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		<title>Le temps de l'individuation sociale
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		<dc:date>2013-05-25T19:14:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benjamin Fernandez
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&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la Revue du MAUSS, 2011/2, n&#176; 38, p. 339-348. Nous remercions Benjamin Fernandez et Alain Caill&#233; de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. &#171; Ce que nous vendons &#224; Coca-cola, c'est du temps de cerveau disponible. &#187; Patrick Lelay, ancien pr&#233;sident de la cha&#238;ne priv&#233;e fran&#231;aise TF1 (2004) La pens&#233;e moderne, h&#233;riti&#232;re des Lumi&#232;res, avait accouch&#233; de la figure du sujet libre : une conscience de soi, substance stable et indivisible (Descartes), actrice du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique47" rel="directory"&gt;Comment penser le pouvoir dans le monde contemporain ?
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La liquidation du sujet moderne&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire_0'&gt;La liquidation du sujet moderne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le pouvoir rythmique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire_1'&gt;Le pouvoir rythmique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Lib&#233;rer l'individuation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire_2'&gt;Lib&#233;rer l'individuation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'autre modernit&#233;&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire_3'&gt;L'autre modernit&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire_4'&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la&lt;/i&gt; Revue du MAUSS, &lt;i&gt;2011/2, n&#176; 38, p. 339-348. Nous remercions Benjamin Fernandez et Alain Caill&#233; de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;DIV ALIGN=RIGHT&gt;&#171; Ce que nous vendons &#224; Coca-cola,
&lt;p&gt;c'est du temps de cerveau disponible. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Patrick Lelay, ancien pr&#233;sident&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de la cha&#238;ne priv&#233;e fran&#231;aise TF1 (2004)&lt;/p&gt;
&lt;/DIV&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La pens&#233;e moderne, h&#233;riti&#232;re des Lumi&#232;res, avait accouch&#233; de la figure du sujet libre : une conscience de soi, substance stable et indivisible (Descartes), actrice du langage et d'un processus historique d'&#233;mancipation contre les autorit&#233;s ill&#233;gitimes et ext&#233;rieures &#224; la raison (Kant), support de droits au nom d'un fondement naturel : l'aspiration inn&#233;e &#224; la libert&#233; et en lutte contre toutes les formes d'ali&#233;nation (Rousseau). Il &#233;tait le socle d'un projet : l'&#233;mancipation de l'humanit&#233; &#224; travers l'effort de chacun pour acc&#233;der &#224; l'autonomie de la volont&#233;. Ce projet est en passe d'&#234;tre effac&#233; par les discours de la &#171; postmodernit&#233; &#187; : d'abord, les philosophies de la d&#233;construction, qui ont critiqu&#233; les grands r&#233;cits m&#233;taphysiques et historiques pour d&#233;crire l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des processus individuels irr&#233;ductibles &#224; toute transcendance ; puis, par un certain courant de la sociologie qui observe l'apparition d'un individu nouveau, jouisseur, inconstant et prot&#233;iforme, voguant au gr&#233; des flux mondialis&#233;s. La figure du sujet moderne, dress&#233; contre l'oppression et en qu&#234;te de ses droits, laisse place &#224; celle de l'individu postmoderne qui aurait, &lt;i&gt;de fait&lt;/i&gt;, la libert&#233; de s'orienter dans un monde ouvert, affranchi des normes et des autorit&#233;s arbitraires, un monde hybride dans lequel &lt;i&gt;l'&#233;tranget&#233;&lt;/i&gt; n'est plus &#224; assimiler mais &#224; consommer. Ces nouvelles &#171; conditions de l'homme &#187; postmoderne font appara&#238;tre les conceptions modernes de la libert&#233; comme obsol&#232;tes. Qu'y a-t-il en effet &#224; conqu&#233;rir si la libert&#233; est un acquis ? Quel besoin d'&#234;tre en qu&#234;te de sa subjectivit&#233; s'il n'y a plus d'ali&#233;nation ? Quelle n&#233;cessit&#233; de s'&#233;manciper si les structures de domination se sont &#233;croul&#233;es ? Quels efforts de subjectivation sont n&#233;cessaires si les normes invisibles se sont &#233;vapor&#233;es ? L'autonomie, qui &#233;tait encore il y a quelques ann&#233;es l'enjeu d'un &#226;pre combat dans le champ intellectuel et social, appara&#238;t m&#234;me comme un acquis&#8230; Les individus ne sont-ils pas invit&#233;s &#224; &#234;tre toujours plus &#171; autonomes &#187; dans leur environnement de travail et priv&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un tel pr&#233;suppos&#233; ne va pas sans poser de probl&#232;me. D'une part, parce que ce processus d'individualisation contemporain triomphe avec le d&#233;clin du collectif, l'&#233;rosion des solidarit&#233;s et l'exposition &#224; la violence de l'&#233;conomie lib&#233;rale. D&#233;barrass&#233; des contraintes ext&#233;rieures et des autorit&#233;s traditionnelles, lib&#233;r&#233; des grands id&#233;aux, libre de naviguer dans les flux mondialis&#233;s, l'individu &#171; postmoderne &#187; jouirait d'une libert&#233; qui le dispenserait des rep&#232;res collectifs et des exigences d'&#233;mancipation sociale. Une libert&#233; paradoxalement g&#233;n&#233;ratrice de pathologies, puisqu'elle nourrit un sentiment largement partag&#233; dans les soci&#233;t&#233;s prises dans la conversion au lib&#233;ralisme mondial : celui d'une incertitude grandissante, d'une ins&#233;curit&#233; constante et d'une terrible impuissance devant la multiplication et l'acc&#233;l&#233;ration des flux qui agitent le monde. D'autre part, le probl&#232;me est que cet individu pris et compris comme flux est la cible de pouvoirs que la critique philosophique et sociologique parvient difficilement &#224; identifier. Ces formes de pouvoir ont radicalement chang&#233; avec les infrastructures techniques qui se sont d&#233;velopp&#233;es durant les vingt derni&#232;res ann&#233;es, au premier rang desquelles les techniques de communication qui sont au c&#339;ur des strat&#233;gies industrielles contemporaines. Notamment, cet individu est largement model&#233; par un ciblage marketing d'une efficacit&#233; redoutable pour sid&#233;rer les consciences et les rendre &#171; disponibles &#187;, ce qui autorisait le cynique aveu de M. Lelay. Devant le constat postmoderne de la coexistence des dur&#233;es h&#233;t&#233;rog&#232;nes, l'enjeu du pouvoir serait donc de &lt;i&gt;contr&#244;ler ces dur&#233;es&lt;/i&gt;, les mobiliser et les synchroniser pour produire massivement des comportements de consommation au service de la croissance du volume de march&#233;. Dans son r&#234;ve fou d'une soci&#233;t&#233; fluide et synchrone, il vise essentiellement &#224; &#233;liminer la diachronie, c'est-&#224;-dire la pluralit&#233; temporelle du social qui rythme la d&#233;mocratie politique, et marque la fi n du processus d'individuation historique et social ouvert par la modernit&#233; des Lumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il para&#238;t alors &#233;clairant de proposer une analyse rythmique de l'individuation sociale, et d'identifier les pouvoirs qui organisent les rythmes sociaux en faveur de l'&#233;conomie de march&#233;s (une &lt;i&gt;individualisation &lt;/i&gt; capitaliste). Penser la question de la lib&#233;ration suppose alors de se demander comment sortir de l'individualisation qui rive les individus &#224; une adaptation perp&#233;tuelle aux rythmes du march&#233; mondialis&#233;, pour amorcer une nouvelle &lt;i&gt;individuation &lt;/i&gt; sociale qui permette cette participation des individus &#224; la cr&#233;ativit&#233; sociale, aux &lt;i&gt;choix de soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;. Des rythmes qui d&#233;jouent l'organisation utilitariste de l'individualisation pour permettre une organisation autour du don, de la participation, de la reconnaissance et du partage, et ainsi &#224; l'individu de se coindividuer avec les autres, plut&#244;t que &lt;i&gt;contre &lt;/i&gt; les autres.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La liquidation du sujet moderne&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage des philosophies du soup&#231;on (le triptyque Marx, Nietzsche, Freud), la d&#233;construction du sujet comme support imaginaire des grands r&#233;cits historiques (l'&#233;mancipation, la nation, la science) et de toutes les transcendances collectives (l'Esprit, le destin) se sont accompagn&#233;s d'une m&#233;fiance envers les collectifs, toujours producteurs de normes, de servitudes et d'assujettissement. Foucault [1969] mettait en avant la n&#233;cessit&#233; de partir de la dispersion des &#233;nonc&#233;s observables et Deleuze et Guattari [1980] celle de renoncer &#224; toute reconstruction dialectique d'une unit&#233; pour laisser s'&#233;panouir les organisations rhizomiques cr&#233;atrices. Cette critique envisageait avant tout de lutter contre des &#233;pist&#233;mologies mystificatrices et homog&#233;n&#233;isantes, qui ne laissaient aucune place au sens des &#233;v&#233;nements, &#224; leur multiplicit&#233; irr&#233;ductible. Par peur des syst&#232;mes d'oppression, et confiants dans la libert&#233; de chacun de construire ses propres projets ainsi que dans le pouvoir des &#171; multitudes &#187; [Negri, Hardt, 2000], les penseurs qui ont suivi la critique, baptis&#233;e &#171; postmoderne &#187; par les lecteurs outre-Atlantique, n'ont pas su discerner la r&#233;alit&#233; qui se transformait sous leurs yeux et ils ont renonc&#233; &#224; d&#233;passer le niveau de l'action des individus sur eux-m&#234;mes. Cette critique triomphante s'est paradoxalement traduite par un refus de s'engager dans tout ce qui pourrait se rapprocher d'un projet de soci&#233;t&#233; et d'une d&#233;fiance envers les capacit&#233;s constructrices de la raison qui font aujourd'hui probl&#232;me. La critique du sujet s'est accompagn&#233;e d'une fascination pour la lib&#233;ration des flux, sans prendre garde que cette mutation de l'individu n'&#233;tait en rien contradictoire avec le projet &#233;conomique de croissance infinie de la production et de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Lyotard [1979] l'avait compris, lorsqu'il utilisait, pour la premi&#232;re, le terme &#171; postmoderne &#187; pour d&#233;signer une &#233;poque o&#249; les savoirs sont fragment&#233;s et accapar&#233;s par des finalit&#233;s militaro-industrielles. Celui-ci ne se contentait d'ailleurs pas de r&#233;v&#233;ler l'inexorable d&#233;l&#233;gitimation des grands discours historiques mais il a d&#233;crit avec pr&#233;cision le d&#233;veloppement d'une technoscience utilitariste et pragmatique qui ne lui paraissait pas moins dangereuse que les id&#233;ologies pass&#233;es. Ce n'est qu'apr&#232;s cela que le terme rev&#234;tira, dans le champ de la sociologie de l'individu, un sens heuristique positif. Gilles Lipovetsky [2001] d&#233;signe sous le nom de &#171; postmodernit&#233; &#187; une &#233;poque postdisciplinaire caract&#233;ris&#233;e par l'&#233;ph&#233;m&#232;re, la mode, le spectaculaire et la c&#233;l&#233;bration du pr&#233;sent. Dans le mod&#232;le de cette soci&#233;t&#233; postmoderne, les ph&#233;nom&#232;nes sociaux s'expliquent moins par l'ali&#233;nation ou la discipline que par la &lt;i&gt;s&#233;duction&lt;/i&gt;. L'analyse de l'individu postmoderne d&#233;note une authentique curiosit&#233; pour les nouvelles pratiques sociales mais aussi une fascination pour les flux : du nouvel &#171; h&#233;donisme &#187; salu&#233; par Lipovestsky, jusqu'&#224; la c&#233;l&#233;bration d'un nouveau &#171; temps des tribus &#187;, chez Michel Maffesoli, o&#249; les individus fusionnent dans une &#171; osmose avec l'alt&#233;rit&#233; &#187; [Maffesoli, 2004, p. 111]. Comment ne pas s'exalter devant cet atome libre dans un espace-temps r&#233;ticulaire sans centre ni p&#233;riph&#233;rie, o&#249; les individus et les objets &#171; nomades &#187; se rencontrent selon un plan horizontal et sont libres de cr&#233;er leur identit&#233; &#171; hybride &#187; &#224; partir d'&#233;l&#233;ments disparates ? Nouvelles &lt;i&gt;&#171; fables postmodernes &#187;&lt;/i&gt; &#8211; pour reprendre la formule de Lyotard &#8211; aux sonorit&#233;s publicitaires qui font &#233;cho &#224; la l&#233;gitimation id&#233;ologique du programme &#233;conomique plan&#233;taire. Ces fables sont en effet moins r&#233;v&#233;latrices d'une faillite des grands r&#233;cits que du tissage d'une nouvelle narration &#233;pique de la mondialisation &#171; in&#233;luctable &#187; du capitalisme de march&#233;s, qui emprunte les concepts et m&#233;taphores &#224; vocation r&#233;volutionnaire de la d&#233;construction &#8211; ceux du r&#233;seau (fluide, homog&#232;ne, lisse et hybride) &#8211; au service d'une apologie des virtualit&#233;s ir&#233;niques du march&#233; mondial (libre, autor&#233;gul&#233;, sans obstacle et en croissance infinie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'individu de la fable postmoderne n'est autre que le nouvel &lt;i&gt;homo oeconomicus&lt;/i&gt;, parfaitement adapt&#233; au &#171; nouveau monde &#187; de la mondialisation lib&#233;rale. Fluide, nomade, sans transcendance ni exigence, ce &lt;i&gt;self-made-man&lt;/i&gt; abandonne les mythes d'&#233;mancipation aux hordes de perdants, de frustr&#233;s, et autres inadapt&#233;s de l'&#233;conomie dominante. Lanc&#233; dans la comp&#233;tition perp&#233;tuelle et la recherche effr&#233;n&#233;e de satisfaction de tous ses d&#233;sirs, ignorant qu'il vit en soci&#233;t&#233;, l'individu postmoderne est un individu par exc&#232;s dans la vie priv&#233;e. Mais il est aussi un individu &lt;i&gt;par d&#233;faut&lt;/i&gt; dans la vie professionnelle et sociale, de plus en plus priv&#233; de droits sociaux et de reconnaissance face aux exigences &#233;conomiques, pr&#233;caris&#233;, sans appui ni droit devant la hi&#233;rarchie [Castel, 2004, p. 119-128.]. &#192; rebours du contrat social de Rousseau, le contrat lib&#233;ral scelle l'&#233;change de la libert&#233; politique (disparue avec les l&#233;gitimit&#233;s et les transferts de pouvoir &#233;conomiques) contre la libert&#233; priv&#233;e. Zigmunt Bauman [2007] montre que cette &#171; modernit&#233; liquide &#187; est g&#233;n&#233;ratrice de s&#233;lection et d'exclusion : elle produit une frange d'individus exclus des rythmes du capitalisme, rejet&#233;s comme inutiles : ch&#244;meurs, immigr&#233;s et sans-papiers, sans toit et sans droits. Pour ces derniers, le &#171; pr&#233;sent liquide &#187; est justement cette absence de rep&#232;res, d'espaces propres. L'&#232;re de la &#171; modernit&#233; liquide &#187; serait celle de la liquidation des droits sociaux, dont les premi&#232;res cons&#233;quences sont la hantise de l'ins&#233;curit&#233; et la transformation de l'&#201;tat qui, en se retirant de son r&#244;le de protection sociale et de r&#233;gulation &#233;conomique, se replie sur un r&#244;le de plus en plus exclusiviste et r&#233;pressif. De m&#234;me, pour l'historien Pascal Michon, qui analyse les nouvelles formes de pouvoir dans le &#171; monde fluide &#187;, la soci&#233;t&#233; qui voit le jour n'a pas la labilit&#233; d'un vaste flux sans entrave, elle se construit d&#233;sormais avant tout dans l'organisation et le contr&#244;le des rythmes, ainsi que dans les classements qu'ils produisent [Michon, 2007, p. 32].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, la critique des discours totalisants et la c&#233;l&#233;bration des flux et des pluralit&#233;s prolif&#233;rantes ne sont plus efficaces contre un pouvoir qui n'est plus un pouvoir de construction de sujets disciplin&#233;s par les normes religieuses ou les hi&#233;rarchies militaires et familiales, mais un pouvoir &#233;conomique et technique de d&#233;construction des sujets politiques et de gestion des flux, notamment des flux de d&#233;sirs, en vue de produire des comportements producteurs, consommateurs et sp&#233;culateurs. L'&#233;conomie lib&#233;rale de march&#233;s n'a pas besoin de sujets, elle a besoin de contr&#244;ler les flux qui mobilisent les individus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le pouvoir rythmique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'expansion extr&#234;mement rapide de l'&#233;conomie de march&#233; mondialis&#233;e n&#233;cessite l'instauration d'une temporalit&#233; politique et sociale sp&#233;cifique : productiviste, acc&#233;l&#233;r&#233;e et pr&#233;sentiste, qui devient chaque jour plus d&#233;terminante dans les activit&#233;s humaines. La r&#233;alit&#233; se &#171; pr&#233;sente &#187; &#224; la vitesse d'un &#171; temps r&#233;el &#187; mondial li&#233; &#224; aux propri&#233;t&#233;s de l'information, mat&#233;riau num&#233;rique qui offre d'extraordinaires possibilit&#233;s de gestion du temps. L'imm&#233;diatet&#233; et la vitesse sont devenues les valeurs ma&#238;tresses de l'ensemble des strat&#233;gies &#233;conomiques, politiques, culturelles et sociales. Dans les secteurs financiers, cet acc&#232;s presque imm&#233;diat de tous les op&#233;rateurs financiers aux m&#234;mes informations sur les march&#233;s boursiers engendre des r&#233;actions en masse et une instabilit&#233; chronique. Ce qu'illustre l'anecdote racont&#233;e par l'&#233;crivain Lothar Baier : celle d'un &lt;i&gt;day trader&lt;/i&gt; new-yorkais &#8211; nouveau type de sp&#233;culateur boursier qui mise sur les gains obtenus en une seule journ&#233;e &#8211; qui s'est illustr&#233; en perdant des millions de dollars alors qu'il s'&#233;tait absent&#233; le temps d'avaler un &#171; taco &#187; pour son d&#233;jeuner, faute d'avoir pu, pendant ce moment de distraction, se d&#233;barrasser des valeurs qui s'effondraient pendant ces pr&#233;cieuses et funestes minutes [Baier, 2002]. L'&#171; effet taco &#187;, o&#249; une seconde de perdue peut provoquer l'effondrement du syst&#232;me macrofinancier, est la hantise du monde fluide, qui est d'abord le monde o&#249; le temps s'acc&#233;l&#232;re sans but, o&#249; le temps vient &#224; manquer, et finalement o&#249; le temps rev&#234;t un caract&#232;re nuisible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Paul Virilio [1977] a, le premier, &#233;clair&#233; l'importance de la vitesse non plus seulement comme corollaire du progr&#232;s technique, mais comme strat&#233;gie politique de ma&#238;trise du mouvement des foules, qui culmine avec la puissance de sid&#233;ration des consciences des technologies informationnelles. Cette ma&#238;trise des flux lib&#233;r&#233;s en apparence est rendue possible par la production et la diffusion industrielle plan&#233;taire d'objets techniques sp&#233;cifiques : des appareils rythmiques (audiovisuels et m&#233;diatiques) qui sont au c&#339;ur des industries contemporaines et offrent des capacit&#233;s in&#233;dites de reproduction et de substitution du processus d'&#233;coulement des consciences, et de manipulation des m&#233;moires ext&#233;rioris&#233;es et stock&#233;es dans des dispositifs artificiels [Stiegler, 1996]. &#192; l'organisation panoptique du pouvoir (par l'enfermement et la discipline), succ&#232;de une organisation rythmique &#224; finalit&#233; mercantile qui repose sur deux rythmes : &lt;i&gt;l'acc&#233;l&#233;ration&lt;/i&gt;, qui se traduit par une hypermobilisation des corps et des esprits, et la synchronisation autour d'objets industriels techniques capables de capter l'attention des consciences et de les river sur les m&#234;mes contenus culturels alors m&#234;mes qu'ils ont la conviction de s'orienter librement dans le choix des programmes. Ces deux rythmiques sociales apparaissent comme les leviers (l'h&#233;t&#233;ronomie temporelle et la massification consum&#233;riste) de l'adaptation collective des individus aux tendances de l'&#233;conomie de march&#233;. Les consciences, cibl&#233;es, surstimul&#233;es, synchronis&#233;es par les techniques de communication et d&#233;pass&#233;es par la vitesse de transmission de l'information, perdent peu &#224; peu leur capacit&#233; d'appr&#233;hension et de compr&#233;hension du monde. Car cette organisation rythmique rend probl&#233;matique le temps n&#233;cessairement diachronique de l'&#233;change critique et cr&#233;atif n&#233;cessaire &#224; l'autonomie et la socialisation d&#233;mocratique (l'individuation singuli&#232;re et sociale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est l&#224; la signification du d&#233;passement de la modernit&#233; : la temporalit&#233; moderne du projet humain d'apprentissage, de perfectionnement et d'&#233;mancipation dans l'histoire est abandonn&#233;e au profit d'un temps acc&#233;l&#233;r&#233; de la maximisation imm&#233;diate du profit et de la consommation. Un abandon qui se solde par la perte de participation &#224; l'individuation collective : invit&#233;s &#224; suivre les r&#233;volutions techniques plut&#244;t qu'&#224; participer aux changements sociaux (aux choix de soci&#233;t&#233;), les individus ont de moins en moins de prise sur le monde qui les entoure et le devenir commun.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Lib&#233;rer l'individuation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, les r&#233;flexions autour de l'&#233;mancipation et de la subjectivation, qui reposent sur un sujet solide et stable, n'&#233;clairent pas la mani&#232;re de se d&#233;prendre de cette h&#233;t&#233;ronomie temporelle li&#233;e aux rythmes de l'individualisation marchande. Il faudrait alors porter attention &#224; ce que Gilbert Simondon appelait l'individuation psychosociale (ou transductive) : la relation dynamique ins&#233;parable entre les processus singulier et collectifs (le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt;, qui se co-individuent) dans l'&#233;volution humaine [Simondon, 1997, p. 12], c'est-&#224;-dire le processus dynamique et n&#233;cessairement collectif par lequel chaque personne et chaque groupe s'individue en rapport avec l'ensemble des individus, pour cr&#233;er des formes in&#233;dites de soci&#233;t&#233;. Une explication de la structure de l'&#234;tre essentielle pour comprendre la nature du pouvoir contemporain : la force du pouvoir utilitariste est qu'il s'exerce sur l'individuation, sur les &lt;i&gt;rythmes qui produisent les individus&lt;/i&gt;, et est capable de bloquer toute diachronie, toute individuation collective ; un pouvoir qui n'assujettit plus des sujets mais individualise des individus. L'on observerait d'un c&#244;t&#233; un processus d'&lt;i&gt;individualisation&lt;/i&gt;, caract&#233;ris&#233; par le d&#233;cha&#238;nement des flux et leur captation au profit de la croissance de march&#233;, organis&#233; autour des rythmes de la comp&#233;tition, de l'exclusion et de la r&#233;pression qui induisent une adaptation aux flux &#171; en temps r&#233;el &#187;. La cartographie spatiale : la toile de communication, les maillages de surveillance, l'organisation du travail de type espace ouvert &lt;i&gt;(open space)&lt;/i&gt;, mais aussi les rythmes d'acc&#233;l&#233;ration et de synchronisation travaillent &#224; cette individualisation, qui se double d'une d&#233;composition du social. D'autre part, on peut esquisser un processus d'&lt;i&gt;individuation&lt;/i&gt;, par la participation des individus &#224; la constitution du monde social et son devenir, par co-individuation. La modernit&#233; visait &#224; forger des sujets autonomes qui participent &#224; l'individuation collective, il s'agirait aujourd'hui non plus de lib&#233;rer l'individu mais de lib&#233;rer l'individuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais l'analyse que fait Simondon de l'individuation psychosociale, si elle permet d'&#233;chapper aux projections vides du sujet solide et de l'individu isol&#233;, n'&#233;claire pas les modalit&#233;s sociales de cette individuation. Comme le rappelle Bernard Stiegler, l'individuation est le r&#233;sultat d'un combat pour d&#233;cider des valeurs qui pr&#233;sident au devenir social. Mais elle n&#233;cessite aussi l'invention d'espace-temps, de rythmes qui sont autant de relations singuli&#232;res &#224; cr&#233;er au c&#339;ur m&#234;me des temps sociaux, et donc autant de subjectivations collectives &#224; r&#233;aliser. Car il ne peut y avoir individuation collective sans pratiques concr&#232;tes de subjectivation, productrices de localit&#233;, d'&#233;v&#233;nements et de sens : un sens &lt;i&gt;v&#233;cu et partag&#233;&lt;/i&gt; ; non pas ce qui produit des sujets constitu&#233;s, mais ce qui compose et rythme les forces actives de subjectivit&#233;s potentiellement r&#233;volutionnaires, &#224; travers des pratiques r&#233;flexives affront&#233;es aux rythmes coercitifs. La subjectivation est un processus narratif dans une exp&#233;rience qui requiert l'autre, le pluriel, le &lt;i&gt;diachronique&lt;/i&gt;, une relation dans laquelle le sujet inachev&#233; s'individue dans une &lt;i&gt;parole&lt;/i&gt;, c'est un effort pour dire &#171; je &#187; dans un nous, un je qui ne se r&#233;duise pas &#224; l'illusion de ma&#238;trise et de puissance du moi, ni jamais d&#233;fait du travail des d&#233;terminismes sociaux et psychologiques. Elle exprime une volont&#233; qui rencontre une attention, non pas dans un face &#224; face, mais dans un partage, non pas un &lt;i&gt;contre&lt;/i&gt;, mais un &lt;i&gt;avec&lt;/i&gt;. Une subjectivation qui ne soit pas simplement de rupture, mais de relation : la constitution d'une subjectivation collective &#224; travers le dialogue, la concertation et l'agir ensemble. Elle serait la condition pratique d'un passage &#224; l'action collective, &#224; l'existence politique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'autre modernit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, il faudrait reconna&#238;tre qu'une seconde modernit&#233; est &#224; l'&#339;uvre dans les combats actuels pour retrouver une parole, une individuation collective : hors de l'Occident, au sein de r&#233;flexions encore vives qui cherchent &#224; rendre une visibilit&#233; et une parole aux oubli&#233;s de l'histoire officielle et de la soci&#233;t&#233; globale [Spivak, 2009], mais aussi au c&#339;ur m&#234;me de l'Occident, dans le creuset de mouvements interg&#233;n&#233;rationnels qui recherchent en commun les voies d'une sortie de l'&#233;conomie de march&#233; devenue inhumaine et destructrice des soci&#233;t&#233;s, comme en ont r&#233;cemment t&#233;moign&#233; le Mouvement du 15 mai en Espagne et celui d'Occupy Wall Street qui lui a succ&#233;d&#233;. Ces peuples qui demandent &#224; participer &#224; l'organisation de la soci&#233;t&#233; &#233;laborent une nouvelle &lt;i&gt;intelligence collective&lt;/i&gt;, qui requiert une subjectivation psychique et sociale passant par la prise de conscience collective des d&#233;terminismes socio-&#233;conomiques et la volont&#233; affirm&#233;e de s'en &#233;manciper : un acte collectif d'individuation historique, qui rend au temps son ind&#233;termination, c'est-&#224;-dire ses potentialit&#233;s cr&#233;atrices. Cet acte d'individuation inaugure en effet un rythme qui r&#233;active une qualit&#233; de temps : l'&lt;i&gt;intempestif&lt;/i&gt;. La qualit&#233; d'intempestivit&#233; d&#233;crit la capacit&#233; de se d&#233;prendre du temps (actuel) pour rouvrir le temps (&#224; venir), commencer une &#233;poque nouvelle. L'intempestif traduit l'imp&#233;ratif &lt;i&gt;critique &lt;/i&gt; du contretemps, de l'&#233;cart, pour ouvrir le temps sur le devenir, sur le changement. Dans une perspective maussienne et anti-utilitariste, cette qualit&#233; de temps intempestive, la rupture du temps ordinaire pour ouvrir sur un devenir impr&#233;dictible, n'est autre que la temporalit&#233; du &lt;i&gt;don contre don&lt;/i&gt; dont a besoin toute soci&#233;t&#233; pour s'individuer, c'est-&#224;-dire se recr&#233;er en mobilisant la participation de tous les individus qui la composent. Le rythme du don est le temps de la participation, le rythme intempestif et n&#233;cessairement diachronique dans lequel se noue une relation impr&#233;dictible et s'exp&#233;rimente la libert&#233; collective de r&#233;activer le devenir social. Une temporalit&#233; n&#233;cessairement diachronique, qui implique l'attention, la r&#233;flexion, la reconnaissance de l'autre, l'&#233;change dont le r&#233;sultat est impr&#233;visible et non quantifiable, et donc une certaine &lt;i&gt;libert&#233; de temps&lt;/i&gt; : du temps sans mesure, un &lt;i&gt;don de temps&lt;/i&gt;. Qu'y a-t-il de plus pr&#233;cieux &#224; offrir que du temps quand celui-ci vient &#224; manquer ? Offrir du temps et, par l&#224; m&#234;me, rendre au temps sa puissance d'ind&#233;termination, peut &#234;tre l'acte fondateur de lib&#233;ration qui permet l'individuation psychique et collective.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=177#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;BAIER L., 2002, &lt;i&gt;Pas le temps&lt;/i&gt;, Paris, Actes Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
BAUMAN Z., 2007, &lt;i&gt;Le Pr&#233;sent liquide : peurs sociales et obsession s&#233;curitaire&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
CASTEL R., 2004, &#171; La face cach&#233;e de l'individu hypermoderne : l'individu par d&#233;faut &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; AUBERT N. (dir.), &lt;i&gt;L'Individu hypermoderne&lt;/i&gt;, Paris, Er&#232;s, &#171; Sociologie clinique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
DELEUZE G. et Guattari F., 1980 &lt;i&gt;Milles Plateaux&lt;/i&gt;, Paris, Minuit,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
FOUCAULT M., 1969, &lt;i&gt;L'Arch&#233;ologie du savoir&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
LYOTARD, J.-F., 1979, &lt;i&gt;La Condition postmoderne&lt;/i&gt;, Paris, Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
MAFFESOLI M., 2004, &lt;i&gt;Le Rythme de la vie. Variations sur la sensibilit&#233; postmoderne&lt;/i&gt;, Paris, La Table ronde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
MICHON P., 2007, &lt;i&gt;Les Rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Les Prairies ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
LIPOVETSKY G., 1987, &lt;i&gt;L'Empire de l'&#233;ph&#233;m&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SIMONDON G., 1997, &lt;i&gt;L'Individu et sa gen&#232;se physico-biologique&lt;/i&gt;, Paris, Milon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
SPIVAK G., 2009, &lt;i&gt;Les Subalternes peuvent-elles parler ?&lt;/i&gt;, Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
STIEGLER B., 1996-2001, &lt;i&gt;La Technique et le Temps&lt;/i&gt;, 3 tomes, Paris, Galil&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
VIRILIO P., 1977, &lt;i&gt;Vitesse et Politique : essai de dromologie&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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