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		<title>Agathe SUEUR, Vie de Joachim Burmeister
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		<dc:date>2019-08-31T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;cilia Suzzoni
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&lt;p&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru sur le site de l'association Le Latin dans les Litt&#233;ratures Europ&#233;ennes. A. Sueur, Vie de Joachim Burmeister, Paris, Rhuthmos, 2019, 103 p. C'est une heureuse et r&#233;jouissante initiative que ce petit livre consacr&#233; &#224; la vie de Joachim Burmeister, cet humaniste n&#233; &#224; Lunebourg en 1564, mort &#224; Rostock en 1629, dont &#171; le royaume fut de musique et de rh&#233;torique &#187;, et dont les ouvrages, compos&#233;s en latin, ont marqu&#233; la naissance en Allemagne de la rh&#233;torique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L93xH150/arton2437-6e909.jpg?1721943350' class='spip_logo spip_logo_right' width='93' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru sur le site de l'association &lt;a href=&#034;https://sitealle.wordpress.com/2019/09/04/la-vie-de-joachim-burmeister-par-agathe-sueur-2/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Latin dans les Litt&#233;ratures Europ&#233;ennes&lt;/a&gt;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
A. Sueur, &lt;i&gt;Vie de Joachim Burmeister&lt;/i&gt;, Paris, Rhuthmos, 2019, 103 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; C'est une heureuse et r&#233;jouissante initiative que ce petit livre consacr&#233; &#224; la vie de Joachim Burmeister, cet humaniste n&#233; &#224; Lunebourg en 1564, mort &#224; Rostock en 1629, dont &#171; le royaume fut de musique et de rh&#233;torique &#187;, et dont les ouvrages, compos&#233;s en latin, ont marqu&#233; la naissance en Allemagne de la rh&#233;torique musicale. Nous le devons &#224; Agathe Sueur, professeur en classes pr&#233;paratoires, auteur &#233;galement d'un essai : &lt;i&gt;Le Frein et l'Aiguillon. &#201;loquence musicale et nombre oratoire (XVI&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;- XVIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle)&lt;/i&gt;, Paris, Classiques Garnier, 2014. Pour les pr&#233;cisions &#233;rudites, nous renvoyons &#233;galement &#224; une &lt;i&gt;Pr&#233;sentation d&#233;taill&#233;e de Joachim Burmeister et de sa rh&#233;torique musicale : une approche nourrie par le latin&lt;/i&gt;, conf&#233;rence donn&#233;e par notre coll&#232;gue au lyc&#233;e Henri IV en mai 2015, &#224; l'invitation de l'Association ALLE, le latin dans les litt&#233;ratures europ&#233;ennes, en ligne sur le site (sitealle.wordpress.com).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le vif plaisir que l'on prend &#224; cette lecture repose d'abord sur la libert&#233; de ton, &#171; babil &#187; tout &#224; la fois enjou&#233; et &#233;mu, d'un hommage qui, pour autant qu'il reste &#233;rudit, n'a rien en lui qui &#171; p&#232;se ou qui pose &#187;. Rompant malicieusement avec l'&#233;loquence oblig&#233;e, compass&#233;e, acad&#233;mique de l'&#233;loge fun&#232;bre prononc&#233; &#224; la mort du modeste &#171; ma&#238;tre Burmeister &#187; par son sup&#233;rieur, le recteur de l'Acad&#233;mie des Roses, Agathe Sueur s'en inspire librement pour revisiter la carri&#232;re de celui qui, parti en qu&#234;te du &#171; beau rameau d'or : les secrets de la th&#233;orie musicale &#187;, n'aura eu de cesse &#171; d'enseigner, chanter, improviser, convoler avec sa tourterelle &#187;. Guid&#233;, apostroph&#233; dans le cadre d'une fiction rh&#233;torique pleine d'humour, de sensibilit&#233; et d'&#224;-propos, le lecteur est invit&#233; &#224; suivre les traces de ce &lt;i&gt;magister artium&lt;/i&gt;, depuis son enfance &#224; Lunebourg dans un cadre familial modestement bourgeois &#8211; il est le fils d'un brodeur de perles &#8211;, qu'il &#233;gaie tr&#232;s t&#244;t de ses bons mots latins ; &#224; l'instar de celui qu'il doit aux soins d'un ma&#238;tre ing&#233;nieux, &lt;i&gt;magister ludi&lt;/i&gt; plein de ressources pour r&#233;veiller l'attention de garnements indisciplin&#233;s (car, dans l'&#233;cole, depuis, rien n'a chang&#233;, Monsieur&#8230;) : &lt;i&gt;Phrygio es, pater ! &lt;/i&gt; On lira d'autres exemples de cette p&#233;dagogie ludique, ch&#232;re &#224; &#201;rasme, comme l'on aura d'autres exemples de ces petites sc&#232;nes de genre : tableaux de famille, entre autres, qui tranchent heureusement avec l'atmosph&#232;re aust&#232;re de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Poursuivant &#171; l'obscure geste du tr&#232;s docte et infime seigneur Joachim &#187;, la voix du biographe nous entra&#238;ne ensuite &#224; Rostock, cette cit&#233; des Roses o&#249; le jeune Joachim fit ses &#233;tudes de grec et de latin &#224; l'universit&#233; ; une s&#233;quence qui nous vaut une passionnante digression, savamment inform&#233;e sur la g&#233;ographie et la sociologie urbaine de cette ville ; une mani&#232;re pour le biographe d'honorer aussi ses sources, ces &#171; plans et cartes dont se d&#233;lecte l'Europe &#233;rudite &#187; ; ann&#233;es durant lesquelles il acheva de se rendre savant dans &lt;i&gt;la divine langue latine&lt;/i&gt; ; devenant rapidement pour ses bons services rendus &lt;i&gt;ma&#238;tre d'&#233;cole&lt;/i&gt;. On nous apprend que Joachim se passionna pour un commentaire du livre III du &lt;i&gt;De l'Orateur&lt;/i&gt; o&#249; Cic&#233;ron donne une pr&#233;cise et toujours juste d&#233;finition du rythme, lequel n'est pas &#171; dans la pure continuit&#233; uniforme &#187;, mais &#171; na&#238;t d'une distinction et percussion &#224; intervalles r&#233;guliers et parfois vari&#233;s &#187;, d&#233;finition que ne d&#233;savouerait pas un musicologue aujourd'hui&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un arr&#234;t sur l'ann&#233;e 1593/1594 attire particuli&#232;rement l'attention du lecteur. Il est soigneusement pr&#233;par&#233; pour le maintenir sous la griffe du r&#233;cit par une petite digression malicieusement parodique sur ces dates symboliques dont les historiens se croient oblig&#233;s d'encombrer les m&#233;moires. Joachim nous est montr&#233; devenu fastueux &lt;i&gt;magister artium&lt;/i&gt; en m&#234;me temps que &lt;i&gt;s&#233;millant cantor&lt;/i&gt; dans les &#233;glises de la ville, tout en convolant en justes noces ; ann&#233;es o&#249; il s'initie aussi aux &lt;i&gt;secrets de Musique&lt;/i&gt;, &#224; la musique math&#233;matique en lisant &#171; le ma&#238;tre &#232;s arcanes pythagoriciens &#187; Henricus Brucaeus. Joachim Burmeister s'abreuve du suc nourricier d'un manuscrit de ce ma&#238;tre, qui devait dispara&#238;tre &#224; sa mort, et que Joachim devait publier plus tard &#224; ses frais, en 1609 (&#233;dition des analyses de Henricus Brucaeus : Musica theorica). Il compose &#233;galement &lt;i&gt;ad majorem gloriam dei&lt;/i&gt; (dans une &#233;glise, il ne faut pas l'oublier, tenue sous la houlette de la matrone r&#233;forme). Surtout il se r&#233;gale litt&#233;ralement, et le lecteur avec lui, d'entrer dans l'antre du facteur d'orgues Heinrich Glowatz, qui livra en 1593 &#224; l'&#233;glise sainte-Marie de Rostock un orgue de cinq mille florins (&lt;i&gt;alchimiste &lt;/i&gt; et n&#233;anmoins avis&#233; &lt;i&gt;marchand &lt;/i&gt; notre facteur&#8230;) : occasion pour le lecteur profane d'une fort jolie et lyrique le&#231;on sur la fabrication de ce magnifique instrument qui fascina tant Joachim Burmeister, heureux de s'&#233;brouer dans une &#233;glise gratifi&#233;e d'une telle merveille, et d'avoir &#171; tout pouvoir sur le nid colossal aux trente-neuf jeux &#187;&#8230; Mais cette m&#234;me m&#233;morable ann&#233;e le voit aussi consacr&#233; par la R&#233;publique des Roses, &lt;i&gt;pr&#233;cepteur classique&lt;/i&gt; &#224; l'&#233;cole Saint-Jean. Au grand bonheur de sa famille, de sa pauvre m&#232;re venue le voir &#171; sacr&#233; &lt;i&gt;magister artium&lt;/i&gt; dans le grand auditorium de l'Acad&#233;mie des Roses &#187; : &lt;i&gt;Magister est filius meus&lt;/i&gt; &#8230; Occasion d'un nouveau tableau familial, aussi d&#233;licieusement fantaisiste &#8211; la &#171; petite l&#233;gende familiale &#187; a sa place dans cette biographie &#8211; que festif car &#171; Point de f&#234;te, en ce cas, Monsieur, qui ne finisse &#224; la taverne, dans le joyeux concert bois&#233; des chopines &#187;&#8230; Et le voil&#224; dans la poussi&#232;re de l'&#233;cole, &lt;i&gt;in pulvere scholastico&lt;/i&gt;, d&#233;vou&#233; pour le restant de sa vie au &#171; labeur obscur et invariable des soutiers des humanit&#233;s &#187;, &#171; abandonn&#233; en p&#226;ture &#187; &#8211; petite parodie mythologique &#224; l'appui &#8211; &#224; un impitoyable Argus : les garnements qui vous scrutent, vous d&#233;taillent, etc., etc. Mais &#171; petite fable que cette j&#233;r&#233;miade sur les malheurs de l'&#233;cole &#187;, nous rassure-t-on, puisque notre pieux biographe s'obstine &#224; imaginer jusqu'au bout un Sisyphe heureux en la personne de ce Joachim Burmeister qui succomba finalement en entendant sonner &#224; ses oreilles &#8211; l'heureux homme &#8211; &#171; la voluptueuse langue de l'ancienne et &#233;ternelle Rome &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si, d&#233;sormais, notre Joachim ne manque pas de chanter et de composer pieusement, entre autres, &#171; deux tomes d'harmonisations &#224; quatre voix des psaumes du r&#233;v&#233;r&#233;, de l'immortel, de l'increvable D.M.L. &#187;, sa qu&#234;te profonde reste celle du beau rameau d'or, fruit de la myst&#233;rieuse m&#233;tamorphose du manuscrit perdu, &#171; p&#233;tri de chiffres et math&#233;matique &#187; ; et voil&#224; qui nous vaut une nouvelle le&#231;on de musique nous rappelant la division &#224; l'&#233;poque de cette science en &#171; deux parties, la pratique et la th&#233;orique &#187; ; la th&#233;orique, dont les beaut&#233;s abstraites, &lt;i&gt;more geometrico&lt;/i&gt;, firent les d&#233;lices des &#171; anciens ma&#238;tres, Pythagore, Euclide, Bo&#232;ce, et leurs &#233;mules &#187; ; et les &#233;rudits de la R&#233;forme ajout&#232;rent &#171; la troisi&#232;me et divine partie de la Musique : la po&#233;tique, art de composer et d'&#233;laborer des m&#233;lodies et des harmonies &#187; (art d'engendrer une pi&#232;ce musicale). Mais Burmeister, dont on nous rappelle au passage qu'il n'est point th&#233;ologien, mais &#171; humble ma&#238;tre &#232;s arts qui aime les arts plus que les chiffres et les dogmes &#187;, rechigne &#224; la Th&#233;orie, tant &#224; rebours &#171; Po&#233;tique et Po&#233;sie lui sourient &#187;, et c'est alors que se met en place le beau tableau, dont les liens se tissent en terre de latinit&#233;, d'une nouvelle Trinit&#233; : Musique, Po&#233;sie et Rh&#233;torique. D&#233;sormais passionn&#233; dans la nomination des &#171; fleurs musicales &#187; Burmeister compose trois trait&#233;s, de faible notori&#233;t&#233;, comme on s'en doute, &#171; en latin, bien s&#251;r &#187;, bien camp&#233;s dans leur format in-quarto ; de belles pages qui tracent &#171; un sillon nouveau dans les terres f&#233;condes de Musique &#187; : riches du parall&#232;le men&#233; tambour &#8211; rh&#233;torique s'entend&#8230; &#8211; battant entre l'art de la composition musicale et l'art de la composition rh&#233;torique. Une s&#233;quence qui nous rappelle aussi avec bonheur combien, en ce temps d'une imprimerie adolescente, la composition typographique n&#233;cessitait l'habilet&#233; merveilleuse de l'imprimeur et de ses aides. Trois titres donc, qui fleurent d&#233;licieusement bon l'utraque lingua, &#224; mettre &#224; l'actif de Joachim : &lt;i&gt;Hypomnematum musicae synopsis&lt;/i&gt;, en 1599, &lt;i&gt;Musica autoskhediastik&#232;&lt;/i&gt; en 1601, &lt;i&gt;Musica poetica&lt;/i&gt; en 1606, soit &#171; les secrets de la po&#233;tique musicale expliqu&#233;s dans la langue de rh&#233;torique, ou comment un Sisyphe tente d'&#234;tre Aristote &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voici donc au terme de ce voyage Joachim Burmeister, tout &#224; la fois &lt;i&gt;magister artium&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;magister ludi&lt;/i&gt;, sous le charme des Muses &#8211; quelques derni&#232;res petites anecdotes le montrent plus soucieux de faire go&#251;ter &#224; sa famille le plaisir des Muses latines et de la musique d&#233;livr&#233; par les po&#232;tes latins que les aust&#232;res et pieuses harmonisations des psaumes&#8230; Car Burmeister d&#233;sormais, apr&#232;s son travail d'&#233;dition qui a fait tinter le rameau d'or : &lt;i&gt;Musica theorica&lt;/i&gt;, se sent &#171; devenu fils d'Orph&#233;e &#187;. Lecteur du g&#233;nial Vitruve, de ses dix livres &lt;i&gt;De l'Architecture&lt;/i&gt;, il peut, sous l'&#339;il &#233;mu de son biographe, qui le contemple &#224; distance, construire un de ces palais mentaux que construisaient les Anciens, palais de m&#233;moire fait de vo&#251;tes, niches, statues, toutes figures rh&#233;toriques de l'harmonie et la m&#233;lodie : c'est une derni&#232;re &#171; procession sonore et color&#233;e des fleurs musicales &#187; qui nous est donn&#233;e &#171; &#224; voir et entendre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nous recommandons chaleureusement tant aux sp&#233;cialistes qu'aux profanes ce petit livre qui a su donner de si aimables et &#171; l&#233;g&#232;res peintures &#187; &#8211; pour parler comme le fabuliste&#8230; &#8211; &#224; la biographie de Joachim Burmeister ; au point de rendre sinon vraisemblable, du moins s&#233;duisant le &lt;i&gt;scoop &lt;/i&gt; selon lequel le v&#233;ritable art de l'incarnation serait la musique et non la peinture&#8230; Et comme nous comprenons, au terme de cette savoureuse et savante lecture, riche de sons et de mots &#8211; &lt;i&gt;savoir/saveur&lt;/i&gt; au carrefour de leur commune &#233;tymologie&#8230; &#8211; l'&#233;pigraphe qui ouvre l'ouvrage :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;DIV ALIGN=RIGHT&gt;&lt;i&gt;Ils &#244;tent la moiti&#233; de la vie,
&lt;p&gt;ceux qui en &#244;tent la musique et le latin.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/DIV&gt;&lt;/div&gt;
		
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