silence les effets diff&#233;renci&#233;s des transformations du travail &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Faute de s'int&#233;resser un peu plus attentivement aux transformations du travail, les tenants de ce type de mod&#232;le ont souvent tendance &#224; oublier que nos mani&#232;res de vivre et de produire connaissent des mouvements contradictoires. S'ils conc&#232;dent ais&#233;ment, et il serait difficile de faire autrement, que l'&#233;cart se creuse entre les affili&#233;s et les d&#233;saffili&#233;s ou entre les &#171; in &#187; et les &#171; out &#187; ou encore entre les salari&#233;s stables et les pr&#233;caires, ils oublient que l'introduction des TIC associ&#233;e &#224; de nouvelles formes de taylorisation d&#233;bouche sur de profondes fractures au sein m&#234;me du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le passe sous silence la diversit&#233; des rapports au temps dans notre soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette diversit&#233; des rapports au temps est lisible dans l'in&#233;gale capacit&#233; des individus &#224; ma&#238;triser les r&#232;gles d'organisation de leur temps de travail. Elle est &#233;galement lisible &#224; partir de l'organisation des temps de la vie priv&#233;e plus ou moins rigide et routini&#232;re ou plus moins flexible et diversifi&#233;e. Poser comme postulat que la caract&#233;ristique principale des modes de vie contemporains r&#233;side la capacit&#233; d'improvisation permanente du temps par les individus nous interdit de comprendre les in&#233;galit&#233;s profondes des rapports au temps qui &#233;mergent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le ne prend pas en consid&#233;ration les contextes de vie &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le mod&#232;le insiste sur l'individualisation des sch&#232;mes d'organisation des comportements comme si les individus &#233;taient situ&#233;s au milieu d'une n&#233;buleuse de relations sociales au sein de laquelle ils construiraient leurs r&#233;seaux. Pourtant, m&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s fortement individualis&#233;es les mod&#232;les de vie individuels rel&#232;vent d'abord de n&#233;gociations avec le r&#233;seau proche. Il convient donc de consid&#233;rer les configurations professionnelles et familiales &#224; partir desquelles s'op&#232;rent les arbitrages temporels qui fondent la structure temporelle globale des activit&#233;s. Les nouvelles n&#233;cessit&#233;s de synchronisation spatiotemporelle auxquelles sont confront&#233;es les individus font l'objet de n&#233;gociation au sein du collectif de travail ou du collectif familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le tend &#224; consid&#233;rer que vie professionnelle et vie priv&#233;e rel&#232;vent d&#233;sormais d'une m&#234;me logique relevant d'une flexibilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e des modes de vie &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mise en &#233;quivalence g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les moments et de toutes les dimensions de la vie quotidienne ne permet pas de penser la sp&#233;cificit&#233; des moments professionnels et priv&#233;s et par cons&#233;quent la recomposition des relations entre ces deux sc&#232;nes ou ces deux champs d'activit&#233;s. Or, on ne peut comprendre ce qui fait la nouveaut&#233; des modes de vie contemporains si on ne se met en position de penser la diversit&#233; des modes de n&#233;gociation entre organisation de la sc&#232;ne priv&#233;e et organisation de la sc&#232;ne professionnelle. Il convient alors d'examiner plus pr&#233;cis&#233;ment ces diff&#233;rents points en commen&#231;ant par les transformations associ&#233;es &#224; l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les temps dans le travail, de travail, du travail &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Devant la pression du court terme et les nouvelles contraintes temporelles qui s'exercent sur les entreprises (flexibilit&#233;, &lt;i&gt;just in time&lt;/i&gt;, z&#233;ro stock&#8230;), ces derni&#232;res ont le plus souvent pour r&#233;action de rejeter sur les salari&#233;s une partie des risques auxquelles elles sont confront&#233;es : flexibilisation du temps de travail, intensification du travail, raccourcissement des d&#233;lais de pr&#233;venance en mati&#232;re d'horaires, incertitude sur l'avenir de l'emploi&#8230; Dans les r&#233;organisations sociales qu'entra&#238;nent les nouvelles mani&#232;res de produire, une des principales variables d'ajustement devient le rythme de travail humain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MEDA, 2001.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comme le montrent la sociologie du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. DE CONINCK et alii, coordinateurs, 2006.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'intensification du travail est devenue une des caract&#233;ristiques principales de l'organisation actuelle du travail. Elle se caract&#233;rise de diff&#233;rentes mani&#232;res. Par la chasse aux temps morts et l'imp&#233;ratif de productivit&#233;, par la r&#233;activit&#233; et la capacit&#233; &#224; donner des r&#233;ponses imm&#233;diates &#224; des demandes multiples, par la capacit&#233; &#224; g&#233;rer des exigences contradictoires, par les nouveaux imp&#233;ratifs de polyvalence du fait des horaires plus erratiques des coll&#232;gues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les temps de travail sont devenus plus complexes et la modification de leur organisation appelle de tr&#232;s nombreux ajustement du fait en particulier du raccourcissement des d&#233;lais de pr&#233;venance des horaires. Les formes d'intensification du travail varient cependant selon que les &#224; coup sont plus ou moins auto organis&#233;s. La question de la gestion des &#224; coup devient alors plus importante que celle des horaires en soi car elle est lourde de cons&#233;quence sur l'organisation de la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais il ne faudrait pas en tirer la conclusion, comme on le fait parfois, que l'intensification du travail d&#233;bouche pour tous, sur les m&#234;mes imp&#233;ratifs de flexibilit&#233; et les m&#234;mes contraintes temporelles. De ce point de vue, l'introduction des TIC dans les entreprises peut avoir des effets tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le management par projet met au premier plan la question des d&#233;lais de pr&#233;venance mais il autorise des formes d'auto organisation du travail des cadres qui peuvent g&#233;rer plus ou moins leurs p&#233;riodes de fortes mobilisations. Les services des entreprises dont l'organisation est fond&#233;e sur le service et le conseil &#224; la client&#232;le verront les rythmes de travail fluctuer avec les rythmes de la demande ou qui verront l'extension des heures d'ouverture le soir, la nuit ou le week-end. Les services en ligne accessibles 24h sur 24h en sont en exemple notoire. Voil&#224; la partie la plus visible. Il en est une autre que les th&#233;oriciens de la flexibilit&#233; tous azimuts oublient le plus souvent. Il s'agit du renouveau de principes inspir&#233;s du taylorisme dans les activit&#233;s de services, au del&#224; des activit&#233;s industrielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. VENDRAMIN, 2002 ; VENDRAMIN et VALENDUC, 2002.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Patricia Vendramin nous montre ainsi que les progiciels de gestion int&#233;gr&#233;e &#171; r&#233;introduisent le chronom&#233;trage et l'encha&#238;nement des t&#226;ches &#187;Elle montre &#233;galement, que les TIC &#171; placent le salari&#233; dans une situation de contr&#244;le et de d&#233;pendance in&#233;dite alors que dans le m&#234;me temps se d&#233;veloppe un discours sur l'autonomie et la responsabilisation dans le travail &#187; et, que le management moderne &#171; confie aux salari&#233;s des postes de travail de plus en plus segment&#233;s, standardis&#233;s et prescrits &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur pr&#233;cise : &#171; Des pans entiers d'activit&#233;s font ainsi l'objet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#234;me auteur montre alors qu'&#224; cette inspiration taylorienne dans la mise en place des proc&#233;dures s'ajoute une forte augmentation de la charge mentale associ&#233;e &#224; la surcharge informationnelle dans le travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un d&#233;bat sur les nouvelles formes du taylorisme dans les centres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Peut-on alors continuer &#224; consid&#233;rer que la fin des routines, que la fin des prescriptions normatives des comportements, que la d&#233;sint&#233;gration &#171; des rythmes sociaux tr&#232;s forts &#187;, que l'effondrement &#171; de l'encadrement traditionnel de l'organisation de la vie quotidienne &#187;, que l'invention perp&#233;tuelle de la construction du quotidien est r&#233;ellement au fondement de nos nouvelles organisations temporelles ? Peut-on consid&#233;rer que la charge mentale au travail s'&#233;vanouit d&#232;s lors que l'on passe dans sa vie priv&#233;e et que cette derni&#232;re n'est r&#233;git que par une pulsion consommatoire narcissique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;La grande transformation : l'entr&#233;e des femmes sur le march&#233; du travail salari&#233; et les combinaisons temporelles qui se d&#233;roulent au sein m&#234;me du m&#233;nage &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'entr&#233;e massive des femmes sur le march&#233; du travail dans le salariat depuis les ann&#233;es 1960 a boulevers&#233; toutes les donn&#233;es de l'organisation de notre vie quotidienne. Ceci s'est acc&#233;l&#233;r&#233; au cours des ann&#233;es 1970 et a continu&#233; de mani&#232;re tout &#224; fait continue jusqu'&#224; maintenant et &#231;a continue encore. Ainsi, entre selon le recensement g&#233;n&#233;ral de population, entre 1962 et 1999, le taux d'activit&#233; des femmes de 25 &#224; 39 ans est pass&#233; de 41,5 % &#224; 82 % et celui des femmes de 40 &#224; 54 ans est pass&#233; de 47,2 % &#224; 78,8 %. Dominique MEDA nous dit que pendant des si&#232;cles, les femmes ont servi &#171; d'amortisseur temporel &#187; dans la soci&#233;t&#233; : ce sont elles qui ont g&#233;r&#233; la logistique du quotidien. Les femmes sont occup&#233;es ailleurs, dans le salariat et il faut pourtant continuer &#224; assurer la logistique du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les femmes confront&#233;es &#224; la multiplicit&#233; des r&#244;les sociaux sont devenues des expertes de l'optimisation de l'allocation du temps. Comme nous l'avions montr&#233; dans des travaux pr&#233;c&#233;dents ce sont elles qui &#224; partir des ann&#233;es 1960 et 1970 (g&#233;n&#233;ration des femmes n&#233;es entre&#8230;) commencent &#224; optimiser leur calendriers de vie en ayant leurs enfants plus tard et en se mariant plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FRICKEY, BL&#214;SS et GODARD, 2002.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Les transformations des temps de travail&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Europe, la tendance est de favoriser la r&#233;duction du temps de travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On mentionne souvent, &#224; juste titre, la tendance historique &#224; la r&#233;duction du temps de travail individuel dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. On oublie alors trop souvent que si les temps de travail individuels ont tendance &#224; diminuer, avec toutefois des variations notoires selon les cat&#233;gories sociales, en revanche, les temps de travail des couples ont consid&#233;rablement augment&#233; du fait de leur bi activit&#233;. Le vrai probl&#232;me ne r&#233;side donc pas en soi dans la dur&#233;e du travail individuel mais dans les nouvelles charges de travail que les familles doivent g&#233;rer du fait du d&#233;veloppement de la bi activit&#233; dans les couples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, il faut comprendre beaucoup plus finement les nouvelles combinaisons temporelles qui se d&#233;roulent au sein m&#234;me du m&#233;nage. Les travaux des &#233;conom&#232;tres et des sociologues se conjuguent pour montrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FERMANIAN et LAGARDE, 1998.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il existe une forte d&#233;pendance des deux membres de la famille dans leur strat&#233;gie d'offre de travail : les dur&#233;es de travail des deux conjoints sont corr&#233;l&#233;s. Lorsqu'il n'y pas d'enfant dans la famille plus l'un travail longtemps et plus l'autre travaille longtemps. Mais dans 68 % des cas la dur&#233;e du travail de l'homme est sup&#233;rieure &#224; celle de la femme ; cela passe &#224; 80 % des cas lorsque l'homme est cadre et que la femme n'est pas cadre (les femmes cadres travaillent autant que leur mari). A partir de deux enfants de moins de 6 ans la dur&#233;e du travail f&#233;minin baisse mais celle de l'homme augmente si CSP est sup&#233;rieur &#224; celle de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La gestion des horaires est devenue une affaire de plus en plus collective au sein de la famille. Elle &#233;galement devenu une affaire de plus en plus complexe. D'une part, les r&#233;gimes horaires sont devenus plus chaotiques du fait des emplois &#224; horaires variables et du fait de la multiplication des horaires dits atypiques, au cours des ann&#233;es 1990. D'autre part, les structures familiales se diversifient avec le d&#233;veloppement des familles recompos&#233;es associ&#233;e au d&#233;litement de la norme de la famille conjugale classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Marie-Agn&#232;s Barr&#232;re-Maurisson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARRERE-MAURISSON, 2003.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; distingue pour sa part, trois types de profils familiaux. Le premier est celui de la famille &#224; carri&#232;re unique o&#249; seul l'homme exerce une activit&#233; professionnelle (ce type concerne moins d'une famille sur quatre et tend &#224; diminuer) ; le second concerne les familles o&#249; les deux conjoints travaillent &#224; plein temps (c'est le cas d'environ une famille sur deux) ; le troisi&#232;me &#224; carri&#232;re non sym&#233;triques o&#249; l'homme travaille &#224; temps plein et la femme &#224; temps partiel ou de mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re (ce mod&#232;le qui concerne un quart des familles tendrait &#224; se d&#233;velopper).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On con&#231;oit cependant ais&#233;ment que la combinatoire des cas de figure possibles est beaucoup plus complexe. En effet, si l'on fait intervenir, d'une part, les diff&#233;rents types de r&#233;gimes horaires auxquels sont soumis chacun des conjoints et, d'autre part, les diff&#233;rents types de familles (conjugales classiques, recompos&#233;es, monoparentales avec enfants) aux diff&#233;rents moments du cycle de vie, alors le jeu des syst&#232;mes d'ajustement entre vie professionnelle et vie priv&#233;e devient tr&#232;s ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; donc des individus contemporains pris dans une double n&#233;gociation : une sur la sc&#232;ne des temps de travail, l'autre sur la sc&#232;ne de sa vie priv&#233;e. A ce double jeu certains s'en sortent beaucoup mieux que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Deux logiques des rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comment logique d'organisation de la vie priv&#233;e et logique d'organisation de la vie professionnelle se conjuguent-elles ? Les controverses qui traversent la sociologie am&#233;ricaine prouvent que le d&#233;bat est loin d'&#234;tre clos. Certains travaux am&#233;ricains (SCHOR. 1992) montrent ainsi que le temps de travail a augment&#233; consid&#233;rablement et rapidement dans ce m&#234;me pays et ils montrent que la vie priv&#233;e est comme envahie par les activit&#233;s professionnelles. Les conclusions des travaux men&#233;s par les anthropologues de l'Universit&#233; de San Jos&#233; sur le travail dans la Silicon Valley convergent tous pour montrer la fin des fronti&#232;res entre vie de travail et vie de famille, les TIC constituant &#171; la glue qui tient tout cela ensemble &#187;. Mais alors que certains chercheurs d&#233;nonce la pauvret&#233; grandissante en temps (&#171; time famine &#187;) et la pression des entreprises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SCHOR, 1992 et 1998.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'autres consid&#232;rent qu'en fait les valeurs se sont invers&#233;es au point que &#171; le travail est devenu une esp&#232;ce de foyer et le foyer un travail &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HOCHSCHILD, 1998.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, &#224; la question qui consiste &#224; savoir si les m&#233;nages s'emparent des nouvelles possibilit&#233;s offertes par le d&#233;veloppement de la flexibilit&#233; dans l'organisation du travail une &#233;tude r&#233;pond, &#224; propos des salari&#233;s des entreprises am&#233;ricaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HOCHSCHILD, 1997.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la logique de l'entreprise a maintenant compl&#232;tement envahi celle de l'organisation de la famille. Par une sorte de renversement de logique, le foyer serait d&#233;sinvesti psychologiquement et inversement le travail deviendrait un moment et une activit&#233; d'investissement personnel positif plus fort. Le travail serait devenu accueillant et le foyer plus contraignant. La flexibilit&#233; serait donc le moyen pour la logique productive d'envahir l'ensemble du quotidien avec l'assentiment et la coop&#233;ration active des salari&#233;s. Cette derni&#232;re analyse a fait l'objet de nombreuses critiques th&#233;oriques et m&#233;thodologiques. La plus percutante d'entre elles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HAYS, BIEBLY et TUCHMAN, 1998.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre que l'entreprise exerce une sorte de chantage &#224; la loyaut&#233; sur ses salari&#233;s cadres et que le d&#233;vouement complet &#224; l'entreprise est un comportement implicitement requis. En d'autres termes, la flexibilit&#233; permettrait l'exercice de formes de n&#233;o-paternalisme offrant certaines gratifications en &#233;change d'un d&#233;vouement de tous les instants &#224; l'entreprise. En contre partie les attitudes &lt;i&gt;&#8220; family-oriented &#8221; &lt;/i&gt;peuvent &#234;tre lourdement sanctionn&#233;es en termes de d&#233;roulement de carri&#232;re. Nous serions donc moins en pr&#233;sence d'une nouvelle propension des familles &#224; pr&#233;f&#233;rer le travail au foyer domestique que d'un affichage tactique d'attitudes convenues pour conforter sa position dans l'entreprise. La sociologue se serait donc laiss&#233;e prendre au discours indig&#232;ne et aurait de plus extrapol&#233; &#224; l'ensemble des familles am&#233;ricaines, une analyse portant sur ce qui correspondrait &#224; notre &#233;chantillon de cadres moyens. C'est ce que confirmeraient d'autres travaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EPSTEIN et alii, 1998.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui contrairement aux analyses de HOCHSCHILD montrent &#224; partir d'&#233;tudes sur les normes horaires qui s'imposent &#224; certaines cat&#233;gories de salari&#233;s qualifi&#233;s que les parents bi actifs recherchent un &#233;quilibre entre travail et famille, ne d&#233;sertent pas leurs responsabilit&#233;s familiales et acceptent mal le choix devant lequel on les place : la carri&#232;re contre le bien &#234;tre dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Professionnel, public, priv&#233; : repenser les cat&#233;gories de la pratique&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'ensemble de cette question on peut consulter le remarquable document (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'inconv&#233;nient de ce type de controverse est d'opposer les deux mondes du public/professionnel et du priv&#233; sans chercher &#224; comprendre la mani&#232;re dont ils se recomposent mutuellement. Or, s'il est incontestable qu'il existe deux logiques qui entrent parfois en contradiction, il appara&#238;t &#233;galement que se recompose tr&#232;s profond&#233;ment les fronti&#232;res symboliques du public et du priv&#233; ou autrement dit de l'espace et du temps priv&#233; et de l'espace et du temps public. Ce que masque ce type de controverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La d&#233;finition des fronti&#232;res de la vie priv&#233;e et des relations entre, d'une part, espaces et temps du travail et de la vie publique et, d'autre part, espaces et temps de la vie priv&#233;e et familiale est un fait de civilisation majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, autour de la seconde moiti&#233; du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle se cr&#233;ent les conditions de constitution de la vie priv&#233;e &#171; bourgeoise &#187; qui se diffusera progressivement aux autres couches de la population au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Les travaux de l'historien Philippe Ari&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, 1973.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous enseignent que la famille &#171; moderne &#187; des notables de la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle commence &#224; poser ses limites par rapport aux intrusions ext&#233;rieures, &#224; assurer l'ind&#233;pendance fonctionnelle de ses pi&#232;ces (il n'y a plus de lits n'importe o&#249; et les pi&#232;ce de r&#233;ception y sont pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finies) &#224; d&#233;finir les moments de r&#233;ception. Elle se substitue &#224; un syst&#232;me relationnel o&#249; il n'existait pas &#171; de s&#233;paration entre la vie professionnelle, la vie priv&#233;e, la vie mondaine et sociale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, ibidem.&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pi&#232;ces n'y &#233;taient pas sp&#233;cialis&#233;es et l'ensemble des relations sociales et familiales se d&#233;roulait dans les m&#234;mes espaces. Surtout, il n'y avait pas de r&#232;gles pour les visites que l'on faisaient sans pr&#233;venir et &#224; n'importe quel moment : &#171; Bref, les visites apparaissaient comme une v&#233;ritable occupation qui commandait la vie de la maison, dont d&#233;pendaient m&#234;me les heures de repas &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, ibidem.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle conna&#238;tra tout un processus d'embourgeoisement des modes de vie des cat&#233;gories populaires qui peu &#224; peu conqui&#232;rent le droit &#224; la &lt;i&gt;privacy &lt;/i&gt;comme lieu d'expression de l'individu hors de sa fonction de producteur. La s&#233;paration des deux sph&#232;res appara&#238;tra &#224; partir de cette &#233;poque dans le monde du travail salari&#233; comme la norme sociale dominante. Max Weber expliquera que l'imposition de fronti&#232;re entre vie priv&#233;e et vie au travail est une des caract&#233;ristiques de l'industrialisation de la soci&#233;t&#233; est qu'elle s'inscrit dans le mouvement de rationalisation de la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEBER, 1964.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une nouvelle combinaison des rapports public/priv&#233; se constitue actuellement. Elle est fond&#233;e sur les nouvelles porosit&#233;s qui s'&#233;tablissent entre temps et espaces de la vie au travail et temps et espaces de la vie priv&#233;e. Elle r&#233;sulte principalement de l'ensemble des mouvements soci&#233;taux &#233;voqu&#233;s plus haut. On soulignera en particulier, le fait que le brouillage des fronti&#232;res entre les deux sph&#232;res est tr&#232;s &#233;troitement li&#233; au brouillage des fronti&#232;res symboliques entre les mondes masculin et f&#233;minin. Au premier monde, celui du masculin et du travail &#233;taient associ&#233;es les valeurs viriles de la comp&#233;tition, du risque, de la r&#233;ussite personnelle ; au second monde celui du f&#233;minin et de la famille &#233;taient associ&#233;es les valeurs de paix et de s&#233;curit&#233; ontologique : le monde du repos du guerrier en quelque sorte, si bien symbolis&#233; par le pavillon p&#233;ri urbain ou le &lt;i&gt;cottage &lt;/i&gt;des &lt;i&gt;suburbs &lt;/i&gt;am&#233;ricains, localis&#233;s &#224; bonne distance de l'entreprise. L'entr&#233;e massive des femmes dans le monde du travail salari&#233; et leur capacit&#233; &#224; exister d&#233;sormais comme individu autonome hors de leur statut familial a boulevers&#233; les d&#233;finitions de ces fronti&#232;res mentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette nouvelle combinaison est &#233;galement rendue possible par de nouvelles mani&#232;res de communiquer associ&#233;es au surgissement de nouveaux outils de communication. Un nombre grandissant de professions connaissent une imbrication tr&#232;s grande des espaces et des moments du travail et de la vie priv&#233;e et ceci est m&#234;me une caract&#233;ristique du travail dans la &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187; selon un document de l'Union Europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;European Commission, 1996.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les nouvelles formes d'organisation du travail incluant le travail &#224; domicile pour certaine cat&#233;gorie sociale ou encore le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;travail, change la d&#233;finition du temps et de l'espace du travail. On sait, par exemple, avec la derni&#232;re enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187; de l'INSEE que de 1986 &#224; 1999 le temps de travail moyen des salari&#233;s &#224; temps complet a augment&#233; de 8 minutes. Au sein du secteur priv&#233; celui des cadres augmente de 30 minutes et celui des professions interm&#233;diaires de 10 minutes. Ceci est d&#251; en bonne partie &#224; l'augmentation du travail &#224; domicile des cat&#233;gories sup&#233;rieures et interm&#233;diaires associ&#233; pour partie &#224; la pr&#233;sence de l'ordinateur &#224; domicile. La formule du &#171; bureau virtuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le bureau-h&#244;tel d'Andersen Consulting dans Transit, p 131. En France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;(Just in time office &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;hot desking&lt;/i&gt;) ne constitue que le point limite d'une &#233;volution caract&#233;ris&#233;e par la &#171; dilution et l'indistinction des tranches horaires qui rendent caducs l'&#233;tanch&#233;it&#233; et les discontinuit&#233;s de l'espace &#187; du travail et du priv&#233;. Certains employeurs mettent ainsi &#224; disposition de leurs personnels du mat&#233;riel informatique dot&#233; de liaison au r&#233;seau internet &#224; domicile (c'est la diffusion de la formule SoHo : &lt;i&gt;Small office, Home office&lt;/i&gt;). Les possibilit&#233;s d'acc&#232;s communicationnel &#224; tout instant modifient le sens de l'accessibilit&#233; physique. Les fronti&#232;res entre travail domestique et travail professionnel deviennent difficiles &#224; tracer, et largement arbitraires, lorsque l'activit&#233; se situe &#224; domicile et ne fait pas l'objet d'aucun contr&#244;le institutionnalis&#233;. La cat&#233;gorie de travail doit elle-m&#234;me &#234;tre remise en question du fait de l'existence de multiples temps au statut incertain. De m&#234;me que doit &#234;tre remis en question l'id&#233;e d'un lieu priv&#233; associ&#233; &#224; la seule vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La gestion des rapports entre les deux faces, priv&#233;e et publique de l'existence de chacun, devient plus complexe. Il serait, en effet, trop simpliste de penser le temps et l'espace du priv&#233; comme celui o&#249; l'on est &lt;i&gt;off line&lt;/i&gt;. En effet, avec internet, on peut passer du travail au loisir ou encore &#224; l'accomplissement de t&#226;ches administratives personnelles, en appuyant sur une touche : comment d&#233;composer et d&#233;finir l'activit&#233; en ligne sur internet dans ces conditions ? Les tr&#232;s nombreuses &#233;tudes produites par les bureaux d'&#233;tudes nous montrent le r&#244;le des TIC portables dans les empi&#232;tements respectifs de la vie priv&#233;e dans la vie professionnelle et inversement. Ainsi, 61 % des personnes utilisant un micro-ordinateur chez elles s'en servent pour travailler mais c'est principalement le cas des cadres sup&#233;rieurs (79 %) et des &#233;tudiants (82 %)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BIGOT, 2003.&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Inversement, les fran&#231;ais d&#233;clarent surfer en moyenne 23 minutes par jour &#224; des fins personnelles sur leur lieu de travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chronopost/Ipsos, 2001.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proportion de ceux qui d&#233;clarent surfer au bureau pour des raisons extra professionnelles et encore plus important chez les Italiens (51 %), les Anglais (44 %) et les Allemands (41 %) que chez les Fran&#231;ais (29 %)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Websense/Taylor Nelson Sofres, 2001&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On n'en finirait pas d'aligner des chiffres de genre mais le fait est l&#224; : l'utilisation des TIC portables rend plus fortement poreuse les relations entre les deux sph&#232;res. M&#234;me plus, 59 % des fran&#231;ais d&#233;clarent que la conciliation entre sph&#232;res priv&#233;es et professionnelles s'est am&#233;lior&#233;e avec l'utilisation du t&#233;l&#233;phone portable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www. insitut-chronopost.org, 2004.&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, il est ind&#233;niable que les temps tol&#233;r&#233;s de r&#233;activit&#233; &#224; un message se sont raccourcis. Avec le t&#233;l&#233;phone portable on tol&#232;re moins qu'avec le t&#233;l&#233;phone fixe les r&#233;ponses par trop diff&#233;r&#233;es. La norme sociale impose un raccourcissement des temps de r&#233;ponse : la r&#233;activit&#233; dans le domaine priv&#233; comme dans le domaine professionnel est devenu la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout ceci est ind&#233;niable et apporte incontestablement de l'eau au moulin de la th&#232;se de la r&#233;activit&#233; oblig&#233;e et de la p&#233;n&#233;tration des imp&#233;ratifs de productivit&#233; dans la sph&#232;re priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Toutefois, cette tendance n'est pas sans limite et elle n'&#233;chappe pas &#224; certaines d&#233;terminations d'ordre sociologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En utilisant le terme de &#171; d&#233;terminations d'ordre sociologique &#187; j'ai bien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'abord, ce ne sont pas les TIC qui par elles m&#234;mes, du fait qu'elles permettent d'utiliser les m&#234;mes supports de communication dans la vie professionnelle comme dans la vie priv&#233;e, qui produisent une red&#233;finition des sph&#232;res d'activit&#233;. Elles rendent possibles de nouvelles combinaisons et permettent, par la mise en r&#233;seau, d'optimiser le jeu des r&#233;seaux sociaux. Pour les cat&#233;gories sup&#233;rieures dot&#233;es de r&#233;seaux de sociabilit&#233; tr&#232;s &#233;tendus qui demandent &#224; &#234;tre entretenus tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement la perm&#233;abilit&#233; est tr&#232;s forte et la r&#233;activit&#233; est la r&#232;gle. Pour d'autres les ressources de sociabilit&#233; sont r&#233;parties dans des &#171; gisements &#187; sociaux plus ou moins localis&#233;s et cloisonn&#233;s (l'entreprise, le voisinage/l'&#233;cole des enfants, les lieux associatifs, les &#233;quipements culturels&#8230;), et les passerelles permettant la circulation ou le transfert des ressources d'un espace &#224; l'autre sont extr&#234;mement &#233;troites. Dans ce cas, le domicile reste majoritairement r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;change familial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CLAISSE, 2000 ; SMOREDA, 2001.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On a souvent insist&#233; sur le fait que le t&#233;l&#233;phone portable constituait un extraordinaire instrument de libert&#233; dans la mesure o&#249; il permettait une r&#233;ponse diff&#233;r&#233;e (mais le t&#233;l&#233;phone fixe sait d&#233;j&#224; le faire avec le syst&#232;me de la messagerie) et surtout parce qu'il permettait d'atteindre ou d'&#234;tre atteint &#224; tout moment par un locuteur et d'&#234;tre ainsi toujours reli&#233; potentiellement &#224; un tr&#232;s large r&#233;seau. Pour autant le r&#233;seau technique du t&#233;l&#233;phone portable ne produit pas le r&#233;seau de sociabilit&#233;. C'est la taille du r&#233;seau de sociabilit&#233; et l'intensit&#233; des relations sociales qui permettent de comprendre l'usage du r&#233;seau technique et non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ensuite, la d&#233;finition de mon espace priv&#233; qui consiste &#224; en d&#233;finir les limites et les r&#232;gles d'acc&#232;s n'est pas une affaire de techniques de communication. Les tentatives de tous ordres pour transf&#233;rer le lieu de travail sur l'espace domestique se heurtaient encore &#224; des obstacles au d&#233;but des ann&#233;es 1990 du fait des diff&#233;rences de sociabilit&#233; r&#233;gissant les deux sph&#232;res de la vie professionnelles et de la vie priv&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FLICHY, 1991.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (la situation a notoirement &#233;volu&#233;e depuis cette p&#233;riode pour les cadres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me auteur montre qu'en Californie (&#171; Le travail altern&#233; en Californie &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et certains autres salari&#233;s des services ; ceci est d&#233;j&#224; moins &#233;vident dans le monde des employ&#233;(e)s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les salari&#233;s des multiples centres d'appel et autres organisations de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'acc&#232;s &#224; internet en jouant sur la communication asynchrone permet de fixer les limites temporelles du priv&#233; et du public. Ce que le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;phone avait d&#233;j&#224; inaugur&#233; avec le syst&#232;me du r&#233;pondeur. La perm&#233;abilit&#233; de mon espace priv&#233; d&#233;pend donc avant tout de rapports de pouvoir. Dans le monde des &#171; sur actifs &#187; une des formes du pouvoir est pr&#233;cis&#233;ment d'imposer ses propres rythmes aux autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JAUREGUIBERRY, 2004.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Laisser &#224; penser que dans ce monde chacun serait d&#233;sormais libre de cr&#233;er son propre temps est un leurre. L'autre leurre consisterait &#224; penser que tous les &#171; sur actifs &#187; sont soumis au m&#234;me culte de l'urgence et que tous voient leur vie priv&#233;e envahie de la m&#234;me mani&#232;re par les injonctions professionnelles. Voil&#224; le point qui reste &#224; explorer : qui est en mesure de peser sur la vie priv&#233;e de quels autres en faisant irruption dans les plages temporelles que la norme sociale avaient jusqu'&#224; pr&#233;sent pr&#233;serv&#233;e des incursions ext&#233;rieures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quant &#224; la pratique de la communication d'ordre priv&#233; sur le lieu de travail les chiffres sus mentionn&#233;s indiquent de toute &#233;vidence une tendance mais il faudrait pousser beaucoup plus loin l'analyse et ne pas en rester &#224; ce constat. On peut se demander ainsi, si ce type de communication ne se fait pendant la traditionnelle pause de la mi matin&#233;e ou de la mi apr&#232;s midi qui se fait habituellement autour de la machine &#224; caf&#233; et qui permet pr&#233;cis&#233;ment les communications d'ordre priv&#233;e entre les salari&#233;s. Il appara&#238;t, par ailleurs, &#224; travers certaines &#233;tudes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MONJARET, 1997.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'un bon nombre de communications t&#233;l&#233;phoniques priv&#233;es des femmes cadres depuis le lieu de travail constitue un moyen pour ces derni&#232;res de coordonner l'organisation domestique &#224; distance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le contr&#244;le des enfants &#224; distance va peut &#234;tre conna&#238;tre des formes plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les femmes continueraient donc de jouer un r&#244;le central dans l'articulation entre le professionnel et le priv&#233; &#224; partir de l'organisation temporelle de la logistique quotidienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce point est confirm&#233; par des auteurs anglo-saxons qui mettent &#233;vidence le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour aller plus loin, il faudrait ici proc&#233;der &#224; d'autres questionnements d'inspiration ethnologique. Pour commencer des questionnements sur la mani&#232;re de marquer ou non les diff&#233;rences entre les deux sph&#232;res dans les comportements les plus quotidiens comme cela est propos&#233; par Christena E. Nipperts-Eng&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. NIPPERTS-ENG, 1996.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Porte-t-on les m&#234;mes v&#234;tements au travail et au domicile ? Utilise-t-on le m&#234;me agenda pour les deux activit&#233;s ? Invite-t-on ses coll&#232;gues de travail &#224; d&#238;ner ? Fait-on figurer des photos familiales sur son lieu de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ensuite, des questionnements qui interrogent les modes d'inscription mat&#233;riels des activit&#233;s de travail dans la sph&#232;re priv&#233;e. O&#249; travaille-t-on ? Dans une pi&#232;ce destin&#233;e &#224; cet effet, sur un coin de table de s&#233;jour, lib&#233;rable aux heures des repas ? Quand travaille-t-on ? Lorsque tout le monde dort ? Le dimanche matin ? Lorsque les autres sont &#224; l'ext&#233;rieur ? Comment les autres membres de la famille contribuent-ils &#224; poser les limites entre activit&#233;s de travail et sociabilit&#233; familiale dans l'espace domestique ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains sociologues montrent que enfants et conjoint(e)s &#171; constituent le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quelles autres activit&#233;s accepte-t-on de sacrifier &#224; celle l&#224; ? Certains travaux men&#233;s dans ces directions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HADDON et SILVERSTON, 1996.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous montrent &#224; quel point le collectif familial, pose ses normes et ses limites et est le lieu de r&#233;gulations sur les moments et les lieux domestiques de l'utilisation des TIC &#224; des fins professionnelles ou personnelles. Ils permettent &#233;galement de d&#233;tecter des types d'organisation du temps caract&#233;risant certains types de compromis familiaux qui vont du placage impos&#233; de moments de travail exclusifs de toute autre activit&#233;, &#224; l'int&#233;gration n&#233;goci&#233;e de l'activit&#233; professionnelle dans les rythmes domestiques (par exemple : avoir un &#339;il sur son travail personnel et avoir un &#339;il sur les devoirs des enfants). D'autres travaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GUILLOT, 2006.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous montrent comment les modes de n&#233;gociation familiale sont intimement li&#233;s &#224; des choix d'outils de communication domestique. A l'utilisation du post-it coll&#233; sur le r&#233;frig&#233;rateur est associ&#233; le mode de l'improvisation ; au tableau appos&#233; sur le mur de la cuisine (lieu de l'ordre et lieu privil&#233;gi&#233; de la logistique quotidienne) est associ&#233; le mode de la programmation hebdomadaire et de la reprogrammation en fonction des circonstances nouvelles et des nouveaux compromis qu'elles n&#233;cessitent ; l'usage de l'agenda papier ou du PDA est &#233;galement associ&#233; au souci de programmation mais il accentue la tendance &#224; la rentabilisation du temps et n'est plus li&#233; au c&#339;ur de la domesticit&#233; qu'est la cuisine dans la mesure o&#249; il s'&#233;mancipe d'un lieu pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faut donc en conclure que l'on ne peut s'en tenir au constat de l'individualisation grandissante de la vie en soci&#233;t&#233; selon des sch&#232;mes explicatifs relevant d'une sorte d'individualisme th&#233;orique. Les collectifs au sein desquels se d&#233;roulent les activit&#233;s et principalement le collectif de travail et le collectif familial posent des normes, imposent des syst&#232;mes de compromis qui passent par des outillages sp&#233;cifiques. La question est que l'un et l'autre connaissent des &#233;volutions rapides et donc des jeux d'influences mutuelles qui appellent de nouveaux sch&#233;mas explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu multi-appartenant &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de l'individu cherchant &#224; optimiser en permanence l'ensemble de ses activit&#233;s personnelles renvoie &#224; une vieille connaissance th&#233;orique : celle de l'homo &#339;conomicus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans cette perspective la valeur du temps renvoie aux arbitrages qu'op&#232;rent les individus entre les gains ou pertes de temps et d'argent en fonction de leur niveau de revenu. Les individus composeraient donc leur journ&#233;e ou leur semaine en maximisant l'utilit&#233; globale de leur temps et de leur argent. Raisonner en termes d'arbitrages co&#251;ts/temps revient &#224; consid&#233;rer que l'on peut mettre en stricte &#233;quivalence le temps et l'argent. Tout temps social &#224; une &#233;quivalence mon&#233;taire et l'on peut acheter du temps avec de l'argent. C'est la perspective &#233;conomique fonctionnelle o&#249; l'on d&#233;pense du temps pour &#233;conomiser de l'argent ou inversement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Zarifian pointe ce fait que notre soci&#233;t&#233; est domin&#233;e par cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le paradigme de l'individu optimisateur am&#232;ne &#224; consid&#233;rer que le temps est isomorphe est que une heure &#233;quivaut &#224; une heure, quelque soit le moment et quelque soit la sph&#232;re d'activit&#233;. On rappellera ici que la conception isomorphique du temps est la plus d&#233;velopp&#233;e dans les pays dont la politique est la plus lib&#233;rale. Ceci est lisible par exemple avec les variations de la valeur sociale du temps de travail selon la culture propre &#224; chaque pays. Ainsi, aux &#201;tats-Unis le bonus pour une &#233;quipe de nuit est d'environ 10 % alors qu'en Europe il varie de 25 &#224; 100 %. Dans un monde o&#249; aurait disparu toute r&#233;f&#233;rence &#224; des rythmes symboliques collectifs les temps seraient parfaitement isomorphes. N'importe quel moment serait &#233;changeable avec n'importe quel autre moment ; n'importe quelle sph&#232;re d'activit&#233; serait &#233;quivalente &#224; n'importe quelle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La conception &#233;conomiste de la valeur du temps fond&#233;e sur des calculs de quantit&#233; de temps oublie pr&#233;cis&#233;ment que ce dernier rev&#234;t une valeur culturelle ou symbolique. On consid&#232;re dans cette perspective que les moments o&#249; se r&#233;alisent les activit&#233;s ont des qualit&#233;s diff&#233;rentes. On consid&#233;rera alors que une heure la nuit, le dimanche n'a pas la m&#234;me valeur qu'heure en journ&#233;e un jour ordinaire de la semaine. Dans cette perspective on consid&#232;re que le temps consacr&#233; &#224; certaines activit&#233;s est incommensurable avec le temps consacr&#233; &#224; d'autres, du fait de sa place particuli&#232;re dans l'architecture collective des activit&#233;s. On consid&#232;re ici que le temps social n'est pas une pure dur&#233;e, comme si chaque portion de temps de dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &#233;tait &#233;gale &#224; n'importe quelle autre de m&#234;me dur&#233;e. Lorsque l'on t&#233;l&#233;phone &#224; un coll&#232;gue le soir &#224; son domicile pour des raisons professionnelles on pr&#233;sente en g&#233;n&#233;ral des excuses pr&#233;alables et l'on essaie d'&#234;tre bref&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concession &#224; une th&#232;se hypermoderne : cela n'est pas toujours le cas en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; car l'on estime que ces 15 minutes ne sont pas l'&#233;quivalent des 15 minutes prises au bureau lors d'une journ&#233;e de travail. Elles ne sont pas &#233;quivalentes parce que l'on consid&#232;re encore qu'elles sont prises &#224; un autre moment : celui de la vie priv&#233;e. C'est d'ailleurs ce que savent parfaitement bien les programmateurs de grille de programme de t&#233;l&#233;vision. On programme les &lt;i&gt;prime time &lt;/i&gt;au moment o&#249; l'on suppose les familles r&#233;unies autour du t&#233;l&#233;viseur. Ici une heure de publicit&#233; n'est pas &#233;quivalente &#224; une autre heure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le socio-&#233;conomisme radical d'un Pierre Bourdieu n'est pas sans rapport avec cette logique de l'individu optimisateur. Pour ce dernier il existe en &#233;quivalence g&#233;n&#233;ral : le capital global poss&#233;d&#233; par un individu. Ce capital se d&#233;cline en capital &#233;conomique, social et culturel. Les activit&#233;s apparemment les plus d&#233;sint&#233;ress&#233;es comme par exemple les relations amicales ou familiales qui rel&#232;vent du capital social peuvent &#234;tre convertis en d'autres formes de capital &#233;conomique ou culturel. Ici, le temps consacr&#233; aux amis peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un investissement en termes de capital social puisqu'il permet de renforcer les r&#233;seaux de sociabilit&#233; de l'individu. Ce capital social pouvant lui-m&#234;me &#234;tre converti en capital &#233;conomique lorsque les relations familiales aident par le jeu des relations &#224; acqu&#233;rir un bon emploi. La construction de l'id&#233;al type de l'individualit&#233; contemporaine ne fonctionne-t-elle pas sur le m&#234;me mode lorsque par exemple elle annonce sous une de ses versions qu'une m&#234;me logique, celle de la flexibilit&#233; et de la mobilit&#233; sous toutes ses formes, r&#233;git l'ensemble des comportements des individus ? La logique est diff&#233;rente. Elle n'est ni celle de l'optimisation de l'utilit&#233; sous contrainte, ni celle de l'optimisation d'un capital sur le mode bourdieusien. Mais le principe qui la fonde est le m&#234;me : l'ensemble de nos comportements rel&#232;verait d'un m&#234;me &lt;i&gt;impetus &lt;/i&gt;originaire ou d'un m&#234;me principe g&#233;n&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On opposera &#224; cette conception celle d'un Fran&#231;ois Ascher qui nous propose un mod&#232;le bien plus stimulant de l'individu contemporain. Selon lui, dans la soci&#233;t&#233; hypertexte, les individus vivent dans une multiplicit&#233; de sph&#232;res r&#233;gies chacune par des codes diff&#233;rents. La difficult&#233; est donc bien de passer d'une sph&#232;re &#224; l'autre sans confondre les codes. La multi-appartenance correspond donc &#224; ce r&#233;gime normatif o&#249; les individus sont mis en demeure de jouer du &lt;i&gt;code switching &lt;/i&gt;en passant en permanence d'un syst&#232;me &#224; un autre. Il en d&#233;coule qu'il existe une sp&#233;cificit&#233; normative de la sph&#232;re priv&#233;e familiale par rapport &#224; la sph&#232;re professionnelle en particulier. Le point faible de cette approche r&#233;sulte du fait que dans cette perspective tous les codes sont mis sur le m&#234;me plan. Or, nous consid&#233;rons que les dimensions professionnelles et familiales au sein de la sph&#232;re priv&#233;e constituent encore deux lieux particuli&#232;rement structurant pour l'organisation de la vie des individus contrairement &#224; ce qu'affirment les tenant de la soci&#233;t&#233; des loisirs. Nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; les transformations dans le monde du travail. Mais il appara&#238;t &#233;galement que les relations dites primaires relevant de la socialisation familiale jouent un r&#244;le particulier par rapport aux autres sph&#232;res normatives. On sait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187;, 1999 de l'INSEE.&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple, qu'il existe une corr&#233;lation positive et fortement significative entre participation des parents et participation des enfants &#224; une activit&#233; associative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PROUTEAU et WOLFF, 2002 ; Donnat, 1998.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La m&#234;me corr&#233;lation peut s'observer entre le rapport &#224; l'&#233;cole, &#224; la culture ou &#224; l'emploi des parents et celui des enfants. Autrement dit, comme le montrent tous les travaux de sociologie de la famille et de la socialisation, les normes qui r&#233;gissent la vie dans la sph&#232;re priv&#233;e familiale sont non seulement sp&#233;cifiques mais en plus elles impr&#232;gnent d'autres syst&#232;mes normatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La th&#232;se tr&#232;s stimulante de la multi-appartenance doit donc retenue contre celle d'un individu unidimensionnel ou contre celle d'un individu compl&#232;tement pr&#233; format&#233; par la sph&#232;re professionnelle mais elle ne vaut que si on d&#233;finit convenablement les types de relations qui r&#233;gissent les rapports entre ces sph&#232;res contrairement &#224; la th&#232;se de leur &#233;tanch&#233;it&#233; normative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En voulant &#224; juste titre remettre en question la perspective structuraliste affirmant le primat d'une sph&#232;re sur une autre ou encore la th&#232;se culturaliste affichant la famille comme cellule de base de la soci&#233;t&#233;, on risque de jet&#233; le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. Certains auteurs comme Alain Bourdin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOURDIN, 2005.&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; on &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; radicaliser ou &#224; hypermoderniser la th&#232;se de la multi-appartenance en sugg&#233;rant que cette question &#233;tait elle m&#234;me d&#233;pass&#233;e dans la mesure o&#249; les rapports d'appartenance se d&#233;litaient. Pour ce dernier, s'ils existent toujours c'est plut&#244;t sous la forme de &#171; butinage &#187; individuel correspondant &#224; des interactions &#171; partielles et &#233;ph&#233;m&#232;res &#187;. En remettant en cause, ce qui n'est pas sans int&#233;r&#234;t, l'eau du bain culturaliste privil&#233;giant la force des appartenances sociales singuli&#232;res, ne jette-t-il pas dessus bord dans le m&#234;me mouvement la question de la red&#233;finition des rapports et des nouvelles fronti&#232;res entre sph&#232;re du travail et sph&#232;re de la vie priv&#233;e ? Et, par l&#224; m&#234;me, l'ensemble des questions pos&#233;es par la sociologie de la socialisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On enterre alors un peu trop rapidement les travaux d'un Claude Dubar (Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rapports au temps varient au cours du cycle de vie et ils varient selon les situations sociales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On l'aura donc compris, les rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e sont intrins&#232;quement li&#233;s &#224; l'organisation du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il convient alors d'observer comment l'architecture temporelle de l'ensemble des activit&#233;s des individus se recompose au cours du cycle de vie. Les modes de construction des programmes d'activit&#233; au cours de la vie d&#233;pendent fortement des contextes de vie. Dans certaines p&#233;riodes de la vie la conciliation vie professionnelle/vie familiale se pose avec le plus d'acuit&#233; : d'o&#249; ce ph&#233;nom&#232;ne de concentration des contraintes temporelles qualifi&#233; de time squeeze&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SOUTHERTON et TOMLINSON, 2005.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La France est le pays europ&#233;en o&#249; la r&#233;partition de l'activit&#233; au cours de la vie est encore la plus d&#233;s&#233;quilibr&#233;e dans la mesure o&#249;, les taux d'activit&#233;s sont fortement concentr&#233;s entre 30 et 55 ans et o&#249; corr&#233;lativement les taux d'emploi sont les plus faibles comparativement aux autres pays aux deux extr&#233;mit&#233;s de la vie. Inversement, les pays du nord de l'Europe ont adopt&#233; des dispositifs qui &#171; favorisent le temps partiel ou les r&#233;ductions du temps de travail au moment du cycle de vie o&#249; ceux-ci sont le plus utiles (par exemple, lorsqu'on a des enfants, ou apr&#232;s 55 ou 60 ans, ou lorsqu'une p&#233;riode de l'entourage est d&#233;pendante), quitte &#224; travailler plus le reste du temps&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LEFEBVRE et M&#201;DA, 2006.&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les su&#233;dois ont invent&#233; la notion de &#171; travail soutenable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DOCHERTY, FORSLIN et SHANI (dir), 2002.&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui oppose le mod&#232;le du travail intensif permanent entra&#238;nant une pression permanente sur la vie priv&#233;e &#224; un mod&#232;le fond&#233; sur l'entretien des ressources humaines par une prise en consid&#233;ration des contextes de vie individuels et la mise en place d'une ing&#233;nierie d'accompagnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'autonomie individuelle et la libert&#233; d'organiser sa vie dans une soci&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On est loin des perspectives trac&#233;es par l'id&#233;al type de l'individu contemporain qui en ne consid&#233;rant qu'un mod&#232;le fig&#233; d'individu, abstraction faite des contextes de vie, conduisent &#224; admettre l'id&#233;e de la g&#233;n&#233;ralisation d'un mod&#232;le de vie fond&#233; sur l'intensification des temps de la vie professionnelle comme de la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, il faut souligner que les rapports au temps varient selon les situations sociales. Nous avons ainsi mis en &#233;vidence lors d'une enqu&#234;te r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GODARD et SINGLY, 2002.&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le fait que pr&#233;occupations en mati&#232;re de gestion du temps &#233;taient plus particuli&#232;rement le fait des m&#233;nages ayant des enfants en bas &#226;ge et des m&#233;nages dot&#233;s de niveaux de revenus et de dipl&#244;mes sup&#233;rieurs &#224; la moyenne. A l'int&#233;rieur du groupe des actifs, un clivage appara&#238;t entre les cadres et les ouvriers : trois quarts des premiers et un peu plus de la moiti&#233; des seconds manquent de temps. Vingt points s&#233;parent ces deux cat&#233;gories sociales. Les r&#233;sultats selon le niveau de dipl&#244;me fournissent une indication comparable : on passe de 30 % de plainte concernant le manque de temps chez les personnes ayant effectu&#233; de courtes &#233;tudes &#224; 50 % chez celles qui se sont arr&#234;t&#233;es au lyc&#233;e et &#224; 63 % chez celles qui ont fait des &#233;tudes sup&#233;rieures. Ce sentiment de &#171; presse &#187;, d'&#234;tre &#171; d&#233;bord&#233; &#187; est tr&#232;s associ&#233; &#224; la difficult&#233; d'organiser son temps : 18 % des personnes peu dipl&#244;m&#233;es et 62 % des personnes tr&#232;s dipl&#244;m&#233;es choisissent la r&#233;ponse &#171; c'est difficile d'organiser mon temps mais j'y arrive &#187;. Le niveau de revenu (mensuel du foyer) confirme ces deux relations &#8211; de la profession et du dipl&#244;me - au manque de temps et &#224; la difficult&#233; d'organisation. A partir de 15000 francs mensuels, les gens qui manquent de temps sont plus nombreux que les gens qui ont du temps. Les uns ont de l'argent et les autres du temps. Pour les femmes, le m&#234;me clivage s'observe : 27 % des femmes qui vivent seule et sans enfant, 38 % des femmes qui vivent en couple sans enfant, 58 % des femmes qui vivent en couple et 59 % des femmes seules avec enfant d&#233;clarent manquer souvent de temps personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les m&#233;nages des cat&#233;gories populaires mettent quant &#224; eux en avant les questions de proximit&#233; par rapport aux services pour am&#233;liorer leurs conditions de vie au quotidien. La demande d'une meilleure adaptation des horaires des services publics est plus fortement port&#233;e par les milieux de cadres, par les plus dipl&#244;m&#233;s et par les revenus les plus &#233;lev&#233;s. Une diff&#233;rence se dessine nettement entre les milieux populaires des petites villes plus fortement porteurs d'une demande d'&#233;quipements de proximit&#233; et les cadres qui vivent en r&#233;gion parisienne et dans les grandes villes plus nettement porteurs d'une extension des horaires d'ouverture des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il en r&#233;sulte que l'on ne peut continuer &#224; soutenir la th&#232;se de la g&#233;n&#233;ralisation des pr&#233;occupations d'optimisation temporelle &#224; l'ensemble des actifs de notre soci&#233;t&#233;. L&#224; encore l'observation attentive des perceptions du temps et des attentes concernant l'organisation de la vie quotidienne am&#232;ne &#224; douter des th&#232;ses trop g&#233;n&#233;rales sur &#171; les m&#233;tamorphoses de l'individu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AUBERT, 2004.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; renvoyant la sociologie dite &#171; classique &#187; &#224; ses ch&#232;res &#233;tudes empiriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les rapports au temps font l'objet d'appariements familiaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si l'ensemble des comportements familiaux ob&#233;issait &#224; de pures logiques de rationalisation et d'optimisation de rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e on pourrait alors penser que par compensation lorsqu'un membre du couple passe de longues heures au travail, l'autre diminue volontairement son temps de travail. Cela n'est pas ce que l'on observe, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, comme le mettent en &#233;vidence les travaux des sociologues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DEGENNE, LEBEAUX et MARRY, 2002.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il appara&#238;t ainsi que les structures des usages du temps des individus dans les couples sont fortement semblables &#224; l'exception du travail domestique pour lequel les diff&#233;rences entre hommes et femmes restent fortement marqu&#233;es. Ainsi, les hommes qui passent beaucoup de temps au travail vivent beaucoup plus fr&#233;quemment avec des femmes qui consacrent beaucoup de temps &#224; leurs activit&#233;s salari&#233;es. Inversement, les associations conjugales sont plus probables entre des hommes et des femmes qui consacrent beaucoup de temps &#224; leurs activit&#233;s de loisirs ext&#233;rieures ou int&#233;rieurs (et l'on peut ici distinguer les couples gros consommateurs de t&#233;l&#233;vision et les couples gros consommateurs de lecture ou de d'activit&#233;s de d&#233;tentes diverses). Ces faits sociologiques infirment l'id&#233;e selon laquelle il existerait une sorte d'ind&#233;termination des comportements individuels fond&#233;e sur une sorte d'&#233;clectisme g&#233;n&#233;ralis&#233; d'individus multi-appartenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; la tendance g&#233;n&#233;rale. Elle n'exclue pas bien entendu que certains m&#233;nages n&#233;gocient en leur sein des syst&#232;mes de compensation temporelle. Certains couples sont peuvent &#234;tre plus strat&#232;ges que d'autres lorsqu'ils disposent de ressources financi&#232;res. Ainsi, certaines femmes cadres rel&#232;vent de cette logique lorsqu'elles d&#233;cident de passer &#224; des mi-temps professionnels pour all&#233;ger les contraintes d'organisation de la vie priv&#233;e. Mais il ne faut pas confondre en l'occurrence ces situations de choix volontaires avec des situations o&#249; le passage au temps partiel r&#233;sulte d'une conduite impos&#233;e par l'entreprise. Ainsi, une &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GALTIER, 1999.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre que le temps partiel f&#233;minin suit deux logiques quasiment oppos&#233;es avec, d'une part, les couples ais&#233;s o&#249; le temps partiel, lorsqu'il est adopt&#233;, repr&#233;sente souvent un arbitrage pour plus de disponibilit&#233; dans la vie priv&#233;e et, d'autre part, les couples aux revenus modestes pour lesquels le temps partiel est impos&#233; et est associ&#233; &#224; des conditions de travail tr&#232;s contraignantes tant du point de vue tant de la pr&#233;carit&#233; que de la contrainte des horaires (horaires atypiques, horaires d&#233;cal&#233;s t&#244;t le matin ou tard le soir, horaires non n&#233;gociables&#8230;). Cette &#233;tude confirme les observations r&#233;alis&#233;es au cours d'une autre &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOUFFARTIGUE et PENDARIES, 1994.&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui montrent, &#224; partir du cas des caissi&#232;res de grands magasins, que l'emploi &#224; temps partiel court s'adresse &#224; de jeunes femmes d&#233;butantes &#224; qui l'on demande avant tout une disponibilit&#233; temporelle permettant de travailler selon des horaires peu pr&#233;visibles, fractionn&#233;s ou atypiques. Autrement dit, les contraintes sur la vie priv&#233;e se feront plus fortes chez les couples qui connaissent des horaires atypiques contraints que sur les autres et au sein de ces couples elles seront les plus fortes pour les femmes qui sont plus que les hommes soumises aux horaires atypiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les rapports au temps varient selon les sph&#232;res d'activit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La structuration des temps priv&#233;s n'est pas une simple cons&#233;quence de l'organisation des temps professionnels et les rythmes d'effectuation des pratiques de la vie priv&#233;e connaissent des sp&#233;cificit&#233;s non directement li&#233;es aux rythmes dict&#233;s par l'entreprise et &#224; la productivit&#233; dict&#233;e par le travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui peut appara&#238;tre comme une &#233;vidence m&#233;rite pourtant que l'on s'y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En effet, si certaines activit&#233;s se rationalisent (achats group&#233;s, journ&#233;e continue&#8230;) ou font l'objet de gain de temps (traitements administratifs en ligne) ; d'autres font appelle &#224; d'autres types de rapports au temps (accompagnement et soins aux enfants, loisirs, relations amicales, relation(s) amoureuse(s)&#8230;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&#034; id=&#034;nh63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certaines dimensions de la vie priv&#233;e sont inscrites sur des mod&#232;les non productivistes qui rel&#232;vent d'autres formes d'organisation de la vie. L'entretien d'un bon r&#233;seau de relations sociales, la participation &#224; la vie civique, la formation personnelle, l'&#233;levage et l'&#233;ducation des enfants, les relations amoureuses au sein du couple sont autant d'activit&#233;s o&#249; il faut prendre son temps. Pour ne prendre que l'exemple de l'&#233;levage et de l'&#233;ducation des enfants on notera que de multiples initiatives en mati&#232;re de politiques publiques montrent qu'un mouvement s'est amorc&#233; en ce sens. Le rapport Supiot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SUPIOT (sous la direction de), 1999.&#034; id=&#034;nh64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; explique qu'en Europe la liste des cong&#233;s sp&#233;ciaux (cong&#233; parental &#224; &#233;galit&#233; pour les hommes et pour les femmes et droit &#224; absence pour enfant malade ; pause carri&#232;re institu&#233;e par la loi du 22 janvier 1985 en Belgique ; projet de loi aux Pays Bas concernant la possibilit&#233; de rachat d'une partie des cong&#233;s annuel par les salari&#233;s, etc.) s'allonge tellement qu'elle d&#233;courage l'inventaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors la question de la relation entre vie professionnelle et vie priv&#233;e devient celle de la recherche des bons tempos o&#249; chaque activit&#233; s'effectue &#224; son propre rythme. Tout une part de la relation entre vie professionnelle et vie priv&#233;e se joue dans la r&#233;gulation de la part de la vitesse et de celle de la lenteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Pour conclure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le grand r&#233;cit de l'hypermodernit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un auteur comme Fran&#231;ois Lyotard annon&#231;ait la fin des grands r&#233;cits de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou de la postmodernit&#233; pointe incontestablement de nouvelles tendances port&#233;es plus sp&#233;cifiquement par certaines cat&#233;gories sociales. La figure de l'homme hypermoderne s'y pr&#233;sente comme une fiction th&#233;orique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARUS-MICHEL, 2004.&#034; id=&#034;nh66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas sans int&#233;r&#234;t si l'on en juge &#224; la capacit&#233; heuristique de l'utilisation des id&#233;aux types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais il serait prudent de ne pas confondre le substantif et la substance. Le terme d&#233;signe une tendance et il ne faudrait pas, par facilit&#233; intellectuelle, en conclure qu'il permet d'expliquer la diversit&#233; des comportements &#233;mergents dans notre soci&#233;t&#233;. On figerait alors l'analyse des diverses voies qu'inventent les individus pour r&#233;pondre aux injonctions &#224; la productivit&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'existence. On en viendrait &#224; poser des affirmations h&#226;tives comme celle de la disparition des limites du public et du priv&#233; ou encore celle de l'imposition d'une m&#234;me logique d'intensification du temps dans l'une et l'autre sph&#232;re. On passerait trop vite du constat de nouvelles formes de d&#233;synchronisation &#224; l'id&#233;e que les individus vivent en &#171; a arythmie &#187; alors qu'apparaissent de nouvelles formes de synchronisation entre vie de travail et vie priv&#233;e. On en viendrait &#224; oublier que la confrontation plus fr&#233;quente des individus &#224; des situations d'urgence d&#233;bouche sur de nouvelles formes d'organisation du temps plus puissantes qu'auparavant et non sur un enfermement dans le pr&#233;sent imm&#233;diat. On passerait alors par pertes et profits l'analyse patiente des recompositions pratiques qui se jouent dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h2&gt;
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VENDRAMIN P., VALENDUC G. (2002), &lt;i&gt;Technologies et flexibilit&#233;, les d&#233;fis du travail &#224; l'&#232;re num&#233;rique, &lt;/i&gt;Liaisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
WEBER M. (1964), &lt;i&gt;L'&#233;thique protestante et l'esprit du capitalisme&lt;/i&gt;, Plon (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;dition 1904).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Websense/Taylor Nelson Sofres (2001), &lt;i&gt;Internet au travail : 3h30 de surf &#171; perso &#187; par semaine. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.institut-chronopost.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.institut-chronopost.org&lt;/a&gt; (2004), &lt;i&gt;Temps sociaux : les TIC changent-elles la donne ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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ZARIFIAN P. (2001), &lt;i&gt;Temps et modernit&#233;. Le temps comme enjeu du monde moderne, &lt;/i&gt;L'Harmattan, Logiques sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La notion d'intensification du travail est accept&#233;e et a fait l'objet de nombreux travaux. Celle d'intensification de la vie priv&#233;e n'est pas utilis&#233;e et peut sembler surprenante. C'est pourtant cette notion et cette id&#233;e que nous souhaitons questionner.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FROMM, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon une enqu&#234;te de l'Association Fran&#231;aise des Op&#233;rateurs Mobiles de 2003, le t&#233;l&#233;phone portable est devenu un des moyens de communication qui contribuent le plus &#224; la productivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Wireless Application Protocol.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;URRY, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BECK, 2001, annonce la disparition du mod&#232;le des soci&#233;t&#233;s industrielles fond&#233; sur des normes de comportements strictement d&#233;pendant des r&#244;les assign&#233;s aux individus li&#233;s &#224; la famille, aux m&#233;tiers, aux genres, au profit d'un mod&#232;le o&#249; chacun invente en permanence l'architecture de sa vie. L'amour moderne est selon lui le type m&#234;me des nouveaux comportements individuels d&#233;bouchant sur la multiplication des divorces et la mobilit&#233; matrimoniale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARUS-MICHEL, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MEDA, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. DE CONINCK &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;, coordinateurs, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. VENDRAMIN, 2002 ; VENDRAMIN et VALENDUC, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'auteur pr&#233;cise : &#171; Des pans entiers d'activit&#233;s font ainsi l'objet de mesure et de &#171; benchmarking &#187; (&#233;talonnage) : le temps n&#233;cessaire pour traiter un dossier dans une compagnie d'assurance, pour r&#233;pondre &#224; une demande en ligne, pour qu'un employ&#233; de banque re&#231;oive un client, pour qu'un laveur de vitres nettoie une surface d&#233;termin&#233;e de vitres, etc. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un d&#233;bat sur les nouvelles formes du taylorisme dans les centres d'appel voir : &#171; Les centres d'appel &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, vol. 20, n&#176; 114, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FRICKEY, BL&#214;SS et GODARD, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En Europe, la tendance est de favoriser la r&#233;duction du temps de travail sous une forme ou sous une autre mais elle conna&#238;t une grande vari&#233;t&#233; de situation. Ainsi les femmes britanniques et hollandaises travaillent moins que les autres femmes europ&#233;ennes, du fait du d&#233;veloppement du temps partiel. Les couples finlandais sont ceux qui travaillent le plus en Europe du fait de l'importance des heures de travail des femmes (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement devant les am&#233;ricaines). En France et en Finlande on n'observe que tr&#232;s peu de diff&#233;rence en termes d'heures de travail du couple entre couple avec enfants et couples sans enfants : ce sont les pays o&#249; les syst&#232;mes de prise en charge des enfants sont les plus d&#233;velopp&#233;s. C'est aux USA, au Canada et en Su&#232;de que la diff&#233;rence est la plus forte. Si l'on consid&#232;re les heures de travail des femmes selon qu'elles ont ou non des enfants, on observe le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne pour la France et la Finlande mais ce sont les femmes allemandes, britanniques et hollandaises qui voient (et m&#234;me nettement) leurs horaires le plus chuter, les femmes am&#233;ricaines se situant au milieu de l'&#233;chelle (plus proche des fran&#231;aises). Les USA se distinguent globalement de l'Europe du fait de l'augmentation globale du temps de travail et de l'envahissement de la sph&#232;re domestique par la sph&#232;re du travail : le &lt;i&gt;workaholism. &lt;/i&gt;Les couples am&#233;ricains pulv&#233;risent tous les records (68,2 % travaillent plus de 80 heures par semaine et 12 % plus de 100 heures. Cf. JACOBS et GERSON, 2001, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FERMANIAN et LAGARDE, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARRERE-MAURISSON, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SCHOR, 1992 et 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HOCHSCHILD, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HOCHSCHILD, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HAYS, BIEBLY et TUCHMAN, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;EPSTEIN &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'ensemble de cette question on peut consulter le remarquable document issu du d&#233;partement recherche et D&#233;veloppement de France T&#233;l&#233;com. Cf. Laurence Le Douarin avec la collaboration de Anca Boboc et Laurence Dhaleine. 2005. L'usage des TIC dans l'articulation du priv&#233; et du professionnel - Synergies, usages transverses, appropriations crois&#233;es, Rapport RP/FT/R&amp;D/8857.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, &lt;i&gt;ibidem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;WEBER, 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;European Commission, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le bureau-h&#244;tel d'Andersen Consulting dans Transit, p 131. En France en 1995 (cf. &#233;tude INRETS) moins de 40 % des actifs travaillent en un lieu fixe, uniquement du lundi au vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BIGOT, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chronopost/Ipsos, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Websense/Taylor Nelson Sofres, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;www. insitut-chronopost.org, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En utilisant le terme de &#171; d&#233;terminations d'ordre sociologique &#187; j'ai bien conscience de heurter la sensibilit&#233; &#233;pist&#233;mologique de ceux qui semblent penser qu'elles se sont quasiment &#233;vanouit par enchantement hyper moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CLAISSE, 2000 ; SMOREDA, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FLICHY, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le m&#234;me auteur montre qu'en Californie (&#171; Le travail altern&#233; en Californie &#187; in Usages, 1999, CNET/DIH/UCE) au cours des ann&#233;es 1990 dans les entreprises &lt;i&gt;high tech &lt;/i&gt;les t&#233;l&#233;travailleurs travaillaient 1,9 jours par semaine &#224; domicile et b&#233;n&#233;ficiaient d'&#233;quipements pay&#233;s par les entreprises. Mais ces derniers &#233;taient des collaborateurs travaillant en moyenne depuis plus de 6,5 ans dans l'entreprise et ils connaissaient des modes de gestion de la r&#233;partition du travail entre le domicile et l'entreprise assez divers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour les salari&#233;s des multiples centres d'appel et autres organisations de back office c'est, comme on l'a vu, le contraire qui se produit avec le regroupement spatial sous forme de plateaux centralis&#233;s (en France ou &#224; l'autre bout du monde) de vastes collectifs de salari&#233;s travaillant sur des modes tr&#232;s tayloris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;JAUREGUIBERRY, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MONJARET, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le contr&#244;le des enfants &#224; distance va peut &#234;tre conna&#238;tre des formes plus sophistiqu&#233;es comme le montre l'exemple japonais. Ainsi, depuis 2003, des entreprises de t&#233;l&#233;phonies japonaises offre la possibilit&#233; pour les parents japonais de conna&#238;tre &#224; tout moment la position g&#233;ographique de leurs enfants si celui porte sur lui le t&#233;l&#233;phone. Ce syst&#232;me permet d'alerter les parents quand l'enfant sort de la zone d&#233;termin&#233;e au pr&#233;alable. On a souvent soulign&#233; le fait qu'avec le t&#233;l&#233;phone portable le locuteur n'&#233;tait plus rattach&#233; &#224; un lieu pr&#233;cis. L&#224; encore on se gardera de conclusions h&#226;tives car ceci peut &#233;voluer avec la g&#233;n&#233;ralisation du rep&#233;rage de la position g&#233;ographique avec le GSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce point est confirm&#233; par des auteurs anglo-saxons qui mettent &#233;vidence le r&#244;le des communications t&#233;l&#233;phoniques entre m&#232;res et enfants aux heures de retour de l'&#233;cole. Cf. RAWOW et NAVARRO, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. NIPPERTS-ENG, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Certains sociologues montrent que enfants et conjoint(e)s &#171; constituent le principal garde-fou contre le surtravail, (leur) r&#244;le consistant &#224; d&#233;finir la fronti&#232;re entre travail et hors travail &#187;. Cf. METZGER et CLEACH, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HADDON et SILVERSTON, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GUILLOT, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philippe Zarifian pointe ce fait que notre soci&#233;t&#233; est domin&#233;e par cette conception quantitative et lin&#233;aire du temps : le temps est une quantit&#233; que l'on mesure : c'est le temps spatialis&#233; : le temps fonctionnel qui sert &#224; assurer la logistique des comportements individuels. C'est le temps de l'individu strat&#233;gique qui calcule. Ce temps est d&#233;coup&#233; en instants strictement &#233;quivalent et ne dit rien de la valeur symbolique affect&#233;e &#224; chaque moment. Cf. ZARIFIAN, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Concession &#224; une th&#232;se hypermoderne : cela n'est pas toujours le cas en particulier lorsque le sup&#233;rieur hi&#233;rarchique s'adresse &#224; un inf&#233;rieur !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187;, 1999 de l'INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PROUTEAU et WOLFF, 2002 ; Donnat, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOURDIN, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On enterre alors un peu trop rapidement les travaux d'un Claude Dubar (Cf. DUBAR, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SOUTHERTON et TOMLINSON, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LEFEBVRE et M&#201;DA, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DOCHERTY, FORSLIN et SHANI (dir), 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'autonomie individuelle et la libert&#233; d'organiser sa vie dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e d&#233;pendent fortement de l'am&#233;nagement des rapports entre travail et vie quotidienne selon les conjonctures de la vie. La Su&#232;de et le Danemark sont, de ce point de vue, les pays les plus avanc&#233;s en facilitant avec des compensations financi&#232;res les sorties temporaires d'emplois selon les moments de la vie (enfants, formation, les loisirs&#8230;). En fait, les possibilit&#233;s offertes sont tr&#232;s in&#233;galement r&#233;parties dans les divers pays de l'Union Europ&#233;enne. Les attitudes politiques face au travail &#224; temps partiel et les mesures l&#233;gislatives varient tr&#232;s fortement d'un pays et d'un secteur &#224; un autre (FAGAN, 1999) en fonction des possibilit&#233;s offertes par les l&#233;gislations nationales de proc&#233;der &#224; des ajustements permanents entre vie de travail et vie priv&#233;e. Les &#233;carts entre les pays sont principalement le fait des diff&#233;rences entre les politiques publiques. Ainsi, les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne n'ont pas de l&#233;gislation concernant les horaires maximums autoris&#233;s de travail (OCDE, 1998). Les USA sont en retrait en mati&#232;re de garde d'enfant : 5 % des enfants de moins de 3 ans b&#233;n&#233;ficient de garde en institutions publiques ou b&#233;n&#233;ficient d'un financement ; 54 % seulement des enfants de 3 &#224; 5 ans (inclus) b&#233;n&#233;ficient de programmes de garde et la plupart &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GODARD et SINGLY, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AUBERT, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DEGENNE, LEBEAUX et MARRY, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GALTIER, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOUFFARTIGUE et PENDARIES, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce qui peut appara&#238;tre comme une &#233;vidence m&#233;rite pourtant que l'on s'y arr&#234;te tant diverses th&#232;ses actuellement en cours semblent plus ou moins implicitement l'admettre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SUPIOT (sous la direction de), 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un auteur comme Fran&#231;ois Lyotard annon&#231;ait la fin des grands r&#233;cits de la modernit&#233;. N'assiste-t-on pas &#224; la r&#233;surgence d'une autre forme de &#171; grand r&#233;cit &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARUS-MICHEL, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les temps du quotidien
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1255</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1255</guid>
		<dc:date>2014-07-15T12:12:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Godard
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e de ce texte a d&#233;j&#224; paru dans L. Vodoz &amp; C. Jemelin (dir.), Les territoires de la mobilit&#233; : l'aire du temps, Lausanne, PPUR, 2004, p. 43-56. Il est &#233;galement accessible ici. En France, comme aux &#201;tats-Unis, la sociologie se divise sur l'analyse des temps sociaux individuels ou, autrement dit, sur l'interpr&#233;tation de la transformation des rapports entre temps de travail et temps du quotidien hors travail. Les r&#233;ponses sont, non seulement oppos&#233;es : elles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sociologie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Temps libre et temps de travail : des th&#232;ses qui s'opposent&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Temps libre et temps de travail : des th&#232;ses qui s'opposent&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Des th&#232;ses et des m&#233;thodes&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. Des th&#232;ses et des m&#233;thodes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. La France et les autres : convergences et divergences&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3. La France et les autres : convergences et divergences&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. Que faire de notre temps ?&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;4. Que faire de notre temps ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une version l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e de ce texte a d&#233;j&#224; paru dans L. Vodoz &amp; C. Jemelin (dir.)&lt;/i&gt;, Les territoires de la mobilit&#233; : l'aire du temps,&lt;i&gt; Lausanne, PPUR, 2004, p. 43-56. Il est &#233;galement accessible &lt;a href=&#034;http://www2.culture.gouv.fr/deps/colloque/godard.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En France, comme aux &#201;tats-Unis, la sociologie se divise sur l'analyse des temps sociaux individuels ou, autrement dit, sur l'interpr&#233;tation de la transformation des rapports entre temps de travail et temps du quotidien hors travail. Les r&#233;ponses sont, non seulement oppos&#233;es : elles le sont de mani&#232;re tr&#232;s tranch&#233;e. Cette opposition n'est pas nouvelle mais elle appara&#238;t sous de nouvelles formes mettant en jeu d'autres types d'arguments. A la th&#232;se de la &#171; soci&#233;t&#233; des loisirs &#187; et maintenant &#171; du sacre du temps libre &#187; (VIARD. 2002) s'oppose la th&#232;se de l'omnipr&#233;sence du travail dans la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Temps libre et temps de travail : des th&#232;ses qui s'opposent &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En France, un sociologue comme Jean Viard (VIARD. 2002) apr&#232;s avoir annonc&#233; qu'en un si&#232;cle, &#171; la part de notre temps consacr&#233;e au travail (est) pass&#233;e de 50 &#224; 14 % de cette vie &#233;veill&#233;e &#187;, soutient que &#171; le travail n'est plus le grand organisateur des temps sociaux et des existences &#187;. &#192; la suite de Joffre Dumazdier, la sociologie des loisirs reprend la th&#232;se selon laquelle les valeurs centrales de notre soci&#233;t&#233; se seraient d&#233;plac&#233;es du monde du travail vers celui des loisirs en s'appuyant sur cet argument que le temps de non-travail au cours de l'existence aurait fort consid&#233;rablement augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'argumentaire de Dominique M&#233;da (MEDA. 2001), aux antipodes, rappelle longuement que les femmes travaillent de plus en plus et s'appuyant sur diverses enqu&#234;tes sociologiques, pr&#233;tend que les hommes &#171; structur&#233;s de mani&#232;re quasi exclusive par le travail &#187; allaient peut &#234;tre sortir progressivement de la d&#233;pendance et de la disponibilit&#233; totale par rapport au travail. Nous sommes loin des th&#232;ses de la soci&#233;t&#233; des loisirs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aux &#201;tats-Unis certains travaux semblent d&#233;montrer (ROBINSON. 1997) en se fondant sur des enqu&#234;tes empiriques tr&#232;s bien outill&#233;es m&#233;thodologiquement, que les salari&#233;s travaillent moins, que le temps de loisirs prend plus de place dans la vie quotidienne et que l'on est en pr&#233;sence d'un d&#233;couplage entre vie quotidienne et vie de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'autres travaux (SCHOR. 1992) montrent inversement que le temps de travail a augment&#233; consid&#233;rablement et rapidement dans ce m&#234;me pays. D'autres vont plus loin dans le m&#234;me sens et expliquent que le foyer am&#233;ricain est devenu un lieu de travail. Ainsi, &#224; la question qui consiste &#224; savoir si les m&#233;nages s'emparent des nouvelles possibilit&#233;s offertes par le d&#233;veloppement de la flexibilit&#233; dans l'organisation du travail une &#233;tude r&#233;pond, &#224; propos des salari&#233;s des entreprises am&#233;ricaines (HOCHSCHILD. 1997) que la logique de l'entreprise a maintenant compl&#232;tement envahi celle de l'organisation de la famille. Par une sorte de renversement de logique, le foyer serait d&#233;sinvesti psychologiquement et inversement le travail deviendrait un moment et une activit&#233; d'investissement personnel positif plus fort. Le travail serait devenu accueillant et le foyer plus contraignant. La flexibilit&#233; serait donc le moyen pour la logique productive d'envahir l'ensemble du quotidien avec l'assentiment et la coop&#233;ration active des salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette derni&#232;re analyse a fait l'objet de nombreuses critiques th&#233;oriques et m&#233;thodologiques. La plus percutante d'entre elles (HAYS &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;. 1998) montre que l'entreprise exerce une sorte de chantage &#224; la loyaut&#233; sur ses salari&#233;s cadres et que le d&#233;vouement complet &#224; l'entreprise est un comportement implicitement requis. En d'autres termes, la flexibilit&#233; permettrait l'exercice de formes de n&#233;o- paternalisme offrant certaines gratifications en &#233;change d'un d&#233;vouement de tous les instants &#224; l'entreprise. En contre partie les attitudes &lt;i&gt;&#171; family-oriented &#187;&lt;/i&gt; peuvent &#234;tre lourdement sanctionn&#233;es en termes de d&#233;roulement de carri&#232;re. Nous serions donc moins en pr&#233;sence d'une nouvelle propension des familles &#224; pr&#233;f&#233;rer le travail au foyer domestique que d'un affichage tactique d'attitudes convenues pour conforter sa position dans l'entreprise. La sociologue se serait donc laiss&#233;e prendre au discours indig&#232;ne et aurait de plus extrapol&#233; &#224; l'ensemble des familles am&#233;ricaines, une analyse portant sur ce qui correspondrait &#224; notre &#233;chantillon de cadres moyens. C'est ce que confirmeraient d'autres travaux (EPSTEIN. 1998) qui contrairement aux analyses de HOCHSCHILD montrent &#224; partir d'&#233;tudes sur les normes horaires qui s'imposent &#224; certaines cat&#233;gories de salari&#233;s qualifi&#233;s que les parents bi-actifs recherchent un &#233;quilibre entre travail et famille, ne d&#233;sertent pas leurs responsabilit&#233;s familiales et acceptent mal les choix devant lesquels on les place (la carri&#232;re contre le bien &#234;tre dans la vie priv&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Des th&#232;ses et des m&#233;thodes &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;veloppements r&#233;cents de recherches empiriques sur les rapports entre transformations des temps de travail et vie de famille d&#233;bouchent donc sur des interpr&#233;tations divergentes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On n'&#233;voque pas ici le vaste probl&#232;me des techniques d'enqu&#234;te. Le d&#233;bat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'analyse des rapports entre pratiques professionnelles et pratiques quotidiennes hors travail oscille souvent entre diverses interpr&#233;tations oppos&#233;es des donn&#233;es empiriques. La premi&#232;re annonce que les pratiques quotidiennes sont tr&#232;s strictement d&#233;termin&#233;es par les pratiques professionnelles. La seconde annonce une sorte de prise d'autonomie de la vie quotidienne. La troisi&#232;me pose que les activit&#233;s hors travail viennent &#171; compenser &#187; les contraintes sp&#233;cifiques associ&#233;es &#224; l'activit&#233; de travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur ce d&#233;bat voir les analyses de Jean-Yves Boulin et Ulrich M&#252;ckenberger (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est utile de rappeler ici quelques aspects &#233;l&#233;mentaires du d&#233;bat m&#233;thodologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.1. Les raisonnements &#224; la moyenne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un certain nombre de chercheurs fran&#231;ais et am&#233;ricains rappellent cette &#233;vidence que les raisonnements fond&#233;s sur des moyennes nationales conduisent &#224; des erreurs graves d'analyse. C'est tout particuli&#232;rement vrai dans le cas des temps sociaux. Deux auteurs am&#233;ricains (JACOB, GERSON. 2001) montrent &#224; partir des diff&#233;rentes enqu&#234;tes du &lt;i&gt;&#171; Current Population Survey &#187;&lt;/i&gt; entre 1970 et 2000 que les contradictions entre ces diverses th&#232;ses sont apparentes et reposent sur des erreurs d'analyse et de m&#233;thode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces deux auteurs publient &#224; la fin de cette ann&#233;e 2002 un ouvrage essentiel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La premi&#232;re d'entre elles r&#233;side dans les raisonnements fond&#233;s sur des moyennes. Or, soulignent-ils, le fait important est la bipolarisation des rythmes de vie des am&#233;ricains : si certains travaillent peu, d'autres travaillent beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean Yves Boulin (BOULIN, DOMMERGUES, GODARD. 2003) remet &#233;galement en cause ces raisonnements fond&#233;s sur des moyennes nationales pour conclure &#224; une segmentation sociale renforc&#233;e des temporalit&#233;s sociales selon les cat&#233;gories professionnelles et surtout selon les cat&#233;gories d'&#226;ge. En France, en effet, le volume de travail effectu&#233; dans la soci&#233;t&#233; tend depuis plus de 20 ans &#224; se concentrer sur une phase r&#233;duite du cycle de vie (25-55 ans)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceci dit, du point de vue volume de temps qu'une soci&#233;t&#233; dans son ensemble (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On rappellera ici que les mod&#232;les temporels qui organisent le travail au cours de l'existence varient consid&#233;rablement au sein des pays de l'Union Europ&#233;enne. On peut ainsi distinguer (BOISARD. 1996) un premier mod&#232;le qui correspond &#224; une dur&#233;e de travail hebdomadaire r&#233;duite et une dur&#233;e de vie active &#233;lev&#233;e comme au Danemark et aux Pays-Bas et un second mod&#232;le qui combine des dur&#233;es de travail hebdomadaires &#233;lev&#233;es par rapport &#224; des vies actives courtes comme en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'autres analyses (GODARD et SINGLY. 2002) montrent qu'en mati&#232;re de rapport au temps, la c&#233;sure principale passe entre ceux qui manquent de temps par surcharge de travail et ceux qui ne savent qu'en faire (ch&#244;meurs, retrait&#233;s) ou qui voudraient travailler plus (les temps partiels). La question de l'enqu&#234;te SOFRES de 2001 (Enqu&#234;te &#171; Les Fran&#231;ais et le temps dans la ville &#187;, mai 2001) portant sur l'appr&#233;ciation du manque de temps dans la vie quotidienne scinde la population en deux parties &#233;gales : 51 % des personnes interrog&#233;es d&#233;clarent que le manque de temps est un probl&#232;me important et 49 % d&#233;clarent que le manque de temps n'est pas un probl&#232;me important ou pas un probl&#232;me du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Concernant le temps, l'enseignement principal est donc la bipolarisation de nos soci&#233;t&#233;s d&#233;velopp&#233;es : ce que nous masquent donc toutes les moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.2. Temps des individus et temps des m&#233;nages &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nos deux sociologues am&#233;ricains (JACOBS, GERSON. 2001) montrent &#233;galement que les analyses sociologiques d&#233;velopp&#233;es sur le temps se fondent le plus souvent sur le temps de travail individuel qui &#171; en moyenne &#187; n'a pas fortement augment&#233; alors c'est le temps du travail du couple qui lui s'est fortement accru en raison de la hausse consid&#233;rable de l'activit&#233; f&#233;minine salari&#233;e. Les couples bi-actifs ainsi que les familles monoparentales sont ceux qui ont vu le rapport entre temps de travail salari&#233; et temps destin&#233; aux activit&#233;s domestiques se transformer le plus radicalement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les employeurs, constatent les deux auteurs n'ont pas vraiment tenu compte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En France et bien que de nombreuses et anciennes &#233;tudes prouvent que la composition du m&#233;nage a des effets au moins aussi fort sur la construction des emplois du temps que l'appartenance &#224; une cat&#233;gorie socioprofessionnelle (LEMEL. 1973), les analyses sur les &#233;volutions temporelles des pratiques continuent trop souvent &#224; se r&#233;f&#233;rer aux cat&#233;gories socioprofessionnelles des individus pris isol&#233;ment. Or, comme le prouvent des travaux plus r&#233;cents (DEGENNE, LEBEAUX, MARRY. 2002 ; GODARD et SINGLY. 2002), seule la combinaison de variables telles que (a) la forme des m&#233;nages (seul, en couple, famille monoparentale), (b) leur type de composition socioprofessionnelle rep&#233;r&#233; par la combinaison des cat&#233;gories socioprofessionnelles de chacun des membres du m&#233;nage, (c) la position dans le cycle de vie des individus qui le composent (rep&#233;rable tr&#232;s grossi&#232;rement par l'&#226;ge), permet de comprendre la gestion de leur temps par les individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, on ne peut comprendre les effets de d&#233;synchronisation provoqu&#233;s par les transformations de l'organisation du travail sur la vie quotidienne que si l'on comprend d'abord comment ils se g&#232;rent au sein du m&#233;nage. Les analyses (non encore publi&#233;es) que j'ai r&#233;alis&#233;es avec Alain Chenu &#224; partir de l'enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187; de l'INSEE de 1998/1999, montrent ainsi que les jeux de d&#233;synchronisation/synchronisation des individus sur la sc&#232;ne de la vie priv&#233;e sont tr&#232;s diff&#233;rents selon que l'on &#224; affaire &#224; des couples de cadres (plut&#244;t synchronis&#233;s pour la prise du petit d&#233;jeuner et d&#233;synchronis&#233;s pour le d&#238;ner) ou &#224; des couples d'ouvriers (plut&#244;t d&#233;synchronis&#233;s pour le petit d&#233;jeuner et synchronis&#233;s pour le d&#238;ner).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La combinaison plus syst&#233;matique des diff&#233;rents param&#232;tres ainsi &#233;voqu&#233;s pourrait peut &#234;tre permettre d'&#233;tablir des typologies au regard de l'utilisation du temps. On verrait alors certainement s'opposer le type &#171; cadre &#8211; vivant seul(e) &#8211; dans des entreprises parisiennes &#8211; haut de gamme &#8211; selon des horaires totalement flexibilis&#233;s &#187; au type : &#171; employ&#233; &#8211; mari&#233; &#224; une ouvri&#232;re &#8211; d'une PME de province &#8211; selon des horaires de travail r&#233;guliers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.3. L'importance de la dimension contextuelle &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les m&#234;mes travaux r&#233;alis&#233;s en collaboration avec Alain Chenu ont &#233;galement mis en &#233;vidence l'importance du type de contexte urbain. Ainsi, en France, l'organisation temporelle de la vie est tr&#232;s diff&#233;rente en &#206;le-de-France par rapport &#224; tous les autres contextes urbains, toute chose &#233;gale par ailleurs. Les temps de travail y sont sup&#233;rieurs, les temps de travail domestique inf&#233;rieur du fait du recours plus fr&#233;quent aux services, les temps de transports sup&#233;rieurs, les temps libres (&#206;le-de-France hors Paris) inf&#233;rieurs. Ce sont les ouvriers franciliens qui paient le plus cher en termes de qualit&#233; de vie (fatigue, faible temps de pr&#233;sence aupr&#232;s des enfants ...) le fait d'habiter en maison individuelle en &#206;le-de-France. Voil&#224; ce qui appara&#238;t le plus clairement dans le cas fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faut toutefois rester prudent et ne pas g&#233;n&#233;raliser aux autres pays cette id&#233;e qu'il existerait des emplois du temps propres aux grandes m&#233;tropoles, comme le montrent les r&#233;sultats d'une &#233;tude hollandaise (VANDEN BROEK, KNULST et DE HAAN. 1997). Cette &#233;tude compare les usages du temps et le registre des loisirs des habitants (a) des quatre plus grandes villes de Hollande (Amsterdam, Rotterdam, La Hague et Utrecht), (b) des habitants des villes moyennes (au-dessus de 100 000 habitants) et (c) des habitants de plus petites communes. Pour isoler les effets li&#233;s au type d'environnement urbain, les chercheurs neutralisent les effets sociaux li&#233;s au niveau d'&#233;ducation et &#224; l'&#226;ge de la population. Il appara&#238;t alors que l'hypoth&#232;se selon laquelle les grandes villes constitueraient des avant-gardes en mati&#232;re d'usage du temps et de loisirs n'est pas r&#233;ellement v&#233;rifi&#233;e. Des sp&#233;cificit&#233;s des grandes villes apparaissent comme le d&#233;veloppement des multiactivit&#233;s au m&#234;me moment, une &#233;coute plus longue de la t&#233;l&#233;vision et des visites aux domiciles moins fr&#233;quentes (non v&#233;rifi&#233; pour les plus petites villes). Mais, m&#234;me si les habitants des quatre grandes villes profitent plus souvent des facilit&#233;s en mati&#232;re de culture et de loisirs offertes par ces villes, globalement, les diff&#233;rences entre grandes villes et petites villes en mati&#232;re d'utilisation du temps sont surestim&#233;es concluent les auteurs. Faut-il penser alors que ces faibles diff&#233;rences sur l'ensemble des territoires hollandais sont dues au fait que les citoyens hollandais ont globalement adopt&#233; le style de vie m&#233;tropolitain ? Les auteurs ne r&#233;pondent pas &#224; cette question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.4. Des temps de travail ind&#233;finissables &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est une question sur laquelle l'ensemble des chercheurs qui se penchent sur la question des temporalit&#233;s sociales s'accordent : la fronti&#232;re entre les lieux et les moments du &#171; travail &#187; et du &#171; non- travail &#187; est de plus en plus labile. Il n'est pas &#233;vident pourtant que l'on tire tous les enseignements m&#233;thodologiques d'un tel constat. Cette question se d&#233;cline selon bien des mani&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette fronti&#232;re est labile parce qu'un nombre croissant de salari&#233;s rapporte du travail &#224; domicile ou reste en contact avec la &#171; sph&#232;re &#187; professionnelle, il faudrait plut&#244;t dire en ligne, avec Internet dans leur vie priv&#233;e. Les nouvelles conditions de travail caract&#233;ris&#233;es de plus en plus par de nouvelles r&#233;partitions du temps de travail et la constitution de moments hybrides entre travail et non-travail posent le probl&#232;me de l'&#233;valuation exacte des temps de travail et par suite de l'&#233;quit&#233; en mati&#232;re de travail. Il appara&#238;t, en effet, que pour certaines professions &#224; horaire statutaire faible (les enseignants notamment), les estimations fournies en r&#233;ponse &#224; des questions du type de celles qui sont pos&#233;es &#224; l'enqu&#234;te Emploi de l'INSEE (&#171; Quel nombre d'heures de travail effectuez-vous habituellement chaque semaine ? &#187; ou &#171; La semaine derni&#232;re, combien d'heures de travail avez-vous r&#233;ellement accomplies ? &#187;) sont tr&#232;s basses parce qu'elles n'incluent que tr&#232;s partiellement le travail effectu&#233; &#224; domicile. Chez les assistantes maternelles qui gardent des enfants &#224; leur domicile, on observe une relation inverse : les horaires d&#233;clar&#233;s en r&#233;ponse aux questions de l'enqu&#234;te Emploi sont tr&#232;s &#233;lev&#233;s, alors que les heures de travail d&#233;compt&#233;es sur les carnets d'activit&#233; de l'enqu&#234;te Emploi du temps sont faibles, une grande partie du temps pass&#233; avec les enfants &#233;tant cod&#233;e comme du travail domestique. Les fronti&#232;res entre travail domestique et travail professionnel sont difficiles &#224; tracer, et largement arbitraires, lorsque l'activit&#233; se situe &#224; domicile et ne fait pas l'objet d'aucun contr&#244;le institutionnalis&#233;. Il est donc n&#233;cessaire de relancer la r&#233;flexion m&#233;thodologique et th&#233;orique en ce domaine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces derni&#232;res r&#233;flexions sont issues d'un travail en commun avec Alain Chenu.&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, avec Internet, on peut passer du travail au loisir ou encore &#224; l'accomplissement de t&#226;ches administratives personnelles, en appuyant sur une touche : comment d&#233;composer et d&#233;finir l'activit&#233; en ligne sur Internet dans ces conditions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La cat&#233;gorie de travail doit elle-m&#234;me &#234;tre remise en question du fait de l'existence de multiples temps au statut incertain comment, par exemple, d&#233;finir les temps d'astreinte ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une autre question se pose portant non sur la d&#233;finition des cat&#233;gories de pratiques mais sur le sens de certains types de rapport au temps de travail. Il en va ainsi pour le rapport qu'entretiennent les femmes aux horaires dits atypiques. Une &#233;tude (GALTIER. 1999) montre ainsi que le temps partiel f&#233;minin suit deux logiques quasiment oppos&#233;es avec, d'une part, les couples ais&#233;s o&#249; le temps partiel repr&#233;sente souvent un arbitrage en faveur du temps libre et, d'autre part, les couples en difficult&#233; financi&#232;re. Dans ce dernier cas, le temps partiel est associ&#233; &#224; des conditions de travail tr&#232;s contraignantes tant du point de vue de la pr&#233;carit&#233; que de la contrainte des horaires (horaires atypiques, horaires d&#233;cal&#233;s t&#244;t le matin ou tard le soir, non n&#233;gociables ...). Cette &#233;tude confirme les observations r&#233;alis&#233;es au cours d'une autre &#233;tude (BOUFFARTIGUE et PENDARI&#200;S. 1994) qui montrent, &#224; partir du cas des caissi&#232;res de grands magasins, que l'emploi &#224; temps partiel court s'adresse &#224; de jeunes femmes d&#233;butantes &#224; qui l'on demande avant tout une disponibilit&#233; temporelle permettant de travailler selon des horaires peu pr&#233;visibles, fractionn&#233;s ou atypiques. Une des hypoth&#232;ses d'un de ces auteurs (BOUFFARTIGUE 1999) est que ce type d'horaires est caract&#233;ristique des employ&#233;s jeunes qui cherchent &#224; se rapprocher de la norme d'emploi d&#233;finie par des horaires plus &#171; normaux &#187; si l'occasion leur en est donn&#233;e. Les auteurs choisissent donc cette interpr&#233;tation contre une autre qui montrerait que certains types d'horaires atypiques comme les horaires de nuit correspondraient &#224; certains choix de vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. La France et les autres : convergences et divergences &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Jerry JACOBS et Kathleen GERSON&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il s'agit d'un ouvrage &#224; para&#238;tre dans le courant de ce mois et dont une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; se fondant sur une comparaison entre les USA, le Canada et l'Europe (Allemagne, Belgique, Danemark, Finlande, France, Grande-Bretagne, Hollande, Italie, Su&#232;de) nous donnent quelques indications utiles. Apr&#232;s avoir critiqu&#233; l'erreur m&#233;thodologique qui consiste &#224; raisonner sur des moyennes nationales, ils proposent d'identifier deux sous-groupes sp&#233;cifiques au regard de l'analyse des rapports entre temps de travail et temps familiaux. Il s'agit des couples bi-actifs et des familles monoparentales avec enfant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les USA se distinguent globalement de l'Europe du fait de l'augmentation globale du temps de travail et de l'envahissement de la sph&#232;re domestique par la sph&#232;re du travail : le &lt;i&gt;&#171; workaholism &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'augmentation des heures de travail est d&#251; &#224; l'augmentation des heures (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les femmes am&#233;ricaines connaissent les semaines de travail les plus longues. Les couples pulv&#233;risent tous les records (68,2 % travaillent plus de 80 heures par semaine et 12 % plus de 100 heures). Il appara&#238;t de plus que la r&#233;duction du temps de travail n'est pas un th&#232;me de d&#233;bat public aux USA alors m&#234;me qu'il l'est chez le voisin canadien. Il est vrai que les Am&#233;ricains n'ont pas obtenu un jour suppl&#233;mentaire de cong&#233; pay&#233; en trente ans alors qu'en Europe dans le m&#234;me temps ces derniers ont quasiment doubl&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On notera qu'une controverse entre sociologues plus ou moins latente existe (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En Europe, la tendance est de favoriser la r&#233;duction du temps de travail sous une forme ou sous une autre mais elle conna&#238;t une grande vari&#233;t&#233; de situation. Ainsi les femmes britanniques et hollandaises travaillent moins que les autres femmes europ&#233;ennes, du fait du d&#233;veloppement du temps partiel. Les couples finlandais sont ceux qui travaillent le plus en Europe du fait de l'importance des heures de travail des femmes (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement devant les am&#233;ricaines). En France et en Finlande on n'observe que tr&#232;s peu de diff&#233;rence en termes d'heures de travail du couple entre couple avec enfants et couples sans enfants : ce sont les pays o&#249; les syst&#232;mes de prise en charge des enfants sont les plus d&#233;velopp&#233;s. C'est aux USA, au Canada et en Su&#232;de que la diff&#233;rence est la plus forte. Si l'on consid&#232;re les heures de travail des femmes selon qu'elles ont ou non des enfants, on observe le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne pour la France et la Finlande mais ce sont les femmes allemandes, britanniques et hollandaises qui voient (et m&#234;me nettement) leurs horaires le plus chuter, les femmes am&#233;ricaines se situant au milieu de l'&#233;chelle (plus proche des fran&#231;aises). Les femmes am&#233;ricaines quittent ou perdent leur emploi avec l'arriv&#233;e d'un enfant beaucoup plus souvent que les femmes finlandaises et fran&#231;aises mais beaucoup moins souvent que les femmes allemandes, britanniques et hollandaises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quatre pays europ&#233;ens se rapprochent des USA du point de vue de la relation entre haut niveau d'&#233;tudes des couples et importance des heures de travail : le Canada, la Hollande, la Su&#232;de et la France. Inversement en Finlande et en Italie les couples les plus dipl&#244;m&#233;s travaillent moins que les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On formulera deux remarques &#224; partir de ces quelques &#233;l&#233;ments d'analyse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
(1) Il appara&#238;t que l'in&#233;galit&#233; des genres face au temps reste partout un probl&#232;me central. De m&#234;me, les tendances d&#233;mographiques convergent entre pays du point de vue d&#233;calage des calendriers de nuptialit&#233;, de f&#233;condit&#233;, de poursuite des &#233;tudes chez les femmes, d'augmentation des taux d'activit&#233;s f&#233;minins. En revanche, les &#233;carts entre les pays sont principalement le fait des diff&#233;rences entre les politiques publiques. Ainsi, les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne n'ont pas de l&#233;gislation concernant les horaires maximum autoris&#233;s de travail (OCDE. 1998). Les USA sont en retrait en mati&#232;re de garde d'enfant : 5 % des enfants de moins de 3 ans b&#233;n&#233;ficient de garde en institutions publiques ou b&#233;n&#233;ficient d'un financement ; 54 % seulement des enfants de 3 &#224; 5 ans (inclus) b&#233;n&#233;ficient de programmes de garde et la plupart &#224; temps partiel. Ce sont ces derni&#232;res diff&#233;rences qui expliquent la relation diff&#233;rentielle des femmes au travail entre les pays. La proposition des deux auteurs am&#233;ricains se distingue alors de celle de Jonathan GERSHUNY qui voit plut&#244;t une convergence de la distribution du temps entre travail, famille et loisirs au-del&#224; des diff&#233;rences nationales (GERSHUNY. 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'autonomie individuelle et la libert&#233; d'organiser sa vie dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e d&#233;pendent fortement de la possibilit&#233; offerte par les l&#233;gislations nationales de proc&#233;der &#224; des ajustements permanents entre vie de travail et vie quotidienne selon les conjonctures de la vie. Or, comme le montre une &#233;tude tr&#232;s compl&#232;te sur le temps de travail au cours du cycle de vie (BOULIN, HOFFMAN.1999), si la r&#233;flexion sur le th&#232;me n'est pas nouvelle, en revanche, peu de pays ont pris des dispositions concr&#232;tes pour faciliter globalement ces ajustements selon une politique de &lt;i&gt;&#171; lifetime working hours &#187;&lt;/i&gt;. La Su&#232;de et le Danemark sont, de ce point de vue, les pays les plus avanc&#233;s en facilitant avec des compensations financi&#232;res les sorties temporaires d'emplois selon les moments de la vie (enfants, formation, les loisirs ...). En fait, les possibilit&#233;s offertes sont tr&#232;s in&#233;galement r&#233;parties dans les divers pays de l'Union Europ&#233;enne. Les attitudes politiques face au travail &#224; temps partiel et les mesures l&#233;gislatives varient tr&#232;s fortement d'un pays et d'un secteur &#224; un autre (FAGAN.1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
(2) La seconde remarque concerne la relation au temps libre. Nous assistons dans un pays comme la France (avec d'autres comme indiqu&#233; ci-dessus) &#224; une inversion des tendances entre 1974 et 1998 : ce ne sont plus les cat&#233;gories ais&#233;es qui ont le plus de temps libre (CHENU, HERPIN. 2002). Comme le montre l'enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187; de l'INSEE de 1998/99, cette inversion est plus forte selon le niveau de dipl&#244;me que selon le niveau de revenu. La hausse du ch&#244;mage chez les cat&#233;gories les moins qualifi&#233;es, d'une part, et la plus forte implication dans le travail des cat&#233;gories dipl&#244;m&#233;es, d'autre part, expliquent cette inversion. Mais comme le montre cette m&#234;me &#233;tude (CHENU, HERPIN. 2002) la structure des activit&#233;s de loisirs varie peu. Les activit&#233;s sur repr&#233;sent&#233;es parmi les personnes les moins dipl&#244;m&#233;es sont toujours la t&#233;l&#233;vision, le bricolage et les travaux domestiques et parmi les personnes dipl&#244;m&#233;es les spectacles et sorties, le sport et la participation &#224; la vie associative. Le niveau de revenu permet de compenser la manque de temps par des activit&#233;s de loisirs plus co&#251;teuses et &#233;galement par le recours aux services en mati&#232;re de travail domestique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. Que faire de notre temps ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La question sociologique concernant la place respective des divers temps de la vie dans l'emploi du temps des individus, d&#233;bouchent sur certaines prises de position ou recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On peut alors, &#224; l'instar de Jerry A. Jacobs et Kathleen Gerson, distinguer diverses th&#232;ses en pr&#233;sence pour rem&#233;dier aux probl&#232;mes de gestion des temps libres des individus et des familles.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les individualistes du &lt;i&gt;&#171; self-help &#187;&lt;/i&gt; nous indiquent qu'il faut apprendre &#224; mieux g&#233;rer son temps et obtiennent ainsi les meilleurs succ&#232;s de librairie (sur Amazon on compte plus de 1100 r&#233;f&#233;rences sur la gestion du temps la plus rationnelle) ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les modernistes des &lt;i&gt;&#171; upper-middle class &#187;&lt;/i&gt; qui constatent la tendance universelle et irr&#233;versible des nouvelles technologies d'information et de communication et pr&#244;nent leur utilisation syst&#233;matique pour optimiser notre quotidien : pour aller plus vite, pour mieux se synchroniser (GLEICK. 1999 et 2001) ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les tenants d'une approche culturaliste qui remettent en cause la culture du travail et surtout l'&#233;thique de la consommation comp&#233;titive ou la course au statut (SCHOR. 1998) ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les r&#233;alistes tenant du service public qui pensent que plus de flexibilit&#233; dans le travail est in&#233;vitable et qu'il faut dans ces conditions : (a) consid&#233;rer que la capacit&#233; de travail de chacun est diff&#233;rente selon l'&#233;tape de son cycle de vie (elle est moins importante lorsque les enfants sont &#224; la maison) (b) am&#233;nager le travail en cons&#233;quence et offrir plus de soutien aux familles en termes de services, au moment o&#249; elles en ont besoin (c'est la th&#232;se de Jerry JACOBS et Kathleen GERSON).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce sch&#233;ma con&#231;u par deux chercheurs am&#233;ricains &#224; propos de la situation am&#233;ricaine peut parfaitement s'appliquer &#224; la situation fran&#231;aise o&#249; l'on retrouve, peu ou prou, les m&#234;mes termes du d&#233;bat. On laisse le soin au lecteur de mettre les noms idoines devant chacun de ces positionnements !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
ANXO Dominique &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;. 1995. Utilisation des &#233;quipements et horaires de travail. Comparaison internationale. INSEE M&#233;thodes, n&#176; 49-50-51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
ANXO Dominique, BOULIN Jean Yves et alii. 1998&lt;i&gt;. Partage du travail et modes de vie. Une comparaison France- Su&#232;de&lt;/i&gt;, Travail et Emploi, n&#176; 74, 1/98.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BIANCHI Suzanne M. &lt;i&gt;et alii.&lt;/i&gt; 1999. &lt;i&gt;Is Anyone Doing the Housework ? Trands ans Gender Differentiels in America's Least Favorite Activity&lt;/i&gt;, University of Maryland.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOISARD Pierre. 1999. &lt;i&gt;Les Horaires de travail dans les pays de l'Union Europ&#233;enne&lt;/i&gt;. CEE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BONFIGLIOLI Sandra (organisateur). 1999. &lt;i&gt;Tempi di vita e orari di lavoro&lt;/i&gt;, workshop Internazionale, Milan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOUFFARTIGUE Paul, BOUTEILLER Jacques. 2000. Temps de travail et dynamique du salariat in Gilbert de Tersac et Daniel Tremblay (&#233;diteurs). &lt;i&gt;O&#249; va le temps de travail&lt;/i&gt;, Octares et PUQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOUFFARTIGUE Paul, BOCCHINO M. 1998. Travailler sans compter son temps ? Les cadres et le temps de travail, &lt;i&gt;Travail et Emploi&lt;/i&gt;, n&#176; 74.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOUFFARTIGUE Paul, PENDARIES JEAN.REN&#201;. 1994. Formes particuli&#232;res d'emploi et gestion d'une main d'&#339;uvre f&#233;minine peu qualifi&#233;e. Le cas des caissi&#232;res d'un hypermarch&#233;, &lt;i&gt;Sociologie du travail&lt;/i&gt;, n&#176; 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOULIN Jean-Yves et MUCKENBERGER Ulrich. 2002. &lt;i&gt;La ville &#224; mille temps&lt;/i&gt;. Editions de l' Aube/DATAR.,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOULIN Jean-Yves, DOMMERGUES Pierre, GODARD Francis. (A para&#238;tre en janvier 2003). &lt;i&gt;La nouvelle aire du temps&lt;/i&gt;. Editions de l' Aube/DATAR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
CHENU Alain et HERPIN Nicolas. 2002. Une pause dans la marche vers la civilisation des loisirs ? &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Temps sociaux et temps professionnels aux travers des enqu&#234;tes &#171; Emploi du Temps &#187;,&lt;/i&gt; &#201;conomie et Statistique, n&#176; 352-353.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DAYAN Jean-Louis. 1999. &lt;i&gt;Les temps de travail et modes de vie : quelques &#233;volutions r&#233;centes&lt;/i&gt;, s&#233;minaire CERTU- INUDEL, Les territoires urbains &#224; l'&#233;preuve des nouveaux rythmes de vie, Chamb&#233;ry.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DEGENNE Alain, LEBEAUX Marie-Odile, MARRY Catherine. 2002 Les usages du temps : cumuls d'activit&#233;s et rythmes de vie &lt;i&gt;in Temps sociaux et temps professionnels aux travers des enqu&#234;tes &#171; Emploi du Temps &#187;&lt;/i&gt;, &#201;conomie et Statistique, n&#176;352-353.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DUMONTIER Fran&#231;oise, PAN KE SHON Jean-Louis. 1999. ' En 13 ans, moins de temps contraints et plus de loisirs ', &lt;i&gt;INSEE Premi&#232;re&lt;/i&gt;, n&#176; 675.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
EPSTEIN &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;. 1998. &lt;i&gt;The Part-Time Paradox : Time Norms, Professional Life, Family, and Gender&lt;/i&gt;. New York : Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
FAGAN Colette. 1999. Developping the concept of lifetime working hours : the potential role of p art-time Work &lt;i&gt;in New path in working time policy&lt;/i&gt;, European Trade Union Institute, Brussels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GAUVIN Annie et JACOT Henri (coordinateurs). 1998. . &lt;i&gt;Temps de travail, temps sociaux. Enjeux et modalit&#233;s de nouveaux compromis&lt;/i&gt;, Editions Liaisons, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GALTIER B&#233;n&#233;dicte. 1999. &#171; Les temps partiels : entre emplois choisis et emplois &#171; faute de mieux &#187;, &lt;i&gt;&#201;conomie et Statistique&lt;/i&gt;, n&#176; 321-322.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GERSHUNY Jonathan. 1993. La r&#233;partition du temps dans les soci&#233;t&#233;s post-industrielle &lt;i&gt;in Le temps de travail&lt;/i&gt;. Futuribles/Syros. Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GERSHUNY Jonanthan. 2000. &lt;i&gt;Changing time : Work and Leisure in Postindustrial Society&lt;/i&gt; . Oxford, UK : Oxford University Press&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GLEICK James. 1999. &lt;i&gt;Faster. The Accleration of Just About Everything&lt;/i&gt;. New York : Pantheon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GLEICK James. 2001. Inescapability, Obsessively, Totally Connected : Life in the wireless age, &lt;i&gt;New York Time Magazine&lt;/i&gt;, Sunday, April 23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GODARD Francis et SINGLY Fran&#231;ois. 2002. Les Fran&#231;ais et le temps dans la ville &lt;i&gt;in L'&#233;tat de l'opinion&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; par Olivier Duhamel et Philippe M&#233;chet, SOFRES/Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
JACOBS Jerry A, GERSON Kathleen. 1998. Who are Overworked Americans ? &lt;i&gt;Review of Social Economy&lt;/i&gt;, Vol LVI, n&#176; 4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
JACOBS Jerry A, GERSON Kathleen. 1998. Towards a family-friendly, g ender-equitable work week. &lt;i&gt;Journal of Labor and Employment Law&lt;/i&gt;, University of Pennsylvania.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
JACOBS Jerry A, GERSON Kathleen. 2001. Overworked Individuals or Overworked Families. Explaining Trends in Work, Leisure, and Family Time. &lt;i&gt;Work and Occupations&lt;/i&gt;, Vol 28, n&#176; 1, February 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
JACOBS Jerry A, GERSON Kathleen. 2002. &lt;i&gt;The time divide : Work, Family, and Social Policy in the 21 st Century&lt;/i&gt;. A para&#238;tre &#224; Harvard University Press&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
HOCHSCHILD Arlie. 1989. &lt;i&gt;The&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Second Shift : Working Parents and the Revolution at Home&lt;/i&gt; . New York, Viking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
HOCHSCHILD Arlie Russell, (1997), &lt;i&gt;The time bind : When Work Becomes Home and Home Becomes Work&lt;/i&gt; . New York, Metropolitan Books&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
HAYS Sharon, BIEBLY William T, TUCHMAN Gaye. 1998. Reconsidering the &#171; Choice &#187; : Do American Really Prefer the Workplace Over Home ? &lt;i&gt;American Sociological Association, Contemporary Sociology, A Journal of Reviews&lt;/i&gt;, May 1998, Volum 27, number 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
LEMEL Yannick. 1973. &lt;i&gt;Les budgets-temps des citadins&lt;/i&gt;, Paris, INSEE ('Collections de l &#8216;INSEE ', M 33).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
MEDA Dominique. 2001. &lt;i&gt;Le temps des femmes. Pour un nouveau partage des r&#244;les&lt;/i&gt;. Flammarion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
MEDA Dominique. 1999. &lt;i&gt;Qu'est-ce que la richesse ?&lt;/i&gt; Alto-Aubier. OCDE (Organization for Economic Cooperation and Development). 1998. &lt;i&gt;Working Hours : Latest trends and Policy Initiatives&lt;/i&gt;, Paris, OCDE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
ROBINSON John P, GODBEY Geoffrey. 1997. &lt;i&gt;Time for life. The Surprising Ways Americans Use their Time&lt;/i&gt;. University Park, PA : Pennsylvania State University Press&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SCHOR Juliet. 1992. &lt;i&gt;The Overworked American : The Unexpected Decline of Leisure&lt;/i&gt;, Basic Book, New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SCHOR Juliet. 1998. &lt;i&gt;The Overspent American&lt;/i&gt;. Basic Book, New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
VIARD Jean. 2002. &lt;i&gt;Le sacre du temps libre. La soci&#233;t&#233; des 35 heures&lt;/i&gt;. Editions de l'Aube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
VIARD Jean. 2000. &lt;i&gt;Court&lt;/i&gt; &lt;i&gt;trait&#233; sur les vacances, les voyages et l'hospitalit&#233; des lieux&lt;/i&gt;, &#233;ditions de l'Aube&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On n'&#233;voque pas ici le vaste probl&#232;me des techniques d'enqu&#234;te. Le d&#233;bat entre sociologues est nourri de pol&#233;miques relatives aux techniques d'enqu&#234;te. L'une d'entre elles (HOCHSCHILD. 1989) critique les analyses de J.P. Robinson qui estimait que l'&#233;cart entre hommes et femmes en mati&#232;re de dur&#233;e des loisirs s'&#233;tait consid&#233;rablement r&#233;duit. Elle affirme ainsi que ' ... pr&#232;s d'un quart des gens n'avaient pas r&#233;pondu - parmi lesquels on peut imaginer que les plus occup&#233;s &#233;taient particuli&#232;rement nombreux. Les femmes les plus surcharg&#233;es des multiples t&#226;ches que les chercheurs avaient pr&#233;cis&#233;ment pour but d'identifier n'avaient probablement pas eu le temps de remplir un questionnaire aussi long '. Critique &#224; laquelle J.P Robinson r&#233;plique en montrant que les enqu&#234;tes qu'il m&#232;ne ne se font pas &#224; partir de questionnaire mais &#224; partir d'interviews t&#233;l&#233;phoniques et que tr&#232;s peu d'abandons s'observent en cours d'entretien, un taux de non r&#233;ponses de 25 % est habituel pour des enqu&#234;tes men&#233;es par des universit&#233;s et inf&#233;rieur &#224; ceux de Harris et autres instituts de sondages. Surtout les gens les plus occup&#233;s tendent plut&#244;t &#224; r&#233;pondre davantage que les autres (ROBINSON.1997).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur ce d&#233;bat voir les analyses de Jean-Yves Boulin et Ulrich M&#252;ckenberger (BOULIN, MUCKENBERGER. 2002)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces deux auteurs publient &#224; la fin de cette ann&#233;e 2002 un ouvrage essentiel sur le th&#232;me des rapports entre temps de travail et temps familiaux auquel nous empruntons certaines donn&#233;es. La traduction et la publication en langue fran&#231;aise de cet ouvrage de premi&#232;re importance seraient d'une tr&#232;s grande utilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ceci dit, du point de vue volume de temps qu'une soci&#233;t&#233; dans son ensemble consacre au travail, le raccourcissement de la vie active et l'extension du ch&#244;mage sont compens&#233;s par la g&#233;n&#233;ralisation du travail f&#233;minin (CHENU, HERPIN. 2002).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les employeurs, constatent les deux auteurs n'ont pas vraiment tenu compte des transformations de la famille pour penser diff&#233;remment l'organisation du travail. Ils utilisent alors fr&#233;quemment l'argument de l'&#171; &#233;galit&#233; &#187; en termes d'heures de travail entre hommes et femmes salari&#233;s qu'elles aient ou non des enfants pour ne pas mettre en place de mesures d'am&#233;nagement des temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces derni&#232;res r&#233;flexions sont issues d'un travail en commun avec Alain Chenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il s'agit d'un ouvrage &#224; para&#238;tre dans le courant de ce mois et dont une traduction fran&#231;aise serait la bienvenue compte tenu de son int&#233;r&#234;t comparatif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'augmentation des heures de travail est d&#251; &#224; l'augmentation des heures travaill&#233;es sur l'ann&#233;e (ou du nombre de semaines ouvertes) plus que sur la semaine (l&#224; on atteint le point limite).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On notera qu'une controverse entre sociologues plus ou moins latente existe aux &#201;tats-Unis pour expliquer l'&#233;chec scolaire et l'ob&#233;sit&#233; des enfants : les uns l'attribuent, &#224; l'instabilit&#233; des structures familiales et au divorce, les autres, &#224; l'absent&#233;isme des parents d&#251; aux heures &#233;lev&#233;es de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cessons d'opposer temps individuels et temps collectifs
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article917</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article917</guid>
		<dc:date>2013-06-12T10:19:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Godard
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans la revue Projet n&#176; 273, p. 35-42, en mars 2003. Il remet en question avec efficacit&#233; et &#233;l&#233;gance un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues, de clich&#233;s et de g&#233;n&#233;ralisations abusives concernant les &#233;volutions contemporaines des r&#233;gimes temporels. &#192; lire absolument. L'individualisme contemporain serait-il la nouvelle maladie de nos soci&#233;t&#233;s, comme le laisse entendre le discours sur la crise du lien social ? R&#233;pondre &#224; cette question suppose que l'on con&#231;oive pr&#233;cis&#233;ment (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sociologie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le temps des institutions ou l'institution du temps&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le temps des institutions ou l'institution du temps&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les &#171; sur-occup&#233;s &#187; et les &#171; sous-occup&#233;s &#187;&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Les &#171; sur-occup&#233;s &#187; et les &#171; sous-occup&#233;s &amp;#187&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Des comp&#233;tences temporelles in&#233;galement r&#233;parties&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Des comp&#233;tences temporelles in&#233;galement r&#233;parties&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;&#201;chelles de temps et modes de synchronisation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;&#201;chelles de temps et modes de synchronisation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Temps du face &#224; face et temps des r&#233;seaux&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Temps du face &#224; face et temps des r&#233;seaux&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les oubli&#233;s de la civilisation du temps&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Les oubli&#233;s de la civilisation du temps&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans la revue&lt;/i&gt; Projet &lt;i&gt;n&#176; &lt;a href=&#034;http://www.ceras-projet.com/index.php?id=1702&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;273&lt;/a&gt;, p. 35-42, en mars 2003. Il remet en question avec efficacit&#233; et &#233;l&#233;gance un certain nombre d'id&#233;es re&#231;ues, de clich&#233;s et de g&#233;n&#233;ralisations abusives concernant les &#233;volutions contemporaines des r&#233;gimes temporels. &#192; lire absolument.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'individualisme contemporain serait-il la nouvelle maladie de nos soci&#233;t&#233;s, comme le laisse entendre le discours sur la crise du lien social ? R&#233;pondre &#224; cette question suppose que l'on con&#231;oive pr&#233;cis&#233;ment ce que signifie le &#171; vivre ensemble &#187;. Or, nous apprenons aujourd'hui &#224; vivre ensemble autrement. Voil&#224; ce qu'oublient le plus souvent les nostalgiques de la beaut&#233; de la vie collective de nagu&#232;re. Ces questions rebondissent actuellement avec la mise en &#233;vidence de l'individualisation grandissante de l'organisation des temps sociaux. Si nos temps individuels sont d&#233;synchronis&#233;s, la vie collective peut-elle encore se structurer autour de temporalit&#233;s communes ? Nous &#233;voquerons six arguments pour montrer qu'en mati&#232;re d'organisation des temps sociaux, l'individuel et le collectif ne s'opposent pas. Nous inventons d'autres mani&#232;res de synchroniser nos vies collectives et ces mani&#232;res se diff&#233;rencient selon les rapports que chacun entretient au temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le temps des institutions ou l'institution du temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses analyses observent le d&#233;clin des formes institutionnalis&#233;es organisant la socialisation des personnes et la vie des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elles soulignent, du point de vue des temps sociaux, l'affaiblissement des injonctions morales &#224; r&#233;aliser certains actes &#224; certains moments (recevoir sa famille le dimanche midi, se coucher t&#244;t, se marier jeune pour les femmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La f&#234;te des Catherinettes rappelait &#233;l&#233;gamment aux jeunes filles qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;...), la fin des formes ritualis&#233;es de passage entre les diff&#233;rents &#226;ges de la vie, ou encore celle des horaires institutionnels qui rythmaient notre quotidiennet&#233; (la cloche de l'&#233;glise, la sir&#232;ne de l'usine).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elles oublient trop que le temps des institutions continue de scander fortement nos vies. L'&#233;cole demeure un des plus puissants synchroniseurs institutionnels. Elle structure la vie des familles qui ont des enfants et celle des enfants eux-m&#234;mes. Elle rassemble plusieurs fois par jour en un m&#234;me moment et en un m&#234;me lieu (le parvis de l'&#233;cole) parents et enfants. Elle rythme les grandes migrations au cours de l'ann&#233;e. Mais il existe d'autres institutions du temps qui regroupent au m&#234;me moment autour d'une m&#234;me activit&#233; bien qu'en des lieux diff&#233;rents. On pense &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; la programmation tr&#232;s r&#233;gl&#233;e de ses jeux, feuilletons, journaux, &#233;v&#233;nements sportifs... Le temps pass&#233; devant la t&#233;l&#233;vision est consid&#233;rable, particuli&#232;rement chez les moins dipl&#244;m&#233;s. Il synchronise la soci&#233;t&#233; tr&#232;s fortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rituels des mariages, des naissances et des d&#233;c&#232;s continuent de rassembler les r&#233;seaux familiaux en certains moments forts. Les horaires d'ouverture et de fermeture des services continuent de scander nos pratiques. Les temps de la vie n'ont jamais connu une telle codification institutionnelle : d&#233;finition de l'&#226;ge de la retraite et des ann&#233;es de cotisation, multitudes des interdits li&#233;s &#224; l'&#226;ge (cin&#233;ma, &#226;ge maximal de l'acc&#232;s &#224; certains emplois ou &#224; certaines formations), syst&#232;mes d'ouverture de droits (cartes jeunes, vermeil, autorisation de figurer sur la S&#233;curit&#233; sociale des parents...), &#226;ge de la responsabilit&#233; p&#233;nale, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certes, les nouveaux modes flexibles d'organisation du travail contribuent &#224; bouleverser les anciennes formes de synchronisation de la soci&#233;t&#233; par le travail. Mais la flexibilit&#233; dans le travail ne laisse pas place au chaos temporel et des modes in&#233;dits d'organisation de la vie quotidienne apparaissent sous la forme, par exemple, de la semaine de quatre jours, des week-ends &#233;largis, ou des vacances fractionn&#233;es au cours de l'ann&#233;e. Les principaux prescripteurs de temps ont certainement chang&#233; mais les temps institu&#233;s n'ont pas disparu. Ils encadrent toute notre vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les &#171; sur-occup&#233;s &#187; et les &#171; sous-occup&#233;s &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les discours trop g&#233;n&#233;raux sur les temps sociaux occultent le fait, pourtant &#233;vident, que nos rapports au temps varient fortement selon le rapport au travail, la cat&#233;gorie sociale, le sexe, l'&#226;ge ou la position sur le cycle de vie, la situation familiale... Une enqu&#234;te r&#233;cente montre que la question concernant le sentiment de manque de temps scinde la population en deux parties &#224; peu pr&#232;s &#233;gales : 51 % des personnes interrog&#233;es d&#233;clarent que le manque de temps est un probl&#232;me important pour elles, mais pour 49 % ce n'est pas un probl&#232;me important ou m&#234;me pas du tout un probl&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. Godard et F. de Singly, &#171; Les Fran&#231;ais et le temps des villes &#187;, in (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La sur-occupation concerne ceux qui ont un emploi, les plus dipl&#244;m&#233;s, les femmes, les personnes qui ont de jeunes enfants. Les m&#233;nages dipl&#244;m&#233;s bi-actifs ayant de jeunes enfants et les familles mono-parentales occupent le haut du palmar&#232;s des &#171; sur-occup&#233;s &#187;. Inversement, les ch&#244;meurs et les retrait&#233;s occupent, on s'en doutait, le haut du palmar&#232;s des &#171; sous-occup&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les demandes d'une synchronisation des activit&#233;s ou d'une meilleure organisation temporelle de la soci&#233;t&#233; sont port&#233;es principalement par les &#171; sur-occup&#233;s &#187; professionnellement. Car ces derniers ne sont pas ceux qui ont le moins d'activit&#233;s sociales. Bien au contraire, les m&#233;nages dipl&#244;m&#233;s &#171; sur-occup&#233;s &#187; sont ceux qui pratiquent le plus les sorties chez les amis, qui participent &#224; la vie associative ou aux activit&#233;s propos&#233;es par les villes. Ils d&#233;veloppent donc des modes de synchronisation de la vie collective particuli&#232;rement &#233;labor&#233;s : organiser des sorties, des r&#233;unions associatives, des soir&#233;es au spectacle suppose une bonne organisation temporelle. Les enqu&#234;tes les plus r&#233;centes (en particulier l'enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187; 1998/1999 de l'Insee) montrent que ces activit&#233;s de sociabilit&#233; occupent de plus en plus de temps dans la vie des m&#233;nages (avec une forte corr&#233;lation entre le niveau culturel et la pratique de ce type d'activit&#233;), ce qui contredit l'id&#233;e fort r&#233;pandue que les gens se rencontrent moins qu'auparavant et qu'ils vivent des temps compl&#232;tement &#171; autistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les temps des sous-occup&#233;s sont moins socialis&#233;s et rel&#232;vent, soit d'organisation tr&#232;s routini&#232;re de la vie quotidienne, soit de temps tr&#232;s d&#233;structur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Des comp&#233;tences temporelles in&#233;galement r&#233;parties&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les apprentissages en mati&#232;re d'organisation du temps commencent tr&#232;s t&#244;t. Ainsi, il existe une forte corr&#233;lation entre la r&#233;ussite scolaire et la capacit&#233; &#224; g&#233;rer son emploi du temps. Inversement, on sait que le probl&#232;me principal pour les employeurs de jeunes en difficult&#233; est de leur faire respecter des horaires r&#233;guliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'aptitude &#224; &#233;laborer des programmes d'action, c'est-&#224;-dire &#224; g&#233;rer des projets de court terme &#224; la journ&#233;e, ou &#224; la semaine, ou de long terme, n'est pas une comp&#233;tence &#233;galement partag&#233;e. Les &#171; handicap&#233;s &#187; des temporalit&#233;s modernes sont ceux qui vivent un temps tr&#232;s d&#233;structur&#233; comme chez certains jeunes, ou des temps compl&#232;tement ritualis&#233;s et quasiment obsessionnels. Ces handicaps sont li&#233;s &#224; des difficult&#233;s identitaires : &#224; se situer symboliquement dans la soci&#233;t&#233; dans le premier cas, difficult&#233;s &#224; &#233;chapper &#224; une identit&#233; sociale ferm&#233;e dans le second cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Selon le niveau culturel, la facilit&#233; n'est pas la m&#234;me d'&#233;tablir un rapport r&#233;flexif au temps. Or, ce rapport rend possible la capacit&#233; &#224; diff&#233;rer des actions, &#224; &#233;laborer des programmes d'action personnels, &#224; n&#233;gocier et &#224; ajuster son organisation temporelle en permanence, &#224; relier les diff&#233;rents compartiments de sa vie priv&#233;e et professionnelle. Mais on commettrait une grave erreur en assimilant cette flexibilisation des temporalit&#233;s individuelles &#224; une d&#233;structuration des temporalit&#233;s sociales. Ce n'est pas parce qu'on n&#233;gocie que tout se d&#233;structure. Bien au contraire, la flexibilisation du temps appelle des jeux de synchronisation extr&#234;mement sophistiqu&#233;s. Et cette mani&#232;re de se jouer du temps est fortement associ&#233;e &#224; une caract&#233;ristique des identit&#233;s modernes : la multi-appartenance. Les individus qui se rattachent &#224; des cercles d'appartenance multiples et qui sont dot&#233;s d'identit&#233;s sociales diff&#233;rentes sont &#233;galement ceux qui jonglent avec le temps. Ce sont aussi ceux qui participent le plus &#224; des activit&#233;s collectives. Cela ne signifie pas pour autant que celles-ci soient institutionnalis&#233;es : l'un des traits de la sociabilit&#233; des jeunes g&#233;n&#233;rations est bien celle d'une pratique d'activit&#233;s collectives hors institutions. Inversement, on peut tr&#232;s bien s'adonner &#224; des activit&#233;s individuelles en institution : par exemple, dans les complexes sportifs o&#249; chacun c&#244;toie les autres dans l'isolement de son instrument de musculation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'opposition binaire entre collectif et individuel n'a pas de sens, ou plut&#244;t elle constitue un contresens : ceux qui individualisent le plus leur temps sont aussi les plus socialis&#233;s dans le temps. Mais ne confondons pas le collectif et l'institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;&#201;chelles de temps et modes de synchronisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re de synchronisation des temps sociaux, il faut apprendre &#224; raisonner sur des &#233;chelles de temps diff&#233;rentes. Je m'en tiendrai ici &#224; l'exemple de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est au quotidien que les temps semblent le plus d&#233;synchronis&#233;s. Bien qu'ici aussi, il convienne d'&#233;viter les g&#233;n&#233;ralit&#233;s. Entre les temps fortement d&#233;synchronis&#233;s des couples bi-actifs (avec chacun des horaires atypiques) et ceux des couples o&#249;, par exemple, l'un des deux est &#224; temps partiel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1999, les femmes repr&#233;sentaient 85 % des temps partiels ; 30 % des femmes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et assure la continuit&#233; temporelle du m&#233;nage, la diff&#233;rence est &#233;vidente. Entre les familles dont les rythmes quotidiens sont scand&#233;s par les devoirs scolaires des enfants, par les passages &#224; la cr&#232;che et les soins aux tr&#232;s jeunes enfants, et les autres m&#233;nages, on ne vit pas dans les m&#234;mes univers temporels. De plus, au quotidien, il existe des modes de synchronisation diff&#233;rents selon les cat&#233;gories sociales. Les couples de cadres sont plut&#244;t synchronis&#233;s le matin, prenant plus souvent que les ouvriers leur petit-d&#233;jeuner ensemble, et inversement les ouvriers sont plus synchronis&#233;s le soir, r&#233;unis pour le d&#238;ner plus fr&#233;quemment que les cadres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces observations ont &#233;t&#233; mises en &#233;vidence dans une &#233;tude que je r&#233;alise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'autres synchronisations sont mises en &#339;uvre dans la vie collective des familles &#224; l'&#233;chelle de la semaine, voire de l'ann&#233;e. L'&#233;chelle de la semaine correspond, par exemple, aux visites au supermarch&#233;, au m&#233;nage, aux loisirs en commun. Mais les moments forts de la vie collective familiale se situent &#224; l'&#233;chelle de l'ann&#233;e avec les vacances familiales. On sait que ces vacances sont plus fragment&#233;es au cours de l'ann&#233;e pour les cat&#233;gories sup&#233;rieures que pour les ouvriers et les employ&#233;s, qui les regroupent souvent en un bloc estival. Pour les premiers, les vacances sont l'occasion de partir ailleurs ensemble et pour les seconds, un temps de retrouvailles avec le reste de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
N'oublions pas les temps longs de la famille, avec leurs grands moments de rituels collectifs, organis&#233;s de loin en loin autour des grands &#233;v&#233;nements de passage dans la vie : naissance, mariage, d&#233;c&#232;s. Ces traditions sont toujours bien pr&#233;sentes et remplissent d'autant plus leur fonction de rassemblements collectifs en des moments-&#233;v&#233;nements que les individus sont plus &#233;loign&#233;s dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Temps du face &#224; face et temps des r&#233;seaux&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parler de temps collectifs, c'est en g&#233;n&#233;ral sous-entendre des moments partag&#233;s dans les m&#234;mes lieux. Or rien n'est moins &#233;vident, comme le montre la convivialit&#233; &#224; distance que permet la communication via les multim&#233;dias. Les journaux t&#233;l&#233;vis&#233;s, les jeux, les &#233;missions en &lt;i&gt;prime time&lt;/i&gt; scandent la vie de bien des personnes. Cette activit&#233; peut &#234;tre pratiqu&#233;e individuellement, elle reste un grand moment collectif : que l'on pense aux sujets de conversation li&#233;s &#224; telle ou telle &#233;mission qui a rassembl&#233; les uns et les autres ! D'autres activit&#233;s &#224; distance, comme les &lt;i&gt;chats &lt;/i&gt; et les forums sur internet, &#171; rassemblent &#187; un nombre consid&#233;rable de personnes. Il existe des r&#233;seaux forts et des r&#233;seaux faibles : ceux qui impliquent de fortes interactions en temps r&#233;el et les autres, comme la t&#233;l&#233;vision. La copr&#233;sence dans le temps par la m&#233;diation des technologies d'information et de communication ne signifie pas forc&#233;ment copr&#233;sence spatiale. On peut coexister dans le temps sans coexister dans l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La coexistence des r&#233;seaux est de ce type. Certes, les membres des r&#233;seaux peuvent se rencontrer dans l'espace &#224; certains moments privil&#233;gi&#233;s. Mais il s'agit pr&#233;cis&#233;ment de moments privil&#233;gi&#233;s : des sortes de n&#339;uds temporels (de la m&#234;me mani&#232;re qu'il existe des n&#339;uds spatiaux &#8211; les hubs des r&#233;seaux de communication), des moments o&#249; les membres du r&#233;seau pratiquent le face &#224; face. Ils sont relativement brefs par rapport &#224; l'ensemble des moments de la communication &#224; distance, mais ils sont intenses car ils permettent d'&#233;tablir la confiance et donc la cr&#233;dibilit&#233; du r&#233;seau. Ces instants o&#249; se conjuguent la rencontre dans le temps et la rencontre dans l'espace prennent donc une valeur nouvelle dans nos soci&#233;t&#233;s car ils sont plus rares. Certains individus appartiennent &#224; des r&#233;seaux toujours plus nombreux, ce qui signifie qu'ils multiplient ces moments rares relativement &#224; la vie de chaque r&#233;seau. Gr&#226;ce aux nouveaux moyens de communication, les moments de rencontre &#224; distance se multiplient. Ils sont synchrones dans le cas du t&#233;l&#233;phone ou asynchrones dans le cas d'internet ou des messageries t&#233;l&#233;phoniques. Dans nos soci&#233;t&#233;s individualis&#233;es, on ne communique pas moins : on communique beaucoup plus, mais autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La question se pose pourtant de l'organisation de la vie d&#233;mocratique. Le mythe de l'agora, du rassemblement de la population en un m&#234;me lieu et en m&#234;me temps, continue de nous tarauder. Mais de quelle population s'agit-il ? Celle du quartier, de la commune, de la nation, de la plan&#232;te ? Derri&#232;re le mythe se r&#233;v&#232;le le r&#234;ve de l'unit&#233; du monde, de la fusion de la communaut&#233;, de l'assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale permanente et r&#233;demptrice. Or, voici que surgit une autre figure : celle de l'agora &#233;lectronique et les fantasmes de r&#233;f&#233;rendums permanents. Mais au-del&#224; des mythes reste une r&#233;elle question : la vie d&#233;mocratique n'appelle-t-elle pas, plus que toute autre dimension de la vie sociale, des lieux et des temps sp&#233;cifiques, des rassemblements physiques en des moments d&#233;termin&#233;s ? Je suis enclin &#224; le penser et c'est certainement l&#224; que les espaces et les temps de notre soci&#233;t&#233; sont les plus inadapt&#233;s. De plus, la vie d&#233;mocratique passe par la participation &#224; des activit&#233;s collectives institutionnalis&#233;es : elle se heurte aux modes de sociabilit&#233;s des nouvelles g&#233;n&#233;rations, r&#233;tives non aux activit&#233;s collectives mais aux activit&#233;s collectives institutionnalis&#233;es. Les temporalit&#233;s de la vie d&#233;mocratique des jeunes seraient, comme on le dit parfois, celles de rassemblements spatio-temporels autour d'&#233;v&#233;nements sporadiques ou &#233;ph&#233;m&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les oubli&#233;s de la civilisation du temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On consid&#232;re souvent que les probl&#232;mes d'organisation temporelle de la soci&#233;t&#233; sont le sympt&#244;me d'une crise de civilisation, par perte des rep&#232;res naturels (les saisons, le cycle quotidien) et sociaux (les rites temporels).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On insiste alors sur l'ins&#233;curit&#233; existentielle associ&#233;e &#224; ces pertes de rep&#232;res temporels. Pourtant, comme l'a montr&#233; Norbert Elias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Elias, Du temps, Fayard, 1996 (1re &#233;d. all., 1984).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la mani&#232;re r&#233;cente de coordonner avec pr&#233;cision nos activit&#233;s et de situer les relations sociales dans le temps est, bien au contraire, la manifestation d'un haut degr&#233; de civilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ne surestime-t-on pas, d'ailleurs, le caract&#232;re pr&#233;visible des temps de jadis au pr&#233;texte que les rituels collectifs marquaient alors les moments importants de la vie ? On oublie, ce faisant, le caract&#232;re impr&#233;visible des &#233;v&#233;nements d&#233;mographiques de la vie &#171; d'antan &#187; : l'esp&#233;rance de vie y &#233;tait tr&#232;s faible, les familles &#233;taient en perp&#233;tuel &#233;clatement du fait de la mortalit&#233; (au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, si&#232;cle la dur&#233;e moyenne des unions est inf&#233;rieure &#224; 15 ann&#233;es) et la f&#233;condit&#233; &#233;tait incontr&#244;l&#233;e. Si l'on se reporte &#224; une p&#233;riode plus r&#233;cente, c'est-&#224;-dire avant le train de mesures l&#233;gislatives de S&#233;curit&#233; sociale de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1940, l'ins&#233;curit&#233; professionnelle et sociale &#233;tait tr&#232;s forte. Dans la France &#224; dominante rurale, les rituels collectifs &#233;taient toujours vivaces, mais ils servaient plus de rituels de deuil et de r&#233;assurance destin&#233;s &#224; conforter ou &#233;tayer psychologiquement des individus, dont l'ins&#233;curit&#233; &#233;tait certainement beaucoup plus forte que maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La r&#233;f&#233;rence &#224; un pass&#233; o&#249; la vie et les temporalit&#233;s auraient &#233;t&#233; r&#233;gl&#233;es par des grands rythmes collectifs par opposition &#224; notre &#233;poque rel&#232;ve d'amalgames et d'approximations historiques ; de l'illusion d'un &#226;ge d'or des rythmes collectifs. Les Trente Glorieuses ont certainement marqu&#233; une p&#233;riode de s&#233;curisation de la vie, tant au plan d&#233;mographique que social et &#233;conomique, mais elles se payaient &#233;galement de rythmes routiniers et &#212; combien collectifs, le &#171; m&#233;tro-boulot-dodo &#187; qui, si l'on en croit ceux qui descendaient dans la rue en 1968, n'&#233;tait pas un id&#233;al de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La lib&#233;ration du temps de chacun correspond &#224; un mouvement historique d'&#233;mancipation individuelle et &#224; un progr&#232;s exceptionnel de notre civilisation. Les rythmes collectifs n'ont pas disparu, ils se r&#233;organisent diff&#233;remment. Ces &#233;volutions posent cependant deux r&#233;els probl&#232;mes. Le premier r&#233;side dans le fait que nombre d'individus restent en marge de ces processus : ils ne participent ni au mouvement d'&#233;mancipation individuelle ni au mouvement de red&#233;couverte des nouvelles temporalit&#233;s collectives. Le second r&#233;side dans notre difficult&#233; &#224; inventer de nouveaux espaces et de nouveaux temps de la vie d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce texte nous convie &#224; une question conclusive : nos concepts et nos cat&#233;gories mentales pour penser, d'une part, les rapports entre l'espace et le temps de la sociabilit&#233; et, d'autre part, les rapports entre l'individuel et le collectif, ne m&#233;riteraient-ils pas d'&#234;tre s&#233;rieusement renouvel&#233;s ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La f&#234;te des Catherinettes rappelait &#233;l&#233;gamment aux jeunes filles qu'il convenait d'abandonner sa vie de jeune fille &#224; partir d'un certain &#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F. Godard et F. de Singly, &#171; Les Fran&#231;ais et le temps des villes &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; &lt;i&gt;L'&#233;tat de l'opinion&lt;/i&gt;, pr&#233;sent&#233; par O. Duhamel et P. Mechet, Sofres/Seuil, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En 1999, les femmes repr&#233;sentaient 85 % des temps partiels ; 30 % des femmes travaillent &#224; temps partiel ; 40 % des femmes indiquent que le temps partiel est subi. La probabilit&#233; du travail &#224; temps partiel augmente fortement selon les formes familiales (famille monoparentale) et la position sur le cycle de vie (pr&#233;sence d'enfant).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces observations ont &#233;t&#233; mises en &#233;vidence dans une &#233;tude que je r&#233;alise en collaboration avec Alain Chenu &#224; partir de l'enqu&#234;te &#171; Emploi du temps 1998/99 &#187; de l'Insee.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;N. Elias, &lt;i&gt;Du temps&lt;/i&gt;, Fayard, 1996 (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. all., 1984).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vie publique et vie priv&#233;e : de nouveaux r&#233;gimes temporels
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article809</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article809</guid>
		<dc:date>2013-02-12T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Godard
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue R&#233;seaux, 2007/1, N&#176; 140, p. 29-65. Personne ne le conteste, et ceci est devenu un lieu commun, nos modes de vie connaissent des mutations importantes et sont amen&#233;s &#224; en conna&#238;tre d'autres encore plus importantes. Depuis la fin des &#171; trente glorieuses &#187; une succession de transformations se cumulent pour aboutir &#224; ce que l'on peut consid&#233;rer comme le d&#233;but d'une v&#233;ritable mutation anthropologique. Les explications propos&#233;es pour comprendre un tel (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;Rythmes du social
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu multi-appartenant&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Pour conclure&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Pour conclure&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;f&#233;rences&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue &lt;/i&gt; R&#233;seaux,&lt;i&gt; 2007/1, N&#176; 140, p. 29-65.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Personne ne le conteste, et ceci est devenu un lieu commun, nos modes de vie connaissent des mutations importantes et sont amen&#233;s &#224; en conna&#238;tre d'autres encore plus importantes. Depuis la fin des &#171; trente glorieuses &#187; une succession de transformations se cumulent pour aboutir &#224; ce que l'on peut consid&#233;rer comme le d&#233;but d'une v&#233;ritable mutation anthropologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les explications propos&#233;es pour comprendre un tel mouvement ne manquent pas. Les diverses th&#232;ses de l'hypermodernit&#233; pr&#233;tendent en fournir les cl&#233;s mais au prix de g&#233;n&#233;ralisations et de simplifications parfois excessives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces mutations se manifestent de bien des mani&#232;res dont nous pouvons d'ores et d&#233;j&#224; percevoir les sympt&#244;mes dans les transformations des comportements individuels. Nous souhaiterions, pour notre part, analyser l'une d'entre elles particuli&#232;rement significative de la nouvelle &#233;poque o&#249; nous sommes engag&#233;s. Il s'agit du processus de r&#233;organisation des pratiques quotidiennes. On a largement &#233;tudi&#233; les processus de r&#233;organisation des temps de travail ou les &#233;volutions des pratiques de consommation et de sociabilit&#233; mais on commence seulement &#224; apercevoir que c'est l'ensemble de nos programmes d'activit&#233; dans la vie priv&#233;e comme dans la vie professionnelle qui s'organise diff&#233;remment. De ce point de vue, deux probl&#232;mes m&#233;ritent une attention particuli&#232;re : celui de la structuration de l'architecture temporelle de nos vies quotidiennes et celui de la red&#233;finition des rapports entre vie publique dans sa dimension professionnelle, d'une part, et vie priv&#233;e dans sa dimension familiale, d'autre part. Le temps se fait rare donc pr&#233;cieux : on &#233;conomise du temps ici pour mieux en d&#233;penser ailleurs selon une autre distribution de la valeur temps au cours de la journ&#233;e, de la semaine, de l'ann&#233;e ou de l'existence. Les cat&#233;gories qui servent &#224; d&#233;crire les pratiques sociales sont remises en cause, celle de la c&#233;sure traditionnelle entre vie publique et vie priv&#233;e comme bien d'autres. On pourrait imm&#233;diatement objecter que cette c&#233;sure n'a jamais exist&#233; dans le monde de la petite entreprise (agricole, artisanale ou commerciale), ou encore qu'elle n'a pas lieu d'&#234;tre pour l'ensemble des retrait&#233;s dont le poids dans la population et l'importance &#233;conomique ne cessera d'augmenter dans les ann&#233;es &#224; venir, ou qu'elle rev&#234;t un sens tr&#232;s particulier dans le cas des populations exclues du march&#233; du travail. On pourrait certainement montrer que dans chacun de ces cas, elle rev&#234;t d'autres formes mais tel n'est pas notre propos. Nous souhaitons plut&#244;t focaliser notre analyse sur ces populations situ&#233;es au c&#339;ur des enjeux de productivit&#233; d'une soci&#233;t&#233; dans tous les aspects de la vie professionnelle ou priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plusieurs tendances structurelles marquent l'ensemble des pays d&#233;velopp&#233;s. Certaines r&#233;sultent d'une &#233;volution de longue port&#233;e historique d'ordre culturel qui a conduit &#224; plus d'autonomie des personnes. D'autres r&#233;sultent d'une transformation du travail issue de la mondialisation de l'&#233;conomie. D'autres, enfin, r&#233;sultent de la profonde transformation des rapports au temps et &#224; l'espace, associ&#233;e au d&#233;veloppement des nouvelles technologies de communication mat&#233;rielles (les moyens de transports rapides) et immat&#233;rielles (les dites TIC). Leurs effets se m&#234;lent de mani&#232;re &#233;troite dans la constitution de nouveaux r&#233;gimes temporels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De l&#224; d&#233;coule une s&#233;rie de nouvelles questions concernant l'organisation de notre vie quotidienne. Comment la multi-appartenance et la capacit&#233; &#224; construire des programmes d'activit&#233;s complexes par la ma&#238;trise du temps aboutissent-elles alors &#224; d'autres mani&#232;res d'articuler les diff&#233;rentes sph&#232;res de la vie individuelle ? Va-t-on vers une intensification de notre vie priv&#233;e sur le mode de l'intensification du travail et vers la mont&#233;e en puissance de la productivit&#233; individuelle sur tous les plans ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion d'intensification du travail est accept&#233;e et a fait l'objet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'adoption massive et rapide des nouvelles techniques de communication par les individus semblerait &#234;tre associ&#233;e &#224; cette sorte d'injonction latente &#224; optimiser l'organisation de sa vie dans toutes ses dimensions professionnelles ou priv&#233;es. S'accompagne-t-elle r&#233;ellement d'une r&#233;organisation globale de nos programmes d'activit&#233; o&#249; vie professionnelle et vie priv&#233;e finiraient par se confondre, comme cela est parfois affirm&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La th&#232;se de l'&#233;mergence d'un nouveau mod&#232;le de comportement propre &#224; l'individu contemporain se propose alors comme r&#233;ponse &#224; de telles questions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le &#171; main trend &#187; hypermoderne et l'id&#233;al type de l'individu contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le mod&#232;le &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il appara&#238;trait pour certains que se profile une matrice comportementale commune &#224; toute une soci&#233;t&#233; sur le mod&#232;le de la th&#233;orie de la personnalit&#233; de base &#233;labor&#233;e en leur temps et dans leur soci&#233;t&#233; du moment par bien des auteurs tels par exemple, David Riesman avec son ouvrage &#171; La foule solitaire &#187; ou avec David Linton avec son ouvrage sur &#171; La personnalit&#233; de base &#187; ou encore Eric Fromm&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FROMM, 1941.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et ses th&#233;ories de la personnalit&#233; autoritaire. Cette nouvelle matrice s'imposerait d&#233;j&#224;, en ce sens qu'elle organiserait peu ou prou l'ensemble des pratiques de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, il est difficile de tracer un portait coh&#233;rent de ce nouvel id&#233;al type tant l'ensemble des &#233;crits cens&#233;s d&#233;crire l'univers de l'hypermodernit&#233; pr&#233;sentent de th&#232;ses contradictoires sous une fa&#231;ade de coh&#233;rence trompeuse. L'homme hypermoderne serait ici, un &#234;tre de l'imm&#233;diatet&#233; et l&#224;, un &#234;tre de r&#233;flexivit&#233; ; il serait ici, port&#233; par la recherche de la jouissance et de la satisfaction imm&#233;diate des d&#233;sirs et l&#224;, comme un &#234;tre calculateur multipliant des strat&#233;gies assurantielles ; il serait ici, d&#233;fini &#224; partir d'une personnalit&#233; de base et l&#224;, comme un comme un combin&#233; identitaire associant de multiples r&#233;f&#233;rences identitaires ; il serait l&#224;, un &#234;tre libre de choisir sa vie et l&#224;, un &#234;tre conformiste soumis aux prescriptions des institutions&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On peut, bien entendu, arguer du fait qu'il est tout cela en m&#234;me temps et que c'est cela qui le caract&#233;rise. Encore faudrait-il parler de la m&#234;me chose et ne pas laisser &#224; penser que le point de r&#233;f&#233;rence th&#233;orique commun du &lt;i&gt;melting pot &lt;/i&gt;th&#233;orique hypermoderne serait l'av&#232;nement d'une post sociologie. Encore faudrait-il, partant de situations socialement d&#233;finies, montrer comment des individus socialement situ&#233;s, g&#232;rent ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Notre propos n'est pas ici de porter une critique g&#233;n&#233;rale &#224; ces th&#233;ories tant elle couvrent de questions diff&#233;rentes, depuis la question des rapports entre syst&#232;me &#233;conomique et syst&#232;me psychique jusqu'&#224; la question du d&#233;litement des structures d'encadrement moral de l'individu, en passant par celle de l'&#233;mergence d'un nouvel individu narcissique et jouisseur. Nous souhaitons porter le regard sur une des questions soulev&#233;es par les tenants de la dite hypermodernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elle concerne la mise en demeure, &#224; laquelle seraient soumis les individus, d'&#233;laborer des programmes d'activit&#233; de plus en plus complexes, de plus en plus flexibles, de plus en plus productifs dans toutes les dimensions de leur vie. L'&#233;laboration de ces programmes appellerait des ressources cognitives plus &#233;labor&#233;es, fond&#233;es sur culture du temps r&#233;el permettant la r&#233;activit&#233; en toute circonstance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les nouveaux r&#233;gimes temporels au plan individuel se caract&#233;riseraient ainsi par une rationalisation du temps : l'optimisation et l'intensification du temps seraient devenus l'alpha et l'om&#233;ga de l'organisation de l'ensemble de nos activit&#233;s. La nouvelle technique de communication que constitue le t&#233;l&#233;phone mobile permettrait de remplir les vides et de rationaliser l'ensemble des moments de la vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon une enqu&#234;te de l'Association Fran&#231;aise des Op&#233;rateurs Mobiles de 2003, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le note Francis Jaur&#233;guiberry il conduit &#224; un &#171; d&#233;doublement du temps &#187; : le temps interstitiel entre deux t&#226;ches peut &#234;tre rempli ou encore les temps peu denses peuvent &#234;tre densifi&#233;s (lorsque je conduis en t&#233;l&#233;phonant, par exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ils se caract&#233;riseraient &#233;galement par une densification du temps. La multiactivit&#233; d&#233;j&#224; inaugur&#233;e avec la radio ou la t&#233;l&#233;vision (j'&#233;coute la radio et je fais la cuisine ou je conduis) est maintenant d&#233;cupl&#233;e avec le t&#233;l&#233;phone cellulaire (je t&#233;l&#233;phone et je conduis). La culture du zapping r&#233;sulte de la m&#234;me logique de juxtaposition des contenus sur l'&#233;cran. Le WAP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Wireless Application Protocol.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui va d&#233;sormais permettre d'acc&#233;der &#224; internet &#224; partir d'un t&#233;l&#233;phone mobile combine la pratique du zapping (je passe en permanence d'un sujet &#224; un autre sur mon &#233;cran), &#224; celle de la multi-activit&#233; et de la chasse aux temps morts (je me branche sur le r&#233;seau internet dans les interstices de la vie quotidienne). C'est ce qu'on appelle rentabiliser et recomposer son temps !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ils se caract&#233;riseraient par une capacit&#233; &#224; la r&#233;activit&#233; relevant d'une nouvelle culture du temps r&#233;el. Nous utiliserions les multiples sources d'information disponibles en temps r&#233;el pour r&#233;organiser en permanence l'ensemble de nos programmes d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les nouveaux r&#233;gimes temporels seraient &#233;galement ceux de la disponibilit&#233; permanente. D'une part, l'individualisation des modes de vie se traduirait par des types de sociabilit&#233; caract&#233;ris&#233;s par la multiplication des &#171; liens faibles &#187;. Il s'agit de liens individualis&#233;s, qui n'engagent pas toute la personnalit&#233;, qui se succ&#232;dent rapidement dans le temps et qui appelle d'autres techniques de communication. Les TIC qui autorisent des communications individualis&#233;es, rapides, non formalis&#233;es, correspondent &#224; ces formes de sociabilit&#233;. D'autre part, la tendance &#224; la multi-appartenance appellerait des individus constamment disponibles. Les TIC par les capacit&#233;s qu'ils offrent &#224; manipuler presque dans le m&#234;me moment des informations appartenant &#224; diff&#233;rents registres de vie seraient en parfaite congruence avec la gestion personnelle de r&#233;seaux complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; trac&#233; un des aspects du type id&#233;al de l'individu hypermoderne. Ce serait l'individu hyperactif, capable de r&#233;agir vite aux &#233;v&#233;nements, ind&#233;finiment disponible, organisateur sans faille de toutes les dimensions de sa vie quotidienne, flexible et donc capable de jouer en permanence sur toutes les formes possibles d'ajustement entre sa vie priv&#233;e et sa vie professionnelle au point de confondre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On peut distinguer deux variantes de ce mod&#232;le. La premi&#232;re suppose l'&#233;mergence d'un monde presque parfaitement fluide fond&#233; sur une mobilit&#233; optimale des biens, de l'information et des personnes. La m&#233;taphore de la soci&#233;t&#233; &#171; comme r&#233;seau et comme fluide &#187; l'emporte sur celle de la soci&#233;t&#233; con&#231;ue comme territoire. La mobilit&#233;, la fluidit&#233;, plus g&#233;n&#233;ralement la logique des flux constituerait le fondement de toute l'organisation sociale. John Urry&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;URRY, 2000.&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; en vient &#224; conclure que, du fait en particulier du d&#233;veloppement des TIC et du &#171; temps instantan&#233; &#187;, toutes les fronti&#232;res (entre les &#201;tats, entre le travail et la famille, entre le jour et la nuit&#8230;) tendent &#224; devenir poreuses. La flexibilit&#233; sous toutes ces formes, port&#233;e par des populations mobiles et branch&#233;es sur toutes les sortes de r&#233;seaux serait au principe de l'ensemble de nos comportements. La fluidit&#233; et la mobilit&#233; apparaissent alors comme une sorte de mod&#232;le g&#233;n&#233;ralis&#233; pour comprendre la vie en soci&#233;t&#233; dans toutes ses dimensions. Pour certains autres auteurs comme Ulrich Beck, le divorce dans la vie priv&#233;e et la mobilit&#233; matrimoniale rel&#232;verait alors de la m&#234;me propension &#224; la mobilit&#233; et &#224; la flexibilit&#233; que la mobilit&#233; professionnelle. Cette version radicale pose dans le m&#234;me mouvement, d'une part, qu'il n'existe plus de mod&#232;le stable de comportement et que par cons&#233;quent chaque individu invente sa vie et ses valeurs en permanence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BECK, 2001, annonce la disparition du mod&#232;le des soci&#233;t&#233;s industrielles (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et, d'autre part, qu'une seule et m&#234;me logique de fluidit&#233; et de flexibilit&#233; r&#233;git l'ensemble des comportements et des repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces tendances sont ind&#233;niablement &#224; l'&#339;uvre dans nos soci&#233;t&#233;s. Mais ne doit-on pas consid&#233;rer avec plus de prudence que le mod&#232;le id&#233;al de l'individu du capitalisme contemporain n'est qu'un id&#233;al type correspondant plus ou moins aux comportements de certaines cat&#233;gories sociales. Celles que l'on appelle parfois les &#171; &#233;lites &#187;. Les th&#233;ories de la soci&#233;t&#233; postindustrielle consid&#233;raient d&#233;j&#224; que les fractions sup&#233;rieures de classes moyennes ou &#171; &#233;lites administratives et culturelles &#187; dont l'assise r&#233;sidait dans un niveau &#233;lev&#233; de formation initiale constituaient le &#171; centre vital de la soci&#233;t&#233; post industrielle &#187;. La th&#232;se hypermoderne reprend la m&#234;me logique en supposant que le mod&#232;le est actuellement port&#233;e par une sorte d'avant-garde soci&#233;tal, les dites &#171; classes cr&#233;atives &#187; et qu'il est amen&#233; &#224; se diffuser ensuite &#224; l'ensemble de la population selon une sorte de loi de la diffusion des mod&#232;les sociaux qui irradierait la soci&#233;t&#233; depuis les couches &#171; sup&#233;rieures &#187; porteuses du mod&#232;le dominant vers les autres couches de la population. Certains analystes de l'hypermodernit&#233; sont bien plus prudents en d&#233;non&#231;ant l'id&#233;ologie d'une soci&#233;t&#233; de march&#233; cach&#233; sous ce mod&#232;le : &#171; &#8230;l'homme hypermoderne est une fiction, une repr&#233;sentation qui est propos&#233;e, impos&#233;e aux individus issus de la culture moderne occidentale, voire aux autres, &#224; force de slogans, d'images, d'injonctions paradoxales et de mise en conformit&#233; de leur environnement technique, &#233;conomique et social. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARUS-MICHEL, 2004.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La seconde variante a ceci de commun avec la premi&#232;re qu'elle consid&#232;re que le mod&#232;le est d&#233;sormais dominant. Mais elle va plut&#244;t &#233;voquer les ravages soci&#233;taux qui l'accompagnent en d&#233;non&#231;ant ce qu'elle nommera le &#171; culte de l'urgence &#187;. Alors que la premi&#232;re version insiste sur le d&#233;veloppement de la libert&#233; individuelle propre au mod&#232;le, la seconde version insiste sur le fait que l'intensification du temps et la recherche de la productivit&#233; constituent de nouvelles contraintes constitutives de l'organisation des nouveaux modes de vie. Les individus seraient devenus esclaves de la recherche de l'optimisation de l'organisation de leurs activit&#233;s personnelles. Les TIC constitueraient alors les vecteurs (certains diraient les complices) d'une recherche d'optimisation du temps. On met alors les TIC en accusation au pr&#233;texte qu'elles seraient les vecteurs du syst&#232;me de la disponibilit&#233; permanente et de nouvelles formes de domination au sens o&#249; seuls les dominants peuvent exiger des domin&#233;s qu'ils le soient en permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, cette critique qui fait reposer l'explication de l'intensification de la vie principalement sur le d&#233;veloppement des TIC manque largement sa cible, car le d&#233;veloppement des TIC peut relever de diff&#233;rents types d'usage. Surtout, elle s'inscrit sur le m&#234;me type de raisonnement qui consiste &#224; postuler une logique unique en mati&#232;re de rationalit&#233; des comportements. La nouvelle norme de comportement ne fonctionnerait plus sur le mode dit fordiste de l'imposition par les institutions et en particulier par les institutions organisatrices du travail d'une norme unique mais &#224; partir d'une injonction pour les individus &#224; adopter une logistique du quotidien efficiente qui permettrait toujours plus de productivit&#233; dans tous les domaines d'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : les limites d'un id&#233;al type &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'observation empirique plus pr&#233;cise des &#233;volutions de notre soci&#233;t&#233; am&#232;ne cependant &#224; mettre en doute la th&#232;se de la g&#233;n&#233;ralisation du mod&#232;le. Surtout elle am&#232;ne &#224; penser les &#233;volutions soci&#233;tales &#224; partir de le rencontre de logiques contradictoires plus qu'&#224; partir du d&#233;ploiement d'un mod&#232;le unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous sommes alors amen&#233;s &#224; porter plusieurs types de critiques &#224; ces th&#232;ses. Nous rappelons qu'il n'existe pas de th&#233;orie stabilis&#233;e et unifi&#233;e de l'hypermodernit&#233; mais des th&#232;ses souvent contradictoires. N&#233;anmoins, ces th&#232;ses convergent peu ou prou vers une m&#234;me vision de l'&#233;volution de nos modes de vie. Ce qui autorise cette reconstruction d'un univers intellectuel et l'utilisation du terme de mod&#232;le (en un sens tr&#232;s g&#233;n&#233;ral) et ce qui nous permet d'ouvrir un d&#233;bat o&#249; chacun reste libre d'identifier les th&#232;ses ainsi critiqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le consid&#232;re que la nouvelle culture fait consensus &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dire que le mod&#232;le est r&#233;pandu dans les &#171; classes cr&#233;atives &#187; ne signifie pas pour autant qu'il constitue un id&#233;al de vie pour ces derni&#232;res. Elles le subissent parfois autant qu'elles le choisissent et il n'est pas dit qu'il ne se heurte pas &#224; un moment &#224; des r&#233;sistances dans la vie professionnelle comme dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour s'en tenir &#224; l'exemple de la mobilit&#233; physique, les sp&#233;cialistes des transports&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont montr&#233; que des contres tendances apparaissaient. L'injonction &#224; la mobilit&#233; rencontre d&#233;sir de pacification du trafic et un ralentissement des vitesses de circulation des automobiles, elle rencontre nouveau d&#233;sir de ville et un mouvement de retour vers les commerces de centres ville. La logique des flux se heurte &#224; de nouvelles recherches d'identit&#233;s territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le suppose des types de rationalit&#233; des comportements Simplificateurs &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'hypoth&#232;se selon laquelle l'optimisation des temps de la vie serait au principe de tous les principes de rationalit&#233; des comportements proc&#232;de en fait d'une vision relevant d'un &#233;conomisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. Elle semble admettre que le principe de flexibilit&#233; qui caract&#233;rise les nouvelles mani&#232;res de travailler aurait envahit l'ensemble de la vie priv&#233;e. Elle semble finalement peu coh&#233;rente avec la th&#232;se de la multi-appartenance au sens o&#249; cette derni&#232;re postule non pas une mais plusieurs logiques organisant les comportements selon les sph&#232;res relationnelles mises en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le passe sous silence les effets diff&#233;renci&#233;s des transformations du travail &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Faute de s'int&#233;resser un peu plus attentivement aux transformations du travail, les tenants de ce type de mod&#232;le ont souvent tendance &#224; oublier que nos mani&#232;res de vivre et de produire connaissent des mouvements contradictoires. S'ils conc&#232;dent ais&#233;ment, et il serait difficile de faire autrement, que l'&#233;cart se creuse entre les affili&#233;s et les d&#233;saffili&#233;s ou entre les &#171; in &#187; et les &#171; out &#187; ou encore entre les salari&#233;s stables et les pr&#233;caires, ils oublient que l'introduction des TIC associ&#233;e &#224; de nouvelles formes de taylorisation d&#233;bouche sur de profondes fractures au sein m&#234;me du salariat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le passe sous silence la diversit&#233; des rapports au temps dans notre soci&#233;t&#233; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette diversit&#233; des rapports au temps est lisible dans l'in&#233;gale capacit&#233; des individus &#224; ma&#238;triser les r&#232;gles d'organisation de leur temps de travail. Elle est &#233;galement lisible &#224; partir de l'organisation des temps de la vie priv&#233;e plus ou moins rigide et routini&#232;re ou plus moins flexible et diversifi&#233;e. Poser comme postulat que la caract&#233;ristique principale des modes de vie contemporains r&#233;side la capacit&#233; d'improvisation permanente du temps par les individus nous interdit de comprendre les in&#233;galit&#233;s profondes des rapports au temps qui &#233;mergent actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le ne prend pas en consid&#233;ration les contextes de vie &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le mod&#232;le insiste sur l'individualisation des sch&#232;mes d'organisation des comportements comme si les individus &#233;taient situ&#233;s au milieu d'une n&#233;buleuse de relations sociales au sein de laquelle ils construiraient leurs r&#233;seaux. Pourtant, m&#234;me dans des soci&#233;t&#233;s fortement individualis&#233;es les mod&#232;les de vie individuels rel&#232;vent d'abord de n&#233;gociations avec le r&#233;seau proche. Il convient donc de consid&#233;rer les configurations professionnelles et familiales &#224; partir desquelles s'op&#232;rent les arbitrages temporels qui fondent la structure temporelle globale des activit&#233;s. Les nouvelles n&#233;cessit&#233;s de synchronisation spatiotemporelle auxquelles sont confront&#233;es les individus font l'objet de n&#233;gociation au sein du collectif de travail ou du collectif familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Le mod&#232;le tend &#224; consid&#233;rer que vie professionnelle et vie priv&#233;e rel&#232;vent d&#233;sormais d'une m&#234;me logique relevant d'une flexibilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e des modes de vie &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mise en &#233;quivalence g&#233;n&#233;ralis&#233;e de tous les moments et de toutes les dimensions de la vie quotidienne ne permet pas de penser la sp&#233;cificit&#233; des moments professionnels et priv&#233;s et par cons&#233;quent la recomposition des relations entre ces deux sc&#232;nes ou ces deux champs d'activit&#233;s. Or, on ne peut comprendre ce qui fait la nouveaut&#233; des modes de vie contemporains si on ne se met en position de penser la diversit&#233; des modes de n&#233;gociation entre organisation de la sc&#232;ne priv&#233;e et organisation de la sc&#232;ne professionnelle. Il convient alors d'examiner plus pr&#233;cis&#233;ment ces diff&#233;rents points en commen&#231;ant par les transformations associ&#233;es &#224; l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les nouveaux r&#233;gimes temporels des individus. Entre vie professionnelle et vie priv&#233;e &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les temps dans le travail, de travail, du travail &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Devant la pression du court terme et les nouvelles contraintes temporelles qui s'exercent sur les entreprises (flexibilit&#233;, &lt;i&gt;just in time&lt;/i&gt;, z&#233;ro stock&#8230;), ces derni&#232;res ont le plus souvent pour r&#233;action de rejeter sur les salari&#233;s une partie des risques auxquelles elles sont confront&#233;es : flexibilisation du temps de travail, intensification du travail, raccourcissement des d&#233;lais de pr&#233;venance en mati&#232;re d'horaires, incertitude sur l'avenir de l'emploi&#8230; Dans les r&#233;organisations sociales qu'entra&#238;nent les nouvelles mani&#232;res de produire, une des principales variables d'ajustement devient le rythme de travail humain&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MEDA, 2001.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comme le montrent la sociologie du travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. DE CONINCK et alii, coordinateurs, 2006.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'intensification du travail est devenue une des caract&#233;ristiques principales de l'organisation actuelle du travail. Elle se caract&#233;rise de diff&#233;rentes mani&#232;res. Par la chasse aux temps morts et l'imp&#233;ratif de productivit&#233;, par la r&#233;activit&#233; et la capacit&#233; &#224; donner des r&#233;ponses imm&#233;diates &#224; des demandes multiples, par la capacit&#233; &#224; g&#233;rer des exigences contradictoires, par les nouveaux imp&#233;ratifs de polyvalence du fait des horaires plus erratiques des coll&#232;gues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les temps de travail sont devenus plus complexes et la modification de leur organisation appelle de tr&#232;s nombreux ajustement du fait en particulier du raccourcissement des d&#233;lais de pr&#233;venance des horaires. Les formes d'intensification du travail varient cependant selon que les &#224; coup sont plus ou moins auto organis&#233;s. La question de la gestion des &#224; coup devient alors plus importante que celle des horaires en soi car elle est lourde de cons&#233;quence sur l'organisation de la vie quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais il ne faudrait pas en tirer la conclusion, comme on le fait parfois, que l'intensification du travail d&#233;bouche pour tous, sur les m&#234;mes imp&#233;ratifs de flexibilit&#233; et les m&#234;mes contraintes temporelles. De ce point de vue, l'introduction des TIC dans les entreprises peut avoir des effets tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le management par projet met au premier plan la question des d&#233;lais de pr&#233;venance mais il autorise des formes d'auto organisation du travail des cadres qui peuvent g&#233;rer plus ou moins leurs p&#233;riodes de fortes mobilisations. Les services des entreprises dont l'organisation est fond&#233;e sur le service et le conseil &#224; la client&#232;le verront les rythmes de travail fluctuer avec les rythmes de la demande ou qui verront l'extension des heures d'ouverture le soir, la nuit ou le week-end. Les services en ligne accessibles 24h sur 24h en sont en exemple notoire. Voil&#224; la partie la plus visible. Il en est une autre que les th&#233;oriciens de la flexibilit&#233; tous azimuts oublient le plus souvent. Il s'agit du renouveau de principes inspir&#233;s du taylorisme dans les activit&#233;s de services, au del&#224; des activit&#233;s industrielles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. VENDRAMIN, 2002 ; VENDRAMIN et VALENDUC, 2002.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Patricia Vendramin nous montre ainsi que les progiciels de gestion int&#233;gr&#233;e &#171; r&#233;introduisent le chronom&#233;trage et l'encha&#238;nement des t&#226;ches &#187;Elle montre &#233;galement, que les TIC &#171; placent le salari&#233; dans une situation de contr&#244;le et de d&#233;pendance in&#233;dite alors que dans le m&#234;me temps se d&#233;veloppe un discours sur l'autonomie et la responsabilisation dans le travail &#187; et, que le management moderne &#171; confie aux salari&#233;s des postes de travail de plus en plus segment&#233;s, standardis&#233;s et prescrits &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'auteur pr&#233;cise : &#171; Des pans entiers d'activit&#233;s font ainsi l'objet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#234;me auteur montre alors qu'&#224; cette inspiration taylorienne dans la mise en place des proc&#233;dures s'ajoute une forte augmentation de la charge mentale associ&#233;e &#224; la surcharge informationnelle dans le travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un d&#233;bat sur les nouvelles formes du taylorisme dans les centres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Peut-on alors continuer &#224; consid&#233;rer que la fin des routines, que la fin des prescriptions normatives des comportements, que la d&#233;sint&#233;gration &#171; des rythmes sociaux tr&#232;s forts &#187;, que l'effondrement &#171; de l'encadrement traditionnel de l'organisation de la vie quotidienne &#187;, que l'invention perp&#233;tuelle de la construction du quotidien est r&#233;ellement au fondement de nos nouvelles organisations temporelles ? Peut-on consid&#233;rer que la charge mentale au travail s'&#233;vanouit d&#232;s lors que l'on passe dans sa vie priv&#233;e et que cette derni&#232;re n'est r&#233;git que par une pulsion consommatoire narcissique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;La grande transformation : l'entr&#233;e des femmes sur le march&#233; du travail salari&#233; et les combinaisons temporelles qui se d&#233;roulent au sein m&#234;me du m&#233;nage &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'entr&#233;e massive des femmes sur le march&#233; du travail dans le salariat depuis les ann&#233;es 1960 a boulevers&#233; toutes les donn&#233;es de l'organisation de notre vie quotidienne. Ceci s'est acc&#233;l&#233;r&#233; au cours des ann&#233;es 1970 et a continu&#233; de mani&#232;re tout &#224; fait continue jusqu'&#224; maintenant et &#231;a continue encore. Ainsi, entre selon le recensement g&#233;n&#233;ral de population, entre 1962 et 1999, le taux d'activit&#233; des femmes de 25 &#224; 39 ans est pass&#233; de 41,5 % &#224; 82 % et celui des femmes de 40 &#224; 54 ans est pass&#233; de 47,2 % &#224; 78,8 %. Dominique MEDA nous dit que pendant des si&#232;cles, les femmes ont servi &#171; d'amortisseur temporel &#187; dans la soci&#233;t&#233; : ce sont elles qui ont g&#233;r&#233; la logistique du quotidien. Les femmes sont occup&#233;es ailleurs, dans le salariat et il faut pourtant continuer &#224; assurer la logistique du quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les femmes confront&#233;es &#224; la multiplicit&#233; des r&#244;les sociaux sont devenues des expertes de l'optimisation de l'allocation du temps. Comme nous l'avions montr&#233; dans des travaux pr&#233;c&#233;dents ce sont elles qui &#224; partir des ann&#233;es 1960 et 1970 (g&#233;n&#233;ration des femmes n&#233;es entre&#8230;) commencent &#224; optimiser leur calendriers de vie en ayant leurs enfants plus tard et en se mariant plus tard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FRICKEY, BL&#214;SS et GODARD, 2002.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Les transformations des temps de travail&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Europe, la tendance est de favoriser la r&#233;duction du temps de travail (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On mentionne souvent, &#224; juste titre, la tendance historique &#224; la r&#233;duction du temps de travail individuel dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. On oublie alors trop souvent que si les temps de travail individuels ont tendance &#224; diminuer, avec toutefois des variations notoires selon les cat&#233;gories sociales, en revanche, les temps de travail des couples ont consid&#233;rablement augment&#233; du fait de leur bi activit&#233;. Le vrai probl&#232;me ne r&#233;side donc pas en soi dans la dur&#233;e du travail individuel mais dans les nouvelles charges de travail que les familles doivent g&#233;rer du fait du d&#233;veloppement de la bi activit&#233; dans les couples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En fait, il faut comprendre beaucoup plus finement les nouvelles combinaisons temporelles qui se d&#233;roulent au sein m&#234;me du m&#233;nage. Les travaux des &#233;conom&#232;tres et des sociologues se conjuguent pour montrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FERMANIAN et LAGARDE, 1998.&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il existe une forte d&#233;pendance des deux membres de la famille dans leur strat&#233;gie d'offre de travail : les dur&#233;es de travail des deux conjoints sont corr&#233;l&#233;s. Lorsqu'il n'y pas d'enfant dans la famille plus l'un travail longtemps et plus l'autre travaille longtemps. Mais dans 68 % des cas la dur&#233;e du travail de l'homme est sup&#233;rieure &#224; celle de la femme ; cela passe &#224; 80 % des cas lorsque l'homme est cadre et que la femme n'est pas cadre (les femmes cadres travaillent autant que leur mari). A partir de deux enfants de moins de 6 ans la dur&#233;e du travail f&#233;minin baisse mais celle de l'homme augmente si CSP est sup&#233;rieur &#224; celle de la femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La gestion des horaires est devenue une affaire de plus en plus collective au sein de la famille. Elle &#233;galement devenu une affaire de plus en plus complexe. D'une part, les r&#233;gimes horaires sont devenus plus chaotiques du fait des emplois &#224; horaires variables et du fait de la multiplication des horaires dits atypiques, au cours des ann&#233;es 1990. D'autre part, les structures familiales se diversifient avec le d&#233;veloppement des familles recompos&#233;es associ&#233;e au d&#233;litement de la norme de la famille conjugale classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Marie-Agn&#232;s Barr&#232;re-Maurisson&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARRERE-MAURISSON, 2003.&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; distingue pour sa part, trois types de profils familiaux. Le premier est celui de la famille &#224; carri&#232;re unique o&#249; seul l'homme exerce une activit&#233; professionnelle (ce type concerne moins d'une famille sur quatre et tend &#224; diminuer) ; le second concerne les familles o&#249; les deux conjoints travaillent &#224; plein temps (c'est le cas d'environ une famille sur deux) ; le troisi&#232;me &#224; carri&#232;re non sym&#233;triques o&#249; l'homme travaille &#224; temps plein et la femme &#224; temps partiel ou de mani&#232;re irr&#233;guli&#232;re (ce mod&#232;le qui concerne un quart des familles tendrait &#224; se d&#233;velopper).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On con&#231;oit cependant ais&#233;ment que la combinatoire des cas de figure possibles est beaucoup plus complexe. En effet, si l'on fait intervenir, d'une part, les diff&#233;rents types de r&#233;gimes horaires auxquels sont soumis chacun des conjoints et, d'autre part, les diff&#233;rents types de familles (conjugales classiques, recompos&#233;es, monoparentales avec enfants) aux diff&#233;rents moments du cycle de vie, alors le jeu des syst&#232;mes d'ajustement entre vie professionnelle et vie priv&#233;e devient tr&#232;s ouvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; donc des individus contemporains pris dans une double n&#233;gociation : une sur la sc&#232;ne des temps de travail, l'autre sur la sc&#232;ne de sa vie priv&#233;e. A ce double jeu certains s'en sortent beaucoup mieux que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Deux logiques des rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comment logique d'organisation de la vie priv&#233;e et logique d'organisation de la vie professionnelle se conjuguent-elles ? Les controverses qui traversent la sociologie am&#233;ricaine prouvent que le d&#233;bat est loin d'&#234;tre clos. Certains travaux am&#233;ricains (SCHOR. 1992) montrent ainsi que le temps de travail a augment&#233; consid&#233;rablement et rapidement dans ce m&#234;me pays et ils montrent que la vie priv&#233;e est comme envahie par les activit&#233;s professionnelles. Les conclusions des travaux men&#233;s par les anthropologues de l'Universit&#233; de San Jos&#233; sur le travail dans la Silicon Valley convergent tous pour montrer la fin des fronti&#232;res entre vie de travail et vie de famille, les TIC constituant &#171; la glue qui tient tout cela ensemble &#187;. Mais alors que certains chercheurs d&#233;nonce la pauvret&#233; grandissante en temps (&#171; time famine &#187;) et la pression des entreprises&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SCHOR, 1992 et 1998.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, d'autres consid&#232;rent qu'en fait les valeurs se sont invers&#233;es au point que &#171; le travail est devenu une esp&#232;ce de foyer et le foyer un travail &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HOCHSCHILD, 1998.&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, &#224; la question qui consiste &#224; savoir si les m&#233;nages s'emparent des nouvelles possibilit&#233;s offertes par le d&#233;veloppement de la flexibilit&#233; dans l'organisation du travail une &#233;tude r&#233;pond, &#224; propos des salari&#233;s des entreprises am&#233;ricaines&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HOCHSCHILD, 1997.&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que la logique de l'entreprise a maintenant compl&#232;tement envahi celle de l'organisation de la famille. Par une sorte de renversement de logique, le foyer serait d&#233;sinvesti psychologiquement et inversement le travail deviendrait un moment et une activit&#233; d'investissement personnel positif plus fort. Le travail serait devenu accueillant et le foyer plus contraignant. La flexibilit&#233; serait donc le moyen pour la logique productive d'envahir l'ensemble du quotidien avec l'assentiment et la coop&#233;ration active des salari&#233;s. Cette derni&#232;re analyse a fait l'objet de nombreuses critiques th&#233;oriques et m&#233;thodologiques. La plus percutante d'entre elles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HAYS, BIEBLY et TUCHMAN, 1998.&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre que l'entreprise exerce une sorte de chantage &#224; la loyaut&#233; sur ses salari&#233;s cadres et que le d&#233;vouement complet &#224; l'entreprise est un comportement implicitement requis. En d'autres termes, la flexibilit&#233; permettrait l'exercice de formes de n&#233;o-paternalisme offrant certaines gratifications en &#233;change d'un d&#233;vouement de tous les instants &#224; l'entreprise. En contre partie les attitudes &lt;i&gt;&#8220; family-oriented &#8221; &lt;/i&gt;peuvent &#234;tre lourdement sanctionn&#233;es en termes de d&#233;roulement de carri&#232;re. Nous serions donc moins en pr&#233;sence d'une nouvelle propension des familles &#224; pr&#233;f&#233;rer le travail au foyer domestique que d'un affichage tactique d'attitudes convenues pour conforter sa position dans l'entreprise. La sociologue se serait donc laiss&#233;e prendre au discours indig&#232;ne et aurait de plus extrapol&#233; &#224; l'ensemble des familles am&#233;ricaines, une analyse portant sur ce qui correspondrait &#224; notre &#233;chantillon de cadres moyens. C'est ce que confirmeraient d'autres travaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EPSTEIN et alii, 1998.&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui contrairement aux analyses de HOCHSCHILD montrent &#224; partir d'&#233;tudes sur les normes horaires qui s'imposent &#224; certaines cat&#233;gories de salari&#233;s qualifi&#233;s que les parents bi actifs recherchent un &#233;quilibre entre travail et famille, ne d&#233;sertent pas leurs responsabilit&#233;s familiales et acceptent mal le choix devant lequel on les place : la carri&#232;re contre le bien &#234;tre dans la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Professionnel, public, priv&#233; : repenser les cat&#233;gories de la pratique&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'ensemble de cette question on peut consulter le remarquable document (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'inconv&#233;nient de ce type de controverse est d'opposer les deux mondes du public/professionnel et du priv&#233; sans chercher &#224; comprendre la mani&#232;re dont ils se recomposent mutuellement. Or, s'il est incontestable qu'il existe deux logiques qui entrent parfois en contradiction, il appara&#238;t &#233;galement que se recompose tr&#232;s profond&#233;ment les fronti&#232;res symboliques du public et du priv&#233; ou autrement dit de l'espace et du temps priv&#233; et de l'espace et du temps public. Ce que masque ce type de controverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La d&#233;finition des fronti&#232;res de la vie priv&#233;e et des relations entre, d'une part, espaces et temps du travail et de la vie publique et, d'autre part, espaces et temps de la vie priv&#233;e et familiale est un fait de civilisation majeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, autour de la seconde moiti&#233; du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle se cr&#233;ent les conditions de constitution de la vie priv&#233;e &#171; bourgeoise &#187; qui se diffusera progressivement aux autres couches de la population au cours du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Les travaux de l'historien Philippe Ari&#232;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, 1973.&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous enseignent que la famille &#171; moderne &#187; des notables de la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle commence &#224; poser ses limites par rapport aux intrusions ext&#233;rieures, &#224; assurer l'ind&#233;pendance fonctionnelle de ses pi&#232;ces (il n'y a plus de lits n'importe o&#249; et les pi&#232;ce de r&#233;ception y sont pr&#233;cis&#233;ment d&#233;finies) &#224; d&#233;finir les moments de r&#233;ception. Elle se substitue &#224; un syst&#232;me relationnel o&#249; il n'existait pas &#171; de s&#233;paration entre la vie professionnelle, la vie priv&#233;e, la vie mondaine et sociale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, ibidem.&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les pi&#232;ces n'y &#233;taient pas sp&#233;cialis&#233;es et l'ensemble des relations sociales et familiales se d&#233;roulait dans les m&#234;mes espaces. Surtout, il n'y avait pas de r&#232;gles pour les visites que l'on faisaient sans pr&#233;venir et &#224; n'importe quel moment : &#171; Bref, les visites apparaissaient comme une v&#233;ritable occupation qui commandait la vie de la maison, dont d&#233;pendaient m&#234;me les heures de repas &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ARIES, ibidem.&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle conna&#238;tra tout un processus d'embourgeoisement des modes de vie des cat&#233;gories populaires qui peu &#224; peu conqui&#232;rent le droit &#224; la &lt;i&gt;privacy &lt;/i&gt;comme lieu d'expression de l'individu hors de sa fonction de producteur. La s&#233;paration des deux sph&#232;res appara&#238;tra &#224; partir de cette &#233;poque dans le monde du travail salari&#233; comme la norme sociale dominante. Max Weber expliquera que l'imposition de fronti&#232;re entre vie priv&#233;e et vie au travail est une des caract&#233;ristiques de l'industrialisation de la soci&#233;t&#233; est qu'elle s'inscrit dans le mouvement de rationalisation de la soci&#233;t&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WEBER, 1964.&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une nouvelle combinaison des rapports public/priv&#233; se constitue actuellement. Elle est fond&#233;e sur les nouvelles porosit&#233;s qui s'&#233;tablissent entre temps et espaces de la vie au travail et temps et espaces de la vie priv&#233;e. Elle r&#233;sulte principalement de l'ensemble des mouvements soci&#233;taux &#233;voqu&#233;s plus haut. On soulignera en particulier, le fait que le brouillage des fronti&#232;res entre les deux sph&#232;res est tr&#232;s &#233;troitement li&#233; au brouillage des fronti&#232;res symboliques entre les mondes masculin et f&#233;minin. Au premier monde, celui du masculin et du travail &#233;taient associ&#233;es les valeurs viriles de la comp&#233;tition, du risque, de la r&#233;ussite personnelle ; au second monde celui du f&#233;minin et de la famille &#233;taient associ&#233;es les valeurs de paix et de s&#233;curit&#233; ontologique : le monde du repos du guerrier en quelque sorte, si bien symbolis&#233; par le pavillon p&#233;ri urbain ou le &lt;i&gt;cottage &lt;/i&gt;des &lt;i&gt;suburbs &lt;/i&gt;am&#233;ricains, localis&#233;s &#224; bonne distance de l'entreprise. L'entr&#233;e massive des femmes dans le monde du travail salari&#233; et leur capacit&#233; &#224; exister d&#233;sormais comme individu autonome hors de leur statut familial a boulevers&#233; les d&#233;finitions de ces fronti&#232;res mentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette nouvelle combinaison est &#233;galement rendue possible par de nouvelles mani&#232;res de communiquer associ&#233;es au surgissement de nouveaux outils de communication. Un nombre grandissant de professions connaissent une imbrication tr&#232;s grande des espaces et des moments du travail et de la vie priv&#233;e et ceci est m&#234;me une caract&#233;ristique du travail dans la &#171; soci&#233;t&#233; de l'information &#187; selon un document de l'Union Europ&#233;enne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;European Commission, 1996.&#034; id=&#034;nh4-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les nouvelles formes d'organisation du travail incluant le travail &#224; domicile pour certaine cat&#233;gorie sociale ou encore le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;travail, change la d&#233;finition du temps et de l'espace du travail. On sait, par exemple, avec la derni&#232;re enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187; de l'INSEE que de 1986 &#224; 1999 le temps de travail moyen des salari&#233;s &#224; temps complet a augment&#233; de 8 minutes. Au sein du secteur priv&#233; celui des cadres augmente de 30 minutes et celui des professions interm&#233;diaires de 10 minutes. Ceci est d&#251; en bonne partie &#224; l'augmentation du travail &#224; domicile des cat&#233;gories sup&#233;rieures et interm&#233;diaires associ&#233; pour partie &#224; la pr&#233;sence de l'ordinateur &#224; domicile. La formule du &#171; bureau virtuel &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le bureau-h&#244;tel d'Andersen Consulting dans Transit, p 131. En France en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;(Just in time office &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;hot desking&lt;/i&gt;) ne constitue que le point limite d'une &#233;volution caract&#233;ris&#233;e par la &#171; dilution et l'indistinction des tranches horaires qui rendent caducs l'&#233;tanch&#233;it&#233; et les discontinuit&#233;s de l'espace &#187; du travail et du priv&#233;. Certains employeurs mettent ainsi &#224; disposition de leurs personnels du mat&#233;riel informatique dot&#233; de liaison au r&#233;seau internet &#224; domicile (c'est la diffusion de la formule SoHo : &lt;i&gt;Small office, Home office&lt;/i&gt;). Les possibilit&#233;s d'acc&#232;s communicationnel &#224; tout instant modifient le sens de l'accessibilit&#233; physique. Les fronti&#232;res entre travail domestique et travail professionnel deviennent difficiles &#224; tracer, et largement arbitraires, lorsque l'activit&#233; se situe &#224; domicile et ne fait pas l'objet d'aucun contr&#244;le institutionnalis&#233;. La cat&#233;gorie de travail doit elle-m&#234;me &#234;tre remise en question du fait de l'existence de multiples temps au statut incertain. De m&#234;me que doit &#234;tre remis en question l'id&#233;e d'un lieu priv&#233; associ&#233; &#224; la seule vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La gestion des rapports entre les deux faces, priv&#233;e et publique de l'existence de chacun, devient plus complexe. Il serait, en effet, trop simpliste de penser le temps et l'espace du priv&#233; comme celui o&#249; l'on est &lt;i&gt;off line&lt;/i&gt;. En effet, avec internet, on peut passer du travail au loisir ou encore &#224; l'accomplissement de t&#226;ches administratives personnelles, en appuyant sur une touche : comment d&#233;composer et d&#233;finir l'activit&#233; en ligne sur internet dans ces conditions ? Les tr&#232;s nombreuses &#233;tudes produites par les bureaux d'&#233;tudes nous montrent le r&#244;le des TIC portables dans les empi&#232;tements respectifs de la vie priv&#233;e dans la vie professionnelle et inversement. Ainsi, 61 % des personnes utilisant un micro-ordinateur chez elles s'en servent pour travailler mais c'est principalement le cas des cadres sup&#233;rieurs (79 %) et des &#233;tudiants (82 %)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BIGOT, 2003.&#034; id=&#034;nh4-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Inversement, les fran&#231;ais d&#233;clarent surfer en moyenne 23 minutes par jour &#224; des fins personnelles sur leur lieu de travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chronopost/Ipsos, 2001.&#034; id=&#034;nh4-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La proportion de ceux qui d&#233;clarent surfer au bureau pour des raisons extra professionnelles et encore plus important chez les Italiens (51 %), les Anglais (44 %) et les Allemands (41 %) que chez les Fran&#231;ais (29 %)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Websense/Taylor Nelson Sofres, 2001&#034; id=&#034;nh4-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On n'en finirait pas d'aligner des chiffres de genre mais le fait est l&#224; : l'utilisation des TIC portables rend plus fortement poreuse les relations entre les deux sph&#232;res. M&#234;me plus, 59 % des fran&#231;ais d&#233;clarent que la conciliation entre sph&#232;res priv&#233;es et professionnelles s'est am&#233;lior&#233;e avec l'utilisation du t&#233;l&#233;phone portable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;www. insitut-chronopost.org, 2004.&#034; id=&#034;nh4-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, il est ind&#233;niable que les temps tol&#233;r&#233;s de r&#233;activit&#233; &#224; un message se sont raccourcis. Avec le t&#233;l&#233;phone portable on tol&#232;re moins qu'avec le t&#233;l&#233;phone fixe les r&#233;ponses par trop diff&#233;r&#233;es. La norme sociale impose un raccourcissement des temps de r&#233;ponse : la r&#233;activit&#233; dans le domaine priv&#233; comme dans le domaine professionnel est devenu la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout ceci est ind&#233;niable et apporte incontestablement de l'eau au moulin de la th&#232;se de la r&#233;activit&#233; oblig&#233;e et de la p&#233;n&#233;tration des imp&#233;ratifs de productivit&#233; dans la sph&#232;re priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Toutefois, cette tendance n'est pas sans limite et elle n'&#233;chappe pas &#224; certaines d&#233;terminations d'ordre sociologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En utilisant le terme de &#171; d&#233;terminations d'ordre sociologique &#187; j'ai bien (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'abord, ce ne sont pas les TIC qui par elles m&#234;mes, du fait qu'elles permettent d'utiliser les m&#234;mes supports de communication dans la vie professionnelle comme dans la vie priv&#233;e, qui produisent une red&#233;finition des sph&#232;res d'activit&#233;. Elles rendent possibles de nouvelles combinaisons et permettent, par la mise en r&#233;seau, d'optimiser le jeu des r&#233;seaux sociaux. Pour les cat&#233;gories sup&#233;rieures dot&#233;es de r&#233;seaux de sociabilit&#233; tr&#232;s &#233;tendus qui demandent &#224; &#234;tre entretenus tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement la perm&#233;abilit&#233; est tr&#232;s forte et la r&#233;activit&#233; est la r&#232;gle. Pour d'autres les ressources de sociabilit&#233; sont r&#233;parties dans des &#171; gisements &#187; sociaux plus ou moins localis&#233;s et cloisonn&#233;s (l'entreprise, le voisinage/l'&#233;cole des enfants, les lieux associatifs, les &#233;quipements culturels&#8230;), et les passerelles permettant la circulation ou le transfert des ressources d'un espace &#224; l'autre sont extr&#234;mement &#233;troites. Dans ce cas, le domicile reste majoritairement r&#233;serv&#233; &#224; l'&#233;change familial&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CLAISSE, 2000 ; SMOREDA, 2001.&#034; id=&#034;nh4-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On a souvent insist&#233; sur le fait que le t&#233;l&#233;phone portable constituait un extraordinaire instrument de libert&#233; dans la mesure o&#249; il permettait une r&#233;ponse diff&#233;r&#233;e (mais le t&#233;l&#233;phone fixe sait d&#233;j&#224; le faire avec le syst&#232;me de la messagerie) et surtout parce qu'il permettait d'atteindre ou d'&#234;tre atteint &#224; tout moment par un locuteur et d'&#234;tre ainsi toujours reli&#233; potentiellement &#224; un tr&#232;s large r&#233;seau. Pour autant le r&#233;seau technique du t&#233;l&#233;phone portable ne produit pas le r&#233;seau de sociabilit&#233;. C'est la taille du r&#233;seau de sociabilit&#233; et l'intensit&#233; des relations sociales qui permettent de comprendre l'usage du r&#233;seau technique et non l'inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ensuite, la d&#233;finition de mon espace priv&#233; qui consiste &#224; en d&#233;finir les limites et les r&#232;gles d'acc&#232;s n'est pas une affaire de techniques de communication. Les tentatives de tous ordres pour transf&#233;rer le lieu de travail sur l'espace domestique se heurtaient encore &#224; des obstacles au d&#233;but des ann&#233;es 1990 du fait des diff&#233;rences de sociabilit&#233; r&#233;gissant les deux sph&#232;res de la vie professionnelles et de la vie priv&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FLICHY, 1991.&#034; id=&#034;nh4-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (la situation a notoirement &#233;volu&#233;e depuis cette p&#233;riode pour les cadres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#234;me auteur montre qu'en Californie (&#171; Le travail altern&#233; en Californie &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et certains autres salari&#233;s des services ; ceci est d&#233;j&#224; moins &#233;vident dans le monde des employ&#233;(e)s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les salari&#233;s des multiples centres d'appel et autres organisations de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'acc&#232;s &#224; internet en jouant sur la communication asynchrone permet de fixer les limites temporelles du priv&#233; et du public. Ce que le d&#233;veloppement du t&#233;l&#233;phone avait d&#233;j&#224; inaugur&#233; avec le syst&#232;me du r&#233;pondeur. La perm&#233;abilit&#233; de mon espace priv&#233; d&#233;pend donc avant tout de rapports de pouvoir. Dans le monde des &#171; sur actifs &#187; une des formes du pouvoir est pr&#233;cis&#233;ment d'imposer ses propres rythmes aux autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;JAUREGUIBERRY, 2004.&#034; id=&#034;nh4-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Laisser &#224; penser que dans ce monde chacun serait d&#233;sormais libre de cr&#233;er son propre temps est un leurre. L'autre leurre consisterait &#224; penser que tous les &#171; sur actifs &#187; sont soumis au m&#234;me culte de l'urgence et que tous voient leur vie priv&#233;e envahie de la m&#234;me mani&#232;re par les injonctions professionnelles. Voil&#224; le point qui reste &#224; explorer : qui est en mesure de peser sur la vie priv&#233;e de quels autres en faisant irruption dans les plages temporelles que la norme sociale avaient jusqu'&#224; pr&#233;sent pr&#233;serv&#233;e des incursions ext&#233;rieures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quant &#224; la pratique de la communication d'ordre priv&#233; sur le lieu de travail les chiffres sus mentionn&#233;s indiquent de toute &#233;vidence une tendance mais il faudrait pousser beaucoup plus loin l'analyse et ne pas en rester &#224; ce constat. On peut se demander ainsi, si ce type de communication ne se fait pendant la traditionnelle pause de la mi matin&#233;e ou de la mi apr&#232;s midi qui se fait habituellement autour de la machine &#224; caf&#233; et qui permet pr&#233;cis&#233;ment les communications d'ordre priv&#233;e entre les salari&#233;s. Il appara&#238;t, par ailleurs, &#224; travers certaines &#233;tudes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MONJARET, 1997.&#034; id=&#034;nh4-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'un bon nombre de communications t&#233;l&#233;phoniques priv&#233;es des femmes cadres depuis le lieu de travail constitue un moyen pour ces derni&#232;res de coordonner l'organisation domestique &#224; distance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le contr&#244;le des enfants &#224; distance va peut &#234;tre conna&#238;tre des formes plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les femmes continueraient donc de jouer un r&#244;le central dans l'articulation entre le professionnel et le priv&#233; &#224; partir de l'organisation temporelle de la logistique quotidienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce point est confirm&#233; par des auteurs anglo-saxons qui mettent &#233;vidence le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour aller plus loin, il faudrait ici proc&#233;der &#224; d'autres questionnements d'inspiration ethnologique. Pour commencer des questionnements sur la mani&#232;re de marquer ou non les diff&#233;rences entre les deux sph&#232;res dans les comportements les plus quotidiens comme cela est propos&#233; par Christena E. Nipperts-Eng&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. NIPPERTS-ENG, 1996.&#034; id=&#034;nh4-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Porte-t-on les m&#234;mes v&#234;tements au travail et au domicile ? Utilise-t-on le m&#234;me agenda pour les deux activit&#233;s ? Invite-t-on ses coll&#232;gues de travail &#224; d&#238;ner ? Fait-on figurer des photos familiales sur son lieu de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ensuite, des questionnements qui interrogent les modes d'inscription mat&#233;riels des activit&#233;s de travail dans la sph&#232;re priv&#233;e. O&#249; travaille-t-on ? Dans une pi&#232;ce destin&#233;e &#224; cet effet, sur un coin de table de s&#233;jour, lib&#233;rable aux heures des repas ? Quand travaille-t-on ? Lorsque tout le monde dort ? Le dimanche matin ? Lorsque les autres sont &#224; l'ext&#233;rieur ? Comment les autres membres de la famille contribuent-ils &#224; poser les limites entre activit&#233;s de travail et sociabilit&#233; familiale dans l'espace domestique ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Certains sociologues montrent que enfants et conjoint(e)s &#171; constituent le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Quelles autres activit&#233;s accepte-t-on de sacrifier &#224; celle l&#224; ? Certains travaux men&#233;s dans ces directions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;HADDON et SILVERSTON, 1996.&#034; id=&#034;nh4-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous montrent &#224; quel point le collectif familial, pose ses normes et ses limites et est le lieu de r&#233;gulations sur les moments et les lieux domestiques de l'utilisation des TIC &#224; des fins professionnelles ou personnelles. Ils permettent &#233;galement de d&#233;tecter des types d'organisation du temps caract&#233;risant certains types de compromis familiaux qui vont du placage impos&#233; de moments de travail exclusifs de toute autre activit&#233;, &#224; l'int&#233;gration n&#233;goci&#233;e de l'activit&#233; professionnelle dans les rythmes domestiques (par exemple : avoir un &#339;il sur son travail personnel et avoir un &#339;il sur les devoirs des enfants). D'autres travaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GUILLOT, 2006.&#034; id=&#034;nh4-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; nous montrent comment les modes de n&#233;gociation familiale sont intimement li&#233;s &#224; des choix d'outils de communication domestique. A l'utilisation du post-it coll&#233; sur le r&#233;frig&#233;rateur est associ&#233; le mode de l'improvisation ; au tableau appos&#233; sur le mur de la cuisine (lieu de l'ordre et lieu privil&#233;gi&#233; de la logistique quotidienne) est associ&#233; le mode de la programmation hebdomadaire et de la reprogrammation en fonction des circonstances nouvelles et des nouveaux compromis qu'elles n&#233;cessitent ; l'usage de l'agenda papier ou du PDA est &#233;galement associ&#233; au souci de programmation mais il accentue la tendance &#224; la rentabilisation du temps et n'est plus li&#233; au c&#339;ur de la domesticit&#233; qu'est la cuisine dans la mesure o&#249; il s'&#233;mancipe d'un lieu pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faut donc en conclure que l'on ne peut s'en tenir au constat de l'individualisation grandissante de la vie en soci&#233;t&#233; selon des sch&#232;mes explicatifs relevant d'une sorte d'individualisme th&#233;orique. Les collectifs au sein desquels se d&#233;roulent les activit&#233;s et principalement le collectif de travail et le collectif familial posent des normes, imposent des syst&#232;mes de compromis qui passent par des outillages sp&#233;cifiques. La question est que l'un et l'autre connaissent des &#233;volutions rapides et donc des jeux d'influences mutuelles qui appellent de nouveaux sch&#233;mas explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les modifications des programmes d'activit&#233; : du mod&#232;le unique &#224; l'individu multi-appartenant &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le de l'individu cherchant &#224; optimiser en permanence l'ensemble de ses activit&#233;s personnelles renvoie &#224; une vieille connaissance th&#233;orique : celle de l'homo &#339;conomicus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans cette perspective la valeur du temps renvoie aux arbitrages qu'op&#232;rent les individus entre les gains ou pertes de temps et d'argent en fonction de leur niveau de revenu. Les individus composeraient donc leur journ&#233;e ou leur semaine en maximisant l'utilit&#233; globale de leur temps et de leur argent. Raisonner en termes d'arbitrages co&#251;ts/temps revient &#224; consid&#233;rer que l'on peut mettre en stricte &#233;quivalence le temps et l'argent. Tout temps social &#224; une &#233;quivalence mon&#233;taire et l'on peut acheter du temps avec de l'argent. C'est la perspective &#233;conomique fonctionnelle o&#249; l'on d&#233;pense du temps pour &#233;conomiser de l'argent ou inversement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Philippe Zarifian pointe ce fait que notre soci&#233;t&#233; est domin&#233;e par cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le paradigme de l'individu optimisateur am&#232;ne &#224; consid&#233;rer que le temps est isomorphe est que une heure &#233;quivaut &#224; une heure, quelque soit le moment et quelque soit la sph&#232;re d'activit&#233;. On rappellera ici que la conception isomorphique du temps est la plus d&#233;velopp&#233;e dans les pays dont la politique est la plus lib&#233;rale. Ceci est lisible par exemple avec les variations de la valeur sociale du temps de travail selon la culture propre &#224; chaque pays. Ainsi, aux &#201;tats-Unis le bonus pour une &#233;quipe de nuit est d'environ 10 % alors qu'en Europe il varie de 25 &#224; 100 %. Dans un monde o&#249; aurait disparu toute r&#233;f&#233;rence &#224; des rythmes symboliques collectifs les temps seraient parfaitement isomorphes. N'importe quel moment serait &#233;changeable avec n'importe quel autre moment ; n'importe quelle sph&#232;re d'activit&#233; serait &#233;quivalente &#224; n'importe quelle autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La conception &#233;conomiste de la valeur du temps fond&#233;e sur des calculs de quantit&#233; de temps oublie pr&#233;cis&#233;ment que ce dernier rev&#234;t une valeur culturelle ou symbolique. On consid&#232;re dans cette perspective que les moments o&#249; se r&#233;alisent les activit&#233;s ont des qualit&#233;s diff&#233;rentes. On consid&#233;rera alors que une heure la nuit, le dimanche n'a pas la m&#234;me valeur qu'heure en journ&#233;e un jour ordinaire de la semaine. Dans cette perspective on consid&#232;re que le temps consacr&#233; &#224; certaines activit&#233;s est incommensurable avec le temps consacr&#233; &#224; d'autres, du fait de sa place particuli&#232;re dans l'architecture collective des activit&#233;s. On consid&#232;re ici que le temps social n'est pas une pure dur&#233;e, comme si chaque portion de temps de dur&#233;e d&#233;termin&#233;e &#233;tait &#233;gale &#224; n'importe quelle autre de m&#234;me dur&#233;e. Lorsque l'on t&#233;l&#233;phone &#224; un coll&#232;gue le soir &#224; son domicile pour des raisons professionnelles on pr&#233;sente en g&#233;n&#233;ral des excuses pr&#233;alables et l'on essaie d'&#234;tre bref&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concession &#224; une th&#232;se hypermoderne : cela n'est pas toujours le cas en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; car l'on estime que ces 15 minutes ne sont pas l'&#233;quivalent des 15 minutes prises au bureau lors d'une journ&#233;e de travail. Elles ne sont pas &#233;quivalentes parce que l'on consid&#232;re encore qu'elles sont prises &#224; un autre moment : celui de la vie priv&#233;e. C'est d'ailleurs ce que savent parfaitement bien les programmateurs de grille de programme de t&#233;l&#233;vision. On programme les &lt;i&gt;prime time &lt;/i&gt;au moment o&#249; l'on suppose les familles r&#233;unies autour du t&#233;l&#233;viseur. Ici une heure de publicit&#233; n'est pas &#233;quivalente &#224; une autre heure !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le socio-&#233;conomisme radical d'un Pierre Bourdieu n'est pas sans rapport avec cette logique de l'individu optimisateur. Pour ce dernier il existe en &#233;quivalence g&#233;n&#233;ral : le capital global poss&#233;d&#233; par un individu. Ce capital se d&#233;cline en capital &#233;conomique, social et culturel. Les activit&#233;s apparemment les plus d&#233;sint&#233;ress&#233;es comme par exemple les relations amicales ou familiales qui rel&#232;vent du capital social peuvent &#234;tre convertis en d'autres formes de capital &#233;conomique ou culturel. Ici, le temps consacr&#233; aux amis peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un investissement en termes de capital social puisqu'il permet de renforcer les r&#233;seaux de sociabilit&#233; de l'individu. Ce capital social pouvant lui-m&#234;me &#234;tre converti en capital &#233;conomique lorsque les relations familiales aident par le jeu des relations &#224; acqu&#233;rir un bon emploi. La construction de l'id&#233;al type de l'individualit&#233; contemporaine ne fonctionne-t-elle pas sur le m&#234;me mode lorsque par exemple elle annonce sous une de ses versions qu'une m&#234;me logique, celle de la flexibilit&#233; et de la mobilit&#233; sous toutes ses formes, r&#233;git l'ensemble des comportements des individus ? La logique est diff&#233;rente. Elle n'est ni celle de l'optimisation de l'utilit&#233; sous contrainte, ni celle de l'optimisation d'un capital sur le mode bourdieusien. Mais le principe qui la fonde est le m&#234;me : l'ensemble de nos comportements rel&#232;verait d'un m&#234;me &lt;i&gt;impetus &lt;/i&gt;originaire ou d'un m&#234;me principe g&#233;n&#233;rateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On opposera &#224; cette conception celle d'un Fran&#231;ois Ascher qui nous propose un mod&#232;le bien plus stimulant de l'individu contemporain. Selon lui, dans la soci&#233;t&#233; hypertexte, les individus vivent dans une multiplicit&#233; de sph&#232;res r&#233;gies chacune par des codes diff&#233;rents. La difficult&#233; est donc bien de passer d'une sph&#232;re &#224; l'autre sans confondre les codes. La multi-appartenance correspond donc &#224; ce r&#233;gime normatif o&#249; les individus sont mis en demeure de jouer du &lt;i&gt;code switching &lt;/i&gt;en passant en permanence d'un syst&#232;me &#224; un autre. Il en d&#233;coule qu'il existe une sp&#233;cificit&#233; normative de la sph&#232;re priv&#233;e familiale par rapport &#224; la sph&#232;re professionnelle en particulier. Le point faible de cette approche r&#233;sulte du fait que dans cette perspective tous les codes sont mis sur le m&#234;me plan. Or, nous consid&#233;rons que les dimensions professionnelles et familiales au sein de la sph&#232;re priv&#233;e constituent encore deux lieux particuli&#232;rement structurant pour l'organisation de la vie des individus contrairement &#224; ce qu'affirment les tenant de la soci&#233;t&#233; des loisirs. Nous avons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; les transformations dans le monde du travail. Mais il appara&#238;t &#233;galement que les relations dites primaires relevant de la socialisation familiale jouent un r&#244;le particulier par rapport aux autres sph&#232;res normatives. On sait&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187;, 1999 de l'INSEE.&#034; id=&#034;nh4-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple, qu'il existe une corr&#233;lation positive et fortement significative entre participation des parents et participation des enfants &#224; une activit&#233; associative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PROUTEAU et WOLFF, 2002 ; Donnat, 1998.&#034; id=&#034;nh4-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La m&#234;me corr&#233;lation peut s'observer entre le rapport &#224; l'&#233;cole, &#224; la culture ou &#224; l'emploi des parents et celui des enfants. Autrement dit, comme le montrent tous les travaux de sociologie de la famille et de la socialisation, les normes qui r&#233;gissent la vie dans la sph&#232;re priv&#233;e familiale sont non seulement sp&#233;cifiques mais en plus elles impr&#232;gnent d'autres syst&#232;mes normatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La th&#232;se tr&#232;s stimulante de la multi-appartenance doit donc retenue contre celle d'un individu unidimensionnel ou contre celle d'un individu compl&#232;tement pr&#233; format&#233; par la sph&#232;re professionnelle mais elle ne vaut que si on d&#233;finit convenablement les types de relations qui r&#233;gissent les rapports entre ces sph&#232;res contrairement &#224; la th&#232;se de leur &#233;tanch&#233;it&#233; normative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En voulant &#224; juste titre remettre en question la perspective structuraliste affirmant le primat d'une sph&#232;re sur une autre ou encore la th&#232;se culturaliste affichant la famille comme cellule de base de la soci&#233;t&#233;, on risque de jet&#233; le b&#233;b&#233; avec l'eau du bain. Certains auteurs comme Alain Bourdin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOURDIN, 2005.&#034; id=&#034;nh4-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; on &#233;t&#233; amen&#233;s &#224; radicaliser ou &#224; hypermoderniser la th&#232;se de la multi-appartenance en sugg&#233;rant que cette question &#233;tait elle m&#234;me d&#233;pass&#233;e dans la mesure o&#249; les rapports d'appartenance se d&#233;litaient. Pour ce dernier, s'ils existent toujours c'est plut&#244;t sous la forme de &#171; butinage &#187; individuel correspondant &#224; des interactions &#171; partielles et &#233;ph&#233;m&#232;res &#187;. En remettant en cause, ce qui n'est pas sans int&#233;r&#234;t, l'eau du bain culturaliste privil&#233;giant la force des appartenances sociales singuli&#232;res, ne jette-t-il pas dessus bord dans le m&#234;me mouvement la question de la red&#233;finition des rapports et des nouvelles fronti&#232;res entre sph&#232;re du travail et sph&#232;re de la vie priv&#233;e ? Et, par l&#224; m&#234;me, l'ensemble des questions pos&#233;es par la sociologie de la socialisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On enterre alors un peu trop rapidement les travaux d'un Claude Dubar (Cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les tempos de l'existence : de la capacit&#233; d'orchestration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les rapports au temps varient au cours du cycle de vie et ils varient selon les situations sociales &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On l'aura donc compris, les rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e sont intrins&#232;quement li&#233;s &#224; l'organisation du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il convient alors d'observer comment l'architecture temporelle de l'ensemble des activit&#233;s des individus se recompose au cours du cycle de vie. Les modes de construction des programmes d'activit&#233; au cours de la vie d&#233;pendent fortement des contextes de vie. Dans certaines p&#233;riodes de la vie la conciliation vie professionnelle/vie familiale se pose avec le plus d'acuit&#233; : d'o&#249; ce ph&#233;nom&#232;ne de concentration des contraintes temporelles qualifi&#233; de time squeeze&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SOUTHERTON et TOMLINSON, 2005.&#034; id=&#034;nh4-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La France est le pays europ&#233;en o&#249; la r&#233;partition de l'activit&#233; au cours de la vie est encore la plus d&#233;s&#233;quilibr&#233;e dans la mesure o&#249;, les taux d'activit&#233;s sont fortement concentr&#233;s entre 30 et 55 ans et o&#249; corr&#233;lativement les taux d'emploi sont les plus faibles comparativement aux autres pays aux deux extr&#233;mit&#233;s de la vie. Inversement, les pays du nord de l'Europe ont adopt&#233; des dispositifs qui &#171; favorisent le temps partiel ou les r&#233;ductions du temps de travail au moment du cycle de vie o&#249; ceux-ci sont le plus utiles (par exemple, lorsqu'on a des enfants, ou apr&#232;s 55 ou 60 ans, ou lorsqu'une p&#233;riode de l'entourage est d&#233;pendante), quitte &#224; travailler plus le reste du temps&#8230; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LEFEBVRE et M&#201;DA, 2006.&#034; id=&#034;nh4-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les su&#233;dois ont invent&#233; la notion de &#171; travail soutenable &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DOCHERTY, FORSLIN et SHANI (dir), 2002.&#034; id=&#034;nh4-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui oppose le mod&#232;le du travail intensif permanent entra&#238;nant une pression permanente sur la vie priv&#233;e &#224; un mod&#232;le fond&#233; sur l'entretien des ressources humaines par une prise en consid&#233;ration des contextes de vie individuels et la mise en place d'une ing&#233;nierie d'accompagnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'autonomie individuelle et la libert&#233; d'organiser sa vie dans une soci&#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On est loin des perspectives trac&#233;es par l'id&#233;al type de l'individu contemporain qui en ne consid&#233;rant qu'un mod&#232;le fig&#233; d'individu, abstraction faite des contextes de vie, conduisent &#224; admettre l'id&#233;e de la g&#233;n&#233;ralisation d'un mod&#232;le de vie fond&#233; sur l'intensification des temps de la vie professionnelle comme de la vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, il faut souligner que les rapports au temps varient selon les situations sociales. Nous avons ainsi mis en &#233;vidence lors d'une enqu&#234;te r&#233;cente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GODARD et SINGLY, 2002.&#034; id=&#034;nh4-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; le fait que pr&#233;occupations en mati&#232;re de gestion du temps &#233;taient plus particuli&#232;rement le fait des m&#233;nages ayant des enfants en bas &#226;ge et des m&#233;nages dot&#233;s de niveaux de revenus et de dipl&#244;mes sup&#233;rieurs &#224; la moyenne. A l'int&#233;rieur du groupe des actifs, un clivage appara&#238;t entre les cadres et les ouvriers : trois quarts des premiers et un peu plus de la moiti&#233; des seconds manquent de temps. Vingt points s&#233;parent ces deux cat&#233;gories sociales. Les r&#233;sultats selon le niveau de dipl&#244;me fournissent une indication comparable : on passe de 30 % de plainte concernant le manque de temps chez les personnes ayant effectu&#233; de courtes &#233;tudes &#224; 50 % chez celles qui se sont arr&#234;t&#233;es au lyc&#233;e et &#224; 63 % chez celles qui ont fait des &#233;tudes sup&#233;rieures. Ce sentiment de &#171; presse &#187;, d'&#234;tre &#171; d&#233;bord&#233; &#187; est tr&#232;s associ&#233; &#224; la difficult&#233; d'organiser son temps : 18 % des personnes peu dipl&#244;m&#233;es et 62 % des personnes tr&#232;s dipl&#244;m&#233;es choisissent la r&#233;ponse &#171; c'est difficile d'organiser mon temps mais j'y arrive &#187;. Le niveau de revenu (mensuel du foyer) confirme ces deux relations &#8211; de la profession et du dipl&#244;me - au manque de temps et &#224; la difficult&#233; d'organisation. A partir de 15000 francs mensuels, les gens qui manquent de temps sont plus nombreux que les gens qui ont du temps. Les uns ont de l'argent et les autres du temps. Pour les femmes, le m&#234;me clivage s'observe : 27 % des femmes qui vivent seule et sans enfant, 38 % des femmes qui vivent en couple sans enfant, 58 % des femmes qui vivent en couple et 59 % des femmes seules avec enfant d&#233;clarent manquer souvent de temps personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les m&#233;nages des cat&#233;gories populaires mettent quant &#224; eux en avant les questions de proximit&#233; par rapport aux services pour am&#233;liorer leurs conditions de vie au quotidien. La demande d'une meilleure adaptation des horaires des services publics est plus fortement port&#233;e par les milieux de cadres, par les plus dipl&#244;m&#233;s et par les revenus les plus &#233;lev&#233;s. Une diff&#233;rence se dessine nettement entre les milieux populaires des petites villes plus fortement porteurs d'une demande d'&#233;quipements de proximit&#233; et les cadres qui vivent en r&#233;gion parisienne et dans les grandes villes plus nettement porteurs d'une extension des horaires d'ouverture des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il en r&#233;sulte que l'on ne peut continuer &#224; soutenir la th&#232;se de la g&#233;n&#233;ralisation des pr&#233;occupations d'optimisation temporelle &#224; l'ensemble des actifs de notre soci&#233;t&#233;. L&#224; encore l'observation attentive des perceptions du temps et des attentes concernant l'organisation de la vie quotidienne am&#232;ne &#224; douter des th&#232;ses trop g&#233;n&#233;rales sur &#171; les m&#233;tamorphoses de l'individu &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;AUBERT, 2004.&#034; id=&#034;nh4-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; renvoyant la sociologie dite &#171; classique &#187; &#224; ses ch&#232;res &#233;tudes empiriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les rapports au temps font l'objet d'appariements familiaux &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si l'ensemble des comportements familiaux ob&#233;issait &#224; de pures logiques de rationalisation et d'optimisation de rapports entre vie professionnelle et vie priv&#233;e on pourrait alors penser que par compensation lorsqu'un membre du couple passe de longues heures au travail, l'autre diminue volontairement son temps de travail. Cela n'est pas ce que l'on observe, en r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, comme le mettent en &#233;vidence les travaux des sociologues&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DEGENNE, LEBEAUX et MARRY, 2002.&#034; id=&#034;nh4-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il appara&#238;t ainsi que les structures des usages du temps des individus dans les couples sont fortement semblables &#224; l'exception du travail domestique pour lequel les diff&#233;rences entre hommes et femmes restent fortement marqu&#233;es. Ainsi, les hommes qui passent beaucoup de temps au travail vivent beaucoup plus fr&#233;quemment avec des femmes qui consacrent beaucoup de temps &#224; leurs activit&#233;s salari&#233;es. Inversement, les associations conjugales sont plus probables entre des hommes et des femmes qui consacrent beaucoup de temps &#224; leurs activit&#233;s de loisirs ext&#233;rieures ou int&#233;rieurs (et l'on peut ici distinguer les couples gros consommateurs de t&#233;l&#233;vision et les couples gros consommateurs de lecture ou de d'activit&#233;s de d&#233;tentes diverses). Ces faits sociologiques infirment l'id&#233;e selon laquelle il existerait une sorte d'ind&#233;termination des comportements individuels fond&#233;e sur une sorte d'&#233;clectisme g&#233;n&#233;ralis&#233; d'individus multi-appartenants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; la tendance g&#233;n&#233;rale. Elle n'exclue pas bien entendu que certains m&#233;nages n&#233;gocient en leur sein des syst&#232;mes de compensation temporelle. Certains couples sont peuvent &#234;tre plus strat&#232;ges que d'autres lorsqu'ils disposent de ressources financi&#232;res. Ainsi, certaines femmes cadres rel&#232;vent de cette logique lorsqu'elles d&#233;cident de passer &#224; des mi-temps professionnels pour all&#233;ger les contraintes d'organisation de la vie priv&#233;e. Mais il ne faut pas confondre en l'occurrence ces situations de choix volontaires avec des situations o&#249; le passage au temps partiel r&#233;sulte d'une conduite impos&#233;e par l'entreprise. Ainsi, une &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GALTIER, 1999.&#034; id=&#034;nh4-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; montre que le temps partiel f&#233;minin suit deux logiques quasiment oppos&#233;es avec, d'une part, les couples ais&#233;s o&#249; le temps partiel, lorsqu'il est adopt&#233;, repr&#233;sente souvent un arbitrage pour plus de disponibilit&#233; dans la vie priv&#233;e et, d'autre part, les couples aux revenus modestes pour lesquels le temps partiel est impos&#233; et est associ&#233; &#224; des conditions de travail tr&#232;s contraignantes tant du point de vue tant de la pr&#233;carit&#233; que de la contrainte des horaires (horaires atypiques, horaires d&#233;cal&#233;s t&#244;t le matin ou tard le soir, horaires non n&#233;gociables&#8230;). Cette &#233;tude confirme les observations r&#233;alis&#233;es au cours d'une autre &#233;tude&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BOUFFARTIGUE et PENDARIES, 1994.&#034; id=&#034;nh4-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui montrent, &#224; partir du cas des caissi&#232;res de grands magasins, que l'emploi &#224; temps partiel court s'adresse &#224; de jeunes femmes d&#233;butantes &#224; qui l'on demande avant tout une disponibilit&#233; temporelle permettant de travailler selon des horaires peu pr&#233;visibles, fractionn&#233;s ou atypiques. Autrement dit, les contraintes sur la vie priv&#233;e se feront plus fortes chez les couples qui connaissent des horaires atypiques contraints que sur les autres et au sein de ces couples elles seront les plus fortes pour les femmes qui sont plus que les hommes soumises aux horaires atypiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Les rapports au temps varient selon les sph&#232;res d'activit&#233; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La structuration des temps priv&#233;s n'est pas une simple cons&#233;quence de l'organisation des temps professionnels et les rythmes d'effectuation des pratiques de la vie priv&#233;e connaissent des sp&#233;cificit&#233;s non directement li&#233;es aux rythmes dict&#233;s par l'entreprise et &#224; la productivit&#233; dict&#233;e par le travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui peut appara&#238;tre comme une &#233;vidence m&#233;rite pourtant que l'on s'y (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En effet, si certaines activit&#233;s se rationalisent (achats group&#233;s, journ&#233;e continue&#8230;) ou font l'objet de gain de temps (traitements administratifs en ligne) ; d'autres font appelle &#224; d'autres types de rapports au temps (accompagnement et soins aux enfants, loisirs, relations amicales, relation(s) amoureuse(s)&#8230;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&#034; id=&#034;nh4-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certaines dimensions de la vie priv&#233;e sont inscrites sur des mod&#232;les non productivistes qui rel&#232;vent d'autres formes d'organisation de la vie. L'entretien d'un bon r&#233;seau de relations sociales, la participation &#224; la vie civique, la formation personnelle, l'&#233;levage et l'&#233;ducation des enfants, les relations amoureuses au sein du couple sont autant d'activit&#233;s o&#249; il faut prendre son temps. Pour ne prendre que l'exemple de l'&#233;levage et de l'&#233;ducation des enfants on notera que de multiples initiatives en mati&#232;re de politiques publiques montrent qu'un mouvement s'est amorc&#233; en ce sens. Le rapport Supiot&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SUPIOT (sous la direction de), 1999.&#034; id=&#034;nh4-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; explique qu'en Europe la liste des cong&#233;s sp&#233;ciaux (cong&#233; parental &#224; &#233;galit&#233; pour les hommes et pour les femmes et droit &#224; absence pour enfant malade ; pause carri&#232;re institu&#233;e par la loi du 22 janvier 1985 en Belgique ; projet de loi aux Pays Bas concernant la possibilit&#233; de rachat d'une partie des cong&#233;s annuel par les salari&#233;s, etc.) s'allonge tellement qu'elle d&#233;courage l'inventaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors la question de la relation entre vie professionnelle et vie priv&#233;e devient celle de la recherche des bons tempos o&#249; chaque activit&#233; s'effectue &#224; son propre rythme. Tout une part de la relation entre vie professionnelle et vie priv&#233;e se joue dans la r&#233;gulation de la part de la vitesse et de celle de la lenteur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Pour conclure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le grand r&#233;cit de l'hypermodernit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un auteur comme Fran&#231;ois Lyotard annon&#231;ait la fin des grands r&#233;cits de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou de la postmodernit&#233; pointe incontestablement de nouvelles tendances port&#233;es plus sp&#233;cifiquement par certaines cat&#233;gories sociales. La figure de l'homme hypermoderne s'y pr&#233;sente comme une fiction th&#233;orique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BARUS-MICHEL, 2004.&#034; id=&#034;nh4-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce qui n'est pas sans int&#233;r&#234;t si l'on en juge &#224; la capacit&#233; heuristique de l'utilisation des id&#233;aux types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais il serait prudent de ne pas confondre le substantif et la substance. Le terme d&#233;signe une tendance et il ne faudrait pas, par facilit&#233; intellectuelle, en conclure qu'il permet d'expliquer la diversit&#233; des comportements &#233;mergents dans notre soci&#233;t&#233;. On figerait alors l'analyse des diverses voies qu'inventent les individus pour r&#233;pondre aux injonctions &#224; la productivit&#233; dans toutes les sph&#232;res de l'existence. On en viendrait &#224; poser des affirmations h&#226;tives comme celle de la disparition des limites du public et du priv&#233; ou encore celle de l'imposition d'une m&#234;me logique d'intensification du temps dans l'une et l'autre sph&#232;re. On passerait trop vite du constat de nouvelles formes de d&#233;synchronisation &#224; l'id&#233;e que les individus vivent en &#171; a arythmie &#187; alors qu'apparaissent de nouvelles formes de synchronisation entre vie de travail et vie priv&#233;e. On en viendrait &#224; oublier que la confrontation plus fr&#233;quente des individus &#224; des situations d'urgence d&#233;bouche sur de nouvelles formes d'organisation du temps plus puissantes qu'auparavant et non sur un enfermement dans le pr&#233;sent imm&#233;diat. On passerait alors par pertes et profits l'analyse patiente des recompositions pratiques qui se jouent dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=159&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;ARIES P. (1973), &lt;i&gt;L'enfant et la vie familiale sous l'ancien r&#233;gime&lt;/i&gt;, Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
AUBERT N. (2004), &#171; Les m&#233;tamorphoses de l'individu &#187;, Nicole Aubert (dir), &lt;i&gt;L'individu hypermoderne&lt;/i&gt;, Er&#232;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BARRERE-MAURISSON M.-A. (2003), &lt;i&gt;Travail, famille : le nouveau contrat, &lt;/i&gt;Folio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BARUS-MICHEL J. (2004), &#171; L'hyper modernit&#233;, d&#233;passement ou perversion de la modernit&#233; ? &#187;, Aubert Nicole (dir.), &lt;i&gt;L'individu hypermoderne&lt;/i&gt;, Er&#232;s, collection sociologie clinique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BECK U. (2001), &lt;i&gt;La religion s&#233;culi&#232;re de l'amour. Le lien familial, &lt;/i&gt;n&#176; 2, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BIGOT R. (2003), &lt;i&gt;La diffusion des technologies de l'information dans la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise&lt;/i&gt;, CREDOC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOUFFARTIGUE P., PENDARIES J.-R. (1994), &#171; Formes particuli&#232;res d'emploi et gestion d'une main-d'oeuvre f&#233;minine peu qualifi&#233;e. Le cas des caissi&#232;res d'un hypermarch&#233; &#187;, &lt;i&gt;Sociologie du travail&lt;/i&gt;, n&#176; 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BOURDIN A. (2005), &lt;i&gt;La m&#233;tropole des individus, &lt;/i&gt;Editions de l'Aube, collection essai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Chronopost/Ipsos (2001), &lt;i&gt;Surf perso au bureau : les fran&#231;ais bons &#233;l&#232;ves europ&#233;ens&#8230; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
CLAISSE G. (2000), &#171; Identit&#233;s masculines et f&#233;minines au t&#233;l&#233;phone &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux, &lt;/i&gt;n&#176; 103.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DE CONINCK F. &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;, coordinateurs (2006), &lt;i&gt;Organisation et intensit&#233; du travail&lt;/i&gt;, OCTARES &#233;ditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DEGENNE A., LEBEAUX M.-O., MARRY C. (2002), &#171; Les usages du temps : cumul d'activit&#233;s et rythmes de vie &#187;, &lt;i&gt;Economie et Statistiques&lt;/i&gt;, n&#176; 352-353.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DOCHERTY P., FORSLIN J., SHANI A., dir. (2002), &lt;i&gt;Creating Sustainable Work Systems. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Emerging Perspectives and Practice, &lt;/i&gt;Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DONNAT O. (1998), &lt;i&gt;Les pratiques culturelles des Fran&#231;ais, enqu&#234;te 1997&lt;/i&gt;, La Documentation Fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DUBAR C. (1995), &lt;i&gt;La socialisation : construction des identit&#233;s sociales et professionnelles&lt;/i&gt;, Armand Colin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
EPSTEIN C. F. &lt;i&gt;et alii. &lt;/i&gt;(1998), &lt;i&gt;The Part-Time Paradox : Time Norms, Professional Life, Family, and Gender&lt;/i&gt;, New York, Routledge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
FERMANIAN J.-D., LAGARDE S. (1998), &#171; Les horaires de travail dans le couple &#187;, &lt;i&gt;Economie et Statistique, &lt;/i&gt;n&#176; 321-322.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
FLICHY P. (1991), &lt;i&gt;Une histoire de la communication moderne, espace public et vie priv&#233;e&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
FRICKEY A., BL&#214;SS T., GODARD F. (1990), &#171; Cohabiter, d&#233;cohabiter, recohabiter. Itin&#233;raires de deux g&#233;n&#233;rations de femmes &#187;, &lt;i&gt;Revue Fran&#231;aise de Sociologie, &lt;/i&gt;XXXI (4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
GUILLOT C. (2006), La programmation dans tous ses &#233;tats : rapport au temps et calendrier v&#233;cu. Les instruments de gestion temporelle dans l'articulation du priv&#233; et du professionnel, M&#233;moire de master, Master &#171; Cit&#233; et Mobilit&#233; &#187;, Universit&#233; de Marne-la-Vall&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
HADDON L., SILVERSTON R. (1996), &#171; Le t&#233;l&#233;travail et l'&#233;volution des relations entre le domicile et le travail &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux, &lt;/i&gt;n&#176; 79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La notion d'intensification du travail est accept&#233;e et a fait l'objet de nombreux travaux. Celle d'intensification de la vie priv&#233;e n'est pas utilis&#233;e et peut sembler surprenante. C'est pourtant cette notion et cette id&#233;e que nous souhaitons questionner.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FROMM, 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon une enqu&#234;te de l'Association Fran&#231;aise des Op&#233;rateurs Mobiles de 2003, le t&#233;l&#233;phone portable est devenu un des moyens de communication qui contribuent le plus &#224; la productivit&#233; des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Wireless Application Protocol.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;URRY, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BECK, 2001, annonce la disparition du mod&#232;le des soci&#233;t&#233;s industrielles fond&#233; sur des normes de comportements strictement d&#233;pendant des r&#244;les assign&#233;s aux individus li&#233;s &#224; la famille, aux m&#233;tiers, aux genres, au profit d'un mod&#232;le o&#249; chacun invente en permanence l'architecture de sa vie. L'amour moderne est selon lui le type m&#234;me des nouveaux comportements individuels d&#233;bouchant sur la multiplication des divorces et la mobilit&#233; matrimoniale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARUS-MICHEL, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MEDA, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. DE CONINCK &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;, coordinateurs, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. VENDRAMIN, 2002 ; VENDRAMIN et VALENDUC, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'auteur pr&#233;cise : &#171; Des pans entiers d'activit&#233;s font ainsi l'objet de mesure et de &#171; benchmarking &#187; (&#233;talonnage) : le temps n&#233;cessaire pour traiter un dossier dans une compagnie d'assurance, pour r&#233;pondre &#224; une demande en ligne, pour qu'un employ&#233; de banque re&#231;oive un client, pour qu'un laveur de vitres nettoie une surface d&#233;termin&#233;e de vitres, etc. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un d&#233;bat sur les nouvelles formes du taylorisme dans les centres d'appel voir : &#171; Les centres d'appel &#187;, &lt;i&gt;R&#233;seaux&lt;/i&gt;, vol. 20, n&#176; 114, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FRICKEY, BL&#214;SS et GODARD, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En Europe, la tendance est de favoriser la r&#233;duction du temps de travail sous une forme ou sous une autre mais elle conna&#238;t une grande vari&#233;t&#233; de situation. Ainsi les femmes britanniques et hollandaises travaillent moins que les autres femmes europ&#233;ennes, du fait du d&#233;veloppement du temps partiel. Les couples finlandais sont ceux qui travaillent le plus en Europe du fait de l'importance des heures de travail des femmes (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement devant les am&#233;ricaines). En France et en Finlande on n'observe que tr&#232;s peu de diff&#233;rence en termes d'heures de travail du couple entre couple avec enfants et couples sans enfants : ce sont les pays o&#249; les syst&#232;mes de prise en charge des enfants sont les plus d&#233;velopp&#233;s. C'est aux USA, au Canada et en Su&#232;de que la diff&#233;rence est la plus forte. Si l'on consid&#232;re les heures de travail des femmes selon qu'elles ont ou non des enfants, on observe le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne pour la France et la Finlande mais ce sont les femmes allemandes, britanniques et hollandaises qui voient (et m&#234;me nettement) leurs horaires le plus chuter, les femmes am&#233;ricaines se situant au milieu de l'&#233;chelle (plus proche des fran&#231;aises). Les USA se distinguent globalement de l'Europe du fait de l'augmentation globale du temps de travail et de l'envahissement de la sph&#232;re domestique par la sph&#232;re du travail : le &lt;i&gt;workaholism. &lt;/i&gt;Les couples am&#233;ricains pulv&#233;risent tous les records (68,2 % travaillent plus de 80 heures par semaine et 12 % plus de 100 heures. Cf. JACOBS et GERSON, 2001, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FERMANIAN et LAGARDE, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARRERE-MAURISSON, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SCHOR, 1992 et 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HOCHSCHILD, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HOCHSCHILD, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HAYS, BIEBLY et TUCHMAN, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;EPSTEIN &lt;i&gt;et alii&lt;/i&gt;, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'ensemble de cette question on peut consulter le remarquable document issu du d&#233;partement recherche et D&#233;veloppement de France T&#233;l&#233;com. Cf. Laurence Le Douarin avec la collaboration de Anca Boboc et Laurence Dhaleine. 2005. L'usage des TIC dans l'articulation du priv&#233; et du professionnel - Synergies, usages transverses, appropriations crois&#233;es, Rapport RP/FT/R&amp;D/8857.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, &lt;i&gt;ibidem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ARIES, &lt;i&gt;ibidem.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;WEBER, 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;European Commission, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le bureau-h&#244;tel d'Andersen Consulting dans Transit, p 131. En France en 1995 (cf. &#233;tude INRETS) moins de 40 % des actifs travaillent en un lieu fixe, uniquement du lundi au vendredi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BIGOT, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chronopost/Ipsos, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Websense/Taylor Nelson Sofres, 2001&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;www. insitut-chronopost.org, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En utilisant le terme de &#171; d&#233;terminations d'ordre sociologique &#187; j'ai bien conscience de heurter la sensibilit&#233; &#233;pist&#233;mologique de ceux qui semblent penser qu'elles se sont quasiment &#233;vanouit par enchantement hyper moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CLAISSE, 2000 ; SMOREDA, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FLICHY, 1991.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le m&#234;me auteur montre qu'en Californie (&#171; Le travail altern&#233; en Californie &#187; in Usages, 1999, CNET/DIH/UCE) au cours des ann&#233;es 1990 dans les entreprises &lt;i&gt;high tech &lt;/i&gt;les t&#233;l&#233;travailleurs travaillaient 1,9 jours par semaine &#224; domicile et b&#233;n&#233;ficiaient d'&#233;quipements pay&#233;s par les entreprises. Mais ces derniers &#233;taient des collaborateurs travaillant en moyenne depuis plus de 6,5 ans dans l'entreprise et ils connaissaient des modes de gestion de la r&#233;partition du travail entre le domicile et l'entreprise assez divers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour les salari&#233;s des multiples centres d'appel et autres organisations de back office c'est, comme on l'a vu, le contraire qui se produit avec le regroupement spatial sous forme de plateaux centralis&#233;s (en France ou &#224; l'autre bout du monde) de vastes collectifs de salari&#233;s travaillant sur des modes tr&#232;s tayloris&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;JAUREGUIBERRY, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MONJARET, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le contr&#244;le des enfants &#224; distance va peut &#234;tre conna&#238;tre des formes plus sophistiqu&#233;es comme le montre l'exemple japonais. Ainsi, depuis 2003, des entreprises de t&#233;l&#233;phonies japonaises offre la possibilit&#233; pour les parents japonais de conna&#238;tre &#224; tout moment la position g&#233;ographique de leurs enfants si celui porte sur lui le t&#233;l&#233;phone. Ce syst&#232;me permet d'alerter les parents quand l'enfant sort de la zone d&#233;termin&#233;e au pr&#233;alable. On a souvent soulign&#233; le fait qu'avec le t&#233;l&#233;phone portable le locuteur n'&#233;tait plus rattach&#233; &#224; un lieu pr&#233;cis. L&#224; encore on se gardera de conclusions h&#226;tives car ceci peut &#233;voluer avec la g&#233;n&#233;ralisation du rep&#233;rage de la position g&#233;ographique avec le GSM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce point est confirm&#233; par des auteurs anglo-saxons qui mettent &#233;vidence le r&#244;le des communications t&#233;l&#233;phoniques entre m&#232;res et enfants aux heures de retour de l'&#233;cole. Cf. RAWOW et NAVARRO, 1993.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. NIPPERTS-ENG, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Certains sociologues montrent que enfants et conjoint(e)s &#171; constituent le principal garde-fou contre le surtravail, (leur) r&#244;le consistant &#224; d&#233;finir la fronti&#232;re entre travail et hors travail &#187;. Cf. METZGER et CLEACH, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;HADDON et SILVERSTON, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GUILLOT, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Philippe Zarifian pointe ce fait que notre soci&#233;t&#233; est domin&#233;e par cette conception quantitative et lin&#233;aire du temps : le temps est une quantit&#233; que l'on mesure : c'est le temps spatialis&#233; : le temps fonctionnel qui sert &#224; assurer la logistique des comportements individuels. C'est le temps de l'individu strat&#233;gique qui calcule. Ce temps est d&#233;coup&#233; en instants strictement &#233;quivalent et ne dit rien de la valeur symbolique affect&#233;e &#224; chaque moment. Cf. ZARIFIAN, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Concession &#224; une th&#232;se hypermoderne : cela n'est pas toujours le cas en particulier lorsque le sup&#233;rieur hi&#233;rarchique s'adresse &#224; un inf&#233;rieur !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Enqu&#234;te &#171; Emploi du temps &#187;, 1999 de l'INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;PROUTEAU et WOLFF, 2002 ; Donnat, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOURDIN, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On enterre alors un peu trop rapidement les travaux d'un Claude Dubar (Cf. DUBAR, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SOUTHERTON et TOMLINSON, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LEFEBVRE et M&#201;DA, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DOCHERTY, FORSLIN et SHANI (dir), 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'autonomie individuelle et la libert&#233; d'organiser sa vie dans une soci&#233;t&#233; donn&#233;e d&#233;pendent fortement de l'am&#233;nagement des rapports entre travail et vie quotidienne selon les conjonctures de la vie. La Su&#232;de et le Danemark sont, de ce point de vue, les pays les plus avanc&#233;s en facilitant avec des compensations financi&#232;res les sorties temporaires d'emplois selon les moments de la vie (enfants, formation, les loisirs&#8230;). En fait, les possibilit&#233;s offertes sont tr&#232;s in&#233;galement r&#233;parties dans les divers pays de l'Union Europ&#233;enne. Les attitudes politiques face au travail &#224; temps partiel et les mesures l&#233;gislatives varient tr&#232;s fortement d'un pays et d'un secteur &#224; un autre (FAGAN, 1999) en fonction des possibilit&#233;s offertes par les l&#233;gislations nationales de proc&#233;der &#224; des ajustements permanents entre vie de travail et vie priv&#233;e. Les &#233;carts entre les pays sont principalement le fait des diff&#233;rences entre les politiques publiques. Ainsi, les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne n'ont pas de l&#233;gislation concernant les horaires maximums autoris&#233;s de travail (OCDE, 1998). Les USA sont en retrait en mati&#232;re de garde d'enfant : 5 % des enfants de moins de 3 ans b&#233;n&#233;ficient de garde en institutions publiques ou b&#233;n&#233;ficient d'un financement ; 54 % seulement des enfants de 3 &#224; 5 ans (inclus) b&#233;n&#233;ficient de programmes de garde et la plupart &#224; temps partiel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GODARD et SINGLY, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;AUBERT, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DEGENNE, LEBEAUX et MARRY, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GALTIER, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BOUFFARTIGUE et PENDARIES, 1994.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce qui peut appara&#238;tre comme une &#233;vidence m&#233;rite pourtant que l'on s'y arr&#234;te tant diverses th&#232;ses actuellement en cours semblent plus ou moins implicitement l'admettre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;MASSOT et ORFEUIL, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SUPIOT (sous la direction de), 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Un auteur comme Fran&#231;ois Lyotard annon&#231;ait la fin des grands r&#233;cits de la modernit&#233;. N'assiste-t-on pas &#224; la r&#233;surgence d'une autre forme de &#171; grand r&#233;cit &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BARUS-MICHEL, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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