<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Rhuthmos</title>
	<link>https://www.rhuthmos.eu/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=241&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Rhuthmos</title>
		<url>https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L101xH101/favico-9e775.png?1711303950</url>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/</link>
		<height>101</height>
		<width>101</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>L'espace et le temps. Approches en philosophie, math&#233;matiques et physique &#8211; Pr&#233;face
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1323</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1323</guid>
		<dc:date>2014-10-03T16:18:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Bouriau et al.
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;C. Bouriau et al., &#171; Pr&#233;face &#187; dans L'espace et le temps. Approches en philosophie, math&#233;matiques et physique, Paris, Kim&#233;, 2011, 254 p. Paru dans la revue Philosophia Scienti&#230; n&#176; 3/ 2011 (15-3), p. 9-16. &#201;galement accessible ici. Nous remercions Christophe Bouriau de nous avoir donn&#233; l'autorisation de reproduire ce texte sur RHUTHMOS. Ce volume fait suite &#224; un colloque qui s'est tenu les 25 et 26 mars 2010 &#224; la facult&#233; des Sciences et Techniques de l'universit&#233; Henri Poincar&#233; de Nancy. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique72" rel="directory"&gt;Physique
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;C. Bouriau&lt;/i&gt; et al., &lt;i&gt;&#171; Pr&#233;face &#187; dans &lt;/i&gt; L'espace et le temps. Approches en philosophie, math&#233;matiques et physique, &lt;i&gt;Paris, Kim&#233;, 2011, 254 p. Paru dans la revue&lt;/i&gt; Philosophia Scienti&#230; &lt;i&gt;n&#176; 3/ 2011 (15-3), p. 9-16. &#201;galement accessible &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-philosophia-scientiae-2011-3-page-9.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;. Nous remercions Christophe Bouriau de nous avoir donn&#233; l'autorisation de reproduire ce texte sur RHUTHMOS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce volume fait suite &#224; un colloque qui s'est tenu les 25 et 26 mars 2010 &#224; la facult&#233; des Sciences et Techniques de l'universit&#233; Henri Poincar&#233; de Nancy. L'objectif &#233;tait de faire se rencontrer philosophes, historiens des sciences, physiciens et math&#233;maticiens autour de la question de la nature de l'espace et du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette question conna&#238;t ind&#233;niablement un important regain d'int&#233;r&#234;t dans la communaut&#233; scientifique. Y r&#233;pondre est devenu, pour de nombreux physiciens, primordial dans la construction d'une th&#233;orie quantique de la gravitation, dernier&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2046 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L204xH298/scie_153_l204-2f55b.jpg?1711382602' width='204' height='298' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#233;chelon, pense-t-on, avant d'acc&#233;der &#224; une th&#233;orie unifi&#233;e de la nature inerte. Le questionnement d&#233;passe largement le processus d'investigation normal du physicien th&#233;oricien. La capacit&#233; des &#233;quations &#224; nous r&#233;v&#233;ler ce qu'elles savent de l'espace-temps semble s'&#234;tre maintenant &#233;puis&#233;e et l'heure est revenue pour le physicien de se tourner vers le philosophe. On se pla&#238;t &#224; imaginer Einstein dans une situation analogue il y a un peu plus d'un si&#232;cle. Conscient des limitations de la physique classique h&#233;rit&#233;e de Newton, il comprend qu'il doit revenir sur les concepts les plus fondamentaux sur lesquels se fonde la th&#233;orie. Sa r&#233;flexion l'am&#232;ne &#224; une nouvelle d&#233;finition du concept de simultan&#233;it&#233;. Dans l'article fameux de 1905, Einstein pr&#233;sente brillamment sa nouvelle th&#233;orie relativiste comme une cons&#233;quence logique de cette nouvelle d&#233;finition. On se pla&#238;t donc &#224; r&#234;ver, qu'un si&#232;cle plus tard, une nouvelle red&#233;finition des concepts d'espace et de temps permettra de donner une nouvelle impulsion &#224; la recherche en physique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'espace et le temps n'ont pourtant jou&#233; pendant longtemps qu'un r&#244;le secondaire en physique. R&#233;miniscences du monde supra-lunaire immuable d'Aristote, espace et temps sont absolus dans la physique newtonienne. Simple contenants pour la mati&#232;re, ils ne tiennent qu'un second r&#244;le de spectateurs. L'espace est traditionnellement pr&#233;sent&#233; comme le th&#233;&#226;tre dans lequel se jouent les &#233;v&#233;nements physiques. L'encha&#238;nement de ces &#233;v&#233;nements se fera avec la m&#234;me r&#233;gularit&#233; pour tous les observateurs, ind&#233;pendamment de leur position et de leur vitesse. La grande f&#233;condit&#233; de la physique newtonienne tient au fait qu'espace et temps ont gagn&#233; au cours du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle une structure math&#233;matique. La position spatiale est maintenant quantifi&#233;e par les coordonn&#233;es cart&#233;siennes. &#192; l'axe temporel viennent s'ajouter trois axes spatiaux, m&#234;me si la direction du premier par rapport aux trois autres est relative puisque d&#233;pendante de l'observateur. La m&#233;canique livre la connaissance de la trajectoire qui lie les coordonn&#233;es spatiales des points mat&#233;riels avec le temps. D&#233;j&#224; une relativit&#233; galil&#233;enne met en relation la perception de l'espace par diff&#233;rents observateurs. Les coordonn&#233;es cart&#233;siennes mesur&#233;es par chacun d'entre eux sont reli&#233;es par des transformations galil&#233;ennes faisant explicitement intervenir le temps. Disjoints, espace et temps n'en sont donc pas moins indissociables en m&#233;canique newtonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le bel &#233;difice th&#233;orique r&#233;siste vaillamment &#224; l'&#233;preuve du temps. &#192; la fin du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, aucun ph&#233;nom&#232;ne physique ne semble d&#233;sormais hors d'atteinte de l'approche newtonienne. La conception sous-jacente d'espace et de temps appara&#238;t incontournable pour les physiciens mais aussi pour les philosophes. Kant conf&#232;re &#224; l'espace et au temps le statut particulier de donn&#233;es intuitives a priori de l'entendement humain. Non seulement la nature, mais aussi notre mani&#232;re de l'appr&#233;hender, sont construites autour de l'espace et du temps tels que les d&#233;crit Newton. Les nouveaux champs d'investigation de la physique au cours de la premi&#232;re moiti&#233; du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ne viennent pas troubler cette situation idyllique. L'&#233;mergence de la thermodynamique montre n&#233;anmoins qu'une th&#233;orie physique efficace peut pr&#233;senter une structure diff&#233;rente de la m&#233;canique newtonienne. En outre, en introduisant une asym&#233;trie entre les deux sens possibles d'&#233;coulement du temps, le second principe semble rec&#233;ler une explication physique possible &#224; l'&#233;coulement du temps qui viendrait compl&#233;ter la conception newtonienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La d&#233;couverte des g&#233;om&#233;tries non-euclidiennes vient obscurcir un tableau trop parfaitement dress&#233;. On presse la philosophie kantienne de justifier le r&#244;le particulier qu'elle attribue &#224; l'espace et au temps. La description newtonienne est examin&#233;e en d&#233;tail. On s'interroge, comme le fait en particulier Henri Poincar&#233;, sur la pertinence d'une g&#233;om&#233;trie plut&#244;t qu'une autre pour d&#233;crire les ph&#233;nom&#232;nes physiques. La th&#233;orie de l'&#233;lectromagn&#233;tisme propos&#233;e par Maxwell vient troubler un peu plus encore les certitudes des newtoniens. L'interaction &#233;lectromagn&#233;tique ne se propage plus &#224; distance et de mani&#232;re instantan&#233;e mais est transport&#233;e par des champs. Contrairement &#224; la physique newtonienne, la nouvelle th&#233;orie n'est pas invariante sous les transformations de Galil&#233;e mais sous celles de Lorentz. Une r&#233;volution balaie le petit monde de la physique th&#233;orique. Newton s'efface devant Einstein. Espace et temps sont d&#233;sormais totalement indissociables et jouent un r&#244;le actif dans la transmission de l'interaction gravitationnelle. C'est parce que toute masse courbe localement l'espace-temps et que cette courbure peut se propager au sein du tissu spatio-temporel qu'une acc&#233;l&#233;ration est ressentie &#224; distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'onde de choc provoqu&#233;e par la r&#233;volution einsteinienne n'a pas encore d&#233;pass&#233; le cercle des experts qu'une nouvelle secousse se profile d&#233;j&#224; &#224; l'horizon. Une nouvelle physique s'impose aux chercheurs s'int&#233;ressant aux ph&#233;nom&#232;nes &#224; l'&#233;chelle atomique. On y d&#233;couvre un monde &#233;trange qui a bien peu &#224; voir avec le monde macroscopique. L'&#233;lectron, qu'on imaginait bien volontiers comme une particule ponctuelle, semble se diluer dans l'espace et, &#224; la mani&#232;re d'une onde, interf&#232;re avec les autres &#233;lectrons et avec lui-m&#234;me. Pire encore, la nature ne consent pas &#224; r&#233;v&#233;ler simultan&#233;ment sa position et sa vitesse. La physique est maintenant &#224; l'&#233;troit dans l'espace-temps d'Einstein. La douce courbure provoqu&#233;e par la distribution de la mati&#232;re laisse place &#224; une intense agitation &#224; l'&#233;chelle de Planck. La relativit&#233; g&#233;n&#233;rale se r&#233;v&#232;le inadapt&#233;e &#224; la quantification : les fluctuations quantiques d&#233;stabilisent l'&#233;difice th&#233;orique. Comme au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle approche fait son chemin parmi les physiciens. Les pistes sont nombreuses : th&#233;orie des cordes, g&#233;om&#233;trie non-commutative, th&#233;orie des boucles quantiques. Chacune met en avant une nouvelle conception de l'espace-temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le pr&#233;sent volume souhaite faire partager les r&#233;flexions de divers sp&#233;cialistes, physiciens, math&#233;maticiens, philosophes, historiens des sciences, touchant les repr&#233;sentations de l'espace et du temps du XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, qui toutes abordent de mani&#232;re plus ou moins directe le probl&#232;me g&#233;n&#233;ral suivant : l'espace et le temps sont-ils de simples id&#233;alit&#233;s conventionnelles, de simples instruments th&#233;oriques modifiables selon leur champ d'application, ou bien d&#233;notent-ils quelque chose dans la r&#233;alit&#233; ? Leur nature respective s'impose-t-elle &#224; notre pens&#233;e ou bien sommes-nous libres de les concevoir et d&#233;finir comme nous le voulons, pourvu que ces conceptions et d&#233;finitions soient th&#233;oriquement f&#233;condes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'article d'Olivier Bruneau montre l'importance de Newton pour Colin Maclaurin, qui &#224; l'aide notamment de concepts consid&#233;r&#233;s aujourd'hui comme fictionnels, ceux du temps et de l'espace absolus newtoniens, parvient &#224; traiter efficacement la question de la figure de la Terre. Certes, l'espace et le temps absolus ne sont pas des fictions pour Newton ; il semble en revanche que pour Maclaurin, l'important r&#233;side davantage dans la valeur op&#233;ratoire de ces notions plut&#244;t que dans leur &#233;ventuelle r&#233;alit&#233; ontique. Il est int&#233;ressant d'observer ici qu'une approche fictionnaliste de l'espace et du temps, o&#249; l'on se contente de raisonner &#171; comme si &#187; ces notions d&#233;notaient quelque chose dans la r&#233;alit&#233;, permet n&#233;anmoins un traitement correct des ph&#233;nom&#232;nes. Il reviendra &#224; Hans Vaihinger, auteur de la fameuse &lt;i&gt;Philosophie du comme si&lt;/i&gt; (1911) et attentif lecteur de Newton, de manifester la f&#233;condit&#233; d'une telle conception des outils scientifiques : ce n'est pas parce qu'une notion est d&#233;pourvue de corr&#233;lat r&#233;el qu'elle doit &#234;tre rejet&#233;e, car elle peut &#234;tre utile, voire indispensable au traitement correct de la r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans une optique &#233;galement id&#233;aliste et conventionnaliste, Louis Allix se propose &#224; travers diverses exp&#233;riences de pens&#233;e de montrer qu'en faisant varier certaines propositions g&#233;n&#233;rales touchant les traits caract&#233;ristiques de l'espace, du temps, et de la causalit&#233;, il deviendrait possible de r&#233;soudre &#224; nouveaux frais des &#233;nigmes classiques telles que la fl&#232;che de Z&#233;non, Achille et la tortue ou le bateau de Th&#233;s&#233;e. L'article a ainsi le m&#233;rite de montrer que la mani&#232;re dont nous posons certains probl&#232;mes th&#233;oriques et concevons leur solution d&#233;pend de certaines d&#233;cisions, le plus souvent implicites, concernant la nature de l'espace et du temps. Il pose aussi la question tr&#232;s int&#233;ressante de savoir si ces variations contre-intuitives inflig&#233;es aux repr&#233;sentations communes de l'espace et du temps ne pourraient pas malgr&#233; tout &#234;tre compatibles avec certaines exp&#233;riences de la r&#233;alit&#233;. De mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, l'article soul&#232;ve la question de notre libert&#233; par rapport aux concepts d'espace et de temps : sommes-nous libres de les d&#233;finir comme nous le voulons, en nous fondant sur le seul crit&#232;re de la f&#233;condit&#233; th&#233;orique ? Jusqu'o&#249; cette libert&#233; peut-elle s'&#233;tendre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Steven Bland, dans une perspective similaire, s'int&#233;resse au conventionnalisme de Poincar&#233; sous l'angle de la &#171; r&#233;visionabilit&#233; &#187; des th&#233;ories face &#224; l'exp&#233;rience scientifique. Il d&#233;montre notamment que la doctrine poincar&#233;ienne &#233;chappe &#224; la critique classique fond&#233;e sur certaines formes de holisme, gr&#226;ce &#224; sa profonde ma&#238;trise de la nature fondamentale des connaissances scientifiques. Conventionnalisme et faillibilisme, touchant la mani&#232;re de concevoir l'espace et le temps, sont ici clairement articul&#233;s l'un &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean Eisenstaedt insiste pour sa part sur le caract&#232;re laborieux et collectif des r&#233;centes d&#233;couvertes scientifiques concernant l'espace-temps. On sait bien que les faits historiques pr&#233;sent&#233;s en quelques lignes dans les manuels scolaires masquent g&#233;n&#233;ralement la formidable activit&#233; intellectuelle qui a permis une d&#233;couverte ou l'&#233;lucidation d'un probl&#232;me. La relativit&#233; g&#233;n&#233;rale n'&#233;chappe pas &#224; cette r&#232;gle. Ainsi, l'intuition g&#233;niale d'Einstein ne doit pas faire oublier que la compr&#233;hension fine de la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale a n&#233;cessit&#233; durant plusieurs d&#233;cennies les efforts de quelques-uns des plus grands physiciens. Jean Eisenstaedt nous relate comment l'existence d'une singularit&#233; dans la solution de Schwarzchild, d&#233;crivant notamment l'espace-temps au voisinage d'un trou noir, a pu &#234;tre source de confusion. Il faudra attendre l'analyse du probl&#232;me faite par Robertson puis les travaux de Kruskal en 1960 pour qu'enfin &#233;merge un consensus au sein de la communaut&#233; des relativistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un m&#234;me esprit de recherche collective, Bernard Guy nous propose un programme de recherche destin&#233; &#224; reprendre un certain nombre de questions fondamentales de la physique contemporaine, afin de d&#233;gager des pistes permettant de revoir les concepts d'espace et de temps dans les sciences humaines et dans la vie quotidienne. Il se fonde pour cela sur une discussion de ces concepts, non en termes de substance, mais en termes relationnels : il convient en effet de rechercher dans toute relation un aspect spatial et un aspect temporel, afin de surmonter les difficult&#233;s conceptuelles ou logiques qui surviennent dans une perspective qui consiste &#224; s&#233;parer trop arbitrairement la notion d'espace et celle de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean-Yves Heurtebise, de son c&#244;t&#233;, s'attache &#224; critiquer aussi bien une conception id&#233;aliste du temps comme forme de notre repr&#233;sentation (th&#232;se kantienne) qu'une conception instrumentaliste ou conventionnaliste r&#233;duisant le temps &#224; un simple outil th&#233;orique efficace mais d&#233;pourvu de r&#233;alit&#233; (conception duh&#233;mienne par exemple). Il s'attache &#224; montrer que la th&#232;se selon laquelle le temps serait une qualit&#233; premi&#232;re ou une propri&#233;t&#233; de la Nature soul&#232;ve en r&#233;alit&#233; moins de difficult&#233; que la th&#232;se id&#233;aliste, pourtant beaucoup plus r&#233;pandue, qui repose selon lui sur des pr&#233;suppos&#233;s m&#233;thodologiquement critiquables, et se heurte &#224; certaines contradictions. L'article d&#233;fend au final une conception du temps qui n'est ni strictement r&#233;aliste, ni strictement id&#233;aliste, mais qui pr&#233;sente la temporalit&#233; comme &#171; un interm&#233;diaire entre une r&#233;alit&#233; ontologique et une repr&#233;sentation subjective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Prenant &#233;galement ses distances &#224; l'&#233;gard de la conception id&#233;aliste, Christian Maes souligne qu'en balayant la conception d'un espace-temps a priori, la relativit&#233; g&#233;n&#233;rale a ouvert la voie &#224; une r&#233;flexion nouvelle sur sa nature. Il est d&#233;sormais l&#233;gitime de s'interroger : pourquoi trois dimensions spatiales et une temporelle ? Quelle topologie pour l'espace-temps ? Pourquoi le temps ne s'&#233;coule-t-il que dans une seule direction ? On se prend &#224; r&#234;ver que les r&#233;ponses &#224; ces questions pourraient &#234;tre donn&#233;es par une th&#233;orie unifiant dans un m&#234;me formalisme les constituants les plus &#233;l&#233;mentaires de la mati&#232;re avec l'espace et le temps. Il ne resterait alors plus aux physiciens qu'&#224; patiemment d&#233;chiffrer la signification profonde de la th&#233;orie pour y d&#233;couvrir l'explication &#224; tous les ph&#233;nom&#232;nes physiques, quelle que soit l'&#233;chelle de longueur &#224; laquelle ils se produisent. Christian Maes s'inscrit dans la lign&#233;e de th&#233;oriciens plus proches de disciplines consid&#233;r&#233;es moins fondamentales, comme la physique de la mati&#232;re condens&#233;e, qui rejettent ce point de vue et affirment l'existence de ph&#233;nom&#232;nes macroscopiques &#233;mergents, dominants mais pourtant tr&#232;s largement impr&#233;visibles &#224; partir des seules th&#233;ories microscopiques. En se fondant sur l'observation que l'irr&#233;versibilit&#233; n'appara&#238;t que dans la thermodynamique, il explique comment le sens d'&#233;coulement du temps pourrait &#234;tre une propri&#233;t&#233; &#233;mergente de l'espace-temps et non une propri&#233;t&#233; fondamentale. Il se fait &#233;galement l'&#233;cho de la proposition fracassante de l'inexistence &#224; l'&#233;chelle microscopique de la gravitation, qui serait un effet purement entropique et donc elle aussi un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le terme d'&#233;mergence est &#233;galement au c&#339;ur de l'article de Sharon Ford. Alors que les physiciens se contentent de la description des relations entre particules &#233;l&#233;mentaires, l'auteur nous invite &#224; une r&#233;flexion sur leur nature propre. &#192; partir d'entit&#233;s immuables, puissances pures, &#233;mergeront les diff&#233;rentes particules du mod&#232;le standard, bosons m&#233;diateurs des interactions ou fermions. Ces entit&#233;s fondamentales sont les trajectoires lumineuses, les g&#233;od&#233;siques, du mod&#232;le &lt;i&gt;Light-like Network Account&lt;/i&gt; d&#233;velopp&#233; par Sharon Ford. Comme dans les th&#233;ories des cordes, des dimensions suppl&#233;mentaires d'espace-temps, ouvertes ou compactifi&#233;es, permettent d'engendrer chacune des diff&#233;rentes particules et rendent inutile tout recours &#224; diff&#233;rentes familles de particules. La masse &#233;merge de la topologie des trajectoires. Finalement, l'identification des bosons de jauge avec le champ de puissance ach&#232;ve de construire le monde &#224; partir du seul mouvement spatio-temporel d'un unique champ en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Alexis de Saint-Ours, pour sa part, montre que le concept de temps int&#232;gre diverses composantes notionnelles (changement, &#233;volution, flux, pr&#233;sent, pass&#233;, futur, irr&#233;versibilit&#233;, simultan&#233;it&#233;, causalit&#233;, etc.) qui ne s'agr&#232;gent pas toutes pour former un concept univoque du temps. Suivant le cadre th&#233;orique o&#249; elles s'inscrivent, ces composantes se conjuguent selon des modalit&#233;s diff&#233;rentes, pour former tel ou tel concept du temps. L'article montre ainsi qu'il serait plus pertinent de parler de &#171; figures &#187; du temps plut&#244;t que du temps au singulier. Il identifie cependant un trait commun &#224; ces diff&#233;rentes figures du temps : c'est &#224; chaque fois le changement qui permet de mesurer le temps, de sorte que la c&#233;l&#232;bre proposition d'Aristote, selon laquelle le temps est la mesure du changement, m&#233;riterait peut-&#234;tre d'&#234;tre invers&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Gunnar Declerck, quant &#224; lui, pose directement la question de la nature de l'espace : qu'est-ce que l'espace ? Pourquoi y a-t-il de l'espace plut&#244;t que rien ? Il plaide pour une tentative d'explication de l'espace qui &#8212; contrairement &#224; celle des sciences de la Nature qui n&#233;glige l'espace ph&#233;nom&#233;nal du sujet &#8212; prenne en compte l'espace que nous construisons dans la perception, de mani&#232;re &#224; nous rendre intelligible le monde des possibles dont nous disposons. C'est &#224; une gen&#232;se de l'espace que l'article nous invite, dans une perspective &#224; la fois empiriste et constructionniste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
