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		<title>Florence GAILLET DE CHEZELLES, Wordsworth et la marche : parcours po&#233;tique et esth&#233;tique
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		<dc:date>2016-04-06T20:14:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Christophe Murat</dc:creator>



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&lt;p&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans E-rea [En ligne], n&#176; 6.1, 2008. F. Gaillet de Chezelles, Wordsworth et la marche : parcours po&#233;tique et esth&#233;tique, Grenoble, Ellug, 2007, 423 p. Sp&#233;cialiste de la p&#233;riode romantique, et de William Wordsworth en particulier, Florence Gaillet de Chezelles a d&#233;velopp&#233; dans Wordsworth et la marche : parcours po&#233;tique et esth&#233;tique une approche critique qui s'inscrit tr&#232;s bien dans celle de la collection &#171; Esth&#233;tique et repr&#233;sentation : monde anglophone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L97xH150/arton1761-5b679.png?1716154856' class='spip_logo spip_logo_right' width='97' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://erea.revues.org/293&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;E-rea&lt;/a&gt; &lt;i&gt;[En ligne], n&#176; 6.1, 2008.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
F. Gaillet de Chezelles, &lt;i&gt;Wordsworth et la marche : parcours po&#233;tique et esth&#233;tique&lt;/i&gt;, Grenoble, Ellug, 2007, 423 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sp&#233;cialiste de la p&#233;riode romantique, et de William Wordsworth en particulier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle est &#233;galement l'auteur d'une traduction comment&#233;e de Dorothy et William (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Florence Gaillet de Chezelles a d&#233;velopp&#233; dans &lt;i&gt;Wordsworth et la marche : parcours po&#233;tique et esth&#233;tique&lt;/i&gt; une approche critique qui s'inscrit tr&#232;s bien dans celle de la collection &#171; Esth&#233;tique et repr&#233;sentation : monde anglophone (1750-1900) &#187;, o&#249; cette &#233;tude a &#233;t&#233; publi&#233;e. Explorant une p&#233;riode d'un si&#232;cle et demi, cette collection s'int&#233;resse en effet &#224; la mani&#232;re dont les mutations artistiques, tant dans leurs pratiques que dans leurs th&#233;orisations, sont &#233;troitement li&#233;es aux &#233;volutions &#233;conomiques, politiques et culturelles, et &#224; l'histoire des mentalit&#233;s. On pourrait dire qu'en choisissant d'analyser un ph&#233;nom&#232;ne en pleine expansion &#224; la charni&#232;re des dix-huiti&#232;me et dix-neuvi&#232;me si&#232;cles &#8211; &#171; la place centrale de la marche dans l'exp&#233;rience de nombreux artistes de l'&#233;poque &#187; (9) &#8211; Florence Gaillet de Chezelles reprend implicitement &#224; son compte la c&#233;l&#232;bre th&#233;orie du sociologue des m&#233;dias Marshall McLuhan, selon laquelle &#171; le m&#233;dium, c'est le message &#187; : &#171; [La marche] a ainsi le pouvoir de renouveler la perception et de devenir l'instrument d'une &#8216;re-d&#233;couverte' de la nature, dont elle permet une vision radicalement diff&#233;rente. [&#8230;] Ce nouveau rapport au monde et &#224; l'espace va de pair avec un nouveau rapport &#224; soi et au temps ; la marche d&#233;finit donc une sensibilit&#233;, mais aussi une subjectivit&#233; particuli&#232;res &#187; (10). De fait, l'aspect le plus brillamment convaincant de &lt;i&gt;Wordsworth et la marche&lt;/i&gt; tient &#224; la fa&#231;on dont l'auteur s'attache &#224; montrer que William Wordsworth constitue le point de rencontre id&#233;al entre un ensemble de ph&#233;nom&#232;nes culturels et de postures artistiques d'&#233;poque, et une d&#233;marche r&#233;solument personnelle, voire intime (et transhistorique). Apr&#232;s avoir dress&#233; un bilan critique des ouvrages universitaires consacr&#233;s &#224; la marche chez les po&#232;tes britanniques du d&#233;but du dix-neuvi&#232;me si&#232;cle, ouvrages publi&#233;s entre les ann&#233;es soixante et les ann&#233;es quatre-vingt-dix, l'auteur justifie la pertinence de son &#233;tude au sein des &#233;tudes romantiques par une approche qui s'organise autour de trois p&#244;les : culturel, existentiel et po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La premi&#232;re partie, intitul&#233;e &#171; Figures de la marche : esquisses d'un paysage socio-culturel en pleine &#233;volution &#187;, fournit de nombreuses informations contextuelles qui nous permettent de percevoir comment l'&#233;poque romantique et les grandes mutations culturelles qui l'accompagnent sont aux fondements d'une nouvelle d&#233;finition du marcheur, la perception de ce dernier &#233;tant de moins en moins empreinte de la suspicion &#224; l'&#233;gard des vagabonds et des mendiants auxquels la marche &#233;tait jusqu'alors associ&#233;e, et de plus en plus li&#233;e &#224; l'id&#233;e d'une activit&#233; d&#233;mocratique, o&#249; la nature devient lieu privil&#233;gi&#233; de ressourcement. L'originalit&#233; de cette premi&#232;re partie r&#233;side sans doute dans les quelques chapitres que l'auteur consacre au marcheur dans la ville &#8211; en l'occurrence, le Paris de la R&#233;volution et le Londres des ann&#233;es 1790-1791. Avec pertinence, et contrairement peut-&#234;tre &#224; une id&#233;e re&#231;ue, Wordsworth y est d&#233;peint comme une figure &#233;gotiste, un esth&#232;te beaucoup plus qu'un politologue, soucieux de pr&#233;server la ma&#238;trise des choses et son int&#233;grit&#233; physique, &#224; l'oppos&#233; du fl&#226;neur baudelairien qui se m&#234;le &#224; la foule et &#224; sa jouissance fi&#233;vreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La deuxi&#232;me partie (&#171; La marche, instrument d'ancrage et de d&#233;couverte &#187;) propose une &lt;i&gt;ph&#233;nom&#233;nologie &lt;/i&gt; de la marche, o&#249; la dimension intimiste et l'originalit&#233; de Wordsworth se dessinent plus nettement. Florence Gaillet de Chezelles y d&#233;montre de mani&#232;re tr&#232;s pr&#233;cise et tr&#232;s rigoureuse que Wordsworth a su, comme nul autre de ses contemporains, accorder une place essentielle &#224; la subjectivit&#233; dans l'appr&#233;hension de la nature, en utilisant la marche comme une porte d'acc&#232;s &#224; ses forces myst&#233;rieuses, et comme garant de sa propre stabilit&#233; psychologique menac&#233;e par une conscience obs&#233;dante du temps. Les trois figures compl&#233;mentaires de l'Errant, du Solitaire et du Narrateur, mises en sc&#232;ne dans certains po&#232;mes majeurs comme &lt;i&gt;The Excursion&lt;/i&gt; et dans les &#233;crits en prose de Dorothy ou du po&#232;te lui-m&#234;me, composent une v&#233;ritable typologie de la pr&#233;sence au monde : le Solitaire n'est en fait que le double po&#233;tique du po&#232;te-Narrateur tent&#233; par la m&#233;lancolie et le repli sur soi, alors que l'Errant en est le double &#171; th&#233;rapeutique &#187;. La M&#233;lancolie du Solitaire est un concept ambivalent, &#224; la fois attitude r&#233;ellement mortif&#232;re comme chez D&#252;rer et pose complaisante ob&#233;issant peut-&#234;tre &#224; un ph&#233;nom&#232;ne de mode, comme dans les premi&#232;res versions des &lt;i&gt;Descriptive Sketches&lt;/i&gt;. L'Errant repr&#233;sente au contraire une sorte d'antidote &#224; la m&#233;lancolie, la marche &#233;tant le garant d'une excellente sant&#233; physique et psychique. Ma&#238;trisant tr&#232;s bien la ph&#233;nom&#233;nologie, Florence Gaillet de Chezelles s'attarde sur les &#233;vocations de la marche solitaire dans &lt;i&gt;Tintern Abbey&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;The Prelude&lt;/i&gt; pour reconstituer les rapports entre le temps, le d&#233;veloppement personnel et l'&#233;criture, qui suppose toujours un savant feuilletage entre sensation, &#233;motion et rem&#233;moration cr&#233;atrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La troisi&#232;me et derni&#232;re partie de l'ouvrage, &#171; Wordsworth, &#8216;po&#232;te-marcheur' &#187;, inscrit la marche au c&#339;ur de la po&#233;tique de l'&#233;crivain, et s'interroge sur les rapports entre cr&#233;ation litt&#233;raire et rythme : la po&#233;sie de Wordsworth se caract&#233;riserait par son rythme ambulatoire. Si le sujet wordsworthien s'incarne dans un corps percevant, agissant et parlant, &#171; la pr&#233;sence perceptive du monde &#187;, selon l'expression de Merleau-Ponty, implique que l'&#233;criture po&#233;tique s'enracine dans un comportement corporel. Le &lt;i&gt;blank verse&lt;/i&gt; omnipr&#233;sent dans &lt;i&gt;The Prelude&lt;/i&gt; en est l'expression privil&#233;gi&#233;e, car &#171; en distribuant habilement les pauses et en imprimant &#224; ses phrases les mouvements qu'il souhaite, le po&#232;te peut donc suivre au plus pr&#232;s les m&#233;andres de la pens&#233;e ou les mouvements vari&#233;s d'un corps en marche &#187; (341). La dynamique de l'&#233;criture chez Wordsworth d&#233;coule donc de la r&#233;conciliation de la marche, tourn&#233;e vers l'avant et la d&#233;couverte, et de la d&#233;-marche r&#233;flexive, ces moments o&#249; le po&#232;te cherche &#224; revenir sur le sens d'une exp&#233;rience qu'il n'a pu saisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au final, il faut saluer les analyses critiques extr&#234;mement fines et tr&#232;s claires de ce magistral ouvrage &#171; pyramidal &#187; (16), analyses rigoureusement illustr&#233;es par de nombreux extraits, la plupart traduits par l'auteur elle-m&#234;me. La bibliographie est riche et utilis&#233;e avec pertinence, r&#233;v&#233;lant une connaissance impressionnante des th&#233;ories esth&#233;tiques et philosophiques de la Renaissance &#224; nos jours. On ne peut par cons&#233;quent que se r&#233;jouir que &lt;i&gt;Wordsworth et la marche&lt;/i&gt; ait &#233;t&#233; retenu en premi&#232;re lecture dans la liste des ouvrages critiques s&#233;lectionn&#233;s par le jury du prix AFEA / SAES de la recherche, session 2008. Florence Gaillet de Chezelles, une &#339;uvre critique en marche &#224; n'en pas douter&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elle est &#233;galement l'auteur d'une traduction comment&#233;e de Dorothy et William Wordsworth, &lt;i&gt;Voyage en &#201;cosse. Journal et po&#232;mes&lt;/i&gt;. Paris : &#233;ditions Rue d'Ulm, coll. &#171; Versions fran&#231;aises &#187;, 2002.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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