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		<title>Rythmes scolaires : permanence et ouvertures d'une grille
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		<dc:date>2016-01-12T20:49:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Anne Querrien
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&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la mineure &#171; Rythmanalyses &#187; de la revue Multitudes, n&#176; 46, 2011. Nous remercions la revue Multitudes de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. L'&#233;ducation a eu un pouvoir de transformation de masse du jour o&#249; elle s'est d&#233;roul&#233;e dans des &#233;coles, a impos&#233; un rythme plus ou moins uniforme &#224; des enfants rassembl&#233;s dans des espaces sp&#233;cialis&#233;s. Cette innovation date en France du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et a &#233;t&#233; mise en place par les Fr&#232;res des &#233;coles chr&#233;tiennes pour ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique50" rel="directory"&gt;Pour une &#233;thique et une politique du rythme
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la mineure &#171; Rythmanalyses &#187; de la revue&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.multitudes.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Multitudes&lt;/a&gt;,&lt;i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/multitudes-46-automne-2011-en/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176; 46&lt;/a&gt;, 2011. Nous remercions la revue &lt;/i&gt; Multitudes &lt;i&gt; de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'&#233;ducation a eu un pouvoir de transformation de masse du jour o&#249; elle s'est d&#233;roul&#233;e dans des &#233;coles, a impos&#233; un rythme plus ou moins uniforme &#224; des enfants rassembl&#233;s dans des espaces sp&#233;cialis&#233;s. Cette innovation date en France du XVII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et a &#233;t&#233; mise en place par les Fr&#232;res des &#233;coles chr&#233;tiennes pour ce qui concerne l'&#233;cole primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jusque-l&#224; les enfants captaient des &#233;l&#233;ments de savoir aupr&#232;s des cur&#233;s quand ils voulaient devenir enfants de ch&#339;ur, ou aupr&#232;s de ma&#238;tres artisans quand leurs parents les mettaient en apprentissage en ville, ou aupr&#232;s de pr&#233;cepteurs dans les familles plus fortun&#233;es. Fran&#231;ois Furet estime qu'&#224; ce r&#233;gime la France &#233;tait tout de m&#234;me alphab&#233;tis&#233;e &#224; 50% pour les hommes au XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. La r&#233;volution scolaire, qui a permis la scolarisation des enfants &#224; 100%, s'est attaqu&#233;e aux enfants dont les parents, pauvres, n'avaient que faire de leur scolarisation. En r&#233;unissant tous les enfants des pauvres dans un local d'&#233;cole, d'abord charitable, puis municipal &#224; partir de 1837, on ne pouvait se permettre le chahut indescriptible qu'aurait permis la m&#233;thode de transmission individuelle pratiqu&#233;e jusque-l&#224; : pendant que le ma&#238;tre s'occupait d'un enfant, la vingtaine d'autres, voire plus, faisaient n'importe quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean Baptiste de la Salle, fondateur de la Congr&#233;gation des Fr&#232;res des &#201;coles Chr&#233;tiennes, a mis les enfants assis derri&#232;re des tables, en rangs, devant un tableau noir et une estrade surmont&#233;e d'un bureau, encore surmont&#233; d'un crucifix, avec derri&#232;re le bureau un Fr&#232;re, et ce pour six heures par jour, &#224; raison d'une heure par activit&#233;. Il leur a distribu&#233; des livres et des cahiers. Le cadre rythmique de base a &#233;t&#233; pos&#233;, il a surv&#233;cu jusqu'&#224; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le rythme est introduit l'al&#233;a qui confirme le rythme : le ma&#238;tre fait lire ou interroge au tableau chaque enfant, non pas l'un apr&#232;s l'autre comme sur le rang, mais au hasard, pour que tous les enfants soient oblig&#233;s de suivre. Ou bien le ma&#238;tre dicte. Toutes les heures la mati&#232;re change, et le suspense recommence. Le rythme s'inscrit progressivement dans les corps : le rythme de la journ&#233;e d'abord, le rythme des disciplines auquel se plient les contenus pour conforter le rythme annuel et la succession des ann&#233;es pendant six ans. L'&#233;cole des Fr&#232;res des &#233;coles chr&#233;tiennes initie au temps soumis qui sera bient&#244;t pour les meilleurs le temps de l'usine ou du chantier. Arriver &#224; l'heure, &#233;couter les ordres, ne pas d&#233;border du cadre limit&#233; imparti. Il n'est pas &#233;tonnant que le patronat fasse voter par le Parlement en 1842 une loi qui rende la fr&#233;quentation de cette &#233;cole obligatoire de 6 &#224; 13 ans, &#224; partir du moment o&#249; son mod&#232;le a &#233;t&#233; reconnu comme le mod&#232;le normal dans le royaume de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La premi&#232;re alternative de taille &#224; cette &#233;cole bien rythm&#233;e est propos&#233;e en 1816 par la Soci&#233;t&#233; pour l'Am&#233;lioration de l'Instruction &#201;l&#233;mentaire, &#339;uvre charitable de la Restauration, qui s'inqui&#232;te de la disparition des &#233;coles de congr&#233;gation apr&#232;s la R&#233;volution, m&#234;me si Napol&#233;on les a d&#233;j&#224; restaur&#233;es, et du monopole des catholiques sur une activit&#233; d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Un autre mod&#232;le d'&#233;cole est import&#233; de Grande Bretagne, comme toutes les modes de l'&#233;poque : les &#233;l&#232;ves sont rassembl&#233;s dans de vastes salles, et group&#233;s non derri&#232;re des bancs, mais devant des tableaux noirs, o&#249; les plus avanc&#233;s d'entre eux font la le&#231;on aux moins bons dans les diff&#233;rentes disciplines qui scandent la journ&#233;e. Les enfants mis en comp&#233;tition dans l'&#233;cole des Fr&#232;res sont ici mis en situation de coop&#233;ration par groupes de dix, comme dans l'arm&#233;e et dans la Bible. Rapidement cette &#233;cole, qui b&#233;n&#233;ficie au d&#233;part d'un soutien officiel, se r&#233;v&#232;le plus efficace. Le rythme d'apprentissage de chaque enfant devient un facteur de l'organisation collective, au lieu que cette derni&#232;re limite le rythme d'apprentissage. Les cons&#233;quences dans l'industrie rendent cette &#233;cole probl&#233;matique : les jeunes qui en sont issus contestent l'organisation des conditions de travail et participent aux pr&#233;misses du mouvement syndical et socialiste. Fran&#231;ois Guizot, ancien secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Soci&#233;t&#233; pour l'Am&#233;lioration de l'Instruction &#233;l&#233;mentaire devenu Premier Ministre, interdit les &#171; &#233;coles mutuelles &#187; en 1837, et fonde des &#201;coles Normales d'Instituteurs pour d&#233;velopper la m&#233;thode des &#233;coles des Fr&#232;res des &#233;coles chr&#233;tiennes sans eux. Du dispositif imagin&#233; par Jean Baptiste de la Salle ne survit que le rythme ; toutes les mesures internes &#224; l'ordre religieux pour produire l'efficacit&#233; de ses membres sont ignor&#233;es, mais bient&#244;t remplac&#233;es par la constitution m&#233;thodique d'un corps enseignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les tentatives pour contrevenir aux rythmes quotidien, hebdomadaire, annuel de l'&#233;cole ont &#233;t&#233; l&#233;gion. Du c&#244;t&#233; des enfants sous la Troisi&#232;me R&#233;publique se d&#233;veloppe &#171; l'&#233;cole buissonni&#232;re &#187;, parl&#233;e par les enseignants comme une inaptitude &#224; suivre le rythme de l'&#233;cole, et donc une propension &#224; s'y soustraire. Cette &#233;cole buissonni&#232;re est pratiqu&#233;e par des enfants qui se situent aux deux extr&#233;mit&#233;s de la courbe en cloche de Gauss, avec laquelle on mesure depuis peu &#171; le quotient intellectuel &#187; des &#171; enfants d'&#233;cole &#187;. Il y a ceux dont le QI est trop &#233;lev&#233;, et dont on va am&#233;nager le rythme en leur faisant sauter des classes, et en les poussant plus vite vers le secondaire, qui est le d&#233;bouch&#233; normal des enfants d'&#233;cole primaire. Il y a ceux dont le QI est trop bas, et qui vont &#234;tre orient&#233;s vers diverses institutions, cr&#233;&#233;es souvent &#224; l'initiative des parents dans les d&#233;partements riches, et o&#249; les &#233;ducateurs en rupture de rythmes scolaires vont pouvoir donner libre cours &#224; leur imagination, &#224; condition de respecter le cadre de base de la journ&#233;e, le cadre qui lie &#233;troitement journ&#233;e de travail des parents et vie &#233;ducative des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La plupart des nouvelles propositions de rythmes scolaires ont &#233;t&#233; faites par des &#233;ducateurs &#233;clair&#233;s en relation avec un milieu de parents relativement fortun&#233;s et ont abouti &#224; la mise en place d'&#233;coles priv&#233;es, toutes heureuses d'afficher leur rythme sp&#233;cifique et de souligner sa diff&#233;rence d'avec le rythme normal. La seule offensive de taille contre ce rythme men&#233;e dans le cadre de l'&#233;cole publique a &#233;t&#233; le fait de C&#233;lestin Freinet, instituteur &#224; Vence dans le Var apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale. Gaz&#233; &#224; Verdun, il n'arrive plus &#224; s'&#233;poumoner pour faire rentrer les &#233;l&#232;ves en classe &#224; l'heure dite, et d&#233;cide de prendre en compte les int&#233;r&#234;ts des tra&#238;nards pour construire des le&#231;ons de choses pour tous, en dehors du sentier battu par le manuel. L'int&#233;r&#234;t des enfants pour le jeu des questions-r&#233;ponses avec leur camarade, pour le texte libre collectif qu'en sort le ma&#238;tre au tableau, pour l'orthographe et la grammaire que ce texte libre implique, pour les calculs que le ma&#238;tre parvient &#224; en tirer, ne se d&#233;ment pas pendant plusieurs semaines. Le temps gagn&#233; par la nouvelle discipline librement consentie permet de faire des sorties scolaires l'apr&#232;s-midi, de changer de rythme, et d'en venir dans une &#233;cole publique &#224; l'alternance du travail et du loisir, qui fait les vertus de l'&#233;cole priv&#233;e. Mais l'idylle des enfants, du ma&#238;tre et de l'&#233;cole a une fin : dans leur enthousiasme pour l'enqu&#234;te scolaire, ils s'adressent aux clients des antiquaires voisins, et s'attirent les foudres de l'inspecteur d'acad&#233;mie. L'instituteur est suspendu, oblig&#233; de passer dans le priv&#233; pour avoir os&#233; organiser des sorties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La sortie scolaire est aujourd'hui devenue un rituel, peu fr&#233;quent car les sommes qui y sont allou&#233;es pour le paiement du car ou des transports en commun est d&#233;risoire. Elle s'encastre maintenant dans l'apr&#232;s-midi scolaire, et le remplace occasionnellement, comme une f&#234;te, et mobilise les parents qui ont du temps libre parce qu'elles ou ils ne travaillent pas, parents dont on esp&#232;re qu'ils ne porteront pas de signes d'appartenance religieuse, ou qu'ils ne manifesteront pas un app&#233;tit pour les commentaires trop d&#233;velopp&#233;. Le cr&#233;neau est &#233;troit qui am&#233;nage une respiration dans la grille si charg&#233;e du temps scolaire, impossible &#224; transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La grille quotidienne ne pose plus probl&#232;me &#224; personne. Une sonnerie, bien entretenue, rappelle &#224; qui l'aurait oubli&#233; la fin de chaque s&#233;quence horaire et le passage &#224; la suivante, les quelques minutes suppl&#233;mentaires donn&#233;es pour la r&#233;cr&#233;ation du matin, la fin des cours pour aller d&#233;jeuner sur place ou &#224; domicile, ou chez la nourrice ; une nouvelle sonnerie pour la reprise des cours, pour la r&#233;cr&#233;ation, pour la fin des cours. &#192; chaque sonnerie un changement de rythme, une convocation &#224; bouger, o&#249; &#224; se tenir tranquille, &#224; &#233;couter, une alternance de rythmes et de comportements. Une sonnerie qui peut aussi ordonner l'&#233;vacuation en cas d'incendie ; certains grands ont compris comment la mettre en action. Une sonnerie qui couvre toutes les voix de sa stridence, qui &#233;puise toutes les volont&#233;s de lui contrevenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le d&#233;roul&#233; des rythmes scolaires, au jour le jour, &#224; la semaine, &#224; l'ann&#233;e, de nombreux autres rythmes croisent le cadre impos&#233; et tissent avec lui autant de petites diff&#233;rences mettant en sc&#232;ne la diversit&#233; des rythmes dans lesquels vivent les enfants. Pour certains, le rythme est congruent avec le rythme de l'&#233;cole, et c'est la r&#233;ussite scolaire assur&#233;e des enfants d'instituteurs ou d'employ&#233;s, qu'on attribue le plus souvent au langage, mais qu'il faudrait attribuer d'abord au rythme. La ma&#238;tresse peut prendre son ou ses enfants &#224; la sortie des classes, elle a le rythme de travail qu'il faut. Pour d'autres, dont les parents vivent dans la pr&#233;carit&#233;, avec des horaires changeants, des prises de poste tr&#232;s t&#244;t ou au contraire nocturnes, les deux rythmes divergent et surtout leur diff&#233;rence n'arrive pas &#224; se stabiliser. L&#224; encore, les difficult&#233;s attribu&#233;es au langage doivent peut-&#234;tre l'&#234;tre au rythme : les diff&#233;rences de langage ne s'incrustaient pas comme cela de mani&#232;re irr&#233;m&#233;diable autrefois. D'autres encore dont le rythme semblait bien ajust&#233;, font preuve brutalement de divergences : un d&#233;m&#233;nagement, une s&#233;paration sont venus prendre les enfants &#224; contre-pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comment faire : le rythme est le m&#234;me pour tous, normal, moyen, il ne peut pas faire d'embard&#233;e pour tenir compte des probl&#232;mes des uns et des autres. Paradoxalement, c'est en tenant bon au rythme comme &#224; un radeau qu'on peut se raccrocher dans une situation chancelante, c'est le pari quotidien des &#233;coles ordinaires, la mani&#232;re dont elles organisent leur survie. Vouloir soumettre le rythme quotidien &#224; la d&#233;cision collective, et imprimer &#224; sa discussion la mesure &#233;galitaire d'un sablier a &#233;t&#233; exp&#233;riment&#233; dans certaines &#233;coles : le rythme du passage de parole sur un plateau de t&#233;l&#233;vision est propre &#224; l'apprentissage de l'expression de l'opinion ; permet-il un autre apprentissage ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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