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		<title>Train d'images. La vitesse comme nouveau paradigme dans la cr&#233;ation visuelle
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		<dc:date>2014-11-09T11:54:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Hortense Soichet
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&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans la Revue d'histoire des chemins de fer, n&#176; 42-43, 2012, que nous remercions, ainsi qu'Hortense Soichet, de nous avoir gracieusement autoris&#233; &#224; le reproduire ici. Les &#233;volutions techniques relatives aux modes de transport ont donn&#233; naissance &#224; de nouvelles appr&#233;hensions possibles de la perception, conditionn&#233;es par le mouvement de la machine. Au sein d'un train, la vision est d&#233;pendante de la vitesse de d&#233;placement et modifie le mode de perception des images (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique94" rel="directory"&gt;Esth&#233;tique
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans la&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://rhcf.revues.org/1558&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue d'histoire des chemins de fer&lt;/a&gt;, n&#176; 42-43, 2012, &lt;i&gt;que nous remercions, ainsi qu'Hortense Soichet, de nous avoir gracieusement autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les &#233;volutions techniques relatives aux modes de transport ont donn&#233; naissance &#224; de nouvelles appr&#233;hensions possibles de la perception, conditionn&#233;es par le mouvement de la machine. Au sein d'un train, la vision est d&#233;pendante de la vitesse de d&#233;placement et modifie le mode de perception des images gr&#226;ce &#224; la vision offerte &#224; travers les vitres lat&#233;rales. Lorsqu'il y a fabrication d'images en d&#233;placement par le biais d'un appareil photographique ou vid&#233;ographique, la vitesse de d&#233;placement influe sur le processus visuel. Comment la vitesse modifie-t-elle la vision et invite-t-elle &#224; d&#233;terminer d'autres appr&#233;hensions et usages de l'image ? Bernard Plossu photographie souvent au sein d'un mode de transport, captant &#224; la fois les paysages d&#233;filant &#224; l'ext&#233;rieur et des &#233;l&#233;ments r&#233;v&#233;lant sa pr&#233;sence au sein du v&#233;hicule. Ce photographe s'attache souvent &#224; faire du voyage une parenth&#232;se photographique invitant &#224; attirer l'attention du lecteur sur le trajet et la vision propos&#233;e, conditionn&#233;e &#224; la fois par le mode de d&#233;placement et par la subjectivit&#233; du photographe. Il sera question de d&#233;terminer les nouveaux paradigmes &#233;mergeant au sein d'un tel processus artistique pour lequel la vision de l'auteur ainsi que la relation du corps &#224; la mobilit&#233; semblent modifi&#233;es. Bernard Plossu a effectu&#233; de nombreux travaux interrogeant cette relation un temps soit peu paradoxale entre image fixe et exp&#233;rience viatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, la vitesse devient le principe fondateur d&#233;terminant l'&#233;volution des techniques de d&#233;placement et de communication. Si cette &#233;poque a &#233;t&#233; marqu&#233;e par l'&#233;volution rapide des modes de transport, ce si&#232;cle a &#233;galement &#233;t&#233; celui de l'invention de la photographie (1826), puis du cin&#233;matographe (1895). Les r&#233;volutions alors en cours dans l'art sont, semble-t-il, &#224; appr&#233;hender comme annonciatrices de nouveaux paradigmes artistiques. D&#232;s lors, la course &#224; la vitesse et aux innovations ne cessent de s'accentuer, conduisant Paul Virilio &#224; cr&#233;er le terme de &#171; dromologie &#187;. Pour ce dernier, cette discipline serait celle de la logique de la vitesse. Il la d&#233;finit ainsi : &#171; A c&#244;t&#233; de la sociologie des transports, &#224; c&#244;t&#233; de la philosophie du temps, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#233;conomie, il y avait place pour une autre logique, une autre discipline que j'ai tenu &#224; appeler dromologie [&#8230;] Par cons&#233;quent la dromologie est la science, ou mieux, la discipline, la logique de la vitesse.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, &#171; Dromologie, logique de la course &#187;, Entretien avec Giario (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; La photographie comme le cin&#233;ma sont symptomatiques d'une &#233;poque fond&#233;e sur la vitesse, la production en s&#233;rie et la naissance d'une culture de masse ax&#233;e sur l'image comme m&#233;dium de pr&#233;dilection. N&#233;anmoins, la photographie se caract&#233;rise d'ordinaire par l'instantan&#233;it&#233;, c'est-&#224;-dire qu'elle permet, &#224; partir d'une vitesse d&#233;termin&#233;e m&#233;caniquement, d'enregistrer un instant. Le cin&#233;ma, quant &#224; lui, s'inscrit dans la dur&#233;e et rend possible la repr&#233;sentation de l'&#233;tirement temporel. D'autre part, le cin&#233;ma serait fond&#233;, selon Paul Virilio, sur le principe de la disparition de l'image rendant possible l'apparition de la suivante : &#171; Avec l'acc&#233;l&#233;rateur cin&#233;matique, lui-m&#234;me con&#231;u comme une proth&#232;se active, la mesure du monde devient celle du vecteur du mouvement, de ces moyens de locomotion qui d&#233;synchronisent le temps.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, Esth&#233;tique de la disparition, Paris, Galil&#233;e, 1989, p. 61.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Non seulement ces nouvelles techniques sont le fruit de l'&#232;re de la m&#233;canisation des proc&#233;d&#233;s, mais elles sont aussi fond&#233;es sur le mouvement comme mode op&#233;ratoire de la r&#233;ception de l'image. Davantage que la photographie en tant que telle, la chronophotographie et surtout le cin&#233;ma font du spectateur ce &#171; voyeur-voyageur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, Esth&#233;tique de la disparition, op. cit., p. 67.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; se d&#233;pla&#231;ant dans l'image sans pour autant mettre son corps en mouvement. Cette inertie est alors le fait de la vision ou du moins est-elle provoqu&#233;e par cette impression propre au cin&#233;ma d'encha&#238;nement d'images. Cette sensation visuelle se retrouve &#233;galement au sein d'un mode de transport tel que le train. En effet, le passager est plac&#233; au centre d'un dispositif constitu&#233; de vitres laissant voir le d&#233;filement des paysages, similaire &#224; un encha&#238;nement d'images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bernard Plossu, photographe mobile, a r&#233;alis&#233; plusieurs travaux au sein du train afin d'interroger la facult&#233; de l'image &#224; rendre compte de cette sensation de mouvement. &lt;i&gt;Sur la voie&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la voie, 1997, production de la Houppe, FR3. Documentaire r&#233;alis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est un film r&#233;alis&#233; par Hedi Tahar en 1997 invitant &#224; d&#233;couvrir la m&#233;thodologie de travail de Bernard Plossu. Effectuant en train le trajet mythique La Ciotat &#8211; Lyon &#8211; La Ciotat en hommage aux fr&#232;res Lumi&#232;re un si&#232;cle apr&#232;s eux, le photographe, filmant et photographiant, est lui-m&#234;me film&#233; afin de rendre compte de son processus cr&#233;atif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2153 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L430xH327/01-trainimage024-29e29.jpg?1711384501' width='430' height='327' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fig 1. Bernard Plossu et Alain Reinaudo, &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re, &lt;/i&gt;Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les images que Plossu r&#233;alise avec la cam&#233;ra Super 8 seront pr&#233;sent&#233;es sous la forme d'une s&#233;rie photographique et d'un livre intitul&#233; &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Plossu et A. Reinaudo, Train de Lumi&#232;re, Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces images pr&#233;sentes dans l'ouvrage laissent voir les paysages visibles depuis le train : vision fugace d'un jeu de reflet dans la vitre, paysages filant devant l'objectif ou encore passagers &#224; quai. Ces images en noir et blanc sont granuleuses et ne permettent pas toujours de distinguer ce qui a &#233;t&#233; photographi&#233;. Confrontant le temps photographique &#224; celui du d&#233;filement du paysage, l'image se fait abstraction pour n'enregistrer que la lumi&#232;re qui l'a fait na&#238;tre. Attir&#233; par une image en mouvement, Plossu impr&#232;gne ses photographies de la mobilit&#233; comme mode de vision et de repr&#233;sentation du monde. Qui plus est, il aime confronter la vitesse de la technique photographique &#224; celle du corps en mouvement, que ce dernier soit corps chair ou corps objet, c'est-&#224;-dire, qu'il s'agisse du mouvement de l'individu en marche ou bien de celui de la machine. Pour ce travail, il s'est tout particuli&#232;rement int&#233;ress&#233; au premier film de l'histoire du cin&#233;ma montrant l'arriv&#233;e d'un train, car &#171; le train, en 1895, &#233;tait la quintessence du progr&#232;s, il &#233;tait certainement le pur mouvement pour les fr&#232;res Lumi&#232;re, et cette force massive qui se figeait, le symbole de la vitesse domestiqu&#233;e &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A. Reinaudo, in B. Plossu et A. Reinaudo, Train de Lumi&#232;re, Crisn&#233;e, Yellow (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L435xH329/02-trainimage017-2d48f.jpg?1711384501' width='435' height='329' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fig 2. Bernard Plossu et Alain Reinaudo, &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re, &lt;/i&gt;Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Prenant place dans le train, Bernard Plossu filme et photographie ces &#171; paysages interm&#233;diaires &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. M. Butor, La Modification, Paris, Minuit, 1957.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui s'offrent &#224; son regard. Emprunt&#233; &#224; Michel Butor, ce terme de paysage interm&#233;diaire est relatif &#224; ces images fugaces apparaissant au passager d'un mode de transport. Avec la cam&#233;ra Super 8, il capte des instants de ce parcours qui se traduisent par des images floues, enregistrant le d&#233;filement du temps et des paysages travers&#233;s. Faisant se confronter deux temps, celui du v&#233;hicule et celui de l'appareil d'enregistrement, Bernard Plossu alterne aussi entre l'utilisation du film, qu'on pourrait appr&#233;hender comme &#233;tirement temporel, et celle de l'appareil photographique en tant qu'il arr&#234;te l'instant. Mais cette distinction est loin de correspondre &#224; la pratique de Bernard Plossu faisant de son film Super 8 des tirages photographiques et un livre, il n'h&#233;site pas, par ailleurs, &#224; faire de la photographie un mode de lecture cin&#233;matographique. Inspir&#233; d&#232;s ses d&#233;buts par le cin&#233;ma, Bernard Plossu a construit son travail photographique &#224; l'image d'un long film s'&#233;tirant sur toute sa vie. Auteur d'une &#339;uvre hors des sentiers battus, le photographe ne cesse d'enregistrer des moments de sa vie dans sa relation &#224; son v&#233;cu d'homme nomade, amoureux de la mobilit&#233;. Ses photographies, les unes &#224; la suite des autres, composent le film de sa vie, dans le d&#233;roul&#233; de la pellicule, &#224; l'image de celle d'un film cin&#233;matographique. Il &#233;nonce ainsi : &#171; Le film &#8220;technique&#8221;, le mat&#233;riau, est aussi le film &#8220;m&#233;taphorique&#8221;, symbolique de ce temps qui passe... les images sont des souvenirs visuels... les voyages en sont un des &#233;l&#233;ments, l'ailleurs, la curiosit&#233;, mais ce n'est pas la cl&#233; de tout, la seule cl&#233; inchangeable, c'est ... le temps qui passe, qu'on le prenne en photo ou pas ! Le cin&#233;ma en vie ...&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Bernard Plossu, octobre 2009 - f&#233;vrier 2010.&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; Cette proximit&#233; avec le cin&#233;ma a fait notamment l'objet d'un livre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plossu Cin&#233;ma, Marseille, Aix-en-Provence et Crisn&#233;e, co&#233;dition FRAC Paca, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et deux expositions au printemps 2010 au Fonds R&#233;gional d'Art Contemporain de la r&#233;gion Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur et &#224; la galerie La Non-Maison d'Aix-en-Provence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exposition Plossu Cin&#233;ma, 1962-1965 &#224; la galerie la Non-Maison, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; invitant &#224; interroger cette relation intime entre ces images photographiques et le cin&#233;ma, conduisant &#224; appr&#233;hender la fixit&#233; de la photographie dans sa relation au temps. Pour signifier photographiquement le d&#233;placement, il semblerait que Bernard Plossu ait recours &#224; des tactiques faisant &#233;cho au cin&#233;matographe. Les photographies visibles dans ces expositions laissent voir des r&#233;f&#233;rences emprunt&#233;es &#224; la culture cin&#233;matographique et des rapprochements de forme entre ses photographies et de grands classiques du septi&#232;me art. Mais ce qui importe surtout est le mode op&#233;ratoire de certaines de ses s&#233;ries qui s'inscrivent dans l'&#233;tirement temporel. Loin d'une photographie qui se situerait dans la lign&#233;e de l'instant d&#233;cisif cher &#224; Cartier-Bresson, Plossu est au contraire &#224; la recherche de &#171; tous ces moments de rien, de non-temps qui, ensemble, constituent la vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Plossu in &#171; Sur la voie &#187;, documentaire r&#233;alis&#233; par Hedi Tahar sur une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Aujourd'hui le temps est conditionn&#233; par la vitesse comme mode op&#233;ratoire. Paul Virilio consid&#232;re que &#171; la vitesse traite de la vision comme mati&#232;re premi&#232;re ; avec l'acc&#233;l&#233;ration, voyager, c'est comme filmer, produire moins des images que des traces mn&#233;moniques nouvelles, invraisemblables, surnaturelles &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, Esth&#233;tique de la disparition, op. cit., p. 69.&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les modes de transport modifient le rapport que l'usager entretient au d&#233;placement et conduisent aussi &#224; percevoir diff&#233;remment le monde environnant. Cette perception est d&#233;pendante de la vitesse, notion qui a &#233;volu&#233; au fil des progr&#232;s techniques qui ont marqu&#233; la soci&#233;t&#233; depuis le XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Petit &#224; petit, les voyageurs ont fait les frais de ces &#233;volutions et ont &#233;t&#233; les t&#233;moins privil&#233;gi&#233;s des changements relatifs &#224; l'exp&#233;rience viatique et &#224; la perception des espaces travers&#233;s. Paul Virilio analyse ces transformations sous le prisme du temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, &#171; Dromologie, logique de la course &#187;, op. cit.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Pour l'auteur, le d&#233;placement traditionnel se d&#233;compose en trois moments : le d&#233;part, le voyage et l'arriv&#233;e, marqu&#233; par l'importance accord&#233;e au d&#233;part comme &#233;v&#233;nement pr&#233;par&#233; et par le temps du voyage, souvent long, appr&#233;hend&#233; comme moment v&#233;cu pleinement par le voyageur. Quant &#224; l'arriv&#233;e, elle est un &#233;v&#233;nement &#224; part enti&#232;re, conditionnant la r&#233;ussite d'un long p&#233;riple fastidieux. Avec la r&#233;volution des transports, seulement deux termes subsistent : le voyage est mis entre parenth&#232;ses et ne devient qu'un interm&#232;de entre le d&#233;part et l'arriv&#233;e ; Virilio consid&#232;re que le train impose cette distance avec le moment du voyage, pour ne devenir qu'une attente avant d'arriver &#224; destination. Puis, avec la r&#233;volution des transports a&#233;ronautiques, non seulement le temps du voyage a disparu, dans cette volont&#233; de consacrer l'arriv&#233;e au d&#233;triment des autres moments constitutifs du d&#233;placement. Mais l'exp&#233;rience m&#234;me de ce voyage semble vouer &#224; s'&#233;clipser au sein d'une &#233;poque pr&#244;nant l'arriv&#233;e g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Toutefois, il convient de distinguer l'exp&#233;rience d'un voyage en train de celle faite au sein d'un Train &#224; Grande Vitesse consid&#233;r&#233; par Marc Aug&#233; comme un non-lieu tant l'individu se trouve &#224; distance du paysage travers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au-del&#224; de ces distinctions, certaines postures artistiques consistent &#224; vivre le temps de voyage comme une exp&#233;rience visuelle originale. Tel est le choix op&#233;r&#233; par Bernard Plossu pour &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris,&lt;/i&gt; travail r&#233;alis&#233; avec l'&#233;crivain Michel Butor. Commande du Centre R&#233;gional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais, ce livre est issu du travail r&#233;alis&#233; par les deux auteurs dans le cadre de la premi&#232;re &#233;dition de la mission Transmanche en 1988. Mise en place durant la construction du tunnel sous la Manche, cette mission avait vocation &#224; appr&#233;hender les changements et les mutations relatifs &#224; ces travaux d'am&#233;nagements par le biais de l'imaginaire. L'ouvrage &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris&lt;/i&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Plossu (texte de M. Butor), Paris-Londres-Paris, Paris-Douchy-les-Mines, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/i&gt; pr&#233;sente des photographies en noir et blanc et des textes manuscrits de Butor. Les pages du livre laissent voir sur la partie inf&#233;rieure les contacts du photographe au dessus desquels une ligne d'&#233;criture pr&#233;sente un encha&#238;nement de termes s&#233;par&#233;s par des points. Le centre de la page est soit occup&#233; par une photographie, soit par un texte. Les images se suivent et racontent ce d&#233;placement en train, d'une capitale &#224; l'autre. Elles t&#233;moignent de la pr&#233;sence du photographe dans le mode de transport ; certaines enregistrent un flou de fil&#233;e immergeant le lecteur au sein du voyage. Le texte, quant &#224; lui, ouvre d'autres horizons, nous faisant sortir de l'ici et maintenant de la situation pour convier &#224; une errance de la pens&#233;e. Le lecteur est invit&#233; &#224; lire la planche comme il regarderait un film, en s'appuyant sur la narrativit&#233; d'un tel proc&#233;d&#233;. Dans son travail photographique, Bernard Plossu confronte ses images &#224; leur inscription dans une continuit&#233; qu'il met en exergue en exposant ou &#233;ditant les planches-contacts, similaires &#224; des photogrammes. Gr&#226;ce &#224; ce proc&#233;d&#233;, il parvient notamment &#224; proposer la repr&#233;sentation d'un trajet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/03-plp002.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH681/03-plp002-57ab7.jpg?1718472814' width='500' height='681' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fig 3. Bernard Plossu et Michel Butor, &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris, &lt;/i&gt;commande du Centre R&#233;gional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais, Mission Photographique Transmanche, Cahier 1, 1988.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En appr&#233;hendant la photographie comme une suite d'images qui, au final, constituerait un seul et m&#234;me film, il nous permet de comprendre au mieux l'importance accord&#233;e &#224; l'image. Prise isolement, la photographie n'a pas davantage de sens qu'un photogramme de film. A ce sujet, Bernard Plossu &#233;nonce : &#171; Ces images [...] c'est un peu du cin&#233;ma, une sorte de film qui ne s'arr&#234;te pas (pas encore ! Mais la vie n'est pas &#233;ternelle .....) Que je sois dans l'Ouest l&#224;-bas, ou en Europe ici, les images glissent &#224; la suite les unes des autres, au cour des ann&#233;es ..... Et puis, vous me parlez de film, presque comme &#8220;le film d'une vie&#8221;, mais .... bien s&#251;r : nous ne faisons qu'accumuler, dans l'ordre du temps qui se d&#233;roule, des images sur les films : les films des photographes sont DU FILM ! M&#234;me mat&#233;riau techniquement (en tout cas dans mon cas et dans ma g&#233;n&#233;ration, maintenant je ne sais pas comment &#231;a marche avec le num&#233;rique !) ... &#187; Les diff&#233;rents travaux pour lesquels il a privil&#233;gi&#233; une pr&#233;sentation sous la forme de planches-contacts incarnent au mieux ce parti-pris. Non seulement il ancre son travail dans une approche narrative de la photographie, mais il s'oppose &#224; l'autonomisation de l'image. Ses photographies sont volontairement pauvres : l'utilisation assum&#233;e d'un mat&#233;riel bas de gamme et les conditions de prises de vue difficiles contribuent &#224; l'&#233;laboration d'une image qui se construit avec les autres et en interaction avec l'exp&#233;rience viatique du photographe. Le lecteur parcourt le livre en suivant le fil conducteur cr&#233;&#233; par ces images et ces textes signifiant le trajet effectu&#233;. Non seulement la pr&#233;sentation, sous la forme de photogrammes, renvoie au cin&#233;ma, mais elle garantie aussi le respect de la chronologie de la prise de vue. Ainsi, le lecteur effectue &#224; son tour ce d&#233;placement entre ces deux capitales, &#224; travers l'imaginaire de ces deux auteurs, nous invitant &#224; une correspondance entre ces paysages interm&#233;diaires photographiques et la po&#233;sie des mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/04-plp009.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH693/04-plp009-838cd.jpg?1718472814' width='500' height='693' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fig 4. Bernard Plossu et Michel Butor, &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris, &lt;/i&gt;commande du Centre R&#233;gional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais, Mission Photographique Transmanche, Cahier 1, 1988.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais ce livre op&#232;re &#233;galement un rapprochement int&#233;ressant entre la dur&#233;e de l'&#339;uvre filmique &#8211; en tant qu'elle se r&#233;f&#232;re au film comme mat&#233;riau &#8211; et celle du voyage, comme si ces deux temporalit&#233;s &#233;taient intimement li&#233;es, comme si le d&#233;placement photographique s'incarnait au mieux dans cette correspondance temporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces photographies prises depuis un mode de transport sont souvent floues. Il ne s'agit pas tant d'un flou de nettet&#233; qui marquerait un acte, mais d'un flou de boug&#233; qui, selon Bernard Plossu, serait caract&#233;ristique d'un passage. Mais loin d'&#234;tre le signe d'une quelconque esth&#233;tisation, ce flou est le r&#233;sultat d'une image faite en mouvement, dans des conditions lumineuses ne permettant pas de fixer la sc&#232;ne qui s'offre &#224; lui. De ce fait, la vitesse d'obturation est r&#233;duite, conduisant &#224; impr&#233;gner durant plus longtemps le film photographique. Ainsi, la dur&#233;e d'enregistrement de l'image est &#233;tir&#233;e afin de capter suffisamment la lumi&#232;re qui s'offre au photographe. Le flou de Bernard Plossu n'est donc pas tant un effet de style que le r&#233;sultat de l'&#233;tirement temporel qu'il applique &#224; ses images. Ces photographies ne rel&#232;vent pas d'un instant d&#233;cisif pr&#244;n&#233; par Henri Cartier-Bresson mais davantage d'une image-dur&#233;e qui donne &#224; voir une action en cours, non pas un instant, mais un trajet spatial et temporel au sein m&#234;me de l'image. La vision par procuration &#8211; depuis un mode de d&#233;placement &#8211; s'apparente &#224; la vision cin&#233;matographique. Virilio consid&#232;re que &#171; l'optique de l'illusion locomotrice est analogue &#224; l'illusion d'optique cin&#233;matographique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, L'Horizon n&#233;gatif, Paris, Galil&#233;e, 1984, p. 209.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Car la vitesse des modes de d&#233;placement motoris&#233;s cr&#233;e un effet de fil&#233; conduisant &#224; percevoir le paysage comme une suite d'images d&#233;filant les unes derri&#232;re les autres. En choisissant de photographier depuis un mode de transport, Bernard Plossu s'interroge sur sa situation de passager t&#233;moin d'un paysage en mouvement. Il s'attache souvent &#224; faire du voyage non plus cette parenth&#232;se d&#233;cri&#233;e &#224; juste titre par Virilio mais plut&#244;t le moment de la prise de vue, une parenth&#232;se photographique invitant &#224; attirer l'attention du lecteur sur le trajet et la vision propos&#233;e, conditionn&#233;e &#224; la fois par la mobilit&#233; du mode de d&#233;placement et par la subjectivit&#233; du photographe. Le mode de transport ne doit pas &#234;tre appr&#233;hend&#233; seulement comme &#171; machine de transport &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P. Virilio, L'Horizon n&#233;gatif, op. cit., p. 219&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, mais aussi comme &#171; machine de vitesse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibidem.&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; engendrant des r&#233;percussions sur la vision des passagers. Il s'agit l&#224; d'une vision hallucinatoire dans la mesure o&#249; ces paysages ne sont pas en mouvement, mais le passager subit cette illusion motrice se rapprochant de la projection cin&#233;matique. Au sein de cette &#171; machine de vitesse &#187;, le passager se distancie du statut de la vision et observe, gr&#226;ce &#224; la projection de lumi&#232;re rendue possible par la vitesse, la red&#233;finition instantan&#233;e de l'image et des dimensions spatiotemporelles du territoire parcouru. Se positionnant face au pare-brise comme il se placerait face &#224; l'&#233;cran, le passager est t&#233;moin d'une profusion d'images dont le mode de vision est conditionn&#233; par l'opulence de cette masse informationnelle en continu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L479xH698/05-train002-d7698.jpg?1711384501' width='479' height='698' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fig 5. Bernard Plossu, Golfe de Naples, 1999.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette pr&#233;dominance de la machine comme mode de vision et d'appr&#233;hension d'un environnement conduit &#233;galement &#224; faire passer au second plan l'exp&#233;rience corporelle kinesth&#233;sique et &#224; instaurer un autre rapport au r&#233;el, comme une immersion du virtuel au sein de l'actuel. L'image, via la machine, devient le nouveau principe de perception du r&#233;el et de repr&#233;sentation de ce dernier. Mais de d&#233;cennies en d&#233;cennies, les &#233;crans se sont diversifi&#233;s et ont envahi l'espace-temps du contemporain pour devenir, semble-t-il, l'interface de pr&#233;dilection des modes de d&#233;placement et de communication d'aujourd'hui. La vision locomotive n'est alors que l'appr&#233;hension contemporaine d'une &#233;poque o&#249; la vitesse et la perception en continu des images deviennent le mode de r&#233;ception de l'environnement imm&#233;diat et des m&#233;dias. L'arriv&#233;e de la machine comme mode de d&#233;placement est contemporaine de celle de la machine comme mode de fabrication des images. Elle conduit &#224; penser ces inventions en parall&#232;le, ainsi qu'&#224; interroger les modifications alors en jeu dans le champ de l'art, au regard d'une soci&#233;t&#233; en pleine r&#233;volution. L'acc&#233;l&#233;ration a fascin&#233; et effray&#233; des g&#233;n&#233;rations d'artistes pour qui le futur devait se concevoir sous l'angle d'un nouveau rythme dict&#233; par la n&#233;cessit&#233; de gagner encore un peu plus en rapidit&#233;. Cette acc&#233;l&#233;ration g&#233;n&#233;ralis&#233;e que le monde de l'art a su interroger et repr&#233;senter au mieux, conduit &#224; repenser l'organisation soci&#233;tale et les pratiques possibles des territoires. Car ces derniers sont de moins en moins con&#231;us ainsi, mais plut&#244;t pour &#234;tre appr&#233;hend&#233;s en termes de trajectoires pratiqu&#233;es par les modes de transport et de communication tra&#231;ant les grands axes de circulation comme cartographie des espaces contemporains. Toutes ces modifications induisent aussi de repenser les rythmes au sein de l'&#232;re de la mobilit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e afin de percevoir les images dans cette gestion du temps impos&#233;e par la cadence des machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bernard Plossu s'immerge dans le mode de transport et produit des images anim&#233;es par le mouvement. Afin de rendre compte du d&#233;placement, le photographe vit l'exp&#233;rience d&#233;ambulatoire en produisant des photographies symptomatiques du d&#233;filement temporel, de la vitesse de d&#233;ambulation et de sa condition de passager. L'image, parce qu'elle n'est que projection de l'action dans l'apr&#232;s-coup de l'exp&#233;rience, s'impose dans l'&#233;tirement temporel caract&#233;ristique d'un tel d&#233;placement. Le spectateur se confronte alors &#224; la dur&#233;e du film qu'il est invit&#233; &#224; vivre en spectateur passif. Alors que l'image photographique permet de donner &#224; voir une autre temporalit&#233; du d&#233;placement, le cin&#233;matographe bafoue l'instant pour s'immerger dans le temps de l'action qui est donn&#233; &#224; voir dans son int&#233;gralit&#233;. La relation entre le temps de l'exp&#233;rience d&#233;ambulatoire et celui de sa m&#233;diatisation ne peut pour autant se r&#233;sumer en deux temps antagonistes. Bien au contraire, des correspondances existent, des processus artistiques invitent &#224; tisser des liens entre ces deux traitements temporels. De ce fait, il semble de moins en moins &#233;vident d'opposer l'instant &#224; la dur&#233;e, tant l'un et l'autre semblent intimement li&#233;s au sein de travaux pour lesquels le moment de l'enregistrement visuel adh&#232;re &#224; celui de l'exp&#233;rience d&#233;ambulatoire. Avec &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re &lt;/i&gt;et &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris&lt;/i&gt;, Bernard Plossu invite &#224; percevoir la photographie comme une image-temps, apte &#224; capter la dur&#233;e de l'exp&#233;rience viatique. Il parvient &#224; faire de l'image fixe l'incarnation d'un temps privil&#233;gi&#233;e qui serait le propre de ce voyage imaginaire inspir&#233; du d&#233;filement visuel s'offrant au regard des passagers de ces trains d'images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bibliographie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
N. Aidelman, A. Bergala, M. Cohen, G. Lepetit-Castel, P. Neveux, D. Pa&#239;ni (dir), &lt;i&gt;Plossu Cin&#233;ma&lt;/i&gt;, Marseille, Aix-en-Provence et Crisn&#233;e, co&#233;dition FRAC-Paca, La Non-Maison et Yellow Now, 2010, 191 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M. Aug&#233;, &lt;i&gt;Non-lieux. Introduction &#224; une anthropologie de la surmodernit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 1992, 149 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M. Butor, &lt;i&gt;La Modification&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1957, 236 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
B. Plossu &amp; M. Butor, &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris&lt;/i&gt;, illustrations par Bernard Plossu et textes par Michel Butor, Paris-Douchy-les-Mines, &#201;ditions de la Diff&#233;rence/Centre r&#233;gional de la photographie Nord-Pas-de-Calais, coll. &#171; Mission photographique Transmanche &#187;, 1, 1988, 44 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
B. Plossu &amp; A. Reinaudo, &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re&lt;/i&gt;, Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000, non pag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
H. Soichet, &lt;i&gt;Entretiens avec Bernard Plossu&lt;/i&gt;, octobre 2009-f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
H. Tahar, A. de Baradon, B. Plossu, &lt;i&gt;Sur la voie&lt;/i&gt;, id&#233;e originale de Bertrand Priour, production de la Houppe, FR3, 1997, 26 min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
P. Virilio, &lt;a href=&#034;http://multitudes.samizdat.net/?p=566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dromologie, logique de la course &#187;&lt;/a&gt;, entretien avec Giario Daghini, 14 juin 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
P. Virilio, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de la disparition&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1989 (1980), 126 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
P. Virilio, &lt;i&gt;L'Horizon n&#233;gatif. Essai de dromoscopie&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, 1984, 305 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;a href=&#034;http://www.multitudes.net/?p=566&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Dromologie, logique de la course &#187;&lt;/a&gt;, Entretien avec Giario Daghini, 14 juin 2004&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de la disparition, &lt;/i&gt;Paris, Galil&#233;e, 1989, p. 61.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de la disparition, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Sur la voie, &lt;/i&gt;1997, production de la Houppe, FR3. Documentaire r&#233;alis&#233; par Hedi Tahar, sur une id&#233;e de Bertrand Priour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B. Plossu et A. Reinaudo, &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re, &lt;/i&gt;Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;A. Reinaudo, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; B. Plossu et A. Reinaudo, &lt;i&gt;Train de Lumi&#232;re, &lt;/i&gt;Crisn&#233;e, Yellow Now, 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. M. Butor, &lt;i&gt;La Modification, &lt;/i&gt;Paris, Minuit, 1957.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Entretien avec Bernard Plossu, octobre 2009 - f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Plossu Cin&#233;ma, &lt;/i&gt;Marseille, Aix-en-Provence et Crisn&#233;e, co&#233;dition FRAC Paca, La Non-Maison et Yellow Now, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Exposition &lt;i&gt;Plossu Cin&#233;ma&lt;/i&gt;, 1962-1965 &#224; la galerie la Non-Maison, Aix-en-Provence et au Fonds R&#233;gional d'Art Contemporain Provence-Alpes-C&#244;te d'Azur, Marseille de janvier &#224; avril 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B. Plossu &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; &#171; Sur la voie &#187;, documentaire r&#233;alis&#233; par Hedi Tahar sur une id&#233;e de Bertrand Priour, 26 mn, 1997.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;i&gt;Esth&#233;tique de la disparition&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;., p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &#171; Dromologie, logique de la course &#187;, &lt;i&gt;op. cit&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;B. Plossu (texte de M. Butor), &lt;i&gt;Paris-Londres-Paris, &lt;/i&gt;Paris-Douchy-les-Mines, Editions de la Diff&#233;rence/Centre R&#233;gional de la Photographie Nord-Pas-de-Calais, Mission Photographique Transmanche, Cahier 1, 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;i&gt;L'Horizon n&#233;gatif, &lt;/i&gt;Paris, Galil&#233;e, 1984, p. 209.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;P. Virilio, &lt;i&gt;L'Horizon n&#233;gatif, op. cit.&lt;/i&gt;, p. 219&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibidem&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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