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		<title>Rhuthmos</title>
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		<title>Luc GWIAZDZINSKI, La Nuit, derni&#232;re fronti&#232;re de la ville
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		<dc:date>2018-02-21T20:30:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arthur Bouteiller
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&lt;p&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans Lavoisier. G&#233;ographie, &#233;conomie, soci&#233;t&#233;, n&#176; 20, 2018. Luc Gwiazdzinski, La Nuit, derni&#232;re fronti&#232;re de la ville, Paris, Rhuthmos, 2016, 248 pages. Les premi&#232;res pages de l'ouvrage pourraient d&#233;sar&#231;onner : car si la couverture annonce un travail universitaire fort s&#233;rieux de g&#233;ographie urbaine, c'est avec un petit r&#233;cit tr&#232;s personnel que l'on entre en mati&#232;re. L'auteur y romance la fascination de son regard d'enfant pour la nuit, jalousement gard&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L105xH150/arton2156-e9908.png?1718967769' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; Lavoisier. G&#233;ographie, &#233;conomie, soci&#233;t&#233;,&lt;i&gt; n&#176; 20, 2018.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Luc Gwiazdzinski, &lt;i&gt;La Nuit, derni&#232;re fronti&#232;re de la ville&lt;/i&gt;, Paris, Rhuthmos, 2016, 248 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les premi&#232;res pages de l'ouvrage pourraient d&#233;sar&#231;onner : car si la couverture annonce un travail universitaire fort s&#233;rieux de g&#233;ographie urbaine, c'est avec un petit r&#233;cit tr&#232;s personnel que l'on entre en mati&#232;re. L'auteur y romance la fascination de son regard d'enfant pour la nuit, jalousement gard&#233;e par les adultes, bient&#244;t suivie de ses premiers pas dans l'obscurit&#233;, puis de ses exp&#233;riences interdites et initiatiques, et enfin de la croissance d'un go&#251;t bien affirm&#233; pour elle, qui deviendra finalement un int&#233;r&#234;t de recherche. Ces exp&#233;riences feront sourire le lecteur, qui n'aura aucun mal &#224; s'y identifier. Car bien entendu, et c'est l&#224; tout l'int&#233;r&#234;t de cette introduction autobiographique, la nuit est une exp&#233;rience collective, on ne se la repr&#233;sente et on ne la fr&#233;quente que dans le social et son rapport &#224; elle ; nos aventures nocturnes individuelles ont donc de fortes chances d'avoir &#233;t&#233; v&#233;cues par d'autres. Et c'est ainsi que le probl&#232;me auquel on aura affaire pour le reste de l'ouvrage appara&#238;t : si la nuit est bien &#233;videmment un temps social, si la soci&#233;t&#233; ne dispara&#238;t pas sous l'horizon avec le soleil, elle a pourtant jusqu'ici &#233;t&#233; curieusement d&#233;nigr&#233;e par les sciences sociales &#8211; et nous partageons la position de l'auteur : c'est &#224; tort ! Pour &#233;tudier le social, comment faire abstraction du rythme cosmique fondamental, celui de l'alternance du jour et de la nuit, qui structure les diff&#233;rents types de vie collective depuis les premi&#232;res religions agraires du m&#233;solithique ? La nuit est une donn&#233;e anthropologique, et donc sociale, fondamentale, sans laquelle certaines des structures sociales et symboliques des plus persistantes dans l'histoire restent inintelligibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'auteur nous propose donc une visite guid&#233;e de la nuit ; et plus pr&#233;cis&#233;ment, de la
nuit urbaine. En 5 chapitres, il prend d'abord le temps de nous immerger dans les myst&#232;res de la nuit, que les sciences sociales ont &#224; peine commenc&#233; &#224; dissiper, pour mieux faire ensuite la lumi&#232;re sur ses aspects urbains : conqu&#234;te progressive de la nuit urbaine &#224; travers l'histoire, caract&#233;ristiques des activit&#233;s de la ville nocturne, typologies des noctambules, sch&#233;mas des trafics de nuit, contraintes sp&#233;cifiques qui p&#232;sent sur ce temps de libert&#233; etc. Ces consid&#233;rations descriptives, copieusement document&#233;es sur une base pluridisciplinaire, laissent peu de place &#224; une perspective normative dans le dernier chapitre, o&#249; l'auteur propose d'&#233;tendre &#224; la nuit cette &#233;vidence diurne du &#171; droit &#224; la ville &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'auteur nous attire tout d'abord dans la confusion symbolique de la nuit : qu'on la
vive ou qu'on la fantasme, la nuit est avant tout pour chacun un objet de valorisations
contradictoires. Elle est tant&#244;t associ&#233;e &#224; la peur-panique philosophique du sommeil de la raison, elle est alors l'envers d'une &lt;i&gt;Aufkl&#228;rung&lt;/i&gt; dont on esp&#232;re la victoire sur les monstres qu'elle engendre ; tant&#244;t &#224; la libert&#233; et &#224; la transgression des anciennes contraintes ; elle se situe &#224; la fois du c&#244;t&#233; du danger et de l'ab&#238;me ; &#224; la fois de celui du plaisir et de la f&#234;te. Vues de loin, les pratiques nocturnes sont tout autant diversifi&#233;es et contradictoires que les valeurs qui y sont associ&#233;es : la nuit urbaine est tout &#224; la fois un lieu d'escapade et de r&#233;clusion, d'angoisse de l'agresseur, de prestige social et de luxe, de grande mis&#232;re et d'exclusion des sans-abris, d'initiation &#224; la transgression polic&#233;e et consum&#233;riste, de travail, de f&#234;te&#8230; Il y a donc toute une vie sociale luxuriante et complexe qui dispara&#238;t le jour et qui m&#233;rite toute l'attention du chercheur. Cette vie nocturne multiforme ne se laisse d'ailleurs pas contenir dans des bornes temporelles qui r&#233;duisent la nuit au nonjour, telles le temps de sommeil moyen, la nuit juridico-l&#233;gale ou la nuit &#233;conomique. Le tableau pr&#233;sent&#233; &#224; cette &#233;tape a de quoi mettre le lecteur dans les meilleures dispositions envers les charmes et les myst&#232;res de la nuit, et susciter la curiosit&#233; des profanes envers les activit&#233;s des initi&#233;s ; ce sentiment lui fera vraisemblablement approuver l'&#233;tonnement dont l'auteur nous fait part dans le second chapitre pour le caract&#232;re &#171; peu explor&#233; &#187; du territoire nocturne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pourquoi, si la nuit fascine la peinture, le cin&#233;ma, la photographie, la po&#233;sie, la
musique, reste-t-elle alors presque absente des investigations en sciences humaines, hormis quelques exceptions ? M&#234;me les recherches li&#233;es &#224; l'am&#233;nagement du territoire sont exag&#233;r&#233;ment centr&#233;es sur le jour, et ignorent la pluralit&#233; des temporalit&#233;s des villes, si ce n'est &#224; propos de la question de l'&#233;clairage. De fa&#231;on provocante, l'auteur avance pour interpr&#233;ter cet oubli l'hypoth&#232;se de la place du sommeil, de la consommation &#233;lev&#233;e de somnif&#232;res et de t&#233;l&#233;vision en France, mais aussi de l'incapacit&#233; des travaux cartographiques &#224; int&#233;grer une repr&#233;sentation du temps : l'on aurait affaire &#224; un sommeil de la raison des sciences sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S'ensuit l'&#233;laboration d'une vaste frise chronologique qui d&#233;marre aupr&#232;s du feu pr&#233;historique et qui s'ach&#232;ve aux panneaux publicitaires lumineux en passant par le d&#233;veloppement laborieux de l'&#233;clairage des villes ; cette victoire progressive de la lumi&#232;re sur les t&#233;n&#232;bres se redouble de la conqu&#234;te difficile de la s&#233;curit&#233; sur le d&#233;sordre, depuis le couvre-feu m&#233;di&#233;val jusqu'aux dispositifs de vid&#233;osurveillance et d'agences de s&#233;curit&#233; priv&#233;es. Ce r&#233;cit de la conqu&#234;te de la nuit urbaine, et de la victoire sur le danger et l'incertitude qui la caract&#233;risent (c'est presque une conqu&#234;te technique qui est pr&#233;sent&#233;e, et on passera sur l'id&#233;e persistante d'un progr&#232;s dans l'histoire qui la sous-tend), est en m&#234;me temps celui du d&#233;veloppement du divertissement nocturne qu'elle rend possible, et de sa massification progressive : la nuit est d'abord un temps de distinction, de mise en sc&#232;ne de l'oisivet&#233; ; le rythme de la soci&#233;t&#233; tout enti&#232;re tend alors progressivement vers le tard, suivant le mod&#232;le donn&#233; par la bourgeoisie (cette description est focalis&#233;e sur la ville de Paris). Ces transitions aboutissent &#224; la fin du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle sur le peuplement de la nuit par les mouvements contestatatires, suivis par les jeunes et les adolescents, dans le cadre de sorties tant&#244;t consum&#233;ristes (bo&#238;tes de nuit) tant&#244;t d&#233;viantes (soundsystems, free-parties), qui dans tous les cas font l'objet d'une panique m&#233;diatico-morale sur le th&#232;me du d&#233;sordre nocturne troublant le repos des honn&#234;tes gens. L'auteur, apr&#232;s un d&#233;marrage enthousiaste &#224; propos du &#171; progr&#232;s &#187; technique, conclut sur un ton nostalgique : si le &#171; by-night est devenu une dimension propre de la vie urbaine &#187;, c'est au prix d'une logique consum&#233;riste et homog&#233;n&#233;isante, qui a fini par substituer &#224; la profondeur des myst&#232;res de la nuit, un vulgaire &#171; parc d'attraction global &#187; sans saveur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette id&#233;e d'une colonisation de la nuit par le jour, qui risque de la priver de ses
charmes envo&#251;tants, est explicit&#233;e dans le troisi&#232;me chapitre. Car cette colonisation est essentiellement &#233;conomique, au d&#233;triment d'autres aspects possibles de la vie sociale. L'auteur a recours &#224; une large documentation statistique pour montrer que c'est bien le travail, la production, la circulation des marchandises, l'information, les services, qui aujourd'hui font fi de l'alternance du jour et de la nuit. Conjointement, la vie urbaine se dote d'une culture nocturne, avec son esth&#233;tique et ses rites, qui est majoritairement organis&#233;e par le haut, sous la forme d'un marketing territorial intensifi&#233; et hautement concurrentiel, par l'incitation &#224; un tourisme nocturne, la mise en lumi&#232;re syst&#233;matique du patrimoine offiiciel, ou encore un ensemble de politiques normatives qui incitient les noctambules aux bons comportements. Le droit lui-m&#234;me (commerces, travail, perquisitions, etc.) perd sa sp&#233;cificit&#233; nocturne. Les individus sont de mieux en mieux dispos&#233;s &#224; &#233;tendre leur agendas dans la nuit, soutenus par la consommation d'excitants. Ces transformations sociales, qui correspondent avant tout, l'auteur insiste, &#224; une emprise croissante de la soci&#233;t&#233; de consommation sur le rapport des individus au temps et &#224; l'espace, s'observent d&#233;j&#224; sur l'&#233;volution des rythmes biologiques et la diminution du temps de sommeil moyen. Et l&#224; o&#249; l'activit&#233; sociale diurne d&#233;borde sur la nuit, elle y transpose des marchandises...) (entre la ville qui dort, la ville qui travaille, celle qui s'amuse, celle qui transporte des marchandises&#8230;)
&#8211; mais aussi ses contraintes, c'est l'objet du quatri&#232;me chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'auteur y expose d'abord diff&#233;rents &#233;l&#233;ments de g&#233;ographie urbaine nocturne ; suivant plusieurs indicateurs, un coeur de la nuit se dessine en tant que baisse d'activit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, de 1h30 &#224; 4h30. La nuit urbaine conna&#238;t un rythme sp&#233;cifique, avec ses activit&#233;s et sa g&#233;ographie propres : l'int&#233;r&#234;t est ici de penser la g&#233;ographie urbaine dans le temps, car la nuit met en &#233;vidence son caract&#232;re dynamique plut&#244;t que stable et atemporel. Se dessine, dans cette perspective, un archipel de plusieurs p&#244;les d'activit&#233;s isol&#233;s, que l'auteur illustre par plusieurs cartes sch&#233;matiques (parsem&#233;es dans tout l'ouvrage, elles ne sont pas toujours claires, et pas toujours utiles en surcro&#238;t des descriptions) &#8211; tout cela laisse appara&#238;tre une in&#233;galit&#233; exacerb&#233;e entre les territoires, en termes d'offre urbaine continue.
Cette g&#233;ographie urbaine nocturne, dont l'auteur offre une description d&#233;taill&#233;e, pr&#233;sente des espaces qui en outre sont occup&#233;s par des groupes sp&#233;cifiques, dont il &#233;labore une typologie : il compte des reclus devant leurs t&#233;l&#233;viseurs, des citoyens aux nuits politiques, des jouisseurs, des travailleurs, et les sans-abris qui r&#233;investissentt certains lieux d'o&#249; ils sont chass&#233;s le jour. Quant &#224; la question de l'ins&#233;curit&#233;, il est int&#233;ressant d'apprendre qu'elle n'est pas plus importante la nuit que le jour, sauf en ce qui concerne les &#171; incivilit&#233;s &#187; et des violences urbaines qui ont lieu davantage en d&#233;but de nuit ; mais nous ne suivrons pas l'auteur et son interpr&#233;tation de sens commun sur les &#171; jeunes livr&#233;s &#224; eux-m&#234;mes &#187;. Ainsi, la nuit n'est pas plus un temps d'ins&#233;curit&#233; que de libert&#233; : parce que l'espace-temps nocturne est manipul&#233; par les pouvoirs &#233;conomiques et politiques qui saturent nos perceptions de publicit&#233; mais occultent des pans entiers de la ville ; parce que l'offre urbaine se r&#233;sorbe dans des espaces de moins en moins larges et de plus en plus contr&#244;l&#233;s et socialement s&#233;lectifs &#224; mesure que la nuit s'avance ; parce que les activit&#233;s de nuit sont plus co&#251;teuses, que le mobilier urbain est souvent de qualit&#233; m&#233;diocre, que les transports en commun sont &#224; l'arr&#234;t et que les &#238;lots d'activit&#233;s sont isol&#233;s entre eux. Le nuiteux voit donc son panel d'options se r&#233;sorber, la nuit est bel et bien un syst&#232;me sous contrainte. La d&#233;marche de ce chapitre n'est pas ethnographique, mais on y ressent tout l'int&#233;r&#234;t qu'il y aurait &#224; entreprendre une ethnographie des noctambules et de leur investissement de l'espace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'auteur ach&#232;ve son travail par une critique de ce constat : il plaide pour une politique
publique qui rem&#233;dierait &#224; la d&#233;sertion nocturne des fonctions urbaines qui le jour
garantissent un &#171; droit &#224; la ville &#187; : en se r&#233;f&#233;rant &#224; la charte urbaine europ&#233;enne, l'auteur affirme que tout le monde ne peut pas jouir pleinement de son statut de citoyen une fois la nuit tomb&#233;e sur la ville. Mais ici l'on pourrait retourner contre l'auteur, en la reformulant, la question qu'il posait en amont : faut-il abolir la nuit au nom des droits de l'homme ? Que l'on partage ou non la position de l'auteur, la question de la citoyennet&#233; de nuit est pos&#233;e, et nous sommes invit&#233;s &#224; l'int&#233;grer &#224; nos questionnements politiques et citoyens. Car, suivant la m&#233;taphore du &#171; front pionnier &#187;, l'auteur affirme que la conqu&#234;te de la nuit est un processus de conflit et de discontinuit&#233; : tout reste &#224; construire, et le d&#233;bat est ouvert, ainsi que le rapport de force. La r&#233;flexion est d'ailleurs conduite jusqu'au registre de l'anticipation : sont imagin&#233;s plusieurs futurs possibles pour la nuit urbaine, qui varient entre la perte de l'alternance entre la nuit et le jour, et leur conciliation par une citoyennet&#233; continue. Pour finir, l'auteur dresse en un programme d&#233;taill&#233; les pr&#233;misses d'une nouvelle urbanit&#233;, qui consisterait &#224; int&#233;grer la nuit dans la r&#233;publique et &#224; en am&#233;liorer la qualit&#233;, &#224; la r&#233;-enchanter et la r&#233;animer artificiellement ; pour notre part, ces principes annoncent une dangereuse normalisation de la nuit, une d&#233;sagr&#233;able perspective de
gouvernementalit&#233; &#171; biopolitique &#187; de la nuit qui en chassera pour de bon les charmes et les myst&#232;res : que deviendrait alors l'attrait du nuiteux pour ce temps moins fonctionnel, moins am&#233;nag&#233;, ce temps o&#249; la soci&#233;t&#233; ne lui sugg&#232;re pas (ou moins) de bonnes conduites ou d'activit&#233;s organis&#233;es particuli&#232;res ? &#192; chacun de jauger les suggestions de l'auteur, de r&#233;fl&#233;chir avec lui (mais pour autant en accord avec lui) au devenir de nos nuits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un autre d&#233;bat, cette fois &#233;pist&#233;mologique, &#233;merge de cette travers&#233;e de la nuit car il
semblerait que les concepts ordinaires en g&#233;ographie (les diff&#233;rents types de territoires selon leurs usages ; notions de pouvoir et d'espace) soient insuffisants pour en rendre compte : pour superposer le temps &#224; l'espace et faire appara&#238;tre la nuit, l'auteur propose provisoirement d'appr&#233;hender la nuit urbaine &#171; en termes d'espace v&#233;cu, &#233;ph&#233;m&#232;re, et cyclique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tel &#233;tait l'enjeu principal de l'ouvrage : ouvrir les yeux des sciences sociales sur les
transformations impos&#233;es de nos nuits, notamment par la sph&#232;re &#233;conomique, pour penser collectivement un am&#233;nagement urbain davantage &#233;galitaire et citoyen. Finalement, on ne saurait que recommander ces 220 pages, au ton jovial, et &#224; la lecture desquelles l'enthousiasme de l'auteur pour la nuit est franchement communicatif. Un lecteur sociologue y trouvera aussi bien son compte, car il y retrouvera ses probl&#233;matiques privil&#233;gi&#233;es : individualisme, &#171; d&#233;sencastrement &#187;, salariat, distinction, d&#233;senchantement, rapport du citoyen au politique, classes sociales dans leur dimension socio-spatiale, et enfin &#171; bio-pouvoir &#187; se d&#233;clinent de fa&#231;on originale au coeur de la nuit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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