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		<title>Rythmes sociaux et arythmie de la modernit&#233;
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		<dc:date>2013-05-12T14:06:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>Amparo Las&#233;n
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&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru en espagnol dans la revue Pol&#237;tica y Sociedad, 1997, n&#186; 25, p. 185-203. On trouvera une copie de sa version originale dans le fichier ci-joint. Nous remercions Amparo Las&#233;n de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. L'alternance rythmique est la mani&#232;re d'appara&#238;tre la plus &#233;l&#233;mentaire du temps. Le rythme constitue &#171; la premi&#232;re technique ou mani&#232;re de ma&#238;triser ou d'apprivoiser le temps &#187;, celui-ci &#233;tant continu et infini. En tant que variation d'intensit&#233;, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique24" rel="directory"&gt;Sociologie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le rythme, temps enracin&#233; et incorpor&#233;&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=172&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Le rythme, temps enracin&#233; et incorpor&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'arythmie dans les soci&#233;t&#233;s modernes&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=172&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;L'arythmie dans les soci&#233;t&#233;s modernes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1252 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/pdf/Amparo_Lasen_Ritmos_sociales_y_arritmia_de_la_modernidad.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 5 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772797221' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru en espagnol dans la revue&lt;/i&gt; Pol&#237;tica y Sociedad, &lt;i&gt;1997, n&#186; 25, p. 185-203. On trouvera une copie de sa version originale dans le fichier ci-joint. Nous remercions Amparo Las&#233;n de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'alternance rythmique est la mani&#232;re d'appara&#238;tre la plus &#233;l&#233;mentaire du temps. Le rythme constitue &#171; la premi&#232;re technique ou mani&#232;re de ma&#238;triser ou d'apprivoiser le temps &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Garc&#237;a Calvo, Contra el Tiempo, Zamora, Lucina, 1993, p. 134.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celui-ci &#233;tant continu et infini. En tant que variation d'intensit&#233;, alternance de temps accentu&#233;s et atones, activit&#233; et intervalle, le rythme implique une discontinuit&#233;, une variation ; mais sa p&#233;riodicit&#233; constitue la r&#233;p&#233;tition d'une s&#233;quence, d'un mouvement. Le rythme est ainsi une configuration de variation et r&#233;p&#233;tition. Le pr&#233;sent article commence par un essai d'approche syst&#233;matique de la notion de rythme &#8211; des rythmes biologiques jusqu'aux comportements rythmiques &#8211; avant de voir ce qu'il advient des rythmes dans la structuration temporelle des soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=172&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le rythme, temps enracin&#233; et incorpor&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La rythmicit&#233; est un ph&#233;nom&#232;ne universel qui relie les analyses biologiques &#224; celles des organisations humaines et des ph&#233;nom&#232;nes culturels. Dans cet article nous allons donner des exemples du fonctionnement des rythmes dans les diff&#233;rentes sph&#232;res, et de leurs interrelations, sans pour autant tomber dans une relation d&#233;terministe quelconque. Les traits structurels du rythme, les propri&#233;t&#233;s de la forme &#171; rythme &#187;, se correspondent dans les trois domaines. Ils interagissent et peuvent s'inspirer les uns des autres (cf. la cr&#233;ation rythmique musicale, notamment des percussions, qui prend comme mod&#232;le les battements du c&#339;ur). Pourtant il ne s'agit pas d'une d&#233;termination biologique des ph&#233;nom&#232;nes sociaux, ni d'une simple m&#233;taphore non plus. Le rythme s'enracine autant dans le milieu naturel que dans le milieu social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1. LES RYTHMES BIOLOGIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les bases du caract&#232;re rythmique de la nature se trouvent dans le mouvement de la terre et de la lune par rapport au soleil, dont la double capacit&#233;, donatrice d'&#233;nergie et de rythmicit&#233;, influence la nature cyclique de la vie. La lumi&#232;re et la chaleur du soleil donnent lieu &#224; la rythmicit&#233; jour/nuit et &#233;t&#233;/hiver, ainsi qu'aux rythmes m&#233;t&#233;orologiques des vents et des pr&#233;cipitations, ou ceux des mar&#233;es et des courants maritimes. L'activit&#233; rythmique est une propri&#233;t&#233; fondamentale de la mati&#232;re vivante et elle est la mani&#232;re dont la vie se manifeste. Tous les processus physiologiques de notre corps sont organis&#233;s et orchestr&#233;s temporellement, dans une multiplicit&#233; de cycles rythmiques qui relient l'organisme aux rythmes de l'univers, tels que la gravit&#233;, les champs &#233;lectromagn&#233;tiques, les ondes lumineuses, la pression de l'air, l'alternance du jour et de la nuit, celle des saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes endog&#232;nes sont ceux qui r&#233;sultent des processus se d&#233;roulant au sein de l'organisme, plut&#244;t que d'une variation dans l'environnement. Il s'agit d'une activit&#233; rythmique autonome, qui persiste quand l'organisme se trouve dans un milieu dont tous les facteurs sont constants. Ces derniers influencent, n&#233;anmoins, l'activit&#233; rythmique. Les variations du milieu peuvent r&#233;v&#233;ler, inhiber, modifier ou masquer un rythme, mais ils ne peuvent pas le cr&#233;er ou le d&#233;terminer. Ces rythmes, dits aussi horloges internes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mot &#171; horloge &#187; ne doit pas induire en erreur, les rythmes endog&#232;nes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permettent aux organismes de s'affranchir des variations de leur environnement, et d'anticiper l'arriv&#233;e des facteurs d&#233;favorables. Des rythmes endog&#232;nes facilitent la r&#233;ponse anticip&#233;e aux variations p&#233;riodiques de l'environnement, en assurant ainsi la relative constance du milieu int&#233;rieur. Gr&#226;ce &#224; eux les organismes peuvent bien r&#233;agir face aux ph&#233;nom&#232;nes non p&#233;riodiques, ne pas confondre l'&#233;t&#233; avec quelques jours exceptionnellement doux au milieu du mois d'octobre, par exemple. Ils d&#233;terminent le moment opportun le temps o&#249; les diff&#233;rentes activit&#233;s biologiques doivent se d&#233;clencher. Ces rythmes internes sont p&#233;riodiquement r&#233;ajust&#233;s aux conditions de l'environnement, sans en &#234;tre constamment d&#233;pendants. Le calendrier des &#234;tres vivants r&#233;sulte donc de la conjonction d'un programme interne avec la r&#233;ponse &#224; des signaux saisonniers, dans un cycle de sensibilit&#233; et d'insensibilit&#233; aux facteurs de l'environnement, qui participe aussi &#224; la gen&#232;se d'un cycle annuel fait de diff&#233;rentes &#233;tapes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les facteurs de l'environnement, notamment les variations saisonni&#232;res de la lumi&#232;re et de la temp&#233;rature, jouent un r&#244;le de synchroniseurs de l'organisme avec son milieu et avec les autres membres de son esp&#232;ce. Ainsi, la floraison se produira au moment o&#249; vont co&#239;ncider les conditions quotidiennes d'&#233;clairage et le rythme interne de sensibilit&#233; &#224; la lumi&#232;re de la plante. Le cycle activit&#233;\sommeil des mammif&#232;res d&#233;pend d'une horloge interne dont la p&#233;riodicit&#233; spontan&#233;e est synchronis&#233;e sur celle d'un rythme ext&#233;rieur de r&#233;f&#233;rence, un &lt;i&gt;Zeitgeber&lt;/i&gt;, selon l'expression adopt&#233;e par le biologiste J&#252;rgen Aschoff &#224; la fin des ann&#233;es 1960. On appelle synchroniseur ou &lt;i&gt;Zeitgeber&lt;/i&gt;, tout facteur dont les variations p&#233;riodiques sont susceptibles de modifier la p&#233;riode et/ou la phase d'un rythme biologique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Reinberg, Les rythmes biologiques, Paris, PUF, 1993, 6e &#233;d., p. 20.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, par exemple l'alternance de la lumi&#232;re et de l'obscurit&#233;. Leur importance et puissance varient selon l'esp&#232;ce et les circonstances. Cette capacit&#233; de resynchronisation des rythmes biologiques est la plus fondamentale. Leur cycle est entra&#238;n&#233; par celui du donneur de temps gr&#226;ce &#224; des signaux r&#233;guliers, comme la floraison et la fructification sont entra&#238;n&#233;es par le cycle des saisons. Cela d&#233;pend de l'intensit&#233; du stimulus et du moment de son application&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Winfree, Les horloges de la vie. Les math&#233;matiques du rythme, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes circadiens, dont la p&#233;riode est proche d'un jour, r&#232;glent notre temp&#233;rature, la pression sanguine, le pouls, la respiration, la production d' hormones, le fonctionnement des organes et la division cellulaire, entre autres. Ils sont l'exemple de la mani&#232;re o&#249; la lumi&#232;re et l'obscurit&#233; nous synchronisent avec notre environnement. Cette symphonie corporelle se joue en accord avec tous les autres rythmes de l'environnement, simultan&#233;ment et continuellement, dans la cr&#233;ation d'un pr&#233;sent commun. Le rythme n'est pas la r&#233;p&#233;tition du m&#234;me : les cycles circadiens, ainsi que les rythmes lunaires et saisonniers, peuvent varier, suivant les changements de contexte, des donneurs de temps. Les param&#232;tres qui caract&#233;risent un rythme circadien varient au cours de l'ann&#233;e et, r&#233;ciproquement, les variations circadiennes influencent les rythmes circannuels. D'autre part, les diff&#233;rents rythmes circadiens de l'organisme, en rapport avec la temp&#233;rature, l'activit&#233; et le sommeil, les s&#233;cr&#233;tions hormonales, etc., sont &#224; la fois hi&#233;rarchis&#233;s et interd&#233;pendants. Il n'existe pas d'horloge centrale dans l'organisme, commandant tous les rythmes, mais une pluralit&#233; d'oscillateurs &#224; diff&#233;rents niveaux : cellules, tissus, organes et l'organisme dans son ensemble. Ils se font les relais des synchroniseurs hi&#233;rarchis&#233;s et interconnect&#233;s et r&#233;pondent &#224; leurs signaux par l'interpr&#233;tation de l'information re&#231;ue et par l'&#233;mission de signaux &#224; leur tour. Cette rythmicit&#233; circadienne permet aux cellules de surmonter l'impossibilit&#233; de tout faire en m&#234;me temps. La succession programm&#233;e des op&#233;rations dans une &#233;chelle de 24 heures rend compatibles les activit&#233;s enzymatiques et possible l'&#233;conomie d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes biologiques surgissent &#224; partir des rythmes physiques, qui, chez l'homme, s'ins&#232;rent dans une sph&#232;re sociale complexe. Les synchroniseurs sont surtout socio-&#233;cologiques, dont le plus important est l'alternance du repos, li&#233; &#224; l'obscurit&#233; et au silence, et de l'activit&#233;, dans la lumi&#232;re et le bruit, en relation avec les contraintes horaires de la vie sociale. La premi&#232;re semaine de vie, les nourrissons ne pr&#233;sentent pas vraiment une p&#233;riodicit&#233; circadienne, mais une rythmicit&#233; ultradienne d'une p&#233;riode d'environ 90 minutes. Les rythmes circadiens vont se manifester, en d&#233;sordre, sous l'influence de donneurs de temps journaliers et sociaux, dont le plus important sera l'alternance de la pr&#233;sence et de l'absence de la m&#232;re. L'apparition des rythmes circadiens se fera, tout au long de l'enfance, dans une &#233;volution fluctuante, non lin&#233;aire, dans une progression qui suit la maturation des organes sensoriels. Ainsi, dans la petite enfance, on &#233;volue progressivement vers un cycle d'environ 24 heures. Celui-ci sera atteint pour la premi&#232;re fois aux alentours des 20 semaines de vie et les rythmes biologiques de l'enfant oscilleront autour de ce cycle jusqu'&#224; leur adoption d&#233;finitive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Racle, La science des rythmes et la vie quotidienne, Paris, Retz, 1986, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes chimiques et hormonaux constituent aussi le mode optimal de communication intercellulaire. Un grand nombre d'hormones ont un effet physiologique maximal quand elles sont s&#233;cr&#233;t&#233;es de mani&#232;re p&#233;riodique, plut&#244;t que constante, parce que les cellules-cibles se d&#233;sensibilisent progressivement sous l'effet d'une stimulation continue. Chaque hormone serait caract&#233;ris&#233;e par une fr&#233;quence optimale de s&#233;cr&#233;tion d&#233;termin&#233;e par les constantes de d&#233;sensibilisation et de sensibilisation du r&#233;cepteur situ&#233; sur les cellules-cibles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Goldbeter, Rythmes et chaos dans les syst&#232;mes biochimiques et cellulaire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, par exemple la nature rythmique des communications entre les cellules de l'hypothalamus et de l'hypophyse permet la s&#233;cr&#233;tion d'hormones dont d&#233;pend la reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes endog&#232;nes repr&#233;sentent un ph&#233;nom&#232;ne d'auto-organisation dans le temps ; &#224; partir de toute condition initiale, le syst&#232;me atteindra le m&#234;me r&#233;gime d'oscillations entretenues, qui constitue une v&#233;ritable structure temporelle. Ceci s'apparente &#224; des structures dissipatives temporelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Goldbeter, &#171; Temps et rythmes biologiques &#187;, Revue de l'Universit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, maintenues en raison de la dissipation d'&#233;nergie permise par les &#233;changes du syst&#232;me ouvert avec son environnement. Les organismes vivants doivent dissiper beaucoup d'&#233;nergie pour se maintenir dans un &#233;tat de non-&#233;quilibre, en tant que syst&#232;mes complexes ils doivent garder un certain niveau d'ind&#233;termination pour pouvoir faire face aux changements de l'environnement. La rythmicit&#233; permet d'&#233;conomiser de l'&#233;nergie gr&#226;ce &#224; la succession des p&#233;riodes fortes et faibles, d'activit&#233; et de repos. Les rythmes sont des r&#233;gulateurs des &#234;tres vivants face &#224; des perturbations, des &#171; bruits &#187;, de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes biologiques sont un exemple de la relation d'autonomie et de d&#233;pendance relative, &#171; l'autonomie d&#233;pendante &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Morin, La m&#233;thode. La Nature de la Nature,Paris, Seuil, 1977, p. 203.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, des &#234;tres vivants, des syst&#232;mes auto-organisateurs, &#224; l'&#233;gard de leur environnement, gr&#226;ce &#224; l'alternance de sensibilit&#233; et insensibilit&#233; aux conditions environnantes. La p&#233;riodicit&#233; facilite un certain degr&#233; de pr&#233;vision et permet de reconna&#238;tre le moment opportun, le &lt;i&gt;kairos&lt;/i&gt;, pour les diff&#233;rents comportements. Les structures rythmiques favorisent l'int&#233;gration des fluctuations, du bruit, de l'al&#233;atoire. On retiendra aussi que gr&#226;ce &#224; l'alternance rythmique le fonctionnement du syst&#232;me est plus efficace, plus &#171; &#233;conomique &#187;. C'est une r&#233;ponse &#224; l'impossibilit&#233; de tout faire en m&#234;me temps. Cette efficacit&#233; ne se r&#233;duit pas &#224; la d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique, mais aussi &#224; la communication, plus efficace si discontinue, et pas seulement entre les cellules. La synchronisation sociale rythmique pr&#233;sente cette m&#234;me efficacit&#233;, doubl&#233; d'une efficace &#233;motionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2. RYTHMES SOCIAUX ET &#171; RELIANCE &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n&#233;ologisme a &#233;t&#233; forg&#233; par les sociologues Marcel Bolle de Bal et Michel (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes sociaux, comme les rythmes biologiques, contribuent &#224; la cr&#233;ation d'un pr&#233;sent commun gr&#226;ce &#224; la synchronisation des individus et des groupes. Il faudrait, en effet, dire des pr&#233;sents communs propres aux groupes qui partagent une rythmique particuli&#232;re &#224; un moment donn&#233;. Il y a des &lt;i&gt;Zeitgeber&lt;/i&gt;, des donneurs de temps, sociaux et &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme est aussi une cr&#233;ation humaine. L'ex&#233;cution et la reconnaissance donnent le rythme dans les arts rythmiques. Dans la danse ou la po&#233;sie, une phrase ou un geste n'acqui&#232;rent de rythme que quand ils sont prononc&#233;s et ex&#233;cut&#233;s. Des agents ext&#233;rieurs pourvoient un rythme &#224; l'arrangement des parties. Celui-ci est une forme que l'on accorde aux vers ou aux m&#233;lodies, et &#224; l'instar des formes il n'existe pas par lui-m&#234;me. Il doit &#234;tre reconnaissable, reproductible et identifiable par l'auditeur ou l'observateur. Une multiplicit&#233; de rythmes s'offre au choix, mais seulement un nombre limit&#233; de combinaisons est en accord avec la nature du rythme. Cette derni&#232;re est d&#233;finie par l'auteur en fonction de la reconnaissance humaine, c'est-&#224;-dire qu'il est conforme &#224; la nature du rythme, et donc rationnel, tout arrangement rythmique per&#231;u par les hommes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristoxenus Tarentinus, Elementa Rhythmica, &#233;dition de Lionel Pearson, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le groupement rythmique est une caract&#233;ristique fondamentale de notre perception. Il s'agit d'une &lt;i&gt;Gestalt&lt;/i&gt;, une structure pr&#233;gnante, un tout relationnel, non seulement une combinaison d'&#233;l&#233;ments, de sons, de mouvements ou autre, mais quelque chose de nouveau, un type sp&#233;cial d'agencement. C'est-&#224;-dire, les rythmes constituent certains types d'ordres d&#233;tect&#233;s dans les ph&#233;nom&#232;nes de perception et de m&#233;moire qui expliqueraient &#171; pourquoi nous reconnaissons un rythme plus facilement qu'une dur&#233;e absolue &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Smith (&#233;d.), Foundations of Gestalt Theory, M&#252;nchen, Philosophia Verlag, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi pourquoi nous imposons une structure rythmique l&#224; o&#249; il n'y en a pas. Ainsi, celui qui &#233;coute des sons r&#233;p&#233;t&#233;s et &#233;gaux, comme le tic-tac de l'horloge, leur accorde, inconsciemment, une configuration rythmique. Le rythme est produit dans l'audition m&#234;me, la perception d'ensemble &lt;i&gt;(Gestalt)&lt;/i&gt; restitue les &#233;l&#233;ments manquants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le texte d'Aristoxene a le double int&#233;r&#234;t de signaler l'analogie entre rythme et forme et le caract&#232;re humain de la cr&#233;ation des rythmes, cr&#233;ation collective de l'interpr&#232;te et du public. Werner Jaeger nous rappelle que ce sens du rythme d&#233;passe celui de son &#233;tymologie, &lt;i&gt;rheo&lt;/i&gt;, couler. Ce n'est pas un flux, mais une attache et une forme. Il impose des lois au mouvement et enserre le flux des choses. Dans le m&#234;me sens, Benveniste dit du rythme qu'il est la forme d&#232;s l'instant qu'elle est assum&#233;e par ce qui est mouvant, mobile, fluide. Il est la forme de ce qui n'a pas de forme organique, en somme une configuration sans fixit&#233;. C'est une autre fa&#231;on de dire l'enracinement dynamique, mouvement et permanence, ce qui &#224; la fois fait limite et permet &#224; la vie d'&#234;tre ce qu'elle est&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Maffesoli, La transfiguration du politique, Paris, Grasset &amp; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; la vie sociale, mais aussi &#224; la vie en g&#233;n&#233;ral. La structure des rythmes biologiques participe de cette double nature dynamique et statique, en tant qu'un &#233;l&#233;ment de l'ordre par fluctuations, d'oscillations autour d'un &#233;tat d'&#233;quilibre, dans un ordre qui est un processus continu de d&#233;sorganisation et de r&#233;organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La th&#233;orie de la r&#233;sonance morphique du biologiste Rupert Sheldrake peut nous &#234;tre utile pour comprendre la transmission et la synchronisation rythmiques. Il s'agit d'une hypoth&#232;se pour rendre compte de l'&#233;laboration de formes des embryons et des autres syst&#232;mes en d&#233;veloppement, ainsi que de la r&#233;p&#233;tition des formes et des mod&#232;les d'organisation. La r&#233;p&#233;tition des formes biologiques et chimiques serait due &#224; l'influence causale des formes similaires ant&#233;rieures. La r&#233;sonance morphique est un principe de s&#233;lectivit&#233; qui se d&#233;roule entre deux syst&#232;mes vibratoires qui ont leur propre rythme interne et elle concerne leur forme et leur organisation. Le syst&#232;me suit une &lt;i&gt;chr&#233;ode&lt;/i&gt;, une voie particuli&#232;re de d&#233;veloppement, qui va du germe morphog&#233;n&#233;tique &#224; la forme finale en passant par des stades interm&#233;diaires qui entrent tous en r&#233;sonance entre eux. Autour de la partie du syst&#232;me appel&#233;e germe g&#233;n&#233;tique se constitue un champ morphog&#233;n&#233;tique, &#224; l'image des champs magn&#233;tiques, une forme virtuelle correspondant &#224; l'&#233;tat potentiel du syst&#232;me en d&#233;veloppement. La r&#233;sonance morphique intervient dans les champs morphog&#233;n&#233;tiques et elle a une influence cumulative. Plus on emprunt une &lt;i&gt;chr&#233;ode &lt;/i&gt; plus elle est renforc&#233;e et la forme en question devient plus probable et plus stable. Ces mod&#232;les doivent &#234;tre appris et leur apprentissage est plus facile lorsque des individus s'accordent &#224; des &lt;i&gt;chr&#233;odes &lt;/i&gt; sp&#233;cifiques, lorsque les rythmes des individus ou des groupes entrent en r&#233;sonance dans un rythme commun. Cette r&#233;sonance est une mani&#232;re de dire l'enracinement dans des groupes et des milieux multiples, une &#171; participation r&#233;elle, active et naturelle &#224; l'existence d'une collectivit&#233; qui conserve vivants certains tr&#233;sors du pass&#233; et certains pressentiments d'avenir. Participation naturelle, c'est-&#224;-dire amen&#233;e automatiquement par le lieu, la naissance, la profession, l'entourage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Weil, L'enracinement, Paris, Gallimard, 1949, p. 61.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#8211; ainsi que les &#233;changes, la &#171; stimulation &#187;, entre des milieux diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme favorise des relations sociales de type communautaire. L'emphase est mise sur la sym&#233;trie des rapports, la similitude, sur le sentiment d'&#234;tre ensemble. La synchronisation se fait par des reprises d'actes, des r&#233;p&#233;titions. &#171; Les consciences individuelles vibrent &#224; l'unisson &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Durkheim, De la division du travail social, Paris, PUF, 1986, (1re &#233;d. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, sans interm&#233;diaires. Nous reprenons cette d&#233;finition en &#233;largissant la notion de sym&#233;trie. La sym&#233;trie est un refoulement r&#233;ciproque, une solidarit&#233; d'antagonisme et de contradiction o&#249; l'antith&#232;se ne peut &#234;tre transcend&#233;e, ou les deux termes de l'opposition s'actualisent et se virtualisent en m&#234;me temps et avec une &#233;gale &#233;nergie sym&#233;trique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. Lupasco, Logique et Contradiction, Paris, PUF, 1947, p. 226.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi l'enracinement rythmique est propre &#224; la &lt;i&gt;reliance&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une vision plus approfondie de la notion de reliance voir M. Bolle De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette derni&#232;re n'a pas le caract&#232;re de mise en ordre et de programme de la notion de synchronisation. Il s'agit d'un ordonnancement ac&#233;phale, acentr&#233;, plut&#244;t que d'un ordre. C'est un ajustement perp&#233;tuel des comportements, mais aussi des id&#233;es et des attitudes, sur une base affectuelle, un agencement organique des diff&#233;rentes parties. La &lt;i&gt;reliance&lt;/i&gt; concerne la mise en relation des hommes entre eux et avec le monde, dans la participation &#224; une m&#234;me ambiance, suivant un rythme d'attraction-r&#233;pulsion, de d&#233;perdition dans la foule et de solitude, dans la dialectique je-nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous pouvons trouver des exemples de &lt;i&gt;reliance &lt;/i&gt; rythmique dans ce que Alfred Sch&#252;tz appelle relations de &#171; mutual tuning-in &#187; : danser ensemble, marcher ensemble, faire de la musique ou faire l'amour. Ce type de relation permet d'exp&#233;rimenter le &#171; toi &#187; et le &#171; moi &#187; comme un &#171; nous &#187; dans le pr&#233;sent v&#233;cu. Cette exp&#233;rience du nous est la base de toute communication possible. La relation de face &#224; face et l'espace commun unifient les flux du temps interne, notion apparent&#233;e pour l'auteur &#224; celle de courant de conscience, et garantissent leur synchronisation dans un pr&#233;sent v&#233;cu. Cette synchronisation constitue la communaut&#233; de temps, qui, avec la communaut&#233; d'espace, caract&#233;rise la relation du &#171; nous &#187;. E.T. Hall exprime la m&#234;me id&#233;e dans la danse de l'interaction. Les gestes humains fonctionnent comme des &#171; synchroniseurs corporels &#187; et les personnes en relation r&#233;ciproque bougent et parlent suivant une &#171; partition ouverte &#187;, car les &#171; &#234;tres humains sont unis les uns aux autres par une succession de rythmes sp&#233;cifiques &#224; une culture, et qui s'expriment &#224; travers la langue et les mouvements corporels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. T. Hall, Au-del&#224; de la culture, Paris, Seuil, 1979, p. 75.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, de m&#234;me que la musique et les mouvements du corps, la parole peut elle aussi servir de donneur de temps dans les relations r&#233;ciproques. Les comportements rythmiques des groupes et des masses, ainsi que la transmission de savoirs, techniques et r&#233;cits par des proc&#233;d&#233;s rythmiques sont les exemples de reliance rythmique, de communication et communion collective par le rythme que nous traiterons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.1. Les masses rythmiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans les comportements rythmiques la r&#233;currence des groupements rythmiques, musicaux ou autres, est li&#233;e &#224; des manifestations motrices. Le mouvement est source de satisfaction et l'excitation se voit augment&#233;e par l'harmonie entre la perception rythmique et l'activit&#233; motrice. Jean-Marie Guyau exprime bien cette impression de bien &#234;tre : &#171; Les mouvements &#233;voquent en nous des id&#233;es d'infini, de d&#233;sir sans mesure, de vie surabondante et folle, un d&#233;dain de l'individualit&#233;, un besoin de se sentir aller sans se retenir, de se perdre dans le tout &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.-M. Guyau, Les probl&#232;mes de l'esth&#233;tique contemporaine, Paris, F&#233;lix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'excitation et l'efficace affective se voient augment&#233;es quand l'on fait de l'exp&#233;rience rythmique une exp&#233;rience sociale, comme dans le cas des masses rythmiques d&#233;crites par Canetti. Dans ces masses, qui dansent ou marchent, ce ne sont pas seulement les participants qui sont &#233;gaux et &#233;quivalents, mais aussi les membres du corps qui effectuent le m&#234;me geste comme s'il s'agissait d'un corps unique. Les participants forment un &#171; corps commun &#187; en connexion fusionnelle imm&#233;diate avec le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces foules manifestant le d&#233;sir propre aux masses d'&#234;tre plus nombreux, d'&#234;tre &#171; davantage maintenant m&#234;me &#187;. La marche et la danse avec le bruit des pieds qui les accompagnent, donnent l'illusion d'&#234;tre plus nombreux. De m&#234;me qu'elles exercent par le rythme une force d'attraction sur ceux qui sont proches, le nombre semble avoir le pouvoir de saisir et d'incorporer. Il prolonge le sens du toucher et la prise de la main&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. McLuhan, Pour comprendre les m&#233;dia, Paris, Seuil, 1968, p. 142.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la r&#233;sonance &#233;tant renforc&#233;e par le nombre de participants qui r&#233;p&#232;tent les m&#234;mes gestes. La langue latine saisit la correspondance entre rythme et nombre qui sont d&#233;sign&#233;s par le m&#234;me terme &lt;i&gt;&#171; numerus &#187;&lt;/i&gt;. Le nombre est un qualificatif de la quantit&#233;, il correspond &#224; l'&#233;tablissement d'une discontinuit&#233; qui diff&#233;rencie des &#233;l&#233;ments ou des ensembles, qui sont aussi consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant homog&#232;nes. De m&#234;me, le rythme introduit des divisions dans la continuit&#233; de la dur&#233;e, gr&#226;ce &#224; un sch&#233;ma d'alternance de moments diff&#233;rents et d'intervalles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La coh&#233;sion dans ces masses repose sur la contagion affective. Cette participation affective n'est pas morale. On ne tient pas compte de la valeur et de la qualit&#233; des sentiments des autres. La forme l'emporte sur le contenu. La contagion affective des masses est bas&#233;e dans l'imitation des mouvements et des expressions. Cette imitation suscite des sentiments, des tendances et des impressions semblables, qui ne sont pas le fruit d'une &#171; compr&#233;hension &#187; r&#233;ciproque, mais, dirions nous, d'une r&#233;sonance entre les membres de la foule. Cela rel&#232;ve de l'empathie. La foule est un donneur de temps qui synchronise tous ses membres. Elle est agie par le rythme, puisque saisir le rythme ce n'est autre qu'&#234;tre saisi par lui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Lefebvre, &#201;l&#233;ments de rythmanalyse. Paris, Syllepse, 1992, p. 42.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette contagion, cette r&#233;sonance, est r&#233;ciproque et cumulative, dans un mouvement cyclique &#171; une exag&#233;ration des sentiments qui s'amplifient &#224; la mani&#232;re d'une avalanche &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Scheler, Nature et formes de la sympathie, Paris, Payot, 1971, p. 27.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; l'int&#233;rieur de chacun le rythme &#171; d&#233;fonce la conscience ordinaire &#187;, donnant lieu &#224; la &#171; conscience marginale &#187; ou &#233;tat de conscience &#233;clat&#233;e, &#224; l'&#339;uvre dans des rituels et dans les &#233;tats de transe. Cet &#233;tat de conscience est en discontinuit&#233; avec la conscience ordinaire, comme les rythmes du rituel sont en discontinuit&#233;, en rupture, avec l'&#233;quilibre rythmique de la routine quotidienne, souvent m&#234;me avec les rythmes physiologiques pour les rituels qui imposent le je&#251;ne ou la r&#233;sistance au sommeil, par exemple. La possession, la transe, passent par la recherche de la m&#233;lodie et du rythme justes. Cette eurythmie transforme le corps du sujet en transe en un corps rythmique et m&#233;lodique, de l&#224; l'effet th&#233;rapeutique du rituel. Pour y arriver et briser les rythmes ou l'arythmie quotidiens, le rituel se sert d'&#233;clateurs rythmiques, de &#171; rythmes obs&#233;dants, r&#233;p&#233;titifs, monotones en apparence, mais tr&#232;s complexes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Lapassade, Essai sur la transe, Paris, Jean-Pierre Delarge, 1976, p. 135-137.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui sont souvent jou&#233;s par des instruments de percussion, notamment des tambours. Re&#231;us d'abord comme un fait ext&#233;rieur dans le rituel de transe, la s&#233;paration finit par s'estomper, la &#171; t&#234;te &#233;clate &#187; et l'on sent que les rythmes viennent de l'int&#233;rieur de nous-m&#234;mes, on est rentr&#233; en r&#233;sonance avec eux. C'est ainsi que le rythme d&#233;fonce la conscience ordinaire, en &#233;clatant ses d&#233;fenses. Les participants au rituels sont d'abord sous l'influence des formes m&#233;lodico-rythmiques tendant &#224; acc&#233;l&#233;rer les rythmes vitaux. Une fois que ce rythme a &#233;t&#233; assimil&#233; dans une forme dans&#233;e et devenu un automatisme, il s'op&#232;re un passage soudain &#224; d'autres formes rythmiques. Le choc produit par le changement rythmique et l'entra&#238;nement imm&#233;diat vers une forme diff&#233;rente provoque une rupture dans la volont&#233; consciente et l'entr&#233;e dans un &#233;tat de transe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La transe induit la sortie du &#171; soi &#187;, &#171; la rythmique et la danse aident le corps et l'esprit &#224; se d&#233;pouiller intellectuellement du &#8220;soi&#8221; impos&#233; , mais ne sugg&#232;rent point d'autre r&#244;le &#224; jouer [...] le geste r&#233;gulier, activ&#233; par le tambour, aide &#224; d&#233;tacher nos muscles des stimuli nerveux g&#233;n&#233;ralement attach&#233;s &#224; l' accomplissement de mouvements d&#233;finis par les mod&#232;les d'action appris ou transmis et qui font partie du syst&#232;me que monte en nous le pouvoir ou simplement le m&#233;canisme de reproduction d'une soci&#233;t&#233;. Cet ensemble de mouvements, li&#233;s &#224; des actes d&#233;finis, se dissout dans la transe d&#232;s l'instant que le rythme, les drogues ou l'encens rendent au corps sa disponibilit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Duvignaud, Le Don du rien, Paris, Stock, 1977, p. 35 et 37.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Les rites de transe et de possession sont des rites de passage. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; s&#233;par&#233; de la r&#233;alit&#233; mat&#233;rielle et sociale, le sujet entre dans une autre conscience, dans un nouvel &#233;quilibre. La transe fait &#171; allusion &#224; une animalit&#233; se d&#233;faisant, une humanit&#233; qui n'est pas encore &#233;tablie : un &#233;tat de passage &#224; l'or&#233;e de la &#8220;culture&#8221; qui ne s'est pas encore s&#233;par&#233;e de la &#8220;nature&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Lapassade, Essai sur la transe, op. cit., p. 211.&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De l&#224; cette accentuation des rythmes qui enracinent les participants &#224; leur environnement naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans cette &#171; mani&#232;re d'&#234;tre du corps &#187;, qui est la transe, l'&#233;rotisme est au centre, comme le corps commun de la masse rythmique renvoie au corps commun de l'orgie. L'orgasme, sorte de transe &#233;rotique, comporte l'&#233;clatement du corps, les convulsions de la chair, la &#171; bestialit&#233; &#187; et la perte de conscience, l'entr&#233;e dans un &#171; &#233;tat second &#187;. Toute transe est en un certain sens une transe sexuelle, comme tous les gestes rythmiques trouvent dans la sexualit&#233; un mod&#232;le naturel accompli. Gilbert Durand parle d'un &#171; gigantesque complexe mythique &#187; engendr&#233; par le geste sexuel rythm&#233;, isomorphe du feu, de la chaleur obtenue par frottement rythmique, obsession du rythme sublim&#233;e dans la musique. Ainsi, &#171; toutes les r&#234;veries cycliques relatives &#224; la cosmologie, aux saisons, &#224; la production xylique du feu, au syst&#232;me musical et rythmique, ne sont que des &#233;piphanies de la rythmique sexuelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Durand, Les structures anthropologiques de l'imaginaire, Paris, Dunod, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'hypnose est une autre forme d'expression de la volont&#233; de puissance &#233;rotique. Le rituel est un dispositif hypnotiseur o&#249; la c&#233;r&#233;monie a lieu de r&#233;miniscence hypnotique ; le moment o&#249; l'on fait ce qui a &#233;t&#233; command&#233; par l'hypnotiseur. Ce dernier est repr&#233;sent&#233; autant par le ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, s'il y en a, comme le groupe d'adeptes, le public, le rythme, la danse, les chants, le sujet m&#234;me qui s'auto-hypnotise et l'ensemble du rituel, tous compris dans la m&#234;me onde, dans la m&#234;me vibration. Les participants se laissent poss&#233;der, s'abandonnent au groupe qui les prot&#232;ge. Dans un &#233;tat de suggestibilit&#233; extr&#234;me, ils r&#233;pondent automatiquement aux attentes du groupe. Les foules manifestent un pareil &#233;tat de suggestibilit&#233; et de contagion mentale qui les pousse &#224; transformer imm&#233;diatement en acte les id&#233;es sugg&#233;r&#233;es, m&#234;me en dehors des c&#233;r&#233;monies rituelles. Ce qui nous laisse penser qu'il y a quelque chose d'une c&#233;r&#233;monie rituelle dans toute action et dans tout comportement de foule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains &#233;v&#233;nements survenus pendant l'&#233;tat d'hypnose resurgissent de fa&#231;on isol&#233;e. Ils forment ce que les psychanalystes appellent des groupes d'association s&#233;par&#233;s, en alt&#233;rit&#233; par rapport aux motivations du sujet. Ils supposent un clivage au sein de la vie psychique. Cet &#233;tat &#171; doit correspondre &#224; un certain vide de la conscience dans lequel une repr&#233;sentation qui &#233;merge ne rencontre aucune r&#233;sistance de la part d'autres repr&#233;sentations, &#233;tat dans lequel, pour ainsi dire, le champ est libre pour la premi&#232;re venue &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;finition de J. P. Moebius, in &#220;ber Astasie-Abasie, 1894, cit&#233;e par J. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, voici l'&#233;tat favorable &#224; la suggestion, &#224; la &#171; possession &#187;, que les rythmes contribuent &#224; cr&#233;er. La r&#234;verie et l'affect sont les conditions de surgissement de tels &#233;tats. L'hypnose est d&#233;clench&#233;e lorsque &#171; l'&#233;motion p&#233;n&#232;tre dans la r&#234;verie &#187; dans des situations qui favorisent une telle conjonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce d&#233;doublement de conscience est v&#233;cu aussi dans le r&#234;ve et dans l'art : &#171; L'objet de l'art est d'endormir les puissances actives ou plut&#244;t r&#233;sistantes de notre personnalit&#233;, et de nous amener ainsi &#224; un &#233;tat de docilit&#233; parfaite o&#249; nous r&#233;alisons l'id&#233;e qu'on nous sugg&#232;re, o&#249; nous sympathisons avec le sentiment exprim&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Bergson, Essai sur les donn&#233;es imm&#233;diates de la conscience, Paris, PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Cela s'obtient par le rythme qui &#171; endort et berce l'&#226;me &#187; : &#171; Notre facult&#233; de percevoir oscille du m&#234;me au m&#234;me, et se d&#233;shabitue de ces changements incessants qui, dans la vie journali&#232;re, nous ram&#232;nent sans cesse &#224; la conscience de notre personnalit&#233; &#187;. Il s'agit du sentiment esth&#233;tique, qui n'est pas exclusif &#224; l'art, puisque &#171; tout sentiment &#233;prouv&#233; par nous rev&#234;tira un caract&#232;re esth&#233;tique, pourvu qu'il y ait &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233; et non pas caus&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Bergson, Essai sur les donn&#233;es imm&#233;diates de la conscience, op. cit., p. 12.&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La notion de &lt;i&gt;Verfremdung &lt;/i&gt; employ&#233;e par Brecht, d&#233;crit bien ce stade de d&#233;doublement de l'acteur, qui entretient une distanciation avec son personnage, une relation d'&#233;tranget&#233;. Il doit montrer le personnage au public, &#234;tre en m&#234;me temps le montreur et le montr&#233;. La contradiction et la diff&#233;renciation entre acteur et personnage, exploit&#233;es et mises en avant, correspondent &#224; l'unit&#233; du personnage, &#171; constitu&#233;e par la mani&#232;re dont les diff&#233;rentes caract&#233;ristiques se contredisent &#187;. Jouer et vivre, avoir une perception interne de l'autre, faire la d&#233;monstration du personnage et s'identifier &#224; lui sont les deux processus antagonistes qui se rejoignent dans le travail du com&#233;dien. Le m&#234;me corps comprend deux personnes, mais aussi deux temps qui s'opposent, v&#233;cus aussi par le public : le temps de la r&#233;alit&#233; et celui de la repr&#233;sentation, de l'action rituelle ou hypnotique, du r&#234;ve. Dans le cadre des diff&#233;rents temps quotidiens, on vit aussi plusieurs temps, suivant des donneurs de temps divers, voire oppos&#233;s, et les identit&#233;s se construisent dans une sorte de distanciation et identification &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rents r&#244;les. Cette description du travail du com&#233;dien, comme le r&#234;veur qui se r&#234;ve lui m&#234;me ou le somnambule, me paraissent des bons exemples de l'exp&#233;rience identitaire facilit&#233;e par les rythmes. De cette identit&#233; somnambule, favoris&#233;e par les rythmes, Tarde fait le propre de l'homme en soci&#233;t&#233;, celui qui n'a que des id&#233;es sugg&#233;r&#233;es et qui les croit spontan&#233;es, surtout de l'homme de la ville dont l'esprit se fait somnambule face &#224; l'engourdissement et la surexcitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.2. La transmission par le rythme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour les Grecs le rythme et l'harmonie &#233;taient aussi capables de forger l'&#226;me, de lui donner une forme. Car le rythme comporte les deux &#233;l&#233;ments essentiels de l'influence &#233;ducative : une signification universelle, propre &#224; l'accord profond entre l'homme et la nature, &#171; un seul grand rythme parcourt ce monde en perp&#233;tuelle effervescence &#187; et un appel imm&#233;diat &#224; l'attention. Le rythme facilite l'apprentissage et la transmission, l'&#233;ducation par imitation et r&#233;p&#233;tition. La transmission rythmique des traditions est une forme d' enracinement dans la communaut&#233; et dans les groupes dont nous faisons partie. Cela comprend la m&#233;moire des mouvements du corps et des gestes, comme c'est le cas pour la danse, la lutte, le sport ou les gestes &#224; accomplir pour la r&#233;alisation des t&#226;ches manuelles ; mais aussi la transmission orale des r&#233;cits, chansons, po&#233;sies ou l'apprentissage de textes &#233;crits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'efficace de cette transmission rythmique concerne aussi la magie et les rituels, o&#249; tout repose sur l'ordre des mots et des gestes justes. Le plain-chant est un exemple. L'incorporation du caract&#232;re rythmique et non mesur&#233; des chants gr&#233;co-romains dans la liturgie de l'&#201;glise chr&#233;tienne rend les pri&#232;res chant&#233;es accessibles &#224; tous et supposent des moyens mn&#233;moniques tr&#232;s s&#251;rs. Le rythme des chants gr&#233;goriens est model&#233; sur le rythme oratoire dont il est &#171; l'&#233;panouissement et l'exaltation &#187;, il augmente &#171; l'impression et la f&#233;condit&#233; des paroles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R. Dumesnil, Le rythme musical, Paris, La Colombe, &#233;d. du Vieux Colombier, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La publicit&#233; repr&#233;sente une r&#233;surrection de cet univers magique de la r&#233;p&#233;tition. La redondance prime sur l'information, les formules sont l'outil privil&#233;gi&#233; de ce type de communication. Elles constituent des &#171; modules de m&#233;moire &#187; invariables li&#233;s &#224; des objets de pens&#233;e. Les formules, sorte de d&#233;finitions univoques, op&#232;rent une r&#233;duction de la complexit&#233;, et par l&#224; de l'anxi&#233;t&#233;. La redondance de la t&#233;l&#233;vision reprend cette fonction rassurante du rituel et de l'oralit&#233; traditionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;U. Ceria et S. Lombardi, &#171; Sur la redondance. La r&#233;p&#233;tition comme cl&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cet apprentissage correspond &#224; un type de m&#233;moire que l'on peut appeler hypono&#233;tique, s&#233;quentielle ou sensitive, par opposition &#224; la m&#233;moire visuelle et id&#233;ative. Il s'agit de la m&#233;moire comprenant les souvenirs de toutes les activit&#233;s qui se d&#233;roulent automatiquement, comme l'ex&#233;cution d'une danse ou d'une musique, pour lesquelles l'intervention de la m&#233;moire id&#233;ative n'est que d&#233;rangement. C'est aussi la m&#233;moire qui r&#233;git les processus de r&#234;verie, en tant qu'exemple clair de reviviscence. Il faut signaler que ces deux types de m&#233;moire sont interp&#233;n&#233;tr&#233;s, ainsi le souvenir de la r&#234;verie, racont&#233; &#224; l'&#233;veil, est d&#233;j&#224; le r&#233;sultat d'une m&#233;moire id&#233;ative exerc&#233;e sur le cours de la r&#234;verie. De m&#234;me dans l'ex&#233;cution d'une m&#233;lodie collaborent une m&#233;moire de l'ensemble de la pi&#232;ce avec une reproduction, nourrie de son propre cours, des pouls s&#233;quentiels des cordes vocales ou des doigts. Bergson con&#231;oit une division semblable de la m&#233;moire, en m&#233;moire visuelle, qui imagine, et m&#233;moire motrice, qui r&#233;p&#232;te, correspondant aux deux formes de survivance du pass&#233;, dans les m&#233;canismes moteurs et dans des souvenirs ind&#233;pendants&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H. Bergson, Mati&#232;re et m&#233;moire, Paris, P.U.F., 1985, (1re &#233;d. 1939), p. 82 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les souvenirs de la m&#233;moire motrice, celle qui nous int&#233;resse ici, ont tous les caract&#232;res d'une habitude et comme elle, ils sont acquis par r&#233;p&#233;tition. Ces souvenirs, chansons, danses ou le&#231;ons apprises, ne sont pas des repr&#233;sentations, mais des actions, affirme Bergson. Ils font partie du pr&#233;sent, agis et v&#233;cus plut&#244;t que repr&#233;sent&#233;s. Cette m&#233;moire r&#233;p&#232;te un ordre, une s&#233;quence, chaque moment, rappel&#233; et produit, inspire et sollicite le souvenir suivant. Ainsi si le rythme se brisait et le rappel d'un &#233;l&#233;ment manquait, fut-ce par l'intromission d'un bruit ou d'une distraction externe au r&#233;cit, le rappel de l'ensemble m&#233;moris&#233; serait menac&#233;. Il s'agit d'une connexion entre les moments successifs de la reproduction, qui n'est pas logique, c'est &#224; dire lin&#233;aire, mais rythmique et automatique. Ce type de proc&#233;d&#233; appara&#238;t aussi dans certains moments de cr&#233;ation comme dans les improvisations musicales sans id&#233;e pr&#233;alable, o&#249; chaque moment inspire le suivant, o&#249; chaque musicien r&#233;agit &#224; ce que les autres viennent de jouer. Les impressions re&#231;ues s'impriment sur un m&#233;canisme dont elles alt&#232;rent le mouvement, les sons interagissent avec les souvenirs sonores. Une v&#233;ritable cr&#233;ation collective s'&#233;tablit avec le public quand il est pr&#233;par&#233; d'avance &#224; ce que la musique va exprimer, l'audience cr&#233;e le climat qui permet &#224; l'interpr&#232;te, ou &#224; l'orateur, de &#171; parler &#187; avec une grande libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les configurations rythmiques doivent devenir des automatismes pour bien fonctionner. Une intervention de la volont&#233; ou de l'intention g&#226;te tout, on ne danse pas bien quand on compte les pas. Une fois que l'on a appris la forme rythmique, c'est-&#224;-dire une fois que la r&#233;p&#233;tition a cr&#233;e un m&#233;canisme, une habitude, la conscience et la volont&#233; n'interviennent plus. Ainsi, facilit&#233;s par le rythme &#171; l'entra&#238;nement ou l'accoutumance modifient l'organisation de l'activit&#233; c&#233;r&#233;brale dans un sens qui permet au cerveau d'effectuer des t&#226;ches famili&#232;res sans avoir recours aux proc&#233;d&#233;s d'analyse, ce qui revient &#224; dire que la t&#226;che rel&#232;ve d'un st&#233;r&#233;otype bas&#233; sur des zones corticales tout &#224; fait autre que celui qui &#233;tait mis en cause &#224; l'origine, lorsque son accomplissement faisait appel &#224; l'analyse &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Luria cit&#233; par Edward T. Hall in Au del&#224; de la culture, op. cit., p. 197.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce caract&#232;re &#171; automatique &#187; de la m&#233;moire rythmique, et en dehors de la sph&#232;re &#171; no&#233;tique &#187; (la raison, l'esprit, la personnalit&#233; formelle), est en accord avec le caract&#232;re automatique et hypono&#233;tique des fusions affectives, propres aux masses rythmiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La m&#233;moire s&#233;quentielle ou hypono&#233;tique est &#233;troitement li&#233;e &#224; la tradition. En tant que celle-ci est un ensemble de processus reconnus comme des exercices de m&#233;moire et transmission des murs, des rites, des r&#233;citations, des techniques ou des savoirs. Ainsi, on trouve dans la tradition des activit&#233;s elles m&#234;mes rythmiques : la danse, le chant, jouer d'un instrument ; les arts oraux comme la r&#233;citation, la narration de contes et quelques formes de th&#233;&#226;tre o&#249; la musique et la ritualisation des dialogues font perdurer la tradition des farces antiques jusqu'&#224; la &lt;i&gt;Commedia dell'arte&lt;/i&gt;. Proches de la danse, on trouve d'autres traditions d'activit&#233;s non verbales et partiellement rythmiques, comme les techniques de la chasse et de la guerre ou du travail dans les champs, dont l'apprentissage s'effectue par l'imitation et par la r&#233;p&#233;tition, et pour lesquelles une fa&#231;on de rythmer intervient ; celle de la marche qui marque le pas, ou celle des chants de travail. Leroi-Gourhan rappelle que le cadre rythmique de la marche et les mouvements rythmiques des bras r&#233;gissent l'int&#233;gration spatio-temporelle des hommes et les ins&#232;rent dans un dispositif cr&#233;ateur de formes qui humanise la nature&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Leroi-Gourhan, Le geste et la Parole &#8211; Vol II &#8211; La m&#233;moire et les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi l'apprentissage de diverses techniques comme le tissage, la cuisine, la construction des maisons ou la m&#233;decine traditionnelle suivent aussi une m&#233;morisation s&#233;quentielle communautaire. Dans tous ces cas, quand il y a une doctrine verbale, un ensemble de normes ou recettes, souvent dans des sentences ritualis&#233;es, elle est subordonn&#233;e &#224; l'apprentissage s&#233;quentiel et imitatif. Cet apprentissage de m&#233;moire, par c&#339;ur, non-conscient et non-volontaire, est, par cons&#233;quent, aussi non-individuel. Il renvoie &#224; une instance &#8216;populaire' ou communautaire. On reprend l'image de Garc&#237;a Calvo, pour pouvoir parler en ch&#339;ur, en commun et en m&#234;me temps, il faut parler &lt;i&gt;par c&#339;ur&lt;/i&gt;, de m&#233;moire, et il semble, donc, que celui qui parle ou agit de m&#233;moire, parle et agit, d'une certaine fa&#231;on, en ch&#339;ur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Calvo, Contra el Tiempo, op. cit., p. 284.&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une telle transmission de connaissances et de techniques correspond &#224; ce que Hall appelle un contexte de communication riche. Gr&#226;ce &#224; lui est possible un apprentissage sans plan, sans projet pr&#233;alable et avec un code linguistique restreint, en accord avec la situation concr&#232;te pr&#233;sente, dont les actions s'enracinent dans le pass&#233;. La communication est &#233;conomique, rapide et efficace gr&#226;ce au temps accord&#233; &#224; sa &#171; programmation &#187;, &#224; la tradition qui la sous-tend. Un contexte riche permet de r&#233;aliser plusieurs activit&#233;s &#224; la fois, de m&#234;me qu'il est caract&#233;ristique des syst&#232;mes dou&#233;s de diverses fonctions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. T. Hall, Au del&#224; de la culture, op. cit., p. 87-104.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce contexte comprenant les communications rythmiques est aussi celui des formes artistiques. Il repose sur la reconnaissance des formes, des mod&#232;les. Cet aspect permet, comme les psychologues de la &lt;i&gt;Gestalt&lt;/i&gt; l'ont bien d&#233;montr&#233;, de corriger imm&#233;diatement les erreurs ou les oublis d'un message, du moment o&#249; l'on a reconnu la forme &#224; laquelle il correspond, gr&#226;ce &#224; la r&#233;f&#233;rence &#224; un contexte d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tarde a soulev&#233; l'importance de cette transmission sociale rythmique, il l'appelle &#171; vibratoire &#187;, concernant le r&#244;le central de l'imitation et de la contagion dans la constitution du corps social. D'apr&#232;s lui, la &#171; chose sociale &#187;, comme la &#171; chose vitale &#187; veut avant tout se propager et non s'organiser. On en trouve ici le comportement, ant&#233;rieurement d&#233;crit pour les masses, appliqu&#233; &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. L'auteur &#233;tablit une correspondance entre nature et soci&#233;t&#233;, et aussi entre soci&#233;t&#233; et individu. Tarde explique les similitudes concernant les langues, les techniques, les m&#339;urs, etc. par des contagions qui se r&#233;pandent gr&#226;ce au caract&#232;re essentiellement imitatif de l'&#234;tre social. Cette contagion ou imitation peut prendre diverses voies, comme les coutumes, la mode, la sympathie, l'ob&#233;issance ou l' &#233;ducation. On ne peut pas &#233;viter d'&#234;tre frapp&#233; par les ressemblances de certaines assertions de ses &#233;crits avec la th&#233;orie de la morphogen&#232;se de Sheldrake. Pour Tarde, qui parle m&#234;me de &#171; magn&#233;tisation mutuelle &#187; pour d&#233;crire les soci&#233;t&#233;s modernes, l'imitation sociale a le m&#234;me r&#244;le que l'ondulation dans les &#171; corps bruts &#187;, elle est une &#171; g&#233;n&#233;ration &#224; distance &#187; et les similitudes ont pour seules &#171; explication et cause possibles des mouvements p&#233;riodiques et principalement vibratoires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Tarde, Les lois de l'imitation, Paris, Kim&#233;, 1993, (1re &#233;d. 1890), p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.3 L'opposition entre rythme et signifi&#233;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les comportements rythmiques d&#233;crits mettent l'accent sur la forme, l'usage et l'exp&#233;rience v&#233;cue et non sur des id&#233;es ou une id&#233;ologie quelconque. On a vu dans les formes de transmission par le rythme, que ce soit &#224; travers l'adoption d'automatismes ou par l'hypnose, que le contenu du message reste en arri&#232;re par rapport &#224; la conscience, &#224; l'instar des communications &#224; contexte riche, o&#249; l'information se trouve dans ce m&#234;me contexte et pas dans le message. Le rythme s'oppose au signifi&#233;, en tant que celui-ci est signification et n&#233;cessit&#233; pratique, une intervention de la volont&#233; et de l'intention. Cette opposition est celle entre le rythme et l'id&#233;ation pr&#233;alable, les id&#233;es et les projets, entre la forme et le message. Le signifi&#233; nous renvoie toujours &#224; une r&#233;f&#233;rence, &#224; quelque chose d'autre, tandis que le rythme, comme la forme, est immanent, il n'a pas de contenu repr&#233;sentatif. Les actions rythmiques sont des actions affectives, qui lib&#232;rent les passions du moment. L'&#233;tat affectif est absurde, n'a pas de signification. Il ne peut &#234;tre que v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'analyse de la sociabilit&#233; propos&#233; par Georg Simmel illustre bien ce propos&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Simmel, &#171; La sociabilit&#233; &#187;, in Sociologie et &#233;pist&#233;mologie, Paris, PUF, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce qu'il appelle l'impulsion de sociabilit&#233;, la forme, c'est &#224; dire l'action r&#233;ciproque des individus, est une fin en soi, par rapport au contenu, &#224; la mati&#232;re de socialisation que sont les tendances, les inclinations ou les int&#233;r&#234;ts divers. Le discours, la conversation, les &#233;changes, sont un moyen au service de la compr&#233;hension mutuelle et de la conscience de former un ensemble. L'exemple le plus pur de cette sociabilit&#233;, nous dit l'auteur, se produit dans les groupes d'&#233;gaux, o&#249; les relations sont sym&#233;triques et &#233;quilibr&#233;es. La sym&#233;trie et l'&#233;quilibre sont aussi des formes du style. En outre, dans la socialit&#233;, comme dans l'art et le jeu, les formes sont &#171; &#233;lev&#233;es &#224; la hauteur de valeurs d&#233;finitives &#187;, et la r&#233;alit&#233; se voit sublim&#233;e et att&#233;nu&#233;e. La socialit&#233; et les actions rythmiques, sont, comme l'art, des &#171; contre-milieux &#187;, des antidotes au milieu, &#224; la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme dans le rituel ou dans le th&#233;&#226;tre correspond au temps de la repr&#233;sentation, alors que le sens, l'argument, correspond au temps de ce qui est repr&#233;sent&#233;. Cette contradiction, entre le temps de la repr&#233;sentation et le temps de ce qui est repr&#233;sent&#233;, est parall&#232;le &#224; celle entre l'acteur et le personnage. L'art r&#233;git la lutte entre les &#233;l&#233;ments propres &#224; la n&#233;cessit&#233; pratique, au signifi&#233;, et ceux, rituels ou rythmiques, produits par les actions, les gestes et la parole. L'utilit&#233; pratique, par la voie de l'&#233;laboration de projets, par l'abstraction d'un temps calcul&#233;, d'une id&#233;ation de l'avenir relative &#224; des finalit&#233;s, &#224; des intentions, cr&#233;e un temps d&#233;j&#224; trac&#233;. Le temps entre le maintenant et l'acte projet&#233; est d&#233;j&#224; &#171; fait &#187;, vide, o&#249; rien ne se passe, donc o&#249; il ne peut pas y avoir de rythme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cet aspect a un pendant physique rappel&#233; par Herbert Spencer, les conditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Tandis que dans l'ordre rythmique chaque jour inspire le suivant, de chaque moment le suivant est issu. Cela correspond au temps per&#231;u, senti, v&#233;cu et non pr&#233;con&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme inclut la mesure, mais il se construit en opposition &#224; elle. Le rythme est renouvellement et la mesure r&#233;p&#233;tition. Le rythme n'est jamais le retour du m&#234;me, mais du semblable, dans une forme qui rallie analyse et synth&#232;se, tandis que dans la mesure priment les proc&#233;d&#233;s analytiques qui soumettent les variations rythmiques au nombre, les relations qualitatives &#224; des relations quantitatives. La mesure &#171; brise, distingue, morcelle &#187;. Elle est la &#171; puret&#233; du concept &#187;, le &#171; bruit r&#233;gulier de la machine ou de la pendule &#187; qui astreint la libert&#233;, la &#171; fantaisie, l'impr&#233;visible, l'ondoyante souplesse &#187; de la synth&#232;se cr&#233;atrice du rythme. La mesure, dans son alternance constante entre tension et d&#233;tente &#171; r&#233;veille et maintient &#233;veill&#233; &#187;, tandis que le rythme dissout les tensions, &#171; endorme l'esprit dans le r&#234;ve ou dans l'extase &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Brelet, Le temps musical &#8211; Vol I &#8211; La forme sonore et la forme rythmique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, le rythme ne doit pas &#234;tre r&#233;duit &#224; la mesure, que ce soit dans la musique, la po&#233;sie ou l'organisation des temps sociaux. La musique fut longtemps uniquement rythm&#233;e avant d'&#234;tre mesur&#233;e, comme le prouvent la musique antique et le plain-chant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le r&#233;cent grand succ&#232;s populaire des enregistrements de chant gr&#233;gorien est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme est ordonnancement et modulation, mais il n'implique pas une division sym&#233;trique, plut&#244;t le contraire dans le cas des rythmes naturels. La mesure n'est qu'un cadre o&#249; peut s'inscrire le rythme, d&#233;terminant la valeur des dur&#233;es des &#233;l&#233;ments qui le composent. Alors que le rythme n'est pas qu'un rapport de dur&#233;es mais aussi d'intensit&#233;s et d'acuit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme comporte une logique de la contradiction : dans la succession alternative des temps contradictoires g&#238;t, dans l'acte, le m&#233;canisme de la n&#233;gation, et dans la r&#233;p&#233;tition avec le m&#234;me intervalle se trouve le jeu de l'identit&#233; avec la n&#233;gation. Le rythme poss&#232;de les fondements de toute Logique, telle qu'elle est d&#233;crite par Lupasco, celle de la contradiction qui ne se transcende pas. En cela il s'oppose au sens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutefois si l'on con&#231;oit la notion de sens selon l'&#233;laboration th&#233;orique de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; l'acquisition d'une signification qui r&#233;sulte du choix d'un terme de la contradiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme d&#233;fie l'opposition entre subjectif et objectif, entre nature et culture. Il appara&#238;t comme un trait de la nature, mais il est aussi produit par nous et m&#234;me de mani&#232;re artistique. Il est la &#171; premi&#232;re forme de relation des &#234;tres avec le temps, un temps d&#233;j&#224; soumis aux op&#233;rations logiques, mais pas encore devenu id&#233;e ou concept &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Calvo, Contra el Tiempo, op. cit., p. 137.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi la pratique du rythme est ambigu&#235;, le rythme a un caract&#232;re paradoxal, &#171; contradictoriel &#187; (Lupasco). Il est enracinement dynamique, vie et forme, &#224; la fois un ordre logique, une mesure, qui marque le temps, et l'ivresse du temps, de l'infini qui bat en dessous de cette op&#233;ration. Cette ivresse, sous les formes de l'extase, de la sortie de soi et de la possession, comme dans les rituels, jaillit du contraste entre la formalit&#233; et la rigueur rythmique des gestes et l'inconnu, l'informe, l'infini, qu'ils laissent rentrer dans la R&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Apr&#232;s avoir constat&#233; que le champ du rythme et des comportements rythmiques comprend des relations sociales de type communautaire, des rituels et des c&#233;r&#233;monies, des ph&#233;nom&#232;nes de transe et de contagion &#233;motionnelle, des manifestations esth&#233;tiques et la transmission de traditions, nous allons voir quelle est la place du rythme dans l'organisation temporelle des soci&#233;t&#233;s modernes.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=172&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'arythmie dans les soci&#233;t&#233;s modernes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'entends par arythmie l'absence de rythme. Cela prend plusieurs aspects, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'autonomie de la vie sociale, et de la conception du temps en particulier, &#224; l'&#233;gard de l'environnement naturel entra&#238;ne l'oubli des rythmes biologiques. &#192; cause de cette autonomie ou d&#233;contextualisation le temps ne d&#233;coule plus des activit&#233;s, des t&#226;ches, des gestes, ce qui est le propre des rythmes. Les soci&#233;t&#233;s modernes tentent d'&#233;liminer les ruptures, les fluctuations, les alternances entre temps accentu&#233;s et atones, les variations d'intensit&#233; &#224; la base de la construction rythmique, dans un dessein de continuit&#233; et d'&#233;quilibre. Dans la modernit&#233; s'op&#232;re la substitution progressive du rythme par la mesure, par un ordre quantitatif, soumis &#224; l'entendement, &#224; l'analyse, tant dans les arts que dans les formes d'organisation sociale. Cette simplification rythmique, cette mise &#224; plat, se fait en vue d'un id&#233;al de continuit&#233; permettant la pr&#233;vision n&#233;cessaire au bon fonctionnement des instances sociales. Les institutions &#233;conomiques et politiques ne peuvent plus laisser &#224; chaque instant le soin d'inspirer le suivant. Les programmes et les pr&#233;visions s'opposent &#224; la construction rythmique multiple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme est la conjonction de la r&#233;p&#233;tition et de la diff&#233;rence, de la reprise et de la variation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le &#8220;m&#234;me&#8221; appara&#238;t toujours sous les esp&#232;ces de l'&#8220;autre&#8221; recr&#233;e et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les soci&#233;t&#233;s modernes industrielles nous fournissent maints exemples de l'une sans l'autre : r&#233;p&#233;tition machinale et lassante des gestes de l'ouvrier dans l'usine, ou variations irr&#233;guli&#232;res, sans cadence ordonn&#233;e entre pause et mouve-ment, dans les trafics divers, de la voiture au fonctionnement boursier. Paradoxalement, l&#224; o&#249; l'on se donnait la continuit&#233; sans intervalle, le flux &#233;quilibr&#233; comme mod&#232;le, vont cependant se produire des ruptures, des pauses, des changements de vitesse, mais sans la forme int&#233;gratrice du rythme. Dans la primaut&#233; donn&#233;e au sens sur la forme, &#224; l'appropriation du sens sans la m&#233;diation de la forme, qui entra&#238;ne le d&#233;clin des formes de transmission rythmique, nous trouvons une derni&#232;re modulation de l'arythmie dans les soci&#233;t&#233;s industrielles modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1. LE TEMPS INDUSTRIEL ET LE TEMPS DE L'HORLOGE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rythmes repr&#233;sentent l'enracinement dans les milieux naturel et communautaire. Le d&#233;racinement &#224; l'&#339;uvre dans la modernit&#233; mine aussi l'ancrage rythmique. Un flux continu et un temps homog&#232;ne et quantitatif se substituent aux multiples alternances de temps forts et faibles, aux agencements de rythmiques diverses d&#233;-coulant des diff&#233;rents groupes et activit&#233;s. Au sein de la soci&#233;t&#233; industrielle moderne, la multiplicit&#233; de rythmes et de temps sociaux subit une standardisation, une unification, sous le temps d&#233;sign&#233; par l'horloge. De m&#234;me, la multiplicit&#233; de rythmes li&#233;e au travail dispara&#238;t au profit des cadences monotones des machines. Le temps mesur&#233; se substitue aux rythmes des activit&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je ne suis pas d'accord, donc, avec Henri Lefebvre qui affirme &#171; partout o&#249; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les cadences v&#233;hicul&#233;es par les m&#233;thodes &#171; scientifiques &#187; d'organisation du travail, comme le taylorisme et le fordisme, qui font r&#233;gner le chronom&#232;tre dans les ateliers, d&#233;bordent aussi sur les autres sph&#232;res de la vie quotidienne. Le temps du travail devient le principal donneur du temps, le principe de hi&#233;rarchisation de tous les autres : &#171; Une soci&#233;t&#233; rythmique est remplac&#233;e par une soci&#233;t&#233; m&#233;tronomique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Young, The Metronomic Society, London, Thames &amp; Hudson, 1988, p. 19.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, donner le temps, c'est devenu donner un signal r&#233;p&#233;t&#233;. Le m&#233;tronome ne donne pas un rythme, c'est une pendule qui bat une mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les monast&#232;res b&#233;n&#233;dictins, r&#233;gis par la r&#232;gle de saint Beno&#238;t, sont les premi&#232;res soci&#233;t&#233;s m&#233;tronomiques, les premi&#232;res &#224; &#233;laborer un temps disciplinaire fait d'exactitude, application et r&#233;gularit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Foucault, Surveiller et Punir, Paris, Gallimard, 1975, p. 153.&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit du premier essai d'&#233;tablir une liturgie ind&#233;pendante du cycle naturel, de d&#233;raciner le temps du sacr&#233; des rythmes de la nature. Le jour est divis&#233; en des heures dites canoniques, les cloches ponctuent huit fois la journ&#233;e, &#224; chaque heure correspond un office, une pri&#232;re : matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, v&#234;pres et complies ; une vie r&#233;gl&#233;e, sans surprises, se d&#233;-roule sous une discipline de fer. Beaucoup d'&#233;l&#233;ments propres &#224; cette organisation temporelle font partie, s&#233;cularis&#233;s, des soci&#233;t&#233;s industrielles modernes, de l&#224; vient cette allure religieuse dans la rigueur du temps industriel dont parle Michel Foucault. Ainsi, la ponctualit&#233; rentre dans le domaine de la morale. D'abord une des vertus monastiques, elle devient apr&#232;s une vertu sociale. Le temps des activit&#233;s profanes, &#224; son tour, subira le m&#234;me d&#233;racinement, la m&#234;me d&#233;naturalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cet ordre r&#233;pond au besoin de synchroniser les t&#226;ches &#224; l'int&#233;rieur de la communaut&#233; des moines. Ce besoin de synchronisation des t&#226;ches dans des univers de plus en plus complexes sera &#224; l'origine de la diffusion du temps de l'horloge. Mais l'horaire strict des monast&#232;res avait une fonction pr&#233;cise ; le partage d'un ordre temporel unique, diff&#233;rent de celui des autres, rend plus solides les liens du groupe, renforce la &lt;i&gt;reliance&lt;/i&gt; &#224; l'int&#233;rieur de la congr&#233;gation et marque une fronti&#232;re avec les autres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Zerubavel, Hidden Rhythms, The University of Chicago Press, 1981, p. 67.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, puisque tous les membres de la communaut&#233; font les m&#234;mes activit&#233;s, ou r&#233;citent les m&#234;mes pri&#232;res, au m&#234;me moment, ce qui illustre la relation entre la sym&#233;trie temporelle et la solidarit&#233; m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Zerubavel signale l'affinit&#233; &#233;tymologique entre la premi&#232;re horloge m&#233;canique, &lt;i&gt;horologium&lt;/i&gt;, et le premier programme journalier strict, &lt;i&gt;horarium&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, c'est l'horloge qui rend possible l'usage des horaires. Il est le premier instrument de mesure du temps ind&#233;pendant des conditions naturelles de lumi&#232;re et de temp&#233;rature, permettant de fixer des dur&#233;es temporelles uniformes dont les horaires ont besoin. C'est &#224; travers ces monast&#232;res que le temps de l'horloge est rentr&#233; en Occident. Les monast&#232;res b&#233;n&#233;dictins constituent aussi le d&#233;but de la sanctification du travail, &lt;i&gt;ora et labora&lt;/i&gt; dit la r&#232;gle de saint Beno&#238;t. Les monast&#232;res donnent aux entreprises humaines le rythme r&#233;gulier et collectif de la machine, affirme Lewis Mumford, pour qui l'horloge est la machine cl&#233; de l'&#226;ge industriel moderne. L'horloge dissocie le temps du rythme des saisons et de &lt;i&gt;celui des &#233;v&#233;nements&lt;/i&gt;. Ainsi, d&#233;j&#224; dans les monast&#232;res, les activit&#233;s physiologiques, les repas et le sommeil, sont r&#233;gl&#233;es selon des consid&#233;rations socio-temporelles et non biologiques. C'est-&#224;-dire selon des conventions arbitraires. Cependant, la location temporelle standard des diff&#233;rentes activit&#233;s &#233;tait alors pour ces moines ins&#233;parable des activit&#233;s elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Apr&#232;s les monast&#232;res, les horloges occupent les tours des villes, du clocher de l'&#233;glise &#224; celui de la mairie, au cours du XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ce sont les cloches qui rythment la vie urbaine. Une vie o&#249; les activit&#233;s, principalement commerciales, ne suivent plus les cycles naturels des saisons et de la lumi&#232;re comme le travail agricole. Ces citadins commer&#231;ants et membres des professions lib&#233;rales naissantes dans l'Italie de la Renaissance seront les premiers &#224; manifester un souci de l'emploi productif du temps. Le d&#233;sir de ne pas perdre son temps, de l'&#171; &#233;pargner &#187; va de pair avec l'essor des activit&#233;s personnelles et ind&#233;pendantes dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; la fin du XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, la R&#233;forme et les sectes puritaines prendront le relais des b&#233;n&#233;dictins dans la diffusion du temps de l'horloge et, de m&#234;me, ils m&#232;nent &#224; bout la r&#233;habilitation chr&#233;tienne du travail, devenu moyen de salut. Les pendules s'installent dans les foyers en Angleterre et en Hollande, l'id&#233;al bourgeois est d'&#234;tre aussi r&#233;gulier qu'une horloge et les Puritains seront les premiers &#224; consid&#233;rer le temps comme un bien rare, selon la fameuse phrase de Benjamin Franklin, &#171; le temps est de l'argent &#187;, adress&#233;e &#224; la jeunesse dans &lt;i&gt;Advice to a Young Tradesman&lt;/i&gt;. Par cons&#233;quent, les pertes de temps, les activit&#233;s improductives comme la fl&#226;nerie, le bavardage, l'exc&#232;s de sommeil et les divertissements (passe-temps) seront moralement proscrits comme &#233;tant des p&#233;ch&#233;s. Max Weber consid&#232;re ce texte de Franklin et cette attitude &#224; l'&#233;gard du temps comme l'exemple m&#234;me de l'esprit du capitalisme. Ce n'est pas un hasard si c'est &#224; Gen&#232;ve et aux &#201;tats-Unis, dans les terres des calvinistes et des autres sectes puritaines, que commence, au milieu du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la production standardis&#233;e de montres bon march&#233;, donc la vulgarisation de la mesure du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La g&#233;n&#233;ralisation de l'usage de la notation mesur&#233;e en musique et la subordination du rythme &#224; la mesure se produisent parall&#232;lement &#224; la m&#234;me p&#233;riode. Cette notation est cr&#233;&#233;e au XIV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, afin de faciliter et de perfectionner l'ex&#233;cution musicale, en tant que moyen d'obtenir la synchronisation des interpr&#232;tes. Mais avec le temps elle entra&#238;ne l'imposition de la barre de mesure au rythme, l'obligation de faire concorder les accents avec les temps forts de la mesure. Au XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle cette identification du rythme et de la mesure avec ses exigences restrictives occasionne un appauvrisse-ment et une platitude rythmiques des compositions musicales (ce qui ne veux pas dire que la qualit&#233; des &#339;uvres musicales compos&#233;es dans cette p&#233;riode faste de la musique europ&#233;enne soit amoindrie)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le m&#233;tronome fut aussi cr&#233;&#233; dans cette &#233;poque, bien qu'il n'ait &#233;t&#233; brevet&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La d&#233;nomm&#233;e loi de la Carrure en est le paradigme. Toute m&#233;lodie devait se composer de motifs &#233;gaux subdivis&#233;s en phrases elles-m&#234;mes &#233;gales. La carrure d&#233;terminait la sym&#233;trie et l'&#233;galit&#233; p&#233;riodiques des valeurs de dur&#233;es, les mesures, et la sym&#233;trie et l'&#233;galit&#233; des retours p&#233;riodiques des accents co&#239;ncidant avec les temps forts des mesures. Un tel souci de sym&#233;trie et d'homog&#233;n&#233;it&#233; se retrouve dans les autres formes artistiques, mais aussi dans l'id&#233;al d'organisation sociale et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'horloge peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la machine cl&#233; de l'&#226;ge industriel. D'une part elle permet la standardisation dans la production, gr&#226;ce &#224; elle on peut d&#233;terminer les quantit&#233;s exactes d'&#233;nergie n&#233;cessaires et elle donne le temps exact requis pour l'automatisation du travail. D'autre part l'horloge contribue &#224; la croyance dans la conception du monde de la science, math&#233;matiquement mesurable et ind&#233;pendante des &#233;v&#233;nements. Le temps n'est plus une succession d' exp&#233;riences, mais une collection d'heures, minutes et secondes, que l'on peut th&#233;sauriser. A l'image de l'argent, la seule forme de richesse illimit&#233;e, il peut &#234;tre accumul&#233;, marchandis&#233; et r&#233;investi, ainsi que &#171; vol&#233; &#187; par les employeurs et les ouvriers. L'argent, la mon&#233;tarisation des relations, renforce le processus de d&#233;racinement &#224; l'&#339;uvre dans les soci&#233;t&#233;s modernes. Comme cela a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Simmel, les &#233;changes mon&#233;taires favorisent la distanciation entre les hommes, ainsi qu'entre eux et les marchandises qu'ils produisent, l'ali&#233;nation d&#233;crite par Marx. Les &#233;changes mon&#233;taires font partie de la tendance &#224; la continuit&#233; propre &#224; la civilisation, qui casse la rythmicit&#233; entre temps forts et faibles des soci&#233;t&#233;s traditionnelles. Les nouveaux moyens des transports, assurant des liaisons permanentes, le t&#233;l&#233;phone et le t&#233;l&#233;graphe qui lib&#232;rent les communications de toute d&#233;termination temporelle, ainsi que l'&#233;clairage artificiel qui brise le rythme jour/nuit, suivent la m&#234;me tendance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le d&#233;veloppement du travail de nuit aujourd'hui illustre cette tendance qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les nouvelles technologies des r&#233;seaux de communication ont encore renforc&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les &#233;changes mon&#233;taires supposent une continuit&#233; dans l'offre d'argent, libre de toute contrainte rythmique des syst&#232;mes &#233;conomiques anciens soumis aux mouvements de l'abondance et de la p&#233;nurie. L'argent n'a pas de forme, il est &#171; liquide &#187;, nous rappelle Simmel, il ne comprend pas la moindre indication de temps forts et faibles dans le contenu de la vie. Il entra&#238;ne dans les &#233;changes &#233;conomiques un nivellement des oscillations, des alternances entre distance et rapprochement, entre vibration et immobilit&#233;. L'argent est le moyen le plus radical de passer d'une &#171; rythmicit&#233; qui impose &#224; nos vies des contraintes supra-individuelles &#187; &#224; une &#171; disposition continue &#224; ressentir et &#224; agir en &#233;tant constamment &#224; l'&#233;coute de la vie propre des choses &#187;, &#224; une vie fa&#231;onn&#233;e &#224; partir d'&#233;l&#233;ments individuels. Le style de vie rythmique s'oppose &#224; celui &#171; individuel concret &#187;, o&#249; les int&#233;r&#234;ts personnels se confirment plus librement, un style d&#233;racin&#233; des valeurs communautaires, dirions nous, qui est propre &#224; la civilisation moderne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ancienne rythmique du travail est supplant&#233;e par des cadences qui ne r&#233;pondent plus aux besoins du travailleur et de la t&#226;che, mais au mouvement de la machine. L'ouvrier, en tant que membre d'un ensemble, doit travailler au m&#234;me pas que les autres. Simmel signale comme, du fait de se plier au mouvement r&#233;gulier et monotone de la machine, le sentiment du rythme des travailleurs s'&#233;mousse. Le besoin d'excitation accro&#238;t sa fr&#233;quence et l'alternance entre travail et repos doit se faire plus rapide pour parvenir au r&#233;sultat subjectif esp&#233;r&#233;. Ces ouvriers, qui ont &#224; faire avec les machines du travail industriel, doivent s'y adapter. Ces machines de-viennent leurs donneurs du temps. A la diff&#233;rence des outils pr&#233;c&#233;dents, elles accentuent la sp&#233;cialisation de fonctions et demandent un type limit&#233; d'activit&#233;, donnant lieu &#224; un degr&#233; d'automatisme majeur. Les hommes deviennent machines dans le travail, leurs mouvements et actions sont r&#233;duits &#224; des simples &#233;l&#233;ments m&#233;caniques. Dans l'optique d'am&#233;liorer la productivit&#233; industrielle, des m&#233;thodes d'organisation du travail surgissent qui d&#233;veloppent cette conception temporelle, toujours plus &#233;loign&#233;e des rythmes naturels et de ceux du travail traditionnel. Le management scientifique de Frederic W. Taylor rend inutile l'apprentissage d'un m&#233;tier, le savoir acquis sur les t&#226;ches, et veut en finir avec la &#171; fl&#226;nerie syst&#233;matique &#187;, le d&#233;tourne-ment des ouvriers d'un temps &#224; eux &#224; l'int&#233;rieur de l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si jusqu'alors les ouvriers qualifi&#233;s d&#233;terminaient le temps n&#233;cessaire pour la production des marchandises, d&#233;sormais, gr&#226;ce aux Nouvelles Normes de Travail, la direction d'entreprises con&#231;oit, pr&#233;pare et surveille une &#171; gestuelle &#187; de la production qui deviendra un &#171; code &#187; g&#233;n&#233;ral et formel de l'exercice du travail industriel, permettant l'int&#233;gration progressive de travailleurs non qualifi&#233;s. Elle op&#232;re comme un donneur de temps central pour tous les ouvriers. La productivit&#233; est augment&#233;e par une plus grande intensit&#233; du travail, le m&#234;me nombre d'ouvriers dans le m&#234;me laps de temps produisent plus de marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La m&#233;thode de Taylor consiste dans la d&#233;composition du travail dans diff&#233;rents &#233;l&#233;ments fragment&#233;s, chacun d'entre eux est chronom&#233;tr&#233; s&#233;par&#233;ment et pour les diff&#233;rents ouvriers afin d'obtenir les temps &#233;l&#233;mentaires. L'addition de ces temps donne le temps minimum ou &#171; normal &#187; pour une t&#226;che donn&#233;e. Ce dernier sert d'&#233;talon au travail des ouvriers qui seront p&#233;nalis&#233;s ou r&#233;compens&#233;s dans leurs salaires selon leurs performances. Ce n'est plus le contenu qui donne le rythme du travail, mais le chronom&#232;tre. Les ouvriers n'effectuent plus tous les gestes dans la production de la marchandise, mais ils sont sp&#233;cialis&#233;s dans la r&#233;p&#233;tition m&#233;canique de quelques gestes simples. La vertu de cette m&#233;thode est, selon son inventeur, de pouvoir &#234;tre appliqu&#233;e profitablement &#224; tout genre de travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. W. Taylor, &#171; Direction des ateliers &#187; in F. W. Taylor et al., (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme le temps homog&#232;ne et quantitatif qui le sous-tend. Foucault montre comment ce sch&#233;ma anatomo-chronologique du comportement, fond&#233; sur une &#233;laboration temporelle des actes qui d&#233;compose les gestes et les mouvements, faisant p&#233;n&#233;trer le temps dans le corps et avec lui &#171; tous les contr&#244;les minutieux du pouvoir &#187; est d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre dans les &#233;coles militaires de l'Age classique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Foucault, Surveiller et Punir, op. cit., p. 154.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le taylorisme est un perfectionne-ment de ce temps disciplinaire qui rend possible un bon emploi du corps des ouvriers. Le corps disciplin&#233; est le soutien du geste efficace. Il est l'&#233;l&#233;ment d'une machine performante et multisegmentaire, dans l'industrie, comme avant dans l'Arm&#233;e. Gr&#226;ce &#224; l'organisation aid&#233;e du temps disciplinaire de l'horloge on op&#232;re le passage de la masse &#224; la machine, selon des crit&#232;res d'efficacit&#233;, de productivit&#233; et de mobilit&#233;. Ce n'est plus la coordination rythmique des masses mais la synchronisation suivant un syst&#232;me pr&#233;cis de commandement, un programme centralis&#233;, qui d&#233;clenche les comportements voulus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le temps m&#233;canique permet une acc&#233;l&#233;ration des rythmes inconnue dans les modes de production pr&#233;alables. L'introduction du travail &#224; la cha&#238;ne, dans les usines Ford d'abord, fait r&#233;alit&#233; le r&#234;ve capitaliste du mouvement perp&#233;tuel, d'un flux continu de travail sans intervalle. Cette production massive donne lieu &#224; une grande vitesse de geste, r&#233;gl&#233;e de fa&#231;on arbitraire gr&#226;ce &#224; la r&#233;duction des d&#233;placements et des temps morts, ces &#171; pores aux cours desquels le travailleur respire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Coriat, L'Atelier et le Chronom&#232;tre. Essai sur le taylorisme, le fordisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La cha&#238;ne de travail intensifie la logique de fragmentation du taylorisme. La cadence est fix&#233;e de mani&#232;re autoritaire, un m&#234;me convoyeur donne le tempo du travail &#224; tous les ouvriers. Ce syst&#232;me d'organisation rend possible la production de masse, le temps standardis&#233; de l'horloge, du chronom&#232;tre permet la production standardis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si le fait de partager les m&#234;mes rythmes favorise la &lt;i&gt;reliance &lt;/i&gt; sociale, la cha&#238;ne de production produit ce que Marcel Bolle de Bal appelle une &lt;i&gt;reliance &lt;/i&gt; paradoxale. Les individus sont techniquement reli&#233;s mais socialement d&#233;li&#233;s, entre eux et &#224; l'&#233;gard de leur travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M. Bolle De Bal, La tentation communautaire, Bruxelles, &#201;ditions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut lire aussi de cette mani&#232;re la notion d'ali&#233;nation. Non seulement le produit de son travail est &#233;tranger &#224; l'ouvrier, comme un &#171; pouvoir ind&#233;pendant &#187;, mais aussi le temps du travail, le rythme, ne d&#233;coule pas de ses mains, de ses gestes. Il lui est &#233;trange. Guy Debord l'exprime ainsi, &#171; la soci&#233;t&#233; qui s&#233;pare &#224; la racine le sujet et l'activit&#233; qu'elle lui d&#233;robe, le s&#233;pare d'abord de son propre temps &#187;. &#192; l'oppos&#233; de la r&#233;p&#233;tition avec des variations qui est le rythme, le temps-marchandise est une accumulation infinie de s&#233;quences &#233;quivalentes. Il a perdu la dimension qualitative pour devenir un ensemble d'&#171; unit&#233;s homog&#232;nes &#233;changeables &#187;. Le projet r&#233;volutionnaire, poursuit cet auteur, est celui d'un d&#233;p&#233;rissement de la mesure sociale du temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G. Debord, La soci&#233;t&#233; du spectacle, Paris, Gallimard, 1992 (1re &#233;d. 1967), (&#8230;)&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'histoire de l'industrialisation et celle du mouvement ouvrier refl&#232;tent les conflits concernant le contr&#244;le et l'usage du temps. D'une part, la pression pour faire respecter les cadences impos&#233;es et pour faire int&#233;rioriser les valeurs productivistes : la ponctualit&#233;, la continuit&#233; dans l'effort ; de l'autre, la r&#233;sistance et la ruse ouvri&#232;re pour &#233;viter cette pression. Dans ce cadre se situent toutes les strat&#233;gies de &#171; freinage &#187; qui cr&#233;ent des temps &#224; soi. L'absent&#233;isme, la &#171; Saint-Lundi &#187; jour de l'amiti&#233;, est une autre mani&#232;re d'introduire des intervalles, des moments inactifs, l&#224; o&#249; les m&#233;thodes d'organisation du travail avaient voulu les &#233;vincer au nom de la continuit&#233; de la production. Les luttes ouvri&#232;res dans la soci&#233;t&#233; industrielle se transforment d'une r&#233;sistance initiale aux cadences trop rapides et ininterrompues du travail, d'une lutte &#171; contre le temps &#187;, vers une diminution du temps de travail, afin de gagner du temps, une fois que les ouvriers ont appris de leurs employeurs que le temps c'est de l'argent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. P. Thompson, &#171; Time, work-discipline, and industrial capitalism &#187;, Past (&#8230;)&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le temps du travail est au centre de la vie dans les soci&#233;t&#233;s modernes et il sert de mod&#232;le aux autres temps sociaux. Il faut travailler et vivre &#224; temps. Les tempi acc&#233;l&#233;r&#233;s du travail sont transpos&#233;s aux autres temps, qui deviennent comme le temps de travail de plus en plus morcel&#233;s, soumis aussi &#224; la r&#233;p&#233;tition et &#224; la routine. La conception utilitariste du temps et les vertus de l'&#171; homo &#339;conomicus &#187; : l'&#233;pargne, la pr&#233;voyance, l'utilisation rationnelle des moyens, sont des lignes de conduite dans toutes les activit&#233;s sociales. Tous les temps sont soumis &#224; la loi de la productivit&#233; impos&#233;e par la conception m&#233;canique du temps. Puisque ce dernier est infiniment divisible, d&#233;multipliable, accumulable, il est concevable de multiplier et d'accumuler les activit&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La montre et l'agenda donnent un temps quantitatif et homog&#232;ne propre aux soci&#233;t&#233;s industrielles. La montre accroch&#233;e au poignet ajoute sa mesure m&#233;canique au concert des rythmes biologiques et sociaux. Elle est le surveillant d'une certaine synchronicit&#233; sociale. C'est l'objet personnel qui aide au suivi d'une autodiscipline temporelle fond&#233;e sur la ponctualit&#233;, le respect des d&#233;lais pr&#233;fix&#233;s et l'emploi productif d'un temps, qui est de l'argent. Son caract&#232;re personnel renforce sa fonction de synchroniseur de l'individu avec les autres. L'agenda garde la trace de ces d&#233;lais fix&#233;s pour les t&#226;ches et les rendez-vous divers. Il est le cahier de l'organisation utilitariste et &#233;conome du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le chronom&#232;tre et le calcul d&#233;bordent le cadre de l'atelier et atteignent les transports et les moyens de communication, l'&#233;cole et le foyer, o&#249; tout un ensemble de machines &#233;lectrom&#233;nag&#232;res nous font &#233;pargner du temps. La monochronie gagne tous les domaines de la vie sociale. Celle-ci, selon la d&#233;finition de Hall, est propre des soci&#233;t&#233;s &#224; contacts distants et temps compartiment&#233;, divis&#233; en fonction des t&#226;ches &#224; accomplir. Les individus s&#233;parent les op&#233;rations dans l'espace et se sentent d&#233;sorient&#233;s s'il y a trop de t&#226;ches simultan&#233;es &#224; r&#233;aliser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E.T. Hall, La dimension cach&#233;e, Paris, Seuil, 1971, p. 212.&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'ensemble des temps est alt&#233;r&#233; par le travail, dont les habitudes influencent les comportements mais aussi les pens&#233;es. L'imposition d'un temps organis&#233;, arbitraire et arythmique prive les individus du sentiment du temps, du sens du rythme, cette contrainte limite leur disponibilit&#233; et leur sociabilit&#233; ; sortis de l'exc&#232;s de structuration temporelle au travail, les ouvriers n'aiment pas l'impr&#233;vu et ne savent pas disposer de leur temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2. L'AUTODISCIPLINE FOND&#201;E SUR L'ORDRE TEMPOREL&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; l'&#233;cole on apprend &#224; lire l'heure de l'horloge, mais aussi &#224; se soumettre &#224; des horaires, des emplois du temps et des d&#233;lais impos&#233;s de l'ext&#233;rieur. Elle est une &#171; soci&#233;t&#233; m&#233;tronomique &#187; aussi, un de premiers espaces sociaux &#224; &#234;tre investi par le temps disciplinaire. Celui-ci se trouve &#224; la base d'une p&#233;dagogie analytique qui d&#233;compose la mati&#232;re enseign&#233;e et il se substitue au temps &#171; initiatique &#187; de la formation traditionnelle : un temps global, contr&#244;l&#233; par un seul ma&#238;tre et sanctionn&#233; par une seule &#233;preuve. Le principe de r&#233;p&#233;tition analogique, de l'apprentissage d'exemples, est abandonn&#233; en faveur d'un apprentissage &#171; &#233;l&#233;mentaire &#187; des gestes simples qui facilitent le dressage, l'habilet&#233; et la docilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un double contr&#244;le s'&#233;tablit, d'une part celui des activit&#233;s quotidiennes qui se d&#233;roulent de mani&#232;re ordonn&#233;e et pr&#233;visible : dur&#233;e et ordre des cours et des pauses de r&#233;cr&#233;ation, heures auxquelles ils d&#233;butent et ils finissent, ainsi que la dur&#233;e de l'ann&#233;e scolaire, les dates des vacances et des examens ou le programme des contenus appris dans l'ann&#233;e ; d'autre part, un contr&#244;le sur le long terme gr&#226;ce &#224; une politique &#233;ducative nationale indiquant ce qu'il faut apprendre &#224; chaque &#226;ge. La routine quotidienne, scand&#233;e par la sonnerie et non par les d&#233;cisions de ma&#238;tres et &#233;l&#232;ves, les synchronise ; tout le monde commence et finit en m&#234;me temps. De m&#234;me, le programme impos&#233; et la forme de la structure scolaire synchronisent tous les membres de la m&#234;me classe d'&#226;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les enfants s'habituent &#224; se r&#233;gler selon un ordre temporel externe, qui facilite le passage de la sonnerie de l'&#233;cole &#224; la sir&#232;ne de l'usine, ou &#224; celle, symbolique, qui r&#233;sonne dans la t&#234;te des employ&#233;s de bureau &#224; neuf heures, midi et dix-sept heures. L'&#233;cole, comme les autres institutions organis&#233;es de mani&#232;re bureaucratique, &#171; ressemblent &#224; des machines &#187;, leur id&#233;al est de fonctionner comme une horloge, de mani&#232;re continue, invariable, &#233;vitant les fluctuations. L'&#233;cole apprend aux enfants que les activit&#233;s, les mati&#232;res et les cours ne r&#232;glent pas le temps, pas plus que leurs d&#233;sirs, besoins, capacit&#233; d'attention ou le bon vouloir des professeurs. Le bruit strident de la sonnerie interrompt brusquement les mots de l'instituteur, laisse la question de l'&#233;l&#232;ve sans r&#233;ponse ou la lecture &#224; moiti&#233;. Les rythmes biologiques doivent se soumettre &#224; un ordre, les le&#231;ons et les &#233;changes ne suivent pas des rythmes qui les seraient propres. Il s'ajoute &#224; cela, l'abandon progressif des m&#233;thodes rythmiques traditionnelles, propres &#224; l'oralit&#233;, entra&#238;n&#233; par l'&#233;volution de la p&#233;dagogie et des techniques d'apprentissage. On cherche la compr&#233;hension directe du sens, sans la m&#233;diation de la forme rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce n'est pas un hasard si la premi&#232;re soci&#233;t&#233; m&#233;tronomique r&#233;gie par l'horloge, le monast&#232;re, est une institution totale, selon le terme de Goffman&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. Goffman, Asiles, Paris, Minuit, 1969.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; l'on veut &#233;tablir un contr&#244;le social total sur les individus. Cela est en partie obtenu par l'imposition d'une routine administr&#233;e formellement, d'un programme strict, m&#234;me sur les besoins physiologiques. Le temps quantitatif de l'horloge favorise le contr&#244;le social et la discipline, et il rend possible la forme de contr&#244;le propre aux soci&#233;t&#233;s modernes, l'autocontrainte, acquise au cours du processus de civilisation d&#233;crit par Norbert Elias. La progression dans la division sociale du travail, des fonctions, dans la diff&#233;renciation sociale, &#233;tablit des liens de d&#233;pendance pour un nombre croissant d'individus (qui, en vertu du m&#234;me processus, deviennent des individus et des num&#233;ros), exigeant de chacun un contr&#244;le plus rigoureux de son comportement et des r&#233;actions passionnelles, et &#224; partir d'un certain niveau, un autocontr&#244;le permanent. A mesure que l'interp&#233;n&#233;tration r&#233;ciproque des groupes progresse, ainsi que l'exclusion de la violence physique dans leurs rapports, un m&#233;canisme social se forme, gr&#226;ce auquel les contraintes que les hommes exercent les uns sur les autres se transforment en autocontraintes. Elles se pr&#233;sentent en partie comme une ma&#238;trise de soi consciente, en partie comme des habitudes soumises &#224; une sorte d'automatisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La complexit&#233; croissante des soci&#233;t&#233;s modernes entra&#238;ne des nouvelles exigences de synchronisation. En raison de la pression constante et uniforme exerc&#233;e contre les manifestations pulsionnelles, on cherche &#224; r&#233;duire les brusques contrastes et les changements de comportement, augmentant ainsi les possibilit&#233;s de pr&#233;vision. La r&#233;gulation continue et uniforme de la vie pulsionnelle et du comportement aboutit &#224; une v&#233;ritable &#233;conomie psychique. Cette &#233;conomie est &#224; l'oppos&#233; de l'&#233;conomie rythmique, celle-ci cherche aussi &#224; se donner des marges de pr&#233;vision, mais non en fonction d'une r&#233;duction &#224; l'unit&#233; ni du morcellement des sph&#232;res de la vie sociale et individuelle, sinon en essayant un agencement de la multiplicit&#233;, toujours fragile, mais avec une souplesse suffisant pour s'ajuster, se synchroniser, aux changements de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On retrouve ici la probl&#233;matique moderne de la continuit&#233; et de la pr&#233;vision. La synchronisation sociale ne peut plus se faire d'apr&#232;s les rythmes traditionnels, qui imposent des contrastes, des ruptures et des intervalles. Dans des soci&#233;t&#233;s caract&#233;ris&#233;es par une diff&#233;renciation croissante, la contrainte sociale du temps, devenue auto-contrainte, conscience individuelle du temps, est, selon Elias, le type paradigmatique des contraintes civilisatrices&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Elias, Du temps, Paris, Fayard, 1997, p. 39.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La contrainte exerc&#233;e par le temps ext&#233;rieurement, repr&#233;sent&#233;e par les horloges, les calendriers ou les horaires des trains, manifeste dans nos soci&#233;t&#233;s les propri&#233;t&#233;s qui favorisent les contraintes que l'individu s'impose &#224; soi-m&#234;me. C'est une pression mesur&#233;e, &#233;quilibr&#233;e, pacifique, mais non moins omnipr&#233;sente et in&#233;vitable. Tellement omnipr&#233;sente que, bien qu'il s'agisse d'une contrainte sociale, elle devient une &#171; seconde nature &#187;, une partie int&#233;grante de ce que les hommes exp&#233;rimentent comme &#233;tant leur propre moi. L'exp&#233;rience du temps des membres des soci&#233;t&#233;s modernes est un exemple de ces &#171; structures de la personnalit&#233; qui, tout acquises qu'elles soient, ne sont pas moins contraignantes que des particularit&#233;s biologiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N. Elias, Du temps, op. cit., p. 157.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, parall&#232;lement &#224; l'autonomie progressive des soci&#233;t&#233;s humaines &#224; l'&#233;gard de la nature, se d&#233;veloppe leur d&#233;pendance des instruments de facture humaine pour mesurer et r&#233;gler le temps. Les processus d'urbanisation, commercialisation et m&#233;canisation entra&#238;nent ce d&#233;racinement signal&#233; &#224; l'&#233;gard des conditions naturelles, des rythmes saisonniers et biologiques, l'oubli des relations entre les mois et le mouvement lunaire, et l'adoption du temps m&#233;canique de l'horloge qui montre comment la mesure du temps est la fabrication d'un temps sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais cette construction du temps moderne n'est pas parfaite, ni omnipr&#233;sente. Des manifestations rythmiques persistent en dehors des institutions. L'analyse de ces aspects exc&#232;de l'objet de cet article, mais nous pouvons &#233;num&#233;rer, en plus des proc&#233;d&#233;s de redondance dans la communication publicitaire d&#233;j&#224; cit&#233;s, les exemples des masses rythmiques des spectateurs de football dans les stades ou des jeunes qui dansent au son de la musique techno dans des rassemblements musicaux, et aussi l'organisation temporelle de la vie quotidienne fond&#233;e sur l'alternance de diff&#233;rents temps sociaux o&#249; les donneurs de temps sont les diff&#233;rentes activit&#233;s et les autres (parents, amis, voisins, etc.). Ce sont des situations o&#249; pr&#233;valent les affects et les sentiments esth&#233;tiques, au sens d'&#233;prouver quelque chose ensemble, en commun ; o&#249; les actions imposent leur temps dans un pr&#233;sent v&#233;cu dans son devenir, hors de tout programme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Garc&#237;a Calvo, &lt;i&gt;Contra el Tiempo&lt;/i&gt;, Zamora, Lucina, 1993, p. 134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le mot &#171; horloge &#187; ne doit pas induire en erreur, les rythmes endog&#232;nes n'ont pas le caract&#232;re m&#233;canique immuable des pendules. Ils sont r&#233;ceptifs aux variations ext&#233;rieures auxquelles leurs oscillations s'ajustent. Les pendules sont l'exemple par excellence des syst&#232;mes en &#233;quilibre, tr&#232;s rares dans la nature, alors que les &#234;tres vivants se trouvent plut&#244;t dans un &lt;i&gt;steady state&lt;/i&gt;, &#233;tat stationnaire de non-&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Reinberg, &lt;i&gt;Les rythmes biologiques&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1993, 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d., p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Winfree, &lt;i&gt;Les horloges de la vie. Les math&#233;matiques du rythme&lt;/i&gt;, Paris, Belin, 1994, p. 49 et 135.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Racle, &lt;i&gt;La science des rythmes et la vie quotidienne&lt;/i&gt;, Paris, Retz, 1986, p. 32-41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Goldbeter, &lt;i&gt;Rythmes et chaos dans les syst&#232;mes biochimiques et cellulaire&lt;/i&gt;, Paris, Masson, 1990, p. 270-271.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Goldbeter, &#171; Temps et rythmes biologiques &#187;, &lt;i&gt;Revue de l'Universit&#233; de Bruxelles&lt;/i&gt;, 1988, 1-2, p. 93-102.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. Morin, &lt;i&gt;La m&#233;thode. La Nature de la Nature&lt;/i&gt;,Paris, Seuil, 1977, p. 203.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce n&#233;ologisme a &#233;t&#233; forg&#233; par les sociologues Marcel Bolle de Bal et Michel Maffesoli. C'est un mot valise qui conjugue les termes &lt;i&gt;relier&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;alliance&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristoxenus Tarentinus, &lt;i&gt;Elementa Rhythmica&lt;/i&gt;, &#233;dition de Lionel Pearson, Oxford, Clarendon Press, 1990, 8, p. 5 et p. 21, p. 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B. Smith (&#233;d.), &lt;i&gt;Foundations of Gestalt Theory&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, Philosophia Verlag, 1988, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Maffesoli, &lt;i&gt;La transfiguration du politique&lt;/i&gt;, Paris, Grasset &amp; Fasquelle, 1992, p. 148.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S. Weil, &lt;i&gt;L'enracinement&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1949, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. Durkheim, &lt;i&gt;De la division du travail social&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1986, (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. 1930), p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S. Lupasco, &lt;i&gt;Logique et Contradiction&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1947, p. 226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une vision plus approfondie de la notion de &lt;i&gt;reliance&lt;/i&gt; voir M. Bolle De Bal, &lt;i&gt;La tentation communautaire&lt;/i&gt;, Bruxelles, Editions de l'Universit&#233; de Bruxelles, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. T. Hall, &lt;i&gt;Au-del&#224; de la culture&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1979, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.-M. Guyau, Les probl&#232;mes de l'esth&#233;tique contemporaine, Paris, F&#233;lix Alcan, 1921, 10&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d., (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt;, 1911) , p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. McLuhan, &lt;i&gt;Pour comprendre les m&#233;dia&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1968, p. 142.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H. Lefebvre, &#201;l&#233;ments de rythmanalyse. Paris, Syllepse, 1992, p. 42.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Scheler, &lt;i&gt;Nature et formes de la sympathie&lt;/i&gt;, Paris, Payot, 1971, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Lapassade, &lt;i&gt;Essai sur la transe&lt;/i&gt;, Paris, Jean-Pierre Delarge, 1976, p. 135-137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J. Duvignaud, &lt;i&gt;Le Don du rien&lt;/i&gt;, Paris, Stock, 1977, p. 35 et 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Lapassade, &lt;i&gt;Essai sur la transe, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 211.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Durand, &lt;i&gt;Les structures anthropologiques de l'imaginaire&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, 1984, (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. 1969), p. 389.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;finition de J. P. Moebius,&lt;i&gt; in &#220;ber Astasie-Abasie&lt;/i&gt;, 1894, cit&#233;e par J. Laplanche et J.-B Pontalis, &lt;i&gt;Vocabulaire de la Psychanalyse&lt;/i&gt;, Paris, P.U.F., 1973, (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.), p. 146.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H. Bergson, &lt;i&gt;Essai sur les donn&#233;es imm&#233;diates de la conscience&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1927, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H. Bergson, &lt;i&gt;Essai sur les donn&#233;es imm&#233;diates de la conscience, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 12.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R. Dumesnil, &lt;i&gt;Le rythme musical&lt;/i&gt;, Paris, La Colombe, &#233;d. du Vieux Colombier, 1949, p. 71 et 82.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;U. Ceria et S. Lombardi, &#171; Sur la redondance. La r&#233;p&#233;tition comme cl&#233; de l'&#234;tre ensemble t&#233;l&#233;vis&#233; &#187;, &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, n&#176; 51, 1996, p. 67-75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H. Bergson, &lt;i&gt;Mati&#232;re et m&#233;moire&lt;/i&gt;, Paris, P.U.F., 1985, (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. 1939), p. 82 &lt;i&gt;et sq&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Luria cit&#233; par Edward T. Hall &lt;i&gt;in Au del&#224; de la culture, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Leroi-Gourhan, &lt;i&gt;Le geste et la Parole &#8211; Vol II &#8211; La m&#233;moire et les rythmes&lt;/i&gt;, Paris, Albin Michel, 1969, p. 136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Calvo, &lt;i&gt;Contra el Tiempo, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 284.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. T. Hall, &lt;i&gt;Au del&#224; de la culture, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 87-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Tarde, &lt;i&gt;Les lois de l'imitation&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 1993, (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. 1890), p. 12-15, 37, 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Simmel, &#171; La sociabilit&#233; &#187;, &lt;i&gt;in Sociologie et &#233;pist&#233;mologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1981, p. 121-136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cet aspect a un pendant physique rappel&#233; par Herbert Spencer, les conditions d'absence de rythme seraient l'existence d'un infini vide qui permettrait un mouvement continu &#224; travers l'espace en ligne droite &#224; tout jamais. H. Spencer, &#171; Rythme du mouvement &#187; dans &lt;i&gt;Les premiers principes&lt;/i&gt;, (trad. M. E. Cazelles), Paris, Felix Alcan, 1894, p. 226-245.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Brelet, &lt;i&gt;Le temps musical &#8211; Vol I &#8211; La forme sonore et la forme rythmique&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1949, p. 295-297.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le r&#233;cent grand succ&#232;s populaire des enregistrements de chant gr&#233;gorien est peut-&#234;tre l'indicateur d'une sensibilit&#233; &#224; cette forme de rythme sans mesure.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Toutefois si l'on con&#231;oit la notion de sens selon l'&#233;laboration th&#233;orique de Niklas Luhmann, la contradiction y est incluse, puisque chaque sens comprend sa propre n&#233;gation. Il est l'unit&#233; de la diff&#233;rence entre le r&#233;el et le possible, la contradiction &#233;tant un moment de l'autor&#233;f&#233;rence du sens. N. Luhmann, &lt;i&gt;Soziale Systeme. Grundrib einer allgemeinen Theorie&lt;/i&gt;, Frankfurt am Main, Suhrkamp, 1981, p. 494.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Calvo, &lt;i&gt;Contra el Tiempo, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'entends par &lt;i&gt;arythmie &lt;/i&gt; l'absence de rythme. Cela prend plusieurs aspects, des ph&#233;nom&#232;nes qui se produisent de fa&#231;on d&#233;sordonn&#233;e, sans cadence, des variations sans r&#233;p&#233;tition, comme dans l'exemple de l'arythmie cardiaque. Le rythme implique une modulation entre des moments diff&#233;rents, quant &#224; la dur&#233;e, l'intensit&#233;, etc., avec des intervalles. Je parle d'arythmie aussi quand cette modulation est absente dans une r&#233;p&#233;tition monotone du m&#234;me ou dans une continuit&#233; qui ne laisse pas de place &#224; l'intervalle, &#224; la rupture. Le rythme est un agencement p&#233;riodique, et non obligatoirement isochrone. Lorsque la multiplicit&#233; d'&#233;l&#233;ments agenc&#233;s ou la p&#233;riodicit&#233; sont &#233;vinc&#233;s, il s'agit aussi d'arythmie. Je voudrais rappeler aussi ici la diff&#233;rence entre rythme et tempo (vitesse). Il peut para&#238;tre paradoxal de parler d'arythmie dans la modernit&#233;, alors que l'on est tellement habitu&#233; &#224; entendre parler du &#171; rythme tr&#233;pidant &#187; des soci&#233;t&#233;s industrielles. Il s'agit ici de la vitesse et de l'acc&#233;l&#233;ration avec laquelle les choses se passent, les &#233;changes se produisent, les informations arrivent, les moyens de transport et de communication fonctionnent, mais non du rythme &#224; proprement parler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Le &#8220;m&#234;me&#8221; appara&#238;t toujours sous les esp&#232;ces de l'&#8220;autre&#8221; recr&#233;e et retrouv&#233; en un moment diff&#233;rent du temps qui lui donne la coloration originale et imm&#233;diate [...] Ce sont deux moments diff&#233;rents qui re&#231;oivent la m&#234;me forme, la variation incessante d'un th&#232;me &#187;, G. Brelet, &lt;i&gt;Le temps musical, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 264.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je ne suis pas d'accord, donc, avec Henri Lefebvre qui affirme &#171; partout o&#249; il y a rythme, il y a mesure, c'est &#224; dire loi, obligation calcul&#233;e et pr&#233;vue, projet &#187; (H. Lefebvre, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments de rythmanalyse, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 17). C'est le temps homog&#232;ne, quantitatif, &#233;talon de mesure, de l'horloge qui permet le calcul, la pr&#233;vision, le projet, et non la multiplicit&#233; des rythmes qui se font au fur et &#224; mesure, dans le moment m&#234;me, suivant les activit&#233;s et les situations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Young, &lt;i&gt;The Metronomic Society&lt;/i&gt;, London, Thames &amp; Hudson, 1988, p. 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Foucault, &lt;i&gt;Surveiller et Punir&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1975, p. 153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. Zerubavel, &lt;i&gt;Hidden Rhythms&lt;/i&gt;, The University of Chicago Press, 1981, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le m&#233;tronome fut aussi cr&#233;&#233; dans cette &#233;poque, bien qu'il n'ait &#233;t&#233; brevet&#233; qu'en 1816.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le d&#233;veloppement du travail de nuit aujourd'hui illustre cette tendance qui brise ainsi la &#171; fronti&#232;re &#187; des rythmes biologiques du repos nocturne, cf. M. Melbin,&lt;i&gt; Night as Frontier. Colonizing the World after Dark&lt;/i&gt;, New York, Free Press Macmillan, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F. W. Taylor, &#171; Direction des ateliers &#187; &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; F. W. Taylor &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Organisation du travail et &#233;conomie des entreprises&lt;/i&gt;, Paris, Les &#201;ditions d'Organisation, 1990, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Foucault, &lt;i&gt;Surveiller et Punir&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 154.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B. Coriat, &lt;i&gt;L'Atelier et le Chronom&#232;tre. Essai sur le taylorisme, le fordisme et la production en masse&lt;/i&gt;, Paris, Christian Bourgeois, 1979, p. 76.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;M. Bolle De Bal, La tentation communautaire, Bruxelles, &#201;ditions de l'Universit&#233; de Bruxelles, 1985, p. 120.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;G. Debord, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; du spectacle&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1992 (1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. 1967), p. 149-159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. P. Thompson, &#171; Time, work-discipline, and industrial capitalism &#187;, &lt;i&gt;Past and Present&lt;/i&gt;, 36, 1967, p. 86. Tr. fr. &#171; Temps, travail et capitalisme industriel &#187;, &lt;i&gt;Libre &lt;/i&gt; (5), Paris, Payot, 1978. La mythique gr&#232;ve de 1936 pour les 40 heures et les cong&#233;s pay&#233;s est un bon exemple de ce changement dans les revendications ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E.T. Hall, &lt;i&gt;La dimension cach&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1971, p. 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. Goffman, &lt;i&gt;Asiles&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1969.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;N. Elias, &lt;i&gt;Du temps&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 1997, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;N. Elias, &lt;i&gt;Du temps&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 157.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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