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		<title>Rhuthmos</title>
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		<title>En r&#233;ponse &#224; la note critique de Thibault Tranchant : &#171; M&#233;thode et Universalit&#233; chez Castoriadis &#187;
</title>
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		<dc:date>2026-04-26T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans un monde o&#249; la pol&#233;mique &#224; coups de tweet semble avoir impos&#233; son format, m&#234;me dans les milieux acad&#233;miques, il devient rare que le cadre du compte-rendu soit l'occasion d'une r&#233;elle r&#233;flexion critique de fond. Il est encore plus rare qu'une revue accorde la possibilit&#233; &#224; l'auteur du livre recens&#233; de r&#233;pondre en d&#233;tail &#224; son lecteur. C'est pourquoi je voudrais commencer par vivement remercier Thibault Tranchant ainsi que les Cahiers Soci&#233;t&#233;s pour la possibilit&#233; qu'ils m'offrent d'entrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un monde o&#249; la pol&#233;mique &#224; coups de tweet semble avoir impos&#233; son format, m&#234;me dans les milieux acad&#233;miques, il devient rare que le cadre du compte-rendu soit l'occasion d'une r&#233;elle r&#233;flexion critique de fond. Il est encore plus rare qu'une revue accorde la possibilit&#233; &#224; l'auteur du livre recens&#233; de r&#233;pondre en d&#233;tail &#224; son lecteur. C'est pourquoi je voudrais commencer par vivement remercier Thibault Tranchant ainsi que les &lt;i&gt;Cahiers Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt; pour la possibilit&#233; qu'ils m'offrent d'entrer publiquement en dialogue au sujet de mon livre, et ainsi d'en prolonger le geste fondateur : celui de mettre le penser en travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'ai choisi cette expression comme titre g&#233;n&#233;ral d'un projet &#233;ditorial li&#233; &#224; Cornelius Castoriadis pour diverses raisons. D&#232;s la premi&#232;re lecture, j'avais &#233;t&#233; frapp&#233;e par le caract&#232;re ma&#239;eutique des textes de Castoriadis, par leur capacit&#233; &#224; entrer en dialogue avec leurs lecteurs, &#224; f&#233;conder les esprits et &#224; les &#171; faire accoucher &#187; d'une pens&#233;e propre, mais qui, pourtant, s'actualise aussi en partie &#224; partir d'un dynamisme impuls&#233; par eux. Ces textes sont par ailleurs eux-m&#234;mes travaill&#233;s par de multiples sources de pens&#233;e, parfois explicites, parfois implicites. Il en r&#233;sulte une pens&#233;e polyphonique et d&#232;s lors &#233;minemment &lt;i&gt;vivante&lt;/i&gt;, qui incarne la d&#233;finition platonicienne de la pens&#233;e : celle d'&#234;tre un &#171; dialogue de l'&#226;me avec elle-m&#234;me. &#187; On peut donc appliquer au texte de Castoriadis ce que ce dernier disait du dialogue platonicien, &#171; qu'il nous fait voir la pens&#233;e au travail [&#8230;] c'est comme s'il nous disait : voil&#224; comment on pense&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, Sur le Politique de Platon, Paris, Seuil, 1999, p. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis nous aide ainsi &#224; comprendre r&#233;trospectivement le r&#244;le structurel du dialogisme platonicien. La forme dialogue permet &#224; Platon de rendre visible le processus de la pens&#233;e en le mettant en sc&#232;ne &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; l'interaction de divers personnages. Et, en parall&#232;le, les dialogues platoniciens sont une invitation permanente, adress&#233;e &#224; leurs lecteurs, &#224; se r&#233;approprier ce dispositif dialogique en le red&#233;ployant sur leur propre sc&#232;ne psychique. Les dialogues platoniciens apprennent donc &#224; penser, plus pr&#233;cis&#233;ment, ils &lt;i&gt;forment&lt;/i&gt; leurs lecteurs &#224; l'activit&#233; de penser. En ce sens, je consid&#232;re que tout le &lt;i&gt;corpus&lt;/i&gt; castoriadien prolonge et r&#233;&#233;labore cette vis&#233;e formatrice h&#233;rit&#233;e de Platon, ce dont t&#233;moigne l'importance que Castoriadis accordait &#224; la &lt;i&gt;paideia&lt;/i&gt;, qu'il consid&#233;rait comme une activit&#233; practico-poi&#233;tique &#224; part enti&#232;re, une activit&#233; transformatrice de soi et du monde, au m&#234;me titre que la cure analytique et l'action politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
T. Tranchant a bien per&#231;u que mon projet en trois temps (&lt;i&gt;Polis&lt;/i&gt; &#233;tant le premier tome d'une trilogie) faisait le pari de r&#233;activer ce geste th&#233;orico-practico-poi&#233;tique de &lt;i&gt;formation&lt;/i&gt;. Il ne s'agit donc pas d'un travail d'ex&#233;g&#232;se classique &lt;i&gt;sur&lt;/i&gt; &#171; l'&#339;uvre &#187; de Castoriadis. Mon propos n'est pas de pr&#233;senter et de discuter ses principaux concepts, ni d'exhumer ses sources d'inspiration implicites, pas plus que de reconstituer les dialogues et les pol&#233;miques qui ont jalonn&#233; son parcours. Ces diff&#233;rents objectifs sont bien &#233;videmment tout-&#224;-fait pertinents et honorables, mais ce ne sont pas les miens. Ma vis&#233;e est plut&#244;t de donner &#224; voir &lt;i&gt;comment&lt;/i&gt; Castoriadis h&#233;rite de certaines dynamiques de pens&#233;e tout en les transformant, en rejouant moi-m&#234;me ce processus et en esp&#233;rant le prolonger chez mes lecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors, je peux ici d'embl&#233;e commencer &#224; r&#233;pondre &#224; la principale critique que m'adresse T. Tranchant &#224; la fin de sa recension, celle de n'avoir pas suffisamment th&#233;matis&#233; le maintien d'un certain universalisme politique chez Castoriadis, malgr&#233; sa critique certaine de l'universel dans les domaines du jugement et de la connaissance. Cette critique est justifi&#233;e, pour autant qu'on la situe uniquement sur le plan de ce que mon livre &#171; dit. &#187; Il est ind&#233;niable que Castoriadis a toujours fait du projet d'autonomie (aussi bien au niveau individuel que collectif) la vis&#233;e pratique de l'ensemble de sa d&#233;marche. Je n'ai visiblement pas suffisamment insist&#233; dans mon livre sur ce point axial. C'est pourquoi, il me semble important de reprendre aux tenants de l'analyse des discours leur &#233;clairante distinction entre ce qu'un texte &#171; dit &#187; et ce qu'un texte &#171; fait &#187;, pour montrer que c'est au niveau de ce &#171; faire &#187; que j'ai tent&#233; de situer dans mon propre texte l'exigence castoriadienne d'universalisme politique, en la r&#233;&#233;laborant sur un plan th&#233;orique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je m'explique. Si l'on m'a bien suivie jusqu'ici, on aura compris que mon ambition, en montrant le penser en travail de Castoriadis, est de mettre en travail le penser de mes lecteurs. Or, si ce processus r&#233;ussit, il constitue &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; une contribution &#224; leur formation &#224; l'autonomie. En effet, qu'est-ce qu'&#234;tre autonome selon Castoriadis ? C'est, en se basant sur certaines de ses formulations les plus parlantes : se comprendre pour se transformer, ou encore, &#234;tre capable de mettre en question l'institution h&#233;rit&#233;e, sans que rien de ce qui est institu&#233; n'&#233;chappe &#224; la possibilit&#233; de cette mise en question. D&#232;s lors, on aura compris qu'il &#233;tait n&#233;cessaire pour moi de montrer l'impossibilit&#233; structurelle de r&#233;ifier en doctrine la pens&#233;e de Castoriadis, dont le caract&#232;re d'&#339;uvre ouverte d&#233;fie toute tentative de syst&#233;matisation. Ceci, parce que la r&#233;alit&#233; elle-m&#234;me dont il s'agit de rendre raison (&lt;i&gt;logon didonai&lt;/i&gt;) se caract&#233;rise par une ouverture structurelle &#224; l'&#233;mergence de la nouveaut&#233;, en droit impr&#233;visible. Selon Castoriadis, &lt;i&gt;l'&#234;tre est en effet cr&#233;ation&lt;/i&gt;. C'est pourquoi T. Tranchant vise juste, encore une fois, lorsqu'il interpr&#232;te ma reprise de la structure labyrinthique du propos de Castoriadis comme &#233;tant li&#233;e &#224; &#171; la perspective postm&#233;taphysique selon laquelle les mots et les choses n'ont ni &#8220;centre&#8221; ni &lt;i&gt;arkh&#232;&lt;/i&gt;. &#187; C'est donc pour rendre compte du fait que &#171; la totalit&#233; de notre exp&#233;rience n'a pas de &#8220;centre&#8221; &#187; que le penseur doit s'assumer comme cr&#233;ateur de formes. Car &#171; l'anarchie n'est pas l'absence d'ordre, elle est plut&#244;t ouverture &#224; la cr&#233;ation de nouvelles formes &#187;, toujours pour le dire avec T. Tranchant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'o&#249; ma tentative de travailler cette question en la d&#233;clinant sur diff&#233;rents registres : au niveau du &#171; fond &#187;, en focalisant une part importante de mon analyse sur l'&#233;tude de ce qu'est un &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; social-historique en g&#233;n&#233;ral, et en tentant de reconstituer l'&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; particulier de la cit&#233; ath&#233;nienne et celui de la soci&#233;t&#233; capitaliste. Au niveau de la &#171; forme &#187;, en red&#233;ployant une &lt;i&gt;nouvelle&lt;/i&gt; structure labyrinthique &#224; partir des trois principaux carrefours du labyrinthe de Castoriadis (&lt;i&gt;polis, psych&#232;, logos&lt;/i&gt;), tout en d&#233;pla&#231;ant dans l'avant-propos g&#233;n&#233;ral les deux autres (&lt;i&gt;kairos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;koin&#244;nia&lt;/i&gt;). T. Tranchant note qu'il ne s'agit pas l&#224; d'un &#171; clin d'&#339;il savant &#187;. Il est important pour moi d'insister sur ce point : il ne s'agit pas de jouer la carte d'un certain mim&#233;tisme, qui en resterait alors au niveau d'un effet rh&#233;torique assez superficiel, et donc facilement &#233;liminable. Pas plus que ces trois termes grecs ne sont des mani&#232;res &#233;rudites de renvoyer &#224; des th&#232;mes pr&#233;cis : la politique, l'&#226;me, la philosophie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ma vis&#233;e &#233;tait plut&#244;t de parvenir &#224; croiser une approche &#171; magmatique &#187; et une approche &#171; ensembliste-identitaire &#187; de la pens&#233;e de Castoriadis. On sait que ce dernier s'&#233;tait dans un premier temps confront&#233; &#224; la question de l'axiomatisation du savoir scientifique, donc de sa possible totalisation dans une forme rationnelle. Et qu'il avait d&#251; constater l'&#233;chec d'un tel projet, et plus encore la contradiction qui lui &#233;tait inh&#233;rente : &#171; l'axiomatisation d'une branche du savoir implique l'ach&#232;vement, la cl&#244;ture &#187;, alors qu'il est incontestable que ce qui caract&#233;rise la science, &#171; c'est le non ach&#232;vement, la progression infinie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, Histoire et cr&#233;ation. Textes philosophiques in&#233;dits (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; D'o&#249; le caract&#232;re volontairement ouvert de son &#339;uvre, et singuli&#232;rement des &lt;i&gt;Carrefours du Labyrinthe&lt;/i&gt;, qui ne sont pas de simples recueils d'articles, mais qu'il faut comprendre selon l'analogie &#233;clairante pos&#233;e par Castoriadis avec la construction architecturale,lorsqu'il avait voulu rendre compte de la structure de &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis,L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, Paris, Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Cela devrait &#234;tre une banalit&#233;, reconnue par tous, que dans le cas du travail de r&#233;flexion, enlever les &#233;chafaudages et nettoyer les abords du b&#226;timent non seulement n'apporte rien au lecteur mais lui enl&#232;ve quelque chose d'essentiel. Contrairement &#224; l'&#339;uvre d'art, il n'y a pas ici d'&#233;difice termin&#233; et &#224; terminer ; autant et plus que les r&#233;sultats, &lt;i&gt;importe le travail de la r&#233;flexion&lt;/i&gt;, et c'est peut-&#234;tre cela surtout qu'un auteur peut donner &#224; voir, s'il peut donner &#224; voir quelque chose&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit., pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Comment mieux dire la volont&#233; de faire voir la pens&#233;e au travail et d'inciter son lecteur &#224; entrer dans un tel travail, lequel se r&#233;v&#232;le en fait &#234;tre de l'ordre de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt; ? Car Castoriadis suit ici Aristote, pour lequel la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire l'action politique, est &#224; elle-m&#234;me sa propre fin, contrairement &#224; la &lt;i&gt;poi&#232;sis&lt;/i&gt;, le processus de production technique, dont la finalit&#233; est ext&#233;rieure &#224; elle-m&#234;me et correspond &#224; l'&#339;uvre objectiv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un travail d'ex&#233;g&#232;se classique me semble forc&#233;ment transformer en &#171; &#339;uvre &#187; son objet, de par le choix n&#233;cessaire de l'envisager selon un seul prisme th&#233;matique. Ce type d'approche correspond &#224; ce que Castoriadis avait qualifi&#233; d' &#171; ensembliste-identitaire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit., pp. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Sa forme extr&#234;me est selon moi le &lt;i&gt;Castoriadis. Key Concepts&lt;/i&gt; &#233;dit&#233; par Suzi Adams, qui entreprend de d&#233;finir et de cerner un &#224; un les principaux concepts qui jalonnent &#171; l'&#339;uvre &#187; de Castoriadis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Suzi Adams (eds), Castoriadis. Key concepts, Londres/New York, Bloomsbury, 2014.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Une approche magmatique, quant &#224; elle, devrait rendre compte et pr&#233;server le fourmillement infini des possibles germes de signification des textes &#233;tudi&#233;s. Sa difficult&#233; est ainsi de devoir proposer un cadre, une forme, tout en indiquant d'embl&#233;e la multiplicit&#233; indiscernable de ce qui l'exc&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voil&#224; pourquoi j'ai tent&#233; de recr&#233;er un nouveau labyrinthe &#224; partir de ces trois carrefours, d&#233;sign&#233;s par des noms grecs qui d&#233;voilent ce &#171; reste &#187; illimit&#233;. En effet, si sous un certain angle, &lt;i&gt;polis, psych&#232;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;d&#233;signent des r&#233;alit&#233;s distinctes, cette distinction s'estompe lorsqu'on change de perspective. La cit&#233;, l'&#226;me et le discours sont des r&#233;alit&#233;s qui s'impliquent n&#233;cessairement et qui s'interp&#233;n&#232;trent les unes les autres, ce que montre de mani&#232;re paradigmatique la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt; de Platon. Chacun des trois tomes du &lt;i&gt;Penser en travail&lt;/i&gt;envisage donc toujours l'interaction &lt;i&gt;polis, psych&#232;, logos&lt;/i&gt;, mais en &#233;tant centr&#233; sur une &lt;i&gt;dominante&lt;/i&gt;, &#224; partir de laquelle sont r&#233;articul&#233;s les deux autres p&#244;les. &#192; l'int&#233;rieur de chaque carrefour, j'ai tent&#233; de d&#233;velopper une structure en fractales, en recr&#233;ant de nouveaux embranchements, de nouveaux carrefours dans le carrefour, que j'ai aussi baptis&#233;s de noms ou d'expressions en grec ancien (ou en latin, dans un cas). &lt;i&gt;Eidos, Al&#232;theiai&lt;/i&gt; (au pluriel) et &lt;i&gt;D&#232;mokratia&lt;/i&gt;, pour le carrefour &lt;i&gt;Polis&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Psychik&#232;s Monas, Ego Computans, Eipe pros thumon&#8230;,&lt;/i&gt; pour le carrefour &lt;i&gt;Psych&#232;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Rhuthmos, Poi&#232;mata, Deinot&#232;s&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Dialegesthai&lt;/i&gt;, pour le carrefour &lt;i&gt;Logos&lt;/i&gt;. J'ai aussi tent&#233; de transposer quelque chose d'une logique musicale dans mon interpr&#233;tation, en pla&#231;ant quelques citations comme &#171; &#224; la cl&#233; &#187; de chaque nouvel embranchement du carrefour, afin de donner la tonalit&#233; du sens dans lequel le carrefour principal allait y &#234;tre d&#233;velopp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Qui plus est, la &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; suppose toujours &lt;i&gt;plus&lt;/i&gt; que la &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; : la cit&#233;, en tant que communaut&#233; politique des citoyens, n'existe que dans son rapport &#224; celles et ceux qu'elle exclut et avec lesquels les citoyens sont pourtant en interaction permanente (les femmes, les m&#233;t&#232;ques, les esclaves dans l'Ath&#232;nes classique, les sans-papiers, par exemple, aujourd'hui). La &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; ne s'identifie pas au territoire de la ville (&lt;i&gt;astu&lt;/i&gt;), mais elle le suppose, m&#234;me lorsqu'est &#233;voqu&#233;e la possibilit&#233; extr&#234;me de sa d&#233;territorialisation. Castoriadis aimait &#224; citer la phrase que Thucydide place dans la bouche du g&#233;n&#233;ral Nicias, lors d'un &#233;pisode de la guerre du P&#233;loponn&#232;se o&#249; les Ath&#233;niens doivent fuir Ath&#232;nes, en abandonnant leurs morts et leurs bless&#233;s : &#171; la cit&#233;, c'est les hommes (&lt;i&gt;andres gar polis&lt;/i&gt;) &#187;. Mani&#232;re de dire que, m&#234;me d&#233;racin&#233;s, m&#234;me coup&#233;s de tout rapport &#224; leur terre, puisqu'ils sont dispers&#233;s sur leurs bateaux, les citoyens ath&#233;niens forment pourtant encore bien une cit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Psych&#232;&lt;/i&gt;, quant &#224; elle, semble ne pouvoir s'entendre qu'envisag&#233;e dans sa relation au corps pour toute la tradition philosophique, jusqu'&#224; &#234;tre purement et simplement dissoute en lui, comme dans les approches contemporaines les plus dures inspir&#233;es des neurosciences, pour lesquelles l'&#226;me n'est plus qu'un mot, une illusion pour d&#233;signer la chimie du cerveau. &#192; suivre Castoriadis, &lt;i&gt;psych&#232;&lt;/i&gt; renvoie par ailleurs &#224; un fonds insondable, plus originaire encore que l'inconscient : ce qu'il appelle le noyau de la monade psychique, qui perdure dans les profondeurs de la &lt;i&gt;psych&#232;&lt;/i&gt; adulte. Voil&#224; pourquoi Castoriadis utilise aussi souvent l'expression de &lt;i&gt;s&#244;ma-psych&#232;&lt;/i&gt; et consid&#232;re que rendre compte de l'humain, c'est rendre compte de cette entit&#233; magmatique constitu&#233;e d'un corps, d'un inconscient, d'un &#171; moi &#187; socialis&#233; et, &#233;ventuellement, d'un sujet toujours &#171; &#224;-faire &#187;, c'est-&#224;-dire en cours d'autonomisation, l'autonomie n'&#233;tant jamais acquise une fois pour toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin, la polys&#233;mie du terme &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, en grec ancien, impose quant &#224; elle de r&#233;fl&#233;chir ensemble les questions du langage, du discours, de la parole, de la raison, de la proportion et de l'intervalle musical, m&#234;me. J'ai notamment tent&#233; de montrer en quoi la r&#233;flexion de Castoriadis sur le langage &#233;tait comme une sorte de basse continue, omnipr&#233;sente dans ses textes, et pourtant rarement th&#233;matis&#233;e pour elle-m&#234;me. Par ailleurs, il m'a sembl&#233; important de prendre la mesure du fait que, au-del&#224; m&#234;me de l'opposition entre &lt;i&gt;muthos&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, qu'il d&#233;boute dans sa critique du Miracle grec, Castoriadis consid&#233;rait toutes les formes de la po&#233;sie (grecque et moderne) comme des formes du &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;. En la baptisant &#171; penser-po&#232;me &#187;, j'ai tent&#233; de cerner la singularit&#233; de cette forme de pens&#233;e, en repartant d'&#233;tudes pr&#233;cises des textes qui avaient marqu&#233; Castoriadis, d'un po&#232;me de Sappho &#224; l'&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; de Sophocle, en passant par le &lt;i&gt;Prom&#233;th&#233;e Encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;d'Eschyle. Le tout plac&#233; sous l'&#233;gide d'un questionnement m&#233;ta-r&#233;flexif sur la philosophie &#8212; sur son histoire et sur son devenir &#8212;, puisque c'est &#224; elle que sont consacr&#233;s la plupart des articles que Castoriadis avait class&#233;s sous la rubrique &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; dans ses &lt;i&gt;Carrefours du Labyrinthe.&lt;/i&gt; Et c'est en &lt;i&gt;r&#233;pondant&lt;/i&gt; au penser-po&#232;me, que Platon a fait &#233;merger pour la premi&#232;re fois la singularit&#233; du &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; philosophique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce qui m'a int&#233;ress&#233;e, c'est donc de d&#233;velopper d'autres arborescences &#224; partir de ces trois carrefours, en instillant l'id&#233;e que ce type de &#171; boutures &#187; &#233;taient en droit en nombre ind&#233;termin&#233;. J'ai volontairement ici choisi des m&#233;taphores &#224; connotation v&#233;g&#233;tale, qui renvoient au rhizome deleuzien, car T. Tranchant a &#233;voqu&#233; &#224; plusieurs reprises de possibles comparaisons avec la pens&#233;e de Deleuze, que j'ai pour ma part rapproch&#233; de Castoriadis seulement pour ce qui concernait la compr&#233;hension de la notion de &lt;i&gt;sch&#232;me&lt;/i&gt;. Mais pr&#233;cis&#233;ment, ce faisant, T. Tranchant a, &#224; son tour, d&#233;velopp&#233; de nouvelles arborescences, ou d'autres spires du labyrinthe, si l'on reste dans l'imagerie castoriadienne, en &#171; bouturant &#187; avec la pens&#233;e de Deleuze mais aussi avec celles de Jacques Derrida, d'&#201;tienne Balibar, de Michel Freitag ou encore de Souleymane Bachir Diagne. Une nouvelle architectonique de labyrinthe se dessine ainsi dans le commentaire de T. Tranchant, o&#249; il s'agirait de d&#233;fendre la possibilit&#233; d'un universalisme politique, dans un contexte o&#249; la d&#233;construction de l'universel abstrait par les penseur.e.s des diff&#233;rents f&#233;minismes et post-colonialismes, en elle-m&#234;me bienvenue car visant l'&#233;mancipation, est d&#233;sormais trop souvent r&#233;ifi&#233;e en d&#233;nonciation suspicieuse &#224; l'&#233;gard de &lt;i&gt;toutes&lt;/i&gt; formes de recours aux notions d'universel ou d'universalisme, quelles qu'elles soient. M&#234;me s'il ne le dit pas explicitement, c'est bien l'auto-perversion d'un mouvement &#233;mancipatoire en orthodoxie excluante (comme avec le marxisme en son temps), que me semble craindre T. Tranchant. D'o&#249; un geste de &lt;i&gt;rupture&lt;/i&gt; pour rester fid&#232;le &#224; l'esprit, qui me semble assez similaire &#224; celui que Castoriadis avait jadis pos&#233; &#224; l'&#233;gard du marxisme, que T. Tranchant pose &#224; son tour vis-&#224;-vis du courant post-moderne (le post-structuralisme), dans lequel il me semble avoir &#233;t&#233; form&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les r&#233;cup&#233;rations n&#233;olib&#233;rales de la pens&#233;e de Deleuze le montrent bien, il me semble : la critique du sujet et l'accent mis sur la multiplicit&#233; de singularit&#233;s irr&#233;ductibles les unes aux autres, peut &#234;tre d&#233;form&#233;e dans le sens d'un hyper-individualisme servant l'assujettissement (au march&#233;) et rendant caduc tout projet politique d'&#233;mancipation. Qui plus est, la non-mixit&#233; invoqu&#233;e comme mani&#232;re de lutter contre les rapports de domination par une certaine militance de l'intersectionnalit&#233;, h&#233;riti&#232;re d'un certain post-structuralisme, r&#233;v&#232;le &#224; mon sens un retour du refoul&#233; universalisant : celui de l'hypostase de la couleur et du sexe (une femme noire ne peut parler, s'entendre et &#234;tre entendue qu'avec une femme noire, un homme blanc ne peut, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, rien comprendre &#224; sa situation&#8230;). La cons&#233;quence en est un mouvement actuel de repli communautaire autour du &#171; M&#234;me &#187; : &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; ne peut plus fr&#233;quenter que son double, &#224; l'identique et non plus son semblable, dans sa diff&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'o&#249;, en r&#233;action et pour rester fid&#232;le au refus (tant par Deleuze que Derrida) de toute domination par le M&#234;me et l'Un, la n&#233;cessit&#233; de maintenir &#171; l'&#233;nonciation politique de l'universel. &#187; Ce que T. Tranchant pense &#224; partir de la &#171; strat&#233;gie de disjonction de l'universel &#187; d&#233;velopp&#233;e par &#201;tienne Balibar&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;tienne Balibar, Des universels : essais et conf&#233;rences, Paris, Galil&#233;e, 2016.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. T. Tranchant rappelle que ce dernier a en effet montr&#233; &#171; comment l'on trouve chez des auteurs comme Spinoza et Wittgenstein, malgr&#233; leurs diff&#233;rences, une strat&#233;gie visant &#224; distinguer, sans pourtant les d&#233;sarticuler compl&#232;tement, universalit&#233; th&#233;orique et universalit&#233; pratique. &#187; Selon T. Tranchant, cette perspective permet &#171; le maintien d'un projet politique d'institution de l'universel, entendu comme concr&#233;tisation institutionnelle &lt;i&gt;a posteriori&lt;/i&gt; d'une universalit&#233; normative &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour ma part, je suis repartie de l'&lt;i&gt;&#233;lucidation&lt;/i&gt; propos&#233;e par Castoriadis de l'&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; social-historique de la cit&#233; des Ath&#233;niens (comme paradigme de la soci&#233;t&#233; autonome) et de celui du capitalisme dans sa premi&#232;re phase (pour ce qui concerne la soci&#233;t&#233; h&#233;t&#233;ronome), pour montrer l'effectivit&#233; politique que ce geste de reconstitution th&#233;orique de formes social-historiques &lt;i&gt;pass&#233;es&lt;/i&gt;, pouvait avoir pour &lt;i&gt;aujourd'hui&lt;/i&gt;. La vis&#233;e d'universalisme politique, chez Castoriadis, se situe &#224; mon sens &lt;i&gt;aussi&lt;/i&gt; tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment &lt;i&gt;l&#224;, dans une continuit&#233; temporelle&lt;/i&gt; a priori &lt;i&gt;interminable&lt;/i&gt; : dans le fait que des soci&#233;t&#233;s autonomes pass&#233;es et donc, d'un certain point de vue, d&#233;finitivement mortes, peuvent pourtant &#234;tre par nous (re)constitu&#233;es/recr&#233;&#233;es en &#171; indices de possibilit&#233; &#187; et d&#232;s lors redevenir des &#171; germes &#187; inspirant nos formes de vie actuelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les expressions entre guillemets sont de Castoriadis.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est pourquoi, comme l'a bien vu Pierre Ponchon, les conclusions de mon livre ne sont pas uniquement r&#233;capitulatives ou synth&#233;tiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Ponchon, &#171; Sophie Klimis, Le penser en travail. Castoriadis et le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Elles forment une partie prospective &#224; part enti&#232;re, o&#249; je tente d'esquisser l'&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; de la forme social-historique dans laquelle nous vivons, en suivant jusqu'au bout le fil d'Ariane d&#233;roul&#233; &#224; partir de l'analyse des formes social-historiques pass&#233;es. Je vais ici en donner un exemple &#224; partir de l'&#233;tude de cas antique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Reconstituer l'&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; de la cit&#233; ath&#233;nienne correspond dans les analyses de Castoriadis &#224; la tentative de reconstituer leur &lt;i&gt;forme de vie&lt;/i&gt;, ainsi que le &lt;i&gt;type anthropologique&lt;/i&gt; (Ideal-Typ) du citoyen. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, Castoriadis a th&#233;matis&#233; l'&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; social-historique comme r&#233;sultant de l'interaction complexe de significations imaginaires sociales, d'institutions, de finalit&#233;s et d'affects sp&#233;cifiques. Il a donc fallu voir &#224; quoi ces &#233;l&#233;ments correspondaient dans le cas ath&#233;nien. Si Castoriadis s'est bas&#233; sur plusieurs sources, la plus importante d'entre elles est sans conteste la &lt;i&gt;Guerre du P&#233;loponn&#232;se&lt;/i&gt; de Thucydide, et singuli&#232;rement l'oraison fun&#232;bre attribu&#233;e au strat&#232;ge P&#233;ricl&#232;s, aussi &#233;tudi&#233;e par Hannah Arendt dans &lt;i&gt;La crise de la culture&lt;/i&gt;. J'ai donc consacr&#233; une analyse d&#233;taill&#233;e &#224; ce texte, en comparant les interpr&#233;tations de Castoriadis et d'Arendt&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Klimis, &#171; un processus sans fondement &#187; et &#171; la d&#233;mocratie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Je l'ai aussi probl&#233;matis&#233; en le mettant en comparaison diff&#233;rentielle sur chacun de ses points principaux avec la critique indirecte adress&#233;e &#224; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne par Platon au livre VIII de la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;. Les descriptions des faits et gestes de &#171; l'homme d&#233;mocratique &#187; sont &#224; ce point oppos&#233;es de mani&#232;re sym&#233;trique chez les deux auteurs, que Platon ne peut qu'avoir d&#233;lib&#233;r&#233;ment choisi de composer son portrait satyrique &lt;i&gt;en r&#233;ponse&lt;/i&gt; &#224; la description id&#233;alisante de Thucydide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La comparaison diff&#233;rentielle avec l'Ath&#232;nes antique nous enseigne trois choses cruciales pour penser et r&#233;activer une forme de d&#233;mocratie directe aujourd'hui. Premi&#232;rement, &lt;i&gt;la d&#233;mocratie (ou le projet d'autonomie) suppose de s'&#233;tendre &#224; l'ensemble de la forme de vie d'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e&lt;/i&gt;. En effet, Castoriadis souligne avec pertinence que dans l'&lt;i&gt;Oraison&lt;/i&gt;, P&#233;ricl&#232;s ne dit pour ainsi dire rien du fonctionnement institutionnel d'Ath&#232;nes. Par exemple, il &#233;voque la Constitution seulement pour insister sur le fait que le pouvoir (&lt;i&gt;kratos&lt;/i&gt;), &#224; Ath&#232;nes, appartient au &lt;i&gt;d&#232;mos&lt;/i&gt; tout entier compris comme l'ensemble des citoyens, riches et pauvres, nobles ou de naissance moins prestigieuse. Autrement dit, P&#233;ricl&#232;s d&#233;boute tout autant ceux qui pr&#233;tendraient que, sous couvert de d&#233;mocratie, le pouvoir serait en r&#233;alit&#233; essentiellement entre les mains de castes dominantes, que les critiques de la d&#233;mocratie qui assimileraient le &lt;i&gt;d&#232;mos&lt;/i&gt; &#224; une classe sociale, c'est-&#224;-dire aux plus pauvres (les th&#232;tes). Le &lt;i&gt;d&#232;mos&lt;/i&gt; est bel et bien une &lt;i&gt;cr&#233;ation politique&lt;/i&gt;. P&#233;ricl&#232;s insiste d'ailleurs sur cette dimension de &lt;i&gt;cr&#233;ation radicale&lt;/i&gt;, en affirmant que la constitution des Ath&#233;niens &#171; n'imite rien des autres constitutions, c'est bien plut&#244;t elle qui leur sert de paradigme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Avec Castoriadis, l'on peut alors s'int&#233;resser &#224; la longue description du mode de vie et de l'&lt;i&gt;&#232;thos&lt;/i&gt; des Ath&#233;niens, tout entier fa&#231;onn&#233; par leur aspiration d&#233;mocratique &#224; la libert&#233; et &#224; l'&#233;galit&#233;. Par exemple, &#171; la contrainte ext&#233;rieure n'est pas de mise pour r&#233;gler les relations entre particuliers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thucydide, La Guerre du P&#233;loponn&#232;se, II, 37, 2.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; : chacun respecte les aspirations de son voisin, la plus grande libert&#233; r&#232;gne pour ce qui concerne la gestion des affaires priv&#233;es. Les Ath&#233;niens n'ont pas non plus besoin du recours &#224; la force coercitive pour faire respecter les lois, car &#171; la crainte retient chacun de ne rien faire d'ill&#233;gal. &#187; Le sens de l'honneur g&#233;n&#232;re ainsi une forme d'autolimitation, chacun ayant int&#233;gr&#233; le sens de la honte qui d&#233;coulerait du bl&#226;me public et de la mauvaise r&#233;putation qui s'attacherait &#224; lui s'il transgressait la loi. Mais surtout, P&#233;ricl&#232;s r&#233;sume la forme de vie d&#233;mocratique par deux activit&#233;s qui en constituent aussi la finalit&#233; : &#171; nous vivons un amour achev&#233; du beau au quotidien et nous philosophons sans rel&#226;che&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., II, 49, 1. Ma traduction, voir Sophie Klimis, Le penser en travail. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Castoriadis y lit la &#171; r&#233;ponse &#187;en acte des Ath&#233;niens &#224; la question : &#171; qu'est-ce que l'institution de la soci&#233;t&#233; doit r&#233;aliser ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, Domaines de l'Homme, Paris, Seuil, 1986,p. 306, cit&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Pour lui, l'autonomie au sens de l'autogouvernement n'est donc pas une finalit&#233; absolue mais relative, subordonn&#233;e &#224; &#171; la cr&#233;ation d'&#234;tres humains vivant avec la beaut&#233;, vivant avec la sagesse et aimant le bien commun.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Pace&lt;/i&gt; Arendt, il est donc n&#233;cessaire de comprendre comment les diff&#233;rentes sph&#232;res du social et de la politique s'articulent et s'inter-p&#233;n&#232;trent. S'il serait bien &#233;videmment simpliste et m&#234;me erron&#233; de consid&#233;rer que, d&#232;s lors, &#171; tout est politique &#187;, nous pouvons mieux comprendre en quoi de nombreuses revendications de r&#233;activation de la d&#233;mocratie directe se situent totalement en marge des lieux traditionnels de la politique, et concernent des questions &#171; priv&#233;es &#187; telles que l'habitat, l'alimentation, la solidarit&#233; inter-g&#233;n&#233;rationnelle, l'accueil des &#233;trangers, etc. Dans la partie conclusive intitul&#233;e &#171; &lt;i&gt;Koin&#244;nein kai euz&#232;n&lt;/i&gt;. R&#233;inventions du &#8220;faire ensemble&#8221; en vue du &#8220;bien vivre&#8221;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Klimis, Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, j'ai cherch&#233; &#224; montrer comment, aujourd'hui, &#171; ce n'est pas au sein du prol&#233;tariat ni d'une classe sociale en particulier, que l'on trouve des germes d'autonomie, mais dans l'ensemble de la soci&#233;t&#233; et plus particuli&#232;rement dans certaines interactions entre micro-groupes, qui investissent de significations nouvelles les sph&#232;res de l'&lt;i&gt;oikos&lt;/i&gt;, de l'&lt;i&gt;agora&lt;/i&gt;et de l'&lt;i&gt;eccl&#233;sia&lt;/i&gt;, en r&#233;inventant leurs lignes de partage. Ainsi, accueillir chez soi un migrant est devenu un geste politique fort, tout comme divulguer sur la place publique le contenu de transactions bancaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 394.&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la partie suivante des conclusions, intitul&#233;e&#171; de l'&#233;lan instituant des mouvements citoyens des places aux mouvement socio-politiques de 2018-2019&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 401-413.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, j'ai pr&#233;cis&#233;ment tent&#233; de montrer en quoi ces deux s&#233;quences social-historiques pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme n'en formant qu'une seule, rythm&#233;e en deux temps distincts mais li&#233;s. J'ai donc pris le contre-pied d'un certain nombre d'observateurs, qui ont quant &#224; eux consid&#233;r&#233; que les mouvements sociaux r&#233;cents, comme celui des Gilets jaunes en France, n'&#233;taient &lt;i&gt;pas&lt;/i&gt; politiques. Par ailleurs, cette &#233;tude, centr&#233;e sur le terrain, doit &#234;tre coupl&#233;e avec deux des analyses qui la pr&#233;c&#232;dent, et qui sont plus th&#233;oriques :&#171; quelle d&#233;mocratie ? Quel sujet ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 353-375.&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; et &#171; quelles t&#226;ches politiques pour le philosophe aujourd'hui ?&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 375-392.&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &#192; partir d'une discussion avec d'autres th&#233;oriciens de la d&#233;mocratie dite radicale, dont notamment Jacques Ranci&#232;re et Chantal Mouffe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 356-364, la partie intitul&#233;e &#171; d&#233;mocratie forme de vie versus (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, j'ai d&#233;gag&#233; ce qui pourrait &#234;tre vu comme le second enseignement &#224; tirer de la comparaison diff&#233;rentielle avec l'Ath&#232;nes d&#233;mocratique. &#192; savoir : qu'il nous faut apprendre &#224; &lt;i&gt;d&#233;sintriquer la notion d'institution de celle de repr&#233;sentation&lt;/i&gt;. La forme de vie ne suffit en effet pas en elle-m&#234;me &#224; garantir la d&#233;mocratie, il y faut des institutions politiques sp&#233;cifiques et durables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Autrement dit : nous devons r&#233;apprendre &#224; penser et &#224; mettre en place des institutions de d&#233;mocratie directe, telles que celles qui existaient &#224; Ath&#232;nes. Or aujourd'hui, les tenants d'un retour &#224; la d&#233;mocratie dite radicale rejettent en bloc toute forme d'institutionnalisation. Ils l'associent &#224; la politique politicienne des pseudo-&#233;lites, donc &lt;i&gt;n&#233;cessairement&lt;/i&gt; &#224; la d&#233;mocratie parlementaire repr&#233;sentative. Pourtant, l'essoufflement des mouvements des places, et de mani&#232;re paradigmatique d'un mouvement comme Nuit Debout en France, a montr&#233; qu'il &#233;tait vain de croire que la d&#233;mocratie pourrait rena&#238;tre &#171; spontan&#233;ment &#187;. Que la parole des citoyens se lib&#232;re, qu'ils se r&#233;unissent en assembl&#233;e et d&#233;lib&#232;rent ensemble est une condition n&#233;cessaire mais non suffisante &#224; une r&#233;activation de la d&#233;mocratie directe. Castoriadis l'avait r&#233;sum&#233; de mani&#232;re lapidaire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Quand nous parlerons de la d&#233;mocratie, n'ayons pas simplement en t&#234;te l'existence d'une assembl&#233;e qui d&#233;lib&#232;re et qui d&#233;cide consensuellement, ni l'absence d'une domination au sens factuel du terme par un groupe sp&#233;cial ; la cr&#233;ation grecque de la d&#233;mocratie, de la politique, est cr&#233;ation d'une activit&#233; explicitement auto-institution de la collectivit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cornelius Castoriadis, D'Hom&#232;re &#224; H&#233;raclite. Ce qui fait la Gr&#232;ce. 1, Paris, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est tout aussi vain de croire que le tirage au sort pourrait &#224; lui seul permettre de r&#233;introduire une forme de d&#233;mocratie directe, comme certains voudraient nous le faire croire de mani&#232;re simpliste&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Van Reybrouck, Contre les &#233;lections, Paris, Babel, 2014.&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le tirage au sort ne &lt;i&gt;fait&lt;/i&gt; pas la d&#233;mocratie, il n'en est qu'un &lt;i&gt;outil&lt;/i&gt;, qui tire son efficacit&#233; de tout un dispositif institutionnel complexe, qui combine des activit&#233;s li&#233;es &#224; la vie de la cit&#233; sur diff&#233;rents registres (y compris rituels et religieux), et dans lequel les citoyens doivent &#234;tre partie prenante &lt;i&gt;sur le temps long&lt;/i&gt;. Cette temporalit&#233; longue est cruciale car elle constitue, dans les faits, une &lt;i&gt;&#233;ducation permanente &#224; la politique&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si, dans la cit&#233; d&#233;mocratique antique, n'importe quel citoyen tir&#233; au sort pouvait s'acquitter de mani&#232;re f&#233;conde de la charge particuli&#232;re qui lui &#233;tait &#233;chue (pour un an, en g&#233;n&#233;ral), c'est parce que ce m&#234;me citoyen quidam avait &#233;t&#233; pr&#233;alablement form&#233; &#224; la chose publique par une participation en principe &lt;i&gt;hebdomadaire&lt;/i&gt; &#224; l'Assembl&#233;e (&lt;i&gt;ecclesia&lt;/i&gt;). &#192; en croire le t&#233;moignage d'Aristote dans la &lt;i&gt;Constitution des Ath&#233;niens&lt;/i&gt;, l'Assembl&#233;e se r&#233;unissait quatre fois par prytanie, c'est-&#224;-dire environ une fois par semaine. L'ordre du jour de chacune de ces quatre assembl&#233;es &#233;tait d&#233;fini &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; sous forme d'un cadre g&#233;n&#233;ral, ensuite &#171; rempli &#187; de demandes particuli&#232;res pour chaque assembl&#233;e. Par exemple, lors de la premi&#232;re s&#233;ance mensuelle de l'Assembl&#233;e, on d&#233;lib&#233;rait sur des questions relatives &#224; l'approvisionnement et &#224; la d&#233;fense du pays et on confirmait les magistrats dans leurs fonctions. La seconde s&#233;ance &#233;tait r&#233;serv&#233;e aux suppliques, qu'elles concernent des affaires priv&#233;es ou publiques. Les deux derni&#232;res &#233;taient consacr&#233;es &#224; trois affaires relatives &#224; la cit&#233;, trois &#224; la religion et trois aux h&#233;rauts et ambassadeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On comprend donc que les citoyens qui s'impliquaient raisonnablement dans la vie politique, en participant r&#233;guli&#232;rement aux s&#233;ances de l'Assembl&#233;e, acqu&#233;raient une expertise politique certaine au fil des ans et de la multiplicit&#233; des affaires sur lesquelles ils avaient eu &#224; d&#233;lib&#233;rer et &#224; voter. Bien plus, comme le r&#233;sume Castoriadis, &#171; faire de la politique, &#224; Ath&#232;nes, c'&#233;tait faire de la philosophie en acte &#187;. Car se demander si tel projet de loi &#233;tait juste, tel projet d'urbanisme beau, revient forc&#233;ment aussi &#224; s'interroger sur ce que sont le juste et le beau, consid&#233;r&#233;s en eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aujourd'hui, on devrait donc d&#233;multiplier les dispositifs d&#233;lib&#233;ratifs impliquant directement les citoyens sur le temps long, &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles politiques, en s'inspirant par exemple des cadres &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; ath&#233;niens. Pourquoi le Parlement ne pourrait-il pas mettre &#224; son agenda une assembl&#233;e populaire d&#233;lib&#233;rative, portant, chaque premi&#232;re semaine du mois, sur les questions de solidarit&#233; sociale (s&#233;curit&#233; sociale et retraite) ; la seconde, sur les questions &#233;cologiques et &#233;nerg&#233;tiques ; la troisi&#232;me, sur les questions relatives &#224; la sant&#233; publique et &#224; la justice ; la quatri&#232;me sur les questions relatives &#224; l'enseignement et &#224; la culture, qui sont les piliers &#171; non-marchands &#187; sur lesquels nous devrions collectivement veiller en priorit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De plus, il faudrait leur accorder une force contraignante. En effet, trop souvent de telles assembl&#233;es dites participatives sont purement consultatives. Les &#233;lus en font ce qu'ils veulent, voire, ils s'en servent pour renforcer leurs propres d&#233;cisions. Il serait donc int&#233;ressant de d&#233;multiplier des initiatives comme celle du Parlement de la communaut&#233; germanophone en Belgique, qui, dans un d&#233;cret dat&#233; de 2019, s'est dot&#233; d'un Conseil citoyen permanent, dont les membres sont tir&#233;s au sort. Ce Conseil &#171; peut initier des assembl&#233;es citoyennes ponctuelles, dont les membres sont &#233;galement tir&#233;s au sort, et qui ont pour mission de d&#233;lib&#233;rer et de formuler des recommandations sur un sujet particulier que le conseil citoyen leur a soumis. Au terme des d&#233;lib&#233;rations, les recommandations &#233;mises sont discut&#233;es de fa&#231;on conjointe entre, d'une part, les membres de l'assembl&#233;e citoyenne et d'autre part, les membres de la commission parlementaire en charge de la mati&#232;re concern&#233;e et le(s) ministre(s) comp&#233;tent(s). Les recommandations sont cens&#233;es &#234;tre suivies par des mesures adopt&#233;es par le Parlement ou par le Gouvernement de la communaut&#233; germanophone&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Christophe Niessen et Min Reuchamps, &#171; le dialogue citoyen permanent en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S'il serait int&#233;ressant d'introduire de tels conseils ou assembl&#233;es au sein des &#233;coles, surtout dans l'enseignement secondaire sup&#233;rieur, afin d'exercer les capacit&#233;s r&#233;flexives, dialogiques et d&#233;lib&#233;ratives des &#233;l&#232;ves, les instaurer &#224; l'&#233;cole primaire, voire, d&#232;s la maternelle, me semble relever d'une dangereuse illusion. Dans le mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral, force est de constater que l'adultification des enfants a pour corollaire l'infantilisation des adultes, dans une vis&#233;e commune de leur formatage en consommateurs, et non de leur r&#233;elle autonomisation de citoyens critiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est pourquoi un troisi&#232;me enseignement ou &#171; indice de possibilit&#233; &#187; du projet d'autonomie que l'&#233;tude de la Gr&#232;ce ancienne peut nous fournir, concerne la n&#233;cessit&#233; &lt;i&gt;d'&#233;duquer &#224; l'autonomie et de parvenir &#224; int&#233;grer le conflit comme &#233;l&#233;ment moteur de la vie de la soci&#233;t&#233;, et ce d&#232;s la fin de l'adolescence&lt;/i&gt;. J'ai abord&#233; cette question dans la derni&#232;re partie du livre, intitul&#233;e &#171; pour une &lt;i&gt;paideia&lt;/i&gt; d&#233;mocratique permanente dans des institutions agonistiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophie Klimis, Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Outre l'&#233;ducation permanente &#224; la politique constitu&#233;e par la participation adulte citoyenne &#224; l'Assembl&#233;e, j'y ai &#233;voqu&#233; les possibles prolongements contemporains &#224; l'&#233;tude que j'ai consacr&#233;e au r&#244;le &#171; &#233;ducatif &#187; de la trag&#233;die dans la cit&#233; ath&#233;nienne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., pp. 309-336, la partie intitul&#233;e &#171; la trag&#233;die ath&#233;nienne : une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Rappelons que Castoriadis accorde une grande attention &#224; l'&#233;tude de la trag&#233;die ath&#233;nienne, qu'il n'h&#233;site pas &#224; consid&#233;rer comme &#233;tant une &lt;i&gt;institution politique&lt;/i&gt; de la cit&#233; d&#233;mocratique. Plus pr&#233;cis&#233;ment, il en fait une institution d'autolimitation, tout comme la &lt;i&gt;graph&#232; para nom&#244;n&lt;/i&gt;, qu'on pourrait traduire par &#171; accusation d'ill&#233;galit&#233; &#187;. L'autolimitation est en effet le compl&#233;ment n&#233;cessaire (et trop souvent oubli&#233; de nos jours) de l'autonomie. Si le collectif citoyen peut se donner &#224; lui-m&#234;me l'ensemble de son institution, c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;cr&#233;er&lt;/i&gt; ses lois, mais aussi ses valeurs et ses finalit&#233;s, il doit, en parall&#232;le, donner des balises &#224; ce processus d'autocr&#233;ation. Les membres d'une soci&#233;t&#233; autonome doivent donc se donner &#224; eux-m&#234;mes leurs propres limites collectives, puisque ces derni&#232;res ne peuvent pas leur &#234;tre impos&#233;es comme de l'ext&#233;rieur, en r&#233;f&#233;rence &#224; une entit&#233; transcendante pos&#233;e comme garante ultime des significations, ce qui est le cas dans les soci&#233;t&#233;s h&#233;t&#233;ronomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, s'il d&#233;taille toutes les &#233;tapes du fonctionnement de la &lt;i&gt;graph&#232; para nom&#244;n&lt;/i&gt;, Castoriadis, de fa&#231;on tr&#232;s &#233;tonnante, ne dit rien du contexte institutionnel dans lequel s'inscrivaient les performances de trag&#233;dies, &#224; savoir les Grandes Dionysies d'Ath&#232;nes. Ce r&#244;le d'autolimitation que jouerait la trag&#233;die dans la vie politique ath&#233;nienne, il le d&#233;crypte uniquement &#224; partir d'une analyse tr&#232;s classique des textes tragiques, c'est-&#224;-dire qu'il le circonscrit au seul &lt;i&gt;sens des fictions tragiques&lt;/i&gt;. Par exemple, il consid&#232;re que l'&lt;i&gt;Antigone&lt;/i&gt; de Sophocle est &#171; la &#187; trag&#233;die par excellence de la d&#233;mocratie, car elle d&#233;voile, &lt;i&gt;via&lt;/i&gt; les personnages oppos&#233;s et compl&#233;mentaires de Cr&#233;on et d'Antigone, que l'&lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; r&#233;side dans l'incapacit&#233; &#224; s'autolimiter, d'une part, et d'autre part, dans le &lt;i&gt;monos phronein&lt;/i&gt; : dans le fait de croire qu'on peut avoir raison seul, alors que la sagesse pratique (la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;), ne peut &#234;tre que le r&#233;sultat d'une d&#233;lib&#233;ration collective, o&#249; l'on apprend &#224; pouvoir &#171; entendre &#171; (dans tous les sens du terme) et &#224; &#171; tisser ensemble &#187;, selon une m&#233;taphore du ch&#339;ur, des points de vue divergents, voire contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est pourquoi j'ai pour ma part tent&#233; de d&#233;velopper l'intuition de Castoriadis, en essayant de montrer en quoi les Grandes Dionysies pouvaient &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme une institution politico-rituelle d'autolimitation en un sens bien sp&#233;cifique, qui n'a rien &#224; voir avec le th&#233;ologico-politique tel que nous l'entendons aujourd'hui. Ce faisant, j'ai aussi essay&#233; de r&#233;pondre &#224; une question lanc&#233;e incidemment dans &lt;i&gt;l'Institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, mais toujours rest&#233;e sans r&#233;ponse : &#171; que serait le symbolisme institutionnel d'une soci&#233;t&#233; autonome ? &#187; En m'appuyant sur divers travaux d'anthropologues de la Gr&#232;ce ancienne (qui se concentrent quant &#224; eux le plus souvent sur l'aspect rituel du festival et des trag&#233;dies, en laissant &#224; l'arri&#232;re-plan la question politique), j'ai tent&#233; de montrer comment le dispositif institutionnel cr&#233;ait une mise en abyme de ce qui &#233;tait repr&#233;sent&#233; dans les fictions tragiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais le plus important, totalement ignor&#233; par Castoriadis, concerne &#224; mon sens le fait que les ch&#339;urs tragiques &#233;taient compos&#233;s de citoyens et non d'acteurs professionnels. Selon certaines sources, ces citoyens &#233;taient exempt&#233;s de toutes leurs charges militaires et politiques pendant la dur&#233;e des r&#233;p&#233;titions et jusqu'&#224; la performance finale, soit durant une ann&#233;e. Comment comprendre cette exemption autrement qu'en consid&#233;rant que chanter et danser dans un ch&#339;ur de trag&#233;die, &#224; Ath&#232;nes, &#233;taient des formes de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt; politique &#224; part enti&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'ai tent&#233; de d&#233;velopper toutes les implications de cette hypoth&#232;se, en l'associant aussi au fait que plusieurs sources qualifient les po&#232;tes tragiques &#171; d'&#233;ducateurs des citoyens. &#187; Les po&#232;tes &#233;taient leurs propres metteurs en sc&#232;ne et instruisaient donc eux-m&#234;mes leurs ch&#339;urs. Or, il ne s'agissait pas l&#224; simplement de faire apprendre une chor&#233;graphie et de v&#233;rifier la bonne m&#233;morisation d'un texte chant&#233;, mais bien d'une v&#233;ritable initiation aux multiples facettes de soi, plac&#233;e sous le signe de Dionysos, le dieu de la coexistence des contraires. Rappelons en effet que les personnages jou&#233;s par les ch&#339;urs &#233;taient le plus souvent ceux de femmes, d'esclaves et d'&#233;trangers, soit des figures &lt;i&gt;d'anti-citoyens&lt;/i&gt;. Nous pouvons donc nous demander quelles pouvaient &#234;tre les cons&#233;quences pour des citoyens de chanter, de se lamenter, de crier comme des femmes, devant toute la cit&#233; r&#233;unie au th&#233;&#226;tre : int&#233;grer/accepter la part f&#233;minine de leur psych&#233; ? Renforcer leur identit&#233; de citoyen-m&#226;le en passant par un &#233;tat d'ali&#233;nation identitaire transitoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, un commentateur am&#233;ricain, John Winkler, a &#233;mis dans les ann&#233;es 1990 l'hypoth&#232;se selon laquelle le ch&#339;ur tragique aurait plus sp&#233;cifiquement &#233;t&#233; compos&#233; d'&#233;ph&#232;bes, c'est-&#224;-dire de jeunes gens ayant atteint leur majorit&#233; politique (dix-huit ans), mais contraints de faire un service militaire de deux ans avant d'&#234;tre pleinement int&#233;gr&#233;s au corps civique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;WinklerJ. John, &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in Nothing to do (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La performance tragique aurait ainsi constitu&#233; pour ces jeunes hommes une sorte de &lt;i&gt;rite d'initiation civique&lt;/i&gt;. Quoi qu'il en soit de la composition du ch&#339;ur, il est &#224; mon sens certain que cette &#233;ducation/formation tragique mobilisait de mani&#232;re in&#233;dite aussi bien le corps, que les parties de l'&#226;me dites irrationnelles (l'&lt;i&gt;&#233;pithumia&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;thumos&lt;/i&gt;), dans une vis&#233;e d'apprentissage de la sagesse pratique (&lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;). Ce qui explique la critique ac&#233;r&#233;e de Platon &#224; l'&#233;gard de la &lt;i&gt;mim&#232;sis&lt;/i&gt; mobilis&#233;e dans l'&#233;ducation des gardiens de la cit&#233; imagin&#233;e dans la &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;. Et plus, g&#233;n&#233;ralement, ceci nous met sur la piste d'une guerre des &#233;ducateurs &#224; Ath&#232;nes, entre les po&#232;tes tragiques, comiques, les sophistes et les philosophes, qui doit constituer le cadre &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt; &#224; partir duquel envisager le geste d'institution de la diff&#233;rence philosophique par Platon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est pourquoi j'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; l'importance que pourrait avoir, aujourd'hui, l'invention de tels rituels civiques, adress&#233;s &#224; toute la population ou sp&#233;cifiquement &#224; la jeunesse, tout en &#233;tant consciente du caract&#232;re quasi-inaudible d'une telle proposition, dans un contexte o&#249; nous avons surtout en t&#234;te les grands mouvements de propagande li&#233;s aux totalitarismes (des jeunesses hitl&#233;riennes aux grandes manifestations festives sovi&#233;tiques). Dans tous ces cas, il s'est agi d'un formatage id&#233;ologique, ancr&#233; aussi bien dans les corps que dans les &#226;mes. Le pari, risqu&#233;, de la &lt;i&gt;paideia&lt;/i&gt; tragique, est au contraire celui d'une formation &#224; la critique, c'est-&#224;-dire &#224; la mise en question du sens commun institu&#233; et &#224; la cr&#233;ation collective de nouvelles significations. J'ai trouv&#233; des incarnations d'une telle vis&#233;e dans le projet de r&#233;activer l'engagement citoyen du ch&#339;ur aujourd'hui par la dramaturge allemande Claudia Bosse dans une performance bas&#233;e sur &lt;i&gt;Les Perses&lt;/i&gt; d'Eschyle &#224; Gen&#232;ve en 2006 ; dans les diff&#233;rentes initiatives adress&#233;es aux jeunes par le dramaturge franco-libanais Wajdi Mouawad,depuis le projet &#171; Avoir 20 ans en 2015 &#187;, jusqu'au &#171; Colloque Jeunesse &#187; tenu en 2019 au th&#233;&#226;tre de la Colline &#224; Paris ; ou encore dans le projet suisse &#171; d'universit&#233; nomade de la culture &#187; baptis&#233; &lt;i&gt;La Marmite&lt;/i&gt;, initi&#233; par Mathieu Menghini, o&#249; les diff&#233;rents groupes se r&#233;unissent en ch&#339;urs au niveau cantonal &#224; la fin de leur parcours culturel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir https://www.youtube.com/watch?v=0TrMitPJ5k4,https://www.youtube.com/watch?v&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'ai interagi avec chacun de ces projets &#224; diff&#233;rents titres : en tant que conseill&#232;re dramaturgique du projet de Claudia Bosse en 2006&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://www.theatercombinat.com/projekte/perser/perser_genf_fr.htm&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; en ayant rencontr&#233; Wajdi Mouawad lors d'une activit&#233; de m&#233;diation culturelle &#224; la Com&#233;die de Gen&#232;ve en 2011 et r&#233;dig&#233; en 2014 un article sur son &lt;i&gt;Projet Sophocle&lt;/i&gt;, compl&#233;mentaire au projet &lt;i&gt;Avoir 20 ans en 2015&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; en tant que &#171; marraine &#187; du projet, et &#171; intellectuelle &#187; ayant rencontr&#233; le groupe Monte Verit&#224; sur le th&#232;me &#171; faire communaut&#233; &#187; en 2020 pour &lt;i&gt;la Marmite&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;http://lamarmite.org/team/sophie-klimis/ethttp://lamarmite.org/evenements/les-co&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En ces temps de pand&#233;mie, o&#249; les th&#233;&#226;tres et tous les lieux de culture ont &#233;t&#233; ferm&#233;s pendant plus d'une ann&#233;e, o&#249; nos gouvernements nous ont donc interdit tant de &#171; vivre dans le beau au quotidien &#187; que de &#171; philosopher ensemble sans rel&#226;che &#187;, en nous privant de ces &#171; communs &#187; fondamentaux &#224; notre humanit&#233;, il faut le redire avec force : les pratiques artistiques jouent un r&#244;le central dans l'universalisme politique en faveur duquel Castoriadis n'aura eu de cesse de s'engager. Il n'y aura pas de relance possible du projet d'autonomie dans un monde sans culture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;Sur le&lt;/i&gt; Politique &lt;i&gt;de Platon&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1999, p. 71, cit&#233; dans Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis. De la soci&#233;t&#233; capitaliste &#224; la soci&#233;t&#233; ath&#233;nienne&lt;/i&gt;, Paris, Presses universitaires de Paris Nanterre, 2020, p. 53.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;Histoire et cr&#233;ation. Textes philosophiques in&#233;dits (1945-1947)&lt;/i&gt;, textes r&#233;unis, pr&#233;sent&#233;s et annot&#233;s par Nicolas Poirier, Paris, Seuil, 2009, p. 25, cit&#233; dans Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit.,&lt;/i&gt; p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis,&lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 1975. Pour rappel, ce livre est compos&#233; de deux parties r&#233;dig&#233;es &#224; quinze ans d'intervalle. La premi&#232;re reprend le texte &#171; Marxisme et th&#233;orie r&#233;volutionnaire &#187;, publi&#233; dans la revue &lt;i&gt;Socialisme ou Barbarie&lt;/i&gt; d'avril 1964 &#224; juin 1965, qui est lui-m&#234;me une version amplifi&#233;e d'une &#171; Note sur la philosophie et la th&#233;orie marxiste de l'histoire &#187; diffus&#233;e &#224; l'int&#233;rieur du groupe &lt;i&gt;S ou B&lt;/i&gt; en 1959. Il s'agit d'une critique forte du marxisme, qui signe l'adieu d&#233;finitif de Castoriadis. La seconde partie intitul&#233;e &#171; L'imaginaire social et l'institution &#187; d&#233;veloppe les id&#233;es-m&#232;res de Castoriadis sur le social-historique, le &lt;i&gt;legein&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;teukhein&lt;/i&gt;, la &lt;i&gt;psych&#232;&lt;/i&gt; et les significations imaginaires sociales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit.&lt;/i&gt;, pp. 5-6, cit&#233; dans Sophie Klimis,&lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit.,&lt;/i&gt; pp. 47-48.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;, op. cit&lt;/i&gt;., pp. 203-211. Castoriadis identifie cette logique ensembliste-identitaire comme &#233;tant &#171; &#224; la racine de toutes les antinomies de l'attitude contemplative-sp&#233;culative &#187; et il l'oppose explicitement &#224; ce que serait &#171; une logique de la &lt;i&gt;cr&#233;ation&lt;/i&gt; &#187; in &lt;i&gt;Histoire et cr&#233;ation&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 230. La logique ensembliste-identitaire se caract&#233;rise par le fait que tous ses &#233;l&#233;ments sont pos&#233;s comme distincts et d&#233;finis, conform&#233;ment au principe de la d&#233;termination. Les deux affirmations centrales sur lesquelles cette logique repose sont donc que &#171; &#234;tre, c'est &#234;tre quelque chose de d&#233;termin&#233; &#187; et &#171; parler, c'est dire quelque chose de d&#233;termin&#233; au sujet de l'&#234;tre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Suzi Adams (eds), &lt;i&gt;Castoriadis. Key concepts&lt;/i&gt;, Londres/New York, Bloomsbury, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;tienne Balibar, &lt;i&gt;Des universels : essais et conf&#233;rences&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les expressions entre guillemets sont de Castoriadis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pierre Ponchon, &#171; Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Philosophie antique&lt;/i&gt; [En ligne], Comptes rendus en pr&#233;-publication, mis en ligne le 30 avril 2021, consult&#233; le 26 mai 2021. URL : &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/philosant/4225&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://journals.openedition.org/philosant/4225&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sophie Klimis, &#171; un processus sans fondement &#187; et &#171; la d&#233;mocratie, institution permanente d'une forme de vie &#187; in &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit.,&lt;/i&gt; pp. 231-292.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Thucydide, &lt;i&gt;La Guerre du P&#233;loponn&#232;se&lt;/i&gt;, II, 37, 2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., II, 49, 1. Ma traduction, voir Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit&lt;/i&gt;., p. 274. Castoriadis traduit quant &#224; lui : &#171; nous vivons dans et par l'amour du beau [&#8230;] nous philocalons &#224; bon march&#233; et nous philosophons sans mollesse. &#187; in &lt;i&gt;La cit&#233; et les lois. Ce qui fait la Gr&#232;ce.2&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2008, pp. 164-166.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;Domaines de l'Homme&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1986,p. 306, cit&#233; dans Sophie Klimis, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p.292.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;I. Polis, op. cit&lt;/i&gt;., pp. 394-400.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 394.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 401-413.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 353-375.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 375-392.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 356-364, la partie intitul&#233;e &#171; d&#233;mocratie forme de vie &lt;i&gt;versus&lt;/i&gt; d&#233;mocratie-r&#233;gime : une fausse antinomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;D'Hom&#232;re &#224; H&#233;raclite. Ce qui fait la Gr&#232;ce. 1&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2004, p. 59.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;David Van Reybrouck, &lt;i&gt;Contre les &#233;lections&lt;/i&gt;, Paris, Babel, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Christophe Niessen et Min Reuchamps, &#171; le dialogue citoyen permanent en Communaut&#233; germanophone &#187;, in &lt;i&gt;Courrier hebdomadaire du Crisp&lt;/i&gt;, 2019/21, n&#176;2426, pp. 5-38 :&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2019-21-page-5.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-courrier-hebdomadaire-du-crisp-2019-21-page-5.htm&lt;/a&gt;, cit&#233; dans Sophie Klimis,&lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit&lt;/i&gt;., p. 415.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit&lt;/i&gt;., pp. 413-418.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., pp. 309-336, la partie intitul&#233;e &#171; la trag&#233;die ath&#233;nienne : une institution politique d'autolimitation &#187; et plus particuli&#232;rement les pp. 320-336, le sous-chapitre intitul&#233; &#171; Les Grandes Dionysies d'Ath&#232;nes : un imaginaire d&#233;mocratique en performance. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;WinklerJ. John, &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in &lt;i&gt;Nothing to do with Dionysos ? Athenian Drama in its Social Context&lt;/i&gt;, &#233;d. Winkler J. John et Zeitlin Froma, Princeton, Princeton Univ. Press, 1990, pp. 20-62.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; Voir &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=0TrMitPJ5k4&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=0TrMitPJ5k4&lt;/a&gt;,&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=bvirXpz9Nj0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=bvirXpz9Nj0&lt;/a&gt;, et &lt;a href=&#034;https://www.colline.fr/publics/etudiants-et-jeunes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.colline.fr/publics/etudiants-et-jeunes&lt;/a&gt;, lamarmite.org, cit&#233;s dans Sophie Klimis, &lt;i&gt;Le penser en travail. Castoriadis et le labyrinthe de la cr&#233;ation humaine. I. Polis, op. cit&lt;/i&gt;., pp. 416-417.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.theatercombinat.com/projekte/perser/perser_genf_fr.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.theatercombinat.com/projekte/perser/perser_genf_fr.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-tumultes-2014-1-page-123.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;https://www.cairn.info/revue-tumultes-2014-1-page-123.htm&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://lamarmite.org/team/sophie-klimis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lamarmite.org/team/sophie-klimis/&lt;/a&gt;et&lt;a href=&#034;http://lamarmite.org/evenements/les-conferences-populaires/sophie-klimis-2020/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://lamarmite.org/evenements/les-conferences-populaires/sophie-klimis-2020/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pr&#233;sentation de la collection &#171; Le libre jeu des plis &#187;
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article3121</link>
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		<dc:date>2025-03-04T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
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		<description>
&lt;p&gt;Collection &#171; Le libre jeu des plis &#187; Le titre de cette nouvelle collection de recherche-cr&#233;ation condense l'insaisis&#173;sable matrice des sens du rythme. Dans son &#233;tude pion&#173;ni&#232;re sur &#171; La notion de &#8220;rythme&#8221; dans son expression linguistique &#187;, &#201;mile Benveniste faisait r&#233;f&#233;rence au &#171; p&#233;plos qu'on arrange &#224; son gr&#233; &#187; afin de donner &#224; entendre ce que signifiait la notion de rhuthmos chez les Grecs avant que Platon ne la r&#233;ifie en cadence : la &#171; forme improvis&#233;e, momentan&#233;e, modifiable &#187;, la &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique106" rel="directory"&gt;Collection Le libre jeu des plis
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p align=&#034;center&#034; style=&#034;text-align:center&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:24px;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Aptos&#034;,&#034;sans-serif&#034;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;Collection &#171; Le libre jeu des plis &#187;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034; style=&#034;text-align:center&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p align=&#034;center&#034; style=&#034;text-align:center&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:12pt&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Aptos&#034;,&#034;sans-serif&#034;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;Le titre de cette nouvelle collection de recherche-cr&#233;ation condense l'insaisis&#173;sable matrice des sens du rythme. Dans son &#233;tude pion&#173;ni&#232;re sur &lt;i&gt;&#171; La notion de &#8220;rythme&#8221; dans son expression linguistique &#187;&lt;/i&gt;, &#201;mile Benveniste faisait r&#233;f&#233;rence au &#171; p&#233;plos qu'on arrange &#224; son gr&#233; &#187; afin de donner &#224; entendre ce que signifiait la notion de &lt;i&gt;rhuthmos&lt;/i&gt; chez les Grecs avant que Platon ne la r&#233;ifie en cadence : la &#171; forme improvis&#233;e, momentan&#233;e, modifiable &#187;, la &#171; mani&#173;&#232;re particuli&#232;re de fluer &#187; des &#171; dispositions ou des configurations sans fixit&#233; ni n&#233;cessit&#233; naturelle et r&#233;sul&#173;tant d'un arrangement toujours sujet &#224; changer &#187;.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Aptos&#034;,&#034;sans-serif&#034;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;Avant lui, Friedrich Nietzsche avait termin&#233; sa c&#233;l&#232;bre conf&#233;rence sur &lt;i&gt;Le drame musical&lt;/i&gt; grec par une r&#233;f&#233;rence en apparence accessoire au &#171; libre jeu des plis &#187; du costume de sc&#232;ne introduit par Eschyle. Si ce n'est qu'il poursuivait en affirmant que &#171; le drame musical grec est pour tout l'art antique un tel libre jeu des plis : avec lui on voit d&#233;pass&#233; tout ce qui entravait, tout ce qui isolait les diff&#233;rents arts [&#8230;] contrainte, et pourtant gr&#226;ce, diversit&#233; et pourtant unit&#233;, nombre d'arts hautement actifs &lt;i&gt;et pourtant une seule &#339;uvr&lt;/i&gt;e &lt;i&gt;d'art&lt;/i&gt; &#187;. Autant dire que la trag&#233;die ath&#233;nienne fut pour Nietzche le &lt;i&gt;rhuthmos&lt;/i&gt; par excellence : une forme ondoyante conjoignant tous les contraires. Un &lt;i&gt;oxymoron&lt;/i&gt; vivant, incarn&#233; dans les corps des acteurs, mais aussi et surtout dans ceux des choreutes chantant et dansant.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p style=&#034;text-align:justify&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-size:16px;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Aptos&#034;,&#034;sans-serif&#034;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;La vis&#233;e indissociablement politique et esth&#233;tique de cette collection, enracin&#233;e dans l'antiquit&#233; grecque pour permettre l'invention de nouveaux possibles, est ainsi de cr&#233;er un espace d'expression libre, dans un monde o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme expirant nous confronte &#224; tous les exc&#232;s : virtualisation croissante de nos existences, d&#233;ni de notre fragilit&#233;, immortalit&#233; fantasm&#233;e, appropriation et destruction de tout le vivant, r&#233;duction de la complexit&#233; de l'humain &#224; de l'intellect d&#233;sincarn&#233; ou &#224; la pure mat&#233;rialit&#233; d'un corps sans &#226;me.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&#034;font-size:12pt&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Aptos&#034;,&#034;sans-serif&#034;&#034;&gt;&lt;span style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;&lt;i&gt;Les manuscrits sont &#224; envoyer uniquement par courriel (format WORD, 12 Times new roman) &#224; l'adresse suivante : &lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;a href='mailto:sophie.klimis@uclouvain.be' style=&#034;color:#467886; text-decoration:underline&#034;&gt;&lt;span lang=&#034;FR&#034; style=&#034;font-family:&#034;Times New Roman&#034;,&#034;serif&#034;&#034;&gt;sophie.klimis@uclouvain.be&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La musicalit&#233; s&#233;mantique du penser-po&#232;me grec. Pour une eid&#233;tique du prattein-poiein dans le langage
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1516</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1516</guid>
		<dc:date>2015-04-03T10:12:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans P. Caumi&#232;res et al. (&#233;d.), Castoriadis et les Grecs, Cahiers Castoriadis n&#176; 5, Presses univ. Saint-Louis, Bruxelles, 2010, pp. 173-244. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le mettre en ligne ici. Logos, Kairos, Koin&#244;nia, Polis et Psych&#232; sont les cinq fils d'Ariane que Castoriadis avait choisis pour tisser la coh&#233;rence non syst&#233;matique de son &#339;uvre ouverte, Les carrefours du labyrinthe. D&#232;s lors, il est frappant de constater la pr&#233;sence d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans P. Caumi&#232;res et al. (&#233;d.)&lt;/i&gt;, Castoriadis et les Grecs, Cahiers Castoriadis n&#176; 5, &lt;i&gt;Presses univ. Saint-Louis, Bruxelles, 2010, pp. 173-244. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le mettre en ligne ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2500 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/pdf/sophie_klimis_castoriadis_poie_sis.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 4.3 Mio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779450480' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Logos, Kairos, Koin&#244;nia, Polis&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Psych&#232; &lt;/i&gt; sont les cinq fils d'Ariane que Castoriadis avait choisis pour tisser la coh&#233;rence non syst&#233;matique de son &#339;uvre ouverte, &lt;i&gt;Les carrefours du labyrinthe&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, il est frappant de constater la pr&#233;sence d'un hapax dans le sixi&#232;me et dernier volume posthume. &lt;i&gt;Poi&#232;sis&lt;/i&gt;, la &#171; po&#233;sie &#187;, toujours &#224; entendre selon son sens premier de &#171; production &#187;, donc, comme &lt;i&gt;cr&#233;ation&lt;/i&gt; po&#233;tique, fait son apparition dans les &lt;i&gt;Figures du pensable&lt;/i&gt;. Bien qu'il s'agisse d'une initiative des &#233;diteurs, la remarque selon laquelle &#171; Notes sur quelques moyens de la po&#233;sie &#187; &#8211; le second des textes repris sous &lt;i&gt;Poi&#232;sis&lt;/i&gt;, qui va ici nous int&#233;resser &#8211; &#171; est en gestation depuis presque vingt ans &#187;, me semble justifier que l'on accorde &#224; la r&#233;flexion de Castoriadis sur la po&#233;sie la m&#234;me valeur fondatrice pour sa pens&#233;e que celles qui s'appuient sur la philosophie, les math&#233;matiques, la politique, l'&#233;conomie ou encore la psychanalyse. D&#232;s lors, je voudrais ici chercher &#224; comprendre ce qui fait l'originalit&#233; des vues de Castoriadis sur la po&#233;sie, ainsi que la mani&#232;re dont cet &#171; objet &#187; vient occuper une place sp&#233;cifique dans sa configuration g&#233;n&#233;rale de pens&#233;e. [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rhythm as self-creation of the subject
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1509</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1509</guid>
		<dc:date>2015-03-17T22:17:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans Arno B&#246;hler, Christian Herzog, Alice Pechriggl (Hg.), Korporale Performanz, Zur bedeutungsgenerierenden Dimension des Leibes, Bielefeld, Transcript, 2013, S. 87-106. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. To introduce my speech, I must make three preliminary methodological remarks. The first is that I will express myself in English, which is neither my mother tongue, nor yours. As I have never lived in an English-speaking (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Pour une &#233;thique et une politique du rythme
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans Arno B&#246;hler, Christian Herzog, Alice Pechriggl (Hg.),&lt;/i&gt; Korporale Performanz, Zur bedeutungsgenerierenden Dimension des Leibes, &lt;i&gt;Bielefeld, Transcript, 2013, S. 87-106. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2446 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/pdf/sophie_klimis_korporale_performanz.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 253.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779450480' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;To introduce my speech, I must make three preliminary methodological remarks. The first is that I will express myself in English, which is neither my mother tongue, nor yours. As I have never lived in an English-speaking country, I do not speak English fluently. This confronts us with the general problem of the use of &#8220;Globish&#8221;, which implies the reduction of a speech to its &#8220;content&#8221; or &#8220;message.&#8221; We may often forget, but there is a strong metaphysical concept regarding the relationship between language, things, and thought underlying &#8220;Globish communication.&#8221; This metaphysics of language postulates that words are signs for things (considered as absent referents), and that language is only a tool, the &#8220;dress&#8221; of thought, as the Anglo-Irish philosopher George Berkeley put it. Accordingly, there would be no &#8220;loss&#8221; of semantic content when expressing oneself in one language or another, as the very same things of the world or contents of thought would be indicated in both cases. [...]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>From modernity to neoliberalism : what human subject ?
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1162</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1162</guid>
		<dc:date>2014-04-05T09:17:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans I. S. Straume &amp; G. Baruchello (eds.), Creation, Rationality and Autonomy, Essays on Cornelius Castoriadis, K&#248;benhavn, Nordiskt Sommaruniversitet Press, 2013, p. 133-158. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. Introduction &#8220;What democracy ?&#8221; is the provocative title Castoriadis had chosen for a paper he presented at Cerisy-la-Salle in 1990 (Castoriadis, 2007d : 118-150) . Whilst the planetary triumph of democracy was (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Pour une &#233;thique et une politique du rythme
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Ego cogitans is homo computans&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;1. Ego cogitans is homo computans&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Modernity, capitalism, neoliberalism : one and the same social-historical eidos ?&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;2. Modernity, capitalism, neoliberalism : one and the same social-historical eidos ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. The neoliberal individual : not a subject anymore but the oxymoron of a social monadic psyche ?&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;3. The neoliberal individual : not a subject anymore but the oxymoron of a social (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. The antinomy between the desire for autonomy and the desire for money&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;4. The antinomy between the desire for autonomy and the desire for money&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliography&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;Bibliography&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans I. S. Straume &amp; G. Baruchello (eds.),&lt;/i&gt; Creation, Rationality and Autonomy, Essays on Cornelius Castoriadis, &lt;i&gt;K&#248;benhavn, Nordiskt Sommaruniversitet Press, 2013, p. 133-158. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &#8220;What democracy ?&#8221; is the provocative title Castoriadis had chosen for a paper he presented at Cerisy-la-Salle in 1990 (Castoriadis, 2007d : 118-150)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I am indebted to Helen Arnold, Ingerid Straume and Giorgio Barucello for (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Whilst the planetary triumph of democracy was celebrated in the mass media as well as by many intellectuals, Castoriadis was questioning its mere possibility. To him, democracy should tie in its etymological sense : democracy is the power (&lt;i&gt;kratos&lt;/i&gt;) of the people (&lt;i&gt;demos&lt;/i&gt;). To put it in other words, democracy is the regime of autonomy. A democratic collectivity institutes itself creating its own laws (&lt;i&gt;auto-nomos&lt;/i&gt;), values, social institutions and collective aims, without any reference to any kind of transcendence. This autonomous and democratic collectivity is also characterized by self-limitation : the people are totally responsible for themselves and must create their own principles of limitation, as nothing is limiting their power from the outside. As democracy is autonomous, self-instituted and self-governed (based on the direct participation and self-organization of the people), a representative democracy is not any more democratic for Castoriadis. Does this mean that the only democracy that has ever existed was the Athenian &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; ? The answer is no. The Athenians &lt;i&gt;invented&lt;/i&gt; democracy, but Castoriadis has stressed several times the fact that the Athenian &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt; is not a model but a germ (Castoriadis, 1997 : 267-289 and 2004, 35-64). Democracy understood as a dynamic project of autonomy has been revived several times by the Moderns : in the 11th and 12th centuries in Western Europe, and thereafter especially in periods such as the Enlightenment, the American and the French revolutions, the Paris Commune, the working class' struggles in the 19th and 20th centuries, or May 68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
However, Castoriadis' diagnosis of the contemporary situation is very pessimistic. According to him, the so-called &#8216;democracies' in contemporary Western capitalist societies are in fact liberal oligarchies : they are &#8220;oligarchies because they are dominated by a specific stratum of people, liberal because that stratum consents a number of negative or defensive liberties to citizens&#8221; (2007d : 126). &#8220;Generalized conformism&#8221; is the only content of those &#8216;opened' societies, characterized by the reproduction of the same in the economy, politics as well as in culture (2007d : 126). This reproduction of the same is due to the general application of two norms : &#8220;one is the hierarchical-bureaucratic norm within those huge organizations of all sorts (be they productive, administrative, educational or cultural) in which most people spend their lives. The other is the norm of money, wherever today's pseudo-marketplace setups prevail&#8221; (2007d : 126-127). The liberal societies are therefore &#8220;fragmented bureaucratic capitalist societies&#8221; (2007d : 127), in which the project of autonomy keeps disappearing. Castoriadis gives several reasons for that &#8216;eclipse', but I would like to emphasize one of them : the collective project of autonomy is disappearing because autonomy is no longer &lt;i&gt;desired&lt;/i&gt; by the contemporary capitalist individuals.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#8220;What human subject ?&#8221; is therefore the question I have chosen to explore in the present paper, echoing Castoriadis'question about democracy. Indeed, the democratic project of autonomy connects inextricably the individuals and the collective : &#8220;one cannot want autonomy without wanting it for everyone and its realization cannot be conceived of in its full scope except as a collective enterprise&#8221; (Castoriadis, 1987 : 107). This Castoriadian statement could sound like a vicious circle : an autonomous society presupposes autonomous individuals and autonomous individuals can only appear in societies that promote autonomy. But for Castoriadis, the circle is fruitful : individuals create themselves as autonomous while struggling for the creation of an autonomous society. In the &lt;i&gt;Imaginary Institution of Society&lt;/i&gt;, Castoriadis calls this autonomous individual a &lt;i&gt;subject&lt;/i&gt; : &#8220;but just what is this subject ? [&#8230;] It is certainly not the point-like ego of the &#8216;I think'. It is not the subject as pure activity, possessing no constraints, no inertia, this will o' the wisp of subjectivist philosophers [&#8230;]&#8221; (1987 : 105). The autonomous &#8216;subject' Castoriadis has in mind is obviously not the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
But what is its positive definition ? What are the essential differences but also the possible connections between the &#8216;true' autonomous subject which Castoriadis is praising for, the classical Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; and the capitalist individual ? If contemporary capitalist societies are not autonomous anymore, what could revive the capitalist individual's desire for self-transforming into an autonomous subject ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
These are the three issues that I propose to consider in this paper. In its first part, I will present Castoriadis'critique of the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;, in order to show how he defines the &#8216;true' autonomous subject by contrast. Secondly, I will examine if modernity, capitalism and neoliberalism have to be considered as three different types of society, or as one and the same society altering itself through time.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;From now on, I will call contemporary capitalism &#8216;neoliberalism', in order (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Indeed, we must first consider the collective level, if we want to understand the specific links and the differences between the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;, the neoliberal individual and the autonomous subject. In the third and last part of this paper, I will extend Castoriadis'analysis of the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; and of the contemporary individual to its paradoxical consequences. As a conclusion, I will bring out the antinomy of desire for money and desire for autonomy, with the help of Aristotle's analysis of money.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. &lt;i&gt;Ego cogitans&lt;/i&gt; is &lt;i&gt;homo computans&lt;/i&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;From Castoriadis' point of view, the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; is not true subjectivity but only its &#8216;ghost' because of four reasons : its artificial solipsism ; the narrowness of its so-called rationality, in fact limited to instrumental rationality ; its lack of self-reflexivity, in fact limited to self-referentiality and its unawareness of the fact that its ideal of pure rationality is a product of the imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Let us consider first the charge of artificial solipsism : Forgetting that he is in the world with others, the Cartesian &lt;i&gt;cogito&lt;/i&gt; is presented by Castoriadis as &#8220; [&#8230;]) a pure gaze, the naked capacity for evoking something, setting it at a distance, a spark outside of time [&#8230;] &#8221; (Castoriadis, 1987 : 105). On the contrary, Castoriadis states that the fundamental truth, forgotten by all subjectivist philosophies, is that &#8220;in the subject as subject, we find the non-subject&#8221; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;In the subject there is, to be sure, as one of its moments &#8216;that which can never become an object', inalienable freedom, the always present possibility of redirecting the gaze, of abstracting from any particular content, of bracketing everything, including oneself, except inasmuch as the self is this capacity that springs forth as presence and absolute proximity at the very moment it places itself at a distance from itself. However, this moment is abstract, empty ; it never has and never will produce anything other than the silent and useless self-evidence of the &lt;i&gt;cogito sum&lt;/i&gt;, the immediate certainty of existing as a thinking substance, which cannot legitimately express itself through language. For once even unpronounced speech makes a first opening, the world and others infiltrate from every direction &#8230; (Castoriadis 1987 : 105-106).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;In the &#8216;content' of the thought, others are always present, because of the impossibility of thinking outside of language, which for Castoriadis is the first and most fundamental social institution. Furthermore, the support of this union of the subject and the non-subject within the subject, of this articulation of the self and the others, is the body :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;It is because it &#8216;forgets' this concrete structure of the subject that traditional philosophy, the narcisissism of consciousness fascinated by its own naked forms, reduces to the level of the conditions of servitude both the other and corporeality. And it is because it wants to base itself on the pure freedom of a fictive subject that it condemns itself to rediscover the alienation of the actual subject as an insoluble problem. (Castoriadis 1987 : 106)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Therefore the &#8216;true' subject is not the abstract, absolute and monadic subjectivity created by modern philosophy, but &#8220;the actual subject traversed through and through by the world and by others&#8221; (1987 : 106). This &#8216;true' embodied subject is also characterized as the active and lucid instance constantly organizing the contents of its activity of thinking, with the help of those contents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
We may now turn to the second Castoriadian charge against the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;. Whereas the Moderns are proud of their supposedly extremely developed rationality and rationalization of all fields of life and being, Castoriadis considers modern rationality to be limited, in fact, to instrumental rationality. The rationality in which modern societies have placed their trust is &#8220;&#8230;simply a matter of &lt;i&gt;form&lt;/i&gt;, externally necessary connections, the perpetual dominance of the syllogism&#8221; (1987 : 156). In Castoriadis' view, this kind of instrumental &#8216;rationality' may be attributed even to a bacterium and more generally to any living being : &#8220;the living being discriminates, separates, chooses, identifies, works with classes, properties and relations [&#8230;] there is recognition of forms, there is always the &#8216;if&#8230;then' syllogistic schema&#8221; (Castoriadis, 2002 : 91). As a result, the living being shapes the world as &#8216;its' world, that is to say as a world in which it can live, preserving itself (Castoriadis, 1997b : 306-307). Castoriadis therefore calls the living being a &#8216;&lt;i&gt;pour soi&lt;/i&gt;' (for-itself), and states four levels of &lt;i&gt;pour soi&lt;/i&gt; : the living being, the psyche, the social individual and society (Castoriadis, 2002 : 57). Each is characterized by the ability to calculate and perform instrumental reasoning of the &#8216;if&#8230;then' type.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
As each &lt;i&gt;pour soi&lt;/i&gt; is characterized by self-finality, it is important to stress, with Castoriadis, that this implies self-referentiality (2002 : 104). Self-referentiality is therefore not the same as self-reflexivity, and is not specific of human subjectivity. Castoriadis takes the example of the immune system of an organism (2002 : 104) :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;There is constantly the essential presence of reckoning, of calculation, of computation. But there is also self-referentiality : the immune system is able to distinguish the self from the non-self and to act consequently. Because this system cannot exist without this capacity, some diseases, called precisely auto-immune, appear when this capacity collapses and when the cells of the immune system attack the self, not recognizing it anymore. More generally, if any system is endowed with the property of self-finality, self-referentiality is necessary implied.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;All translations of Castoriadis' texts that have not yet been translated (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;While increasing the scope of &lt;i&gt;pour soi&lt;/i&gt; even to bacteria and stating that rationality and calculation are not specific of human beings, Castoriadis challenges the whole philosophical tradition of modernity, including Freud himself :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Freudian consciousness is first characterized by reasoning and calculation [...] This definition of reason or subjectivity has very ancient philosophical legitimacy : for Hegel, even apart from considering the subjectivity, &#8220;reason is operation in accordance with a goal&#8221;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis, 2002 : 104. Footnote 3 says Castoriadis is quoting the Preface (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; It is teleological logic then. Hobbes had already defined reasoning as reckoning and in his &lt;i&gt;Ars Combinatoria&lt;/i&gt;, Leibniz praised Hobbes for having seen that the activity of the reasoning subject is nothing else than reckoning [...] this confusion is to be avoided because calculating supposes ensidical operations [...] and is to be found wherever &lt;i&gt;pour soi&lt;/i&gt; is involved. (Castoriadis 2002 : 103-104)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;I would like to emphasize this third point in Castoriadis' criticism of the modern subject. Self-finality and self-preservation through calculating rationality exist for all living beings. The only specific human characteristic is &lt;i&gt;self-reflexivity understood as self-transformation&lt;/i&gt;. In order to fully understand this statement, we must turn to the fourth and last Castoriadian charge against the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt;. In its perfect, mathematised and mechanized world, the Modern &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; does not see that &#8220;&#8230;in the syllogisms of modern life, the premises borrow their contents from the imaginary&#8230;&#8221; (Castoriadis, 1987 : 156). Moreover, the ideal of rationality is in fact an &#8216;obsession with rationality'. Castoriadis speaks therefore of a &#8221;pseudo-rationality &#8221; (Castoriadis, 1987 : 156) : &#8221;&#8230;arbitrary in its ultimate ends to the extent that these ends themselves stem from no reason, and it is arbitrary when it posits itself as an end, intending nothing but a formal and empty &#8216;rationalization'. In this aspect of its existence, the modern world is in the throes of a systematic delirium&#8230;&#8221; (Castoriadis, 1987 : 156). The autonomization and development of technique for itself, no longer &#8216;in the service' of any other ascribable aim (such as greater happiness or education or free time for all mankind), is for Castoriadis its most immediately perceptible and most directly threatening form. Modern rationality therefore seems not only to be criticized by Castoriadis, but unmasked as an insane,&#8211;that is, exceeding certain limits &#8211;, product of the imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
To put an end to this first section, we could of course &#8216;critique the critique'. In many ways, Castoriadis'portrait of the Cartesian &lt;i&gt;ego&lt;/i&gt; seems exaggerated, if not caricatural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Many scholars have studied the importance (even paradoxical) of the body, others and madness in Descartes'works. Moreover, the critique of Modern rationality (of its intrinsic irrationalism and violence) is due to Horkheimer and Adorno, whose work has influenced Castoriadis. However, it seems to me that Castoriadis'views are original and thought-provoking for the following reasons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Firstly, his critique of the Modern subject challenges the commonplace according to which the subject is a Modern invention and did not exist in the Ancient world. Indeed, the &#8216;true' subject is for Castoriadis the autonomous one, inherited from the Greeks, as the Moderns have inherited the Greek inventions of philosophy &#8211; defined as never-ending questioning &#8211; and democracy &#8211; defined as a society supported by itself, responsible for the invention of its own institutions. Castoriadis considers therefore the project of autonomy as a specific characteristic not of modernity but of the Greek-Western world. The autonomous subject he praises is a self-reflecting one, capable of transforming himself by thinking and acting deliberately. The &#8216;true' subject is never done, but &#8216;to be done'. It is self-creating as a reflexive and deliberate subjectivity, because challenging the laws of its own existence (the laws of Nature as well as the laws of Society). For instance, from a Castoriadian point of view, Socrates and his interlocutors, as well as the contemporary psychoanalyst and the analysand, may be viewed as subjects, because they have undertaken the project of transforming themselves, which is never-ending.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Secondly, Castoriadis' caricature of the Modern subject seems to aim at emphasizing the ambivalent power of imagination in the constitution of the subject. On the one hand, Castoriadis considers Descartes as a typical representative of what he calls &#8220;inherited ontology&#8221; : the whole philosophical tradition since Plato has missed the comprehension of imagination as &lt;i&gt;vis formandi, &lt;/i&gt;creation &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt; of new forms of being, i.e. the capacity of creating a form which was not there before (Castoriadis, 2007c : 72). Indeed, in his &lt;i&gt;Metaphysical Meditations&lt;/i&gt;, Descartes explicitely reduces imagination to the recombination of pre-existing elements and contrasts the clarity of reason with the deceptive power of imagination. In his correspondence with Mersenne, Descartes also writes that only two things are conceived without the use of imagination : the certitude of the &lt;i&gt;cogito&lt;/i&gt; and of the idea of God. For those reasons, it is important for Castoriadis to show that the &lt;i&gt;cogito&lt;/i&gt; and the general ideal of a pure reason are &lt;i&gt;creations of a theoretical imaginary&lt;/i&gt;, as all major philosophical concepts (Castoriadis, 1984 : xx-xxiii). The irony of the Castoriadian critique therefore aims at showing that the so-called self-reflexive &lt;i&gt;cogito&lt;/i&gt; is unable to reflect on its true foundation. This seems to me to deepen and to increase the critique of Modern rationality made by the Frankfurt School.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On the other hand, what characterizes the human being is to be a &#8220;mad animal&#8221; says Castoriadis, ironically inverting the Aristotelian definition of human as a &#8220;rational animal&#8221; (Castoriadis, 1987 : 299). This &#8216;lunacy' refers to the defunctionalized processes of the &lt;i&gt;psyche &lt;/i&gt;in relation to their biological substratum : the &lt;i&gt;psyche&lt;/i&gt; of a human being doesn't function essentially to protect the body and to reproduce the species. Human beings can neglect their biological needs to death, as the extreme examples of the &lt;i&gt;infans&lt;/i&gt;' anorexia or the philosopher's lucid suicide demonstrate (Castoriadis : 2002, 86). Instead of shouting to call the breast, the &lt;i&gt;infans&lt;/i&gt; can phantasize it and be satisfied with that phantasm. Socrates prefered to die than to disobey the laws of Athens, in order to maintain the coherence and unity of his life and philosophical principles. This human &#8216;lunacy' is due to the over-development of the human imagination, which originates in the first state of the psyche, which Castoriadis calls the &#8220;monadic core of primal subject&#8221;. This monadic core is characterised as a continuous and unending flow of representations where the &lt;i&gt;infans&lt;/i&gt; and the world, &#8216;its' representation, desire, affect and intention are one and the same (Castoriadis, 1987 : 294-300). This monadic core will be transformed into a social individual by the action of society (socialization by the mother). Nevertherless, a rest of this monadic core will continue to act in the depths of the psyche. Moreover, it will be partly responsible for all the most complex productions of human mind : it is the nostalgia for the primitive unity of this core, that will secretely guide the philosophers' or the scientists' desire for a unified and totally coherent system. Therefore Castoriadis emphasizes the fact that &#8220;the sperm of reason is also contained in the complete madness of the initial autism. [...] rather than being faithful to reason one betrays it, if one refuses to see in it something other than, of course, but &lt;i&gt;also&lt;/i&gt; an avatar of the madness of unification&#8221; (1987 : 299).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
As a consequence of this specificity, the self-creation of the true subject originates in the imagination, as imagination is the condition of possibility of both reflexivity and deliberate action. Indeed, reflexivity is the result of an imaginative internal split : &#8220;the possibility of making the self's own activity its explicit object, apart from any functionality&#8221; (Castoriadis, 2002 : 106-107). Deliberate action is &#8220;the possibility for a human being to put the results of his process of reflection into the relays conditioning his acts [&#8230;] or in other words : will or deliberate activity is the reflexive dimension of what we are as imaginative beings&#8221; (2002 : 113).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Modernity, capitalism, neoliberalism : one and the same social-historical &lt;i&gt;eidos &lt;/i&gt; ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Now that we have described Castoriadis' criticism of &#8216;modern subjectivity', and what is &#8216;true subjectivity' for him, we may go on with the question of the relationship between these two representations of subjectivity and the Castoriadian analysis of the capitalist and neoliberal individuals. As announced in the introduction, this presupposes to wonder whether modernity, capitalism and neoliberalism may be considered as one and the same society self-transforming through time. Or rather, when talking about &#8216;modernity', &#8216;capitalism' and &#8216;neoliberalism' from a Castoriadian point of view, we are talking about a specific mode of being, which is the &lt;i&gt;social-historical&lt;/i&gt; one&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Criticizing what he calls &#8220;inherited ontology&#8221;, Castoriadis created this expression to signify that, in the field of human affairs (Aristotle's &lt;i&gt;ta anthr&#244;pina&lt;/i&gt;), history is not merely a dimension of society : history &lt;i&gt;is&lt;/i&gt; the self-deployment of society within time :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;It is ... impossible to maintain an intrinsic distinction between the social and the historical [...] The social &lt;i&gt;is&lt;/i&gt; this very thing &#8211; self-alteration, and it is nothing if it is not this. The social makes itself and can make itself only as history ; the social makes itself as temporality [...] [and] it is instituted implicitly as a singular quality of temporality. In the same way, it is not that history &#8216;presupposes' society [...]. The historical &lt;i&gt;is&lt;/i&gt; this very thing &#8212; the self-alteration of this specific mode of &#8216;coexistence' that is the social as such [...]. The historical makes itself and can do so only as social ; the historical is [...] the emergence of the institution and the emergence of &lt;i&gt;another &lt;/i&gt;institution. (Castoriadis, 1987 : 215)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;More precisely, history is the self-alteration of society in a process of creation and destruction of forms. These forms Castoriadis calls &lt;i&gt;eid&#232;&lt;/i&gt;. This is not an innocent terminological choice : from the point of view of the inherited ontology, creation and destruction of an &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; is impossible, unthinkable (Castoriadis, 2007f : 225). As the &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; provides specificity &#8211; in the sense of what is proper and common to all individuals of the same species &#8211; it is supposed to be eternal (uncreated and immortal). Furthermore, inherited ontology conceives&#8220;being as being-determined, beingness as determinacy&#8221; (Castoriadis, 1987, 221). This interpretation of being is coextensive with inherited logic, which Castoriadis calls &#8220;identitary logic and also [&#8230;] set-theoretical logic&#8221; (Castoriadis, 1987 : 221). Acknowledged since Plato and Aristotle (as principles of identity and non-contradiction), this logic is based on two main operations : &#8220;&lt;i&gt;legein&lt;/i&gt; : distinguish-choose-posit-assemble-count-speak&#8221; (1987 : 223) and &#8220;&lt;i&gt;teukhein&lt;/i&gt; : assembling-adjusting-fabricating-constructing&#8221; (1987 : 260). According to Castoriadis, this inherited logic does not make creation thinkable at all, because it restricts processes of creation and destruction to recomposition and decomposition of pre-existing elements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
In opposition to this static &#8216;inherited' conception of being, Castoriadis highlights that the social-historical mode of being is &lt;i&gt;essentially dynamic&lt;/i&gt;. He is there referring to the creation of a primary &lt;i&gt;eidos &lt;/i&gt;&#8211; the fact that society creates itself as society &#8211; which patterns itself in specific modes for each society, creating and articulating secondary &lt;i&gt;eid&#232;&lt;/i&gt; : a magma of social-imaginary significations, specific institutions, social aims, and also specific affects (Castoriadis, 2007c : 73-87 and Klimis, 2010). One of the most original aspects of Castoriadis' analysis of societies as social-historical forms (&lt;i&gt;eid&#232;&lt;/i&gt;) is his demonstration of the importance of the social imaginary significations (1987 : 135-164). According to Castoriadis, a society is not reductible to a functional role. In order to aim at perpetuating itself, a society must first define what is meaningful for itself. Creating and instituting its own imaginary significations, &#8220;Thus, each social-historical form is truly and genuinely singular ; it possesses an essential, not numerical or combinatorial, singularity [&#8230;]&#8221; (2007f : 225). Those significations are not created by individuals, but by an anonymous and collective imaginary. These imaginary significations (such as God, Nation, the Market, etc.) provide the true foundation of each society.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Castoriadis challenges Marx, contending that the imaginary significations (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; They materialize in political institutions, guide the social ends and give rise to specific affects in order to support them.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
This singular dynamics of a social-historical &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; seems to me to be considered as its &lt;i&gt;rhythm&lt;/i&gt;, just as Castoriadis (2007c : 75) speaks about &lt;i&gt;tempi&lt;/i&gt;, &#8220;pulsating processes&#8221; in which phases of creation of forms alternate with phases of destruction of forms (without any hidden principle of progress, nor decadence). When talking about &#8220;rhythm&#8221;, I am more precisely referring to the pre-Platonic meaning of the Greek term &lt;i&gt;ruthmos&lt;/i&gt; : self-deployment of a moving form, which is synonymous to self-creation of an &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;See Benv&#233;niste's (1966) pioneering study on the Greek notion of ruthmos, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; This, I postulate, helps us to perceive the radicality of the Castoriadian idea of creation &#8211; irreducible to the laws of causation. With &#8216;rhythmicity', we don't speak of a combination of pre-existing and static elements, but of modulations that &lt;i&gt;are&lt;/i&gt; the process of self-transforming of the social-historical &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt;. Therefore, talking about the rhythmicity of the&lt;i&gt; eidos&lt;/i&gt; of modernity allows us to consider the question of its singularity, through the main &lt;i&gt;eidetic modulations&lt;/i&gt; of Enlightenment, capitalism and neoliberalism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
The most accurate way is to pay closer attention to the relationship between what Castoriadis considers to be the two main imaginary significations of modernity : the unlimited expansion of &#8220;so-called rationality&#8221; (the so-called rational mastery of everything), and the &#8220; revival of the project of autonomy&#8221; (the challenging of the established order) (Castoriadis, 1987 : 156-164 ; 1996b : 129-131).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Within a first rhythmic modulation, it seems that something like a &#8216;swinging harmony', or even a &#8216;discordant harmony'&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I am thinking of the palintropos harmoni&#232; in Heraclitus's fragment 51 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; is attained through the interaction of those two contradictory imaginary significations. For centuries and especially during the Enlightenment, one could say that the imaginary signification of autonomy guided the expansion of instrumental rationality. For example, according to both Descartes' enthusiastic account of medical progress in the &lt;i&gt;Discours de la M&#233;thode&lt;/i&gt; and Diderot's &lt;i&gt;Encyclopedia&lt;/i&gt;, more technical progress would lead to more freedom and happiness for all human beings. What has often been called &#8216;the first phase of capitalism' also fits into this dynamic. Castoriadis stresses the fact that the workers'struggle for emancipation enabled the expansion of capitalism : the tendency for capitalism, during the first half of the 19th century, was toward impoverishment and overproduction (Castoriadis, 2007b : 68). The struggles of the working class thwarted these tendencies, &#8220;&#8230;imposing wage increments and shorter working hours, creating enormous domestic consumer markets, and preventing capitalism from drowning in its own wares.&#8221; (2007b : 68). Castoriadis also describes the Schumpeterian &#8216;entrepreneur', who he considers as the only human type created by capitalism, in a rather positive way : &#8220;a person having a passion for creating this new historical institution, the enterprise, and for constantly expanding it, introducing new technical complexes and new methods in an attempt to penetrate the market&#8221; (Castoriadis, 1996a : 68). So we could see the Schumpeterian &#8216;entrepreneur' as a variation on modern subjectivity, stressing instrumental rationality but not totally apart from the project of autonomy : this &#8216;entrepreneur' was searching for and wanting more and more progress in science and knowledge, that is to say, somehow, more freedom for himself and for others.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
But little by little, within a second rhythmic modulation, the expanding rational mastery spread to &#8216;everything', nature as well as human beings. Unlimited expansion of technology became an aim in itself, to the detriment of the project of autonomy. Castoriadis therefore notes the disappearance of the ideal and vision of &#8216;progress', leaving only the empty form of &#8220;more and more for its own sake&#8221; (2007d : 149). Belief in the progress of &#8216;technoscience' for its own sake resembles the ancient religious beliefs : nobody seems able to question it. New &#8216;opium of the masses', the expansion of &#8216;technoscience' is furthermore a mere pretext for the vacuity of the whole system (2007d : 149). Castoriadis notes the limitations of this type of rationality, that will never be more than the rationality of a system of means, aiming at the unlimited expansion of production, itself necessarily subordinated to the unlimited expansion of consumption. Therefore, the unlimited expansion of consumption seems to be the final aim of capitalism, which is absurd : &#8220;everything that may be invented is invented, everything that may be produced is produced, the corresponding 'needs' will be invented afterwards&#8221; (Castoriadis, 1996a : 71). So neoliberal society has without any doubt become a heteronomous one, subordinate to imaginary significations such as &#8216;market' or &#8216;economic growth'. Castoriadis' diagnosis is therefore that Western societies are not democratic, but, rather, masked oligarchies. Furthermore, in Castoriadis' view, these &#8216;oligarchies' are about much more than a few men's will to power. It is about the general denial of mortality in our civilization (1996a : 71 and 2007d : 149-50).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. The neoliberal individual : not a subject anymore but the &lt;i&gt;oxymoron&lt;/i&gt; of a social monadic psyche ? &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;We still have to make a step forward to end our reasoning. We have to bring out the specificity of the relationship between the &#8216;individual' and &#8216;society' in contemporary neoliberalism. Following Castoriadis' analyses in different texts, it is possible to reconstruct the portrait of a new anthropological type, whose characteristics seem to be as follows. His general identificatory model is &#8220;the individual who earns as much as possible and enjoys himself as much as possible. Earning money is disconnected from any social function and even from any legitimization within the system : you don't earn money because of your worth : rather, you have worth because you earn money&#8221; (Castoriadis, 1996b : 131). So enjoying oneself becomes the only criterion for a successful life, which means that everybody is trying to avoid any kind of frustration. This leads to a strange kind of &#8216;education'. In neoliberal societies, parents seem not to educate their children anymore : &lt;i&gt;they do not give them any sense of limitation, which means that they do not socialize them&lt;/i&gt;. From a concrete example, the fact of giving presents to every child at a birthday party, Castoriadis shows how parents are constantly trying to deny frustration (1996b : 133). This also means that parents invalidate the &lt;i&gt;devenir signifiant&lt;/i&gt; of the present and the pleasure which characterizes it. Without any frustration, there is no more fantasizing (&#8216;phantasmatisation') of the absent object, no imaginary compensation for its absence. Therefore, there is also no more sublimation, no more investment in collective significations, nor any possibility of developing any autonomous and singular creation. The message these parents implicitly convey to their children is : &#8220;enjoy yourself, the rest is not important&#8221; (1996b : 133).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
For Castoriadis, this paradoxical &#8216;education' is the sign of the denial of death : in neoliberal societies, there can be no more bereavement nor mourning rituals. The accumulation of gadgets and presents at every minute is a way of masking the horror of death (2007d : 149), which is no longer symbolically elaborated in rituals, tales, etc. And this tendency continues in adult life : doing a job which is most of the time not invested as socially useful, only wanting to earn as much money as possible, trying to enjoy oneself as much as possible, wanting to stay young and fit forever, jogging to forget that death is near (1996b : 134).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis does not say so explicitly, but these characteristics of the neoliberal individual remind us remarkably of his descriptions of the monadic core of the primal subject : self-centered, all-powerful, asocial and antisocial, always searching for pleasure and satisfaction, trying to destroy or incorporate within itself everything from the outside world (Castoriadis, 1987, 294-300 and Klimis, 2007). But on the other hand, the most important characteristic of this monadic core, unlimited activity of the imagination, seems to be missing. So we are led to a crucial question : does the neoliberal society create individuals that are social &lt;i&gt;analoga&lt;/i&gt; of the monadic psyche ? This sounds paradoxical : how could a &#8216;society' possibly be made up of monadic psyches, disconnected from each other, self-centered, orientated only towards their own pleasure ? That would mean that instead of creating individuals assuring their own reproduction, this society creates individuals who are logically going to try to destroy the social institution itself. And yet, that is what neoliberal society is actually doing !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Has this society produced a kind of individual that resembles the monadic psyche, but which, &lt;i&gt;being&lt;/i&gt; &lt;i&gt;a social creation&lt;/i&gt;, is not able to reactivate the imaginative potential of that monad ? Does this mean that our society does not provide for its individuals socialization but dehumanization ? We must remember that Castoriadis describes the monadic psyche as a little &#8216;monster' that becomes human only through education and through the limits imposed on its unlimited imaginative activity by the parents, representing society (1987 : 297-308). As time goes by, the &#8216;monster' becomes a &#8216;social individual' while accepting those social limitations : &#8220;But hate of the ego goes on living in the psychical depths, almost silently&#8221; (2007&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : 156). Hatred for this &#8216;social individual' which the monadic nucleus sees a dangerous stranger (2007&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : 156). According to Castoriadis, hatred is therefore the most original affect of the human &lt;i&gt;psyche&lt;/i&gt;, because hatred is the reactivation of the all-powerful state of the monadic psyche. Hatred is the innate tendency of the monad to destroy everything that prevents it from enjoying itself. Therefore, if society raises its individuals as &#8216;social-monadic' ones, this can only encourage hatred. And this cannot lead to anything but social self-destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
I therefore propose to consider the power that accompanies the unlimited expansion of instrumental rationality as the expression of the triumph of the monadic psyche, which has succeeded in subverting the process of socialization from within. This would be the last, tragic characteristic of the ambivalent power of human beings' imaginary : instead of aiming at creating imaginary significations, their defunctionalized imagination would have led them to adore the nonsense. Instead of aiming at reproducing themselves like all other living beings, their defunctionalized imagination would have led them to construct societies that aim at destroying themselves. Castoriadis gives us evidence for this thesis, saying that the capitalist system has survived only because of anthropological types inherited from other phases of society : &#8216;the honest judge', &#8216;the devoted teacher', &#8216;the conscientious worker' (Castoriadis, 1996a : 68). Because they believed in values such as honesty, integrity, responsibility, state service etc., those &#8216;types' did their jobs well, and helped capitalist society to stay well. But when the only value is money, Castoriadis asks, what prevents a judge from putting up his judgement for auction ? (1996a : 68) The conclusion is : individuals living for money, which is the only capitalist value and aim, will not be able to keep their society alive for very long. Furthermore, for the first time in human history, a society, capitalist society, has produced a type of individuals that may lead not only to the destruction of &lt;i&gt;their&lt;/i&gt; society, but of &lt;i&gt;any form of society&lt;/i&gt; : capitalism has developed itself by irremediably depleting the planet's natural resources as well as the historical heritage created by previous ages and that it cannot reproduce (2007d : 146).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. The antinomy between the desire for autonomy and the desire for money&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;To complete our development, we must consider our last question : if the neoliberal society is not autonomous anymore, what is likely to revive its individuals' desire for autonomy ? In comparison with the Greeks, the most striking point of the &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; of the Western type society is the disappearance of the idea of &#8216;self-limitation'. This is certainly one of the main reasons why the project of autonomy has almost disappeared in neoliberal societies. In order to understand why there is a necessary link between autonomy and self-limitation for Castoriadis, let us first focus on the meaning of the Greek notion of &lt;i&gt;peras&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Peras&lt;/i&gt; is that which provides a limit, sketches a form, therefore it is that which enables the construction of an &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt;, that which makes things &lt;i&gt;thinkable&lt;/i&gt;. On the contrary, &lt;i&gt;a-peiron&lt;/i&gt; is that which is without limits. Therefore, it is that which can neither be apprehended, nor defined : &lt;i&gt;apeiron&lt;/i&gt; is the indeterminate, beyond, or beneath, human comprehension. In his seminar course on ancient Greece at EHESS, Castoriadis carefully studied the poetical and philosophical representations of &lt;i&gt;peras &lt;/i&gt;and &lt;i&gt;apeiron&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;khaos&lt;/i&gt; and &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt; (Castoriadis, 2004 : 171-201). He emphazised the fact that one of the &#8216;truths' contained in the Greek myths is to represent &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt; emerging from &lt;i&gt;khaos&lt;/i&gt; and forever grounded on &lt;i&gt;khaos&lt;/i&gt;, as in Hesiod's &lt;i&gt;Theogony&lt;/i&gt;. Anaximander inherited this poetical representation, stating that &lt;i&gt;apeiron&lt;/i&gt; was the first principle and origin of the &lt;i&gt;kosmos&lt;/i&gt;. For Castoriadis, this means that the Greeks were conscious of this fundamental and universal truth : all significations are grounded on nonsense, and, insofar as they are imaginary creations, they are somehow nonsensical themselves (2004 : 167-169). The tragical dimension of the human condition will be constantly to confront &lt;i&gt;khaos&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;apeiron &lt;/i&gt;and nonsense, in an endless quest to create an orderly and meaningful world (&lt;i&gt;kosmos, peras&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Whenever he mentions the Athenian &lt;i&gt;polis&lt;/i&gt;, Castoriadis emphazises the importance of self-limitation for the self-creation and self-institution of democracy (1997 : 282-286 ; 2008 : 125-131). The Athenians had to limit themselves in order to be able to face their absolute power to invent their own laws, rules and institutions. That is the reason why they invented two main institutions of collective self-limitation : the &#8216;accusation of unlawfulness' (&lt;i&gt;graph&#232; paranom&#244;n&lt;/i&gt;) and tragedy. As every citizen could make a proposal of law at the Assembly (&lt;i&gt;ekklesia&lt;/i&gt;), every citizen could bring another before the court, accusing him of inducing people to vote for an unlawful law. The accused citizen was judged by a jury of citizens and he was acquitted or convicted. In the latter case, the law was annulled (1997 : 283). Athenian tragedy had the function to give to all citizens to see that Being is Chaos (1997 : 284). Tragedy also showed that &lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; was essentially due to the inhability to self-limit : &lt;i&gt;hubris&lt;/i&gt; is the transgression of a limit that was not pregiven. &lt;i&gt;Hubris&lt;/i&gt; is the error and failure of practical wisdom (&lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;). Therefore, the tragic imaginary representations revealed the necessary connection between individual and collective self-limitation. According to Castoriadis, self-limitation was therefore one of the main conditions of possibility of political freedom and autonomy for the Athenians.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
In contrast, from a modern point of view, any form of limitation is seen as an unbearable restriction or even as an attack on individual freedom. Therefore, the expansion of so-called &#8216;technological progress' as well as the expansion of the desire for money, show how dangerous these imaginary significations are, &lt;i&gt;because they destroy the meaning of limitation and promote what is without any limits &lt;/i&gt;(endless &#8216;progress', &#8216;endless' consumption). More precisely, the promotion of &lt;i&gt;apeiron&lt;/i&gt; for itself, through these neoliberal imaginary significations, appear to be self-destructive of what Castoriadis has called &#8216;human self-creation'.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;By &#8220;human self-creation&#8221;, Castoriadis means that human beings do not have (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
For a better understanding, let us go back to Aristotle's interpretation of the invention of money. In &lt;i&gt;Politics&lt;/i&gt;, Aristotle distinguishes between two sorts of &#8216;goods'. The natural goods, for example products from hunting or agriculture, are the ones providing true wealth &#8220;because the quantity of such goods sufficient for a happy life &lt;i&gt;is not unlimited&lt;/i&gt;&#8221; (1256b30-32, my emphasis). On the contrary, &#8220;another type of acquisition exists which is called chrematistic, because there seems to be &lt;i&gt;no limit&lt;/i&gt; to the wealth and the possession of such goods&#8221; (1256b41-1257a1). Natural goods allow the satisfaction of natural needs. Therefore they enable the perpetuation of life (&lt;i&gt;z&#232;n&lt;/i&gt;), understood in a biological sense, and also of what Castoriadis calls the ensemblist-identitary dimension of society. But those natural goods also lead to the good life (&lt;i&gt;euz&#232;n&lt;/i&gt;), that is : the true life of a human being actualizing his reason (&lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;) and his intellect (&lt;i&gt;no&#251;s&lt;/i&gt;), because those goods are subordinated to a measure, which is a &#8216;right measure'. Necessarily limited, the possession of such goods is a mere means, subordinated to the superior aim of the good life : an active life of deliberating, judging and deciding about political things ; or a contemplative life, trying to understand the principles and causes in every sphere of being.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On the contrary, &#8216;chrematistic' acquisition (money) alienates : it makes people desire &#8216;the unlimited' (&lt;i&gt;apeiron&lt;/i&gt;), because money becomes the final and only aim in human life, subverting all virtues : &#8220;but the aim of courage is not to make money but to make people brave, the aim of medicine is not to make money but to make people healthy again&#8221; (1258a10-14). For Aristotle, money is &#8220;against nature&#8221; in the strongest sense : &#8220;mere convention, absolutely unnatural&#8221; (1257b10-11) ; money is a symbolic substitute aimed at complexifying exchanges, while establishing an equivalence between things which are not naturally commensurable (the product of a shoe-maker's work and the product of an architect's work, for instance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Therefore, I think we may consider money as an invention &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt;, the invention of a measure which is a pure human creation. The invention of &#8216;money' is part of the process of the human self-creation. But, paradoxically, money makes human beings revert to an &lt;i&gt;analogon&lt;/i&gt; of their most &#8216;biological' life and move away from their &#8216;human' and good life. If money triggers the desire for what has no limits, it is because &#8220;men are intent upon living only (&lt;i&gt;z&#232;n&lt;/i&gt;), and not upon living well (&lt;i&gt;euz&#232;n&lt;/i&gt;) ; and, as their desires upon living are unlimited they also desire that the means of gratifying them should be without limit&#8221; (1257b40-1258a2). &#8220;Putting the finishing touches to what nature has created&#8221;, in a very weird way, the technical and symbolic invention of money, as &lt;i&gt;specifically human&lt;/i&gt;, is nevertheless what makes human beings behave &lt;i&gt;as if&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;I refer here to the Kantian als ob, precisely to show the contemporary (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; they were purely natural beings such as bacteria.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
To sum it up, money is &lt;i&gt;at the same time&lt;/i&gt; a human invention &lt;i&gt;ex nihilo&lt;/i&gt; which contributes to the human self-creation, &lt;i&gt;and &lt;/i&gt;that which may take human beings back to a most primary stage of living, artificially reconstructed (not even the animal one, but the microbian). &lt;i&gt;As endless&lt;/i&gt;, the desire for money is a regression. It is also contradictory to &#8216;true' humanity, because human self-creation is based on self-limitation. Therefore, if we are living &#8216;the tragedy of money' in real life today and not watching it at the theatre, that is because, as Aristotle had already understood, &lt;i&gt;money is, in its essence, tragic.&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#8220;Tragic&#8221; meaning here capable of bearing contradictory significations such (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Modern rationality has produced a society &#8211; the society we are now living in &#8211; which seems to aim at its own destruction, for the first time in human history. This is so for two reasons : first, if the final goal of this civilization is unlimited consumption, it would imply the destruction of Earth's natural resources, which are &lt;i&gt;not&lt;/i&gt; unlimited,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;and therefore the destruction of our planet itself. Second, because for the first time in history the education of neoliberal society produces individuals who do not aim at the perpetuation of society : nowadays, modern rationality has come to raise social &lt;i&gt;analogues&lt;/i&gt; of monadic psyches. However, the &#8216;social individual' implies precisely a radical transformation of the monadic psyche, through the action of society (i.e. socialisation). As a paradoxical result of the modern confusion between &lt;i&gt;ego cogitans&lt;/i&gt; and &lt;i&gt;homo computans&lt;/i&gt;, contemporary neoliberalism has done something far worse than teaching its individuals to return to their monadic status. It has created, from its collective imaginary, a monstrous kind of social individuals whose living root &#8212; imagination &#8212; has been drained off, and who resembles a kind of self-centred ghost. In a way, we may say that what Freud called the &#8216;death instinct' now makes our society go round.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
But since human affairs are not ruled by Fate, and because Freedom is our will, &lt;i&gt;this ought to be different&lt;/i&gt;. When speaking about &#8216;The' neoliberal society, I fall of course myself into the trap of metaphysical desire for unity and its monolithic kind of holism. Several rhythmical modulations work within our societies in contradictory directions. New values and new aims appear, calling for a sense of responsibility extending, like never before, to the entire Earth. We are challenged to invent new and creative ways of collective self-limitation. This involves inventing a new concept of &#8216;good life' for all human beings, extended to all living beings, where technological progress must be submitted to cosmo-political aims. The current financial crisis may be a chance, but only if we take it as an opportunity to deliberately modulate the &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; of our society in a new direction. All of this implies that we are still capable of both criticism and imagination. All of this implies that the project of a personal and collective autonomy is still in fuction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Therefore, the social-monadic &lt;i&gt;psyche&lt;/i&gt; itself is an ideal type, in the Weberian sense, or more precisely, what could be called a &#8216;theoretical fiction'.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;See Klimis (2007) on Castoriadian monadic psyche seen as a theoretical myth.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; No social-monadic &lt;i&gt;psyche&lt;/i&gt; exists as such in real life. When designing it, my purpose was to fix the dynamics of a social and psychic tendency, in order to be able to reflect upon it. In neocapitalist societies, we can observe the true and effective power of this tendency in individuals to be self-centred, all-mighty, searching always more instinctual satisfactions and pleasures, living only for the present moment. This means that society somehow fails to limit the desires of the monadic core that still remains in the depth of each psyche. More exactly, the failure of neoliberal societies is to refrain from limiting those desires, but on the contrary encourage them. Neoliberal societies do not provide any compensatory satisfaction to help the psyche to invest collective significations, as the unlimited desire for &#8216;money' is their only significance, aim, value, institution and even affect. So, as Castoriadis said, we are at a cross-roads : we have to decide in which direction we want to investigate the abyssal complexity of human self-creation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=197&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliography&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aristotelis (1957) &lt;i&gt;Politica&lt;/i&gt;, W.D. Ross (eds), Oxford University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Benv&#233;niste, Emile (1966) &#8220;La notion de rythme dans son expression linguistique&#8221;, in &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, I, pp. 327-335. Paris : Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1984), &lt;i&gt;Crossroads in the Labyrinth&lt;/i&gt;, translated by Kate Soper and Martin H. Ryle. Cambridge, Massachusetts : the MIT Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1987) &lt;i&gt;The Imaginary Institution of Society&lt;/i&gt;, translated by Kathleen Blamey. Cambridge, Massachusetts : the MIT Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1986) &#8220;Psychanalyse et soci&#233;t&#233; I&#8221;, in &lt;i&gt;Domaines de l'Homme. Les carrefours du labyrinthe&lt;/i&gt;, II, pp. 35-49. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1996a) &#8220;Le d&#233;labrement de l'Occident&#8221;, in &lt;i&gt;La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, IV&lt;/i&gt;, pp. 58-81&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1996b) &#8220;La crise du processus identificatoire&#8221;, in &lt;i&gt;La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, IV&lt;/i&gt;, pp. 125-139&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1997a) &#8216;The Greek &lt;i&gt;Polis&lt;/i&gt; and the Creation of Democracy', in &lt;i&gt;The Castoriadis Reader&lt;/i&gt;, ed. David Ames Curtis. Oxford : Blackwell Publishers, 267-289.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1997b), &#8216;The logic of Magmas and the Question of Autonomy' , in &lt;i&gt;The Castoriadis Reader&lt;/i&gt;, ed. David Ames Curtis. Oxford : Blackwell Publishers, 290-318.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2007a) &#8216;Aeschylean Anthropogony and Sophoclean Self-Creation', in&lt;i&gt; Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 1-20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2007b) &#8216;The &#8220;Rationality&#8221; of Capitalism', in &lt;i&gt;Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 47-70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (1999, 2007c) &#8216;Imaginary and Imagination at the Crossroads', in &lt;i&gt;Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 71-90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2007d) &#8216;What Democracy ?', in &lt;i&gt;Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 118-150.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2007&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) &#8216;The Psychical and Social Roots of Hate', in &lt;i&gt;Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 153-164.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2007f) &#8216;The Social-Historical : Mode of Being, Problems of Knowledge', in &lt;i&gt;Figures of the Thinkable, &lt;/i&gt;translated by Helen Arnold. Standford : Standford University Press, 223-235.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2002) &lt;i&gt;Sujet et v&#233;rit&#233; dans le monde social-historique. S&#233;minaires 1986-1987, La cr&#233;ation humaine&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;I&lt;/i&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2004) &lt;i&gt;Ce qui fait la Gr&#232;ce. 1. D'Hom&#232;re &#224; H&#233;raclite, S&#233;minaires 1982-1983, La cr&#233;ation humaine,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;II&lt;/i&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Castoriadis, Cornelius (2008) &lt;i&gt;Ce qui fait la Gr&#232;ce. 2. La cit&#233; et les lois, S&#233;minaires 1983-1984, La cr&#233;ation humaine, III&lt;/i&gt;. Paris : Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Hegel, Georg Wilhelm Friedrich (1807, 1941) &lt;i&gt;La Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit&lt;/i&gt;, trans. Jean Hippolyte. Paris : Aubier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Klimis, Sophie (2003) &lt;i&gt;Arch&#233;ologie du sujet tragique&lt;/i&gt;. Paris : Kim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Klimis, Sophie (2004) &#8220;Antigone et Cr&#233;on &#224; la lumi&#232;re du terrifiant/extraordinaire (&lt;i&gt;deinot&#232;s&lt;/i&gt;) de l'humanit&#233; tragique&#8221;, in Fran&#231;ois Ost and Lambros Couloubaritsis (eds.) &lt;i&gt;Antigone et la r&#233;sistance civile&lt;/i&gt;, 63-102. Bruxelles : Ousia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Klimis, Sophie (2006) &#8220;Explorer le labyrinthe imaginaire de la cr&#233;ation grecque : un projet en travail... &#8221;, in Sophie Klimis and Laurent Van Eynde (eds.) &lt;i&gt;L'imaginaire selon Castoriadis. Th&#232;mes et enjeux, Cahiers Castoriadis&lt;/i&gt;, 1, 9-46. Bruxelles : Publications des Facult&#233;s Universitaires Saint Louis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Klimis, Sophie (2007) &#8220;D&#233;crire l'irrepr&#233;sentable ou comment dire l'indicible originaire&#8221;, in Sophie Klimis and Laurent Van Eynde (eds.) &lt;i&gt;Psych&#233;. De la monade psychique au sujet autonome, Cahiers Castoriadis&lt;/i&gt;, 3, 25-54. Bruxelles : Publications des Facult&#233;s Universitaires Saint-Louis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Klimis, Sophie (2010) &#8220;Cr&#233;er un &lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt; du social-historique selon Castoriadis&#8221;, in Rapha&#235;l G&#233;ly and Laurent Van Eynde (eds.) &lt;i&gt;Affectivit&#233;, Imaginaire, Cr&#233;ation Sociale&lt;/i&gt;, 13-42. Bruxelles : Publications des Facult&#233;s Universitaires Saint-Louis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Meschonnic, Henri (1982) &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du langage&lt;/i&gt;. Paris : Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Meschonnic, Henri (1995) &lt;i&gt;Politique du rythme, politique du sujet&lt;/i&gt;. Paris : Verdier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Michon, Pascal (2007) &lt;i&gt;Les rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;&lt;/i&gt;. Paris : Les Prairies Ordinaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I am indebted to Helen Arnold, Ingerid Straume and Giorgio Barucello for carefully reading my paper. I thank them very much for their help with my English. I would also like to thank all the participants of the Nordic Summer University's summer session of July 2009 (and especially Isabelle Delcroix, Olivier Fressard and Stathis Gourgouris) as well as Alice Pechriggl for our friendly discussions and their constructive remarks about my paper.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;From now on, I will call contemporary capitalism &#8216;neoliberalism', in order to distinguish it from the first phase of capitalism.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;All translations of Castoriadis' texts that have not yet been translated into English are mine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Castoriadis, 2002 : 104. Footnote 3 says Castoriadis is quoting the &lt;i&gt;Preface&lt;/i&gt; of Hegel's &lt;i&gt;Phenomenology of Spirit&lt;/i&gt;, translated by Jean Hippolyte (1941 : 20).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Castoriadis challenges Marx, contending that the imaginary significations are the true sub-structures of society, rather than the modes of production.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;See Benv&#233;niste's (1966) pioneering study on the Greek notion of &lt;i&gt;ruthmos&lt;/i&gt;, followed by Meschonnic (1982 and 1995), showing the political-poetical &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; within rhythm. Pascal Michon (2007) has applied this concept of rhythm to the analysis of societies in a very thought-provoking way.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I am thinking of the &lt;i&gt;palintropos harmoni&#232; &lt;/i&gt;in Heraclitus's fragment 51 (Diels), discussed in Castoriadis 2004 : 235. Heraclitus is referring to the movement in two opposite directions when one is using a bow or a lyre. Castoriadis translates this expression by '&lt;i&gt;harmonie oscillante&lt;/i&gt;&lt;i&gt;'&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;By &#8220;human self-creation&#8221;, Castoriadis means that human beings do not have any pregiven &#8216;essence'. Their essence is to create themselves as human beings in creating what being human means to them (Castoriadis, 2007a : 16).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;I refer here to the Kantian &lt;i&gt;als ob&lt;/i&gt;, precisely to show the contemporary subversion of this creation of modern rationality and criticism.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#8220;Tragic&#8221; meaning here capable of bearing contradictory significations such as the famous Sophoclean &lt;i&gt;deinot&#232;s&lt;/i&gt; which characterizes human beings as &#8220;extraordinary and marvelous&#8221; but at the same time &#8220;terrible and dreadful&#8221; creatures. See Castoriadis (2007a) and also Klimis (2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;See Klimis (2007) on Castoriadian monadic psyche seen as a theoretical myth.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le souffle citoyen. Inventer le ch&#339;ur tragique au XXIe si&#232;cle
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1159</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1159</guid>
		<dc:date>2014-04-04T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une premi&#232;re version de cet article a paru sous le titre &#171; Traces d'&#233;ph&#233;m&#232;res, souffles citoyens &#187; dans le livret d'accompagnement du spectacle Les Perses d'Eschyle, Th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli, Gen&#232;ve, 2006, p. 211-215. Puis une seconde dans F. Fix et F. Toudoire-Surlapierre (dir.), Le ch&#339;ur dans le th&#233;&#226;tre contemporain (1970-2000), Dijon, &#201;ditions universitaires de Dijon, 2009, p. 101-110. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; la reproduire ici. On trouvera une vid&#233;o de la mise en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une premi&#232;re version de cet article a paru sous le titre &#171; Traces d'&#233;ph&#233;m&#232;res, souffles citoyens &#187; dans le livret d'accompagnement du spectacle&lt;/i&gt; Les Perses &lt;i&gt;d'Eschyle, Th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli, Gen&#232;ve, 2006, p. 211-215. Puis une seconde dans F. Fix et F. Toudoire-Surlapierre (dir.)&lt;/i&gt;, Le ch&#339;ur dans le th&#233;&#226;tre contemporain (1970-2000), Dijon, &#201;ditions universitaires de Dijon, 2009, p. 101-110. &lt;i&gt;Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; la reproduire ici. On trouvera une vid&#233;o de la mise en sc&#232;ne de Claudia Bosse &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1155' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=right&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'harmonie des &#226;mes soit compl&#232;te, il faut l'harmonie des respirations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'est-ce que la respiration, sinon le rythme de l'&#226;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que les gens se comprennent, il faut qu'ils marchent ou soient couch&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Marina Tsveta&#239;eva, &lt;i&gt;Pages de mon Journal&lt;/i&gt;, 1917&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/DIV&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un article r&#233;cent consacr&#233; au statut du ch&#339;ur dans les mises en sc&#232;ne contemporaines des trag&#233;dies grecques, Helene P. Foley fait remarquer que de nombreuses productions r&#233;duisent fortement l'importance du ch&#339;ur, en donnant la pr&#233;&#233;minence aux protagonistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H.P. FOLEY, &#171; Envisioning the Tragic Chorus on the Modern Stage &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Consid&#233;r&#233; comme &#233;tant d&#233;mod&#233;, incongru, artificiel, le ch&#339;ur tragique est souvent limit&#233; &#224; un petit nombre d'acteurs et priv&#233; de ses deux moyens d'expression principaux : le chant et la danse. Le ch&#339;ur peut aussi se r&#233;duire &#224; un seul porte-parole, voire, &#234;tre purement et simplement supprim&#233;. Parmi les multiples raisons de cet effacement du ch&#339;ur relev&#233;es par Foley, deux me semblent devoir retenir l'attention :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Creating any undifferentiated collectivity on stage runs counter to modern ideas about the individual's complex and ambivalent relation to social groups and the representation of this relation in performance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 354.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
The chorus's religious and ritual dimension and its complex political relation to its original community cannot be recreated for an eclectic modern audience that does not have the shared historical and cultural experience of the Attic polis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 358.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'un groupe s'exprime en &#171; je &#187;, et c'est aussit&#244;t le phantasme de la fusion indiff&#233;renci&#233;e qui surgit. Ce &#171; stade &#187; peut &#234;tre magnifi&#233; : Nietzsche, par exemple, voyait le ch&#339;ur tragique comme un &#171; immense &#234;tre unique dot&#233; de poumons surnaturels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. NIETZSCHE, &#171; Das griechische Musikdrama &#187;, in S&#228;mtliche Werke : kritische (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui aurait permis de revivifier, le temps de sa performance, l'&#233;tat dionysiaque bienheureux d'avant la &#171; chute &#187; dans l'individuation apollinienne. La parole fusionn&#233;e/fusionnelle du ch&#339;ur peut tout autant &#234;tre diabolis&#233;e, tant le discours unique scand&#233; par une multiplicit&#233; de voix est pour nous associ&#233; &#224; la terreur des r&#233;gimes totalitaires. On n'efface pas le cours de l'histoire. Pourtant, le contexte &#224; la fois politique et rituel des performances tragiques &#224; Ath&#232;nes peut nous aider &#224; retrouver l'esprit fondamentalement d&#233;mocratique du ch&#339;ur et la fonction critique d'une parole unifi&#233;e qui ne serait pas uniformisante. Plac&#233;e sous le patronage de Dionysos, dieu de l'ambivalence et de l'inspiration, la performance tragique faisait exp&#233;rimenter &#224; ses choreutes la possible coexistence des contraires. Elle aurait ainsi constitu&#233; une forme d'initiation collective, confrontant ses participants &#224; &#171; l'&#233;preuve de l'&#233;tranger &#187;, en leur faisant prendre conscience de la part d'alt&#233;rit&#233; n&#233;cessairement constitutive de leur identit&#233; citoyenne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. KLIMIS, Arch&#233;ologie du sujet tragique, Paris, Kim&#233;, 2003.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rappelons en effet que, si les protagonistes &#233;taient des acteurs professionnels, le ch&#339;ur &#233;tait quant &#224; lui compos&#233; de citoyens. Exempt&#233;s de toutes leurs autres charges politiques et militaires pendant toute la dur&#233;e des r&#233;p&#233;titions et des repr&#233;sentations, les citoyens d&#233;sign&#233;s comme choreutes &#233;taient m&#234;me passibles d'amendes en cas de refus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. CSAPO et W.J. SLATER, The Context of Ancient Drama, The University of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chanter et danser dans un ch&#339;ur tragique, c'&#233;tait donc faire de la politique, agir en citoyen, et pas seulement repr&#233;senter le politique dans une distanciation mim&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors, si le masque tragique voile la singularit&#233; des visages, c'est pour mieux montrer l'&#234;tre-citoyen, qui n'a rien de fusionnel : sous le masque, les choreutes citoyens sont des semblables (&lt;i&gt;homoioi&lt;/i&gt;) et des &#233;gaux (&lt;i&gt;isoi&lt;/i&gt;). Pas des &#234;tres identiques, r&#233;duplications du M&#234;me. Chantant et pleurant, travestis en femmes, en esclaves ou encore en &#233;trangers, les choreutes exp&#233;rimentent collectivement une forme de d&#233;possession de soi, en figurant l'Autre absolu du citoyen ath&#233;nien. Toutefois, cette &#171; ali&#233;nation &#187; n'est que partielle : &#224; la suite de John Winkler, il faut souligner l'importance de la formation rectangulaire du ch&#339;ur tragique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.J. WINKLER, , &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in Nothing to do (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, cette formation correspond &#224; la position militaire d'une ligne d'hoplites, appel&#233;e la phalange. Or, selon Corn&#233;lius Castoriadis, la phalange est caract&#233;ristique de la cit&#233; d&#233;mocratique : &#171; dans la phalange, se r&#233;alisent l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233; des combattants. Achille n'aurait jamais pens&#233; se mettre au coude &#224; coude avec Thersite et le couvrir de son bouclier. Pour que la phalange soit concevable, il faut que les combattants se pensent comme &#233;gaux, pareils, pr&#234;ts &#224; se d&#233;fendre les uns les autres. La phalange est un r&#233;sultat, non pas une &#171; cause &#187; de l'imaginaire de l'&#233;galit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. CASTORIADIS, La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Par la disposition en phalange, les choreutes inscrivent donc dans leur corps une citoyennet&#233; garantie par le rythme de la danse, alors m&#234;me que le &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; peut perdre sa toute-puissance en se dissolvant dans la plainte et le cri. Le corps dansant est ainsi le gardien de la forme (&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt;) citoyenne, qui est dynamique, et non pas statique : les &#233;volutions sym&#233;triques du ch&#339;ur, dans les strophes et les anti-strophes, introduisent une fracture dans le collectif qui dit &#171; je &#187;. Et c'est la parole elle-m&#234;me qui peut voir son unit&#233; &#233;branl&#233;e, fragment&#233;e comme dans l'&lt;i&gt;Agamemnon&lt;/i&gt; d'Eschyle, o&#249; chaque choreute exprime une voix distincte et singuli&#232;re, m&#234;me s'il s'agit l&#224; d'un cas extr&#234;me et unique dans le &lt;i&gt;corpus&lt;/i&gt; conserv&#233; jusqu'&#224; nous. Par sa danse et ses chants, le ch&#339;ur tragique figure donc l'unit&#233; fragile et complexe, travers&#233;e de tensions et de dissonances, et pourtant en droit toujours &lt;i&gt;harmonisable&lt;/i&gt;, qui caract&#233;rise le collectif d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Alors que la plupart des productions contemporaines qui maintiennent l'importance du ch&#339;ur tragique mettent l'accent sur sa dimension rituelle, en puisant notamment dans le riche patrimoine des cultures extra-europ&#233;ennes, la mise en sc&#232;ne des &lt;i&gt;Perses &lt;/i&gt;d'Eschyle par Claudia Bosse pr&#233;sente l'originalit&#233; d'avoir tent&#233; de r&#233;activer l'engagement citoyen du ch&#339;ur. Inspir&#233;e par les &lt;i&gt;Lehrst&#252;cke &lt;/i&gt;de Brecht &#8212; pi&#232;ces d'apprentissage plut&#244;t que platement &#171; didactiques &#187; &#8212;, Claudia Bosse pense le th&#233;&#226;tre &#171; en tant que lieu d'une p&#233;dagogie pour une pratique sociale et d'une mise &#224; l'examen de la r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233;, de ses conventions et de ses m&#233;canismes habituels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. BOSSE, &#171; Le th&#233;&#226;tre &#187;, livret d'accompagnement du spectacle Les Perses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Bosse se diff&#233;rencie toutefois de Brecht en voulant quitter le registre de la &lt;i&gt;mim&#232;sis&lt;/i&gt; pour investir celui de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt; pure : non plus repr&#233;senter une situation, mais la cr&#233;er, afin de mettre en crise les &#233;vidences partag&#233;es. Elle a d&#232;s lors con&#231;u avec sa compagnie un projet &#233;tal&#233; sur plusieurs ann&#233;es intitul&#233; &lt;i&gt;Trag&#246;dienproduzenten&lt;/i&gt;, &#171; Producteurs de trag&#233;dies &#187;, qui vise &#224; &#171; aborder le th&#233;&#226;tre comme une archive sociale, une mod&#233;lisation de chaque &#233;poque, qui nous confronte &#224; son syst&#232;me politique, ses mod&#232;les th&#233;&#226;traux, ses codes et ses pratiques corporelles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 168. Pr&#233;cisons que sur ce projet, Claudia Bosse travaille en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; En montant successivement les &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt; d'Eschyle, &lt;i&gt;Coriolan&lt;/i&gt; de Shakespeare, &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt; de Racine et &lt;i&gt;Bambiland&lt;/i&gt; de Elfriede Jelinek, Claudia Bosse et son &#233;quipe visent &#224; faire du th&#233;&#226;tre un &#171; laboratoire social &#187; qui explore la singularit&#233; de l'&#233;poque &#224; laquelle appartient chacune de ces pi&#232;ces, mais toujours en prise directe sur la r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui. Loin de tomber dans &#171; l'histoire pour antiquaires &#187; tant d&#233;cri&#233;e par Nietzsche, Claudia Bosse s'attache donc &#224; faire revivre le pass&#233; pour qu'il nous parle au pr&#233;sent. Afin d'y parvenir, elle a relev&#233; le d&#233;fi de &#171; l'invention &#187; th&#233;&#226;trale, entendue au sens &#233;tymologique du terme : &lt;i&gt;inventer&lt;/i&gt;, c'est &lt;i&gt;cr&#233;er&lt;/i&gt; un dispositif singulier pour &lt;i&gt;retrouver&lt;/i&gt; l'entrecroisement de l'aspect politique et de l'aspect esth&#233;tique propre &#224; chacune de ces pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. Et comme il s'agit d'investir le champ de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt;, &#171; inventer &#187; consiste plus pr&#233;cis&#233;ment pour Claudia Bosse &#224; construire dans la dur&#233;e et par un travail collectif la possibilit&#233; d'un &#201;v&#233;nement. Apparent paradoxe : un &#233;v&#233;nement surgit, il ne s'anticipe pas. Difficult&#233; suppl&#233;mentaire : au th&#233;&#226;tre, &#171; l'&#233;v&#233;nement &#187; prend souvent la forme d'une &#171; repr&#233;sentation &#187; d'&#233;v&#233;nement, fig&#233; dans la distanciation que lui impose la stylisation d'une mise en sc&#232;ne, si minimale soit-elle. Claudia Bosse a donc choisi de travailler en amont de la repr&#233;sentation proprement dite, en donnant le premier r&#244;le au hasard : durant l'&#233;t&#233; 2006, elle a lanc&#233;, comme une bouteille &#224; la mer, un appel &#224; 500 citoyens genevois, habitants de Gen&#232;ve sans distinction de nationalit&#233;, par voie de presse et par internet, sans savoir si ce nombre symboliquement choisi en r&#233;f&#233;rence aux membres du conseil ath&#233;nien serait atteint, sans rien pouvoir pr&#233;supposer de ceux et celles qui lui r&#233;pondraient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ensemble du mat&#233;riel relatif &#224; cette exp&#233;rience th&#233;&#226;trale (formulaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Premier geste po&#233;tique et politique pour r&#233;activer, &lt;i&gt;aujourd'hui,&lt;/i&gt; le projet d&#233;mocratique ath&#233;nien : inscrire le hasard dans une logique. Un paradoxe, &#224; nouveau, celui de la &lt;i&gt;tukh&#232;&lt;/i&gt; des Grecs, par d&#233;finition imma&#238;trisable et pourtant canalis&#233;e par son inscription dans nombre de proc&#233;dures politiques de la d&#233;mocratie ath&#233;nienne : les juges et la plupart des magistrats &#233;taient tir&#233;s au sort. Le &#171; hasard &#187; assurait ainsi une v&#233;ritable r&#233;partition du pouvoir politique au sein du collectif citoyen, il instaurait une dynamique d'alternance dans les positions de gouvernants et de gouvern&#233;s, permettant ainsi de donner une signification concr&#232;te &#224; l'id&#233;e de responsabilit&#233; collective, pour nous trop souvent r&#233;duite &#224; une belle utopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pr&#232;s de deux cent cinquante personnes ont r&#233;pondu &#224; cet appel, enthousiasm&#233;es par le c&#244;t&#233; &#171; d&#233;cal&#233; &#187;, &#171; grandiose &#187;, &#171; carr&#233;ment fou &#187; du projet. Environ cent quatre-vingt sont all&#233;es jusqu'au bout, car l'engagement demand&#233; &#233;tait &#233;norme : des r&#233;p&#233;titions de trois heures, deux fois par semaine, sur une dur&#233;e de trois mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;p&#233;titions ont commenc&#233; &#224; la mi-ao&#251;t 2006.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le projet exigeait donc d'abord de ses choreutes rigueur et discipline. R&#233;partis en dix groupes, les choreutes &#8212; dont la plupart n'avaient aucune exp&#233;rience th&#233;&#226;trale &#8212; ont &#233;t&#233; &#171; coach&#233;s &#187; par leur coryph&#233;e attitr&#233;, un acteur ou une actrice professionnels, qui se sont pour leur part essay&#233;s au &#171; m&#233;tier impossible &#187; de p&#233;dagogue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les acteurs coryph&#233;es &#233;taient Guillaume B&#233;guin, L&#233;onard Bertholet, Vincent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : difficile travail que l'harmonisation de groupes aussi h&#233;t&#233;rog&#232;nes ! De18 &#224; 80 ans, &#233;tudiants, ouvriers, cadres, ind&#233;pendants, femmes au foyer, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, tous les &#226;ges, toutes les classes sociales, bref, toutes les couches de la population &#233;taient repr&#233;sent&#233;es, ainsi qu'une vingtaine de nationalit&#233;s. C'est ainsi qu'un second trait propre &#224; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233; par l'appel de Claudia Bosse : ce que Platon nommait sa &#171; bigarrure &#187; (&lt;i&gt;poikilia&lt;/i&gt;), un m&#233;lange indescriptible de diff&#233;rences et d'alt&#233;rit&#233;s qui semble r&#233;sister &#224; toute forme d'unification possible. Pour le philosophe, cette bigarrure marquait la limite de la d&#233;mocratie, chaotique et finalement injuste, parce que plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce &#171; d&#233;saccord &#187; originel, au sens musical et existentiel du terme, il a donc fallu apprendre &#224; le g&#233;rer. Long et difficile parcours, car le travail d'harmonisation est &#224; recommencer ind&#233;finiment, au fil de chaque r&#233;p&#233;tition mais aussi de chaque phase du projet : &#224; peine les membres d'un groupe ont-ils appris &#224; se conna&#238;tre et &#224; se respecter dans le plaisir de l'effort partag&#233; &#8212; mais aussi les tensions, voire les dissensions, qui les ont parfois oppos&#233;s &#8212; que tout le processus est &#224; recommencer, lors de la &#171; r&#233;union &#187; de chaque groupe avec son homologue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les groupes ayant la m&#234;me portion de texte &#224; r&#233;citer ont &#233;t&#233; scind&#233;s en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, chacun de ces groupes &#171; &#233;largis &#187; a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; un autre, pour finalement aboutir, le 21 octobre 2006, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de tous les groupes dans la formation d'un grand ch&#339;ur de 180 personnes. A l'harmonisation des voix s'est ainsi ajout&#233;e une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : l'harmonisation des corps et celle des silences, tant dans les d&#233;placements collectifs que dans l'immobilit&#233;. Les choreutes ont en effet d&#251; apprendre l'&#233;coute silencieuse : toujours membres du ch&#339;ur &#224; part enti&#232;re mais parfois muets, il leur a fallu prendre conscience du fait que leur inscription dans la pr&#233;sence, par la seule force de leur concentration, pouvait aider &#224; porter vers le public la parole de ceux d'entre eux qui avaient &#224; dire le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Habiter les mots, incarner les silences, dynamiser la parole, fluidifier le mouvement&#8230;Il faut ici pr&#233;ciser que tout ceci a &#233;t&#233; rendu possible par la &#171; partition &#187; compos&#233;e par Claudia Bosse. Le texte d'Eschyle a en effet &#233;t&#233; dispos&#233; dans une forme qui joue sur cinq hauteurs de ton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;cisons que Claudia Bosse avait choisi de travailler &#224; partir de la tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette partition &#8212; qui n'est pas musicale au sens traditionnel du terme &#8212; tente d'exprimer ce que Claudia Bosse nomme une &#171; pens&#233;e phon&#233;tique &#187;. De quoi s'agit-il exactement ? Non pas seulement du sens th&#233;matis&#233;, pos&#233;, explicite, mais de ce que Claudia Bosse appelle la &#171; chor&#233;graphie de la pens&#233;e &#187; qui na&#238;t de l'encha&#238;nement syntaxique, du corps sonore des mots, de leur rythme prosodique, m&#233;trique et stylistique. Une telle &#171; chor&#233;graphie de la pens&#233;e &#187; parviendrait &#224; recr&#233;er dans le langage le rythme d'un corps de chair inscrit dans une historicit&#233; : ses gestes, ses silences, ses h&#233;sitations&#173;&#173;&#173;, dans leur sp&#233;cificit&#233; irr&#233;ductible et leur conditionnement par l'ordre de la soci&#233;t&#233;. Cette musicalit&#233; du sens reconstituerait quelque chose comme une densit&#233; charnelle dans l'&#233;paisseur des multiples couches s&#233;mantiques d'un texte. Par l'intrication des encha&#238;nements logiques et des bifurcations s&#233;mantiques, des &#233;nonc&#233;s clairs et de leurs sous-entendus, la musique du sens pourrait seule parvenir &#224; r&#233;animer la fixation &#233;crite en une parole vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, la &#171; partition &#187; de Claudia Bosse parvient-elle par sa seule forme &#224; &#233;viter l'&#233;cueil de la &#171; psychologisation &#187; des personnages tragiques, en d&#233;pla&#231;ant la perspective de l'&lt;i&gt;&#233;thos&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, du caract&#232;re du personnage &#224; la structuration du discours. Toute interpr&#233;tation du sens qui exc&#232;de l'organisation interne du texte se r&#233;v&#232;le alors non seulement superflue, mais surtout distordante. C'est que Claudia Bosse lit Eschyle comme Glenn Gould joue Bach : son &#171; interpr&#233;tation &#187; consiste plut&#244;t en un travail d'asc&#232;se qui &#233;pure au maximum toutes les &#171; arabesques &#187; et le &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt; surajout&#233;s pour laisser sonner la partition dans la puret&#233; et la simplicit&#233; de sa ligne m&#233;lodique originelle. Le risque est &#224; la mesure de l'ampleur du d&#233;fi : la contrainte formelle, au lieu de laisser s'&#233;panouir le sens, pourrait s'enfermer en litanie m&#233;canique. Protagonistes, coryph&#233;es et choreutes se doivent donc de maintenir la concentration maximale d'une pens&#233;e charnellement et affectivement activ&#233;e, pour que leur dire ne s'aplatisse pas en r&#233;citation phon&#233;tique. Le secret de la r&#233;ussite tient dans une mise en condition physique : un &#233;chauffement par le yoga qui varie entre une demi-heure et une heure et demie, selon qu'on est choreute ou coryph&#233;e. Claudia Bosse insiste beaucoup sur l'importance de l'ancrage des pieds dans le sol et de la tenue du bassin, afin de stabiliser la colonne d'air verticale qui donne naissance &#224; la parole, permettant ainsi de ma&#238;triser avec un maximum de pr&#233;cision la hauteur de l'&#233;mission des voyelles. Apr&#232;s les voyelles &#171; atomis&#233;es &#187;, ce sont ensuite les consonnes qui sont travaill&#233;es en squelettes consonantiques. Ces derniers sont lanc&#233;s dans diff&#233;rentes directions de l'espace et fusent comme des balles dans l'air&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, DDK pour &#171; Dadak&#232;s &#187;, l'un des nombreux noms de guerriers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, afin de parvenir &#224; une parole r&#233;ellement percutante, lorsque les choreutes passeront du niveau des groupements de lettres &#224; celui des phrases&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, les consonnes des mots &#171; chocs &#187; et &#171; coups &#187; dans les vers &#171; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce travail analytique, extr&#234;mement minutieux, qui envisage le langage d'un point de vue brut, somatique, se doit donc d'&#234;tre toujours port&#233; par l'intention &#171; synth&#233;tique &#187; d'une pens&#233;e en train de se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour &#234;tre complet, il faut pr&#233;ciser comment cette prononciation pensante du texte est port&#233;e par une harmonisation collective des &lt;i&gt;souffles&lt;/i&gt;. Ici aussi, le travail est d'abord physique : il s'agit d'apprendre &#224; respirer ensemble, au m&#234;me rythme. Pour comprendre la port&#233;e po&#233;tique et politique de ce travail sur la respiration, il me semble important d'&#233;voquer les Journ&#233;es LOGOS, organis&#233;es en septembre 2006 par Mich&#232;le Pralong et Maya B&#246;sch, les deux nouvelles directrices du Gr&#252;tli, pour &#171; lancer &#187; leur premi&#232;re saison, tout enti&#232;re consacr&#233;e &#224; la trag&#233;die grecque. Nous &#233;tions avertis par le programme qu'une lecture d'extraits d'H&#233;rodote retra&#231;ant le contexte des guerres m&#233;diques aurait lieu, mais sans que la modalit&#233; de cette lecture ait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e. Soudain, une voix s'est &#233;lev&#233;e, puis une autre lui a succ&#233;d&#233;, et la lecture s'est ainsi peu &#224; peu construite, collectivement. Or, les &#171; lecteurs &#187; &#233;taient choisis au hasard parmi toute l'assistance, dans le moment m&#234;me, par Claudia Bosse se promenant avec un micro dans le public. Etrangement, nous nous sommes tous implicitement et sans y r&#233;fl&#233;chir, calqu&#233;s sur le &lt;i&gt;tempo&lt;/i&gt; de la premi&#232;re personne qui avait lu, relativement lent. Et les lectures se sont encha&#238;n&#233;es de fa&#231;on fluide, comme si cet encha&#238;nement avait &#233;t&#233; travaill&#233;. Le r&#244;le structurant du rythme est ainsi apparu avec force : le &lt;i&gt;tempo&lt;/i&gt; a permis de construire une unit&#233; au travers de la multiplicit&#233; et de la diversit&#233; des voix et des accents des personnes en pr&#233;sence. Unit&#233; du rythme : &lt;i&gt;harmonie oscillante&lt;/i&gt;, qui maintient en elle la pluralit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte cette expression &#224; Castoriadis, qui traduit par l&#224; une tournure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rencontres avec les acteurs ont permis de pr&#233;ciser l'importance des silences dans ce travail unificateur du rythme. Dans la &#171; partition &#187; des &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt;, il y a beaucoup de silences : brefs entre chaque vers, plus longs entre les strophes. Lorsque j'ai demand&#233; &#224; un acteur s'il y avait un &#171; chef &#187; qui donnait le signal de la reprise, ou si une notation &#233;crite indiquait le nombre de temps &#224; compter avant de reprendre, ce dernier m'a r&#233;pondu qu'il y avait une sorte d&lt;i&gt;'accord implicite &lt;/i&gt;qui s'&#233;tablissait entre eux, comme une alchimie, une reprise spontan&#233;ment synchronis&#233;e, &#224; force de r&#233;p&#233;ter tous ensemble ce texte. Une choreute me l'a par la suite magnifiquement r&#233;sum&#233; : &#171; on s'&#233;coute respirer &#187;. On a l&#224; un beau t&#233;moignage de l'importance &lt;i&gt;po&#233;tico-politique&lt;/i&gt; du rythme, au sens o&#249; ce dernier cr&#233;e une harmonie collective &#224; un niveau pr&#233;-r&#233;flexif, qui peut g&#233;n&#233;rer un rythme du penser, commun et pourtant fonction de la sp&#233;cificit&#233; de chacun : &#224; chaque collectif son &#171; rythme &#187;, dans ses modulations. Si ce rythme est dans le cas pr&#233;sent essentiellement po&#233;tique, on a vu qu'il devait &#234;tre port&#233; par une pens&#233;e incarn&#233;e du texte. Et cette fonction m&#233;diatrice du corps pensant se retrouve au niveau politique, dans l'actualisation de ce que les Grecs appelaient la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;. Souvent traduite par &#171; prudence &#187;, la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt; fait plus pr&#233;cis&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; une intelligence en situation, qui parvient &#224; mettre en pratique une d&#233;lib&#233;ration et &#224; actualiser le juste dans un choix politique, un discours ou un acte, toujours relativement au contexte de chaque situation donn&#233;e. Ainsi, la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;, vertu du politique, n'est pas une norme absolue mais une donn&#233;e essentiellement changeante et contingente. L'actualisation du juste n&#233;cessite donc que se r&#233;anime dans chaque occasion le &lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt; citoyen &#233;voqu&#233; par Sophocle dans l'extrait suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aux dieux seuls n'adviennent ni la vieillesse ni la mort ; tout le reste subit le temps tout-puissant. La force de la terre s'&#233;puise comme celle du corps. La confiance se meurt, le soup&#231;on grandit, et ce n'est plus le m&#234;me souffle (&lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt;) qui toujours va entre les hommes en relation d'amiti&#233;, non plus que d'une cit&#233; &#224; une autre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophocle, &#338;dipe &#224; Colone, v. 607-613, traduction dans C. HERRENSCHMIDT, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, le terme grec &lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt; signifie &#224; la fois le &#171; souffle &#187; et &#171; l'esprit &#187;. S'&#233;couter respirer, pour apprendre &#224; respirer ensemble, c'est donc aussi s'&#233;couter pour apprendre &#224; &lt;i&gt;penser ensemble&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La confirmation du r&#244;le central jou&#233; par le rythme et la respiration dans la cr&#233;ation d'une communaut&#233;, m'a &#233;t&#233; donn&#233;e le jour de la g&#233;n&#233;rale. Comment allait se concr&#233;tiser la prise de parole collective d'un ch&#339;ur dont les membres avaient jusqu'alors travaill&#233; en petits groupes de dix &#224; vingt personnes ? Assisterions-nous &#224; l'apparition de cet &#171; &#234;tre immense dot&#233; de poumons surnaturels &#187; dont parle Nietzsche ? Et comment pr&#233;voir l'harmonisation g&#233;n&#233;rale des parties chorales en fran&#231;ais avec les r&#233;pliques des quatre protagonistes, s'exprimant dans un allemand retravaill&#233; pour r&#233;activer les structures syntaxiques du grec ancien ? Un v&#233;ritable dialogue dans le bilinguisme pourrait-il se cr&#233;er ou allions-nous revenir &#224; Babel, au chaos de la confusion des langues, signe de la chute dans le multiple et de la perte de l'unicit&#233; originelle ? Parmi les choreutes, l'excitation et la curiosit&#233; &#233;taient intenses, mais aussi l'angoisse du r&#233;sultat final. Et l'&#201;v&#233;nement a surgi, en se d&#233;veloppant &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt;. D'abord, il y a eu le soulagement de la production de la parole : le texte &#233;tait parfaitement audible et compr&#233;hensible. Puis, l'&#233;tonnement de la coordination des souffles : les reprises apr&#232;s les pauses &#233;taient en g&#233;n&#233;ral bien synchronis&#233;es. C'est dans l'espace que s'est alors mat&#233;rialis&#233;e l'&#233;motion : dispos&#233;s en deux lignes se faisant face, tels des Grecs et des Perses se d&#233;fiant, les choreutes devaient intervertir leurs positions. Ce simple mouvement a cr&#233;&#233; l'ondulation hypnotique d'un flux humain, incarnation vivante de la mer, si pr&#233;sente dans le texte d'Eschyle pour dire la multitude innombrable des guerriers perses morts au combat&#8230;et la fragilit&#233; des positions de &#171; vainqueurs &#187; et de &#171; vaincus &#187;, si facilement r&#233;versibles. La beaut&#233; globale du mouvement, r&#233;alis&#233;e au travers de sa r&#233;appropriation par chacun, &#224; son propre rythme, nous l'avions d&#233;couverte la veille, lors de la r&#233;p&#233;tition d'un sous-groupe d'une quarantaine de personnes. Il s'agissait pour tous les choreutes de se coucher et de rester dans cette position, durant le terrible r&#233;cit du messager d&#233;crivant le d&#233;sastre perse. Chacun avait r&#233;alis&#233; ce mouvement &#224; l'aune de ses capacit&#233;s physiques, qui se relevant d'un seul bloc, qui d&#233;roulant toutes les parties de son corps, qui en ressentant la vigueur de sa jeunesse, qui la douleur de ses rhumatismes. Et ce d&#233;ploiement des possibles humains, fonctions de l'&#226;ge, de la sant&#233;, de l'&#233;tat du moment, a &#233;t&#233; comme un condens&#233; d'humanit&#233;, d&#233;voilant dans le m&#234;me geste notre force et notre faiblesse, par l'incarnation de la temporalit&#233; inscrite au c&#339;ur de chacun d'entre nous : les bien portants ne le seront pas &#233;ternellement, et tous les vieux ont un jour &#233;t&#233; jeunes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin, quelque chose comme la gr&#226;ce a surgi lors du &lt;i&gt;kommos&lt;/i&gt; final entre le ch&#339;ur et Xerx&#232;s, le roi perse vaincu, seul responsable de la destruction de toute son arm&#233;e, incapable qu'il fut, dans sa solitude despotique, d'actualiser la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt; et de d&#233;jouer la ruse des Ath&#233;niens. On a assist&#233; &#224; quelque chose comme un &#233;change d'&#233;nergies, tant la douleur du deuil, manifest&#233;e par les cris, circulait comme un courant palpable, entre cet homme seul, nu, perch&#233; sur les hauteurs de sa d&#233;mesure, et la foule &#224; ses pieds, g&#233;missant d'une seule voix. Dans cette manifestation extr&#234;me du d&#233;sespoir total, au c&#339;ur du vide g&#233;n&#233;r&#233; par la perte d'&#234;tres chers, quelque chose a vraiment eu lieu : la co&#239;ncidence parfaite du personnage fictionnel et du choreute r&#233;el, de tous et chacun dans le ressentir affectif, charnel et intellectuel de la finitude humaine, notre commune mortalit&#233;, qui aplanit toutes les diff&#233;rences. Inspirants &#224; pleins poumons, inspir&#233;s par l'&#233;lan collectif, choreutes et spectateurs ont &#171; compris &#187; une parole vieille de 2500 ans, travers&#233;s par sa force : ne plus tenir qu'&#224; un souffle, mais porter en soi, bien vivant, le souffle citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En guise de conclusion, j'aimerais &#233;voquer plusieurs questions suscit&#233;es par cette tentative de faire revivre un ch&#339;ur de citoyens aujourd'hui : comment un texte au d&#233;part &#171; incompr&#233;hensible &#187;, voire &#171; barbant &#187;, pour la plupart des choreutes a-t-il pu devenir &#171; fascinant &#187;, &#171; li&#233; &#224; quelque chose qu'on vit &#187;, au point de susciter des &#171; sensations de d&#233;mocratie &#187;, une passion pour la Gr&#232;ce antique, et d'&#234;tre &#224; l'origine d'improbables rencontres dont certaines se sont transform&#233;es en amiti&#233;s v&#233;ritables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes ces expressions sont tir&#233;es des interviews des choreutes, reproduites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Et comment a-t-on pu assister &#224; la m&#233;tamorphose du &#171; ch&#339;ur frustr&#233;, comme toujours &#187;, de Peter Weiss, en &#171; ch&#339;ur combl&#233; &#187;, mais confront&#233; &#224; des spectateurs souvent dubitatifs, voire, pr&#233;cis&#233;ment, &#171; frustr&#233;s &#187; ? En effet, plusieurs d'entre eux ont exprim&#233; la sensation de s'&#234;tre sentis &#171; exclus &#187;, d'un spectacle qui ne leur aurait pas &#233;t&#233; adress&#233;. Ceci peut sembler &#233;trange : les &#171; spectateurs &#187; n'en &#233;taient pas vraiment, m&#233;lang&#233;s aux choreutes dans un seul et m&#234;me espace, les uns et les autres &#233;tant au premier abord indiscernables, puisque les choreutes &#233;taient en tenue de ville. Noy&#233;s dans la masse, ces spectateurs ont-ils pris peur ? Est-ce pr&#233;cis&#233;ment cette configuration, qui visait &#224; leur faire int&#233;grer le plus possible le ch&#339;ur, qui les a perturb&#233;s ? Le pari de faire entendre un texte aussi ancien dans une mise en sc&#232;ne ultra-contemporaine, en rompant tous les codes traditionnels de la repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale, en m&#233;langeant l'allemand et le fran&#231;ais, &#233;tait-il trop audacieux, voire, &#233;litiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mon hypoth&#232;se est que cette &#171; frustration &#187; s'ancre dans la rupture de la musique du sens, li&#233;e &#224; une dysharmonie des respirations entre choreutes et spectateurs. En effet, plusieurs choreutes ont exprim&#233; la &#171; g&#234;ne &#187; que leur occasionnait la pr&#233;sence des spectateurs, en les emp&#234;chant, par leur seule pr&#233;sence parmi eux, de bien entendre la respiration collective et occasionnant donc des &#171; rat&#233;s &#187; dans la synchronisation de la parole. En miroir, il faut souligner que la diction extr&#234;mement hach&#233;e du texte rendait impossible une &#233;coute focalis&#233;e sur la fluidit&#233; du sens. Seuls les spectateurs qui ont accept&#233; de l&#226;cher prise, en faisant passer la compr&#233;hension intellectuelle au second plan, pour se laisser porter par ce qui se passait &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;, ont pu &#234;tre &#233;motionnellement affect&#233;s. Lors du r&#233;cit du messager, plusieurs se sont ainsi couch&#233;s avec les choreutes, nous signifiant apr&#232;s le spectacle la forte &#233;motion qui les avait envahis, au milieu de tous ces corps &#233;tendus : rester debout leur avait sembl&#233; intol&#233;rable, li&#233; &#224; une position &#233;crasante de vainqueurs. D'o&#249; leur d&#233;cision de se coucher, ou simplement, de s'asseoir, pour communier dans le deuil. Harmonisation des rythmes de l'&#226;me par la position des corps. Lors du &lt;i&gt;kommos&lt;/i&gt; final, les choreutes pouvaient garder leurs partitions. Certains spectateurs sont venus lire par-dessus une &#233;paule, certains ont os&#233; dire le texte &#224; haute voix. Lors des d&#233;placements massifs du ch&#339;ur, des spectateurs ont &#171; r&#233;sist&#233; &#187; au flux, en n'acceptant pas de se laisser d&#233;loger de leur place, for&#231;ant donc les choreutes &#224; modifier leur trajectoire pour les contourner. Ces diverses r&#233;actions n&#233;cessitaient un engagement actif de la part du spectateur : le choix d'agir, de se mettre en risque, en quittant la place neutre et confortable du spectateur passif, pour devenir un co-actant de la performance. Peu ont eu cette audace. La performance des &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt; aura ainsi eu un grand m&#233;rite : oser proposer aux choreutes et aux spectateurs de s'affronter &#224; l'harmonisation des rythmes de l'&#226;me. Travail interminable qui a nom : d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exp&#233;rience artistique et d&#233;mocratique du ch&#339;ur citoyen est actuellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H.P. FOLEY, &#171; Envisioning the Tragic Chorus on the Modern Stage &#187;, &lt;i&gt;Visualizing the Tragic. Essays in Honor of Froma Zeitlin&lt;/i&gt;, &#233;d. C. Kraus, S. Goldhill, H.P. Foley and J. Elsner, Oxford, Oxford University Press, 2007, pp. 353-378.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 354.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F. NIETZSCHE, &#171; Das griechische Musikdrama &#187;, in &lt;i&gt;S&#228;mtliche Werke : kritische Studienausgabe, &lt;/i&gt;G. Colli et M. Montinari (&#233;d.), Bd 1, Berlin-New York, De Gruyter, 1980, pp. 15-16 : &#171; ein ungeheures, mit &#252;bernat&#252;rlicher Lunge begabtes Einzelwesen &#187; . La traduction de l'&#233;dition fran&#231;aise des &#339;uvres compl&#232;tes de Nietzsche par J.L. Backes, M. Haar et M. B. de Launay fait &#233;trangement dispara&#238;tre cette r&#233;f&#233;rence aux poumons, en la rempla&#231;ant par une abstraction ind&#233;termin&#233;e : &#171; un &#234;tre unique, immense, dou&#233; d'un &lt;i&gt;pouvoir&lt;/i&gt; surnaturel &#187; (p. 25).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S. KLIMIS, &lt;i&gt;Arch&#233;ologie du sujet tragique&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. CSAPO et W.J. SLATER, &lt;i&gt;The Context of Ancient Drama&lt;/i&gt;, The University of Michigan Press, 1995, p. 352.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.J. WINKLER, , &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in &lt;i&gt;Nothing to do with Dionysos ? Athenian Drama in its Social Context, &lt;/i&gt;&#233;d. J.J. WINKLER et F. ZEITLIN, Princeton, Princeton University Press, 1990,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pp. 50-58. Voir aussi E. CSAPO et W.J. SLATER, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. CASTORIADIS, &lt;i&gt;La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, IV&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1996, p. 188.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. BOSSE, &#171; Le th&#233;&#226;tre &#187;, livret d'accompagnement du spectacle &lt;i&gt;Les Perses&lt;/i&gt; d'Eschyle, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 168. Pr&#233;cisons que sur ce projet, Claudia Bosse travaille en &#233;troite collaboration avec Christine Standfest, Gerald Singer, Doris Uhlich et Andreas G&#246;lles. Pour plus d'informations, voir le site du Theatercombinat de Vienne : &lt;a href=&#034;http://www.theatercombinat.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.theatercombinat.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'ensemble du mat&#233;riel relatif &#224; cette exp&#233;rience th&#233;&#226;trale (formulaires d'inscription, interviews des choreutes et des coryph&#233;es, photos de r&#233;p&#233;titions, partitions du ch&#339;ur, etc.) peut &#234;tre consult&#233; sur le site du th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli de Gen&#232;ve : &lt;a href=&#034;http://www.grutli.ch/lesperses/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.grutli.ch/lesperses/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les r&#233;p&#233;titions ont commenc&#233; &#224; la mi-ao&#251;t 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les acteurs coryph&#233;es &#233;taient Guillaume B&#233;guin, L&#233;onard Bertholet, Vincent Coppey, Chine Curchod, Jean-Louis Johannid&#232;s, Marie-Eve Mathey-Doret, Jacqueline Ricciardi, Anne-Fr&#233;derique Rochat et Delphine Rosay.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les groupes ayant la m&#234;me portion de texte &#224; r&#233;citer ont &#233;t&#233; scind&#233;s en deux, afin de travailler en effectifs r&#233;duits pour l'apprentissage de base du texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pr&#233;cisons que Claudia Bosse avait choisi de travailler &#224; partir de la tr&#232;s belle traduction de Myrto Gondicas et Pierre Judet de la Combe, &lt;i&gt;Les Perses&lt;/i&gt;, Chamb&#233;ry, Comp'Act, 2000, pour les parties chorales, et de la traduction allemande de Peter Witzmann, &lt;i&gt;Die Perser&lt;/i&gt;, Berlin, Hentrich, 1991, pour les parties dialogu&#233;es, les protagonistes &#233;tant jou&#233;s par les acteurs professionnels de sa compagnie viennoise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par exemple, DDK pour &#171; Dadak&#232;s &#187;, l'un des nombreux noms de guerriers perses qui pars&#232;ment le texte d'Eschyle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi, les consonnes des mots &#171; cho&lt;strong&gt;c&lt;/strong&gt;s &#187; et &#171; &lt;strong&gt;c&lt;/strong&gt;oups &#187; dans les vers &#171; les navires les ont an&#233;antis-Totoi !-les navires par les chocs funestes et sous les coups des Ioniens &#187;, doivent venir frapper l'oreille et rendre pr&#233;sent le marasme perse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'emprunte cette expression &#224; Castoriadis, qui traduit par l&#224; une tournure du fr. 51 d'H&#233;raclite (&lt;i&gt;palintropos harmoni&#232;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sophocle, &#338;dipe &#224; Colone&lt;/i&gt;, v. 607-613, traduction dans C. HERRENSCHMIDT, &#171; Quelques questions juives et grecques &#187;, in &lt;i&gt;L'Orient ancien et nous. L'&#233;criture, la raison, les dieux&lt;/i&gt; (en collaboration avec J. BOTTERO et J.P. VERNANT), Paris, Albin Michel, 1996, p. 178.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Toutes ces expressions sont tir&#233;es des interviews des choreutes, reproduites dans le livret d'accompagnement des repr&#233;sentations et consultables sur le site internet du th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'exp&#233;rience artistique et d&#233;mocratique du ch&#339;ur citoyen est actuellement renouvel&#233;e &#224; Braunschweig en Allemagne, avec un ch&#339;ur de 500 personnes. Les repr&#233;sentations auront lieu du 06 au 10 juin 2008 et seront accompagn&#233;es d'une s&#233;rie de conf&#233;rences et de workshops destin&#233;s tant aux choreutes qu'aux spectateurs. Pour plus d'informations, voir le site &lt;a href=&#034;http://www.theaterformen.de/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.theaterformen.de/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le souffle citoyen. Inventer le ch&#339;ur tragique au XXIe si&#232;cle
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1160</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1160</guid>
		<dc:date>2014-04-01T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Une premi&#232;re version de cet article a paru sous le titre &#171; Traces d'&#233;ph&#233;m&#232;res, souffles citoyens &#187; dans le livret d'accompagnement du spectacle Les Perses d'Eschyle, Th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli, Gen&#232;ve, 2006, p. 211-215. Puis une seconde dans F. Fix et F. Toudoire-Surlapierre (dir.), Le ch&#339;ur dans le th&#233;&#226;tre contemporain (1970-2000), Dijon, &#201;ditions universitaires de Dijon, 2009, p. 101-110. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; la reproduire ici. On trouvera une vid&#233;o de la mise en (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique31" rel="directory"&gt;Danse, th&#233;&#226;tre et spectacle vivant &#8211; GALERIES &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une premi&#232;re version de cet article a paru sous le titre &#171; Traces d'&#233;ph&#233;m&#232;res, souffles citoyens &#187; dans le livret d'accompagnement du spectacle&lt;/i&gt; Les Perses &lt;i&gt;d'Eschyle, Th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli, Gen&#232;ve, 2006, p. 211-215. Puis une seconde dans F. Fix et F. Toudoire-Surlapierre (dir.)&lt;/i&gt;, Le ch&#339;ur dans le th&#233;&#226;tre contemporain (1970-2000), Dijon, &#201;ditions universitaires de Dijon, 2009, p. 101-110. &lt;i&gt;Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; la reproduire ici. On trouvera une vid&#233;o de la mise en sc&#232;ne de Claudia Bosse &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1155' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=right&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'harmonie des &#226;mes soit compl&#232;te, il faut l'harmonie des respirations :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;qu'est-ce que la respiration, sinon le rythme de l'&#226;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour que les gens se comprennent, il faut qu'ils marchent ou soient couch&#233;s c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Marina Tsveta&#239;eva, &lt;i&gt;Pages de mon Journal&lt;/i&gt;, 1917&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/DIV&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un article r&#233;cent consacr&#233; au statut du ch&#339;ur dans les mises en sc&#232;ne contemporaines des trag&#233;dies grecques, Helene P. Foley fait remarquer que de nombreuses productions r&#233;duisent fortement l'importance du ch&#339;ur, en donnant la pr&#233;&#233;minence aux protagonistes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H.P. FOLEY, &#171; Envisioning the Tragic Chorus on the Modern Stage &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Consid&#233;r&#233; comme &#233;tant d&#233;mod&#233;, incongru, artificiel, le ch&#339;ur tragique est souvent limit&#233; &#224; un petit nombre d'acteurs et priv&#233; de ses deux moyens d'expression principaux : le chant et la danse. Le ch&#339;ur peut aussi se r&#233;duire &#224; un seul porte-parole, voire, &#234;tre purement et simplement supprim&#233;. Parmi les multiples raisons de cet effacement du ch&#339;ur relev&#233;es par Foley, deux me semblent devoir retenir l'attention :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Creating any undifferentiated collectivity on stage runs counter to modern ideas about the individual's complex and ambivalent relation to social groups and the representation of this relation in performance&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 354.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
The chorus's religious and ritual dimension and its complex political relation to its original community cannot be recreated for an eclectic modern audience that does not have the shared historical and cultural experience of the Attic polis&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 358.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Qu'un groupe s'exprime en &#171; je &#187;, et c'est aussit&#244;t le phantasme de la fusion indiff&#233;renci&#233;e qui surgit. Ce &#171; stade &#187; peut &#234;tre magnifi&#233; : Nietzsche, par exemple, voyait le ch&#339;ur tragique comme un &#171; immense &#234;tre unique dot&#233; de poumons surnaturels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F. NIETZSCHE, &#171; Das griechische Musikdrama &#187;, in S&#228;mtliche Werke : kritische (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, qui aurait permis de revivifier, le temps de sa performance, l'&#233;tat dionysiaque bienheureux d'avant la &#171; chute &#187; dans l'individuation apollinienne. La parole fusionn&#233;e/fusionnelle du ch&#339;ur peut tout autant &#234;tre diabolis&#233;e, tant le discours unique scand&#233; par une multiplicit&#233; de voix est pour nous associ&#233; &#224; la terreur des r&#233;gimes totalitaires. On n'efface pas le cours de l'histoire. Pourtant, le contexte &#224; la fois politique et rituel des performances tragiques &#224; Ath&#232;nes peut nous aider &#224; retrouver l'esprit fondamentalement d&#233;mocratique du ch&#339;ur et la fonction critique d'une parole unifi&#233;e qui ne serait pas uniformisante. Plac&#233;e sous le patronage de Dionysos, dieu de l'ambivalence et de l'inspiration, la performance tragique faisait exp&#233;rimenter &#224; ses choreutes la possible coexistence des contraires. Elle aurait ainsi constitu&#233; une forme d'initiation collective, confrontant ses participants &#224; &#171; l'&#233;preuve de l'&#233;tranger &#187;, en leur faisant prendre conscience de la part d'alt&#233;rit&#233; n&#233;cessairement constitutive de leur identit&#233; citoyenne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S. KLIMIS, Arch&#233;ologie du sujet tragique, Paris, Kim&#233;, 2003.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Rappelons en effet que, si les protagonistes &#233;taient des acteurs professionnels, le ch&#339;ur &#233;tait quant &#224; lui compos&#233; de citoyens. Exempt&#233;s de toutes leurs autres charges politiques et militaires pendant toute la dur&#233;e des r&#233;p&#233;titions et des repr&#233;sentations, les citoyens d&#233;sign&#233;s comme choreutes &#233;taient m&#234;me passibles d'amendes en cas de refus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;E. CSAPO et W.J. SLATER, The Context of Ancient Drama, The University of (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Chanter et danser dans un ch&#339;ur tragique, c'&#233;tait donc faire de la politique, agir en citoyen, et pas seulement repr&#233;senter le politique dans une distanciation mim&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors, si le masque tragique voile la singularit&#233; des visages, c'est pour mieux montrer l'&#234;tre-citoyen, qui n'a rien de fusionnel : sous le masque, les choreutes citoyens sont des semblables (&lt;i&gt;homoioi&lt;/i&gt;) et des &#233;gaux (&lt;i&gt;isoi&lt;/i&gt;). Pas des &#234;tres identiques, r&#233;duplications du M&#234;me. Chantant et pleurant, travestis en femmes, en esclaves ou encore en &#233;trangers, les choreutes exp&#233;rimentent collectivement une forme de d&#233;possession de soi, en figurant l'Autre absolu du citoyen ath&#233;nien. Toutefois, cette &#171; ali&#233;nation &#187; n'est que partielle : &#224; la suite de John Winkler, il faut souligner l'importance de la formation rectangulaire du ch&#339;ur tragique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J.J. WINKLER, , &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in Nothing to do (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En effet, cette formation correspond &#224; la position militaire d'une ligne d'hoplites, appel&#233;e la phalange. Or, selon Corn&#233;lius Castoriadis, la phalange est caract&#233;ristique de la cit&#233; d&#233;mocratique : &#171; dans la phalange, se r&#233;alisent l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233; des combattants. Achille n'aurait jamais pens&#233; se mettre au coude &#224; coude avec Thersite et le couvrir de son bouclier. Pour que la phalange soit concevable, il faut que les combattants se pensent comme &#233;gaux, pareils, pr&#234;ts &#224; se d&#233;fendre les uns les autres. La phalange est un r&#233;sultat, non pas une &#171; cause &#187; de l'imaginaire de l'&#233;galit&#233;.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. CASTORIADIS, La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Par la disposition en phalange, les choreutes inscrivent donc dans leur corps une citoyennet&#233; garantie par le rythme de la danse, alors m&#234;me que le &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; peut perdre sa toute-puissance en se dissolvant dans la plainte et le cri. Le corps dansant est ainsi le gardien de la forme (&lt;i&gt;eidos&lt;/i&gt;) citoyenne, qui est dynamique, et non pas statique : les &#233;volutions sym&#233;triques du ch&#339;ur, dans les strophes et les anti-strophes, introduisent une fracture dans le collectif qui dit &#171; je &#187;. Et c'est la parole elle-m&#234;me qui peut voir son unit&#233; &#233;branl&#233;e, fragment&#233;e comme dans l'&lt;i&gt;Agamemnon&lt;/i&gt; d'Eschyle, o&#249; chaque choreute exprime une voix distincte et singuli&#232;re, m&#234;me s'il s'agit l&#224; d'un cas extr&#234;me et unique dans le &lt;i&gt;corpus&lt;/i&gt; conserv&#233; jusqu'&#224; nous. Par sa danse et ses chants, le ch&#339;ur tragique figure donc l'unit&#233; fragile et complexe, travers&#233;e de tensions et de dissonances, et pourtant en droit toujours &lt;i&gt;harmonisable&lt;/i&gt;, qui caract&#233;rise le collectif d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Alors que la plupart des productions contemporaines qui maintiennent l'importance du ch&#339;ur tragique mettent l'accent sur sa dimension rituelle, en puisant notamment dans le riche patrimoine des cultures extra-europ&#233;ennes, la mise en sc&#232;ne des &lt;i&gt;Perses &lt;/i&gt;d'Eschyle par Claudia Bosse pr&#233;sente l'originalit&#233; d'avoir tent&#233; de r&#233;activer l'engagement citoyen du ch&#339;ur. Inspir&#233;e par les &lt;i&gt;Lehrst&#252;cke &lt;/i&gt;de Brecht &#8212; pi&#232;ces d'apprentissage plut&#244;t que platement &#171; didactiques &#187; &#8212;, Claudia Bosse pense le th&#233;&#226;tre &#171; en tant que lieu d'une p&#233;dagogie pour une pratique sociale et d'une mise &#224; l'examen de la r&#233;alit&#233; de la soci&#233;t&#233;, de ses conventions et de ses m&#233;canismes habituels.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C. BOSSE, &#171; Le th&#233;&#226;tre &#187;, livret d'accompagnement du spectacle Les Perses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Bosse se diff&#233;rencie toutefois de Brecht en voulant quitter le registre de la &lt;i&gt;mim&#232;sis&lt;/i&gt; pour investir celui de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt; pure : non plus repr&#233;senter une situation, mais la cr&#233;er, afin de mettre en crise les &#233;vidences partag&#233;es. Elle a d&#232;s lors con&#231;u avec sa compagnie un projet &#233;tal&#233; sur plusieurs ann&#233;es intitul&#233; &lt;i&gt;Trag&#246;dienproduzenten&lt;/i&gt;, &#171; Producteurs de trag&#233;dies &#187;, qui vise &#224; &#171; aborder le th&#233;&#226;tre comme une archive sociale, une mod&#233;lisation de chaque &#233;poque, qui nous confronte &#224; son syst&#232;me politique, ses mod&#232;les th&#233;&#226;traux, ses codes et ses pratiques corporelles.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid., p. 168. Pr&#233;cisons que sur ce projet, Claudia Bosse travaille en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; En montant successivement les &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt; d'Eschyle, &lt;i&gt;Coriolan&lt;/i&gt; de Shakespeare, &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt; de Racine et &lt;i&gt;Bambiland&lt;/i&gt; de Elfriede Jelinek, Claudia Bosse et son &#233;quipe visent &#224; faire du th&#233;&#226;tre un &#171; laboratoire social &#187; qui explore la singularit&#233; de l'&#233;poque &#224; laquelle appartient chacune de ces pi&#232;ces, mais toujours en prise directe sur la r&#233;alit&#233; d'aujourd'hui. Loin de tomber dans &#171; l'histoire pour antiquaires &#187; tant d&#233;cri&#233;e par Nietzsche, Claudia Bosse s'attache donc &#224; faire revivre le pass&#233; pour qu'il nous parle au pr&#233;sent. Afin d'y parvenir, elle a relev&#233; le d&#233;fi de &#171; l'invention &#187; th&#233;&#226;trale, entendue au sens &#233;tymologique du terme : &lt;i&gt;inventer&lt;/i&gt;, c'est &lt;i&gt;cr&#233;er&lt;/i&gt; un dispositif singulier pour &lt;i&gt;retrouver&lt;/i&gt; l'entrecroisement de l'aspect politique et de l'aspect esth&#233;tique propre &#224; chacune de ces pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre. Et comme il s'agit d'investir le champ de la &lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt;, &#171; inventer &#187; consiste plus pr&#233;cis&#233;ment pour Claudia Bosse &#224; construire dans la dur&#233;e et par un travail collectif la possibilit&#233; d'un &#201;v&#233;nement. Apparent paradoxe : un &#233;v&#233;nement surgit, il ne s'anticipe pas. Difficult&#233; suppl&#233;mentaire : au th&#233;&#226;tre, &#171; l'&#233;v&#233;nement &#187; prend souvent la forme d'une &#171; repr&#233;sentation &#187; d'&#233;v&#233;nement, fig&#233; dans la distanciation que lui impose la stylisation d'une mise en sc&#232;ne, si minimale soit-elle. Claudia Bosse a donc choisi de travailler en amont de la repr&#233;sentation proprement dite, en donnant le premier r&#244;le au hasard : durant l'&#233;t&#233; 2006, elle a lanc&#233;, comme une bouteille &#224; la mer, un appel &#224; 500 citoyens genevois, habitants de Gen&#232;ve sans distinction de nationalit&#233;, par voie de presse et par internet, sans savoir si ce nombre symboliquement choisi en r&#233;f&#233;rence aux membres du conseil ath&#233;nien serait atteint, sans rien pouvoir pr&#233;supposer de ceux et celles qui lui r&#233;pondraient&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ensemble du mat&#233;riel relatif &#224; cette exp&#233;rience th&#233;&#226;trale (formulaires (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Premier geste po&#233;tique et politique pour r&#233;activer, &lt;i&gt;aujourd'hui,&lt;/i&gt; le projet d&#233;mocratique ath&#233;nien : inscrire le hasard dans une logique. Un paradoxe, &#224; nouveau, celui de la &lt;i&gt;tukh&#232;&lt;/i&gt; des Grecs, par d&#233;finition imma&#238;trisable et pourtant canalis&#233;e par son inscription dans nombre de proc&#233;dures politiques de la d&#233;mocratie ath&#233;nienne : les juges et la plupart des magistrats &#233;taient tir&#233;s au sort. Le &#171; hasard &#187; assurait ainsi une v&#233;ritable r&#233;partition du pouvoir politique au sein du collectif citoyen, il instaurait une dynamique d'alternance dans les positions de gouvernants et de gouvern&#233;s, permettant ainsi de donner une signification concr&#232;te &#224; l'id&#233;e de responsabilit&#233; collective, pour nous trop souvent r&#233;duite &#224; une belle utopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pr&#232;s de deux cent cinquante personnes ont r&#233;pondu &#224; cet appel, enthousiasm&#233;es par le c&#244;t&#233; &#171; d&#233;cal&#233; &#187;, &#171; grandiose &#187;, &#171; carr&#233;ment fou &#187; du projet. Environ cent quatre-vingt sont all&#233;es jusqu'au bout, car l'engagement demand&#233; &#233;tait &#233;norme : des r&#233;p&#233;titions de trois heures, deux fois par semaine, sur une dur&#233;e de trois mois&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les r&#233;p&#233;titions ont commenc&#233; &#224; la mi-ao&#251;t 2006.&#034; id=&#034;nh3-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le projet exigeait donc d'abord de ses choreutes rigueur et discipline. R&#233;partis en dix groupes, les choreutes &#8212; dont la plupart n'avaient aucune exp&#233;rience th&#233;&#226;trale &#8212; ont &#233;t&#233; &#171; coach&#233;s &#187; par leur coryph&#233;e attitr&#233;, un acteur ou une actrice professionnels, qui se sont pour leur part essay&#233;s au &#171; m&#233;tier impossible &#187; de p&#233;dagogue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les acteurs coryph&#233;es &#233;taient Guillaume B&#233;guin, L&#233;onard Bertholet, Vincent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : difficile travail que l'harmonisation de groupes aussi h&#233;t&#233;rog&#232;nes ! De18 &#224; 80 ans, &#233;tudiants, ouvriers, cadres, ind&#233;pendants, femmes au foyer, ch&#244;meurs, retrait&#233;s, tous les &#226;ges, toutes les classes sociales, bref, toutes les couches de la population &#233;taient repr&#233;sent&#233;es, ainsi qu'une vingtaine de nationalit&#233;s. C'est ainsi qu'un second trait propre &#224; la d&#233;mocratie ath&#233;nienne a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233; par l'appel de Claudia Bosse : ce que Platon nommait sa &#171; bigarrure &#187; (&lt;i&gt;poikilia&lt;/i&gt;), un m&#233;lange indescriptible de diff&#233;rences et d'alt&#233;rit&#233;s qui semble r&#233;sister &#224; toute forme d'unification possible. Pour le philosophe, cette bigarrure marquait la limite de la d&#233;mocratie, chaotique et finalement injuste, parce que plurielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce &#171; d&#233;saccord &#187; originel, au sens musical et existentiel du terme, il a donc fallu apprendre &#224; le g&#233;rer. Long et difficile parcours, car le travail d'harmonisation est &#224; recommencer ind&#233;finiment, au fil de chaque r&#233;p&#233;tition mais aussi de chaque phase du projet : &#224; peine les membres d'un groupe ont-ils appris &#224; se conna&#238;tre et &#224; se respecter dans le plaisir de l'effort partag&#233; &#8212; mais aussi les tensions, voire les dissensions, qui les ont parfois oppos&#233;s &#8212; que tout le processus est &#224; recommencer, lors de la &#171; r&#233;union &#187; de chaque groupe avec son homologue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les groupes ayant la m&#234;me portion de texte &#224; r&#233;citer ont &#233;t&#233; scind&#233;s en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Puis, chacun de ces groupes &#171; &#233;largis &#187; a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; un autre, pour finalement aboutir, le 21 octobre 2006, &#224; la premi&#232;re r&#233;union de tous les groupes dans la formation d'un grand ch&#339;ur de 180 personnes. A l'harmonisation des voix s'est ainsi ajout&#233;e une difficult&#233; suppl&#233;mentaire : l'harmonisation des corps et celle des silences, tant dans les d&#233;placements collectifs que dans l'immobilit&#233;. Les choreutes ont en effet d&#251; apprendre l'&#233;coute silencieuse : toujours membres du ch&#339;ur &#224; part enti&#232;re mais parfois muets, il leur a fallu prendre conscience du fait que leur inscription dans la pr&#233;sence, par la seule force de leur concentration, pouvait aider &#224; porter vers le public la parole de ceux d'entre eux qui avaient &#224; dire le texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Habiter les mots, incarner les silences, dynamiser la parole, fluidifier le mouvement&#8230;Il faut ici pr&#233;ciser que tout ceci a &#233;t&#233; rendu possible par la &#171; partition &#187; compos&#233;e par Claudia Bosse. Le texte d'Eschyle a en effet &#233;t&#233; dispos&#233; dans une forme qui joue sur cinq hauteurs de ton&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;cisons que Claudia Bosse avait choisi de travailler &#224; partir de la tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette partition &#8212; qui n'est pas musicale au sens traditionnel du terme &#8212; tente d'exprimer ce que Claudia Bosse nomme une &#171; pens&#233;e phon&#233;tique &#187;. De quoi s'agit-il exactement ? Non pas seulement du sens th&#233;matis&#233;, pos&#233;, explicite, mais de ce que Claudia Bosse appelle la &#171; chor&#233;graphie de la pens&#233;e &#187; qui na&#238;t de l'encha&#238;nement syntaxique, du corps sonore des mots, de leur rythme prosodique, m&#233;trique et stylistique. Une telle &#171; chor&#233;graphie de la pens&#233;e &#187; parviendrait &#224; recr&#233;er dans le langage le rythme d'un corps de chair inscrit dans une historicit&#233; : ses gestes, ses silences, ses h&#233;sitations&#173;&#173;&#173;, dans leur sp&#233;cificit&#233; irr&#233;ductible et leur conditionnement par l'ordre de la soci&#233;t&#233;. Cette musicalit&#233; du sens reconstituerait quelque chose comme une densit&#233; charnelle dans l'&#233;paisseur des multiples couches s&#233;mantiques d'un texte. Par l'intrication des encha&#238;nements logiques et des bifurcations s&#233;mantiques, des &#233;nonc&#233;s clairs et de leurs sous-entendus, la musique du sens pourrait seule parvenir &#224; r&#233;animer la fixation &#233;crite en une parole vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, la &#171; partition &#187; de Claudia Bosse parvient-elle par sa seule forme &#224; &#233;viter l'&#233;cueil de la &#171; psychologisation &#187; des personnages tragiques, en d&#233;pla&#231;ant la perspective de l'&lt;i&gt;&#233;thos&lt;/i&gt; au &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;, du caract&#232;re du personnage &#224; la structuration du discours. Toute interpr&#233;tation du sens qui exc&#232;de l'organisation interne du texte se r&#233;v&#232;le alors non seulement superflue, mais surtout distordante. C'est que Claudia Bosse lit Eschyle comme Glenn Gould joue Bach : son &#171; interpr&#233;tation &#187; consiste plut&#244;t en un travail d'asc&#232;se qui &#233;pure au maximum toutes les &#171; arabesques &#187; et le &lt;i&gt;pathos&lt;/i&gt; surajout&#233;s pour laisser sonner la partition dans la puret&#233; et la simplicit&#233; de sa ligne m&#233;lodique originelle. Le risque est &#224; la mesure de l'ampleur du d&#233;fi : la contrainte formelle, au lieu de laisser s'&#233;panouir le sens, pourrait s'enfermer en litanie m&#233;canique. Protagonistes, coryph&#233;es et choreutes se doivent donc de maintenir la concentration maximale d'une pens&#233;e charnellement et affectivement activ&#233;e, pour que leur dire ne s'aplatisse pas en r&#233;citation phon&#233;tique. Le secret de la r&#233;ussite tient dans une mise en condition physique : un &#233;chauffement par le yoga qui varie entre une demi-heure et une heure et demie, selon qu'on est choreute ou coryph&#233;e. Claudia Bosse insiste beaucoup sur l'importance de l'ancrage des pieds dans le sol et de la tenue du bassin, afin de stabiliser la colonne d'air verticale qui donne naissance &#224; la parole, permettant ainsi de ma&#238;triser avec un maximum de pr&#233;cision la hauteur de l'&#233;mission des voyelles. Apr&#232;s les voyelles &#171; atomis&#233;es &#187;, ce sont ensuite les consonnes qui sont travaill&#233;es en squelettes consonantiques. Ces derniers sont lanc&#233;s dans diff&#233;rentes directions de l'espace et fusent comme des balles dans l'air&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, DDK pour &#171; Dadak&#232;s &#187;, l'un des nombreux noms de guerriers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, afin de parvenir &#224; une parole r&#233;ellement percutante, lorsque les choreutes passeront du niveau des groupements de lettres &#224; celui des phrases&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ainsi, les consonnes des mots &#171; chocs &#187; et &#171; coups &#187; dans les vers &#171; les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce travail analytique, extr&#234;mement minutieux, qui envisage le langage d'un point de vue brut, somatique, se doit donc d'&#234;tre toujours port&#233; par l'intention &#171; synth&#233;tique &#187; d'une pens&#233;e en train de se faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour &#234;tre complet, il faut pr&#233;ciser comment cette prononciation pensante du texte est port&#233;e par une harmonisation collective des &lt;i&gt;souffles&lt;/i&gt;. Ici aussi, le travail est d'abord physique : il s'agit d'apprendre &#224; respirer ensemble, au m&#234;me rythme. Pour comprendre la port&#233;e po&#233;tique et politique de ce travail sur la respiration, il me semble important d'&#233;voquer les Journ&#233;es LOGOS, organis&#233;es en septembre 2006 par Mich&#232;le Pralong et Maya B&#246;sch, les deux nouvelles directrices du Gr&#252;tli, pour &#171; lancer &#187; leur premi&#232;re saison, tout enti&#232;re consacr&#233;e &#224; la trag&#233;die grecque. Nous &#233;tions avertis par le programme qu'une lecture d'extraits d'H&#233;rodote retra&#231;ant le contexte des guerres m&#233;diques aurait lieu, mais sans que la modalit&#233; de cette lecture ait &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;e. Soudain, une voix s'est &#233;lev&#233;e, puis une autre lui a succ&#233;d&#233;, et la lecture s'est ainsi peu &#224; peu construite, collectivement. Or, les &#171; lecteurs &#187; &#233;taient choisis au hasard parmi toute l'assistance, dans le moment m&#234;me, par Claudia Bosse se promenant avec un micro dans le public. Etrangement, nous nous sommes tous implicitement et sans y r&#233;fl&#233;chir, calqu&#233;s sur le &lt;i&gt;tempo&lt;/i&gt; de la premi&#232;re personne qui avait lu, relativement lent. Et les lectures se sont encha&#238;n&#233;es de fa&#231;on fluide, comme si cet encha&#238;nement avait &#233;t&#233; travaill&#233;. Le r&#244;le structurant du rythme est ainsi apparu avec force : le &lt;i&gt;tempo&lt;/i&gt; a permis de construire une unit&#233; au travers de la multiplicit&#233; et de la diversit&#233; des voix et des accents des personnes en pr&#233;sence. Unit&#233; du rythme : &lt;i&gt;harmonie oscillante&lt;/i&gt;, qui maintient en elle la pluralit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'emprunte cette expression &#224; Castoriadis, qui traduit par l&#224; une tournure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les rencontres avec les acteurs ont permis de pr&#233;ciser l'importance des silences dans ce travail unificateur du rythme. Dans la &#171; partition &#187; des &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt;, il y a beaucoup de silences : brefs entre chaque vers, plus longs entre les strophes. Lorsque j'ai demand&#233; &#224; un acteur s'il y avait un &#171; chef &#187; qui donnait le signal de la reprise, ou si une notation &#233;crite indiquait le nombre de temps &#224; compter avant de reprendre, ce dernier m'a r&#233;pondu qu'il y avait une sorte d&lt;i&gt;'accord implicite &lt;/i&gt;qui s'&#233;tablissait entre eux, comme une alchimie, une reprise spontan&#233;ment synchronis&#233;e, &#224; force de r&#233;p&#233;ter tous ensemble ce texte. Une choreute me l'a par la suite magnifiquement r&#233;sum&#233; : &#171; on s'&#233;coute respirer &#187;. On a l&#224; un beau t&#233;moignage de l'importance &lt;i&gt;po&#233;tico-politique&lt;/i&gt; du rythme, au sens o&#249; ce dernier cr&#233;e une harmonie collective &#224; un niveau pr&#233;-r&#233;flexif, qui peut g&#233;n&#233;rer un rythme du penser, commun et pourtant fonction de la sp&#233;cificit&#233; de chacun : &#224; chaque collectif son &#171; rythme &#187;, dans ses modulations. Si ce rythme est dans le cas pr&#233;sent essentiellement po&#233;tique, on a vu qu'il devait &#234;tre port&#233; par une pens&#233;e incarn&#233;e du texte. Et cette fonction m&#233;diatrice du corps pensant se retrouve au niveau politique, dans l'actualisation de ce que les Grecs appelaient la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;. Souvent traduite par &#171; prudence &#187;, la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt; fait plus pr&#233;cis&#233;ment r&#233;f&#233;rence &#224; une intelligence en situation, qui parvient &#224; mettre en pratique une d&#233;lib&#233;ration et &#224; actualiser le juste dans un choix politique, un discours ou un acte, toujours relativement au contexte de chaque situation donn&#233;e. Ainsi, la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt;, vertu du politique, n'est pas une norme absolue mais une donn&#233;e essentiellement changeante et contingente. L'actualisation du juste n&#233;cessite donc que se r&#233;anime dans chaque occasion le &lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt; citoyen &#233;voqu&#233; par Sophocle dans l'extrait suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aux dieux seuls n'adviennent ni la vieillesse ni la mort ; tout le reste subit le temps tout-puissant. La force de la terre s'&#233;puise comme celle du corps. La confiance se meurt, le soup&#231;on grandit, et ce n'est plus le m&#234;me souffle (&lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt;) qui toujours va entre les hommes en relation d'amiti&#233;, non plus que d'une cit&#233; &#224; une autre.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sophocle, &#338;dipe &#224; Colone, v. 607-613, traduction dans C. HERRENSCHMIDT, &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, le terme grec &lt;i&gt;pneuma&lt;/i&gt; signifie &#224; la fois le &#171; souffle &#187; et &#171; l'esprit &#187;. S'&#233;couter respirer, pour apprendre &#224; respirer ensemble, c'est donc aussi s'&#233;couter pour apprendre &#224; &lt;i&gt;penser ensemble&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La confirmation du r&#244;le central jou&#233; par le rythme et la respiration dans la cr&#233;ation d'une communaut&#233;, m'a &#233;t&#233; donn&#233;e le jour de la g&#233;n&#233;rale. Comment allait se concr&#233;tiser la prise de parole collective d'un ch&#339;ur dont les membres avaient jusqu'alors travaill&#233; en petits groupes de dix &#224; vingt personnes ? Assisterions-nous &#224; l'apparition de cet &#171; &#234;tre immense dot&#233; de poumons surnaturels &#187; dont parle Nietzsche ? Et comment pr&#233;voir l'harmonisation g&#233;n&#233;rale des parties chorales en fran&#231;ais avec les r&#233;pliques des quatre protagonistes, s'exprimant dans un allemand retravaill&#233; pour r&#233;activer les structures syntaxiques du grec ancien ? Un v&#233;ritable dialogue dans le bilinguisme pourrait-il se cr&#233;er ou allions-nous revenir &#224; Babel, au chaos de la confusion des langues, signe de la chute dans le multiple et de la perte de l'unicit&#233; originelle ? Parmi les choreutes, l'excitation et la curiosit&#233; &#233;taient intenses, mais aussi l'angoisse du r&#233;sultat final. Et l'&#201;v&#233;nement a surgi, en se d&#233;veloppant &lt;i&gt;crescendo&lt;/i&gt;. D'abord, il y a eu le soulagement de la production de la parole : le texte &#233;tait parfaitement audible et compr&#233;hensible. Puis, l'&#233;tonnement de la coordination des souffles : les reprises apr&#232;s les pauses &#233;taient en g&#233;n&#233;ral bien synchronis&#233;es. C'est dans l'espace que s'est alors mat&#233;rialis&#233;e l'&#233;motion : dispos&#233;s en deux lignes se faisant face, tels des Grecs et des Perses se d&#233;fiant, les choreutes devaient intervertir leurs positions. Ce simple mouvement a cr&#233;&#233; l'ondulation hypnotique d'un flux humain, incarnation vivante de la mer, si pr&#233;sente dans le texte d'Eschyle pour dire la multitude innombrable des guerriers perses morts au combat&#8230;et la fragilit&#233; des positions de &#171; vainqueurs &#187; et de &#171; vaincus &#187;, si facilement r&#233;versibles. La beaut&#233; globale du mouvement, r&#233;alis&#233;e au travers de sa r&#233;appropriation par chacun, &#224; son propre rythme, nous l'avions d&#233;couverte la veille, lors de la r&#233;p&#233;tition d'un sous-groupe d'une quarantaine de personnes. Il s'agissait pour tous les choreutes de se coucher et de rester dans cette position, durant le terrible r&#233;cit du messager d&#233;crivant le d&#233;sastre perse. Chacun avait r&#233;alis&#233; ce mouvement &#224; l'aune de ses capacit&#233;s physiques, qui se relevant d'un seul bloc, qui d&#233;roulant toutes les parties de son corps, qui en ressentant la vigueur de sa jeunesse, qui la douleur de ses rhumatismes. Et ce d&#233;ploiement des possibles humains, fonctions de l'&#226;ge, de la sant&#233;, de l'&#233;tat du moment, a &#233;t&#233; comme un condens&#233; d'humanit&#233;, d&#233;voilant dans le m&#234;me geste notre force et notre faiblesse, par l'incarnation de la temporalit&#233; inscrite au c&#339;ur de chacun d'entre nous : les bien portants ne le seront pas &#233;ternellement, et tous les vieux ont un jour &#233;t&#233; jeunes &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin, quelque chose comme la gr&#226;ce a surgi lors du &lt;i&gt;kommos&lt;/i&gt; final entre le ch&#339;ur et Xerx&#232;s, le roi perse vaincu, seul responsable de la destruction de toute son arm&#233;e, incapable qu'il fut, dans sa solitude despotique, d'actualiser la &lt;i&gt;phron&#232;sis&lt;/i&gt; et de d&#233;jouer la ruse des Ath&#233;niens. On a assist&#233; &#224; quelque chose comme un &#233;change d'&#233;nergies, tant la douleur du deuil, manifest&#233;e par les cris, circulait comme un courant palpable, entre cet homme seul, nu, perch&#233; sur les hauteurs de sa d&#233;mesure, et la foule &#224; ses pieds, g&#233;missant d'une seule voix. Dans cette manifestation extr&#234;me du d&#233;sespoir total, au c&#339;ur du vide g&#233;n&#233;r&#233; par la perte d'&#234;tres chers, quelque chose a vraiment eu lieu : la co&#239;ncidence parfaite du personnage fictionnel et du choreute r&#233;el, de tous et chacun dans le ressentir affectif, charnel et intellectuel de la finitude humaine, notre commune mortalit&#233;, qui aplanit toutes les diff&#233;rences. Inspirants &#224; pleins poumons, inspir&#233;s par l'&#233;lan collectif, choreutes et spectateurs ont &#171; compris &#187; une parole vieille de 2500 ans, travers&#233;s par sa force : ne plus tenir qu'&#224; un souffle, mais porter en soi, bien vivant, le souffle citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En guise de conclusion, j'aimerais &#233;voquer plusieurs questions suscit&#233;es par cette tentative de faire revivre un ch&#339;ur de citoyens aujourd'hui : comment un texte au d&#233;part &#171; incompr&#233;hensible &#187;, voire &#171; barbant &#187;, pour la plupart des choreutes a-t-il pu devenir &#171; fascinant &#187;, &#171; li&#233; &#224; quelque chose qu'on vit &#187;, au point de susciter des &#171; sensations de d&#233;mocratie &#187;, une passion pour la Gr&#232;ce antique, et d'&#234;tre &#224; l'origine d'improbables rencontres dont certaines se sont transform&#233;es en amiti&#233;s v&#233;ritables&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes ces expressions sont tir&#233;es des interviews des choreutes, reproduites (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ? Et comment a-t-on pu assister &#224; la m&#233;tamorphose du &#171; ch&#339;ur frustr&#233;, comme toujours &#187;, de Peter Weiss, en &#171; ch&#339;ur combl&#233; &#187;, mais confront&#233; &#224; des spectateurs souvent dubitatifs, voire, pr&#233;cis&#233;ment, &#171; frustr&#233;s &#187; ? En effet, plusieurs d'entre eux ont exprim&#233; la sensation de s'&#234;tre sentis &#171; exclus &#187;, d'un spectacle qui ne leur aurait pas &#233;t&#233; adress&#233;. Ceci peut sembler &#233;trange : les &#171; spectateurs &#187; n'en &#233;taient pas vraiment, m&#233;lang&#233;s aux choreutes dans un seul et m&#234;me espace, les uns et les autres &#233;tant au premier abord indiscernables, puisque les choreutes &#233;taient en tenue de ville. Noy&#233;s dans la masse, ces spectateurs ont-ils pris peur ? Est-ce pr&#233;cis&#233;ment cette configuration, qui visait &#224; leur faire int&#233;grer le plus possible le ch&#339;ur, qui les a perturb&#233;s ? Le pari de faire entendre un texte aussi ancien dans une mise en sc&#232;ne ultra-contemporaine, en rompant tous les codes traditionnels de la repr&#233;sentation th&#233;&#226;trale, en m&#233;langeant l'allemand et le fran&#231;ais, &#233;tait-il trop audacieux, voire, &#233;litiste ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mon hypoth&#232;se est que cette &#171; frustration &#187; s'ancre dans la rupture de la musique du sens, li&#233;e &#224; une dysharmonie des respirations entre choreutes et spectateurs. En effet, plusieurs choreutes ont exprim&#233; la &#171; g&#234;ne &#187; que leur occasionnait la pr&#233;sence des spectateurs, en les emp&#234;chant, par leur seule pr&#233;sence parmi eux, de bien entendre la respiration collective et occasionnant donc des &#171; rat&#233;s &#187; dans la synchronisation de la parole. En miroir, il faut souligner que la diction extr&#234;mement hach&#233;e du texte rendait impossible une &#233;coute focalis&#233;e sur la fluidit&#233; du sens. Seuls les spectateurs qui ont accept&#233; de l&#226;cher prise, en faisant passer la compr&#233;hension intellectuelle au second plan, pour se laisser porter par ce qui se passait &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;, ont pu &#234;tre &#233;motionnellement affect&#233;s. Lors du r&#233;cit du messager, plusieurs se sont ainsi couch&#233;s avec les choreutes, nous signifiant apr&#232;s le spectacle la forte &#233;motion qui les avait envahis, au milieu de tous ces corps &#233;tendus : rester debout leur avait sembl&#233; intol&#233;rable, li&#233; &#224; une position &#233;crasante de vainqueurs. D'o&#249; leur d&#233;cision de se coucher, ou simplement, de s'asseoir, pour communier dans le deuil. Harmonisation des rythmes de l'&#226;me par la position des corps. Lors du &lt;i&gt;kommos&lt;/i&gt; final, les choreutes pouvaient garder leurs partitions. Certains spectateurs sont venus lire par-dessus une &#233;paule, certains ont os&#233; dire le texte &#224; haute voix. Lors des d&#233;placements massifs du ch&#339;ur, des spectateurs ont &#171; r&#233;sist&#233; &#187; au flux, en n'acceptant pas de se laisser d&#233;loger de leur place, for&#231;ant donc les choreutes &#224; modifier leur trajectoire pour les contourner. Ces diverses r&#233;actions n&#233;cessitaient un engagement actif de la part du spectateur : le choix d'agir, de se mettre en risque, en quittant la place neutre et confortable du spectateur passif, pour devenir un co-actant de la performance. Peu ont eu cette audace. La performance des &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt; aura ainsi eu un grand m&#233;rite : oser proposer aux choreutes et aux spectateurs de s'affronter &#224; l'harmonisation des rythmes de l'&#226;me. Travail interminable qui a nom : d&#233;mocratie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'exp&#233;rience artistique et d&#233;mocratique du ch&#339;ur citoyen est actuellement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H.P. FOLEY, &#171; Envisioning the Tragic Chorus on the Modern Stage &#187;, &lt;i&gt;Visualizing the Tragic. Essays in Honor of Froma Zeitlin&lt;/i&gt;, &#233;d. C. Kraus, S. Goldhill, H.P. Foley and J. Elsner, Oxford, Oxford University Press, 2007, pp. 353-378.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 354.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 358.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;F. NIETZSCHE, &#171; Das griechische Musikdrama &#187;, in &lt;i&gt;S&#228;mtliche Werke : kritische Studienausgabe, &lt;/i&gt;G. Colli et M. Montinari (&#233;d.), Bd 1, Berlin-New York, De Gruyter, 1980, pp. 15-16 : &#171; ein ungeheures, mit &#252;bernat&#252;rlicher Lunge begabtes Einzelwesen &#187; . La traduction de l'&#233;dition fran&#231;aise des &#339;uvres compl&#232;tes de Nietzsche par J.L. Backes, M. Haar et M. B. de Launay fait &#233;trangement dispara&#238;tre cette r&#233;f&#233;rence aux poumons, en la rempla&#231;ant par une abstraction ind&#233;termin&#233;e : &#171; un &#234;tre unique, immense, dou&#233; d'un &lt;i&gt;pouvoir&lt;/i&gt; surnaturel &#187; (p. 25).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;S. KLIMIS, &lt;i&gt;Arch&#233;ologie du sujet tragique&lt;/i&gt;, Paris, Kim&#233;, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;E. CSAPO et W.J. SLATER, &lt;i&gt;The Context of Ancient Drama&lt;/i&gt;, The University of Michigan Press, 1995, p. 352.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J.J. WINKLER, , &#171; The Ephebes'Song : Tragoidia and Polis &#187;, in &lt;i&gt;Nothing to do with Dionysos ? Athenian Drama in its Social Context, &lt;/i&gt;&#233;d. J.J. WINKLER et F. ZEITLIN, Princeton, Princeton University Press, 1990,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;pp. 50-58. Voir aussi E. CSAPO et W.J. SLATER, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 353.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. CASTORIADIS, &lt;i&gt;La mont&#233;e de l'insignifiance. Les carrefours du labyrinthe, IV&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1996, p. 188.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C. BOSSE, &#171; Le th&#233;&#226;tre &#187;, livret d'accompagnement du spectacle &lt;i&gt;Les Perses&lt;/i&gt; d'Eschyle, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 177.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 168. Pr&#233;cisons que sur ce projet, Claudia Bosse travaille en &#233;troite collaboration avec Christine Standfest, Gerald Singer, Doris Uhlich et Andreas G&#246;lles. Pour plus d'informations, voir le site du Theatercombinat de Vienne : &lt;a href=&#034;http://www.theatercombinat.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.theatercombinat.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'ensemble du mat&#233;riel relatif &#224; cette exp&#233;rience th&#233;&#226;trale (formulaires d'inscription, interviews des choreutes et des coryph&#233;es, photos de r&#233;p&#233;titions, partitions du ch&#339;ur, etc.) peut &#234;tre consult&#233; sur le site du th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli de Gen&#232;ve : &lt;a href=&#034;http://www.grutli.ch/lesperses/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.grutli.ch/lesperses/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les r&#233;p&#233;titions ont commenc&#233; &#224; la mi-ao&#251;t 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les acteurs coryph&#233;es &#233;taient Guillaume B&#233;guin, L&#233;onard Bertholet, Vincent Coppey, Chine Curchod, Jean-Louis Johannid&#232;s, Marie-Eve Mathey-Doret, Jacqueline Ricciardi, Anne-Fr&#233;derique Rochat et Delphine Rosay.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Les groupes ayant la m&#234;me portion de texte &#224; r&#233;citer ont &#233;t&#233; scind&#233;s en deux, afin de travailler en effectifs r&#233;duits pour l'apprentissage de base du texte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pr&#233;cisons que Claudia Bosse avait choisi de travailler &#224; partir de la tr&#232;s belle traduction de Myrto Gondicas et Pierre Judet de la Combe, &lt;i&gt;Les Perses&lt;/i&gt;, Chamb&#233;ry, Comp'Act, 2000, pour les parties chorales, et de la traduction allemande de Peter Witzmann, &lt;i&gt;Die Perser&lt;/i&gt;, Berlin, Hentrich, 1991, pour les parties dialogu&#233;es, les protagonistes &#233;tant jou&#233;s par les acteurs professionnels de sa compagnie viennoise.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par exemple, DDK pour &#171; Dadak&#232;s &#187;, l'un des nombreux noms de guerriers perses qui pars&#232;ment le texte d'Eschyle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ainsi, les consonnes des mots &#171; cho&lt;strong&gt;c&lt;/strong&gt;s &#187; et &#171; &lt;strong&gt;c&lt;/strong&gt;oups &#187; dans les vers &#171; les navires les ont an&#233;antis-Totoi !-les navires par les chocs funestes et sous les coups des Ioniens &#187;, doivent venir frapper l'oreille et rendre pr&#233;sent le marasme perse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'emprunte cette expression &#224; Castoriadis, qui traduit par l&#224; une tournure du fr. 51 d'H&#233;raclite (&lt;i&gt;palintropos harmoni&#232;&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sophocle, &#338;dipe &#224; Colone&lt;/i&gt;, v. 607-613, traduction dans C. HERRENSCHMIDT, &#171; Quelques questions juives et grecques &#187;, in &lt;i&gt;L'Orient ancien et nous. L'&#233;criture, la raison, les dieux&lt;/i&gt; (en collaboration avec J. BOTTERO et J.P. VERNANT), Paris, Albin Michel, 1996, p. 178.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Toutes ces expressions sont tir&#233;es des interviews des choreutes, reproduites dans le livret d'accompagnement des repr&#233;sentations et consultables sur le site internet du th&#233;&#226;tre du Gr&#252;tli.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'exp&#233;rience artistique et d&#233;mocratique du ch&#339;ur citoyen est actuellement renouvel&#233;e &#224; Braunschweig en Allemagne, avec un ch&#339;ur de 500 personnes. Les repr&#233;sentations auront lieu du 06 au 10 juin 2008 et seront accompagn&#233;es d'une s&#233;rie de conf&#233;rences et de workshops destin&#233;s tant aux choreutes qu'aux spectateurs. Pour plus d'informations, voir le site &lt;a href=&#034;http://www.theaterformen.de/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.theaterformen.de/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Affects, finalit&#233;s et significations imaginaires : construire/configurer un eidos du social-historique selon Castoriadis
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article986</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article986</guid>
		<dc:date>2013-09-22T16:42:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sophie Klimis
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans R. Gely et L. Van Eynde (&#233;d.) Affectivit&#233;, imaginaire et Cr&#233;ation Sociale, Bruxelles, Publications de l'universit&#233; Saint-Louis, 2010, p. 13-42. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. Dans le cadre de cette communication, je souhaiterais d&#233;chiffrer le choix de la parataxe &#171; affectivit&#233;, imaginaire, cr&#233;ation sociale &#187;, comme une invitation &#224; interroger les diff&#233;rentes mani&#232;res dont il est possible d'articuler les &#233;l&#233;ments ainsi (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique25" rel="directory"&gt;Philosophie
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans R. Gely et L. Van Eynde (&#233;d.) &lt;i&gt;Affectivit&#233;, imaginaire et Cr&#233;ation Sociale&lt;/i&gt;, Bruxelles, Publications de l'universit&#233; Saint-Louis, 2010, p.
13-42. Nous remercions Sophie Klimis de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1376 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/pdf/sophie_klimis_eidoscapitalisme.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 336.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1779450480' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Dans le cadre de cette communication, je souhaiterais d&#233;chiffrer le
choix de la parataxe &#171; affectivit&#233;, imaginaire, cr&#233;ation sociale &#187;,
comme une invitation &#224; interroger les diff&#233;rentes mani&#232;res dont il est
possible d'articuler les &#233;l&#233;ments ainsi &#233;num&#233;r&#233;s, et donc de les configurer selon un certain type d'unit&#233;. Il est en effet frappant de constater
la difficult&#233; &#224; organiser cette configuration en respectant son caract&#232;re
tripartite, sans surd&#233;terminer un terme comme principe organisateur,
et donc sans infl&#233;chir l'ensemble de la configuration dans sa direction. D&#232;s lors, il m'a sembl&#233; que la caract&#233;risation du social-historique par
Castoriadis comme &#233;tant un processus de cr&#233;ation et de destruction
d'&lt;i&gt;eid&#232;&lt;/i&gt; &#8211; c'est-&#224;-dire de formes entendues comme unit&#233;s dynamiques &#8211;
qui articulent des significations imaginaires, des repr&#233;sentations, des
institutions, des intentions et des affects, pouvait fournir un cadre de
recherche f&#233;cond. Dans un premier temps, je vais bri&#232;vement pr&#233;senter la sp&#233;cificit&#233; du social-historique comme mode d'&#234;tre. Dans un second temps, j'&#233;tudierai un cas particulier de cr&#233;ation social- historique, en m'attachant &#224; d&#233;gager l'&lt;i&gt;eidos &lt;/i&gt; du capitalisme, tel que Castoriadis le pr&#233;sente dans diff&#233;rents textes. Enfin, &#224; partir de l'&lt;i&gt;eidos &lt;/i&gt; de la cr&#233;ation social-historique grecque, j'esquisserai quelques propositions pour r&#233;activer aujourd'hui ce que Castoriadis avait nomm&#233; le projet d'autonomie individuelle et collective.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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