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		<title>Marie FORMARIER, Entre rh&#233;torique et musique. Essai sur le rythme latin antique et m&#233;di&#233;val
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Dolbeau
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&lt;p&gt;Marie FORMARIER, Entre rh&#233;torique et musique. Essai sur le rythme latin antique et m&#233;di&#233;val, Turnhout, Brepols, 2014. Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans Cahiers de civilisation m&#233;di&#233;vale. IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; - XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, n&#176; 240, 2017, pp. 407-408. Livre important et ambitieux, qui vise &#224; d&#233;gager des &#233;l&#233;ments de continuit&#233; entre les rythmes oratoires antiques d'une part, de Cic&#233;ron &#224; Augustin et C&#233;saire d'Arles, le r&#233;citatif et le chant du haut Moyen &#194;ge d'autre part. Apr&#232;s l'introduction, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;Recensions
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marie FORMARIER, &lt;i&gt;Entre rh&#233;torique et musique. Essai sur le rythme latin antique et m&#233;di&#233;val&lt;/i&gt;, Turnhout, Brepols, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Ce compte rendu a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;https://journals.openedition.org/ccm/5672&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cahiers de civilisation m&#233;di&#233;vale. IX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; - XIII&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;n&#176; 240, 2017, pp. 407-408.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Livre important et ambitieux, qui vise &#224; d&#233;gager des &#233;l&#233;ments de continuit&#233; entre les rythmes oratoires antiques d'une part, de Cic&#233;ron &#224; Augustin et C&#233;saire d'Arles, le r&#233;citatif et le chant du haut Moyen &#194;ge d'autre part. Apr&#232;s l'introduction, une premi&#232;re partie, qui fournit l'arri&#232;re-plan conceptuel (p. 15-185), comporte quatre chapitres. Les deux premiers cherchent &#224; d&#233;finir, aussi pr&#233;cis&#233;ment que possible, en remontant jusqu'aux philosophes et th&#233;oriciens grecs, les notions de rythme (en latin &lt;i&gt;numerus&lt;/i&gt;), de m&#232;tre et d'arythmie. Le chapitre 3 &#233;tudie successivement les principes musicaux de la segmentation rythmique, puis leur adaptation oratoire (dur&#233;es, pieds, silences, &lt;i&gt;c&#244;la&lt;/i&gt;, p&#233;riodes), en privil&#233;giant le domaine latin. Le &lt;i&gt;numerus &lt;/i&gt; oratoire y est d&#233;fini comme &#171; la d&#233;limitation et l'encha&#238;nement harmonieux de segments du discours : syllabes, mots, incises, membres et p&#233;riodes &#187;. La configuration rythmique repose sur deux proc&#233;d&#233;s, diff&#233;renci&#233;s par la longueur des segments : un style hach&#233;, aux segments courts, caract&#233;ris&#233; par l'emploi des figures de sym&#233;trie (rimes, antith&#232;ses) et la recherche d'isocolie ; un style p&#233;riodique, o&#249; des segments plus longs procurent une certaine fluidit&#233;. Le quatri&#232;me chapitre reprend les &#233;l&#233;ments du pr&#233;c&#233;dent, mais sous l'angle de la communication : en musique, tempo rapide et modulations visent &#224; susciter de fortes &#233;motions, tandis que les valeurs longues, un tempo lent ou mod&#233;r&#233;, signifient calme et gravit&#233; ; de m&#234;me, en rh&#233;torique, le style hach&#233; et v&#233;h&#233;ment remue l'auditeur, alors qu'un grand style p&#233;riodique flatte l'oreille et provoque l'admiration. Augustin reprend &#224; son compte les objectifs de Cic&#233;ron &lt;i&gt;(docere/delectare/flectere)&lt;/i&gt;, avec des modifications li&#233;es au christianisme : la persuasion a d&#233;sormais pour but la conversion du c&#339;ur ; le chant, qui introduit &#224; la joie c&#233;leste, participe aussi d'une tradition h&#233;bra&#239;que, illustr&#233;e par le iubilus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La seconde partie, en deux chapitres compl&#233;t&#233;s par des annexes (p. 187-300 et 307-328), propose des analyses d&#233;taill&#233;es de textes oratoires antiques ou tardo-antiques, puis de pi&#232;ces musicales du haut Moyen &#194;ge, selon un m&#234;me syst&#232;me de segmentation rythmique. Ces analyses reposent sur le rep&#233;rage des marqueurs syntaxiques, s&#233;mantiques et prosodiques (quantit&#233;s, accents et hiatus) et cherchent &#224; refl&#233;ter la pratique contemporaine des pauses faibles, interm&#233;diaires et fortes. Le pied (c'est-&#224;-dire une dur&#233;e compos&#233;e d'arsis et thesis) repr&#233;sente le module de base ; l'unit&#233; s&#233;mantique est qualifi&#233;e de cellule ou de section, selon qu'elle est d&#233;pendante ou non sur le plan syntaxique ; la phrase est appel&#233;e s&#233;quence. Le chapitre 5 (&#171; Analyse et mod&#233;lisation du rythme oratoire latin &#187;) comporte six analyses, trois de rythme hach&#233; (Cic&#233;ron, fragment du &lt;i&gt;Pro Scauro&lt;/i&gt; ; Augustin, s. 40, 7 ; C&#233;saire, s. 82, 3), trois de rythme p&#233;riodique (Cic&#233;ron, fragment du &lt;i&gt;Pro Cornelio&lt;/i&gt; ; Augustin, s. 41, 1 ; C&#233;saire, s. 11 [235 dans la num&#233;rotation de Morin]). Contrairement &#224; ce qui se passe d'habitude, l'A. &#8211; et c'est sa grande originalit&#233; &#8211; analyse l'ensemble d'un passage en prose, pas seulement les fins de phrase ou de &lt;i&gt;c&#244;la&lt;/i&gt;. Les deux exemples du &lt;i&gt;Pro Scauro&lt;/i&gt; et du &lt;i&gt;Pro Cornelio&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; comment&#233;s dans l'&lt;i&gt;Orator&lt;/i&gt; par Cic&#233;ron lui-m&#234;me ; ceux d'Augustin et de C&#233;saire, s&#233;lectionn&#233;s par l'A., ont h&#233;las &#233;t&#233; reproduits, pour trois d'entre eux (Augustin, s. 40-41 ; C&#233;saire, s. 235), d'apr&#232;s des &#233;ditions non critiques, ce qui brouille un peu les r&#233;sultats. Deux principes g&#233;n&#233;raux ressortent de ces exemples : le soin apport&#233; &#224; la dynamique de la phrase (alternance des modules rythmiques ; mouvement parabolique de la p&#233;riode ou, dans le style hach&#233;, du passage entier), la d&#233;limitation des segments par des cadences m&#233;triques ou accentuelles, annonc&#233;es par des signaux pr&#233;alables (comme des anacrouses ou des rythmes d&#233;pourvus de frapp&#233;s). Le chapitre 6 (&#171; Analyse et mod&#233;lisation du rythme latin chant&#233; &#187;) vise &#224; v&#233;rifier si le rythme oratoire infl&#233;chit l'&#233;laboration du chant chr&#233;tien. L'exemple retenu est la &lt;i&gt;Lectio cum cantico&lt;/i&gt; du proph&#232;te Daniel, &#233;tudi&#233;e nagu&#232;re par Philippe Bernard (dans &lt;i&gt;Musica e storia&lt;/i&gt;, 1, 1993), qui comporte un r&#233;citatif, la &lt;i&gt;Pri&#232;re d'Azarias&lt;/i&gt;, et un cantique, le &lt;i&gt;Cantique des trois enfants&lt;/i&gt;, transmis en plusieurs versions (b&#233;n&#233;ventaine, milanaise, romaine et gr&#233;gorienne). Dans le r&#233;citatif, la m&#233;lodie est d&#233;termin&#233;e par la syntaxe et met en valeur les charni&#232;res de segments, en jouant le m&#234;me r&#244;le qu'une ponctuation ; elle est en quelque sorte l'h&#233;riti&#232;re du style hach&#233;. Dans le chant, l'analyse des diverses versions d&#233;gage deux ensembles : milanais-b&#233;n&#233;ventain, romain-gr&#233;gorien ; comme dans la rh&#233;torique classique, l'accent verbal y joue un r&#244;le majeur, et la ligne m&#233;lodique suit une courbe parabolique (avec mouvement ascendant, sommet et mouvement descendant), selon un phras&#233; apparent&#233; &#224; celui du style p&#233;riodique. Cependant, quelques &#233;carts par rapport aux r&#232;gles de l'accent pourraient faire des chants chr&#233;tiens une source tr&#232;s f&#233;conde pour &#233;tudier l'&#233;volution du latin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une conclusion g&#233;n&#233;rale (p. 301-306) r&#233;capitule les six conclusions partielles qui pr&#233;c&#232;dent. L'ouvrage, qui d&#233;rive d'une th&#232;se soutenue en 2009, s'ach&#232;ve par une copieuse bibliographie (p. 329-349) et deux index s&#233;lectifs (notions latines antiques et m&#233;di&#233;vales, notions fran&#231;aises). On regrette l'absence d'un r&#233;pertoire des noms propres et d'un index des passages cit&#233;s. Les textes comment&#233;s illustrent tr&#232;s bien une opposition radicale entre le rythme hach&#233; et le style p&#233;riodique, mais c'est parce qu'ils ont &#233;t&#233; choisis dans cette perspective, comme le reconna&#238;t l'A., p. 246. Le lecteur moderne ne doit pas oublier que, dans la tradition scolaire antique, la classification des styles &#233;tait tripartite : style simple (de rythme hach&#233;), temp&#233;r&#233; (de rythme p&#233;riodique) et sublime. &#192; propos des choix oratoires d'Augustin pr&#233;dicateur, on se serait attendu &#224; voir cit&#233;s : Barbara Kursawe, Docere, delectare, mouere : &lt;i&gt;Die &lt;/i&gt; officia oratoris &lt;i&gt;bei Augustinus in Rhetorik und Gnadenlehre&lt;/i&gt;, Paderborn, Sch&#246;ningh (Studien zur Geschichte und Kultur des Altertums, N. F, 1.15), 2000 et Lutz Mechlinsky, &lt;i&gt;Der &lt;/i&gt; modus proferendi &lt;i&gt;in Augustins&lt;/i&gt; sermones ad populum, Paderborn, Sch&#246;ningh (Studien zur Geschichte und Kultur des Altertums, N. F, 1.23), 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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