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		<title>Manhatta de Charles Sheeler et Paul Strand : du panorama au kal&#233;idoscope
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		<dc:creator>Antonia Rigaud
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&lt;p&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue E-rea [En ligne], 13.1 | 2015. Nous remercions Antonia Rigaud et la revue E-rea de nous avoir autoris&#233; &#224; en reproduire le d&#233;but ici. Repr&#233;sentant une journ&#233;e dans la vie d'une ville, Manhatta oscille entre un traitement narratif nous invitant &#224; suivre le quotidien de la ville et un traitement beaucoup plus abstrait, cherchant &#224; capter une atmosph&#232;re beaucoup plus qu'&#224; produire un document exact. Tourn&#233; en 1921, le film est rest&#233; dans l'histoire comme le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique69" rel="directory"&gt;Cin&#233;ma, animation et vid&#233;o &#8211; GALERIES &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte a d&#233;j&#224; paru dans la revue &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://erea.revues.org/4599&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;E-rea [En ligne]&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;13.1 | 2015. Nous remercions Antonia Rigaud et la revue&lt;/i&gt; E-rea &lt;i&gt;de nous avoir autoris&#233; &#224; en reproduire le d&#233;but ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Repr&#233;sentant une journ&#233;e dans la vie d'une ville, &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1697' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; oscille entre un traitement narratif nous invitant &#224; suivre le quotidien de la ville et un traitement beaucoup plus abstrait, cherchant &#224; capter une atmosph&#232;re beaucoup plus qu'&#224; produire un document exact. Tourn&#233; en 1921, le film est rest&#233; dans l'histoire comme le premier film d'avant-garde am&#233;ricain &#8212; un monument moderniste. Or ce document moderniste existe sous un titre, &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt;, qui, s'il &#233;voque la voix &#171; barbare &#187; et moderne de Whitman dont des citations de po&#232;mes constituent les sous-titres du film, n'en reste pas moins l'&#233;vocation d'une certaine tradition am&#233;ricaine bien &#233;loign&#233;e de l'avant-garde urbaine des ann&#233;es 1920. &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt; est ainsi un objet culturel probl&#233;matique et mouvant qui t&#233;moigne d'une ambig&#252;it&#233; qui se situe au c&#339;ur du modernisme am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Fruit d'une collaboration unique et &#233;ph&#233;m&#232;re entre le photographe Paul Strand et le peintre Charles Sheeler, ce film de 9 minutes met en relation trois m&#233;diums : la photographie, la peinture et le cin&#233;ma. Ce faisant, il r&#233;unit deux figures centrales de l'art am&#233;ricain du d&#233;but du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, connues avant tout comme peintre dans le cas de Charles Sheeler et comme photographe dans celui de Paul Strand. L'itin&#233;raire artistique de ces deux hommes t&#233;moigne aussi de deux origines culturelles diff&#233;rentes : Paul Strand appartenait au cercle moderniste d'Alfred Stieglitz dont il devint la figure de proue &#224; partir de 1916 ; tandis que Charles Sheeler fut &#233;l&#232;ve de William Merritt Chase, ce qui &#233;voque un art davantage ancr&#233; dans le XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; finissant et la peinture impressionniste. Il ne faut cependant pas oublier les liens entre Sheeler et le cercle de Stieglitz ainsi que son ancrage dans la peinture moderne, comme en t&#233;moigne sa participation &#224; l'Armory Show en 1913. Sheeler &#233;tait photographe mais avant tout peintre, et l'on peut consid&#233;rer que le film se fonde sur deux principes : d'un c&#244;t&#233;, le m&#233;dium moderne par excellence, la photographie, et de l'autre, le canevas traditionnel du peintre. Au-del&#224; de cette dichotomie, le travail de ces deux artistes met en question les notions m&#234;mes de photographie et de peinture. L'aspect photographique de la peinture de Sheeler a en effet souvent &#233;t&#233; mis en avant, et il faut &#233;voquer &#224; ce titre l'influence de &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt; sur le reste de son travail qui se fait de plus en plus photographique. Strand, que l'on associe &#224; la photographie et &#224; la modernit&#233;, est aussi profond&#233;ment marqu&#233; par une vision classique et &#171; romantique &#187; de la photographie telle que l'a mise en avant Stieglitz durant les premi&#232;res ann&#233;es de &lt;i&gt;Camera Work&lt;/i&gt;. On est donc l&#224; face &#224; deux artistes de premier plan qui tous deux, et de mani&#232;re presque parall&#232;le, mettent en question leur m&#233;dium de r&#233;f&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sheeler fut &#224; l'initiative du projet : invitant Strand &#224; d&#233;couvrir la cam&#233;ra Debrie dont il venait de faire l'acquisition, ils d&#233;cid&#232;rent de la tester en cr&#233;ant un film sur New York (Horak, Modernist Perspectives 57). Il est int&#233;ressant que le film soit ainsi avant tout issu d'une envie de tester le m&#233;dium du film, c'est donc bien un exercice filmique que les deux artistes entreprirent, une plong&#233;e dans un nouveau m&#233;dium, vu au prisme de leurs travaux respectifs en peinture et en photographie. Le film met ainsi en tension des genres diff&#233;rents, op&#233;rant un certain nombre de glissements de l'un &#224; l'autre. En s'essayant au film, ils mettent en avant les potentialit&#233;s de la photographie et de la peinture dans un m&#233;dium en mouvement, exp&#233;rience qui m&#232;nera Strand &#224; se lancer dans la r&#233;alisation de plusieurs films alors que Sheeler se consacrera essentiellement &#224; la peinture (tout en continuant &#224; produire des photographies).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le film, d&#233;sormais install&#233; dans l'histoire comme le premier film d'avant-garde am&#233;ricain, a port&#233; plusieurs titres qui &#233;voquent l'ambigu&#239;t&#233; de cette &#339;uvre mouvante, tant&#244;t romantique, tant&#244;t moderniste, tant&#244;t c&#233;l&#233;bration de la modernit&#233;, tant&#244;t critique. En effet, le film fut d'abord projet&#233; &#224; New York en 1921, dans un cin&#233;ma de Broadway nomm&#233; le Rialto sous le titre &lt;i&gt;New York the Magnificent&lt;/i&gt;, puis pr&#233;sent&#233; lors d'une soir&#233;e dada &#224; Paris sous le titre &lt;i&gt;Fum&#233;e de New York&lt;/i&gt; avant de prendre le titre &lt;i&gt;Manhatta &lt;/i&gt;lors de sa projection &#224; la London Film Society en 1927 (Horak, Lovers 58-59). Ces trois titres t&#233;moignent de l'ambigu&#239;t&#233; au c&#339;ur de cette &#339;uvre qui passe d'une ode &#224; la modernit&#233; &#224; une &#339;uvre s'inscrivant dans une certaine tradition am&#233;ricaine marqu&#233;e par Whitman. Symbole des lectures et interpr&#233;tations multiples que le film offre &#224; son spectateur, les plans mettant en avant les innombrables fen&#234;tres des buildings (3:00) : l'&#233;vocation implicite de points de vue multiples sur la ville depuis ces b&#226;timents sugg&#232;re la multiplicit&#233; des points de vue que le film semble englober. Ces points de vue &#233;voluent, de l'imagerie d&#233;lib&#233;r&#233;ment moderniste du film &#224; sa conclusion en un coucher de soleil romantique qui met en tension modernisme et anti-modernisme. Le critique Jan-Christopher Horak explique tr&#232;s justement cette tension : &#171; &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt; is thus very much a heterogeneous text, both modernist and antimodernist. Its conflicting discourses never quite resolve themselves, as indeed such issues have never been entirely resolved within the discourses of twentieth century American art &#187; (Horak, Lovers 69-70). En revenant sur cette tension et sur la mani&#232;re dont celle-ci se fait jour &#224; travers un entrelacs de citations et de r&#233;f&#233;rences &#224; d'autres &#339;uvres visuelles, je voudrais revenir sur ce dernier point et voir en quoi le film est en effet embl&#233;matique d'une tension sp&#233;cifique au modernisme am&#233;ricain o&#249; la radicalit&#233; et l'exp&#233;rimentation cherchent &#224; s'inscrire dans une tradition sp&#233;cifiquement &#171; am&#233;ricaine &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il appara&#238;t ainsi que le film nous convie &#224; diff&#233;rents modes de r&#233;ception : on peut en effet lire le film autant comme un po&#232;me, un film-po&#233;sie, une s&#233;rie de photographies, une peinture de la ville, une symphonie urbaine, ou qu'un film. Cet article suit un parcours de lecture revenant sur les diff&#233;rentes identit&#233;s du film, tour &#224; tour &lt;i&gt;New York the Magnificent&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Fum&#233;e de New York&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt;. Trois identit&#233;s permettant de mettre en avant les diff&#233;rentes modalit&#233;s selon lesquelles le film ouvre un dialogue avec d'autres formes d'art. En effet, &lt;i&gt;New York the Magnificent&lt;/i&gt; nous invite &#224; voir l'importance et les niveaux de sens &#233;voqu&#233;s dans le panorama urbain et sugg&#232;re en quoi le film joue sur un faisceau d'images d&#233;j&#224; bien install&#233;es dans l'imaginaire collectif du d&#233;but des ann&#233;es vingt. &lt;i&gt;Fum&#233;e de New York&lt;/i&gt;, au contraire, montre le d&#233;sir moderniste de capter les mouvements du contemporain, la recherche d'un m&#233;dium capable de saisir le nouveau. Enfin, &lt;i&gt;Manhatta&lt;/i&gt; t&#233;moigne de l'importance pour ce film &#171; d'avant-garde &#187; de son contexte intellectuel qui est &#224; chercher dans un id&#233;al am&#233;ricain, beaucoup plus que du c&#244;t&#233; de la modernit&#233;. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;La suite &lt;a href=&#034;http://erea.revues.org/4599&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;ici&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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