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	<title>Rhuthmos</title>
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		<title>Rhuthmos</title>
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		<title>Repr&#233;senter et persuader dans la rh&#233;torique exemplaire cistercienne (1150-1250)
</title>
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		<dc:date>2014-06-25T18:21:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce projet est le fruit d'un travail qui a pris forme petit &#224; petit. Je l'ai pr&#233;sent&#233; au comit&#233; de la section 32 du CNRS en 2010, 2011, 2012 et en 2013. Je souhaite ici en soumettre des aspects au regard critique de l'internaute &#233;clair&#233; qui rend visite &#224; Rhuthmos. Le concept de rythme &#233;tait l'objet de ma th&#232;se consacr&#233;e au numerus oratoire et musical. Il intervient encore dans ce projet, de fa&#231;on moins centrale, certes, mais tout de m&#234;me&#8230; l'analyse rythmique demeure un outil essentiel pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Pr&#233;sentation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Pr&#233;sentation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Corpus&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Corpus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Concepts scientifiques&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Concepts scientifiques&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Mise en &#339;uvre&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Mise en &#339;uvre&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;Ce projet est le fruit d'un travail qui a pris forme petit &#224; petit. Je l'ai pr&#233;sent&#233; au comit&#233; de la section 32 du CNRS en 2010, 2011, 2012 et en 2013. Je souhaite ici en soumettre des aspects au regard critique de l'internaute &#233;clair&#233; qui rend visite &#224; &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;. Le concept de rythme &#233;tait l'objet de ma th&#232;se consacr&#233;e au &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; oratoire et musical. Il intervient encore dans ce projet, de fa&#231;on moins centrale, certes, mais tout de m&#234;me&#8230; l'analyse rythmique demeure un outil essentiel pour qui s'int&#233;resse &#224; la rh&#233;torique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Pr&#233;sentation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis mon doctorat, l'ensemble de mes travaux de recherche ont pour objectif de r&#233;pondre &#224; cette question : quels sont les outils dans le discours antique et m&#233;di&#233;val qui permettent de persuader par les &#233;motions ? C'est dans cette optique que je me suis lanc&#233;e dans l'&#233;tude du rythme latin &lt;i&gt;(numerus)&lt;/i&gt; : je l'ai appr&#233;hend&#233; &#224; la fois comme une composante dans des syst&#232;mes de pens&#233;e (philosophique, musical, rh&#233;torique, grammatical) antiques et m&#233;di&#233;vaux et comme un outil de communication convoqu&#233; dans le discours. La perspective rh&#233;torique que j'ai choisi d'adopter me conduit ainsi &#224; concevoir le discours comme un &#233;nonc&#233; destin&#233; &#224; persuader un auditoire d&#233;fini, dans le respect de principes sp&#233;cifiques, &#233;nonc&#233;s dans les trait&#233;s antiques et m&#233;di&#233;vaux. Je conserve ce fil directeur dans ce projet, mais j'&#233;largis consid&#233;rablement l'angle d'approche des textes. Mon objectif ici est d'identifier les outils oratoires qui permettent au discours cistercien, dans les premiers r&#233;cits exemplaires (1150-1250) de persuader en &#233;laborant et en suscitant des &lt;i&gt;images&lt;/i&gt; propres &#224; affecter les sens, les &#233;motions et les croyances du lecteur / auditeur. Je d&#233;finis l'image m&#233;di&#233;vale conform&#233;ment &#224; l'h&#233;ritage augustinien, c'est-&#224;-dire comme un &lt;i&gt;signe&lt;/i&gt; qui r&#233;clame une herm&#233;neutique : un objet (mat&#233;riel ou mental comme ici) qui renvoie &#224; autre chose qu'&#224; lui-m&#234;me et qui doit &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un renvoi visible (par les sens charnels ou spirituels) &#224; l'invisible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Wirth, 2008, p. 35 ; Boulnois, 2008, p. 38 ; 93.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette d&#233;finition recouvre ainsi trois domaines : &#171; celui des images mat&#233;rielles &lt;i&gt;(imagines),&lt;/i&gt; celui de l'imaginaire &lt;i&gt;(imaginatio),&lt;/i&gt; fait d'images mentales, oniriques et po&#233;tiques ; et enfin celui de l'anthropologie et de la th&#233;ologie chr&#233;tiennes, fond&#233;es sur une conception de l'homme cr&#233;&#233; &lt;i&gt;ad imaginem Dei&lt;/i&gt; et promis au salut par l'Incarnation du Christ &lt;i&gt;imago Patris&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schmitt, 2002, p. 54.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La question &#224; laquelle je souhaite r&#233;pondre est donc la suivante : comment les images construites par le r&#233;cit exemplaire, ancr&#233;es dans un contexte th&#233;ologique particulier, poussent-elles l'auditeur &#224; produire ses propres images mentales et &#224; adh&#233;rer au propos du pr&#233;dicateur ? Autrement dit, il s'agit d'analyser les modalit&#233;s de la &lt;i&gt;repr&#233;sentation oratoire &lt;/i&gt;dans la rh&#233;torique cistercienne : ses mod&#232;les, sa mise en &#339;uvre (et c'est ici que le rythme intervient), ses effets. Il est certain que pour mener &#224; bien un tel projet, l'&#233;tude philologique des textes est n&#233;cessaire, mais non suffisante. C'est la raison pour laquelle j'ai &#224; c&#339;ur d'enrichir cette approche par la prise en consid&#233;ration&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;des rapports entre les sources (explicites et implicites) d&#233;tectables dans les textes et les inventaires des biblioth&#232;ques cisterciennes ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;des rapports entre les principes de composition du r&#233;cit exemplaire et les principes esth&#233;tiques iconographiques, po&#233;tiques et musicaux ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;des rapports entre les images mentales &#233;labor&#233;es dans le discours (qui constituent l'objet principal de ce projet) et d'autres images &#233;tudi&#233;es par des historiens et des philologues : 1) images mat&#233;rielles (support, fonction, symbolique, etc.) 2) images mentales pr&#233;existantes (mythologie classique, bestiaire, litt&#233;rature chevaleresque).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'originalit&#233; de ce projet tient moins &#224; son corpus, &#233;tudi&#233; par des historiens avec lesquels je collabore &#233;troitement (l'&#233;quipe du GAHOM, B. Mc Guire, S. Mula, V. Smirnova), qu'&#224; mon hypoth&#232;se de travail et &#224; ma m&#233;thode d'analyse. L'&#233;tude de la repr&#233;sentation oratoire, &#224; travers une analyse textuelle minutieuse, n'a encore jamais &#233;t&#233; men&#233;e pour la rh&#233;torique cistercienne, et les liens que ces images mentales peuvent entretenir avec les images mat&#233;rielles, plus globalement avec les principes esth&#233;tiques m&#233;di&#233;vaux et l'imaginaire hors du monast&#232;re, n'ont encore jamais fait l'objet d'une recherche suivie. Ainsi, le principal d&#233;fi de ce projet est de faire appel, autour de ce questionnement in&#233;dit centr&#233; sur la rh&#233;torique, &#224; d'autres champs scientifiques, comme l'histoire sociale, l'histoire des images, l'histoire des livres et la musicologie, avec une prise en consid&#233;ration de l'h&#233;ritage antique au Moyen &#194;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plus pr&#233;cis&#233;ment, ce questionnement rh&#233;torique r&#233;clame une attention particuli&#232;re port&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;[1] au lexique (&lt;i&gt;inventio&lt;/i&gt;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;[2] aux principes de composition (&lt;i&gt;dispositio&lt;/i&gt;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;[3] &#224; la musicalit&#233; (&lt;i&gt;elocutio &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;actio&lt;/i&gt;)&lt;/li&gt;&lt;li&gt;[4] aux processus impliquant la m&#233;moire (&lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt;)&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[1] Je compte donc mener des relev&#233;s syst&#233;matiques de certains mots clefs en rapport avec les concepts de repr&#233;sentation (&lt;i&gt;repraesentatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;visio&lt;/i&gt;&lt;i&gt;), &lt;/i&gt;d'image (&lt;i&gt;imago&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;pictura&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;figura&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;historia&lt;/i&gt;) et de signification (&lt;i&gt;significo&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;significatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;signum&lt;/i&gt;) ; ces relev&#233;s seront facilit&#233;s par la num&#233;risation du corpus qui m'occupe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Berlioz, 2005 (article en ligne, cf. bibliographie).&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[2] Concernant les principes de composition, je m'attacherai, selon des mod&#232;les d'analyse du discours d&#233;velopp&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es, en particulier par C. Calame, &#224; rep&#233;rer les signes linguistiques de l'&#233;nonciation, puisque l'un des proc&#233;d&#233;s oratoires mis en &#339;uvre dans les r&#233;cits exemplaires cisterciens est de jouer sur les identit&#233;s changeantes de l'&#233;nonciateur. En outre, j'analyserai les rythmes narratifs selon un mod&#232;le que j'ai pr&#233;sent&#233; r&#233;cemment pour l'analyse d'un sermon d'Augustin ; ce mod&#232;le vise en particulier &#224; &#233;valuer l'impact des citations bibliques dans l'&#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[3] L'analyse de la musicalit&#233; (rythmes phoniques et accentuels) a &#233;t&#233; l'enjeu de ma th&#232;se. Il s'agit ici de confronter le mod&#232;le que j'ai &#233;labor&#233; pour des textes de Cic&#233;ron, d'Augustin et de C&#233;saire d'Arles au corpus cistercien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[4] Enfin, c'est surtout dans l'&#233;tude des processus impliquant la m&#233;moire du pr&#233;dicateur, mais aussi de l'auditeur / lecteur qu'il faudra n&#233;cessairement prendre en consid&#233;ration le contexte culturel et litt&#233;raire dans lequel est produit le r&#233;cit : les textes &#224; la disposition du pr&#233;dicateur dans la biblioth&#232;que, susceptibles d'intervenir dans l'&#233;nonc&#233; sous diverses formes &#224; analyser (intertextualit&#233; explicite ou implicite), les images pr&#233;sentes &#224; son esprit, mais aussi &#224; l'esprit de l'auditeur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Corpus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le principal corpus sera constitu&#233; de la tr&#232;s abondante production exemplaire cistercienne des XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;-XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles. Le choix des premiers &lt;i&gt;exempla &lt;/i&gt;cisterciens se justifie &#224; double titre. Tout d'abord, ils font partie des principaux t&#233;moins de la pr&#233;dication monastique du Moyen &#194;ge ; prononc&#233;s et diffus&#233;s en latin, ils constituent une source plus ais&#233;ment exploitable &#8212; en particulier dans la perspective rh&#233;torique de ce projet &#8212; que les &lt;i&gt;exempla &lt;/i&gt;des Ordres Mendiants, transmis en latin mais parfois prononc&#233;s en vernaculaire. Ensuite, les Cisterciens sont les premiers &#224; prendre toute la mesure de la port&#233;e persuasive des &lt;i&gt;exempla&lt;/i&gt;. Les premiers recueils organis&#233;s sont leur &#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Rose, 2010, p. 155-159 ; Polo de Beaulieu, 2010, p. 175-186.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et fournissent ensuite un mat&#233;riau de choix pour tous les pr&#233;dicateurs, y compris parmi les Dominicains et les Franciscains&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Berlioz, 2010, p. 241-256.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le plus ancien recueil cistercien d'&lt;i&gt;exempla&lt;/i&gt; est le &lt;i&gt;Collectaneum exemplorum et visionum clarevallense &lt;/i&gt;(&#233;d. O. Legendre) ; il s'agit d'un recueil anonyme, compil&#233; dans la seconde moiti&#233; du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle (vers 1170), probablement sous la direction de Jean de Clairvaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Legendre, 2005, p. LIV ; Mula, 2010, p. 190.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Beaucoup de r&#233;cits sont en rapport direct avec le milieu cistercien. Issus d'une &#171; m&#233;moire encore orale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Legendre, 2005, p. LIX.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils sont donc transcrits pour la premi&#232;re fois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Legendre, 2005, p. LVII.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce recueil, destin&#233; &#224; un usage interne, fournit un fonds important pour la pr&#233;dication cistercienne ainsi que pour les recueils post&#233;rieurs. Le &lt;i&gt;Liber Miraculorum &lt;/i&gt;de Herbert de Clairvaux (ou Herbert de Torr&#232;s), qui lui est contemporain (&#233;dition partielle &lt;i&gt;PL &lt;/i&gt;185, col. 1273-1384 ; &#233;dition int&#233;grale en cours par S. Mula), puise dans le m&#234;me fonds culturel, mais poursuit des objectifs diff&#233;rents : sa structure est moins empirique, son style plus homog&#232;ne (puisqu'il s'agit de l'&#339;uvre d'un seul auteur) et sa diffusion plus &#233;tendue. Si l'on a pu faire certains rapprochements th&#233;matiques et lexicaux entre le &lt;i&gt;Collectaneum&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Liber Miraculorum&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Legendre, 2005, p. LXXIX-LXXXV.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on peut difficilement parler d'une filiation ; ces deux recueils sont davantage deux exploitations distinctes d'un m&#234;me mat&#233;riau oral&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Legendre, 2005, p. LXXXVII.&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, sont copi&#233;s au d&#233;but du XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle le ms lat. Paris BNF 15912, publi&#233; sous le titre de &lt;i&gt;Collectio exemplorum Cisterciensis&lt;/i&gt; (&#233;d. M.-A. Polo de Beaulieu et J. Berlioz) ainsi que l'&lt;i&gt;Exordium Magnum &lt;/i&gt;de Conrad d'Eberbach (&#233;d. B. Griesser ; trad. [dir.] J. Berlioz). Ces deux recueils pourront fournir des indications sur le renouvellement des m&#233;thodes litt&#233;raires destin&#233;es &#224; la composition exemplaire. Dans la &lt;i&gt;Collectio&lt;/i&gt;, certains &lt;i&gt;exempla,&lt;/i&gt; repris dans les recueils post&#233;rieurs, sont vraisemblablement issus du &#171; folklore monastique &#187;, pour reprendre l'expression de B. Mc Guire, et mis &#224; l'&#233;crit pour la premi&#232;re fois. Ensuite, la structure m&#234;me du recueil t&#233;moigne du souci constant pour les pr&#233;dicateurs cisterciens de s'adapter &#224; leur auditoire. En effet, la premi&#232;re partie, exceptionnellement riche en r&#233;f&#233;rences aux &lt;i&gt;Vies des P&#232;res&lt;/i&gt;, &#224; Augustin, J&#233;r&#244;me et Gr&#233;goire le Grand ainsi qu'&#224; nombre d'auteurs contemporains, pourrait &#234;tre destin&#233;e aux moines de ch&#339;ur ayant un bon niveau de latin, tandis que la seconde, plus &#171; orale &#187; &#8212; notion qui sera &#224; pr&#233;ciser, pourrait avoir servi &#224; l'instruction des convers. Quant &#224; l'&lt;i&gt;Exordium Magnum&lt;/i&gt;, il s'inscrit dans la lign&#233;e du &lt;i&gt;Liber Miraculorum&lt;/i&gt;, mais dans un contexte plus pol&#233;mique. Alors qu'Herbert cherche &#224; faire conna&#238;tre les r&#232;gles de la vie monastique cistercienne, Conrad vise davantage &#224; apaiser les conflits internes et les attaques que conna&#238;t alors l'ordre, en particulier les controverses entre C&#238;teaux et Cluny&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mula, 2010, p. 198.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, les emprunts au &lt;i&gt;Collectaneum &lt;/i&gt;sont relativement nombreux (B. Griesser a rep&#233;r&#233; 29 r&#233;cits apparent&#233;s)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Legendre, 2005, p. XCIII.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le dernier recueil est le &lt;i&gt;Dialogus Miraculorum&lt;/i&gt;, compos&#233; &#233;galement au d&#233;but du XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, mais peu apr&#232;s (entre 1217 et 1222) par C&#233;saire de Heisterbach (&#233;d. J. Strange). Ce recueil est extr&#234;mement structur&#233;. Il offre un nombre consid&#233;rable d'&lt;i&gt;exempla &lt;/i&gt;r&#233;partis en 12 chapitres th&#233;matiques (&lt;i&gt;distinctiones&lt;/i&gt;) et mis en sc&#232;ne dans un dialogue entre un moine et un novice. Ces recueils font tous &#233;tat du contexte culturel et linguistique cistercien &#224; la fin du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et au d&#233;but du XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. N&#233;anmoins, ils sont diff&#233;rents &#224; bien des &#233;gards puisqu'ils peuvent &#234;tre une compilation collective ou une &#339;uvre individuelle, un ouvrage destin&#233; au cercle restreint de l'ordre monastique ou &#224; toute la communaut&#233; chr&#233;tienne, une simple mise &#224; l'&#233;crit d'une m&#233;moire orale ou un manifeste engag&#233;, une succession empirique d'&lt;i&gt;exempla &lt;/i&gt;ou un recueil organis&#233; en chapitres th&#233;ologiques, etc. L'&#233;tude de ces textes permettra, je l'esp&#232;re, de nuancer ces divergences et de mettre au jour, le cas &#233;ch&#233;ant, une identit&#233; cistercienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'analyse de ces recueils d'&lt;i&gt;exempla&lt;/i&gt; ne saurait se passer d'une lecture attentive des &#339;uvres de Bernard de Clairvaux, qui constitue ind&#233;niablement le principal mod&#232;le litt&#233;raire et spirituel de la parole cistercienne. Je pense tout d'abord aux &lt;i&gt;Sermons&lt;/i&gt;, y compris ceux dont il nous reste que les &lt;i&gt;reportationes&lt;/i&gt;. Les &lt;i&gt;Lettres &lt;/i&gt;(&#233;d. Sources Chr&#233;tiennes) et &lt;i&gt;l'Apologie &#224; Guillaume de St Thierry &lt;/i&gt;(&#233;d. Migne) sont &#233;galement utiles pour mieux comprendre les fondements de l'esth&#233;tique cistercienne, notamment cet id&#233;al de simplicit&#233; qui renoue avec Augustin, mais aussi la m&#233;fiance, chez Bernard, &#224; l'&#233;gard de l'iconographie et sa pr&#233;dilection pour le chant. Les &lt;i&gt;Paraboles &lt;/i&gt;ne doivent pas non plus &#234;tre n&#233;glig&#233;es ; si elles nous ont &#233;t&#233; transmises par des &lt;i&gt;reportationes&lt;/i&gt;, elles donnent &#224; voir, m&#234;me approximativement, les choix narratifs et ex&#233;g&#233;tiques op&#233;r&#233;s par Bernard &#224; l'intention du public des convers. Je compte &#233;galement mettre en perspective le corpus exemplaire avec des trait&#233;s philosophiques et th&#233;ologiques, dont on trouve la liste dans la bibliographie de l'ouvrage de r&#233;f&#233;rence d'O. Boulnois : Aristote, Augustin, Jean Cassien, Gr&#233;goire le Grand, Alcuin, Raban Maur, Jean Scot Erig&#232;ne, Aelred de Rievaulx, Hugues de Saint Victor, pour ne citer que les principaux auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Concepts scientifiques&lt;/h2&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;strong&gt;La gen&#232;se de la repr&#233;sentation oratoire, de l'Antiquit&#233; au Moyen &#194;ge&lt;/strong&gt;&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S'inspirant des techniques du th&#233;&#226;tre et de la musique, Cic&#233;ron &#233;labore, au I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; si&#232;cle av. J.-C., une th&#233;orie et une pratique de la persuasion qui marque un jalon essentiel dans l'histoire de la rh&#233;torique. De fait, tout en affirmant la n&#233;cessit&#233; pour l'orateur de se distinguer de l'acteur ou du musicien, Cic&#233;ron revendique le droit d'user des &#233;motions pour parvenir &#224; la persuasion, en particulier par un choix judicieux des intonations vocales, des rythmes et des gestes. Ainsi l'orateur doit-il enseigner (&lt;i&gt;docere&lt;/i&gt;), charmer (&lt;i&gt;delectare&lt;/i&gt;) et fl&#233;chir (&lt;i&gt;mouere&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;flectere&lt;/i&gt;). A sa suite, Quintilien d&#233;veloppe une rh&#233;torique fond&#233;e sur l'emploi des &#233;motions et s'inscrit explicitement dans la lign&#233;e de Cic&#233;ron. Mais il met aussi l'accent sur le r&#244;le essentiel que jouent alors les images (&lt;i&gt;imagines&lt;/i&gt;). Celles-ci sont &#233;labor&#233;es mentalement par l'orateur, puis mises en &#233;vidence dans l'&#233;nonc&#233; par le biais de figures stylistiques relevant de l'esth&#233;tique du sublime (&lt;i&gt;enargeia&lt;/i&gt; / &lt;i&gt;euidentia &lt;/i&gt;ou &lt;i&gt;repraesentatio&lt;/i&gt;)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Webb, 1997, p. 233.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le deuxi&#232;me jalon dans l'histoire de la rh&#233;torique intervient, me semble-t-il, aux IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles avec Ambroise de Milan et Augustin d'Hippone. Tout en conservant les principes cic&#233;roniens d'une persuasion qui s'op&#232;re &#224; la fois par la raison et les &#233;motions&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DiCapua, 1931, p. 615 ; Hagendhal, 1967, p. 156-167 ; 481-482 ; 567-568 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ils donnent &#224; la simplicit&#233; du discours une nouvelle fonction ; il s'agit, &#224; travers une parole accessible &#224; tous (dans les hymnes ou les sermons), de d&#233;voiler, gr&#226;ce &#224; l'inspiration divine et la ma&#238;trise du discours, le message de la Bible et d'y faire adh&#233;rer tout auditeur, lettr&#233; ou non. On peut citer l'exemple, extr&#234;mement connu, du nom &lt;i&gt;os&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., 3, 3, 7 ; 4, 10, 24. Sur cet exemple, voir DiCapua, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Augustin explique que parfois, les &#171; oreilles africaines n'&#233;mettent pas de jugement sur l'abr&#232;gement ou l'allongement syllabique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., 4, 10, 24. Voir Formarier 2010.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, autrement dit, elles ne reconnaissent pas les quantit&#233;s classiques. En cons&#233;quence, celles-ci ne sont plus un param&#232;tre discriminant, ce qui risque d'entra&#238;ner la confusion entre &lt;i&gt;&#333;s&lt;/i&gt; (bouche) et &lt;i&gt;&#335;s&lt;/i&gt; (os). Dans un souci de clart&#233;, Augustin effectue volontairement un &#233;cart par rapport &#224; la langue classique afin que son discours soit compris de tous. Cette inflexion de l'&#233;loquence, qui vise &#224; traiter d'un sujet sublime par un style simple, alimente ensuite la r&#233;flexion de Gr&#233;goire le Grand, le &#171; p&#232;re de l'&lt;i&gt;exemplum&lt;/i&gt; m&#233;di&#233;val &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Br&#233;mond et al., 1982, p. 50. Expression reprise par P. B. Roberts, 2002, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#233;goire le Grand affirme en effet que &#171; g&#233;n&#233;ralement, les exemples piquent plus que les mots d'une argumentation &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;goire le Grand, Homiliarum in Evangelia Libri Duo, PL 76, 1014.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que &#171; souvent l'esprit des auditeurs est davantage converti par les exemples des croyants que par les paroles des savants &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gr&#233;goire le Grand, Homiliarum in Evangelia Libri Duo, PL 76, 1290.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&lt;i&gt;exemplum, &lt;/i&gt;comme le souligne P. von Moos, &#171; n'est jamais un r&#233;cit autonome ayant une vie ind&#233;pendante du contexte dans lequel il est employ&#233;, mais un r&#233;cit essentiellement subordonn&#233; &#224; sa fonction &#233;difiante, qui exige bri&#232;vet&#233; et concentration sur le minimum n&#233;cessaire &#224; la trame &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Von Moos, 1998, p. 70.&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce cadre, le pr&#233;dicateur peut faire appel &#224; tout type de r&#233;cits (contes, l&#233;gendes, anecdotes) d'origines diverses (orales et &#233;crites). Le troisi&#232;me jalon, celui qui m'int&#233;resse &#224; pr&#233;sent, commence au d&#233;but du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Ce si&#232;cle est en effet marqu&#233; par un renouveau de l'homil&#233;tique ; l'importance de la pr&#233;dication est d'ailleurs officialis&#233;e au d&#233;but du XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par le quatri&#232;me concile de Latran en 1215&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Forni, 1981, p. 20.&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'intensification de l'effort missionnaire s'exprime principalement dans les Ordres mendiants, il n'en reste pas moins que tous les proc&#233;d&#233;s permettant au discours d'&#234;tre plus accessible sont aussi pr&#233;sents dans la rh&#233;torique cistercienne. Bien que celle-ci s'adresse g&#233;n&#233;ralement &#224; un auditoire circonscrit au monast&#232;re et moins h&#233;t&#233;rog&#232;ne (m&#234;me si les diff&#233;rences de statut social entre convers et moines sont maintenues), elle renoue n&#233;anmoins avec les origines florissantes du sermon dans l'Antiquit&#233; tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;strong&gt;Le paradigme cistercien&lt;/strong&gt;&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Selon mon hypoth&#232;se, la rh&#233;torique cistercienne d&#233;veloppe un paradigme nourri de la tradition tardive, mais dans une perspective qui lui est propre. Il me semble en effet qu'&#224; travers l'&lt;i&gt;exemplum&lt;/i&gt; cistercien se r&#233;sout ce paradoxe :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;[1] l'usage des images mat&#233;rielles est fortement restreint dans le milieu cistercien depuis Bernard de Clairvaux (m&#234;me si la situation &#233;volue apr&#232;s sa mort en 1153), afin de limiter la &lt;i&gt;curiositas&lt;/i&gt; des moines ;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;[2] mais l'image est aussi consid&#233;r&#233;e aux XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles comme un vecteur privil&#233;gi&#233; entre l'homme et Dieu, un outil pour le &lt;i&gt;transitus&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire l'&#233;l&#233;vation de l'homme jusqu'&#224; Dieu &#224; partir du sensible.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors se justifie, selon moi, un &lt;i&gt;transfert&lt;/i&gt; de l'image du support mat&#233;riel au texte, de la vision sensible &#224; la vision spirituelle. Ce transfert est en r&#233;alit&#233; justifi&#233; en amont, dans les r&#233;flexions men&#233;es par Cassien (&lt;i&gt;Conf&#233;rences&lt;/i&gt;, X), qui met en place &#171; la premi&#232;re grande inflexion vers la primaut&#233; de la parole sur l'image en Occident &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boulnois, 2008, p. 69.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le souligne O. Boulnois, Cassien d&#233;fend l'id&#233;e d'une repr&#233;sentation mentale (&lt;i&gt;formula&lt;/i&gt;) qui viendrait supplanter la repr&#233;sentation mat&#233;rielle, et qui r&#233;pondrait &#224; la m&#234;me n&#233;cessit&#233; &#171; de projeter devant son esprit un objet &#224; contempler &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Boulnois, 2008, p. 69.&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le cistercien Aelred de Rievaulx poursuit cette impulsion par sa conception de la repr&#233;sentation comme une forme de m&#233;ditation ; le lecteur / auditeur a alors pour objectif de prendre part &#224; l'action narr&#233;e gr&#226;ce &#224; un exercice de visualisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en particulier Aelred de Rievaulx, La vie de recluse, 29 (&#233;d. Sources (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette corr&#233;lation entre m&#233;ditation et repr&#233;sentation, le &lt;i&gt;transitus&lt;/i&gt; serait donc assur&#233; par les facult&#233;s du discours &#224; &lt;i&gt;repr&#233;senter&lt;/i&gt; ce dont il est question dans le r&#233;cit, en faisant appel &#224; divers outils linguistiques et stylistiques. Cette repr&#233;sentation oratoire est &#233;voqu&#233;e en latin par le concept de &lt;i&gt;repraesentatio&lt;/i&gt; (&#233;vidence), ou &lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt; (stockage et fabrication d'images) ou encore par le terme &lt;i&gt;imagines&lt;/i&gt; (images mentales et sensibles). J'aimerais ajouter &#224; cette hypoth&#232;se un point qui me semble vraiment important, car il engage un angle d'approche particulier sur la rh&#233;torique cistercienne : je suppose que cette fabrication d'images par le discours produit une repr&#233;sentation &lt;i&gt;optique&lt;/i&gt;, mais aussi &lt;i&gt;sonore&lt;/i&gt;. Celle-ci viserait &#224; constituer, chez le lecteur / auditeur, un espace mental et sensoriel dans lequel le pr&#233;dicateur pourrait ensuite &#171; faire croire &#187;. Ce projet a donc pour double objectif d'analyser, d'un point de vue rh&#233;torique, les outils stylistiques de la repr&#233;sentation oratoire cistercienne, notamment dans les r&#233;cits exemplaires (quelles sont les mod&#232;les antiques et m&#233;di&#233;vaux ?), et d'identifier les modalit&#233;s par lesquelles cet espace de croyance parvient &#224; se construire, en particulier le r&#244;le que joue, pour cela, la persuasion par les &#233;motions.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Mise en &#339;uvre&lt;/h2&gt;&lt;CENTER&gt;&lt;strong&gt;a) Le langage sur Dieu : n&#233;cessit&#233; de la repr&#233;sentation (&lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/CENTER&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;/strong&gt;La fonction persuasive des images &#233;labor&#233;es par la m&#233;moire et le discours, est soulign&#233;e depuis l'Antiquit&#233;, en accord avec la notion de sublime d&#233;velopp&#233;e par Quintilien et le ps. Longin. N&#233;anmoins, elle se renforce avec le christianisme : la seule mani&#232;re d'&#233;voquer Dieu est de faire appel &#224; une humilit&#233; sublime, proc&#233;d&#233; instaur&#233; par Ambroise et Augustin, et largement d&#233;velopp&#233; par les Cisterciens. L'objectif de cet axe est d'&#233;valuer l'influence des th&#233;ories antiques et m&#233;di&#233;vales du sublime, du signe et de la vision, par divers moyens : l'examen minutieux des inventaires de biblioth&#232;ques cisterciennes pour avoir une id&#233;e pr&#233;cise de la pr&#233;sence, dans le fonds documentaire des abbayes cisterciennes concern&#233;es (principalement Clairvaux et Eberbach), des trait&#233;s philosophiques traitant de cette question (Augustin, Aelred de Rievaulx, Alcher de Clairvaux, Hugues de Saint Victor) ; le relev&#233; syst&#233;matique des r&#233;f&#233;rences explicites et implicites aux trait&#233;s ou aux auteurs dans les textes (en particulier dans la &lt;i&gt;Collectio&lt;/i&gt;) ; le relev&#233; syst&#233;matique de la terminologie relevant de la signification (&lt;i&gt;signa&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;significatio&lt;/i&gt;) et de la vision (&lt;i&gt;repraesentatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imagines&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;figura, pictura, historia, &lt;/i&gt;&lt;i&gt;aspectus&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les vertus oratoires de la repr&#233;sentation par l'image (&lt;i&gt;imagines &lt;/i&gt;/ &lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt;) ont &#233;t&#233; soulign&#233;es par Quintilien d&#232;s le I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; si&#232;cle ap. J.-C. dans l'&lt;i&gt;Institution Oratoire &lt;/i&gt; : elle permet de donner plus de force persuasive au discours et de toucher les c&#339;urs. En outre, Quintilien la comprend &#224; la fois comme image-spectacle (par exemple l'exhibition de la toge ensanglant&#233;e de C&#233;sar dans le cort&#232;ge fun&#232;bre, qui provoque une &#233;meute populaire) et comme image mentale (celle qui se dessine dans l'esprit de l'orateur et qui doit nourrir le &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt;). Ce r&#233;f&#233;rent double de l'&lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt; est conserv&#233; durant tout le Moyen &#194;ge : la repr&#233;sentation d&#233;signe, selon les termes de Jean Scot Erig&#232;ne, &#171; l'apparition d'un objet &lt;i&gt;visible&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;invisible&lt;/i&gt; imprim&#233; dans la m&#233;moire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Johannes Scottus De diuisione naturae, &#233;d. Migne, PL 122, col. 962C ; voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, la repr&#233;sentation suppose la pr&#233;sence d'un sujet qui &#233;labore l'image en faisant appel &#224; sa m&#233;moire, consid&#233;r&#233;e depuis l'Antiquit&#233; comme un ensemble de ressources imaginatives accumul&#233;es par l'exp&#233;rience. Comme le souligne M. Carruthers, &#171; la &lt;i&gt;memoria &lt;/i&gt;monastique, tout comme la &lt;i&gt;memoria &lt;/i&gt;romaine, est une m&#233;moire qui se fonde sur les lieux ; elle cultive aussi la fabrication d'images mentales destin&#233;es &#224; faire travailler l'esprit [&#8230;] qui entretenaient un rapport &#233;troit, symbiotique, avec des images r&#233;elles ou des mots r&#233;els, tels qu'ils avaient &#233;t&#233; vus, lus ou entendus, ou encore sentis, go&#251;t&#233;s ou touch&#233;s &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carruthers, 1998, p. 21.&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le r&#244;le jou&#233; par la m&#233;moire dans la rh&#233;torique est d'ailleurs soulign&#233; par Cic&#233;ron et Quintilien : la &lt;i&gt;memoria&lt;/i&gt; est une partie de l'&#233;loquence, qu'il ne faut pas n&#233;gliger car elle permet &#224; l'orateur de se pr&#233;parer de mani&#232;re efficace &#224; la performance. Il peut ainsi retenir les principales parties de son discours, mais aussi mettre &#224; contribution toutes ses images mentales en vue de l'improvisation. D&#232;s lors, l'&lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt; renvoie &#224; la fonction imaginative de l'esprit qui vient puiser dans la m&#233;moire toutes les composantes de la nouvelle &lt;i&gt;imago &lt;/i&gt;donn&#233;e &#224; voir au public. Enfin, l'effet persuasif de la repr&#233;sentation est, &#224; mon sens, indissociable d'un concept &#233;labor&#233; par Quintilien et le ps. Longin : le sublime (&lt;i&gt;euidentia &lt;/i&gt;/ &lt;i&gt;enargeia&lt;/i&gt;). La tradition antique le d&#233;crit avant tout comme &#171; un effet du langage sur l'auditeur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Webb, 1997, p. 230.&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, transformant celui-ci en spectateur. Il ne s'agit pas ici d'une &#171; na&#239;vet&#233; linguistique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Molini&#233;, G., Dictionnaire de rh&#233;torique, Paris, 1992, p. 145, cit&#233; par R. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; consid&#233;rant que le support linguistique est supprim&#233;, pour laisser enti&#232;re place &#224; l'image. R. Webb d&#233;crit parfaitement le processus qui motive le sublime verbal : &#171; plut&#244;t que de faire voir l'illusion, elle cr&#233;e l'illusion de voir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Webb, 1997, p. 248.&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le ps. Longin affirme ainsi : &#171; quelle est donc la puissance des images dans l'&#233;loquence ? C'est probablement d'ajouter de mille mani&#232;res diff&#233;rentes de la v&#233;h&#233;mence et de l'&#233;motion : m&#234;l&#233;e &#224; l'argumentation des faits, l'imagination de l'orateur ne se contente pas de persuader l'auditeur, elle l'asservit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ps. Longin, Du Sublime, XV, 9 (trad. Leb&#232;gue).&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'objectif de cet axe est d'identifier clairement les mod&#232;les antiques et m&#233;di&#233;vaux qui alimentent l'&#233;laboration oratoire, dans la rh&#233;torique cistercienne, de la repr&#233;sentation. Outre les th&#233;ories antiques (Quintilien, ps. Longin, ps. Denys l'Ar&#233;opagite), je souhaite porter une attention particuli&#232;re &#224; l'influence d'Augustin. J'ai d&#233;j&#224; eu l'occasion d'explorer dans un article l'influence de la th&#233;orie augustinienne de la vision dans un r&#233;cit exemplaire de vision extrait du &lt;i&gt;Dialogue des Miracles&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formarier 2012a.&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La vision comme repr&#233;sentation dans l'&#226;me n'est en effet pas une invention du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Comme le souligne G. Madec, pour Augustin, &#171; savoir c'est voir, soit les r&#233;alit&#233;s sensibles par les yeux du corps &#224; la lumi&#232;re du soleil, soit les r&#233;alit&#233;s intelligibles par les yeux de l'esprit &#224; la lumi&#232;re de Dieu. Entre deux, il y a 'la for&#234;t des images' (&lt;i&gt;Epistula&lt;/i&gt; 7, 5, PL 33, 70), de l'imagination, de l'imaginaire, des r&#234;ves et des visions &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Madec, 2001, p. 221. Voir Epistulae6-9, PL 33, 67-73.&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, Augustin affirme que : &#171; sans doute est-ce dans la m&#234;me &#226;me que se produisent toutes ces visions : celles qui sont per&#231;ues par les corps, comme ce ciel corporel et la terre et tout ce qui peut y &#234;tre connu, autant que cela peut l'&#234;tre ; celles qui sont vues par l'esprit, c'est-&#224;-dire les images des corps dont nous avons d&#233;j&#224; longuement parl&#233; ; celles qui sont saisies par l'&#226;me intellectuelle et qui ne sont ni corps ni images de corps. Mais ces visions s'ordonnent selon une hi&#233;rarchie et les unes sont plus excellentes que les autres. La vision spirituelle est sup&#233;rieure &#224; la vision corporelle ; &#224; son tour, la vision intellectuelle est sup&#233;rieure &#224; la vision spirituelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augustin, De Genesi ad Litteram, XXIV, 51 (traduction Aga&#235;sseet Solignac). (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, si Augustin est particuli&#232;rement pr&#233;occup&#233; par la vision, il est &#233;galement sensible aux facult&#233;s &#233;motionnelles et spirituelles de la musique. Son t&#233;moignage dans les &lt;i&gt;Confessions&lt;/i&gt;, si c&#233;l&#232;bre, rend compte de sa propre r&#233;ception des hymnes ambrosiennes, et de la force ambivalente de ces chants dans le cadre liturgique. Cette sensibilit&#233; aux ph&#233;nom&#232;nes musicaux l'incite &#224; poursuivre l'impulsion donn&#233;e par Cic&#233;ron dans le domaine de l'&#233;loquence, et &#224; justifier l'emploi de la musicalit&#233; dans le discours : par ses intonations vocales et le rythme de son discours, le pr&#233;dicateur prof&#232;re une parole pleine de ferveur et d'efficacit&#233; rh&#233;torique, &#171; rend le sermon analogue &#224; la pri&#232;re et &#224; la musique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schaeffer, 1996, p. 1142 : &#171; Indeed, Augustine's conception of style renders (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. J'ai ainsi eu l'occasion de pr&#233;senter les r&#233;sultats d'une recherche sur les rapports &#233;tablis par Augustin entre le plaisir de l'&#233;coute et la conversion, dans un article publi&#233; en ligne sur &lt;i&gt;rhuthmos&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formarier 2012b.&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Enfin, comme l'a montr&#233; I. Koch, si Augustin distingue parfaitement la vision et l'&#233;coute, il les r&#233;unit dans sa d&#233;finition de l'exp&#233;rience spirituelle : &#171; tout comme l'audition et la vision sont en quelque sorte deux, distinctes l'une de l'autre dans les sens corporels, alors que dans l'esprit ce n'est pas une chose de voir, une autre d'entendre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augustin, De Trinitate, XV, 18, cit&#233; par I. Koch, 2011, p. 2.&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette alliance de la vue et de l'ou&#239;e est, &#224; mon sens, l'aspect le plus novateur et le plus d&#233;terminant dans le paradigme augustinien qui va pr&#233;sider &#224; la repr&#233;sentation oratoire cistercienne. De fait, il me semble que c'est en partant de ce paradigme nourri des th&#233;ories antiques de l'&lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt; et du sublime que les Cisterciens se donnent pour d&#233;fi d'&#233;laborer, &#224; travers leur &#233;nonc&#233; exemplaire, une repr&#233;sentation du divin (les miracles, les visions, mais aussi les offices liturgiques et les exp&#233;riences de d&#233;votion individuelle) qui soit accessible &#224; tous. Pour ce faire, ils regroupent dans un m&#234;me dispositif rh&#233;torique les effets persuasifs de la musique et de l'image, afin de constituer un espace mental et sensoriel de croyance, o&#249; la pens&#233;e regarde en entendant et entend en regardant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La premi&#232;re &#233;tape dans cette enqu&#234;te liminaire consistera &#224; &#233;valuer et quantifier la pr&#233;sence mat&#233;rielle des trait&#233;s philosophiques traitant de la vision, du sublime et des signes dans les biblioth&#232;ques des principales abbayes cisterciennes. Il faudra mener une recherche minutieuse gr&#226;ce aux divers inventaires mis &#224; la disposition des chercheurs. Ensuite, il faudra effectuer un relev&#233; syst&#233;matique des r&#233;f&#233;rences explicites et implicites aux auteurs et aux trait&#233;s philosophiques susceptibles de concerner ces questions dans l'ensemble du corpus exemplaire, en particulier dans la &lt;i&gt;Collectio exemplorum cisterciensis&lt;/i&gt;, qui est le recueil le plus riche en r&#233;f&#233;rences savantes (notamment dans la premi&#232;re partie). Enfin,un relev&#233; syst&#233;matique des termes renvoyant &#224; la repr&#233;sentation (&lt;i&gt;repraesentatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imaginatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imagines&lt;/i&gt;) et &#224; la signification (&lt;i&gt;significatio&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;signa&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;imagines&lt;/i&gt;) sera n&#233;cessaire. J'ai d&#233;j&#224; pu noter et souligner, lors du colloque organis&#233; par le GAHOM en juin 2012 sur C&#233;saire de Heisterbach, que la th&#233;orie augustinienne, clairement reprise dans le &lt;i&gt;De Spiritu et anima&lt;/i&gt;, attribu&#233; &#224; Alcher de Clairvaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Newman, 2005, p. 10-11. Ce trait&#233; est une compilation des th&#233;ories sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, fournit le socle th&#233;orique du d&#233;but de la &lt;i&gt;distintio &lt;/i&gt;8 du &lt;i&gt;Dialogue des miracles &lt;/i&gt;(consacr&#233;e sp&#233;cifiquement aux visions).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;strong&gt;b) L'&#233;laboration de la repr&#233;sentation oratoire dans l'&#233;nonc&#233; : le beau et le vraisemblable&lt;/strong&gt;&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; :&lt;/strong&gt; Selon mon hypoth&#232;se, la repr&#233;sentation sublime li&#233;e au langage sur Dieu est fond&#233;e sur deux concepts clefs : le beau et le vraisemblable. Le premier est corr&#233;l&#233;, au Moyen &#194;ge, au nombre et au respect des proportions, en particulier dans trois domaines : l'iconographie, la po&#233;sie et la musique. Le premier objectif de cet axe est d'&#233;tudier l'influence, dans la repr&#233;sentation oratoire, des principes esth&#233;tiques qui d&#233;finissent le beau pictural, po&#233;tique et musical. L'analyse se concentrera sur le rythme de l'&#233;nonc&#233;, puisque c'est &#224; travers lui que se mat&#233;rialise cette alliance du beau et du nombre. Le mod&#232;le d'analyse &#233;labor&#233; dans ma th&#232;se permettra d'&#233;tudier le rythme prosodique ; la perspective sera &#233;largie et l'&#233;tude prendra aussi en consid&#233;ration le rythme-&lt;i&gt;ductus&lt;/i&gt; (flux orient&#233;) de l'&#233;nonc&#233;. Le second objectif sera d'&#233;tudier la fa&#231;on dont l'&#233;nonc&#233; exemplaire fait appel au vraisemblable pour pouvoir persuader. Le vraisemblable se d&#233;finirait alors comme une v&#233;rit&#233; authentifi&#233;e par un faisceau de voix (bibliques, gnomiques, discursives, narratives). Il s'agira donc de caract&#233;riser les modalit&#233;s de cette polyphonie, en fonction des mod&#232;les d'analyse &#233;tablis par l'analyse &#233;nonciative du discours.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une repr&#233;sentation sublime telle que celle qui est convoqu&#233;e dans le langage sur Dieu est n&#233;cessairement fond&#233;e sur des principes esth&#233;tiques li&#233;s &#224; la d&#233;finition du beau. Or, au Moyen &#194;ge, le beau, d'origine divine, est suppos&#233; reposer sur le respect de principes arithm&#233;tiques et de proportions, suivant une corr&#233;lation, issue du platonisme, entre le beau et le nombre ; il me semble que celle-ci s'affirme principalement dans trois domaines : l'iconographie, la po&#233;sie et la musique. Les &#233;tudes men&#233;es par G. Duby ont parfaitement montr&#233; les enjeux de l'esth&#233;tique d&#233;fendue par les Cisterciens dans l'architecture sacr&#233;e, en particulier par Bernard de Clairvaux. M. Carruthers ajoute &#224; juste titre que cet iconoclasme de Bernard de Clairvaux vise en r&#233;alit&#233; une certaine cat&#233;gorie d'images (celles qui sont ex&#233;cut&#233;es par quelqu'un d'autre que le moine et qui empi&#232;tent sur l'espace de pri&#232;re et de lecture) ; cette d&#233;nonciation incite les moines &#224; se fabriquer eux-m&#234;mes leurs propres images mentales, par le biais de la m&#233;ditation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Carruthers, 1998, p. 113-116.&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, il me semble que l'espace mental et sensoriel de croyance &#233;labor&#233; par la repr&#233;sentation oratoire dans le r&#233;cit exemplaire pourrait bien fournir un terreau dont la fonction serait de stimuler cette fonction imaginative voulue par Bernard. Ensuite, depuis l'ouvrage d'E. De Bruyne jusqu'aux &#233;tudes men&#233;es notamment par A.-M. Turcan ou encore par B. Gr&#233;vin sur les &lt;i&gt;artes dictaminis&lt;/i&gt;, les sp&#233;cialistes de l'esth&#233;tique po&#233;tique et de la diffusion des th&#233;ories relevant de l'art du discours ont montr&#233; que le XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle correspond &#224; un renouveau. La question du rythme est centrale, comme j'ai eu l'occasion de le montrer lors de mes interventions dans le s&#233;minaire anim&#233; par J.-C. Schmitt sur les rythmes au Moyen &#194;ge. Si la rh&#233;torique cistercienne tend &#224; s'inscrire dans une tradition qui remonte, comme je l'ai dit, &#224; Ambroise et Augustin, elle est n&#233;cessairement influenc&#233;e par ces nouveaux principes esth&#233;tiques &#233;labor&#233;s &#224; son &#233;poque. Lors du colloque sur C&#233;saire de Heisterbach en juin 2013, A.-T. Turcan a d'ailleurs soulign&#233; que derri&#232;re l'apparente m&#233;fiance des Cisterciens &#224; l'&#233;gard de la m&#233;trique et de la rythmique, l'influence des premi&#232;res &lt;i&gt;artes dictaminis &lt;/i&gt;italiennes pourrait &#234;tre bien plus grande que ce que l'on croit ; il y a l&#224; un dossier qui m&#233;riterait l'attention des sp&#233;cialistes du rythme m&#233;di&#233;val ! Enfin, comme on le sait, la th&#233;orie musicale m&#233;di&#233;vale accorde une place essentielle au beau con&#231;u comme respect de nombres. En effet, au XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, elle poursuit le mouvement inaugur&#233; par Bo&#232;ce qui &#233;tablit une correspondance entre micro et macrocosme, sur des bases pythagoriciennes et platoniciennes. Cette esth&#233;tique de la proportion trouve une application remarquable avec la grande polyphonie. Or, &#224; travers les r&#233;formes liturgiques men&#233;es au temps de Bernard de Clairvaux, les Cisterciens ont d&#233;fini avec pr&#233;cision l'usage liturgique de la musique selon des r&#232;gles identifi&#233;es par les musicologues sp&#233;cialistes de leur r&#233;pertoire comme C. Ma&#238;tre. En outre, comme j'ai eu l'occasion de le montrer lors d'une journ&#233;e d'&#233;tude organis&#233;e &#224; Grenoble en mars 2013, la musique donne bien &#224; voir, et c'est justement par son caract&#232;re insaisissable et continuellement fluant qu'elle est en mesure de repr&#233;senter la nature ineffable du divin. La musique peut donc prendre part &#224; la repr&#233;sentation oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce contexte esth&#233;tique m&#233;riterait bien s&#251;r d'&#234;tre pr&#233;cis&#233; et nuanc&#233;. Mais le principal objectif poursuivi dans cet axe sera de comprendre comment ces principes fournissent des r&#232;gles de composition du r&#233;cit exemplaire, pour l'&#233;laboration des images mentales de la repr&#233;sentation oratoire. J'ai choisi de concentrer mon analyse rh&#233;torique sur le rythme de l'&#233;nonc&#233;, car c'est &#224; travers lui que vient s'exprimer, de la fa&#231;on la plus &#233;vidente, l'alliance entre le beau et le nombre. Ma th&#232;se sur le rythme latin m'a permis de mettre en place un mod&#232;le d'analyse rythmique, fond&#233; sur la prise en consid&#233;ration de divers param&#232;tres constitutifs du &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; (quantit&#233;s, accents, sonorit&#233;s). Depuis 2009, j'ai fait avancer cette r&#233;flexion en &#233;largissant cette perspective : le rythme n'est pas seulement la combinaison de ces param&#232;tres &#224; l'&#233;chelle du mot ou de la phrase. Il est aussi la construction de l'&#233;nonc&#233; selon un phras&#233; et une dynamique propres, que j'identifie au &lt;i&gt;ductus &lt;/i&gt;&#233;tudi&#233; par M. Carruthers. Ce terme de &lt;i&gt;ductus &lt;/i&gt;renvoie &#224; &#171; la mani&#232;re dont une composition donn&#233;e guide quelqu'un jusqu'aux buts qu'elle s'assigne &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carruthers, 1998, p. 105.&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce concept rh&#233;torique assimile le discours &#224; un flux jalonn&#233; d'&#233;tapes, de &#171; stations &#187; mat&#233;rialis&#233;es par des figures, induisant un effet de surprise, une rupture, une modulation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Carruthers, 1998, p. 153.&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme est l'une de ces principales figures : il renseigne sur les modalit&#233;s de la lecture et de l'interpr&#233;tation de l'&#233;nonc&#233;, dont il contribue &#224; d&#233;finir le flux. L'insertion de citations bibliques est sans doute l'illustration la plus significative de ce rythme-&lt;i&gt;ductus &lt;/i&gt;dans l'&#233;loquence chr&#233;tienne, comme j'ai pu le montrer pour Augustin. Si l'on reprend les trois domaines que je viens de citer (iconographie / po&#233;sie / musique), la question de l'interaction entre les principes esth&#233;tiques du beau et du nombre, et le rythme de l'&#233;nonc&#233;, entendu comme rythme prosodique et rythme-&lt;i&gt;ductus&lt;/i&gt;, se pose en termes distincts ; mais elle interroge bien, &#224; chaque fois, les modalit&#233;s qui pr&#233;sident &#224; l'&#233;laboration de la repr&#233;sentation oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, une piste que j'ai commenc&#233; &#224; creuser consiste &#224; d&#233;celer, dans le rythme de la narration, les principes qui rel&#232;vent de l'art de la miniature. Ce rapport entre image mentale et tableau rel&#232;ve quasiment du truisme, comme le rappelle M. Carruthers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, Carruthers, 1998, p. 136.&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais sa mise en &#339;uvre et son interpr&#233;tation sont loin d'&#234;tre &#233;videntes, car elles supposent la conciliation de deux logiques diff&#233;rentes : comme le souligne J.-C. Schmitt, &#171; le texte &#233;voque ses signifi&#233;s dans la succession temporelle des mots ; l'image organise spatialement l'irruption d'une pens&#233;e figurative radicalement diff&#233;rente &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schmitt, 2002, p. 43.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette esth&#233;tique de la miniature, supposant un souci du d&#233;tail, de la juste proportion, de l'ad&#233;quation de chaque composant l'un &#224; l'autre, mais aussi l'usage d'une herm&#233;neutique extr&#234;mement codifi&#233;e pour pouvoir &#234;tre efficace, pourrait ainsi pr&#233;sider &#224; un rythme-&lt;i&gt;ductus&lt;/i&gt;, comme je l'ai montr&#233; dans l'article qui sera publi&#233; dans le volume collectif &lt;i&gt;Rythmes et Croyances au Moyen &#194;ge &lt;/i&gt;que j'ai dirig&#233; avec J.-C. Schmitt (paru chez Ausonius en 2014). Certains r&#233;cits fonctionnent en effet comme une succession de petites ic&#244;nes. C'est le cas par exemple d'un r&#233;cit de vision qui concerne la Nativit&#233; dans le &lt;i&gt;Dialogue des Miracles &lt;/i&gt;de C&#233;saire de Heisterbach. Comme je l'ai sugg&#233;r&#233;, l'ensemble du tableau ne prend sens qu'&#224; travers le rythme du regard parcourant, un &#224; un, les &#233;l&#233;ments de la vision selon une stratification des plans, mais aussi une spatialisation subjective. On retrouve exactement le principe que J.-C. Schmitt &#233;nonce : &#171; les &#233;l&#233;ments figuratifs, les motifs ornementaux, les formes et les couleurs ne produisent pleinement du sens que dans leurs relations, leurs positions relatives, leurs rapports d'opposition ou d'assimilation, la distance qui les s&#233;pare ou au contraire les mani&#232;res dont elles se rapprochent, se juxtaposent et parfois fusionnent &#187;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schmitt, 2002, p. 48.&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Il faudrait bien s&#251;r syst&#233;matiser l'analyse pour pouvoir comprendre jusqu'&#224; quel point les principes esth&#233;tiques relevant de l'iconographie m&#233;di&#233;vale sont transf&#233;r&#233;s dans la repr&#233;sentation oratoire de l'&#233;nonc&#233; exemplaire. Par ailleurs, je crois que l'influence des nouveaux principes rythmiques est ind&#233;niable dans l'&#233;loquence cistercienne. Si les Cisterciens d&#233;fendent une &#233;loquence simple, loin de la dialectique d'un Ab&#233;lard et de l'&lt;i&gt;ornatus difficilis&lt;/i&gt;, certains r&#233;cits, notamment dans les recueils les plus travaill&#233;s comme le &lt;i&gt;Grand Exorde&lt;/i&gt;, la premi&#232;re partie de la &lt;i&gt;Collectio &lt;/i&gt;et le &lt;i&gt;Dialogue des Miracles&lt;/i&gt;, sont clairement marqu&#233;s par cette influence. J'ai pu ainsi montrer, lors de mon intervention au colloque du LabEx sur les &#171; Figures de persuasion &#187; organis&#233; en juin 2012, que dans le r&#233;cit de la vision de la Vierge pendant les moissons (versions du &lt;i&gt;Collectaneum &lt;/i&gt;et du &lt;i&gt;Dialogue des Miracles&lt;/i&gt;), les rythmes accentuels et phoniques (hom&#233;ot&#233;leutes, r&#233;p&#233;titions, rimes) permettent de jouer sur la fonction &#224; la fois didactique et plaisante de la musicalit&#233; de l'&#233;nonc&#233; : il s'agit ainsi de rendre perceptibles les diff&#233;rentes &#233;tapes du discours et d'en faciliter la compr&#233;hension, mais aussi de charmer l'oreille de l'auditeur par ces effets sonores. Ces proc&#233;d&#233;s rythmiques sont inspir&#233;s de la pratique augustinienne, mais r&#233;v&#232;lent &#233;galement de nouvelles tendances po&#233;tiques, qui accordent une place de plus en plus importante aux rimes, y compris dans la prose. Dans la m&#234;me perspective, j'envisage d'&#233;tudier tr&#232;s prochainement le prologue versifi&#233; du&lt;i&gt; Grand Exorde. &lt;/i&gt;Il s'agit donc ici de mener une analyse rythmique pr&#233;cise des textes exemplaires : en quoi la repr&#233;sentation oratoire recouvre-t-elle des proc&#233;d&#233;s po&#233;tiques novateurs ? Fait-elle appel &#224; une conception pr&#233;cise de la beaut&#233; po&#233;tique ? Dans quelle mesure s'inspire-t-elle des &#233;crits de Bernard de Clairvaux ? Pour finir, la pr&#233;sence de la musique dans la repr&#233;sentation oratoire cistercienne ne soul&#232;ve gu&#232;re de doutes. Dans le &lt;i&gt;Dialogue des miracles&lt;/i&gt;, C&#233;saire de Heisterbach semble adh&#233;rer au paradigme augustinien, selon lequel la musique, associ&#233;e &#224; la m&#233;moire et &#224; la croyance, peut r&#233;ellement constituer une image tenace : des citations musicales viennent r&#233;guli&#232;rement interrompre ou poursuivre le r&#233;cit exemplaire, afin que le r&#233;cit s'imprime encore mieux dans l'esprit de l'auditeur. Il faudrait poursuivre l'enqu&#234;te que j'ai commenc&#233; &#224; mener dans l'article qui sera publi&#233; dans &lt;i&gt;Rythmes et Croyances au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt; : dans quelle mesure l'appel &#224; la musique, permet-il de jouer sur les deux principales modalit&#233;s rythmiques de l'&#233;nonc&#233; (rythme prosodique : combinaisons d'accents, de rimes ; rythme-&lt;i&gt;ductus&lt;/i&gt; : dynamique du r&#233;cit) et de dessiner, de fa&#231;on plus s&#251;re, les contours de ces images &#224; la fois optiques et sonores ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il me semble qu'une repr&#233;sentation sublime doit &#233;galement faire appel au vraisemblable. De fait, il ne s'agit pas pour l'orateur de pr&#233;senter une v&#233;rit&#233; objective, mais une version des faits qui soit conforme &#224; ce que l'auditeur attend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Webb, 1997, p. 237.&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui fait appel &#224; la &#171; galerie imaginaire que chacun porte en soi &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Webb, 1997, p. 242. Voir Quint. VIII, 3, 70.&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&lt;i&gt;exemplum&lt;/i&gt; se pr&#233;sente d'ailleurs comme un &#233;nonc&#233; vraisemblable, puisqu'il est assum&#233; par un &#233;nonciateur rapportant le t&#233;moignage d'un &#233;nonciateur originel socialement identifi&#233;. Suivant la r&#233;flexion men&#233;e par A. Bourreau et J.-C. Schmitt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schmitt, 2001, p. 88-89.&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cette cat&#233;gorie de vraisemblable correspond donc &#224; une v&#233;rit&#233; &#171; authentifi&#233;e &#187;, garantie ici par un t&#233;moignage oculaire (&lt;i&gt;vidi&lt;/i&gt;) ou auditif (&lt;i&gt;audivi&lt;/i&gt;). J'ajouterais volontiers qu'elle est authentifi&#233;e pr&#233;cis&#233;ment parce que convergent en un m&#234;me point un faisceau de voix, mises en contact par un proc&#233;d&#233; que l'analyse &#233;nonciative, men&#233;e en particulier par C. Calame, appelle &#171; polyphonie &#233;nonciative &#187;. Dans cette optique, &#171; l'attention se focalise donc sur la mani&#232;re dont les points de vue sont repr&#233;sent&#233;s et agenc&#233;s, ainsi que sur le lien entre la nature de tels ou tel type de repr&#233;sentations discursives et les fonctions qu'elles s'av&#232;rent aptes &#224; remplir &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Haillet, 2008, p. 59.&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, comme je l'ai montr&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formarier 2012b.&#034; id=&#034;nh48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la polyphonie &#233;nonciative est un proc&#233;d&#233; particuli&#232;rement pr&#233;sent dans la rh&#233;torique chr&#233;tienne, qui prend toujours appui sur l'hypotexte biblique. D&#232;s lors, l'&#233;nonc&#233; ne saurait se passer de citations, de r&#233;miniscences ou allusions bibliques. Mon hypoth&#232;se est qu'une fois la r&#233;f&#233;rence biblique explicit&#233;e, l'&#233;nonciateur est &#224; m&#234;me de jouer sur une ambigu&#239;t&#233; &#233;nonciative, m&#234;lant son propre &#233;nonc&#233; et l'&#233;nonc&#233; biblique, afin que l'autorit&#233; symbolique de ce dernier d&#233;passe le cadre contraint de la citation et impr&#232;gne l'ensemble de l'&#233;nonc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'objectif sera d'analyser, suivant les mod&#232;les de l'analyse &#233;nonciative du discours, la mani&#232;re dont s'ordonnent les diff&#233;rentes voix de l'&#233;nonc&#233; exemplaire et dans quelle mesure cette polyphonie garantit le caract&#232;re authentifi&#233; et vraisemblable de cet &#233;nonc&#233;. Il me semble en effet que dans la rh&#233;torique cistercienne, on retrouve le m&#234;me type de strat&#233;gie que chez Augustin. La voix biblique et la voix narrative se m&#234;lent au point, parfois, de se confondre. En outre, ce qui est propre &#224; l'&#233;nonc&#233; exemplaire, c'est que l'identit&#233; de l'&#233;nonciateur est &#233;galement &#233;quivoque : s'agit-il de l'&#233;nonciateur originel, dont on rapporte fid&#232;lement le r&#233;cit ? Ou bien d'un &#233;nonciateur secondaire, correspondant au personnage / narrateur mis en sc&#232;ne dans la fiction (par exemple le ma&#238;tre dans le &lt;i&gt;Dialogue des miracles&lt;/i&gt;) ? Ou bien encore l'auteur lui-m&#234;me, y compris anonyme (comme dans le &lt;i&gt;Collectaneum&lt;/i&gt;) ? Les difficult&#233;s de lecture et d'interpr&#233;tation &#233;taient ressenties &#224; l'&#233;poque m&#234;me de la mise &#224; l'&#233;crit des &lt;i&gt;exempla&lt;/i&gt;, comme le sugg&#232;rent en particulier certains ajouts dans une marge du manuscrit du &lt;i&gt;Collectaneum &lt;/i&gt;(Troyes, BM 946) par lesquels le lecteur a identifi&#233;, dans l'interligne du texte, chaque locuteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Legendre, 2005, p. XLV. L'&#233;diteur pr&#233;cise que ces ajouts ne sont pas de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lors de mon intervention au cours du colloque organis&#233; par le LabEx HASTEC, j'ai montr&#233; selon quels proc&#233;d&#233;s l'&#233;nonciateur secondaire pouvait imprimer son autorit&#233; dans le r&#233;cit de la vision, soit par le biais de comparaisons, qui ont fonction de commentaires, soit par l'insertion d'&#233;nonc&#233;s gnomiques qui font appel &#224; une sagesse collective (en l'occurrence cistercienne). S'ajoute &#224; cette strat&#233;gie de &#171; brouillage &#187; une imbrication parfois complexe des discours directs et indirects, avec des glissements imperceptibles de l'un &#224; l'autre qui renforce cette impression d'une convergence des voix. A ce m&#233;lange des discours peut enfin se lier une confusion entre discours et r&#233;cit, entre &#233;nonciation personnelle et &#233;nonciation historique. Il est vrai que tout r&#233;cit est n&#233;cessairement subjectif, puisque la mani&#232;re de raconter illustre une interpr&#233;tation des &#233;v&#233;nements. N&#233;anmoins, la fa&#231;on dont discours et r&#233;cit se r&#233;pondent dans l'&#233;nonc&#233; exemplaire vise, selon moi, &#224; renforcer cette subjectivit&#233; du r&#233;cit, tout en appuyant le vraisemblable. J'ai ainsi montr&#233;, lors de ce colloque du LabEx HASTEC, que dans le &lt;i&gt;Collectaneum&lt;/i&gt;, le r&#233;cit de l'apparition de la Vierge pendant les moissons &#233;tait encadr&#233; par le discours, mais que les incursions de l'&#233;nonciateur &#233;taient assez fr&#233;quentes, au point que la fin du r&#233;cit et le retour au discours s'accomplissent dans une m&#234;me phrase, gr&#226;ce &#224; une construction grammaticale ambigu&#235;. Dans le &lt;i&gt;Dialogue des miracles&lt;/i&gt;, en revanche, le r&#233;cit de cette vision n'est qu'un r&#233;cit secondaire dans un r&#233;cit englobant, celui du cheminement de C&#233;saire vers la conversion. Le discours est d&#232;s lors assum&#233; par le novice, apr&#232;s le r&#233;cit. La repr&#233;sentation d'un m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne suit donc des modalit&#233;s &#233;nonciatives tr&#232;s distinctes dans les deux recueils. Dans le &lt;i&gt;Collectaneum&lt;/i&gt;, l'auteur cherche &#224; dessiner une carte collective et statique : les rep&#232;res spatio-temporels tendent &#224; faire co&#239;ncider le temps de la repr&#233;sentation et celui du calendrier cistercien. Dans le &lt;i&gt;Dialogue des miracles&lt;/i&gt;, en revanche, C&#233;saire dresse un itin&#233;raire singulier, dans un moment historique pr&#233;cis. La repr&#233;sentation s'&#233;labore selon une succession de points dans une g&#233;ographie et une chronologie filtr&#233;s par l'exp&#233;rience individuelle. Ces premiers r&#233;sultats incitent &#224; poursuivre la r&#233;flexion sur la polyphonie &#233;nonciative comme vecteur de vraisemblable dans la repr&#233;sentation sublime ; ils sont une premi&#232;re preuve, &#224; mes yeux, que l'analyse de ces r&#233;cits exemplaires doit faire appel aux concepts d&#233;velopp&#233;s r&#233;cemment sur l'&#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;strong&gt;L'espace sensoriel de croyance : comment et &#224; quoi l'&lt;i&gt;imago &lt;/i&gt;oratoire fait-elle croire ?&lt;/strong&gt;&lt;/CENTER&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; :&lt;/strong&gt; La repr&#233;sentation oratoire, fond&#233;e sur le beau et le vraisemblable, peut poursuivre deux objectifs pragmatiques distincts : repr&#233;senter l'exp&#233;rience de la croyance ou l'objet de croyance. D&#232;s lors, l'objectif de cet axe est double. Il s'agira tout d'abord d'&#233;valuer les liens qui unissent les th&#233;ories philosophiques antiques et m&#233;di&#233;vales de l'&#226;me, de la vision et de la m&#233;moire (cf. axe 1) et les effets cognitifs et &#233;motionnels d&#233;crits dans cette exp&#233;rience exemplaire de croyance : comment l'&lt;i&gt;imago&lt;/i&gt; oratoire fait-elle croire ? Suivant la m&#233;thode d&#233;finie par M. Carruthers, j'analyserai comment l'&#233;nonc&#233; exemplaire parvient &#224; &#233;tablir, chez le lecteur / auditeur, une analogie &lt;i&gt;(similitudo)&lt;/i&gt; entre 1) l'exp&#233;rience ; 2) les images mentales pr&#233;existantes ; 3) les nouvelles images oratoires, afin d'int&#233;grer dans la m&#233;moire de nouveaux cadres de croyance. Ensuite, j'appr&#233;henderai la repr&#233;sentation de l'objet de croyance &#224; travers les images sensorielles (axe 2) comme une illustration des d&#233;bats id&#233;ologiques qui animent l'ordre cistercien : &#224; quoi l'&lt;i&gt;imago &lt;/i&gt;oratoire fait-elle croire ? Selon mon hypoth&#232;se, le principal enjeu de croyance est la norme cultuelle cistercienne, d'o&#249; une focalisation de la repr&#233;sentation sur l'espace-temps plut&#244;t que sur le contenu ex&#233;g&#233;tique. La co&#239;ncidence entre l'espace exemplaire et l'espace mental et sensoriel de croyance est donc le v&#233;ritable enjeu de la repr&#233;sentation oratoire. L'&lt;i&gt;exemplum&lt;/i&gt; constitue d&#232;s lors une prop&#233;deutique &#224; l'ob&#233;issance, d'autant plus efficace qu'elle rassemble n'importe quel lecteur / auditeur (moine ou convers) face &#224; une &lt;i&gt;imago&lt;/i&gt; merveilleuse purifi&#233;e et revaloris&#233;e par son transfert du support mat&#233;riel au texte.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai montr&#233; lors du colloque du LabEx HASTEC, la repr&#233;sentation oratoire peut relever de deux logiques pragmatiques distinctes : la repr&#233;sentation de l'exp&#233;rience de la croyance ou bien celle de l'objet de croyance. Dans le premier cas, il s'agit pour l'&#233;nonciateur de rendre &#233;vidents les processus cognitifs et &#233;motionnels qui conduisent &#224; la croyance. Cette exp&#233;rience peut &#234;tre pr&#233;sent&#233;e comme relevant de l'exp&#233;rience personnelle de l'&#233;nonciateur, ou bien comme celle v&#233;cue par un personnage mis en sc&#232;ne dans l'&#233;nonc&#233;. Dans le second cas, l'accent est mis en revanche sur la cible de cette croyance (la protection de l'ordre par la Vierge, l'existence des d&#233;mons, l'action de l'Esprit saint, etc.). Quel que soit le choix pragmatique, la repr&#233;sentation est toujours inscrite dans un espace-temps sp&#233;cifique, parfaitement identifi&#233; et d&#233;fini par l'&#233;nonciateur, mais aussi rendu perceptible &#224; l'auditeur par les images sensorielles identifi&#233;es dans l'axe 2, relevant &#224; la fois du beau et du vraisemblable : ic&#244;nes oratoires, rythmes prosodiques et rythme-&lt;i&gt;ductus&lt;/i&gt;, citations musicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le premier objectif de cet axe est d'&#233;lucider les interactions qui peuvent s'&#233;tablir entre les doctrines touchant &#224; la puissance de l'&#226;me et notamment &#224; la vision spirituelle et &#224; la m&#233;moire (&#233;tudi&#233;es dans l'axe 1) et les effets de l'exp&#233;rience de la croyance tels qu'ils sont d&#233;crits &#224; travers l'&#233;nonc&#233; exemplaire. Comment l'espace mental et sensoriel de croyance se d&#233;finit-il en fonction des mod&#232;les philosophiques et rh&#233;toriques antiques et m&#233;di&#233;vaux ? Comment son caract&#232;re proprement cistercien parvient-il &#224; s'affirmer ? Le second objectif sera de d&#233;terminer jusqu'&#224; quel point cet espace de croyance est une illustration rh&#233;torique des d&#233;bats id&#233;ologiques et cultuels cisterciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, comme le souligne J. Hamesse, &#171; la conception m&#233;di&#233;vale de l'&lt;i&gt;imaginatio &lt;/i&gt;et de la &lt;i&gt;phantasia &lt;/i&gt;est directement li&#233;e aux doctrines psychologiques concernant les facult&#233;s et les puissances de l'&#226;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hamesse, 1988, p. 153-184.&#034; id=&#034;nh50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le cadre d'une repr&#233;sentation oratoire qui met en sc&#232;ne l'exp&#233;rience de la croyance, il est donc pertinent de mobiliser les mod&#232;les de pens&#233;e antique et m&#233;di&#233;vaux (axe 1). Il me semble qu'une en particulier devra &#234;tre &#233;tudi&#233;e, selon les mod&#232;les de lecture instaur&#233;s par M. Carruthers : la m&#233;moire, comprise comme &lt;i&gt;stockage&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;fabrication&lt;/i&gt; d'images. Depuis Aristote, l'activit&#233; de la m&#233;moire est d&#233;finie comme une cons&#233;quence de l'activit&#233; sensorielle : &#171; il faut penser que l'impression produite, gr&#226;ce &#224; la sensation, dans l'&#226;me et dans la partie du corps qui poss&#232;de la sensation, est de telle sorte qu'elle est comme une esp&#232;ce de peinture, dont la possession, disons-nous, constitue la m&#233;moire. En effet, le mouvement produit dans l'esprit comme une certaine empreinte de sensation, &#224; la mani&#232;re de ceux qui cachettent avec un anneau &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, De memoria et reminiscentia (&#233;d. et trad. R. Mugnier, 1953), 450a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette conception sensorielle et picturale de la m&#233;moire se transmet dans toute la litt&#233;rature grecque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Webb, 1997, p. 235.&#034; id=&#034;nh52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi chez Quintilien, dans l'&lt;i&gt;Institution Oratoire&lt;/i&gt; et bien s&#251;r chez Augustin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Bautier, 1988, p. 96.&#034; id=&#034;nh53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puis dans la culture monastique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Carruthers, 1998, p. 141-147.&#034; id=&#034;nh54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exp&#233;rience sensorielle produit, dans l'&#226;me, une image ressemblante (&lt;i&gt;similitudo&lt;/i&gt;), dot&#233;e de la m&#234;me structure que l'original. Comme le souligne I. Koch, &#171; c'est &#224; partir de cette &lt;i&gt;similitudo&lt;/i&gt; que s'&#233;laborent les activit&#233;s mentales d&#233;riv&#233;es de la perception &#8211; rem&#233;moration, imagination, r&#234;ve ou hallucination &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Koch, 2011, p. 9.&#034; id=&#034;nh55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit donc, &#224; travers la repr&#233;sentation oratoire cistercienne, de mobiliser des images mentales existantes, li&#233;es &#224; l'exp&#233;rience de l'auditeur, et de les r&#233;orienter&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Bautier, 1988, p. 98-99&#034; id=&#034;nh56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Plus pr&#233;cis&#233;ment, il me semble que tout le d&#233;fi des r&#233;cits exemplaires est d'&#233;laborer une repr&#233;sentation qui se rapproche le plus possible des images mentales pr&#233;sentes chez l'auditeur, en &#233;tablissant une &lt;i&gt;similitudo &lt;/i&gt;non plus binaire, mais ternaire, entre 1) la r&#233;alit&#233; v&#233;cue, 2) les images mentales d&#233;j&#224; constitu&#233;es et 3) les nouvelles images mentales produites par l'&#233;nonc&#233; exemplaire. J'ai commenc&#233; &#224; &#233;tudier ce processus dans l'article de l'ouvrage &lt;i&gt;Rythmes et croyances au Moyen &#194;ge&lt;/i&gt;.J'ai &#233;galement pr&#233;sent&#233; lors du s&#233;minaire de J.-C. Schmitt les premiers r&#233;sultats d'une analyse des images mentales pr&#233;sentes dans un exemplum du &lt;i&gt;Collectaneum &lt;/i&gt;(ex. 7 dans l'&#233;dition d'O. Legendre), repris dans la &lt;i&gt;Collectio &lt;/i&gt;(ms. lat. Paris BNF 15912 f. 82b dans l'&#233;dition de J. Berlioz et M.-A. Polo de Beaulieu) et ensuite dans la &lt;i&gt;L&#233;gende Dor&#233;e&lt;/i&gt; de Jacques de Voragine (chap. 50, &#233;dition B. Dunn-Lardeau). J'ai men&#233; le m&#234;me type d'analyse lors du colloque sur C&#233;saire concernant l'exemplum 31 de la &lt;i&gt;distinctio&lt;/i&gt; 8 du &lt;i&gt;Dialogue des Miracles&lt;/i&gt;. On retrouverait alors un processus d&#233;crit par M. Carruthers au sujet d'un passage du sermon &lt;i&gt;De &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Conversione ad clericos &lt;/i&gt;de Bernard de Clairvaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Carruthers, 1998, p. 127 au sujet de Bernard de Clairvaux, Ad Clericos, XV, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celui-ci emploi la m&#233;taphore du parchemin : les souvenirs sont imprim&#233;s dans la m&#233;moire comme une encre tenace. L'objectif du pr&#233;dicateur, d&#232;s lors, consiste &#224; r&#233;cup&#233;rer ces images mentales imprim&#233;es dans la m&#233;moire, qui ne correspondent pas aux id&#233;aux monastiques, afin de les infl&#233;chir et de leur donner une autre direction s&#233;mantique et symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Faire croire, certes, mais &#224; quoi ? C'est ici que la litt&#233;rature exemplaire affirme sa sp&#233;cificit&#233; : la repr&#233;sentation de l'objet de croyance dans l'&#233;nonc&#233; exemplaire repose davantage sur l'espace dessin&#233; par les images sensorielles (axe 2) que par les d&#233;veloppements ex&#233;g&#233;tiques (m&#234;me si tous les recueils ne sont pas &#233;quivalents sur ce point : le contenu doctrinal est par exemple relativement d&#233;velopp&#233; dans la premi&#232;re partie de la &lt;i&gt;Collectio &lt;/i&gt;ou dans le &lt;i&gt;Grand Exorde &lt;/i&gt;de Conrad). J'ai &#233;galement d&#233;velopp&#233; une hypoth&#232;se dans l'article de &lt;i&gt;Rythmes et croyances&lt;/i&gt;, qui m&#233;ritera d'&#234;tre creus&#233;e : selon moi, les correspondances &#233;tablies dans l'&#233;nonc&#233; entre le rythme liturgique et le rythme-&lt;i&gt;ductus &lt;/i&gt;de la narration (voir axe 2) sugg&#232;rent que c'est en r&#233;alit&#233; l'espace-temps monastique qui constitue la clef du dispositif. Il s'agir de &#171; faire croire &#187; &#224; la &lt;i&gt;norme cultuelle &lt;/i&gt;cistercienne : dans cet article, j'ai ainsi montr&#233; que la vision constitue la mise en sc&#232;ne de la norme musicale et liturgique, gr&#226;ce &#224; des personnages pr&#233;sent&#233;s comme authentiques et parfaitement identifi&#233;s dans la hi&#233;rarchie monastique (moines / convers). Il s'agit de &#171; faire croire &#187; que la mani&#232;re que les Cisterciens ont de chanter, notamment le rapport &#233;tabli entre la liturgie, la pri&#232;re et la musique, est la bonne mani&#232;re de faire, car elle illustre la r&#232;gle b&#233;n&#233;dictine. Si, comme le souligne A. Forni, &#171; la pr&#233;dication sert de prop&#233;deutique &#224; l'ob&#233;issance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Forni, 1981, p. 24.&#034; id=&#034;nh58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&lt;i&gt;exemplum&lt;/i&gt; s'affirme d&#232;s lors comme un outil extr&#234;mement efficace pour imposer cette ob&#233;issance. Dans ce cas pr&#233;cis (les visions faisant intervenir la musique dans la &lt;i&gt;distinctio&lt;/i&gt; 8 du &lt;i&gt;Dialogue des miracles&lt;/i&gt;), la posture adopt&#233;e par l'&#233;nonciateur est volontairement conciliante : il s'agit avant tout de faire adh&#233;rer au consensus. Et c'est bien &#233;videmment dans la pr&#233;sentation de ce consensus qu'il faut chercher les quelques &#233;l&#233;ments qui peuvent justement le fragiliser (en particulier le statut des convers). D&#232;s lors, il faudra, me semble-t-il, confronter les donn&#233;es historiques de l'&#233;volution de l'ordre et les objets de croyance mis en sc&#232;ne dans la repr&#233;sentation oratoire exemplaire. Cela permettra d'&#233;valuer pr&#233;cis&#233;ment ce qui rel&#232;ve de l'&lt;i&gt;uniformisation&lt;/i&gt;, puisque que, comme le dit M. de Certeau, le &#171; croire &#187; &#171; garantit une socialit&#233; fond&#233;e sur une dur&#233;e. [&#8230;] Il est essentiel aux collectivit&#233;s qui articulent temporellement les relations humaines &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Certeau, 1981, p. 366.&#034; id=&#034;nh59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais aussi de la &lt;i&gt;diff&#233;renciation&lt;/i&gt; : la situation n'est pas la m&#234;me &#224; Clairvaux, &#224; Eberbach et &#224; Heisterbach, et elle &#233;volue durant les XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;-XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, il me semble que l'&#233;laboration de cet espace mental et sensoriel de croyance a des enjeux sociaux et id&#233;ologiques de premi&#232;re importance. A travers l'emploi du merveilleux (&lt;i&gt;mira res&lt;/i&gt;) sont convoqu&#233;s, face &#224; un m&#234;me t&#233;moignage, le convers et le moine. En &#233;tablissant une co&#239;ncidence entre l'espace-temps narratif et l'espace-temps mental, le r&#233;cit exemplaire parvient &#224; la fois &#224; d&#233;passer le cadre impos&#233; par la r&#233;alit&#233; sociale et &#224; ob&#233;ir aux restrictions impos&#233;es par Bernard de Clairvaux. En effet, ce dernier, dans l'&lt;i&gt;Apologie&lt;/i&gt;, invective les fid&#232;les qui viennent embrasser les statues des saints ; il d&#233;plore le fait que la croyance soit proportionnelle &#224; la beaut&#233; mat&#233;rielle de ces objets. Certes, il n'est pas question, dans les visions rapport&#233;es, d'ornements, de statues ou des fameux monstres d&#233;crits dans l'&lt;i&gt;Apologie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bernard de Clairvaux, Apologie &#224; Guillaume de St Thierry, XI, 29.&#034; id=&#034;nh60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; le cadre liturgique est r&#233;duit aux &#233;l&#233;ments de base : le pupitre, l'autel et le ch&#339;ur. Mais si pour Bernard &#171; l'image cesse d'&#234;tre un relais vers l'invisible &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Martin, 1996, p. 184.&#034; id=&#034;nh61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle retrouve une place de choix dans le r&#233;cit exemplaire. L'&#233;tonnement et l'admiration sont r&#233;serv&#233;s aux ph&#233;nom&#232;nes divins, r&#233;v&#233;lations &#233;ph&#233;m&#232;res de l'&#233;ternit&#233;, dont les personnages mis en sc&#232;ne peuvent b&#233;n&#233;ficier. Un nouveau lien, pour ainsi dire purifi&#233;, est donc &#233;tabli entre la croyance et l'&#233;tonnement, qu'elle naisse de lui ou soit renforc&#233;e par lui. Autrement dit, le &lt;i&gt;mirum&lt;/i&gt;, par son transfert de l'humain au divin, est revaloris&#233; et retrouve une place de choix dans le &#171; croire &#187; et le &#171; faire croire &#187;. Par ailleurs, la situation sp&#233;cifique des convers et des novices r&#233;clame un apprentissage qui doit leur enseigner la bonne doctrine mais aussi les soumettre aux bons usages, rendus l&#233;gitimes par une &lt;i&gt;consuetudo&lt;/i&gt; admise par tous (en tout cas, repr&#233;sent&#233;e comme telle). Cette valorisation de la vision et de l'&#233;tonnement va donc de pair, me semble-t-il, avec &#171; une th&#233;orie de la connaissance selon laquelle la perception par les cinq sens, et avant tout par la vue, est le fondement du savoir objectif du r&#233;el &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schmitt, 1981, p. 338.&#034; id=&#034;nh62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ou plut&#244;t, il s'agit de concilier la connaissance qui d&#233;coule de la vision (et cette corr&#233;lation entre vision et connaissance est absolument fondamentale dans la th&#233;orie augustinienne, car elle permet de distinguer vision divine et vision diabolique) et la croyance, qui est une adh&#233;sion &#224; l'invisible transcendantal. La vision spirituelle s'affirme donc bien comme le point de contact entre connaissance et croyance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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Wirth, J. (2008) : &lt;i&gt;L'image &#224; l'&#233;poque gothique, &lt;/i&gt;Paris, Cerf.&lt;/p&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Wirth, 2008, p. 35 ; Boulnois, 2008, p. 38 ; 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schmitt, 2002, p. 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Berlioz, 2005 (article en ligne, cf. bibliographie).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Rose, 2010, p. 155-159 ; Polo de Beaulieu, 2010, p. 175-186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Berlioz, 2010, p. 241-256.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Legendre, 2005, p. LIV ; Mula, 2010, p. 190.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Legendre, 2005, p. LIX.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Legendre, 2005, p. LVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Legendre, 2005, p. LXXIX-LXXXV.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Legendre, 2005, p. LXXXVII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Mula, 2010, p. 198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Legendre, 2005, p. XCIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Webb, 1997, p. 233.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DiCapua, 1931, p. 615 ; Hagendhal, 1967, p. 156-167 ; 481-482 ; 567-568 ; Fortin, 1974, p. 87 ; Auerbach, 2004, p. 37.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, 3, 3, 7 ; 4, 10, 24. Sur cet exemple, voir DiCapua, 1931, p. 610 ; 641 ; Banniard, 1992, p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, 4, 10, 24. Voir Formarier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Br&#233;mond &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt;., 1982, p. 50. Expression reprise par P. B. Roberts, 2002, p. 53. Voir aussi Crane, 1890, p. xviii.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gr&#233;goire le Grand, &lt;i&gt;Homiliarum in Evangelia Libri Duo&lt;/i&gt;, PL 76, 1014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gr&#233;goire le Grand, &lt;i&gt;Homiliarum in Evangelia Libri Duo&lt;/i&gt;, PL 76, 1290.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Von Moos, 1998, p. 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Forni, 1981, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Boulnois, 2008, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Boulnois, 2008, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir en particulier Aelred de Rievaulx, &lt;i&gt;La vie de recluse&lt;/i&gt;, 29 (&#233;d. Sources chr&#233;tiennes 76, 121) ; Boulnois, 2008, p. 126-127.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Johannes Scottus &lt;i&gt;De diuisione naturae&lt;/i&gt;, &#233;d. Migne, PL 122, col. 962C ; voir BAUTIER, 1988, p. 84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Carruthers, 1998, p. 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Webb, 1997, p. 230.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Molini&#233;, G., &lt;i&gt;Dictionnaire de rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Paris, 1992, p. 145, cit&#233; par R. Webb, 1997, p. 231.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Webb, 1997, p. 248.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ps. Longin, &lt;i&gt;Du Sublime&lt;/i&gt;, XV, 9 (trad. Leb&#232;gue).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Formarier 2012a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Madec, 2001, p. 221. Voir &lt;i&gt;Epistulae&lt;/i&gt;6-9, &lt;i&gt;PL &lt;/i&gt;33, 67-73.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Augustin, &lt;i&gt;De Genesi ad Litteram&lt;/i&gt;, XXIV, 51 (traduction Aga&#235;sseet Solignac)&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Sur ce passage, voir Schmitt, 1996, p. 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schaeffer, 1996, p. 1142 : &#171; Indeed, Augustine's conception of style renders the sermon analogous to prayer &#8212; and to music &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Formarier 2012b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Augustin, &lt;i&gt;De Trinitate&lt;/i&gt;, XV, 18, cit&#233; par I. Koch, 2011, p. 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Newman, 2005, p. 10-11. Ce trait&#233; est une compilation des th&#233;ories sur l'&#226;me et sur ses facult&#233;s. Celle d'Augustin, mais aussi d'Hugues de Saint Victor y sont repr&#233;sent&#233;es. Voir Gilson, 1999, p. 302-303.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Carruthers, 1998, p. 113-116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Carruthers, 1998, p. 105.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Carruthers, 1998, p. 153.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir, Carruthers, 1998, p. 136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schmitt, 2002, p. 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schmitt, 2002, p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Webb, 1997, p. 237.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Webb, 1997, p. 242. Voir Quint. VIII, 3, 70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schmitt, 2001, p. 88-89.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Haillet, 2008, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Formarier 2012b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Legendre, 2005, p. XLV. L'&#233;diteur pr&#233;cise que ces ajouts ne sont pas de la m&#234;me main que le texte, mais sont vraisemblablement quasiment contemporains de la copie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hamesse, 1988, p. 153-184.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;De memoria et reminiscentia&lt;/i&gt; (&#233;d. et trad. R. Mugnier, 1953), 450a 25-32. Voir Webb, 1997, p. 234.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Webb, 1997, p. 235.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Bautier, 1988, p. 96.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Carruthers, 1998, p. 141-147.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Koch, 2011, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Bautier, 1988, p. 98-99&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Carruthers, 1998, p. 127 au sujet de Bernard de Clairvaux, &lt;i&gt;Ad Clericos, &lt;/i&gt;XV, 28 (&#233;d. Leclercq, p. 102-104).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Forni, 1981, p. 24.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De Certeau, 1981, p. 366.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bernard de Clairvaux, &lt;i&gt;Apologie &#224; Guillaume de St Thierry&lt;/i&gt;, XI, 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Martin, 1996, p. 184.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schmitt, 1981, p. 338.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dynamique verbale et segmentation rythmique dans la lectio cum cantico de Daniel
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article850</link>
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		<dc:date>2013-04-01T09:03:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
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		<description>
&lt;p&gt;Introduction La lecture suivie d'un cantique (lectio cum cantico) dont je propose l'analyse ici est tir&#233;e du troisi&#232;me chapitre du livre de Daniel dans l'Ancien Testament. Il s'agit de l'&#233;pisode des trois enfants jet&#233;s par Nabuchodonosor dans la fournaise pour avoir refus&#233; de se prosterner devant la statue du roi. Elle est ex&#233;cut&#233;e au Moyen &#194;ge lors de la Vigile Pascale, ainsi qu'au Vendredi Saint &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan. L'&#233;conomie de la pi&#232;ce suit la structure tripartite suivante : a) (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Sources&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_1'&gt;1. Sources&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_2'&gt;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Analyse comparative du r&#233;citatif&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_3'&gt;3. Analyse comparative du r&#233;citatif&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. Analyse comparative du cantique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_4'&gt;4. Analyse comparative du cantique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_5'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire_6'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lecture suivie d'un cantique &lt;i&gt;(lectio cum cantico&lt;/i&gt;) dont je propose l'analyse ici est tir&#233;e du troisi&#232;me chapitre du livre de Daniel dans l'Ancien Testament. Il s'agit de l'&#233;pisode des trois enfants jet&#233;s par Nabuchodonosor dans la fournaise pour avoir refus&#233; de se prosterner devant la statue du roi. Elle est ex&#233;cut&#233;e au Moyen &#194;ge lors de la Vigile Pascale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un &#233;tat de la question, voir BERNARD (1993 : 233).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi qu'au Vendredi Saint &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 316-319.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;conomie de la pi&#232;ce suit la structure tripartite suivante : a) lecture (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 1-25) ; b) pri&#232;re d'Azarias (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 26-45) ; a') suite de la lecture (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 46-50) ; c) hymne ou cantique des Trois Enfants ou &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 51-90). La premi&#232;re partie ne comporte aucune notation musicale sur les manuscrits que j'ai pu consulter ; de fait, elle &#233;tait probablement lue sur un ton de lecture habituel. La deuxi&#232;me partie n'est not&#233;e que dans la source b&#233;n&#233;ventaine &lt;i&gt;(Vat. lat. 10673)&lt;/i&gt;. Il s'agit dans cette version d'un r&#233;citatif orn&#233;. Enfin, la troisi&#232;me partie constitue &#224; proprement parler les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; (hymne ou cantique des Trois Enfants) dont il est question chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BASTIAENSEN (1989 :15-17) ; BERNARD (1993, p. 231).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'appellation &lt;i&gt;hymne&lt;/i&gt; s'explique par l'exhortation initiale du refrain &lt;i&gt;&#171; Hymnum dicite &#187;&lt;/i&gt; et par le caract&#232;re jubilatoire de cette pi&#232;ce, dont la pr&#233;sence syst&#233;matique de m&#233;lismes est l'une des expressions. De fait, Augustin d&#233;finit ainsi l'hymne : &#171; la louange &#224; Dieu dans un chant &lt;i&gt;(in cantico)&lt;/i&gt; est appel&#233;e hymne &lt;i&gt;(hymnus)&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Enarr. Ps., PL 37, 1948 : Laus ergo Dei in cantico, hymnus dicitur.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En r&#233;alit&#233;, cette section du chapitre donne lieu &#224; deux cantiques : le cantique de la Transcendance divine (52-56) et le cantique des Cr&#233;atures (57-90). Or, comme l'a soulign&#233; Ph. Bernard, le cantique des Cr&#233;atures est plus ancien ; en raison de son ampleur, il est peu &#224; peu remplac&#233; par le cantique de la Transcendance divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 236).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette pi&#232;ce pr&#233;sente donc un int&#233;r&#234;t tout particulier : &#171; le chant, par scissiparit&#233;, sort de la lecture, dont il n'est au d&#233;part que la continuation lyrique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 232).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, comment le m&#234;me texte biblique est-il trait&#233; m&#233;lodiquement et rythmiquement dans l'une et l'autre version ? Au-del&#224; de la composition formulaire, comment caract&#233;riser le rapport probl&#233;matique entre la dynamique verbale de l'&#233;nonc&#233; biblique et la segmentation rythmique impos&#233;e par l'ex&#233;cution musicale ? Dans quelle mesure ce rapport est-il porteur de sens et d'expressivit&#233;, mais aussi le reflet des mutations linguistiques qui touchent la pratique du latin au Moyen-&#194;ge ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Sources&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce des &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; est not&#233;e dans quatre traditions diff&#233;rentes : milanaise, b&#233;n&#233;ventaine, romaine et gr&#233;gorienne. Dans un souci de coh&#233;rence et de synth&#232;se, j'&#233;tudierai ici le premier groupe seulement. Pour la tradition milanaise, ma transcription s'appuie sur l'Antiphonaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir HILEY (1993 : 287 288).&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du British Museum (&lt;i&gt;Antiph. ambr., cod. add. 34209&lt;/i&gt;, fol. 248-251, 258-259)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 5, 1972, p. 130.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il s'agit du plus ancien manuscrit milanais, datant du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La notation neumatique suit un trac&#233; angulaire diast&#233;matique mais sans port&#233;e. Bien qu'elle soit ais&#233;ment d&#233;chiffrable, j'ai &#233;galement consult&#233; la transcription en notation carr&#233;e de la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 6, 1972, p. 296-298.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour la tradition b&#233;n&#233;ventaine, j'ai utilis&#233; deux manuscrits, le graduel de B&#233;n&#233;vent (&lt;i&gt;Ben. Cap. VI, 40&lt;/i&gt;, fol.12-14) datant du XI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et le graduel de la Vaticane (&lt;i&gt;Rome, Vat. lat. 10673&lt;/i&gt;, fol. 29v-30r) de la m&#234;me &#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 14-15 ; 58-59.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le graduel de B&#233;n&#233;vent offre une notation &#233;l&#233;gante, diast&#233;matique mais sans port&#233;e. Il fait figurer les &lt;i&gt;Benedictiones&lt;/i&gt; en int&#233;gralit&#233;. Le graduel de la Vaticane est adiast&#233;matique. Le feuillet contenant les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; manque malheureusement ; en revanche, la pri&#232;re d'Azarias figure enti&#232;rement. Ces deux graduels sont donc parfaitement compl&#233;mentaires. J'ai aussi consult&#233; la transcription en notation carr&#233;e de la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 272 ; 318 ; 320-321.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les textes des diff&#233;rentes versions de cette pi&#232;ce sont &#233;tudi&#233;s dans l'article de Ph. Bernard (1993). Il ressort de cette &#233;tude qu'ils proviennent d'une vieille latine ant&#233;rieure &#224; la Vulgate, sans doute d'une traduction de la version de Th&#233;odotion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 234).&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont l'utilisation est attest&#233;e dans l'Antiquit&#233; tardive par J&#233;r&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hieron. In Dan., PL 28, 1291. Voir GRELOT (1966 : 382).&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. P. Grelot souligne dans son article que cette version, comme la Septante, traduit le m&#234;me texte fondamental en y ajoutant les morceaux deut&#233;rocanoniques dont le texte de notre pi&#232;ce est justement tir&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir GRELOT (1966 : 381).&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'utilisation de cette traduction sugg&#232;re que la pi&#232;ce a &#233;t&#233; compos&#233;e d&#232;s les premiers si&#232;cles du christianisme. Par ailleurs, le fait que ne figurent que quelques versets est interpr&#233;t&#233; par Ph. Bernard comme un souci d'&#233;conomie : &#171; les copistes ont pu se borner volontairement &#224; indiquer quelques versets-types qui servaient de mod&#232;les aux chantres, lesquels &#233;taient suffisamment exp&#233;riment&#233;s pour adapter ces mod&#232;les &#224; tous les versets &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 245).&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1 Le rapport entre m&#233;lodie et texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le cas sp&#233;cifique de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; o&#249; le texte est pr&#233;alable &#224; la m&#233;lodie, la question qui se pose est la suivante : dans quelle mesure la dynamique verbale, caract&#233;ris&#233;e par l'alternance de syllabes toniques et atones, gouverne-t-elle la m&#233;lodie ? De fait, la m&#233;lodie peut tenir compte ou non des contraintes impos&#233;es par le texte. Comme le souligne J. Stevens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;STEVENS (2008 : 281-283).&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la m&#233;lodie est susceptible de mettre en &#233;vidence la syllabe tonique par la hauteur des notes, par la dur&#233;e du motif m&#233;lodique ou bien encore par certains d&#233;tails dans l'ex&#233;cution elle-m&#234;me, m&#234;me si ces deux derniers points restent pour le moins conjecturaux en l'absence d'indications pr&#233;cises dans les trait&#233;s ou sur les manuscrits. De plus, quel lien &#233;tablir entre cette interaction m&#233;lodie/accent et le contexte esth&#233;tique dans lequel elle s'inscrit ? Le r&#233;pertoire chr&#233;tien m&#233;di&#233;val fait appel &#224; une tradition, &#224; des conventions li&#233;es &#224; la liturgie et aux genres musicaux. La difficult&#233; d&#232;s lors est de distinguer ce qui rel&#232;ve de la convention de ce qui est propre &#224; l'individualit&#233; de la pi&#232;ce. Pour J. Stevens, &#171; le rapport entre les mots et la musique est moins li&#233; &#224; une cr&#233;ativit&#233; individuelle qu'&#224; une convention &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;STEVENS (2008 : 279) : &#171; The relationship between words and music is not a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut notamment admettre, &#224; la suite des &#233;tudes ant&#233;rieures, que les m&#233;lodies du premier r&#233;pertoire chr&#233;tien observent principalement deux lois. L'une touchant &#224; la macrostructure veut que la ligne m&#233;lodique suive une courbe parabolique (mouvement ascendant, sommet, mouvement descendant)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir WAGNER (1921 : 111) ; STEVENS (2008 : 279-280).&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la seconde concerne la microstructure et conf&#232;re &#224; l'accent verbal un r&#244;le de premi&#232;re importance dans l'&#233;laboration de la m&#233;lodie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir FERRETTI (1938 : 14-16) ; APEL (1958 : 279) ; STEVENS (2008 : 278).&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agira d&#232;s lors de cerner avec pr&#233;cision ce que la segmentation rythmique, impos&#233;e par la m&#233;lodie, conserve et modifie de la dynamique verbale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.2 La segmentation du &lt;i&gt;cantus prosaicus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Selon le t&#233;moignage des trait&#233;s de musique m&#233;di&#233;vaux, le chant en prose &lt;i&gt;(cantus prosaicus)&lt;/i&gt; se distingue du chant versifi&#233; &lt;i&gt;(cantus metricus)&lt;/i&gt; par une segmentation irr&#233;guli&#232;re : les s&#233;quences peuvent &#234;tre in&#233;gales, alors que les vers doivent &#234;tre &#233;gaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Guid. Aret. Micr., 15, 168 ; 171.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il existe une autre diff&#233;rence de taille : dans le chant versifi&#233;, les motifs m&#233;lodiques doivent respecter des rapports rythmiques, issus de la tradition musicale antique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guid. Aret. Micr., 15, 164-165.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'on en croit Aribon, &#171; depuis l'Antiquit&#233;, non seulement les compositeurs de chant, mais aussi les chanteurs eux-m&#234;mes faisaient grandement attention &#224; tout composer et chanter en vertu du principe de proportion. Cette r&#232;gle n'a d&#233;sormais plus cours, elle est compl&#232;tement enterr&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arib. De Mus. 49 : Antiquitus fuit magna circumspectio non solum cantus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment dans le chant en prose. Par ailleurs, l'analyse propos&#233;e aujourd'hui du chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val postule dans sa m&#233;thode une forte interaction entre les deux logiques structurelles qui gouvernent le discours musical : le texte et la m&#233;lodie. Partant du principe que les segments sont &#224; la fois des unit&#233;s textuelles et m&#233;lodiques, cette analyse se concentre sur le rep&#233;rage des &lt;i&gt;formules&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir TREITLER (1984 : 352-353).&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celles-ci se d&#233;finissent par leur ligne m&#233;lodique, leur caract&#232;re modal, mais &#233;galement par leur fonction dans le discours, largement d&#233;termin&#233;e par la place qu'elles y occupent. Il s'agit ainsi de d&#233;limiter la &lt;i&gt;formule d'intonation&lt;/i&gt;, plac&#233;e &#224; l'initiale et charg&#233;e de lancer la dynamique de la phrase ainsi que d'en d&#233;finir la modalit&#233;. La &lt;i&gt;cadence m&#233;diane&lt;/i&gt; (ou &lt;i&gt;m&#233;diante&lt;/i&gt;) est une formule qui marque une ponctuation interne ; sa ligne m&#233;lodique suit souvent une configuration traditionnelle, tout comme la cadence finale qui signale en revanche la ponctuation finale. Cette m&#233;thode et cette terminologie sont employ&#233;es dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 320-323.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais &#233;galement par P. Ferretti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FERRETTI (1938 : 216).&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou encore par Ph. Bernard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 231-272).&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans les analyses propos&#233;es de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; de Daniel. Elles permettent de mener une premi&#232;re approche, insuffisante n&#233;anmoins pour comprendre v&#233;ritablement comment s'articulent le texte et la m&#233;lodie, car elle n'envisage que les segments les plus &#233;tendus, qui correspondent aux &lt;i&gt;distinctiones&lt;/i&gt; de Gui d'Arezzo. Une analyse microstructurale s'av&#232;re donc plus que n&#233;cessaire. Je sugg&#232;re d&#232;s lors qu'il est indispensable de relever et d'analyser aussi les &lt;i&gt;motifs m&#233;lodiques&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les segments m&#233;lodiques r&#233;it&#233;r&#233;s &#224; l'identique ou bien sous forme de variantes, &#224; l'int&#233;rieur des formules. Ils correspondent &#224; ce que Gui appelle &lt;i&gt;neuma&lt;/i&gt;. Nous verrons que certains motifs sont associ&#233;s pour constituer un motif compos&#233;, autrement dit un segment plus ample &lt;i&gt;(pars)&lt;/i&gt;. Il s'agira de d&#233;terminer si ces motifs m&#233;lodiques co&#239;ncident avec des sch&#233;mas accentuels fixes et dans quelle mesure les variantes refl&#232;tent &#233;ventuellement des modifications de la dynamique verbale. D'autre part, on se demandera comment leur structure intrins&#232;que et la place qu'ils occupent dans la formule participent &#224; la segmentation rythmique ; on s'interrogera notamment sur leur r&#244;le de ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.3 La distinction entre r&#233;citatif et cantique : hypoth&#232;se de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'analyse du rythme oratoire latin, que j'ai men&#233; dans ma th&#232;se, a r&#233;v&#233;l&#233; l'importance capitale de la distinction entre le style hach&#233; et le style p&#233;riodique. Le style hach&#233;, plus proche de l'&lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt;, suit un rythme o&#249; chaque mot est distinct et constitue le module r&#233;f&#233;rentiel de segmentation. Le style p&#233;riodique, plus proche de l'&lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, s'appuie sur un rythme o&#249; les &#233;l&#233;ments sont moins d&#233;marqu&#233;s les uns des autres, o&#249; le module r&#233;f&#233;rentiel n'est plus le mot, mais le segment compris entre deux accents de mots. Sachant que les principes oratoires de segmentation sont clairement emprunt&#233;s par le chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val et que, d'autre part, le texte dans ce r&#233;pertoire tient une place consid&#233;rable, notamment dans une vis&#233;e p&#233;dagogique, on est en droit de supposer que cette distinction entre style hach&#233; et style p&#233;riodique pourrait trouver un &#233;cho dans le couple r&#233;citatif/cantique. Cela signifierait que dans le r&#233;citatif, comme dans l'&lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt;, la segmentation rythmique viserait &#224; d&#233;tacher les mots alors que dans le cantique, comme dans l'&lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, les mots seraient pour ainsi dire soud&#233;s les uns aux autres. Il s'agira donc de d&#233;terminer si cette hypoth&#232;se est valable dans la pi&#232;ce de Daniel, de la nuancer et de l'approfondir le cas &#233;ch&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Analyse comparative du r&#233;citatif &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1 La version b&#233;n&#233;ventaine : la pri&#232;re d'Azarias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; constitue un r&#233;citatif d'une grande ampleur. Elle est introduite par la formule traditionnelle &lt;i&gt;Stans&lt;/i&gt;&#8230; que l'on trouve dans les antiennes du Magnificat associ&#233;es &#224; Ste Agn&#232;s ou Ste Agathe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir HILEY (1993 : 96 98).&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Se trouvant dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e &lt;i&gt;(in medio flammarum, in medio carceris)&lt;/i&gt;, Agn&#232;s et Agathe chantent la louange de Dieu &lt;i&gt;(orabat ad Dominum)&lt;/i&gt;. De m&#234;me, Azarias au milieu des flammes &lt;i&gt;(in medio ignis)&lt;/i&gt; se met &#224; prier &lt;i&gt;(orauit sic)&lt;/i&gt;. M&#234;me si les antiennes sont moins longues, la pri&#232;re d'Azarias fonctionne de la m&#234;me fa&#231;on sur le plan m&#233;lodique. Sa m&#233;lodie simple est &#233;galement utilis&#233;e pour la &lt;i&gt;Pri&#232;re de Jonas&lt;/i&gt; ex&#233;cut&#233;e le Jeudi Saint ; elle a &#233;t&#233; transcrite en notation carr&#233;e dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 271-272. Restitution fond&#233;e sur le Vat.lat. 10673 et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle comporte une intonation en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, prolong&#233;e par une r&#233;citation sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. La cohabitation de ces deux cordes de r&#233;citation est un trait d'archa&#239;sme. En outre, comme nous le verrons, certains motifs m&#233;lodiques jouent le r&#244;le de ponctuation. Comme dans certaines antiennes, en d&#233;pit d'un &lt;i&gt;ambitus &lt;/i&gt; assez restreint (entre &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;), la m&#233;lodie offre parfois des modulations. L'enjeu de cette analyse sera donc d'identifier ces modulations et de voir dans quelle mesure elles accompagnent et signalent la dynamique verbale et la segmentation rythmique. Tout d'abord, les syllabes toniques font l'objet de traitements m&#233;lodiques divers. Situ&#233;es dans la r&#233;citation initiale en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, elles peuvent s'ex&#233;cuter sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ou bien b&#233;n&#233;ficier d'une emphase m&#233;lodique &#233;labor&#233;e sur un mouvement ascendant &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt;, parfois &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;FA-la (podatus)&lt;/i&gt;. Situ&#233;es dans la r&#233;citation m&#233;diane en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, elles peuvent &#233;galement se chanter comme les syllabes atones sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ou bien &#234;tre signal&#233;es par un mouvement ascendant &lt;i&gt;SOL-la (podatus)&lt;/i&gt;. Parfois, la syllabe qui pr&#233;c&#232;de est chant&#233;e sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ; dans ce cas de figure, la syllabe tonique est marqu&#233;e par un mouvement &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt;, comme dans la r&#233;citation en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH216/figure1-655a9.jpg?1722313824' width='500' height='216' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre l'incertitude qui subsiste sur les noms propres h&#233;breux, une anomalie peut &#234;tre relev&#233;e pour &lt;i&gt;&#243;mnia&lt;/i&gt; (9) : le &lt;i&gt;podatus FA-SOL&lt;/i&gt; est employ&#233; sur la finale. Peut-&#234;tre cela sugg&#232;re-t-il que le mot suivant, &lt;i&gt;ergo&lt;/i&gt;, est trait&#233; comme un v&#233;ritable enclitique ; dans ce cas, &lt;i&gt;omnia ergo&lt;/i&gt; ne forme qu'une seule unit&#233; articulatoire &lt;i&gt;(omni&#225; ergo)&lt;/i&gt;. Par ailleurs, les syllabes toniques peuvent ne faire l'objet d'aucun traitement m&#233;lodique sp&#233;cifique dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Les syllabes toniques ex&#233;cut&#233;es sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; constituent un tiers de la totalit&#233; (34 %) ; ce proc&#233;d&#233;, loin d'&#234;tre marginal, sugg&#232;re que la dynamique verbale n'est pas n&#233;cessairement &#233;clair&#233;e par la m&#233;lodie. L'emphase m&#233;lodique suppose d&#232;s lors un dessein expressif particulier. Elle se manifeste par un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; (motifs [1a], [1b] et [1c]) et emploie toutes les ressources offertes par l'intervalle &lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt;. Le motif [1a] est utilis&#233; de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; (18 % dans les deux cas) ; le motif [1c] en revanche est davantage employ&#233; dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; (13 % contre 7 % dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;). Trois autres motifs associ&#233;s &#224; la dynamique verbale ont pu &#234;tre relev&#233;s. Ils correspondent &#224; des sch&#233;mas accentuels plus d&#233;velopp&#233;s comprenant plusieurs syllabes : une syllabe portant un accent principal (T) ou secondaire &lt;i&gt;(T)&lt;/i&gt; accompagn&#233;e d'une ou plusieurs syllabes atones (A). Dans ces configurations, la syllabe tonique joue r&#233;ellement le r&#244;le d'un sommet rythmique ; c'est vers elle que tend la ligne m&#233;lodique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH217/figure2-20063.jpg?1722313824' width='500' height='217' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt;, s'il est suivi d'un &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, marque une syllabe tonique (motifs [2a] et [2d]) ; s'il est suivi d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et plus pr&#233;cis&#233;ment d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt;, il co&#239;ncide au contraire avec une syllabe atone. Dans ce cas, c'est la &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; qui signale l'accent (motif [2b]). Ce syst&#232;me ne conna&#238;t pas d'exceptions. Toutefois, il peut faire l'objet, ici encore, de modulations. Le motif [2b] peut &#234;tre &#233;court&#233; de son &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; initial. Cette configuration signale une syllabe tonique isol&#233;e (motif [2c]). Enfin, le motif [2d] m&#234;le les motifs [2a] et [2b] en raison de la pr&#233;sence de deux syllabes toniques. Il est n&#233;anmoins &#233;trange que ce motif soit employ&#233; pour &lt;i&gt;-l&#237;quimus&lt;/i&gt; puisque la configuration TAA est normalement ex&#233;cut&#233;e sur un motif [2a]. Aucune donn&#233;e verbale ne peut expliquer cette modulation. Le deuxi&#232;me motif m&#233;lodique qui co&#239;ncide avec un sch&#233;ma accentuel est le motif [3] qui se caract&#233;rise par une emphase accentuelle &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; not&#233;e par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; puis d'une chute sur le &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt; not&#233;e par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH105/figure3-2e9f8.jpg?1722313824' width='500' height='105' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [3a] est le plus fr&#233;quent ; il correspond g&#233;n&#233;ralement (dans 20 cas sur 23) au sch&#233;ma accentuel TA. Le &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; signale d&#232;s lors la syllabe tonique tandis qu'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; permet de poser la fin de ce motif. Ce &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; peut toutefois co&#239;ncider avec deux syllabes, la syllabe tonique et une syllabe atone. Dans ce cas de figure, le mouvement ascendant &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; signale l'accent tandis que la descente sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; caract&#233;rise la premi&#232;re syllabe atone. De ce fait, la structure m&#233;lodique refl&#232;te parfaitement la dynamique verbale. &#192; cet &#233;gard, les deux cas de figure &lt;i&gt;a te&lt;/i&gt; (7) et &lt;i&gt;et dux&lt;/i&gt; (19) ainsi que le motif [3b] &lt;i&gt;et ait&lt;/i&gt; (1) et &lt;i&gt;terrarum&lt;/i&gt; (29) sugg&#232;rent un d&#233;placement d'accent sur la premi&#232;re syllabe. Le troisi&#232;me motif &#233;labor&#233; en vertu de la dynamique verbale est le motif [4]. Il correspond, comme g&#233;n&#233;ralement le motif [3], au sch&#233;ma paroxyton TA ou bien, plus rarement, au sch&#233;ma proparoxyton TAA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH111/figure4-effea.jpg?1722313824' width='500' height='111' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif [4] comprend deux mouvements. Le premier, qui correspond &#224; la syllabe tonique, est not&#233; par un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(FA-SOL-la-SOL)&lt;/i&gt;. Cette configuration est observ&#233;e lorsque la syllabe tonique n'est suivie que d'une seule syllabe atone. Celle-ci appelle le second mouvement m&#233;lodique, signal&#233; simplement par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. En revanche, lorsque la syllabe tonique est suivie de deux syllabes atones, elle est ex&#233;cut&#233;e sur un simple &lt;i&gt;scandicus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA-SOL-la&lt;/i&gt;. Les syllabes atones, signal&#233;es chacune par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, forment alors le second mouvement m&#233;lodique. On le voit, la ligne m&#233;lodique reste inchang&#233;e dans les deux sch&#233;mas accentuels. La seule modification qui est apport&#233;e r&#233;side dans la r&#233;partition des notes sur les syllabes. Cette modification trouve un &#233;cho graphique puisque le premier mouvement peut correspondre &#224; un seul neume ou bien &#224; deux. Outre la grande constance de ce motif m&#233;lodique, tant du point de vue m&#233;lodique que du point de vue accentuel, notons que le d&#233;coupage m&#233;lodique correspond tr&#232;s souvent (73 % des cas) au d&#233;coupage des mots. La co&#239;ncidence des logiques m&#233;lodique et linguistique apporte une grande coh&#233;sion &#224; ce motif et en facilite sans aucun doute la perception par les auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'apr&#232;s les &#233;l&#233;ments de cette analyse, il appara&#238;t bien que ces motifs [2], [3] et [4] suivent presque toujours un mouvement binaire d&#233;fini en fonction du sch&#233;ma accentuel qu'ils mettent en &#233;vidence. La premi&#232;re phase ascendante (&lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt;) signale la syllabe tonique, pr&#233;c&#233;d&#233;e parfois d'une syllabe atone. La seconde phase descendante (&lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;la-FA&lt;/i&gt;) correspond aux syllabes atones qui suivent l'accent. De ce fait, la ligne m&#233;lodique refl&#232;te bien la dynamique verbale. Cette dynamique binaire, compos&#233;e d'une phase de tension et d'une phase de rel&#226;chement est une caract&#233;ristique issue de la pratique antique du rythme. Cette continuit&#233; s'explique par la nature accentuelle de la langue latine : l'accent, quelle que soit sa nature, impose &#224; la parole cette dynamique binaire. Dans ce r&#233;citatif, la m&#233;lodie s'appuie donc visiblement sur les donn&#233;es textuelles et parvient &#224; les &#233;clairer. La question est d&#233;sormais de savoir si cette correspondance entre texte et m&#233;lodie se r&#233;percute dans la macrostructure, c'est-&#224;-dire dans la structure g&#233;n&#233;rale de la phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les traits m&#233;lodiques qui participent &#224; la segmentation rythmique de la fa&#231;on la plus &#233;vidente sont des motifs compos&#233;s, destin&#233;s &#224; clore les diff&#233;rents segments cons&#233;cutifs. Tout d'abord, le motif [2] lorsqu'il est redoubl&#233; constitue un motif conclusif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH311/figure5-2bea9.jpg?1722313824' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage des mots n'est pas r&#233;ellement d&#233;terminant dans la constitution de ce motif conclusif. D'autre part, si le sch&#233;ma accentuel TAA est fr&#233;quent, la prise en compte du param&#232;tre accentuel dans la structure m&#233;lodique ne r&#233;pond cependant pas &#224; des r&#232;gles &#233;tablies a priori. De fait, si l'on excepte les deux configurations minoritaires [2a+2a] et [2b+2b], le &lt;i&gt;cursus &lt;/i&gt; par exemple n'est pas recherch&#233;. Par cons&#233;quent, ce motif observe un fonctionnement propre qui tire parti des ressources offertes par le texte biblique. Le motif [2] peut &#233;galement &#234;tre combin&#233; au motif [3] afin de former un motif compos&#233;, plus ample que le pr&#233;c&#233;dent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH105/figure6-cad8b.jpg?1722313824' width='500' height='105' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, le d&#233;coupage des mots n'est pas d&#233;terminant. En revanche, la place de l'accent est un param&#232;tre de premi&#232;re importance. En effet, ce motif est syst&#233;matiquement caract&#233;ris&#233; par une chute sur le sch&#233;ma accentuel TA ; &#224; cet &#233;gard, la structure m&#233;lodique confirme la pr&#233;sence d'un accent d'enclise sur &lt;i&gt;-ric&#224;tor&#250;mque&lt;/i&gt;. Enfin, on rel&#232;ve un dernier type de motif compos&#233; conclusif dans lequel interviennent le motif [4] et un autre motif (motif [5]) qui s'appuie sur aucun sch&#233;ma accentuel particulier. Seul le nombre de syllabes est pris en compte. Il consiste en un mouvement m&#233;lodique descendant &lt;i&gt;(cliuis + cliuis)&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA-MI-RE-DO&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH118/figure7-ad96d.jpg?1722313824' width='500' height='118' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le premier mouvement de ce motif compos&#233; est par cons&#233;quent variable du point de vue accentuel : le motif m&#233;lodique [5] est appliqu&#233; automatiquement, sous une forme fixe, sans &#234;tre adapt&#233; &#224; la dynamique verbale. Dans le second mouvement, la m&#233;lodie ne conna&#238;t aucune variation non plus, mais s'applique presque toujours &#224; un sch&#233;ma paroxyton, dans quatre cas &#224; un sch&#233;ma proparoxyton. Enfin, deux motifs conclusifs sp&#233;cifiques sont employ&#233;s au d&#233;but et &#224; la fin du r&#233;citatif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH112/figure8-2c738.jpg?1722313824' width='500' height='112' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit, le motif [1b] cette fois ne signale pas une syllabe tonique, mais entre dans la combinaison de ce motif compos&#233; conclusif. L'ampleur particuli&#232;re de cette cadence lui conf&#232;re un caract&#232;re propre &#224; signaler un moment strat&#233;gique de la r&#233;citation. Son utilisation aux deux extr&#233;mit&#233;s du r&#233;citatif permet ainsi de constituer un cadre m&#233;lodique et rythmique solide, qui apporte une coh&#233;sion suppl&#233;mentaire &#224; la segmentation rythmique de cette pi&#232;ce. &#192; tous ces motifs conclusifs sont associ&#233;s des motifs introductifs, moins complexes. La premi&#232;re cat&#233;gorie prend appui sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ou m&#234;me une r&#233;citation sur &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, suivis g&#233;n&#233;ralement d'un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1a]) ou bien sur &lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt; (motif [1b]). La seconde cat&#233;gorie se caract&#233;rise par une intonation &#224; la tierce &lt;i&gt;RE-FA&lt;/i&gt; (motif [7]). Ces intonations ne correspondent &#224; aucune dynamique verbale sp&#233;cifique ; elles constituent ainsi des charni&#232;res m&#233;lodiques qui ne s'appuient pas sur le rythme des mots, mais qui marquent n&#233;anmoins la segmentation rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au vu de ces charni&#232;res rythmiques et m&#233;lodiques, la m&#233;lodie refl&#232;te un r&#233;el souci de la part du chantre de mettre en &#233;vidence les constantes du texte biblique. Ce souci s'exprime n&#233;anmoins par un degr&#233; variable d'adaptation de la m&#233;lodie &#224; la dynamique verbale. Ajoutons que l'utilisation des motifs conclusifs r&#233;pond &#224; un syst&#232;me pr&#233;cis. De fait, ils sp&#233;cifient le type de ponctuation (faible, moyenne, forte) selon la tripartition &#233;tablie par les grammairiens, et d&#233;terminent ainsi l'intonation qui suit, autrement dit, la cat&#233;gorie de motifs introductifs &#224; employer. Ainsi, les motifs conclusifs caract&#233;risent le niveau hi&#233;rarchique auquel le segment appartient. Les motifs [2+2] avec presque toujours une chute sur TAA signalent la fin d'unit&#233;s s&#233;mantiques syntaxiquement d&#233;pendantes (cellules CL). Les motifs [2+3] avec une chute sur TA concluent les unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques int&#233;gr&#233;es toutefois dans un segment plus ample (sections SC) et les motifs [5+4] avec une chute &#233;galement sur TA marquent la fin des phrases, c'est-&#224;-dire des segments dont le sens et la syntaxe sont complets (s&#233;quences SQ). Toutefois, ce syst&#232;me conna&#238;t parfois quelques exceptions qui ne manquent pas d'int&#233;r&#234;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure34.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH721/figure34-34f02.jpg?1722313824' width='500' height='721' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai figur&#233; la num&#233;rotation des versets du texte biblique (v. [&#8230;]). On peut observer que chaque s&#233;quence correspond &#224; un verset, parfois &#224; deux (SQ5, SQ16). Toutefois, dans certains cas, notamment dans le dernier tiers de la pi&#232;ce, on observe une discordance entre la segmentation m&#233;lodique et le d&#233;coupage en versets. Le verset 39 est ainsi r&#233;parti en deux s&#233;quences (SQ12 et SQ13) ce qui permet au chantre de mettre en &#233;vidence le nom &lt;i&gt;misericordiam &lt;/i&gt; par un motif conclusif ; ce mot vient &#233;galement clore la phrase de r&#233;citatif plac&#233;e apr&#232;s le cantique. Par cons&#233;quent, la segmentation m&#233;lodique et rythmique met en lumi&#232;re les deux mouvements du verset : d'une part la situation pr&#233;sente des trois enfants (SQ12), caract&#233;ris&#233;e par l'impossibilit&#233; de faire des sacrifices et des offrandes rituelles, et d'autre part, le souhait (SQ13) de constituer eux-m&#234;mes le sacrifice. Les deux s&#233;quences &#233;clairent ainsi les &#233;chos textuels &lt;i&gt;(neque holocaustum / sicut in holocausto, neque sacrificium / sacrificium nostrum)&lt;/i&gt; et participent &#224; la po&#233;tique de la pri&#232;re. Le second cas de discordance entre le d&#233;coupage des versets et la segmentation concerne le verset 42. En effet, la supplication &lt;i&gt;ne confundas nos&lt;/i&gt; concorde dans le texte biblique avec le d&#233;but d'une nouvelle phrase. Mais la segmentation suppose une interpr&#233;tation diff&#233;rente : &lt;i&gt;quaerimus&lt;/i&gt;, construit transitivement &lt;i&gt;(faciem tuam)&lt;/i&gt; est compris dans ce r&#233;citatif comme le verbe introducteur d'une proposition compl&#233;tive en &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt;. Il s'agit sans doute d'un moyen, tr&#232;s subtil, de fusionner les deux versets &#171; je cherche la face du Seigneur &#187; (&lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 26, 8) et &lt;i&gt;je ne serai pas confondu&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 70, 18), ou bien &#233;galement de faire &#233;cho &#224; 1 &lt;i&gt;R &lt;/i&gt; 2, 16 &lt;i&gt;(ne confundas faciem meam)&lt;/i&gt;. En outre, certains segments ont &#233;t&#233; analys&#233;s comme des sections en raison du motif qui les conclut, alors m&#234;me qu'ils ne correspondent pas &#224; une unit&#233; de sens et de syntaxe, mais constituent un simple &#233;l&#233;ment dans une &#233;num&#233;ration. C'est le cas dans la SQ7 &lt;i&gt;(et tradidisti nos in manibus inimicorum iniquorum / et pessimorum / praeuaricatorumque / et regi iniusto et pessimo ultra omnem terram)&lt;/i&gt; et dans la SQ9 &lt;i&gt;(propter Abraham dilectum tuum / et Isaac seruum tuum / et Israel sanctum tuum)&lt;/i&gt;. Par la multiplication des ponctuations fortes entre chaque &#233;l&#233;ment de ces deux &#233;num&#233;rations, la port&#233;e s&#233;mantique des segments est d'autant mieux mise en valeur. Notons qu'il s'agit dans le premier cas des d&#233;tracteurs de Dieu, dans le second cas, au contraire, de la lign&#233;e d'Abraham. La similitude des effets rythmiques contribue assur&#233;ment &#224; mettre en parall&#232;le ces deux &#233;num&#233;rations afin de mieux les opposer. &#192; cet &#233;gard, la segmentation m&#233;lodique offre, en d&#233;finitive, une interpr&#233;tation du texte biblique et propose, semble-t-il, une r&#233;flexion d'ordre ex&#233;g&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.2 La version b&#233;n&#233;ventaine : l'antienne d'introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Avant de chanter le cantique &#224; proprement parler, un soliste ex&#233;cute une antienne d'introduction. Voici ce qui est indiqu&#233; sur le manuscrit &lt;i&gt;(Ben. VI 40) : Tunc unus cantor in alta uoce dicat&lt;/i&gt;. Cette rubrique didascalique indique deux faits majeurs : cette antienne, malgr&#233; son caract&#232;re peu orn&#233;, proche du r&#233;citatif, doit &#234;tre ex&#233;cut&#233;e par un chanteur soliste, et non par l'officiant. Ce mode op&#233;ratoire semble ne pas devoir &#234;tre modifi&#233; au moment o&#249; le chant commence. Le manuscrit indique seulement &lt;i&gt;Sequatur&lt;/i&gt;. Cette antienne s'inscrit dans la continuit&#233; parfaite avec la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; sur le plan m&#233;lodique ; je conserve donc la m&#234;me typologie de motifs, afin de mettre en &#233;vidence les nombreux points de contact structurels. Comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, la m&#233;lodie s'appuie sur deux cordes de r&#233;citation, le &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ; on peut en outre observer quelques mont&#233;es jusqu'au &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. L'analyse de l'interaction entre la structure m&#233;lodique et les configurations accentuelles des mots du texte permettra d'apporter quelques &#233;claircissements sur la structure modale de cette antienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les syllabes toniques (T) sont signal&#233;es par un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; ou bien par un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; ou sur &lt;i&gt;SOL-la (podatus)&lt;/i&gt;. Ces mont&#233;es constituent respectivement les motifs [1a] et [lc] rencontr&#233;s dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. On en rel&#232;ve en outre une variante orn&#233;e, not&#233;e par un &lt;i&gt;porrectus resupinus&lt;/i&gt; (motif [1d]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH95/figure9-7950c.jpg?1722313824' width='500' height='95' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les emphases m&#233;lodiques signalant les syllabes toniques sont g&#233;n&#233;ralement int&#233;gr&#233;es dans des motifs compos&#233;s qui jouent le r&#244;le d'une ponctuation et qui participent, par cons&#233;quent, &#224; l'&#233;laboration de la segmentation rythmique de cette antienne. Les motifs conclusifs pr&#233;sents dans cette antienne suivent le m&#234;me fonctionnement binaire [2+3] relev&#233; dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. Rappelons que le premier &#233;l&#233;ment (motif [2]) est le moins stable et peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur diff&#233;rents sch&#233;mas accentuels. D'apr&#232;s l'analyse propos&#233;e pr&#233;c&#233;demment, le sch&#233;ma TAA doit &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL-FA-FA&lt;/i&gt; (motif [2a]), le sch&#233;ma ATA sur &lt;i&gt;SOL-la-la-SOL-FA&lt;/i&gt; (motif [2b]). Ces variantes m&#233;lodiques correspondent &#224; la m&#234;me notation neumatique &lt;i&gt;(podatus + cliuis)&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, la &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; est plac&#233;e diff&#233;remment en fonction des degr&#233;s auxquels elle renvoie. Le motif [3] en revanche est fixe sur le plan m&#233;lodique et accentuel, puisqu'il correspond presque toujours au sch&#233;ma paroxyton TA. Il s'agit d'un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH195/figure10-69363.jpg?1722313824' width='500' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s cette structure m&#233;lodique, il faut admettre que le dernier mot &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; n'est pas accentu&#233; sur la p&#233;nulti&#232;me longue &lt;i&gt;-cen-&lt;/i&gt; mais sur l'initiale &lt;i&gt;di-&lt;/i&gt;. Cette anomalie peut s'expliquer par analogie avec &lt;i&gt;dicens&lt;/i&gt;, effectivement accentu&#233; sur l'initiale. Ensuite, le groupe &lt;i&gt;&#243;re lau-&lt;/i&gt; est ex&#233;cut&#233; sur le motif [2b] au lieu du motif [2a] attendu pour le sch&#233;ma TAA. Ainsi, la syllabe atone &lt;i&gt;-re&lt;/i&gt; est trait&#233;e comme si elle &#233;tait accentu&#233;e : elle est en effet ex&#233;cut&#233;e sur une &lt;i&gt;cliuis la-SOL&lt;/i&gt;. Le manuscrit est parfaitement lisible &#224; cet endroit et ne laisse aucun doute. D'autre part, on peut &#233;galement induire, d'apr&#232;s la structure m&#233;lodique, que dans le groupe &lt;i&gt;et glorificabant&lt;/i&gt;, le proclitique &lt;i&gt;et &lt;/i&gt; (sur un &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;) porte un accent secondaire, et que par une r&#232;gle de r&#233;partition binaire, un accent secondaire tombe &#233;galement sur &lt;i&gt;-ri- (la-SOL)&lt;/i&gt;. Du fait de la pr&#233;sence de ces deux accents secondaires, la m&#233;lodie est ex&#233;cut&#233;e sur le motif r&#233;serv&#233; au sch&#233;ma ATA avec cependant une attaque sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; au lieu de &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, destin&#233;e &#224; signaler l'accent sur &lt;i&gt;&#232;t&lt;/i&gt; (motif [2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;]). Enfin, on note la pr&#233;sence dans le dernier motif conclusif d'une emphase m&#233;lodique particuli&#232;rement insistante sur la syllabe &lt;i&gt;-n&#225;-&lt;/i&gt; (motif [2f]) ; l'analyse de la m&#233;lodie induit qu'il s'agit du motif appliqu&#233; au sch&#233;ma TAA, auquel est ajout&#233; un mouvement r&#233;percussif sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; ; on note &#233;galement que le &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; est remplac&#233; par une &lt;i&gt;uirga &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. Cette modification entra&#238;ne un effet de suspens qui sugg&#232;re peut-&#234;tre la pr&#233;sence d'une pause tr&#232;s courte &lt;i&gt;(suspensio)&lt;/i&gt; ou tout au moins d'une c&#233;sure, destin&#233;e &#224; poser v&#233;ritablement la cadence finale sur &lt;i&gt;dicentes&lt;/i&gt;. Ainsi ce dernier motif conclusif suit-il une progression plus ample, destin&#233;e &#224; conclure v&#233;ritablement l'antienne. La segmentation rythmique est &#233;galement signal&#233;e par des motifs introductifs, moins amples n&#233;anmoins que les motifs conclusifs. L'antienne d&#233;bute ainsi sur un &lt;i&gt;DO &lt;/i&gt; suivi du mouvement ascendant &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1b]). Il s'agit l&#224; de l'intonation que l'on retrouvera dans la phrase de conclusion (motif [6]). On rel&#232;ve la pr&#233;sence d'un second type de motif introductif marquant une intonation m&#233;diane. Il s'agit d'une mont&#233;e m&#233;lodique sur &lt;i&gt;RE-FA-(FA)-SOL (punctum + (uirga) + podatus)&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH96/figure11-6228a.jpg?1722313824' width='500' height='96' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le mouvement ascendant&lt;i&gt; FA-SOL&lt;/i&gt; ne signale pas cette fois une syllabe accentu&#233;e, mais constitue simplement un &#233;l&#233;ment de composition dans ce motif [7]. Celui-ci ne s'appuie nullement sur un sch&#233;ma accentuel d&#233;fini ; sa stabilit&#233; est assur&#233;e par la permanence de la m&#233;lodie. Associ&#233;s aux motifs conclusifs, ces motifs introductifs participent pleinement &#224; la mat&#233;rialisation sonore de la segmentation rythmique de ce court r&#233;citatif. Plus pr&#233;cis&#233;ment, ils mettent en &#233;vidence quatre cellules principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH83/figure35-78061.jpg?1722313824' width='500' height='83' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque cellule est ainsi d&#233;limit&#233;e par un motif introductif et un motif conclusif, &#224; l'exception de la deuxi&#232;me &lt;i&gt;(et glorificabant)&lt;/i&gt; qui est form&#233;e exclusivement d'un motif conclusif. La segmentation est clairement guid&#233;e par la structure syntaxique. Les trois premi&#232;res cellules sont centr&#233;es autour des formes verbales &#224; l'imparfait &lt;i&gt;(laudabant, glorificabant, benedicebant)&lt;/i&gt; ; la m&#233;lodie appuie le jeu phonique pr&#233;sent dans le texte biblique, &#224; savoir l'hom&#233;optote &lt;i&gt;-bant&lt;/i&gt;. Le compl&#233;ment &lt;i&gt;Deum &lt;/i&gt; cl&#244;t ainsi la premi&#232;re unit&#233; de sens et de syntaxe. Toutefois, le motif conclusif de CL3 ne se distingue en rien des pr&#233;c&#233;dents, alors m&#234;me que l'on aurait pu voir dans ces trois cellules une section. La logique adopt&#233;e ici est donc purement cumulative ; ce court r&#233;citatif est avant tout l'annonce du cantique qui suit. La pr&#233;sence de l'apposition &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; dans la derni&#232;re cellule participe de mani&#232;re &#233;vidente &#224; cet effet de suspens. La s&#233;quence ne sera ainsi compl&#232;te qu'&#224; la fin du premier verset. L'analyse de l'interaction entre structure m&#233;lodique et segmentation rythmique permet donc d'&#233;clairer sensiblement le fonctionnement de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; o&#249; lecture, r&#233;citatif et cantique forment effectivement un tout coh&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.3 La version b&#233;n&#233;ventaine : l'antienne de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Consid&#233;rons &#224; pr&#233;sent l'antienne de conclusion. Alors qu'elle ne constitue qu'un seul &#233;nonc&#233; syntaxique, elle est scind&#233;e en deux par l'acclamation &lt;i&gt;Amen&lt;/i&gt;. Cette particularit&#233; est proprement b&#233;n&#233;ventaine. L'acclamation isole ainsi la premi&#232;re proposition causale &lt;i&gt;quoniam&#8230; nos&lt;/i&gt; ; par ce biais, l'assertion &lt;i&gt;confitemini Domino&lt;/i&gt; est bien mise en &#233;vidence au d&#233;but de la seconde partie et rappelle clairement le verset du &lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 105. En outre, l'insertion de cet interlude permet, je crois, d'isoler ce qui rel&#232;ve sp&#233;cifiquement de l'histoire d'Ananias, Azarias et Misahel et, d'autre part, une v&#233;rit&#233; consid&#233;r&#233;e comme valide pour la communaut&#233; tout enti&#232;re. Cette scission entra&#238;ne un jeu &#233;nonciatif tout &#224; fait int&#233;ressant : la forme verbale &lt;i&gt;confitemini &lt;/i&gt; peut faire r&#233;f&#233;rence aux trois enfants, comme le pronom &lt;i&gt;nos &lt;/i&gt; de la premi&#232;re proposition, mais aussi englober la communaut&#233; pr&#233;sente lors de l'ex&#233;cution du chant. En d'autres termes, cet interlude permet de conf&#233;rer &#224; la seconde partie de la phrase une valeur universelle qui d&#233;passe le cadre d&#233;votionnel du livre de Daniel. Hormis cette sp&#233;cificit&#233;, cette antienne de conclusion est &#233;labor&#233;e sur le m&#234;me mod&#232;le m&#233;lodique que l'antienne d'introduction et la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, plus ample, elle fait l'objet d'un traitement m&#233;lodique plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les syllabes accentu&#233;es de cette phrase sont ex&#233;cut&#233;es simplement sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ou bien sont signal&#233;es par un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1a]) ou sur &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; (motif [1c]). Dans ce dernier motif, le &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur une &lt;i&gt;distropha &lt;/i&gt; au lieu d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire une r&#233;percussion vocale. Enfin, on rel&#232;ve l'emploi de la variante orn&#233;e (motif [1d]) &#224; deux reprises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH198/figure12-0209f.jpg?1722313824' width='500' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure m&#233;lodique sugg&#232;re un d&#233;placement d'accent pour &lt;i&gt;quoniam&lt;/i&gt;, normalement accentu&#233; sur la syllabe initiale, et &lt;i&gt;confitemini&lt;/i&gt;, qui devrait recevoir son accent sur l'ant&#233;p&#233;nulti&#232;me. Ce qui est tr&#232;s troublant dans ce cas de figure, c'est que le recul de l'accent entra&#238;nerait une violation de la r&#232;gle des trois mores. Ces deux hypoth&#232;ses se trouvent confort&#233;es dans l'analyse de la structure m&#233;lodique et notamment des motifs introductifs et conclusifs de cette antienne. Comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, le motif [2] peut jouer le r&#244;le d'une ponctuation. Dans la pri&#232;re, il &#233;tait alors redoubl&#233;. Cette configuration se rencontre &#233;galement dans cette antienne ; mais on trouve &#233;galement un motif [2] isol&#233; susceptible de marquer une ponctuation faible. Le motif binaire [2+3] est aussi employ&#233; deux fois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH199/figure13-035d7.jpg?1722313824' width='500' height='199' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se concernant l'accentuation de &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; est ainsi confirm&#233;e par l'ex&#233;cution de ce mot sur le motif [2b] normalement appliqu&#233; au sch&#233;ma accentuel ATA. En outre, la loi de Wackerwagel est enfreinte, puisque le pronom &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt;, pourtant plac&#233; en seconde position &lt;i&gt;(eripuit nos)&lt;/i&gt; est accentu&#233;. La structure m&#233;lodique de ces motifs conclusifs refl&#232;te donc la dynamique verbale, mais aussi les mutations qui ont touch&#233; la pratique du latin depuis l'Antiquit&#233;. Enfin, on note la pr&#233;sence d'un motif conclusif sp&#233;cifique &#224; la cl&#244;ture de cette antienne, identique &#224; celui qui concluait l'antienne d'introduction sur &lt;i&gt;in fornace dicentes&lt;/i&gt;. Ainsi les deux antiennes forment-elles un cadre remarquable que cet effet de sym&#233;trie appuie parfaitement. La structure m&#233;lodique met &#233;galement en &#233;vidence des motifs m&#233;lodiques introductifs qui jouent le r&#244;le de charni&#232;res rythmiques initiales. Tout d'abord, chacune des deux sections de la phrase plac&#233;es de part et d'autre de l'acclamation &lt;i&gt;Amen &lt;/i&gt; d&#233;bute sur la m&#234;me intonation que l'antienne d'introduction (motif [6]). On observe en outre la pr&#233;sence de l'intonation m&#233;diane &#233;voqu&#233;e plus haut (motif [7]). Ce motif est n&#233;anmoins &#233;court&#233; sur &lt;i&gt;et &lt;/i&gt; car il est imm&#233;diatement suivi du motif conclusif [2b+3a] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH103/figure14-f2308.jpg?1722313824' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le rep&#233;rage de ces motifs introductifs et conclusifs permet d'&#233;valuer la segmentation rythmique mise en &#339;uvre dans cette antienne de conclusion. De fait, chacun a une fonction structurelle bien pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH102/figure36-46c41.jpg?1722313824' width='500' height='102' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les motifs conclusifs d&#233;pourvus de motif [3] sont destin&#233;s &#224; signaler la fin de cellules internes alors que les motifs binaires de type [2+3] permettent de clore les sections, ou du moins, ce qui est consid&#233;r&#233; ici comme section. De fait, la segmentation soul&#232;ve des enjeux intertextuels et ex&#233;g&#233;tiques majeurs : dans la deuxi&#232;me partie de la phrase, la premi&#232;re proposition &lt;i&gt;quoniam bonus&lt;/i&gt; est int&#233;gr&#233;e dans le m&#234;me segment que &lt;i&gt;confitemini domino&lt;/i&gt;. Ce segment s'ach&#232;ve sur une ponctuation forte et constitue &#224; ce titre une section, c'est-&#224;-dire une unit&#233; s&#233;mantique et syntaxique. Par cons&#233;quent, la derni&#232;re proposition &lt;i&gt;quoniam in saeculum misericordia eius&lt;/i&gt;, d&#233;coup&#233;e en deux cellules, forme &#224; elle seule une section, alors m&#234;me qu'elle est d&#233;pendante syntaxiquement de ce qui pr&#233;c&#232;de. Ainsi, l'&#233;cho textuel du &lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 105 est parfaitement mis en &#233;vidence. Par ailleurs, il reste un point non &#233;clair&#233; dans la premi&#232;re partie de la phrase : la ponctuation forte qui co&#239;ncide avec le groupe pr&#233;positionnel &lt;i&gt;de manu mortis&lt;/i&gt; indique la fin de la premi&#232;re section, ce qui conduit &#224; isoler le groupe verbal &lt;i&gt;liberauit nos&lt;/i&gt;, pourtant syntaxiquement d&#233;pendant de ce groupe pr&#233;positionnel. Selon cette lecture, il semblerait d&#232;s lors que le groupe &lt;i&gt;de manu mortis&lt;/i&gt; soit construit sur le m&#234;me plan que &lt;i&gt;ab inferis&lt;/i&gt;, d&#233;pendant du verbe &lt;i&gt;eripuit&lt;/i&gt;. On remarque par ailleurs que la m&#233;lodie sur &lt;i&gt;liberauit nos&lt;/i&gt; ne correspond &#224; aucun sch&#233;ma m&#233;lodique vu jusque ici. Elle comporte un m&#233;lisme assez ample sur la syllabe finale &lt;i&gt;-uit&lt;/i&gt;, ce qui sugg&#232;re une volont&#233; nette de marquer ici une ponctuation. &#192; ce titre, ce groupe constitue le point culminant de cette phrase, son tournant rythmique et m&#233;lodique. Cette emphase m&#233;lodique et rythmique donne &#224; ce groupe verbal une signification nouvelle ; d&#233;tach&#233; de son compl&#233;ment pr&#233;positionnel, il prend d&#232;s lors une dimension plus universelle, valable non seulement pour les trois enfants dont il est question sp&#233;cifiquement dans le cantique, mais &#233;galement pour toute la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ensemble constitu&#233; de la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; et des deux antiennes dans la version b&#233;n&#233;ventaine r&#233;pond par cons&#233;quent aux m&#234;mes principes rythmiques : la structure m&#233;lodique refl&#232;te la dynamique verbale, les motifs m&#233;lodiques conclusifs sont employ&#233;s en fonction de la hi&#233;rarchie des segments, en vertu des param&#232;tres syntaxiques et s&#233;mantiques. Le caract&#232;re syllabique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le caract&#232;re syllabique est d&#233;fini comme l'application d'un neume par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la m&#233;lodie permet au chantre de mettre ais&#233;ment en &#233;vidence le d&#233;coupage des mots ; seules quelques syllabes toniques sont particuli&#232;rement orn&#233;es lorsqu'il s'agit de mots importants &lt;i&gt;(tres, fornace, misericordia)&lt;/i&gt;. Toutefois, ces principes rythmiques connaissent des exceptions, des anomalies, des &#233;carts. Sont-ils le fruit d'une conscience ou le r&#233;sultat d'une d&#233;formation de la langue latine ? Nul ne peut le dire. Mais &#224; cet &#233;gard, le r&#233;citatif s'&#233;loigne du discours pour suivre une logique propre, dans laquelle la m&#233;lodie surimpose aux mots un nouveau sens, nourri de l'ex&#233;g&#232;se biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;strong&gt;3.4. La version milanaise : l'antienne d'introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la version milanaise, la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; n'appara&#238;t pas sur le manuscrit. Elle devait &#234;tre prononc&#233;e sur le ton habituel de la lecture, probablement le ton de &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; comme les deux antiennes d'introduction et de conclusion, si l'on admet que l'ensemble du chapitre de Daniel est ex&#233;cut&#233; en continu. Ces deux antiennes suivent une m&#233;lodie plus orn&#233;e que dans la version b&#233;n&#233;ventaine. Il n'en reste pas moins que ces ornements r&#233;pondent &#224; des r&#232;gles pr&#233;cises, impliquant notamment la prise en compte des param&#232;tres accentuels. Ils jouent par cons&#233;quent un r&#244;le essentiel dans l'interaction qui s'op&#232;re entre dynamique verbale et segmentation rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, les syllabes accentu&#233;es peuvent &#234;tre mise en valeur par une mont&#233;e sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; dans une r&#233;citation sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; (motif [1]), ou bien sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; dans une r&#233;citation sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; (motif [2]). Ces motifs co&#239;ncident en r&#233;alit&#233; avec un sch&#233;ma accentuel de type TA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH206/figure15-7412e.jpg?1722313824' width='500' height='206' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le motif [2b], le noyau [2a] est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un mouvement ascendant &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt; sur une ou deux syllabes atones (&lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;punctum + punctum&lt;/i&gt;), qui &#233;claire la dynamique verbale en cr&#233;ant une phase d'&#233;lan qui trouve son apog&#233;e sur l'accent. On note cependant que le motif &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; est employ&#233; en guise de conclusion sur la syllabe finale atone de &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH97/figure16-57035.jpg?1722313824' width='500' height='97' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &lt;i&gt;r&#233;-mi&lt;/i&gt; sugg&#232;re que l'accent tombe sur &lt;i&gt;di-&lt;/i&gt;, comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine. En outre, conclure cette antienne d'introduction sur un &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; permet &#233;galement de cr&#233;er un effet d'attente juste avant le retour au &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; qui marque le d&#233;but du cantique &#224; proprement parler. Enfin, si le &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; permet de signaler les syllabes accentu&#233;es, il est &#233;toff&#233; dans trois cas &lt;i&gt;(tr&#233;s, D&#243;minum, forn&#225;ce)&lt;/i&gt; par un m&#233;lisme (motif [4]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH98/figure17-a8521.jpg?1722313824' width='500' height='98' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit, le noyau [4a] forme une vocalise qui prend appui sur &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Il est not&#233; par un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Le trac&#233; continu du neume sugg&#232;re une ex&#233;cution vocale fluide. Les deux variantes [4b] et [4c] conservent cette vocalise avec une extension pr&#233;liminaire sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; ou bien &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt;. Ces extensions auxquelles est accol&#233; le premier &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; d'appui sont isol&#233;es par une coupure neumatique (un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do-r&#233;&lt;/i&gt; dans le premier cas, un &lt;i&gt;scandicus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;si-do-r&#233;&lt;/i&gt; dans le second). Ces variantes ne s'expliquent nullement par un changement dans le nombre de syllabes ou bien dans la note qui pr&#233;c&#232;de : il s'agit syst&#233;matiquement d'un &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;. On a donc ici une simple variation expressive, sans doute improvis&#233;e &#224; l'origine. On note d'ailleurs que ce motif [4] attire l'attention sur des mots importants. L'adjectif &lt;i&gt;tres &lt;/i&gt; et le nom &lt;i&gt;fornace &lt;/i&gt; d&#233;signent plus sp&#233;cifiquement le contexte d&#233;votionnel du chant ; en outre, ils sont plac&#233;s au d&#233;but et &#224; la fin de l'antienne. Dans cette perspective, le m&#233;lisme est un facteur de coh&#233;sion et un outil s&#233;mantique et stylistique tout &#224; fait essentiel. Enfin, le nom &lt;i&gt;Dominum &lt;/i&gt; est logiquement mis en &#233;vidence, comme c'est d'ailleurs le cas dans le cantique &#224; la fin du verset. Ces diff&#233;rentes remarques font appara&#238;tre une correspondance entre structure m&#233;lodique et configurations accentuelles. Toutefois, cette correspondance est complexe. De fait, un m&#234;me sch&#233;ma accentuel TAATA, dont on compte plusieurs occurrences dans cette phrase, peut &#234;tre chant&#233; sur une m&#233;lodie diff&#233;rente. Enfin, on note qu'un m&#234;me mot peut tr&#232;s bien &#234;tre chant&#233; sur deux m&#233;lodies diff&#233;rentes, comme c'est le cas pour &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(do-la-do-r&#233;-r&#233; / r&#233;-mi-do-r&#233;-do)&lt;/i&gt;. Aux constantes textuelles ne correspond donc pas n&#233;cessairement un traitement m&#233;lodique unique. Cette discordance participe pleinement &#224; la &lt;i&gt;uariatio &lt;/i&gt; m&#233;lodique et rythmique propre au &lt;i&gt;cantus prosaicus&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si la structure m&#233;lodique refl&#232;te la dynamique accentuelle de la phrase, elle en &#233;claire &#233;galement la segmentation. Comme c'&#233;tait le cas dans la version b&#233;n&#233;ventaine, la m&#233;lodie met en &#233;vidence plusieurs cellules cons&#233;cutives, r&#233;parties en deux niveaux hi&#233;rarchiques. La distinction entre ces niveaux s'appuie sur des param&#232;tres m&#233;lodiques pr&#233;cis : lorsque l'unit&#233; s&#233;mantique s'ach&#232;ve &#224; la quinte &lt;i&gt;(r&#233;)&lt;/i&gt;, elle forme une cellule de niveau sup&#233;rieur, dans laquelle viennent parfois s'int&#233;grer des cellules internes dont la ponctuation est cette fois marqu&#233;e par l'emploi de la quarte &lt;i&gt;(do)&lt;/i&gt;. Il y a donc quatre cellules principales, marqu&#233;es par une ponctuation en r&#233;. Cette ponctuation correspond sur tres &#224; l'emploi du motif [4] ; elle peut aussi se d&#233;rouler sur un mouvement ascendant &lt;i&gt;do-r&#233;-r&#233; (podatus + punctum)&lt;/i&gt; notamment sur &lt;i&gt;(di)-centes&lt;/i&gt; ou bien au contraire sur un mouvement descendant &lt;i&gt;mi-r&#233; (cliuis)&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;(Domi)-num&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH85/figure18-8cbd8.jpg?1722313824' width='500' height='85' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure m&#233;lodique met par ailleurs en &#233;vidence la pr&#233;sence de sept cellules internes, dont la fin est signal&#233;e par une ponctuation sur la quarte &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; ou bien sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; lorsqu'il s'agit de la cellule interne finale. La cadence en &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; correspond syst&#233;matiquement au motif [2] except&#233; sur &lt;i&gt;(for)-nace&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, la note finale du motif [4a] sur &lt;i&gt;-na-&lt;/i&gt; &#233;tant un &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; et la syllabe &lt;i&gt;-ce&lt;/i&gt; &#233;tant chant&#233;e sur un &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;, on retrouve par ce biais le mouvement &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; caract&#233;ristique du motif [2]. La seule cellule de niveau sup&#233;rieur &#224; s'achever sur un &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; est la derni&#232;re, pour les raisons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es. Par ailleurs, le motif [1] sur &lt;i&gt;la-la-SOL&lt;/i&gt; suit &#224; deux reprises une ponctuation en &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; et le motif [2a] sur &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; suit de m&#234;me &#224; deux reprises une ponctuation en &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;. Ces deux motifs signalent par cons&#233;quent le d&#233;but d'un nouveau segment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH100/figure37-cd0ef.jpg?1722313824' width='500' height='100' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les cellules de niveau sup&#233;rieur (CL1, CL2, CL3 et CL4) correspondent &#224; deux groupes appositionnels &lt;i&gt;(quasi ex uno ore hymnum dicentes et in fornace dicentes)&lt;/i&gt; et &#224; la proposition principale &lt;i&gt;(glorificabant et benedicebant Dominum)&lt;/i&gt; ; cette principale d&#233;bute en r&#233;alit&#233; sur &lt;i&gt;tunc hii tres&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, ce groupe est isol&#233; par une cadence m&#233;lismatique en &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Ce proc&#233;d&#233; permet de mettre en &#233;vidence cette amorce et d'attirer l'attention de l'auditoire plus sp&#233;cifiquement sur la mention du chiffre trois &lt;i&gt;tres&lt;/i&gt;. Contrairement &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine, la version milanaise attribue parfois au m&#234;me motif une fonction introductive ou conclusive, par exemple le motif [2a]. Les deux param&#232;tres retenus dans l'utilisation de ces motifs sont donc d'une part la dynamique verbale et d'autre part la note d'appui du motif. En outre, les deux versions ont pour point commun de mettre en &#233;vidence une segmentation rythmique qui ne s'appuie sur aucune r&#233;gularit&#233; du point de vue du nombre de syllabes ou bien de la r&#233;partition des accents. La configuration d'ensemble r&#233;pond donc parfaitement au principe de la prose selon lequel les segments doivent &#234;tre de longueurs vari&#233;es et les combinaisons rythmiques bigarr&#233;es. Toutefois, on peut observer que la version milanaise exploite pleinement les ressources offertes par le texte biblique, quelque peu diff&#233;rent, il est vrai, de celui de la version b&#233;n&#233;ventaine. Notamment, le sch&#233;ma r&#233;current TAATA, m&#234;me s'il correspond &#224; diverses configurations m&#233;lodiques, semble devoir jouer le r&#244;le d'un marqueur initial, participant ainsi pleinement &#224; la segmentation rythmique de cette antienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH107/figure38-3f6b3.jpg?1722313824' width='500' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On le voit, le d&#233;but des cellules principales, sauf la premi&#232;re, est signal&#233; par ce sch&#233;ma accentuel. La mise en m&#233;lodie du texte biblique parvient donc &#224; souligner cette dynamique verbale ; de fait, la similarit&#233; m&#233;lodique qui touche les occurrences initiales (CL2 et CL3) sugg&#232;re une volont&#233; consciente de mettre en &#233;vidence ce sch&#233;ma et de l'exploiter comme un marqueur de segmentation. En d&#233;finitive, cette br&#232;ve analyse fait appara&#238;tre une interaction complexe entre la dynamique verbale et la structure m&#233;lodique. Cette interaction peut &#234;tre marqu&#233;e par une co&#239;ncidence parfaite des effets, ou bien par l'application de deux logiques diff&#233;rentes mais compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.5 La version milanaise : l'antienne de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'antienne de conclusion est &#233;labor&#233;e sur le m&#234;me mode que l'antienne d'introduction ; de plus, on peut rep&#233;rer des similitudes m&#233;lodiques embl&#233;matiques du fonctionnement compl&#233;mentaire de la dynamique verbale et de la m&#233;lodie. La teneur est sur &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;, avec des mont&#233;es sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; signalant les syllabes toniques. Le motif [2a] &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt;, amplifi&#233; par une amorce en &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt; (motif [2b]) joue encore un r&#244;le structurel de premi&#232;re importance. Une troisi&#232;me variante, plus ample, est utilis&#233;e &#224; la fin de cette phrase sur le mot &lt;i&gt;misericordia &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH209/figure19-6ed6d.jpg?1722313824' width='500' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce relev&#233; montre deux tendances apparemment contradictoires de la m&#233;lodie de cette antienne &#224; accorder aux mots un poids rythmique essentiel ou bien &#224; encha&#238;ner les mots les uns aux autres dans un m&#234;me flux. Mais en r&#233;alit&#233;, ce dernier proc&#233;d&#233; caract&#233;rise les groupes pr&#233;positionnels &lt;i&gt;ab inferis, de manu mortis, de media fornace&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les unit&#233;s s&#233;mantiques dans lesquelles les diff&#233;rents syntagmes sont indissociables. Il est de fa&#231;on plus &#233;trange appliqu&#233; &#224; &lt;i&gt;Domino quoniam&lt;/i&gt;, sugg&#233;rant par l&#224; que ces deux mots appartiennent au m&#234;me segment alors m&#234;me que &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; introduit une proposition syntaxique distincte. Par cons&#233;quent, le rep&#233;rage de ce motif est absolument indispensable dans la d&#233;termination de la segmentation rythmique de cette phrase. On retrouve en outre le motif [4] qui signale &#233;galement, avec toutefois plus d'emphase, une syllabe tonique. On en avait d&#233;cel&#233; trois types dans l'antienne d'introduction ; ici, seul le motif [4b] est employ&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH113/figure20-78d66.jpg?1722313824' width='500' height='113' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'antienne d'introduction, ce motif revient trois fois. Particuli&#232;rement ample, le m&#233;lisme qui le caract&#233;rise est sans nul doute destin&#233; &#224; attirer l'attention sur les mots ainsi ex&#233;cut&#233;s. La dynamique verbale est ainsi bien mise en &#233;vidence par la structure m&#233;lodique ; toutefois, si les mots ont un poids rythmique primordial, l'usage des motifs fait appara&#238;tre une dynamique plus large dans laquelle sont impliqu&#233;es des s&#233;ries de mots d&#233;pendantes tant du point de vue s&#233;mantique que du point de vue syntaxique. Ce proc&#233;d&#233; permet ainsi de regrouper ou bien de distinguer certains groupes, autrement dit, d'effectuer une segmentation rythmique. Accompagn&#233; de charni&#232;res rythmiques initiales et conclusives, il donne &#224; cette phrase une progression ais&#233;ment perceptible ainsi qu'une grande coh&#233;sion m&#233;lodique et rythmique. Contrairement &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine, la version milanaise n'op&#232;re aucun partition de la phrase. Celle-ci doit donc &#234;tre ex&#233;cut&#233;e d'un seul tenant et constitue &#224; ce titre une seule s&#233;quence (SQ). En outre, la progression m&#233;lodique ne fait appara&#238;tre qu'un seul type de ponctuation, destin&#233; comme dans la phrase d'introduction, &#224; signaler la fin de cellules. Cette ponctuation se mat&#233;rialise &#224; la quinte &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Elle peut co&#239;ncider avec le motif [4b] &lt;i&gt;(nos)&lt;/i&gt;. Cela &#233;tait &#233;galement le cas dans la phrase d'introduction pour &lt;i&gt;tr&#233;s&lt;/i&gt;. On retrouve en outre le motif [5] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH92/figure21-eaf6e.jpg?1722313825' width='500' height='92' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; des sch&#233;mas accentuels (TA et AA) sugg&#232;re que la ponctuation est signal&#233;e ind&#233;pendamment de la dynamique verbale. Par ailleurs, la mont&#233;e au &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; ne signale pas une syllabe tonique mais n&#233;cessite une suspension de la voix &#224; la quinte &#8212; un moyen m&#233;lodique de marquer la pause faible &lt;i&gt;suspensio&lt;/i&gt;. Concernant plus sp&#233;cifiquement &lt;i&gt;ardentis&lt;/i&gt;, on peut noter que le motif est int&#233;gr&#233; dans une configuration m&#233;lodique d&#233;j&#224; rencontr&#233;e dans la phrase d'introduction sur &lt;i&gt;dicentes&lt;/i&gt;. De fait, le motif est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; signalant un mouvement descendant d'une tierce &lt;i&gt;do-la&lt;/i&gt;. Enfin, il est tout &#224; fait &#233;tonnant que cette ponctuation soit utilis&#233;e sur le dernier &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; de la phrase, puisque ce marqueur syntaxique ne saurait constituer seul une cellule. Ce proc&#233;d&#233; permet en r&#233;alit&#233; d'isoler le syntagme &lt;i&gt;in saeculum&lt;/i&gt;, comme si celui-ci formait une unit&#233; s&#233;mantique &#224; part enti&#232;re. Pour finir, on observe une similitude entre les deux cadences finales de ces deux antiennes, closes sur le mouvement &lt;i&gt;do-r&#233;-do&lt;/i&gt; (motif [3b]). La structure m&#233;lodique met aussi en &#233;vidence des charni&#232;res initiales. L'antienne est introduite par une r&#233;citation en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; &#8212; alors que l'intonation de l'antienne d'introduction proc&#233;dait par un saut de quinte &lt;i&gt;SOL-r&#233;&lt;/i&gt;. Par ailleurs, si l'on ne retrouve pas int&#233;gralement le motif [1] &lt;i&gt;la-la-SOL&lt;/i&gt; pr&#233;sent dans l'antienne d'introduction, on note n&#233;anmoins que les ponctuations en &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; sont suivies d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; isol&#233; ou bien sur un mouvement descendant &lt;i&gt;la-sol&lt;/i&gt;. Il appara&#238;t donc &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; que le motif [1] est bien une expansion m&#233;lodique d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; initial, destin&#233; &#224; introduire une nouvelle cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au vu de ces charni&#232;res initiales et conclusives, la segmentation rythmique de cette antienne repose sur le m&#234;me principe que pr&#233;c&#233;demment, c'est-&#224;-dire sur une succession de cellules de niveau sup&#233;rieur dans lesquelles viennent s'imbriquer des cellules internes de niveau inf&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH107/figure39-7fe28.jpg?1722313825' width='500' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La d&#233;termination des motifs conclusifs et de la segmentation rythmique permet d'identifier avec pr&#233;cision les deux logiques rythmiques observ&#233;es dans cette s&#233;quence. La premi&#232;re cellule de niveau sup&#233;rieur (CL1) est &#233;labor&#233;e en vertu d'un effet de cadre ([5a]-[4b]-[5b]) alors que les deux cellules suivantes (CL2 et CL3) observent une logique cumulative avec une m&#233;tabole finale ([4b+5b]-[4b+5b]-[2c+3b].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La segmentation rythmique des antiennes milanaises s'appuie donc davantage que dans la version b&#233;n&#233;ventaine sur les donn&#233;es syntaxiques du texte et offre corollairement une plus grande complexit&#233;. Elle repose de fait sur deux niveaux de cellules (unit&#233;s s&#233;mantiques d&#233;pendantes sur le plan syntaxique). N&#233;anmoins, l'antienne de conclusion dans les deux versions joue sur les m&#234;mes effets de &lt;i&gt;collocatio &lt;/i&gt; : le plus marquant est la mise en &#233;vidence, par une d&#233;marcation nette des syntagmes, d'une double cadence sur &lt;i&gt;in saeculum / misericordia eius&lt;/i&gt;, propre &#224; imposer &#224; l'ensemble de la pi&#232;ce de Daniel un point final.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. Analyse comparative du cantique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;tude de Ph. Bernard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 231-272).&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a montr&#233; que les versions b&#233;n&#233;ventaine et milanaise des &lt;i&gt;Benedictiones&lt;/i&gt; constituent un groupe coh&#233;rent. L'analyse fine de chacune des m&#233;lodies permettra de pr&#233;ciser ce regroupement et de comprendre comment s'y effectue l'articulation entre le rythme textuel et le rythme m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;4.1 La version b&#233;n&#233;ventaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Dans les manuscrits proprement b&#233;n&#233;ventains (le graduel &lt;i&gt;Vat. lat. 10673&lt;/i&gt; et le graduel &lt;i&gt;VI 40&lt;/i&gt;), les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; font l'objet d'un traitement m&#233;lodique particulier alors que les manuscrits du Mont Cassin et de l'Italie Centrale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 319.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; leur affectent le m&#234;me type de r&#233;citatif que pour la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. L'&#233;conomie de la version b&#233;n&#233;ventaine suit un fonctionnement relativement simple. Chaque strophe se compose d'un verset et d'un refrain. Le verset pr&#233;liminaire &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; ne b&#233;n&#233;ficie d'aucun traitement m&#233;lodique particulier ; ainsi, tous les versets sont ex&#233;cut&#233;s sur les m&#234;mes formules m&#233;lodiques. Nous reprenons pour l'instant le d&#233;coupage propos&#233; dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 322-323.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH841/figure22-bdf8b.jpg?1722313825' width='500' height='841' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma accentuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce titre, nous d&#233;plorons la terminologie employ&#233;e dans la Pal&#233;ographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est particuli&#232;rement d&#233;terminant pour le d&#233;but du verset. Celui-ci fonctionne selon une logique cumulative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir KELLY (1989 : 109).&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puisque la formule d'intonation [A] &lt;i&gt;(Bened&#237;ctus es, Bened&#237;cite)&lt;/i&gt; est reprise, toutefois sans l'amorce &lt;i&gt;FA-FA-SOL&lt;/i&gt;, dans la partie m&#233;diane &lt;i&gt;(D&#243;mine, &#243;mnia)&lt;/i&gt;, avec une variante [B]. On note par ailleurs que la formule C n'est employ&#233;e qu'&#224; une seule reprise, signalant de ce fait l'importance des trois protagonistes (Azarias, Ananias et Misahel). Ces trois formules ont pour point commun de s'achever sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; et d'&#234;tre &#233;labor&#233;es sur deux cordes de r&#233;citation (&lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;). Enfin, la formule D marque la cadence m&#233;diane qui conclut le verset avant le refrain. Elle se d&#233;compose en deux mouvements distincts dans lesquels les sch&#233;mas accentuels peuvent suivre tout aussi bien une configuration paroxytone que proparoxytone. Toutefois, le d&#233;but du second mouvement est signal&#233; par l'accent du mot final, raison pour laquelle la syllabe initiale atone &lt;i&gt;nos-&lt;/i&gt; est isol&#233;e dans le premier mouvement. Cette cadence m&#233;diane se distingue de l'intonation et de la partie m&#233;diane en s'achevant sur &lt;i&gt;MI &lt;/i&gt; ; le second mouvement tourne en outre sur deux cordes de r&#233;citation diff&#233;rentes (&lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;). Ensuite, la fin de la strophe correspond au refrain. La formule E r&#233;tablit la modalit&#233; de la pi&#232;ce (finale sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, cordes de r&#233;citation sur &lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;). Dans la formule F, le pronom &lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; fonctionne comme un greffon, ex&#233;cut&#233; sur la m&#234;me ligne m&#233;lodique que le verbe &lt;i&gt;-&#232;xalt&#225;te&lt;/i&gt;. En outre, cette formule suit un fonctionnement modal singulier (finale sur &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, cordes de r&#233;citation sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;). Enfin, la formule G de cadence se distingue par sa configuration particuli&#232;rement orn&#233;e ; l'accentuation verbale cesse d'&#234;tre un param&#232;tre d&#233;terminant. De fait, les m&#233;lismes ornent les syllabes atones &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;-cu-&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, elle r&#233;tablit la modalit&#233; en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; et joue ainsi un r&#244;le de soubassement. Ce d&#233;coupage, en d&#233;pit de son caract&#232;re grossier, fait appara&#238;tre clairement l'importance que joue l'accent verbal dans la d&#233;termination de la structure m&#233;lodique, except&#233; dans la cadence finale &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;. Il est donc absolument n&#233;cessaire d'envisager dans l'analyse de cette version l'interaction entre la dynamique verbale et l'&#233;laboration des motifs m&#233;lodiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, dans la formule [A] &lt;i&gt;(D&#243;mine)&lt;/i&gt;, les syllabes toniques sont marqu&#233;es par un motif sp&#233;cifique [1], auquel est accol&#233; un autre motif [2a] dans la formule [B] &lt;i&gt;(D&#233;us)&lt;/i&gt;. Ce motif [2a] est &#233;galement employ&#233; pour des syllabes atones dans les formules [E] &lt;i&gt;(laud&#225;)-bi-, (d&#237;)-ci-&lt;/i&gt; et [G] &lt;i&gt;(sa&#233;)-cu-&lt;/i&gt;. Par ailleurs, la m&#234;me ligne m&#233;lodique, un ton au-dessus, se retrouve dans la formule [F], cette fois sur la syllabe tonique &lt;i&gt;(superexal)-t&#225;-&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH483/figure23-004ab.jpg?1722313825' width='500' height='483' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [2a] a donc un emploi ambivalent, puisqu'il peut &#234;tre aussi bien employ&#233; pour une syllabe tonique qu'une syllabe atone. Cette particularit&#233; sugg&#232;re qu'en r&#233;alit&#233;, la syllabe atone qui suit la syllabe tonique perp&#233;tue la dynamique instaur&#233;e par l'accent. Enfin, dans le motif [2b], la variation modale qui touche cette portion du refrain induit un registre plus aigu et appuie sans nul doute le sens m&#234;me des mots et notamment l'all&#233;gresse hyperbolique port&#233;e par la forme verbale &lt;i&gt;superexaltate&lt;/i&gt;. Ensuite, les motifs conclusifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir KELLY (1989 : 98).&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont construit sur une structure neumatique constitu&#233;e d'un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; auquel est accol&#233; une &lt;i&gt;clivis&lt;/i&gt;. Le premier (motif [3]) est en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le deuxi&#232;me (motif [4]) en &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me (motif [5]) en &lt;i&gt;MI&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH325/figure24-b5a46.jpg?1722313825' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [3] conclut la plupart des formules ([A], [B], [C] et [E]). Notons cependant une variante neumatique dans la derni&#232;re occurrence, sur &lt;i&gt;(saecu)-la&lt;/i&gt; : le torculus est remplac&#233; par une succession d'un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; et d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre cette coupure neumatique sugg&#232;re-t-elle un d&#233;tachement accru des sons et un effet de ralentissement propre &#224; indiquer la pause forte &#224; la fin de la strophe. Le motif [4] n'est employ&#233; que dans la formule [F], deux fois, sur &lt;i&gt;(superexalta)-te/tus&lt;/i&gt; et sur &lt;i&gt;(e)um&lt;/i&gt;. Concernant cette derni&#232;re occurrence, ici encore, la coupure neumatique semble indiquer un ralentissement, juste avant la formule conclusive &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;. Enfin, dans le motif [5], qui conclut la premi&#232;re partie de la strophe &lt;i&gt;(nostrorum, Dominum)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire la formule [D], le noyau neumatique de base est amplifi&#233; par une &lt;i&gt;clivis &lt;/i&gt; pr&#233;liminaire. N&#233;anmoins, il s'agit bien de la m&#234;me structure de base. La mise en &#233;vidence de ces motifs conclusifs permet de mieux sp&#233;cifier la segmentation rythmique de la strophe. Si l'on prend le premier verset qui suit le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH90/figure40-50f72.jpg?1722313825' width='500' height='90' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi le motif [5] et l'acclamation &lt;i&gt;Amen &lt;/i&gt; marquent-ils la fin d'unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques (sections) int&#233;gr&#233;es dans un segment qui constitue proprement un sens complet (s&#233;quence). Les motifs [3] et [4] permettent de clore les segments internes, correspondant &#224; une unit&#233; articulatoire et s&#233;mantique, d&#233;pendante sur le plan syntaxique (cellule). Par cons&#233;quent, notre m&#233;thode d'investigation &#233;claire la segmentation rythmique de fa&#231;on plus pr&#233;cise que le d&#233;coupage en formules propos&#233; par la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;. Ce dernier ne permet pas en particulier de d&#233;terminer les diff&#233;rents niveaux hi&#233;rarchiques des segments mis en &#233;vidence par la structure m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Cette analyse a permis d'&#233;clairer plusieurs traits rythmiques caract&#233;ristiques de cette pi&#232;ce chant&#233;e. Tout d'abord, comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, les syllabes toniques sont mises en valeur par des emphases m&#233;lodiques ais&#233;ment perceptibles. N&#233;anmoins, les syllabes atones qui suivent ces emphases b&#233;n&#233;ficient aussi d'un traitement m&#233;lodique particulier, comme pour perp&#233;tuer l'&#233;lan donn&#233; par l'accent. Ensuite, on a pu relever l'emploi de motifs conclusifs, destin&#233;s &#224; signaler la segmentation rythmique de la strophe. Leur simplicit&#233; m&#233;lodique contraste de mani&#232;re saisissante avec la prolixit&#233; des ornements m&#233;lodiques internes. De la sorte, m&#234;me si les arabesques vocales semblent parfois diluer le sens du texte en isolant chaque syllabe, dans un mouvement jubilatoire, la progression du discours est cependant parfaitement mise en lumi&#232;re par une ponctuation nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;4.2 La version milanaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine, chaque strophe se compose d'un verset et du refrain. Toutefois, la version milanaise conf&#232;re au &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; un statut particulier, sans pour autant lui attribuer un traitement m&#233;lodique proprement sp&#233;cifique. L'originalit&#233; de cette amorce tient donc plut&#244;t &#224; l'agencement des formules qu'&#224; leur structure m&#233;lodique. En outre, la version milanaise fait figurer le verset 52 et 54 alors que dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; se r&#233;duisait au d&#233;but du verset 52. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la version milanaise fait usage d'un plus grand nombre de formules que son analogue b&#233;n&#233;ventaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH529/figure25-d1a58.jpg?1722313825' width='500' height='529' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'intonation est ex&#233;cut&#233;e sur une formule qui lui est propre (formule [A]), ce qui n'&#233;tait pas le cas dans la version b&#233;n&#233;ventaine. La structure m&#233;lodique sugg&#232;re un sch&#233;ma accentuel paroxyton ; cela signifie que l'accent d'enclise est respect&#233; dans la forme verbale &lt;i&gt;Benedict&#250;s es&lt;/i&gt;. Corollairement, la partie m&#233;diane du verset est ex&#233;cut&#233;e sur une formule sp&#233;cifique (formule [B]), appliqu&#233;e dans tous les cas, sauf pour les deux versets &lt;i&gt;sacerdotes &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Anania &lt;/i&gt; (formule [C], pr&#233;sente dans le verset pr&#233;liminaire &lt;i&gt;super sedem&lt;/i&gt;). Deux portions des versets b&#233;n&#233;ficient en outre d'une formule unique : la fin du verset 52 dans le Benedictus (formule [D]) et le nom &lt;i&gt;Anania &lt;/i&gt; (formule [E]). Enfin, la premi&#232;re portion de chaque strophe s'ach&#232;ve sur une cadence m&#233;diane stable (formule [F]). &#192; cet &#233;gard, la version milanaise est comparable &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine except&#233; sur un point : le deuxi&#232;me verset &lt;i&gt;ca&#233;li &lt;/i&gt; est int&#233;gr&#233; dans cette cadence m&#233;diane. Cela s'explique par la divergence textuelle qui s&#233;pare les deux versions, puisque la version b&#233;n&#233;ventaine ajoute un &lt;i&gt;Domini &lt;/i&gt; absent du texte de la Vulgate et de la version milanaise et traite par cons&#233;quent &lt;i&gt;ca&#233;li &lt;/i&gt; comme n'importe quelle teneur paroxytone. Les formules utilis&#233;es dans le refrain offrent une diversit&#233; moindre ; comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le refrain du &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; suit le m&#234;me paradigme m&#233;lodique que le refrain des versets suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure26.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH611/figure26-511cb.jpg?1722313825' width='500' height='611' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Concernant la formule G, se pose le m&#234;me probl&#232;me d'accentuation relev&#233; pour la formule A : faut-il accentuer &lt;i&gt;d&#237;camus &lt;/i&gt; ? Les deux variantes de la formule H seront analys&#233;es plus loin. En outre, alors que dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le pronom &lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; &#233;tait ex&#233;cut&#233; sur la m&#234;me formule que le verbe &lt;i&gt;superexaltate&lt;/i&gt;, il suit ici la m&#234;me ligne m&#233;lodique que la pr&#233;position &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; de la cadence finale (formule [I]). En m&#234;me temps, le nom &lt;i&gt;sa&#233;cula &lt;/i&gt; b&#233;n&#233;ficie d'un traitement m&#233;lodique sp&#233;cifique. La structure g&#233;n&#233;rale de la version milanaise offre donc une complexit&#233; plus grande que celle de la version b&#233;n&#233;ventaine, comme le sugg&#232;re le nombre accru de formules m&#233;lodiques. Toutefois, la pi&#232;ce s'organise selon des principes identiques : chaque strophe se compose d'un verset et d'un refrain, eux-m&#234;mes structur&#233;s en une intonation, une partie m&#233;diane orn&#233;e et une cadence. Il reste &#224; pr&#233;sent &#224; se pencher avec plus de pr&#233;cision sur la microstructure, autrement dit sur les motifs m&#233;lodiques, en particulier sur l'interaction probl&#233;matique entre leur ligne m&#233;lodique et la dynamique verbale induite par le texte biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certaines syllabes toniques sont ex&#233;cut&#233;es sur un simple punctum et ne font par cons&#233;quent l'objet d'aucun traitement m&#233;lodique particulier. Outre les cas probl&#232;mes d'accentuation &#233;voqu&#233;s &lt;i&gt;(dicite, dicamus)&lt;/i&gt;, on peut &#233;galement relever dans la formule C l'ex&#233;cution de &lt;i&gt;s&#233; (dem), (sacer) d&#243; (tes)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;(Ana) n&#237; (a)&lt;/i&gt; sur un &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;. Il est vrai que partout ailleurs, les syllabes toniques sont marqu&#233;es par un motif m&#233;lodique orn&#233;. Le premier motif signalant une syllabe tonique se compose de deux &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt;. Il joue un r&#244;le absolument central dans les versets, mais il est absent du refrain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH156/figure27-ce18f.jpg?1722313825' width='500' height='156' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif appara&#238;t dans la formule [B]. Lorsque la syllabe tonique suit une syllabe atone &lt;i&gt;(uir-)&lt;/i&gt; ou bien le proclitique et, l'emphase m&#233;lodique est alors pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Il est vrai d'autre part que les syllabes atones qui suivent cette attaque tonique sont &#233;galement chant&#233;es sur un motif proche (&lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt;). N&#233;anmoins, ce motif [1a] constitue bien &#224; proprement parler un sommet m&#233;lodique dans le sens o&#249; il s'appuie sur les deux cordes de r&#233;citation &lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; alors que le motif m&#233;lodique qui tombe sur les syllabes atones suit une ligne m&#233;lodique moins aigu&#235; sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;. La tension vocale est par cons&#233;quent plus forte sur le motif [1a]. Par ailleurs, ce motif appara&#238;t sous une forme &#224; peine modifi&#233;e dans l'intonation du verset. Le premier &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; est simplement remplac&#233; par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH156/figure28-49cec.jpg?1722313825' width='500' height='156' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; de ce motif avec le motif [1a] fournit un argument en faveur d'un d&#233;placement d'accent. Le deuxi&#232;me motif se compose d'une double &lt;i&gt;cliuis&lt;/i&gt;, &#233;chelonn&#233;e toutefois sur diff&#233;rents degr&#233;s. Le motif [2a] appara&#238;t au d&#233;but de la cadence m&#233;diane (formule [F]) et marque une syllabe tonique g&#233;n&#233;ralement initiale ; le motif [2b] ouvre le refrain (formule [G]) et co&#239;ncide &#233;galement avec une syllabe tonique initiale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH167/figure29-a056b.jpg?1722313825' width='500' height='167' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le motif [2a], la pr&#233;sence de la syllabe atone pr&#233;liminaire &lt;i&gt;ius-(t&#243;rum)&lt;/i&gt; ou bien du proclitique &lt;i&gt;et (S&#225;ncto)&lt;/i&gt; induit un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, comme c'&#233;tait le cas pour le motif [1a]. On note toutefois que le proclitique et porte un accent secondaire dans le refrain du &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; (motif [2b]). Ce qui peut &#233;tonner en revanche, c'est le registre grave de ces motifs. En effet, s'achevant tous deux sur un &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le motif [2a] s'appuie sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;, le motif [2b] sur &lt;i&gt;sol &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. La ligne m&#233;lodique de ces motifs ne suppose donc pas de tension vocale particuli&#232;re ; en outre, les syllabes atones qui suivent ces syllabes toniques sont ex&#233;cut&#233;es sur une m&#233;lodie ascendante : &lt;i&gt;la-r&#233;&lt;/i&gt; pour [2a], &lt;i&gt;FA-mi-r&#233;&lt;/i&gt; pour [2b]. Cela signifie que la dynamique m&#233;lodique souligne la dynamique verbale tout en la d&#233;passant : le v&#233;ritable sommet co&#239;ncide en r&#233;alit&#233; avec le second accent de la formule et la syllabe atone qui pr&#233;c&#232;de : &lt;i&gt;nostr&#243;rum, D&#243;mino&lt;/i&gt; pour [2a], &lt;i&gt;laud&#225;bilis, d&#237;cimus&lt;/i&gt; pour [2b]. Dans ce cas pr&#233;cis, la contradiction apparente entre les donn&#233;es textuelles et les donn&#233;es m&#233;lodiques peut ainsi se r&#233;soudre par un changement d'&#233;chelle. De fait, la dynamique m&#233;lodique prend tout son sens &#224; condition que soit prise en consid&#233;ration toute la formule et non simplement le d&#233;coupage en mots ou en syllabes. Le troisi&#232;me motif signalant une syllabe tonique est un &lt;i&gt;porrectus &lt;/i&gt; (motif [3a]). Il appara&#238;t dans la cadence m&#233;diane (formule [F]). Un motif proche du point de vue de la ligne m&#233;lodique peut &#233;galement signaler une syllabe tonique dans le refrain (formule [H]), mais aussi, pr&#233;alablement, dans le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; (formule [D]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH180/figure30-d5917.jpg?1722313825' width='500' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;Benedictus&lt;/i&gt;, le motif [3b] tombe sur la syllabe atone &lt;i&gt;-ri- (gl&#243;riae)&lt;/i&gt;. Faut-il &#224; nouveau supposer un d&#233;placement d'accent ? Ou bien admettre que l'emploi de ce motif ne s'appuie aucunement sur les donn&#233;es textuelles ? Dans l'hypoth&#232;se que l'accentuation n'est pas modifi&#233;e, il semble bien que celle-ci ne soit pas un crit&#232;re discriminant, ce qui ne signifie pas pour autant que ce motif n'a aucun ancrage dans le discours. De fait, certaines incoh&#233;rences apparentes entre la dynamique verbale et l'emploi des motifs m&#233;lodiques trouvent une explication &#224; la lumi&#232;re d'une analyse qui &#233;largit son champ d'investigation. La prise en consid&#233;ration de la segmentation rythmique et notamment de sa mat&#233;rialisation m&#233;lodique s'av&#232;re donc absolument n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La segmentation rythmique de cette pi&#232;ce est bien davantage signal&#233;e par des motifs conclusifs que par des motifs introductifs, m&#234;me si le motif [2] marque le d&#233;but de la cadence m&#233;diane (formule [F] : &lt;i&gt;Domini&lt;/i&gt;) et celui du refrain (formule [G] : &lt;i&gt;Hymnum&lt;/i&gt;). Les motifs conclusifs sont &#233;labor&#233;s autour un noyau m&#233;lodique de base ais&#233;ment perceptible. Dans le premier motif [4], ce noyau est ample, not&#233; par un groupe neumatique : un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-si-SO&lt;/i&gt;L suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH109/figure31-dcb57.jpg?1722313825' width='500' height='109' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif se rencontre &#224; la fin de la teneur des versets (formule [B] : &lt;i&gt;Deus, opera&lt;/i&gt;), de l'intonation du refrain (formule [G] : &lt;i&gt;laudabilis, dicite&lt;/i&gt;) et de la cadence finale (formule [J] : &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;). Il s'agit par cons&#233;quent du motif conclusif le plus fr&#233;quent et le plus strat&#233;gique du point de vue de la segmentation rythmique. Le deuxi&#232;me motif conclusif pr&#233;sente quatre variantes. La premi&#232;re ([5a]) consiste en un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si&lt;/i&gt; suivi de deux &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt;. Cet encha&#238;nement m&#233;lodique forme le noyau de base. Celui-ci est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une amorce plus ou moins ample. La premi&#232;re variante ([5b]) se caract&#233;rise par le simple ajout d'un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si&lt;/i&gt;. Dans le motif [5c], ce noyau est redoubl&#233;. Enfin, dans le motif [5d], le m&#234;me noyau m&#233;lodique est conserv&#233;, mais la finale est en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH103/figure32-f0b2a.jpg?1722313825' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [5a] n'appara&#238;t en r&#233;alit&#233; qu'&#224; une seule reprise, &#224; la fin de la formule [E] &lt;i&gt;(gloriae tuae)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans le &lt;i&gt;Benedictus&lt;/i&gt;. Ensuite, le motif [5b] permet de clore la formule [C] &lt;i&gt;(sedem, sacerdotes, Anania)&lt;/i&gt;. Le motif [5c] est bien plus fr&#233;quent puisqu'il appara&#238;t dans chaque intonation du verset (formule A : &lt;i&gt;Benedicite&lt;/i&gt;). Toutefois, on peut observer que l'encha&#238;nement &lt;i&gt;la-si-la-SOL&lt;/i&gt; ne correspond pas &#224; la m&#234;me notation neumatique. Le premier est not&#233; par un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si &lt;/i&gt; et deux &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le second par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si-la&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Cette variation refl&#232;te sans doute des subtilit&#233;s d'ex&#233;cution qu'il est malheureusement difficile d'estimer aujourd'hui. Enfin, le motif [5d] marque la chute de la cadence m&#233;diane (formule [F] : &lt;i&gt;Domini Domino&lt;/i&gt;). Elle a donc un r&#244;le particulier dans la segmentation rythmique puisqu'elle permet de d&#233;limiter ce qui rel&#232;ve du verset et du refrain. De plus, en d&#233;pit de son ampleur, sa notation est tr&#232;s condens&#233;e. Le copiste a utilis&#233; un groupe neumatique compos&#233; d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt; &#224; laquelle est accol&#233; un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si-la&lt;/i&gt;. Les deux notes finales sont enfin d&#233;tach&#233;es de cet ensemble par deux &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Le troisi&#232;me motif conclusif [6] int&#232;gre le motif [3b] &#233;voqu&#233; plus haut. Dans une premi&#232;re variante, le motif [3b] est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; et suivi d'un &lt;i&gt;climacus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do-si-la&lt;/i&gt; ; il peut ainsi correspondre &#224; une syllabe tonique mais aussi &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur une syllabe atone. Cette discordance entre dynamique verbale et dynamique m&#233;lodique s'explique par la fonction m&#234;me de ce motif qui a davantage pour vocation de marquer une ponctuation que de signaler un accent verbal. Une variante de ce motif peut &#234;tre relev&#233;e. Elle est suivie du motif [4], ce qui signifie que c'est le couplage de ces deux motifs qui forment &#224; proprement parler la ponctuation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH291/figure33-9f285.jpg?1722313825' width='500' height='291' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [6b]+[4] occupe une place essentielle : il marque la chute de l'intonation du refrain et de la cadence finale. Par cons&#233;quent, bien que ces deux formules soient distinctes (formules [G] et [J]), elles s'ach&#232;vent sur le m&#234;me motif &#8212; proc&#233;d&#233; qui renforce la coh&#233;sion du refrain.
Au terme de cette analyse, on parvient &#224; la segmentation suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH80/figure41-c6df1.jpg?1722313825' width='500' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les motifs conclusifs permettent de souligner l'architecture d'ensemble de la strophe (verset + refrain). Dans chacune de ces deux parties, les motifs suivent une ligne m&#233;lodique diff&#233;rente. Par ailleurs, ils sp&#233;cifient le niveau hi&#233;rarchique du segment dont ils marquent la ponctuation. Le verset n'est constitu&#233; que d'une seule unit&#233; s&#233;mantique et syntaxique (section), d&#233;coup&#233;e en cellules successives, dont le nombre varie en fonction du texte. La structure reste toutefois stable : l'intonation et la cadence m&#233;diane s'ach&#232;vent sur un motif sp&#233;cifique, susceptible de les mettre parfaitement en &#233;vidence. Le refrain se compose de deux sections, correspondant aux deux injonctions successives : &lt;i&gt;Hymnum dicite, superexaltate&lt;/i&gt;. Notons pour cette seconde section que les cellules internes (&lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;) ne sont d&#233;limit&#233;es par aucun motif conclusif propre mais uniquement par la ligne m&#233;lodique dont la r&#233;p&#233;tition indique le caract&#232;re formulaire. En revanche, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; soulign&#233;, les deux segments plac&#233;s aux extr&#233;mit&#233;s s'ach&#232;vent sur le m&#234;me motif conclusif, ce qui permet de circonscrire le refrain dans un cadre parfaitement d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En d&#233;pit d'un caract&#232;re plus orn&#233;, la m&#233;lodie milanaise nourrit de nombreux points de contact avec la m&#233;lodie b&#233;n&#233;ventaine. &#192; cet &#233;gard, le dialogue entre ces deux r&#233;gions d'Italie ne fait gu&#232;re de doutes. Tout d'abord, dans les deux versions, les syllabes toniques sont soulign&#233;es par des emphases m&#233;lodiques marqu&#233;es par une tension vocale accrue et un groupement neumatique caract&#233;ristique. Par ailleurs, les strophes suivent le m&#234;me fonctionnement binaire. La fin du verset est signal&#233;e par un motif conclusif sp&#233;cifique, tant du point de vue de sa ligne m&#233;lodique que de sa modalit&#233;. Notons &#224; cet &#233;gard que ce motif permet d'appuyer le jeu phonique &lt;i&gt;Domini Domino / Domini Dominum&lt;/i&gt;, alors m&#234;me que syntaxiquement le g&#233;nitif fonctionne avec ce qui pr&#233;c&#232;de. Ensuite, le refrain dans les deux versions est nettement d&#233;limit&#233; par l'acclamation finale &lt;i&gt;Amen&lt;/i&gt;, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; chaque strophe. Ainsi, malgr&#233; la multiplicit&#233; des ornements et des arabesques vocales, la dynamique verbale et la segmentation rythmique sont des param&#232;tres d&#233;terminants dans l'architecture du cantique tel qu'il &#233;tait ex&#233;cut&#233; &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'analyse comparative de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; de Daniel dans les versions de Milan et de B&#233;n&#233;vent a permis de mettre en &#233;vidence des principes g&#233;n&#233;raux qui gouvernent le rythme musical &#224; la fois dans le r&#233;citatif et dans le cantique. Cette analyse empirique n'a pas pour vocation d'&#233;tablir des lois universelles et il est certain que la m&#233;thode d'analyse par segmentation m&#233;riterait d'&#234;tre confront&#233;e &#224; un plus grand nombre de pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est ainsi apparu que dans les portions de r&#233;citatif, c'est-&#224;-dire dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; et les antiennes d'introduction et de conclusion, la m&#233;lodie est largement d&#233;termin&#233;e par la dynamique verbale. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la mesure o&#249; la m&#233;lodie reste syllabique et ne s'&#233;tend que sur un &lt;i&gt;ambitus&lt;/i&gt; restreint, la donn&#233;e primordiale reste le texte. Chaque mot peut &#234;tre ais&#233;ment d&#233;limit&#233; par le chantre et l'auditoire. Par ailleurs, les grandes unit&#233;s de la m&#233;lodie correspondent aux unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques du discours : cellules, sections et s&#233;quences. Ces segments sont distingu&#233;s les uns des autres par des charni&#232;res correspondant &#224; des motifs m&#233;lodiques sp&#233;cifiques. Toutefois, le fonctionnement de la segmentation et les r&#232;gles de la syntaxe peuvent entrer en conflit ; le cas s'est pr&#233;sent&#233; dans chacun des exemples analys&#233;s. Le regroupement expressif de certains mots permet ainsi au texte biblique chant&#233; de s'enrichir d'un sens nouveau, fond&#233; sur l'ex&#233;g&#232;se. Dans le cantique, l'analyse du rythme a permis de confirmer le regroupement g&#233;ographique de ces deux versions. Le rythme de ces m&#233;lodies refl&#232;te indubitablement un souci pour la dynamique verbale. N&#233;anmoins, l'accentuation de &lt;i&gt;Benedicite, Benedicamus&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;dicite &lt;/i&gt; pose un probl&#232;me ; la structure m&#233;lodique tendrait &#224; montrer qu'il y a eu d&#233;placement d'accent dans la version milanaise. &#192; cet &#233;gard, l'analyse du chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val s'av&#232;re un outil utile dans l'&#233;tude de l'&#233;volution de la langue latine et pourrait &#234;tre conjugu&#233;e &#224; des &#233;tudes proprement linguistiques. Par ailleurs, la prise en compte de la dynamique verbale dans le rythme du cantique s'effectue &#224; l'&#233;chelle du mot, mais surtout &#224; l'&#233;chelle de la formule m&#233;lodique (module correspondant &#224; une unit&#233; phrastique). Par cons&#233;quent, la tension vocale et les m&#233;lismes ne touchent pas seulement les syllabes accentu&#233;es, mais peuvent &#233;galement contribuer au mouvement ascendant qui m&#232;ne jusqu'au sommet m&#233;lodique. Les m&#233;lismes peuvent m&#234;me affecter une d&#233;sinence lorsqu'ils ont valeur de ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au-del&#224; de cette distinction, sans doute trop cat&#233;gorique, entre rythme d&#233;clam&#233; et rythme chant&#233;, entre &lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, se pose la question &#233;pineuse de l'ex&#233;cution, des choix op&#233;r&#233;s par le chantre et constitutifs du rythme. De fait, depuis Antiquit&#233;, le rythme se caract&#233;rise par la libert&#233; qu'il laisse &#224; l'ex&#233;cutant, alors que le m&#232;tre impose un cadre strict qui ne tol&#232;re pas d'&#233;carts. La fixation par &#233;crit de ce r&#233;pertoire ne doit donc pas faire oublier que les chantres du haut Moyen &#194;ge poursuivaient un id&#233;al &#171; extraordinairement po&#233;tique, aux confins de l'impossible, [qui] revenait &#224; souhaiter noter la musique tout en lui gardant souplesse et &lt;i&gt;rubato &lt;/i&gt; et qui, par l&#224; m&#234;me, remettrait en cause la r&#233;gularit&#233; m&#233;trique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;COLETTE et al. (2003 : 46).&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien qu'il soit difficile de saisir pr&#233;cis&#233;ment comment cet id&#233;al pouvait se mat&#233;rialiser, il est clair que les charni&#232;res devaient absolument &#234;tre mises en &#233;vidence. Ce proc&#233;d&#233;, stipul&#233; par l'&#233;loquence latine et visiblement repris dans l'art chr&#233;tien, est en r&#233;alit&#233; corr&#233;l&#233; au contexte d'oralit&#233; : outil d'une communication efficace, il a &#233;galement une fonction mn&#233;monique &#233;vidente, puisqu'il permet aussi bien &#224; l'ex&#233;cutant qu'&#224; l'auditeur de m&#233;moriser la m&#233;lodie et le discours qu'elle porte. Rappelons ainsi que pour Quintilien, &#171; ce sont les d&#233;buts et les clausules qui ont le plus d'importance, c'est-&#224;-dire &#224; chaque fois que le sens commence et s'ach&#232;ve &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., 9, 4, 67 : Initia clausulaeque plurimum momenti habent, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette perspective, le chant chr&#233;tien en tant que discours exploite, dans une certaine limite, les ressources qui ont fait leur preuve des si&#232;cles plus t&#244;t dans l'art oratoire latin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend&amp;id_auteur=18#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;JAMS : Journal of the American Musicological Society&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;MTS : Music Theory Spectrum&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PL : Patrologia Latina&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PM : Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Antiphonale ambrosianum,&lt;/i&gt; London, British Library, add. 34209, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1972 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 5-6) [1896].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graduel de B&#233;n&#233;vent, Biblioth&#232;que Capitulaire, cod. VI 40, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1971 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 14) [1931].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rome, Biblioth&#232;que Vaticane, cod. 10673, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1971 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 14) [1931].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aribon, &lt;i&gt;De musica&lt;/i&gt; (Arib. &lt;i&gt;Mus&lt;/i&gt;.), &#233;d. J. SMITS VAN WAESBERGHE, Rome, 1951 (&lt;i&gt;Corpus scriptorum de musica&lt;/i&gt;, vol. 2), p. 1-72.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augustin, &lt;i&gt;Enarrationes in Psalmos&lt;/i&gt; 1 79 (Aug. &lt;i&gt;Enar. Ps.&lt;/i&gt;), &#233;d. P. MIGNE, &lt;a href=&#034;http://www.documentacatholicaomnia.eu/1815-1875_Migne_Patrologia_Latina_01._Rerum_Conspectus_Pro_Tomis_Ordinatus_MLT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.documentacatholicaomnia.eu/1815-1875_Migne_Patrologia_Latina_01._Rerum_Conspectus_Pro_Tomis_Ordinatus_MLT.html&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;PL&lt;/i&gt;, vol. 36), col. 67 1027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gui d'Arezzo, &lt;i&gt;Micrologus&lt;/i&gt; (Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;.), &#233;d. J. SMITS VAN WAESBERGHE, Nijmegen, 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quintilien, &lt;i&gt;Institution Oratoire&lt;/i&gt; (Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;.), &#233;d. M. WINTERBOTTOM, Oxford, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
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&lt;p&gt;BERNARD, Ph. (1993), &#171; Le cantique des trois enfants et les r&#233;pertoires liturgiques dans l'Antiquit&#233; tardive et le haut Moyen-&#194;ge &#187;, &lt;i&gt;Musica e storia&lt;/i&gt;, 1, p. 231-272.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COLETTE, M.-N., POPIN, M. et VENDRIX, Ph. (2003), &lt;i&gt;L'histoire de la notation du Moyen-&#194;ge &#224; la Renaissance&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;KELLY, T. F. (1989), &lt;i&gt;The Beneventan Chant&lt;/i&gt;, Cambridge.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;STEINER, R. (1982), &#171; The Canticle of the three children as a chant of the Roman mass &#187;, &lt;i&gt;Annales suisses de musicologie&lt;/i&gt;, 2, p. 81-90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STEVENS, J. (2008), &lt;i&gt;Words and Music in the Middle Ages. Song, narrative, dance and drama&lt;/i&gt;, 1050-1350, Cambridge [1986].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TREITLER, L. (1984), &#171; Reading and Singing : on the genesis of occidental music-writing &#187;, &lt;i&gt;Early Music History&lt;/i&gt;, 4, p. 135-208.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VOLLAERTS J. W. A. (1922), &lt;i&gt;Rythme gr&#233;gorien et th&#233;oriciens m&#233;di&#233;vaux&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WAGNER, P. (1921),&lt;i&gt; Einf&#252;hrung in die gregorianischen Melodien&lt;/i&gt;, Leipzig [1907].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un &#233;tat de la question, voir BERNARD (1993 : 233).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir PM 14, 1971, p. 316-319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BASTIAENSEN (1989 :15-17) ; BERNARD (1993, p. 231).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Enarr. Ps., PL&lt;/i&gt; 37, 1948 : &lt;i&gt;Laus ergo Dei in cantico, hymnus dicitur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 236).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 232).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir HILEY (1993 : 287 288).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 5, 1972, p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 6, 1972, p. 296-298.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 14-15 ; 58-59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 272 ; 318 ; 320-321.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 234).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hieron. &lt;i&gt;In Dan&lt;/i&gt;., &lt;i&gt;PL&lt;/i&gt; 28, 1291. Voir GRELOT (1966 : 382).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir GRELOT (1966 : 381).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 245).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;STEVENS (2008 : 281-283).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;STEVENS (2008 : 279) : &#171; The relationship between words and music is not a matter of individual creative attention so much as of convention &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir WAGNER (1921 : 111) ; STEVENS (2008 : 279-280).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir FERRETTI (1938 : 14-16) ; APEL (1958 : 279) ; STEVENS (2008 : 278).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;., 15, 168 ; 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;., 15, 164-165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arib. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt; 49 : &lt;i&gt;Antiquitus fuit magna circumspectio non solum cantus inuentoribus, sed etiam ipsis cantoribus, ut quidlibet proportionaliter et inuenirent et canerent. Quae consideratio iam dudum obiit, immo sepulta est&lt;/i&gt;. Sur ce texte, voir STEVENS (2008 : 276).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir TREITLER (1984 : 352-353).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 320-323.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FERRETTI (1938 : 216).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 231-272).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir HILEY (1993 : 96 98).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 271-272. Restitution fond&#233;e sur le &lt;i&gt;Vat.lat. 10673&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Lucques 606&lt;/i&gt;. Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le caract&#232;re syllabique est d&#233;fini comme l'application d'un neume par syllabe. Il s'agit du caract&#232;re le plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 231-272).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 322-323.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; ce titre, nous d&#233;plorons la terminologie employ&#233;e dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 322-323). En effet, les qualificatifs &lt;i&gt;dactyle &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;spond&#233;e &lt;/i&gt; y d&#233;signent les sch&#233;ma proparoxyton et paroxyton. La confusion entre les param&#232;tres quantitatifs et accentuels est &#224; notre sens dommageable car les quantit&#233;s classiques n'ont aucun r&#244;le dans la structure m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir KELLY (1989 : 109).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir KELLY (1989 : 98).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;COLETTE &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; (2003 : 46).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 67 : &lt;i&gt;Initia clausulaeque plurimum momenti habent, quotiens incipit sensus aut desinit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dynamique verbale et segmentation rythmique dans la lectio cum cantico de Daniel
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article867</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article867</guid>
		<dc:date>2013-04-01T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Introduction La lecture suivie d'un cantique (lectio cum cantico) dont je propose l'analyse ici est tir&#233;e du troisi&#232;me chapitre du livre de Daniel dans l'Ancien Testament. Il s'agit de l'&#233;pisode des trois enfants jet&#233;s par Nabuchodonosor dans la fournaise pour avoir refus&#233; de se prosterner devant la statue du roi. Elle est ex&#233;cut&#233;e au Moyen &#194;ge lors de la Vigile Pascale, ainsi qu'au Vendredi Saint &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan. L'&#233;conomie de la pi&#232;ce suit la structure tripartite suivante : a) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Musique et Musicologie &#8211; GALERIE &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Sources&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;1. Sources&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Analyse comparative du r&#233;citatif&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;3. Analyse comparative du r&#233;citatif&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. Analyse comparative du cantique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;4. Analyse comparative du cantique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La lecture suivie d'un cantique &lt;i&gt;(lectio cum cantico&lt;/i&gt;) dont je propose l'analyse ici est tir&#233;e du troisi&#232;me chapitre du livre de Daniel dans l'Ancien Testament. Il s'agit de l'&#233;pisode des trois enfants jet&#233;s par Nabuchodonosor dans la fournaise pour avoir refus&#233; de se prosterner devant la statue du roi. Elle est ex&#233;cut&#233;e au Moyen &#194;ge lors de la Vigile Pascale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un &#233;tat de la question, voir BERNARD (1993 : 233).&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ainsi qu'au Vendredi Saint &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 316-319.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;conomie de la pi&#232;ce suit la structure tripartite suivante : a) lecture (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 1-25) ; b) pri&#232;re d'Azarias (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 26-45) ; a') suite de la lecture (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 46-50) ; c) hymne ou cantique des Trois Enfants ou &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Dan&lt;/i&gt;. III, 51-90). La premi&#232;re partie ne comporte aucune notation musicale sur les manuscrits que j'ai pu consulter ; de fait, elle &#233;tait probablement lue sur un ton de lecture habituel. La deuxi&#232;me partie n'est not&#233;e que dans la source b&#233;n&#233;ventaine &lt;i&gt;(Vat. lat. 10673)&lt;/i&gt;. Il s'agit dans cette version d'un r&#233;citatif orn&#233;. Enfin, la troisi&#232;me partie constitue &#224; proprement parler les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; (hymne ou cantique des Trois Enfants) dont il est question chez les P&#232;res de l'&#201;glise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BASTIAENSEN (1989 :15-17) ; BERNARD (1993, p. 231).&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'appellation &lt;i&gt;hymne&lt;/i&gt; s'explique par l'exhortation initiale du refrain &lt;i&gt;&#171; Hymnum dicite &#187;&lt;/i&gt; et par le caract&#232;re jubilatoire de cette pi&#232;ce, dont la pr&#233;sence syst&#233;matique de m&#233;lismes est l'une des expressions. De fait, Augustin d&#233;finit ainsi l'hymne : &#171; la louange &#224; Dieu dans un chant &lt;i&gt;(in cantico)&lt;/i&gt; est appel&#233;e hymne &lt;i&gt;(hymnus)&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Enarr. Ps., PL 37, 1948 : Laus ergo Dei in cantico, hymnus dicitur.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En r&#233;alit&#233;, cette section du chapitre donne lieu &#224; deux cantiques : le cantique de la Transcendance divine (52-56) et le cantique des Cr&#233;atures (57-90). Or, comme l'a soulign&#233; Ph. Bernard, le cantique des Cr&#233;atures est plus ancien ; en raison de son ampleur, il est peu &#224; peu remplac&#233; par le cantique de la Transcendance divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 236).&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette pi&#232;ce pr&#233;sente donc un int&#233;r&#234;t tout particulier : &#171; le chant, par scissiparit&#233;, sort de la lecture, dont il n'est au d&#233;part que la continuation lyrique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 232).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, comment le m&#234;me texte biblique est-il trait&#233; m&#233;lodiquement et rythmiquement dans l'une et l'autre version ? Au-del&#224; de la composition formulaire, comment caract&#233;riser le rapport probl&#233;matique entre la dynamique verbale de l'&#233;nonc&#233; biblique et la segmentation rythmique impos&#233;e par l'ex&#233;cution musicale ? Dans quelle mesure ce rapport est-il porteur de sens et d'expressivit&#233;, mais aussi le reflet des mutations linguistiques qui touchent la pratique du latin au Moyen-&#194;ge ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Sources&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La pi&#232;ce des &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; est not&#233;e dans quatre traditions diff&#233;rentes : milanaise, b&#233;n&#233;ventaine, romaine et gr&#233;gorienne. Dans un souci de coh&#233;rence et de synth&#232;se, j'&#233;tudierai ici le premier groupe seulement. Pour la tradition milanaise, ma transcription s'appuie sur l'Antiphonaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir HILEY (1993 : 287 288).&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du British Museum (&lt;i&gt;Antiph. ambr., cod. add. 34209&lt;/i&gt;, fol. 248-251, 258-259)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 5, 1972, p. 130.&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il s'agit du plus ancien manuscrit milanais, datant du XII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La notation neumatique suit un trac&#233; angulaire diast&#233;matique mais sans port&#233;e. Bien qu'elle soit ais&#233;ment d&#233;chiffrable, j'ai &#233;galement consult&#233; la transcription en notation carr&#233;e de la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 6, 1972, p. 296-298.&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour la tradition b&#233;n&#233;ventaine, j'ai utilis&#233; deux manuscrits, le graduel de B&#233;n&#233;vent (&lt;i&gt;Ben. Cap. VI, 40&lt;/i&gt;, fol.12-14) datant du XI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et le graduel de la Vaticane (&lt;i&gt;Rome, Vat. lat. 10673&lt;/i&gt;, fol. 29v-30r) de la m&#234;me &#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 14-15 ; 58-59.&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le graduel de B&#233;n&#233;vent offre une notation &#233;l&#233;gante, diast&#233;matique mais sans port&#233;e. Il fait figurer les &lt;i&gt;Benedictiones&lt;/i&gt; en int&#233;gralit&#233;. Le graduel de la Vaticane est adiast&#233;matique. Le feuillet contenant les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; manque malheureusement ; en revanche, la pri&#232;re d'Azarias figure enti&#232;rement. Ces deux graduels sont donc parfaitement compl&#233;mentaires. J'ai aussi consult&#233; la transcription en notation carr&#233;e de la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 272 ; 318 ; 320-321.&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les textes des diff&#233;rentes versions de cette pi&#232;ce sont &#233;tudi&#233;s dans l'article de Ph. Bernard (1993). Il ressort de cette &#233;tude qu'ils proviennent d'une vieille latine ant&#233;rieure &#224; la Vulgate, sans doute d'une traduction de la version de Th&#233;odotion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 234).&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dont l'utilisation est attest&#233;e dans l'Antiquit&#233; tardive par J&#233;r&#244;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hieron. In Dan., PL 28, 1291. Voir GRELOT (1966 : 382).&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. P. Grelot souligne dans son article que cette version, comme la Septante, traduit le m&#234;me texte fondamental en y ajoutant les morceaux deut&#233;rocanoniques dont le texte de notre pi&#232;ce est justement tir&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir GRELOT (1966 : 381).&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'utilisation de cette traduction sugg&#232;re que la pi&#232;ce a &#233;t&#233; compos&#233;e d&#232;s les premiers si&#232;cles du christianisme. Par ailleurs, le fait que ne figurent que quelques versets est interpr&#233;t&#233; par Ph. Bernard comme un souci d'&#233;conomie : &#171; les copistes ont pu se borner volontairement &#224; indiquer quelques versets-types qui servaient de mod&#232;les aux chantres, lesquels &#233;taient suffisamment exp&#233;riment&#233;s pour adapter ces mod&#232;les &#224; tous les versets &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BERNARD (1993 : 245).&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Probl&#232;mes pos&#233;s&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1 Le rapport entre m&#233;lodie et texte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le cas sp&#233;cifique de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; o&#249; le texte est pr&#233;alable &#224; la m&#233;lodie, la question qui se pose est la suivante : dans quelle mesure la dynamique verbale, caract&#233;ris&#233;e par l'alternance de syllabes toniques et atones, gouverne-t-elle la m&#233;lodie ? De fait, la m&#233;lodie peut tenir compte ou non des contraintes impos&#233;es par le texte. Comme le souligne J. Stevens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;STEVENS (2008 : 281-283).&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, la m&#233;lodie est susceptible de mettre en &#233;vidence la syllabe tonique par la hauteur des notes, par la dur&#233;e du motif m&#233;lodique ou bien encore par certains d&#233;tails dans l'ex&#233;cution elle-m&#234;me, m&#234;me si ces deux derniers points restent pour le moins conjecturaux en l'absence d'indications pr&#233;cises dans les trait&#233;s ou sur les manuscrits. De plus, quel lien &#233;tablir entre cette interaction m&#233;lodie/accent et le contexte esth&#233;tique dans lequel elle s'inscrit ? Le r&#233;pertoire chr&#233;tien m&#233;di&#233;val fait appel &#224; une tradition, &#224; des conventions li&#233;es &#224; la liturgie et aux genres musicaux. La difficult&#233; d&#232;s lors est de distinguer ce qui rel&#232;ve de la convention de ce qui est propre &#224; l'individualit&#233; de la pi&#232;ce. Pour J. Stevens, &#171; le rapport entre les mots et la musique est moins li&#233; &#224; une cr&#233;ativit&#233; individuelle qu'&#224; une convention &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;STEVENS (2008 : 279) : &#171; The relationship between words and music is not a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On peut notamment admettre, &#224; la suite des &#233;tudes ant&#233;rieures, que les m&#233;lodies du premier r&#233;pertoire chr&#233;tien observent principalement deux lois. L'une touchant &#224; la macrostructure veut que la ligne m&#233;lodique suive une courbe parabolique (mouvement ascendant, sommet, mouvement descendant)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir WAGNER (1921 : 111) ; STEVENS (2008 : 279-280).&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; la seconde concerne la microstructure et conf&#232;re &#224; l'accent verbal un r&#244;le de premi&#232;re importance dans l'&#233;laboration de la m&#233;lodie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir FERRETTI (1938 : 14-16) ; APEL (1958 : 279) ; STEVENS (2008 : 278).&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agira d&#232;s lors de cerner avec pr&#233;cision ce que la segmentation rythmique, impos&#233;e par la m&#233;lodie, conserve et modifie de la dynamique verbale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.2 La segmentation du &lt;i&gt;cantus prosaicus&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Selon le t&#233;moignage des trait&#233;s de musique m&#233;di&#233;vaux, le chant en prose &lt;i&gt;(cantus prosaicus)&lt;/i&gt; se distingue du chant versifi&#233; &lt;i&gt;(cantus metricus)&lt;/i&gt; par une segmentation irr&#233;guli&#232;re : les s&#233;quences peuvent &#234;tre in&#233;gales, alors que les vers doivent &#234;tre &#233;gaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Guid. Aret. Micr., 15, 168 ; 171.&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il existe une autre diff&#233;rence de taille : dans le chant versifi&#233;, les motifs m&#233;lodiques doivent respecter des rapports rythmiques, issus de la tradition musicale antique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guid. Aret. Micr., 15, 164-165.&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si l'on en croit Aribon, &#171; depuis l'Antiquit&#233;, non seulement les compositeurs de chant, mais aussi les chanteurs eux-m&#234;mes faisaient grandement attention &#224; tout composer et chanter en vertu du principe de proportion. Cette r&#232;gle n'a d&#233;sormais plus cours, elle est compl&#232;tement enterr&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arib. De Mus. 49 : Antiquitus fuit magna circumspectio non solum cantus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, notamment dans le chant en prose. Par ailleurs, l'analyse propos&#233;e aujourd'hui du chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val postule dans sa m&#233;thode une forte interaction entre les deux logiques structurelles qui gouvernent le discours musical : le texte et la m&#233;lodie. Partant du principe que les segments sont &#224; la fois des unit&#233;s textuelles et m&#233;lodiques, cette analyse se concentre sur le rep&#233;rage des &lt;i&gt;formules&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir TREITLER (1984 : 352-353).&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celles-ci se d&#233;finissent par leur ligne m&#233;lodique, leur caract&#232;re modal, mais &#233;galement par leur fonction dans le discours, largement d&#233;termin&#233;e par la place qu'elles y occupent. Il s'agit ainsi de d&#233;limiter la &lt;i&gt;formule d'intonation&lt;/i&gt;, plac&#233;e &#224; l'initiale et charg&#233;e de lancer la dynamique de la phrase ainsi que d'en d&#233;finir la modalit&#233;. La &lt;i&gt;cadence m&#233;diane&lt;/i&gt; (ou &lt;i&gt;m&#233;diante&lt;/i&gt;) est une formule qui marque une ponctuation interne ; sa ligne m&#233;lodique suit souvent une configuration traditionnelle, tout comme la cadence finale qui signale en revanche la ponctuation finale. Cette m&#233;thode et cette terminologie sont employ&#233;es dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 320-323.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; mais &#233;galement par P. Ferretti&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;FERRETTI (1938 : 216).&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou encore par Ph. Bernard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 231-272).&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; dans les analyses propos&#233;es de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; de Daniel. Elles permettent de mener une premi&#232;re approche, insuffisante n&#233;anmoins pour comprendre v&#233;ritablement comment s'articulent le texte et la m&#233;lodie, car elle n'envisage que les segments les plus &#233;tendus, qui correspondent aux &lt;i&gt;distinctiones&lt;/i&gt; de Gui d'Arezzo. Une analyse microstructurale s'av&#232;re donc plus que n&#233;cessaire. Je sugg&#232;re d&#232;s lors qu'il est indispensable de relever et d'analyser aussi les &lt;i&gt;motifs m&#233;lodiques&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les segments m&#233;lodiques r&#233;it&#233;r&#233;s &#224; l'identique ou bien sous forme de variantes, &#224; l'int&#233;rieur des formules. Ils correspondent &#224; ce que Gui appelle &lt;i&gt;neuma&lt;/i&gt;. Nous verrons que certains motifs sont associ&#233;s pour constituer un motif compos&#233;, autrement dit un segment plus ample &lt;i&gt;(pars)&lt;/i&gt;. Il s'agira de d&#233;terminer si ces motifs m&#233;lodiques co&#239;ncident avec des sch&#233;mas accentuels fixes et dans quelle mesure les variantes refl&#232;tent &#233;ventuellement des modifications de la dynamique verbale. D'autre part, on se demandera comment leur structure intrins&#232;que et la place qu'ils occupent dans la formule participent &#224; la segmentation rythmique ; on s'interrogera notamment sur leur r&#244;le de ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.3 La distinction entre r&#233;citatif et cantique : hypoth&#232;se de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'analyse du rythme oratoire latin, que j'ai men&#233; dans ma th&#232;se, a r&#233;v&#233;l&#233; l'importance capitale de la distinction entre le style hach&#233; et le style p&#233;riodique. Le style hach&#233;, plus proche de l'&lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt;, suit un rythme o&#249; chaque mot est distinct et constitue le module r&#233;f&#233;rentiel de segmentation. Le style p&#233;riodique, plus proche de l'&lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, s'appuie sur un rythme o&#249; les &#233;l&#233;ments sont moins d&#233;marqu&#233;s les uns des autres, o&#249; le module r&#233;f&#233;rentiel n'est plus le mot, mais le segment compris entre deux accents de mots. Sachant que les principes oratoires de segmentation sont clairement emprunt&#233;s par le chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val et que, d'autre part, le texte dans ce r&#233;pertoire tient une place consid&#233;rable, notamment dans une vis&#233;e p&#233;dagogique, on est en droit de supposer que cette distinction entre style hach&#233; et style p&#233;riodique pourrait trouver un &#233;cho dans le couple r&#233;citatif/cantique. Cela signifierait que dans le r&#233;citatif, comme dans l'&lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt;, la segmentation rythmique viserait &#224; d&#233;tacher les mots alors que dans le cantique, comme dans l'&lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, les mots seraient pour ainsi dire soud&#233;s les uns aux autres. Il s'agira donc de d&#233;terminer si cette hypoth&#232;se est valable dans la pi&#232;ce de Daniel, de la nuancer et de l'approfondir le cas &#233;ch&#233;ant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Analyse comparative du r&#233;citatif &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1 La version b&#233;n&#233;ventaine : la pri&#232;re d'Azarias&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; constitue un r&#233;citatif d'une grande ampleur. Elle est introduite par la formule traditionnelle &lt;i&gt;Stans&lt;/i&gt;&#8230; que l'on trouve dans les antiennes du Magnificat associ&#233;es &#224; Ste Agn&#232;s ou Ste Agathe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir HILEY (1993 : 96 98).&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Se trouvant dans une situation d&#233;sesp&#233;r&#233;e &lt;i&gt;(in medio flammarum, in medio carceris)&lt;/i&gt;, Agn&#232;s et Agathe chantent la louange de Dieu &lt;i&gt;(orabat ad Dominum)&lt;/i&gt;. De m&#234;me, Azarias au milieu des flammes &lt;i&gt;(in medio ignis)&lt;/i&gt; se met &#224; prier &lt;i&gt;(orauit sic)&lt;/i&gt;. M&#234;me si les antiennes sont moins longues, la pri&#232;re d'Azarias fonctionne de la m&#234;me fa&#231;on sur le plan m&#233;lodique. Sa m&#233;lodie simple est &#233;galement utilis&#233;e pour la &lt;i&gt;Pri&#232;re de Jonas&lt;/i&gt; ex&#233;cut&#233;e le Jeudi Saint ; elle a &#233;t&#233; transcrite en notation carr&#233;e dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PM 14, 1971, p. 271-272. Restitution fond&#233;e sur le Vat.lat. 10673 et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elle comporte une intonation en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, prolong&#233;e par une r&#233;citation sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. La cohabitation de ces deux cordes de r&#233;citation est un trait d'archa&#239;sme. En outre, comme nous le verrons, certains motifs m&#233;lodiques jouent le r&#244;le de ponctuation. Comme dans certaines antiennes, en d&#233;pit d'un &lt;i&gt;ambitus &lt;/i&gt; assez restreint (entre &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;), la m&#233;lodie offre parfois des modulations. L'enjeu de cette analyse sera donc d'identifier ces modulations et de voir dans quelle mesure elles accompagnent et signalent la dynamique verbale et la segmentation rythmique. Tout d'abord, les syllabes toniques font l'objet de traitements m&#233;lodiques divers. Situ&#233;es dans la r&#233;citation initiale en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, elles peuvent s'ex&#233;cuter sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ou bien b&#233;n&#233;ficier d'une emphase m&#233;lodique &#233;labor&#233;e sur un mouvement ascendant &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt;, parfois &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;FA-la (podatus)&lt;/i&gt;. Situ&#233;es dans la r&#233;citation m&#233;diane en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, elles peuvent &#233;galement se chanter comme les syllabes atones sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ou bien &#234;tre signal&#233;es par un mouvement ascendant &lt;i&gt;SOL-la (podatus)&lt;/i&gt;. Parfois, la syllabe qui pr&#233;c&#232;de est chant&#233;e sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ; dans ce cas de figure, la syllabe tonique est marqu&#233;e par un mouvement &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt;, comme dans la r&#233;citation en &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH216/figure1-655a9.jpg?1722313824' width='500' height='216' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Outre l'incertitude qui subsiste sur les noms propres h&#233;breux, une anomalie peut &#234;tre relev&#233;e pour &lt;i&gt;&#243;mnia&lt;/i&gt; (9) : le &lt;i&gt;podatus FA-SOL&lt;/i&gt; est employ&#233; sur la finale. Peut-&#234;tre cela sugg&#232;re-t-il que le mot suivant, &lt;i&gt;ergo&lt;/i&gt;, est trait&#233; comme un v&#233;ritable enclitique ; dans ce cas, &lt;i&gt;omnia ergo&lt;/i&gt; ne forme qu'une seule unit&#233; articulatoire &lt;i&gt;(omni&#225; ergo)&lt;/i&gt;. Par ailleurs, les syllabes toniques peuvent ne faire l'objet d'aucun traitement m&#233;lodique sp&#233;cifique dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Les syllabes toniques ex&#233;cut&#233;es sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; constituent un tiers de la totalit&#233; (34 %) ; ce proc&#233;d&#233;, loin d'&#234;tre marginal, sugg&#232;re que la dynamique verbale n'est pas n&#233;cessairement &#233;clair&#233;e par la m&#233;lodie. L'emphase m&#233;lodique suppose d&#232;s lors un dessein expressif particulier. Elle se manifeste par un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; (motifs [1a], [1b] et [1c]) et emploie toutes les ressources offertes par l'intervalle &lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt;. Le motif [1a] est utilis&#233; de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; (18 % dans les deux cas) ; le motif [1c] en revanche est davantage employ&#233; dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; (13 % contre 7 % dans les r&#233;citations en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;). Trois autres motifs associ&#233;s &#224; la dynamique verbale ont pu &#234;tre relev&#233;s. Ils correspondent &#224; des sch&#233;mas accentuels plus d&#233;velopp&#233;s comprenant plusieurs syllabes : une syllabe portant un accent principal (T) ou secondaire &lt;i&gt;(T)&lt;/i&gt; accompagn&#233;e d'une ou plusieurs syllabes atones (A). Dans ces configurations, la syllabe tonique joue r&#233;ellement le r&#244;le d'un sommet rythmique ; c'est vers elle que tend la ligne m&#233;lodique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH217/figure2-20063.jpg?1722313824' width='500' height='217' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt;, s'il est suivi d'un &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, marque une syllabe tonique (motifs [2a] et [2d]) ; s'il est suivi d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et plus pr&#233;cis&#233;ment d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt;, il co&#239;ncide au contraire avec une syllabe atone. Dans ce cas, c'est la &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; qui signale l'accent (motif [2b]). Ce syst&#232;me ne conna&#238;t pas d'exceptions. Toutefois, il peut faire l'objet, ici encore, de modulations. Le motif [2b] peut &#234;tre &#233;court&#233; de son &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; initial. Cette configuration signale une syllabe tonique isol&#233;e (motif [2c]). Enfin, le motif [2d] m&#234;le les motifs [2a] et [2b] en raison de la pr&#233;sence de deux syllabes toniques. Il est n&#233;anmoins &#233;trange que ce motif soit employ&#233; pour &lt;i&gt;-l&#237;quimus&lt;/i&gt; puisque la configuration TAA est normalement ex&#233;cut&#233;e sur un motif [2a]. Aucune donn&#233;e verbale ne peut expliquer cette modulation. Le deuxi&#232;me motif m&#233;lodique qui co&#239;ncide avec un sch&#233;ma accentuel est le motif [3] qui se caract&#233;rise par une emphase accentuelle &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; not&#233;e par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; puis d'une chute sur le &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt; not&#233;e par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH105/figure3-2e9f8.jpg?1722313824' width='500' height='105' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [3a] est le plus fr&#233;quent ; il correspond g&#233;n&#233;ralement (dans 20 cas sur 23) au sch&#233;ma accentuel TA. Le &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; signale d&#232;s lors la syllabe tonique tandis qu'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; permet de poser la fin de ce motif. Ce &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; peut toutefois co&#239;ncider avec deux syllabes, la syllabe tonique et une syllabe atone. Dans ce cas de figure, le mouvement ascendant &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; signale l'accent tandis que la descente sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; caract&#233;rise la premi&#232;re syllabe atone. De ce fait, la structure m&#233;lodique refl&#232;te parfaitement la dynamique verbale. &#192; cet &#233;gard, les deux cas de figure &lt;i&gt;a te&lt;/i&gt; (7) et &lt;i&gt;et dux&lt;/i&gt; (19) ainsi que le motif [3b] &lt;i&gt;et ait&lt;/i&gt; (1) et &lt;i&gt;terrarum&lt;/i&gt; (29) sugg&#232;rent un d&#233;placement d'accent sur la premi&#232;re syllabe. Le troisi&#232;me motif &#233;labor&#233; en vertu de la dynamique verbale est le motif [4]. Il correspond, comme g&#233;n&#233;ralement le motif [3], au sch&#233;ma paroxyton TA ou bien, plus rarement, au sch&#233;ma proparoxyton TAA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH111/figure4-effea.jpg?1722313824' width='500' height='111' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif [4] comprend deux mouvements. Le premier, qui correspond &#224; la syllabe tonique, est not&#233; par un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(FA-SOL-la-SOL)&lt;/i&gt;. Cette configuration est observ&#233;e lorsque la syllabe tonique n'est suivie que d'une seule syllabe atone. Celle-ci appelle le second mouvement m&#233;lodique, signal&#233; simplement par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. En revanche, lorsque la syllabe tonique est suivie de deux syllabes atones, elle est ex&#233;cut&#233;e sur un simple &lt;i&gt;scandicus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA-SOL-la&lt;/i&gt;. Les syllabes atones, signal&#233;es chacune par un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, forment alors le second mouvement m&#233;lodique. On le voit, la ligne m&#233;lodique reste inchang&#233;e dans les deux sch&#233;mas accentuels. La seule modification qui est apport&#233;e r&#233;side dans la r&#233;partition des notes sur les syllabes. Cette modification trouve un &#233;cho graphique puisque le premier mouvement peut correspondre &#224; un seul neume ou bien &#224; deux. Outre la grande constance de ce motif m&#233;lodique, tant du point de vue m&#233;lodique que du point de vue accentuel, notons que le d&#233;coupage m&#233;lodique correspond tr&#232;s souvent (73 % des cas) au d&#233;coupage des mots. La co&#239;ncidence des logiques m&#233;lodique et linguistique apporte une grande coh&#233;sion &#224; ce motif et en facilite sans aucun doute la perception par les auditeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'apr&#232;s les &#233;l&#233;ments de cette analyse, il appara&#238;t bien que ces motifs [2], [3] et [4] suivent presque toujours un mouvement binaire d&#233;fini en fonction du sch&#233;ma accentuel qu'ils mettent en &#233;vidence. La premi&#232;re phase ascendante (&lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt;) signale la syllabe tonique, pr&#233;c&#233;d&#233;e parfois d'une syllabe atone. La seconde phase descendante (&lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;la-FA&lt;/i&gt;) correspond aux syllabes atones qui suivent l'accent. De ce fait, la ligne m&#233;lodique refl&#232;te bien la dynamique verbale. Cette dynamique binaire, compos&#233;e d'une phase de tension et d'une phase de rel&#226;chement est une caract&#233;ristique issue de la pratique antique du rythme. Cette continuit&#233; s'explique par la nature accentuelle de la langue latine : l'accent, quelle que soit sa nature, impose &#224; la parole cette dynamique binaire. Dans ce r&#233;citatif, la m&#233;lodie s'appuie donc visiblement sur les donn&#233;es textuelles et parvient &#224; les &#233;clairer. La question est d&#233;sormais de savoir si cette correspondance entre texte et m&#233;lodie se r&#233;percute dans la macrostructure, c'est-&#224;-dire dans la structure g&#233;n&#233;rale de la phrase.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les traits m&#233;lodiques qui participent &#224; la segmentation rythmique de la fa&#231;on la plus &#233;vidente sont des motifs compos&#233;s, destin&#233;s &#224; clore les diff&#233;rents segments cons&#233;cutifs. Tout d'abord, le motif [2] lorsqu'il est redoubl&#233; constitue un motif conclusif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1183 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH311/figure5-2bea9.jpg?1722313824' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;coupage des mots n'est pas r&#233;ellement d&#233;terminant dans la constitution de ce motif conclusif. D'autre part, si le sch&#233;ma accentuel TAA est fr&#233;quent, la prise en compte du param&#232;tre accentuel dans la structure m&#233;lodique ne r&#233;pond cependant pas &#224; des r&#232;gles &#233;tablies a priori. De fait, si l'on excepte les deux configurations minoritaires [2a+2a] et [2b+2b], le &lt;i&gt;cursus &lt;/i&gt; par exemple n'est pas recherch&#233;. Par cons&#233;quent, ce motif observe un fonctionnement propre qui tire parti des ressources offertes par le texte biblique. Le motif [2] peut &#233;galement &#234;tre combin&#233; au motif [3] afin de former un motif compos&#233;, plus ample que le pr&#233;c&#233;dent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH105/figure6-cad8b.jpg?1722313824' width='500' height='105' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici encore, le d&#233;coupage des mots n'est pas d&#233;terminant. En revanche, la place de l'accent est un param&#232;tre de premi&#232;re importance. En effet, ce motif est syst&#233;matiquement caract&#233;ris&#233; par une chute sur le sch&#233;ma accentuel TA ; &#224; cet &#233;gard, la structure m&#233;lodique confirme la pr&#233;sence d'un accent d'enclise sur &lt;i&gt;-ric&#224;tor&#250;mque&lt;/i&gt;. Enfin, on rel&#232;ve un dernier type de motif compos&#233; conclusif dans lequel interviennent le motif [4] et un autre motif (motif [5]) qui s'appuie sur aucun sch&#233;ma accentuel particulier. Seul le nombre de syllabes est pris en compte. Il consiste en un mouvement m&#233;lodique descendant &lt;i&gt;(cliuis + cliuis)&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA-MI-RE-DO&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1181 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH118/figure7-ad96d.jpg?1722313824' width='500' height='118' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le premier mouvement de ce motif compos&#233; est par cons&#233;quent variable du point de vue accentuel : le motif m&#233;lodique [5] est appliqu&#233; automatiquement, sous une forme fixe, sans &#234;tre adapt&#233; &#224; la dynamique verbale. Dans le second mouvement, la m&#233;lodie ne conna&#238;t aucune variation non plus, mais s'applique presque toujours &#224; un sch&#233;ma paroxyton, dans quatre cas &#224; un sch&#233;ma proparoxyton. Enfin, deux motifs conclusifs sp&#233;cifiques sont employ&#233;s au d&#233;but et &#224; la fin du r&#233;citatif :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1180 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH112/figure8-2c738.jpg?1722313824' width='500' height='112' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit, le motif [1b] cette fois ne signale pas une syllabe tonique, mais entre dans la combinaison de ce motif compos&#233; conclusif. L'ampleur particuli&#232;re de cette cadence lui conf&#232;re un caract&#232;re propre &#224; signaler un moment strat&#233;gique de la r&#233;citation. Son utilisation aux deux extr&#233;mit&#233;s du r&#233;citatif permet ainsi de constituer un cadre m&#233;lodique et rythmique solide, qui apporte une coh&#233;sion suppl&#233;mentaire &#224; la segmentation rythmique de cette pi&#232;ce. &#192; tous ces motifs conclusifs sont associ&#233;s des motifs introductifs, moins complexes. La premi&#232;re cat&#233;gorie prend appui sur un &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; ou m&#234;me une r&#233;citation sur &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;, suivis g&#233;n&#233;ralement d'un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1a]) ou bien sur &lt;i&gt;FA-la&lt;/i&gt; (motif [1b]). La seconde cat&#233;gorie se caract&#233;rise par une intonation &#224; la tierce &lt;i&gt;RE-FA&lt;/i&gt; (motif [7]). Ces intonations ne correspondent &#224; aucune dynamique verbale sp&#233;cifique ; elles constituent ainsi des charni&#232;res m&#233;lodiques qui ne s'appuient pas sur le rythme des mots, mais qui marquent n&#233;anmoins la segmentation rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au vu de ces charni&#232;res rythmiques et m&#233;lodiques, la m&#233;lodie refl&#232;te un r&#233;el souci de la part du chantre de mettre en &#233;vidence les constantes du texte biblique. Ce souci s'exprime n&#233;anmoins par un degr&#233; variable d'adaptation de la m&#233;lodie &#224; la dynamique verbale. Ajoutons que l'utilisation des motifs conclusifs r&#233;pond &#224; un syst&#232;me pr&#233;cis. De fait, ils sp&#233;cifient le type de ponctuation (faible, moyenne, forte) selon la tripartition &#233;tablie par les grammairiens, et d&#233;terminent ainsi l'intonation qui suit, autrement dit, la cat&#233;gorie de motifs introductifs &#224; employer. Ainsi, les motifs conclusifs caract&#233;risent le niveau hi&#233;rarchique auquel le segment appartient. Les motifs [2+2] avec presque toujours une chute sur TAA signalent la fin d'unit&#233;s s&#233;mantiques syntaxiquement d&#233;pendantes (cellules CL). Les motifs [2+3] avec une chute sur TA concluent les unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques int&#233;gr&#233;es toutefois dans un segment plus ample (sections SC) et les motifs [5+4] avec une chute &#233;galement sur TA marquent la fin des phrases, c'est-&#224;-dire des segments dont le sens et la syntaxe sont complets (s&#233;quences SQ). Toutefois, ce syst&#232;me conna&#238;t parfois quelques exceptions qui ne manquent pas d'int&#233;r&#234;t :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1195 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure34.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH721/figure34-34f02.jpg?1722313824' width='500' height='721' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai figur&#233; la num&#233;rotation des versets du texte biblique (v. [&#8230;]). On peut observer que chaque s&#233;quence correspond &#224; un verset, parfois &#224; deux (SQ5, SQ16). Toutefois, dans certains cas, notamment dans le dernier tiers de la pi&#232;ce, on observe une discordance entre la segmentation m&#233;lodique et le d&#233;coupage en versets. Le verset 39 est ainsi r&#233;parti en deux s&#233;quences (SQ12 et SQ13) ce qui permet au chantre de mettre en &#233;vidence le nom &lt;i&gt;misericordiam &lt;/i&gt; par un motif conclusif ; ce mot vient &#233;galement clore la phrase de r&#233;citatif plac&#233;e apr&#232;s le cantique. Par cons&#233;quent, la segmentation m&#233;lodique et rythmique met en lumi&#232;re les deux mouvements du verset : d'une part la situation pr&#233;sente des trois enfants (SQ12), caract&#233;ris&#233;e par l'impossibilit&#233; de faire des sacrifices et des offrandes rituelles, et d'autre part, le souhait (SQ13) de constituer eux-m&#234;mes le sacrifice. Les deux s&#233;quences &#233;clairent ainsi les &#233;chos textuels &lt;i&gt;(neque holocaustum / sicut in holocausto, neque sacrificium / sacrificium nostrum)&lt;/i&gt; et participent &#224; la po&#233;tique de la pri&#232;re. Le second cas de discordance entre le d&#233;coupage des versets et la segmentation concerne le verset 42. En effet, la supplication &lt;i&gt;ne confundas nos&lt;/i&gt; concorde dans le texte biblique avec le d&#233;but d'une nouvelle phrase. Mais la segmentation suppose une interpr&#233;tation diff&#233;rente : &lt;i&gt;quaerimus&lt;/i&gt;, construit transitivement &lt;i&gt;(faciem tuam)&lt;/i&gt; est compris dans ce r&#233;citatif comme le verbe introducteur d'une proposition compl&#233;tive en &lt;i&gt;ne&lt;/i&gt;. Il s'agit sans doute d'un moyen, tr&#232;s subtil, de fusionner les deux versets &#171; je cherche la face du Seigneur &#187; (&lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 26, 8) et &lt;i&gt;je ne serai pas confondu&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 70, 18), ou bien &#233;galement de faire &#233;cho &#224; 1 &lt;i&gt;R &lt;/i&gt; 2, 16 &lt;i&gt;(ne confundas faciem meam)&lt;/i&gt;. En outre, certains segments ont &#233;t&#233; analys&#233;s comme des sections en raison du motif qui les conclut, alors m&#234;me qu'ils ne correspondent pas &#224; une unit&#233; de sens et de syntaxe, mais constituent un simple &#233;l&#233;ment dans une &#233;num&#233;ration. C'est le cas dans la SQ7 &lt;i&gt;(et tradidisti nos in manibus inimicorum iniquorum / et pessimorum / praeuaricatorumque / et regi iniusto et pessimo ultra omnem terram)&lt;/i&gt; et dans la SQ9 &lt;i&gt;(propter Abraham dilectum tuum / et Isaac seruum tuum / et Israel sanctum tuum)&lt;/i&gt;. Par la multiplication des ponctuations fortes entre chaque &#233;l&#233;ment de ces deux &#233;num&#233;rations, la port&#233;e s&#233;mantique des segments est d'autant mieux mise en valeur. Notons qu'il s'agit dans le premier cas des d&#233;tracteurs de Dieu, dans le second cas, au contraire, de la lign&#233;e d'Abraham. La similitude des effets rythmiques contribue assur&#233;ment &#224; mettre en parall&#232;le ces deux &#233;num&#233;rations afin de mieux les opposer. &#192; cet &#233;gard, la segmentation m&#233;lodique offre, en d&#233;finitive, une interpr&#233;tation du texte biblique et propose, semble-t-il, une r&#233;flexion d'ordre ex&#233;g&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.2 La version b&#233;n&#233;ventaine : l'antienne d'introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Avant de chanter le cantique &#224; proprement parler, un soliste ex&#233;cute une antienne d'introduction. Voici ce qui est indiqu&#233; sur le manuscrit &lt;i&gt;(Ben. VI 40) : Tunc unus cantor in alta uoce dicat&lt;/i&gt;. Cette rubrique didascalique indique deux faits majeurs : cette antienne, malgr&#233; son caract&#232;re peu orn&#233;, proche du r&#233;citatif, doit &#234;tre ex&#233;cut&#233;e par un chanteur soliste, et non par l'officiant. Ce mode op&#233;ratoire semble ne pas devoir &#234;tre modifi&#233; au moment o&#249; le chant commence. Le manuscrit indique seulement &lt;i&gt;Sequatur&lt;/i&gt;. Cette antienne s'inscrit dans la continuit&#233; parfaite avec la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; sur le plan m&#233;lodique ; je conserve donc la m&#234;me typologie de motifs, afin de mettre en &#233;vidence les nombreux points de contact structurels. Comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, la m&#233;lodie s'appuie sur deux cordes de r&#233;citation, le &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ; on peut en outre observer quelques mont&#233;es jusqu'au &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. L'analyse de l'interaction entre la structure m&#233;lodique et les configurations accentuelles des mots du texte permettra d'apporter quelques &#233;claircissements sur la structure modale de cette antienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les syllabes toniques (T) sont signal&#233;es par un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; ou bien par un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; ou sur &lt;i&gt;SOL-la (podatus)&lt;/i&gt;. Ces mont&#233;es constituent respectivement les motifs [1a] et [lc] rencontr&#233;s dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. On en rel&#232;ve en outre une variante orn&#233;e, not&#233;e par un &lt;i&gt;porrectus resupinus&lt;/i&gt; (motif [1d]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH95/figure9-7950c.jpg?1722313824' width='500' height='95' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les emphases m&#233;lodiques signalant les syllabes toniques sont g&#233;n&#233;ralement int&#233;gr&#233;es dans des motifs compos&#233;s qui jouent le r&#244;le d'une ponctuation et qui participent, par cons&#233;quent, &#224; l'&#233;laboration de la segmentation rythmique de cette antienne. Les motifs conclusifs pr&#233;sents dans cette antienne suivent le m&#234;me fonctionnement binaire [2+3] relev&#233; dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. Rappelons que le premier &#233;l&#233;ment (motif [2]) est le moins stable et peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur diff&#233;rents sch&#233;mas accentuels. D'apr&#232;s l'analyse propos&#233;e pr&#233;c&#233;demment, le sch&#233;ma TAA doit &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL-FA-FA&lt;/i&gt; (motif [2a]), le sch&#233;ma ATA sur &lt;i&gt;SOL-la-la-SOL-FA&lt;/i&gt; (motif [2b]). Ces variantes m&#233;lodiques correspondent &#224; la m&#234;me notation neumatique &lt;i&gt;(podatus + cliuis)&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, la &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; est plac&#233;e diff&#233;remment en fonction des degr&#233;s auxquels elle renvoie. Le motif [3] en revanche est fixe sur le plan m&#233;lodique et accentuel, puisqu'il correspond presque toujours au sch&#233;ma paroxyton TA. Il s'agit d'un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-SOL&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH195/figure10-69363.jpg?1722313824' width='500' height='195' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s cette structure m&#233;lodique, il faut admettre que le dernier mot &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; n'est pas accentu&#233; sur la p&#233;nulti&#232;me longue &lt;i&gt;-cen-&lt;/i&gt; mais sur l'initiale &lt;i&gt;di-&lt;/i&gt;. Cette anomalie peut s'expliquer par analogie avec &lt;i&gt;dicens&lt;/i&gt;, effectivement accentu&#233; sur l'initiale. Ensuite, le groupe &lt;i&gt;&#243;re lau-&lt;/i&gt; est ex&#233;cut&#233; sur le motif [2b] au lieu du motif [2a] attendu pour le sch&#233;ma TAA. Ainsi, la syllabe atone &lt;i&gt;-re&lt;/i&gt; est trait&#233;e comme si elle &#233;tait accentu&#233;e : elle est en effet ex&#233;cut&#233;e sur une &lt;i&gt;cliuis la-SOL&lt;/i&gt;. Le manuscrit est parfaitement lisible &#224; cet endroit et ne laisse aucun doute. D'autre part, on peut &#233;galement induire, d'apr&#232;s la structure m&#233;lodique, que dans le groupe &lt;i&gt;et glorificabant&lt;/i&gt;, le proclitique &lt;i&gt;et &lt;/i&gt; (sur un &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;) porte un accent secondaire, et que par une r&#232;gle de r&#233;partition binaire, un accent secondaire tombe &#233;galement sur &lt;i&gt;-ri- (la-SOL)&lt;/i&gt;. Du fait de la pr&#233;sence de ces deux accents secondaires, la m&#233;lodie est ex&#233;cut&#233;e sur le motif r&#233;serv&#233; au sch&#233;ma ATA avec cependant une attaque sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; au lieu de &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, destin&#233;e &#224; signaler l'accent sur &lt;i&gt;&#232;t&lt;/i&gt; (motif [2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;]). Enfin, on note la pr&#233;sence dans le dernier motif conclusif d'une emphase m&#233;lodique particuli&#232;rement insistante sur la syllabe &lt;i&gt;-n&#225;-&lt;/i&gt; (motif [2f]) ; l'analyse de la m&#233;lodie induit qu'il s'agit du motif appliqu&#233; au sch&#233;ma TAA, auquel est ajout&#233; un mouvement r&#233;percussif sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; ; on note &#233;galement que le &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; est remplac&#233; par une &lt;i&gt;uirga &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. Cette modification entra&#238;ne un effet de suspens qui sugg&#232;re peut-&#234;tre la pr&#233;sence d'une pause tr&#232;s courte &lt;i&gt;(suspensio)&lt;/i&gt; ou tout au moins d'une c&#233;sure, destin&#233;e &#224; poser v&#233;ritablement la cadence finale sur &lt;i&gt;dicentes&lt;/i&gt;. Ainsi ce dernier motif conclusif suit-il une progression plus ample, destin&#233;e &#224; conclure v&#233;ritablement l'antienne. La segmentation rythmique est &#233;galement signal&#233;e par des motifs introductifs, moins amples n&#233;anmoins que les motifs conclusifs. L'antienne d&#233;bute ainsi sur un &lt;i&gt;DO &lt;/i&gt; suivi du mouvement ascendant &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1b]). Il s'agit l&#224; de l'intonation que l'on retrouvera dans la phrase de conclusion (motif [6]). On rel&#232;ve la pr&#233;sence d'un second type de motif introductif marquant une intonation m&#233;diane. Il s'agit d'une mont&#233;e m&#233;lodique sur &lt;i&gt;RE-FA-(FA)-SOL (punctum + (uirga) + podatus)&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH96/figure11-6228a.jpg?1722313824' width='500' height='96' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le mouvement ascendant&lt;i&gt; FA-SOL&lt;/i&gt; ne signale pas cette fois une syllabe accentu&#233;e, mais constitue simplement un &#233;l&#233;ment de composition dans ce motif [7]. Celui-ci ne s'appuie nullement sur un sch&#233;ma accentuel d&#233;fini ; sa stabilit&#233; est assur&#233;e par la permanence de la m&#233;lodie. Associ&#233;s aux motifs conclusifs, ces motifs introductifs participent pleinement &#224; la mat&#233;rialisation sonore de la segmentation rythmique de ce court r&#233;citatif. Plus pr&#233;cis&#233;ment, ils mettent en &#233;vidence quatre cellules principales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1194 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH83/figure35-78061.jpg?1722313824' width='500' height='83' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Chaque cellule est ainsi d&#233;limit&#233;e par un motif introductif et un motif conclusif, &#224; l'exception de la deuxi&#232;me &lt;i&gt;(et glorificabant)&lt;/i&gt; qui est form&#233;e exclusivement d'un motif conclusif. La segmentation est clairement guid&#233;e par la structure syntaxique. Les trois premi&#232;res cellules sont centr&#233;es autour des formes verbales &#224; l'imparfait &lt;i&gt;(laudabant, glorificabant, benedicebant)&lt;/i&gt; ; la m&#233;lodie appuie le jeu phonique pr&#233;sent dans le texte biblique, &#224; savoir l'hom&#233;optote &lt;i&gt;-bant&lt;/i&gt;. Le compl&#233;ment &lt;i&gt;Deum &lt;/i&gt; cl&#244;t ainsi la premi&#232;re unit&#233; de sens et de syntaxe. Toutefois, le motif conclusif de CL3 ne se distingue en rien des pr&#233;c&#233;dents, alors m&#234;me que l'on aurait pu voir dans ces trois cellules une section. La logique adopt&#233;e ici est donc purement cumulative ; ce court r&#233;citatif est avant tout l'annonce du cantique qui suit. La pr&#233;sence de l'apposition &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; dans la derni&#232;re cellule participe de mani&#232;re &#233;vidente &#224; cet effet de suspens. La s&#233;quence ne sera ainsi compl&#232;te qu'&#224; la fin du premier verset. L'analyse de l'interaction entre structure m&#233;lodique et segmentation rythmique permet donc d'&#233;clairer sensiblement le fonctionnement de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; o&#249; lecture, r&#233;citatif et cantique forment effectivement un tout coh&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.3 La version b&#233;n&#233;ventaine : l'antienne de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Consid&#233;rons &#224; pr&#233;sent l'antienne de conclusion. Alors qu'elle ne constitue qu'un seul &#233;nonc&#233; syntaxique, elle est scind&#233;e en deux par l'acclamation &lt;i&gt;Amen&lt;/i&gt;. Cette particularit&#233; est proprement b&#233;n&#233;ventaine. L'acclamation isole ainsi la premi&#232;re proposition causale &lt;i&gt;quoniam&#8230; nos&lt;/i&gt; ; par ce biais, l'assertion &lt;i&gt;confitemini Domino&lt;/i&gt; est bien mise en &#233;vidence au d&#233;but de la seconde partie et rappelle clairement le verset du &lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 105. En outre, l'insertion de cet interlude permet, je crois, d'isoler ce qui rel&#232;ve sp&#233;cifiquement de l'histoire d'Ananias, Azarias et Misahel et, d'autre part, une v&#233;rit&#233; consid&#233;r&#233;e comme valide pour la communaut&#233; tout enti&#232;re. Cette scission entra&#238;ne un jeu &#233;nonciatif tout &#224; fait int&#233;ressant : la forme verbale &lt;i&gt;confitemini &lt;/i&gt; peut faire r&#233;f&#233;rence aux trois enfants, comme le pronom &lt;i&gt;nos &lt;/i&gt; de la premi&#232;re proposition, mais aussi englober la communaut&#233; pr&#233;sente lors de l'ex&#233;cution du chant. En d'autres termes, cet interlude permet de conf&#233;rer &#224; la seconde partie de la phrase une valeur universelle qui d&#233;passe le cadre d&#233;votionnel du livre de Daniel. Hormis cette sp&#233;cificit&#233;, cette antienne de conclusion est &#233;labor&#233;e sur le m&#234;me mod&#232;le m&#233;lodique que l'antienne d'introduction et la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, plus ample, elle fait l'objet d'un traitement m&#233;lodique plus complexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les syllabes accentu&#233;es de cette phrase sont ex&#233;cut&#233;es simplement sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; ou bien sont signal&#233;es par un mouvement ascendant sur &lt;i&gt;FA-SOL&lt;/i&gt; (motif [1a]) ou sur &lt;i&gt;SOL-la&lt;/i&gt; (motif [1c]). Dans ce dernier motif, le &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; peut &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur une &lt;i&gt;distropha &lt;/i&gt; au lieu d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire une r&#233;percussion vocale. Enfin, on rel&#232;ve l'emploi de la variante orn&#233;e (motif [1d]) &#224; deux reprises :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH198/figure12-0209f.jpg?1722313824' width='500' height='198' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure m&#233;lodique sugg&#232;re un d&#233;placement d'accent pour &lt;i&gt;quoniam&lt;/i&gt;, normalement accentu&#233; sur la syllabe initiale, et &lt;i&gt;confitemini&lt;/i&gt;, qui devrait recevoir son accent sur l'ant&#233;p&#233;nulti&#232;me. Ce qui est tr&#232;s troublant dans ce cas de figure, c'est que le recul de l'accent entra&#238;nerait une violation de la r&#232;gle des trois mores. Ces deux hypoth&#232;ses se trouvent confort&#233;es dans l'analyse de la structure m&#233;lodique et notamment des motifs introductifs et conclusifs de cette antienne. Comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, le motif [2] peut jouer le r&#244;le d'une ponctuation. Dans la pri&#232;re, il &#233;tait alors redoubl&#233;. Cette configuration se rencontre &#233;galement dans cette antienne ; mais on trouve &#233;galement un motif [2] isol&#233; susceptible de marquer une ponctuation faible. Le motif binaire [2+3] est aussi employ&#233; deux fois :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH199/figure13-035d7.jpg?1722313824' width='500' height='199' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se concernant l'accentuation de &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; est ainsi confirm&#233;e par l'ex&#233;cution de ce mot sur le motif [2b] normalement appliqu&#233; au sch&#233;ma accentuel ATA. En outre, la loi de Wackerwagel est enfreinte, puisque le pronom &lt;i&gt;nos&lt;/i&gt;, pourtant plac&#233; en seconde position &lt;i&gt;(eripuit nos)&lt;/i&gt; est accentu&#233;. La structure m&#233;lodique de ces motifs conclusifs refl&#232;te donc la dynamique verbale, mais aussi les mutations qui ont touch&#233; la pratique du latin depuis l'Antiquit&#233;. Enfin, on note la pr&#233;sence d'un motif conclusif sp&#233;cifique &#224; la cl&#244;ture de cette antienne, identique &#224; celui qui concluait l'antienne d'introduction sur &lt;i&gt;in fornace dicentes&lt;/i&gt;. Ainsi les deux antiennes forment-elles un cadre remarquable que cet effet de sym&#233;trie appuie parfaitement. La structure m&#233;lodique met &#233;galement en &#233;vidence des motifs m&#233;lodiques introductifs qui jouent le r&#244;le de charni&#232;res rythmiques initiales. Tout d'abord, chacune des deux sections de la phrase plac&#233;es de part et d'autre de l'acclamation &lt;i&gt;Amen &lt;/i&gt; d&#233;bute sur la m&#234;me intonation que l'antienne d'introduction (motif [6]). On observe en outre la pr&#233;sence de l'intonation m&#233;diane &#233;voqu&#233;e plus haut (motif [7]). Ce motif est n&#233;anmoins &#233;court&#233; sur &lt;i&gt;et &lt;/i&gt; car il est imm&#233;diatement suivi du motif conclusif [2b+3a] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH103/figure14-f2308.jpg?1722313824' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le rep&#233;rage de ces motifs introductifs et conclusifs permet d'&#233;valuer la segmentation rythmique mise en &#339;uvre dans cette antienne de conclusion. De fait, chacun a une fonction structurelle bien pr&#233;cise :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1193 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH102/figure36-46c41.jpg?1722313824' width='500' height='102' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les motifs conclusifs d&#233;pourvus de motif [3] sont destin&#233;s &#224; signaler la fin de cellules internes alors que les motifs binaires de type [2+3] permettent de clore les sections, ou du moins, ce qui est consid&#233;r&#233; ici comme section. De fait, la segmentation soul&#232;ve des enjeux intertextuels et ex&#233;g&#233;tiques majeurs : dans la deuxi&#232;me partie de la phrase, la premi&#232;re proposition &lt;i&gt;quoniam bonus&lt;/i&gt; est int&#233;gr&#233;e dans le m&#234;me segment que &lt;i&gt;confitemini domino&lt;/i&gt;. Ce segment s'ach&#232;ve sur une ponctuation forte et constitue &#224; ce titre une section, c'est-&#224;-dire une unit&#233; s&#233;mantique et syntaxique. Par cons&#233;quent, la derni&#232;re proposition &lt;i&gt;quoniam in saeculum misericordia eius&lt;/i&gt;, d&#233;coup&#233;e en deux cellules, forme &#224; elle seule une section, alors m&#234;me qu'elle est d&#233;pendante syntaxiquement de ce qui pr&#233;c&#232;de. Ainsi, l'&#233;cho textuel du &lt;i&gt;Ps&lt;/i&gt;. 105 est parfaitement mis en &#233;vidence. Par ailleurs, il reste un point non &#233;clair&#233; dans la premi&#232;re partie de la phrase : la ponctuation forte qui co&#239;ncide avec le groupe pr&#233;positionnel &lt;i&gt;de manu mortis&lt;/i&gt; indique la fin de la premi&#232;re section, ce qui conduit &#224; isoler le groupe verbal &lt;i&gt;liberauit nos&lt;/i&gt;, pourtant syntaxiquement d&#233;pendant de ce groupe pr&#233;positionnel. Selon cette lecture, il semblerait d&#232;s lors que le groupe &lt;i&gt;de manu mortis&lt;/i&gt; soit construit sur le m&#234;me plan que &lt;i&gt;ab inferis&lt;/i&gt;, d&#233;pendant du verbe &lt;i&gt;eripuit&lt;/i&gt;. On remarque par ailleurs que la m&#233;lodie sur &lt;i&gt;liberauit nos&lt;/i&gt; ne correspond &#224; aucun sch&#233;ma m&#233;lodique vu jusque ici. Elle comporte un m&#233;lisme assez ample sur la syllabe finale &lt;i&gt;-uit&lt;/i&gt;, ce qui sugg&#232;re une volont&#233; nette de marquer ici une ponctuation. &#192; ce titre, ce groupe constitue le point culminant de cette phrase, son tournant rythmique et m&#233;lodique. Cette emphase m&#233;lodique et rythmique donne &#224; ce groupe verbal une signification nouvelle ; d&#233;tach&#233; de son compl&#233;ment pr&#233;positionnel, il prend d&#232;s lors une dimension plus universelle, valable non seulement pour les trois enfants dont il est question sp&#233;cifiquement dans le cantique, mais &#233;galement pour toute la communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ensemble constitu&#233; de la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; et des deux antiennes dans la version b&#233;n&#233;ventaine r&#233;pond par cons&#233;quent aux m&#234;mes principes rythmiques : la structure m&#233;lodique refl&#232;te la dynamique verbale, les motifs m&#233;lodiques conclusifs sont employ&#233;s en fonction de la hi&#233;rarchie des segments, en vertu des param&#232;tres syntaxiques et s&#233;mantiques. Le caract&#232;re syllabique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le caract&#232;re syllabique est d&#233;fini comme l'application d'un neume par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de la m&#233;lodie permet au chantre de mettre ais&#233;ment en &#233;vidence le d&#233;coupage des mots ; seules quelques syllabes toniques sont particuli&#232;rement orn&#233;es lorsqu'il s'agit de mots importants &lt;i&gt;(tres, fornace, misericordia)&lt;/i&gt;. Toutefois, ces principes rythmiques connaissent des exceptions, des anomalies, des &#233;carts. Sont-ils le fruit d'une conscience ou le r&#233;sultat d'une d&#233;formation de la langue latine ? Nul ne peut le dire. Mais &#224; cet &#233;gard, le r&#233;citatif s'&#233;loigne du discours pour suivre une logique propre, dans laquelle la m&#233;lodie surimpose aux mots un nouveau sens, nourri de l'ex&#233;g&#232;se biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;strong&gt;3.4. La version milanaise : l'antienne d'introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la version milanaise, la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; n'appara&#238;t pas sur le manuscrit. Elle devait &#234;tre prononc&#233;e sur le ton habituel de la lecture, probablement le ton de &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; comme les deux antiennes d'introduction et de conclusion, si l'on admet que l'ensemble du chapitre de Daniel est ex&#233;cut&#233; en continu. Ces deux antiennes suivent une m&#233;lodie plus orn&#233;e que dans la version b&#233;n&#233;ventaine. Il n'en reste pas moins que ces ornements r&#233;pondent &#224; des r&#232;gles pr&#233;cises, impliquant notamment la prise en compte des param&#232;tres accentuels. Ils jouent par cons&#233;quent un r&#244;le essentiel dans l'interaction qui s'op&#232;re entre dynamique verbale et segmentation rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, les syllabes accentu&#233;es peuvent &#234;tre mise en valeur par une mont&#233;e sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; dans une r&#233;citation sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; (motif [1]), ou bien sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; dans une r&#233;citation sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; (motif [2]). Ces motifs co&#239;ncident en r&#233;alit&#233; avec un sch&#233;ma accentuel de type TA :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH206/figure15-7412e.jpg?1722313824' width='500' height='206' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le motif [2b], le noyau [2a] est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un mouvement ascendant &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt; sur une ou deux syllabes atones (&lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;punctum + punctum&lt;/i&gt;), qui &#233;claire la dynamique verbale en cr&#233;ant une phase d'&#233;lan qui trouve son apog&#233;e sur l'accent. On note cependant que le motif &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; est employ&#233; en guise de conclusion sur la syllabe finale atone de &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1172 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH97/figure16-57035.jpg?1722313824' width='500' height='97' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement &lt;i&gt;r&#233;-mi&lt;/i&gt; sugg&#232;re que l'accent tombe sur &lt;i&gt;di-&lt;/i&gt;, comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine. En outre, conclure cette antienne d'introduction sur un &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; permet &#233;galement de cr&#233;er un effet d'attente juste avant le retour au &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; qui marque le d&#233;but du cantique &#224; proprement parler. Enfin, si le &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; permet de signaler les syllabes accentu&#233;es, il est &#233;toff&#233; dans trois cas &lt;i&gt;(tr&#233;s, D&#243;minum, forn&#225;ce)&lt;/i&gt; par un m&#233;lisme (motif [4]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1171 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH98/figure17-a8521.jpg?1722313824' width='500' height='98' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On le voit, le noyau [4a] forme une vocalise qui prend appui sur &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Il est not&#233; par un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Le trac&#233; continu du neume sugg&#232;re une ex&#233;cution vocale fluide. Les deux variantes [4b] et [4c] conservent cette vocalise avec une extension pr&#233;liminaire sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; ou bien &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt;. Ces extensions auxquelles est accol&#233; le premier &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; d'appui sont isol&#233;es par une coupure neumatique (un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do-r&#233;&lt;/i&gt; dans le premier cas, un &lt;i&gt;scandicus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;si-do-r&#233;&lt;/i&gt; dans le second). Ces variantes ne s'expliquent nullement par un changement dans le nombre de syllabes ou bien dans la note qui pr&#233;c&#232;de : il s'agit syst&#233;matiquement d'un &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;. On a donc ici une simple variation expressive, sans doute improvis&#233;e &#224; l'origine. On note d'ailleurs que ce motif [4] attire l'attention sur des mots importants. L'adjectif &lt;i&gt;tres &lt;/i&gt; et le nom &lt;i&gt;fornace &lt;/i&gt; d&#233;signent plus sp&#233;cifiquement le contexte d&#233;votionnel du chant ; en outre, ils sont plac&#233;s au d&#233;but et &#224; la fin de l'antienne. Dans cette perspective, le m&#233;lisme est un facteur de coh&#233;sion et un outil s&#233;mantique et stylistique tout &#224; fait essentiel. Enfin, le nom &lt;i&gt;Dominum &lt;/i&gt; est logiquement mis en &#233;vidence, comme c'est d'ailleurs le cas dans le cantique &#224; la fin du verset. Ces diff&#233;rentes remarques font appara&#238;tre une correspondance entre structure m&#233;lodique et configurations accentuelles. Toutefois, cette correspondance est complexe. De fait, un m&#234;me sch&#233;ma accentuel TAATA, dont on compte plusieurs occurrences dans cette phrase, peut &#234;tre chant&#233; sur une m&#233;lodie diff&#233;rente. Enfin, on note qu'un m&#234;me mot peut tr&#232;s bien &#234;tre chant&#233; sur deux m&#233;lodies diff&#233;rentes, comme c'est le cas pour &lt;i&gt;dicentes &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(do-la-do-r&#233;-r&#233; / r&#233;-mi-do-r&#233;-do)&lt;/i&gt;. Aux constantes textuelles ne correspond donc pas n&#233;cessairement un traitement m&#233;lodique unique. Cette discordance participe pleinement &#224; la &lt;i&gt;uariatio &lt;/i&gt; m&#233;lodique et rythmique propre au &lt;i&gt;cantus prosaicus&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si la structure m&#233;lodique refl&#232;te la dynamique accentuelle de la phrase, elle en &#233;claire &#233;galement la segmentation. Comme c'&#233;tait le cas dans la version b&#233;n&#233;ventaine, la m&#233;lodie met en &#233;vidence plusieurs cellules cons&#233;cutives, r&#233;parties en deux niveaux hi&#233;rarchiques. La distinction entre ces niveaux s'appuie sur des param&#232;tres m&#233;lodiques pr&#233;cis : lorsque l'unit&#233; s&#233;mantique s'ach&#232;ve &#224; la quinte &lt;i&gt;(r&#233;)&lt;/i&gt;, elle forme une cellule de niveau sup&#233;rieur, dans laquelle viennent parfois s'int&#233;grer des cellules internes dont la ponctuation est cette fois marqu&#233;e par l'emploi de la quarte &lt;i&gt;(do)&lt;/i&gt;. Il y a donc quatre cellules principales, marqu&#233;es par une ponctuation en r&#233;. Cette ponctuation correspond sur tres &#224; l'emploi du motif [4] ; elle peut aussi se d&#233;rouler sur un mouvement ascendant &lt;i&gt;do-r&#233;-r&#233; (podatus + punctum)&lt;/i&gt; notamment sur &lt;i&gt;(di)-centes&lt;/i&gt; ou bien au contraire sur un mouvement descendant &lt;i&gt;mi-r&#233; (cliuis)&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;(Domi)-num&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1170 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH85/figure18-8cbd8.jpg?1722313824' width='500' height='85' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La structure m&#233;lodique met par ailleurs en &#233;vidence la pr&#233;sence de sept cellules internes, dont la fin est signal&#233;e par une ponctuation sur la quarte &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; ou bien sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; lorsqu'il s'agit de la cellule interne finale. La cadence en &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; correspond syst&#233;matiquement au motif [2] except&#233; sur &lt;i&gt;(for)-nace&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, la note finale du motif [4a] sur &lt;i&gt;-na-&lt;/i&gt; &#233;tant un &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; et la syllabe &lt;i&gt;-ce&lt;/i&gt; &#233;tant chant&#233;e sur un &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;, on retrouve par ce biais le mouvement &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; caract&#233;ristique du motif [2]. La seule cellule de niveau sup&#233;rieur &#224; s'achever sur un &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; est la derni&#232;re, pour les raisons d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233;es. Par ailleurs, le motif [1] sur &lt;i&gt;la-la-SOL&lt;/i&gt; suit &#224; deux reprises une ponctuation en &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; et le motif [2a] sur &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt; suit de m&#234;me &#224; deux reprises une ponctuation en &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;. Ces deux motifs signalent par cons&#233;quent le d&#233;but d'un nouveau segment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1192 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH100/figure37-cd0ef.jpg?1722313824' width='500' height='100' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les cellules de niveau sup&#233;rieur (CL1, CL2, CL3 et CL4) correspondent &#224; deux groupes appositionnels &lt;i&gt;(quasi ex uno ore hymnum dicentes et in fornace dicentes)&lt;/i&gt; et &#224; la proposition principale &lt;i&gt;(glorificabant et benedicebant Dominum)&lt;/i&gt; ; cette principale d&#233;bute en r&#233;alit&#233; sur &lt;i&gt;tunc hii tres&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, ce groupe est isol&#233; par une cadence m&#233;lismatique en &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Ce proc&#233;d&#233; permet de mettre en &#233;vidence cette amorce et d'attirer l'attention de l'auditoire plus sp&#233;cifiquement sur la mention du chiffre trois &lt;i&gt;tres&lt;/i&gt;. Contrairement &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine, la version milanaise attribue parfois au m&#234;me motif une fonction introductive ou conclusive, par exemple le motif [2a]. Les deux param&#232;tres retenus dans l'utilisation de ces motifs sont donc d'une part la dynamique verbale et d'autre part la note d'appui du motif. En outre, les deux versions ont pour point commun de mettre en &#233;vidence une segmentation rythmique qui ne s'appuie sur aucune r&#233;gularit&#233; du point de vue du nombre de syllabes ou bien de la r&#233;partition des accents. La configuration d'ensemble r&#233;pond donc parfaitement au principe de la prose selon lequel les segments doivent &#234;tre de longueurs vari&#233;es et les combinaisons rythmiques bigarr&#233;es. Toutefois, on peut observer que la version milanaise exploite pleinement les ressources offertes par le texte biblique, quelque peu diff&#233;rent, il est vrai, de celui de la version b&#233;n&#233;ventaine. Notamment, le sch&#233;ma r&#233;current TAATA, m&#234;me s'il correspond &#224; diverses configurations m&#233;lodiques, semble devoir jouer le r&#244;le d'un marqueur initial, participant ainsi pleinement &#224; la segmentation rythmique de cette antienne :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1191 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH107/figure38-3f6b3.jpg?1722313824' width='500' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On le voit, le d&#233;but des cellules principales, sauf la premi&#232;re, est signal&#233; par ce sch&#233;ma accentuel. La mise en m&#233;lodie du texte biblique parvient donc &#224; souligner cette dynamique verbale ; de fait, la similarit&#233; m&#233;lodique qui touche les occurrences initiales (CL2 et CL3) sugg&#232;re une volont&#233; consciente de mettre en &#233;vidence ce sch&#233;ma et de l'exploiter comme un marqueur de segmentation. En d&#233;finitive, cette br&#232;ve analyse fait appara&#238;tre une interaction complexe entre la dynamique verbale et la structure m&#233;lodique. Cette interaction peut &#234;tre marqu&#233;e par une co&#239;ncidence parfaite des effets, ou bien par l'application de deux logiques diff&#233;rentes mais compl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;3.5 La version milanaise : l'antienne de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'antienne de conclusion est &#233;labor&#233;e sur le m&#234;me mode que l'antienne d'introduction ; de plus, on peut rep&#233;rer des similitudes m&#233;lodiques embl&#233;matiques du fonctionnement compl&#233;mentaire de la dynamique verbale et de la m&#233;lodie. La teneur est sur &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;, avec des mont&#233;es sur &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; signalant les syllabes toniques. Le motif [2a] &lt;i&gt;r&#233;-do&lt;/i&gt;, amplifi&#233; par une amorce en &lt;i&gt;si-do&lt;/i&gt; (motif [2b]) joue encore un r&#244;le structurel de premi&#232;re importance. Une troisi&#232;me variante, plus ample, est utilis&#233;e &#224; la fin de cette phrase sur le mot &lt;i&gt;misericordia &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1169 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH209/figure19-6ed6d.jpg?1722313824' width='500' height='209' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce relev&#233; montre deux tendances apparemment contradictoires de la m&#233;lodie de cette antienne &#224; accorder aux mots un poids rythmique essentiel ou bien &#224; encha&#238;ner les mots les uns aux autres dans un m&#234;me flux. Mais en r&#233;alit&#233;, ce dernier proc&#233;d&#233; caract&#233;rise les groupes pr&#233;positionnels &lt;i&gt;ab inferis, de manu mortis, de media fornace&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les unit&#233;s s&#233;mantiques dans lesquelles les diff&#233;rents syntagmes sont indissociables. Il est de fa&#231;on plus &#233;trange appliqu&#233; &#224; &lt;i&gt;Domino quoniam&lt;/i&gt;, sugg&#233;rant par l&#224; que ces deux mots appartiennent au m&#234;me segment alors m&#234;me que &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; introduit une proposition syntaxique distincte. Par cons&#233;quent, le rep&#233;rage de ce motif est absolument indispensable dans la d&#233;termination de la segmentation rythmique de cette phrase. On retrouve en outre le motif [4] qui signale &#233;galement, avec toutefois plus d'emphase, une syllabe tonique. On en avait d&#233;cel&#233; trois types dans l'antienne d'introduction ; ici, seul le motif [4b] est employ&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1168 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH113/figure20-78d66.jpg?1722313824' width='500' height='113' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'antienne d'introduction, ce motif revient trois fois. Particuli&#232;rement ample, le m&#233;lisme qui le caract&#233;rise est sans nul doute destin&#233; &#224; attirer l'attention sur les mots ainsi ex&#233;cut&#233;s. La dynamique verbale est ainsi bien mise en &#233;vidence par la structure m&#233;lodique ; toutefois, si les mots ont un poids rythmique primordial, l'usage des motifs fait appara&#238;tre une dynamique plus large dans laquelle sont impliqu&#233;es des s&#233;ries de mots d&#233;pendantes tant du point de vue s&#233;mantique que du point de vue syntaxique. Ce proc&#233;d&#233; permet ainsi de regrouper ou bien de distinguer certains groupes, autrement dit, d'effectuer une segmentation rythmique. Accompagn&#233; de charni&#232;res rythmiques initiales et conclusives, il donne &#224; cette phrase une progression ais&#233;ment perceptible ainsi qu'une grande coh&#233;sion m&#233;lodique et rythmique. Contrairement &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine, la version milanaise n'op&#232;re aucun partition de la phrase. Celle-ci doit donc &#234;tre ex&#233;cut&#233;e d'un seul tenant et constitue &#224; ce titre une seule s&#233;quence (SQ). En outre, la progression m&#233;lodique ne fait appara&#238;tre qu'un seul type de ponctuation, destin&#233; comme dans la phrase d'introduction, &#224; signaler la fin de cellules. Cette ponctuation se mat&#233;rialise &#224; la quinte &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;. Elle peut co&#239;ncider avec le motif [4b] &lt;i&gt;(nos)&lt;/i&gt;. Cela &#233;tait &#233;galement le cas dans la phrase d'introduction pour &lt;i&gt;tr&#233;s&lt;/i&gt;. On retrouve en outre le motif [5] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1167 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH92/figure21-eaf6e.jpg?1722313825' width='500' height='92' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La diversit&#233; des sch&#233;mas accentuels (TA et AA) sugg&#232;re que la ponctuation est signal&#233;e ind&#233;pendamment de la dynamique verbale. Par ailleurs, la mont&#233;e au &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; ne signale pas une syllabe tonique mais n&#233;cessite une suspension de la voix &#224; la quinte &#8212; un moyen m&#233;lodique de marquer la pause faible &lt;i&gt;suspensio&lt;/i&gt;. Concernant plus sp&#233;cifiquement &lt;i&gt;ardentis&lt;/i&gt;, on peut noter que le motif est int&#233;gr&#233; dans une configuration m&#233;lodique d&#233;j&#224; rencontr&#233;e dans la phrase d'introduction sur &lt;i&gt;dicentes&lt;/i&gt;. De fait, le motif est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; signalant un mouvement descendant d'une tierce &lt;i&gt;do-la&lt;/i&gt;. Enfin, il est tout &#224; fait &#233;tonnant que cette ponctuation soit utilis&#233;e sur le dernier &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; de la phrase, puisque ce marqueur syntaxique ne saurait constituer seul une cellule. Ce proc&#233;d&#233; permet en r&#233;alit&#233; d'isoler le syntagme &lt;i&gt;in saeculum&lt;/i&gt;, comme si celui-ci formait une unit&#233; s&#233;mantique &#224; part enti&#232;re. Pour finir, on observe une similitude entre les deux cadences finales de ces deux antiennes, closes sur le mouvement &lt;i&gt;do-r&#233;-do&lt;/i&gt; (motif [3b]). La structure m&#233;lodique met aussi en &#233;vidence des charni&#232;res initiales. L'antienne est introduite par une r&#233;citation en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;quoniam &lt;/i&gt; &#8212; alors que l'intonation de l'antienne d'introduction proc&#233;dait par un saut de quinte &lt;i&gt;SOL-r&#233;&lt;/i&gt;. Par ailleurs, si l'on ne retrouve pas int&#233;gralement le motif [1] &lt;i&gt;la-la-SOL&lt;/i&gt; pr&#233;sent dans l'antienne d'introduction, on note n&#233;anmoins que les ponctuations en &lt;i&gt;r&#233; &lt;/i&gt; sont suivies d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; isol&#233; ou bien sur un mouvement descendant &lt;i&gt;la-sol&lt;/i&gt;. Il appara&#238;t donc &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; que le motif [1] est bien une expansion m&#233;lodique d'un &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; initial, destin&#233; &#224; introduire une nouvelle cellule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au vu de ces charni&#232;res initiales et conclusives, la segmentation rythmique de cette antienne repose sur le m&#234;me principe que pr&#233;c&#233;demment, c'est-&#224;-dire sur une succession de cellules de niveau sup&#233;rieur dans lesquelles viennent s'imbriquer des cellules internes de niveau inf&#233;rieur :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH107/figure39-7fe28.jpg?1722313825' width='500' height='107' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La d&#233;termination des motifs conclusifs et de la segmentation rythmique permet d'identifier avec pr&#233;cision les deux logiques rythmiques observ&#233;es dans cette s&#233;quence. La premi&#232;re cellule de niveau sup&#233;rieur (CL1) est &#233;labor&#233;e en vertu d'un effet de cadre ([5a]-[4b]-[5b]) alors que les deux cellules suivantes (CL2 et CL3) observent une logique cumulative avec une m&#233;tabole finale ([4b+5b]-[4b+5b]-[2c+3b].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La segmentation rythmique des antiennes milanaises s'appuie donc davantage que dans la version b&#233;n&#233;ventaine sur les donn&#233;es syntaxiques du texte et offre corollairement une plus grande complexit&#233;. Elle repose de fait sur deux niveaux de cellules (unit&#233;s s&#233;mantiques d&#233;pendantes sur le plan syntaxique). N&#233;anmoins, l'antienne de conclusion dans les deux versions joue sur les m&#234;mes effets de &lt;i&gt;collocatio &lt;/i&gt; : le plus marquant est la mise en &#233;vidence, par une d&#233;marcation nette des syntagmes, d'une double cadence sur &lt;i&gt;in saeculum / misericordia eius&lt;/i&gt;, propre &#224; imposer &#224; l'ensemble de la pi&#232;ce de Daniel un point final.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. Analyse comparative du cantique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'&#233;tude de Ph. Bernard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;BERNARD (1993 : 231-272).&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a montr&#233; que les versions b&#233;n&#233;ventaine et milanaise des &lt;i&gt;Benedictiones&lt;/i&gt; constituent un groupe coh&#233;rent. L'analyse fine de chacune des m&#233;lodies permettra de pr&#233;ciser ce regroupement et de comprendre comment s'y effectue l'articulation entre le rythme textuel et le rythme m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;4.1 La version b&#233;n&#233;ventaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Dans les manuscrits proprement b&#233;n&#233;ventains (le graduel &lt;i&gt;Vat. lat. 10673&lt;/i&gt; et le graduel &lt;i&gt;VI 40&lt;/i&gt;), les &lt;i&gt;Benedictiones &lt;/i&gt; font l'objet d'un traitement m&#233;lodique particulier alors que les manuscrits du Mont Cassin et de l'Italie Centrale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 319.&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; leur affectent le m&#234;me type de r&#233;citatif que pour la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;. L'&#233;conomie de la version b&#233;n&#233;ventaine suit un fonctionnement relativement simple. Chaque strophe se compose d'un verset et d'un refrain. Le verset pr&#233;liminaire &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; ne b&#233;n&#233;ficie d'aucun traitement m&#233;lodique particulier ; ainsi, tous les versets sont ex&#233;cut&#233;s sur les m&#234;mes formules m&#233;lodiques. Nous reprenons pour l'instant le d&#233;coupage propos&#233; dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PM 14, 1971, p. 322-323.&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure22.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH841/figure22-bdf8b.jpg?1722313825' width='500' height='841' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma accentuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; ce titre, nous d&#233;plorons la terminologie employ&#233;e dans la Pal&#233;ographie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est particuli&#232;rement d&#233;terminant pour le d&#233;but du verset. Celui-ci fonctionne selon une logique cumulative&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir KELLY (1989 : 109).&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; puisque la formule d'intonation [A] &lt;i&gt;(Bened&#237;ctus es, Bened&#237;cite)&lt;/i&gt; est reprise, toutefois sans l'amorce &lt;i&gt;FA-FA-SOL&lt;/i&gt;, dans la partie m&#233;diane &lt;i&gt;(D&#243;mine, &#243;mnia)&lt;/i&gt;, avec une variante [B]. On note par ailleurs que la formule C n'est employ&#233;e qu'&#224; une seule reprise, signalant de ce fait l'importance des trois protagonistes (Azarias, Ananias et Misahel). Ces trois formules ont pour point commun de s'achever sur un &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; et d'&#234;tre &#233;labor&#233;es sur deux cordes de r&#233;citation (&lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;). Enfin, la formule D marque la cadence m&#233;diane qui conclut le verset avant le refrain. Elle se d&#233;compose en deux mouvements distincts dans lesquels les sch&#233;mas accentuels peuvent suivre tout aussi bien une configuration paroxytone que proparoxytone. Toutefois, le d&#233;but du second mouvement est signal&#233; par l'accent du mot final, raison pour laquelle la syllabe initiale atone &lt;i&gt;nos-&lt;/i&gt; est isol&#233;e dans le premier mouvement. Cette cadence m&#233;diane se distingue de l'intonation et de la partie m&#233;diane en s'achevant sur &lt;i&gt;MI &lt;/i&gt; ; le second mouvement tourne en outre sur deux cordes de r&#233;citation diff&#233;rentes (&lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;). Ensuite, la fin de la strophe correspond au refrain. La formule E r&#233;tablit la modalit&#233; de la pi&#232;ce (finale sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, cordes de r&#233;citation sur &lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do&lt;/i&gt;). Dans la formule F, le pronom &lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; fonctionne comme un greffon, ex&#233;cut&#233; sur la m&#234;me ligne m&#233;lodique que le verbe &lt;i&gt;-&#232;xalt&#225;te&lt;/i&gt;. En outre, cette formule suit un fonctionnement modal singulier (finale sur &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, cordes de r&#233;citation sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;r&#233;&lt;/i&gt;). Enfin, la formule G de cadence se distingue par sa configuration particuli&#232;rement orn&#233;e ; l'accentuation verbale cesse d'&#234;tre un param&#232;tre d&#233;terminant. De fait, les m&#233;lismes ornent les syllabes atones &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;-cu-&lt;/i&gt;. N&#233;anmoins, elle r&#233;tablit la modalit&#233; en &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; et joue ainsi un r&#244;le de soubassement. Ce d&#233;coupage, en d&#233;pit de son caract&#232;re grossier, fait appara&#238;tre clairement l'importance que joue l'accent verbal dans la d&#233;termination de la structure m&#233;lodique, except&#233; dans la cadence finale &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;. Il est donc absolument n&#233;cessaire d'envisager dans l'analyse de cette version l'interaction entre la dynamique verbale et l'&#233;laboration des motifs m&#233;lodiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, dans la formule [A] &lt;i&gt;(D&#243;mine)&lt;/i&gt;, les syllabes toniques sont marqu&#233;es par un motif sp&#233;cifique [1], auquel est accol&#233; un autre motif [2a] dans la formule [B] &lt;i&gt;(D&#233;us)&lt;/i&gt;. Ce motif [2a] est &#233;galement employ&#233; pour des syllabes atones dans les formules [E] &lt;i&gt;(laud&#225;)-bi-, (d&#237;)-ci-&lt;/i&gt; et [G] &lt;i&gt;(sa&#233;)-cu-&lt;/i&gt;. Par ailleurs, la m&#234;me ligne m&#233;lodique, un ton au-dessus, se retrouve dans la formule [F], cette fois sur la syllabe tonique &lt;i&gt;(superexal)-t&#225;-&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH483/figure23-004ab.jpg?1722313825' width='500' height='483' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [2a] a donc un emploi ambivalent, puisqu'il peut &#234;tre aussi bien employ&#233; pour une syllabe tonique qu'une syllabe atone. Cette particularit&#233; sugg&#232;re qu'en r&#233;alit&#233;, la syllabe atone qui suit la syllabe tonique perp&#233;tue la dynamique instaur&#233;e par l'accent. Enfin, dans le motif [2b], la variation modale qui touche cette portion du refrain induit un registre plus aigu et appuie sans nul doute le sens m&#234;me des mots et notamment l'all&#233;gresse hyperbolique port&#233;e par la forme verbale &lt;i&gt;superexaltate&lt;/i&gt;. Ensuite, les motifs conclusifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir KELLY (1989 : 98).&#034; id=&#034;nh2-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont construit sur une structure neumatique constitu&#233;e d'un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; auquel est accol&#233; une &lt;i&gt;clivis&lt;/i&gt;. Le premier (motif [3]) est en &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le deuxi&#232;me (motif [4]) en &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me (motif [5]) en &lt;i&gt;MI&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH325/figure24-b5a46.jpg?1722313825' width='500' height='325' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [3] conclut la plupart des formules ([A], [B], [C] et [E]). Notons cependant une variante neumatique dans la derni&#232;re occurrence, sur &lt;i&gt;(saecu)-la&lt;/i&gt; : le torculus est remplac&#233; par une succession d'un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; et d'un &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Peut-&#234;tre cette coupure neumatique sugg&#232;re-t-elle un d&#233;tachement accru des sons et un effet de ralentissement propre &#224; indiquer la pause forte &#224; la fin de la strophe. Le motif [4] n'est employ&#233; que dans la formule [F], deux fois, sur &lt;i&gt;(superexalta)-te/tus&lt;/i&gt; et sur &lt;i&gt;(e)um&lt;/i&gt;. Concernant cette derni&#232;re occurrence, ici encore, la coupure neumatique semble indiquer un ralentissement, juste avant la formule conclusive &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;. Enfin, dans le motif [5], qui conclut la premi&#232;re partie de la strophe &lt;i&gt;(nostrorum, Dominum)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire la formule [D], le noyau neumatique de base est amplifi&#233; par une &lt;i&gt;clivis &lt;/i&gt; pr&#233;liminaire. N&#233;anmoins, il s'agit bien de la m&#234;me structure de base. La mise en &#233;vidence de ces motifs conclusifs permet de mieux sp&#233;cifier la segmentation rythmique de la strophe. Si l'on prend le premier verset qui suit le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH90/figure40-50f72.jpg?1722313825' width='500' height='90' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi le motif [5] et l'acclamation &lt;i&gt;Amen &lt;/i&gt; marquent-ils la fin d'unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques (sections) int&#233;gr&#233;es dans un segment qui constitue proprement un sens complet (s&#233;quence). Les motifs [3] et [4] permettent de clore les segments internes, correspondant &#224; une unit&#233; articulatoire et s&#233;mantique, d&#233;pendante sur le plan syntaxique (cellule). Par cons&#233;quent, notre m&#233;thode d'investigation &#233;claire la segmentation rythmique de fa&#231;on plus pr&#233;cise que le d&#233;coupage en formules propos&#233; par la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;. Ce dernier ne permet pas en particulier de d&#233;terminer les diff&#233;rents niveaux hi&#233;rarchiques des segments mis en &#233;vidence par la structure m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Cette analyse a permis d'&#233;clairer plusieurs traits rythmiques caract&#233;ristiques de cette pi&#232;ce chant&#233;e. Tout d'abord, comme dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, les syllabes toniques sont mises en valeur par des emphases m&#233;lodiques ais&#233;ment perceptibles. N&#233;anmoins, les syllabes atones qui suivent ces emphases b&#233;n&#233;ficient aussi d'un traitement m&#233;lodique particulier, comme pour perp&#233;tuer l'&#233;lan donn&#233; par l'accent. Ensuite, on a pu relever l'emploi de motifs conclusifs, destin&#233;s &#224; signaler la segmentation rythmique de la strophe. Leur simplicit&#233; m&#233;lodique contraste de mani&#232;re saisissante avec la prolixit&#233; des ornements m&#233;lodiques internes. De la sorte, m&#234;me si les arabesques vocales semblent parfois diluer le sens du texte en isolant chaque syllabe, dans un mouvement jubilatoire, la progression du discours est cependant parfaitement mise en lumi&#232;re par une ponctuation nette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;4.2 La version milanaise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine, chaque strophe se compose d'un verset et du refrain. Toutefois, la version milanaise conf&#232;re au &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; un statut particulier, sans pour autant lui attribuer un traitement m&#233;lodique proprement sp&#233;cifique. L'originalit&#233; de cette amorce tient donc plut&#244;t &#224; l'agencement des formules qu'&#224; leur structure m&#233;lodique. En outre, la version milanaise fait figurer le verset 52 et 54 alors que dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; se r&#233;duisait au d&#233;but du verset 52. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, la version milanaise fait usage d'un plus grand nombre de formules que son analogue b&#233;n&#233;ventaine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH529/figure25-d1a58.jpg?1722313825' width='500' height='529' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'intonation est ex&#233;cut&#233;e sur une formule qui lui est propre (formule [A]), ce qui n'&#233;tait pas le cas dans la version b&#233;n&#233;ventaine. La structure m&#233;lodique sugg&#232;re un sch&#233;ma accentuel paroxyton ; cela signifie que l'accent d'enclise est respect&#233; dans la forme verbale &lt;i&gt;Benedict&#250;s es&lt;/i&gt;. Corollairement, la partie m&#233;diane du verset est ex&#233;cut&#233;e sur une formule sp&#233;cifique (formule [B]), appliqu&#233;e dans tous les cas, sauf pour les deux versets &lt;i&gt;sacerdotes &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Anania &lt;/i&gt; (formule [C], pr&#233;sente dans le verset pr&#233;liminaire &lt;i&gt;super sedem&lt;/i&gt;). Deux portions des versets b&#233;n&#233;ficient en outre d'une formule unique : la fin du verset 52 dans le Benedictus (formule [D]) et le nom &lt;i&gt;Anania &lt;/i&gt; (formule [E]). Enfin, la premi&#232;re portion de chaque strophe s'ach&#232;ve sur une cadence m&#233;diane stable (formule [F]). &#192; cet &#233;gard, la version milanaise est comparable &#224; la version b&#233;n&#233;ventaine except&#233; sur un point : le deuxi&#232;me verset &lt;i&gt;ca&#233;li &lt;/i&gt; est int&#233;gr&#233; dans cette cadence m&#233;diane. Cela s'explique par la divergence textuelle qui s&#233;pare les deux versions, puisque la version b&#233;n&#233;ventaine ajoute un &lt;i&gt;Domini &lt;/i&gt; absent du texte de la Vulgate et de la version milanaise et traite par cons&#233;quent &lt;i&gt;ca&#233;li &lt;/i&gt; comme n'importe quelle teneur paroxytone. Les formules utilis&#233;es dans le refrain offrent une diversit&#233; moindre ; comme dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le refrain du &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; suit le m&#234;me paradigme m&#233;lodique que le refrain des versets suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/figure26.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH611/figure26-511cb.jpg?1722313825' width='500' height='611' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Concernant la formule G, se pose le m&#234;me probl&#232;me d'accentuation relev&#233; pour la formule A : faut-il accentuer &lt;i&gt;d&#237;camus &lt;/i&gt; ? Les deux variantes de la formule H seront analys&#233;es plus loin. En outre, alors que dans la version b&#233;n&#233;ventaine, le pronom &lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; &#233;tait ex&#233;cut&#233; sur la m&#234;me formule que le verbe &lt;i&gt;superexaltate&lt;/i&gt;, il suit ici la m&#234;me ligne m&#233;lodique que la pr&#233;position &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; de la cadence finale (formule [I]). En m&#234;me temps, le nom &lt;i&gt;sa&#233;cula &lt;/i&gt; b&#233;n&#233;ficie d'un traitement m&#233;lodique sp&#233;cifique. La structure g&#233;n&#233;rale de la version milanaise offre donc une complexit&#233; plus grande que celle de la version b&#233;n&#233;ventaine, comme le sugg&#232;re le nombre accru de formules m&#233;lodiques. Toutefois, la pi&#232;ce s'organise selon des principes identiques : chaque strophe se compose d'un verset et d'un refrain, eux-m&#234;mes structur&#233;s en une intonation, une partie m&#233;diane orn&#233;e et une cadence. Il reste &#224; pr&#233;sent &#224; se pencher avec plus de pr&#233;cision sur la microstructure, autrement dit sur les motifs m&#233;lodiques, en particulier sur l'interaction probl&#233;matique entre leur ligne m&#233;lodique et la dynamique verbale induite par le texte biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certaines syllabes toniques sont ex&#233;cut&#233;es sur un simple punctum et ne font par cons&#233;quent l'objet d'aucun traitement m&#233;lodique particulier. Outre les cas probl&#232;mes d'accentuation &#233;voqu&#233;s &lt;i&gt;(dicite, dicamus)&lt;/i&gt;, on peut &#233;galement relever dans la formule C l'ex&#233;cution de &lt;i&gt;s&#233; (dem), (sacer) d&#243; (tes)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;(Ana) n&#237; (a)&lt;/i&gt; sur un &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;. Il est vrai que partout ailleurs, les syllabes toniques sont marqu&#233;es par un motif m&#233;lodique orn&#233;. Le premier motif signalant une syllabe tonique se compose de deux &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt;. Il joue un r&#244;le absolument central dans les versets, mais il est absent du refrain :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH156/figure27-ce18f.jpg?1722313825' width='500' height='156' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif appara&#238;t dans la formule [B]. Lorsque la syllabe tonique suit une syllabe atone &lt;i&gt;(uir-)&lt;/i&gt; ou bien le proclitique et, l'emphase m&#233;lodique est alors pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Il est vrai d'autre part que les syllabes atones qui suivent cette attaque tonique sont &#233;galement chant&#233;es sur un motif proche (&lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt;). N&#233;anmoins, ce motif [1a] constitue bien &#224; proprement parler un sommet m&#233;lodique dans le sens o&#249; il s'appuie sur les deux cordes de r&#233;citation &lt;i&gt;si &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; alors que le motif m&#233;lodique qui tombe sur les syllabes atones suit une ligne m&#233;lodique moins aigu&#235; sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;. La tension vocale est par cons&#233;quent plus forte sur le motif [1a]. Par ailleurs, ce motif appara&#238;t sous une forme &#224; peine modifi&#233;e dans l'intonation du verset. Le premier &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; est simplement remplac&#233; par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH156/figure28-49cec.jpg?1722313825' width='500' height='156' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La proximit&#233; de ce motif avec le motif [1a] fournit un argument en faveur d'un d&#233;placement d'accent. Le deuxi&#232;me motif se compose d'une double &lt;i&gt;cliuis&lt;/i&gt;, &#233;chelonn&#233;e toutefois sur diff&#233;rents degr&#233;s. Le motif [2a] appara&#238;t au d&#233;but de la cadence m&#233;diane (formule [F]) et marque une syllabe tonique g&#233;n&#233;ralement initiale ; le motif [2b] ouvre le refrain (formule [G]) et co&#239;ncide &#233;galement avec une syllabe tonique initiale :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1159 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH167/figure29-a056b.jpg?1722313825' width='500' height='167' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le motif [2a], la pr&#233;sence de la syllabe atone pr&#233;liminaire &lt;i&gt;ius-(t&#243;rum)&lt;/i&gt; ou bien du proclitique &lt;i&gt;et (S&#225;ncto)&lt;/i&gt; induit un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, comme c'&#233;tait le cas pour le motif [1a]. On note toutefois que le proclitique et porte un accent secondaire dans le refrain du &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; (motif [2b]). Ce qui peut &#233;tonner en revanche, c'est le registre grave de ces motifs. En effet, s'achevant tous deux sur un &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le motif [2a] s'appuie sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;si&lt;/i&gt;, le motif [2b] sur &lt;i&gt;sol &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;la&lt;/i&gt;. La ligne m&#233;lodique de ces motifs ne suppose donc pas de tension vocale particuli&#232;re ; en outre, les syllabes atones qui suivent ces syllabes toniques sont ex&#233;cut&#233;es sur une m&#233;lodie ascendante : &lt;i&gt;la-r&#233;&lt;/i&gt; pour [2a], &lt;i&gt;FA-mi-r&#233;&lt;/i&gt; pour [2b]. Cela signifie que la dynamique m&#233;lodique souligne la dynamique verbale tout en la d&#233;passant : le v&#233;ritable sommet co&#239;ncide en r&#233;alit&#233; avec le second accent de la formule et la syllabe atone qui pr&#233;c&#232;de : &lt;i&gt;nostr&#243;rum, D&#243;mino&lt;/i&gt; pour [2a], &lt;i&gt;laud&#225;bilis, d&#237;cimus&lt;/i&gt; pour [2b]. Dans ce cas pr&#233;cis, la contradiction apparente entre les donn&#233;es textuelles et les donn&#233;es m&#233;lodiques peut ainsi se r&#233;soudre par un changement d'&#233;chelle. De fait, la dynamique m&#233;lodique prend tout son sens &#224; condition que soit prise en consid&#233;ration toute la formule et non simplement le d&#233;coupage en mots ou en syllabes. Le troisi&#232;me motif signalant une syllabe tonique est un &lt;i&gt;porrectus &lt;/i&gt; (motif [3a]). Il appara&#238;t dans la cadence m&#233;diane (formule [F]). Un motif proche du point de vue de la ligne m&#233;lodique peut &#233;galement signaler une syllabe tonique dans le refrain (formule [H]), mais aussi, pr&#233;alablement, dans le &lt;i&gt;Benedictus &lt;/i&gt; (formule [D]) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH180/figure30-d5917.jpg?1722313825' width='500' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;Benedictus&lt;/i&gt;, le motif [3b] tombe sur la syllabe atone &lt;i&gt;-ri- (gl&#243;riae)&lt;/i&gt;. Faut-il &#224; nouveau supposer un d&#233;placement d'accent ? Ou bien admettre que l'emploi de ce motif ne s'appuie aucunement sur les donn&#233;es textuelles ? Dans l'hypoth&#232;se que l'accentuation n'est pas modifi&#233;e, il semble bien que celle-ci ne soit pas un crit&#232;re discriminant, ce qui ne signifie pas pour autant que ce motif n'a aucun ancrage dans le discours. De fait, certaines incoh&#233;rences apparentes entre la dynamique verbale et l'emploi des motifs m&#233;lodiques trouvent une explication &#224; la lumi&#232;re d'une analyse qui &#233;largit son champ d'investigation. La prise en consid&#233;ration de la segmentation rythmique et notamment de sa mat&#233;rialisation m&#233;lodique s'av&#232;re donc absolument n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La segmentation rythmique de cette pi&#232;ce est bien davantage signal&#233;e par des motifs conclusifs que par des motifs introductifs, m&#234;me si le motif [2] marque le d&#233;but de la cadence m&#233;diane (formule [F] : &lt;i&gt;Domini&lt;/i&gt;) et celui du refrain (formule [G] : &lt;i&gt;Hymnum&lt;/i&gt;). Les motifs conclusifs sont &#233;labor&#233;s autour un noyau m&#233;lodique de base ais&#233;ment perceptible. Dans le premier motif [4], ce noyau est ample, not&#233; par un groupe neumatique : un &lt;i&gt;scandicus flexus&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL-la-si-SO&lt;/i&gt;L suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH109/figure31-dcb57.jpg?1722313825' width='500' height='109' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce motif se rencontre &#224; la fin de la teneur des versets (formule [B] : &lt;i&gt;Deus, opera&lt;/i&gt;), de l'intonation du refrain (formule [G] : &lt;i&gt;laudabilis, dicite&lt;/i&gt;) et de la cadence finale (formule [J] : &lt;i&gt;in saecula&lt;/i&gt;). Il s'agit par cons&#233;quent du motif conclusif le plus fr&#233;quent et le plus strat&#233;gique du point de vue de la segmentation rythmique. Le deuxi&#232;me motif conclusif pr&#233;sente quatre variantes. La premi&#232;re ([5a]) consiste en un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si&lt;/i&gt; suivi de deux &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt;. Cet encha&#238;nement m&#233;lodique forme le noyau de base. Celui-ci est pr&#233;c&#233;d&#233; d'une amorce plus ou moins ample. La premi&#232;re variante ([5b]) se caract&#233;rise par le simple ajout d'un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si&lt;/i&gt;. Dans le motif [5c], ce noyau est redoubl&#233;. Enfin, dans le motif [5d], le m&#234;me noyau m&#233;lodique est conserv&#233;, mais la finale est en &lt;i&gt;FA &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH103/figure32-f0b2a.jpg?1722313825' width='500' height='103' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [5a] n'appara&#238;t en r&#233;alit&#233; qu'&#224; une seule reprise, &#224; la fin de la formule [E] &lt;i&gt;(gloriae tuae)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire dans le &lt;i&gt;Benedictus&lt;/i&gt;. Ensuite, le motif [5b] permet de clore la formule [C] &lt;i&gt;(sedem, sacerdotes, Anania)&lt;/i&gt;. Le motif [5c] est bien plus fr&#233;quent puisqu'il appara&#238;t dans chaque intonation du verset (formule A : &lt;i&gt;Benedicite&lt;/i&gt;). Toutefois, on peut observer que l'encha&#238;nement &lt;i&gt;la-si-la-SOL&lt;/i&gt; ne correspond pas &#224; la m&#234;me notation neumatique. Le premier est not&#233; par un &lt;i&gt;podatus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si &lt;/i&gt; et deux &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;, le second par un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si-la&lt;/i&gt; suivi d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;SOL&lt;/i&gt;. Cette variation refl&#232;te sans doute des subtilit&#233;s d'ex&#233;cution qu'il est malheureusement difficile d'estimer aujourd'hui. Enfin, le motif [5d] marque la chute de la cadence m&#233;diane (formule [F] : &lt;i&gt;Domini Domino&lt;/i&gt;). Elle a donc un r&#244;le particulier dans la segmentation rythmique puisqu'elle permet de d&#233;limiter ce qui rel&#232;ve du verset et du refrain. De plus, en d&#233;pit de son ampleur, sa notation est tr&#232;s condens&#233;e. Le copiste a utilis&#233; un groupe neumatique compos&#233; d'une &lt;i&gt;cliuis &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-SOL&lt;/i&gt; &#224; laquelle est accol&#233; un &lt;i&gt;torculus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;la-si-la&lt;/i&gt;. Les deux notes finales sont enfin d&#233;tach&#233;es de cet ensemble par deux &lt;i&gt;punctum&lt;/i&gt;. Le troisi&#232;me motif conclusif [6] int&#232;gre le motif [3b] &#233;voqu&#233; plus haut. Dans une premi&#232;re variante, le motif [3b] est pr&#233;c&#233;d&#233; d'un &lt;i&gt;punctum &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do &lt;/i&gt; et suivi d'un &lt;i&gt;climacus &lt;/i&gt; sur &lt;i&gt;do-si-la&lt;/i&gt; ; il peut ainsi correspondre &#224; une syllabe tonique mais aussi &#234;tre ex&#233;cut&#233; sur une syllabe atone. Cette discordance entre dynamique verbale et dynamique m&#233;lodique s'explique par la fonction m&#234;me de ce motif qui a davantage pour vocation de marquer une ponctuation que de signaler un accent verbal. Une variante de ce motif peut &#234;tre relev&#233;e. Elle est suivie du motif [4], ce qui signifie que c'est le couplage de ces deux motifs qui forment &#224; proprement parler la ponctuation :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH291/figure33-9f285.jpg?1722313825' width='500' height='291' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le motif [6b]+[4] occupe une place essentielle : il marque la chute de l'intonation du refrain et de la cadence finale. Par cons&#233;quent, bien que ces deux formules soient distinctes (formules [G] et [J]), elles s'ach&#232;vent sur le m&#234;me motif &#8212; proc&#233;d&#233; qui renforce la coh&#233;sion du refrain.
Au terme de cette analyse, on parvient &#224; la segmentation suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH80/figure41-c6df1.jpg?1722313825' width='500' height='80' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les motifs conclusifs permettent de souligner l'architecture d'ensemble de la strophe (verset + refrain). Dans chacune de ces deux parties, les motifs suivent une ligne m&#233;lodique diff&#233;rente. Par ailleurs, ils sp&#233;cifient le niveau hi&#233;rarchique du segment dont ils marquent la ponctuation. Le verset n'est constitu&#233; que d'une seule unit&#233; s&#233;mantique et syntaxique (section), d&#233;coup&#233;e en cellules successives, dont le nombre varie en fonction du texte. La structure reste toutefois stable : l'intonation et la cadence m&#233;diane s'ach&#232;vent sur un motif sp&#233;cifique, susceptible de les mettre parfaitement en &#233;vidence. Le refrain se compose de deux sections, correspondant aux deux injonctions successives : &lt;i&gt;Hymnum dicite, superexaltate&lt;/i&gt;. Notons pour cette seconde section que les cellules internes (&lt;i&gt;eum &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;in&lt;/i&gt;) ne sont d&#233;limit&#233;es par aucun motif conclusif propre mais uniquement par la ligne m&#233;lodique dont la r&#233;p&#233;tition indique le caract&#232;re formulaire. En revanche, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; soulign&#233;, les deux segments plac&#233;s aux extr&#233;mit&#233;s s'ach&#232;vent sur le m&#234;me motif conclusif, ce qui permet de circonscrire le refrain dans un cadre parfaitement d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En d&#233;pit d'un caract&#232;re plus orn&#233;, la m&#233;lodie milanaise nourrit de nombreux points de contact avec la m&#233;lodie b&#233;n&#233;ventaine. &#192; cet &#233;gard, le dialogue entre ces deux r&#233;gions d'Italie ne fait gu&#232;re de doutes. Tout d'abord, dans les deux versions, les syllabes toniques sont soulign&#233;es par des emphases m&#233;lodiques marqu&#233;es par une tension vocale accrue et un groupement neumatique caract&#233;ristique. Par ailleurs, les strophes suivent le m&#234;me fonctionnement binaire. La fin du verset est signal&#233;e par un motif conclusif sp&#233;cifique, tant du point de vue de sa ligne m&#233;lodique que de sa modalit&#233;. Notons &#224; cet &#233;gard que ce motif permet d'appuyer le jeu phonique &lt;i&gt;Domini Domino / Domini Dominum&lt;/i&gt;, alors m&#234;me que syntaxiquement le g&#233;nitif fonctionne avec ce qui pr&#233;c&#232;de. Ensuite, le refrain dans les deux versions est nettement d&#233;limit&#233; par l'acclamation finale &lt;i&gt;Amen&lt;/i&gt;, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; chaque strophe. Ainsi, malgr&#233; la multiplicit&#233; des ornements et des arabesques vocales, la dynamique verbale et la segmentation rythmique sont des param&#232;tres d&#233;terminants dans l'architecture du cantique tel qu'il &#233;tait ex&#233;cut&#233; &#224; B&#233;n&#233;vent et &#224; Milan.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	L'analyse comparative de la &lt;i&gt;lectio cum cantico&lt;/i&gt; de Daniel dans les versions de Milan et de B&#233;n&#233;vent a permis de mettre en &#233;vidence des principes g&#233;n&#233;raux qui gouvernent le rythme musical &#224; la fois dans le r&#233;citatif et dans le cantique. Cette analyse empirique n'a pas pour vocation d'&#233;tablir des lois universelles et il est certain que la m&#233;thode d'analyse par segmentation m&#233;riterait d'&#234;tre confront&#233;e &#224; un plus grand nombre de pi&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est ainsi apparu que dans les portions de r&#233;citatif, c'est-&#224;-dire dans la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt; et les antiennes d'introduction et de conclusion, la m&#233;lodie est largement d&#233;termin&#233;e par la dynamique verbale. Plus pr&#233;cis&#233;ment, dans la mesure o&#249; la m&#233;lodie reste syllabique et ne s'&#233;tend que sur un &lt;i&gt;ambitus&lt;/i&gt; restreint, la donn&#233;e primordiale reste le texte. Chaque mot peut &#234;tre ais&#233;ment d&#233;limit&#233; par le chantre et l'auditoire. Par ailleurs, les grandes unit&#233;s de la m&#233;lodie correspondent aux unit&#233;s s&#233;mantiques et syntaxiques du discours : cellules, sections et s&#233;quences. Ces segments sont distingu&#233;s les uns des autres par des charni&#232;res correspondant &#224; des motifs m&#233;lodiques sp&#233;cifiques. Toutefois, le fonctionnement de la segmentation et les r&#232;gles de la syntaxe peuvent entrer en conflit ; le cas s'est pr&#233;sent&#233; dans chacun des exemples analys&#233;s. Le regroupement expressif de certains mots permet ainsi au texte biblique chant&#233; de s'enrichir d'un sens nouveau, fond&#233; sur l'ex&#233;g&#232;se. Dans le cantique, l'analyse du rythme a permis de confirmer le regroupement g&#233;ographique de ces deux versions. Le rythme de ces m&#233;lodies refl&#232;te indubitablement un souci pour la dynamique verbale. N&#233;anmoins, l'accentuation de &lt;i&gt;Benedicite, Benedicamus&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;dicite &lt;/i&gt; pose un probl&#232;me ; la structure m&#233;lodique tendrait &#224; montrer qu'il y a eu d&#233;placement d'accent dans la version milanaise. &#192; cet &#233;gard, l'analyse du chant chr&#233;tien m&#233;di&#233;val s'av&#232;re un outil utile dans l'&#233;tude de l'&#233;volution de la langue latine et pourrait &#234;tre conjugu&#233;e &#224; des &#233;tudes proprement linguistiques. Par ailleurs, la prise en compte de la dynamique verbale dans le rythme du cantique s'effectue &#224; l'&#233;chelle du mot, mais surtout &#224; l'&#233;chelle de la formule m&#233;lodique (module correspondant &#224; une unit&#233; phrastique). Par cons&#233;quent, la tension vocale et les m&#233;lismes ne touchent pas seulement les syllabes accentu&#233;es, mais peuvent &#233;galement contribuer au mouvement ascendant qui m&#232;ne jusqu'au sommet m&#233;lodique. Les m&#233;lismes peuvent m&#234;me affecter une d&#233;sinence lorsqu'ils ont valeur de ponctuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au-del&#224; de cette distinction, sans doute trop cat&#233;gorique, entre rythme d&#233;clam&#233; et rythme chant&#233;, entre &lt;i&gt;oratio soluta&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;, se pose la question &#233;pineuse de l'ex&#233;cution, des choix op&#233;r&#233;s par le chantre et constitutifs du rythme. De fait, depuis Antiquit&#233;, le rythme se caract&#233;rise par la libert&#233; qu'il laisse &#224; l'ex&#233;cutant, alors que le m&#232;tre impose un cadre strict qui ne tol&#232;re pas d'&#233;carts. La fixation par &#233;crit de ce r&#233;pertoire ne doit donc pas faire oublier que les chantres du haut Moyen &#194;ge poursuivaient un id&#233;al &#171; extraordinairement po&#233;tique, aux confins de l'impossible, [qui] revenait &#224; souhaiter noter la musique tout en lui gardant souplesse et &lt;i&gt;rubato &lt;/i&gt; et qui, par l&#224; m&#234;me, remettrait en cause la r&#233;gularit&#233; m&#233;trique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;COLETTE et al. (2003 : 46).&#034; id=&#034;nh2-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Bien qu'il soit difficile de saisir pr&#233;cis&#233;ment comment cet id&#233;al pouvait se mat&#233;rialiser, il est clair que les charni&#232;res devaient absolument &#234;tre mises en &#233;vidence. Ce proc&#233;d&#233;, stipul&#233; par l'&#233;loquence latine et visiblement repris dans l'art chr&#233;tien, est en r&#233;alit&#233; corr&#233;l&#233; au contexte d'oralit&#233; : outil d'une communication efficace, il a &#233;galement une fonction mn&#233;monique &#233;vidente, puisqu'il permet aussi bien &#224; l'ex&#233;cutant qu'&#224; l'auditeur de m&#233;moriser la m&#233;lodie et le discours qu'elle porte. Rappelons ainsi que pour Quintilien, &#171; ce sont les d&#233;buts et les clausules qui ont le plus d'importance, c'est-&#224;-dire &#224; chaque fois que le sens commence et s'ach&#232;ve &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., 9, 4, 67 : Initia clausulaeque plurimum momenti habent, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette perspective, le chant chr&#233;tien en tant que discours exploite, dans une certaine limite, les ressources qui ont fait leur preuve des si&#232;cles plus t&#244;t dans l'art oratoire latin.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;JAMS : Journal of the American Musicological Society&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;MTS : Music Theory Spectrum&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PL : Patrologia Latina&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;PM : Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Antiphonale ambrosianum,&lt;/i&gt; London, British Library, add. 34209, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1972 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 5-6) [1896].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graduel de B&#233;n&#233;vent, Biblioth&#232;que Capitulaire, cod. VI 40, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1971 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 14) [1931].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rome, Biblioth&#232;que Vaticane, cod. 10673, &#233;d. R. J. HESBERT, Solesmes, 1971 (&lt;i&gt;Les principaux manuscrits de chant gr&#233;gorien, ambrosien, mozarabe et gallican, PM&lt;/i&gt;, t. 14) [1931].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aribon, &lt;i&gt;De musica&lt;/i&gt; (Arib. &lt;i&gt;Mus&lt;/i&gt;.), &#233;d. J. SMITS VAN WAESBERGHE, Rome, 1951 (&lt;i&gt;Corpus scriptorum de musica&lt;/i&gt;, vol. 2), p. 1-72.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augustin, &lt;i&gt;Enarrationes in Psalmos&lt;/i&gt; 1 79 (Aug. &lt;i&gt;Enar. Ps.&lt;/i&gt;), &#233;d. P. MIGNE, &lt;a href=&#034;http://www.documentacatholicaomnia.eu/1815-1875,_Migne,_Patrologia_Latina_01._Rerum_Conspectus_Pro_Tomis_Ordinatus,_MLT.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.documentacatholicaomnia.eu/1815-1875,_Migne,_Patrologia_Latina_01._Rerum_Conspectus_Pro_Tomis_Ordinatus,_MLT.html&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;PL&lt;/i&gt;, vol. 36), col. 67 1027.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gui d'Arezzo, &lt;i&gt;Micrologus&lt;/i&gt; (Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;.), &#233;d. J. SMITS VAN WAESBERGHE, Nijmegen, 1955.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quintilien, &lt;i&gt;Institution Oratoire&lt;/i&gt; (Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;.), &#233;d. M. WINTERBOTTOM, Oxford, 1970.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
APEL, W. (1958), &lt;i&gt;Gregorian Chant&lt;/i&gt;, Bloomington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BASTIAENSEN, A. R. (1989), &#171; Psalmi, hymni and cantica in early Jewish-Christian tradition &#187;, &lt;i&gt;Studia patristica&lt;/i&gt;, 21, p. 15-26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERNARD, Ph. (1993), &#171; Le cantique des trois enfants et les r&#233;pertoires liturgiques dans l'Antiquit&#233; tardive et le haut Moyen-&#194;ge &#187;, &lt;i&gt;Musica e storia&lt;/i&gt;, 1, p. 231-272.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COLETTE, M.-N., POPIN, M. et VENDRIX, Ph. (2003), &lt;i&gt;L'histoire de la notation du Moyen-&#194;ge &#224; la Renaissance&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAVID, L. (1933), &lt;i&gt;Le rythme verbal et musical dans le chant romain&lt;/i&gt;, Ottawa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FERRETTI, P. (1938), &lt;i&gt;Esth&#233;tique gr&#233;gorienne&lt;/i&gt;, Solesmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GRELOT, P. (1966), &#171; Les versions grecques de Daniel &#187;, &lt;i&gt;Biblica&lt;/i&gt;, 47, p. 381-402.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HILEY, D. (1993), &lt;i&gt;Western Plainchant&lt;/i&gt;, a Handbook, Oxford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUGLO, M. (1985), &#171; L'ancien chant b&#233;n&#233;ventain &#187;, &lt;i&gt;Ecclesia Orans&lt;/i&gt;, 2, p. 265-293.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KELLY, T. F. (1986), &#171; Beneventan and Milanese chant &#187;, &lt;i&gt;Journal of the Royal Musical Association&lt;/i&gt;, 112, p. 173 195.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KELLY, T. F. (1989), &lt;i&gt;The Beneventan Chant&lt;/i&gt;, Cambridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEVY, K. (1990), &#171; On Gregorian Orality &#187;, &lt;i&gt;JAMS&lt;/i&gt;, 43, p. 185-227.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MC GEE T. J., RIGG, G., KLAUSNER D. N. N. (1996), &lt;i&gt;Singing Early Music : The Pronunciation of European Languages in the Late Middle Ages and Renaissance&lt;/i&gt;, Bloomington (In.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MATHIESEN T. J. (1985), &#171; Rhythm and Meter in Ancient Greek Music &#187;, &lt;i&gt;MTS&lt;/i&gt;, 7, p. 159-180.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOCQUEREAU, A. (1927), &lt;i&gt;Le Nombre musical gr&#233;gorien ou rythmique gr&#233;gorienne : th&#233;orie et pratique&lt;/i&gt;, Rome, Tournai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STEINER, R. (1982), &#171; The Canticle of the three children as a chant of the Roman mass &#187;, &lt;i&gt;Annales suisses de musicologie&lt;/i&gt;, 2, p. 81-90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;STEVENS, J. (2008), &lt;i&gt;Words and Music in the Middle Ages. Song, narrative, dance and drama&lt;/i&gt;, 1050-1350, Cambridge [1986].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TREITLER, L. (1984), &#171; Reading and Singing : on the genesis of occidental music-writing &#187;, &lt;i&gt;Early Music History&lt;/i&gt;, 4, p. 135-208.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VOLLAERTS J. W. A. (1922), &lt;i&gt;Rythme gr&#233;gorien et th&#233;oriciens m&#233;di&#233;vaux&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WAGNER, P. (1921),&lt;i&gt; Einf&#252;hrung in die gregorianischen Melodien&lt;/i&gt;, Leipzig [1907].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un &#233;tat de la question, voir BERNARD (1993 : 233).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir PM 14, 1971, p. 316-319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BASTIAENSEN (1989 :15-17) ; BERNARD (1993, p. 231).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Enarr. Ps., PL&lt;/i&gt; 37, 1948 : &lt;i&gt;Laus ergo Dei in cantico, hymnus dicitur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 236).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 232).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir HILEY (1993 : 287 288).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 5, 1972, p. 130.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 6, 1972, p. 296-298.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 14-15 ; 58-59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 272 ; 318 ; 320-321.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 234).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Hieron. &lt;i&gt;In Dan&lt;/i&gt;., &lt;i&gt;PL&lt;/i&gt; 28, 1291. Voir GRELOT (1966 : 382).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir GRELOT (1966 : 381).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BERNARD (1993 : 245).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;STEVENS (2008 : 281-283).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;STEVENS (2008 : 279) : &#171; The relationship between words and music is not a matter of individual creative attention so much as of convention &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir WAGNER (1921 : 111) ; STEVENS (2008 : 279-280).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir FERRETTI (1938 : 14-16) ; APEL (1958 : 279) ; STEVENS (2008 : 278).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;., 15, 168 ; 171.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Guid. Aret. &lt;i&gt;Micr&lt;/i&gt;., 15, 164-165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arib. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt; 49 : &lt;i&gt;Antiquitus fuit magna circumspectio non solum cantus inuentoribus, sed etiam ipsis cantoribus, ut quidlibet proportionaliter et inuenirent et canerent. Quae consideratio iam dudum obiit, immo sepulta est&lt;/i&gt;. Sur ce texte, voir STEVENS (2008 : 276).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir TREITLER (1984 : 352-353).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 320-323.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;FERRETTI (1938 : 216).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 231-272).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir HILEY (1993 : 96 98).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 271-272. Restitution fond&#233;e sur le &lt;i&gt;Vat.lat. 10673&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Lucques 606&lt;/i&gt;. Voir &lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 273.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le caract&#232;re syllabique est d&#233;fini comme l'application d'un neume par syllabe. Il s'agit du caract&#232;re le plus simple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;BERNARD (1993 : 231-272).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 319.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;PM&lt;/i&gt; 14, 1971, p. 322-323.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; ce titre, nous d&#233;plorons la terminologie employ&#233;e dans la &lt;i&gt;Pal&#233;ographie Musicale&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;PM &lt;/i&gt; 14, 1971, p. 322-323). En effet, les qualificatifs &lt;i&gt;dactyle &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;spond&#233;e &lt;/i&gt; y d&#233;signent les sch&#233;ma proparoxyton et paroxyton. La confusion entre les param&#232;tres quantitatifs et accentuels est &#224; notre sens dommageable car les quantit&#233;s classiques n'ont aucun r&#244;le dans la structure m&#233;lodique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir KELLY (1989 : 109).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir KELLY (1989 : 98).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;COLETTE &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; (2003 : 46).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 67 : &lt;i&gt;Initia clausulaeque plurimum momenti habent, quotiens incipit sensus aut desinit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rythme, plaisir de l'&#233;coute et conversion chez Augustin
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article715</link>
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		<dc:date>2013-01-15T20:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
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&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : La pr&#233;dication d'Augustin est l'h&#233;riti&#232;re de l'&#233;loquence classique ; mais elle inaugure aussi de nouvelles m&#233;thodes de communication. Suivant les principes cic&#233;roniens, Augustin est particuli&#232;rement conscient de la force persuasive des rythmes, des intonations et des gestes. Selon la doctrine classique, lorsque ceux-ci sont appropri&#233;s, l'orateur est en mesure de fl&#233;chir les croyances et les &#233;motions de l'auditoire, lettr&#233; ou illettr&#233;. N&#233;anmoins, l'intentionnalit&#233; propre au sermon (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;Premi&#232;re journ&#233;e d'&#233;tudes RHUTHMOS
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La d&#233;finition augustinienne du rythme&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;La d&#233;finition augustinienne du rythme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le plaisir de l'&#233;coute&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Le plaisir de l'&#233;coute&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Rythme et conversion dans le sermon&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Rythme et conversion dans le sermon&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;/strong&gt; La pr&#233;dication d'Augustin est l'h&#233;riti&#232;re de l'&#233;loquence classique ; mais elle inaugure aussi de nouvelles m&#233;thodes de communication. Suivant les principes cic&#233;roniens, Augustin est particuli&#232;rement conscient de la force persuasive des rythmes, des intonations et des gestes. Selon la doctrine classique, lorsque ceux-ci sont appropri&#233;s, l'orateur est en mesure de fl&#233;chir les croyances et les &#233;motions de l'auditoire, lettr&#233; ou illettr&#233;. N&#233;anmoins, l'intentionnalit&#233; propre au sermon augustinien, qui a pour objectif &#224; la fois de convertir et de prescrire par le biais d'une le&#231;on salutaire, mais aussi le contexte linguistique et culturel de l'Afrique tardive, modifient profond&#233;ment les paradigmes de la musicalit&#233; oratoire, notamment rythmiques. D&#232;s lors, comment Augustin parvient-il &#224; concilier les exigences esth&#233;tiques de l'art oratoire, en particulier l'usage du &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, et la n&#233;cessit&#233; d'&#233;mettre un discours compr&#233;hensible par tous ? Dans quelle mesure les choix rythmiques dans les sermons d'Augustin illustrent-ils ce mouvement dialectique qui entrelace tradition et mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Augustin est sans doute l'une des figures qui a marqu&#233; le plus la pr&#233;dication chr&#233;tienne tardive et m&#233;di&#233;vale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Br&#252;nholzl, F., Histoire de la litt&#233;rature latine au Moyen-&#194;ge (vol. I, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. V&#233;ritable cha&#238;non entre Antiquit&#233; et Moyen-&#194;ge, il a inaugur&#233; un nouveau mode de communication, soucieux de ce que l'on appelle aujourd'hui la &#171; pragmatique &#187; du discours. Cette conscience extraordinaire de la n&#233;cessit&#233; d'adapter son &#233;nonc&#233; et son &#233;nonciation au profil socio-culturel de l'auditoire est ancr&#233;e dans une connaissance approfondie des techniques relevant &#224; la fois du discours et du chant. Augustin est en effet l'auteur de trait&#233;s relevant de la pr&#233;dication (notamment le livre IV du &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;) et de la musique (le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; qui n'est pas, comme on le lit parfois, un trait&#233; de m&#233;trique). On ne s'&#233;tonne pas, d&#232;s lors, que l'approche augustinienne du rythme soit nourrie de concepts oratoires et musicaux ; c'est justement ce choix &#233;pist&#233;mologique et spirituel qui m'int&#233;resse ici : quelle fonction le rythme, con&#231;u comme un outil musical et oratoire, tient-il dans la s&#233;miotique augustinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De fait, pour Augustin, les signes produits par la voix et les gestes &lt;i&gt;(signa)&lt;/i&gt;, autrement dit, les syst&#232;mes s&#233;miotiques incluant les signes linguistiques et corporels, r&#233;v&#232;lent une r&#233;alit&#233; qui existe par elle-m&#234;me, la seule &#224; ne pas &#234;tre signe : Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Doctr. Chr., II, 3, 1 ; II, 3, 20 ; De Trin., XV, 10, 80 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Le signe est une chose qui nous fait penser &#224; quelque chose au-del&#224; de l'impression que la chose m&#234;me fait sur nos sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., II, 1, 1 : Signum est enim res praeter speciem, quam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces signes sont imparfaits car ils se d&#233;roulent n&#233;cessairement suivant la ligne du temps, alors que l'esprit peut concevoir la r&#233;alit&#233; de fa&#231;on imm&#233;diate, par l'inspiration et la fulgurance. D'autre part, ces signes sont relatifs puisqu'ils sont d&#233;pendants des syst&#232;mes linguistiques et culturels ; Augustin donne l'exemple des noms qui d&#233;signent Dieu en grec, en latin et en punique. Chacun de ces noms est diff&#233;rent ; pourtant, la r&#233;alit&#233; est la m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je comprends, je veux que mon auditeur le comprenne, et je sens que je ne parle pas de fa&#231;on &#224; r&#233;ussir. Cela tient surtout &#224; ce que l'intuition inonde l'esprit comme d'une fulguration soudaine, alors que l'&#233;locution est longue, lente et fort diff&#233;rente. Et, tandis que celle-ci se d&#233;roule, celle-l&#224; s'est d&#233;j&#224; cach&#233;e dans sa retraite. Toutefois, l'intuition grave dans la m&#233;moire, de fa&#231;on &#233;tonnante, certaines empreintes qui subsistent au cours des br&#232;ves &#233;missions des syllabes ; et ce sont ces empreintes qui nous servent &#224; fa&#231;onner les signes sonores qui forment ce que nous appelons une langue, latine, grecque, h&#233;bra&#239;que ou autre &#8212; que ces signes soient seulement pens&#233;s ou qu'ils soient aussi prof&#233;r&#233;s oralement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Cat. rud., 2, 3 : Totum enim quod intellego uolo ut qui me audit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la s&#233;miotique augustinienne est syst&#233;matiquement associ&#233;e aux probl&#232;mes pos&#233;s par la communication et la pragmatique. Augustin distingue donc les empreintes &lt;i&gt;(uestigia)&lt;/i&gt; laiss&#233;es par le Verbe pr&#233;linguistique, et les signes &lt;i&gt;(signa)&lt;/i&gt; intentionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augustin fait la distinction entre signes naturels (la fum&#233;e d'un feu) et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui expriment ce Verbe. Les signes sont imparfaits, mais n&#233;cessaires pour la diffusion du Verbe divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Trin., XV, 10, 19.&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, dans le cadre particulier de la parole chr&#233;tienne (sermon ou chant), cette s&#233;miotique suppose que Dieu peut se r&#233;v&#233;ler dans le discours selon deux modalit&#233;s distinctes : l'inspiration, y compris &#224; l'insu du locuteur, et les techniques oratoires ou musicales, apprises par ce m&#234;me locuteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Doctr. Chr., I, 11, 11 ; 12, 11 ; Cameron, A., Christianity and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La d&#233;finition augustinienne du rythme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e principale qui surplombe la th&#233;orie augustinienne du rythme musical est issue de la th&#233;orie n&#233;oplatonicienne : la musique humaine est un reflet imparfait de la musique divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Spitzer, L., Classical and Christian Ideas of World Harmony. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette id&#233;e est ais&#233;ment transf&#233;r&#233;e dans la culture chr&#233;tienne, notamment par Orig&#232;ne dans le &lt;i&gt;Trait&#233; des Principes&lt;/i&gt;. Dieu organise et synth&#233;tise la diversit&#233; de la mati&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orig. Pr., 2, 1, 1 3.&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chez Augustin, en particulier dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, la cr&#233;ation divine peut se d&#233;finir comme l'application de nombres &#224; la mati&#232;re ; en r&#233;sultent les proportions et la beaut&#233; du monde. Par cons&#233;quent, le nombre se dote d'une dimension sacr&#233;e, puisqu'il est &#224; la fois un principe &#224; l'origine de la vie et partie prenante de cette vie. Suivant cette perspective, le rythme se r&#233;v&#232;le comme une modalit&#233; sp&#233;cifique de l'interaction entre le nombre et l'&#234;tre. De la m&#234;me fa&#231;on qu'un musicien pr&#233;voit ce qu'il va interpr&#233;ter, en particulier les intervalles m&#233;lodiques et duratifs qu'il va employer, Dieu, pour Augustin, dispose selon sa volont&#233; les &#234;tres et les choses du monde &#224; la fois dans l'espace et dans le temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce point Spitzer, 1963, p. 31 ; Madec, G., Lectures augustiniennes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette disposition s'op&#232;re selon le respect des rapports arithm&#233;tiques, identifi&#233; par Augustin comme l'eurythmie &lt;i&gt;(numerositas)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 12, 36 ; 13, 38.&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est dans ce cadre qu'Augustin &#233;tablit une hi&#233;rarchie des diff&#233;rents rythmes, selon le param&#232;tre de la temporalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 4, 6.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les rythmes immuables et &#233;ternels &#233;manent de Dieu, tandis que les rythmes humains n'ont d'existence qu'au moment o&#249; l'homme les produit et les per&#231;oit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 4, 5.&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les rythmes humains sont &#233;ph&#233;m&#232;res, semblables &#224; la trace laiss&#233;e par une pierre jet&#233;e dans l'eau, qui appara&#238;t bri&#232;vement pour dispara&#238;tre &#224; jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 2, 3.&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'inverse, les rythmes divins sont &#233;ternels, comme celui qui les produit, et peuvent exister ind&#233;pendamment des sens humains : ils sont l&#224;, m&#234;me quand personne ne les entend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 2, 3.&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Augustin mentionne n&#233;anmoins une cat&#233;gorie interm&#233;diaire de rythmes : les rythmes sp&#233;culatifs &lt;i&gt;(numeri iudicales)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 6, 16 ; 6, 7, 17.&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceux-ci prennent leur source dans l'&#226;me ; ainsi, m&#234;me humains, ils sont &#233;ternels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 7, 17.&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils ne d&#233;pendent pas des sens, mais de la raison : par une op&#233;ration intellectuelle qui tend &#224; d&#233;tacher l'homme de la mati&#232;re et &#224; r&#233;duire la diversit&#233; &#224; l'unit&#233;, la raison produit ces rythmes sp&#233;culatifs. Or, pour Augustin, le v&#233;ritable but poursuivi par l'apprentissage de la musique, dont on suit le cheminement &#224; travers le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, est la facult&#233; d'appr&#233;hender ces rythmes sp&#233;culatifs, pr&#233;ambule &#224; la contemplation des rythmes proprement divins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 1, 1.&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une fois cette hi&#233;rarchie pos&#233;e, Augustin reprend &#224; son compte des th&#233;ories rythmiques antiques. Comme Cic&#233;ron et Quintilien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Cic. Or., 194 ; Quint. Inst., IX, 4, 48.&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il distingue notamment le rythme du m&#232;tre au d&#233;but du livre III du &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;D : Tu as dit que la diff&#233;rence entre le rythme et le m&#232;tre &#233;tait que dans le rythme, l'assemblage de pieds n'a pas de fin d&#233;termin&#233;e, alors qu'il en a une dans le m&#232;tre. Ainsi, cet assemblage de pieds dont tu parles est appr&#233;hend&#233; comme tenant du rythme et du m&#232;tre. N&#233;anmoins, dans le premier il est infini, dans le second fini.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., III, 7, 15 : D. Quia inter rhythmum et metrum hoc interesse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le rythme fournit donc la base sur laquelle peut venir se greffer le m&#232;tre chant&#233; ou jou&#233;. Augustin prend l'exemple des percussionnistes, joueurs de &lt;i&gt;scabellum &lt;/i&gt; et de cymbales, qui donnent une battue r&#233;guli&#232;re dont la fin n'est pas d&#233;termin&#233;e ; la m&#233;lodie jou&#233;e par les &lt;i&gt;tibiae&lt;/i&gt; est donc n&#233;cessaire pour dessiner les contours et poser une fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., III, 1, 1.&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend d&#232;s lors la fameuse formule : &#171; Tout m&#232;tre est un rythme mais tout rythme n'est pas un m&#232;tre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., III, 1, 2 : Omne metrum rhythmus, non omnis rhythmus etiam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#232;tre est un rythme contraint, soumis &#224; des sch&#233;mas fixes et d&#233;limit&#233;s. Le rythme peut, en revanche, se d&#233;rouler &#224; l'infini, en toute libert&#233;. Augustin rel&#232;ve une autre diff&#233;rence fondamentale entre rythme et m&#232;tre. Il sp&#233;cifie que le rythme est fond&#233; sur les temps, le m&#232;tre sur les syllabes. D&#232;s l'origine, cette distinction avait pour vocation de s&#233;parer nettement la rythmique de la m&#233;trique ; cet antagonisme prend une signification particuli&#232;re &#224; l'&#233;poque d'Augustin, qui conna&#238;t des &#233;volutions linguistiques d&#233;terminantes dans le passage du latin classique au latin tardif. Comme je l'ai montr&#233; ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formarier, M., &#171; Afrae aures de correptione uocalium uel productione non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Africains perdent progressivement la facult&#233; de d&#233;terminer si telle ou telle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve en fonction des r&#232;gles classiques ; ce qui ne signifie pas qu'ils sont incapables de faire la diff&#233;rence entre une syllabe longue et une syllabe br&#232;ve, comme on a pu le lire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Lancel, S., &#171; La fin et la survie de la latinit&#233; en Afrique du Nord : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce contexte linguistique en mutation permet d'&#233;clairer la distinction op&#233;r&#233;e par Augustin entre rythmique et m&#233;trique, entre musicien et grammairien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si l&#224; o&#249; il faut deux longues, tu places un mot dont tu prononces la premi&#232;re br&#232;ve comme une longue, alors la musique ne s'irritera en rien du tout. Car les temps ex&#233;cut&#233;s par la voix parviennent aux oreilles selon les exigences du rythme. Le grammairien au contraire demandera que cela soit corrig&#233;, et voudra que tu places un mot dont la premi&#232;re syllabe est n&#233;cessairement allong&#233;e, en fonction de l'autorit&#233; des Anciens, comme on dit, dont le grammairien garde les &#233;crits.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., II, 1, 1 : Nam si eo loco ubi duas longas syllabas poni decet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le Ma&#238;tre explique la diff&#233;rence entre rythme et m&#232;tre en prenant un exemple concret : le musicien &lt;i&gt;(musicus)&lt;/i&gt;, sp&#233;cialiste de la th&#233;orie des rythmes et des modes, et le grammairien &lt;i&gt;(grammaticus)&lt;/i&gt;, gardien de l'autorit&#233; des classiques, adoptent deux positionnements contradictoires face au probl&#232;me relev&#233; dans ce passage. Pour le grammairien, la priorit&#233; est la correction des quantit&#233;s et le respect des sch&#233;mas m&#233;triques classiques ; pour le musicien, il s'agit avant tout de respecter la mesure musicale, d&#233;termin&#233;e par le nombre de temps. Le Ma&#238;tre fait une exp&#233;rience comparable avec le Disciple. Il r&#233;cite plusieurs fois le premier vers de l'&lt;i&gt;&#201;n&#233;ide &lt;/i&gt; en modifiant la fin :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M. Voici &#224; pr&#233;sent ma question : le son des vers te transporte-t-il parfois et son &#233;coute te procure-t-elle alors du plaisir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Oui, tr&#232;s souvent, &#224; tel point que je ne saurais &#233;couter un vers sans &#234;tre charm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Si, dans un vers dont l'&#233;coute te charme, on allonge ou bien on abr&#232;ge des syllabes l&#224; o&#249; le syst&#232;me de ce m&#234;me vers ne le r&#233;clame pas, peux-tu &#234;tre charm&#233; de la m&#234;me fa&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Non, je ne peux &#233;couter ce vers sans &#234;tre choqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Donc, sans aucun doute, dans le son dont tu dis qu'il te charme, c'est une certaine mesure des rythmes qui te charme ; si elle est rompue, ce charme ne peut atteindre tes oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Maintenant, dis-moi quel son ce vers procure et ce qui diff&#232;re lorsque je dis &lt;i&gt;Arma uirumque cano, Troiae qui primus ab oris et qui primis ab oris.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Pour moi, l'un et l'autre sonnent, puisqu'ils respectent cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. En fait, cela est d&#251; &#224; ma prononciation, &#224; une erreur que les &lt;i&gt;grammatici &lt;/i&gt; appellent &#171; barbarisme &#187; : &lt;i&gt;primus &lt;/i&gt; est constitu&#233; d'une longue et d'une br&#232;ve, alors que dans &lt;i&gt;primis&lt;/i&gt;, les deux syllabes doivent &#234;tre allong&#233;es. Mais comme j'ai abr&#233;g&#233; la derni&#232;re, tes oreilles n'ont eu &#224; tol&#233;rer aucune infraction rythmique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Musica, II, 2, 2 : M. Quare illud nunc quaero, utrum sonus uersuum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien qu'il ait re&#231;u l'enseignement du &lt;i&gt;grammaticus&lt;/i&gt;, le Disciple per&#231;oit les vers de mani&#232;re intuitive. Dans le premier vers de l'&lt;i&gt;&#201;n&#233;ide&lt;/i&gt;, il n'est certes pas capable de d&#233;terminer si telle ou telle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve selon les normes de la langue classique, mais il &#233;value les quantit&#233;s de l'hexam&#232;tre en fonction du nombre de temps que chaque mesure doit comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;1) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#365;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#301;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#299;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'adjectif &lt;i&gt;primus &lt;/i&gt; suivi de la pr&#233;position &lt;i&gt;ab &lt;/i&gt; constitue l'avant-derni&#232;re mesure de l'hexam&#232;tre (configuration 1). Le Ma&#238;tre remplace &lt;i&gt;pr&#299;m&#365;s &lt;/i&gt; par &lt;i&gt;pr&#299;m&#301;s &lt;/i&gt; (configuration 2) en op&#233;rant un barbarisme : la syllabe -&lt;i&gt;is &lt;/i&gt; doit normalement &#234;tre longue. Mais comme la structure rythmique est maintenue, le Disciple consid&#232;re que ce vers &#171; sonne &#187; comme l'original. En revanche, si le Ma&#238;tre r&#233;tablit la bonne quantit&#233; &lt;i&gt;pr&#299;m&#299;s &lt;/i&gt; (configuration 3), le Disciple per&#231;oit ce vers comme d&#233;fectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette exp&#233;rience permet au lecteur du &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; d'identifier les processus cognitifs et &#233;motionnels qui d&#233;terminent, chez un auditeur lambda, la perception du rythme. Le param&#232;tre essentiel n'est plus, comme dans l'Antiquit&#233;, la th&#233;orie linguistique qui d&#233;finit les quantit&#233;s syllabiques, mais la perception intuitive de la mesure et le plaisir qui d&#233;coule du respect de cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le plaisir de l'&#233;coute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir de l'&#233;coute est le fondement de l'enseignement du Ma&#238;tre dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;. Comme on vient de le voir dans l'exemple du premier vers de l'&lt;i&gt;En&#233;ide&lt;/i&gt;, les connaissances acquises chez le &lt;i&gt;grammaticus &lt;/i&gt; et l'&#233;valuation des quantit&#233;s ne sont pas du tout associ&#233;es dans la perception musicale du Disciple. Celui-ci peut rep&#233;rer les diff&#233;rentes dur&#233;es syllabiques dans la conversation, mais ne peut pas les &#233;valuer selon les normes classiques. Dans la parole versifi&#233;e, qu'elle soit chant ou psalmodie, le respect de la mesure lui permet de les rep&#233;rer, mais &#233;galement de les &#233;valuer. &#192; mon sens, Augustin consid&#232;re que les rythmes du discours sont per&#231;us sans qu'aucun jugement axiologique ou esth&#233;tique ne puisse &#234;tre formul&#233;, alors que les rythmes musicaux (dans la parole versifi&#233;e) sont jug&#233;s d'apr&#232;s le sens naturel de la mesure, dont chaque homme, instruit ou non, est dot&#233;. De fait, le respect de la mesure satisfait l'oreille, et c'est ce plaisir auditif qui g&#233;n&#232;re le jugement. Ce plaisir de l'&#233;coute est donc fond&#233; sur une perception intuitive, celle pr&#233;cis&#233;ment de la &lt;i&gt;multitudo &lt;/i&gt; africaine :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M : D'o&#249; vient-il, &#224; ton avis, que la foule sans instruction siffle souvent un joueur de fl&#251;te lorsqu'il joue des notes farfelues ? qu'au contraire elle applaudit un bon chanteur, et que plus le chant est suave, plus sa r&#233;action est forte et pleine de ferveur ? Faut-il vraiment croire que la foule agit ainsi du fait de sa connaissance de la musique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D : Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M : Alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D : &#192; mon avis, c'est la nature qui en est la cause ; elle donne &#224; tous le sens de l'ou&#239;e, qui permet de juger ces choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M : Tu as raison.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., I, 5, 10 : M. Vnde fieri putas, ut imperita multitudo explodat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La perception intuitive est le fait d'auditeurs qui ne connaissent pas les principes musicaux et qui n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; de l'enseignement du &lt;i&gt;musicus&lt;/i&gt;. Le jugement qui en r&#233;sulte &lt;i&gt;(iudicare)&lt;/i&gt; n'est donc pas d&#233;termin&#233; par des processus cognitifs et une connaissance de l'art musical &lt;i&gt;(ars musica)&lt;/i&gt;, mais par la nature &lt;i&gt;(natura)&lt;/i&gt;. Celle-ci donne &#224; tous les hommes la facult&#233; d'appr&#233;cier une musique respectueuse des principes harmoniques et rythmiques en fonction du plaisir &#233;prouv&#233; ou non &#224; l'&#233;coute. Plus le plaisir est grand, meilleur est le jugement, exprim&#233; &#224; travers les cris et les applaudissements. Le Ma&#238;tre d&#233;sapprouve cette perception parce qu'elle n'est pas fond&#233;e sur la raison, ce qui lui conf&#232;re un caract&#232;re versatile. &#192; la perception intuitive de la foule il oppose la perception savante du connaisseur ; celle-ci repose sur une reconnaissance intellectuelle des principes harmoniques et rythmiques, c'est-&#224;-dire des proportions r&#233;sultant de l'application du nombre &#224; la mati&#232;re. On comprend ais&#233;ment que c'est gr&#226;ce &#224; l'apprentissage de ces principes que la perception musicale peut v&#233;ritablement fournir un pr&#233;ambule &#224; la sagesse chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir M&#233;la, Ch., &#171; L'homme musical : Augustin musicien &#187;, dans E. Darbellay (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le plaisir de l'&#233;coute est donc le d&#233;nominateur commun de la perception intuitive et de la perception savante. Dans le premier cas, il est imm&#233;diat ; dans le second, il est le r&#233;sultat d'une compr&#233;hension &#233;clair&#233;e des rapports proportionnels mis en &#339;uvre dans la musique &#224; travers l'harmonie et le rythme, autrement dit, de la beaut&#233; math&#233;matique mat&#233;rialis&#233;e &#224; travers les sons de la voix et de l'instrument, &#224; travers &#233;galement les gestes qui accompagnent la performance. Or, comme le d&#233;montre le dialogue entre le Ma&#238;tre et le Disciple dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, le plaisir de l'&#233;coute (y compris d'un m&#232;tre virgilien) est bien gouvern&#233; par le respect de la mesure musicale et non la connaissance des r&#232;gles linguistiques de la langue classique. La prise en consid&#233;ration de cette r&#233;alit&#233; par Augustin dans sa propre pr&#233;dication d&#233;termine, me semble-t-il, bien des innovations en mati&#232;re de communication : la perception du rythme est d&#233;pendante du profil linguistique de l'auditeur, g&#233;n&#233;ralement incapable de d&#233;terminer quelle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve, mais capable, en revanche, d'appr&#233;cier les contrastes duratifs. Par cons&#233;quent, pour que la s&#233;miotique augustinienne puisse fonctionner, autrement dit, pour que le discours puisse r&#233;v&#233;ler pleinement la r&#233;alit&#233; de Dieu &#224; travers les signes discursifs et gestuels, le pr&#233;dicateur doit avoir une id&#233;e pr&#233;cise des conditions socio-culturelles qui d&#233;terminent la perception du rythme, afin de convertir son auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Rythme et conversion dans le sermon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a montr&#233; M. Banniard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banniard, 1992, p. 64-104.&#034; id=&#034;nh3-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Augustin consid&#232;re qu'une communication r&#233;ussie repose moins sur la correction grammaticale que sur l'adaptation du discours au profil linguistique de l'auditoire. Le pr&#233;dicateur doit rechercher &#171; le contact avec son public en retrouvant les formes spontan&#233;es de l'expression et en adaptant sa propre articulation, en des cas extr&#234;mes, &#224; l'usage commun tel que l'a alors &#233;tabli l'&#233;volution de la langue parl&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banniard, 1992, p. 75.&#034; id=&#034;nh3-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le parti-pris d'Augustin en faveur d'une communication efficace s'appuie donc sur la simplicit&#233; du lexique et des tournures syntaxiques, mais pas seulement. Le param&#232;tre du plaisir procur&#233; par l'&#233;coute du rythme est &#233;galement d&#233;terminant. Ce souci apport&#233; au &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; n'est pas en soi une innovation augustinienne. Ce qui est nouveau, c'est la volont&#233; de rendre ce rythme accessible &#224; tous, en donnant la possibilit&#233; d'op&#233;rer une double lecture, en co&#239;ncidence avec les deux types de perception relev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le livre IV de son &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;, consacr&#233; &#224; la pr&#233;dication, Augustin se refuse explicitement &#224; exposer les principes oratoires classiques, consid&#233;rant que cet apprentissage est d&#233;j&#224; acquis &#8212; il renvoie pour cela aux trait&#233;s cic&#233;roniens. N&#233;anmoins, lorsqu'il s'agit d'exposer les enjeux pragmatiques et psychagogiques du rythme oratoire, il cite ouvertement Cic&#233;ron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Banniard, 1992, p. 85.&#034; id=&#034;nh3-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un orateur a donc dit &#8212; et c'&#233;tait la v&#233;rit&#233; &#8212; que l'orateur devait parler &#171; en sorte d'instruire, de charmer et de fl&#233;chir &#187;. Ensuite, il a ajout&#233; qu' &#171; enseigner est une n&#233;cessit&#233;, charmer, un plaisir, fl&#233;chir, une victoire &#187;. De ces trois objectifs, le premier, &#224; savoir la n&#233;cessit&#233; d'enseigner, repose sur ce que nous disons ; les deux autres, sur la mani&#232;re dont nous le disons.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 12, 27 : Dixit ergo quidam eloquens, et uerum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Augustin rel&#232;ve les fameux objectifs d&#233;finis par Cic&#233;ron &lt;i&gt;(quidam eloquens !)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or. 69, 1-4 : Erit igitur eloquens &#8211; hunc enim auctore Antonio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et insiste sur le premier (enseigner &lt;i&gt;docere&lt;/i&gt;) : il s'agit bien pour le pr&#233;dicateur de diffuser la doctrine &lt;i&gt;(doctrina)&lt;/i&gt; chr&#233;tienne. Mais pour que cette diffusion soit r&#233;ellement efficace, pour que le discours apporte l'&#233;vidence de la r&#233;v&#233;lation, il faut que l'acte de communication repose sur des proc&#233;d&#233;s qui ne font pas seulement appel, par une argumentation solide, aux comp&#233;tences cognitives, mais aussi aux &#233;motions. Provoquer l'admiration, la peur, la piti&#233; gr&#226;ce au choix des mots, des sonorit&#233;s et des rythmes permet &#224; la fois de charmer &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt; et de fl&#233;chir &lt;i&gt;(flectere)&lt;/i&gt;. Ainsi, le rythme oratoire, essentiel dans cet acte de communication, participe pleinement de la persuasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un trait essentiel et nouveau de la rh&#233;torique chr&#233;tienne r&#233;side donc dans l'&#233;quilibre, difficile &#224; conserver, entre un style simple, destin&#233; &#224; rendre le raisonnement compr&#233;hensible par tous, et ce soin apport&#233; au &lt;i&gt;modus dicendi&lt;/i&gt;. Ce qui permet au pr&#233;dicateur de faire ce grand &#233;cart est le soin constant qu'il doit apporter &#224; son auditoire silencieux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tous se taisent pour &#233;couter un seul, et que les visages se tournent vers celui-ci, alors demander ce que l'on n'a pas compris est &#224; la fois inhabituel et inconvenant ; pour cette raison, la priorit&#233; pour celui qui parle est de se pr&#233;occuper de celui qui se tait.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 10, 25 : Vbi autem omnes tacent, ut audiatur unus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Or, le rythme, per&#231;u de fa&#231;on intuitive ou savante, est capable de toucher n'importe quel auditeur. Il r&#233;duit ainsi l'&#233;cart qui peut se cr&#233;er entre le pr&#233;dicateur et son public, en rendant accessible un raisonnement parfois ardu. Il &#233;tablit une courroie de transmission entre le locuteur et l'auditeur, mais aussi entre les auditeurs eux-m&#234;mes, unis autant par le plaisir de l'&#233;coute que par les m&#234;mes croyances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce plaisir, commun aux illettr&#233;s et aux &#233;rudits, est principalement fond&#233;, me semble-t-il, sur deux proc&#233;d&#233;s rythmiques. Tout d'abord, la segmentation de l'&#233;nonc&#233; en unit&#233;s croissantes (incises, membres et p&#233;riodes), souvent cl&#244;tur&#233;es par des cadences. Cette segmentation est le fondement m&#234;me du rythme oratoire classique tel qu'il &#233;tait pratiqu&#233; par Cic&#233;ron : elle dessine les contours de l'&#233;nonc&#233; et donne la possibilit&#233; &#224; n'importe quel auditeur, &#233;rudit ou non, d'&#233;tablir des correspondances entre intervalles duratifs et d'&#233;mettre un jugement esth&#233;tique sur le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;De plus l'auditeur averti &lt;i&gt;reconna&#238;t &lt;/i&gt; que ces incises, que les Grecs appellent &lt;i&gt;commata&lt;/i&gt;, ces membres de phrases, ces p&#233;riodes dont j'ai parl&#233; un peu plus haut, du fait qu'ils sont distribu&#233;s avec une vari&#233;t&#233; extr&#234;mement harmonieuse, ont donn&#233; au discours toute cette belle configuration, et pour ainsi dire son visage qui &lt;i&gt;charme &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;fl&#233;chit &lt;/i&gt; aussi les ignorants.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 7, 13 : Porro autem qui nouit, agnoscit quod ea (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue s&#233;mantique, Augustin s'inscrit ouvertement dans la tradition classique &lt;i&gt;(caesa, membra, circuitus)&lt;/i&gt;. Toutefois, la segmentation rythmique est ici appr&#233;hend&#233;e dans son cadre pragmatique, en fonction de la distinction entre perception intuitive et perception savante. L'auditeur &#233;rudit est capable de reconna&#238;tre ce proc&#233;d&#233; et d'identifier notamment les cadences &lt;i&gt;(agnosco)&lt;/i&gt; ; tout auditeur, en revanche, peut &#234;tre charm&#233; &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt; et fl&#233;chi &lt;i&gt;(flectere)&lt;/i&gt; par les proportions num&#233;riques appliqu&#233;es aux mots. Le rythme permet donc de reproduire, certes imparfaitement, l'application divine du nombre &#224; la mati&#232;re et de d&#233;signer, par une eurythmie &lt;i&gt;(numerositas)&lt;/i&gt; &#224; la port&#233;e de tous, le r&#233;f&#233;rent divin des signes discursifs et gestuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le second proc&#233;d&#233; rythmique que j'ai relev&#233; est la &#171; polyphonie &#233;nonciative &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concept introduit par O. Ducrot dans Le Dire et le Dit, Paris, &#201;ditions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour reprendre les termes de P. P. Haillet :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; qui se trouve au centre de cette d&#233;marche est l'&#233;nonc&#233;, en tant que repr&#233;sentation d'au moins un point de vue sur l'objet construit par le discours ; l'attention se focalise donc sur la mani&#232;re dont les points de vue sont repr&#233;sent&#233;s et agenc&#233;s, ainsi que sur le lien entre la nature de tels ou tel type de repr&#233;sentations discursives et les fonctions qu'elles s'av&#232;rent aptes &#224; remplir.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Haillet, P. P., &#171; R&#233;alit&#233; du locuteur : vers une typologie des points de vue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re que le discours &#233;labore un monde fictionnel (en rapport, n&#233;anmoins, avec la situation r&#233;elle de communication), mettant en pr&#233;sence une instance &#233;nonciative et un lecteur / auditeur mod&#232;le, on peut admettre que le locuteur &#171; je &#187; rev&#234;t un &#171; masque d'autorit&#233; &#187;, pour reprendre l'expression de C. Calame :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Report&#233;es sur l'&#233;nonc&#233; de l'&#233;nonciation, les potentialit&#233;s fictionnelles de la construction langagi&#232;re permettent de donner &#224; l'instance d'&#233;nonciation une substance s&#233;mantique et un profil &#233;nonciatif ; elles en font le masque de l'auteur biographique et de la fonction-auteur tout en assurant son autorit&#233; discursive.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Calame, C., Masques d'autorit&#233;. Fiction et pragmatique dans la po&#233;tique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Augustin semble n&#233;anmoins assumer pleinement son r&#244;le de pr&#233;dicateur au sens o&#249; lui-m&#234;me l'entend dans le &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt; : celui qui enseigne la doctrine chr&#233;tienne, mais qui n'h&#233;sitera pas, pour ce faire, &#224; user des outils oratoires pour charmer et fl&#233;chir son auditoire. O&#249; est le masque ? En r&#233;alit&#233;, ce sont ces &#171; potentialit&#233;s fictionnelles &#187; qui vont permettre &#224; cette identit&#233; socialement admise de se complexifier. S'il est clair qu'Augustin est le locuteur &#171; je &#187;, l'identit&#233; de l'&#233;nonciateur est parfois brouill&#233;e : Augustin-pr&#233;dicateur est locuteur, mais est-il &#224; l'origine de l'&#233;nonc&#233; ? C'est ici qu'intervient la notion de polyphonie &#233;nonciative. Je la consid&#232;re comme un proc&#233;d&#233; rythmique car elle impose une organisation de l'&#233;nonc&#233; fond&#233;e sur les r&#233;p&#233;titions, les parall&#233;lismes, mais aussi sur le discontinu et la rupture, bref, sur un rythme. Les sermons d'Augustin en sont une belle illustration (mais ce ne sont pas les seuls dans l'Antiquit&#233; tardive puis au Moyen-&#194;ge) : cette polyphonie &#233;nonciative se manifeste plus particuli&#232;rement par l'alternance d'&#233;nonc&#233;s discursifs gr&#226;ce auxquels le locuteur exerce le pouvoir de sa propre parole sur son auditoire, et de citations bibliques qui portent en elles l'autorit&#233; des &#201;critures. M&#234;me si l'on peut difficilement les mesurer pr&#233;cis&#233;ment, les cons&#233;quences de la polyphonie &#233;nonciative dans la performance homil&#233;tique sont ind&#233;niables. Cette alternance d'&#233;nonc&#233;s suppose en effet une alternance dans les intonations, le d&#233;bit et bien s&#251;r les rythmes. Comme le souligne G. Madec :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Augustin a &#233;t&#233; rh&#233;teur, il est un sp&#233;cialiste du discours, un orateur hors pair, sensible au rythme, &#224; la musique des mots et des phrases. C'est un pr&#234;cheur. Sa r&#233;flexion sur le temps est constamment ponctu&#233;e par les exemples du discours, du po&#232;me, du vers ou de la simple syllabe ; ce qui implique la modulation de la voix et pas seulement le parcours des yeux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Madec, 2001, p. 187.&#034; id=&#034;nh3-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si ces deux proc&#233;d&#233;s que sont la segmentation rythmique et la polyphonie &#233;nonciative font appel &#224; la musicalit&#233; comprise comme l'emploi, dans le cadre de la parole persuasive, des intonations vocales et des rythmes, ils ne sont pas tout &#224; fait plac&#233;s sur le m&#234;me plan du point de vue de la pragmatique oratoire. La segmentation rythmique est explicitement associ&#233;e au charme &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt;, la polyphonie &#233;nonciative semble plut&#244;t relever de l'&lt;i&gt;inventio &lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;dispositio&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire du choix et d'organisation des arguments dans le discours, fondement de l'enseignement &lt;i&gt;(docere)&lt;/i&gt;. Un exemple tir&#233; des &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt; &#233;dit&#233;s par F. Dolbeau, va permettre de mesurer les effets cognitifs et &#233;motionnels de ces deux proc&#233;d&#233;s dans la persuasion et la conversion. Augustin s'emploie ici &#224; expliquer la distinction entre &lt;i&gt;vox &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;verbum&lt;/i&gt;, entreprise qui est loin d'&#234;tre ais&#233;e puisqu'il s'adresse &#224; un public illettr&#233;. Le rythme a donc pour principal objectif ici de rendre le raisonnement accessible &#224; tous :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Venit uox ante uerbum. Quomodo uox ante uerbum ? De Christo quid dicitur ? &#171; In principio erat uerbum, et uerbum erat apud Deum, et Deus erat uerbum ; hoc erat in principio apud Deum &#187;. Sed ut ueniret ad nos uerbum, &#171; uerbum caro factum est &#187;, ut habitaret in nobis. Ergo quia Christus uerbum, audiuimus ; quia uox Iohannes, audiamus. Dum diceretur illi : &#171; Tu quis es ? &#187; respondit : &#171; Ego sum uox clamantis in eremo &#187;. Paululum ergo, carissimi, paululum, quantum dat dominus, de uoce et uerbo tractemus. Christus uerbum est, uerbum quod non sonat et transit ; nam quod sonat et transit uox est, non uerbum. Verbum ergo Dei, per quod facta sunt omnia, dominus noster Iesus Christus est ; &#171; uox clamantis in eremo &#187; Iohannes est. Quid est primus ? uox an uerbum ? Videamus quid est uerbum et quid est uox, et ibi uidemus quid sit prius.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Sermons de Mayence, 7, 5 : &#171; La Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Comment, la Voix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'extrait pose le paradoxe qui va susciter le d&#233;veloppement conceptuel qui suit ; l'assertion &lt;i&gt;Venit uox ante uerbum&lt;/i&gt; constitue un premier segment ; elle est pos&#233;e comme une &#233;vidence gr&#226;ce &#224; la cadence &lt;i&gt;uox ante uerbum&lt;/i&gt; qui concilie les donn&#233;es quantitatives, puisqu'elle forme un ditroch&#233;e &lt;i&gt;(&#257;nt&#277; u&#275;rbum)&lt;/i&gt;, et les donn&#233;es accentuelles en formant un &lt;i&gt;cursus planus (u&#243;x ante u&#233;rbum)&lt;/i&gt; : la Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Cette cadence est r&#233;p&#233;t&#233;e dans le segment suivant, dans un &#233;nonc&#233; interrogatif, cette fois-ci, qui met en doute cette assertion initiale. Ce renversement est ent&#233;rin&#233; par la citation biblique issue de l'&#233;vangile de Jean &lt;i&gt;&#171; In principio erat uerbum, et uerbum erat apud Deum, et Deus erat uerbum ; hoc erat in principio apud Deum &#187;&lt;/i&gt; ; c'est bien le Verbe qui est premier. Ce paradoxe pos&#233;, Augustin aborde l'incarnation du Verbe, en poursuivant le fil de la citation biblique : &lt;i&gt;Sed / ut ueniret ad nos uerbum, /&#171; uerbum caro factum est &#187;, / ut habitaret in nobis&lt;/i&gt;. La citation biblique est encastr&#233;e, comme un joyau, par deux segments introduits par &lt;i&gt;ut &lt;/i&gt; + verbe &lt;i&gt;(ut ueniret... ut habitaret)&lt;/i&gt; et cl&#244;tur&#233;s par des cadences : dispond&#233;e &lt;i&gt;(&#257;d n&#333;s u&#275;rbum)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cursus velox (-n&#237;ret ad nos u&#233;rbum)&lt;/i&gt; ; cr&#233;tique + troch&#233;e &lt;i&gt;(-t&#257;r&#277;t &#299;n n&#333;bis)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cursus planus (-t&#225;ret in n&#243;bis)&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, Augustin avance dans sa d&#233;monstration, tout en suivant le texte biblique : l'incarnation du Verbe par le Christ et de la Voix par Jean-Baptiste va permettre au raisonnement de prendre un caract&#232;re plus concret et plus accessible : &lt;i&gt;Ergo / quia Christus uerbum, / audiuimus ; / quia uox Iohannes, / audiamus&lt;/i&gt;. Ici encore, la segmentation a des contours tr&#232;s marqu&#233;s &lt;i&gt;(quia... audiuimus ; quia... audiamus)&lt;/i&gt; et permet d'&#233;tablir d'une part les liaisons symboliques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les liaisons symboliques, voir Perelman, C., L'empire rh&#233;torique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre concept et personne (&lt;i&gt;Christus &lt;/i&gt; symbole du &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Iohannes &lt;/i&gt; symbole de la &lt;i&gt;uox&lt;/i&gt;), d'autre part l'opposition de chacun des termes &lt;i&gt;(Christus / Iohannes ; uerbum / uox)&lt;/i&gt;, mat&#233;rialis&#233;e dans l'&#233;nonc&#233; par le chiasme. Cette personnification des concepts clefs, fond&#233;e sur l'autorit&#233; biblique, trouve son accomplissement dans la petite mise en sc&#232;ne dialogu&#233;e qui suit : &lt;i&gt;Dum diceretur illi : &#171; Tu quis es ? &#187; respondit : &#171; Ego sum uox clamantis in eremo &#187;&lt;/i&gt;. Augustin revient ensuite au probl&#232;me initial, en interpellant son auditoire : &lt;i&gt;Paululum ergo, / carissimi, / paululum, / quantum dat dominus, / de uoce et uerbo tractemus.&lt;/i&gt; Le paradoxe initial est d&#233;sormais parfaitement clair : il s'explique par la contradiction de deux syst&#232;mes hi&#233;rarchiques : la liaison de coexistence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Perelman, 2009, p. 118 : &#171; Les liaisons de coexistence &#233;tablissent un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;uox&lt;/i&gt;, fond&#233;e sur l'ant&#233;riorit&#233; et la sup&#233;riorit&#233; du premier sur la seconde (qui est l'une des manifestations du premier), semble incompatible avec la liaison symbolique entre le Christ et le Verbe d'une part, entre Jean-Baptiste et la Voix d'autre part, puisque la naissance de Jean-Baptiste est ant&#233;rieure &#224; celle du Christ. Tout l'enjeu de l'argumentation est donc de faire adh&#233;rer l'auditoire &#224; un syst&#232;me philosophique complexe, dans lequel l'ant&#233;riorit&#233; selon la temporalit&#233; humaine ne suppose pas toujours la sup&#233;riorit&#233; de ce qui est ant&#233;rieur sur ce qui est post&#233;rieur. Ensuite, la rupture de ton introduite par la r&#233;p&#233;tition de &lt;i&gt;paululum &lt;/i&gt; et l'apostrophe &lt;i&gt;carissimi&lt;/i&gt;, soutenue par l'abr&#232;gement des segments, permet de raviver l'attention sur le rapport probl&#233;matique entre &lt;i&gt;uox &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; (dispond&#233;e : &lt;i&gt;-b&#333; tr&#257;ct&#275;mus ; cursus planus : u&#233;rbo tract&#233;mus&lt;/i&gt;). Les termes de l'incarnation sont ensuite int&#233;gr&#233;s comme des faits dans l'argumentation : &lt;i&gt;Christus uerbum est, / uerbum quod non sonat et transit ; / nam quod sonat et transit uox est, / non uerbum. Verbum ergo Dei, per quod facta sunt omnia, dominus noster Iesus Christus est ; &#171; uox clamantis in eremo &#187; Iohannes est&lt;/i&gt;. La progression de cette argumentation est assur&#233;e par la premi&#232;re phrase, solidement charpent&#233;e ; l'opposition entre les deux concepts est encore figur&#233;e par un chiasme ; l'apport argumentatif (la sensorialit&#233; de la Voix et du Verbe) est circonscrit dans les deux relatives antith&#233;tiques &lt;i&gt;quod non sonat et transit / quod sonat et transit&lt;/i&gt; (dispond&#233;e : &lt;i&gt;-n&#257;t &#275;t tr&#257;nsit ; cursus planus : s&#243;nat et tr&#225;nsit&lt;/i&gt;). Enfin, Augustin semble &#224; nouveau revenir &#224; la premi&#232;re &#233;tape : &lt;i&gt;Quid est primus ? uox an uerbum ? Videamus quid est uerbum / et quid est uox, / et ibi uidemus quid sit prius&lt;/i&gt;. La question de l'ant&#233;riorit&#233; (et son rapport &#224; la sup&#233;riorit&#233;) est &#224; nouveau pos&#233;e, suivie du plan que le pr&#233;dicateur compte suivre avec son auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, la segmentation rythmique, rendue perceptible par les marqueurs syntaxiques et les cadences rythmiques, qui allient les donn&#233;es quantitatives et accentuelles, permet de renforcer le caract&#232;re didactique de l'&#233;nonc&#233; et de fournir &#224; l'argumentation une base formelle solide. &#192; cet &#233;gard, le rythme oratoire est aussi un outil du &lt;i&gt;docere&lt;/i&gt;. La r&#233;flexion ne semble pas avancer tr&#232;s vite ; Augustin prend en consid&#233;ration son public, faisant un pas en avant (correspondances entre concepts et personnes, l'impact sur les sens et la temporalit&#233; de la Voix et du Verbe) et un pas en arri&#232;re, rappelant r&#233;guli&#232;rement le probl&#232;me initial : lequel est ant&#233;rieur &#224; l'autre ? Ce proc&#233;d&#233; de dissociation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Perelman, 2009, p. 116.&#034; id=&#034;nh3-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet &#224; Augustin de r&#233;duire progressivement l'&#233;cart initial entre lui et son auditoire (&#233;cart autant doctrinal que culturel). Ainsi, l'attention de cet auditoire est maintenue par les ruptures &#233;nonciatives, les changements d'intonations (assertions / interrogations), l'interpellation affectueuse &lt;i&gt;(carissimi)&lt;/i&gt; et l'emploi fr&#233;quent de la premi&#232;re personne du singulier qui r&#233;unit locuteur et auditeur dans l'&#233;nonc&#233;. En outre, la polyphonie &#233;nonciative permet de mettre la lumi&#232;re sur les concepts clefs, de justifier le parti-pris m&#233;thodologique d'Augustin (personnification et mise en sc&#232;ne dialogu&#233;e des concepts). Les citations bibliques ne sont pas un simple ornement ou une illustration ; elles constituent des arguments d'autorit&#233; : &#171; Le prestige d'une personne ou d'un groupe de personnes est utilis&#233; pour faire admettre une th&#232;se &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Perelman, 2009, p. 123.&#034; id=&#034;nh3-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cet argument d'autorit&#233; fonctionne d'autant mieux que ce prestige est accept&#233; par tous comme une donn&#233;e irr&#233;futable ; dans cet &#171; empilement &#233;nonciatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosier, L., &#171; Cha&#238;nes d'&#233;nonciateurs : les formes r&#233;cursives du discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;nonc&#233; biblique, souvent ench&#226;ss&#233; dans l'&#233;nonc&#233; discursif (except&#233;e la citation initiale), est bien l'&#233;nonc&#233; premier qui motive la production du second. D&#232;s lors, tout ce qui &#171; sonne &#187; biblique rencontre imm&#233;diatement l'assentiment : Dieu est une autorit&#233; indiscut&#233;e et indiscutable. Mais ce qui &#171; sonne &#187; biblique n'est pas n&#233;cessairement une &lt;i&gt;citation &lt;/i&gt; biblique. Dans cet autre exemple, on voit que les fronti&#232;res entre &#233;nonc&#233;s bibliques et &#233;nonc&#233;s discursifs sont parfois volontairement brouill&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quid tibi melius, / quid tibi breuius / dici potuit, / o homo, / quam ut diligas &#171; dominum deum in toto corde tuo et in tota anima et tota mente tua &#187; ? Fac, / et de uita aeterna / et de uita beata / esto securus. Si enim dominum deum tuum &lt;i&gt;in toto corde, tota anima, tota mente&lt;/i&gt; dilexeris, nihil tibi relinquis/ unde teipsum diligere possis. &lt;i&gt;Ex toto corde et tota anima et tota mente&lt;/i&gt; dilige, / dilige deum tuum.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Sermons de Mayence, 40, 4 : Que pourrais-je te dire de mieux, de plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La vivacit&#233; de l'adresse &#224; l'auditoire est renforc&#233;e par l'emploi de la deuxi&#232;me personne du singulier tu, charg&#233;e d'une double r&#233;f&#233;rentialit&#233; puisqu'elle d&#233;signe &#224; la fois l'interlocuteur &#233;labor&#233; &#224; travers le texte, et l'interlocuteur r&#233;el, interpell&#233; en tant qu'individu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette double r&#233;f&#233;rencialit&#233; intra et extra discursive, voir Calame, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le discours, &#233;labor&#233; autour du polyptote &lt;i&gt;diligas / dilixeris / diligere / dilige&lt;/i&gt; porte une grande force &#233;motionnelle que vient appuyer le jeu sur la polyphonie &#233;nonciative. La citation initiale, extrait de l'&#233;vangile de Matthieu, assure ici la fonction d'un th&#232;me musical qui est ensuite modul&#233; et int&#233;gr&#233; dans l'&#233;nonc&#233; du locuteur &#171; je &#187; (comme le signale l'&#233;dition moderne en enlevant les guillemets). Augustin exploite avec adresse l'ambigu&#239;t&#233; &#233;nonciative ; si les &#233;nonc&#233;s bibliques &#233;taient, dans l'exemple pr&#233;c&#233;dent, des arguments d'autorit&#233;, clairement identifi&#233;s comme issus des &#201;critures, la parole biblique est ici comme fondue dans le discours. Ce transfert n'est pas seulement textuel ; il est aussi symbolique : l'autorit&#233; de la parole biblique vient renforcer celle du locuteur. Cette autorit&#233; appuie la fonction illocutoire de l'&#233;nonc&#233; ; les injonctions &lt;i&gt;(fac, esto, dilige)&lt;/i&gt; &#171; sonnent &#187; bibliques et se dotent, en cons&#233;quence, d'une force irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;miotique augustinienne est guid&#233;e par la r&#233;flexion qu'Augustin conduit sur les probl&#232;mes pos&#233;s par la communication verticale (entre un locuteur &#233;rudit et un auditoire illettr&#233;). Pour que les signes linguistiques puissent &#234;tre bien compris, le pr&#233;dicateur doit s'efforcer de faire appel &#224; un code partag&#233; par le plus grand nombre : un vocabulaire et une syntaxe simple, bien s&#251;r, mais aussi des outils propres &#224; cr&#233;er un plaisir auditif chez tous. C'est ici qu'intervient le rythme : per&#231;u de mani&#232;re intuitive ou savante, il charme le public et permet de renforcer son adh&#233;sion au discours : le pr&#233;dicateur prof&#232;re ainsi une parole pleine de ferveur et d'efficacit&#233; rh&#233;torique, &#171; rend le sermon analogue &#224; la pri&#232;re et &#224; la musique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schaeffer, J. D., &#171; The dialectic of orality and literacy : the case of book (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais faut-il vraiment parler d'&lt;i&gt;analogie &lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;La R&#232;gle de Paul et &#201;tienne&lt;/i&gt;, plac&#233;e ouvertement sous l'autorit&#233; d'Augustin, stipule une distinction tr&#232;s nette entre ce qui est parl&#233; et ce qui est chant&#233; en s'appuyant sur les cat&#233;gories bibliques : lectures, psaumes, cantiques et hymnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul. et Steph. Reg., PL, 66, 954A : Ea cantare debemus quae, sicut beatus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette distinction est d'ailleurs mat&#233;rialis&#233;e &#224; partir de la fin du IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par la r&#233;partition des t&#226;ches entre lecteur et chantre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mc Kinnon, 1999, p. 11.&#034; id=&#034;nh3-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, l'exemple m&#234;me d'Augustin prouve que rh&#233;torique et musique ne sont pas herm&#233;tiques : bien des aspects de la th&#233;orie musicale du rythme sont transf&#233;r&#233;es dans l'&#233;loquence. La segmentation en est sans doute l'illustration la plus frappante, comme le sugg&#232;re L. Treitler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Treitler, L. With Voice and Pen : Coming to Know Medieval Song and How It (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; mon sens, la permanence et la polyvalence de ce principe s'explique &#224; la fois par sa mall&#233;abilit&#233; et son potentiel mn&#233;motechnique. Mall&#233;abilit&#233;, parce que la seule pr&#233;rogative impos&#233;e par la segmentation est le respect de proportions dans l'emploi d'unit&#233;s croissantes de l'&#233;nonc&#233; (chant&#233; ou parl&#233;) ; les param&#232;tres qui d&#233;terminent ce d&#233;coupage peuvent &#234;tre choisis librement. La segmentation peut donc accompagner sans heurt les &#233;volutions linguistiques, en particulier la priorit&#233; accord&#233;e progressivement &#224; l'accent au d&#233;triment des quantit&#233;s syllabiques en latin. Potentiel mn&#233;motechnique, parce que la segmentation permet ind&#233;niablement au locuteur de m&#233;moriser plus facilement l'&#233;nonc&#233;, &#224; l'auditoire de le comprendre. En outre, la question de la fronti&#232;re entre discours et chant est pos&#233;e &#224; nouveau avec l'emploi de la polyphonie &#233;nonciative telle que je l'ai appliqu&#233;e ici : l'alternance, parfois brouill&#233;e, d'&#233;nonc&#233;s bibliques et discursifs. Le pouvoir symbolique des &#233;nonc&#233;s bibliques est mis &#224; profit dans l'argumentation, mais aussi dans l'exhortation ou l'invective ; il recouvre les trois objectifs de l'orateur &lt;i&gt;(docere, delectare, flectere)&lt;/i&gt; et constitue un outil persuasif de premier ordre. L'&#233;nonc&#233;, scand&#233; par les ruptures &#233;nonciatives, suppose une performance propre &#224; rendre perceptible ce jeu polyphonique : changements d'intonations et du d&#233;bit, expressions du visage, gestes, autant d'&#233;l&#233;ments difficiles &#224; appr&#233;cier aujourd'hui, faute de sources. Une chose est s&#251;re : le rythme d'Augustin suit des modalit&#233;s multiples, sans cesse renouvel&#233;es dans un souci constant et moderne de communication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Br&#252;nholzl, F., &lt;i&gt;Histoire de la litt&#233;rature latine au Moyen-&#194;ge&lt;/i&gt; (vol. I, 1), Turnhout, Brepols, 1990 [1975], p. 24-25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 3, 1 ; II, 3, 20 ; &lt;i&gt;De Trin.&lt;/i&gt;, XV, 10, 80 ; Todorov, &lt;i&gt;Th&#233;orie du symbole&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1977, p. 34-58 ; Marrou, H. I., &lt;i&gt;Saint Augustin et la fin de la culture antique&lt;/i&gt;, Paris, De Boccard, 1983 [1937], p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 1, 1 : &lt;i&gt;Signum est enim res praeter speciem, quam ingerit sensibus, aliud aliquid ex se faciens in cogitationem uenire.&lt;/i&gt; Voir Darell Jackson, B., &#171; The Theory of Signs in Saint Augustine's De Doctrina Christiana &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#233;tudes augustiniennes et patristiques&lt;/i&gt;, 15, 1969, p. 11-19 ; Todorov, 1977, p. 39. Concernant les implications de la th&#233;orie augustinienne dans la pens&#233;e m&#233;di&#233;vale, voir Maier&#249;, A., &#171; &lt;i&gt;Signum &lt;/i&gt; dans la culture m&#233;di&#233;vale &#187;, dans J. P. Beckmann et W. Kluxen [dir.] &lt;i&gt;Sprache und Erkenntnis in Mittelalter&lt;/i&gt;, Miscellanea Mediaevalia 13/1, 1980, Berlin, De Gruyter, p. 51-72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. De &lt;i&gt;Cat. rud.&lt;/i&gt;, 2, 3 : &lt;i&gt;Totum enim quod intellego uolo ut qui me audit intellegat et sentio me non ita loqui ut hoc efficiam, maxime quia ille intellectus quasi rapida coruscatione perfundit animum, illa autem locutio tarda et longa est longueque dissimilis ; et dum ista uoluitur, iam se illa in secreta sua condidit ; tamen, quia uestigia quaedam miro modo impressit memoriae, perdurant illa cum syllabarum morulis atque ex eisdem uestigiis sonantia signa peragimus, quae lingua dicitur uel latina uel graeca uel hebraea uel alia quaelibet, siue cogitentur haec signa siue etiam uoce proferantur. &lt;/i&gt; Sur ce passage, voir Todorov, 1977, p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Augustin fait la distinction entre signes naturels (la fum&#233;e d'un feu) et signes intentionnels (notamment linguistiques). Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 2, 3 ; Darrell Jackson, 1969, p. 14-15 ; Todorov, 1977, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Trin.&lt;/i&gt;, XV, 10, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, I, 11, 11 ; 12, 11 ; Cameron, A., &lt;i&gt;Christianity and the Rhetoric of Empire : the Development of Christian Discourse&lt;/i&gt;, Berkeley, University of California press, 1991, p. 47 48 ; 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Spitzer, L., &lt;i&gt;Classical and Christian Ideas of World Harmony. Prolegomena to an Interpretation of the Word &#8220;Stimmung&#8221;&lt;/i&gt;, Baltimore, J. Hopkins, 1963, p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Orig. &lt;i&gt;Pr&lt;/i&gt;., 2, 1, 1 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir sur ce point Spitzer, 1963, p. 31 ; Madec, G., &lt;i&gt;Lectures augustiniennes&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes, 2001, p. 191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 12, 36 ; 13, 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 4, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 4, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 2, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., VI, 2, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 6, 16 ; 6, 7, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 7, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., VI, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir notamment Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 194 ; Quint. &lt;i&gt;Inst.&lt;/i&gt;, IX, 4, 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, III, 7, 15 : &lt;i&gt;D. Quia inter rhythmum et metrum hoc interesse dixisti, quod in rhythmo contextio pedum nullum certum habet finem, in metro uero habet. Ita ista pedum contextio et rhythmi et metri esse intelligitur ; sed ibi infinita, hic autem finita constat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., III, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., III, 1, 2 : &lt;i&gt;Omne metrum rhythmus, non omnis rhythmus etiam metrum est&lt;/i&gt;. Voir aussi Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., V, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Formarier, M., &lt;i&gt;&#171; Afrae aures de correptione uocalium uel productione non iudicant&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;, IV, 10, 24) Les oreilles africaines entendaient-elles les rythmes latins ? &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#233;tudes augustiniennes et patristiques&lt;/i&gt;, 56, 2010, p. 229-248.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Lancel, S., &#171; La fin et la survie de la latinit&#233; en Afrique du Nord : &#233;tat des questions &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#201;tudes Latines&lt;/i&gt;, 59, 1982, p. 276 ; Norberg, D., &lt;i&gt;Les vers latins iambiques et trocha&#239;ques au Moyen-&#194;ge et leurs r&#233;pliques rythmiques&lt;/i&gt;, Stockholm, 1988, p. 13. Pour un &#233;tat de la question, voir Banniard, M., &lt;i&gt;Viva Voce, communication orale et communication &#233;crite du IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Occident latin&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes, 1992 p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., II, 1, 1 : &lt;i&gt;Nam si eo loco ubi duas longas syllabas poni decet, hoc verbum posueris, et primam quae breuis est, pronuntiatione longam feceris, nihil musica omnino succenset : tempora enim uocum ea pervenere ad aures, quae illi numero debita fuerunt. Grammaticus autem iubet emendari, et illud te uerbum ponere cujus prima syllaba producenda sit, secundum maiorum, ut dictum est, auctoritatem, quorum scripta custodit&lt;/i&gt;. Voir aussi &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;. II, 2, 2 ; Aphton. &lt;i&gt;De Art. metr.&lt;/i&gt;, GL 6, 39, 5 11 ; Serg. &lt;i&gt;Explan. in Donat&lt;/i&gt;., GL 4, 533, 12 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, II, 2, 2 : &lt;i&gt;M. Quare illud nunc quaero, utrum sonus uersuum aliquando te aliquia per aures uoluptate commouerit. D. Prorsus saepissime, ita ut nunquam fere sine delectatione uersum audierim. M. Si quis ergo in uersu, quo audito delectaris, eo loco quo ratio eiusdem uersus non postulat, uel producat syllabas, uel corripiat, num eodem modo delectari potes ? D. Imo audire hoc sine offensione non possum. M. Nullo modo igitur dubium est, quin te in sono quo te delectari dicis, dimensio quaedam numerorum delectet, qua perturbata delectatio illa exhiberi auribus non potest. D. Manifestum est. M. Dic mihi deinceps quod ad sonum uersus attinet, quid intersit, utrum dicam, Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris, an qui primis ab oris. D. Mihi uero utrumque, quantum ad illam dimensionem pertinet, idem sonat. M. At hoc mea pronuntiatione factum est, cum eo scilicet uitio quod barbarismum grammatici vocant : nam primus, longa est et breuis syllaba ; primis autem, ambae producendae sunt, sed ego ultimam earum corripui ; ita nihil fraudis passae sunt aures tuae.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., I, 5, 10 : &lt;i&gt;M. Vnde fieri putas, ut imperita multitudo explodat saepe tibicinem nugatorios sonos efferentem ; rursumque plaudat bene canenti, et prorsus quanto suauius canitur, tanto amplius et studiosius moueatur ? Numquidnam id a uulgo per artem musicam fieri credendum est ? D. Non. M. Quid igitur ? D. Natura id fieri puto, quae omnibus dedit sensum audiendi, quo ista iudicantur. M. Recte putas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir M&#233;la, Ch., &#171; L'homme musical : Augustin musicien &#187;, dans E. Darbellay [dir.] &lt;i&gt;Le temps et la forme. Pour une &#233;pist&#233;mologie de la connaissance musicale&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Droz, 1998, p. 37-75 (p. 40 41 ; 47).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Banniard, 1992, p. 64-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Banniard, 1992, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Banniard, 1992, p. 85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr&lt;/i&gt;., IV, 12, 27 : &lt;i&gt;Dixit ergo quidam eloquens, et uerum dixit, ita dicere debere eloquentem, &#171; ut doceat, ut delectet, ut flectat &#187;. Deinde addidit &#171; Docere necessatis est, delectare suauitatis, flectere uictoriae &#187;. Horum trium, quod primo loco positum est, hoc est docendi necessitas, in rebus est constituta quas dicimus, reliqua duo, in modo quo dicimus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;. 69, 1-4 : &lt;i&gt;Erit igitur eloquens &#8211; hunc enim auctore Antonio quaerimus &#8211; is qui in foro causisque ciuilibus ita dicet, ut probet ut delectet ut flectat. Probare necessitatis est, delectare suauitatis, flectere uictoriae&lt;/i&gt; (Sera donc &#233;loquent &#8212; c'est en effet cet homme que nous recherchons, selon les indications d'Antoine, celui qui, au forum et dans les causes civiles, prendra la parole de sorte &#224; prouver, charmer et fl&#233;chir. Prouver est de l'ordre de la n&#233;cessit&#233;, charmer, du plaisir, fl&#233;chir, de la victoire). Voir &#233;galement Cic. &lt;i&gt;De Opt. gen. orat.&lt;/i&gt;, 3, 4-4, 1 : &lt;i&gt;Optimus est enim orator qui dicendo animos audientium et docet et delectat et permouet. Docere debitum est, delectare honorarium, permouere necessarium&lt;/i&gt; (Le meilleur orateur, en effet, est celui qui, en prenant la parole, instruit, charme et fl&#233;chit l'esprit de ses auditeurs. Instruire est un devoir, charmer est un bonus, fl&#233;chir est une n&#233;cessit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, IV, 10, 25 : &lt;i&gt;Vbi autem omnes tacent, ut audiatur unus, et in eum intenta ora conuertunt, ibi ut requirat quisque quod non intellexerit, nec moris est nec decoris ; ac per hoc debet maxime tacenti subuenire cura dicentis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, IV, 7, 13 : &lt;i&gt;Porro autem qui nouit, agnoscit quod ea caesa, quae commata Graeci uocant, et membra et circuitus, de quibus paulo ante disserui, cum decentissima uarietate interponerentur, totam istam speciem dictionis, et quasi eius uultum, quo etiam indocti delectantur mouenturque fecerunt. &lt;/i&gt; Je souligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Concept introduit par O. Ducrot dans &lt;i&gt;Le Dire et le Dit&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1984. Pour une synth&#232;se, voir Carel, M., &#171; Polyphonie et argumentation &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans&lt;/i&gt;, Bern, Peter Lang, 2008, p. 29-46 (en particulier p. 29-32).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Haillet, P. P., &#171; R&#233;alit&#233; du locuteur : vers une typologie des points de vue &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir.] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 47-62 (p. 59).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Calame, C., &lt;i&gt;Masques d'autorit&#233;. Fiction et pragmatique dans la po&#233;tique grecque antique&lt;/i&gt;, Paris, les Belles Lettres, 2005, p. 19. Voir &#233;galement la formule de M. Carel, 2008, p. 29 : &#171; J'admettrai que tout &#233;nonc&#233; se donne un auteur, responsable de l'introduction des divers contenus. Cet auteur se appel&#233; locuteur et sera distingu&#233; du sujet parlant, qui est le fabricant r&#233;el de l'&#233;nonc&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Madec, 2001, p. 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt;, 7, 5 : &#171; La Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Comment, la Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe ? Qu'est-il dit au sujet du Christ ? &lt;i&gt;Au commencement &#233;tait le Verbe, et le Verbe se trouvait aupr&#232;s de Dieu, et Dieu &#233;tait le Verbe ; celui-ci se trouvait au commencement aupr&#232;s de Dieu.&lt;/i&gt; Mais pour que le Verbe vienne &#224; nous, &lt;i&gt;le Verbe s'est fait chair&lt;/i&gt;, pour s&#233;journer en nous. Donc, puisque le Christ est le Verbe, nous l'avons &#233;cout&#233; ; puisque Jean-Baptiste est la Voix, &#233;coutons-le ! Alors qu'il lui demandait : &lt;i&gt;Qui es-tu ?&lt;/i&gt; Il r&#233;pondit &lt;i&gt;Je suis la Voix criant dans le d&#233;sert&lt;/i&gt;. Un tout petit peu donc, mes petits, un tout petit peu, autant que le Seigneur le permet, je vais traiter de la Voix et du Verbe. Le Christ est le Verbe, le Verbe qui ne sonne ni ne passe ; de fait, ce qui sonne et qui passe, c'est la Voix, pas le Verbe. Donc le Verbe de Dieu, par quoi tout a &#233;t&#233; fait, est notre Seigneur J&#233;sus Christ ; &lt;i&gt;la Voix criant dans le d&#233;sert&lt;/i&gt;, c'est Jean-Baptiste. Qui est le premier ? La Voix ou le Verbe ? Voyons ce qu'est le Verbe et ce qu'est la Voix, et nous verront lequel est ant&#233;rieur &#187;. Pour les d&#233;tails des circonstances et le contenu th&#233;ologique, voir Dolbeau, F., &lt;i&gt;Augustin d'Hippone. Vingt-six sermons au peuple d'Afrique&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes 2009, p. 472-483.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les liaisons symboliques, voir Perelman, C., &lt;i&gt;L'empire rh&#233;torique. Rh&#233;torique et argumentation&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 2009, p.130-134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Perelman, 2009, p. 118 : &#171; Les liaisons de coexistence &#233;tablissent un lien des r&#233;alit&#233;s de niveau in&#233;gal, dont l'une est pr&#233;sent&#233;e comme l'expression ou la manifestation de l'autre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Perelman, 2009, p. 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Perelman, 2009, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosier, L., &#171; Cha&#238;nes d'&#233;nonciateurs : les formes r&#233;cursives du discours rapport&#233;s &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir.] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 139-155 (p. 151). La r&#233;cursivit&#233; se caract&#233;rise par la primaut&#233; temporelle de l'&#233;nonc&#233; faible syntaxiquement (en incise, entre parenth&#232;ses&#8230;) sur l'&#233;nonc&#233; principal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt;, 40, 4 : Que pourrais-je te dire de mieux, de plus concis, homme, que d'aimer &#171; le Seigneur Dieu de tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me, de tout ton esprit &#187; ? Fais ! Et de la vie &#233;ternelle, de la vie bienheureuse, sois assur&#233; ! Si tu aimes ton Seigneur Dieu dans tout ton c&#339;ur, toute ton &#226;me, tout ton esprit, tu n'abandonnes rien de ce qui te permet de t'aimer toi. De tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me, de tout ton esprit, aime, aime ton Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur cette double r&#233;f&#233;rencialit&#233; intra et extra discursive, voir Calame, 2005, p. 15-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schaeffer, J. D., &#171; The dialectic of orality and literacy : the case of book 4 of Augustine's De doctrina christiana &#187;, &lt;i&gt;Papers of the Modern Language Association of America&lt;/i&gt;, 111, 1996, p. 1133 1145 (p. 1142) : &#171; Augustine's conception of style renders the sermon analogous to prayer &#8212; and to music &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul. et Steph. &lt;i&gt;Reg&lt;/i&gt;., PL, 66, 954A : &lt;i&gt;Ea cantare debemus quae, sicut beatus Augustinus dicit, ita scripta sunt, ut cantentur : quae autem non ita scripta sunt, non cantemus. [&#8230;] Ne quae cantanda sunt in modum prosae et quasi in lectionem mutemus, aut quae ita scripta sunt ut in ordine lectionum utamur, in tropis et cantilenae arte nostra praesumptione uertamus&lt;/i&gt; (Comme le bienheureux Augustin le dit, nous devons chanter ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit pour &#234;tre chant&#233;. Mais ce qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;crit pour &#234;tre chant&#233;, nous ne devons pas le chanter. [...] Ne transformons pas en prose et pour ainsi dire en lecture ce qui doit &#234;tre chant&#233; ; ne soyons pas pr&#233;somptueux et ne pervertissons pas par des tropes et notre art de la m&#233;lodie, ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit pour figurer dans les lectures). Sur les tropes, voir Hiley, D., Western &lt;i&gt;Plainchant, a Handbook&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford Clarendon Press, 1993, p. 196 238. Sur la sp&#233;cificit&#233; des psaumes, des cantiques et des hymnes, voir Mc Kinnon, J., &lt;i&gt;Music in Early Christian Literature&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, p. 122 ; 144 ; 158 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Mc Kinnon, 1999, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Treitler, L. &lt;i&gt;With Voice and Pen : Coming to Know Medieval Song and How It Was Made&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 2003, p. 442. Voir aussi Hucke, H., &#171; Toward a New Historical View of Gregorian Chant &#187;, &lt;i&gt;Journal of American Music Society&lt;/i&gt;, 33, 1980, p. 437 467.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; &#224; numerus
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Tout ce qui correspond &#224; quelque mesure audible, m&#234;me hors du vers &#8212; car celui-ci est un d&#233;faut en prose &#8212; est appel&#233; rythme (numerus en latin, &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; en grec). &#187; Par ces mots, Cic&#233;ron &#233;tablit la correspondance entre le &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; grec et le numerus latin, et valide ainsi le glissement du concept de rythme &#224; celui de nombre. Si numerus n'est pas, &#224; proprement parler, une traduction de &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;, &#171; les deux mots ne sont pas sans rapport, en ce qu'ils partagent des isotopies aff&#233;rentes &#187;. En (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Les raisons de l'&#233;quivalence linguistique entre &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; et numerus&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Les raisons de l'&#233;quivalence linguistique entre &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; et numerus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La mise au point terminologique de Quintilien : rhythmos et numerus&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;La mise au point terminologique de Quintilien : rhythmos et numerus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&#171; Tout ce qui correspond &#224; quelque mesure audible, m&#234;me hors du vers &#8212; car celui-ci est un d&#233;faut en prose &#8212; est appel&#233; rythme (&lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; en latin, &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; en grec). &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic&#233;ron, Orator, 67 : quicquid est enim, quod sub aurium mensuram aliquam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Par ces mots, Cic&#233;ron &#233;tablit la correspondance entre le &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; grec et le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; latin, et valide ainsi le glissement du concept de rythme &#224; celui de nombre. Si &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; n'est pas, &#224; proprement parler, une traduction de &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;, &#171; les deux mots ne sont pas sans rapport, en ce qu'ils partagent des isotopies aff&#233;rentes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nicolas, C., Sic enim appello... Essai sur l'autonymie terminologique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, le transfert de &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt; (&#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;) &#224; &lt;i&gt;nombre (numerus)&lt;/i&gt; est op&#233;r&#233; en vertu d'une association de concepts communs (harmonie, agencement, proportion)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;quivalence entre rythme et nombre est maintenue en fran&#231;ais par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette association est en r&#233;alit&#233; d&#233;j&#224; pr&#233;sente dans la th&#233;orie aristot&#233;licienne du rythme. En effet, dans le livre III de sa &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Aristote &#233;tablit que &#171; le nombre (&#7936;&#961;&#953;&#952;&#956;&#8057;&#962;) propre &#224; la forme de la parole oratoire est le rythme (&#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;) [...] &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote Rh&#233;torique, III. 8, 1408b 28 29 : &#8001; &#948;&#8050; &#964;&#959;&#8166; &#963;&#967;&#942;&#956;&#945;&#964;&#959;&#962; &#964;&#8134;&#962; &#955;&#941;&#958;&#949;&#969;&#962; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce nombre se mat&#233;rialise en particulier dans la succession des dur&#233;es et les rapports arithm&#233;tiques que celles-ci entretiennent. En caract&#233;risant la forme de la parole oratoire, le rythme &#171; apporte au discours un caract&#232;re d&#233;termin&#233;, une sorte d'unit&#233; interne en introduisant un nombre, c'est-&#224;-dire une proportion, une harmonie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiron, P., Un rh&#233;teur m&#233;connu, D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re (ps. D&#233;m&#233;trios de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, pourquoi Cic&#233;ron ne s'est-il pas content&#233; de la translitt&#233;ration &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; ? Quelle diff&#233;rence &#8212; &#224; supposer qu'il y en ait une &#8212; &#233;tablir entre &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Les raisons de l'&#233;quivalence linguistique entre &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; et numerus&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cic&#233;ron consid&#232;re que les mots fournissent une mati&#232;re premi&#232;re &lt;i&gt;(materia)&lt;/i&gt; que l'orateur met en forme &lt;i&gt;(forma)&lt;/i&gt; par un travail de pon&#231;age &lt;i&gt;(expolitio)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic&#233;ron, De Oratore, III, 177 ; Or., 185 ; Quint., 2, 21, 1. Sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;nonc&#233; est d&#232;s lors per&#231;u comme une construction qui r&#233;pond aux lois de l'euphonie et du rythme, o&#249; chaque &#233;l&#233;ment est interd&#233;pendant : &#171; Une des propri&#233;t&#233;s fondamentales du rythme est en effet que celui-ci cr&#233;e la participation directe de chaque &#233;l&#233;ment &#224; l'ensemble du syst&#232;me. Cette structure n'est donc pas per&#231;ue comme le r&#233;sultat de la simple addition des propri&#233;t&#233;s de ses parties, mais comme un tout constitu&#233; par l'ensemble des relations entre ses parties. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauvanet, P., Le rythme et la raison. I &#8211; Rythmologiques, Paris, Kim&#233;, 2000, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'&#233;quivalence cic&#233;ronienne entre &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; et &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; permet ainsi d'associer d'embl&#233;e le rythme &#224; cet agencement arithm&#233;tique qui organise l'&#233;nonc&#233; en segments croissants et hi&#233;rarchis&#233;s (pieds, incises, membres et p&#233;riodes). Fondamentalement, le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; tient donc le m&#234;me r&#244;le que le &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; tel qu'il a &#233;t&#233; d&#233;fini par la philosophie, la musique et la rh&#233;torique grecques. En effet, avant de faire r&#233;f&#233;rence &#224; ce que l'on entend aujourd'hui par &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire une succession de motifs sonores r&#233;it&#233;r&#233;s et identifi&#233;s comme tels par l'auditeur, le terme &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; &#171; d&#233;signe la forme dans l'instant telle qu'elle est assum&#233;e par ce qui est mouvant, mobile, fluide &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Benveniste, E., Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale, Paris, Gallimard, 1951, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire par les atomes dans la philosophie de Leucippe et D&#233;mocrite&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette conception est expos&#233;e par Aristote, M&#233;taphysique, 985b 13 17. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les unit&#233;s du discours dans la rh&#233;torique d'Aristote&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1408b 28 29.&#034; id=&#034;nh4-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou bien encore les unit&#233;s de la m&#233;lodie, de la parole et de la danse dans la th&#233;orie musicale d'Aristox&#232;ne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristox&#232;ne, Elementa Rhythmica, 2, 9.&#034; id=&#034;nh4-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, comme le &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;, met en forme le discours par un double processus dialectique visant &#224; d&#233;limiter et encha&#238;ner les &#233;l&#233;ments les uns aux autres. Ce processus permet l'&#233;laboration d'une v&#233;ritable &#171; architecture sonore &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression emprunt&#233;e &#224; B&#233;lis, A., Aristox&#232;ne et Aristote, le trait&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, o&#249; s'allient structure et mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cic&#233;ron consid&#232;re que cette mise en forme rythmique et arithm&#233;tique rel&#232;ve de l'ornementation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., III, 53.&#034; id=&#034;nh4-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, mais qu'elle doit surtout &#233;clairer la pens&#233;e et appuyer l'argumentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 170 ; 227. Id&#233;e reprise par Quintilien, Inst., IX, 4, 6.&#034; id=&#034;nh4-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la raison pour laquelle il pr&#234;te une si grande attention au &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; et s'oppose &#224; certains atticistes qui, selon lui, refusent cette mise en forme au profit d'un minimalisme stylistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concernant la querelle atticiste, l'&#233;tat de la question est &#233;tabli par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cela est mal consid&#233;r&#233; quand, dans un discours judiciaire ou politique, on dit qu'il y a du rythme (&lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; en latin, &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; en grec). De fait, il semble que, par une profusion de pi&#232;ges, on veuille s'attacher &#224; capturer les oreilles si, dans la pratique oratoire &#233;galement &lt;i&gt;(etiam in dicendo)&lt;/i&gt;, l'orateur recherche des rythmes. Ces individus comptent l&#224;-dessus ; eux-m&#234;mes parlent en phrases coup&#233;es et amput&#233;es et bl&#226;ment ceux qui parlent en phrases bien ajust&#233;es et d&#233;limit&#233;es.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 170 : sed habet nomen inuidiam, cum in oratione iudiciali et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour Cic&#233;ron, le travail rythmique n'est pas r&#233;serv&#233; au domaine de la musique, mais doit &#233;galement pr&#233;occuper l'orateur &#8212; l'adverbe &lt;i&gt;etiam &lt;/i&gt; prend ainsi tout son sens. Si l'orateur n&#233;glige les lois de l'euphonie et du rythme, les phrases sont &#171; coup&#233;es et amput&#233;es &#187; &lt;i&gt;(infracta et amputata)&lt;/i&gt;, les &#233;l&#233;ments de l'&#233;nonc&#233; sont accumul&#233;s sans lien les uns avec les autres. &#192; en croire Cic&#233;ron, les partisans d'un tel style, sous pr&#233;texte d'imiter Lysias&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le choix de Lysias comme mod&#232;le par la nouvelle g&#233;n&#233;ration atticiste, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, se privent des outils qui pr&#233;cis&#233;ment rendent la pens&#233;e compr&#233;hensible et qui conf&#232;rent &#224; la parole toute sa force persuasive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin, cette mise en forme du discours par les lois du nombre n'est pas sans rappeler la versification de la po&#233;sie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 190 ; 201 ; Quint. Inst., IX, 4, 116.&#034; id=&#034;nh4-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les orateurs et les po&#232;tes disposent de la m&#234;me mati&#232;re, qu'ils organisent selon des rapports de dur&#233;e, en fonction de r&#232;gles sp&#233;cifiques. Mais celles du &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; ne sauraient &#234;tre celles du &lt;i&gt;metrum &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meschonnic, H., Critique du rythme. Anthropologie historique du langage, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a rien de plus tendre, de plus mall&#233;able, il n'y a rien que tu ne puisses plus facilement fa&#231;onner que le discours. De l&#224; le vers, de l&#224; aussi les rythmes changeants ; de l&#224; encore cette prose libre aux mesures vari&#233;es et aux genres divers que j'emploie en ce moment.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., III, 176-177 : nihil est enim tam tenerum neque tam flexibile (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La mall&#233;abilit&#233; du langage, qui fournit un v&#233;ritable &#171; mat&#233;riau po&#239;&#233;tique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dangel, J., &#171; Prol&#233;gom&#232;nes &#187;, dans J. Dangel (dir.) Le po&#232;te architecte : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, permet toutes sortes de mises en forme stylistiques. La prose libre &lt;i&gt;(soluta oratio)&lt;/i&gt; que Cic&#233;ron, par la bouche de Crassus, emploie &#224; l'heure m&#234;me o&#249; il donne ces explications sur le rythme oratoire &#8212; l'emploi du d&#233;ictique &lt;i&gt;haec &lt;/i&gt; est &#224; cet &#233;gard capital, car il fait r&#233;f&#233;rence &#224; la situation pr&#233;sente d'&#233;locution &#8212; constitue le premier emploi du rythme, celui qui observe le moins de contraintes. Il s'agit de la prose utilis&#233;e dans la vie quotidienne ; bien qu'elle ne r&#233;ponde &#224; aucune d&#233;marche stylistique, elle laisse de temps &#224; autre &#233;chapper des rythmes, en particulier des rythmes iambiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Quint. Inst., IX, 4, 52. Cela est vrai aussi pour la langue grecque. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La pr&#233;sence de ces rythmes ne r&#233;pond &#224; aucune r&#232;gle, elle est pour ainsi dire l'une des donn&#233;es de la langue. Voil&#224; pourquoi la prose libre est consid&#233;r&#233;e comme arythmique. Le deuxi&#232;me emploi du rythme trouve son expression dans la parole rythm&#233;e ou rythmique &lt;i&gt;(oratio numerosa)&lt;/i&gt;, celle qui emploie des rythmes en toute connaissance de cause. L'expression &lt;i&gt;dispares numeri&lt;/i&gt; fait allusion aux combinaisons vari&#233;es de rythmes qui caract&#233;risent la po&#233;sie chant&#233;e &lt;i&gt;(carmen)&lt;/i&gt;, celle des &lt;i&gt;cantica &lt;/i&gt; du th&#233;&#226;tre ou bien de la po&#233;sie lyrique. Cette extr&#234;me complexit&#233; combinatoire rend l'identification des m&#232;tres difficiles, voire impossible, m&#234;me pour l'oreille cic&#233;ronienne : sans l'accompagnement musical de la &lt;i&gt;tibia&lt;/i&gt;, la po&#233;sie polym&#233;trique ressemblerait fortement &#224; de la prose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 183 184 ; Quint. Inst., IX, 4, 53.&#034; id=&#034;nh4-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, ces combinaisons m&#234;l&#233;es sont &#233;galement employ&#233;es dans la prose d'art. Enfin, le rythme le plus contraint est employ&#233; dans la po&#233;sie monom&#233;trique ; cet emploi est donc le propre de l'&lt;i&gt;oratio uincta&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La vari&#233;t&#233; &lt;i&gt;(uarietas)&lt;/i&gt; est le principe vers lequel convergent les r&#232;gles du nombre dans la prose oratoire. Pour &#234;tre per&#231;ue comme telle, la vari&#233;t&#233; suppose l'identification de constantes, m&#234;l&#233;es les unes aux autres, r&#233;p&#233;t&#233;es &#224; l'identique ou modifi&#233;es. Ces constantes sont inscrites dans le temps et quantifiables ; elles peuvent &#234;tre des combinaisons de dur&#233;es, autrement dit des pieds, ou bien des intervalles de dur&#233;e. Cic&#233;ron consid&#232;re que le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; doit observer un compromis complexe qui consiste essentiellement dans le respect d'une position interm&#233;diaire entre l'absence de forme (arythmie) et une forme excessivement contrainte (le m&#232;tre et le rythme musical), inadapt&#233;e &#224; la libert&#233; de la prose :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je suis d'avis que tous les pieds dans la prose soient pour ainsi dire m&#234;l&#233;s et confondus. Car nous ne pouvons fuir la critique si nous employons toujours les m&#234;mes pieds, parce que la prose ne doit &#234;tre ni rythmique &lt;i&gt;(numerosa)&lt;/i&gt; comme un po&#232;me &lt;i&gt;(ut poema)&lt;/i&gt;, ni arythmique &lt;i&gt;(extra numerum)&lt;/i&gt; comme le parler populaire &lt;i&gt;(ut sermo uolgi)&lt;/i&gt; &#8212; le premier est trop contraint, en sorte qu'il semble artificiel, le second est trop l&#226;che, en sorte qu'il semble r&#233;pandu et commun. Aussi n'est-on pas charm&#233; par le premier et d&#233;teste-t-on le second.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 195 196 : ego autem sentio omnis in oratione esse quasi permixtos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;flexion cic&#233;ronienne est ici clairement inspir&#233;e de la &lt;i&gt;Rh&#233;torique &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Dover, K., The Evolution of Greek Prose Style, New-York, Oxford, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;d'Aristote : &#171; la forme de la prose ne doit &#234;tre ni m&#233;trique (&#7956;&#956;&#956;&#949;&#964;&#961;&#959;&#957;), ni arythmique (&#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1408b 21 22 : &#964;&#8056; &#948;&#8050; &#963;&#967;&#8134;&#956;&#945; &#964;&#8134;&#962; &#955;&#941;&#958;&#949;&#969;&#962; &#948;&#949;&#8150; &#956;&#942;&#964;&#949; &#7956;&#956;&#956;&#949;&#964;&#961;&#959;&#957; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et &#171; le discours doit &#234;tre bien rythm&#233; (&#949;&#8020;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;) et non arythmique (&#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1409a 22 23 : &#949;&#8020;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957; &#948;&#949;&#8150; &#949;&#7990;&#957;&#945;&#953; &#964;&#8052;&#957; &#955;&#941;&#958;&#953;&#957; &#954;&#945;&#8054; &#956;&#8052; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire faire un bon usage du rythme (&#949;&#8020;-). Aristote conclut en affirmant que &#171; pour cette raison, le discours doit avoir un rythme (&#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;) &#8212; non un m&#232;tre (&#956;&#941;&#964;&#961;&#959;&#957;), car sinon, ce sera un po&#232;me (&#960;&#959;&#943;&#951;&#956;&#945;) &#8212; mais sans rigueur, et ce sera le cas jusqu'&#224; un certain point &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1408b 30 32 : &#948;&#953;&#8056; &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8056;&#957; &#948;&#949;&#8150; &#7956;&#967;&#949;&#953;&#957; &#964;&#8056;&#957; &#955;&#972;&#947;&#959;&#957;, &#956;&#941;&#964;&#961;&#959;&#957; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la perspective axiologique adopt&#233;e par Aristote, le rythme (&#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;) de la prose se d&#233;finit comme un &lt;i&gt;meson&lt;/i&gt;, un &#233;quilibre &#224; respecter, situ&#233; entre deux extr&#234;mes que sont l'arythmie et le m&#232;tre. En premier lieu, le caract&#232;re arythmique manque de d&#233;termination et fait obstacle &#224; tout plaisir auditif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arist. Rh&#233;t., III, 8, 1408b 26 28 : &#964;&#8056; &#948;&#8050; &#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957; &#7936;&#960;&#941;&#961;&#945;&#957;&#964;&#959;&#957;, &#948;&#949;&#8150; &#948;&#8050; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, le &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; oratoire a pour vocation de &#171; donner au style un caract&#232;re &lt;i&gt;d&#233;termin&#233;&lt;/i&gt;, n&#233;cessaire &#224; une bonne compr&#233;hension [...] et, d'autre part, [d'] apporter au style de l'agr&#233;ment, les deux fonctions n'&#233;tant pas s&#233;par&#233;es &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiron, 2001, p. 263.&#034; id=&#034;nh4-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et intimement li&#233;es au processus de persuasion. En outre, l'arythmie est une marque du parler courant dont le discours doit se d&#233;tacher. Ensuite, le caract&#232;re m&#233;trique, du fait qu'il suppose un cadre fixe, r&#233;p&#233;titif et par cons&#233;quent extr&#234;mement pr&#233;visible, d&#233;concentre l'auditoire. Celui-ci guette le retour du motif m&#233;trique et ne se pr&#233;occupe plus des id&#233;es ni de la pertinence de l'argumentation. En cela, le caract&#232;re m&#233;trique d&#233;joue la strat&#233;gie de persuasion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1408b 22 26 : &#964;&#8056; &#956;&#8050;&#957; &#947;&#8048;&#961; &#7936;&#960;&#943;&#952;&#945;&#957;&#959;&#957; (&#960;&#949;&#960;&#955;&#940;&#963;&#952;&#945;&#953; &#947;&#8048;&#961; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et doit donc &#234;tre r&#233;serv&#233; au po&#232;me. Cic&#233;ron reprend &#224; son compte le &lt;i&gt;meson &lt;/i&gt; aristot&#233;licien, mais n'en tire pas les m&#234;mes cons&#233;quences qu'Aristote. Ce dernier pr&#233;conise un agencement qui ne se rencontre ni dans le parler courant ni dans la po&#233;sie, et privil&#233;gie l'emploi du p&#233;on (-uuu ou uuu-) au d&#233;triment de l'iambe (u-), trop humble, et du dactyle (-uu), trop solennel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arist. Rh&#233;t., III. 8, 1408b 31 1409a 6 ; D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, Du Style, 39 43.&#034; id=&#034;nh4-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . De fait, le p&#233;on 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; et le p&#233;on 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, gr&#226;ce &#224; la succession des trois syllabes br&#232;ves propre &#224; leur configuration, emp&#234;chent toute irruption inopportune d'une structure iambique ou dactylique. Cic&#233;ron admet aussi que le p&#233;on est un rythme adapt&#233; &#224; la prose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 192.&#034; id=&#034;nh4-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il pr&#233;f&#232;re, pour fuir l'arythmie et le m&#232;tre, adopter le m&#233;lange des pieds et les modulations rythmiques &lt;i&gt;(permixtos et confusos pedes)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien (Inst., IX, 4, 91) reprend cette id&#233;e d'une vari&#233;t&#233; combinatoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La vari&#233;t&#233; des combinaisons devient d&#232;s lors une caract&#233;ristique essentielle du rythme oratoire ; elle s'op&#232;re par un m&#233;lange r&#233;fl&#233;chi des motifs, auquel se conjugue une ma&#238;trise parfaite des lois du nombre et des proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; oratoire se d&#233;finit non seulement par son extr&#234;me vari&#233;t&#233; combinatoire, mais &#233;galement par sa configuration non mesur&#233;e, au sens musical du terme. En effet, pour Cic&#233;ron, il ne s'agit pas dans le discours de &#171; suivre cette r&#232;gle tr&#232;s s&#233;v&#232;re des rythmiciens ou des musiciens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., III, 190 : neque sunt haec rhythmicorum aut musicorum acerrima (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, celle pr&#233;cis&#233;ment qui postule le respect d'intervalles &#233;gaux. Chacun de ces intervalles isochrones, d&#233;limit&#233; par une battue, constitue une mesure &lt;i&gt;(modus)&lt;/i&gt; ; cet encha&#238;nement donne lieu &#224; une pulsation r&#233;guli&#232;re, principe fondamental du rythme musical et du caract&#232;re &lt;i&gt;rythmique &lt;/i&gt; &#8212; c'est-&#224;-dire celui &lt;i&gt;qui respecte strictement un rythme&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si est rythmique &lt;i&gt;(numerosum)&lt;/i&gt;, dans tous les sons des instruments et de la voix, ce qui a certaines battues &lt;i&gt;(impressiones)&lt;/i&gt; et ce que nous pouvons mesurer par des intervalles &#233;gaux &lt;i&gt;(interuallis aequalibus)&lt;/i&gt;, ce genre de rythmes, &#224; condition qu'il ne soit pas employ&#233; en continu, figure parmi les m&#233;rites du discours.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., III, 185 : si numerosum est id in omnibus sonis atque uocibus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'isochronie se d&#233;finit par la r&#233;p&#233;tition d'un intervalle de dur&#233;e qui est marqu&#233; par une battue &lt;i&gt;(impressio)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sens musical du terme impressio, voir Pighi, G. B., Studi di Ritmica (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et qui constitue un &#233;talon de r&#233;f&#233;rence. Ce principe de r&#233;gularit&#233; peut &#234;tre observ&#233; dans la prose, notamment dans la figure de l'&lt;i&gt;isokolon &lt;/i&gt; (&#233;galit&#233; des membres), mais ne saurait constituer la r&#232;gle g&#233;n&#233;rale ; il doit faire l'objet d'un emploi circonspect pour &#233;viter la monotonie, mais aussi une configuration artificielle et pr&#233;visible. Comme les pieds, les intervalles de dur&#233;e doivent donc suivre la r&#232;gle de la &lt;i&gt;uarietas&lt;/i&gt;. Dans la prose, ils peuvent &#234;tre &#233;gaux ou bien in&#233;gaux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., III, 186.&#034; id=&#034;nh4-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'orateur se trouve d&#232;s lors face &#224; une difficult&#233; li&#233;e &#224; la fois &#224; la libert&#233; de la prose et &#224; son caract&#232;re non mesur&#233; : il lui faut choisir le rythme le mieux adapt&#233; &#224; sa strat&#233;gie oratoire et le rendre parfaitement perceptible &#224; son auditoire, sans pour autant c&#233;der &#224; la tentation de l'isochronie syst&#233;matique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Mais cette course de rythmes &#8212; je veux dire celle de la prose, car elle est bien diff&#233;rente dans les vers &#8212; n'est point telle que rien ne sorte de la mesure &lt;i&gt;(extra modum)&lt;/i&gt;. Car dans ce cas, ce serait un po&#232;me. Cependant, toute prose, si elle ne boite pas, ne d&#233;borde pas, pour ainsi dire, mais avance d'un pas &#233;gal et constant &lt;i&gt;(aequabiliter constanterque)&lt;/i&gt;, est dite &#171; bien rythm&#233;e &#187; &lt;i&gt;(numerosa)&lt;/i&gt;. Dans la prose, est consid&#233;r&#233; comme &#171; bien rythm&#233; &#187; non pas ce qui est tout entier constitu&#233; de rythmes, mais ce qui se rapproche le plus de rythmes. Il est donc plus difficile de faire de la prose que des vers, pour cette raison que dans ces derniers, il existe une certaine loi fixe qu'il faut absolument suivre, alors que dans la prose, rien n'est &#233;tabli par avance, si ce n'est qu'elle ne doit pas &#234;tre d&#233;pourvue de mesure ni &#234;tre &#233;triqu&#233;e, rel&#226;ch&#233;e ou d&#233;bordante. C'est pourquoi il n'y a pas dans la prose ces sortes de mesures marqu&#233;es par les battues propres &#224; l'art de jouer de la &lt;i&gt;tibia &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(tibicinii percussionum modi)&lt;/i&gt;, mais un circuit qui englobe tout et une configuration phrastique bien close et bien aboutie dont est juge le plaisir qu'en retirent les oreilles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 198 : nec uero is cursus est numerorum &#8212; orationis dico ; nam est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce passage essentiel de l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, Cic&#233;ron &#233;claire ce qui distingue le rythme po&#233;tique et musical du rythme oratoire, notamment la question de l'isochronie et de la pulsation. Il rappelle que, contrairement au vers accompagn&#233;s de la &lt;i&gt;tibia&lt;/i&gt;, la succession des combinaisons rythmiques dans la prose ne suit pas une mesure musicale, mais &#171; avance d'un pas &#233;gal et constant &#187; &lt;i&gt;(aequabiliter constanterque)&lt;/i&gt;. Cela sugg&#232;re que dans la prose bien rythm&#233;e, les rapports arithm&#233;tiques entre les diff&#233;rentes dur&#233;es successives, &#233;tablis par les lois du nombre, sont davantage guid&#233;s par la proportion que par la r&#233;gularit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'intrication du rapport et de la proportion voir Ghyka, M., Essai sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, bien que la prose ne soit pas mesur&#233;e au sens musical du terme, elle ne doit pas &#234;tre d&#233;pourvue de mesure &lt;i&gt;(ne immoderata)&lt;/i&gt;. Ce &lt;i&gt;modus &lt;/i&gt; concerne moins la microstructure de la phrase (les pieds) que sa macrostructure (membres et p&#233;riodes). En effet, l'insistance faite sur la configuration circulaire &lt;i&gt;(comprehensio)&lt;/i&gt; et parfaitement close &lt;i&gt;(clausa et terminata)&lt;/i&gt; de la phrase sugg&#232;re que le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; trouve son expression la plus aboutie dans la p&#233;riode oratoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Brutus, 162 ; Or., 149 ; 213 214 ; 221 ; Quint. Inst., IX, 4, 115 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Unit&#233; s&#233;mantique, rythmique et respiratoire, celle-ci &#171; doit embrasser un sens complet, &#234;tre &#233;vidente pour pouvoir &#234;tre comprise et respecter une mesure pour pouvoir &#234;tre retenue par la m&#233;moire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 125 : praestare debet ut sensum concludat ; sit aperta, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette mesure est bien diff&#233;rente de la mesure musicale, car il ne s'agit pas pour l'orateur de soumettre les unit&#233;s rythmiques &#224; une pulsation, mais de les organiser en segments d'une dur&#233;e mod&#233;r&#233;e, ni trop courte, ni trop longue. Plus pr&#233;cis&#233;ment, Cic&#233;ron consid&#232;re qu'une p&#233;riode compl&#232;te est constitu&#233;e de quatre membres. La dur&#233;e de ces membres correspondrait approximativement &#224; celle de l'hexam&#232;tre dactylique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 221 222 ; Quint. Inst., IX, 4, 125.&#034; id=&#034;nh4-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il pr&#233;cise bien qu'&#171; il s'agit d'une moyenne car [il] ne parle pas du vers et la prose est quelque peu plus libre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or. 221 : sed habeo mediocratis rationem ; nec enim loquor de uersu et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une perspective axiologique h&#233;rit&#233;e d'Aristote, Cic&#233;ron consid&#232;re donc ce &lt;i&gt;modus &lt;/i&gt; autant comme un cadre duratif d&#233;termin&#233; qu'un &#233;quilibre &#224; observer dont les oreilles sont juges &#8212; r&#232;gle qui distingue fondamentalement le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; du &lt;i&gt;metrum&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La mise au point terminologique de Quintilien : &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans son &lt;i&gt;Institution Oratoire&lt;/i&gt;, Quintilien affirme d'embl&#233;e que son expos&#233; sur le rythme oratoire s'inspire de la r&#233;flexion cic&#233;ronienne, et qu'il n'insistera que sur les points qui posent un probl&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 1 2.&#034; id=&#034;nh4-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; or, l'&#233;quivalence linguistique entre &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; et &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; en fait visiblement partie. Quintilien la replace dans son contexte pol&#233;mique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cic&#233;ron dit tr&#232;s souvent que tout cela doit &#234;tre constitu&#233; de rythmes &lt;i&gt;(numeris)&lt;/i&gt; ; pour cette raison, certains le bl&#226;ment, sous pr&#233;texte qu'il encha&#238;ne le discours par des rythmes &lt;i&gt;(rhythmos)&lt;/i&gt;. De fait, &lt;i&gt;numeri &lt;/i&gt; correspond &#224; &lt;i&gt;rhythmoe&lt;/i&gt;, comme Cic&#233;ron lui-m&#234;me l'a &#233;tabli et &#224; sa suite Virgile : &#171; je me souviens des rythmes ; si seulement je tenais les mots &#187; (&lt;i&gt;Ecl&lt;/i&gt;. IX, 45) et Horace : &#171; il s'emporte en des rythmes / affranchis de leur loi &#187; (&lt;i&gt;Carm&lt;/i&gt;. IV, 2, 11). Ils attaquent donc, entre autres, cette d&#233;claration &lt;de Cic&#233;ron&gt; : &#171; car les foudres de D&#233;mosth&#232;ne n'auraient pas &#233;t&#233; lanc&#233;es avec autant de force si des rythmes &lt;i&gt;(numeris)&lt;/i&gt; n'avaient pas vrill&#233; autour d'elles &#187;. S'il a dans l'esprit des &#171; rythmes &#187; &lt;i&gt;(rhythmis)&lt;/i&gt;, je ne suis pas d'accord. Car, comme je l'ai dit, les rythmes &lt;i&gt;(rhythmi)&lt;/i&gt; n'ont pas de fin d&#233;termin&#233;e ni de vari&#233;t&#233; dans leurs combinaisons, mais se d&#233;roulent jusqu'&#224; la fin suivant le lev&#233; et le frapp&#233; qu'ils ont observ&#233;s au d&#233;but. Or, la prose ne suit pas le claquement des doigts.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 53 55 : at Cicero frequentissime dicit totum hoc (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le raisonnement de Quintilien n'est pas si simple &#224; saisir &#224; la premi&#232;re lecture et la mise au point &#224; laquelle il se livre soul&#232;ve une difficult&#233; majeure, qui concerne l'usage des termes &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;rhythmos /rhythmus&lt;/i&gt;. Quintilien rappelle tout d'abord l'&#233;quivalence cic&#233;ronienne entre le grec &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; et le latin &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;. Cette &#233;quivalence est parfaitement int&#233;gr&#233;e dans la tradition po&#233;tique, comme le sugg&#232;rent les citations de Virgile et d'Horace. Ensuite, Quintilien r&#233;cuse cette &#233;quivalence : l'expression cic&#233;ronienne &lt;i&gt;numeris contorta&lt;/i&gt; n'a pas la m&#234;me signification, selon lui, que &lt;i&gt;rhythmis contorta&lt;/i&gt;. Pourquoi s'oppose-t-il ainsi &#224; l'usage terminologique instaur&#233; par Cic&#233;ron ? Si l'on consid&#232;re pr&#233;cis&#233;ment le passage cit&#233; de l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, il est clair que le terme &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; renvoie bien, pour Quintilien aussi, &#224; l'art d'agencer le discours en fonction des lois du nombre. Cic&#233;ron y d&#233;montre l'importance de lier les unit&#233;s du discours &lt;i&gt;(apte dicere)&lt;/i&gt; afin d'obtenir un style qui allie carrure et fluidit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 232 236.&#034; id=&#034;nh4-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce passage, l'Arpinate, pour argumenter et illustrer son propos, cite un extrait de son &lt;i&gt;Pro Cornelio&lt;/i&gt; (8, 9, 1 8)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Neque me diuitiae mouent quibus omnes Africanos et Laelios multi uenalicii (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et un extrait d'un discours prononc&#233; par Gracchus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Abesse non potest quin eiusdem hominis sit probos improbare qui improbos probet.&#034; id=&#034;nh4-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ces deux exemples, il modifie l'ordre des mots, ce qui a pour effet d'alt&#233;rer le rythme de la phrase&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien (Inst., IX, 4, 14 15) reprend ces deux exemples dans son trait&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_974 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH109/Formarier1-c661b.jpg?1722313826' width='500' height='109' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le premier exemple, changer l'agencement des mots conduit &#224; la destruction des clausules (p&#233;on 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; + spond&#233;e : &lt;i&gt;-&#299;ss&#277; s&#365;p&#277;r&#257;ri, -r&#275;squ&#277; s&#365;p&#277;r&#257;runt&lt;/i&gt; ; troch&#233;e + cr&#233;tique : &lt;i&gt;-t&#333;qu&#277; u&#299;c&#277;runt&lt;/i&gt;). Dans la nouvelle configuration, l'absence de rythme retire toute musicalit&#233; aux chutes phrastiques ; en outre, la d&#233;limitation des membres, rendue perceptible dans la phrase originale par la pr&#233;sence de ces clausules, n'est d&#232;s lors plus aussi claire &#224; l'oreille. Pour cette raison, Cic&#233;ron conclut sa d&#233;monstration en affirmant que si la pens&#233;e et les mots restent les m&#234;mes, toute l'efficacit&#233; du rythme a &#233;t&#233; an&#233;antie, notamment parce que ce qui &#233;tait bien encha&#238;n&#233; a &#233;t&#233; d&#233;tach&#233; &lt;i&gt;(ex aptis dissoluta)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 233 : uidesne ut ordine uerborum paululum commutato, isdem tamen (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#234;me raisonnement avait &#233;t&#233; auparavant tenu par D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re dans son trait&#233; &lt;i&gt;Du Style&lt;/i&gt; au sujet d'une p&#233;riode de D&#233;mosth&#232;ne : &#171; Si l'on d&#233;truit le caract&#232;re p&#233;riodique de la phrase en l'agen&#231;ant diff&#233;remment, le contenu reste le m&#234;me, mais il n'y aura plus de p&#233;riode &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, Du Style, 11 : &#954;&#945;&#952;&#8057;&#955;&#959;&#965; &#948;&#8050; &#959;&#8016;&#948;&#949;&#957; &#7969; &#960;&#949;&#961;&#8055;&#959;&#948;&#8057;&#962; &#7952;&#963;&#964;&#953; &#960;&#955;&#8052;&#957; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'exercice inverse est op&#233;r&#233; sur l'exemple de Gracchus : en modifiant l'ordre des mots, Cic&#233;ron obtient une chute en ditroch&#233;e &lt;i&gt;(&#299;mpr&#335;b&#257;re)&lt;/i&gt;, clausule qu'il affectionne particuli&#232;rement. De plus, cette nouvelle configuration permet de mettre l'accent sur le polyptote antiphrastique &lt;i&gt;improbos probet probos improbare&lt;/i&gt;. La juxtaposition en chiasme des termes renforce les allit&#233;rations et accro&#238;t ind&#233;niablement la musicalit&#233; de l'ensemble. Enfin, pour donner plus de poids &#224; son argumentation, Cic&#233;ron invoque le style de D&#233;mosth&#232;ne, dont il appr&#233;cie particuli&#232;rement caract&#232;re vibrant et bien rythm&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'influence de D&#233;mosth&#232;ne dans la rh&#233;torique cic&#233;ronienne, en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette d&#233;monstration a pour vocation de r&#233;pondre &#224; certaines critiques selon lesquelles le rythme dans la mise en forme du discours prendrait, chez Cic&#233;ron, une place bien trop importante, plus appropri&#233;e &#224; la musique qu'&#224; l'&#233;loquence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; la lumi&#232;re de cet exemple, on comprend mieux pourquoi Quintilien n'admet pas l'&#233;quivalence entre &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;. Comme elle risque d'entra&#238;ner une confusion entre le rythme musical et le rythme oratoire, Quintilien choisit d'&#233;voquer le premier par la translitt&#233;ration &lt;i&gt;rhythmus/rhythmos&lt;/i&gt;. Suivant Cic&#233;ron, il le d&#233;finit comme une structure r&#233;p&#233;titive et pr&#233;visible, d&#233;pourvue de &lt;i&gt;uarietas (nec ullam in contextu uarietatem)&lt;/i&gt;, dans laquelle les rapports rythmiques entretenus par les dur&#233;es du lev&#233; &lt;i&gt;(sublatio)&lt;/i&gt; et du frapp&#233; &lt;i&gt;(positio)&lt;/i&gt; des pieds sont maintenus jusqu'&#224; ce que survienne &#233;ventuellement une modulation. Cette conservation des rapports rythmiques va de pair avec le respect d'une mesure musicale et d'une pulsation r&#233;guli&#232;re. De plus, le rythme musical, contrairement au m&#232;tre et au rythme oratoire, ne comporte aucune borne &lt;i&gt;(neque finem habent certum)&lt;/i&gt;, ne correspond &#224; aucune &#233;tendue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Quint. Inst., IX, 4, 50.&#034; id=&#034;nh4-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il peut se d&#233;rouler &#224; l'infini &#8212; on pense en particulier au rythme des percussions. Chez Quintilien le terme &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; &#233;voque donc exclusivement le rythme oratoire, alors que dans les trait&#233;s cic&#233;roniens, il peut faire r&#233;f&#233;rence au rythme musical et au rythme oratoire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part du moins, afin de ne pas tomber sous le coup de la calomnie qui n'a pas m&#234;me &#233;pargn&#233; M. Tullius, j'exige que lorsque je parlerai comme convenu de rythme &lt;i&gt;(numerus)&lt;/i&gt; et partout o&#249; j'en ai d&#233;j&#224; parl&#233;, on comprenne que je parle du rythme oratoire &lt;i&gt;(oratorius numerus)&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 57 : ego certe, ne in calumniam cadam, qua ne M. quidem (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;servant le terme &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; au rythme musical, Quintilien rappelle que la th&#233;orie musicale et notamment la rythmique sont h&#233;rit&#233;es de l'enseignement des Grecs, en particulier d'Aristox&#232;ne de Tarente&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien (Inst., I, 10, 22) renvoie d'ailleurs &#224; l'enseignement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; en regard, la restriction du champ d'application de &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; lui permet d'affirmer pleinement l'h&#233;ritage cic&#233;ronien dans la th&#233;orie et la pratique du rythme oratoire. Cette mise au point terminologique doit &#234;tre prise en consid&#233;ration dans la traduction ; ainsi, le rappel des reproches adress&#233;s &#224; Cic&#233;ron se comprend bien mieux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cic&#233;ron dit tr&#232;s souvent que tout cela doit &#234;tre constitu&#233; de rythmes &lt;i&gt;(numeris)&lt;/i&gt; ; pour cette raison, certains le bl&#226;ment, sous pr&#233;texte qu'il encha&#238;ne le discours par des rythmes musicaux &lt;i&gt;(rhythmos)&lt;/i&gt;. De fait, &lt;i&gt;numeri &lt;/i&gt; correspond &#224; &lt;i&gt;rhythmoe&lt;/i&gt;, comme Cic&#233;ron lui-m&#234;me l'a &#233;tabli et &#224; sa suite Virgile : &#171; je me souviens des rythmes ; si seulement je tenais les mots &#187; (&lt;i&gt;Ecl&lt;/i&gt;. IX, 45) et Horace : &#171; il s'emporte en des rythmes / affranchis de leur loi &#187; (&lt;i&gt;Carm&lt;/i&gt;. IV, 2, 11). Ils attaquent donc, entre autres, cette d&#233;claration &lt;de Cic&#233;ron&gt; : &#171; car les foudres de D&#233;mosth&#232;ne n'auraient pas &#233;t&#233; lanc&#233;es avec autant de force si des rythmes &lt;i&gt;(numeris)&lt;/i&gt; n'avaient pas vrill&#233; autour d'elles &#187;. S'il a dans l'esprit des &#171; rythmes musicaux &#187; &lt;i&gt;(rhythmis)&lt;/i&gt;, je ne suis pas d'accord. Car, comme je l'ai dit, les rythmes musicaux &lt;i&gt;(rhythmi)&lt;/i&gt; n'ont pas de fin d&#233;termin&#233;e ni de vari&#233;t&#233; dans leurs combinaisons mais se d&#233;roulent jusqu'&#224; la fin suivant le lev&#233; et le frapp&#233; qu'ils ont observ&#233;s au d&#233;but. Or, la prose ne suit pas le claquement des doigts.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 53 55.&#034; id=&#034;nh4-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Suivant la m&#234;me logique, l'adjectif &lt;i&gt;numerosus &lt;/i&gt; chez Quintilien fait uniquement r&#233;f&#233;rence au caract&#232;re &lt;i&gt;bien rythm&#233;&lt;/i&gt; de la prose, celui qui observe un &lt;i&gt;oratorius numerus&lt;/i&gt; ; pour &#233;voquer le caract&#232;re &lt;i&gt;rythmique &lt;/i&gt; de la po&#233;sie chant&#233;e, Quintilien emploie la translitt&#233;ration du grec &lt;i&gt;enrhythmus&lt;/i&gt;. C'est en fonction de cette mise au point terminologique qu'il reformule le &lt;i&gt;meson &lt;/i&gt; du rythme oratoire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cic&#233;ron le voit parfaitement et donne souvent la preuve qu'il recherche ce qui est bien rythm&#233; &lt;i&gt;(numerosum)&lt;/i&gt;, en sorte qu'il pr&#233;f&#232;re que la composition ne soit pas arythmique &lt;i&gt;(arrhythmum)&lt;/i&gt; &#8212; ce qui serait une marque d'ignorance et de rusticit&#233; &#8212; plut&#244;t que rythmique &lt;i&gt;(enrhythmum)&lt;/i&gt; &#8212; caract&#232;re propre &#224; la po&#233;sie. De la m&#234;me fa&#231;on, nous qui ne voulons pas &#234;tre sportifs professionnels &lt;i&gt;(palaestritas)&lt;/i&gt;, ne voulons pas non plus &#234;tre ceux que l'on appelle &#171; antisportifs &#187; &lt;i&gt;(apalaestroe)&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., IX, 4, 56 : idque Cicero optime uidet ac testatur frequenter (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Conform&#233;ment &#224; la tradition rh&#233;torique, Quintilien d&#233;finit le caract&#232;re &lt;i&gt;bien rythm&#233; (numerosum)&lt;/i&gt; comme le respect d'une position interm&#233;diaire entre l'arythmie et le rythme po&#233;tique. Ainsi, le caract&#232;re bien rythm&#233; est ce qui contient du rythme sans &#234;tre rythmique &#8212; compromis parfaitement &#233;tabli par Cic&#233;ron. La comparaison avec le sport, plus pr&#233;cis&#233;ment avec la palestre, clarifie ce compromis : on peut faire du sport sans &#234;tre un sportif professionnel. Cette r&#233;f&#233;rence &#224; la palestre est loin d'&#234;tre anodine. En effet, dans l'&lt;i&gt;Orator &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 229 : itaque qualis eorum motus quos &#7936;&#960;&#945;&#955;&#945;&#943;&#963;&#964;&#961;&#959;&#965;&#962; Graeci uocant, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Cic&#233;ron compare les orateurs qui ne recherchent pas les effets rythmiques, c'est-&#224;-dire ses adversaires atticistes, &#224; des &#7936;&#960;&#940;&#955;&#945;&#953;&#963;&#964;&#961;&#959;&#953; ; en reprenant cette image, Quintilien affirme donc, une fois de plus, son adh&#233;sion &#224; l'esth&#233;tique cic&#233;ronienne. De plus, le jeu sur les pr&#233;fixes &lt;i&gt;a-/en- (arrhythmum/enrhythmum, palestrita/*apalaestros)&lt;/i&gt; pourrait sugg&#233;rer que Quintilien s'inspire ici directement d'une source grecque, vraisemblablement de Denys d'Halicarnasse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien (Inst., IX, 4, 89) prend d'ailleurs position par rapport &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce dernier &#233;tablit en effet tr&#232;s clairement et de fa&#231;on r&#233;currente la distinction entre ce qui est &lt;i&gt;rythmique &lt;/i&gt; (&#7956;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;) et &lt;i&gt;bien rythm&#233;&lt;/i&gt; (&#949;&#8020;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;) ; la prose est bien rythm&#233;e car elle soumet les rythmes po&#233;tiques &#224; ses propres r&#232;gles, gouvern&#233;es par les principes de vari&#233;t&#233; (&#960;&#959;&#953;&#954;&#953;&#955;&#8055;&#945;) et de variation (&#956;&#949;&#964;&#945;&#946;&#959;&#955;&#8053;). Tout en usant de rythmes, la prose conserve donc son caract&#232;re propre, distinct de celui du po&#232;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Denys d'Halicarnasse, De Demosthenis Dictione, 50, 44 47 ; 61 64 ; De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette mise au point de Quintilien a certainement largement contribu&#233; &#224; &#233;lucider la th&#233;orie cic&#233;ronienne et &#224; &#233;tablir durablement une distinction nette entre rythme oratoire et rythme musical. En t&#233;moigne notamment Diom&#232;de qui souligne que &#171; l'orateur ne doit employer ni des rythmes musicaux ni des m&#232;tres &lt;i&gt;(neque rythmis neque metris)&lt;/i&gt;, sinon, il ne semblerait pas d&#233;clamer un discours mais chanter un po&#232;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Diom&#232;de, Ars grammatica, de arte metrica, GL 1, 468, 5 6 : sed neque rythmis (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il faut bien entendre par &lt;i&gt;rhythmis &lt;/i&gt; les rythmes propres au chant &lt;i&gt;(carmen)&lt;/i&gt;. Ainsi, suivant l'usage instaur&#233; par Quintilien, Diom&#232;de emploie la translitt&#233;ration &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; au sens de &lt;i&gt;rythme musical&lt;/i&gt;, dans une perspective g&#233;n&#233;rique qui s'attache &#224; particulariser deux paroles : le discours et le chant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le transfert terminologique de &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962; &#224; &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; permet &#224; Cic&#233;ron d'affirmer d'embl&#233;e que le rythme oratoire dans l'&#233;loquence romaine, bien qu'il ne soit pas sans rapport avec son pr&#233;d&#233;cesseur grec, r&#233;pond &#224; des lois qui lui sont propres. Le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; doit ainsi constamment conjuguer les lois du nombre au principe de la &lt;i&gt;varietas&lt;/i&gt;, tant dans les combinaisons des pieds que dans les intervalles de dur&#233;e. N&#233;anmoins, ce transfert pose un probl&#232;me : comme &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8057;&#962;, &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; peut d&#233;signer le rythme oratoire, mais aussi le rythme musical. Bien que Cic&#233;ron s'attache, de fa&#231;on r&#233;currente, &#224; les distinguer, cette ambigu&#239;t&#233; terminologique a tr&#232;s probablement aliment&#233; les critiques &#224; son &#233;gard. Quintilien, tout en se pr&#233;sentant comme l'h&#233;ritier de l'esth&#233;tique cic&#233;ronienne, prend donc le parti d'&#233;voquer le rythme de la prose, et seulement lui, par le terme &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; ; le rythme chant&#233;, issu de la pratique grecque, est d&#232;s lors appel&#233; par la translitt&#233;ration grecque &lt;i&gt;rhythmos /rhythmus&lt;/i&gt;. Ainsi, Quintilien op&#232;re la synth&#232;se entre l'h&#233;ritage grec et la tradition latine du rythme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH120/Formarier2-17eae.jpg?1722313826' width='500' height='120' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Hormis cette mise au point terminologique, certes essentielle, la th&#233;orie rythmique de Quintilien reste fid&#232;le &#224; celle de Cic&#233;ron : si le rythme de la po&#233;sie chant&#233;e suit une mesure musicale et se fonde sur la r&#233;p&#233;tition de motifs et de combinaisons, le rythme de la prose ne saurait se laisser brider par de telles contraintes. C'est sa libert&#233; qui en fait toute la force op&#233;ratoire, mais aussi toute la complexit&#233;. Bien qu'il ne soit pas soumis &#224; une pulsation et qu'il ne r&#233;ponde pas &#224; des sch&#233;mas quantitatifs ou accentuels pr&#233;visibles, il doit pouvoir &#234;tre per&#231;u sans ambigu&#239;t&#233; par l'auditoire. Modulation et vari&#233;t&#233;, voil&#224; donc les fondements du rythme d&#233;clam&#233;. Pour reprendre la formule d'H. Meschonnic, &#171; rythme dans le langage n'a pas le m&#234;me sens que dans la musique. Il ne peut, il ne doit y avoir une th&#233;orie unique du rythme &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meschonnic, 1982, p. 119.&#034; id=&#034;nh4-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Lorsque Cic&#233;ron d&#233;fend l'emploi d'une &lt;i&gt;oratio numerosa&lt;/i&gt;, il entend donc par l&#224; une prose soign&#233;e dans laquelle intervient un numerus qui se distingue du rythme battu de la parole chant&#233;e, un rythme libre qui pourrait s'apparenter, hypoth&#233;tiquement, &#224; ce que l'on appelle d&#233;sormais le &lt;i&gt;tempo rubato&lt;/i&gt;, parole musicale qui &#171; na&#238;t bien de la libert&#233; m&#234;me du geste vocal, symbole d'un acte qui ne saurait se soumettre &#224; la fixit&#233; d'une forme faisant obstacle &#224; son libre d&#233;ploiement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brelet, G., Le Temps musical. Essai d'une esth&#233;tique nouvelle de la musique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic&#233;ron, &lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, 67 : &lt;i&gt;quicquid est enim, quod sub aurium mensuram aliquam cadit, etiamsi abest a uersu &#8211; nam id quidem orationis est uitium &#8211; numerus uocatur, qui Graece &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8056;&#962; dicitur&lt;/i&gt;. Voir aussi Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 170 ; Quintilien, &lt;i&gt;Institution Oratoire&lt;/i&gt;, IX, 4, 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nicolas, C., &lt;i&gt;Sic enim appello... Essai sur l'autonymie terminologique bilingue gr&#233;co-latine chez Cic&#233;ron&lt;/i&gt;, Louvain-Paris-Dudley (Ma), Peeters, 2005, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'&#233;quivalence entre &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;nombre &lt;/i&gt; est maintenue en fran&#231;ais par le biais de cette m&#234;me convergence isotopique. Voir notamment la d&#233;finition de &lt;i&gt;nombre &lt;/i&gt; dans le &lt;i&gt;Littr&#233; &lt;/i&gt; : &#171; Harmonie qui r&#233;sulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers &#187;, &#171; Le nombre oratoire, le rhythme plus ou moins large de la phrase &#233;loquente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, III. 8, 1408b 28 29 : &#8001; &#948;&#8050; &#964;&#959;&#8166; &#963;&#967;&#942;&#956;&#945;&#964;&#959;&#962; &#964;&#8134;&#962; &#955;&#941;&#958;&#949;&#969;&#962; &#7936;&#961;&#953;&#952;&#956;&#8056;&#962; &#8165;&#965;&#952;&#956;&#972;&#962; &#7952;&#963;&#964;&#953;&#957; [...].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiron, P., &lt;i&gt;Un rh&#233;teur m&#233;connu, D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re (ps. D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re). Essai sur les mutations de la th&#233;orie du style &#224; l'&#233;poque hell&#233;nistique&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 2001, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic&#233;ron, &lt;i&gt;De Oratore&lt;/i&gt;, III, 177 ; Or., 185 ; Quint., 2, 21, 1. Sur le concept &#963;&#967;&#8134;&#956;&#945; / &lt;i&gt;figura&lt;/i&gt;, voir Celentano, M. S., Chiron, P. et No&#235;l, M.-P., &lt;i&gt;Skh&#232;ma/Figura : formes et figures chez les Anciens : rh&#233;torique, philosophie, litt&#233;rature&lt;/i&gt;, Paris, ENS rue d'Ulm, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sauvanet, P., &lt;i&gt;Le rythme et la raison. I &#8211; Rythmologiques&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 2000, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Benveniste, E., &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1951, p. 333.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette conception est expos&#233;e par Aristote, &lt;i&gt;M&#233;taphysique&lt;/i&gt;, 985b 13 17. Voir Benveniste, 1951, p. 328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 28 29.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristox&#232;ne, &lt;i&gt;Elementa Rhythmica&lt;/i&gt;, 2, 9.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Expression emprunt&#233;e &#224; B&#233;lis, A., &lt;i&gt;Aristox&#232;ne et Aristote, le trait&#233; d'harmonique. &#201;tude et commentaire&lt;/i&gt;, Paris, Klinksieck, 1986, p. 204.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., III, 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 170 ; 227. Id&#233;e reprise par Quintilien, &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Concernant la querelle atticiste, l'&#233;tat de la question est &#233;tabli par Wisse, J., &#171; The Intellectual Background of the Rhetorical Works &#187;, dans J. M. May (dir.), &lt;i&gt;Brill's Companion to Cicero. Oratory and Rhetoric&lt;/i&gt;, Leiden, Brill, 2002, p. 364 368, et par Narducci, E., &#171; Brutus : the History of Roman Eloquence &#187;, &lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 408-412. E. Narducci consacre &#233;galement un chapitre complet sur ce sujet dans &lt;i&gt;Cicerone. La parola e la politica&lt;/i&gt;, Bari, Laterza, 2009, p. 366-382.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 170 : &lt;i&gt;sed habet nomen inuidiam, cum in oratione iudiciali et forensi numerus Latine, Graece &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8056;&#962; inesse dicitur. nimis enim insidiarum ad capiundas auris adhiberi uidetur, si etiam in dicendo numeri ab oratore quaeruntur. hoc freti isti et ipsi infracta et amputata locuntur et eos uituperant qui apta et finita pronuntiant&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le choix de Lysias comme mod&#232;le par la nouvelle g&#233;n&#233;ration atticiste, voir Wisse, J., &#171; Greeks, Romans and the Rise of Atticism &#187;, dans J. G. J. Abbenes, S. R. Slings et I. Sluiters (dir.), &lt;i&gt;Greek Literary after Aristotle : a Collection of Papers in Honour of D. M. Schenkeveld&lt;/i&gt;, Amsterdam, V. U. University Press, 1995, p. 67 ; Narducci, 2002, p. 410.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 190 ; 201 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Meschonnic, H., &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du langage&lt;/i&gt;, Paris, Verdier, 1982, p. 404. Voir &#233;galement Gentili, B. et Lomiento, L., &lt;i&gt;Metrica e ritmica : storia delle forme poetiche nella Grecia antica&lt;/i&gt;, Milano, Mondadori Universit&#224;, 2003, p. 68 90 ; Aujac, G. et Lebel, M., &lt;i&gt;Denys d'Halicarnasse, opuscules rh&#233;toriques, tome III, La Composition stylistique&lt;/i&gt;, Paris, les Belles Lettres, 2003, p. 91.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., III, 176-177 : &lt;i&gt;nihil est enim tam tenerum neque tam flexibile neque quod tam facile sequatur quocumque ducas quam oratio. ex hac uersus, ex eadem dispares numeri conficiuntur ; ex hac haec etiam soluta uariis modis multorumque generum oratio&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dangel, J., &#171; Prol&#233;gom&#232;nes &#187;, dans J. Dangel (dir.) &lt;i&gt;Le po&#232;te architecte : arts m&#233;triques et art po&#233;tique latins&lt;/i&gt;, Louvain-Paris-Dudley (Ma), Peeters, 2001, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 52. Cela est vrai aussi pour la langue grecque. Voir Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 34 ; D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, &lt;i&gt;Du Style&lt;/i&gt;, 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 183 184 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 195 196 : &lt;i&gt;ego autem sentio omnis in oratione esse quasi permixtos et confusos pedes. nec enim effugere possemus animaduersionem, si semper isdem uteremur, quia nec numerosa esse ut poema neque extra numerum ut sermo uolgi esse debet oratio &#8212; alterum nimis est uinctum, ut de industria factum appareat, alterum nimis dissolutum, ut peruagatum ac uolgare uideatur ; ut ab altero non delectere, alterum oderis&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Dover, K., &lt;i&gt;The Evolution of Greek Prose Style&lt;/i&gt;, New-York, Oxford, Clarendon Press, 1997, p. 174 ; Kennedy, G. A., &lt;i&gt;Classical Rhetoric and its Christian Secular Tradition from Ancient to Modern Times&lt;/i&gt;, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1999, p. 91 93.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 21 22 : &#964;&#8056; &#948;&#8050; &#963;&#967;&#8134;&#956;&#945; &#964;&#8134;&#962; &#955;&#941;&#958;&#949;&#969;&#962; &#948;&#949;&#8150; &#956;&#942;&#964;&#949; &#7956;&#956;&#956;&#949;&#964;&#961;&#959;&#957; &#949;&#7990;&#957;&#945;&#953; &#956;&#942;&#964;&#949; &#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1409a 22 23 : &#949;&#8020;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957; &#948;&#949;&#8150; &#949;&#7990;&#957;&#945;&#953; &#964;&#8052;&#957; &#955;&#941;&#958;&#953;&#957; &#954;&#945;&#8054; &#956;&#8052; &#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957;. Voir &#233;galement D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, &lt;i&gt;Du style&lt;/i&gt;, 42 ; 117.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 30 32 : &#948;&#953;&#8056; &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8056;&#957; &#948;&#949;&#8150; &#7956;&#967;&#949;&#953;&#957; &#964;&#8056;&#957; &#955;&#972;&#947;&#959;&#957;, &#956;&#941;&#964;&#961;&#959;&#957; &#948;&#8050; &#956;&#942;&#8226; &#960;&#959;&#943;&#951;&#956;&#945; &#947;&#8048;&#961; &#7956;&#963;&#964;&#945;&#953;. &#8165;&#965;&#952;&#956;&#8056;&#957; &#948;&#8050; &#956;&#8052; &#7936;&#954;&#961;&#953;&#946;&#8182;&#962;&#8226; &#964;&#959;&#8166;&#964;&#959; &#948;&#8050; &#7956;&#963;&#964;&#945;&#953; &#7952;&#8048;&#957; &#956;&#941;&#967;&#961;&#953; &#964;&#959;&#965; &#8086;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III, 8, 1408b 26 28 : &#964;&#8056; &#948;&#8050; &#7940;&#961;&#961;&#965;&#952;&#956;&#959;&#957; &#7936;&#960;&#941;&#961;&#945;&#957;&#964;&#959;&#957;, &#948;&#949;&#8150; &#948;&#8050; &#960;&#949;&#960;&#949;&#961;&#940;&#957;&#952;&#945;&#953; &#956;&#941;&#957;, &#956;&#8052; &#956;&#941;&#964;&#961;&#8179; &#948;&#941;&#8226; &#7936;&#951;&#948;&#8050;&#962; &#947;&#8048;&#961; &#954;&#945;&#8054; &#7940;&#947;&#957;&#969;&#963;&#964;&#959;&#957; &#964;&#8056; &#7940;&#960;&#949;&#953;&#961;&#959;&#957; (l'arythmique est ind&#233;termin&#233; ; or, &lt;la prose&gt; doit &#234;tre d&#233;termin&#233;e, mais pas par un m&#232;tre. De fait, l'ind&#233;termin&#233; fait obstacle au plaisir et &#224; la connaissance).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chiron, 2001, p. 263.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 22 26 : &#964;&#8056; &#956;&#8050;&#957; &#947;&#8048;&#961; &#7936;&#960;&#943;&#952;&#945;&#957;&#959;&#957; (&#960;&#949;&#960;&#955;&#940;&#963;&#952;&#945;&#953; &#947;&#8048;&#961; &#948;&#959;&#954;&#949;&#8150;), &#954;&#945;&#8054; &#7941;&#956;&#945; &#954;&#945;&#8054; &#7952;&#958;&#943;&#963;&#964;&#951;&#963;&#953; &#8226; &#960;&#961;&#959;&#963;&#941;&#967;&#949;&#953;&#957; &#947;&#8048;&#961; &#960;&#959;&#953;&#949;&#8150; &#964;&#8183; &#8001;&#956;&#959;&#943;&#8179;, &#960;&#972;&#964;&#949; &#960;&#940;&#955;&#953;&#957; &#7973;&#958;&#949;&#953; &#8226; &#8037;&#963;&#960;&#949;&#961; &#959;&#8022;&#957; &#964;&#8182;&#957; &#954;&#951;&#961;&#973;&#954;&#969;&#957; &#960;&#961;&#959;&#955;&#945;&#956;&#946;&#940;&#957;&#959;&#965;&#963;&#953; &#964;&#8048; &#960;&#945;&#953;&#948;&#943;&#945; &#964;&#8056; &#171; &#964;&#943;&#957;&#945; &#945;&#7985;&#961;&#949;&#8150;&#964;&#945;&#953; &#7952;&#960;&#943;&#964;&#961;&#959;&#960;&#959;&#957; &#8001; &#7936;&#960;&#949;&#955;&#949;&#965;&#952;&#949;&#961;&#959;&#973;&#956;&#949;&#957;&#959;&#962; ; &#187; &#171; &#922;&#955;&#941;&#969;&#957;&#945; &#187; (&lt;le m&#233;trique&gt; fait obstacle &#224; la persuasion (car il semble artificiel) et en outre, il d&#233;concentre. En effet, il attire l'attention sur ce qui est identique et sur le moment o&#249; celui-ci se r&#233;p&#232;te. Il en va ainsi lorsqu'&#224; la question des h&#233;rauts : &#171; Qui l'affranchi choisit-il comme patron ? &#187;, les enfants r&#233;pondent : &#171; Cl&#233;on ! &#187;). Voir Chiron, 2001, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arist. &lt;i&gt;Rh&#233;t&lt;/i&gt;., III. 8, 1408b 31 1409a 6 ; D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, &lt;i&gt;Du Style&lt;/i&gt;, 39 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 192.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien (&lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 91) reprend cette id&#233;e d'une vari&#233;t&#233; combinatoire inh&#233;rente au numerus oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, III, 190 : &lt;i&gt;neque sunt haec rhythmicorum aut musicorum acerrima norma dirigenda&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., III, 185 : &lt;i&gt;si numerosum est id in omnibus sonis atque uocibus, quod habet quasdam impressiones et quod metiri possumus interuallis aequalibus, recte genus hoc numerorum, dummodo ne continui sint, in orationis laude ponetur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur le sens musical du terme &lt;i&gt;impressio&lt;/i&gt;, voir Pighi, G. B., &lt;i&gt;Studi di Ritmica e Metrica&lt;/i&gt;, Torino, Bottega d'Erasmo, 1970, p. 70 71.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., III, 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 198 : &lt;i&gt;nec uero is cursus est numerorum &#8212; orationis dico ; nam est longe aliter in uersibus &#8212; nihil ut fiat extra modum ; nam id quidem esset poema ; sed omnis nec claudicans nec quasi fluctuans et aequabiliter constanterque ingrediens numerosa habetur oratio. atque id in dicendo numerosum putatur, non quod totum constat e numeris, sed quod ad numeros proxime accedit ; quo etiam difficilius est oratione uti quam uerstibus, quod in illis certa quaedam et definita lex est, quam sequi sit necesse ; in dicendo autem nihil est propositum, nisi ut ne immoderata aut angusta aut dissoluta aut fluens sit oratio. itaque non sunt in ea tamquam tibicinii percussionum modi, sed uniuersa comprehensio et species orationis clausa et terminata est, quod uoluptate aurium iudicatur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'intrication du rapport et de la proportion voir Ghyka, M., &lt;i&gt;Essai sur le rythme&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1938, p. 28 ; concernant plus sp&#233;cifiquement le discours, voir Meschonnic, 1982, p. 225.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Brutus&lt;/i&gt;, 162 ; Or., 149 ; 213 214 ; 221 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 115 ; 121 ; 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 125 : &lt;i&gt;praestare debet ut sensum concludat ; sit aperta, ut intellegi possit, non inmodica, ut memoria contineri&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 221 222 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;. 221 : &lt;i&gt;sed habeo mediocratis rationem ; nec enim loquor de uersu et est liberior aliquanto oratio&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 1 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 53 55 : &lt;i&gt;at Cicero frequentissime dicit totum hoc constare numeris, ideoque reprehenditur a quibusdam tamquam orationem ad rhythmos alliget. Nam sunt numeri rhythmoe, ut et ipse constituit et secuti eum Vergilius, cum dicit &#171; Numeros memini ; si uerba tenerem &#187; et Horatius &#171; Numerisque fertur / lege solutis &#187;. Inuadunt ergo hanc inter ceteras uocem : &#171; neque enim Demosthenis fulmina tantopere uibratura &#187; dicit &#171; nisi numeris contorta ferrentur &#187; : in quo si hoc sentit : &#171; rhythmis contorta &#187;, dissentio. nam rhythmi, ut dixi, neque finem habent certum nec ullam in contextu uarietatem sed qua coeperunt sublatione ac positione ad finem usque decurrunt ; oratio non descendet ad crepitum digitorum&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 232 236.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Neque me diuitiae mouent quibus omnes Africanos et Laelios multi uenalicii mercatoresque superarunt, neque uestis aut caelatum, aurum et argentum quo nostros ueteres Marcellos Maximosque multi eunuchi e Syria Agyptoque uicerunt, neque uero ornamenta ista uillarum quibus Lucium Paulum et Lucium Mummium qui rebus his urbem Italiamque omnem referserunt ab aliquo uideo perfacile Deliaco aut Syro potuisse superari&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Abesse non potest quin eiusdem hominis sit probos improbare qui improbos probet.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien (&lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 14 15) reprend ces deux exemples dans son trait&#233; pour illustrer &#233;galement l'importance de l'ordre des mots dans le numerus oratoire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 233 : &lt;i&gt;uidesne ut ordine uerborum paululum commutato, isdem tamen uerbis stante sententia, ad nihilum omnia recidant, cum sint ex aptis dissoluta ?&lt;/i&gt; (vois-tu qu'en ayant chang&#233; un tout petit peu l'ordre des mots, alors m&#234;me que la pens&#233;e demeure par les m&#234;mes mots, tous les effets sont r&#233;duits &#224; n&#233;ant quand ce qui &#233;tait li&#233; a &#233;t&#233; d&#233;tach&#233; ?).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, &lt;i&gt;Du Style&lt;/i&gt;, 11 : &#954;&#945;&#952;&#8057;&#955;&#959;&#965; &#948;&#8050; &#959;&#8016;&#948;&#949;&#957; &#7969; &#960;&#949;&#961;&#8055;&#959;&#948;&#8057;&#962; &#7952;&#963;&#964;&#953; &#960;&#955;&#8052;&#957; &#960;&#959;&#953;&#8048; &#963;&#8059;&#957;&#952;&#949;&#963;&#953;&#962;. &#949;&#7984; &#947;&#959;&#8166;&#957; &#955;&#965;&#952;&#949;&#8055;&#951; &#945;&#8016;&#964;&#8134;&#962; &#964;&#8056; &#960;&#949;&#961;&#953;&#969;&#948;&#949;&#965;&#956;&#8051;&#957;&#959;&#957; &#954;&#945;&#8054; &#956;&#949;&#964;&#945;&#963;&#965;&#957;&#964;&#949;&#952;&#949;&#8055;&#951;, &#964;&#8048; &#956;&#8050;&#957; &#960;&#961;&#8049;&#947;&#956;&#945;&#964;&#945; &#956;&#8051;&#957;&#949;&#953; &#964;&#8048; &#945;&#8016;&#964;&#8049;, &#960;&#949;&#961;&#8055;&#959;&#948;&#959;&#962; &#948;&#8050; &#959;&#8016;&#954; &#7956;&#963;&#964;&#945;&#953; [...].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'influence de D&#233;mosth&#232;ne dans la rh&#233;torique cic&#233;ronienne, en particulier dans le contexte de la querelle atticiste, voir Narducci, 2009, p. 373-375.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 50.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 57 : &lt;i&gt;ego certe, ne in calumniam cadam, qua ne M. quidem Tullius caruit, posco hoc mihi, ut, cum pro composito dixero numerum et ubicumque iam dixi, oratorium dicere intellegar&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien (&lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., I, 10, 22) renvoie d'ailleurs &#224; l'enseignement d'Aristox&#232;ne au d&#233;but de son trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 53 55.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 56 : &lt;i&gt;idque Cicero optime uidet ac testatur frequenter se quod numerosum sit quaerere ut magis non arrhythmum, quod esset inscitum atque agreste, quam enrhythmum, quod poeticum est, esse compositionem uelit : sicut etiam quos palaestritas esse nolumus, tamen esse nolumus eos qui dicuntur apalaestroe.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 229 : &lt;i&gt;itaque qualis eorum motus quos &#7936;&#960;&#945;&#955;&#945;&#943;&#963;&#964;&#961;&#959;&#965;&#962; Graeci uocant, talis horum mihi uidetur oratio qui non claudunt numeris sententias&lt;/i&gt; (c'est pourquoi tels les mouvements de ceux que les Grecs appellent &#7936;&#960;&#8049;&#955;&#945;&#953;&#963;&#964;&#961;&#959;&#953;, tel me para&#238;t le style des orateurs qui n'ach&#232;vent pas leurs phrases par des rythmes).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien (&lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., IX, 4, 89) prend d'ailleurs position par rapport &#224; la th&#233;orie rythmique de Denys d'Halicarnasse, au sujet plus pr&#233;cis&#233;ment du choix des pieds dans la prose.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Denys d'Halicarnasse, &lt;i&gt;De Demosthenis Dictione&lt;/i&gt;, 50, 44 47 ; 61 64 ; &lt;i&gt;De Compositione Verborum&lt;/i&gt;, 25, 45 50 ; 61 63.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Diom&#232;de, &lt;i&gt;Ars grammatica, de arte metrica&lt;/i&gt;, GL 1, 468, 5 6 : &lt;i&gt;sed neque rythmis neque metris oratorem uti decet, ne non dicere sed carmen canere uideatur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Meschonnic, 1982, p. 119.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Brelet, G., &lt;i&gt;Le Temps musical. Essai d'une esth&#233;tique nouvelle de la musique. Tome I : la forme sonore et la forme rythmique&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1949, p. 270.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rythme, plaisir de l'&#233;coute et conversion chez Augustin
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article721</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article721</guid>
		<dc:date>2012-09-20T12:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : La pr&#233;dication d'Augustin est l'h&#233;riti&#232;re de l'&#233;loquence classique ; mais elle inaugure aussi de nouvelles m&#233;thodes de communication. Suivant les principes cic&#233;roniens, Augustin est particuli&#232;rement conscient de la force persuasive des rythmes, des intonations et des gestes. Selon la doctrine classique, lorsque ceux-ci sont appropri&#233;s, l'orateur est en mesure de fl&#233;chir les croyances et les &#233;motions de l'auditoire, lettr&#233; ou illettr&#233;. N&#233;anmoins, l'intentionnalit&#233; propre au sermon (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La d&#233;finition augustinienne du rythme&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;La d&#233;finition augustinienne du rythme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le plaisir de l'&#233;coute&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Le plaisir de l'&#233;coute&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Rythme et conversion dans le sermon&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Rythme et conversion dans le sermon&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;/strong&gt; La pr&#233;dication d'Augustin est l'h&#233;riti&#232;re de l'&#233;loquence classique ; mais elle inaugure aussi de nouvelles m&#233;thodes de communication. Suivant les principes cic&#233;roniens, Augustin est particuli&#232;rement conscient de la force persuasive des rythmes, des intonations et des gestes. Selon la doctrine classique, lorsque ceux-ci sont appropri&#233;s, l'orateur est en mesure de fl&#233;chir les croyances et les &#233;motions de l'auditoire, lettr&#233; ou illettr&#233;. N&#233;anmoins, l'intentionnalit&#233; propre au sermon augustinien, qui a pour objectif &#224; la fois de convertir et de prescrire par le biais d'une le&#231;on salutaire, mais aussi le contexte linguistique et culturel de l'Afrique tardive, modifient profond&#233;ment les paradigmes de la musicalit&#233; oratoire, notamment rythmiques. D&#232;s lors, comment Augustin parvient-il &#224; concilier les exigences esth&#233;tiques de l'art oratoire, en particulier l'usage du &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, et la n&#233;cessit&#233; d'&#233;mettre un discours compr&#233;hensible par tous ? Dans quelle mesure les choix rythmiques dans les sermons d'Augustin illustrent-ils ce mouvement dialectique qui entrelace tradition et mouvement ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Augustin est sans doute l'une des figures qui a marqu&#233; le plus la pr&#233;dication chr&#233;tienne tardive et m&#233;di&#233;vale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Br&#252;nholzl, F., Histoire de la litt&#233;rature latine au Moyen-&#194;ge (vol. I, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. V&#233;ritable cha&#238;non entre Antiquit&#233; et Moyen-&#194;ge, il a inaugur&#233; un nouveau mode de communication, soucieux de ce que l'on appelle aujourd'hui la &#171; pragmatique &#187; du discours. Cette conscience extraordinaire de la n&#233;cessit&#233; d'adapter son &#233;nonc&#233; et son &#233;nonciation au profil socio-culturel de l'auditoire est ancr&#233;e dans une connaissance approfondie des techniques relevant &#224; la fois du discours et du chant. Augustin est en effet l'auteur de trait&#233;s relevant de la pr&#233;dication (notamment le livre IV du &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;) et de la musique (le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; qui n'est pas, comme on le lit parfois, un trait&#233; de m&#233;trique). On ne s'&#233;tonne pas, d&#232;s lors, que l'approche augustinienne du rythme soit nourrie de concepts oratoires et musicaux ; c'est justement ce choix &#233;pist&#233;mologique et spirituel qui m'int&#233;resse ici : quelle fonction le rythme, con&#231;u comme un outil musical et oratoire, tient-il dans la s&#233;miotique augustinienne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De fait, pour Augustin, les signes produits par la voix et les gestes &lt;i&gt;(signa)&lt;/i&gt;, autrement dit, les syst&#232;mes s&#233;miotiques incluant les signes linguistiques et corporels, r&#233;v&#232;lent une r&#233;alit&#233; qui existe par elle-m&#234;me, la seule &#224; ne pas &#234;tre signe : Dieu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Doctr. Chr., II, 3, 1 ; II, 3, 20 ; De Trin., XV, 10, 80 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#171; Le signe est une chose qui nous fait penser &#224; quelque chose au-del&#224; de l'impression que la chose m&#234;me fait sur nos sens &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., II, 1, 1 : Signum est enim res praeter speciem, quam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces signes sont imparfaits car ils se d&#233;roulent n&#233;cessairement suivant la ligne du temps, alors que l'esprit peut concevoir la r&#233;alit&#233; de fa&#231;on imm&#233;diate, par l'inspiration et la fulgurance. D'autre part, ces signes sont relatifs puisqu'ils sont d&#233;pendants des syst&#232;mes linguistiques et culturels ; Augustin donne l'exemple des noms qui d&#233;signent Dieu en grec, en latin et en punique. Chacun de ces noms est diff&#233;rent ; pourtant, la r&#233;alit&#233; est la m&#234;me :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Tout ce que je comprends, je veux que mon auditeur le comprenne, et je sens que je ne parle pas de fa&#231;on &#224; r&#233;ussir. Cela tient surtout &#224; ce que l'intuition inonde l'esprit comme d'une fulguration soudaine, alors que l'&#233;locution est longue, lente et fort diff&#233;rente. Et, tandis que celle-ci se d&#233;roule, celle-l&#224; s'est d&#233;j&#224; cach&#233;e dans sa retraite. Toutefois, l'intuition grave dans la m&#233;moire, de fa&#231;on &#233;tonnante, certaines empreintes qui subsistent au cours des br&#232;ves &#233;missions des syllabes ; et ce sont ces empreintes qui nous servent &#224; fa&#231;onner les signes sonores qui forment ce que nous appelons une langue, latine, grecque, h&#233;bra&#239;que ou autre &#8212; que ces signes soient seulement pens&#233;s ou qu'ils soient aussi prof&#233;r&#233;s oralement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Cat. rud., 2, 3 : Totum enim quod intellego uolo ut qui me audit (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la s&#233;miotique augustinienne est syst&#233;matiquement associ&#233;e aux probl&#232;mes pos&#233;s par la communication et la pragmatique. Augustin distingue donc les empreintes &lt;i&gt;(uestigia)&lt;/i&gt; laiss&#233;es par le Verbe pr&#233;linguistique, et les signes &lt;i&gt;(signa)&lt;/i&gt; intentionnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Augustin fait la distinction entre signes naturels (la fum&#233;e d'un feu) et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui expriment ce Verbe. Les signes sont imparfaits, mais n&#233;cessaires pour la diffusion du Verbe divin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Trin., XV, 10, 19.&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, dans le cadre particulier de la parole chr&#233;tienne (sermon ou chant), cette s&#233;miotique suppose que Dieu peut se r&#233;v&#233;ler dans le discours selon deux modalit&#233;s distinctes : l'inspiration, y compris &#224; l'insu du locuteur, et les techniques oratoires ou musicales, apprises par ce m&#234;me locuteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Doctr. Chr., I, 11, 11 ; 12, 11 ; Cameron, A., Christianity and (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La d&#233;finition augustinienne du rythme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e principale qui surplombe la th&#233;orie augustinienne du rythme musical est issue de la th&#233;orie n&#233;oplatonicienne : la musique humaine est un reflet imparfait de la musique divine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Spitzer, L., Classical and Christian Ideas of World Harmony. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette id&#233;e est ais&#233;ment transf&#233;r&#233;e dans la culture chr&#233;tienne, notamment par Orig&#232;ne dans le &lt;i&gt;Trait&#233; des Principes&lt;/i&gt;. Dieu organise et synth&#233;tise la diversit&#233; de la mati&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Orig. Pr., 2, 1, 1 3.&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chez Augustin, en particulier dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, la cr&#233;ation divine peut se d&#233;finir comme l'application de nombres &#224; la mati&#232;re ; en r&#233;sultent les proportions et la beaut&#233; du monde. Par cons&#233;quent, le nombre se dote d'une dimension sacr&#233;e, puisqu'il est &#224; la fois un principe &#224; l'origine de la vie et partie prenante de cette vie. Suivant cette perspective, le rythme se r&#233;v&#232;le comme une modalit&#233; sp&#233;cifique de l'interaction entre le nombre et l'&#234;tre. De la m&#234;me fa&#231;on qu'un musicien pr&#233;voit ce qu'il va interpr&#233;ter, en particulier les intervalles m&#233;lodiques et duratifs qu'il va employer, Dieu, pour Augustin, dispose selon sa volont&#233; les &#234;tres et les choses du monde &#224; la fois dans l'espace et dans le temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir sur ce point Spitzer, 1963, p. 31 ; Madec, G., Lectures augustiniennes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette disposition s'op&#232;re selon le respect des rapports arithm&#233;tiques, identifi&#233; par Augustin comme l'eurythmie &lt;i&gt;(numerositas)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 12, 36 ; 13, 38.&#034; id=&#034;nh5-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est dans ce cadre qu'Augustin &#233;tablit une hi&#233;rarchie des diff&#233;rents rythmes, selon le param&#232;tre de la temporalit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 4, 6.&#034; id=&#034;nh5-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les rythmes immuables et &#233;ternels &#233;manent de Dieu, tandis que les rythmes humains n'ont d'existence qu'au moment o&#249; l'homme les produit et les per&#231;oit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 4, 5.&#034; id=&#034;nh5-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les rythmes humains sont &#233;ph&#233;m&#232;res, semblables &#224; la trace laiss&#233;e par une pierre jet&#233;e dans l'eau, qui appara&#238;t bri&#232;vement pour dispara&#238;tre &#224; jamais&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 2, 3.&#034; id=&#034;nh5-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'inverse, les rythmes divins sont &#233;ternels, comme celui qui les produit, et peuvent exister ind&#233;pendamment des sens humains : ils sont l&#224;, m&#234;me quand personne ne les entend&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 2, 3.&#034; id=&#034;nh5-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Augustin mentionne n&#233;anmoins une cat&#233;gorie interm&#233;diaire de rythmes : les rythmes sp&#233;culatifs &lt;i&gt;(numeri iudicales)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., VI, 6, 16 ; 6, 7, 17.&#034; id=&#034;nh5-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ceux-ci prennent leur source dans l'&#226;me ; ainsi, m&#234;me humains, ils sont &#233;ternels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 7, 17.&#034; id=&#034;nh5-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils ne d&#233;pendent pas des sens, mais de la raison : par une op&#233;ration intellectuelle qui tend &#224; d&#233;tacher l'homme de la mati&#232;re et &#224; r&#233;duire la diversit&#233; &#224; l'unit&#233;, la raison produit ces rythmes sp&#233;culatifs. Or, pour Augustin, le v&#233;ritable but poursuivi par l'apprentissage de la musique, dont on suit le cheminement &#224; travers le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, est la facult&#233; d'appr&#233;hender ces rythmes sp&#233;culatifs, pr&#233;ambule &#224; la contemplation des rythmes proprement divins&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., VI, 1, 1.&#034; id=&#034;nh5-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une fois cette hi&#233;rarchie pos&#233;e, Augustin reprend &#224; son compte des th&#233;ories rythmiques antiques. Comme Cic&#233;ron et Quintilien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Cic. Or., 194 ; Quint. Inst., IX, 4, 48.&#034; id=&#034;nh5-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il distingue notamment le rythme du m&#232;tre au d&#233;but du livre III du &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;D : Tu as dit que la diff&#233;rence entre le rythme et le m&#232;tre &#233;tait que dans le rythme, l'assemblage de pieds n'a pas de fin d&#233;termin&#233;e, alors qu'il en a une dans le m&#232;tre. Ainsi, cet assemblage de pieds dont tu parles est appr&#233;hend&#233; comme tenant du rythme et du m&#232;tre. N&#233;anmoins, dans le premier il est infini, dans le second fini.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., III, 7, 15 : D. Quia inter rhythmum et metrum hoc interesse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le rythme fournit donc la base sur laquelle peut venir se greffer le m&#232;tre chant&#233; ou jou&#233;. Augustin prend l'exemple des percussionnistes, joueurs de &lt;i&gt;scabellum &lt;/i&gt; et de cymbales, qui donnent une battue r&#233;guli&#232;re dont la fin n'est pas d&#233;termin&#233;e ; la m&#233;lodie jou&#233;e par les &lt;i&gt;tibiae&lt;/i&gt; est donc n&#233;cessaire pour dessiner les contours et poser une fin&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aug. De Mus., III, 1, 1.&#034; id=&#034;nh5-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend d&#232;s lors la fameuse formule : &#171; Tout m&#232;tre est un rythme mais tout rythme n'est pas un m&#232;tre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., III, 1, 2 : Omne metrum rhythmus, non omnis rhythmus etiam (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le m&#232;tre est un rythme contraint, soumis &#224; des sch&#233;mas fixes et d&#233;limit&#233;s. Le rythme peut, en revanche, se d&#233;rouler &#224; l'infini, en toute libert&#233;. Augustin rel&#232;ve une autre diff&#233;rence fondamentale entre rythme et m&#232;tre. Il sp&#233;cifie que le rythme est fond&#233; sur les temps, le m&#232;tre sur les syllabes. D&#232;s l'origine, cette distinction avait pour vocation de s&#233;parer nettement la rythmique de la m&#233;trique ; cet antagonisme prend une signification particuli&#232;re &#224; l'&#233;poque d'Augustin, qui conna&#238;t des &#233;volutions linguistiques d&#233;terminantes dans le passage du latin classique au latin tardif. Comme je l'ai montr&#233; ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formarier, M., &#171; Afrae aures de correptione uocalium uel productione non (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les Africains perdent progressivement la facult&#233; de d&#233;terminer si telle ou telle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve en fonction des r&#232;gles classiques ; ce qui ne signifie pas qu'ils sont incapables de faire la diff&#233;rence entre une syllabe longue et une syllabe br&#232;ve, comme on a pu le lire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Lancel, S., &#171; La fin et la survie de la latinit&#233; en Afrique du Nord : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce contexte linguistique en mutation permet d'&#233;clairer la distinction op&#233;r&#233;e par Augustin entre rythmique et m&#233;trique, entre musicien et grammairien :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Si l&#224; o&#249; il faut deux longues, tu places un mot dont tu prononces la premi&#232;re br&#232;ve comme une longue, alors la musique ne s'irritera en rien du tout. Car les temps ex&#233;cut&#233;s par la voix parviennent aux oreilles selon les exigences du rythme. Le grammairien au contraire demandera que cela soit corrig&#233;, et voudra que tu places un mot dont la premi&#232;re syllabe est n&#233;cessairement allong&#233;e, en fonction de l'autorit&#233; des Anciens, comme on dit, dont le grammairien garde les &#233;crits.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., II, 1, 1 : Nam si eo loco ubi duas longas syllabas poni decet, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le Ma&#238;tre explique la diff&#233;rence entre rythme et m&#232;tre en prenant un exemple concret : le musicien &lt;i&gt;(musicus)&lt;/i&gt;, sp&#233;cialiste de la th&#233;orie des rythmes et des modes, et le grammairien &lt;i&gt;(grammaticus)&lt;/i&gt;, gardien de l'autorit&#233; des classiques, adoptent deux positionnements contradictoires face au probl&#232;me relev&#233; dans ce passage. Pour le grammairien, la priorit&#233; est la correction des quantit&#233;s et le respect des sch&#233;mas m&#233;triques classiques ; pour le musicien, il s'agit avant tout de respecter la mesure musicale, d&#233;termin&#233;e par le nombre de temps. Le Ma&#238;tre fait une exp&#233;rience comparable avec le Disciple. Il r&#233;cite plusieurs fois le premier vers de l'&lt;i&gt;&#201;n&#233;ide &lt;/i&gt; en modifiant la fin :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M. Voici &#224; pr&#233;sent ma question : le son des vers te transporte-t-il parfois et son &#233;coute te procure-t-elle alors du plaisir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Oui, tr&#232;s souvent, &#224; tel point que je ne saurais &#233;couter un vers sans &#234;tre charm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Si, dans un vers dont l'&#233;coute te charme, on allonge ou bien on abr&#232;ge des syllabes l&#224; o&#249; le syst&#232;me de ce m&#234;me vers ne le r&#233;clame pas, peux-tu &#234;tre charm&#233; de la m&#234;me fa&#231;on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Non, je ne peux &#233;couter ce vers sans &#234;tre choqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Donc, sans aucun doute, dans le son dont tu dis qu'il te charme, c'est une certaine mesure des rythmes qui te charme ; si elle est rompue, ce charme ne peut atteindre tes oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Oui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Maintenant, dis-moi quel son ce vers procure et ce qui diff&#232;re lorsque je dis &lt;i&gt;Arma uirumque cano, Troiae qui primus ab oris et qui primis ab oris.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D. Pour moi, l'un et l'autre sonnent, puisqu'ils respectent cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. En fait, cela est d&#251; &#224; ma prononciation, &#224; une erreur que les &lt;i&gt;grammatici &lt;/i&gt; appellent &#171; barbarisme &#187; : &lt;i&gt;primus &lt;/i&gt; est constitu&#233; d'une longue et d'une br&#232;ve, alors que dans &lt;i&gt;primis&lt;/i&gt;, les deux syllabes doivent &#234;tre allong&#233;es. Mais comme j'ai abr&#233;g&#233; la derni&#232;re, tes oreilles n'ont eu &#224; tol&#233;rer aucune infraction rythmique.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De Musica, II, 2, 2 : M. Quare illud nunc quaero, utrum sonus uersuum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, bien qu'il ait re&#231;u l'enseignement du &lt;i&gt;grammaticus&lt;/i&gt;, le Disciple per&#231;oit les vers de mani&#232;re intuitive. Dans le premier vers de l'&lt;i&gt;&#201;n&#233;ide&lt;/i&gt;, il n'est certes pas capable de d&#233;terminer si telle ou telle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve selon les normes de la langue classique, mais il &#233;value les quantit&#233;s de l'hexam&#232;tre en fonction du nombre de temps que chaque mesure doit comprendre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;1) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#365;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;2) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#301;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;3) &#257;rm&#259; u&#301;/r&#363;mqu&#277; c&#259;/n&#333; Tr&#333;/i&#257;e qu&#299; / &lt;strong&gt;pr&#299;m&#299;s&lt;/strong&gt; &#259;b / &#333;ris&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'adjectif &lt;i&gt;primus &lt;/i&gt; suivi de la pr&#233;position &lt;i&gt;ab &lt;/i&gt; constitue l'avant-derni&#232;re mesure de l'hexam&#232;tre (configuration 1). Le Ma&#238;tre remplace &lt;i&gt;pr&#299;m&#365;s &lt;/i&gt; par &lt;i&gt;pr&#299;m&#301;s &lt;/i&gt; (configuration 2) en op&#233;rant un barbarisme : la syllabe -&lt;i&gt;is &lt;/i&gt; doit normalement &#234;tre longue. Mais comme la structure rythmique est maintenue, le Disciple consid&#232;re que ce vers &#171; sonne &#187; comme l'original. En revanche, si le Ma&#238;tre r&#233;tablit la bonne quantit&#233; &lt;i&gt;pr&#299;m&#299;s &lt;/i&gt; (configuration 3), le Disciple per&#231;oit ce vers comme d&#233;fectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette exp&#233;rience permet au lecteur du &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; d'identifier les processus cognitifs et &#233;motionnels qui d&#233;terminent, chez un auditeur lambda, la perception du rythme. Le param&#232;tre essentiel n'est plus, comme dans l'Antiquit&#233;, la th&#233;orie linguistique qui d&#233;finit les quantit&#233;s syllabiques, mais la perception intuitive de la mesure et le plaisir qui d&#233;coule du respect de cette mesure.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le plaisir de l'&#233;coute&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le plaisir de l'&#233;coute est le fondement de l'enseignement du Ma&#238;tre dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;. Comme on vient de le voir dans l'exemple du premier vers de l'&lt;i&gt;En&#233;ide&lt;/i&gt;, les connaissances acquises chez le &lt;i&gt;grammaticus &lt;/i&gt; et l'&#233;valuation des quantit&#233;s ne sont pas du tout associ&#233;es dans la perception musicale du Disciple. Celui-ci peut rep&#233;rer les diff&#233;rentes dur&#233;es syllabiques dans la conversation, mais ne peut pas les &#233;valuer selon les normes classiques. Dans la parole versifi&#233;e, qu'elle soit chant ou psalmodie, le respect de la mesure lui permet de les rep&#233;rer, mais &#233;galement de les &#233;valuer. &#192; mon sens, Augustin consid&#232;re que les rythmes du discours sont per&#231;us sans qu'aucun jugement axiologique ou esth&#233;tique ne puisse &#234;tre formul&#233;, alors que les rythmes musicaux (dans la parole versifi&#233;e) sont jug&#233;s d'apr&#232;s le sens naturel de la mesure, dont chaque homme, instruit ou non, est dot&#233;. De fait, le respect de la mesure satisfait l'oreille, et c'est ce plaisir auditif qui g&#233;n&#232;re le jugement. Ce plaisir de l'&#233;coute est donc fond&#233; sur une perception intuitive, celle pr&#233;cis&#233;ment de la &lt;i&gt;multitudo &lt;/i&gt; africaine :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;M : D'o&#249; vient-il, &#224; ton avis, que la foule sans instruction siffle souvent un joueur de fl&#251;te lorsqu'il joue des notes farfelues ? qu'au contraire elle applaudit un bon chanteur, et que plus le chant est suave, plus sa r&#233;action est forte et pleine de ferveur ? Faut-il vraiment croire que la foule agit ainsi du fait de sa connaissance de la musique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D : Non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M : Alors ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D : &#192; mon avis, c'est la nature qui en est la cause ; elle donne &#224; tous le sens de l'ou&#239;e, qui permet de juger ces choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M : Tu as raison.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Mus., I, 5, 10 : M. Vnde fieri putas, ut imperita multitudo explodat (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La perception intuitive est le fait d'auditeurs qui ne connaissent pas les principes musicaux et qui n'ont pas b&#233;n&#233;fici&#233; de l'enseignement du &lt;i&gt;musicus&lt;/i&gt;. Le jugement qui en r&#233;sulte &lt;i&gt;(iudicare)&lt;/i&gt; n'est donc pas d&#233;termin&#233; par des processus cognitifs et une connaissance de l'art musical &lt;i&gt;(ars musica)&lt;/i&gt;, mais par la nature &lt;i&gt;(natura)&lt;/i&gt;. Celle-ci donne &#224; tous les hommes la facult&#233; d'appr&#233;cier une musique respectueuse des principes harmoniques et rythmiques en fonction du plaisir &#233;prouv&#233; ou non &#224; l'&#233;coute. Plus le plaisir est grand, meilleur est le jugement, exprim&#233; &#224; travers les cris et les applaudissements. Le Ma&#238;tre d&#233;sapprouve cette perception parce qu'elle n'est pas fond&#233;e sur la raison, ce qui lui conf&#232;re un caract&#232;re versatile. &#192; la perception intuitive de la foule il oppose la perception savante du connaisseur ; celle-ci repose sur une reconnaissance intellectuelle des principes harmoniques et rythmiques, c'est-&#224;-dire des proportions r&#233;sultant de l'application du nombre &#224; la mati&#232;re. On comprend ais&#233;ment que c'est gr&#226;ce &#224; l'apprentissage de ces principes que la perception musicale peut v&#233;ritablement fournir un pr&#233;ambule &#224; la sagesse chr&#233;tienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir M&#233;la, Ch., &#171; L'homme musical : Augustin musicien &#187;, dans E. Darbellay (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le plaisir de l'&#233;coute est donc le d&#233;nominateur commun de la perception intuitive et de la perception savante. Dans le premier cas, il est imm&#233;diat ; dans le second, il est le r&#233;sultat d'une compr&#233;hension &#233;clair&#233;e des rapports proportionnels mis en &#339;uvre dans la musique &#224; travers l'harmonie et le rythme, autrement dit, de la beaut&#233; math&#233;matique mat&#233;rialis&#233;e &#224; travers les sons de la voix et de l'instrument, &#224; travers &#233;galement les gestes qui accompagnent la performance. Or, comme le d&#233;montre le dialogue entre le Ma&#238;tre et le Disciple dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, le plaisir de l'&#233;coute (y compris d'un m&#232;tre virgilien) est bien gouvern&#233; par le respect de la mesure musicale et non la connaissance des r&#232;gles linguistiques de la langue classique. La prise en consid&#233;ration de cette r&#233;alit&#233; par Augustin dans sa propre pr&#233;dication d&#233;termine, me semble-t-il, bien des innovations en mati&#232;re de communication : la perception du rythme est d&#233;pendante du profil linguistique de l'auditeur, g&#233;n&#233;ralement incapable de d&#233;terminer quelle syllabe doit &#234;tre longue ou br&#232;ve, mais capable, en revanche, d'appr&#233;cier les contrastes duratifs. Par cons&#233;quent, pour que la s&#233;miotique augustinienne puisse fonctionner, autrement dit, pour que le discours puisse r&#233;v&#233;ler pleinement la r&#233;alit&#233; de Dieu &#224; travers les signes discursifs et gestuels, le pr&#233;dicateur doit avoir une id&#233;e pr&#233;cise des conditions socio-culturelles qui d&#233;terminent la perception du rythme, afin de convertir son auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Rythme et conversion dans le sermon&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a montr&#233; M. Banniard&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banniard, 1992, p. 64-104.&#034; id=&#034;nh5-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Augustin consid&#232;re qu'une communication r&#233;ussie repose moins sur la correction grammaticale que sur l'adaptation du discours au profil linguistique de l'auditoire. Le pr&#233;dicateur doit rechercher &#171; le contact avec son public en retrouvant les formes spontan&#233;es de l'expression et en adaptant sa propre articulation, en des cas extr&#234;mes, &#224; l'usage commun tel que l'a alors &#233;tabli l'&#233;volution de la langue parl&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Banniard, 1992, p. 75.&#034; id=&#034;nh5-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le parti-pris d'Augustin en faveur d'une communication efficace s'appuie donc sur la simplicit&#233; du lexique et des tournures syntaxiques, mais pas seulement. Le param&#232;tre du plaisir procur&#233; par l'&#233;coute du rythme est &#233;galement d&#233;terminant. Ce souci apport&#233; au &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; n'est pas en soi une innovation augustinienne. Ce qui est nouveau, c'est la volont&#233; de rendre ce rythme accessible &#224; tous, en donnant la possibilit&#233; d'op&#233;rer une double lecture, en co&#239;ncidence avec les deux types de perception relev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le livre IV de son &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;, consacr&#233; &#224; la pr&#233;dication, Augustin se refuse explicitement &#224; exposer les principes oratoires classiques, consid&#233;rant que cet apprentissage est d&#233;j&#224; acquis &#8212; il renvoie pour cela aux trait&#233;s cic&#233;roniens. N&#233;anmoins, lorsqu'il s'agit d'exposer les enjeux pragmatiques et psychagogiques du rythme oratoire, il cite ouvertement Cic&#233;ron&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Banniard, 1992, p. 85.&#034; id=&#034;nh5-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un orateur a donc dit &#8212; et c'&#233;tait la v&#233;rit&#233; &#8212; que l'orateur devait parler &#171; en sorte d'instruire, de charmer et de fl&#233;chir &#187;. Ensuite, il a ajout&#233; qu' &#171; enseigner est une n&#233;cessit&#233;, charmer, un plaisir, fl&#233;chir, une victoire &#187;. De ces trois objectifs, le premier, &#224; savoir la n&#233;cessit&#233; d'enseigner, repose sur ce que nous disons ; les deux autres, sur la mani&#232;re dont nous le disons.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 12, 27 : Dixit ergo quidam eloquens, et uerum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Augustin rel&#232;ve les fameux objectifs d&#233;finis par Cic&#233;ron &lt;i&gt;(quidam eloquens !)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or. 69, 1-4 : Erit igitur eloquens &#8211; hunc enim auctore Antonio (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et insiste sur le premier (enseigner &lt;i&gt;docere&lt;/i&gt;) : il s'agit bien pour le pr&#233;dicateur de diffuser la doctrine &lt;i&gt;(doctrina)&lt;/i&gt; chr&#233;tienne. Mais pour que cette diffusion soit r&#233;ellement efficace, pour que le discours apporte l'&#233;vidence de la r&#233;v&#233;lation, il faut que l'acte de communication repose sur des proc&#233;d&#233;s qui ne font pas seulement appel, par une argumentation solide, aux comp&#233;tences cognitives, mais aussi aux &#233;motions. Provoquer l'admiration, la peur, la piti&#233; gr&#226;ce au choix des mots, des sonorit&#233;s et des rythmes permet &#224; la fois de charmer &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt; et de fl&#233;chir &lt;i&gt;(flectere)&lt;/i&gt;. Ainsi, le rythme oratoire, essentiel dans cet acte de communication, participe pleinement de la persuasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un trait essentiel et nouveau de la rh&#233;torique chr&#233;tienne r&#233;side donc dans l'&#233;quilibre, difficile &#224; conserver, entre un style simple, destin&#233; &#224; rendre le raisonnement compr&#233;hensible par tous, et ce soin apport&#233; au &lt;i&gt;modus dicendi&lt;/i&gt;. Ce qui permet au pr&#233;dicateur de faire ce grand &#233;cart est le soin constant qu'il doit apporter &#224; son auditoire silencieux :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Lorsque tous se taisent pour &#233;couter un seul, et que les visages se tournent vers celui-ci, alors demander ce que l'on n'a pas compris est &#224; la fois inhabituel et inconvenant ; pour cette raison, la priorit&#233; pour celui qui parle est de se pr&#233;occuper de celui qui se tait.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 10, 25 : Vbi autem omnes tacent, ut audiatur unus, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Or, le rythme, per&#231;u de fa&#231;on intuitive ou savante, est capable de toucher n'importe quel auditeur. Il r&#233;duit ainsi l'&#233;cart qui peut se cr&#233;er entre le pr&#233;dicateur et son public, en rendant accessible un raisonnement parfois ardu. Il &#233;tablit une courroie de transmission entre le locuteur et l'auditeur, mais aussi entre les auditeurs eux-m&#234;mes, unis autant par le plaisir de l'&#233;coute que par les m&#234;mes croyances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce plaisir, commun aux illettr&#233;s et aux &#233;rudits, est principalement fond&#233;, me semble-t-il, sur deux proc&#233;d&#233;s rythmiques. Tout d'abord, la segmentation de l'&#233;nonc&#233; en unit&#233;s croissantes (incises, membres et p&#233;riodes), souvent cl&#244;tur&#233;es par des cadences. Cette segmentation est le fondement m&#234;me du rythme oratoire classique tel qu'il &#233;tait pratiqu&#233; par Cic&#233;ron : elle dessine les contours de l'&#233;nonc&#233; et donne la possibilit&#233; &#224; n'importe quel auditeur, &#233;rudit ou non, d'&#233;tablir des correspondances entre intervalles duratifs et d'&#233;mettre un jugement esth&#233;tique sur le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;De plus l'auditeur averti &lt;i&gt;reconna&#238;t &lt;/i&gt; que ces incises, que les Grecs appellent &lt;i&gt;commata&lt;/i&gt;, ces membres de phrases, ces p&#233;riodes dont j'ai parl&#233; un peu plus haut, du fait qu'ils sont distribu&#233;s avec une vari&#233;t&#233; extr&#234;mement harmonieuse, ont donn&#233; au discours toute cette belle configuration, et pour ainsi dire son visage qui &lt;i&gt;charme &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;fl&#233;chit &lt;/i&gt; aussi les ignorants.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. De Doctr. Chr., IV, 7, 13 : Porro autem qui nouit, agnoscit quod ea (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue s&#233;mantique, Augustin s'inscrit ouvertement dans la tradition classique &lt;i&gt;(caesa, membra, circuitus)&lt;/i&gt;. Toutefois, la segmentation rythmique est ici appr&#233;hend&#233;e dans son cadre pragmatique, en fonction de la distinction entre perception intuitive et perception savante. L'auditeur &#233;rudit est capable de reconna&#238;tre ce proc&#233;d&#233; et d'identifier notamment les cadences &lt;i&gt;(agnosco)&lt;/i&gt; ; tout auditeur, en revanche, peut &#234;tre charm&#233; &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt; et fl&#233;chi &lt;i&gt;(flectere)&lt;/i&gt; par les proportions num&#233;riques appliqu&#233;es aux mots. Le rythme permet donc de reproduire, certes imparfaitement, l'application divine du nombre &#224; la mati&#232;re et de d&#233;signer, par une eurythmie &lt;i&gt;(numerositas)&lt;/i&gt; &#224; la port&#233;e de tous, le r&#233;f&#233;rent divin des signes discursifs et gestuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le second proc&#233;d&#233; rythmique que j'ai relev&#233; est la &#171; polyphonie &#233;nonciative &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Concept introduit par O. Ducrot dans Le Dire et le Dit, Paris, &#201;ditions de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour reprendre les termes de P. P. Haillet :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; qui se trouve au centre de cette d&#233;marche est l'&#233;nonc&#233;, en tant que repr&#233;sentation d'au moins un point de vue sur l'objet construit par le discours ; l'attention se focalise donc sur la mani&#232;re dont les points de vue sont repr&#233;sent&#233;s et agenc&#233;s, ainsi que sur le lien entre la nature de tels ou tel type de repr&#233;sentations discursives et les fonctions qu'elles s'av&#232;rent aptes &#224; remplir.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Haillet, P. P., &#171; R&#233;alit&#233; du locuteur : vers une typologie des points de vue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re que le discours &#233;labore un monde fictionnel (en rapport, n&#233;anmoins, avec la situation r&#233;elle de communication), mettant en pr&#233;sence une instance &#233;nonciative et un lecteur / auditeur mod&#232;le, on peut admettre que le locuteur &#171; je &#187; rev&#234;t un &#171; masque d'autorit&#233; &#187;, pour reprendre l'expression de C. Calame :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Report&#233;es sur l'&#233;nonc&#233; de l'&#233;nonciation, les potentialit&#233;s fictionnelles de la construction langagi&#232;re permettent de donner &#224; l'instance d'&#233;nonciation une substance s&#233;mantique et un profil &#233;nonciatif ; elles en font le masque de l'auteur biographique et de la fonction-auteur tout en assurant son autorit&#233; discursive.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Calame, C., Masques d'autorit&#233;. Fiction et pragmatique dans la po&#233;tique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Augustin semble n&#233;anmoins assumer pleinement son r&#244;le de pr&#233;dicateur au sens o&#249; lui-m&#234;me l'entend dans le &lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt; : celui qui enseigne la doctrine chr&#233;tienne, mais qui n'h&#233;sitera pas, pour ce faire, &#224; user des outils oratoires pour charmer et fl&#233;chir son auditoire. O&#249; est le masque ? En r&#233;alit&#233;, ce sont ces &#171; potentialit&#233;s fictionnelles &#187; qui vont permettre &#224; cette identit&#233; socialement admise de se complexifier. S'il est clair qu'Augustin est le locuteur &#171; je &#187;, l'identit&#233; de l'&#233;nonciateur est parfois brouill&#233;e : Augustin-pr&#233;dicateur est locuteur, mais est-il &#224; l'origine de l'&#233;nonc&#233; ? C'est ici qu'intervient la notion de polyphonie &#233;nonciative. Je la consid&#232;re comme un proc&#233;d&#233; rythmique car elle impose une organisation de l'&#233;nonc&#233; fond&#233;e sur les r&#233;p&#233;titions, les parall&#233;lismes, mais aussi sur le discontinu et la rupture, bref, sur un rythme. Les sermons d'Augustin en sont une belle illustration (mais ce ne sont pas les seuls dans l'Antiquit&#233; tardive puis au Moyen-&#194;ge) : cette polyphonie &#233;nonciative se manifeste plus particuli&#232;rement par l'alternance d'&#233;nonc&#233;s discursifs gr&#226;ce auxquels le locuteur exerce le pouvoir de sa propre parole sur son auditoire, et de citations bibliques qui portent en elles l'autorit&#233; des &#201;critures. M&#234;me si l'on peut difficilement les mesurer pr&#233;cis&#233;ment, les cons&#233;quences de la polyphonie &#233;nonciative dans la performance homil&#233;tique sont ind&#233;niables. Cette alternance d'&#233;nonc&#233;s suppose en effet une alternance dans les intonations, le d&#233;bit et bien s&#251;r les rythmes. Comme le souligne G. Madec :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Augustin a &#233;t&#233; rh&#233;teur, il est un sp&#233;cialiste du discours, un orateur hors pair, sensible au rythme, &#224; la musique des mots et des phrases. C'est un pr&#234;cheur. Sa r&#233;flexion sur le temps est constamment ponctu&#233;e par les exemples du discours, du po&#232;me, du vers ou de la simple syllabe ; ce qui implique la modulation de la voix et pas seulement le parcours des yeux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Madec, 2001, p. 187.&#034; id=&#034;nh5-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Si ces deux proc&#233;d&#233;s que sont la segmentation rythmique et la polyphonie &#233;nonciative font appel &#224; la musicalit&#233; comprise comme l'emploi, dans le cadre de la parole persuasive, des intonations vocales et des rythmes, ils ne sont pas tout &#224; fait plac&#233;s sur le m&#234;me plan du point de vue de la pragmatique oratoire. La segmentation rythmique est explicitement associ&#233;e au charme &lt;i&gt;(delectare)&lt;/i&gt;, la polyphonie &#233;nonciative semble plut&#244;t relever de l'&lt;i&gt;inventio &lt;/i&gt; et de la &lt;i&gt;dispositio&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire du choix et d'organisation des arguments dans le discours, fondement de l'enseignement &lt;i&gt;(docere)&lt;/i&gt;. Un exemple tir&#233; des &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt; &#233;dit&#233;s par F. Dolbeau, va permettre de mesurer les effets cognitifs et &#233;motionnels de ces deux proc&#233;d&#233;s dans la persuasion et la conversion. Augustin s'emploie ici &#224; expliquer la distinction entre &lt;i&gt;vox &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;verbum&lt;/i&gt;, entreprise qui est loin d'&#234;tre ais&#233;e puisqu'il s'adresse &#224; un public illettr&#233;. Le rythme a donc pour principal objectif ici de rendre le raisonnement accessible &#224; tous :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Venit uox ante uerbum. Quomodo uox ante uerbum ? De Christo quid dicitur ? &#171; In principio erat uerbum, et uerbum erat apud Deum, et Deus erat uerbum ; hoc erat in principio apud Deum &#187;. Sed ut ueniret ad nos uerbum, &#171; uerbum caro factum est &#187;, ut habitaret in nobis. Ergo quia Christus uerbum, audiuimus ; quia uox Iohannes, audiamus. Dum diceretur illi : &#171; Tu quis es ? &#187; respondit : &#171; Ego sum uox clamantis in eremo &#187;. Paululum ergo, carissimi, paululum, quantum dat dominus, de uoce et uerbo tractemus. Christus uerbum est, uerbum quod non sonat et transit ; nam quod sonat et transit uox est, non uerbum. Verbum ergo Dei, per quod facta sunt omnia, dominus noster Iesus Christus est ; &#171; uox clamantis in eremo &#187; Iohannes est. Quid est primus ? uox an uerbum ? Videamus quid est uerbum et quid est uox, et ibi uidemus quid sit prius.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Sermons de Mayence, 7, 5 : &#171; La Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Comment, la Voix (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;but de l'extrait pose le paradoxe qui va susciter le d&#233;veloppement conceptuel qui suit ; l'assertion &lt;i&gt;Venit uox ante uerbum&lt;/i&gt; constitue un premier segment ; elle est pos&#233;e comme une &#233;vidence gr&#226;ce &#224; la cadence &lt;i&gt;uox ante uerbum&lt;/i&gt; qui concilie les donn&#233;es quantitatives, puisqu'elle forme un ditroch&#233;e &lt;i&gt;(&#257;nt&#277; u&#275;rbum)&lt;/i&gt;, et les donn&#233;es accentuelles en formant un &lt;i&gt;cursus planus (u&#243;x ante u&#233;rbum)&lt;/i&gt; : la Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Cette cadence est r&#233;p&#233;t&#233;e dans le segment suivant, dans un &#233;nonc&#233; interrogatif, cette fois-ci, qui met en doute cette assertion initiale. Ce renversement est ent&#233;rin&#233; par la citation biblique issue de l'&#233;vangile de Jean &lt;i&gt;&#171; In principio erat uerbum, et uerbum erat apud Deum, et Deus erat uerbum ; hoc erat in principio apud Deum &#187;&lt;/i&gt; ; c'est bien le Verbe qui est premier. Ce paradoxe pos&#233;, Augustin aborde l'incarnation du Verbe, en poursuivant le fil de la citation biblique : &lt;i&gt;Sed / ut ueniret ad nos uerbum, /&#171; uerbum caro factum est &#187;, / ut habitaret in nobis&lt;/i&gt;. La citation biblique est encastr&#233;e, comme un joyau, par deux segments introduits par &lt;i&gt;ut &lt;/i&gt; + verbe &lt;i&gt;(ut ueniret... ut habitaret)&lt;/i&gt; et cl&#244;tur&#233;s par des cadences : dispond&#233;e &lt;i&gt;(&#257;d n&#333;s u&#275;rbum)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cursus velox (-n&#237;ret ad nos u&#233;rbum)&lt;/i&gt; ; cr&#233;tique + troch&#233;e &lt;i&gt;(-t&#257;r&#277;t &#299;n n&#333;bis)&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;cursus planus (-t&#225;ret in n&#243;bis)&lt;/i&gt;. En r&#233;alit&#233;, Augustin avance dans sa d&#233;monstration, tout en suivant le texte biblique : l'incarnation du Verbe par le Christ et de la Voix par Jean-Baptiste va permettre au raisonnement de prendre un caract&#232;re plus concret et plus accessible : &lt;i&gt;Ergo / quia Christus uerbum, / audiuimus ; / quia uox Iohannes, / audiamus&lt;/i&gt;. Ici encore, la segmentation a des contours tr&#232;s marqu&#233;s &lt;i&gt;(quia... audiuimus ; quia... audiamus)&lt;/i&gt; et permet d'&#233;tablir d'une part les liaisons symboliques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les liaisons symboliques, voir Perelman, C., L'empire rh&#233;torique. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre concept et personne (&lt;i&gt;Christus &lt;/i&gt; symbole du &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Iohannes &lt;/i&gt; symbole de la &lt;i&gt;uox&lt;/i&gt;), d'autre part l'opposition de chacun des termes &lt;i&gt;(Christus / Iohannes ; uerbum / uox)&lt;/i&gt;, mat&#233;rialis&#233;e dans l'&#233;nonc&#233; par le chiasme. Cette personnification des concepts clefs, fond&#233;e sur l'autorit&#233; biblique, trouve son accomplissement dans la petite mise en sc&#232;ne dialogu&#233;e qui suit : &lt;i&gt;Dum diceretur illi : &#171; Tu quis es ? &#187; respondit : &#171; Ego sum uox clamantis in eremo &#187;&lt;/i&gt;. Augustin revient ensuite au probl&#232;me initial, en interpellant son auditoire : &lt;i&gt;Paululum ergo, / carissimi, / paululum, / quantum dat dominus, / de uoce et uerbo tractemus.&lt;/i&gt; Le paradoxe initial est d&#233;sormais parfaitement clair : il s'explique par la contradiction de deux syst&#232;mes hi&#233;rarchiques : la liaison de coexistence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Perelman, 2009, p. 118 : &#171; Les liaisons de coexistence &#233;tablissent un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; entre &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;uox&lt;/i&gt;, fond&#233;e sur l'ant&#233;riorit&#233; et la sup&#233;riorit&#233; du premier sur la seconde (qui est l'une des manifestations du premier), semble incompatible avec la liaison symbolique entre le Christ et le Verbe d'une part, entre Jean-Baptiste et la Voix d'autre part, puisque la naissance de Jean-Baptiste est ant&#233;rieure &#224; celle du Christ. Tout l'enjeu de l'argumentation est donc de faire adh&#233;rer l'auditoire &#224; un syst&#232;me philosophique complexe, dans lequel l'ant&#233;riorit&#233; selon la temporalit&#233; humaine ne suppose pas toujours la sup&#233;riorit&#233; de ce qui est ant&#233;rieur sur ce qui est post&#233;rieur. Ensuite, la rupture de ton introduite par la r&#233;p&#233;tition de &lt;i&gt;paululum &lt;/i&gt; et l'apostrophe &lt;i&gt;carissimi&lt;/i&gt;, soutenue par l'abr&#232;gement des segments, permet de raviver l'attention sur le rapport probl&#233;matique entre &lt;i&gt;uox &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;uerbum &lt;/i&gt; (dispond&#233;e : &lt;i&gt;-b&#333; tr&#257;ct&#275;mus ; cursus planus : u&#233;rbo tract&#233;mus&lt;/i&gt;). Les termes de l'incarnation sont ensuite int&#233;gr&#233;s comme des faits dans l'argumentation : &lt;i&gt;Christus uerbum est, / uerbum quod non sonat et transit ; / nam quod sonat et transit uox est, / non uerbum. Verbum ergo Dei, per quod facta sunt omnia, dominus noster Iesus Christus est ; &#171; uox clamantis in eremo &#187; Iohannes est&lt;/i&gt;. La progression de cette argumentation est assur&#233;e par la premi&#232;re phrase, solidement charpent&#233;e ; l'opposition entre les deux concepts est encore figur&#233;e par un chiasme ; l'apport argumentatif (la sensorialit&#233; de la Voix et du Verbe) est circonscrit dans les deux relatives antith&#233;tiques &lt;i&gt;quod non sonat et transit / quod sonat et transit&lt;/i&gt; (dispond&#233;e : &lt;i&gt;-n&#257;t &#275;t tr&#257;nsit ; cursus planus : s&#243;nat et tr&#225;nsit&lt;/i&gt;). Enfin, Augustin semble &#224; nouveau revenir &#224; la premi&#232;re &#233;tape : &lt;i&gt;Quid est primus ? uox an uerbum ? Videamus quid est uerbum / et quid est uox, / et ibi uidemus quid sit prius&lt;/i&gt;. La question de l'ant&#233;riorit&#233; (et son rapport &#224; la sup&#233;riorit&#233;) est &#224; nouveau pos&#233;e, suivie du plan que le pr&#233;dicateur compte suivre avec son auditoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, la segmentation rythmique, rendue perceptible par les marqueurs syntaxiques et les cadences rythmiques, qui allient les donn&#233;es quantitatives et accentuelles, permet de renforcer le caract&#232;re didactique de l'&#233;nonc&#233; et de fournir &#224; l'argumentation une base formelle solide. &#192; cet &#233;gard, le rythme oratoire est aussi un outil du &lt;i&gt;docere&lt;/i&gt;. La r&#233;flexion ne semble pas avancer tr&#232;s vite ; Augustin prend en consid&#233;ration son public, faisant un pas en avant (correspondances entre concepts et personnes, l'impact sur les sens et la temporalit&#233; de la Voix et du Verbe) et un pas en arri&#232;re, rappelant r&#233;guli&#232;rement le probl&#232;me initial : lequel est ant&#233;rieur &#224; l'autre ? Ce proc&#233;d&#233; de dissociation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Perelman, 2009, p. 116.&#034; id=&#034;nh5-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; permet &#224; Augustin de r&#233;duire progressivement l'&#233;cart initial entre lui et son auditoire (&#233;cart autant doctrinal que culturel). Ainsi, l'attention de cet auditoire est maintenue par les ruptures &#233;nonciatives, les changements d'intonations (assertions / interrogations), l'interpellation affectueuse &lt;i&gt;(carissimi)&lt;/i&gt; et l'emploi fr&#233;quent de la premi&#232;re personne du singulier qui r&#233;unit locuteur et auditeur dans l'&#233;nonc&#233;. En outre, la polyphonie &#233;nonciative permet de mettre la lumi&#232;re sur les concepts clefs, de justifier le parti-pris m&#233;thodologique d'Augustin (personnification et mise en sc&#232;ne dialogu&#233;e des concepts). Les citations bibliques ne sont pas un simple ornement ou une illustration ; elles constituent des arguments d'autorit&#233; : &#171; Le prestige d'une personne ou d'un groupe de personnes est utilis&#233; pour faire admettre une th&#232;se &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Perelman, 2009, p. 123.&#034; id=&#034;nh5-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Or, cet argument d'autorit&#233; fonctionne d'autant mieux que ce prestige est accept&#233; par tous comme une donn&#233;e irr&#233;futable ; dans cet &#171; empilement &#233;nonciatif &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rosier, L., &#171; Cha&#238;nes d'&#233;nonciateurs : les formes r&#233;cursives du discours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'&#233;nonc&#233; biblique, souvent ench&#226;ss&#233; dans l'&#233;nonc&#233; discursif (except&#233;e la citation initiale), est bien l'&#233;nonc&#233; premier qui motive la production du second. D&#232;s lors, tout ce qui &#171; sonne &#187; biblique rencontre imm&#233;diatement l'assentiment : Dieu est une autorit&#233; indiscut&#233;e et indiscutable. Mais ce qui &#171; sonne &#187; biblique n'est pas n&#233;cessairement une &lt;i&gt;citation &lt;/i&gt; biblique. Dans cet autre exemple, on voit que les fronti&#232;res entre &#233;nonc&#233;s bibliques et &#233;nonc&#233;s discursifs sont parfois volontairement brouill&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quid tibi melius, / quid tibi breuius / dici potuit, / o homo, / quam ut diligas &#171; dominum deum in toto corde tuo et in tota anima et tota mente tua &#187; ? Fac, / et de uita aeterna / et de uita beata / esto securus. Si enim dominum deum tuum &lt;i&gt;in toto corde, tota anima, tota mente&lt;/i&gt; dilexeris, nihil tibi relinquis/ unde teipsum diligere possis. &lt;i&gt;Ex toto corde et tota anima et tota mente&lt;/i&gt; dilige, / dilige deum tuum.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aug. Sermons de Mayence, 40, 4 : Que pourrais-je te dire de mieux, de plus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La vivacit&#233; de l'adresse &#224; l'auditoire est renforc&#233;e par l'emploi de la deuxi&#232;me personne du singulier tu, charg&#233;e d'une double r&#233;f&#233;rentialit&#233; puisqu'elle d&#233;signe &#224; la fois l'interlocuteur &#233;labor&#233; &#224; travers le texte, et l'interlocuteur r&#233;el, interpell&#233; en tant qu'individu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur cette double r&#233;f&#233;rencialit&#233; intra et extra discursive, voir Calame, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le discours, &#233;labor&#233; autour du polyptote &lt;i&gt;diligas / dilixeris / diligere / dilige&lt;/i&gt; porte une grande force &#233;motionnelle que vient appuyer le jeu sur la polyphonie &#233;nonciative. La citation initiale, extrait de l'&#233;vangile de Matthieu, assure ici la fonction d'un th&#232;me musical qui est ensuite modul&#233; et int&#233;gr&#233; dans l'&#233;nonc&#233; du locuteur &#171; je &#187; (comme le signale l'&#233;dition moderne en enlevant les guillemets). Augustin exploite avec adresse l'ambigu&#239;t&#233; &#233;nonciative ; si les &#233;nonc&#233;s bibliques &#233;taient, dans l'exemple pr&#233;c&#233;dent, des arguments d'autorit&#233;, clairement identifi&#233;s comme issus des &#201;critures, la parole biblique est ici comme fondue dans le discours. Ce transfert n'est pas seulement textuel ; il est aussi symbolique : l'autorit&#233; de la parole biblique vient renforcer celle du locuteur. Cette autorit&#233; appuie la fonction illocutoire de l'&#233;nonc&#233; ; les injonctions &lt;i&gt;(fac, esto, dilige)&lt;/i&gt; &#171; sonnent &#187; bibliques et se dotent, en cons&#233;quence, d'une force irr&#233;sistible.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;miotique augustinienne est guid&#233;e par la r&#233;flexion qu'Augustin conduit sur les probl&#232;mes pos&#233;s par la communication verticale (entre un locuteur &#233;rudit et un auditoire illettr&#233;). Pour que les signes linguistiques puissent &#234;tre bien compris, le pr&#233;dicateur doit s'efforcer de faire appel &#224; un code partag&#233; par le plus grand nombre : un vocabulaire et une syntaxe simple, bien s&#251;r, mais aussi des outils propres &#224; cr&#233;er un plaisir auditif chez tous. C'est ici qu'intervient le rythme : per&#231;u de mani&#232;re intuitive ou savante, il charme le public et permet de renforcer son adh&#233;sion au discours : le pr&#233;dicateur prof&#232;re ainsi une parole pleine de ferveur et d'efficacit&#233; rh&#233;torique, &#171; rend le sermon analogue &#224; la pri&#232;re et &#224; la musique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Schaeffer, J. D., &#171; The dialectic of orality and literacy : the case of book (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais faut-il vraiment parler d'&lt;i&gt;analogie &lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;La R&#232;gle de Paul et &#201;tienne&lt;/i&gt;, plac&#233;e ouvertement sous l'autorit&#233; d'Augustin, stipule une distinction tr&#232;s nette entre ce qui est parl&#233; et ce qui est chant&#233; en s'appuyant sur les cat&#233;gories bibliques : lectures, psaumes, cantiques et hymnes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul. et Steph. Reg., PL, 66, 954A : Ea cantare debemus quae, sicut beatus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette distinction est d'ailleurs mat&#233;rialis&#233;e &#224; partir de la fin du IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle par la r&#233;partition des t&#226;ches entre lecteur et chantre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Mc Kinnon, 1999, p. 11.&#034; id=&#034;nh5-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, l'exemple m&#234;me d'Augustin prouve que rh&#233;torique et musique ne sont pas herm&#233;tiques : bien des aspects de la th&#233;orie musicale du rythme sont transf&#233;r&#233;es dans l'&#233;loquence. La segmentation en est sans doute l'illustration la plus frappante, comme le sugg&#232;re L. Treitler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Treitler, L. With Voice and Pen : Coming to Know Medieval Song and How It (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; mon sens, la permanence et la polyvalence de ce principe s'explique &#224; la fois par sa mall&#233;abilit&#233; et son potentiel mn&#233;motechnique. Mall&#233;abilit&#233;, parce que la seule pr&#233;rogative impos&#233;e par la segmentation est le respect de proportions dans l'emploi d'unit&#233;s croissantes de l'&#233;nonc&#233; (chant&#233; ou parl&#233;) ; les param&#232;tres qui d&#233;terminent ce d&#233;coupage peuvent &#234;tre choisis librement. La segmentation peut donc accompagner sans heurt les &#233;volutions linguistiques, en particulier la priorit&#233; accord&#233;e progressivement &#224; l'accent au d&#233;triment des quantit&#233;s syllabiques en latin. Potentiel mn&#233;motechnique, parce que la segmentation permet ind&#233;niablement au locuteur de m&#233;moriser plus facilement l'&#233;nonc&#233;, &#224; l'auditoire de le comprendre. En outre, la question de la fronti&#232;re entre discours et chant est pos&#233;e &#224; nouveau avec l'emploi de la polyphonie &#233;nonciative telle que je l'ai appliqu&#233;e ici : l'alternance, parfois brouill&#233;e, d'&#233;nonc&#233;s bibliques et discursifs. Le pouvoir symbolique des &#233;nonc&#233;s bibliques est mis &#224; profit dans l'argumentation, mais aussi dans l'exhortation ou l'invective ; il recouvre les trois objectifs de l'orateur &lt;i&gt;(docere, delectare, flectere)&lt;/i&gt; et constitue un outil persuasif de premier ordre. L'&#233;nonc&#233;, scand&#233; par les ruptures &#233;nonciatives, suppose une performance propre &#224; rendre perceptible ce jeu polyphonique : changements d'intonations et du d&#233;bit, expressions du visage, gestes, autant d'&#233;l&#233;ments difficiles &#224; appr&#233;cier aujourd'hui, faute de sources. Une chose est s&#251;re : le rythme d'Augustin suit des modalit&#233;s multiples, sans cesse renouvel&#233;es dans un souci constant et moderne de communication.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Br&#252;nholzl, F., &lt;i&gt;Histoire de la litt&#233;rature latine au Moyen-&#194;ge&lt;/i&gt; (vol. I, 1), Turnhout, Brepols, 1990 [1975], p. 24-25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 3, 1 ; II, 3, 20 ; &lt;i&gt;De Trin.&lt;/i&gt;, XV, 10, 80 ; Todorov, &lt;i&gt;Th&#233;orie du symbole&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1977, p. 34-58 ; Marrou, H. I., &lt;i&gt;Saint Augustin et la fin de la culture antique&lt;/i&gt;, Paris, De Boccard, 1983 [1937], p. 16.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 1, 1 : &lt;i&gt;Signum est enim res praeter speciem, quam ingerit sensibus, aliud aliquid ex se faciens in cogitationem uenire.&lt;/i&gt; Voir Darell Jackson, B., &#171; The Theory of Signs in Saint Augustine's De Doctrina Christiana &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#233;tudes augustiniennes et patristiques&lt;/i&gt;, 15, 1969, p. 11-19 ; Todorov, 1977, p. 39. Concernant les implications de la th&#233;orie augustinienne dans la pens&#233;e m&#233;di&#233;vale, voir Maier&#249;, A., &#171; &lt;i&gt;Signum &lt;/i&gt; dans la culture m&#233;di&#233;vale &#187;, dans J. P. Beckmann et W. Kluxen [dir.] &lt;i&gt;Sprache und Erkenntnis in Mittelalter&lt;/i&gt;, Miscellanea Mediaevalia 13/1, 1980, Berlin, De Gruyter, p. 51-72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. De &lt;i&gt;Cat. rud.&lt;/i&gt;, 2, 3 : &lt;i&gt;Totum enim quod intellego uolo ut qui me audit intellegat et sentio me non ita loqui ut hoc efficiam, maxime quia ille intellectus quasi rapida coruscatione perfundit animum, illa autem locutio tarda et longa est longueque dissimilis ; et dum ista uoluitur, iam se illa in secreta sua condidit ; tamen, quia uestigia quaedam miro modo impressit memoriae, perdurant illa cum syllabarum morulis atque ex eisdem uestigiis sonantia signa peragimus, quae lingua dicitur uel latina uel graeca uel hebraea uel alia quaelibet, siue cogitentur haec signa siue etiam uoce proferantur. &lt;/i&gt; Sur ce passage, voir Todorov, 1977, p. 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Augustin fait la distinction entre signes naturels (la fum&#233;e d'un feu) et signes intentionnels (notamment linguistiques). Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, II, 2, 3 ; Darrell Jackson, 1969, p. 14-15 ; Todorov, 1977, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Trin.&lt;/i&gt;, XV, 10, 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, I, 11, 11 ; 12, 11 ; Cameron, A., &lt;i&gt;Christianity and the Rhetoric of Empire : the Development of Christian Discourse&lt;/i&gt;, Berkeley, University of California press, 1991, p. 47 48 ; 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Spitzer, L., &lt;i&gt;Classical and Christian Ideas of World Harmony. Prolegomena to an Interpretation of the Word &#8220;Stimmung&#8221;&lt;/i&gt;, Baltimore, J. Hopkins, 1963, p. 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Orig. &lt;i&gt;Pr&lt;/i&gt;., 2, 1, 1 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir sur ce point Spitzer, 1963, p. 31 ; Madec, G., &lt;i&gt;Lectures augustiniennes&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes, 2001, p. 191.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 12, 36 ; 13, 38.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 4, 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 4, 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 2, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., VI, 2, 3.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 6, 16 ; 6, 7, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, VI, 7, 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., VI, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir notamment Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 194 ; Quint. &lt;i&gt;Inst.&lt;/i&gt;, IX, 4, 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus.&lt;/i&gt;, III, 7, 15 : &lt;i&gt;D. Quia inter rhythmum et metrum hoc interesse dixisti, quod in rhythmo contextio pedum nullum certum habet finem, in metro uero habet. Ita ista pedum contextio et rhythmi et metri esse intelligitur ; sed ibi infinita, hic autem finita constat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., III, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., III, 1, 2 : &lt;i&gt;Omne metrum rhythmus, non omnis rhythmus etiam metrum est&lt;/i&gt;. Voir aussi Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., V, 1, 1.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Formarier, M., &lt;i&gt;&#171; Afrae aures de correptione uocalium uel productione non iudicant&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;De Doctrina Christiana&lt;/i&gt;, IV, 10, 24) Les oreilles africaines entendaient-elles les rythmes latins ? &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#233;tudes augustiniennes et patristiques&lt;/i&gt;, 56, 2010, p. 229-248.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Lancel, S., &#171; La fin et la survie de la latinit&#233; en Afrique du Nord : &#233;tat des questions &#187;, &lt;i&gt;Revue des &#201;tudes Latines&lt;/i&gt;, 59, 1982, p. 276 ; Norberg, D., &lt;i&gt;Les vers latins iambiques et trocha&#239;ques au Moyen-&#194;ge et leurs r&#233;pliques rythmiques&lt;/i&gt;, Stockholm, 1988, p. 13. Pour un &#233;tat de la question, voir Banniard, M., &lt;i&gt;Viva Voce, communication orale et communication &#233;crite du IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Occident latin&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes, 1992 p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., II, 1, 1 : &lt;i&gt;Nam si eo loco ubi duas longas syllabas poni decet, hoc verbum posueris, et primam quae breuis est, pronuntiatione longam feceris, nihil musica omnino succenset : tempora enim uocum ea pervenere ad aures, quae illi numero debita fuerunt. Grammaticus autem iubet emendari, et illud te uerbum ponere cujus prima syllaba producenda sit, secundum maiorum, ut dictum est, auctoritatem, quorum scripta custodit&lt;/i&gt;. Voir aussi &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;. II, 2, 2 ; Aphton. &lt;i&gt;De Art. metr.&lt;/i&gt;, GL 6, 39, 5 11 ; Serg. &lt;i&gt;Explan. in Donat&lt;/i&gt;., GL 4, 533, 12 13.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt;, II, 2, 2 : &lt;i&gt;M. Quare illud nunc quaero, utrum sonus uersuum aliquando te aliquia per aures uoluptate commouerit. D. Prorsus saepissime, ita ut nunquam fere sine delectatione uersum audierim. M. Si quis ergo in uersu, quo audito delectaris, eo loco quo ratio eiusdem uersus non postulat, uel producat syllabas, uel corripiat, num eodem modo delectari potes ? D. Imo audire hoc sine offensione non possum. M. Nullo modo igitur dubium est, quin te in sono quo te delectari dicis, dimensio quaedam numerorum delectet, qua perturbata delectatio illa exhiberi auribus non potest. D. Manifestum est. M. Dic mihi deinceps quod ad sonum uersus attinet, quid intersit, utrum dicam, Arma virumque cano, Troiae qui primus ab oris, an qui primis ab oris. D. Mihi uero utrumque, quantum ad illam dimensionem pertinet, idem sonat. M. At hoc mea pronuntiatione factum est, cum eo scilicet uitio quod barbarismum grammatici vocant : nam primus, longa est et breuis syllaba ; primis autem, ambae producendae sunt, sed ego ultimam earum corripui ; ita nihil fraudis passae sunt aures tuae.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Mus&lt;/i&gt;., I, 5, 10 : &lt;i&gt;M. Vnde fieri putas, ut imperita multitudo explodat saepe tibicinem nugatorios sonos efferentem ; rursumque plaudat bene canenti, et prorsus quanto suauius canitur, tanto amplius et studiosius moueatur ? Numquidnam id a uulgo per artem musicam fieri credendum est ? D. Non. M. Quid igitur ? D. Natura id fieri puto, quae omnibus dedit sensum audiendi, quo ista iudicantur. M. Recte putas.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir M&#233;la, Ch., &#171; L'homme musical : Augustin musicien &#187;, dans E. Darbellay [dir.] &lt;i&gt;Le temps et la forme. Pour une &#233;pist&#233;mologie de la connaissance musicale&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Droz, 1998, p. 37-75 (p. 40 41 ; 47).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Banniard, 1992, p. 64-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Banniard, 1992, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Banniard, 1992, p. 85.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr&lt;/i&gt;., IV, 12, 27 : &lt;i&gt;Dixit ergo quidam eloquens, et uerum dixit, ita dicere debere eloquentem, &#171; ut doceat, ut delectet, ut flectat &#187;. Deinde addidit &#171; Docere necessatis est, delectare suauitatis, flectere uictoriae &#187;. Horum trium, quod primo loco positum est, hoc est docendi necessitas, in rebus est constituta quas dicimus, reliqua duo, in modo quo dicimus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;. 69, 1-4 : &lt;i&gt;Erit igitur eloquens &#8211; hunc enim auctore Antonio quaerimus &#8211; is qui in foro causisque ciuilibus ita dicet, ut probet ut delectet ut flectat. Probare necessitatis est, delectare suauitatis, flectere uictoriae&lt;/i&gt; (Sera donc &#233;loquent &#8212; c'est en effet cet homme que nous recherchons, selon les indications d'Antoine, celui qui, au forum et dans les causes civiles, prendra la parole de sorte &#224; prouver, charmer et fl&#233;chir. Prouver est de l'ordre de la n&#233;cessit&#233;, charmer, du plaisir, fl&#233;chir, de la victoire). Voir &#233;galement Cic. &lt;i&gt;De Opt. gen. orat.&lt;/i&gt;, 3, 4-4, 1 : &lt;i&gt;Optimus est enim orator qui dicendo animos audientium et docet et delectat et permouet. Docere debitum est, delectare honorarium, permouere necessarium&lt;/i&gt; (Le meilleur orateur, en effet, est celui qui, en prenant la parole, instruit, charme et fl&#233;chit l'esprit de ses auditeurs. Instruire est un devoir, charmer est un bonus, fl&#233;chir est une n&#233;cessit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, IV, 10, 25 : &lt;i&gt;Vbi autem omnes tacent, ut audiatur unus, et in eum intenta ora conuertunt, ibi ut requirat quisque quod non intellexerit, nec moris est nec decoris ; ac per hoc debet maxime tacenti subuenire cura dicentis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;De Doctr. Chr.&lt;/i&gt;, IV, 7, 13 : &lt;i&gt;Porro autem qui nouit, agnoscit quod ea caesa, quae commata Graeci uocant, et membra et circuitus, de quibus paulo ante disserui, cum decentissima uarietate interponerentur, totam istam speciem dictionis, et quasi eius uultum, quo etiam indocti delectantur mouenturque fecerunt. &lt;/i&gt; Je souligne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Concept introduit par O. Ducrot dans &lt;i&gt;Le Dire et le Dit&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 1984. Pour une synth&#232;se, voir Carel, M., &#171; Polyphonie et argumentation &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans&lt;/i&gt;, Bern, Peter Lang, 2008, p. 29-46 (en particulier p. 29-32).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Haillet, P. P., &#171; R&#233;alit&#233; du locuteur : vers une typologie des points de vue &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir.] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 47-62 (p. 59).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Calame, C., &lt;i&gt;Masques d'autorit&#233;. Fiction et pragmatique dans la po&#233;tique grecque antique&lt;/i&gt;, Paris, les Belles Lettres, 2005, p. 19. Voir &#233;galement la formule de M. Carel, 2008, p. 29 : &#171; J'admettrai que tout &#233;nonc&#233; se donne un auteur, responsable de l'introduction des divers contenus. Cet auteur se appel&#233; locuteur et sera distingu&#233; du sujet parlant, qui est le fabricant r&#233;el de l'&#233;nonc&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Madec, 2001, p. 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt;, 7, 5 : &#171; La Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe. Comment, la Voix pr&#233;c&#232;de le Verbe ? Qu'est-il dit au sujet du Christ ? &lt;i&gt;Au commencement &#233;tait le Verbe, et le Verbe se trouvait aupr&#232;s de Dieu, et Dieu &#233;tait le Verbe ; celui-ci se trouvait au commencement aupr&#232;s de Dieu.&lt;/i&gt; Mais pour que le Verbe vienne &#224; nous, &lt;i&gt;le Verbe s'est fait chair&lt;/i&gt;, pour s&#233;journer en nous. Donc, puisque le Christ est le Verbe, nous l'avons &#233;cout&#233; ; puisque Jean-Baptiste est la Voix, &#233;coutons-le ! Alors qu'il lui demandait : &lt;i&gt;Qui es-tu ?&lt;/i&gt; Il r&#233;pondit &lt;i&gt;Je suis la Voix criant dans le d&#233;sert&lt;/i&gt;. Un tout petit peu donc, mes petits, un tout petit peu, autant que le Seigneur le permet, je vais traiter de la Voix et du Verbe. Le Christ est le Verbe, le Verbe qui ne sonne ni ne passe ; de fait, ce qui sonne et qui passe, c'est la Voix, pas le Verbe. Donc le Verbe de Dieu, par quoi tout a &#233;t&#233; fait, est notre Seigneur J&#233;sus Christ ; &lt;i&gt;la Voix criant dans le d&#233;sert&lt;/i&gt;, c'est Jean-Baptiste. Qui est le premier ? La Voix ou le Verbe ? Voyons ce qu'est le Verbe et ce qu'est la Voix, et nous verront lequel est ant&#233;rieur &#187;. Pour les d&#233;tails des circonstances et le contenu th&#233;ologique, voir Dolbeau, F., &lt;i&gt;Augustin d'Hippone. Vingt-six sermons au peuple d'Afrique&lt;/i&gt;, Paris, Institut d'&#201;tudes Augustiniennes 2009, p. 472-483.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les liaisons symboliques, voir Perelman, C., &lt;i&gt;L'empire rh&#233;torique. Rh&#233;torique et argumentation&lt;/i&gt;, Paris, Vrin, 2009, p.130-134.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Perelman, 2009, p. 118 : &#171; Les liaisons de coexistence &#233;tablissent un lien des r&#233;alit&#233;s de niveau in&#233;gal, dont l'une est pr&#233;sent&#233;e comme l'expression ou la manifestation de l'autre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Perelman, 2009, p. 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Perelman, 2009, p. 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rosier, L., &#171; Cha&#238;nes d'&#233;nonciateurs : les formes r&#233;cursives du discours rapport&#233;s &#187;, dans M. Birkelund &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt; [dir.] &lt;i&gt;L'&#233;nonciation dans tous ses &#233;tats. M&#233;langes offerts &#224; Henning N&#248;lke &#224; l'occasion de ses soixante ans,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;op. cit.&lt;/i&gt;, p. 139-155 (p. 151). La r&#233;cursivit&#233; se caract&#233;rise par la primaut&#233; temporelle de l'&#233;nonc&#233; faible syntaxiquement (en incise, entre parenth&#232;ses&#8230;) sur l'&#233;nonc&#233; principal.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aug. &lt;i&gt;Sermons de Mayence&lt;/i&gt;, 40, 4 : Que pourrais-je te dire de mieux, de plus concis, homme, que d'aimer &#171; le Seigneur Dieu de tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me, de tout ton esprit &#187; ? Fais ! Et de la vie &#233;ternelle, de la vie bienheureuse, sois assur&#233; ! Si tu aimes ton Seigneur Dieu dans tout ton c&#339;ur, toute ton &#226;me, tout ton esprit, tu n'abandonnes rien de ce qui te permet de t'aimer toi. De tout ton c&#339;ur, de toute ton &#226;me, de tout ton esprit, aime, aime ton Dieu !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur cette double r&#233;f&#233;rencialit&#233; intra et extra discursive, voir Calame, 2005, p. 15-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Schaeffer, J. D., &#171; The dialectic of orality and literacy : the case of book 4 of Augustine's De doctrina christiana &#187;, &lt;i&gt;Papers of the Modern Language Association of America&lt;/i&gt;, 111, 1996, p. 1133 1145 (p. 1142) : &#171; Augustine's conception of style renders the sermon analogous to prayer &#8212; and to music &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Paul. et Steph. &lt;i&gt;Reg&lt;/i&gt;., PL, 66, 954A : &lt;i&gt;Ea cantare debemus quae, sicut beatus Augustinus dicit, ita scripta sunt, ut cantentur : quae autem non ita scripta sunt, non cantemus. [&#8230;] Ne quae cantanda sunt in modum prosae et quasi in lectionem mutemus, aut quae ita scripta sunt ut in ordine lectionum utamur, in tropis et cantilenae arte nostra praesumptione uertamus&lt;/i&gt; (Comme le bienheureux Augustin le dit, nous devons chanter ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit pour &#234;tre chant&#233;. Mais ce qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;crit pour &#234;tre chant&#233;, nous ne devons pas le chanter. [...] Ne transformons pas en prose et pour ainsi dire en lecture ce qui doit &#234;tre chant&#233; ; ne soyons pas pr&#233;somptueux et ne pervertissons pas par des tropes et notre art de la m&#233;lodie, ce qui a &#233;t&#233; &#233;crit pour figurer dans les lectures). Sur les tropes, voir Hiley, D., Western &lt;i&gt;Plainchant, a Handbook&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford Clarendon Press, 1993, p. 196 238. Sur la sp&#233;cificit&#233; des psaumes, des cantiques et des hymnes, voir Mc Kinnon, J., &lt;i&gt;Music in Early Christian Literature&lt;/i&gt;, Cambridge, Cambridge University Press, 1999, p. 122 ; 144 ; 158 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Mc Kinnon, 1999, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Treitler, L. &lt;i&gt;With Voice and Pen : Coming to Know Medieval Song and How It Was Made&lt;/i&gt;, Oxford, Oxford University Press, 2003, p. 442. Voir aussi Hucke, H., &#171; Toward a New Historical View of Gregorian Chant &#187;, &lt;i&gt;Journal of American Music Society&lt;/i&gt;, 33, 1980, p. 437 467.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rythme et persuasion chez Cic&#233;ron &#8211; Qu'est-ce que le rythme latin ?
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article251</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article251</guid>
		<dc:date>2011-01-09T08:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;ambule : du rhythmos au numerus Dans la philosophie aristot&#233;licienne, le rythme (rhythmos) est fondamentalement d&#233;fini comme une forme (sch&#232;ma) qui s'applique &#224; une mati&#232;re &#8212; avec laquelle il ne faut pas le confondre. Il se caract&#233;rise plus pr&#233;cis&#233;ment comme une combinaison d'&#233;l&#233;ments selon des proportions g&#233;om&#233;triques, dans une statue, un portique ou dans la succession des sons. Ainsi, dans le livre III de sa Rh&#233;torique, Aristote &#233;tablit que &#171; le nombre (arithmos) propre &#224; la forme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Pr&#233;ambule : du rhythmos au numerus&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Pr&#233;ambule : du rhythmos au numerus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La dialectique fondamentale du numerus&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;La dialectique fondamentale du numerus&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Rythme et style&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Rythme et style&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;f&#233;rences&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Pr&#233;ambule : du &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; au &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans la philosophie aristot&#233;licienne, le rythme &lt;i&gt;(rhythmos) &lt;/i&gt; est fondamentalement d&#233;fini comme une forme &lt;i&gt;(sch&#232;ma)&lt;/i&gt; qui s'applique &#224; une mati&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir BENVENISTE, 1980, p. 327 328.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; avec laquelle il ne faut pas le confondre. Il se caract&#233;rise plus pr&#233;cis&#233;ment comme une combinaison d'&#233;l&#233;ments selon des proportions g&#233;om&#233;triques, dans une statue, un portique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arstt. Phys., 191a 7 12 ; Cat., 10a 11 14 ; BOCCADORO, 1998, p. 226 227.&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou dans la succession des sons. Ainsi, dans le livre III de sa &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Aristote &#233;tablit que &#171; le nombre &lt;i&gt;(arithmos)&lt;/i&gt; propre &#224; la forme de la parole oratoire est le rythme &lt;i&gt;(rhythmos) &lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1408b 28 29 (&#233;d. R. Kassel).&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce nombre se mat&#233;rialise dans la succession des dur&#233;es et les rapports arithm&#233;tiques que celles-ci entretiennent. En caract&#233;risant la forme de la parole oratoire, le rythme &#171; apporte au discours un caract&#232;re d&#233;termin&#233;, une sorte d'unit&#233; interne en introduisant un nombre, c'est-&#224;-dire une proportion, une harmonie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CHIRON, 2001, p. 67.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aristox&#232;ne, disciple d'Aristote, applique cette th&#233;orie &#224; la musique. Maintenant la distinction entre la mati&#232;re et la forme, il appelle la premi&#232;re &lt;i&gt;rythmable &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(rhythmizomenon)&lt;/i&gt; et la seconde &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(rhythmos)&lt;/i&gt;. La mati&#232;re rythmable peut &#234;tre geste, m&#233;lodie et parole, c'est-&#224;-dire les trois interm&#233;diaires &#224; travers lesquels la musique grecque se r&#233;alise&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aristox. Elem. Rhythm., 2, 9 (&#233;d. Pearson).&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ce cadre, le rythme est d&#233;fini comme un agencement, d&#233;termin&#233; par des r&#232;gles arithm&#233;tiques pr&#233;cises, des unit&#233;s du rythmable (signal, son, syllabe). Aristox&#232;ne instaure en outre une unit&#233;-&#233;talon, le temps premier et &#233;labore un syst&#232;me hi&#233;rarchique d'unit&#233;s temporelles, multiples de ce temps premier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Aristox. Elem. Rhythm., 2, 10.&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce syst&#232;me a pour avantage, par rapport au syst&#232;me m&#233;trique, d'&#234;tre valable pour n'importe quel rythme musical (dans&#233;, jou&#233; ou chant&#233;). Ainsi, Aristox&#232;ne &#233;tablit durablement la d&#233;finition du rythme comme &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, au double sens du terme : disposition d'une mati&#232;re en fonction de &lt;i&gt;rapports &lt;/i&gt; exprim&#233;s dans la dur&#233;e, qui concourt, par ce biais, &#224; la production du &lt;i&gt;sens &lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;discours&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#171; Tout ce qui correspond &#224; quelque mesure audible, m&#234;me hors du vers &#8212; car celui-ci est un d&#233;faut en prose &#8212; est appel&#233; rythme (&lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; en latin, &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; en grec) &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 67 (&#233;d. P. Reis). Voir aussi Cic. Or., 170 ; Quint., Inst., 9, 4, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par ces mots, Cic&#233;ron &#233;tablit la correspondance parfaite entre le &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; grec et le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; latin et valide ainsi le glissement du concept de rythme &#224; celui de nombre. Si &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; n'est pas, &#224; proprement parler, une traduction de &lt;i&gt;rhythmos&lt;/i&gt;, &#171; les deux mots ne sont pas sans rapport, en ce qu'ils partagent des isotopies aff&#233;rentes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NICOLAS, 2005, p. 124.&#034; id=&#034;nh6-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, le transfert de &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(rhythmos)&lt;/i&gt; &#224; &lt;i&gt;nombre &lt;/i&gt; &lt;i&gt;(numerus)&lt;/i&gt; est op&#233;r&#233; en vertu d'une association de concepts communs (harmonie, agencement, proportion)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#233;quivalence entre rythme et nombre est maintenue en fran&#231;ais par le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cic&#233;ron consid&#232;re notamment que les mots fournissent une mati&#232;re premi&#232;re &lt;i&gt;(materia) &lt;/i&gt; que l'orateur met en forme &lt;i&gt;(forma) &lt;/i&gt; par un travail de pon&#231;age &lt;i&gt;(expolitio)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 3, 177 (&#233;d. Kumaniecki) ; Or., 185 ; Quint., Inst. 2, 21, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;nonc&#233; est d&#232;s lors per&#231;u comme une construction qui r&#233;pond aux lois de l'euphonie et du rythme, o&#249; chaque &#233;l&#233;ment est interd&#233;pendant. &#171; Une des propri&#233;t&#233;s fondamentales du rythme est en effet que celui-ci cr&#233;e la participation directe de chaque &#233;l&#233;ment &#224; l'ensemble du syst&#232;me. Cette structure n'est donc pas per&#231;ue comme le r&#233;sultat de la simple addition des propri&#233;t&#233;s de ses parties, mais comme un tout constitu&#233; par l'ensemble des relations entre ses parties &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;SAUVANET, 2000, p. 167.&#034; id=&#034;nh6-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'&#233;quivalence cic&#233;ronienne entre &lt;i&gt;rhythmos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; permet ainsi d'associer d'embl&#233;e le rythme &#224; cet agencement arithm&#233;tique qui organise l'&#233;nonc&#233; en segments croissants et hi&#233;rarchis&#233;s (pieds, incises, membres et p&#233;riodes). D&#232;s lors, &#224; quels processus d'organisation correspond pr&#233;cis&#233;ment le &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; ? Quelle(s) fonction(s) ces processus ont-ils dans la parole persuasive ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La dialectique fondamentale du &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Soumettre la parole &#224; un nombre, c'est la diviser en s&#233;quences autonomes et n&#233;anmoins li&#233;es les unes aux autres. Du point de vue rythmique, chacune de ces s&#233;quences constitue une unit&#233; formelle distincte, qui ne prend tout son sens qu'&#224; l'&#233;chelle de l'ensemble dont elle n'est qu'une portion, comme un n&#339;ud dans un tissage &#8212; Aristote &#233;voque d'ailleurs une &#171; parole tress&#233;e &#187;, soulignant ainsi le caract&#232;re &#224; la fois fini et enchev&#234;tr&#233; de la parole rythm&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 72.&#034; id=&#034;nh6-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la rh&#233;torique latine, le numerus consiste &#224; la fois &#224; d&#233;tacher et &#224; encha&#238;ner les segments constitutifs du discours ; il repose plus pr&#233;cis&#233;ment sur des proc&#233;d&#233;s qui illustrent le double h&#233;ritage de la m&#233;trique et de la musique. Comme le m&#232;tre, il tient compte des syllabes et n'intervient pas sur les quantit&#233;s syllabiques &#8212; alors qu'en musique, les syllabes peuvent &#234;tre abr&#233;g&#233;es ou allong&#233;es en fonction des besoins de la m&#233;lodie et du rythme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Quint. Inst., 9, 4, 89 ; BRELET, 1949, p. 271.&#034; id=&#034;nh6-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela s'explique du fait que la rh&#233;torique est avant tout un art de la parole ; le texte y est primordial et en aucune fa&#231;on le rythme ne doit y avoir la supr&#233;matie sur les mots. Mais comme la musique, le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; est libre. &#192; condition de respecter les rapports arithm&#233;tiques d&#233;finis par les r&#232;gles rythmiques, il est permis en prose de combiner, de m&#233;langer des combinaisons (appel&#233;es pieds) qui ne se rencontrent jamais dans les m&#232;tres. Suivant la m&#234;me logique, le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; peut faire usage de silences pour compl&#233;ter certains pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les segments mis en &#233;vidence par le rythme oratoire dans la rh&#233;torique antique sont l'incise, le membre et la p&#233;riode. Dans la th&#233;orie aristot&#233;licienne, le membre &lt;i&gt;(c&#244;lon)&lt;/i&gt; est un segment incomplet du point de vue s&#233;mantique et rythmique ; il entre n&#233;cessairement dans la composition de la p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arstt. Rhet., 1409b 15 ; CHIRON, 2001, p. 107&#034; id=&#034;nh6-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celle-ci peut contenir un seul membre (p&#233;riode simple) ou deux membres (p&#233;riode complexe)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arstt. Rhet., 1409b 13 15.&#034; id=&#034;nh6-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Corollairement, Aristote n'envisage pour la prose oratoire qu'un seul style, le style &#171; tress&#233; &#187; (p&#233;riodique). Il d&#233;laisse l'ancien style &#171; cousu &#187;, car selon lui, son caract&#232;re hach&#233; et ind&#233;termin&#233; fait obstacle au plaisir. D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re s'inspire largement d'Aristote, mais t&#233;moigne de modifications profondes dans la th&#233;orie du style, peut-&#234;tre initi&#233;es par Th&#233;ophraste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 108 109.&#034; id=&#034;nh6-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, il envisage le membre comme une unit&#233; de sens qui peut fonctionner de mani&#232;re autonome ou bien en composition dans la p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 77 ; 107.&#034; id=&#034;nh6-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cons&#233;quent, il admet deux styles pour la prose oratoire : le style &#171; d&#233;coup&#233; &#187; par membres et le style &#171; tress&#233; &#187; en p&#233;riodes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Demetr. Eloc., 12 (&#233;d. Chiron).&#034; id=&#034;nh6-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans le premier, on compte deux niveaux hi&#233;rarchiques de segmentation (pieds, membres), dans le second, on en compte trois (pieds, membres, p&#233;riodes). En outre, D&#233;m&#233;trios rel&#232;ve dans la composition de la p&#233;riode la pr&#233;sence d'un segment rythmique plus r&#233;duit que le membre : l'incise &lt;i&gt;(comma)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 78 ; 107.&#034; id=&#034;nh6-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La rh&#233;torique latine poursuit cette &#233;volution qui tend &#224; reconna&#238;tre une l&#233;gitimit&#233; au style non p&#233;riodique. Cic&#233;ron conserve en effet les deux styles &#233;nonc&#233;s par D&#233;m&#233;trios. Il envisage m&#234;me l'incise comme un segment pouvant fonctionner de mani&#232;re autonome, comme le membre. Par cons&#233;quent, incises et membres sont susceptibles de constituer le niveau hi&#233;rarchique sup&#233;rieur de segmentation ou bien d'entrer dans la composition d'une p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Rythme et style&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le choix et l'application du &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; dans le discours suppose un choix stylistique pr&#233;alable&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir P&#196;LL, 2007, p. 49 51.&#034; id=&#034;nh6-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, absolument fondamental et bien d&#233;fini dans la rh&#233;torique latine, entre une configuration fond&#233;e sur l'emploi majoritaire d'incises et de membres et une configuration qui privil&#233;gie la p&#233;riode. Ce choix d&#233;termine en quelque sorte le plan de l'&#233;difice &#224; partir duquel l'orateur b&#226;tit ses phrases comme un v&#233;ritable ma&#238;tre d'&#339;uvre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DANGEL, 1982, p. 126.&#034; id=&#034;nh6-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, contrairement au po&#232;te, l'orateur jouit d'une grande libert&#233; qui lui donne la possibilit&#233; de faire ce choix stylistique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Quint. Inst., 8, 6, 63 ; 9, 4, 27.&#034; id=&#034;nh6-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'allier les r&#232;gles rythmiques, plus l&#226;ches que les r&#232;gles m&#233;triques, &#224; sa propre cr&#233;ativit&#233;. Pour reprendre les mots de Jacqueline Dangel, &#171; le prosateur qui veut faire &#339;uvre d'art doit notamment, en l'absence de r&#232;gles fixes et de cadres d&#233;termin&#233;s par avance, se cr&#233;er ses propres rep&#232;res rythmiques &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DANGEL, 1982, p. 126. Voir &#233;galement P&#196;LL, 2007, p. 27.&#034; id=&#034;nh6-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;1. Le style paratactique (incisif)&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'emploi d'incises et de membres comme unit&#233;s s&#233;mantiques et rythmiques autonomes induit un genre de style que l'on appellera paratactique ou incisif. En effet, les segments rythmiques sont relativement courts et, du point de vue de l'&#233;nonc&#233;, g&#233;n&#233;ralement juxtapos&#233;s. Dans ce cadre, le module r&#233;f&#233;rentiel de sens et de rythme est le mot :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nec solum componentur uerba ratione, sed etiam finientur, quoniam id iudicium esse alterum aurium diximus. Sed finientur aut compositione ipsa et quasi sua sponte, aut quodam genere uerborum, in quibus ipsis concinnitas inest ; quae siue casus habent in exitu similes siue paribus paria redduntur siue opponuntur contraria, suapte natura numerosa sunt, etiam si nihil est factum de industria.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement les mots font l'objet d'un tel encha&#238;nement, mais ils sont &#233;galement d&#233;limit&#233;s, puisque nous avons dit que c'&#233;tait le deuxi&#232;me point dont les oreilles sont juges. Ils sont d&#233;limit&#233;s soit par l'encha&#238;nement lui-m&#234;me, pour ainsi dire spontan&#233;ment, soit par quelque figure de mots. Ces mots forment eux-m&#234;mes l'effet de sym&#233;trie ; qu'ils aient la m&#234;me d&#233;sinence, qu'ils se r&#233;pondent en formant des segments &#233;gaux, qu'ils forment des antith&#232;ses, ils aboutissent naturellement &#224; un rythme, m&#234;me involontairement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 164.&#034; id=&#034;nh6-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La parataxe, conjugu&#233;e &#224; un encha&#238;nement r&#233;fl&#233;chi des mots, permet de cr&#233;er les figures appel&#233;es abusivement gorgianiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir YON, 1964, p. xc ; LAURAND, 1965, p. 126 127 ; NO&#203;L, 1999, p. 193 211.&#034; id=&#034;nh6-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : l'hom&#233;optote et l'hom&#233;ot&#233;leute, qui se d&#233;finissent respectivement par des d&#233;sinences identiques et des effets de rime, le &lt;i&gt;parison &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;isokolon&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire l'&#233;galit&#233; des segments, et enfin l'antith&#232;se. Ces figures ne sont op&#233;rationnelles qu'&#224; condition que les segments rythmiques observent une &#233;tendue limit&#233;e. Ce proc&#233;d&#233;, appel&#233; &lt;i&gt;concinnitas&lt;/i&gt;, est la mani&#232;re la plus simple et la plus naturelle de fabriquer un rythme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#233;galement Cic. Or., 220. Sur le rythme des Anciens, voir Cic. Or., 167 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et quia non numero solum numerosa oratio sed et compositione fit et genere, quod ante dictum est, concinnitatis &#8212; compositione potest intellegi cum ita structa uerba sunt, ut numerus non quaesitus sed ipse secutus esse uideatur, ut apud Crassum &#171; Nam ubi libido dominatur, innocentiae leue praesidium est &#187; ; ordo enim uerborum efficit numerum sine ulla aperta oratoris industria ; itaque si quae ueteres illi, Herodotum dico et Thucydinem totamque eam aetatem, apte numeroseque dixerunt, ea sic non numero quaesito, sed uerborum collocatione ceciderunt.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la prose oratoire est rendue rythm&#233;e non seulement par le rythme, mais &#233;galement par l'encha&#238;nement des mots et par la figure dont nous avons parl&#233; (l'effet de sym&#233;trie). On peut comprendre que c'est par l'encha&#238;nement lorsque les mots sont agenc&#233;s dans un &#233;difice de fa&#231;on &#224; ce que le rythme ne semble pas avoir &#233;t&#233; recherch&#233;, mais s'ensuivre de lui-m&#234;me, comme dans ces mots de Crassus : &lt;i&gt;Nam ubi libido dominatur, innocentiae leue praesidium est&lt;/i&gt;. De fait, l'ordre des mots produit un rythme, sans effort manifeste de la part de l'orateur. C'est pourquoi, tout ce que les Anciens &#8212; je parle d'H&#233;rodote, Thucydide et de toute cette g&#233;n&#233;ration &#8212; ont d&#233;clam&#233; d'harmonieusement rythm&#233; est tomb&#233; ainsi non parce que le rythme &#233;tait recherch&#233;, mais du fait du regroupement des mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 219.&#034; id=&#034;nh6-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; repose donc sur un effet de naturel, conscient ou non. Or, du fait m&#234;me qu'il ne n&#233;cessite pas une technique tr&#232;s pouss&#233;e, ce proc&#233;d&#233; fait l'objet d'un jugement parfois r&#233;serv&#233; de la part de Cic&#233;ron, en particulier dans les trait&#233;s qui pr&#233;c&#232;dent l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;. L'Arpinate le consid&#232;re comme trop peu &#233;labor&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir YON, 1964, p. cxix.&#034; id=&#034;nh6-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour qu'on lui accorde une r&#233;elle place dans la technique oratoire. Selon Albert Yon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir YON, 1964, p. cxx. ,&#034; id=&#034;nh6-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ce d&#233;veloppement plut&#244;t &#233;logieux que Cic&#233;ron lui consacre &#224; la fin de l'&lt;i&gt;Orator &lt;/i&gt; serait le fruit d'une prise de conscience progressive de son importance dans l'&#233;laboration du rythme oratoire. Il faut sans doute aussi prendre en consid&#233;ration le contexte esth&#233;tique dans lequel la th&#233;orie cic&#233;ronienne se place, et notamment les critiques adress&#233;es par Cic&#233;ron &#224; l'encontre du nouveau courant atticiste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la position de Cic&#233;ron &#224; l'&#233;gard des atticistes, voir Cic. Brut., 284 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui ne fait pas preuve, selon lui, du discernement et de la mod&#233;ration n&#233;cessaires pour parvenir &#224; une bonne imitation des Anciens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Brut., 285 ; 291 (&#233;d. Malcovati).&#034; id=&#034;nh6-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour Cic&#233;ron, l'emploi exclusif de la &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; conduit &#224; un style trop simple, hach&#233;, d&#233;sarticul&#233; et sans liant et op&#232;re une segmentation imparfaite, visant seulement &#224; d&#233;limiter des groupes de mots sans chercher &#224; les encha&#238;ner. Il le r&#233;serve donc dans un premier temps au style des sophistes, distinct du style oratoire &#224; proprement parler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 66.&#034; id=&#034;nh6-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quand il avoue l'avoir lui-m&#234;me employ&#233;, l'exemple qu'il donne, extrait du &lt;i&gt;Pro Milone&lt;/i&gt;, montre que la &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; est en fait int&#233;gr&#233;e dans un syst&#232;me phrastique complexe o&#249; les effets de sym&#233;trie et d'&#233;cho sont destin&#233;s &#224; cr&#233;er une configuration &lt;i&gt;(forma)&lt;/i&gt; rythmique pleine d'entrelacs :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quo de genere illa nostra sunt in Miloniana : &#171; est enim, iudices, haec non scripta sed nata lex, quam non didicimus, accepimus, legimus, uerum ex natura ipsa arripuimus, hausimus, expressimus, ad quam non docti sed facti, non instituti sed imbuti sumus &#187;. Haec enim talia sunt, ut, quia referuntur ea quae debent referri, intellegamus non quaesitum esse numerum, sed secutum.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce passage de notre &lt;i&gt;Milonienne &lt;/i&gt; illustre cette figure de mots : &lt;i&gt;est enim, iudices, haec non scripta sed nata lex, quam non didicimus, accepimus, legimus, uerum ex natura ipsa arripuimus, hausimus, expressimus, ad quam non docti sed facti, non instituti sed imbuti sumus.&lt;/i&gt; Parce que se fait &#233;cho ce qui doit se faire &#233;cho, ce passage donne le sentiment que le rythme n'a pas &#233;t&#233; recherch&#233;, mais qu'il s'ensuit de lui-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 165.&#034; id=&#034;nh6-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce passage du &lt;i&gt;Pro Milone&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Pro Mil., 4, 10.&#034; id=&#034;nh6-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tous les proc&#233;d&#233;s de la &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; sont employ&#233;s. Le rythme op&#232;re par une &#171; succession de cadres fixes &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DANGEL, 1982, p. 187.&#034; id=&#034;nh6-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le syntagme&lt;i&gt; haec lex&lt;/i&gt; amorce une progression en deux phases successives correspondant aux deux relatives &lt;i&gt;quam...ad quam&lt;/i&gt;...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DANGEL, 1982, p. 144 145.&#034; id=&#034;nh6-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les antith&#232;ses&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien cite d'ailleurs ce passage du Pro Milone pour illustrer ce qu'il (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;(scripta / nata ; docti / facti ; instituti / imbuti ; didicimus, accepimus, legimus / arripuimus, hausimus, expressimus)&lt;/i&gt; sont mises en lumi&#232;re par les rimes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'importance des d&#233;sinences dans le rythme oratoire, voir DANGEL, 1982, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et les balancements syntaxiques concessifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DANGEL, 1982, p. 130 131.&#034; id=&#034;nh6-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;i&gt;(non...sed, non...uerum)&lt;/i&gt;. Pour reprendre les termes de Jacqueline Dangel, &#171; une utilisation judicieuse d'indicateurs formels de rythme permet d'&#233;laborer des constructions g&#233;om&#233;triques, c'est-&#224;-dire des ensembles ordonn&#233;s et rigoureux &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DANGEL, 1982, p. 156.&#034; id=&#034;nh6-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; cic&#233;ronienne fait donc appel &#224; de multiples proc&#233;d&#233;s compl&#233;mentaires (effets de rime, rythme syntaxique, alternance de groupes binaires et ternaires) qui sont autant de marques d'un discours dont le flux est &#224; la fois abondant et ma&#238;tris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;2. Le style syntaxique (p&#233;riodique)&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; peut &#233;galement reposer sur un proc&#233;d&#233; d&#233;fini depuis Aristote : la p&#233;riode. Pour Aristote, la p&#233;riode se d&#233;finit comme &#171; une parole ayant un d&#233;but et une fin par elle-m&#234;me et une &#233;tendue qui se laisse embrasser du regard &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1409a 36.&#034; id=&#034;nh6-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Gr&#226;ce &#224; cette &#233;tendue limit&#233;e et soumise au nombre, la p&#233;riode peut &#234;tre ais&#233;ment m&#233;moris&#233;e et per&#231;ue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Arstt. Rhet., 1409b 5.&#034; id=&#034;nh6-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais comme le souligne Pierre Chiron, elle se d&#233;finit avant tout comme une unit&#233; de pens&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1409b 8 12. Voir P&#196;LL, 2007, p. 26.&#034; id=&#034;nh6-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme et la forme en g&#233;n&#233;ral y tiennent d&#232;s lors le &#171; r&#244;le n&#233;cessaire mais subalterne d'auxiliaires de la transmission d'un sens. L'unit&#233; interne ne peut vraiment se produire qu'au niveau du sens, quand les &#233;l&#233;ments s&#233;mantiques de la fin se combinent avec ceux du d&#233;but pour former une &lt;i&gt;dianoia &lt;/i&gt; autonome &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CHIRON, 2001, p. 68.&#034; id=&#034;nh6-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Du point de vue de sa structure, la p&#233;riode pour Aristote peut &#234;tre simple ou bien complexe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1409b 13 17.&#034; id=&#034;nh6-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, c'est-&#224;-dire constitu&#233;e d'un ou de deux &lt;i&gt;c&#244;la&lt;/i&gt;. Chez D&#233;m&#233;trios, la p&#233;riode est d&#233;finie en termes aristot&#233;liciens, avec notamment une insistance sur son caract&#232;re circulaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 79 81.&#034; id=&#034;nh6-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais on peut d&#233;celer certaines modifications reprises ensuite par la rh&#233;torique latine. D&#233;m&#233;trios sugg&#232;re tout d'abord que la p&#233;riode peut contenir jusqu'&#224; quatre membres, dont l'&#233;tendue est proche de celle de l'hexam&#232;tre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Demetr. Eloc., 4. Voir CHIRON, 2001, p. 75.&#034; id=&#034;nh6-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ensuite, il souligne que la p&#233;riode peut &#234;tre compos&#233;e de membres mais &#233;galement d'incises &lt;i&gt;(commata)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Demetr. Eloc., 9. Voir CHIRON, 2001, p. 78 79.&#034; id=&#034;nh6-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La rh&#233;torique latine se fait l'h&#233;riti&#232;re de la th&#233;orie grecque : la p&#233;riode &#171; doit embrasser un sens complet, &#234;tre &#233;vidente pour pouvoir &#234;tre comprise et respecter une mesure pour pouvoir &#234;tre retenue par la m&#233;moire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., 9, 4, 125.&#034; id=&#034;nh6-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme chez Aristote, elle doit en outre correspondre &#224; une unit&#233; respiratoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 3, 182 ; Brut., 34 ; Quint. Inst., 9, 4, 68 ; 125.&#034; id=&#034;nh6-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toutefois, la rh&#233;torique latine insiste davantage qu'Aristote sur l'unit&#233; formelle et rythmique qui doit caract&#233;riser la p&#233;riode. L'accent est mis d&#232;s lors sur la n&#233;cessit&#233; pour l'orateur de soigner particuli&#232;rement les charni&#232;res rythmiques au d&#233;but et surtout &#224; la fin par l'emploi de clausules. En outre, si la p&#233;riode appara&#238;t nettement comme le segment interne le plus &#233;tendu du discours, elle doit &#234;tre elle-m&#234;me segment&#233;e au minimum en deux membres, au maximum en quatre. Dans ce cadre, les incises et les membres ne sont alors pas employ&#233;s de fa&#231;on autonome comme dans le style incisif, mais constituent des segments internes &lt;i&gt;(particulae ou partes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 206 ; 221 ; YON, 1964, p. cli.&#034; id=&#034;nh6-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;)&lt;/i&gt;. La p&#233;riode est ainsi le proc&#233;d&#233; le plus complet mais aussi le plus complexe du regroupement par segmentation &lt;i&gt;(collocatio)&lt;/i&gt; ; elle appelle les applaudissements et les cris d'admiration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 210. Voir YON, 1964, p. cxlix cli.&#034; id=&#034;nh6-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais &#224; cause de son ampleur, elle doit faire l'objet d'un emploi r&#233;fl&#233;chi qui &#233;vite tout syst&#233;matisme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 209.&#034; id=&#034;nh6-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cic&#233;ron reconna&#238;t &#224; Isocrate le m&#233;rite d'avoir fait &#233;voluer la technique oratoire, de l'avoir rendue plus complexe et plus aboutie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DH. Isocr., 3, 1 4 ; KENNEDY, 1999, p. 36 45.&#034; id=&#034;nh6-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ne se contentant pas de la &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; pour produire du rythme, Isocrate s'est attach&#233; &#224; donner &#224; la phrase un tour p&#233;riodique :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tum primus intellexit etiam in soluta oratione, dum uersum effugeres, modum tamen et numerum quendam oportere seruari. Ante hunc enim uerborum quasi structura et quaedam ad numerum conclusio nulla erat.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Isocrate] fut le premier alors &#224; comprendre que, m&#234;me dans la prose, tant que l'on fuit le vers, il faut observer une mesure et un rythme d&#233;finis. Avant lui, il n'y avait pas cette construction de mots ni cette cadence rythmique que nous utilisons aujourd'hui&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Brut., 32 33.&#034; id=&#034;nh6-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le rythme oratoire qui ne d&#233;pend pas du simple encha&#238;nement des mots repose sur deux &#233;l&#233;ments : une mesure &lt;i&gt;(modus)&lt;/i&gt; et un nombre &lt;i&gt;(numerus)&lt;/i&gt;. De fait, la p&#233;riode constitue une mesure, comprise comme une &#233;tendue clairement d&#233;limit&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir DANGEL, 1982, p. 251.&#034; id=&#034;nh6-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, achev&#233;e par une cadence ais&#233;ment perceptible, la clausule :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Constat enim ille ambitus et plena comprehensio e quattuor fere partibus, quae membra dicimus. [...] Sed habeo mediocratis rationem ; nec enim loquor de uersu et est liberior aliquanto oratio. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet encha&#238;nement circulaire de la p&#233;riode, lorsqu'il est plein, repose g&#233;n&#233;ralement sur quatre segments, que nous appelons membres. [...] Mais il s'agit d'une moyenne, car je ne parle pas du vers, et la prose est quelque peu plus libre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 221.&#034; id=&#034;nh6-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;i&gt;E quattuor igitur quasi hexametrorum instar uersuum quod sit constat fere plena comprehensio. His igitur singulis uersibus quasi nodi apparent continuationis, quos in ambitu coniungiumus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc pour ainsi dire sur quatre [segments constitu&#233;s] d'hexam&#232;tres que repose g&#233;n&#233;ralement la p&#233;riode lorsqu'elle est pleine. En cons&#233;quence, par chacun de ces vers, apparaissent dans le d&#233;roulement p&#233;riodique pour ainsi dire des n&#339;uds que nous attachons ensemble dans le cercle de la p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 222.&#034; id=&#034;nh6-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La strophe po&#233;tique est d&#233;coup&#233;e en vers, la p&#233;riode en membres ; ce parall&#232;le est soulign&#233; par la comparaison des membres aux hexam&#232;tres dactyliques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi Quint. Inst., 9, 4, 125.&#034; id=&#034;nh6-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cic&#233;ron rappelle ici le fonctionnement sym&#233;trique de la prose et de la po&#233;sie qui reposent toutes deux sur le proc&#233;d&#233; de segmentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi Quint. Inst., 9, 4, 116.&#034; id=&#034;nh6-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La m&#233;taphore des n&#339;uds&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quintilien (Inst., 2, 8, 15 ; 9, 4, 9) pr&#233;f&#232;re la m&#233;taphore des nerfs et des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; &#233;voquant sans doute la m&#233;taphore aristot&#233;licienne du tressage&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt., Rhet., 1409a.&#034; id=&#034;nh6-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8212; indique, de mani&#232;re figur&#233;e, les deux param&#232;tres &#224; prendre en consid&#233;ration lors de la composition d'une p&#233;riode : d'une part, la d&#233;limitation et la coh&#233;sion interne des segments, d'autre part, leur succession qui doit suivre un itin&#233;raire circulaire et continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En outre, pour d&#233;signer la p&#233;riode, la rh&#233;torique latine emploie la m&#233;taphore grecque du cercle &lt;i&gt;(periodos)&lt;/i&gt;. Si cette m&#233;taphore sugg&#232;re, chez Aristote, que la p&#233;riode doit embrasser un sens entier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 68.&#034; id=&#034;nh6-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est plut&#244;t associ&#233;e dans la rh&#233;torique latine &#224; sa perfection formelle, mais &#233;galement &#224; sa dynamique dont le rythme participe pleinement. Les traductions que Cic&#233;ron propose caract&#233;risent en effet l'esth&#233;tique de la p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or, 204. Voir aussi Cic. Or., 208.&#034; id=&#034;nh6-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;[...] In totone circumitu illo orationis, quem Graeci &#960;&#949;&#961;&#943;&#959;&#948;&#959;&#957;, nos tum ambitum, tum circuitum, tum comprehensionem aut continuationem aut circumscriptionem dicimus [...]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Dans tout le circuit de la prose &#8212; que les Grecs appellent periodos et que nous appelons tant&#244;t &lt;i&gt;ambitus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Brut., 162.&#034; id=&#034;nh6-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tant&#244;t &lt;i&gt;circuitus&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 3, 191 ; 198 ; Or., 78 ; Quint. Inst., 9, 4, 124.&#034; id=&#034;nh6-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tant&#244;t &lt;i&gt;comprehensio&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Brut., 162 ; Or., 149 ; Quint. Inst., 9, 4, 115 ; 121 ; 124.&#034; id=&#034;nh6-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou &lt;i&gt;continuatio&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 1, 261 ; 3, 49 ; Or., 208 ; Quint. Inst., 9, 4, 22 ; 124.&#034; id=&#034;nh6-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou &lt;i&gt;circumscriptio&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Brut., 34 ; Quint. Inst., 9, 4, 124.&#034; id=&#034;nh6-69&#034;&gt;69&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;[...]&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans cette &#233;num&#233;ration, Cic&#233;ron proc&#232;de plut&#244;t par accumulation, suivant l'ordre dans lequel les termes se pr&#233;sentent &#224; son esprit. En croisant les diverses significations de ces termes, on peut entrevoir la r&#233;alit&#233; rythmique de la p&#233;riode oratoire. &lt;i&gt;Circumscriptio &lt;/i&gt; renvoie simplement au fait de tracer un cercle. &lt;i&gt;Ambitus &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;circuitus &lt;/i&gt; font &#233;galement r&#233;f&#233;rence &#224; la circonf&#233;rence d'un cercle ou de tout objet circulaire, mais peuvent en outre &#233;voquer un itin&#233;raire p&#233;riodique, c'est-&#224;-dire un d&#233;roulement qui se r&#233;p&#232;te &#224; l'identique, par exemple les r&#233;volutions des astres ou bien le retour du jour et de la nuit. Ce dernier point apporte donc une caract&#233;ristique suppl&#233;mentaire &#224; la p&#233;riode. Elle est un parcours circulaire susceptible de se r&#233;p&#233;ter. &lt;i&gt;Comprehensio &lt;/i&gt; fait aussi allusion &#224; une forme circulaire, celle des bras qui entourent quelque chose, ou bien celle de la mer qui encercle un rocher. Si ce terme ne fait pas r&#233;f&#233;rence &#224; une quelconque r&#233;p&#233;tition p&#233;riodique, il peut n&#233;anmoins permettre d'insister sur la coh&#233;sion des &#233;l&#233;ments pris ensemble, sur leur union. Cette derni&#232;re caract&#233;ristique est la seule pr&#233;sente dans le terme &lt;i&gt;continuatio &lt;/i&gt; qui renvoie &#224; une succession continue d'&#233;l&#233;ments. Dans ce dernier terme, la m&#233;taphore du cercle est d'ailleurs absente. Cic&#233;ron, et &#224; sa suite Quintilien emploient &#233;galement la m&#233;taphore de la course&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La m&#233;taphore de la course (cursus) est parfois appliqu&#233;e aux rythmes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-70&#034;&gt;70&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pour insister sur l'importance de la progression rythmique continue de la p&#233;riode&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 212 ; Quint. Inst., 9, 4, 61 ; 115.&#034; id=&#034;nh6-71&#034;&gt;71&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'orateur doit viser la ligne d'arriv&#233;e sans n&#233;gliger le reste. Les effets rythmiques sont alors autant de points d'appui, autant d'empreintes laiss&#233;es au sol :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nam ut initia clausulaeque plurimum momenti habent, quotiens incipit sensus aut desinit, sic in mediis quoque sunt quidam conatus iique leuiter insistunt, ut currentium pes, etiam si non moratur, tamen uestigium facit. Itaque non modo membra atque incisa bene incipere atque cludi decet, sed etiam in iis quae non dubie contexta sunt nec respiratione utuntur &lt;sunt&gt; illi uel occulti gradus. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car si ce sont les d&#233;buts et les clausules qui ont le plus d'importance, puisque c'est l&#224; que le sens commence et s'ach&#232;ve, il n'en reste pas moins qu'au milieu aussi il y a certains effets ; ces derniers s'impriment doucement, comme le pied des coureurs qui laisse une empreinte sans toutefois s'appesantir. C'est pourquoi non seulement il faut soigner le d&#233;but et la fin des incises et des membres, mais il faut aussi une progression pour ainsi dire sous-jacente dans les parties clairement tiss&#233;es ensemble ne r&#233;clament pas de respiration&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., 9, 4, 67. M&#234;me id&#233;e exprim&#233;e auparavant en Quint. Inst., 9, 4, 61.&#034; id=&#034;nh6-72&#034;&gt;72&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;taphore de la course permet &#224; Quintilien d'insister sur l'importance des d&#233;buts et des fins au niveau le plus large, celui de la p&#233;riode, mais &#233;galement au niveau interm&#233;diaire, celui des incises et des membres. Ce soin apport&#233; aux d&#233;buts et aux fins permet de constituer des chevilles rythmiques qui distinguent clairement chaque incise ou membre, c'est-&#224;-dire chaque unit&#233; s&#233;mantique et rythmique qui ne r&#233;clame pas de respiration. De plus, la segmentation interne des incises et des membres r&#233;clame un soin sp&#233;cifique. Par m&#233;taphore, les pieds sont assimil&#233;s aux pas du coureur. Contrairement aux incises et aux membres, les pieds ne doivent pas &#234;tre nettement d&#233;limit&#233;s ; leur rythme doit &#234;tre aussi discret que les empreintes du coureur laiss&#233;es sur le sol. La segmentation des pieds doit suivre une progression sous-jacente, pour ainsi dire cach&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir aussi Cic. De Or., 3, 191 ; LAURAND, 1965, p. 149 150.&#034; id=&#034;nh6-73&#034;&gt;73&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela invite &#224; penser que les pieds dans le style p&#233;riodique ne co&#239;ncident pas n&#233;cessairement avec les mots &#8212; ce qui est le cas dans le style incisif. De fait, l'un des facteurs qui jouent en la faveur de la discr&#233;tion du rythme oratoire est la discordance entre le d&#233;coupage des mots et la segmentation rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, Cic&#233;ron cite le d&#233;but du &lt;i&gt;Pro Cornelio &lt;/i&gt; pour illustrer en quoi consiste le style p&#233;riodique bien li&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Neque me diuitiae mouent, quibus omnes Africanos et Laelios multi uenalicii mercatoresque superarunt, neque uestis aut caelatum aurum et argentum quo nostros ueteres Marcellos Maximosque multi eunuchi e Syria Aegyptoque uicerunt, neque uero ornamenta ista uillarum quibus Lucium Paulum et Lucium Mummium qui rebus his urbem Italiamque omnem referserunt ab aliquo uideo perfacile Deliaco aut Syro potuisse superari.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ne me touchent pas, les richesses qui ont permis &#224; de nombreux marchands d'esclaves et commer&#231;ants de dominer tous les Africains et les Laelius ; ils ne me touchent pas, les v&#234;tements, l'or et l'argent cisel&#233;s qui ont permis jadis &#224; de nombreux eunuques de Syrie et d'Egypte de vaincre nos Marcellus et Maximus ; ils ne me touchent pas, les ornements des villas qui ont permis, &#224; ce que je vois, &#224; quelque habitant de D&#233;los ou de Syrie de pouvoir dominer L. Paulus et L. Mummius qui ont rempli de ces objets la Ville et toute l'Italie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 232. Voir &#233;galement Quint. Inst., 9, 4, 14.&#034; id=&#034;nh6-74&#034;&gt;74&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette longue p&#233;riode est b&#226;tie selon une structure syntaxique tr&#232;s marqu&#233;e. Le groupe verbal &lt;i&gt;me mouent&lt;/i&gt; est mis en facteur commun pour les trois sujets &lt;i&gt;(diuitiae, uestis aut caelatum aurum et argentum, ornamenta ista uillarum)&lt;/i&gt;. Chaque proposition est introduite par le coordonnant neque et amplifi&#233;e par une relative &lt;i&gt;(quibus...superarunt, quo...uicerunt, quibus...uideo)&lt;/i&gt;. La derni&#232;re relative est elle-m&#234;me &#233;toff&#233;e par une proposition infinitive &lt;i&gt;(potuisse superari)&lt;/i&gt; et une relative imbriqu&#233;e &lt;i&gt;(qui...referserunt)&lt;/i&gt;. Cette structure syntaxique, &#224; la fois complexe et extr&#234;mement marqu&#233;e, permet de conf&#233;rer &#224; cette p&#233;riode un d&#233;roulement tr&#232;s net du fait de la r&#233;it&#233;ration des m&#234;mes cat&#233;gories grammaticales. Chaque conjonction de coordination et de subordination joue ainsi le r&#244;le de d&#233;marcation s&#233;mantique et rythmique. L'anaphore de &lt;i&gt;neque &lt;/i&gt; signale &#224; l'auditeur que l'orateur introduit une nouvelle proposition. Les deux relatives introduites par &lt;i&gt;quibus &lt;/i&gt; forment un cadre solide, appuy&#233; par le polyptote &lt;i&gt;superarunt / superari&lt;/i&gt;. Les relatives introduites par &lt;i&gt;quo &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;qui &lt;/i&gt; sont construites en miroir comme le sugg&#232;re l'hom&#233;optote &lt;i&gt;&#8211;runt.&lt;/i&gt; La syntaxe de cette p&#233;riode est donc porteuse de rythme. Elle contribue &#224; la coh&#233;sion de la s&#233;quence et joue en m&#234;me temps sur un effet d'alternance propre &#224; apporter &#224; la fois une certaine r&#233;gularit&#233; et de la vari&#233;t&#233;. Elle donne &#224; la s&#233;quence une profondeur rythmique qui d&#233;passe largement la stricte lin&#233;arit&#233; dans la mesure o&#249; elle mat&#233;rialise la hi&#233;rarchie des segments et la logique qui gouverne leurs imbrications. Cette structure syntaxique est renforc&#233;e par les clausules :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Neque &lt;/strong&gt; me diuitiae mouent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;quibus &lt;/strong&gt; omnes Africanos et Laelios multi uenalicii mercato[-r&#275;squ&#277; s&#365;p&#277;r-/-&#257;r&#363;nt],&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;neque &lt;/strong&gt; uestia aut caelatum [a&#363;r(um) &#277;t &#257;r-/-g&#275;ntum]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;quo &lt;/strong&gt; nostros ueteres Marcellos Maximosque multi eunuchi e Syria Aegup[-t&#333;qu&#277; / u&#299;c&#277;r&#363;nt],&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;neque &lt;/strong&gt; uero ornamenta [&#299;st&#259; u&#299;l-/-larum]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;quibus&lt;/strong&gt; Lucium Paulum et [L&lt;&#363;c&#301;&#363;m&gt; / M&#363;m&#301;um]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;qui &lt;/strong&gt; rebus his urbem Italiamque om[-n&#275;m r&#277;-/-f&#275;rs&#277;r&#363;nt]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ab aliquo uideo perfacile Deliaco aut Syro potu[-&#299;ss&#277; s&#365;p&#277;r-/-&#257;r&#299;]&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, les charni&#232;res du d&#233;veloppement font l'objet d'un traitement sp&#233;cifique qui permet &#224; l'orateur de marquer clairement la progression lin&#233;aire et cyclique de son discours lors de la prestation orale. Les marqueurs mis en &#233;vidence par l'analyse sont de nature diverse (syntaxique, stylistique, rythmique), mais sont tous destin&#233;s, vraisemblablement, &#224; guider l'auditoire dans la perception du rythme et de la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;La suite de cet article se trouve &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article257' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h2&gt;
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		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir BENVENISTE, 1980, p. 327 328.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arstt. &lt;i&gt;Phys&lt;/i&gt;., 191a 7 12 ; &lt;i&gt;Cat.&lt;/i&gt;, 10a 11 14 ; BOCCADORO, 1998, p. 226 227.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet.&lt;/i&gt;, 1408b 28 29 (&#233;d. R. Kassel).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CHIRON, 2001, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aristox. &lt;i&gt;Elem. Rhythm&lt;/i&gt;., 2, 9 (&#233;d. Pearson).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Aristox. &lt;i&gt;Elem. Rhythm&lt;/i&gt;., 2, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 67 (&#233;d. P. Reis). Voir aussi Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 170 ; Quint., &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 45 (&#233;d. Winterbottom).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;NICOLAS, 2005, p. 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'&#233;quivalence entre &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;nombre &lt;/i&gt; est maintenue en fran&#231;ais par le biais de cette m&#234;me convergence isotopique. Voir notamment la d&#233;finition de &lt;i&gt;nombre &lt;/i&gt; dans le Littr&#233; : &#171; Harmonie qui r&#233;sulte d'un certain arrangement de mots dans la prose et dans les vers &#187;, &#171; Le nombre oratoire, le rhythme plus ou moins large de la phrase &#233;loquente &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 177 (&#233;d. Kumaniecki) ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 185 ; Quint., &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;. 2, 21, 1. Sur le concept &lt;i&gt;sch&#232;ma / figura&lt;/i&gt;, voir CELENTANO &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt;., 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;SAUVANET, 2000, p. 167.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 72.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 89 ; BRELET, 1949, p. 271.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409b 15 ; CHIRON, 2001, p. 107&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409b 13 15.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 108 109.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 77 ; 107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Demetr. &lt;i&gt;Eloc&lt;/i&gt;., 12 (&#233;d. Chiron).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 78 ; 107.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir P&#196;LL, 2007, p. 49 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DANGEL, 1982, p. 126.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 8, 6, 63 ; 9, 4, 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DANGEL, 1982, p. 126. Voir &#233;galement P&#196;LL, 2007, p. 27.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 164.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir YON, 1964, p. xc ; LAURAND, 1965, p. 126 127 ; NO&#203;L, 1999, p. 193 211.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &#233;galement Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 220. Sur le rythme des Anciens, voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 167 ; 170 ; 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 219.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir YON, 1964, p. cxix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir YON, 1964, p. cxx. ,&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la position de Cic&#233;ron &#224; l'&#233;gard des atticistes, voir Cic. Brut., 284 291 ; NARDUCCI, 2002a, p. 410 ; WISSE, 2002, p. 364 365. Sur l'origine du mouvement atticiste &#224; Rome, voir WISSE, 1995, p. 65 82 ; NARDUCCI, 1997, p. 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 285 ; 291 (&#233;d. Malcovati).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 165.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Pro Mil&lt;/i&gt;., 4, 10.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DANGEL, 1982, p. 187.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DANGEL, 1982, p. 144 145.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien cite d'ailleurs ce passage du &lt;i&gt;Pro Milone &lt;/i&gt; pour illustrer ce qu'il entend par antith&#232;se terme &#224; terme. Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 3, 83.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'importance des d&#233;sinences dans le rythme oratoire, voir DANGEL, 1982, p. 140.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DANGEL, 1982, p. 130 131.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DANGEL, 1982, p. 156.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409a 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409b 5.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409b 8 12. Voir P&#196;LL, 2007, p. 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CHIRON, 2001, p. 68.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409b 13 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 79 81.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Demetr. &lt;i&gt;Eloc&lt;/i&gt;., 4. Voir CHIRON, 2001, p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Demetr. &lt;i&gt;Eloc&lt;/i&gt;., 9. Voir CHIRON, 2001, p. 78 79.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 182 ; &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 34 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 68 ; 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 206 ; 221 ; YON, 1964, p. cli.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 210. Voir YON, 1964, p. cxlix cli.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 209.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DH. &lt;i&gt;Isocr&lt;/i&gt;., 3, 1 4 ; KENNEDY, 1999, p. 36 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 32 33.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir DANGEL, 1982, p. 251.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 221.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 222.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir aussi Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 125.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir aussi Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 116.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quintilien (&lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 2, 8, 15 ; 9, 4, 9) pr&#233;f&#232;re la m&#233;taphore des nerfs et des courroies.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt., &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409a.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 68.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;, 204. Voir aussi Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 162.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 191 ; 198 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 78 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 162 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 149 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 115 ; 121 ; 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 1, 261 ; 3, 49 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 208 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 22 ; 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-69&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-69&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-69&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;69&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 34 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 124.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-70&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-70&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-70&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;70&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La m&#233;taphore de la course &lt;i&gt;(cursus)&lt;/i&gt; est parfois appliqu&#233;e aux rythmes &lt;i&gt;(numeri)&lt;/i&gt;. Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 198 ; 201. Elle peut &#233;galement &#234;tre utilis&#233;e pour le discours entier. Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 1, 161 ; 3, 136 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 178 ; 201 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 7 ; 106.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-71&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-71&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-71&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;71&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 212 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 61 ; 115.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-72&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-72&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-72&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;72&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 67. M&#234;me id&#233;e exprim&#233;e auparavant en Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-73&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-73&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-73&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;73&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir aussi Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 191 ; LAURAND, 1965, p. 149 150.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-74&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6-74&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-74&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;74&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 232. Voir &#233;galement Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 9, 4, 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rythme et persuasion chez Cic&#233;ron &#8211; Le numerus dans la parole persuasive
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article257</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article257</guid>
		<dc:date>2011-01-08T12:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
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		<description>
&lt;p&gt;Cet article constitue la suite d'un texte que l'on trouvera ici. En l'absence de m&#233;dias &#233;crits, la parole orale &#224; Rome joue un r&#244;le irrempla&#231;able dans la transmission et le flux des informations concernant la vie politique. Cette culture de l'oralit&#233; influe et m&#234;me d&#233;termine les techniques de composition oratoire. La parole est en effet per&#231;ue comme un v&#233;ritable &#171; mode d'action &#187;, dont l'efficacit&#233; se mesure &#224; la r&#233;action du public. De ce fait, l'&#233;loquence oratoire suppose un triple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1- La s&#233;miologie du rythme&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1- La s&#233;miologie du rythme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2- Rythme et &#233;motions&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2- Rythme et &#233;motions&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3- Bilan&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3- Bilan&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;f&#233;rences&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article constitue la suite d'un texte que l'on trouvera &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article251' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En l'absence de m&#233;dias &#233;crits, la parole orale &#224; Rome joue un r&#244;le irrempla&#231;able dans la transmission et le flux des informations concernant la vie politique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir GRIFFIN, 1994, p. 689.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette culture de l'oralit&#233; influe et m&#234;me d&#233;termine les techniques de composition oratoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir MICHEL, 1996, p. 201 209 ; MAY, 2002, p. 53 54.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La parole est en effet per&#231;ue comme un v&#233;ritable &#171; mode d'action &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ONG, 1982, p. 32.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dont l'efficacit&#233; se mesure &#224; la r&#233;action du public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir NARDUCCI, 2002b, p. 439.&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ce fait, l'&#233;loquence oratoire suppose un triple processus impliquant &#224; la fois l'orateur et son public : la transmission, la perception et l'appr&#233;ciation du discours. La prestation oratoire n'est donc r&#233;ussie qu'&#224; condition que ce jeu d'interaction entre l'orateur et le public fonctionne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ALDRETE, 1999, p. 33 34 ; 117 118 ; SCHLOEMANN, 2002, p. 134 135 ; 141.&#034; id=&#034;nh7-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'orateur doit se plier aux attentes de son public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 1, 224 230 ; 2, 131 ; 159 ; 306 ; 337 ; 3, 39 ; 49 ; 66 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; en contrepartie, ce dernier lui t&#233;moigne la r&#233;ponse favorable attendue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ALDRETE, 1999, p. 101 ; MAY, 2002, p. 59 ; 67.&#034; id=&#034;nh7-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, autrement dit des cris d'admiration et des applaudissements&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 3, 195 ; 197 ; Brut., 198 200.&#034; id=&#034;nh7-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cons&#233;quent, l'orateur doit prendre en compte au moins deux param&#232;tres : le profil socioculturel de son auditoire et l'environnement dans lequel se d&#233;roule sa prestation. De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, l'orateur doit s'efforcer d'exploiter tous les moyens possibles pour capter l'attention du public. Dans cette perspective, le rythme est essentiel car il rel&#232;ve de la prestation orale. Aristote souligne dans sa &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1403b 21 35.&#034; id=&#034;nh7-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; que l'efficacit&#233; du rythme &#171; tient &#224; sa vertu expressive et psychagogique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CHIRON, 2001, p. 66.&#034; id=&#034;nh7-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En d'autres termes, le rythme dispose l'auditeur &#224; l'&#233;coute et &#224; la persuasion. Cic&#233;ron consid&#232;re &#233;galement le rythme comme un proc&#233;d&#233; tr&#232;s bien adapt&#233; &#224; cette situation d'oralit&#233;, dans le sens o&#249; il permet de mettre en &#233;vidence les points strat&#233;giques du discours, mais aussi de cr&#233;er des effets de suspens et de r&#233;p&#233;titions, d'attirer en d&#233;finitive l'attention du public. Il insiste aussi sur l'impact &#233;motionnel du rythme. Le rythme permet de charmer et par ce biais de persuader l'auditeur.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1- La s&#233;miologie du rythme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	Lors de la prestation, le rythme est non seulement signal&#233; par les donn&#233;es du discours (longues et br&#232;ves, accents, intonations...), mais &#233;galement par des gestes. L'ensemble de ces donn&#233;es sonores et visuelles constitue le jeu &lt;i&gt;(actio)&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire un syst&#232;me de signes susceptibles d'&#234;tre correctement interpr&#233;t&#233;s par l'auditoire. L'importance du jeu dans la prestation orale est illustr&#233;e par cette anecdote bien connue que Cic&#233;ron se pla&#238;t &#224; raconter dans chacun de ses trait&#233;s&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 213 ; Brut., 142 ; Or., 56. Voir ALDRETE, 1999, p. 5 6 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#224; la question &#171; Quelle sont les trois choses les plus importantes dans la d&#233;clamation ? &#187;, D&#233;mosth&#232;ne aurait r&#233;pondu &#171; Le jeu, le jeu et le jeu &#187;. Or, le jeu est intimement li&#233; au rythme, en particulier aux pauses et aux coups frapp&#233;s de la main ou du pied :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Numerus autem in continuatione nullus est ; &lt;strong&gt;distinctio&lt;/strong&gt; et aequalium aut saepe uariorum interuallorum &lt;strong&gt;percussio&lt;/strong&gt; numerum conficit, quem in cadentibus guttis, quod interuallis distinguuntur, notare possumus, in amni praecipitante non possumus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rythme est incompatible avec la continuit&#233; ; ce sont la d&#233;limitation de segments &#233;gaux &#8212; ou bien souvent in&#233;gaux &#8212; par des pauses et leur battue qui produisent du rythme. Nous pouvons en rep&#233;rer un dans les gouttes d'eau qui tombent, parce qu'elles sont d&#233;limit&#233;es en segments par des pauses ; dans un torrent, cela est impossible&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 186.&#034; id=&#034;nh7-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le premier proc&#233;d&#233; &lt;i&gt;(distinctio)&lt;/i&gt; consiste &#224; observer des pauses entre certains segments, le second &lt;i&gt;(percussio)&lt;/i&gt; &#224; ex&#233;cuter des battements de la main ou du pied pour marquer la mesure. Ce sont les deux principaux marqueurs paralinguistiques de segmentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.1 Les battements du pied et de la main&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, les battements, et plus largement les gestes participent &#224; l'&#233;laboration du discours au m&#234;me titre que les mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ALDRETE, 1999, p. 6.&#034; id=&#034;nh7-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, les gestes de l'orateur peuvent &#224; plusieurs &#233;gards &#234;tre compar&#233;s &#224; la battue musicale. La battue oratoire s'effectue de deux fa&#231;ons : de la main ou bien du pied. Dans le &lt;i&gt;De Oratore&lt;/i&gt;, Sulpicius admet ainsi avoir imit&#233; le battement de pied de Crassus &lt;i&gt;(supplosio pedis)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 47.&#034; id=&#034;nh7-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les grandes figures oratoires du &lt;i&gt;Brutus &lt;/i&gt; se caract&#233;risent par un bon usage de la battue. Celle d'Antoine soutient particuli&#232;rement bien le discours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Brut., 141.&#034; id=&#034;nh7-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Celle de Crassus n'intervient qu'au moment o&#249; cela est n&#233;cessaire, sans rompre la sobri&#233;t&#233; de l'exorde&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Brut., 158.&#034; id=&#034;nh7-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De ces exemples et des commentaires qui en sont faits, on peut tirer la conclusion que les gestes oratoires doivent effectivement marquer le rythme du discours, en restant toutefois discrets &#8212; ce qui n'est certes pas le cas pour la battue musicale. Les exemples pris par Quintilien permettent d'en apprendre plus sur cette ad&#233;quation entre le discours, le rythme et les gestes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sunt quaedam latentes sermonis &lt;strong&gt;percussiones &lt;/strong&gt; et quasi aliqui pedes ad quos plurimorum gestus cadit, ut sit unus motus &#171; nouum crimen &#187;, alter &#171; C. Caesar &#187;, tertius &#171; et ante hanc diem &#187;, quartus &#171; non auditum &#187;, deinde &#171; propinquus meus &#187; et &#171; ad te &#187; et &#171; Q. Tubero &#187; et &#171; detulit &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a certaines battues sous-jacentes de la prose et pour ainsi dire certains pieds avec lesquels on fait la plupart du temps co&#239;ncider la cadence du geste : il faut qu'il y ait un seul geste sur &lt;i&gt;nouum crimen&lt;/i&gt;, un second sur &lt;i&gt;C. Caesar&lt;/i&gt;, un troisi&#232;me sur &lt;i&gt;et ante hanc diem&lt;/i&gt;, un quatri&#232;me sur &lt;i&gt;non auditum&lt;/i&gt;, enfin [un cinqui&#232;me] sur &lt;i&gt;propinquus meus&lt;/i&gt;, [un sixi&#232;me] sur &lt;i&gt;Q. Tubero&lt;/i&gt; et [un septi&#232;me] sur &lt;i&gt;detulit&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quint. Inst., 11, 3, 108.&#034; id=&#034;nh7-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Quintilien analyse ici le d&#233;but du &lt;i&gt;Pro Ligario&lt;/i&gt; de Cic&#233;ron en prenant en consid&#233;ration &#224; la fois la segmentation du passage &#8212; qui correspond pour lui au d&#233;coupage des groupes de mots et aux unit&#233;s de sens &lt;i&gt;(Novum crimen / C. Caesar /et ante hunc diem / non auditum / propinquus meus / ad te / Q. Tubero / detulit)&lt;/i&gt; et le geste. N&#233;anmoins, on peut se demander si Quintilien fait allusion au jeu oratoire ou bien &#224; une technique p&#233;dagogique. Cic&#233;ron a-t-il effectu&#233; ces gestes ou bien s'agit-t-il simplement d'une m&#233;thode d'apprentissage de la rh&#233;torique ? La question reste ouverte. Gregory S. Aldrete&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALDRETE, 1999, p. 39 40.&#034; id=&#034;nh7-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; penche pour la premi&#232;re solution, mais souligne que le syst&#232;me de Quintilien fige sans doute un proc&#233;d&#233; qui devait rester naturel, du moins en apparence. &#171; Un orateur qui ex&#233;cuterait cette phrase de cette fa&#231;on ressemblerait beaucoup &#224; un chef d'orchestre r&#233;glant le &lt;i&gt;tempo &lt;/i&gt; de ses mains, tout comme l'orateur ajuste au &lt;i&gt;tempo &lt;/i&gt; de ses mots les mouvements de ses mains. Mais si Quintilien donne des directives apparemment rigides pour cette phrase, il insiste n&#233;anmoins sur le fait qu'un orateur exp&#233;riment&#233; emploiera de mani&#232;re naturelle les gestes ad&#233;quats, presque instinctivement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;ALDRETE, 1999, p. 40 : &#171; An orator performing this line in this way would (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De fait, Cic&#233;ron lui-m&#234;me insiste sur deux points : la battue ne doit &#234;tre ni continue, ni syst&#233;matiquement isochrone et d'autre part, elle doit rester discr&#232;te. L'orateur ne doit pas donner l'impression &#224; son auditoire de battre la mesure comme un percussionniste qui accompagnerait un morceau de musique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme oratoire n'est donc pas mesur&#233; au sens o&#249; il ne suit pas une pulsation musicale qui d&#233;terminerait par avance combien de temps doit comporter chaque segment entre deux frapp&#233;s. Par cons&#233;quent, lors de la d&#233;clamation, la segmentation du discours ne doit pas s'effectuer en fonction d'une mesure d&#233;finie. Dans l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, Cic&#233;ron relie cette directive &#224; la sp&#233;cificit&#233; g&#233;n&#233;rique de la prose, qui n'est pas mesur&#233;e comme la po&#233;sie :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nec uero is cursus est numerorum &#8212; orationis dico ; nam est longe aliter in uersibus &#8212; nihil ut fiat extra modum ; nam id quidem esset poema ; sed omnis nec claudicans nec quasi fluctuans et aequabiliter constanterque ingrediens numerosa habetur oratio. [&#8230;] Itaque non sunt in ea tamquam tibicinii percussionum modi, sed uniuersa comprehensio et species orationis clausa et terminata est, quod uoluptate aurium iudicatur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette course de rythmes &#8212; je veux dire celle de la prose, car elle est bien diff&#233;rente dans les vers &#8212; n'est point telle que rien ne sorte de la mesure. Car dans ce cas, ce serait un po&#232;me. Cependant, toute prose qui ne boite pas, ne d&#233;borde pas, pour ainsi dire, mais avance d'un pas &#233;gal et constant, est consid&#233;r&#233;e comme rythm&#233;e. [&#8230;] C'est pourquoi il n'y a pas dans la prose ces sortes de mesures marqu&#233;es par les battues propres &#224; l'art de jouer de la tibia, mais un circuit qui englobe tout et une forme phrastique bien close et bien aboutie dont est juge le plaisir qu'en retirent les oreilles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 198.&#034; id=&#034;nh7-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans ce passage essentiel de l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt;, Cic&#233;ron &#233;claire ce qui distingue le rythme po&#233;tique et musical du rythme oratoire, notamment la question de l'isochronie et de la pulsation. Il rappelle que, contrairement au vers accompagn&#233;s de la &lt;i&gt;tibia&lt;/i&gt;, la succession des combinaisons rythmiques dans la prose ne suit pas une mesure musicale, mais &#171; avance d'un pas &#233;gal et constant &#187;. Cela sugg&#232;re que dans la prose bien rythm&#233;e, les rapports arithm&#233;tiques entre les diff&#233;rentes dur&#233;es successives, &#233;tablis par les lois du nombre, sont davantage guid&#233;s par la proportion que par la r&#233;gularit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'intrication du rapport et de la proportion voir GHYKA, 1938, p. 28 ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En outre, bien que la prose ne soit pas mesur&#233;e au sens musical du terme, elle ne doit pas &#234;tre d&#233;pourvue de mesure. Ce &lt;i&gt;modus &lt;/i&gt; concerne moins la microstructure de la phrase (les pieds) que sa macrostructure (membres et p&#233;riodes). En effet, l'insistance faite sur la configuration circulaire et parfaitement close de la phrase sugg&#232;re que le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; trouve son expression la plus aboutie dans la p&#233;riode oratoire. Il n'en reste pas moins que l'orateur se trouve face &#224; une difficult&#233; li&#233;e &#224; la fois &#224; la libert&#233; de la prose et &#224; son caract&#232;re non mesur&#233; : il lui faut choisir le rythme le mieux adapt&#233; &#224; sa strat&#233;gie oratoire et le rendre parfaitement perceptible &#224; son auditoire, sans pour autant c&#233;der &#224; la tentation de l'isochronie syst&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.2 Les pauses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bien placer les pauses et les effectuer de mani&#232;re ad&#233;quate, en fonction des unit&#233;s s&#233;mantiques et rythmiques, participe clairement &#224; l'intelligibilit&#233; du discours. En outre, l'orateur donne ainsi &#224; entendre son choix stylistique ; style incisif et style p&#233;riodique induisent en effet deux usages distincts des pauses :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Flumen aliis uerborum uolubilitasque cordi est, qui ponunt in orationis celeritate eloquentiam ; distincta alios et interpuncta interualla, morae respirationesque delectant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns ont &#224; c&#339;ur le flot des mots et la volubilit&#233;, et font reposer l'art de l'&#233;loquence sur la rapidit&#233; du discours. D'autres sont charm&#233;s par des segments d&#233;limit&#233;s par des pauses et des laps de temps interm&#233;diaires, par des moments d'attente et des respirations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 53.&#034; id=&#034;nh7-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Au style p&#233;riodique est associ&#233;e la m&#233;taphore du fleuve : les mots sont encha&#238;n&#233;s les uns aux autres dans un flux continu. Cela signifie que les segments sont relativement longs et r&#233;clament pour cette raison des clausules soign&#233;es qui permettent &#224; l'auditeur de suivre la progression du discours. L'emploi de &lt;i&gt;celeritas &lt;/i&gt; nous incite &#224; penser que ce premier type est associ&#233; &#224; un tempo rapide qui laisse sans doute peu d'occasions de reprendre sa respiration. Le style incisif, au contraire, fait place &#224; une segmentation plus hach&#233;e, dans laquelle les segments plus courts sont nettement d&#233;marqu&#233;s les uns des autres gr&#226;ce aux pauses. Le discours se d&#233;roule alors par &#233;tapes successives entre lesquelles il est permis &#224; l'orateur d'observer des moments d'attente et des respirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, les pauses alli&#233;es aux respirations sont fr&#233;quemment employ&#233;es dans le style incisif car elles renforcent l'effet de sym&#233;trie &lt;i&gt;(concinnitas)&lt;/i&gt;. De fait, c'est en alliant &#224; la n&#233;cessit&#233; de respirer la volont&#233; d'utiliser les figures de sym&#233;trie que les anciens orateurs ont exploit&#233; la ressource rythmique que constituent des pauses bien plac&#233;es :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Itaque illi ueteres, sicut hodie etiam non nullos uidemus, cum circuitum et quasi orbem uerborum conficere non possent, nam id quidem nuper uel posse uel audere coepimus, terna aut bina aut nonnulli singula etiam uerba dicebant ; qui in illa infantia naturale illud, quod aures hominum flagitabant, tenebant tamen, ut et illa essent paria, quae dicerent, et aequalibus interspirationibus uterentur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, alors que ces Anciens, comme nous en voyons certains encore aujourd'hui, ne pouvaient produire le circuit et pour ainsi dire le cercle de mots &#8212; de fait, nous avons commenc&#233; r&#233;cemment &#224; pouvoir ou bien oser le pratiquer &#8212;, ils d&#233;clamaient n&#233;anmoins les mots par trois, par deux ou parfois m&#234;me isol&#233;s. Ils ma&#238;trisaient naturellement, encore dans un &#233;tat d'enfance, ce que les oreilles humaines exigeaient : utiliser des segments &#233;gaux, entre lesquels viennent s'intercaler r&#233;guli&#232;rement des respirations&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 198.&#034; id=&#034;nh7-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La description du style des Anciens renvoie clairement aux proc&#233;d&#233;s de la &lt;i&gt;concinnitas&lt;/i&gt;. Le rythme de la phrase repose sur une segmentation en groupes de mots (deux, trois ou un seul), sur l'&#233;galit&#233; des segments et enfin sur des respirations r&#233;guli&#232;res. Le terme &lt;i&gt;interspiratio &lt;/i&gt; est employ&#233; deux fois chez Cic&#233;ron, nulle part chez Quintilien. En donner la d&#233;finition est par cons&#233;quent difficile, d'autant que les passages concern&#233;s ne sont pas tr&#232;s explicites. Toutefois, il semble s'agir d'une respiration qui vient s'intercaler entre deux &#233;l&#233;ments, en l'occurrence deux mots, comme le sugg&#232;re le pr&#233;fixe &lt;i&gt;inter&lt;/i&gt;-. L'emploi de l'adjectif &lt;i&gt;aequalis &lt;/i&gt; sugg&#232;re que ces respirations intercal&#233;es entre deux segments rythmiques se r&#233;partissent dans le discours r&#233;guli&#232;rement. Cela est la cons&#233;quence logique de la tendance des anciens orateurs &#224; &#233;laborer leur discours sur des segments &#233;gaux. Ainsi, la d&#233;limitation des segments par des pauses &lt;i&gt;(distinctio)&lt;/i&gt; est-elle pr&#233;sente d&#232;s les d&#233;buts de l'art oratoire, n&#233;e de la n&#233;cessit&#233; de reprendre son souffle. Toutefois, ce qui n'&#233;tait d'abord qu'une n&#233;cessit&#233; est devenu progressivement un outil conscient et ma&#238;tris&#233; dans la strat&#233;gie oratoire de persuasion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 181.&#034; id=&#034;nh7-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, accompagnant en particulier l'apparition de la p&#233;riode avec Isocrate et de la clausule dans l'&#233;loquence latine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 169 ; P&#196;LL, 2007, p. 40 41.&#034; id=&#034;nh7-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les pauses et les respirations sont &#233;galement un trait de la segmentation p&#233;riodique. Toutefois, elles ne r&#233;pondent pas aux m&#234;mes exigences. Cic&#233;ron associe une fois de plus ces nouvelles r&#232;gles &#224; la technique d'Isocrate :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Versus enim ueteres illi in hac soluta oratione propemodum, hoc est, numeros quosdam nobis esse adhibendos putauerunt : interspirationis enim, non defetigationis nostrae neque librariorum notis, sed uerborum et sententiarum modo interpunctas clausulas in orationibus esse uoluerunt ; idque princeps Isocrates instituisse fertur, ut inconditam antiquorum dicendi consuetudinem delectationis atque aurium causa, quem ad modum scribit discipulus eius Naucrates, numeris astringeret.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, les Anciens ont pens&#233; que dans cette prose libre il fallait pour ainsi dire appliquer des vers, autrement dit, des rythmes. En effet, ils voulurent, dans les discours, des clausules d&#233;limit&#233;es qui soient le fait d'une respiration interm&#233;diaire [ma&#238;tris&#233;e], non d'un essoufflement de notre part, et qui ne d&#233;pendent pas des signes du scribe, mais de la mesure des mots et des &#233;nonc&#233;s. C'est cela qu'Isocrate le premier a institu&#233;, &#224; ce que l'on raconte : pour le plaisir et les oreilles, comme l'&#233;crit son disciple Naucrates, il a circonscrit le style brut habituel aux Anciens dans des rythmes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 173. Voir aussi Cic. Or., 228.&#034; id=&#034;nh7-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Depuis Isocrate, le style p&#233;riodique et notamment le placement des pauses &lt;i&gt;(interspiratio)&lt;/i&gt; supposent une ma&#238;trise parfaite de l'&#233;nonc&#233;, de son d&#233;roulement jusqu'&#224; la clausule. Ainsi l'orateur ne doit-il prendre en compte que la coh&#233;rence intrins&#232;que de l'&#233;nonc&#233;, et non des param&#232;tres extrins&#232;ques &#8212; essoufflement, signes graphiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 228. Cic&#233;ron s'inspire en particulier d'un passage d'Aristote (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette opposition entre la respiration naturelle et la respiration ma&#238;tris&#233;e de la parole persuasive est au fondement de la d&#233;finition de la p&#233;riode. En effet, pour Cic&#233;ron, &#171; la p&#233;riode la plus longue est celle qui peut se d&#233;rouler en une seule respiration. Mais la mesure de la nature est une chose, celle de l'art une autre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 182 : Longissima est igitur complexio uerborum, quae uolui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cons&#233;quent, si une p&#233;riode peut effectivement correspondre &#224; une unit&#233; respiratoire, des pauses peuvent n&#233;anmoins intervenir avant la clausule finale, &#224; condition d'&#234;tre r&#233;partie &#224; bon escient, non pas entre les mots, comme dans le style paratactique, mais &#224; la fin des incises et des membres. Ces respirations, donnant lieu &#224; des pauses, permettent alors de mat&#233;rialiser la segmentation rythmique. Elles rendent &#233;galement audible la hi&#233;rarchie des segments puisque les pauses &#224; la fin des incises sont plus courtes que celles qui ach&#232;vent les membres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir PARKES, 1993, p. 65 ; LUQUE MORENO, 2006, p. 20.&#034; id=&#034;nh7-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2- Rythme et &#233;motions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar d'Aristote&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt Poet., 1447a 23 28. Voir KENNEDY, 1999, p. 81.&#034; id=&#034;nh7-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Cic&#233;ron consid&#232;re que c'est le caract&#232;re stylistique individuel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir GALAND-HALLYN, 2000, p. 46.&#034; id=&#034;nh7-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du discours, et plus largement sa conformit&#233; &#224; tel ou tel type stylistique d&#233;fini &lt;i&gt;(forma)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 2, 36.&#034; id=&#034;nh7-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui lui conf&#232;rent une charge &#233;motionnelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 2, 185 ; 3, 55 ; Brut., 188 ; Or., 131 ; SOLMSEN, 1938, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette configuration stylistique est notamment d&#233;termin&#233;e par les caract&#233;ristiques du rythme. Selon que celui-ci privil&#233;gie les valeurs longues ou br&#232;ves, un tempo lent ou rapide, des segments longs ou courts, il aura une allure solennelle ou dansante et pourra susciter des &#233;motions bien diff&#233;rentes. En outre, l'emploi de tel ou tel rythme r&#233;pond aux exigences stylistiques des diff&#233;rentes parties du discours. De fait, le rythme est &#171; rapide et v&#233;h&#233;ment dans les mouvements path&#233;tiques, les p&#233;roraisons, les invectives ; lent et majestueux dans les exordes, dans les expositions sereines quand l'orateur c&#233;l&#232;bre la grandeur de Rome ou la cl&#233;mence de C&#233;sar &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;LAURAND, 1965, p. 136.&#034; id=&#034;nh7-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme est donc une composante essentielle de la configuration du grand style : envo&#251;tant par sa beaut&#233; et le plaisir qu'il procure aux oreilles ou bien agressif, mordant, charg&#233; de violence &#233;motionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.1 Le plaisir de l'&#233;coute&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, pour &#234;tre plaisant et charmer, doit &#234;tre soumis &#224; deux principes propres &#224; la prose : la discr&#233;tion et la vari&#233;t&#233;. Tout en signalant nettement la progression lin&#233;aire du rythme, l'orateur doit en effet veiller &#224; varier les combinaisons de fa&#231;on &#224; ce que le caract&#232;re n&#233;cessairement r&#233;p&#233;titif du rythme soit contrebalanc&#233; par les effets de surprise et de variation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir P&#196;LL, 2007, p. 28.&#034; id=&#034;nh7-35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ego autem sentio omnis in oratione esse quasi permixtos et confusos pedes. Nec enim effugere possemus animaduersionem, si semper isdem uteremur, quia nec numerosa esse ut poema neque extra numerum ut sermo uolgi esse debet oratio &#8212; alterum nimis est uinctum, ut de industria factum appareat, alterum nimis dissolutum, ut peruagatum ac uolgare uideatur ; ut ab altero non delectere, alterum oderis.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ma part, je suis d'avis que tous les pieds dans la prose soient pour ainsi dire m&#234;l&#233;s et confondus. Car nous ne pouvons fuir la critique si nous employons toujours les m&#234;mes pieds, du fait que la prose ne doit &#234;tre ni rythmique comme un po&#232;me ni arythmique comme le parler populaire &#8212; le premier est trop contraint, en sorte qu'il semble artificiel, le second est trop l&#226;che, en sorte qu'il semble r&#233;pandu et banal. Aussi n'est-on pas charm&#233; par le premier et d&#233;teste-t-on le second&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 195.&#034; id=&#034;nh7-36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cic&#233;ron reprend le postulat aristot&#233;licien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1408b 21 28.&#034; id=&#034;nh7-37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; selon lequel le rythme de la prose doit se situer dans un &lt;i&gt;meson &lt;/i&gt; : l'arythmie et le rythme mesur&#233; du po&#232;me. Une configuration arythmique, du fait qu'elle se trouve dans le parler populaire et qu'elle ne repose sur aucun cadre, ne suscite aucun plaisir. Une configuration rythmique, caract&#233;ristique du po&#232;me, manifeste trop de contraintes et provoque, de ce fait, une r&#233;action de rejet. Aristote&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 195.&#034; id=&#034;nh7-38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; pr&#233;conise alors l'emploi du p&#233;on de pr&#233;f&#233;rence &#224; l'iambe, trop commun et au dactyle, trop po&#233;tique. Cic&#233;ron en revanche affirme que tous les pieds peuvent &#234;tre utilis&#233;s en prose, &#224; condition cependant d'&#234;tre m&#234;l&#233;s les uns aux autres. Le rythme de la prose doit donc &#234;tre &#224; la fois assez marqu&#233; pour pouvoir &#234;tre per&#231;u et vari&#233; pour pouvoir susciter le plaisir &#8212; indissociable de la persuasion&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir GALAND-HALLYN, 2000, p. 44 45.&#034; id=&#034;nh7-39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il s'agit pour l'orateur d'un moyen extr&#234;mement efficace pour prendre son auditoire dans le pi&#232;ge de la s&#233;duction : en cachant ses armes, il les rend d'autant plus puissantes, car l'auditoire ne se m&#233;fie de rien et se laisse prendre au jeu :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Itaque in uaria et perpetua oratione hi sunt inter se miscendi et temperandi. Sic minime animaduertetur delectationis aucupium et quadrandae orationis industria ; quae latebit eo magis, si et uerborum et sententiarum ponderibus utemur. Nam qui audiunt haec duo animaduertunt et iucunda sibi censent, uerba dico et sententias, eaque dum animis attentis admirantes excipiunt, fugit eos et praeteruolat numerus ; qui tamen si abesset, illa ipsa delectarent minus.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi dans un discours vari&#233; et continu, [les pieds] doivent &#234;tre m&#233;lang&#233;s de fa&#231;on harmonieuse. De la sorte, on ne pr&#234;te pas du tout attention au pi&#232;ge du plaisir et au soin apport&#233; &#224; la carrure du discours. Cela sera d'autant mieux cach&#233; que l'on emploiera de fa&#231;on &#233;quilibr&#233;e les figures de mots et de pens&#233;e. De fait, l'auditoire remarque ces deux points et estime qu'ils lui sont agr&#233;ables &#8212; je parle des figures de mots et de pens&#233;e &#8212; et pendant que l'esprit concentr&#233;, plein d'admiration, il les per&#231;oit, le rythme lui &#233;chappe et s'envole. Cependant, si ce rythme &#233;tait absent, les figures dont j'ai parl&#233; procureraient moins de plaisir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 197.&#034; id=&#034;nh7-40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La segmentation rythmique doit rester discr&#232;te comme pour dresser un pi&#232;ge. L'emploi de cette expression imag&#233;e et de la m&#233;taphore fil&#233;e &#224; la fin du passage assimilant le rythme &#224; un oiseau qui s'&#233;chappe, sont particuli&#232;rement embl&#233;matiques de la strat&#233;gie oratoire &#224; laquelle le rythme participe. De fait, pour Cic&#233;ron, la persuasion doit s'effectuer de mani&#232;re subreptice, &#224; l'insu de l'auditeur. Certains moyens comme les figures de mots et de pens&#233;e constituent l'app&#226;t : par leur &#233;vidence, elles attirent l'auditoire &#224; elles. Le rythme peut d&#232;s lors agir librement sur les esprits et susciter, en alliance avec ces figures, l'admiration et le plaisir. Il s'agit l&#224; d'un stratag&#232;me apparemment bien connu ; tout l'art de l'orateur consiste donc &#224; d&#233;jouer la m&#233;fiance du public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 208.&#034; id=&#034;nh7-41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; alors m&#234;me qu'il n'a &#224; sa disposition qu'un nombre limit&#233; d'outils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.2 Col&#232;re et piti&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si le rythme est un outil efficace pour susciter l'admiration et le plaisir, son impact &#233;motionnel est sans doute encore plus palpable lorsqu'il s'agit de provoquer la col&#232;re ou la piti&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 63 64.&#034; id=&#034;nh7-42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette capacit&#233; du rythme &#224; &#233;mouvoir est exploit&#233;e dans la pratique musicale, notamment dans l'&#233;ducation par la musique. Le rythme est charg&#233; de repr&#233;senter par une &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; certaines &#233;motions et de les provoquer chez l'auditeur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir FORMARIER, 2009, p. 101 123.&#034; id=&#034;nh7-43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il semble que ce processus soit &#233;galement valable dans la rh&#233;torique. Aristote, tout d'abord, explique que l'orateur peut imiter par son discours les caract&#232;res (l'&#226;ge, le sexe, l'origine g&#233;ographique) et les &#233;motions. Les caract&#232;res sont imit&#233;s par un choix appropri&#233; des mots&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1408a 30 31.&#034; id=&#034;nh7-44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, tandis que les &#233;motions sont imit&#233;es par un style appropri&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1408a 16 19.&#034; id=&#034;nh7-45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Appropri&#233; signifie alors adapt&#233; &#224; la r&#233;alit&#233; qui est repr&#233;sent&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CHIRON, 2001, p. 76 77.&#034; id=&#034;nh7-46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et naturel, du moins en apparence. &#171; En termes modernes, l'exploitation des &#233;motions et des effets de sympathie ou d'antipathie d&#233;pend d'un art dissimul&#233; qui donne une impression d'authenticit&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CHIRON, 2001, p. 99.&#034; id=&#034;nh7-47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le caract&#232;re appropri&#233; du discours est donc le fondement m&#234;me d'une &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; op&#233;rationnelle des &#233;motions. De plus, pour Aristote, le &lt;i&gt;pathos &lt;/i&gt; (persuasion par les &#233;motions) ne doit pas &#234;tre s&#233;par&#233; de la raison, afin d'&#233;viter justement cette manipulation des croyances par les &#233;motions. Il doit r&#233;pondre aux r&#232;gles de l'argumentation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GARVER, 2000, p. 17.&#034; id=&#034;nh7-48&#034;&gt;48&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est la raison pour laquelle lorsque l'orateur repr&#233;sente et suscite une &#233;motion, il doit se soumettre aux r&#232;gles de la convenance et de la raison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Arstt. Rhet., 1356a 14.&#034; id=&#034;nh7-49&#034;&gt;49&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : &#171; Subordonn&#233; &#224; l'argument, le &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt; devient non seulement un &#233;l&#233;ment dans un syst&#232;me rationnel de production, mais il est de plus sujet aux crit&#232;res rationnels et normatifs de la convenance.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;GARVER, 2000, p. 17.&#034; id=&#034;nh7-50&#034;&gt;50&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le principe de convenance est &#233;galement au c&#339;ur de la th&#233;orie cic&#233;ronienne. Avant de laisser place au &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt;, l'orateur, par son discours et ses gestes, doit manifester son caract&#232;re fait de dignit&#233; &lt;i&gt;(dignitas)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Quint. Inst., 1, 10, 31 ; GALAND-HALLYN, 2000, p. 40 49 ; DANGEL, 2001, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-51&#034;&gt;51&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et d'humanit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 2, 182 184 ; 212.&#034; id=&#034;nh7-52&#034;&gt;52&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il doit se montrer comme un homme de bien &lt;i&gt;(bonus uir)&lt;/i&gt; sinc&#232;re. C'est seulement lorsque son public est conquis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. De Or., 2, 200 ; Or., 99.&#034; id=&#034;nh7-53&#034;&gt;53&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qu'il peut s'enflammer. Dans ce cadre, le rythme et le jeu oratoire contribuent pleinement au &lt;i&gt;pathos &lt;/i&gt; en repr&#233;sentant, de fa&#231;on appropri&#233;e, la r&#233;alit&#233;. Dans le &lt;i&gt;De Oratore&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 2, 194 196.&#034; id=&#034;nh7-54&#034;&gt;54&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Antoine, faisant le compte-rendu de sa d&#233;fense de Manius Aquilius, &#233;claire ce processus mim&#233;tique complexe qui conduit l'auditoire &#224; ressentir des &#233;motions, notamment de la piti&#233;. Tout d'abord, il est indispensable, selon lui, que l'orateur soit lui-m&#234;me pris de piti&#233; pour son client&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette piti&#233; est suscit&#233;e par le d&#233;calage entre le souvenir qu'Antoine a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-55&#034;&gt;55&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De cette piti&#233; na&#238;t un discours appropri&#233; au sujet, capable de repr&#233;senter les &#233;motions et d'alimenter, par un effet de r&#233;troversion, la piti&#233; de l'orateur. Saisi d'un sentiment d'empathie, l'auditeur ressent &#224; son tour de la piti&#233;. Antoine insiste en outre sur l'importance du jeu et de la th&#233;&#226;tralisation. Bien que l'&#233;motion soit cens&#233;e &#234;tre sinc&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic De Or., 2, 188 191 ; 195 ; 3, 220 ; Brut., 93 ; Or., 133 ; Quint. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-56&#034;&gt;56&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et se distinguer ainsi de l'&#233;motion jou&#233;e par l'acteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir ALDRETE, 1999, p. 54.&#034; id=&#034;nh7-57&#034;&gt;57&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle n'en est pas moins mise en sc&#232;ne. Antoine raconte qu'il a ainsi d&#233;voil&#233; des cicatrices d'Aquilius&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 2, 195 196.&#034; id=&#034;nh7-58&#034;&gt;58&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et rencontr&#233; par ce proc&#233;d&#233; un &#233;norme succ&#232;s. Selon la th&#233;orie de Cic&#233;ron, la raison en est que le jeu a naturellement une puissance &#233;motionnelle tellement forte qu'il parvient &#224; fl&#233;chir tous les hommes, quel que soit leur profil socioculturel et m&#234;me quelle que soit leur langue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. De Or., 3, 222 223.&#034; id=&#034;nh7-59&#034;&gt;59&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par cette mise en sc&#232;ne, l'orateur pousse v&#233;ritablement le proc&#233;d&#233; de &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; jusqu'&#224; ses derni&#232;res limites au point de brouiller parfois la fronti&#232;re entre th&#233;&#226;tre et rh&#233;torique. Comme les &lt;i&gt;cantica &lt;/i&gt; du th&#233;&#226;tre, la parole oratoire joue ainsi sur les facult&#233;s mim&#233;tiques et &#233;motionnelles de la voix et du geste : &#171; &lt;i&gt;Dictio &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;actio &lt;/i&gt; se conjuguent en une hypotypose de l'&#233;vidence expressive et &#233;motionnelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DANGEL, 2001, p. 51.&#034; id=&#034;nh7-60&#034;&gt;60&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il reste d&#233;sormais &#224; comprendre dans quelle mesure la segmentation rythmique participe &#224; cette &lt;i&gt;mimesis&lt;/i&gt; &#233;motionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si l'on replace cette th&#233;orie de la &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; dans l'esth&#233;tique de l'&#233;loquence latine, il appara&#238;t que le &lt;i&gt;pathos &lt;/i&gt; est particuli&#232;rement pr&#233;sent dans le style incisif ou paratactique. Du fait que celui-ci repose sur l'emploi de segments courts, il est plus v&#233;h&#233;ment, plus imp&#233;tueux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La v&#233;h&#233;mence est en effet associ&#233;e &#224; l'impetus. Voir Cic. De Or., 2, 58.&#034; id=&#034;nh7-61&#034;&gt;61&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et plus agressif. Les incises et les membres sont d'ailleurs compar&#233;s par Cic&#233;ron &#224; de petits poignards&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 224.&#034; id=&#034;nh7-62&#034;&gt;62&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui permettent &#224; l'orateur de porter des coups&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cic. Or., 226.&#034; id=&#034;nh7-63&#034;&gt;63&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en particulier lorsqu'il prend la parole sur le forum pour accuser ou r&#233;futer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Cic. Or., 225 ; De Or., 2, 212 ; Demetr. Eloc., 7 ; DH. Isocr., 2, 30 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-64&#034;&gt;64&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; un rythme rendu haletant du fait de la multiplicit&#233; des pauses et de la bri&#232;vet&#233; des incises et des membres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les exemples donn&#233;s par Cic&#233;ron (Cic. De Or., 2, 214 217) et l'analyse (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-65&#034;&gt;65&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; s'allie la multiplication des adresses au public, des exclamations ou encore des d&#233;ictiques. La segmentation rythmique soutient donc les deux piliers sur lesquels repose le path&#233;tique : le naturel et la v&#233;h&#233;mence. Le naturel donne &#224; la &lt;i&gt;mimesis &lt;/i&gt; son caract&#232;re de v&#233;rit&#233;. La mise en sc&#232;ne et l'incarnation par la personne m&#234;me de l'orateur d'une &#233;motion sinc&#232;re sont en effet soutenues par un discours dont le rythme est d'autant plus efficace qu'il se fait oublier. La v&#233;h&#233;mence, que le public peut lire dans le regard et la violence de certains gestes et entendre dans la bri&#232;vet&#233; des segments et les effets de sym&#233;trie, conf&#232;re &#224; cette mise en sc&#232;ne une grande force d'&#233;vocation. &#171; On en arrive ainsi au constat, paradoxal selon nos conceptions modernes, que, chez les rh&#233;teurs antiques, l'&lt;i&gt;objectivit&#233; &lt;/i&gt; (l'authenticit&#233; ou la vraisemblance) d'une description (ou disons, plus largement, d'une repr&#233;sentation) n'est garantie que par sa &lt;i&gt;subjectivit&#233; &lt;/i&gt; m&#234;me, &#224; condition, bien s&#251;r, que le sujet en question incarne l'homme de bien et le citoyen vertueux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;DANGEL, 2001., p. 41.&#034; id=&#034;nh7-66&#034;&gt;66&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3- Bilan&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans l'art de l'&#233;loquence latine, le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; est con&#231;u comme la d&#233;limitation et l'encha&#238;nement harmonieux des segments du discours : syllabes, mots, incises, membres et p&#233;riodes. Par cons&#233;quent, la segmentation oratoire est doublement assur&#233;e par la succession euphonique des sons et par la configuration rythmique &lt;i&gt;(forma)&lt;/i&gt;, compar&#233;e &#224; une v&#233;ritable construction &lt;i&gt;(structura).&lt;/i&gt; Cette configuration repose sur deux proc&#233;d&#233;s : les effets de sym&#233;trie &lt;i&gt;(concinnitas)&lt;/i&gt; et le tour p&#233;riodique &lt;i&gt;(comprehensio)&lt;/i&gt;. La &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; est le proc&#233;d&#233; le plus ancien, traditionnellement attribu&#233; &#224; Gorgias et caract&#233;ris&#233; par l'emploi des figures de sym&#233;trie (rimes, antith&#232;ses, &#233;galit&#233; des segments). La p&#233;riode telle que Cic&#233;ron la con&#231;oit, est un &#233;nonc&#233; complet du point de vue s&#233;mantique et rythmique, segment&#233; en incises et en membres, et cl&#244;tur&#233; par une clausule m&#233;trique. La &lt;i&gt;concinnitas &lt;/i&gt; aboutit &#224; un style incisif ou paratactique, c'est-&#224;-dire un style qui repose sur des segments courts &#8212; toutefois, pour &#233;chapper &#224; la s&#233;cheresse du style n&#233;o-atticiste, Cic&#233;ron pr&#233;conise l'emploi de courtes p&#233;riodes. Par ailleurs, le style p&#233;riodique est produit par une succession de segments parfaitement d&#233;limit&#233;s, dont la longueur donne n&#233;anmoins une impression de fluidit&#233; et de noblesse. On le voit, la segmentation rythmique du discours refl&#232;te en r&#233;alit&#233; les choix stylistiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir P&#196;LL, 2007, p. 48.&#034; id=&#034;nh7-67&#034;&gt;67&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; op&#233;r&#233;s au pr&#233;alable par l'orateur. De fait, comme le chant, la parole oratoire jouit d'une grande libert&#233; combinatoire. Le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; est donc le fruit d'un travail de composition et de modelage, d'une facult&#233; &#224; extraire de la langue des effets expressifs particuliers, adapt&#233;s au discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette mise en forme fait partie prenante du sens. De fait, c'est par le rythme que l'orateur parvient &#224; imprimer son empreinte au discours, &#224; mettre en sc&#232;ne de fa&#231;on jou&#233;e ou sinc&#232;re sa subjectivit&#233;, notamment ses &#233;motions. Or, c'est par cette subjectivit&#233; exprim&#233;e par les mots et leur mise en forme rythmique que l'orateur peut esp&#233;rer toucher et fl&#233;chir &lt;i&gt;(mouere, flectere)&lt;/i&gt; l'auditoire. En effet, &#224; chaque proc&#233;d&#233; rythmique est associ&#233; un effet &#233;motionnel : selon la th&#233;orie grecque antique, dont t&#233;moigne Aristide Quintilien &#224; l'&#233;poque imp&#233;riale, les valeurs br&#232;ves, les modulations, un tempo rapide sont destin&#233;s &#224; procurer des &#233;motions fortes alors que les valeurs longues, une progression r&#233;guli&#232;re et mod&#233;r&#233;e conduisent l'auditeur au calme et &#224; la pond&#233;ration. Dans la rh&#233;torique cic&#233;ronienne, cette th&#233;orie de l'ethos des rythmes prend un nouveau sens &#224; la lumi&#232;re de l'id&#233;al viril que tout orateur respectable doit viser. Dans cette perspective, le rythme doit &#234;tre mat&#233;rialis&#233; par une battue et des mouvements corporels pleins de retenue, bien diff&#233;rents du jeu de l'acteur comique. Les rythmes du discours ne doivent pas sautiller, mais exprimer la solennit&#233; du discours. N&#233;anmoins, conform&#233;ment &#224; l'esth&#233;tique qu'il d&#233;fend, Cic&#233;ron est partisan d'un rythme vari&#233; et fleuri. En effet, le rythme doit procurer un plaisir auditif propre &#224; se concilier la bienveillance de l'auditoire. Cic&#233;ron d&#233;fend &#233;galement l'usage des &#233;motions &lt;i&gt;(pathos)&lt;/i&gt; dans la parole persuasive, telles la piti&#233; ou la col&#232;re. Le choix du rythme est alors d&#233;terminant puisqu'il s'agit, par une mise en forme r&#233;fl&#233;chie, d'&#233;laborer un discours cr&#233;dible qui permette &#224; l'orateur d'avoir la mainmise sur ce qu'il y a de plus profond et de plus irrationnel chez son auditoire. Ainsi, le rythme est clairement associ&#233; au grand style, d&#233;fini depuis D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re par ces deux tendances : &#171; L'une qui fait du grand style un style &#233;labor&#233;, provoquant tout &#224; la fois l'admiration et l'agr&#233;ment par sa beaut&#233;, laquelle provient de son caract&#232;re travaill&#233; et de toutes sortes de proc&#233;d&#233;s d'ornement. La seconde d&#233;finit un style plus proche du style v&#233;h&#233;ment, plus spontan&#233;, plus rude, plus irr&#233;gulier, qui secoue l'auditeur plus qu'il ne flatte son oreille.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;CHIRON, 2001, p. 136.&#034; id=&#034;nh7-68&#034;&gt;68&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; D&#232;s lors, pour que le discours ait l'impact escompt&#233;, il s'agit pour l'orateur de pr&#234;ter une attention accrue &#224; la fa&#231;on dont il va mat&#233;rialiser le &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, dont il va enrichir le sens des mots par sa subjectivit&#233;. Dans cette perspective, le rythme joue un r&#244;le absolument essentiel dans la strat&#233;gie oratoire puisqu'il permet &#224; l'orateur de mettre en place une interaction entre lui et son auditoire, interaction n&#233;cessaire &#224; toute entreprise de persuasion.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=18&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;ALDRETE, G. S. (1999) : &lt;i&gt;Gestures and Acclamations in Ancient Rome&lt;/i&gt;, Baltimore, London, The J. Hopkins University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BENVENISTE, E. (1980) : &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, &#171; La notion de &#8220;rythme&#8221; dans son expression linguistique &#187;, p. 327-335 (1951).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOCCADORO, B. (1998) : &#171; Forme et mati&#232;re dans la th&#233;orie musicale de l'Antiquit&#233; grecque &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; E. Darbellay (ed.), &lt;i&gt;Le temps et la forme. Pour une &#233;pist&#233;mologie de la connaissance musicale&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Droz, p. 221-252.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BRELET, G. (1949) : &lt;i&gt;Le Temps Musical, essai d'une esth&#233;tique nouvelle de la musique, I, la forme sonore et la forme rythmique&lt;/i&gt;, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CALAME, C., 2008, &#171; Quand dire c'est faire voir : l'&#233;vidence dans la rh&#233;torique ancienne &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; C. Calame (ed.) &lt;i&gt;Sentiers transversaux. Entre po&#233;tiques grecques et politiques contemporaines&lt;/i&gt;, Grenoble, Millon, p. 191-204.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;CHIRON, P. (2001) : &lt;i&gt;Un rh&#233;teur m&#233;connu, D&#233;m&#233;trios (ps. D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re). Essai sur les mutations de la th&#233;orie du style &#224; l'&#233;poque hell&#233;nistique&lt;/i&gt;, Paris, Vrin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHIRON, P. 2008, &#171; Musique des mots et persuasion dans deux trait&#233;s de rh&#233;torique d'&#233;poque hell&#233;nistique et romaine (Ps. D&#233;m&#233;trios de Phal&#232;re, &lt;i&gt;Du Style&lt;/i&gt;, Denys d'Halicarnasse, &lt;i&gt;La composition stylistique&lt;/i&gt;) &#187;, &lt;i&gt;Mod&#232;les linguistiques&lt;/i&gt;, 29, p. 27-46.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DANGEL, J. (1982) : &lt;i&gt;La phrase oratoire chez Tite-Live&lt;/i&gt;, Paris, Les Belles Lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DANGEL, J. (2001) : &#171; La musique des vers latins d&#233;clam&#233;s, modul&#233;s et chant&#233;s : &lt;i&gt;carmen, cantica, carmina&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. Foyard, Jean (ed.), &lt;i&gt;Le vers et sa musique&lt;/i&gt;, Dijon, Presses de l'Universit&#233; de Bourgogne, p. 39-63.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FORMARIER, M. (2009) : &#171; L'&#233;motion musicale dans le &lt;i&gt;De Musica&lt;/i&gt; d'Aristide Quintilien &#187;, &lt;i&gt;Musique, signification et &#233;motion&lt;/i&gt;, &#233;d. M. Ayari, Paris, Delatour, 2009, p. 101-123.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GALAND-HALLYN, P. (2000) : &#171; Le statut du sujet dans les th&#233;ories de la repr&#233;sentation antiques et humanistes &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; F. Cornilliat et R. Lockwood (eds.), &lt;i&gt;Ethos et Pathos, le statut du sujet rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Paris, Champion, p. 37-52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GARVER, E. (2000) : &#171; La d&#233;couverte de l'&#233;thos chez Aristote &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; F. Cornilliat et R. Lockwood (eds.), &lt;i&gt;Ethos et Pathos, le statut du sujet rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Paris, Champion, p. 15-35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GHYKA, M. (1938) : Essai sur le rythme, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GRIFFIN, M. (1994) : &#171; The Intellectual Developments of the Ciceronian Age &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. Crook, A. Lintott et E. Rawson (eds.), &lt;i&gt;The Last Age of the Roman Republic&lt;/i&gt;, 146&#8211;43 b.c, Cambridge, Cambridge University Press (coll. &#171; The Cambridge Ancient History &#187; vol. 9), p. 689-728.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;KENNEDY, G. A. (1999) : &lt;i&gt;Classical Rhetoric and its Christian and Secular Tradition from Ancient to Modern Times&lt;/i&gt;, Chapel Hill, University of North Carolina Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAURAND, L. (1965) : &lt;i&gt;&#201;tudes sur le style des discours de Cic&#233;ron&lt;/i&gt;, Paris, Les Belles Lettres (1907).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LUQUE MORENO, J. (2006) : &lt;i&gt;Puntos y comas, la graf&#237;a del articulaci&#243;n del habla&lt;/i&gt;, Universidad de Granada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAY, J. M. (1988) : &lt;i&gt;Trials on Character : The Eloquence of Ciceronian Oratory&lt;/i&gt;, Chapel Hill and London, The University of North Carolina Press.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;MESCHONNIC, H. (1982) : &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du langage&lt;/i&gt;, Paris, Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MICHEL, A. (1996) : &#171; Rh&#233;torique, philosophie, oralit&#233; : Cic&#233;ron et les genres litt&#233;raires &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. Dangel et C. Moussy (eds.), &lt;i&gt;Les structures de l'oralit&#233; en latin&lt;/i&gt;, Paris, Presses de l'Universit&#233; de Paris-Sorbonne, p. 201-209.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MICHEL, A. (2003) : &lt;i&gt;Les rapports de la rh&#233;torique et de la philosophie dans l'&#339;uvre de Cic&#233;ron : recherches sur les fondements philosophiques de l'art de persuasion&lt;/i&gt;, Louvain, Peeters, (1960).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NARDUCCI, E. (1997) : &lt;i&gt;Cicerone e l'eloquenza romana&lt;/i&gt;, Roma-Bari, Laterza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NARDUCCI, E. (2002a) : &#171; &lt;i&gt;Brutus &lt;/i&gt; : The History of Roman Eloquence &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. M. May, (ed.), &lt;i&gt;Brill's Companion to Cicero, Oratory and Rhetoric&lt;/i&gt;, Leiden, Brill, p. 401-425.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NARDUCCI, E. (2002b) : (2002b), &#171; Orator and the Definition of the Ideal Orator &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. M. May, (ed.), &lt;i&gt;Brill's Companion to Cicero, Oratory and Rhetoric, &lt;/i&gt; Leiden, Brill, p. 427-443.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NICOLAS, C. (2005) : Sic enim appello... &lt;i&gt;Essai sur l'autonymie terminologique bilingue gr&#233;co-latine chez Cic&#233;ron&lt;/i&gt;, Louvain-Paris-Dudley (Ma), Peeters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NO&#203;L, M.-P. (1999), &#171; Gorgias et l'invention des &lt;i&gt;GORGIEIA SCH&#200;MATA&lt;/i&gt; &#187;, REG, 112, p. 193-211.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ONG, W. J. (1982) : &lt;i&gt;Orality and literacy : the technologzing of the word&lt;/i&gt;, Methuen, Ed. Terence Hawkes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#196;LL, J. (2007) : &lt;i&gt;Form, Style and Syntax : Toward a Statistical Analysis of Greek Prose Rhythm. On the Example of Helen's Encomium by Gorgias&lt;/i&gt;, Tartu &#220;likooli Kirjastus, Tartu University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PARKES, M. B. (1993) :&lt;i&gt; Pause and Effect. An introduction to the History of Punctuation in the West&lt;/i&gt;, Berkeley, University of California Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PIGHI, G. B. (1970) : &lt;i&gt;Studi di Ritmica e Metrica&lt;/i&gt;, Torino, Bottega d'Erasmo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SAUVANET, P. (2000) : &lt;i&gt;Le rythme et la raison. I - Rythmologiques&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SCHLOEMANN, J. (2002) : &#171; Entertainment and Democratic Distrust : The Audience's Attitude toward Oral and Written Oratory in Classical Athens &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; I. Worthington et J. M. Foley (eds.), &lt;i&gt;Epea &amp; Grammata, Oral and Written Communication in Ancient Greece&lt;/i&gt;, Leiden, Boston, K&#246;ln, Brill, p. 133 146.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SOLMSEN, F. (1938) : &#171; Aristotle and Cicero on the Orator's Playing upon the Feelings &#187;, &lt;i&gt;CPh&lt;/i&gt;, 33, p. 390-404.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;USHER, S. 2008, &lt;i&gt;Cicero's Speeches. The Critic in Action&lt;/i&gt;, Oxford, Aris &amp; Philips.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;YON, A. (1964) : &lt;i&gt;Cic&#233;ron, L'Orateur, Du Meilleur genre d'orateurs&lt;/i&gt;, Paris, Les Belles Lettres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WISSE, J. (1989),&lt;i&gt; Ethos and Pathos from Aristotle to Cicero&lt;/i&gt;, Amsterdam, A. M. Hakkert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WISSE, J. (1995) : &#171; Greeks, Romans, and the Rise of Atticism &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; J. G. J. Abbenes, S. Slings et I. Sluiter (eds.), &lt;i&gt;Greek Literary Theory after Aristotle : A Collection of Papers in Honour of D. M. Schenkeveld,&lt;/i&gt; Amsterdam, VU University Press, p. 65-82.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WISSE, J. (2002) : &#171; The Intellectual Background of the Rhetorical Works &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; J. M. May (ed.), &lt;i&gt;Brill's Companion to Cicero, Oratory and Rhetoric&lt;/i&gt;, Leiden, Brill, p. 331-374.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WOERTHER, F. 2007, &lt;i&gt;L'&#232;thos aristot&#233;licien. Gen&#232;se d'une notion rh&#233;torique&lt;/i&gt;, Paris, Vrin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir GRIFFIN, 1994, p. 689.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir MICHEL, 1996, p. 201 209 ; MAY, 2002, p. 53 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ONG, 1982, p. 32.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir NARDUCCI, 2002b, p. 439.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir ALDRETE, 1999, p. 33 34 ; 117 118 ; SCHLOEMANN, 2002, p. 134 135 ; 141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 1, 224 230 ; 2, 131 ; 159 ; 306 ; 337 ; 3, 39 ; 49 ; 66 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 24 ; MAY, 2002, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir ALDRETE, 1999, p. 101 ; MAY, 2002, p. 59 ; 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 3, 195 ; 197 ; &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 198 200.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1403b 21 35.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CHIRON, 2001, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 213 ; Brut., 142 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 56. Voir ALDRETE, 1999, p. 5 6 ; KENNEDY, 1999, p. 110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic.&lt;i&gt; De Or.,&lt;/i&gt; 3, 186.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir ALDRETE, 1999, p. 6.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 47.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 141.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 158.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 11, 3, 108.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ALDRETE, 1999, p. 39 40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;ALDRETE, 1999, p. 40 : &#171; An orator performing this line in this way would appear very much like a conductor of an orchestra, who uses his hands to control the tempo of the music, just as the orator parallels the tempo of his words with the movements of his hands &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. Or., 198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'intrication du rapport et de la proportion voir GHYKA, 1938, p. 28 ; concernant plus sp&#233;cifiquement le discours, voir MESCHONNIC, 1982, p. 225.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 3, 198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 3, 181.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 169 ; P&#196;LL, 2007, p. 40 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 3, 173. Voir aussi Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 228.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 228. Cic&#233;ron s'inspire en particulier d'un passage d'Aristote (&lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1409a, 21) &#224; propos de la longue du p&#233;on 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Voir &#224; ce sujet LUQUE MORENO, 2006, p. 327.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 3, 182 : &lt;i&gt;Longissima est igitur complexio uerborum, quae uolui uno spiritu potest ; sed hic naturae modus est, artis alius&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir PARKES, 1993, p. 65 ; LUQUE MORENO, 2006, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt &lt;i&gt;Poet&lt;/i&gt;., 1447a 23 28. Voir KENNEDY, 1999, p. 81.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir GALAND-HALLYN, 2000, p. 46.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 36.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 185 ; 3, 55 ; &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 188 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 131 ; SOLMSEN, 1938, p. 390 404 ; MAY, 1988, p. 1 12 ; 2002, p. 60.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;LAURAND, 1965, p. 136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir P&#196;LL, 2007, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1408b 21 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 195.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir GALAND-HALLYN, 2000, p. 44 45.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 197.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 208.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 63 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir FORMARIER, 2009, p. 101 123.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1408a 30 31.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1408a 16 19.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir CHIRON, 2001, p. 76 77.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CHIRON, 2001, p. 99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-48&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-48&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-48&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;48&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GARVER, 2000, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-49&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-49&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-49&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;49&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Arstt. &lt;i&gt;Rhet&lt;/i&gt;., 1356a 14.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-50&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-50&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-50&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;50&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;GARVER, 2000, p. 17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-51&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-51&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-51&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;51&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 1, 10, 31 ; GALAND-HALLYN, 2000, p. 40 49 ; DANGEL, 2001, p. 58 ; MICHEL, 2003, p. 268 270.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-52&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-52&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-52&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;52&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 182 184 ; 212.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-53&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-53&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-53&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;53&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 2, 200 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 99.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-54&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-54&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-54&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;54&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.&lt;/i&gt;, 2, 194 196.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-55&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-55&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-55&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;55&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette piti&#233; est suscit&#233;e par le d&#233;calage entre le souvenir qu'Antoine a d'Aquilius &#224; l'&#233;poque o&#249; celui-ci &#233;tait consul (-101), commandant en chef ayant combattu la Guerre Servile en Sicile et admir&#233; par le S&#233;nat, et la situation contemporaine au proc&#232;s (-98) lorsqu'il est accus&#233; de corruption.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-56&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-56&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-56&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;56&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 188 191 ; 195 ; 3, 220 ; &lt;i&gt;Brut&lt;/i&gt;., 93 ; &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 133 ; Quint. &lt;i&gt;Inst&lt;/i&gt;., 6, 2, 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-57&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-57&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-57&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;57&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir ALDRETE, 1999, p. 54.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-58&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-58&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-58&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;58&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic.&lt;i&gt; De Or&lt;/i&gt;., 2, 195 196.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-59&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-59&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-59&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;59&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;De Or.,&lt;/i&gt; 3, 222 223.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-60&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-60&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-60&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;60&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DANGEL, 2001, p. 51.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-61&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-61&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-61&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;61&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La v&#233;h&#233;mence est en effet associ&#233;e &#224; l'&lt;i&gt;impetus&lt;/i&gt;. Voir Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 58.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-62&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-62&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-62&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;62&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 224.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-63&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-63&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-63&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;63&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 226.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-64&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-64&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-64&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;64&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Cic. &lt;i&gt;Or&lt;/i&gt;., 225 ; &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 212 ; Demetr. &lt;i&gt;Eloc&lt;/i&gt;., 7 ; DH. &lt;i&gt;Isocr&lt;/i&gt;., 2, 30 36 ; LAURAND, 1965, p. 139.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-65&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-65&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-65&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;65&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir les exemples donn&#233;s par Cic&#233;ron (Cic. &lt;i&gt;De Or&lt;/i&gt;., 2, 214 217) et l'analyse de Jacqueline Dangel (2001, p. 53).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-66&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-66&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-66&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;66&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;DANGEL, 2001., p. 41.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-67&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-67&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-67&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;67&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir P&#196;LL, 2007, p. 48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-68&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7-68&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-68&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;68&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;CHIRON, 2001, p. 136.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entre rh&#233;torique et musique : le rythme latin, de l'Antiquit&#233; au haut Moyen-&#194;ge
</title>
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		<dc:date>2010-07-21T18:37:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Marie Formarier
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		<description>
&lt;p&gt;&#8211; Marie Formarier a soutenu le jeudi 5 novembre 2009 &#224; l'universit&#233; de Lyon 3 une th&#232;se intitul&#233;e : &#171; Entre rh&#233;torique et musique : le rythme latin, de l'Antiquit&#233; au haut Moyen-&#194;ge &#187; Direction : Bruno Bureau (Lyon 3) et Paul-Augustin Deproost (Louvain-la-Neuve, Belgique) &#8211; jury : Annie B&#233;lis (CNRS, ENS Ulm), Pierre Chiron (Paris XII), Jacqueline Dangel (Paris IV), Jean-Fran&#231;ois Goudesenne (CNRS, IRHT) &#171; La science de l'&#233;loquence politique est une musique ; la diff&#233;rence avec le chant et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;strong&gt; Marie Formarier a soutenu le jeudi 5 novembre 2009 &#224; l'universit&#233; de Lyon 3 une th&#232;se intitul&#233;e : &#171; Entre rh&#233;torique et musique : le rythme latin, de l'Antiquit&#233; au haut Moyen-&#194;ge &#187; &lt;/strong&gt; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Direction : Bruno Bureau (Lyon 3) et Paul-Augustin Deproost (Louvain-la-Neuve, Belgique) &#8211; jury : Annie B&#233;lis (CNRS, ENS Ulm), Pierre Chiron (Paris XII), Jacqueline Dangel (Paris IV), Jean-Fran&#231;ois Goudesenne (CNRS, IRHT)
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; La science de l'&#233;loquence politique est une musique ; la diff&#233;rence avec le chant et la musique instrumentale est une diff&#233;rence de degr&#233; et non de nature &#187;. Par cette assertion, Denys d'Halicarnasse au I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; si&#232;cle avant J.-C. pose le probl&#232;me fondamental et passionnant du rapport probl&#233;matique entre l'art du discours, c'est-&#224;-dire la rh&#233;torique, et la musique. Or, le rythme est l'un des points de contact essentiels entre ces deux domaines de comp&#233;tence. La question centrale de cette &#233;tude est donc la suivante : dans quelle mesure le rapport entre le rythme d&#233;clam&#233; et le rythme chant&#233; t&#233;moigne-t-il des changements linguistiques, sociologiques, politiques et culturels qui ont marqu&#233; la latinit&#233; de Cic&#233;ron &#224; Gui d'Arezzo ? Si le rythme chant&#233; dans l'Antiquit&#233; grecque doit observer une mesure musicale, notamment pour que la m&#233;lodie puisse &#234;tre dans&#233;e, le rythme oratoire en revanche, notamment dans la rh&#233;torique latine, ne saurait respecter strictement une pulsation. Varier les combinaisons de longues et de br&#232;ves sans se soumettre &#224; un cadre fixe et d&#233;fini par avance, voil&#224;, selon Cic&#233;ron, ce qui distingue de fa&#231;on essentielle le rythme de la prose du m&#232;tre et du rythme musical. Ces principes th&#233;oriques trouvent un &#233;cho particuli&#232;rement fort au d&#233;but du Moyen-&#194;ge, en particulier dans le premier chant chr&#233;tien. Bien que la langue latine ait subi des modifications profondes, il n'en reste pas moins que les r&#232;gles rythmiques &#233;tablies par l'&#233;loquence classique infl&#233;chissent consid&#233;rablement les techniques de composition des m&#233;lodies chr&#233;tiennes, en particulier dans ce que Gui d'Arezzo (XI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle) appelle le &lt;i&gt;cantus prosaicus&lt;/i&gt;. &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mots-cl&#233;s : rythme latin, &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;oratio numerosa&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;rhythmos &lt;/i&gt; rh&#233;torique, d&#233;clamation, &#233;loquence, art oratoire, pr&#233;dication, musique, chant
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; On pourra lire un &#233;change rapide mais tr&#232;s int&#233;ressant avec Marie Formarier &lt;a href=&#034;http://musiques-medievales.aceboard.fr/175039-2057-5141-0-Entre-rhetorique-musique-rythme-latin-l%92Antiquite-haut.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;. Extrait post&#233; le 02/02/2010 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bonjour,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je viens de lire votre commentaire ; contrairement &#224; ce que vous sugg&#233;rez, la distinction entre rythme et m&#232;tre est pr&#233;cis&#233;ment trait&#233;e dans mon travail, et occupe une large proportion de la premi&#232;re partie, destin&#233;e &#224; mettre au point un certain nombre de d&#233;finitions et de concepts. Bien s&#251;r, le r&#233;sum&#233; devait, par nature, &#234;tre court et n&#233;cessairement r&#233;ducteur... il n'est l&#224; que pour inviter &#224; aller plus loin dans la lecture !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme latin tel qu'il est con&#231;u &#224; l'&#233;poque de Gui repose d'ailleurs bien davantage sur la dynamique accentuelle que quantitative ; en cela, l'analyse musicale permet de confirmer les conclusions &#233;tablies en linguistique latine. Lorsque Gui parle du &#171; metricus cantus &#187;, il fait r&#233;f&#233;rence, comme il le dit lui m&#234;me, aux hymnes ambrosiennes, construites selon des sch&#233;mas accentuels d&#233;finis (B&#232;de et Aur&#233;lien de R&#233;&#244;me donnent des exemples et des explications tr&#232;s utiles sur cette distinction entre chant en prose et chant m&#233;trique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais il est vrai que j'ai volontairement laiss&#233; de c&#244;t&#233; ce qui rel&#232;ve de la m&#233;trique (metrum), quantitative et accentuelle, pour m'int&#233;resser exclusivement au rythme &#171; libre &#187; (numerus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; quelques pr&#233;cisions, en attendant la publication de ce travail !
En tout cas, merci de votre int&#233;r&#234;t... ces questions rebutent souvent, en raison de leur technicit&#233; et de la difficult&#233; des textes th&#233;oriques antiques et m&#233;di&#233;vaux qui les traitent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bonne soir&#233;e&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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