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		<title>Rhuthmos</title>
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		<title>Rythme et psychose infantile
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		<dc:date>2017-01-18T20:01:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juan Gomar
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		<description>
&lt;p&gt;Abstract : Cet article a pour objectif de montrer l'importance du rythme comme socle th&#233;rapeutique dans la prise en charge de la psychose infantile. Le rythme sera abord&#233; selon deux points de vue : D'une part, comme &#233;l&#233;ment communicationnel originaire entre l'enfant et la m&#232;re. Il permet les premi&#232;res associations de sens et par l&#224;, des mises en forme initiales (repr&#233;sentation de chose) du contact avec l'alt&#233;rit&#233;. Les continuit&#233;s et discontinuit&#233;s dans le contact avec l'ext&#233;rieur peuvent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique44" rel="directory"&gt;Psychanalyse et psychoth&#233;rapie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;I. Reik et la musique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;I. Reik et la musique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;II. Freud et le rythme&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;II. Freud et le rythme&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;III. Rythme et psychose infantile&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;III. Rythme et psychose infantile&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;IV. Proposition th&#233;rapeutique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;IV. Proposition th&#233;rapeutique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;V. Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;V. Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abstract :&lt;/strong&gt; Cet article a pour objectif de montrer l'importance du rythme comme socle th&#233;rapeutique dans la prise en charge de la psychose infantile. Le rythme sera abord&#233; selon deux points de vue : D'une part, comme &#233;l&#233;ment communicationnel originaire entre l'enfant et la m&#232;re. Il permet les premi&#232;res associations de sens et par l&#224;, des mises en forme initiales (repr&#233;sentation de chose) du contact avec l'alt&#233;rit&#233;. Les continuit&#233;s et discontinuit&#233;s dans le contact avec l'ext&#233;rieur peuvent devenir, gr&#226;ce &#224; la r&#233;gularit&#233; et la r&#233;p&#233;tition qui constituent le rythme, des pr&#233;sences et des absences. D'autre part, l'articulation interne du rythme nous r&#233;v&#232;le une structure ternaire codifi&#233;e par les chiffres (1-0-1). Le chiffre Un est entendu comme une pr&#233;sence et le chiffre Z&#233;ro comme une &lt;i&gt;presentia in absentia&lt;/i&gt;. Cette structure permettrait la &lt;i&gt;n&#233;gativation&lt;/i&gt; de la pr&#233;sentation pulsionnelle et l'introduction de l'enfant dans les pr&#233;ambules de la figuration mo&#239;que et la triangulation &#339;dipienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Mots cl&#233;s :&lt;/strong&gt; Psychose infantile, pulsion, pr&#233;sentation, sentir, rythme.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;I. Reik et la musique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le propos du pr&#233;sent article n'est pas tant de suivre les raisonnements de Reik dans l'analyse des m&#233;lodies musicales comme une autre mani&#232;re d'expression des sympt&#244;mes obsessionnels, mais plut&#244;t de nous appuyer sur le lien qu'il &#233;tablit entre la musique et les affects. Nous voulons surtout mettre en exergue la structure ternaire du rythme, que Reik ne prend pas en consid&#233;ration, et l'utiliser comme outil th&#233;rapeutique sur un cas clinique de psychose infantile. Reik n'est pas seulement convaincu par la relation directe entre m&#233;lodie-&#233;motion mais aussi par l'insuffisance des mots pour exprimer des mouvements affectifs dont les nuances &#233;chappent au syst&#232;me verbal. Selon l'auteur (Reik, 1953), &#171; notre langage &#233;merge d'un substrat au sein duquel les sons, les images flottantes, les sensations organiques et les courants &#233;motionnels ne se trouvent pas encore diff&#233;renci&#233;s [&#8230;] Le langage atteint son plus haut degr&#233; de pauvret&#233; lorsqu'il veut saisir ou communiquer les nuances, domaine o&#249; la musique, elle, est extr&#234;mement efficace et expressive &#187;. Autrement dit, la musique fait appel &#224; la &lt;i&gt;repr&#233;sentation de chose&lt;/i&gt; d&#233;crite par le p&#232;re de la psychanalyse (Freud, 1915).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un style direct et avec des notes un peu d&#233;sob&#233;issantes, Reik, dans son &#339;uvre &lt;i&gt;&#201;crits sur la musique&lt;/i&gt;, r&#233;alise un travail sur la signification psychologique de m&#233;lodies lors de la pr&#233;sentation impr&#233;vue dans le cours de la pens&#233;e rationnelle. &#192; partir d'une exp&#233;rience personnelle, il veut montrer comment des d&#233;sirs inconscients peuvent emprunter la voie musicale, des m&#233;lodies, pour se frayer un chemin jusqu'&#224; la conscience. Alors qu'il se trouvait en vacances en Autriche en d&#233;cembre 1925, il apprend que son ami et ancien analyste, Karl Abraham, est mort. Freud lui demande de lui rendre hommage lors de la prochaine r&#233;union de la soci&#233;t&#233; de psychanalyse viennoise. Sans savoir pourquoi, l'&#233;l&#232;ve de Freud se trouve assailli par la m&#233;lodie de la deuxi&#232;me symphonie de Gustav Mahler&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il nous semble important de signaler l'entretien analytique de 4 heures que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de mani&#232;re insistante et ego-dystonique. En analysant son sympt&#244;me, Reik trouve un parall&#233;lisme entre la relation que le compositeur Mahler avait avec B&#252;low (directeur d'orchestre renomm&#233; avec lequel Mahler entretenait une relation ambivalente) et celle que lui-m&#234;me maintenait avec Karl Abraham. Par une identification au compositeur, il en d&#233;duit que son sympt&#244;me &#233;tait une formation de compromis entre des mouvements d'admiration et d'hostilit&#233; envers son ancien analyste d&#233;c&#233;d&#233; (Reik, 1953).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
M&#233;lomane, on sent dans sa mani&#232;re d'incarner la psychanalyse l'importance qu'il attribue &#224; l'exp&#233;rience v&#233;cue, au sentir qui se transmet par des canaux autres que les mots. En ce sens, il s'&#233;tonne du fait que la psychanalyse, malgr&#233; le fait que c'est une science b&#226;tie sur l'&#233;coute, ne se soit pas occup&#233;e davantage de questions sonores plus larges. Pour argumenter ce manque de travaux sur ce sujet, Reik interpr&#232;te comme d&#233;fensive la relation que le p&#232;re de la psychanalyse avait avec la musique. Selon notre auteur (Reik, 1953), &#171; l'aveu de Freud selon lequel il ne r&#233;agissait pas &#224; la musique ne signifie pas qu'il &#233;tait insensible &#224; son message, mais qu'il luttait contre sa propre sensibilit&#233;. S'il avait inconsciemment renonc&#233; &#224; se laisser soumettre &#224; son attrait et &#224; son langage, son sacrifice volontaire profita &#224; sa merveilleuse capacit&#233; d'entendre les processus inconscients, et l'aida &#224; d&#233;velopper son sens du rythme des mouvements souterrains de l'esprit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous sommes de l'avis de Reik &#224; propos des qualit&#233;s de la musique pour exprimer les &#233;motions. D'ailleurs, gr&#226;ce aux nouvelles techniques d'&#233;tude dans le domaine p&#233;rinatal, on sait aujourd'hui l'attrait que le f&#339;tus et le nouveau-n&#233; montrent pour la prosodie de la voix de la m&#232;re ainsi que pour des rythmes biologiques intra-ut&#233;rins. &#192; ce sujet, les travaux de la psychanalyste Suzanne Maiello autour de l'objet sonore sont tr&#232;s int&#233;ressants (Maiello, 2007)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Reik nous r&#233;v&#232;le que, dans l'ensemble de l'&#339;uvre freudienne, le th&#232;me de la musique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour expliquer la position de refus que Freud entretenait vis-&#224;-vis de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; n'est cit&#233; que tr&#232;s peu et que, quand c'est le cas, il n'a pas &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; par les disciples du mouvement psychanalytique. Nous sommes partiellement d'accord avec Reik. En effet, la psychanalyse classique ne s'est pas occup&#233;e de la question musicale directement. Reik nous dit que &#171; dans quelques phrases &#187; de son &#339;uvre &lt;i&gt;Psychopathologie de la vie quotidienne&lt;/i&gt;, Freud a partiellement trait&#233; cette question (Reik, 1953). Par ailleurs, l'auteur d&lt;i&gt;'&#201;crits sur la musique&lt;/i&gt; privil&#233;gie dans son approche un des trois &#233;l&#233;ments qui composent l'art musical, &#224; savoir, la m&#233;lodie. Des deux autres piliers de la musique, l'harmonie et le rythme, il n'en dit pas beaucoup ou en tout cas, pas comme nous voulons le proposer dans cet article. Le rythme appara&#238;t cit&#233; directement dans l'&#339;uvre de Freud &#224; plusieurs reprises. Mais il est employ&#233; de mani&#232;re colloquiale sans faire r&#233;f&#233;rence &#224; la musique directement mais plut&#244;t &#224; la musicalit&#233;, &#224; la rime et aux sons, (Freud 1905) ou au mouvement des zones &#233;rog&#232;nes (Freud, 1905).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; notre sens, plut&#244;t que la m&#233;lodie, c'est le rythme qui m&#233;rite toute notre attention. Pour la simple raison que le rythme donne le tempo, il est l'axe le plus primitif de la cr&#233;ation musicale. En ce sens, c'est le pilier autour duquel l'harmonie et la m&#233;lodie s'organisent. Sans temps, pas de commencement. Mais de quel temps parle-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si pour Reik, inspir&#233; de Schopenhauer, la musique est l'expression de la pulsion (Schopenhauer, 1819), n'est-il pas pertinent d'appliquer la musique &#224; la relation humaine primordiale ? Mieux encore, si nous prenons l'axe le plus primitif qui articule la musique c'est-&#224;-dire le rythme, pourrait-il nous aider &#224; analyser certains enjeux de la relation primaire du nourrisson avec la m&#232;re ? Pourrions-nous, par cet outil, de rendre compte de l'organisation des premiers liens somatopsychiques ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;II. Freud et le rythme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le rythme est l'&#233;l&#233;ment musical qui impose un temps. Sans temps, pas de commencement, pas d'organisation, pas de relation. La question du temps est tr&#232;s vaste. Loin de vouloir passer en revue les diff&#233;rentes approches et d&#233;finitions qui essaient de donner une conception du temps &#224; travers la philosophie, nous souhaitons rester dans un contexte relationnel concret. En ce sens, quel serait le temps impliqu&#233; dans le rythme ? Autrement dit, quel serait le temps concern&#233; dans la relation primordiale entre le nouveau-n&#233; et sa m&#232;re ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour r&#233;pondre &#224; ces questions, nous devons tout d'abord montrer la structure qui articule toute forme rythmique. Par exemple, si nous prenons un rythme fait par un instrument de percussion, il faudrait deux sons, un grave, l'autre aigu articul&#233;s autour d'un silence. Le r&#233;sultat &#233;tant trois espaces/temps. Le silence est l'espace-temps le plus important, c'est autour de lui que le rythme va s'organiser. Ce silence plut&#244;t liant que d&#233;liant, n'est pas une rupture mais une continuit&#233;, une mise en attente, une absence qui maintient la relation entre les sons pass&#233;s et les sons &#224; venir, un silence qui garde de mani&#232;re latente une pr&#233;sence. Bref, le silence du rythme c'est une &lt;i&gt;presentia in absentia&lt;/i&gt;. Cette structure nous la traduisons par les chiffres (1-0-1). Pour que le rythme &#233;merge, nous signalons la n&#233;cessite d'unir de mani&#232;re pr&#233;cise un temps et un espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la relation primordiale, le temps auquel nous faisons r&#233;f&#233;rence est le temps de la discontinuit&#233; c'est-&#224;-dire ce qui sera appel&#233; dans un deuxi&#232;me temps s&#233;paration, puis absence. Comment se produit cette &#233;volution de l'axe continuit&#233;/discontinuit&#233;/rupture vers cette autre &#233;volution pr&#233;sence/absence/continuit&#233; ? &#192; notre avis, le rythme peut nous aider &#224; l'&#233;tablir. Pr&#233;c&#233;demment, nous avons pr&#233;cis&#233; que Reik privil&#233;gie la m&#233;lodie par rapport aux autres &#233;l&#233;ments musicaux, et que, selon lui, Freud n'aborde que rarement dans son &#339;uvre le sujet de la musique. Nous sommes d'accord mais, si nous regardons de pr&#232;s l'&#233;difice conceptuel de Freud, nous pouvons constater que les ciments de sa construction th&#233;orique se basent sur un &#233;l&#233;ment rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Effectivement, depuis l'&lt;i&gt;Esquisse&lt;/i&gt; (Freud, 1895), on remarque que la base de la th&#233;orie freudienne, &#233;tay&#233;e sur le principe de plaisir, fr&#244;le la structure du rythme. En effet, Freud donne comme t&#226;che principale du syst&#232;me psychique la conservation de l'&#233;nergie &#224; l'&#233;tat le plus bas possible pour &#233;viter le d&#233;plaisir. &#192; partir de sa formation de neurologue, il propose des hypoth&#232;ses tendant vers la sp&#233;cification de groupes de neurones charg&#233;s de la r&#233;ception et du traitement de l'&#233;nergie exog&#232;ne et endog&#232;ne. Cette &#233;nergie, provenant de deux sources diff&#233;rentes, le milieu ext&#233;rieur et le propre corps, est trait&#233;e par les syst&#232;mes neuronaux de telle sorte que la quantit&#233; &#233;nerg&#233;tique brute est filtr&#233;e et transf&#233;r&#233;e entre les diff&#233;rents groupes neuronaux pour pouvoir &#234;tre m&#233;tabolis&#233;e. C'est surtout dans &lt;i&gt;Le fonctionnement de l'appareil &lt;/i&gt;qu'il met en lien deux notions importantes pour notre probl&#233;matique, la liaison entre la temporalit&#233; et la spatialit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans le monde ext&#233;rieur les processus pr&#233;sentent un continuum dans deux directions, selon la quantit&#233; et selon la p&#233;riode (qualit&#233;), les stimuli qui leur correspondent sont, selon la quantit&#233;, premi&#232;rement r&#233;duits, deuxi&#232;mement limit&#233;s par une coupure- selon la qualit&#233; ils sont discontinus, de sorte que certaines p&#233;riodes n'agissent pas du tout comme stimuli.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s Freud, la quantit&#233; d'&#233;nergie des processus ext&#233;rieurs pr&#233;sente une continuit&#233; (continue-spatiale) qui, pour &#234;tre mentalis&#233;e, a besoin d'&#234;tre entrecoup&#233;e, d&#233;cim&#233;e et transform&#233;e par l'appareil psychique dans un registre qualitatif (discontinu-p&#233;riodique-temporel). Cette continuit&#233;, Freud la mat&#233;rialise en disant, qu'&#224; l'ext&#233;rieur, &#171; il n'y a que des masses en mouvement &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; C'est-&#224;-dire, l'ext&#233;rieur est pr&#233;sent&#233; comme une sorte de p&#226;te indiff&#233;renci&#233;e, un amalgame d'&#233;l&#233;ments, de choses, m&#234;me pas d'objets unitaires, mais plut&#244;t une totalit&#233; insaisissable, incompr&#233;hensible. Ces affirmations de Freud ne sont plus soutenables aujourd'hui. &#192; la lumi&#232;re des &#233;tudes des derni&#232;res ann&#233;es, nous savons maintenant que le nourrisson identifie et s'identifie d&#233;j&#224; avant la naissance &#224; des sons qui se r&#233;p&#232;tent tout au long de la grossesse (Maiello, 2007.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce qui nous int&#233;resse dans les propos de Freud c'est de voir comment une configuration dialectique est en train de se mettre en place gr&#226;ce &#224; une continuit&#233; quantitative (masses en mouvement) et une discontinuit&#233; qualitative (p&#233;riode) d'une quantit&#233; d'&#233;nergie. Dialectique qui, toujours selon notre auteur, fait partie de l'organisation du Moi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le moi doit donc &#234;tre d&#233;fini comme l'ensemble des investissements Psy pr&#233;sents &#224; tel ou tel moment, au sein desquels&lt;i&gt; &lt;/i&gt;un constituant permanent se s&#233;pare d'un constituant changeant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Freud emploie des th&#232;mes proches du rythme : la r&#233;p&#233;tition de l'exp&#233;rience en ce qui concerne la m&#233;moire, ceux de la continuit&#233;-discontinuit&#233; de l'&#233;nergie en lien avec le principe du plaisir, et du changement-permanence des investissements en r&#233;f&#233;rence &#224; la d&#233;finition du Moi. Sans les nommer directement, Freud d&#233;crit les bases rythmiques sur lesquelles l'appareil psychique se construit. Ces caract&#233;ristiques formelles (r&#233;p&#233;tition, continuit&#233;, discontinuit&#233;) font partie int&#233;grante du rythme. Ce dernier permettrait la construction de coordonn&#233;es de la &lt;i&gt;masse en mouvement&lt;/i&gt;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;ext&#233;rieure donc d'une spatialit&#233; /temporalit&#233; qui aiderait &#224; la mise en place de la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout au long de son &#339;uvre, Freud continuera &#224; faire r&#233;f&#233;rence au rythme sans le proposer comme &#233;l&#233;ment d'analyse en soi. Mais arr&#234;tons-nous sur l'&lt;i&gt;Esquisse&lt;/i&gt;. S'il existe un cadre relationnel dans lequel nous pouvons appliquer la structure du rythme, c'est dans le complexe du &lt;i&gt;Nebenmensch&lt;/i&gt; (&#234;tre-humain-proche) d&#233;velopp&#233; par Freud en 1895. Quand Freud d&#233;crit la relation de d&#233;pendance, de d&#233;saide, dans laquelle se trouve l'enfant pour assouvir ses besoins, il dit :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;L'organisme humain est tout d'abord incapable d'amener l'&lt;i&gt;action sp&#233;cifique&lt;/i&gt;. Cette action se produit au moyen d'une &lt;i&gt;aide&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;, quand une personne ayant de l'exp&#233;rience est rendue attentive &#224; l'&#233;tat de l'enfant du fait de l'&#233;conduction qui emprunte la voie de la modification interne. Cette voie d'&#233;conduction acquiert ainsi une fonction secondaire extr&#234;mement importante, celle de &lt;i&gt;se faire comprendre&lt;/i&gt; et le d&#233;saide initial de l'&#234;tre humain est la &lt;i&gt;source originaire&lt;/i&gt; de tous les &lt;i&gt;motifs moraux&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cette &lt;i&gt;aide &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;, sensible aux rythmes biologiques de l'enfant, procure des r&#233;ponses r&#233;p&#233;t&#233;es de la m&#232;re dans le temps et dans l'espace. Cette aide introduit une certaine alt&#233;rit&#233; au sein de la relation caus&#233;e non seulement par son arriv&#233;e de l'ext&#233;rieur, mais aussi par la qualit&#233; de la r&#233;ponse. La question qui se pose est de savoir comment l'enfant va g&#233;rer les d&#233;calages des r&#233;ponses apport&#233;es dans sa qualit&#233; et dans sa quantit&#233;. Dans notre logique, comment l'enfant va g&#233;rer le 0 entre la satisfaction et la nouvelle apparition du besoin (1). Le z&#233;ro vient condenser plusieurs modalit&#233;s n&#233;gatives, &#224; savoir la non-r&#233;ponse, le d&#233;part, le d&#233;calage entre le besoin et la &lt;i&gt;r&#233;ponse sp&#233;cifique.&lt;/i&gt; Le psychanalyste Andr&#233; Green propose le sch&#233;ma suivant du mod&#232;le de l'appareil psychique pr&#233;sent&#233; par Freud en 1895.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;La s&#233;quence : exp&#233;rience de satisfaction-trace de cette exp&#233;rience-&lt;i&gt;pause&lt;/i&gt;- r&#233;surgence du besoin-r&#233;investissement des traces de l'exp&#233;rience de satisfaction (d&#233;sir)-r&#233;alisation hallucinatoire du d&#233;sir-&#233;chec de cette r&#233;alisation hallucinatoire-signaux de d&#233;tresse-retour de l'objet ayant apport&#233; la satisfaction et nouvelle exp&#233;rience de satisfaction. (Green, 2011)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les traces laiss&#233;es par cette exp&#233;rience de satisfaction vont subir une sorte d'inflation qui doit &#234;tre amortie par la pause subie avant l'arriv&#233;e d'une nouvelle pouss&#233;e du besoin. Nous allons l'expliquer. Lors de la satisfaction, les traces mn&#233;siques rest&#233;es chez le b&#233;b&#233; sont compos&#233;es de toute une panoplie de sensations fortes. Imaginons par exemple la t&#233;t&#233;e : la chaleur du contact de peau contre peau, l'odeur, le plaisir suscit&#233; par le lait, son go&#251;t, les d&#233;charges de la tension accumul&#233;e pendant l'abstinence, l'agressivit&#233; n&#233;cessaire pour faire bouger les m&#226;choires, la langue et les l&#232;vres, le rythme de la succion, le regard de l'enfant vers le visage de la m&#232;re et le retour que celle-ci lui renvoie ainsi que la contention. Tout cet &#233;ventail sensoriel, cr&#233;&#233; par le contact direct avec la source d'apaisement, va inscrire une trace qui doit subir le poids de la r&#233;alit&#233; (pr&#233;sent&#233; par la pause). Ces sensations sont tellement puissantes que Freud leur donnera la fonction temporelle de satisfaction hallucinatoire du d&#233;sir.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Sans doute est-ce l'image mn&#233;sique de l'objet qui est tout d'abord touch&#233;e par la vivification du souhait. Je ne doute pas que cette vivification du souhait a tout d'abord le m&#234;me r&#233;sultat que la perception, &#224; savoir une hallucination. Si l&#224;-dessus l'action r&#233;flexe est enclench&#233;e, il ne manquera pas d'y avoir de la d&#233;ception. (Freud, 1895).&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, ces traces sont confondues les unes avec les autres et ont un caract&#232;re plastique quasi mat&#233;riel. Les traces mn&#233;siques sont si fortes qu'elles se confondent avec la pr&#233;sence de l'objet, c'est-&#224;-dire l'enfant prend, dans un premier temps, ses d&#233;sirs pour la r&#233;alit&#233;. A notre avis, la d&#233;ception dont parle Freud est introduite par la structure ternaire propre au rythme de la relation. La pr&#233;sentation de l'objet qui vient calmer l'&#233;tat de tension de l'enfant est suivie par le d&#233;part de celui-ci. Ce d&#233;part, que nous codifions par le z&#233;ro, laisse le soin &#224; l'appareil psychique de l'enfant de travailler le non-acc&#232;s direct aux sources de sa satisfaction. C'est-&#224;-dire que le z&#233;ro permet l'ouverture de la relation de m&#234;met&#233; &#233;tablie entre l'enfant et sa m&#232;re (1-1) en laissant la porte ouverte pour que l'&#233;preuve de r&#233;alit&#233; s'impose. En ce sens, l'article de Freud sur la n&#233;gation est tr&#232;s &#233;clairant (Freud, 1925). Le p&#232;re de la psychanalyse nous parle de la fonction du jugement en la mettant en lien avec la pulsion. Il d&#233;crit les deux missions &#224; charge du jugement : le jugement d'attribution (objet bon/mauvais) et le jugement d'existence (objet vrai/faux). Il s'agirait d'abord de voir si la qualit&#233; de l'objet est bonne ou mauvaise puis dans un deuxi&#232;me temps, s'il existe r&#233;ellement en dehors du Moi.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Exprim&#233; dans le langage des motions pulsionnelles les plus anciennes, les motions orales : cela je veux le manger ou bien je veux le cracher [&#8230;] Donc : &#231;a doit &#234;tre en moi ou bien en dehors de moi.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le jugement de r&#233;alit&#233;, &#171; maintenant il ne s'agit plus de savoir si quelque chose de per&#231;u (une chose) doit &#234;tre admis ou non dans le moi, mais si quelque chose de pr&#233;sent dans le moi comme repr&#233;sentation peut aussi &#234;tre retrouv&#233; dans la perception (r&#233;alit&#233;) [&#8230;] L'exp&#233;rience a enseign&#233; qu'il n'est pas seulement important de savoir si une chose (objet de satisfaction) poss&#232;de la &#8220;bonne&#8221; propri&#233;t&#233; [&#8230;] mais encore de savoir si elle est l&#224; dans le monde ext&#233;rieur de sorte qu'on puisse s'en emparer si besoin est &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quand Freud parle de l'enseignement de l'exp&#233;rience, il fait r&#233;f&#233;rence aux d&#233;ceptions r&#233;p&#233;t&#233;es que la satisfaction hallucinatoire du d&#233;sir a procur&#233;s &#224; l'enfant. C'est-&#224;-dire que le leurre des repr&#233;sentations de d&#233;sir n'a pas l'effectivit&#233; n&#233;cessaire que demande le besoin pour la satisfaire, pure image, surface sans volume. La r&#233;alit&#233; s'impose en filtrant la repr&#233;sentation de chose, toute sa charge sensorielle cr&#233;&#233;e &#224; partir de la coalescence des peaux, pour la rapprocher au mieux de la perception (r&#233;alit&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Force est de constater que c'est dans l'entre-deux, dans l'espace-temps entre pr&#233;sentation et une nouvelle pr&#233;sentation que la capacit&#233; de l'enfant &#224; figurer la discontinuit&#233; est appel&#233;e. L'alternance r&#233;guli&#232;re des continuit&#233;s et discontinuit&#233;s dans le soin qui se r&#233;p&#232;te, permet que, dans les espaces entre continuit&#233;s et discontinuit&#233;s, apparaissent des expectatives, des attentes. C'est-&#224;-dire l'apparition d'un appareil psychique qui r&#233;alise des liens et qui commence &#224; appr&#233;hender le monde qui l'entoure. Autrement dit, dans les espaces de non-pr&#233;sentation de l'objet, le nourrisson est contraint &#224; se repr&#233;senter l'objet, &#224; travailler son non-contact direct.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;III. Rythme et psychose infantile&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nos lecteurs se demanderont quel est le lien entre rythme et psychose infantile ? C'est ce que nous allons voir dans cette partie. Nous avons laiss&#233; un peu de c&#244;t&#233; l'aspect affectif du rythme. Cela ob&#233;it entre autres choses au propre fonctionnement de l'enfant psychotique. Le lien entre l'espace (le corps, les affects) et le temps, (la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure condens&#233;es par la repr&#233;sentation de mot) souffre, dans le fonctionnement psychotique, d'une dissociation. C'est justement l'articulation de la discontinuit&#233; par l'association espace-temporel qui propose le rythme que nous voulons soulever comme outil th&#233;rapeutique dans la prise en charge d'un enfant accueilli en h&#244;pital de jour. C'est pr&#233;cis&#233;ment dans la non-pr&#233;sentation de l'objet que notre patient, et l'enfant psychotique en g&#233;n&#233;ral, est fortement en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quelle strat&#233;gie de sauvetage existentiel a mise en place notre patient pour essayer d'&#233;chapper aux angoisses d'annihilation r&#233;veill&#233;es quand l'objet n'est pas pr&#233;sent ? En faisant appel aux outils qu'il avait dans son contexte familial, il s'est identifi&#233; de mani&#232;re adh&#233;sive &#224; des films o&#249; la figure th&#233;&#226;trale mis en action par de Jean-Paul Belmondo appara&#238;t. L'appareil psychique cens&#233; m&#233;taboliser la r&#233;alit&#233;, c'est-&#224;-dire cr&#233;er une histoire &#224; partir des discontinuit&#233;s, les d&#233;calages entre la satisfaction hallucinatoire du d&#233;sir et la r&#233;alit&#233; de l'objet, a &#233;t&#233; remplac&#233; par notre patient par un autre appareil, le cin&#233;matographique, et cela de mani&#232;re f&#233;tichis&#233;e. Cet appareil mat&#233;rialise et cr&#233;e des r&#233;cits et des histoires dans un contexte particulier. Mais cela n'est pas le sujet qui int&#233;resse notre patient. En effet, il ne se pr&#233;occupe pas de l'histoire en elle-m&#234;me. Notre patient, que nous appellerons Jules, par son agrippement aux films arrive &#224; fixer des &#233;l&#233;ments &#233;pars et dissoci&#233;s eux-m&#234;mes sur un objet qui le vectorise. Cet objet, c'est le DVD qui unifie un monde fou. Jules se d&#233;charge de tout le poids de la r&#233;alit&#233; en projetant ses mouvements pulsionnels sur les images des films. Les conflits pulsion/ r&#233;alit&#233; sont ainsi &#233;vinc&#233;s de sa r&#233;alit&#233; subjective. Les films pour Jules ou plut&#244;t Belmondo pour Jules pr&#233;sentent un personnage qu'il supplante. D'une fiction comme le film, il op&#232;re une extraction temporelle d'un personnage en l'incarnant. Pouss&#233; par son fonctionnement psychotique, il balaye la temporalit&#233; g&#233;n&#233;rationnelle et transforme un fantasme en r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au-del&#224; du r&#244;le que joue, dans l'appareil psychique de Jules, l'image d'un personnage si particulier comme celui de Belmondo, nous voulons mettre en exergue la structure rythmique propre au cin&#233;ma. Quelle est la relation entre un film et le rythme ? En fait, pour introduire la temporalit&#233; dans la bobine filmique, il y a deux proc&#233;d&#233;s principaux : la coupure entre les photogrammes ins&#233;r&#233;s dans la pellicule, puis le montage des sc&#232;nes. Celui qui nous int&#233;resse essentiellement est le premier. Nous allons voir tout de suite pourquoi. Sans la coupure mat&#233;rielle de la pellicule, sans la perte d'un petit bout, nous obtiendrions sur la surface de projection un d&#233;fil&#233; sensible, quelque chose de l'ordre d'un flux d'images, sans aucun sens. La projection cin&#233;matographique est possible gr&#226;ce &#224; des clich&#233;s enregistr&#233;s sur une pellicule et s&#233;par&#233;s entre eux par un petit espace. Ces clich&#233;s enregistrent le d&#233;roulement d'une action &#224; diff&#233;rents moments sur une surface, de telle fa&#231;on que chaque clich&#233; fixe un mouvement diff&#233;rent de celui qui le pr&#233;c&#232;de (24 photogrammes par seconde). Ces pellicules sont mises dans une bobine qui tourne en recevant une lumi&#232;re. Cette derni&#232;re projette l'image amplifi&#233;e par une lentille sur l'&#233;cran. Pour que le mouvement soit per&#231;u comme naturel et non saccad&#233; ou robotis&#233;, il faut un &#233;quilibre, un &lt;i&gt;rythme &lt;/i&gt;entre l'&lt;i&gt;espace&lt;/i&gt; de chaque clich&#233; et la vitesse de rotation de la bobine, le &lt;i&gt;temps&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;IV. Proposition th&#233;rapeutique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fonctionnement de Jules nous a pouss&#233; &#224; mettre en place un travail th&#233;rapeutique en prenant comme point d'appui la seule chose qui semble constituer une sorte de continuit&#233; dans son passage &#224; l'h&#244;pital de jour : les films. Nous avons d&#233;cid&#233; de nous servir de cet espace-film comme d'une sorte de plateforme d'&#233;changes avec notre patient. En fait, le dispositif cin&#233;matographique nous sert d'outil partageable, transitionnel dans le sens de Winnicott pour pouvoir introduire, dans le monde de Jules, un principe de r&#233;alit&#233; qui se trouve ni&#233; profond&#233;ment (Winnicott, 1951). Accompagn&#233; de notre patient et de mani&#232;re hebdomadaire, nous avons mis en place la vision de &lt;i&gt;&#192;&lt;/i&gt;&lt;i&gt; bout de souffle&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Le casse&lt;/i&gt;. Ce dispositif a permis l'introduction d'une aire interm&#233;diaire pour m&#233;diatiser la relation avec notre patient, autrement tr&#232;s invasive et incoh&#233;rente. Les s&#233;ances sont divis&#233;es en trois moments puis se terminent par la cr&#233;ation d'un objet en p&#226;te &#224; modeler. Dans un cahier, nous annotons les r&#233;actions de Jules, ses commentaires, ses expressions. Chaque fois nous visionnons dix minutes du film. Les trois temps s'organisent ainsi : nous regardons l'extrait, nous demandons &#224; l'enfant de nous restituer ce qui s'est pass&#233; ou au moins ce qu'il a aim&#233; ou pas et en fonction de ce qu'il a aim&#233;, nous lui proposons de le figurer en p&#226;te &#224; modeler. Nous prenons en photo sa production avec l'id&#233;e de faire un album.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous utilisons la p&#226;te &#224; modeler pour plusieurs raisons. Il s'agit d'un objet mall&#233;able, mou, que Jules peut transformer comme il le souhaite. C'est une mati&#232;re qui oppose moins de r&#233;sistance en tant qu'objet ext&#233;rieur. En cons&#233;quence, la capacit&#233; de la p&#226;te &#224; modeler &#224; rappeler le principe de r&#233;alit&#233; se trouve amoindrie. Sa plasticit&#233; mat&#233;rielle permet une sorte de continuit&#233; entre le corps de Jules et un &#233;l&#233;ment venant de l'ext&#233;rieur, sans que la coupure entre Moi-Non-Moi soit trop brusque. Cette continuit&#233; est interrompue par le fait de la production. Le r&#233;sultat de ses manipulations se d&#233;tache de son propre corps en restant dans notre bureau. Ainsi, la p&#226;te &#224; modeler peut nous aider aussi &#224; introduire une amorce de limitation dedans-dehors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mat&#233;rialisation d'une forme en rapport avec une partie du film nous semble aussi tr&#232;s importante. En ce sens, Freud d&#233;cri le fonctionnement de l'appareil psychique en faisant une sorte de point sur ses avanc&#233;es (Freud ,1911). Le titre de son article &lt;i&gt;Formulations sur les deux principes du cours des &#233;v&#233;nements psychiques&lt;/i&gt;, laisse supposer l'id&#233;e de l'&#233;coulement des images psychiques, comme une sorte de ruisseau. Il dit que, dans les &#233;tats de pens&#233;e propres au r&#234;ve, c'est-&#224;-dire des &#233;tats psychiques qui n'ont pas le poids du principe de r&#233;alit&#233;, la pens&#233;e est exprim&#233;e par des images sous forme hallucinatoire. Ces images seraient en connexion les unes avec les autres dans une logique diff&#233;rente de celle adopt&#233;e sous l'&#233;gide du processus secondaire. Autrement dit, une logique autre car le poids de la d&#233;ception due &#224; l'&#233;cart entre l'objet hallucin&#233; et l'objet de la r&#233;alit&#233; permet une liaison avec des repr&#233;sentations de la r&#233;alit&#233; (les mots) qui consentent une &#233;laboration en accord avec la qualit&#233; idiosyncratique de l'objet ext&#233;rieur. L'objet ext&#233;rieur n'est pas seulement pens&#233; en fonction de l'activation des premi&#232;res traces mn&#233;siques issues des contacts initiaux avec l'objet des besoins, c'est-&#224;-dire selon le propre d&#233;sir. Cet objet sera envisag&#233; avec sa vie autonome qui met un temps et un espace, un &#233;cart entre le d&#233;sir et sa satisfaction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la pens&#233;e propre au r&#234;ve, o&#249; &lt;i&gt;la n&#233;gation n'existe pas&lt;/i&gt;, les images mn&#233;siques sont coll&#233;es les unes aux autres, dans une continuit&#233; sans fin ni d&#233;but, selon les deux principes d&#233;couverts par Freud : d&#233;placement et condensation. Deux m&#233;canismes qui m&#233;nagent l'espace, la mat&#233;rialit&#233; des traces sur l'appareil psychique. L'un fait le lien par contigu&#239;t&#233;, l'autre par similitude. Si les id&#233;es dans la pens&#233;e du r&#234;ve n'ont pas d'arr&#234;t, ni le temps ni la contradiction n'existent, cela veut dire que les images sont m&#233;lang&#233;es les unes avec les autres par des liens autres que ceux par lesquels nous produisons le raisonnement dans la conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le probl&#232;me, avec notre jeune patient, c'est qu'il utilise une pens&#233;e propre au r&#234;ve. On a l'impression que ses images mentales ne sont pas s&#233;par&#233;es les unes des autres. Par cons&#233;quent, pour lui, il n'est pas possible de former des cat&#233;gories selon les m&#233;canismes de l'opposition, de la contradiction et de l'identit&#233;. D'une certaine mani&#232;re, avec la cr&#233;ation d'un objet mat&#233;riel, nous voulons limiter la pens&#233;e onirique de notre patient en introduisant une concr&#233;tisation temporo-spatiale incarn&#233;e par un objet physique qui se r&#233;f&#232;re &#224; un contexte global (le film) ; donner une sorte de gravit&#233; &#224; une pens&#233;e qui est purement libre, sans contraintes mat&#233;rielles. Une pens&#233;e qui n'est pas attach&#233;e aux objets du r&#233;seau socio-culturel. Une pens&#233;e qui n'est pas en dehors de la soci&#233;t&#233;. Elle n'est pas non plus dehors. Elle est simplement hors, sans la r&#233;f&#233;rence &#224; un dedans auquel il puisse s'opposer et se dialectaliser. Jules ne semble pas articul&#233; en &lt;i&gt;r&#233;f&#233;rence &#224;&lt;/i&gt;, il est, tout court.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un autre point important dans le tissu th&#233;rapeutique que nous faisons avec Jules est l'immortalisation de l'objet qu'il produit. Nous le prenons en photo. Nous fabriquons ainsi une sorte de m&#233;moire orthop&#233;dique, de s&#233;diment des impressions effectu&#233;es sur l'appareil psychique de l'enfant. Il s'agit d'une forme stable qui reste inscrite dans une surface mat&#233;rielle sans qu'elle soit contamin&#233;e ou d&#233;truite par le processus psychotique. Jules est capable de se rem&#233;morer des &#233;v&#233;nements. Paradoxalement, il a une tr&#232;s bonne m&#233;moire pour les titres des films, les acteurs qui y jouent, le r&#233;alisateur et l'ann&#233;e de r&#233;alisation. Il peut aussi se rappeler les activit&#233;s qu'il a faites mais rapidement il m&#233;lange les exp&#233;riences, les confond dans un r&#233;cit qui devient incoh&#233;rent. &#192; c&#244;t&#233; de cela, par moment, nous avons l'impression que c'est toujours la premi&#232;re fois qu'il est confront&#233; au mouvement de la vie, aux &#233;l&#233;ments qu'il rencontre, aux personnes de l'h&#244;pital pour lesquelles il a d&#233;velopp&#233; un transfert assez fort. Le fait qu'il montre cet effet de surprise et d'enthousiasme avec son environnement (&#224; l'&#233;cole c'est plut&#244;t un sentiment de pers&#233;cution qui s'active) nous conduit &#224; nouveau vers l'id&#233;e d'un v&#233;cu de la temporalit&#233; tr&#232;s particulier. C'est comme si les traces de m&#233;moire qui servent &#224; nous rappeler, pr&#233;voir et anticiper les objets du monde ne fonctionnaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; ce propos, nous avons consult&#233; le bilan cognitif effectu&#233; par le psychologue scolaire. Jules a pass&#233; un WISC-IV &#224; la fin de l'ann&#233;e 2015 mais les r&#233;sultats ne sont pas d'un bon pronostic. En effet, le test s'est r&#233;v&#233;l&#233; un &#233;chec tellement Jules &#233;tait incoh&#233;rent. Faute d'avoir une &#233;valuation objective de sa m&#233;moire de travail, nous faisons appel &#224; nos observations et impressions cliniques &#224; ce sujet. Nous pouvons constater que d'une certaine mani&#232;re, chez Jules, les &#233;v&#233;nements s'inscrivent en m&#233;moire. En m&#234;me temps, cette inscription doit se faire d'une mani&#232;re particuli&#232;re car sinon comment expliquer la nouveaut&#233; qui illumine le monde chaque jour ? Quand un objet est repr&#233;sent&#233; par des mots, il perd de sa vivacit&#233; premi&#232;re, parce que, entre autres choses, il se lie, s'associe avec d'autres repr&#233;sentations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Chez Jules, les traces qui le lient aux objets sont vivantes comme la premi&#232;re fois et ne semblent pas rester permanentes d'un jour &#224; l'autre. Ce n'est pas le cas pour toutes les traces. Par exemple les traces psychomotrices n&#233;cessaires pour l'ex&#233;cution du repas semblent acquises. M&#234;me si sa mani&#232;re de manger montre des mouvements de tonalit&#233; molle, contamin&#233;e par la psychose, il arrive &#224; coordonner les diff&#233;rentes actions qui aboutissent pour se nourrir. Il en est de m&#234;me pour la marche. Ses difficult&#233;s d'inscription se retrouvent dans ses relations aux autres, envers l'alt&#233;rit&#233; qu'il &#233;vince par des identifications massives ou en se sentant pers&#233;cut&#233; dans un mouvement affectif binaire. C'est dans son rapport aux autres, &#224; la r&#233;alit&#233;, que se trouvent les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mat&#233;rialisation puis la prise en photo du produit issu du contact perceptif de Jules avec une partie du film conduisent la vis&#233;e de l'axe th&#233;rapeutique vers la permanence des traces perceptives. Chez Jules, le fonctionnement onirique de sa pens&#233;e suivant le principe primaire de Freud, ne semble pas retenir l'objet dans une repr&#233;sentation qui puisse rester et canaliser le v&#233;cu affectif du contact avec le monde. Les passages &#224; l'acte refl&#232;tent un appareil psychique qui fonctionne par une &#233;conomie de d&#233;charge o&#249; l'&#233;nergie a du mal &#224; se lier, &#224; s'accumuler et &#224; construire des objets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En observant notre d&#233;marche th&#233;rapeutique, nous remarquons le chemin r&#233;gressif vers l'appareil psychique de Jules. D'abord, d'un conglom&#233;rat d'images situ&#233;es dans une continuit&#233; confuse, nous avons extrait deux films parmi ceux que notre patient nommait fr&#233;quemment. Ensuite, nous avons segment&#233; la bande filmique en passages de dix minutes qui sont visionn&#233;s une fois par semaine. Puis, nous voulons que l'enfant cr&#233;e une esp&#232;ce de figuration mat&#233;rielle en p&#226;te &#224; modeler qui incarne l'aspect autrement virtuel, onirique propre aux films. Finalement, nous prenons cette forme en photo et l'ins&#233;rons dans un album. Par la vision du film et sa figuration mat&#233;rielle post&#233;rieure, nous voulons que le temps (donn&#233; par le caract&#232;re insaisissable et &#233;ph&#233;m&#232;re du film) et l'espace (la p&#226;te &#224; modeler) se lient, que leurs fonctionnements s'accordent. Nous nous expliquons : les images auxquelles Jules s'est identifi&#233; ne sont pas vraisemblablement coup&#233;es, ordonn&#233;es, mises en histoire. Si c'&#233;tait le cas, il montrerait un int&#233;r&#234;t pour ce qui est racont&#233;. Ce qui l'attire, ce n'est pas le r&#233;cit du film. Il ne lie pas les sc&#232;nes entre elles et construit un tout avec un sens plus ou moins en accord avec lui. Ce qui l'int&#233;resse, ce sont les mouvements, les actions, les gestes. On peut dire d'embl&#233;e qu'il ne regarde pas un film, mais certains d&#233;tails du film, toujours les m&#234;mes. Il d&#233;gage du film la partie qui peut lui octroyer une historicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;V. Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; dans la pr&#233;sentation du film a &#233;t&#233; notre mode op&#233;ratoire. Ces images, relais direct des images psychiques de Jules mat&#233;rialis&#233;s par le film et par la s&#233;paration en s&#233;quences de dix minutes, subissaient la temporalisation chronologique de notre arbitre et la spatialisation contenante de notre bureau. L'objectif est que, dans le laps de temps entre une pr&#233;sentation et une autre, la charge pulsionnelle des images devienne moins importante gr&#226;ce &#224; l'introduction des discontinuit&#233;s appliqu&#233;es directement sur le film/image psychique. La force des images filmiques, l'effet que provoquaient sur notre patient les actions r&#233;flexes qui s'actionnaient, se sont affaiblis au fil des s&#233;ances. Du refus agi de la premi&#232;re s&#233;ance o&#249; nous avions propos&#233; &#224; Jules de la p&#226;te &#224; modeler pour figurer la partie du film qu'il souhaitait jusqu'au commentaire &#171; je ne suis pas Belmondo, je fais semblant d'&#234;tre Belmondo &#187;, il s'est produit une d&#233;valuation de la charge pulsionnelle des images filmiques en faveur d'une pr&#233;figuration mo&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Apr&#232;s un an de traitement, il a pu r&#233;aliser des commentaires autour des &#233;motions que la fin du film &#233;veillait. M&#234;me si la mimique du visage n'&#233;tait pas accord&#233;e &#224; l'affect exprim&#233; (tristesse), ce qui t&#233;moigne toujours d'un processus dissociatif, c'&#233;tait la premi&#232;re fois que Jules prof&#233;rait une &#233;motion sans passer &#224; l'acte. La n&#233;gativation de la pulsion s'est aussi refl&#233;t&#233;e dans son comportement, moins agit&#233; et plus attentif au film. Les dessins qu'il a r&#233;alis&#233;s devenaient plus en lien avec une des sc&#232;nes de la s&#233;quence visualis&#233;e. Il acceptait aussi de poser un titre sur la feuille r&#233;f&#233;r&#233;e &#224; l'action &lt;i&gt;repr&#233;sent&#233;e&lt;/i&gt; par le dessin. De ses productions en p&#226;te &#224; modeler en passant par des lettres isol&#233;es jusqu'&#224; la demande de r&#233;aliser des dessins en lien avec la s&#233;quence regard&#233;e, nous pensons que les discontinuit&#233;s r&#233;guli&#232;res c'est-&#224;-dire rythmiques, for&#231;aient l'appareil psychique de Jules &#224;&lt;i&gt; travailler&lt;/i&gt; pendant les coupures. Ce travail se retrouvait dans la production d'objets plus figuratifs. Malgr&#233; le changement de l'outil d'expression, en faveur d'un moyen plus &lt;i&gt;repr&#233;sentatif&lt;/i&gt;, plus &#233;loign&#233; de la chose et de sa charge perceptive, les productions de Jules sont loin de constituer une repr&#233;sentation. Ses dessins portent le sceau d'une d&#233;vitalisation mortif&#232;re. Les traces que Jules imprime sur la feuille ont l'air tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;res, peu charg&#233;es &#233;nerg&#233;tiquement. Les figures donnent l'impression de se m&#233;langer avec la surface sur laquelle il applique l'encre. La forme et le fond se confondent, la pr&#233;sentation et la repr&#233;sentation se situent sur le m&#234;me registre. L'int&#233;rieur et l'ext&#233;rieur sont transparents, les personnages sont vus &#224; travers les portes, sans la diff&#233;renciation de positions, de temps et d'espace, bref, sans historicit&#233;. Le caract&#232;re hostile reste palpable, les visages d&#233;shumanis&#233;s mettent au premier plan la marque sadique-orale avec des bouches dent&#233;es, des expressions o&#249; le visage est marqu&#233; par le m&#233;contentement, f&#226;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Notre article se base sur ce qui, &#224; notre sens, constitue le contact primordial avec les choses : le sentir. C'est &#224; partir de ces r&#233;sonances affectives que le rythme agit de deux fa&#231;ons : La premi&#232;re est l'expression m&#234;me du sentir. Les &#233;motions, par leurs caract&#233;ristiques pulsatiles, de mont&#233;e et de descente et d'intensit&#233;, int&#232;grent en leur sein le rythme (nomm&#233; par nous primaire). Ce dernier fonctionne &#233;galement comme un type d'expression qui, tout en &#233;chappant &#224; la &lt;i&gt;repr&#233;sentation de mot&lt;/i&gt;, communique. La deuxi&#232;me fa&#231;on d'agir du rythme est la structure. Nous avons d&#233;cel&#233; l'articulation ternaire qu'organise le rythme, repr&#233;sent&#233;e par les chiffres 1-0-1. Ce type de rythme, nous l'appelons secondaire. D'un &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;primaire &lt;/i&gt;(les expressions de la neuro-anatomie au sens large) &#224; un &lt;i&gt;rythme&lt;/i&gt; &lt;i&gt;secondaire&lt;/i&gt; (dans lequel les capacit&#233;s relationnelles avec l'alt&#233;rit&#233; sont au premier chef), cet outil s'inscrit dans l'affect. En ce sens, le rythme peut &#234;tre entendu comme une signification sans signifiant. Nous dirions que la particularit&#233; la plus importante du rythme est sa capacit&#233; &#224; rendre l'alt&#233;rit&#233; (de la pulsion et du monde) moins &#233;trang&#232;re pour que le dispositif psychique se forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En r&#233;sum&#233;, si nous pouvions exprimer en un mot notre intention th&#233;rapeutique, nous dirions avec Freud que &#171; l&#224; o&#249; &#233;tait du &#231;a, du moi doit advenir &#187; (Freud, 1932). Est-ce que nous avons pu atteindre ce but th&#233;rapeutique ? Il serait de notre part trop ambitieux et irr&#233;el de vouloir l'atteindre. Malgr&#233; cela, il y a eu des progr&#232;s chez notre patient. D'un mode de contact impulsif il a &#233;volu&#233; vers une interaction un peu plus &lt;i&gt;r&#233;flexive&lt;/i&gt;. Ses productions se sont transform&#233;es. C'est justement la mise en forme que nous voulions travailler avec notre patient &#224; travers le rythme. Mise en forme de son narcissisme primaire &#233;clat&#233; qui, dans un deuxi&#232;me temps, peut &#234;tre figur&#233; par les mots.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=318&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Ernest, J., &lt;i&gt;La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud I&lt;/i&gt; (1953). &lt;i&gt;Les jeunes ann&#233;es 1856-1900&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2006, p. 10-17.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Ernest, J., &lt;i&gt;La vie et l'&#339;uvre de Sigmund Freud II&lt;/i&gt; (1955). &lt;i&gt;Les ann&#233;es de maturit&#233; 1901-1919&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2006, p. 83-84.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud, S., &#171; Formulations sur les deux principes du cours des &#233;v&#233;nements psychiques &#187;, (1911), &lt;i&gt;R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes I, &lt;/i&gt;1820-1920,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Paris, PUF, 1984, p. 135-143.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud, S., &#171; La n&#233;gation &#187;, (1925), &lt;i&gt;R&#233;sultats, id&#233;es, probl&#232;mes II, &lt;/i&gt;1921-1938, Paris, PUF, p.135-139.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud, S., &#171; M&#233;tapsychologie &#187;, (1915), &lt;i&gt;&#338;uvres Compl&#232;tes, Psychanalyse, &lt;/i&gt;Tome XIII, 1914-1915, Paris, PUF, 1988, p. 159-260.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud, S., &#171; Le trait d'esprit et sa relation &#224; l'inconscient &#187;, (1905), &lt;i&gt;&#338;uvres Compl&#232;tes, Psychanalyse, &lt;/i&gt;Tome VII, 1905, Paris, PUF, 2014.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud, S., &#171; XXXI Le&#231;on, La d&#233;composition de la personnalit&#233; psychique &#187;,(1932), &lt;i&gt;&#338;uvres Compl&#232;tes, Psychanalyse, &lt;/i&gt;Tome XIX, 1931-1936, Paris, PUF, 1995,p.140-163.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Freud,S.,&#171; Trois essais sur la th&#233;orie sexuelle &#187;,(1905), &lt;i&gt;&#338;uvres Compl&#232;tes, Psychanalyse, &lt;/i&gt;Tome VI, 1901-1905, Paris, PUF, 2006, p. 59-181.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Godard, J-L., &lt;i&gt;&#192; bout de souffle&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;(1960).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Green, A., &lt;i&gt;Le Travail du n&#233;gatif&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit, 2011.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Maiello, S., &#171; Les &#233;tats autistiques et les langages de l'absence &#187;,&lt;i&gt; Langage, voix et parole dans l'autisme&lt;/i&gt;, sous dir. Touati, B., Joly, F., Laznik, M-C., Paris, PUF, 2007, p. 85-119.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Reik, T., &lt;i&gt;&#201;crits sur la musique&lt;/i&gt;, (1953), Paris, Les Belles Lettres, 1984.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Reik, T., Variations psychanalytiques sur un th&#232;me de Gustav Mahler, (1953), Paris, Deno&#235;l, 1972.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Schopenhauer, A., &lt;i&gt;Le monde comme volont&#233; et repr&#233;sentation I&lt;/i&gt;, (1814), Paris, Gallimard, 2009.&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Verneuil, H., &lt;i&gt;Le casse&lt;/i&gt;, (1971).&lt;/li&gt;&lt;li&gt;Winnicott, D. W., &#171; Objets transitionnels et ph&#233;nom&#232;nes transitionnels &#187;, (1951), &lt;i&gt;Jeu et R&#233;alit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1971, p. 27-64.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Il nous semble important de signaler l'entretien analytique de 4 heures que Freud accorda &#224; Mahler lui-m&#234;me en ao&#251;t 1910. Alors que le psychanalyste se trouvait en vacances en Hollande, il re&#231;ut le t&#233;l&#233;gramme du musicien, dont la demande avait &#233;t&#233; conseill&#233;e par le parent de sa femme, le D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt;. Nepallek. Apr&#232;s l'annulation de trois rendez-vous de la part de Mahler, Freud riposta par un ultimatum. Finalement ils se rencontr&#232;rent fin ao&#251;t dans la ville de Leyde. Malgr&#233; le fait que Mahler n'avait aucune connaissance de la psychanalyse, &#171; Freud d&#233;clara qu'il n'avait jamais rencontr&#233; personne que la compris si vite. &#187; J. Ernest, &lt;i&gt;La vie et l'ouvre de Sigmund Freud II,&lt;/i&gt; (1955) &lt;i&gt;Les ann&#233;es de maturit&#233; 1901-1919&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2006, p. 83-84.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour expliquer la position de refus que Freud entretenait vis-&#224;-vis de la musique, ils existent d'autres hypoth&#232;ses que Reik ne cite pas dans son livre. Par exemple, la jalousie qu'il &#233;prouvait pour sa s&#339;ur cadette Anna ; jalousie aliment&#233;e par le fait que celle-ci voulant apprendre &#224; jouer du piano, accaparait l'attention de la m&#232;re. Lors de cours de musique et malgr&#233; l'&#233;loignement de l'instrument du &#171; bureau &#187; de Freud, le son du piano g&#234;nait son atmosph&#232;re d'&#233;tude &#224; tel point que le piano fut enlev&#233; et qu'aucun membre de la famille ne re&#231;ut d'&#233;ducation musicale. J. Ernest, &lt;i&gt;La vie et l'ouvre de Sigmund Freud II,&lt;/i&gt; (1953) &lt;i&gt;Les jeunes ann&#233;es 1856-1900&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2006, p. 10-17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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