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		<title>Les rythmes urbains de la n&#233;oliberalisation
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		<dc:date>2015-11-03T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandra Mallet
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		<description>
&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans Justice spatiale-Spatial Justice, n&#176; 6, juin 2014. Nous remercions Sandra Mallet de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. Le processus de n&#233;olib&#233;ralisation joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la restructuration des rythmes collectifs. Un temps lin&#233;aire s'impose, red&#233;finissant les rythmes et provoquant un effacement des temps &#171; secondaires &#187;, traditionnellement hors du travail et de la production. Le mod&#232;le d'une ville en continu fonctionnant 24h/24, 7j/7, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;G&#233;ographie
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1- Neolib&#233;ralisation et rythmes de vie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;1- Neolib&#233;ralisation et rythmes de vie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2- Une mise en continuit&#233; des grands rythmes urbains traditionnels&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;2- Une mise en continuit&#233; des grands rythmes urbains traditionnels&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3- Injustices temporelles, injustices sociales, injustices spatiales&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;3- Injustices temporelles, injustices sociales, injustices spatiales&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.jssj.org/article/les-rythmes-urbains-de-la-neoliberalisation/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Justice spatiale-Spatial Justice&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;n&#176; 6, juin 2014. Nous remercions Sandra Mallet de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le processus de n&#233;olib&#233;ralisation joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la restructuration des rythmes collectifs. Un temps lin&#233;aire s'impose, red&#233;finissant les rythmes et provoquant un effacement des temps &#171; secondaires &#187;, traditionnellement hors du travail et de la production. Le mod&#232;le d'une ville en continu fonctionnant 24h/24, 7j/7, interroge, ce qui semble t&#233;moigner d'une mutation historique des modes de vie. La mise en continuit&#233; des grands rythmes traditionnels est une cons&#233;quence de l'acc&#233;l&#233;ration du temps, correspondant &#224; une densification de certaines p&#233;riodes, &#224; la r&#233;duction des temps de pause et des temps jug&#233;s &#171; morts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cet article porte sur le processus de mise en continuit&#233; de l'urbain. Il traite, en particulier, de la remise en question des alternances traditionnelles entre la nuit et le jour, et entre le dimanche et le reste de la semaine. Le cas parisien est &#233;tudi&#233; car le processus en faveur d'une ville en continu y est en cours et donne lieu &#224; de nombreux d&#233;bats entre partisans de politiques n&#233;olib&#233;rales et partisans d'une plus grande &#233;quit&#233; sociale. Deux logiques oppos&#233;es s'affrontent, dont les effets sont lisibles dans la ville. Spatialement, cette confrontation donne lieu &#224; la mont&#233;e de tensions et de conflits, &#224; de plus grandes in&#233;galit&#233;s et &#224; de nouvelles divisions socio-spatiales, ressorts principaux de l'injustice spatiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=right&gt;Objectivement, pour qu'il y ait du &lt;i&gt;changement&lt;/i&gt;,
&lt;p&gt;il faut qu'un groupe social, une classe ou une caste,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;interviennent en imprimant un &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; &#224; une &#233;poque,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;soit par la force, soit de fa&#231;on insinuante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Lefebvre, 1992, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les emplois du temps, l'organisation des agendas, les attentes et les comportements face au temps r&#233;sultent d'une construction historique (Elias, 1984), varient selon les cultures et les groupes sociaux. Pour Georges Gurvitch, &#171; la vie sociale s'&#233;coule dans des temps &lt;i&gt;multiples&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;toujours divergents&lt;/i&gt;, souvent &lt;i&gt;contradictoires&lt;/i&gt;, et dont l'unification relative, li&#233;e &#224; une hi&#233;rarchisation souvent pr&#233;caire, repr&#233;sente un probl&#232;me pour toute soci&#233;t&#233; &#187; (1950, p. 325). Selon les groupes sociaux, des diff&#233;rences s'observent dans le rythme de la journ&#233;e, l'encha&#238;nement des activit&#233;s et les fa&#231;ons de g&#233;rer et ma&#238;triser le temps (Grossin, 1972). Mais il existe un paradoxe essentiel et constitutif de toute soci&#233;t&#233; : si les temps sociaux sont fondamentalement pluriels, la soci&#233;t&#233; ne peut vivre sans essayer d'unifier cette pluralit&#233;. Or, cette unification est conflictuelle et il en r&#233;sulte une comp&#233;tition dans la ma&#238;trise de l'emploi du temps (Lefebvre, R&#233;gulier, 1985). Tout comme l'espace, le temps est politique. Une lutte de pouvoir existe autour de la d&#233;finition des rythmes, des dur&#233;es, des encha&#238;nements et des synchronisations des activit&#233;s. En g&#233;n&#233;ral, le plus rapide impose sa domination (Virilio, 1977). Pour le philosophe Paul Virilio, la vitesse serait m&#234;me devenue la plus puissante des armes, dans un monde o&#249; domine la tyrannie du temps r&#233;el. L'essentiel serait de gagner du temps sur le temps, de d&#233;passer les contraintes g&#233;ographiques. Les soci&#233;t&#233;s modernes sont plong&#233;es dans une acc&#233;l&#233;ration du temps dans laquelle l'&#233;conomie capitaliste joue un r&#244;le majeur (Rosa, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cet article s'int&#233;resse &#224; l'acc&#233;l&#233;ration du rythme de vie li&#233;e au processus de n&#233;olib&#233;ralisation et &#224; certains de ses effets dans la ville, consid&#233;r&#233;s comme des injustices. L'acc&#233;l&#233;ration du rythme de vie repose sur l'augmentation du nombre d'&#233;pisodes d'actions ou d'exp&#233;riences par unit&#233; de temps (Rosa, 2010, p. 102). Cette augmentation est li&#233;e &#224; la r&#233;duction des ressources temporelles : &#171; &lt;i&gt;Objectivement&lt;/i&gt;, l'acc&#233;l&#233;ration du rythme de vie repr&#233;sente un raccourcissement ou une densification des &#233;pisodes d'action. [...] elle se traduit, &lt;i&gt;subjectivement&lt;/i&gt; [...] par une recrudescence du sentiment d'urgence, de la pression temporelle, d'une acc&#233;l&#233;ration contrainte engendrant du stress, ainsi que par la peur de &#8216;ne plus pouvoir suivre' &#187; (&lt;i&gt;ibid&lt;/i&gt;., p. 103).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Des &#233;tudes empiriques sur l'appr&#233;hension du temps montrent que, si les sensations de manquer de temps et d'&#234;tre press&#233; dominent, cela semble particuli&#232;rement vrai en ville. D&#233;j&#224; en 1903, Georg Simmel remarquait que le rythme de la grande ville, de par la pr&#233;sence de stimuli nombreux et r&#233;guli&#232;rement changeants cr&#233;ait des conditions psychologiques distinctes de celles de la petite ville et de la campagne (Simmel, 1903). Aujourd'hui, le temps constitue l'un des aspects les plus n&#233;gatifs de l'appr&#233;ciation par les citadins de leur mode de vie. D'une ville &#224; l'autre, la structure temporelle d'une journ&#233;e moyenne est semblable : la plupart des citadins travaille environ 7 heures par jour, dort autant de temps, passe 2 heures dans les transports, &#224; la r&#233;alisation de t&#226;ches domestiques et aux d&#233;marches administratives et r&#233;serve 3 heures &#224; ses loisirs personnels. Mais surtout, tous semblent aspirer &#224; un meilleur &#233;quilibre entre leurs diff&#233;rents temps quotidiens et le temps pour soi est jug&#233; insuffisant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ces r&#233;sultats sont issus d'une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2007 par l'Ipsos pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le mod&#232;le d'une ville en continu fonctionnant 24h/24, 7j/7, interroge, ce qui t&#233;moigne d'une mutation historique des modes de vie, influenc&#233;s tout autant par un processus de globalisation que d'individualisation des soci&#233;t&#233;s. Cette mise en continuit&#233; est une cons&#233;quence de l'acc&#233;l&#233;ration du temps, correspondant &#224; une densification de certaines p&#233;riodes, &#224; la r&#233;duction des temps de pause et des temps jug&#233;s &#171; morts &#187;. Le processus de n&#233;olib&#233;ralisation amorc&#233; dans les ann&#233;es 1970 joue un r&#244;le pr&#233;pond&#233;rant dans la restructuration des rythmes collectifs. Les logiques de rentabilit&#233;, de comp&#233;titivit&#233;, de libert&#233; d'entreprise individuelle, de globalisation conduisent &#224; une indiff&#233;renciation des temps, &#224; une att&#233;nuation de leurs sp&#233;cificit&#233;s, tant naturelles que culturelles. Un temps lin&#233;aire s'impose (Lefebvre et R&#233;gulier, 1985), red&#233;finissant les rythmes et provoquant un effacement des temps que nous qualifions de &#171; secondaires &#187;, c'est-&#224;-dire de moindre intensit&#233;, &#171; creux &#187; et &#171; faibles &#187;, traditionnellement hors du travail et de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce texte porte sur le processus de mise en continuit&#233; de l'urbain, en centrant notre attention sur la remise en question des alternances traditionnelles entre la nuit et le jour d'une part, et le dimanche et le reste de la semaine d'autre part. Le cas parisien est int&#233;ressant &#224; examiner car le processus en faveur d'une ville en continu y est en cours et donne lieu &#224; de nombreux d&#233;bats entre partisans de politiques n&#233;olib&#233;rales et partisans d'une plus grande &#233;quit&#233; sociale. Deux logiques oppos&#233;es s'affrontent, dont les effets sont lisibles dans la ville. Spatialement, cette confrontation donne lieu &#224; la mont&#233;e de tensions et de conflits, &#224; de plus grandes in&#233;galit&#233;s et &#224; de nouvelles divisions socio-spatiales, ressorts principaux de l'injustice spatiale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1- Neolib&#233;ralisation et rythmes de vie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie organise les rythmes quotidiens. Les premiers &#233;l&#233;ments de l'acc&#233;l&#233;ration du temps sont visibles dans le secteur de la distribution o&#249; se concentre le capital aux XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; et XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cles, par le d&#233;veloppement de moyens de transports et de communications plus rapides. Mais surtout, la R&#233;volution industrielle provoque un tournant dans le processus d'acc&#233;l&#233;ration sociale. L'appropriation de l'horloge m&#233;canique par les industriels modifie en profondeur les fa&#231;ons de concevoir le temps et les rythmes de vie. Pour Lewis Mumford, qui &#233;tudie les mutations de la civilisation occidentale sous l'effet du machinisme, &#171; la machine-cl&#233; de l'&#226;ge industriel moderne, ce n'est pas la machine &#224; vapeur, c'est l'horloge &#187; (Mumford, 1934, p. 23). L'horloge m&#233;canique a rendu possible des formes de gestion du travail et de contr&#244;le social in&#233;dits. En fixant de nouveaux points de rep&#232;res temporels, elle permet de coordonner plus strictement les groupes et activit&#233;s. Elle permet la mise en place des principes du travail moderne en permettant le passage du travail d&#233;fini &#171; par la t&#226;che &#187; au travail mesur&#233; &#171; par le temps &#187; (Thompson, 1967), dissociant le temps de travail de son objet. R&#233;guli&#232;rement, de nouvelles organisations du travail sont &#233;labor&#233;es, cherchant &#224; produire plus par unit&#233; de temps. La r&#233;f&#233;rence &#224; l'horloge a ainsi engendr&#233; une conception du temps dans laquelle celui-ci est vu comme un bien rare, qui doit &#234;tre exploit&#233; et &#233;conomis&#233;. La nature de chaque activit&#233; change alors de signification, toute action repr&#233;sentant d&#233;sormais un engagement de temps. Dans cette conception r&#233;ifi&#233;e du temps, les rythmes naturels perdent de leur importance (Marx, 1965). Le temps du travail salari&#233; s'impose jusqu'&#224; devenir la principale discipline collective, apportant un v&#233;ritable &#171; cadre temporel &#187; (Grossin, 1995) pour toutes les dimensions de la soci&#233;t&#233;. Il &#233;tablit une nouvelle organisation de la journ&#233;e &#224; travers l'horaire, avec des cons&#233;quences sur les autres temps quotidiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Depuis les ann&#233;es 1970-80, le tournant n&#233;olib&#233;ral pose la question de la red&#233;finition des cadres temporels de la production, de la distribution et de la consommation. L'am&#233;nagement du temps de travail, les heures et jours d'ouverture des commerces soul&#232;vent des d&#233;bats virulents. La diminution du temps de travail salari&#233; rend celui-ci modulable, plus facilement adaptable aux exigences de l'activit&#233; &#233;conomique. Dans un contexte d'incertitude &#233;conomique, de renforcement de la concurrence, de production &#224; flux tendu et en juste &#224; temps, cette adaptation se traduit par une plus grande flexibilit&#233; de l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le syst&#232;me politique et &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral favorise la flexibilit&#233; mais aussi la lev&#233;e de certaines contraintes, une moindre intervention de l'&#201;tat et des d&#233;r&#233;gulations. En France, depuis 1987, la r&#233;partition des heures de travail salari&#233; peut se n&#233;gocier &#224; l'ann&#233;e et d&#233;roger &#224; l'ensemble des r&#232;gles de l'horaire hebdomadaire. L'arsenal r&#233;glementaire r&#233;gulant le temps de travail, encadr&#233; par des lois depuis 1841, se complexifie depuis les ann&#233;es 1980, conduisant &#224; une inflation l&#233;gislative. De nouvelles dispositions apparaissent &#224; chaque loi, ouvrant des r&#233;gimes suppl&#233;mentaires de modulation du temps de travail ou de calcul des repos compensateurs. Traditionnellement, l'&#201;tat fixe les r&#232;gles de dur&#233;e maximale du travail journalier et hebdomadaire, du travail de nuit et du dimanche, les repos compensateurs mais la n&#233;gociation collective entre l'&#201;tat et les partenaires sociaux prime depuis la loi du 25 mars 1919. Il en r&#233;sulte un nombre de situations diff&#233;rentes sans cesse croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au final, les horaires de travail sont de moins en moins standardis&#233;s, prenant un caract&#232;re de plus en plus atypique et impr&#233;visible. Les journ&#233;es courtes de travail augmentent, de m&#234;me que celles de plus de 10 heures, les horaires d&#233;cal&#233;s, et le travail de nuit et l'on assiste &#224; une r&#233;organisation des repos avec les week-ends prolong&#233;s, des journ&#233;es de repos en semaine, des fractionnements des jours de vacances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un contexte de n&#233;olib&#233;ralisation, les temps creux hors de la production et de la consommation apparaissent comme des contraintes, des obstacles temporels au bon fonctionnement &#233;conomique de la soci&#233;t&#233;. Les cadres temporels traditionnels devenus moins rigides, moins r&#233;p&#233;titifs, moins visibles, les temps creux jouent un r&#244;le d'amortisseur, de r&#233;serve de temps qui peut &#234;tre investie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La nuit et le dimanche, temps secondaires collectifs, cycliques et socialement norm&#233;s, subissent un affaiblissement de leurs qualit&#233;s. La notion de secondarit&#233; comporte l'id&#233;e d'une hi&#233;rarchie, d'une relativit&#233; : le secondaire d&#233;rive ou d&#233;pend de quelque chose. Les deux p&#233;riodes que sont le jour et la nuit ne sont pas d'&#233;gale dimension : la nuit est &#171; inversion temporelle &#187; (Sansot, 1971, p. 238), &#171; temps de l'envers &#187; et &#171; un temps diff&#233;rent o&#249; les valeurs ont tendance &#224; s'inverser &#187; (Espinasse et Buhagiar, 2004, p. 1). La nuit affirme sa singularit&#233; par les m&#233;tamorphoses qu'elle induit &lt;i&gt;par rapport au&lt;/i&gt; jour. Le dimanche, situ&#233; en fin de semaine, souvent mis dans une graphie sp&#233;cifique dans les calendriers et les agendas, reste &#171; un jour pas comme les autres &#187;. Journ&#233;e de transition, formant un passage entre 2 semaines, il marque la fin d'une semaine et en annonce une autre. On dit d'ailleurs &#171; en semaine &#187; pour parler des jours situ&#233;s du lundi au vendredi, comme si le week-end n'appartenait pas &#224; la semaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais le primaire tend &#224; absorber le secondaire : ce dernier peut &#234;tre vu comme accessoire, superflu, peu rentable, voire inutile. Ainsi, la fermeture de la plupart des commerces la nuit et le dimanche s'oppose au principe du n&#233;olib&#233;ralisme reposant sur l'id&#233;e que le bien-&#234;tre humain peut s'accro&#238;tre en augmentant les libert&#233;s d'entreprises individuelles. Dans un contexte de pressions temporelles, li&#233;es &#224; l'acc&#233;l&#233;ration du temps et au sentiment d'urgence, la mise en activit&#233; de ces deux p&#233;riodes permettrait, selon certains, tant aux entreprises qu'aux individus de pouvoir mieux s'organiser pour produire et consommer. Enfin, ces p&#233;riodes creuses peuvent &#234;tre occup&#233;es, investies : en substance, dans une logique n&#233;olib&#233;rale, de nouveaux march&#233;s restent donc &#224; inventer. Le principe d'une consommation-loisir, en particulier, est mis en avant par les investisseurs, avec une volont&#233; de cr&#233;er des lieux de distraction autant que de d&#233;pense, renfor&#231;ant la place de la consommation dans le temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les temps de la production et de la consommation structurent la vie quotidienne et rythment les espaces urbains. Pour s'ancrer dans les logiques n&#233;olib&#233;rales, les villes doivent s'adapter. Les principes de libert&#233; d'entreprise, de comp&#233;titivit&#233;, de cr&#233;ation de march&#233;s, les id&#233;ologies du choix et de la consommation, imposent d'ajuster les temporalit&#233;s locales traditionnelles. Un processus est en cours, impuls&#233; tant par le secteur priv&#233; que le secteur public, dans lequel les diff&#233;rents horaires des services urbains (horaires de transports, des commerces, des activit&#233;s de loisirs, etc.) sont revus.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2- Une mise en continuit&#233; des grands rythmes urbains traditionnels &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La comp&#233;tition, au c&#339;ur des principes du n&#233;olib&#233;ralisme, a des effets directs sur les politiques urbaines et engendre une logique de comp&#233;tition interurbaine g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Certains effets ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; largement d&#233;crits, en particulier par les g&#233;ographes (voir par exemple : Harvey, 1973, 1992 ; Soja, 2009) : multiplication d'&#233;v&#233;nements culturels, logique de &#171; ville cr&#233;ative &#187;, cr&#233;ation de quartiers d'affaires, formes privatis&#233;es de gouvernance locale, privatisation de quartiers r&#233;sidentiels, etc. L'animation en continu des villes s'impose comme un &#233;l&#233;ment &#224; part enti&#232;re de la comp&#233;tition interurbaine. On peut m&#234;me noter un effet de sp&#233;cialisation de certaines villes actives 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, telles Ibiza ou Las Vegas. Pour la plupart des villes, l'objectif est d'attirer touristes, &#233;tudiants et jeunes cadres, principales populations en faveur de l'&#233;largissement des horaires le soir et le week-end et principaux sortants nocturnes. Cela leur permet aussi d'asseoir leur urbanit&#233; puisque seule &#171; une ville qui vit la nuit est une vraie ville. Les villes de province, &#8220;c'est mort le soir&#8221;, selon l'opinion commune &#187; (Pin&#231;on, Pin&#231;on-Charlot, 2000). S'affirmer comme m&#233;tropole, ce n'est pas rayonner &#224; mi-temps, seulement &#224; certains moments, de jour ou une partie de la semaine, c'est exercer une attractivit&#233; forte le plus souvent possible, voire en continu. Ainsi, le dimanche et la nuit, Paris confirme-t-elle d'autant plus son rayonnement sur les autres villes fran&#231;aises. Tiraill&#233;es entre des logiques de comp&#233;tition internationale qui tendent &#224; s'imposer et des logiques de r&#233;sistance, les villes fran&#231;aises et la capitale plus encore, sont prises dans un jeu d'acteurs complexe, aux intentions divergentes, qui reste encore peu &#233;tudi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;La nuit urbaine, &#233;l&#233;ment d'attractivit&#233; tabou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, la nuit urbaine se trouve d'abord anim&#233;e sous l'effet des loisirs. Paris la nuit propose quantit&#233; de salles de spectacle, restaurants, bars, bo&#238;tes de nuit et de nombreuses actions visent &#224; renforcer son attractivit&#233; nocturne : mise en lumi&#232;re de ses monuments recr&#233;ant chaque soir un d&#233;cor exceptionnel, multiplication d'&#233;v&#233;nements depuis les ann&#233;es 1980 (dont la Nuit Blanche, reproduite dans d'autres m&#233;tropoles comme Rome ou Toronto), renforcement du r&#233;seau de transports en commun entre 1h et 6h du matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La nuit repr&#233;sente un temps privil&#233;gi&#233; du temps pour soi, de la d&#233;tente, du rel&#226;chement et la sortie nocturne constitue un moyen privil&#233;gi&#233; de sortir de la routine. 4 personnes sur 10, en majorit&#233; des hommes, sortent au moins un soir par semaine. Seulement 20 % ne le font jamais, contre 67 % en 1973. Les sortants nocturnes sont surtout des populations jeunes, &#226;g&#233;es de 15 &#224; 34 ans, des cadres et professions sup&#233;rieures ainsi que des c&#233;libataires sans enfants (APUR, 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cependant, ce n'est pas uniquement l'offre traditionnelle festive mais la plupart des loisirs traditionnellement diurnes qui se d&#233;veloppent la nuit. Certains clubs priv&#233;s et &#233;quipements publics proposent des prestations jusque tard. Les horaires des piscines, jardins publics et biblioth&#232;ques, qui ferment g&#233;n&#233;ralement leurs portes entre 17 et 20 heures, sont remis en question. La Mairie de Paris fait la promotion de ces services : &#171; Vous r&#234;vez de nager &#224; la nuit tomb&#233;e ? Une vingtaine de piscines vous accueillent en soir&#233;e de 19 h &#224; minuit &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Site Internet de la Mairie de Paris, page consult&#233;e le 5 juin 2007.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plus encore, l'ensemble des activit&#233;s journali&#232;res se multiplie la nuit. De nombreuses activit&#233;s prolongent leurs horaires en soir&#233;e. Des soci&#233;t&#233;s de services se mettent d&#233;sormais &#224; disposition du consommateur en permanence. &#192; Paris, plusieurs commerces sont ouverts jusque tard comme certains restaurants, stations-services, mais aussi sup&#233;rettes, &#233;piceries, boulangeries, magasins culturels ou grands magasins. Ces derniers proposent au minimum une nocturne par semaine. Le Virgin des Champs-Elys&#233;es, ouvert 7 jours sur 7 jusqu'&#224; minuit, r&#233;aliserait 40 % de son chiffre d'affaire le dimanche et le soir apr&#232;s 20 heures (Reinhart, 2001). Par ailleurs, Internet permet de faire ses achats &#224; tout moment en ligne et, si le commerce &#233;lectronique reste encore marginal &#224; certains niveaux, il est en constante progression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La situation de la France para&#238;t &#171; en retard &#187; aux yeux de certains observateurs (Gwiazdzinski, 2005) qui la comparent &#224; celle des &#201;tats-Unis ou du Japon o&#249; supermarch&#233;s, coiffeurs, salles de sports, restaurants, magasins d'habillements, salles de gymnastique, librairies, fonctionnent parfois jour et nuit. Il est vrai que, m&#234;me dans la capitale, les villes fran&#231;aises proposent encore peu de magasins ouverts la nuit. Les activit&#233;s commerciales nocturnes cessent en majorit&#233; soit vers 22 heures, soit autour de minuit. Cependant, certaines activit&#233;s traditionnellement diurnes se d&#233;veloppent. Fait r&#233;v&#233;lateur, en 2003, seules deux sup&#233;rettes &#233;taient ouvertes &#224; Paris jusqu'&#224; minuit sous une seule enseigne ; en 2010, une trentaine ferme entre 23h et 1h et les enseignes se sont diversifi&#233;es (APUR, 2010a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'intensification de l'activit&#233; de la ville nocturne ne rel&#232;ve pas de la m&#234;me signification que celle des nuits &#233;veill&#233;es d'autrefois. Les nuits parisiennes changent, comme l'attestent ces propos d'un auteur de guide touristique sur Paris 24h/24 : &#171; Depuis les ann&#233;es 90', Paris fait moins la f&#234;te. Hier, les chauffeurs de taxis raccompagnaient le mec pochtronn&#233; des Bains Douches. Aujourd'hui, il r&#233;pond au cadre qui, &#224; 1 heure du matin, sort de sa r&#233;union en costume-cravate &#224; la D&#233;fense ou de sa t&#233;l&#233;conf&#233;rence avec New-York qui est d&#233;synchronis&#233;. Ce sont des signes d'une morphologie nouvelle de la nuit parisienne. [...] Les nouveaux habitants de la nuit sont des professionnels, des gens comme moi qui occupent pleinement la nuit dans un contexte sobre &#187; (Wassef, 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, si ses nuits ont longtemps fait la r&#233;putation de la capitale fran&#231;aise, celle-ci est parfois vue, depuis une dizaine d'ann&#233;es, comme une ville morte la nuit et concurrenc&#233;e par d'autres m&#233;tropoles europ&#233;ennes. Un guide touristique note ainsi : &#171; Ici et l&#224;, il se murmure que les nuits parisiennes ont perdu leur saveur, qu'il faudrait d&#233;sormais aller &#224; Londres, Barcelone, Amsterdam ou m&#234;me New York pour faire la f&#234;te ! &#187; (B&#233;raud et Hermange, 2007). Une p&#233;tition a &#233;t&#233; lanc&#233;e fin 2009&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lettre ouverte des acteurs de la musique et de la nuit &#224; Paris &#224; l'attention (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, en r&#233;action aux fermetures d'&#233;tablissements impos&#233;es par la Pr&#233;fecture de police suite &#224; des plaintes pour nuisances sonores. Cette p&#233;tition intitul&#233;e &#171; Paris : quand la nuit meurt en silence &#187; a recueilli plus de 16 000 signataires pour &#171; sauver les nuits parisiennes &#187;. Selon ses auteurs, la Ville-Lumi&#232;re serait ainsi en passe d'&#234;tre rel&#233;gu&#233;e &#171; au rang de capitale europ&#233;enne du sommeil &#187; et il serait &#171; dor&#233;navant bien &#233;tabli que Paris a abandonn&#233; toute esp&#232;ce de leadership europ&#233;en &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La ma&#238;trise de la p&#233;riode nocturne est revendiqu&#233;e par de nombreux acteurs (les r&#233;sidents, au nom d'un droit au sommeil, les sortants et &#233;tablissements nocturnes au nom d'un droit aux loisirs, certains commerces et consommateurs au nom d'une libert&#233; de consommation, etc.) et il reste difficile de concilier des demandes a priori antagonistes. Les politiques urbaines ne parviennent pas &#224; adopter des positions bien d&#233;finies et &#224; s'accorder entre elles. Certains acteurs proposent des solutions radicales (fermetures d'&#233;tablissements nocturnes par d&#233;cision pr&#233;fectorale), d'autres, des solutions en termes de conciliation et de m&#233;diation (charte des lieux musicaux de proximit&#233; sign&#233;e en 2004 et m&#233;diateurs recrut&#233;s par la Ville), sans qu'aucune ne satisfasse pleinement les divers acteurs. Au final, les conflits se durcissent et les injustices sont ressenties par les diff&#233;rentes parties prenantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En Europe, d'autres villes ont mis en place des politiques nocturnes radicalement diff&#233;rentes, misant sur une &lt;i&gt;night-time economy&lt;/i&gt;, telles certaines villes britanniques &#224; la fin des ann&#233;es 1980. L'expression se rapporte essentiellement &#224; l'accroissement du nombre de bars, restaurants et discoth&#232;ques dans les centres urbains pouvant ouvrir jusque tard. Cette &#233;volution est consid&#233;r&#233;e comme une strat&#233;gie de revitalisation des centres, par l'investissement de b&#226;timents industriels &#224; l'abandon et la cr&#233;ation d'emplois. &#171; La ville des &#8220;vingt-quatre heures&#8221; est alors devenue un instrument de marketing s&#233;duisant pour des villes d&#233;sireuses de se r&#233;inventer elles-m&#234;mes, de demeurer ou de devenir comp&#233;titives au niveau national, europ&#233;en ou global &#187; (O'Connor, 1997, p. 40). Dans la logique de la th&#233;orie de la ville cr&#233;ative, certains chercheurs (Landry et Bianchini, 1995 ; O'Connor, 1997) ont fourni des arguments en faveur de cette &#233;volution. L'innovation culturelle est vue comme un moyen de dynamiser et revaloriser les territoires. Certains centres urbains sont alors pass&#233;s d'espaces d&#233;sert&#233;s &#224; des lieux concentrant des &lt;i&gt;&#171; young drunken people &#187;&lt;/i&gt; (Roberts, 2006, p. 331) et la multiplication de jeunes aux comportements jug&#233;s antisociaux a engendr&#233; de nombreux conflits. De nouvelles fragmentations se sont cr&#233;&#233;es dans les villes, le centre-ville semblant r&#233;serv&#233; aux jeunes durant la nuit, tandis que les plus de 35 ans le per&#231;oivent g&#233;n&#233;ralement comme un lieu ins&#233;curisant (Thomas et Bromley, 2000). La &lt;i&gt;night-time economy&lt;/i&gt;, jug&#233;e jusque-l&#224; de fa&#231;on plut&#244;t positive, a alors &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme inacceptable par le gouvernement. Celui-ci a durci les cr&#233;ations de licences &#224; partir de 2003, et certaines villes comme Leeds, Nottingham ou Leicester ont incit&#233; le d&#233;veloppement d'autres types d'activit&#233;s en soir&#233;e (par exemple le shopping ou la cr&#233;ation de terrasses dans les caf&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Le dimanche, symbole d'une marchandisation du temps&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout comme la nuit, le dimanche s'ouvre de plus en plus &#224; des pratiques autres que celles relevant du loisir. Le travail dominical et l'ouverture des commerces de d&#233;tail sont de plus en plus autoris&#233;s. En France, la loi de 1906 (Beck, 2009) indique qu'un salari&#233; ne peut travailler plus de six jours cons&#233;cutifs et qu'il doit pouvoir disposer d'un jour de repos hebdomadaire, fix&#233; au dimanche. Mais la liste des secteurs ayant de plein droit l'autorisation d'employer des salari&#233;s le dimanche s'est consid&#233;rablement allong&#233;e au fil des ann&#233;es. Y figurent, par exemple, depuis 2005, les magasins de jardinerie ou de location vid&#233;o et en 2008, la loi dite Ch&#226;tel y a ajout&#233; les commerces d'ameublement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le dimanche, la capitale fran&#231;aise b&#233;n&#233;ficie de &#171; zones touristiques d'affluence exceptionnelle ou d'animation culturelle permanente &#187;, dans lesquelles les commerces peuvent ouvrir de plein droit. Cinq zones de ce type ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es depuis 1994 (la Rue de Rivoli, la Place des Vosges et la rue des Francs Bourgeois, la Rue d'Arcole, l'Avenue des Champs-Elys&#233;es, et le Viaduc des Arts et l'Avenue Daumesnil). S'y sont ajout&#233;es celles du boulevard Saint-Germain en 1999 et de la Butte Montmartre en 2005, ce qui repr&#233;sente un peu plus de 700 boutiques ouvertes le dimanche. Depuis la loi Maill&#233; d'ao&#251;t 2009, les commerces situ&#233;s dans ces zones peuvent ouvrir le dimanche sans autorisation pr&#233;fectorale. L'ensemble des commerces &#224; dominante alimentaire, qui pouvaient ouvrir jusqu'&#224; 12 h auparavant, peuvent d&#233;sormais le faire jusqu'&#224; 13 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au final, Paris comprend, en 2010, entre 12 000 et 15 000 commerces ouverts le dimanche (hors p&#233;riodes de No&#235;l ou de soldes), sur toute ou une partie de la journ&#233;e, ce qui repr&#233;sente environ 20 % de l'ensemble des commerces parisiens (APUR, 2010b). Il s'agit surtout de march&#233;s, de commerces alimentaires, de stations-services, de fleuristes, de pharmacies, de vid&#233;oclubs, de jardineries, de commerces d'ameublement, de caf&#233;s et de restaurants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais Paris subit de nombreuses pressions pour une plus large ouverture des commerces le dimanche. Comme ses nuits, ses dimanches sont souvent compar&#233;s &#224; ceux d'autres villes europ&#233;ennes telle Londres, r&#233;put&#233;e attractive pour ses week-ends shopping. Or, le tourisme constitue l'un des piliers de l'&#233;conomie urbaine et l'offre commerciale contribue pleinement &#224; l'attractivit&#233; touristique, comme le rappelle la Pr&#233;fecture de Paris dans un rapport alarmiste, en plein c&#339;ur des d&#233;bats politiques sur le travail dominical qui ont anim&#233; la France en 2009 (Pr&#233;fecture de Paris, 2009). Elle y indique que la premi&#232;re place de la capitale fran&#231;aise au niveau national et international &#171; se doit d'&#234;tre confort&#233;e au moment o&#249; l'Organisation mondiale du Tourisme (OMT) pr&#233;voit un doublement en Europe des flux touristiques internationaux [...]. L'organisation internationale soulignait &#233;galement que, depuis 1990, la France a perdu trois points de parts de march&#233; mondial en mati&#232;re d'arriv&#233;es internationales de touristes, ce qui correspond &#224; une r&#233;duction d'un quart, et deux points de parts de march&#233; en mati&#232;re de recettes &#187; (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 3-4). Le pays devrait &#233;galement s'adapter &#224; des dur&#233;es de s&#233;jours plus courtes au niveau mondial. Au final &#171; Paris ne peut [...] plus se satisfaire d'occuper la premi&#232;re place en termes de destination touristique, elle doit d&#233;sormais &#234;tre comp&#233;titive &#187; (&lt;i&gt;Ibid&lt;/i&gt;., p. 5-6). La Pr&#233;fecture appuie alors la proposition de la CCIP&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; d'&#233;tendre les zones touristiques, proposant un p&#233;rim&#232;tre central, compos&#233; des arrondissements historiques, et des zones diss&#233;min&#233;es, comprenant, en particulier, un &#233;largissement des p&#233;rim&#232;tres des Champs-&#201;lys&#233;es et de Montmartre et l'apparition de nouvelles zones comme Porte-Maillot, Bercy Village et Porte de Versailles. Les crit&#232;res sur lesquels repose la d&#233;finition de ces p&#233;rim&#232;tres sont fond&#233;s sur l'int&#233;r&#234;t culturel, architectural, historique, la forte densit&#233; commerciale et les capacit&#233;s d'accueil et d'accessibilit&#233; au secteur touristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cependant, suite &#224; une concertation engag&#233;e aupr&#232;s de commer&#231;ants, de syndicats et de maires d'arrondissements, le maire de Paris, qui d&#233;tient le pouvoir d'impulser la cr&#233;ation de zones touristiques, a conclu qu'il &#171; n'existe en d&#233;finitive ni besoin, ni n&#233;cessit&#233;, ni urgence, ni d&#233;sir partag&#233; d'une extension de l'ouverture des commerces le dimanche &#224; Paris &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communication du maire au Conseil relative &#224; la loi n&#176; 2009-974 du 10 ao&#251;t (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Aux yeux de certains, &#171; cela revient &#224; ne pas accepter la comp&#233;tition internationale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le s&#233;nateur Yves Pozzo di Borgo, L'Orient-Le Jour, Samedi, 5 juin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais il semble que la capitale fran&#231;aise ne soit pas plus d&#233;munie que Berlin, Londres ou Madrid en termes de commerces ouverts le dimanche (APUR, 2010b). La diff&#233;rence r&#233;side dans le fait qu'&#224; Paris, ce sont pour l'essentiel les petits commerces qui sont ouverts et les pressions viennent surtout des grandes enseignes, des grands magasins et des centres commerciaux. La cr&#233;ation de 28 PUCE (P&#233;rim&#232;tre d'Usage de Consommation Exceptionnelle) en Ile-de-France entre 2009 et 2011 a ainsi permis de l&#233;galiser des situations irr&#233;guli&#232;res, comme celle du centre commercial Usines Center &#224; V&#233;lizy dans les Yvelines, de Thiais Village dans le Val-de-Marne, ou de la zone des Chanteraines &#224; Gennevilliers dans les Hauts-de-Seine&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rapport fait au nom du comit&#233; parlementaire charg&#233; de veiller au respect du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Depuis les ann&#233;es 1980, les d&#233;bats sur la journ&#233;e du dimanche se focalisent sur la question du commerce. Celle de l'offre de services publics, elle, passe beaucoup plus inaper&#231;ue dans le d&#233;bat public. Pourtant, certaines mutations sont en cours et cr&#233;ent des tensions. Ainsi, si la mairie de Paris se positionne contre la marchandisation du dimanche, elle se montre plut&#244;t favorable &#224; une extension des services publics, en particulier des services culturels et sportifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Traditionnellement, des lieux culturels ou de loisirs sont ouverts le dimanche dans les villes fran&#231;aises, tels les mus&#233;es ou les th&#233;&#226;tres. Cela semble aller de soi : le dimanche, lib&#233;r&#233; des contraintes du travail, est la journ&#233;e du temps libre par excellence. Dimanche et loisirs sont indissociables, ils se rapportent d'abord au temps libre, lib&#233;r&#233; des contraintes du travail, et expriment une rupture avec la vie quotidienne. Mais, &#233;tonnamment, d'autres &#233;quipements culturels ou sportifs sont ferm&#233;s le dimanche. C'est souvent le cas des piscines, par exemple. De fa&#231;on plus radicale, les biblioth&#232;ques, elles, sont presque toutes ferm&#233;es, alors qu'elles repr&#233;sentent l'&#233;quipement culturel le plus r&#233;pandu&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;84 % des communes en disposent et 80 % de la population r&#233;side &#224; moins de 10 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Ile-de-France, seules 29 biblioth&#232;ques municipales (BM) ouvrent ce jour-l&#224; (sur 956) (Plein sens, 2011). Et quasiment toutes ouvrent uniquement le matin ou l'apr&#232;s-midi. Face &#224; cette situation, des municipalit&#233;s r&#233;visent les p&#233;riodes d'ouverture de leurs BM&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ouverture dominicale des biblioth&#232;ques municipales en France n'est pas un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est le cas de Paris qui a ouvert 3 biblioth&#232;ques le dimanche entre 2008 et 2010 (elle n'en offrait aucune auparavant)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Deux BM g&#233;n&#233;ralistes (Marguerite Duras, dans le XXe arrondissement et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et il y en aura probablement plus dans les prochaines ann&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s nos entretiens, men&#233;s avec des agents municipaux.&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Nombreux sont ceux qui saluent l'initiative : d'une part, parce que les Biblioth&#232;ques municipales sont des lieux de culture, de loisir, de formation, gratuits et de proximit&#233; et, d'autre part, parce que le public du dimanche diff&#232;re de celui des autres jours. Mais ces ouvertures sont aussi le r&#233;sultat de longues et difficiles n&#233;gociations avec les personnels. Des &#233;quilibres restent &#224; trouver pour assurer le principe de continuit&#233; du service public en vue de tenir compte de la diversit&#233; des populations et des contraintes temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les dynamiques dominicales et nocturnes pr&#233;c&#233;demment d&#233;crites sont, selon nous, le reflet du jeu social dans lequel le primaire tend &#224; absorber le secondaire. La mise en continuit&#233; des grands rythmes traditionnels est relative non seulement &#224; l'intensification de l'activit&#233; durant les p&#233;riodes habituellement creuses, enregistrant une baisse de r&#233;gime, mais elle se rapporte aussi &#224; un changement des qualit&#233;s attribu&#233;es &#224; certains moments. Ainsi, la nuit urbaine se &#171; diurnise &#187; et le dimanche se voit attribuer certaines propri&#233;t&#233;s que poss&#232;dent les autres jours de la semaine. La mise en continuit&#233; n'est donc pas un ph&#233;nom&#232;ne purement quantitatif s'exprimant par une intensification g&#233;n&#233;rale de l'activit&#233; : le paysage nocturne et dominical de l'offre en commerces et services urbains se transforme de fa&#231;on significative et ressemble de plus en plus &#224; celui des autres temps urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, la nuit et le dimanche sont porteurs de sens car ils expriment d'abord une rupture avec le quotidien. Le dimanche, journ&#233;e en creux, rompt la continuit&#233; de la semaine et la rythme. Marqu&#233; par l'absence relative de certaines contraintes sociales, notamment vis-&#224;-vis du travail, il permet une r&#233;organisation du jeu social. Mais il ne peut prendre sens que dans une soci&#233;t&#233; dans laquelle pr&#233;domine le rythme du travail et s'il permet &#224; l'homme d'&#233;chapper au labeur quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'alternance jour/nuit, quant &#224; elle, constitue le rythme de base de l'&#234;tre humain, tant au niveau physiologique que social. Elle sert de base &#224; une dialectique entre agitation et calme, action et repos, inqui&#233;tude et qui&#233;tude, tension et d&#233;tente. La nuit est une halte, le moment de la rel&#226;che, en attente d'une nouvelle promesse du jour. La nuit urbaine a fait l'objet de nombreuses recherches (Sansot, 1971 ; Cauquelin, 1977 ; Murray, 1978 ; Espinasse et Buhagiar, 2004 ; Gwiazdzinski, 2005) montrant combien cette p&#233;riode obscure est stimulante pour l'imagination, permet un autre v&#233;cu sensoriel et corporel, offre une sensation de libert&#233;, r&#233;v&#232;le certains aspects de notre personnalit&#233;, donne la possibilit&#233; de rapports diff&#233;rents &#224; autrui et red&#233;finit notre pr&#233;sence au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mettre en continuit&#233; les grands rythmes traditionnels contribue &#224; renforcer et &#224; &#233;tendre les contraintes et les modes de fonctionnement sp&#233;cifiques du jour et de la semaine, r&#233;duisant les possibilit&#233;s de s'en d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3- Injustices temporelles, injustices sociales, injustices spatiales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le processus de n&#233;olib&#233;ralisation,, en banalisant le dimanche et la nuit, cr&#233;e des in&#233;galit&#233;s et des injustices sociales. Pour la majorit&#233; des actifs, travailler le dimanche ou la nuit est assimil&#233; &#224; une contrainte et ceux qui travaillent durant ces p&#233;riodes en sont g&#233;n&#233;ralement peu satisfaits (Fondation pour l'innovation politique, 2009 ; Gazave et Enel, 2006). Le d&#233;calage temporel par rapport aux autres a des implications directes sur l'organisation de la vie quotidienne et sur la relation &#224; autrui. Parmi les travailleurs de nuit, ceux qui &#339;uvrent en &#171; trois huit &#187; &#233;mettent le plus de r&#233;ticences. La vie de famille constitue l'un des premiers arguments de l'arr&#234;t du travail. Les incompatibilit&#233;s viennent surtout de l'absence de disponibilit&#233; de la personne chez elle, du bruit ext&#233;rieur, de difficult&#233;s de couple, de difficult&#233;s de garde d'enfants, encore plus dans le cadre des familles monoparentales. Par ailleurs, le travail nocturne perturbe les rythmes biologiques traditionnellement fond&#233;s sur une alternance jour-nuit et pose des questions de sant&#233; publique. Le risque de cancer du sein augmente ainsi de fa&#231;on notoire chez les femmes travaillant la nuit (M&#233;negaux &lt;i&gt;et. al.&lt;/i&gt;, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Face &#224; la d&#233;synchronisation des rythmes sociaux, l'adaptation des horaires et jours d'ouverture des commerces aux modes de vie des populations est souvent montr&#233;e comme un imp&#233;ratif dans les d&#233;bats politiques et sociaux. Mais on peut se demander &#224; qui s'adresse la ville en continu. Des &#233;tudes ont mis en &#233;vidence que la majorit&#233; des Fran&#231;ais consid&#232;re les temps du commerce bien adapt&#233;s, contrairement &#224; ceux des services publics et administrations (CREDOC, 2008). Moins d'un tiers affirme manquer de temps pour ses achats et une faible majorit&#233; est favorable &#224; l'ouverture des &#233;tablissements le dimanche. L'ensemble de ces r&#233;sultats relativise les discours d&#233;non&#231;ant l'inadaptation de l'amplitude horaire des magasins. L'&#233;largissement des heures d'acc&#232;s aux magasins le soir et le week-end est surtout souhait&#233; par une minorit&#233;, un profil de client&#232;le sp&#233;cifique : les cadres et les jeunes de moins de 35 ans et encore plus ceux de moins de 24 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si cela reste peu soulign&#233; et &#233;tudi&#233;, certaines injustices se manifestent spatialement et peuvent alimenter les r&#233;flexions g&#233;ographiques. Les changements de rythmes de vie prennent corps dans l'espace et modifient la g&#233;ographie des territoires. De nouvelles injustices spatiales se cr&#233;ent, en particulier dans les villes. Il s'agit ici d'appr&#233;hender la justice sociale sous une perspective spatiale, en tenant compte du r&#244;le majeur jou&#233; par les pouvoirs publics, l'espace &#8211; tout comme le temps &#8211; &#233;tant politique (Lefebvre, 1974). Pour Alain Reynaud (Reynaud, 1981), la puissance publique se doit de jouer un r&#244;le redistributeur pour qu'il y ait justice. Face aux &#233;volutions spontan&#233;es, elle peut adopter trois positions principales : &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; accompagner, ou am&#233;nager de fa&#231;on passive. Les politiques publiques s'adaptent aux &#233;volutions en cours sans s'interroger sur leur bien fond&#233; ;
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; acc&#233;l&#233;rer les tendances spontan&#233;es. Les pouvoirs publics favorisent les classes socio-spatiales les plus dynamiques, au d&#233;triment des autres, ce qui renforce les contrastes ;
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; inverser des tendances spontan&#233;es ou am&#233;nager de fa&#231;on volontaire. Les pouvoirs vont &#224; l'encontre du laisser-faire et des int&#233;r&#234;ts particuliers au profit des int&#233;r&#234;ts collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le processus de mise en continuit&#233; de l'urbain, n&#233; des mouvements n&#233;olib&#233;raux, produit, selon nous, deux types majeurs d'injustices spatiales dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le premier type d'injustice spatiale est li&#233; &#224; la d&#233;r&#233;gulation progressive du temps de travail salari&#233;. Il peut &#234;tre directement cr&#233;&#233; par des politiques explicites de traitement in&#233;gal des salari&#233;s selon un crit&#232;re spatial. Il se manifeste, en particulier, sous la forme de l'exploitation rep&#233;r&#233;e par David Harvey (1992) qui reprend les analyses sociologiques de Marion Young (1990). Engendr&#233;e par le syst&#232;me capitaliste, l'exploitation repose sur l'oppression de certaines classes sociales. Or, on constate que la banalisation de certains temps creux passe par un traitement in&#233;gal des salaires. Le dimanche, les salaires et le temps de travail sont trait&#233;s selon les corps de m&#233;tier mais aussi selon le lieu de travail. La loi de 1906 pr&#233;voit des compensations en termes de majoration des salaires et d'am&#233;nagement du temps de travail pour ceux qui travaillent le dimanche. Cependant, depuis la loi dite Maill&#233; de 2009, les contreparties au travail dominical ne sont plus obligatoires dans les zones touristiques et les salari&#233;s travaillant dans ces zones ne peuvent plus, d&#233;sormais, refuser de travailler le dimanche, &#224; la diff&#233;rence des autres. On assiste donc &#224; une in&#233;galit&#233; dans la distribution des revenus du travail selon les espaces, doubl&#233;e d'une exclusion des processus de prise de d&#233;cision dans certaines zones cibl&#233;es. Plus g&#233;n&#233;ralement, la banalisation du travail nocturne et dominical dans les diff&#233;rents secteurs laisse craindre le risque d'une diminution, voire d'une disparition des compensations, et un durcissement des obligations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, les d&#233;r&#233;gulations risquent non seulement de d&#233;savantager les salari&#233;s mais ont aussi tendance &#224; accro&#238;tre certaines in&#233;galit&#233;s, en avantageant certains commerces au d&#233;triment d'autres. Si aucune &#233;tude &#233;conomique empirique ne semble avoir &#233;t&#233; men&#233;e sur les villes fran&#231;aises, des recherches appliqu&#233;es &#224; d'autres pays ont montr&#233; que l'extension des plages d'ouverture des commerces a des cons&#233;quences sur l'accessibilit&#233; spatio-temporelle des commerces, le prix des produits, la comp&#233;titivit&#233; des &#233;tablissements, leur localisation et leur format. Les d&#233;r&#233;gulations transforment les rythmes de consommation et entra&#238;nent des disparit&#233;s territoriales. En Allemagne, presque tous les hypermarch&#233;s et grands magasins ont prolong&#233; leurs horaires d'ouverture entre 1996 (ann&#233;e de la d&#233;r&#233;gulation) et 1998. &#192; l'inverse, nombreux sont les petits commerces individuels qui ont gard&#233; leurs horaires habituels faute de pouvoir supporter la charge d'un salari&#233; suppl&#233;mentaire (Kosfeld, 2002). Les d&#233;r&#233;gulations b&#233;n&#233;ficient surtout &#224; la grande distribution qui en profite pour augmenter ses prix (Tanguay &lt;i&gt;et al.&lt;/i&gt;, 1995). De plus, l'&#233;largissement des plages d'ouverture n'est pas rentable pour les commerces qui ne jouissent pas d'une attractivit&#233; suffisante pour compenser les frais li&#233;s (emploi de salari&#233;s en particulier). La localisation du magasin constitue une variable importante : il faut un environnement attractif et des effets de publicit&#233; pour attirer suffisamment de clients durant les horaires atypiques, ce qui est surtout le cas des commerces de centre-ville et des zones p&#233;riph&#233;riques qui poss&#232;dent une densit&#233; et une diversit&#233; commerciale cons&#233;quentes (Kosfeld, 2002). On observe ainsi des disparit&#233;s g&#233;ographiques remarquables et des effets d'entra&#238;nement. Des effets s'observent aussi &#224; proximit&#233; des zones o&#249; l'ouverture dominicale est autoris&#233;e. &#192; Paris, la pr&#233;sence de la zone touristique de la rue des Francs Bourgeois (IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement) incite certaines boutiques situ&#233;es &#224; proximit&#233; &#224; ouvrir le dimanche, m&#234;me ill&#233;galement. On peut m&#234;me remarquer des agr&#233;gations formant de v&#233;ritables polarit&#233;s. C'est le cas, par exemple, du centre commercial Bercy Village, dans le XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement, qui regroupe commerces alimentaires, boutiques de v&#234;tements, magasins de loisirs qui ouvrent de fa&#231;on ill&#233;gale 7 jours sur 7, jusqu'&#224; 21h/22h. &#192; une autre &#233;chelle, autour des petites &#233;piceries aux ouvertures tardives se forment parfois des micro-centralit&#233;s aux temporalit&#233;s sp&#233;cifiques. En outre, certains commerces ouvrent leurs portes &#224; des moments peu rentables pour des effets d'image ou afin de casser la situation de monopole que leurs concurrents auraient alors (le gestionnaire de la place Ville Marie &#224; Montr&#233;al impose ainsi &#224; ses boutiques et lieux de restauration d'ouvrir le dimanche, bien que cela ne soit pas forc&#233;ment rentable pour eux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le deuxi&#232;me type d'injustice spatiale est li&#233; &#224; un manque de r&#233;gulation spatiale global et affirm&#233; face aux mutations temporelles de ces derni&#232;res d&#233;cennies (Mallet, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'une part, les pouvoirs publics actuels restent incapables de proposer des solutions efficaces pour r&#233;soudre les conflits temporels. Les conflits temporels peuvent &#234;tre d&#233;finis comme des tensions g&#233;n&#233;r&#233;es par des usages simultan&#233;s et antagonistes d'un espace. La mise en continuit&#233; des temps urbains est fortement propice au d&#233;veloppement de ces conflits. Ils sont directement issus de l'intensification de la polychromie urbaine, qui se rapporte &#224; la diversit&#233; des rythmes des espaces urbains et &#224; leur facult&#233; d'engendrer des usages pluriels en un m&#234;me moment. La nuit constitue un moment conflictuel particulier et le sera certainement encore plus dans les ann&#233;es &#224; venir face au d&#233;veloppement du travail de nuit, &#224; la diversification des loisirs durant cette p&#233;riode et &#224; la diffusion g&#233;ographique des activit&#233;s nocturnes dans l'ensemble de l'espace urbain. Or, &#171; la ville qui travaille, la ville qui dort et la ville qui s'amuse ne font pas toujours bon m&#233;nage &#187; (Gwiazdzinski, 2005, p.132). L'injustice est ressentie par les diff&#233;rents types de populations, qui ont toutes l'impression de devoir subir les autres. Porter l'attention aux conflits temporels semble aujourd'hui n&#233;cessaire &#224; la constitution de villes apais&#233;es et &#224; la bonne cohabitation entre citadins. Certaines actions sont mises en place pour apaiser les tensions, comme la r&#233;daction de &#171; chartes locales des usages &#187; ou des &#171; chartes de la vie nocturne &#187; afin de renouer le dialogue entre les diff&#233;rentes parties prenantes. Outils de conciliation, elles visent &#224; r&#233;guler la cohabitation entre les r&#233;sidents, usagers, commer&#231;ants, etc. Elles impliquent l'instauration d'un d&#233;bat public, des engagements de part et d'autre, des bilans r&#233;guliers (en g&#233;n&#233;ral, une fois par an). Des chartes ont &#233;t&#233; sign&#233;es dans de nombreuses villes fran&#231;aises (&#224; Paris, Lyon, Lille, Reims, etc.). Mais ces documents incitatifs, &#224; caract&#232;re non r&#233;glementaire, visent &#224; apaiser des tensions d&#233;j&#224; existantes et aujourd'hui encore, il n'existe aucune gestion temporelle globale des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'autre part, la justice spatiale suppose une &#233;galit&#233; d'acc&#232;s des citoyens &#224; des ressources urbaines. Cette &#233;galit&#233; est souvent pr&#233;sent&#233;e en g&#233;ographie comme d&#233;pendante de la distance entre un &#233;quipement et des utilisateurs (Reynaud, 1981), mais elle d&#233;pend aussi de l'accessibilit&#233; temporelle de l'&#233;quipement. Or, les services urbains sont restreints durant les temps secondaires. La nuit, le dimanche, transports en communs ou cr&#232;ches, par exemple, sont peu pr&#233;sents, voire inexistants. Des mesures sont toutefois prises pour accompagner la tendance en cours d'intensification de certains temps : il s'agit de pr&#233;voir les &#233;quipements collectifs rendus n&#233;cessaires par l'augmentation des populations vivant en horaires d&#233;cal&#233;s (mise en place ou renforcement des r&#233;seaux de transports en commun la nuit, par exemple). L'id&#233;e d'un droit au temps s'affirme progressivement. Revendiqu&#233; d&#232;s les ann&#233;es 1980 en Italie, il a donn&#233; lieu &#224; la naissance de &#171; politiques temporelles &#187; et &#224; leur structure de coordination, les &#171; Bureaux des Temps &#187;, qui se sont diffus&#233;s dans plusieurs pays europ&#233;ens (en particulier en France et en Allemagne). En 2010, le Conseil de l'Europe affirme le &#171; droit au temps &#187; comme un droit fondamental pour les citoyens, confortant les actions des politiques temporelles et invitant les &#201;tats membres &#224; soutenir la cr&#233;ation de celles-ci par les collectivit&#233;s locales. Leur objectif principal est d'agir sur les difficult&#233;s croissantes des gens &#224; g&#233;rer leurs emplois du temps quotidiens. Ceux qui vivent en horaires &#171; d&#233;cal&#233;s &#187; par rapport &#224; la norme, par choix ou par obligation, ne doivent pas &#234;tre interdits pour autant de pratiquer certaines activit&#233;s, ni &#234;tre priv&#233;s de services urbains. Ces actions constituent une reconnaissance politique de la multiplicit&#233; des temps sociaux. Elles sont le reflet d'une prise en compte de la diversit&#233; des rythmes quotidiens, s'attachant en particulier aux difficult&#233;s de synchronisation de certaines populations aux rythmes sociaux dominants et aux &#233;volutions temporelles des rythmes majeurs comme des rythmes mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais la reconnaissance de la diversit&#233; des rythmes sociaux passe aussi par celle des diff&#233;rents territoires temporels, rejoignant l'id&#233;e selon laquelle la justice spatiale repose sur une reconnaissance de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de l'espace. Or, la qualification temporelle des espaces est rarement int&#233;gr&#233;e dans les projets urbains et les documents de la planification urbaine. Il serait pourtant utile que les urbanistes &#233;tudient la qualification des lieux selon les horaires d'ouverture de leurs services, leur fr&#233;quentation et s'interrogent sur la coh&#233;sion de leurs rythmes. Ces &#233;l&#233;ments participent &#224; l'accessibilit&#233; des lieux et &#224; leur hospitalit&#233;, tout autant que leur localisation et les moyens de transport permettant d'y acc&#233;der. Penser en ce sens pourrait amener &#224; une meilleure conciliation des diverses activit&#233;s. Des mesures contraignantes pourraient emp&#234;cher l'installation d'activit&#233;s &#224; certains endroits et les &#171; centralit&#233;s temporelles &#187; pourraient &#234;tre identifi&#233;es et affirm&#233;es (Ascher, 1997). Comme l'explique Fran&#231;ois Ascher, &#171; l'existence d'une zone urbaine capable d'apporter aux citadins vingt-quatre heures sur vingt-quatre la quasi-totalit&#233; des produits et services urbains semble coh&#233;rente avec une certaine tradition de centralit&#233; dans les villes europ&#233;ennes, et ma&#238;trisable par les pouvoirs publics qui peuvent &#233;galement plus ais&#233;ment aider &#224; y acc&#233;der les cat&#233;gories sociales d&#233;favoris&#233;es, le chrono-urbanisme &#187;. L'existence d'une telle centralit&#233; permettrait de r&#233;pondre aux usages de plus en plus diversifi&#233;s du temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les pressions des politiques n&#233;olib&#233;rales, consid&#233;rant la gestion actuelle du dimanche et de la nuit comme trop peu rentable ou non concurrentielle, modifient les temps urbains. La question des b&#233;n&#233;ficiaires de la ville en continu se pose : &#224; qui cette ville s'adresse-t-elle ? Elle profite &#224; certains types de populations, &#224; certains commerces au d&#233;triment d'autres. Elle provoque une mont&#233;e des conflits, une augmentation des in&#233;galit&#233;s et des risques d'accroissement des divisions socio-spatiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cependant, on ne peut que noter l'absence de politiques fortes, clairement identifi&#233;es et explicites, porteuses de projet urbain global. Les injustices spatiales s'intensifient, &#224; cause de la d&#233;r&#233;gulation progressive du temps de travail salari&#233; et d'un manque de gestion spatiale face aux transformations temporelles spontan&#233;es. Cette situation montre que la justice sociale, dans un contexte d'acc&#233;l&#233;ration du temps, ne peut &#234;tre &#233;tudi&#233;e sans prise en compte de l'espace et du temps. La dimension temporelle de la soci&#233;t&#233; et de l'espace m&#233;riterait une plus grande attention de la part des chercheurs et des pouvoirs publics. Tout comme l'espace, le temps est un produit social et le milieu temporel influence la soci&#233;t&#233;. Les r&#233;flexions g&#233;ographiques, urbanistiques, et sociologiques gagneraient &#224; &#234;tre temporalis&#233;es, puisque l'inscription g&#233;ographique de l'homme et de la soci&#233;t&#233; se r&#233;alise non seulement dans l'espace mais aussi dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;APUR,2004, &lt;i&gt;Paris la nuit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
APUR, 2010a, &lt;i&gt;La nuit &#224; Paris. &#201;tat des lieux et tendances 2000-2010&lt;/i&gt;, Note de 8 pages, n&#176; 43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
APUR, 2010b, &lt;i&gt;Le travail dominical dans les commerces parisiens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ascher, Fran&#231;ois, &#171; Du vivre en juste &#224; temps au chrono-urbanisme &#187;, &lt;i&gt;Les annales de la Recherche Urbaine&lt;/i&gt;, n&#176; 77, 1997. pp. 113-121.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Beck, Robert, &#171; Esprit et gen&#232;se de la loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire &#187;, &lt;i&gt;Histoire, &#233;conomie &amp; soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, n&#176; 3, 28&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e, 2009, pp. 5-15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
B&#233;raud, Diana, Hermange, Aur&#233;lia, &lt;i&gt;Paris by night&lt;/i&gt;, Paris : Editions G&#233;n&#233;rales First, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cauquelin, Anne, &lt;i&gt;La ville la nuit&lt;/i&gt;, Paris : PUF, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Credoc, 2008, &#171; L'ouverture des commerces le dimanche : opinion des fran&#231;ais, simulation des effets &#187;, &lt;i&gt;Cahier de recherche&lt;/i&gt; n&#176; 246, novembre 2008, 87 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elias, Norbert, &lt;i&gt;Du temps&lt;/i&gt;, traduit de l'allemand par Mich&#232;le Hulin, Paris : Fayard, r&#233;ed. 1996 [1984].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Espinasse, Catherine, Buhagiar, Peggy, &lt;i&gt;Les passagers de la nuit, Vie nocturne des jeunes&lt;/i&gt;, Paris : L'Harmattan, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Fondation pour l'innovation politique, &lt;i&gt;Travailler le dimanche : qu'en pensent ceux qui travaillent le dimanche ?&lt;/i&gt;, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Gazave, Cyrille, Enel, Fran&#231;oise, 2006, &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur l'emploi et les rythmes de vie la nuit &#224; Paris&lt;/i&gt;, mai 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Grossin, William, &lt;i&gt;Les temps de la vie quotidienne&lt;/i&gt;, Th&#232;se de sociologie sous la direction de Jean Stoetzel, Universit&#233; Paris V, 1972.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Grossin, William, &#171; La notion de cadre temporel &#187;, &lt;i&gt;Temporalistes&lt;/i&gt;, n&#176; 31, d&#233;cembre 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Gurvitch, Georges, &#171; La multiplicit&#233; des temps sociaux &#187;, in Gurvitch, Georges, &lt;i&gt;La vocation actuelle de la sociologie&lt;/i&gt;&lt;i&gt;, tome II&lt;/i&gt;, Paris : PUF, r&#233;&#233;d. 1969, 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Gwiazdzinski, Luc, &lt;i&gt;La nuit, derni&#232;re fronti&#232;re&lt;/i&gt;, Paris : &#201;ditions de l'Aube, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Harvey, David, &lt;i&gt;Social justice and the city&lt;/i&gt;, Londres : The Johns Hopkins University Press, 1973.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Harvey, David, &#8220;Social justice, postmodernism and the city&#8221;, &lt;i&gt;International Journal of Urban and Regional Research&lt;/i&gt;, Vol. 16, n&#176; 4, 1992, pp. 588-601.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Kosfeld, Michael, &#8220;Why shops close again : An evolutionary perspective on the deregulation of shopping hours&#8221;, &lt;i&gt;European Economic Review&lt;/i&gt;, n&#176; 46, 2002, pp. 51-72.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Landry, Charles, Bianchini, Franco, &lt;i&gt;The creative city&lt;/i&gt;, London : Demos, Comedia, 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Lefebvre, Henri, &lt;i&gt;La production de l'espace&lt;/i&gt;, Paris : Anthropos, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Lefebvre, Henri, R&#233;gulier, Catherine, &#171; Le projet rythmanalytique &#187;, &lt;i&gt;Communications&lt;/i&gt;, n&#176; 41, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Lefebvre, Henri, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments de rythmanalyse : introduction &#224; la connaissance des rythmes&lt;/i&gt;, Paris : Syllepse, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mallet, Sandra, &#171; Am&#233;nager les rythmes : politiques temporelles et urbanisme &#187;, &lt;i&gt;EspaceTemps.net&lt;/i&gt;, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Marx, Karl, &lt;i&gt;Le Capital. Critique de l'&#233;conomie politique. Livre I. Le proc&#232;s de production du capital, &lt;/i&gt;Paris : PUF, r&#233;&#233;d. 2006, 1965.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M&#233;da, Dominique, &lt;i&gt;Le temps des femmes, pour un nouveau partage des r&#244;les&lt;/i&gt;, Paris : Flammarion, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Menegaux, Florence ; Truong, Th&#233;r&#232;se ; Anger, Antoinette ; Cordina-Duverger, Emilie ; Lamkarkach, Farida ; Arveux, Patrick,, Kerbrat, Pierre ; F&#233;votte, Jo&#235;lle ; Guenel, Pascal, &#8220;Night work and breast cancer : A population-based case&#8211;control study in France&#8221;, &lt;i&gt;International Journal of Cancer&lt;/i&gt;, 2012, pp. 924-931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Melbin, Murray, &#8220;Night as frontier&#8221;, &lt;i&gt;American Sociological Review&lt;/i&gt;, vol. 43, 1978, pp. 3-22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mumford, Lewis, &lt;i&gt;Techniques et civilisation&lt;/i&gt;, trad. de l'anglais par D. Moutonnier, 1950, Paris : Le Seuil, 1934.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
O'Connor, Justin, &#171; Donner de l'espace public &#224; la nuit &#187;, &lt;i&gt;Les annales de la recherche urbaine&lt;/i&gt;, n&#176; 77, 1997, pp. 40-46.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pincon, Michel, Pincon-Charlot, Monique, &#171; Les nuits de Paris &#187;, &lt;i&gt;Les annales de la recherche urbaine&lt;/i&gt;, n&#176; 87, septembre 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
PLEIN SENS, &lt;i&gt;Happy Hours. &#201;valuation de l'impact des horaires d'ouverture sur la fr&#233;quentation et les usages des publics en biblioth&#232;que publique&lt;/i&gt;, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pr&#233;fecture de Paris, 2009, &lt;i&gt;Ouverture dominicale des magasins &#224; Paris, Rapport au Ministre du travail, des relations sociales, de la famille et de la solidarit&#233;&lt;/i&gt;, novembre 2009, 11 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Reinhart, Ren&#233;, &#171; Les nouveaux flux commerciaux et le temps de la ville &#187;, in : Renouvellement urbain, flux commerciaux et flux de circulation (dirig&#233; par Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignation ; Union du grand commerce de centre-ville), Actes du colloque du 19 septembre 2001, Paris : Union du grand commerce de centre-ville, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Reynaud, Alain, &lt;i&gt;Soci&#233;t&#233;, espace et justice&lt;/i&gt;, Paris : PUF, 1981.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Roberts, Marion, &#8220;From &#8220;creative city&#8221; to &#8220;no-go areas&#8221;&#8221; &#8211;The expansion of the night-time economy in British town and city centres&#8221;, &lt;i&gt;Cities&lt;/i&gt;, n&#176; 5, vol. 23, octobre 2006, pp. 331-338.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Rosa, Harmut, &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration. Une critique sociale du temps&lt;/i&gt;, Paris : La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Soja, Edward W., &#171; The city and spatial justice &#187;, [&#171; La ville et la justice spatiale &#187;, traduction : Sophie Didier, Fr&#233;d&#233;ric Dufaux], &lt;i&gt;Justice&lt;/i&gt;&lt;i&gt; spatiale/S&lt;/i&gt;&lt;i&gt;patial&lt;/i&gt;&lt;i&gt; justice&lt;/i&gt;, n&#176; 1, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sansot, Pierre, &lt;i&gt;Po&#233;tique de la ville&lt;/i&gt;, r&#233;&#233;d. 2004, Paris : Petite Biblioth&#232;que Payot, 1971.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Simmel, Georg, &#171; M&#233;tropoles et mentalit&#233; &#187;, 1903, in Grafmeyer, Yves et Joseph, Isaac, &lt;i&gt;L'Ecole de Chicago. &lt;/i&gt;&lt;i&gt;Naissance de l'&#233;cologie urbaine&lt;/i&gt;, Paris : Champs Flammarion, 2004 [1979].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tanguay, Georges, Vallee, Luc, Lanoie, Paul, &#8220;Shopping Hours and Price Levels in the Retailing Industry : A Theoretical and Empirical Analysis&#8221;, &lt;i&gt;Economic Inquiry&lt;/i&gt;, vol. 33, 1995, pp. 516-524.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Thomas, J. Colin, Bromley, D.F. Rosemary, &#8220;City-centre revitalisation : problems of fragmentation and fear in the evening and night-time city&#8221;, &lt;i&gt;Urban Studies&lt;/i&gt;, n&#176; 8, vol. 37, 2000, pp. 403-429.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Thompson, Edward P., &#171; Temps, travail et capitalisme industriel &#187;, &lt;i&gt;Libre&lt;/i&gt;, traduit de l'anglais 1979, vol. 5, Payot, 1967.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Virilio, Paul, &lt;i&gt;Vitesse et politique&lt;/i&gt;, Paris : Editions Galil&#233;e, 1977.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Wassef, Aalam (entretien avec), &#171; Toutes les heures sont dans 24 heures &#187;, &lt;i&gt;Chronos&lt;/i&gt;, 6 avril 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ces r&#233;sultats sont issus d'une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e en 2007 par l'Ipsos pour Veolia Environnement, effectu&#233;e aupr&#232;s de 9 000 habitants de 14 m&#233;tropoles de pays diff&#233;rents, interrogeant les urbains sur leurs conditions de vie, la fa&#231;on dont ils ressentent leur ville et ce qu'ils en attendent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.paris.fr/portail/Sport/Portal.lut?page_id=152&amp;document_type_id=5&amp;document_id=24813&amp;portlet_id=10874&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Site Internet de la Mairie de Paris&lt;/a&gt;, page consult&#233;e le 5 juin 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Lettre ouverte des acteurs de la musique et de la nuit &#224; Paris &#224; l'attention du Ministre de l'Int&#233;rieur, du Ministre de la Culture et de la Communication, du Ministre de l'&#201;cologie, de l'&#201;nergie, du D&#233;veloppement durable et de la Mer, du Maire de Paris, du Pr&#233;fet de Police de Paris et de la R&#233;gion Ile-de-France et du Pr&#233;sident du Conseil R&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Communication du maire au Conseil relative &#224; la loi n&#176; 2009-974 du 10 ao&#251;t 2009 r&#233;affirmant le principe du repos dominical et visant &#224; adapter les d&#233;rogations &#224; ce principe dans les communes et zones touristiques et thermales.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon le s&#233;nateur Yves Pozzo di Borgo, &lt;i&gt;L'Orient-Le Jour&lt;/i&gt;, Samedi, 5 juin 2010, &#171; Paris dira non &#224; l'extension des ouvertures dominicales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rapport fait au nom du comit&#233; parlementaire charg&#233; de veiller au respect du principe du repos dominical pos&#233; &#224; l'article l. 3132-3 du code du travail, novembre 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;84 % des communes en disposent et 80 % de la population r&#233;side &#224; moins de 10 minutes de l'une d'elles (CREDOC, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'ouverture dominicale des biblioth&#232;ques municipales en France n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne nouveau. Des documents attestent qu'elle n'&#233;tait pas rare au d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Deux BM g&#233;n&#233;ralistes (Marguerite Duras, dans le XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement et Marguerite Yourcenar, dans le XV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;) et une BM sp&#233;cialis&#233;e (la biblioth&#232;que Fran&#231;ois Truffaut consacr&#233;e au cin&#233;ma, dans le IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;D'apr&#232;s nos entretiens, men&#233;s avec des agents municipaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Am&#233;nager les rythmes : politiques temporelles et urbanisme
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1647</link>
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		<dc:date>2015-11-01T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Sandra Mallet
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans Espacetemps.net en avril 2013. Nous remercions Sandra Mallet de nous avoir autoris&#233; &#224; le republier ici. R&#233;sum&#233; : Qu'apportent les politiques temporelles et les Bureaux des Temps dans les fa&#231;ons de penser l'urbanisme ? Apparus en France &#224; la fin des ann&#233;es 1990, l'originalit&#233; et l'int&#233;r&#234;t de leur d&#233;marche repose sur leur volont&#233; d'int&#233;grer la pluralit&#233; des rythmes urbains dans l'am&#233;nagement des territoires. La prise en compte de cette pluralit&#233; s'exprime dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique19" rel="directory"&gt;G&#233;ographie
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Un regard novateur sur l'espace&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Un regard novateur sur l'espace&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Difficult&#233;s et obstacles de l'&#171; urbanisme temporel &#187;&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Difficult&#233;s et obstacles de l'&#171; urbanisme temporel &amp;#187&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article a d&#233;j&#224; paru dans&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.espacestemps.net/articles/amenager-les-rythmes-politiques-temporelles-et-urbanisme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Espacetemps.net&lt;/a&gt; &lt;i&gt;en avril 2013. Nous remercions Sandra Mallet de nous avoir autoris&#233; &#224; le republier ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233; : &lt;/strong&gt; Qu'apportent les politiques temporelles et les Bureaux des Temps dans les fa&#231;ons de penser l'urbanisme ? Apparus en France &#224; la fin des ann&#233;es 1990, l'originalit&#233; et l'int&#233;r&#234;t de leur d&#233;marche repose sur leur volont&#233; d'int&#233;grer la pluralit&#233; des rythmes urbains dans l'am&#233;nagement des territoires. La prise en compte de cette pluralit&#233; s'exprime dans les actions sous trois formes : celles de la multiplicit&#233; des temps sociaux, de la polychronie des lieux et de la polyvalence s&#233;quentielle des espaces. Cependant, faute de moyens suffisants et de reconnaissance, les actions des politiques temporelles manquent de port&#233;e globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Mots-cl&#233;s : &lt;/strong&gt; politiques temporelles, urbanisme, rythmes urbains, temps sociaux, chronotopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;&lt;div class='spip_document_2780 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH375/jpg-90808.jpg?1711313623' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Mian Ye, Stadhuis van den haag reflection, 9.10.2013, Flickr.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'urbanisation se rapporte tout autant &#224; des reconfigurations spatiales qu'&#224; de profondes transformations des modes de vie. Les logiques organisatrices des temps journaliers ont &#233;volu&#233; au cours de l'histoire et les changements s'acc&#233;l&#232;rent depuis une trentaine d'ann&#233;es. Les relations entre les diverses activit&#233;s, en particulier les dur&#233;es et valeurs accord&#233;es au travail et au loisir, se transforment. Alors que le travail constitue le premier &#233;l&#233;ment structurant le quotidien, son organisation est plus flexible et moins standardis&#233;e : en France, les journ&#233;es courtes de travail et les journ&#233;es longues augmentent, de m&#234;me que les emplois &#224; temps partiel, ceux &#224; horaires dits &#171; d&#233;cal&#233;s &#187; et le travail de nuit (insee, 1999, 2011). En parall&#232;le, les loisirs et le temps libre s'affirment comme valeur dominante dans les soci&#233;t&#233;s occidentales (Dumazedier, 1962). Le d&#233;veloppement technologique induit des temps artificialis&#233;s et perturbe les rapports traditionnels des individus au temps et &#224; l'espace (Ascher, 2003). La rapidit&#233; grandissante de la transmission des communications ancre les &#233;changes dans une sorte de processus continu et sans interruption. Le &#171; temps r&#233;el &#187; n'ordonne plus uniquement le monde industriel mais s'immisce de fa&#231;on progressive dans le quotidien. Les individus sont dor&#233;navant accessibles en permanence et une sorte de brouillage appara&#238;t entre les p&#233;riodes de travail et de non-travail. Les transports, toujours plus performants, reconfigurent les distances entre les lieux qui se mesurent d&#233;sormais plus en termes de dur&#233;e que de kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces mutations participent d'une urbanisation des temps quotidiens, marqu&#233;e par une acc&#233;l&#233;ration du rythme de vie (Rosa, 2010&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les recensions d'Antoine Chollet et de Nathalie Blanc concernant cet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Cette acc&#233;l&#233;ration se d&#233;finit comme l'augmentation du nombre d'&#233;pisodes d'actions ou d'exp&#233;riences par unit&#233; de temps. Elle est li&#233;e &#224; la r&#233;duction des ressources temporelles :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Objectivement&lt;/i&gt;, l'acc&#233;l&#233;ration du rythme de vie repr&#233;sente un raccourcissement ou une densification des &#233;pisodes d'action. [...] elle se traduit, &lt;i&gt;subjectivement&lt;/i&gt; [...] par une recrudescence du sentiment d'urgence, de la pression temporelle, d'une acc&#233;l&#233;ration contrainte engendrant du stress, ainsi que par la peur de &#171; ne plus pouvoir suivre. (p. 103)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces &#233;volutions temporelles reconfigure la g&#233;ographie urbaine, les fa&#231;ons de pratiquer l'espace et les attentes des habitants. Le mod&#232;le d'une ville en continu, accessible &#224; tous, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, 365 jours par an, interroge la soci&#233;t&#233; actuelle, signe d'une mutation historique des modes de vie, influenc&#233;s aussi bien par un processus de globalisation que d'individualisation des soci&#233;t&#233;s. On observe, de fait, une mise en continuit&#233; des grands rythmes traditionnels de la ville, en particulier entre le jour et la nuit, le dimanche et les autres jours de la semaine. Certaines fronti&#232;res temporelles s'effacent et un &#171; front &#187; progresse dans l'espace de mani&#232;re disparate, avec des points d'appui, des citadelles &#224; temps continu (Melbin, 1978, Gwiazdzinski, 2005). Ces &#233;volutions temporelles g&#233;n&#232;rent des probl&#232;mes divers : cr&#233;ation d'in&#233;galit&#233;s sociales, renforcement des conflits &#224; certains moments, perturbation des rythmes biologiques. Elles soul&#232;vent de nouveaux enjeux en urbanisme et interrogent ses outils habituels. La reconnaissance du temps comme enjeu d'am&#233;nagement s'affirme depuis la fin des ann&#233;es 1980 en Europe. De nouveaux discours se sont form&#233;s sur le r&#244;le de l'am&#233;nagement dans l'organisation des temporalit&#233;s urbaines (Ascher, 1997, Paquot, 2001). En France, les politiques temporelles sont n&#233;es de ces pr&#233;occupations, &#224; la fin des ann&#233;es 1990. Prenant mod&#232;le sur les exp&#233;riences pionni&#232;res italiennes, elles ont pour ambition de mieux concilier les diff&#233;rents temps des citoyens. Elles tentent d'intervenir sur des moments quotidiens particuliers, des espaces urbains ou l'accessibilit&#233; aux diff&#233;rents services de la ville. Bien souvent, elles donnent naissance &#224; des structures sp&#233;cifiques, que nous appelons, par commodit&#233;, &#171; Bureau des Temps &#187;, malgr&#233; des appellations diversifi&#233;es (Espaces des Temps, Maison du Temps, Mission Temps de la ville, etc.). Peu visibles car agissant sur l'objet &#171; temps &#187;, les politiques temporelles restent, plus de dix ans apr&#232;s les premi&#232;res initiatives men&#233;es, encore m&#233;connues, peu de bilans ayant &#233;t&#233; dress&#233;s depuis (Boulin, 2008, Mallet, 2011). Pourtant, elles sont bien plus qu'un effet de mode et leur diffusion se poursuit. Les politiques temporelles seraient &#224; l'origine de pratiques urbanistiques in&#233;dites, consid&#233;rant le temps sous diverses formes et donnant naissance &#224; un &#171; urbanisme temporel &#187;, pour reprendre l'expression employ&#233;e par leurs acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En nous appuyant sur des entretiens avec des charg&#233;s de mission et des &#233;lus des politiques temporelles, des s&#233;minaires de l'association Tempo Territorial, des documents internes fournis par les personnes enqu&#234;t&#233;es, des documents de communication et articles de presse, nous proposons une analyse des apports et limites de ces politiques dans le champ urbanistique. En quoi participent-elles &#224; reconfigurer les pratiques d'am&#233;nagement ? De quelles mani&#232;res tentent-elles de concilier les aspects li&#233;s au temps avec ceux li&#233;s &#224; l'espace ? Un urbanisme chronotopique (Mallet 2009, Paquot, 2009) est-il en passe de se constituer ? Ce texte interroge &#233;galement les fa&#231;ons dont ces politiques comprennent la notion de temps. En effet, comment se positionnent-elles face aux probl&#233;matiques temporelles actuelles ? Vont-elles dans le sens d'une ville en continu ou tentent-elles de prot&#233;ger certains moments ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La ville est concr&#233;tisation de rythmes, cohabitant, s'entrem&#234;lant et interagissant entre eux : s'int&#233;resser &#224; cette polyrythmie permet alors de penser autrement les espaces et leur am&#233;nagement. Le rythme, cette expression concr&#232;te du temps (Bachelard, 1950) au c&#339;ur de la quotidiennet&#233; (Lefebvre et R&#233;gulier, 1985), n'est pas un concept utilis&#233; de fa&#231;on explicite et r&#233;guli&#232;re par les acteurs des politiques temporelles. Cependant, nous posons l'hypoth&#232;se que les politiques temporelles et les Bureaux des Temps int&#232;grent la question du rythme en urbanisme sous diff&#233;rentes perspectives. La prise en compte de la pluralit&#233; des rythmes urbains s'exprime dans les actions sous trois formes dominantes qui sont celles de la multiplicit&#233; des temps sociaux, de la polychronie des lieux et de la polyvalence s&#233;quentielle des espaces. Cependant, faute de moyens suffisants et de reconnaissance par les urbanistes, les actions des politiques temporelles manquent de port&#233;e globale et sont parfois contradictoires, ce qui emp&#234;che la naissance d'un nouvel urbanisme pens&#233; par le rythme, qui prendrait pleinement en compte, de fa&#231;on explicite et volontaire, la question de l'articulation des temps urbains.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Un regard novateur sur l'espace&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Repenser l'am&#233;nagement des territoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En France, la volont&#233; de renouveler les bases de l'am&#233;nagement des territoires est pr&#233;sent&#233;e comme un &#233;l&#233;ment structurant des politiques temporelles. Elles sont apparues dans une p&#233;riode o&#249; sont &#233;labor&#233;es de nouvelles lois visant &#224; changer les formes de la planification territoriale (la loi relative au renforcement et &#224; la simplification de la coop&#233;ration intercommunale et la Loi d'Orientation pour l'Am&#233;nagement et le D&#233;veloppement Durable du Territoire (loaddt) datent de 1999 et la loi Solidarit&#233; et Renouvellement Urbains (sru) est vot&#233;e en 2000). En outre, les lois Aubry de 1998 et 2000 relatives &#224; la r&#233;duction du temps de travail suscitent de nombreuses r&#233;actions. Les premiers Bureaux des Temps fran&#231;ais sont cr&#233;&#233;s &#224; partir de 2001, en partie gr&#226;ce au programme de prospective de la datar, &lt;i&gt;Territoires 2020&lt;/i&gt;. L'objet du d&#233;bat engag&#233; par la datar fait pleinement &#233;cho &#224; ces deux lois qui organisent le temps de travail salarial r&#233;glementaire &#224; 35 heures par semaine et qui recommandent, d&#232;s l'article premier, une harmonisation des services publics en rapport avec les besoins des habitants.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&lt;strong&gt;Loi Aubry II &#8211; N&#176; 2000-37 du 19 janvier 2000 relative &#224; la r&#233;duction n&#233;goci&#233;e du temps de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Article 1, Alin&#233;a 7 &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans les agglom&#233;rations de plus de 50 000 habitants, le pr&#233;sident de la structure intercommunale, en liaison, le cas &#233;ch&#233;ant, avec les maires des communes limitrophes, favorise l'harmonisation des horaires des services publics avec les besoins d&#233;coulant, notamment du point de vue de la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale, de l'&#233;volution de l'organisation du travail dans les activit&#233;s implant&#233;es sur le territoire de la commune ou &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
A cet effet, il r&#233;unit, en tant que de besoin, les repr&#233;sentants des organismes ou collectivit&#233;s gestionnaires des services concern&#233;s et les met, le cas &#233;ch&#233;ant, en relation avec les partenaires sociaux des entreprises et des collectivit&#233;s afin de promouvoir la connaissance des besoins et de faciliter la recherche d'adaptation locale propre &#224; les satisfaire.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les premiers Bureaux des Temps fran&#231;ais prennent mod&#232;le sur les premi&#232;res exp&#233;riences men&#233;es en Italie, pays pr&#233;curseur des politiques temporelles. Le th&#232;me des temps de la ville, y a, en effet, trouv&#233; une expression politique et l&#233;gislative &#224; diff&#233;rents &#233;chelons territoriaux d&#232;s la fin des ann&#233;es 1980. Cela s'explique par le poids de la recherche qui existait d&#233;j&#224; sur les temps sociaux ainsi que par le r&#244;le des mouvements f&#233;ministes et des syndicats (Bonfiglioli, 1999). C'est &#224; la suite de ces initiatives italiennes que se sont d&#233;velopp&#233;es des politiques temporelles dans plusieurs pays europ&#233;ens, notamment en Allemagne, en Espagne et en France. En France, malgr&#233; l'arr&#234;t de l'implication de l'&#201;tat dans la promotion et le financement des actions d&#232;s 2002 (li&#233;e au changement de gouvernement), on assiste &#224; un essor r&#233;gulier de ces politiques, notamment sous l'impulsion d'une association, &lt;i&gt;Tempo Territorial&lt;/i&gt;, qui vise &#224; les promouvoir, &#224; mutualiser les connaissances et partager les exp&#233;riences, via des s&#233;minaires, des guides m&#233;thodologiques et des journ&#233;es de formation. Un r&#233;seau europ&#233;en a, par ailleurs, &#233;t&#233; fond&#233; en 2009 &#224; Barcelone, premi&#232;re ville espagnole &#224; avoir cr&#233;&#233; un Bureau des Temps. D&#233;sormais, ce sont plus d'une trentaine de collectivit&#233;s fran&#231;aises qui tentent d'int&#233;grer la question des temps dans leurs d&#233;marches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Visant une meilleure coordination entre emplois du temps des populations et temps urbains, la volont&#233; d'&#233;tudier et d'adapter les territoires &#224; la multiplicit&#233; des temps sociaux appara&#238;t d&#232;s les premi&#232;res actions entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Multiplicit&#233; des temps sociaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La prise en compte de la diversit&#233; des rythmes quotidiens et de leur coordination est au c&#339;ur des actions des Bureaux des Temps. Avant de pr&#233;senter les actions des politiques temporelles allant en ce sens, rappelons que le rythme na&#238;t d'abord d'une configuration de plusieurs &#233;l&#233;ments, source d'ajustements permanents mais aussi de d&#233;synchronisations et de d&#233;calages. Ensemble form&#233; par la relation entre ses parties (Benveniste, 1966), le rythme est agencement entre diff&#233;rents processus temporels interagissant entre eux (Lefebvre, R&#233;gulier, 1985). Pour Henri Lefebvre et Catherine R&#233;gulier, le rythme constitue la forme temporelle de notre quotidien, comprenant des successions d'actes, de faits et gestes, des alternances d'absences et de pr&#233;sences, d'heures pleines et creuses. Conform&#233;e &#224; des r&#232;gles et des normes sociales, l'organisation temporelle de la vie quotidienne r&#233;sulte d'un am&#233;nagement tant int&#233;rieur qu'ext&#233;rieur, tout autant personnel que social. Les diff&#233;rents &#233;l&#233;ments temporels (rythmes naturels, tempo des horloges, temps sociaux, rythmes individuels, temps priv&#233;s, rythmes publics, etc.), s'entrem&#234;lent et interagissent sans cesse entre eux. Il en ressort des ajustements, des synchronisations, mais aussi des perturbations, des luttes. Des sociologues, tels Georges Gurvitch et William Grossin, ont d&#233;velopp&#233; des th&#233;ories sur la diversit&#233; et l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du temps et ont d&#233;nonc&#233; l'illusion de son uniformit&#233;. Pour Georges Gurvitch,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;la vie sociale s'&#233;coule dans des temps multiples, toujours divergents, souvent contradictoires, et dont l'unification relative, li&#233;e &#224; une hi&#233;rarchisation souvent pr&#233;caire, repr&#233;sente un probl&#232;me pour toute soci&#233;t&#233; (Gurvitch, 1950, p. 325).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les groupes sociaux se r&#233;alisent dans des temps qui leur sont propres. Selon les cat&#233;gories de populations et les classes d'&#226;ges, des diff&#233;rences s'observent dans le rythme de la journ&#233;e, l'encha&#238;nement des activit&#233;s et les fa&#231;ons de g&#233;rer et ma&#238;triser le temps. Le temps du professeur de coll&#232;ge n'est pas le m&#234;me que celui de l'ouvrier, de l'agriculteur ou de l'employ&#233; de bureau (Grossin, 1974). Mais il existe un paradoxe essentiel et constitutif de toute soci&#233;t&#233; : si les temps sociaux sont fondamentalement pluriels, la soci&#233;t&#233; ne peut vivre sans essayer d'unifier cette pluralit&#233;. Les individus rencontrent au sein de leur quotidien de multiples temps avec lesquels ils doivent composer. Plusieurs temps s'entrelacent avec le temps propre de l'individu et participent alors &#224; sa construction : il peut &#234;tre influenc&#233; par le fait de vivre en milieu urbain ou rural, par des imp&#233;ratifs sociaux tels que les rendez-vous, l'heure d'embauche et de d&#233;bauche de son travail, le moment de la journ&#233;e (matin, soir, etc.). Finalement, chacun doit sans cesse s'adapter et proc&#233;der &#224; des ajustements, l'individu ne pouvant disposer d'un temps enti&#232;rement libre, c'est-&#224;-dire sans liens ext&#233;rieurs. Dans les soci&#233;t&#233;s occidentales, les journ&#233;es sont principalement marqu&#233;es par la r&#233;f&#233;rence constante au Temps Universel&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;chelle de temps internationale, bas&#233;e sur la rotation de la Terre&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui domine l'organisation des rencontres sociales. Par cons&#233;quent, le temps social se d&#233;finit comme un &#171; temps de coordination et de d&#233;calage &#187; et &#171; le maximum de signification humaine se greffe sur lui &#187; (Gurvitch, 1950, pp. 338-340).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En France, comme dans d'autres pays europ&#233;ens (Italie, Pays-Bas), les politiques temporelles visent d'abord un type de population sp&#233;cifique &#8212; les m&#232;res de famille &#8212; qui rencontre des difficult&#233;s &#224; g&#233;rer les diverses parties de son emploi du temps. En Italie, les f&#233;ministes revendiquent, au milieu des ann&#233;es 1980, de plus grandes possibilit&#233;s de gestion du temps de travail, familial, domestique, civique, etc. pour les femmes. Une proposition de loi intitul&#233;e &#171; Les femmes changent le temps : une loi pour rendre plus humains les horaires de travail, les horaires de la ville, le rythme de la vie &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le Donne cambiano i tempi : una legge per rendere piu'umani i tempi del (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; est soumise au Parlement Italien par les &#233;lues de l'ancien Parti Communiste, en 1986. Livia Turco, militante communiste, l'une des leaders de cette proposition, y demande, en introduction, la reconnaissance d'un &#171; droit au temps &#187;. Le texte comprend comme points d'applications : la r&#233;duction du temps de travail salari&#233; et un meilleur am&#233;nagement de celui-ci, le partage des t&#226;ches au sein des m&#233;nages et un renforcement de la coordination des horaires des services urbains. Cette proposition de loi n'a pas &#233;t&#233; accept&#233;e mais elle a cependant particip&#233; &#224; instaurer l'id&#233;e que ces difficult&#233;s constituent un probl&#232;me collectif, de soci&#233;t&#233;, qui rel&#232;ve donc de politiques publiques. Elle a, par ailleurs, acc&#233;l&#233;r&#233; certains processus, en renfor&#231;ant les espaces de dialogues entre les f&#233;ministes et les syndicats et en imposant les femmes comme acteurs sociaux majeurs. Elle est aussi devenue une r&#233;f&#233;rence pour les politiques qui ont suivi, en Italie, mais aussi dans les autres pays o&#249; se sont d&#233;velopp&#233;es les politiques temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La plupart des politiques fran&#231;aises, qui s'inscrivent au d&#233;part dans la lign&#233;e des d&#233;marches italiennes, se sont d'abord centr&#233;es sur les services aux familles, dans l'id&#233;e d'adapter les horaires des services urbains aux rythmes des femmes et de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes. Les Bureaux des Temps de Rennes, Caen, Lyon ou Paris en ont fait l'un de leurs axes d'action privil&#233;gi&#233;s. Ces politiques ont ensuite &#233;largi leur public-cible pour tenter d'intervenir sur l'ensemble des services urbains. De nombreuses actions visant &#224; faciliter l'accessibilit&#233; des services ont &#233;t&#233; entreprises : modifications des horaires d'ouverture, regroupement de certains services entre eux afin de r&#233;duire les temps d'attente et de d&#233;placements, et multiplication des moyens d'information sur les horaires d'ouverture. Les &#233;tudes r&#233;alis&#233;es r&#233;v&#232;lent, en effet, que les plages horaires ordinaires sont trop souvent inadapt&#233;es aux disponibilit&#233;s des usagers. La rigidit&#233; des horaires traditionnels se heurte aux emplois du temps de plus en plus diversifi&#233;s et changeants des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains moments, &#171; temps creux &#187; de la ville, suscitent particuli&#232;rement l'int&#233;r&#234;t. L'&#233;t&#233; constitue la saison la plus probl&#233;matique, puisqu'elle est par excellence en ville celle de la &lt;i&gt;vacance&lt;/i&gt; : les &#233;coles et universit&#233;s ferment leurs portes, une partie des citadins d&#233;laisse la ville quelques jours voire quelques semaines, les agents publics prennent leurs cong&#233;s, les activit&#233;s culturelles, sportives, administratives, commerciales, ou de transports se programment souvent en ad&#233;quation avec les rythmes scolaires, et les jours sont parmi les plus longs de l'ann&#233;e. En cons&#233;quence, les variations saisonni&#232;res urbaines les plus importantes se situent entre l'&#233;t&#233; et le reste de l'ann&#233;e. Cette p&#233;riode estivale tient une place importante dans le calendrier annuel, puisqu'elle se cale pour l'essentiel sur neuf semaines de vacances scolaires s'&#233;tendant de juillet &#224; septembre. Assurer la continuit&#233; des services publics consiste alors tout autant &#224; s'adapter aux demandes des usagers qu'&#224; celles des effectifs des prestataires de services. La nuit ou le dimanche sont aussi des p&#233;riodes durant lesquelles de nombreuses activit&#233;s urbaines sont d&#233;ficientes. Ces temps creux des territoires retiennent particuli&#232;rement l'attention des Bureaux des Temps. &#192; Rennes, Montpellier, Saint-Denis, Paris ou Lyon, ceux-ci ont permis &#224; certains &#233;quipements et services (administratifs, culturels, sportifs, ou de transports, de garde d'enfants, de loisirs) de devenir accessibles &#224; des moments o&#249; ils ne l'&#233;taient pas (en particulier en soir&#233;e, le dimanche et &#224; l'heure du d&#233;jeuner), de cr&#233;er des nocturnes ou de tenir des march&#233;s alimentaires l'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces d&#233;marches, qui pourraient para&#238;tre simples et banales au premier abord, ne le sont pourtant pas. Les r&#233;flexions sur la coordination des horaires &#224; l'&#233;chelle d'une ville sont r&#233;centes. Et surtout, ces actions se r&#233;v&#232;lent complexes &#224; mettre en place : les bases de donn&#233;es et les cartographies des horaires et jours d'ouverture des services et commerces n'ont souvent jamais &#233;t&#233; produites avant la cr&#233;ation d'un Bureau des Temps dans les collectivit&#233;s, et salari&#233;s et syndicats s'opposent, en g&#233;n&#233;ral, au travail &#224; horaires d&#233;cal&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ouverture des biblioth&#232;ques le dimanche se heurte ainsi &#224; des mouvements d'opposition tr&#232;s forts. Rappelons qu'en France, la biblioth&#232;que repr&#233;sente l'&#233;quipement culturel le plus r&#233;pandu. Mais le dimanche, alors que mus&#233;es, th&#233;&#226;tres, piscines ou gymnases ainsi que maints autres lieux culturels ou de loisirs sont ouverts, les biblioth&#232;ques municipales et universitaires sont presque toutes ferm&#233;es, ce qui n'est pas le cas dans bien d'autres pays, am&#233;ricains ou europ&#233;ens. Des &#233;tudes montrent pourtant qu'il existe une r&#233;elle demande d'ouverture le dimanche (Plein Sens, 2011, Tempo Territorial, 2011). Les biblioth&#232;ques municipales ouvertes ce jour-l&#224; rencontrent une fr&#233;quentation en g&#233;n&#233;rale sup&#233;rieure aux autres jours de la semaine, &#233;galant ou d&#233;passant souvent celle du samedi. Cependant, les fermetures dominicales correspondent &#224; des h&#233;ritages historiques difficiles &#224; faire &#233;voluer. Des situations conflictuelles naissent, en particulier, autour de la r&#233;mun&#233;ration des salari&#233;s et leur organisation de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ensemble de ces actions sur les services urbains montre que l'un des objectifs majeurs des Bureaux des Temps est d'agir sur les difficult&#233;s croissantes des gens &#224; g&#233;rer leurs emplois du temps quotidiens. Ceux qui vivent en horaires &#171; d&#233;cal&#233;s &#187; par rapport &#224; la norme, par choix ou par obligation, ne doivent pas &#234;tre interdits pour autant de pratiquer certaines activit&#233;s, ni &#234;tre priv&#233;s de services urbains. Ces actions constituent, par cons&#233;quent, une reconnaissance politique de la multiplicit&#233; des temps sociaux. Elles sont le reflet d'une prise en compte de la diversit&#233; des rythmes quotidiens, s'attachant en particulier aux difficult&#233;s de synchronisation de certaines populations aux rythmes sociaux dominants et aux &#233;volutions temporelles des rythmes majeurs comme des rythmes mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Polychronie des lieux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La diversit&#233; des rythmes urbains quotidiens est &#233;galement abord&#233;e par les Bureaux des Temps par leur int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'on peut appeler la 'polychronie' des lieux. Nous postulons, en effet, que tout lieu est, par essence, polychronique, pour reprendre et adapter &#224; la compr&#233;hension contemporaine des espaces le terme d'Edward T. Hall (Hall, 1984). L'anthropologue am&#233;ricain a montr&#233; combien le temps pouvait &#234;tre v&#233;cu de fa&#231;ons diff&#233;rentes selon les cultures. Il oppose le temps lin&#233;aire des soci&#233;t&#233;s occidentales, au temps cyclique des soci&#233;t&#233;s archa&#239;ques ; il qualifie ces derni&#232;res de polychroniques car elles se singularisent par leur capacit&#233; &#224; traiter plusieurs choses &#224; la fois : les individus n'ont pas d'horaire ni de programmes impos&#233;s, les transactions sont pour la plupart bas&#233;es sur la confiance. &#192; l'inverse, le temps en Occident est monochrone : les soci&#233;t&#233;s monochrones sont s&#233;quentielles et traitent les choses les unes apr&#232;s les autres. De cette fa&#231;on, la vie professionnelle et sociale est domin&#233;e par l'horaire, les structures temporelles &#171; arbitraires et impos&#233;es &#187; (Hall, 1984, p. 81).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour nous, la polychronie d'un lieu se rapporte &#224; la diversit&#233; de ses rythmes et &#224; sa facult&#233; d'engendrer des usages pluriels en un m&#234;me moment. Etudier la polychronie des lieux permet de comprendre la fa&#231;on dont les diff&#233;rents temps (naturels, sociaux) se mat&#233;rialisent dans l'espace urbain. Cette 'chronotopie' part du principe que les emplois de l'espace sont li&#233;s aux emplois du temps (H&#228;gerstrand, 1981). Or l'individualisation des temps sociaux (li&#233;e notamment aux &#233;volutions dans les domaines du travail, des loisirs et des technologies) rend les rythmes collectifs moins pr&#233;visibles, met en continuit&#233; les grands rythmes traditionnels de la ville et d&#233;synchronise les pratiques de l'espace. On assiste, entre autres, &#224; un &#233;talement des heures de pointe dans les transports, &#224; un accroissement des s&#233;jours courts dans les zones touristiques, &#224; une intensification des activit&#233;s urbaines la nuit et le dimanche. La recherche d'une meilleure coordination des temps passe, par cons&#233;quent, par des r&#233;flexions g&#233;ographiques. Il est alors n&#233;cessaire de s'int&#233;resser aux heures d'ouverture et de fermeture des espaces urbains, &#224; la diversit&#233; des usages des espaces publics et &#224; la cohabitation des diff&#233;rentes activit&#233;s entre elles, et de d&#233;velopper des m&#233;thodes d'observation des rythmes urbains, comme ont commenc&#233; &#224; le faire certains chercheurs (G&#233;rardot, 2007, Mallet, 2009, Revol, 2012).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les politiques temporelles sont pr&#233;cis&#233;ment issues de recherches sur les relations entre temps et espaces de la ville. Le terme employ&#233; par les italiens, &lt;i&gt;cronotopo&lt;/i&gt;, traduit en fran&#231;ais par &#171; chronotope &#187;, d&#233;signe la repr&#233;sentation spatio-temporelle des activit&#233;s, reliant la ville b&#226;tie &#224; la fa&#231;on dont elle est investie par les activit&#233;s sociales. Le chronotope combine ainsi &#171; l'ensemble de la temporalit&#233; propre au versant physique et celle propre au versant social dans une relation qui permet aux formes physiques et sociales d'habiter l'une dans l'autre &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; l'insieme delle temporalit&#224; proprie del versante fisico e quelle proprie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Bonfiglioli, 1997, p. 90). Les lieux sont vus comme &#224; la fois transform&#233;s tout au long de l'histoire, transform&#233;s par des temporalit&#233;s quotidiennes et appel&#233;s &#224; se transformer dans le futur, dessinant des architectures temporelles caract&#233;ristiques. Cependant, rares sont les Bureaux des Temps ayant r&#233;alis&#233; des &#233;tudes portant sur cette imbrication des architectures temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Leur apport r&#233;side plut&#244;t dans l'attention port&#233;e aux conflits temporels, directement issus de l'intensification de la polychronie urbaine. En effet, la mise en continuit&#233; des temps urbains, &#224; laquelle ne r&#233;pond, aujourd'hui encore, aucune gestion temporelle globale des villes (Ascher, 1997), est fortement propice au d&#233;veloppement de conflits temporels. Nous d&#233;finissons les conflits temporels comme des tensions g&#233;n&#233;r&#233;es par des usages simultan&#233;s et antagonistes d'un lieu. Il en existe plusieurs types. Certains naissent d'un manque de ressources, les lieux offrant des activit&#233;s capables d'accueillir un certain nombre de personnes sur des p&#233;riodes de temps donn&#233;es (Chardonnel, 1999). D'autres sont issus d'usages jug&#233;s inappropri&#233;s d'un espace par certaines populations &#224; un moment donn&#233;. Le cas le plus classique de ce type de conflit est celui relatif aux nuisances sonores durant la nuit, caus&#233;es, par exemple, par les trafics a&#233;riens perturbant le sommeil des personnes r&#233;sidant &#224; proximit&#233; d'un a&#233;roport, par des clients de bars ou bo&#238;tes de nuit g&#234;nant les riverains ou par des jeunes squattant les cages d'escalier d'un immeuble. Face &#224; la mont&#233;e des conflits temporels, les Bureaux des Temps tentent de se poser en m&#233;diateurs entre les diverses parties prenantes. Certains, comme celui de Paris, contribuent au d&#233;veloppement de &#171; chartes locales des usages &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mairie de Paris, Charte des usages de la rue. Guide m&#233;thodologique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'objectif est d'apaiser les conflits li&#233;s aux pratiques divergentes des habitants &#8212;r&#233;sidents et temporaires &#8212;, d'une rue ou d'un quartier. La premi&#232;re charte, sign&#233;e en 2007, concernait la place du march&#233; Sainte-Catherine, situ&#233;e dans le quartier du Marais &#224; Paris. En soir&#233;e, de nombreux conflits opposaient riverains et restaurateurs : les clients se r&#233;v&#233;laient bruyants, les odeurs de nourriture g&#234;naient les r&#233;sidents, de m&#234;me que les v&#233;hicules qui se garaient sur la place. Un d&#233;bat public r&#233;unissant r&#233;sidents du quartier, repr&#233;sentants de commer&#231;ants et d'usagers, et associations, a &#233;t&#233; initi&#233; par la Mairie d'arrondissement. Une charte locale a ensuite &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e et sign&#233;e, impliquant des engagements de part et d'autre. Ce document &#224; caract&#232;re non r&#233;glementaire, incitatif, vise &#224; r&#233;guler la cohabitation entre les commer&#231;ants, les usagers et les r&#233;sidents, l'utilisation des terrasses, l'entretien du p&#233;rim&#232;tre, le stationnement illicite, les bruits, etc. Il pr&#233;conise la constitution d'un conseil dont les membres sont &#233;lus apr&#232;s signature de la charte. Ce conseil, qui se r&#233;unit et &#233;tablit un bilan une &#224; deux fois par an, doit &#234;tre attentif aux &#233;volutions du quartier, doit constater le respect ou non des engagements de chacun et peut modifier le contenu de la charte. En cas de conflit, il peut saisir la Mairie d'arrondissement pour qu'elle intervienne. Les chartes locales des usages sont donc con&#231;ues comme des outils de conciliation. Reprenant les principes de la charte du March&#233; Sainte-Catherine, le Bureau des Temps en a formalis&#233; la m&#233;thode, afin que les Mairies d'arrondissements puissent facilement les utiliser dans le cadre de conflits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La nuit constitue un moment conflictuel particulier et le sera certainement encore plus dans les ann&#233;es &#224; venir face au d&#233;veloppement du travail de nuit, &#224; la diversification des loisirs durant cette p&#233;riode et &#224; la diffusion g&#233;ographique des activit&#233;s nocturnes dans l'ensemble de l'espace urbain. Or, &#171; la ville qui dort, la ville qui travaille, la ville qui s'amuse et la ville qui s'approvisionne ne font pas toujours bon m&#233;nage &#187; (Gwiazdzinski, 2005). La nuit constitue alors presque &lt;i&gt;naturellement&lt;/i&gt; un moment retenant l'attention de ces politiques. Plusieurs chartes nocturnes ont r&#233;dig&#233;es, comme &#224; Paris en 2004 ou Lyon en 2006, visant &#224; encourager les &#171; bonnes pratiques &#187;. G&#233;n&#233;ralement, les &#233;tablissements s'engagent &#224; mieux respecter les horaires d'ouverture et les textes l&#233;gislatifs, &#224; afficher la charte dans leurs &#233;tablissements et &#224; sensibiliser leur client&#232;le sur les nuisances sonores qu'ils peuvent g&#233;n&#233;rer sur la voie publique ainsi que sur les risques li&#233;s &#224; l'alcool, &#224; la drogue, etc. Les municipalit&#233;s, elles, s'engagent &#224; intervenir dans les demandes d'autorisation tardive, en tant que m&#233;diatrices entre &#233;tablissements et riverains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les acteurs des politiques temporelles ont ainsi conscience que les conflits temporels se multiplient dans les villes et que la forte polychronie des lieux peut &#234;tre propice aux discordances, voire aux conflits. Cette attention port&#233;e aux conflits temporels semble aujourd'hui n&#233;cessaire &#224; la constitution de villes apais&#233;es et &#224; la bonne cohabitation entre citadins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Polyvalence s&#233;quentielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le terme de &#171; polychronie &#187; et l'expression &#171; polyvalence s&#233;quentielle &#187; refl&#232;tent tous deux la diversit&#233; des rythmes d'un espace donn&#233;. Mais, si la polychronie s'attache aux usages pluriels d'un lieu en une unit&#233; de temps, la polyvalence s&#233;quentielle met l'accent sur les encha&#238;nements rythmiques. Cette expression peut &#234;tre utile pour caract&#233;riser la succession des pratiques, la une suite des &#233;v&#232;nements, qu'ils soient r&#233;currents ou ponctuels, pr&#233;vus ou impr&#233;vus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les politiques temporelles tentent de traiter de fa&#231;on diff&#233;renci&#233;e les espaces urbains et &#233;quipements publics selon les moments. Cette gestion se rapporte &#224; un traitement s&#233;quentiel de la polyvalence des espaces : il s'agit de r&#233;v&#233;ler les usages possibles des lieux selon les p&#233;riodes de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Maints &#233;quipements sont sous-utilis&#233;s &#224; certaines p&#233;riodes. Il peut s'agir de parkings de centres commerciaux, d'espaces d'activit&#233;s ou d'universit&#233;s, de salles de classes, de sport, de conf&#233;rences ou d'exposition, de centres culturels, qui se trouvent sous-employ&#233;s voire d&#233;sert&#233;s durant certaines heures de la journ&#233;e, durant la nuit, le week-end ou les vacances. Pourtant, dans beaucoup de villes, les fortes densit&#233;s b&#226;ties et les pressions fonci&#232;res limitent la construction de nouveaux &#233;quipements, malgr&#233; les demandes des habitants. Des exp&#233;riences d'optimisation de l'existant ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es par la Mairie du 9&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement de Paris et le Bureau des Temps. Apr&#232;s concertation aupr&#232;s des grandes entreprises, grands magasins, commerces locaux, ratp, compagnies d'assurance, ccip et Chambre des m&#233;tiers, une &#233;tude avisant &#224; identifier les services et espaces qui pourraient &#234;tre mutualis&#233;s a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e et un travail est en cours afin de rendre op&#233;rationnelles les pr&#233;conisations &#233;mises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La diversification temporelle des usages des espaces publics est &#233;galement au c&#339;ur des pr&#233;occupations des politiques temporelles. Le r&#233;am&#233;nagement du centre-ville de Saint-Denis au d&#233;but des ann&#233;es 2000, auquel a contribu&#233; la &lt;i&gt;Mission des Temps&lt;/i&gt;, t&#233;moigne d'une prise en compte de la polychronie des lieux, de m&#234;me que de la vari&#233;t&#233; des usages selon des s&#233;quences de temps distinctes. Il montre une volont&#233; d'ouvrir les lieux &#224; des usages divers, puisqu'il entend int&#233;grer les calendriers d&#233;j&#224; existants, les &#233;v&#232;nements r&#233;guliers qui marquent la vie des lieux (les jours de march&#233;, les horaires des livraisons, les mariages le samedi, etc.) tout en laissant l'occasion &#224; des &#233;v&#233;nements moins r&#233;guliers, impr&#233;vus, inattendus au moment de l'&#233;laboration du projet, de se produire. Par ailleurs, redonner de la vie au centre-ville en soir&#233;e s'est rapidement impos&#233; comme enjeu fondamental de la &lt;i&gt;Mission&lt;/i&gt;. Face aux difficult&#233;s &#233;conomiques des cafetiers et des restaurateurs, plusieurs rencontres et &#233;tudes ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es afin de comprendre la fa&#231;on dont est v&#233;cu le centre en soir&#233;e. Celui-ci &#233;tait alors en cours de requalification dans le cadre d'un vaste projet urbain int&#233;grant sa pi&#233;tonisation : il &#233;tait indispensable de penser les usages des lieux selon des moments vari&#233;s. L'organisation d'un &#171; Espace des Temps &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vidal, J.-C., Aubert, P. (2002), &#171; L'approche temporelle de la ville de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, instance de d&#233;bats entre diff&#233;rents acteurs &#8212; entreprises, associations et habitants &#8212;, la r&#233;alisation d'une enqu&#234;te aupr&#232;s des r&#233;sidents de Saint-Denis puis d'une randonn&#233;e nocturne dans le centre-ville, a permis &#224; la &lt;i&gt;Mission des Temps&lt;/i&gt; d'&#233;laborer un diagnostic permettant de comprendre les manques, les dysfonctionnements et de faire &#233;merger des id&#233;es et projets. Le premier constat, rapidement dress&#233;, est que Saint-Denis est per&#231;ue comme une ville inactive, &#171; morte &#187; tr&#232;s t&#244;t le soir (d&#232;s 19-20 heures). Cela est, en partie, li&#233; &#224; la faiblesse de l'offre nocturne dans le centre. Il existe, malgr&#233; tout, une demande d'animation de la part des habitants. Un projet destin&#233; &#224; favoriser l'appropriation du lieu en soir&#233;e, les &lt;i&gt;Nuits du Vendredi&lt;/i&gt;, a &#233;t&#233; initi&#233; d&#232;s 2003, en partie financ&#233; par le programme europ&#233;en Equal. Une fois par mois, le vendredi soir, une manifestation particuli&#232;re, spectacle ou d&#233;bat anim&#233; par une association, est organis&#233;e. Les animations se font surtout dans les restaurants et les caf&#233;s, entre 19 heures et 23 heures. La mobilisation des acteurs a &#233;t&#233; un facteur fondamental : des restaurateurs, la Direction de la culture, des associations, compagnies culturelles et transporteurs ont &#233;t&#233; associ&#233;s au projet. La &lt;i&gt;Mission Temps de la Ville&lt;/i&gt; a coordonn&#233; ces acteurs entre eux, s'est charg&#233;e de la communication de ces &#233;v&#232;nements et a recens&#233; les &#233;tablissements ouverts apr&#232;s 19h30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ensemble de ces actions montre que penser les lieux selon des moments diff&#233;rents permet de repenser l'optimisation de leur utilisation, le respect des usages, ainsi que la revitalisation des espaces.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Difficult&#233;s et obstacles de l'&#171; urbanisme temporel &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les politiques temporelles apportent un regard novateur sur les territoires urbains et modifient les pratiques publiques traditionnelles. Elles pr&#233;sentent l'int&#233;r&#234;t de recentrer toute action urbaine sur les usages, c'est-&#224;-dire sur le fonctionnement quotidien des lieux, en les abordant de mani&#232;re explicite sous l'angle sp&#233;cifique du temps. Cet angle fait appara&#238;tre des th&#233;matiques nouvelles, ou ayant suscit&#233; jusque-l&#224; peu d'int&#233;r&#234;t aux yeux des politiques publiques, comme le fonctionnement des espaces durant les moments creux, les difficult&#233;s de conciliation des emplois du temps, les conflits temporels ou l'optimisation temporelle d'un lieu. Penser l'organisation des rythmes permet ainsi de penser autrement l'am&#233;nagement des territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De ces pratiques nouvelles serait en train de se constituer un 'urbanisme temporel'. Plusieurs acteurs des politiques temporelles emploient cette expression, comme la chercheuse italienne Sandra Bonfiglioli, qui parle &#233;galement d''urbanisme des temps' (Bonfiglioli, 2004) ou le sociologue Jean-Yves Boulin, qui pense que l'expression est &#171; int&#233;ressante car elle appelle &#224; des changements culturels &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En conclusion du s&#233;minaire organis&#233; par Tempo Territorial, en novembre 2007, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et que &#171; l'esprit d'un nouvel art de la planification urbaine se forme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le temps appara&#238;t comme une variable fondamentale &#224; prendre en compte en am&#233;nagement &#224; double titre. D'une part, parce que les soci&#233;t&#233;s urbaines sont confront&#233;es &#224; des &#233;volutions temporelles majeures, cr&#233;ant de nouvelles d&#233;synchronisations, in&#233;galit&#233;s sociales et des conflits. D'autre part, parce que, si les r&#233;flexions en am&#233;nagement sont traditionnellement centr&#233;es sur l'espace, on ne peut ignorer que l'urbanisme agit depuis toujours sur l'organisation temporelle de la ville et influence in&#233;vitablement le quotidien et les rapports au temps des habitants. Les mod&#232;les d'organisation de l'espace urbain ont des effets directs sur la gestion des emplois du temps et les mani&#232;res de vivre-ensemble. L'&#233;talement urbain et le fonctionnalisme ont produit des espaces divis&#233;s, aux r&#233;gimes temporels singuliers. De fa&#231;on sch&#233;matique, la ville a &#233;clat&#233; en espaces aux activit&#233;s diff&#233;renci&#233;es, d&#233;di&#233;s au logement, au travail, aux courses ou aux loisirs. Cet urbanisme, qui g&#233;n&#232;re in&#233;vitablement de fortes mobilit&#233;s et des pertes de temps, est chronophage. A l'inverse, le mod&#232;le de ville dense, compacte, proposant une mixit&#233; de fonctions urbaines, est, lui, fortement susceptible de g&#233;n&#233;rer des conflits en rapprochant activit&#233;s et populations aux r&#233;gimes temporels divergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par cons&#233;quent, jusqu'o&#249; cette int&#233;gration de la question des rythmes par les politiques temporelles est-elle directement prise en compte par les acteurs de l'am&#233;nagement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Des structures fragiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Malgr&#233; les apports d&#233;crits pr&#233;c&#233;demment, les Bureaux des Temps restent des structures fragiles. D'une part, ces organismes souffrent de la faiblesse de leurs financements : ils ne b&#233;n&#233;ficient plus d'aides de l'&#201;tat depuis 2002. Apr&#232;s cette date, ils ont eu recours &#224; des fonds europ&#233;ens, notamment de la part du programme europ&#233;en Equal. Cependant, ces fonds ont touch&#233; &#224; leur fin et il s'ensuit souvent un essoufflement des actions entreprises. Les budgets sont consid&#233;r&#233;s comme minimes par l'ensemble des personnes impliqu&#233;es dans les politiques temporelles. D'autre part, le nombre de personnes qui travaillent dans les Bureaux des Temps est restreint (bien souvent, on y trouve une &#224; deux personnes), et le positionnement de ces Bureaux au sein des collectivit&#233;s est particulier : ils figurent pour la plupart dans un service des &#233;tudes, au sein de la direction g&#233;n&#233;rale (par exemple, &#224; Saint-Denis et en Gironde). Ils ne sont donc pas l'&#233;quivalent d'un autre service, contrairement aux Bureaux de l'am&#233;nagement ou de l'environnement, en g&#233;n&#233;ral. Tout cela les rend peu visibles et largement d&#233;pendants des convictions des &#233;lus du moment. Leur positionnement correspond toutefois &#224; une dimension transversale qui entend d&#233;passer les cloisonnements institutionnels. Mais la question des temps appara&#238;t couramment trop abstraite et trop r&#233;cente. Il en r&#233;sulte que les Bureaux des Temps &#339;uvrent beaucoup &#224; communiquer et sensibiliser, &#224; l'ext&#233;rieur comme &#224; l'int&#233;rieur de leur propre collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Peu de liens avec les urbanistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les liens entre l'am&#233;nagement des territoires et politiques temporelles sont plut&#244;t paradoxaux. Alors que ces derni&#232;res sont n&#233;es au sein de la datar, la plupart des acteurs des Bureaux des Temps se pr&#233;sentent eux-m&#234;mes comme des institutions d'abord li&#233;es aux &#171; services &#224; la personne &#187;, ce qui peut laisser penser &#224; un &#233;loignement de leurs pr&#233;occupations territoriales. D'autant plus que peu de liens existent g&#233;n&#233;ralement avec les am&#233;nageurs. Trois raisons peuvent &#234;tre identifi&#233;es : tr&#232;s peu d'am&#233;nageurs ou d'urbanistes travaillent dans un Bureau des Temps, ces derniers sont rarement int&#233;gr&#233;s au sein d'un service d'urbanisme ou d'une agence d'urbanisme, et la formation des urbanistes sensibilise rarement aux probl&#232;mes temporels. Au final, l'association &lt;i&gt;Tempo Territorial&lt;/i&gt; remarque &#171; un d&#233;ficit de cas int&#233;grant la dimension temporelle d'amont en aval, la p&#233;nurie d'exp&#233;rimentations des acquis sur le terrain, li&#233;e au manque de l&#233;gitimit&#233; des Bureaux des Temps &#187; (Tempo Territorial, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les membres des politiques temporelles se heurtent souvent aux cloisonnements des comp&#233;tences. A titre d'exemple, les Bureaux des Temps de Paris et Saint-Denis ont essay&#233; de collaborer avec le service des &#233;clairages de leur collectivit&#233; respective, mais ceux-ci n'ont pas vu l'int&#233;r&#234;t d'une nouvelle collaboration. Les Bureaux des Temps restent tr&#232;s peu sollicit&#233;s par les am&#233;nageurs : dans les projets urbains, ils interviennent parfois au niveau du diagnostic mais ne sont pas int&#233;gr&#233;s dans la d&#233;finition des orientations, ni dans le suivi des projets. Pourtant, la prise en compte des temps ne serait-elle pas &#234;tre pertinente d&#232;s l'&#233;laboration des projets ? Dans le cadre des conflits temporels, les Bureaux des Temps sont uniquement pr&#233;sents en tant que m&#233;diateurs pour apaiser des conflits existants. Cela signifie qu'ils interviennent en cas de probl&#232;me d&#233;j&#224; constitu&#233;. L'int&#233;gration des probl&#233;matiques temporelles lors des phases de diagnostic ou de programmation pourrait, nous semble-t-il, certainement permettre d'&#233;viter la naissance m&#234;me de certains conflits. On peut &#233;galement supposer que leur prise en compte en amont des projets pourrait permettre une optimisation de l'utilisation des &#233;quipements dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Paradoxes et contradictions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La fragilit&#233; de ces structures am&#232;ne parfois &#224; des pratiques qui semblent contradictoires avec les id&#233;es soutenues par les Bureaux des Temps. L'exemple des actions r&#233;alis&#233;es sur la nuit l'illustre bien : l'ensemble des membres des politiques temporelles s'accorde &#224; dire qu'il ne faut pas d&#233;velopper une ville en continu, fonctionnant 24h/24. Pourtant, presque toutes les actions entreprises vont dans le sens d'une plus grande ouverture de la nuit. Cela passe par l'acc&#232;s &#224; de plus en plus d'activit&#233;s durant cette p&#233;riode, li&#233; &#224; la volont&#233; de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s entre individus et de rendre la ville accessible &#224; tous. Or, il s'agit, dans la grande majorit&#233; des cas, d'activit&#233;s de type diurne (aller en biblioth&#232;que, &#224; la piscine ou au mus&#233;e). La plupart des actions porte sur le temps de la soir&#233;e, essentiellement jusqu'&#224; minuit. Elles accompagnent ainsi l'ensemble des &#233;volutions actuelles spontan&#233;es, d'ordre priv&#233;, qui se font sur ce moment sp&#233;cifique (Melbin, 1978, Gwiazdzsinki, 2005). Certaines actions tentent de jouer sur le c&#244;t&#233; &#233;v&#232;nementiel de la nuit, extra-quotidien, hors de la routine ordinaire. Mais au vu du rythme r&#233;curent de certaines de ces &#171; nocturnes &#187;, qui reviennent souvent une fois par semaine et de la multiplication des nocturnes de tous types, publics comme priv&#233;s, on peut s'interroger : que reste-il d'&#233;v&#233;nementiel et d'extraordinaire &#224; ce type de manifestation ? On va plut&#244;t dans le sens d'une normalisation de ce qui &#233;tait jusqu'alors atypique, d'un rapprochement toujours plus grand entre la nuit et le jour en cassant certains r&#233;f&#233;rents temporels qui existaient jusqu'alors, comme le fait qu'une piscine, un mus&#233;e ou une biblioth&#232;que soient ferm&#233;s apr&#232;s 19 ou 20 heures le soir. Il faut dire que la faiblesse des moyens et le peu de cr&#233;dit que leur accordent les urbanistes laissent aux Bureaux des Temps des marges de man&#339;uvre restreintes et les actions se font plut&#244;t au fur et &#224; mesure des opportunit&#233;s. Cette situation ne permet pas de participer &#224; des projets d'envergure &#224; l'&#233;chelle d'une agglom&#233;ration ou d'un quartier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les Bureaux des Temps sont con&#231;us comme des moyens privil&#233;gi&#233;s de diffusion des probl&#233;matiques temporelles au sein des collectivit&#233;s. Bien des villes n'en poss&#232;dent pas mais ont entrepris des chartes de vie nocturne, ou une r&#233;vision des horaires d'ouverture de certains services. Toutefois, leur r&#244;le de diffuseur de &#171; bonnes pratiques &#187;, de mise en r&#233;seau d'exp&#233;riences dispers&#233;es, d'appui aux initiatives locales, de m&#233;diateur entre acteurs aux int&#233;r&#234;ts antagonistes, laisse supposer que ces structures ont contribu&#233; &#224; affirmer l'int&#233;r&#234;t d'int&#233;grer la probl&#233;matique de la multiplicit&#233; des temps sociaux dans les politiques urbaines. Compte tenu des transformations qui affectent les rythmes urbains traditionnels, il semble d&#233;sormais fondamental de consid&#233;rer davantage la pluralit&#233; des temporalit&#233;s sociales qui rythment les espaces urbains en impliquant l'ensemble des m&#233;tiers li&#233;s &#224; l'urbanisme, qu'ils soient ceux de la ma&#238;trise d'ouvrage, de la ma&#238;trise d'&#339;uvre, de la recherche ou de l'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais penser la polyrythmie d'un lieu ou d'un territoire ne saurait se r&#233;duire aux questions sociales. L'&#233;tude des interactions temporelles figure au c&#339;ur de l'&#233;cologie temporelle pens&#233;e par William Grossin (Grossin, 1996). Cette &#233;cologie se base sur la reconnaissance de diff&#233;rents types de temps, avant d'&#233;tudier leurs multiples relations, les influences que les uns exercent sur les autres. Or deux grandes cat&#233;gories se distinguent : les temps construits (personnels et sociaux) et les temps naturels (cosmiques et biologiques). D'autres temporalit&#233;s m&#233;riteraient ainsi d'&#234;tre syst&#233;matiquement abord&#233;es, tant dans les &#233;tudes urbaines que dans les projets urbains, telles les temporalit&#233;s des strat&#233;gies urbaines ou celles des rapports de l'homme &#224; son environnement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=288&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;F. Ascher, &#171; Du vivre en juste &#224; temps au chrono-urbanisme &#187;, &lt;i&gt;Annales de la Recherche Urbaine&lt;/i&gt;, n&#176; 77, 1997, pp. 113-121.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
F. Ascher, &#171; L'ambition moderne de ma&#238;trise individuelle des espaces-temps : outils et enjeux &#187;, &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; F. Ascher et F. Godard, &lt;i&gt;Modernit&#233;, la nouvelle carte du temps&lt;/i&gt;, Paris, L'Aube, 2003, pp. 17-28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
G. Bachelard, &lt;i&gt;La dialectique de la dur&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, puf, [1950], 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
E. Benveniste, &#171; La notion de rythme dans son expression linguistique &#187;, &lt;i&gt;in Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale 1&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, Tel, 1966, p. 327-335.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S. Bonfiglioli, &#171; Ville et temporalit&#233;s urbaines &#187;, &lt;i&gt;Urbanisme&lt;/i&gt;, n&#176; 304, 1999, pp. 23-25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J.-Y. Boulin, &lt;i&gt;Villes et politiques temporelles&lt;/i&gt;, Paris, Institut des villes, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S. Chardonnel, &lt;i&gt;Emplois du temps et de l'espace. Pratiques des populations d'une station touristique de montagne&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en g&#233;ographie, Universit&#233; Joseph Fourier, Grenoble, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J. Dumazedier, &lt;i&gt;Vers une civilisation du loisir ?&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 1962.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M. G&#233;rardot, &#171; &lt;a href=&#034;http://www.espacestemps.net/articles/penser-en-rythmes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Penser en rythmes&lt;/a&gt; &#187;, EspacesTemps.&lt;i&gt;net&lt;/i&gt;, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
W. Grossin, &lt;i&gt;Pour une science des temps : introduction &#224; l'&#233;cologie temporelle&lt;/i&gt;, Toulouse, Octares, 1996.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
G. Gurvitch, &lt;i&gt;La vocation actuelle de la sociologie&lt;/i&gt;, Tome II, Paris, puf, [1950], 1969.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L. Gwiazdzinski, &lt;i&gt;La nuit, derni&#232;re fronti&#232;re&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de l'Aube, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
T. H&#228;gerstrand, &#171; L'interd&#233;pendance dans l'utilisation du temps &#187;, &lt;i&gt;Temps libre&lt;/i&gt;, n&#176; 3, 1981, pp. 53-68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
E. T. Hall, &lt;i&gt;La danse de la vie : temps culturel, temps v&#233;cu&lt;/i&gt;, traduit par Anne-Lise Hacker, Paris, Le Seuil, Collection points essais, 1984, r&#233;&#233;d. 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
H. Lefebvre, C. R&#233;gulier, &#171; Le projet rythmanalytique &#187;, &lt;i&gt;Communications&lt;/i&gt;, n&#176; 41, 1985, pp. 191-199.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S. Mallet, &lt;i&gt;Des plans-lumi&#232;re nocturnes &#224; la chronotopie. Vers un urbanisme temporel&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en urbanisme, Institut d'Urbanisme de Paris, Universit&#233; Paris 12 Val-de-Marne, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S. Mallet, &#171; Que deviennent les politiques temporelles ? &#187;, &lt;i&gt;Urbanisme&lt;/i&gt;, n&#176; 376, 2011, pp. 86-89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M. Melbin, &#171; Night as frontier &#187;, &lt;i&gt;American Sociological Review&lt;/i&gt;, vol. 43, 1978, pp. 3-42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
T. Paquot (dir.), &lt;i&gt;Le quotidien urbain&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
T. Paquot , &#171; Pour un urbanisme chronotopique &#187;, &lt;i&gt;Urbanisme&lt;/i&gt;, n&#176; 365, mars-avril 2009, pp. 64-68.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plein Sens, &lt;i&gt;Happy Hours. &#201;valuation de l'impact des horaires d'ouverture sur la fr&#233;quentation et les usages des publics en biblioth&#232;que publique&lt;/i&gt;, motif, juin 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C. Revol, &#171; &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/spip.php?article493&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rythmes et urbanisme. Pour une approche esth&#233;tique du dynamisme urbain&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
H. Rosa, &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration. Une critique sociale du temps&lt;/i&gt;, Paris, La D&#233;couverte, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tempo Territorial, &lt;i&gt;Guide m&#233;thodologique, Ouvrir les m&#233;diath&#232;ques le dimanche&lt;/i&gt;, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tempo Territorial, &lt;i&gt;Temporelles 2006&lt;/i&gt;, Actes des journ&#233;es d'&#233;tudes des 15 et 16 juin 2006, Dunkerque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir les recensions d'Antoine Chollet et de Nathalie Blanc concernant cet ouvrage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.espacestemps.net/articles/la-terre-un-nouvel-horizon-du-temps/#reponse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.espacestemps.net/articles/la-terre-un-nouvel-horizon-du-temps/#reponse&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.espacestemps.net/articles/lrsquoacceleration-au-fondement-de-la-modernite/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.espacestemps.net/articles/lrsquoacceleration-au-fondement-de-la-modernite/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#201;chelle de temps internationale, bas&#233;e sur la rotation de la Terre&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; Le Donne cambiano i tempi : una legge per rendere piu'umani i tempi del lavoro, gli orari della citt&#224;, il ritmo della vita &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#171; l'insieme delle temporalit&#224; proprie del versante fisico e quelle proprie del versante sociale si legano in una relazione che permette alle forme fisiche e sociali di abitare l'una nell'altra. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mairie de Paris, &lt;i&gt;Charte des usages de la rue. Guide m&#233;thodologique d'&#233;laboration&lt;/i&gt;, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vidal, J.-C., Aubert, P. (2002), &#171; L'approche temporelle de la ville de Saint-Denis &#187; &lt;i&gt;in&lt;/i&gt; Boulin, J.-Y. ; Dommergues, P. ; Godard, F. (dir.) (2002), &lt;i&gt;La nouvelle aire du temps&lt;/i&gt;, Paris, L'Aube, pp. 201-121.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En conclusion du s&#233;minaire organis&#233; par Tempo Territorial, en novembre 2007, &#224; Saint-Denis, intitul&#233; &#171; L'urbanisme Temporel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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