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		<title>Rhuthmos</title>
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		<title>Trouble du rythme chez un patient schizophr&#232;ne
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		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1931</link>
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		<dc:date>2017-01-19T20:48:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique Sement
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Respirer ! Invisible po&#232;me Pur &#233;change perp&#233;tuel de l'&#234;tre qui m'est propre Contre l'espace du monde Dans lequelmoi-m&#234;me rythmiquement j'adviens ...Vague unique dont je suis la mer successive Rainer maria Rilke, Sonnets &#224; Orph&#233;e Ou comment l'ergoth&#233;rapeute peut mettre en forme une dysharmonie rythmique dans un espace transitionnel faisant office de tenant-lieu chez un patient schizophr&#232;ne dont l'immuabilit&#233; de sa vie quotidienne viendrait en contrepoint de son chaos psychique. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique44" rel="directory"&gt;Psychanalyse et psychoth&#233;rapie &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Anamn&#232;se&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Anamn&#232;se&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Projet th&#233;rapeutique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Projet th&#233;rapeutique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;D'un rythme binaire au rythme ternaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;D'un rythme binaire au rythme ternaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Le cadre&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Le cadre&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Mise en place rythmique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Mise en place rythmique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'ambiance&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;L'ambiance&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;L'espace transitionnel&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;L'espace transitionnel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire_7'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;DIV ALIGN=right&gt;Respirer ! Invisible po&#232;me
&lt;p&gt;Pur &#233;change perp&#233;tuel de l'&#234;tre qui m'est propre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contre l'espace du monde&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans lequelmoi-m&#234;me rythmiquement j'adviens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;...Vague unique dont je suis la mer successive&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Rainer maria Rilke, &lt;i&gt;Sonnets &#224; Orph&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/DIV&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ou comment l'ergoth&#233;rapeute peut mettre en forme une dysharmonie rythmique dans un espace transitionnel faisant office de tenant-lieu chez un patient schizophr&#232;ne dont l'immuabilit&#233; de sa vie quotidienne viendrait en contrepoint de son chaos psychique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme n'est pas un concept psychanalytique. Il appara&#238;t dans de nombreuses disciplines, de la physique et &#224; la linguistique, en passant par la psychologie et la musicologie. Cet article se veut &#234;tre un essai pour d&#233;velopper le &#171; champ du rythme &#187; dans la pratique de l'ergoth&#233;rapeute et examiner ses modes d'expression avec la psychose. &#192; cet effet, je vais m'appuyer sur une prise en charge &#224; l'h&#244;pital avec un patient suivi depuis plus de cinq ans &#224; l'atelier d'ergoth&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je vais donc pr&#233;senter une situation th&#233;rapeutique qui m'a permis de mettre en exergue cette dimension du rythme &#224; partir du corps du patient ainsi que dans la mani&#232;re dont il me sollicitait psychiquement &#224; partir de diff&#233;rentes m&#233;diations ainsi que dans le lien transf&#233;rentiel instaur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'ai souhait&#233; faire la part des choses entre les troubles du rythme li&#233;s au traitement m&#233;dicamenteux, en particulier les neuroleptiques et leurs cons&#233;quences dans notre pratique, et le type de rapport &#224; l'espace-temps propre &#224; la psychose du patient avec ses effets dans la d&#233;marche de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce rythme fut interpell&#233; dans les rituels instaur&#233;s par le patient, dans son mode de fonctionnement aussi bien que dans le tempo instaur&#233; par les activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je vais donc vous pr&#233;senter le patient que je suis depuis bient&#244;t plus de 5 ans dans le cadre d'une hospitalisation longue fait d'intervalles de permission de sortie d'une quinzaine de jours avec des membres de sa famille. Ces intervalles contribuent d'ailleurs &#224; scander un rythme dans la prise en charge et &#224; souligner ses effets.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Anamn&#232;se&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Monsieur A est un homme de 60 ans, hospitalis&#233; en SDRE (Soins psychiatriques sur d&#233;cision du repr&#233;sentant de l'&#201;tat) en septembre 2005 suite &#224; un acte de viol sur une touriste japonaise. Mr A ne gardera que des souvenirs vagues de cet &#233;v&#233;nement, entre d&#233;ni et difficult&#233;s d'&#233;laboration, d&#233;clarant se souvenir que la jeune femme lui avait souri avant de l'embrasser et d'avoir fait des attouchements. Il fut arr&#234;t&#233; par la police apr&#232;s l'alerte de plusieurs t&#233;moins et emmen&#233; &#224; l'H&#244;tel Dieu, puis &#224; l'IPPP (Infirmerie Psychiatrique de la Pr&#233;fecture de Police).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Amen&#233; &#224; l'h&#244;pital, sa pr&#233;sentation &#233;voque d'embl&#233;e une impr&#233;gnation neuroleptique avec &#224; la fois s&#233;dation et mouvements dyskin&#233;tiques, un processus dissociatif et un &#233;tat d&#233;ficitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une viscosit&#233; id&#233;ique est notable avec des ph&#233;nom&#232;nes de types &#233;cholalie et un ton monocorde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La fonction cognitive semble alors d&#233;ficiente, confirm&#233;e, par la suite, par une batterie d'examens, effectu&#233;es avec la psychologue avec une autocritique et un discernement altern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sur un plan clinique, des &#233;l&#233;ments psychotiques confirmeront le diagnostic de schizophr&#233;nie parano&#239;de avec une tendance &#224; soliloquer et des ph&#233;nom&#232;nes hallucinatoires acoustico-verbaux ainsi que des id&#233;es de pers&#233;cution vagues. Ce qui ressort aussi, c'est un risque de passage &#224; l'acte d&#251; &#224; des tendances impulsives li&#233;es &#224; des frustrations et &#224; un manque d'&#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sur le plan familial, Mr A est issu d'une grande famille juive : il est le 7&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; enfant d'une fratrie de 9 enfants. N&#233; en Tunisie, il n'y vivra qu'un an avant que se parents ne d&#233;m&#233;nagent en France. Il commence &#224; travailler &#224; l'&#226;ge de 16 ans dans le domaine de la plomberie, et r&#233;alise par la suite son service militaire. A la mort de ses parents, il d&#233;cide de vivre chez l'un de ses fr&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans l'enceinte de l'h&#244;pital, Mr A passe beaucoup de temps dans son lit (clinophilie), lui faisant rater r&#233;guli&#232;rement l'heure du repas et les s&#233;ances d'ergoth&#233;rapie. Le patient pr&#233;sente une incurie corporelle caract&#233;ris&#233;e par une forte odeur qui envahie toute la chambre et semble manifester peu d'entretiens physique au point d'arriver fr&#233;quemment en pyjama en s&#233;ance d'ergoth&#233;rapie les premi&#232;res ann&#233;es de prise en charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un traitement neuroleptiques est instaur&#233; avec de l'Haldol Decanoas, du Risperdal,du Loxapac et de l'Imovane ainsi qu'un correcteur, le Lepticur, pour les effets extra-pyramidaux des neuroleptiques.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Projet th&#233;rapeutique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un protocole th&#233;rapeutique s'orienta sur plusieurs axes en concertation avec le m&#233;decin psychiatre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un cadre constant et un dispositif restreint pour travailler les r&#232;gles et l'organisation avec comme optique de :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;R&#233;duire l'apragmatisme et les troubles cognitifs en proposant une activit&#233; d'&#233;veil ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;Travailler les dysphories et autres &#233;l&#233;ments dissociatifs avec une activit&#233; structurante et contenante ;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt;D&#233;velopper les capacit&#233;s sociales du patient en tentant de l'int&#233;grer dans des jeux de partage et des sorties dans un environnement proche.
&lt;/blockquote&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le travail enclench&#233; avec Mr A est, d&#233;j&#224;, un travail dans la continuit&#233; pour redonner une configuration dans la progression de la r&#233;alisation de l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le &#171; sentiment continu d'exister &#187; dont parle D.W .Winnicott participe &#224; la structuration du Moi gage d'une identit&#233; plus stable dans un environnement permanent. Il ne peut se manifester que dans le discontinu, ob&#233;issant &#224; un certain rythme, r&#233;inscrivant le sujet dans des variables parmi les constantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A semblait &#234;tre dans une sorte d'immuabilit&#233;, en restant dans sa chambre clou&#233; et emmitoufl&#233; dans son lit ou venant &#224; l'atelier d'ergoth&#233;rapie avec les m&#234;mes st&#233;r&#233;otypes de langage commen&#231;ant chaque arriv&#233;e &#224; l'atelier par un : &#171; alors ! &#187;, sorte de r&#233;currence qui ponctuait chaque fois son retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A semblait comme suspendu &#224; ce mot sans y mettre de suite dans une forme de circularit&#233; qui faisait boucle et qui, au lieu de faire lien, revenait sur lui-m&#234;me. Cela laissait l'impression d'un mode de vie immobile, ou le dynamisme semblait entrav&#233; par l'absence de prise de d&#233;cision. Le r&#233;flexe &#233;tait de dire : alors quoi ?! et l&#224;, la question venait &#224; savoir si ce cette interjection &#233;tait de l'ordre du temps ou de l'espace ou une collusion des deux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le premier travail qui semblait important &#224; envisager &#233;tait de proc&#233;der &#224; un accordage temporel pour consolider le lien, de retrouver un temps v&#233;cu commun et un rythme associ&#233; pour que puisse se d&#233;ployer la th&#233;rapie &#224; partir d'une partition partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La premi&#232;re vis&#233;e fut de cr&#233;er, parall&#232;lement au temps, un espace th&#233;rapeutique ou le temps de chacun des protagonistes va pouvoir se relier dans des laps permettant de rep&#233;rer les mouvements possibles du patient et de reprendre ses propos dans le cours d'une cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour que Mr A puisse en effet se r&#233;inscrire dans le temps et dans le l'espace, il s'av&#232;re n&#233;cessaire qu'il puisse lui &#234;tre notifi&#233; ses pr&#233;sences-absences comme ses retards, ses pers&#233;v&#233;rations, ses insistances voire ses modulations selon les s&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'instauration de s&#233;ances d'une heure &#224; fr&#233;quence de trois fois par semaine permit de r&#233;tablir une harmonique dans son mode de fonctionnement fig&#233; et de mieux rep&#233;rer ensemble les &#233;v&#233;nements. Mr A pouvait s'inscrire alors dans un continuum espace-temps avec la garanti de ma permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Afin que cette dimension se mat&#233;rialise, je d&#233;cidais de m'accorder avec Mr A tant dans le choix de l'activit&#233; et de la dur&#233;e propos&#233;e &#224; chacune des s&#233;ances que dans le mode d'&#233;change pour trouver une aire commune de dialogue permettant de cr&#233;er une narrativit&#233; cr&#233;ative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A qui avait du mal &#224; prendre en consid&#233;ration l'autre sans sa diff&#233;rence devait alors concevoir l'alternance dans la r&#233;alisation de son objet. En effet, l'orientation fut port&#233;e sur la reproduction d'un dessin facile pour favoriser l'application et surtout pour engager le patient dans l'alt&#233;rit&#233; avec comme principe de reproduire l'un apr&#232;s l'autre les croquis avec rigueur et d&#233;tente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce type de travail conserva, au-del&#224; de l'exigence, un caract&#232;re ludique amenant une forme d'interaction et de flexibilit&#233; psychique. Il fut renforc&#233; par une mani&#232;re de me pr&#233;senter sous la forme d'un &#171; m&#233;dium mall&#233;able &#187; comme l'&#233;voqua Marion Milner &#224; partir de son article de 1977 : &#171; R&#244;le de l'illusion dans la formation du symbole &#187; pour donner une fonction de retranscription de son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce mode d'approche permit &#224; ce que la charge pulsionnelle du patient puisse se d&#233;poser et se transformer comme dans le concept du &#171; bloc note magique &#187; de S. Freud qui viendrait r&#233;ceptionner et inscrire par son double feuillet autrement les &#233;l&#233;ments bruts du patient pour les restituer de fa&#231;on tol&#233;rable et partageable, sorte de pare-excitation faisant office d'extr&#234;me sensibilit&#233; et d'indestructibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A arrivait syst&#233;matiquement &#224; l'atelier d'ergoth&#233;rapie avec une r&#233;surgence excitatrice l'amenant &#224; appeler les personnes pr&#233;sentes sans tenir compte des conditions de travail et semblait ne percevoir la dialectique relationnelle. Il donnait l'impression d'incorporer l'autre par ses appels incessants, avec une recrudescence pulsionnelle notable, et en m&#234;me temps d'annuler tout lien pr&#233;alablement instaur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce type de comportement donnait l'impression de la part de Mr A de faire effraction chez les patients pr&#233;sents concentr&#233;s sur leur travail et d'alt&#233;rer les modes de liaisons possibles entre les ergoth&#233;rapeutes et leur patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'&#233;tais amen&#233; alors &#224; temp&#233;rer sa forme excitatrice en contenant ses emportements par une mise &#224; distance dans son rapport &#224; l'autre et une r&#233;gulation vocale en adoptant une voix, &#224; la fois ferme et apaisante. Mr A convoqua en moi ma voix comme une sorte de pulsion invoquante sur laquelle il pouvait se r&#233;f&#233;rer pour r&#233;duire &#224; la fois son emballement et la port&#233;e de sa propre voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Trouver une harmonique avec le patient semblait &#234;tre l'axe majeur de mon intervention avec ce patient au-del&#224; des vis&#233;es th&#233;rapeutiques engag&#233;es par ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;D'un rythme binaire au rythme ternaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;D'un rythme binaire instaur&#233;, l'objectif fut de passer &#224; un rythme ternaire par l'introduction de la m&#233;diation qui alla nous relier et nous entendre. Ce rythme ternaire permit de r&#233;introduire la source du d&#233;sir, comme un&lt;i&gt;objet a&lt;/i&gt; possible &#224; partir d'un mode relationnel qui introduisit le &#171; play &#187; dans la th&#233;rapie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce rythme ternaire allait &#234;tre &#224; la fois le mode structurant et cr&#233;atif de la relation transf&#233;rentielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Le cadre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le cadre et les conditions de travail avec ce patient &#233;taient les principaux axes d'accord avec un lien suffisamment bon pour qu'un mode op&#233;ratoire puisse se trouver et fournir entre moi et le patient un rythme interne commun permettant de r&#233;initialiser l'int&#233;rieur avec l'ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les bonnes conditions pass&#232;rent d'abord comme le dirait D.W. Winnicott par l'exp&#233;rience de l'objet trouv&#233;-cr&#233;&#233; permettant de redonner une fonction adaptative au patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A pr&#233;sentait des dysrythmies qui &#233;taient dues &#224; son traitement m&#233;dicamenteux entra&#238;nant des effets extrapyramidaux, de type dyskin&#233;sies,ou des akathisies avec des souffles coup&#233;s mais aussi dans son mode relationnel excluant le tiers par ses interpellations d'emprise et son d&#233;faut de symbolisation se traduisant par un manque d'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sa vie quotidienne aussi en &#233;tait l'illustration par des rythmes circadiens perturb&#233;s (le jour et la nuit), des rythmes de soins alt&#233;r&#233;s (l'hygi&#232;ne) car peu en phase avec son rapport &#224; l'autre, des rythmes d'absence-pr&#233;sence estomp&#233;s donnant l'impression d'une indiff&#233;renciation entre le monde int&#233;rieur et ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mon objectif fut de redonner au patient des traces mn&#233;siques de ces diff&#233;rents rythmes quelque peu alt&#233;r&#233;s en le r&#233;introduisant dans un rythme social afin d'estomper le chaos interne de Mr A, source de ruptures et d'isolement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'espace de transitionnalit&#233; propre &#224; l'atelier d'ergoth&#233;rapie &#233;tait propice &#224; ce r&#233;tablissement permettant de mieux situer le rythme de chacun tout en trouvant un rythme commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il permit de redonner une topique au patient dans son corps par rapport &#224; son rythme interne (rythme cardiaque, respiration-souffle) et au travers l'activit&#233; en elle-m&#234;me avec des ponctuations, des scansions donnant le &#171; l&#224; &#187; et la base de l'exp&#233;rience partag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Adopter un rythme commun ni trop rapide, ni trop lent, en liaison, redonna au patient une source de vie et un mode relationnel plus ad&#233;quat. Trouver un rythme &#171; suffisamment bon &#187; durant l'activit&#233; ou je faisais office de m&#233;tronome aussi bien dans la reprise que dans les pauses permit de r&#233;instaurer une harmonique, sorte de situation de compromis permettant une nouvelle r&#233;organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La cadre ainsi participait &#224; ce r&#233;tablissement rythmique par sa fonction surmo&#239;que de r&#232;gles mais aussi par sa fonction d'ajustement et de tol&#233;rance pour jouer tout en gardant une fonction pare-excitatrice et contenante conduisant &#224; une possible r&#233;organisation et redistribution des t&#226;ches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il permit d'&#233;viter d'&#234;tre enkyst&#233; dans un temps circulaire propre au patient de par son arrimage possible et de conjurer cette sorte d'immuabilit&#233; dans laquelle Mr A avait tendance &#224; me convier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette immuabilit&#233; propre au patient &#233;tait du coup re-convoqu&#233;e, &#233;vitant ainsi la dissolution du sujet en redonnant les contours de son &#234;tre &#224; partir du dessin dans un premier temps, lignes de force pour r&#233;tablir une esquisse &#224; son &#234;tre dans un environnement plus propice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#202;tre dans un timing commun, recr&#233;er un espace propre au patient puis le retransposer en situation de r&#233;alisation, telle &#233;tait ma d&#233;marche de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il me para&#238;t essentiel pour ce patient de r&#233;instaurer un rythme de base constitutif d'une s&#233;curit&#233; et organisateur des exp&#233;riences d'union-s&#233;paration, et de pr&#233;sence-absence. Cela passe par une mise en commun d'un rythme de travail tout en conservant le rythme propre (physiologique, social, institutionnel...) aux deux protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette donne me renvoya &#224; l'exp&#233;rience que donne S. Freud avec son petit-fils Ernst &#224; dix-huit mois avec le jeu de la bobine, jeu symbolique ponctu&#233; par des interjections rythm&#233;es :&lt;i&gt;Fort-Da&lt;/i&gt;. expos&#233; dans son livre &#171; Au-del&#224; du principe de plaisir &#187;. La mise en jeu de l'absence-pr&#233;sence n'a pu se jouer qu'&#224; partir d'un rythme m&#233;lodique et vocal avec une animation interne du th&#233;rapeute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans une approche &#224; la fois souple et perm&#233;able, j'offris au patient un espace de modulation afin qu'une aire d'&#233;change dans le trouv&#233;-cr&#233;&#233; puisse se faire et promouvoir ainsi l'inscription du patient dans l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Mise en place rythmique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un rythme dynamisant fut instaur&#233; dans un travail tri-phasiques :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; travail d'esquisse du dessin : avec mise en relief des lignes, des contours, dans une forme apparente,&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; travail de r&#233;alisation : avec appropriation de la forme par du coloriage ou de la peinture,dans un r&#233;cit historique&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; travail de finalisation : avec des agr&#233;ments de r&#233;alisation donnant une touche personnalis&#233;e &#224; son dessin dans l'esprit d'un travail &#171; suffisamment &#187; soign&#233;.
&lt;/blockquote&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ma vis&#233;e &#233;tait de redonner un rythme vitalisant au patient et non ali&#233;nant dans le respect des patients et des ergoth&#233;rapeutes pr&#233;sents pour envisager dans un second temps un travail d'accordage possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au cours de ces trois phases, apparut une dimension nouvelle dans le processus de r&#233;alisation, celle de la prosodie propre au patient, une inflexion tonale donnant des traits phoniques tant dans ses rythmes, ses accents et son intonation que passant par l'&#233;vocation de m&#233;lodies l'aidant &#224; trouver l'inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je d&#233;couvris que la musique de fond instaur&#233; dans l'atelier &#233;tait pour Mr A &#224; la fois une source de souvenirs et de moyen d'acc&#232;s &#224; l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une des premi&#232;res chansons que Mr A chanta fut &#171; get up, stand up &#187; en reprenant le refrain de la chanson diffus&#233;e, renvoyant, de fait, &#224; sa difficult&#233; &#224; se lever de son lit, de se retrouver en position de verticalit&#233; pour se rendre &#224; l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce qui fut remarquable, ce fut la qualit&#233; de ses vocalisations alors que son discours &#233;tait, autrement, pauvre, monocorde, et st&#233;r&#233;otyp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au fur et &#224; mesure, Mr A s'appropriait des morceaux de musique c&#233;l&#232;bres, en particulier les refrains comme des messages, des codes d'annonce de sa pens&#233;e, l&#224; o&#249; le langage courant pouvait faire d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sa prosodie et sa reprise de refrain recr&#233;a un mouvement, une animation en lien avec l'autre comme une sorte de charni&#232;re permettant le partage par le chant. Ses reprises de morceaux de musique connus venaient faire office de gonds autorisant l'union &#224; la pens&#233;e et sa parole comme une articulation possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
_Je d&#233;cidais de m'appuyer sur cette caract&#233;ristique , pour moi-m&#234;me, et me mettre &#224; chanter ses refrains, afin de g&#233;n&#233;rer une aire de partage, de favoriser l'&#233;mergence d'un &#171; go between &#187; et de fait la mise en place d'une synchronie vocale facilitant la r&#233;alisation de ses cr&#233;ations en terme d'accordage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je constatais que Mr A trouvait un meilleur tempo pour dessiner avec des mouvements kinesth&#233;siques mieux imprim&#233;s et plus en phase avec les gestes attendus en particulier les gestes fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je d&#233;cidais de combiner la musicalit&#233; de son geste par un travail respiratoire en l'invitant &#224; d&#233;couvrir l'alternance de son inspiration et de son expiration, comme un mouvement rythmique possible s'accordant &#224; la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je lui indiquais l'importance du souffle pour r&#233;guler ses dysrythmies et lui faire prendre conscience de ce qui le relie &#224; la vie. Ce proc&#233;d&#233; permit de r&#233;introduire des espaces de r&#233;sonance entre le patient et sa peinture favorisant une certaine pulsation qui le poussait &#224; peindre de fa&#231;on harmonieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce travail du rythme entre la musique, son corps et la m&#233;diation aid&#232;rent Mr A &#224; mieux appr&#233;hender la pr&#233;cision de ses traits de pinceaux, car des zones de vides, de blanc, pouvaient de nouveau exister au-del&#224; du plein de ses gestes saccad&#233;s et de son nystagmus visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ergoth&#233;rapeute peut alors intervenir dans le &#171; champ du rythme &#187; &#224; travers l'activit&#233; mais aussi par le prisme du corps en action dans une dialectique passant par la voix, le regard et la respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il permet de recr&#233;er de l'av&#232;nement-&#233;v&#233;nement l&#224; o&#249; tout semblait d&#233;sordonn&#233;, d&#233;saccord&#233; ou au contraire fig&#233;, gel&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'&#233;tat rythmique est &#224; la fois la marque et le brouillage du sujet selon Nicolas Abraham, psychanalyste et ph&#233;nom&#233;nologue. La marque du sujet dans le sens o&#249; il n'y a pas de rythme sans sujet percevant et agissant et son brouillage, dans le sens o&#249; il n'y a pas de sujet de rythme sans sujet rythm&#233;, sans &#171; rythmication &#187; du sujet en retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme est alors sensation et peut faire office de levier dans la mise en forme du patient, dans sa configuration du mouvant. Il rend sensible (visible, audible..) et devient un mode de pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il engramme le geste, l'action du patient &#224; travers la peinture dans le corps du patient en terme de traces mn&#233;siques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il am&#232;ne le th&#233;rapeute &#224; adopter une sorte de flexibilit&#233; du type &#171; m&#233;dium mall&#233;able &#187; avec ses caract&#233;ristiques d'animation interne, d'extr&#234;me sensibilit&#233;, d'inconditionnelle disponibilit&#233; et d'ind&#233;fini transformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'alliance rythmique dans ce type d'approche permet alors la relance de l'union-s&#233;paration, de l'absence-pr&#233;sence comme un effet diastole-systole permettant le d&#233;ploiement-recueillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par la suite, nous cherch&#226;mes &#224; nous accorder syst&#233;matiquement par le biais d'une chanson connue qu'il lan&#231;ait &#224; partir de propos que je pouvais tenir &#224; son &#233;gard donnant l'impression chez Mr A qu'il disposait d'une sorte de &#171; juke box &#187; int&#233;rieur qui lan&#231;ait la partie de jeu dans la mise en route de l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous d&#233;cid&#226;mes d'alterner les types d'activit&#233;s entre la peinture, le dessin et la pyrogravure en fonction de la disponibilit&#233; du patient, de son &#233;tat psychique et de ses inspirations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quelle que soit la m&#233;diation choisie, cela maintenait la dimension ternaire g&#233;n&#233;ratrice du d&#233;-fusionnement, de la symbolisation par la s&#233;paration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'ambiance&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'ambiance de l'atelier &#233;tait entretenue de fa&#231;on homog&#232;ne avec une musique de fa&#231;on quasi permanente, avec peu de patients pr&#233;sents pour &#233;viter les stimulus trop forts, incitatifs &#224; un &#233;veil pulsionnel marqu&#233; du patient et les r&#232;gles de travail restaient quasi identiques afin d'&#233;valuer la progression et l'&#233;volution de son accordage rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il y avait, &#224; la fois, entre moi et le patient, une aire de jeu commune et un espace distinct propre donc paradoxal qui participait &#224; cr&#233;er des ruptures et des r&#233;gularit&#233;s et donc &#224; restaurer l'autonomie du patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Le rythme ternaire &#233;tait, de fait, entretenu par la musique et les refrains divers et vari&#233;s livr&#233;s par Mr A allant de &#171; And the beat goes on &#187;, &#224; &#171; On va s'aimer &#187; pour aller de &#171; Sex machine &#187; &#224; &#171; Sur le pont d'Avignon &#187;. Mr A donnait l'impression d'un inconscient &#224; ciel ouvert en donnant des bribes de son histoire en p&#226;ture tout en gardant leurs caract&#232;res &#233;nigmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A retrouvait un rythme mieux accord&#233; pulsionnellement et du coup mieux tol&#233;r&#233; par les personnes pr&#233;sentes dans l'atelier. Le flux pulsionnel du patient n'&#233;tait plus un acte de d&#233;charge mais un mode de fonctionnement plus en ad&#233;quation avec les situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La r&#233;p&#233;tition des gestes durant l'activit&#233; favorisait cette dimension tout en y introduisant de nouvelles petites touches de difficult&#233;s comme sur une partition musicale ou l'on serait amen&#233; &#224; y rajouter des notes pour trouver une m&#233;lodie harmonieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A semblait &#234;tre moins dans un chaos, synonyme d'arythmie trop pr&#233;gnante et de discontinuit&#233; dans son organisation cr&#233;ant des mouvements alors tout azimut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La co-cr&#233;ation dans une aire d'&#233;mergence permit de trouver un d&#233;but d'arrimage et de tempo r&#233;duisant l'informe des actes par un accordage temporaire de la pens&#233;e, des affects avec des mots appos&#233;s r&#233;duisant l'emprise du corps sur l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'aire de cr&#233;ativit&#233; devenait un espace de liaison et de figuration possible ou le moi corporel du patient pouvait retrouver des sensations plus en lien avec les impressions du moment et donc parall&#232;lement, par projection mentale, une nouvelle surface corporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A pr&#233;sentait du fait des manifestations des effets extra-pyramidaux des neuroleptiques associ&#233;s &#224; ses troubles psychotiques. Des mouvements akatisiques et des akyn&#233;sies &#233;taient pr&#233;sentes lors de sa marche associ&#233; &#224; un regard qui semblait parfois n'accrochait le regard de l'autre que furtivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A d&#233;cida, &#224; son tour, de jouer avec moi, en me demandant de lui tirer la main pour qu'il sorte de l'atelier. Il en &#233;prouvait un malin plaisir comme un accordage possible dans l'autre sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cela me renvoya au fait que je cherchais souvent &#224; le tirer de son lit, comme une corde &#224; corps qui pouvait se rejouer dans diff&#233;rents espaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Daniel Stern, psychologue, relata dans &#171; le monde interpersonnel du nourrisson &#187; le concept d'accordage affectif o&#249; il y d&#233;veloppe l'id&#233;e d'une correspondance trans-modale. Il explique ainsi que l'imitation traduit la forme et que l'accordage traduit la sensation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Entre ce patient et moi, ce serait instaur&#233; une exp&#233;rience affective dans un registre temporel, avec un rythme d'alternance des moments de tension et de d&#233;tente, c'est &#224; dire une ligne de tension man&#339;uvrable, sorte de trame temporelle et spatial du ressenti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mr A m'invitait,comme un miroir invers&#233;, &#224; le tirer de l'atelier d'ergoth&#233;rapie dans le sens inverse, comme si le temps s'&#233;tirait et que l'espace se contractait, vice versa, dans les deux espaces propresque sont sa chambre et l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un rythme partag&#233;, une sorte de diapason affectif allant de la musicalit&#233; durant la s&#233;ance &#224; la mani&#232;re de nous dire au revoir. Nous cr&#233;ions ensemble des zones communes en harmonie, un int&#233;rieur et un ext&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un rythme trouv&#233;-cr&#233;&#233; permettant de g&#233;n&#233;rer un flux dans un v&#233;cu intersubjectif favorable &#224; la mise en forme de symboles et &#224; l'agencement de deux espaces psychiques sur une m&#234;me m&#233;diation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
J'adoptais, dans un premier temps, avec Mr A, une attitude de &#171; pr&#233;occupation maternelle primaire &#187; pour que dans un deuxi&#232;me temps, un d&#233;tachement relationnel puisse s'entreprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les moments de concordances se retrouv&#232;rent durant l'activit&#233; avec l'instauration d'une rythmie d'accommodation et le moment de se s&#233;parer dans une dimension paradoxale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#202;tre sur la m&#234;me longueur d'onde &#233;tait le point d'orgue dut travail r&#233;alis&#233; avec Mr A malgr&#233; ses manifestations symptomatique. Cela demandait un effort permanent d'adaptation de par et d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Parfois, il y avait une exacerbation des mouvements dysrythmiques sauf qu'ils se r&#233;duisaient dans les intervalles de r&#233;alisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Devais-je l'entendre comme une opposition ou bien un d&#233;lai n&#233;cessaire pour la mise en place d'une rythmie appropri&#233;e selon la fatigue, la recrudescence des ph&#233;nom&#232;nes extra-pyramidaux voire une difficult&#233; d'accordage d&#251; &#224; l'ambiance ?.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le travail de distanciation et de de rapprochement furent une d&#233;marche constante pour trouver une hom&#233;ostasie du comportement. Il fallait r&#233;duire les &#233;l&#233;ments de discordance entra&#238;nant alors un rejet, un assujettissement du patient&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme parfois explosif chez Mr A ou discordant de la relance des manifestations psychotiques pouvait se r&#233;guler aussi par cette musique de fond maintenu dans l'atelier durant son activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La musique,par sa puissance dynamique, peut alors devenir le principe d'organisation effectif de nos actes, dans le temps et dans l'espace. Elle permet de r&#233;gler nos gestes et nos mouvements &#224; condition de la r&#233;ceptionner et de l'int&#233;grer dans le processus de soin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elle peut participer alors &#224; l'organisation du patient et ordonner une rythmie ad&#233;quat, sorte d'eurythmie signifiant l'&#233;quilibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un dialogue rythmique se perp&#233;tua &#224; partir d'une autre activit&#233;, celle de la pyrogravure. Elle introduisit un risque suppl&#233;mentaire, celle de la chaleur du stylet pouvant provoquer d'&#233;ventuelles br&#251;lures si d&#233;rapage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour autant, elle fut mise en place en raison du travail effectu&#233; en amont qui avait consistait &#224; consolid&#233; le lien autant que le liage rythmique. Une acquisition des diff&#233;rents aspects pr&#233;c&#233;demment cit&#233;s permirent &#224; Mr A d'envisager cette activit&#233; sans trop d'angoisses voire avec un certain plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;L'espace transitionnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'espace transitionnel de jeu &#233;tait pr&#233;sent &#224; partir de nos interstices relationnels autant qu'une forme d'accordage permettant la confluence de nos temporalit&#233;s et spatialit&#233;s respectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les contours prosodiques du patient permirent un travail d'inspiration et d'expiration propice au souffle et &#224; l'exp&#233;rience de pause parall&#232;lement aux mouvements. L'instauration d'une relation intersubjective &#233;tait institu&#233;e sous la forme d'une vitalit&#233; dynamique avec correspondance de m&#233;lodiques, rythmiques source d'une production narrative au cours de l'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Daniel Marcelli, psychiatre s'est attard&#233; sur le rythme interactif dans la dyade objet maternant -enfant dans le coexistence possible de macro-rythmes et de micro-rythmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il d&#233;finit les interactions rythmiques cycliques qui se r&#233;p&#232;tent r&#233;guli&#232;rement dans les moments de soins de l'enfant comme des macro-rythmes tandis que les micro-rythmes intervenant dans le interstices de ces macro-rythmes. Les micro-rythmes seraient propice alors alors une succession de moment d'attente et de surprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces interactions rythmiques, permettant des allers-venues seraient fondateur d'un rythme idiosyncrasique individuel synonyme de subjectivit&#233;. Ce rythme est &#224; la fois cr&#233;ateur de la subjectivit&#233; et expression de l'individualit&#233; en ouvrant un espace tiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les macro-rythmes favorisent la m&#233;morisation, l'anticipation, la pr&#233;visibilit&#233; et le sentiment de continuit&#233; (indice de qualit&#233;) tandis que les micro-rythmes produisent de la surprise de l'al&#233;atoire, de l'&#233;cart (indice de divergence). L'un et l'autre favorisent l'apprentissage et sont organisateurs d'une exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Je d&#233;cidais d'introduire ce mode op&#233;ratoire au cours de l'activit&#233; pyrogravure.Ils permirent de renforcer l'accordage relationnel et la capacit&#233; du patient &#224; am&#233;nager des attitudes en fonction des difficult&#233;s rencontr&#233;es au cours des r&#233;alisations de son objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le stylet faisait office d'&#233;lectroenc&#233;phalogramme de son psych&#233; et de rectifications possibles selon les ph&#233;nom&#232;nes apparaissant durant l'inscription du stylet sur le bois. L'activit&#233; &#233;tait scand&#233;e par des pauses et une reprise du souffle pour redonner un r&#233;tablissement de paisible pour un ajustement du geste et du mouvement malgr&#233; ses tremblements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La co-cr&#233;ation d'un rythme en commun en terme d'attention et de r&#233;gulation permirent la fabrique d'une continuit&#233; renforc&#233; par un accrochage du regard&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rythme devenait alors manifestation vitale en redonnant au patient un &#233;tat de jach&#232;re. La jach&#232;re, o&#249; la terre se repose pour qu'un travail se fasse dans un espace de manifestation et d'&#233;mergence l&#224; o&#249; le rythme du psychotique reste parfois balbutiant ou d&#233;labr&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mettre en forme le rythme l&#224; ou chez le psychotique ,on peut retrouver un &#171; trouble de l'enforme &#187; comme le dirait jacques Lacan en ancrant le patient dans son activit&#233;, en recr&#233;ant un espace rythmique permettant une boucle r&#233;troactive permettant de r&#233;introduire le patient dans une temporalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour que la kin&#233;sis (mouvement) du patient puisse se r&#233;tablir, il est alors n&#233;cessaire d'y introduire de scansions, des ponctuations, des sortes de coupure qui sont alors l'essence du mouvement ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean Oury disait : &#171; Dans l'existence schizophr&#233;nique, il y a des difficult&#233;s au niveau du rythme. Et c'est dans ce sens l&#224; qu'il ne faut pas &#234;tre press&#233;, qu'il faut avoir une certaine patience afin d'avoir acc&#232;s &#224; ce qu'il en est des existentiaux &#187; dans &#171; Cr&#233;ation et schizophr&#233;nie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La psychose est un trouble du rythme, et le rythme est d'abord variation d'intensit&#233; dans le continu, ce qui donne la vibration. Un territoire dans l'espace, une p&#233;riode dans le temps introduit le discontinu dans le continu. La surface ou la dur&#233;e comme r&#233;el soumis &#224; la mesure du symbolique, &#233;criture d'une partition et point de capiton l&#224; ou le psychotique pourrait se retrouver dans l'errance.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_7&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=319&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abraham N.&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Rythmes de l'&#339;uvre de la traduction et de la psychanalyse&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Benveniste E.&lt;/strong&gt;, &#171; La notion de rythme dans son expression linguistique &#187; (1951), &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Fraisse P.&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Psychologie du rythme&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Freud .S&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;R&#233;sultats, id&#233;es , probl&#232;mes, 1921-1938&lt;/i&gt;, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Freud .S&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Au-del&#224; du principe de plaisir&lt;/i&gt; (1920), Payot et Rivages, Paris, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Marcelli D.&lt;/strong&gt;, &#171; Le r&#244;le des micro rythmes et des macro-rythmes dans l'&#233;mergence de la pens&#233;e du nourrisson &#187;, &lt;i&gt;Psychiatrie de l'enfant&lt;/i&gt;, XXXV, 1, 1992, p. 57-82.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Meschonnic H.&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du langage&lt;/i&gt;, (1982), Lagrasse, Verdier, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Milner Marion&lt;/strong&gt;, &#171; R&#244;le de l'illusion dans la formation du symbole &#187; &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; &lt;strong&gt;Ren&#233; Roussillon&lt;/strong&gt; :&lt;i&gt; Paradoxes et situations limites de la psychanalyse&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Oury J&lt;/strong&gt;. &lt;i&gt;Cr&#233;ation et schizophr&#233;nie&lt;/i&gt;, Paris, Galil&#233;e, coll D&#233;bats, 1989.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Stern Daniel,&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Le monde interpersonnel du nourrisson&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Winnicott D.W&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Jeu et r&#233;alit&#233;, espace potentiel&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 1971.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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