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		<title>Manola ANTONIOLI, Guillaume DREVON, Luc GWIAZDZINSKI, Vincent KAUFMANN, Luca PATTARONI, Manifeste pour une politique des rythmes
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		<dc:date>2022-12-31T07:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mireille Diestchy
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&lt;p&gt;M. ANTONIOLI, G. DREVON, L. GWIAZDZINSKI, V. KAUFMANN, L. PATTARONI, Manifeste pour une politique des rythmes, Lausanne, EPFL, 2021, 168 p. Ce compte-rendu a d&#233;j&#224; paru dans Espaces et soci&#233;t&#233;s, 2022/3-4 (n&#176; 186-187), pp. 279-282. Voici un nouvel ouvrage qui entreprend de travailler la notion de rythme. Manola Antonioli (philosophe) et Luc Gwiazdzinski (g&#233;ographe), ainsi que Guillaume Drevon, Vincent Kaufmann et Luca Pattaroni (sociologues) se donnent pour ambition de d&#233;montrer la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L107xH150/mannifeste_pour_une_politique_des_rythmes-52384.jpg?1715240245' class='spip_logo spip_logo_right' width='107' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;M. ANTONIOLI, G. DREVON, L. GWIAZDZINSKI, V. KAUFMANN, L. PATTARONI, &lt;i&gt;Manifeste pour une politique des rythmes&lt;/i&gt;, Lausanne, EPFL, 2021, 168 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Ce compte-rendu a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-espaces-et-societes-2022-3-page-279.htm?contenu=article&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Espaces et soci&#233;t&#233;s&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;2022/3-4 (n&#176; 186-187), pp. 279-282.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Voici un nouvel ouvrage qui entreprend de travailler la notion de rythme. Manola Antonioli (philosophe) et Luc Gwiazdzinski (g&#233;ographe), ainsi que Guillaume Drevon, Vincent Kaufmann et Luca Pattaroni (sociologues) se donnent pour ambition de d&#233;montrer la centralit&#233; et la pertinence de ce concept pour penser les &#233;volutions du monde contemporain. Leur proposition s'inscrit dans la continuit&#233; d'un ensemble de travaux francophones ant&#233;rieurs, tels ceux de Pierre Sauvanet et Jean-Jacques Wunenburger (1996), de Pascal Michon (2007) ou d'Yves Citton (2014) et consacre les apports d&#233;sormais classiques de Gilles Deleuze et F&#233;lix Guattari sur la ritournelle (1980), d'Henri Lefebvre sur la rythmanalyse (1992) ou de Roland Barthes sur l'idiorrythmie (2002). Cet ouvrage fait suite &#224; &lt;i&gt;Saturations. Individus, collectifs, organisations et territoires &#224; l'&#233;preuve&lt;/i&gt;, premi&#232;re publication collective dirig&#233;e par les m&#234;mes chercheurs, parue en 2019. Si l'expos&#233; th&#233;orique sur la notion de rythme n'est pas en soi nouveau, la forme du manifeste introduit ici des pistes in&#233;dites : des propositions de m&#233;thode et d'application concr&#232;tes qui ouvrent sur le potentiel politique du ph&#233;nom&#232;ne rythmique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les auteurs construisent leur d&#233;monstration en quatre parties, qui sont ponctu&#233;es de photographies de la ville de Gen&#232;ve prises pendant une p&#233;riode de semi-confinement en 2020 par Christian Lutz. L'expos&#233; commence par la pr&#233;sentation de ce qui est nomm&#233; &#171; pathologies rythmiques &#187; dans le texte. Reprenant diverses analyses, notamment celle d'Hartmut Rosa (2010), les auteurs reviennent sur les cons&#233;quences tant individuelles que collectives de la fragmentation, de la multiplication et de l'acc&#233;l&#233;ration des rythmes associ&#233;s au d&#233;veloppement capitaliste et proposent de mobiliser la notion de saturation, &#171; int&#233;ressante car elle se pr&#233;sente comme un moment de seuil o&#249; se lit la perte d'un potentiel de changement et, plus fondamentalement, de libert&#233; &#187; (p.&#8239;40). Quatre types de pathologies rythmiques en d&#233;coulent : la congestion (les flux augmentent et conduisent &#224; un ralentissement ou &#224; un blocage), l'&#233;touffement (un encombrement plus spatial que temporel qui induit une r&#233;duction des &#171; marges de man&#339;uvre &#187; [p.&#8239;44] et des possibilit&#233;s d'appropriation), l'&#233;tourdissement (une saturation attentionnelle) et l'&#233;puisement (les formes individuelles de &lt;i&gt;burn-out&lt;/i&gt; notamment). Il s'agit bien, pour les auteurs, de d&#233;crire ces pathologies rythmiques pour en penser les r&#233;sistances : &#171; la reconqu&#234;te de ce que l'on propose de nommer des puissances rythmiques est un enjeu politique d'&#233;mancipation et de constitution de formes du commun &#187; (p.&#8239;39).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'objet de la deuxi&#232;me partie du livre, plus th&#233;orique, est de justifier l'int&#233;r&#234;t de la notion de rythme qui doit &#234;tre envisag&#233; non comme une mesure temporelle, mais comme une mani&#232;re sp&#233;cifique de &#171; fluer &#187;, permettant de consid&#233;rer ensemble l'espace et le temps. Ici, les auteurs rappellent le caract&#232;re complexe, plastique et interdisciplinaire de ce concept. Pour qui conna&#238;t la litt&#233;rature associ&#233;e, rien de nouveau en cela, mais l'ambition du manifeste se donne &#224; voir lorsqu'il d&#233;ploie une approche politique du rythme, soulignant son caract&#232;re tant individuel que collectif et invitant &#224; l'envisager &#224; l'&#233;chelle des territoires. Compris ainsi, le rythme devient &#171; un facteur d'individuation et de subjectivation, au niveau individuel comme au niveau collectif, et r&#233;v&#232;le ainsi sa port&#233;e profond&#233;ment politique &#187; (p.&#8239;67), il permet &#171; une pens&#233;e processuelle et relationnelle du pouvoir &#187; (p.&#8239;70).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Que peut-on, d&#232;s lors, opposer aux pathologies rythmiques ? La troisi&#232;me partie cherche, du c&#244;t&#233; de la m&#233;thode analytique, des outils pertinents pour envisager de possibles r&#233;sistances. L'&#233;tude des rythmes n&#233;cessite de d&#233;passer des dichotomies tenaces en sciences sociales, ainsi que le soulignait Luca Pattaroni dans un &#233;crit pr&#233;c&#233;dent (2016) : celles qui opposent le temps et l'espace, les &#233;chelles de l'individuel et du collectif, ou encore la lenteur et la vitesse. Or, les &#233;tudes existantes (budget-temps, mobilit&#233;) peinent &#224; concilier les approches m&#233;trique et exp&#233;rientielle des rythmes, autrement dit, &#224; m&#234;ler les pratiques et les exp&#233;riences, ce que l'on fait et comment on le vit. Il est facile, par exemple, de mesurer des cadences de d&#233;placement, mais plus complexe d'envisager les &#233;tats &#233;motionnels qui leur sont associ&#233;s (p.&#8239;118). Les auteurs soulignent ainsi la difficult&#233; de ces approches &#224; saisir le mouvant, le processuel, le changement d'&#233;tat et esquissent une proposition m&#233;thodologique. Il s'agit de se munir des outils permettant de penser l'entrelacement des rythmes, les singularit&#233;s rythmiques plus que les r&#233;gularit&#233;s. Les rythmes peuvent ainsi &#234;tre d&#233;finis par rapport &#224; leur intensit&#233; (pics et creux) et leur cadence (allure, vitesse et complexit&#233;, la cadence peut &#234;tre r&#233;guli&#232;re ou non) ; et ces deux caract&#233;ristiques sont marqu&#233;es par des inflexions : la p&#233;riodicit&#233; (intervalle et unit&#233; de temps), les al&#233;as (les ruptures dans les trames rythmiques, les accidents, les basculements &#233;motionnels) et l'agencement (comment les &#233;pisodes se succ&#232;dent, s'organisent). Cette analyse, nomm&#233;e rythmologie, doit porter tant sur les usages que sur les potentialit&#233;s politiques, en d'autres termes, essayer de relier les dynamiques individuelles et les territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La derni&#232;re partie de l'ouvrage appelle &#224; la th&#233;orisation et &#224; la mise en &#339;uvre d'une &#171; chor&#233;opolitique &#187;. Il est &#224; souligner que cette derni&#232;re se traduirait moins par un ralentissement g&#233;n&#233;ralis&#233;, qui pourrait conduire &#224; de potentielles tyrannies rythmiques, que par des alternances, incitant donc &#224; &#171; une pens&#233;e dynamique du commun &#187; (p.&#8239;140). Sont ensuite introduits divers principes et leurs possibles applications. Premi&#232;rement, celui de l'idiorrythmie, ouvrant &#224; une r&#233;appropriation individuelle et collective des temps et des milieux. Les politiques publiques sont ici &#224; repenser : comment concilier les aspirations d'acc&#233;l&#233;ration et de ralentissement, penser des temps d'arr&#234;t individuel, rediscuter les normes temporelles ? Deuxi&#232;mement, l'eurythmie qui entend favoriser des temps et des espaces partag&#233;s. Mais le lecteur est sensibilis&#233; &#224; la n&#233;cessit&#233; de ne pas r&#233;duire cette recherche de synchronisation &#224; sa forme ir&#233;nique, dans le sens o&#249; il s'agit d'&#233;viter toute &#171; tyrannie rythmique &#187; (p.&#8239;142), mais plut&#244;t d'articuler les rythmes de chacun en accordant une place aux potentielles discordances : &#171; les chor&#233;graphies qui nous int&#233;ressent sont celles qui accueillent les diff&#233;rences substantielles et les tensions &#187; (p.&#8239;147). Troisi&#232;mement, l'enjeu de la transition, qui requiert une attention aux rythmes naturels, &#224; l'exemple de la permaculture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un &lt;i&gt;post-scriptum&lt;/i&gt;, les auteurs, rattrap&#233;s par l'actualit&#233; de la &#171; crise sanitaire &#187; de Covid-19, proposent une mise &#224; l'&#233;preuve de leur manifeste. La notion de rythme s'av&#232;re pertinente pour penser les effets de cette pand&#233;mie, ses rythmes de contamination, d'hospitalisation, de vaccination comme l'enjeu de la densit&#233; et de la proximit&#233; spatiale dus aux mesures sanitaires. Ils soulignent que toute &#171; crise &#187; est riche de potentialit&#233;s. Ce &lt;i&gt;Manifeste pour une politique des rythmes&lt;/i&gt; appara&#238;t ainsi d'autant plus important que les pistes d'invention, concernant notamment les rythmes du travail et ceux de la ville, qui ont pu &#233;merger face &#224; cette crise, semblent bien vite oubli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;
&lt;BR/&gt;
Antonioli Manola, Drevon Guillaume, Gwiazdzinski Luc, Kaufmann Vincent, Pattaroni Luca &#233;d., 2019, &lt;i&gt;Saturations. Individus, collectifs, organisations et territoires &#224; l'&#233;preuve&lt;/i&gt;, Grenoble, Elya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barthes Roland, 2002, &lt;i&gt;Comment vivre ensemble : simulations romanesques de quelques espaces quotidiens&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Citton Yves, 2014, &lt;i&gt;Pour une &#233;cologie de l'attention&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deleuze Gilles, Guattari F&#233;lix, 1980, &lt;i&gt;Mille plateaux&lt;/i&gt;, Paris, &#201;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lefebvre Henri, 1992, &#201;l&#233;ments de rythmanalyse. Introduction &#224; la connaissance des rythmes, Paris, Syllepse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michon Pascal, 2007, &lt;i&gt;Les rythmes du politique : d&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Les Prairies ordinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pattaroni Luca, 2016, &#171; La trame sociologique de l'espace &#187; [en ligne], &lt;i&gt;SociologieS&lt;/i&gt;, [doi : &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/sociologies.5435&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/sociologies.5435&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosa Hartmut, 2010 [2005], &lt;i&gt;Acc&#233;l&#233;ration : une critique sociale du temps&lt;/i&gt;, trad. Didier Renault, Paris, La D&#233;couverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauvanet Pierre, Wunenburger Jean-Jacques &#233;d., 1996, &lt;i&gt;Les rythmes. Lectures et th&#233;ories&lt;/i&gt;. Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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