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		<title>Le soi discursif par les autres : pour une anthropopoi&#233;tique des identit&#233;s auctoriales et rythmiques (de l'identit&#233; narrative &#224; l'identit&#233; &#233;nonciative)
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article790</link>
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		<dc:date>2013-01-10T14:22:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Calame
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Enti&#232;rement remani&#233;e pour l'occasion, une premi&#232;re version de ce texte est parue dans la Revue de Th&#233;ologie et de Philosophie 138, 2006 : 343-354 ; une version plus d&#233;velopp&#233;e, centr&#233;e sur la critique de Paul Ric&#339;ur, a &#233;t&#233; publi&#233;e dans l'ouvrage collectif &#233;dit&#233; par F. Gaudez, La Connaissance du Texte. Approches socio-anthropologiques de la construction fictionnelle I, Paris (L'Harmattan) 2010 : 13-28. En 1968, date-cl&#233; pour le d&#233;veloppement des sciences humaines dans le domaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique77" rel="directory"&gt;Premi&#232;re journ&#233;e d'&#233;tudes RHUTHMOS
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Auteur et sujet de discours : une mise en perspective anthropologique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Auteur et sujet de discours : une mise en perspective anthropologique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Le soi entre l'idem et l'ipse : s&#233;mantique et pragmatique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. Le soi entre l'idem et l'ipse : s&#233;mantique et pragmatique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Le je en instance de discours : d&#233;calages &#233;nonciatifs&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3. Le je en instance de discours : d&#233;calages &#233;nonciatifs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. Po&#233;tiques grecques de l'&#233;nonciation : ips&#233;it&#233;s discursives et collectives&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;4. Po&#233;tiques grecques de l'&#233;nonciation : ips&#233;it&#233;s discursives et collectives&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;5. Retour &#224; l'individualisme contemporain&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;5. Retour &#224; l'individualisme contemporain&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Enti&#232;rement remani&#233;e pour l'occasion, une premi&#232;re version de ce texte est parue dans la &lt;/i&gt; Revue de Th&#233;ologie et de Philosophie &lt;i&gt;138, 2006 : 343-354 ; une version plus d&#233;velopp&#233;e, centr&#233;e sur la critique de Paul Ric&#339;ur, a &#233;t&#233; publi&#233;e dans l'ouvrage collectif &#233;dit&#233; par F. Gaudez, &lt;/i&gt; La Connaissance du Texte. Approches socio-anthropologiques de la construction fictionnelle I,&lt;i&gt; Paris (L'Harmattan) 2010 : 13-28.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;BR/&gt;
En 1968, date-cl&#233; pour le d&#233;veloppement des sciences humaines dans le domaine francophone, Roland Barthes pla&#231;ait un bref essai, consacr&#233; au texte de litt&#233;rature dans la modernit&#233;, sous l'&#233;tiquette de &#171; la mort de l'auteur &#187;. En litt&#233;rature, dans l'acte d'&#233;criture, c'est en effet d&#233;sormais &#171; le langage qui parle, ce n'est pas l'auteur &#187; : &#233;crire, c'est, &#224; travers une impersonnalit&#233; pr&#233;alable [&#8230;], atteindre ce point o&#249; seul le langage agit, &#8220;performe&#8221;, et non &#8220;moi&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barthes, 1968/1984 : 64 et 69, avec les nuances introduites en 1973 : 45-46 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La voix de l'auteur, devenu &#171; scripteur &#187;, n'a plus d'origine, si ce n'est le langage lui-m&#234;me. Reste le texte qui est &#171; fait d'&#233;critures multiples, issues de plusieurs cultures et qui entrent les unes avec les autres en dialogue, en parodie, en contestation &#187;. Dans cette pr&#233;figuration de la notion d'&#171; intertextualit&#233; &#187; semble s'&#233;crouler l'un des deux piliers de l'herm&#233;neutique classique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Schleiermacher, 1809/1987 : 73-110.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La langue sans l'&#233;crivain ; la langue &lt;i&gt;(Sprache)&lt;/i&gt; sans l'individu ; la langue sans la pens&#233;e qui l'anime ? La compr&#233;hension &#171; grammaticale &#187; propos&#233;e par Friedrich Schleiermacher pourrait-elle donc nous dispenser de la compr&#233;hension &#171; technique &#187; (et psychologique), focalis&#233;e qu'est cette derni&#232;re sur la pens&#233;e de l'homme et sur le style qu'elle imprime au discours &lt;i&gt;(Rede)&lt;/i&gt; ? La mort de l'auteur s'inscrirait-elle, de mani&#232;re plus large, dans le paradigme de la mort du sujet ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Auteur et sujet de discours : une mise en perspective anthropologique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine une ann&#233;e apr&#232;s l'intervention de Barthes, Michel Foucault revenait sur la notion d'auteur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Foucault, 1969/1994 : 798 pour la citation.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non pas &#171; la mort de l'auteur &#187;, mais &#224; propos de l'interrogation &#171; qu'est-ce qu'un auteur ? &#187; une r&#233;orientation d&#233;cisive par rapport &#224; l'herm&#233;neutique litt&#233;raire classique : non plus l'auteur en tant qu'individu cr&#233;ateur, pourvu d'une pens&#233;e et d'une intentionnalit&#233; originales ; non plus l'auteur r&#233;duit &#224; une intention qui donne au texte de litt&#233;rature son sens (&#171; ce que l'auteur a voulu dire &#187;) ; mais sous l'identit&#233; sociale que conf&#232;re un nom propre, l'auteur comme le r&#233;sultat d'une construction sociale d'ordre aussi bien juridique qu'institutionnel. Producteur non pas de textes mais de discours, l'auteur est &#224; envisager avant tout comme une fonction. C'est la &#171; fonction-auteur &#187; qui permet la reconnaissance sociale des discours : attribution nominale et donc authentification, r&#233;ception et acceptation collectives en particulier par l'identification implicite des r&#233;gularit&#233;s et conventions de genre, attribution juridique des textes issus de discours : &#171; la fonction-auteur est donc caract&#233;ristique du mode d'existence, de circulation et de fonctionnement de certains discours &#224; l'int&#233;rieur d'une soci&#233;t&#233; &#187;. Mais au d&#233;but de sa r&#233;flexion et sans d&#233;velopper ce point capital, Foucault reconna&#238;t que la &#171; fonction-auteur &#187; d&#233;pend notamment de la position qu'assume l'auteur non seulement dans un &#171; champ discursif &#187; particulier, mais aussi dans son propre discours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;1.1. De la mort du sujet philosophique &#224; la rythmisation du sujet de discours&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Autant l'hypoth&#232;se de Barthes que la proposition de Foucault correspondent en quelque sorte &#224; une &#171; d&#233;subjectivation &#187; de l'auteur. Autant la dilution de la figure de l'auteur dans le texte (litt&#233;raire) que sa r&#233;duction &#224; la &#171; fonction-auteur &#187; semblent effectivement s'inscrire dans la configuration &#233;pist&#233;mologique de la &#171; mort du sujet &#187; ; ce paradigme aurait &#233;t&#233; institu&#233; et consacr&#233; par le d&#233;veloppement des sciences sociales et humaines d&#232;s les ann&#233;es soixante du si&#232;cle dernier. L'individu (occidental) avait &#233;t&#233; d'une part constitu&#233; en sujet r&#233;flexif par la philosophie et d'autre part institu&#233; en personne autonome et libre par la critique des Lumi&#232;res et par la proclamation des droits de l'homme. De la sociologie &#224; la linguistique en passant par l'histoire sociale, l'anthropologie culturelle ou la psychanalyse, il s'est vu resitu&#233; et red&#233;fini dans sa subjectivit&#233; m&#234;me. Envisag&#233; dans ses pratiques, l'individu-sujet appara&#238;t comme fait d'un r&#233;seau serr&#233; de d&#233;pendances et de contraintes, comme &#234;tre agi, comme &lt;i&gt;sub-jectum&lt;/i&gt; : sujet social ins&#233;r&#233; dans un entrelacs de relations sociales et d'interactions de groupe, constitutives de son existence m&#234;me ; sujet comme agent historique collectif int&#233;gr&#233; &#224; des groupes, des classes ou des institutions relayant structures sociales et structures &#233;conomiques et comme sujet d&#233;termin&#233; par sa propre histoire ; sujet psychique dont l'action est &#224; r&#233;f&#233;rer aussi bien aux contraintes d'un pass&#233; refoul&#233; dans l'inconscient qu'aux forces pulsionnelles de la libido ; sujet anthropologique comme agent de pratiques symboliques qui sont aussi des pratiques du corps et qui trouvent leur sens dans une communaut&#233; culturelle, quand ces manifestations de l'ordre de la culture ne sont pas anim&#233;es par les structures inconscientes d'un esprit humain universellement partag&#233; ; et finalement sujet de discours communiquant avec son entourage dans un travail verbal et interactif soumis aux contraintes syntaxiques, s&#233;mantiques et r&#233;f&#233;rentielles qui sont le propre de toute langue. Aussi bien le sujet cart&#233;sien (constitu&#233;, dans un mouvement autor&#233;flexif, en atome premier d'existence consciente et de raison) que le sujet kantien (avec sa perception spatio-temporelle transcendantale des choses en soi et son autonomie morale dans le jugement de raison) furent les victimes de cette r&#233;insertion sociale, historique, psychanalytique, culturelle et linguistique du sujet et de l'individu en tant qu'acteur dans le groupe social et dans le monde ; &#171; agent &#187; dirait-on d&#233;sormais en anglo-saxon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quant &#224; l'auteur, avant d'&#234;tre un agent empirique et historique, avant d'&#234;tre un sujet psychologique et psychique, sinon un sujet philosophique, avant de se manifester comme &#234;tre de culture, avant d'&#234;tre un individu ins&#233;r&#233; dans un tissu social et institutionnel, avant d'assumer une &#171; fonction-auteur &#187;, il s'offre &#224; nous en tant que sujet de discours ; et ceci quelle que soit la forme de son &#233;nonc&#233; (discursif). &#192; saisir &#8211; on le verra &#8211; comme simple &#171; instance d'&#233;nonciation &#187; vocale et verbale, le sujet de discours se construit dans son &#233;nonciation et dans ses &#233;nonc&#233;s. C'est dire non seulement que l'&#233;nonciation verbale peut &#234;tre saisie comme un processus essentiel de subjectivation d'une part, de construction auctoriale et de dynamique identitaire d'autre part, comme on aura &#224; le pr&#233;ciser&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur la question controvers&#233;e de l'identit&#233;, voir les r&#233;f&#233;rences donn&#233;es (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Mais c'est dire aussi que ce mouvement complexe de subjectivation auctoriale par la voix d'autorit&#233; est soumis aux diff&#233;rents rythmes qui animent l'&#233;nonc&#233; verbal, ces rythmes vont de la cadence vocale ou &#233;crite au rythme social dans lequel est ins&#233;r&#233;e l'intervention discursive, en passant dans le cas de la po&#233;sie et de la litt&#233;rature par les rythmes qui scandent aussi bien l'histoire racont&#233;e si r&#233;cit il y a que le monde possible que le discours construit par sa cadence propre : rythmes pluriels qui peuvent s'accompagner, dans la performance orale et ritualis&#233;e de formes po&#233;tiques traditionnelles, de pratiques du corps dans une chor&#233;graphie collective ; rythmes assum&#233;s par qui dit &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; ou qui s'associe et s'identifie avec l'&#171; instance d'&#233;nonciation &#187;, encore &#224; d&#233;finir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi poser la question de la constitution rythmique du sujet par le biais du sujet de discours, &#224; l'&#233;cart de toute d&#233;marche de philosophie transcendantale, c'est tenter d'&#233;chapper &#224; l'&#233;gocentrisme d'une existence humaine qui serait purement autor&#233;f&#233;rentielle ; c'est tenter d'&#233;viter les d&#233;rives du postmodernisme lib&#233;ral quant &#224; une subjectivation enti&#232;rement centr&#233;e sur le &#171; self &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir les perspectives critiques vis-&#224;-vis de l'individualisme contemporain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; c'est essayer d'&#233;chapper aux propositions philosophiques d'une autor&#233;flexivit&#233; tr&#232;s &#233;go&#239;ste. La construction et l'affirmation d'une identit&#233;, aussi &#233;gocentr&#233;e ou aussi pr&#233;caire soit-elle, passe en effet en particulier par l'usage de la langue, de la voix et du corps ; elle advient par diff&#233;rentes proc&#233;dures d'ordre discursif qui sans doute co&#239;ncident avec des op&#233;rateurs verbaux et gestuels de subjectivation et d'individualisation, mais qui impliquent l'usage d'un moyen d'expression et de communication (s&#233;miotiques) partag&#233; par les membres d'un groupe social et culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;1.2. Naissances grecques du sujet et de l'individu ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Groupes sociaux et culturels diff&#233;renci&#233;s : c'est dire que la perspective adopt&#233;e ici doublera l'approche propos&#233;e par l'analyse des discours (&#233;nonciations verbales en contexte) doubl&#233;e d'une approche d'anthropologie culturelle et historique et d'ethnopo&#233;tique sensible aux identit&#233;s et aux relations sociales de sexe qui se fabriquent et se disent dans les formes discursives ; une telle perspective est susceptible de nous confronter &#224; plusieurs modes de r&#233;alisation du &#171; sujet de discours &#187; et, par-del&#224;, &#224; des conceptions diff&#233;rentes de l'entit&#233; que nous modernes concevons en termes de &#171; sujet &#187;, de &#171; personne &#187; et d'&#171; individu &#187;, en g&#233;n&#233;ral masculin. Dans le cas particulier &#8211; m&#233;tier d'hell&#233;niste oblige &#8211; le terrain comparatif sera offert par les formes po&#233;tiques de la Gr&#232;ce classique, dans un nouvel effort de traduction transculturelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour le d&#233;fi d'un tel effort, cf. Calame, 2002b.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En effet dans la perspective europ&#233;o-centr&#233;e et &#233;volutionniste qui est encore souvent celle de la philosophie, c'est &#224; la Gr&#232;ce de l'&#233;poque archa&#239;que que l'on n'a pas a manqu&#233; d'attribuer l'une des naissances du sujet (masculin) moderne. Plus pr&#233;cis&#233;ment ce sont les premi&#232;res formes de la po&#233;sie consid&#233;r&#233;e comme &#171; lyrique &#187; qui aurait pourvu le sujet d'une certaine int&#233;riorit&#233;. En effet, &#171; le sentiment personnel des lyriques &#187; &lt;i&gt;(das pers&#246;nliche Empfinden der Lyriker)&lt;/i&gt; aurait conduit &#224; la d&#233;couverte de l'ambigu&#239;t&#233; de l'&#226;me tout en sollicitant la conscience de la communaut&#233; dans le &#171; spirituel &#187; &lt;i&gt;(im Geistigen)&lt;/i&gt; &#8211; comme si l'expression &#171; lyrique &#187; du &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; po&#233;tique renvoyait directement au sujet institu&#233; en personne sensible et affective. De plus, cette prise de conscience d'une intimit&#233; personnelle s'inscrirait en contraste avec la po&#233;sie hom&#233;rique o&#249; le terme &lt;i&gt;psukh&#233; &lt;/i&gt; ne d&#233;signerait que le souffle de vie ; cette puissance d'ordre physique solliciterait avec d'autres forces (notamment divines) les organes de la perception et de l'intellection d'un corps &#233;clat&#233;, &#224; l'&#233;cart de toute conscience que l'&#226;me &lt;i&gt;(Seele)&lt;/i&gt; peut &#234;tre le point d'origine de forces propres ; pratiquement un sujet postmoderne, champ ouvert &#224; une s&#233;rie de d&#233;terminations internes et externes. Mais dans le cas pr&#233;cis, ce sujet &lt;i&gt;sub-jectum&lt;/i&gt; marquerait l'&#233;tape primitive du d&#233;veloppement de la pens&#233;e europ&#233;enne&#8230;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Snell, 1975 : 81 et 13-29, dans un ouvrage qui, marqu&#233; par un h&#233;g&#233;lianisme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; comme si, historiquement, la po&#233;sie &#233;pique grecque n'avait pas connu un d&#233;veloppement polymorphe, simultan&#233;, en interaction avec le d&#233;ploiement des innombrables formes de la po&#233;sie &#171; m&#233;lique &#187;. Ces formes de po&#233;sie chant&#233;e et ritualis&#233;e ne sauraient d'ailleurs &#234;tre plac&#233;es sous l'&#233;tiquette moderne et trompeuse du &#171; lyrique &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur l'absence de pertinence de la notion de &#171; lyrique &#187; pour ces diff&#233;rentes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On nous fait assister &#224; une nouvelle naissance de l'individu moderne dans l'Antiquit&#233; tardive par la relation intime de l'homme avec le Dieu unique qui s'est substitu&#233; aux figures divines contrast&#233;es du polyth&#233;isme. D&#232;s lors, les participants &#224; la vie collective auraient d&#233;l&#233;gu&#233; &#224; des individus d'exception la d&#233;couverte d'un moi institu&#233; en conscience de soi par une introspection qui d&#233;finit la personne par ses pens&#233;es et par ses pulsions les plus intimes. C'est en particulier &#224; saint Augustin que l'on devrait cette d&#233;couverte de la personne, et donc du soi en tant que moi-m&#234;me&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir par exemple Brown, 1985, 72-87.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Toujours dans la m&#234;me ligne &#233;volutionniste europ&#233;ocentr&#233;e, apr&#232;s un Moyen-&#226;ge o&#249; l'individu se r&#233;v&#232;lerait plus divis&#233; qu'on a bien voulu l'affirmer entre conventions courtoises et motivations affectives personnelles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se r&#233;f&#233;rera &#224; ce propos au changement de perspective propos&#233; par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, on assisterait &#224; une nouvelle configuration subjective &#224; la Renaissance. Ce serait le cas en particulier chez Montaigne ou &#201;rasme qui nous feraient assister &#224; un approfondissement du moi spirituel et moral &#224; travers des lectures en solitaire. Celles-ci n'ont pas pour but l'acquisition d'un savoir, mais en tant qu'&#233;lans de l'affect, elles auraient un r&#244;le d&#233;terminant &#224; jouer dans la connaissance et la compr&#233;hension de soi. L'acte de lecture m&#233;ditative et d'interpr&#233;tation, dans un geste ontologique d'introspection, aurait contribu&#233; &#224; la conscience de la singularit&#233; g&#233;niale de l'individu interpr&#232;te, qui se voit en miroir dans ses livres&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour d'autres &#233;tapes marquantes de la naissance r&#233;it&#233;r&#233;e du sujet/self (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; glissement vers le sujet de discours !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
S'inscrivant dans la ligne historique unique de l'immanquable europ&#233;ocentrisme de points de vue et de parcours philosophiques cens&#233;s conduire de la Gr&#232;ce antique &#224; la modernit&#233; (occidentale), ces trois moments axiaux semblent offrir successivement et lin&#233;airement des conjonctures favorables au d&#233;veloppement de la personne ou de l'individu modernes. Dans la mesure m&#234;me o&#249; ce dessin de d&#233;veloppement lin&#233;aire est une construction id&#233;ologique, on pourrait naturellement ajouter encore bien d'autres phases strat&#233;giques quant au surgissement de la conscience de soi dans son apparente autonomie. En concomitance avec les perspectives tr&#232;s rapidement &#233;voqu&#233;es sur le sujet comme atome de conscience et de raison ainsi que sur le sujet comme centre intentionnel de volont&#233;, les repr&#233;sentants des Lumi&#232;res ont naturellement jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la d&#233;finition du sujet en tant qu'individu. Centrale est d&#233;sormais la notion de libert&#233; : en tant que droit naturel fondamental et imprescriptible, c'est la libert&#233; qui constitue l'homme, de mani&#232;re universelle, en individu. En cons&#233;quence, les successives d&#233;clarations des droits de l'homme instituent universellement l'&#234;tre humain en personne juridique et en individu civil. Son autonomie serait garantie par la libert&#233; de disposer de lui-m&#234;me et de ses biens propres, mais aussi de sa conscience, par la libert&#233; d'opinion : sujet de droit sans doute, agent responsable de son action ; mais aussi, de mani&#232;re encore implicite, sujet de parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est cette dimension discursive du sujet que l'on entend explorer ici, dans une perspective anthropologique et critique s'adressant aussi bien &#224; une histoire lin&#233;aire et t&#233;l&#233;ologique du sujet (europ&#233;en) qu'&#224; la notion moderne de personne marqu&#233;e par l'individualisme contemporain, d'inspiration (n&#233;o-)lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Le soi entre l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; : s&#233;mantique et pragmatique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Donc le sujet de discours tel qu'il se constitue dans son expression verbale, dans son &#233;nonciation : en quelque sorte la mise en discours comme processus de subjectivation dans l'affirmation de l'autorit&#233; &#233;nonciative. &#192; partir d'une r&#233;flexion d&#233;velopp&#233;e en trois volets sur les configurations discursives du temps par le biais du r&#233;cit, on conna&#238;t les nombreux travaux de Paul Ric&#339;ur sur l'identit&#233; narrative. Mais, en particulier en Gr&#232;ce ancienne, la dimension pragmatique et souvent collective du discours po&#233;tique impose &#233;galement la prise en compte d'une identit&#233; d'ordre &#233;nonciatif ; cette identit&#233; se construit dans les rapports rythmiques complexes que tisse, entre expression verbale et relations sociales, toute pratique discursive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#171; Soi-m&#234;me comme un autre ? &#187; L'interrogation se fonde sur l'intitul&#233; de l'enqu&#234;te aussi sensible qu'exhaustive que Ric&#339;ur a consacr&#233;e &#224; la temporalit&#233; du soi, &#224; l'issue du dense triptyque offert par &lt;i&gt;Temps et R&#233;cit&lt;/i&gt; quant aux configurations narratives du temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir en particulier Ric&#339;ur, 1983 : 55-136 (sur les trois Mimeseis comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi le soi individuel serait partag&#233; entre une identit&#233;-&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et une identit&#233;-&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; : d'une part, une identit&#233; du m&#234;me rapidement assimil&#233;e &#224; la constellation des traits qui constituent le caract&#232;re de l'individu dans sa permanence temporelle ; d'autre part, une identit&#233; du &lt;i&gt;self&lt;/i&gt;, du soi, attach&#233;e au maintien de soi-m&#234;me par exemple dans la constance morale de la parole donn&#233;e. Pour d&#233;finir les op&#233;rateurs d'individuation susceptibles de dire l'identit&#233; personnelle, pour d&#233;crire les moyens dont dispose l'individu pour identifier autrui et s'identifier lui-m&#234;me par le langage, dans la dialectique de l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et de l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;, Ric&#339;ur emprunte aux linguistes deux constellations conceptuelles : d'une part les &#171; descriptions d&#233;finies &#187; que sont les noms propres, d&#233;signateurs rigides ne pouvant d&#233;nommer qu'un seul individu par le moyen d'une pr&#233;dication singuli&#232;re ; d'autre part les formes pronominales vides par lesquelles tout sujet parlant peut se poser en interlocuteur : en tant que &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; face &#224; un &lt;i&gt;tu&lt;/i&gt;. Ces deux formes sont celles que le discours contribue &#224; rep&#233;rer, spatialement et temporellement, dans le &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt; d'une &#233;nonciation entendue comme un &#171; &#233;v&#233;nement du monde &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ric&#339;ur, 1990 : 55-72 ; cf. infra &#167; 4.2.&#034; id=&#034;nh13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Reprise opportune, mais incompl&#232;te des propositions d'&#201;mile Benveniste autour d'un &#171; appareil formel de l'&#233;nonciation &#187; qu'on ne va pas tarder de c&#244;toyer &#224; nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.1. L'aporie pragmatique du &#171; sujet parlant &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; partir de ce double emprunt aux acquis r&#233;cents des sciences du langage, la pragmatique linguistique devrait &#234;tre &#224; m&#234;me, selon Ric&#339;ur, d'&#233;tablir les convergences n&#233;cessaires entre d'une part les r&#233;f&#233;rences identifiantes (notamment par la s&#233;mantique des d&#233;signations rigides que sont le noms propres) et d'autre part les actes d'autod&#233;signation du &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; (dans une situation d'&#233;nonciation et d'interlocution particuli&#232;re) : &#171; La question sera finalement de savoir comment le &#8220;je-tu&#8221; de l'interlocution peut s'ext&#233;rioriser dans un &#8220;lui&#8221; sans perdre sa capacit&#233; de se d&#233;signer soi-m&#234;me, et comment le &#8220;il/elle&#8221; de la r&#233;f&#233;rence identifiante peut s'int&#233;rioriser dans un sujet qui se dit lui-m&#234;me &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ric&#339;ur, 1990 : 56.&#034; id=&#034;nh14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
N&#233;anmoins, en se fondant sur la th&#233;orie des actes de langage, une telle tentative de croisement entre d&#233;signation s&#233;mantique et autor&#233;f&#233;rence discursive conduirait, selon Ric&#339;ur, &#224; une aporie : &#171; aporie de l'ancrage &#187;, &#171; aporie ultime du sujet parlant &#187; dans la mesure o&#249;, dans son autor&#233;flexivit&#233;, un acte d'&#233;nonciation tel que &#171; j'affirme que &#187; renverrait &#224; un acte factuel, rep&#233;r&#233; dans l'espace et dans le temps. L'acte d'&#233;nonciation r&#233;f&#233;rerait donc automatiquement &#224; un &#233;v&#233;nement spatio-temporel relevant du monde ext&#233;rieur. D&#232;s lors, seul un abandon des principes de la philosophie du langage serait en mesure de donner un fondement et de conf&#233;rer de la substance &#224; ce point focal qu'est le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; linguistique : &#171; mixte du &#8220;je&#8221; r&#233;flexif et de la personne r&#233;f&#233;r&#233;e &#187;, un &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; forc&#233;ment rep&#233;r&#233; dans un &#171; maintenant dat&#233; &#187; et un &#171; ici localis&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ric&#339;ur, 1990 : 68-70.&#034; id=&#034;nh15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le biais linguistique et pragmatique aurait donc pour cons&#233;quence de dissoudre l'&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; dans la r&#233;f&#233;rence &#224; l'acte, dans le renvoi &#224; l'ext&#233;rieur du &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, dans la r&#233;f&#233;rence &#224; l'ext&#233;riorit&#233; de l'&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, dans la r&#233;duction au &lt;i&gt;il&lt;/i&gt; de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La pragmatique renverrait donc l'agent &#224; l'action. Pour Ric&#339;ur, la pragmatique promue par la philosophie du langage ne nous donnerait pas d'indications sur ces particuliers de base que sont les personnes ; elle ne nous dirait rien de l'agent lui-m&#234;me ; elle &#233;luderait la question cardinale du &lt;i&gt;qui ?&lt;/i&gt; Sans doute l'acte de parole renvoie-t-il &#224; un agent, avec une identit&#233; personnelle. Mais dans la mesure o&#249; cet acte est objectiv&#233; &#224; la troisi&#232;me personne comme &#233;v&#233;nement, ni la s&#233;mantique, ni la pragmatique ne semblent susceptibles &#8211; selon Ric&#339;ur &#8211; ni de pr&#233;ciser, ni de ma&#238;triser l'ontologie de son agent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.2. L'agent dans la&lt;/i&gt; mim&#233;sis &lt;i&gt;narrative : d'un autre &#224; l'Autre&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'ordre philosophique, cette nouvelle aporie fournit &#224; l'herm&#233;neute l'occasion de revenir sur la longue enqu&#234;te suscit&#233;e par la dialectique entre temps cosmique et temporalit&#233; subjective telle qu'elle est offerte dans les trois volets de &lt;i&gt;Temps et R&#233;cit&lt;/i&gt; : constitution de l'existence humaine dans le temps&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aux r&#233;f&#233;rences donn&#233;es supra n. 9, il faut ajouter Ric&#339;ur, 1985 : 228-279, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sur la base de la th&#233;orie de la &lt;i&gt;mim&#233;sis &lt;/i&gt; narrative et dramatique d&#233;velopp&#233;e par Aristote dans la &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, il s'av&#232;re que, dans sa dimension temporelle et historique constitutive, l'existence de l'individu dans le monde se construirait &#224; l'exemple d'une logique narrative qui doit sa coh&#233;rence &#224; sa permanence dans le temps. Le travail de la configuration temporelle par l'interm&#233;diaire de la mise en intrigue aurait une influence d&#233;terminante, par litt&#233;rature interpos&#233;e, sur la constitution de l'existence du soi ; l'&#233;laboration discursive d'une action narrative avec ses &#171; personnages &#187;, &#224; la troisi&#232;me personne, participerait donc &#224; la construction de l'identit&#233; de l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;, ind&#233;pendamment de l'&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;. La &lt;i&gt;mim&#233;sis &lt;/i&gt; po&#233;tique contribuerait, par l'interm&#233;diaire de la mise en intrigue, &#224; introduire une permanence dans ce qui semble par essence variable, instable, volatile ; elle permettrait &#224; l'ips&#233;it&#233;, &#224; l'identit&#233; personnelle, &#224; l'identit&#233; du soi de se rapprocher de la m&#234;met&#233;. L'identit&#233; narrative nous renverrait donc &#224; l'identit&#233; personnelle qu'on ne parvient pas &#224; saisir par le biais de la s&#233;mantique ou de la pragmatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le mod&#232;le qui, dans un premier temps, semble devoir pr&#233;valoir dans l'enqu&#234;te sur l'identit&#233; de l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;, c'est donc celui de la configuration mim&#233;tique narrative tel qu'il est propos&#233; par Aristote dans son &lt;i&gt;Art po&#233;tique&lt;/i&gt;. Pour Ric&#339;ur, c'est en effet dans et par l'histoire racont&#233;e, avec la logique que lui conf&#232;re l'op&#233;ration de mise en intrigue, que le personnage conserve une identit&#233;, relative au d&#233;roulement de l'histoire elle-m&#234;me : qui dit coh&#233;rence du r&#233;cit implique coh&#233;rence du protagoniste de l'action narrative. Cette id&#233;e du protagoniste narratif dont l'identit&#233; se constitue dans la narration s'appuie sur la conception du &lt;i&gt;m&#251;thos&lt;/i&gt;, en tant qu'intrigue narrative, offerte par Aristote dans la d&#233;finition &#224; la fois descriptive et normative de la trag&#233;die qu'il donne dans la &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Puisque la trag&#233;die est repr&#233;sentation &lt;i&gt;(m&#237;mesis)&lt;/i&gt; d'actions et que les agents en sont des personnages en action &lt;i&gt;(pr&#225;ttontes)&lt;/i&gt; qui doivent n&#233;cessairement avoir des qualit&#233;s dans l'ordre du caract&#232;re &lt;i&gt;(&#234;thos)&lt;/i&gt; et de la pens&#233;e &lt;i&gt;(di&#225;noia)&lt;/i&gt; (en effet c'est par r&#233;f&#233;rence &#224; ces donn&#233;es que nous qualifions aussi les actions &#8211; il y a deux causes naturelles des actions, la pens&#233;e et le caract&#232;re &#8211; et c'est dans leurs actions que les hommes r&#233;ussissent ou &#233;chouent), eh bien c'est l'intrigue (&lt;i&gt;m&#251;thos&lt;/i&gt;, l'intrigue) qui est la repr&#233;sentation de l'action (j'appelle ici &#171; intrigue &#187; l'agencement des faits) ; les caract&#232;res sont ce qui nous permet de qualifier les personnages en action, la pens&#233;e tout ce qui dans leurs paroles revient &#224; faire une d&#233;monstration ou encore &#224; &#233;noncer une maxime&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Po&#233;tique 6, 1449b 36-1450a6 (traduction de R. Dupont-Roc et J. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement narratif et dramatique de la trag&#233;die, avec ses protagonistes, se d&#233;finit donc dans l'intrigue, entendue comme assemblage et configuration d'actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour Ric&#339;ur, le report de cette d&#233;finition de l'action d'ordre narratif sur l'action de l'individu en tant que personne devrait fournir le moteur de la dialectique entre l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;. En effet, &#171; le pas d&#233;cisif en direction d'une conception narrative de l'identit&#233; personnelle est fait lorsque l'on passe de l'action au personnage. Est personnage celui &lt;i&gt;qui &lt;/i&gt; fait l'action dans le r&#233;cit &#187;. Ainsi entre &#171; le p&#244;le de l'ips&#233;it&#233;-m&#234;met&#233; du caract&#232;re &#187; et &#171; le p&#244;le de la pure ips&#233;it&#233; du maintien de soi &#187;, l'identit&#233; narrative assumerait pr&#233;cis&#233;ment une position interm&#233;diaire, &#224; la crois&#233;e de l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et de l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;. D&#232;s lors, &#171; l'identit&#233; narrative fait tenir ensemble les deux bouts de la cha&#238;ne : la permanence dans le temps du caract&#232;re et celle du maintien de soi &#187; &#8211; d&#233;clare en conclusion Ric&#339;ur&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ric&#339;ur 1990 : 170 et 196. Le philosophe ne retient apparemment pas les deux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans la constitution de soi-m&#234;me comme un autre, l'identit&#233; personnelle se construirait donc &#224; la mani&#232;re de l'identit&#233; du personnage qui se constitue dans la mise en intrigue narrative, en particulier celle de la trag&#233;die classique telle que la con&#231;oit Aristote : &lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; se ferait &#224; travers ses actions, dans la dialectique entre l'habitus devenu caract&#232;re et la r&#233;flexion devenue conscience. Du sujet de discours on est pass&#233; au sujet moral et philosophique par l'interm&#233;diaire du sujet-il de l'action narrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors, la th&#233;orie de l'action narrative assume entre la th&#233;orie de l'action de l'homme et la r&#233;flexion &#233;thique sur les mobiles de son action une position charni&#232;re. La r&#233;flexion narratologique serait apte, par analogie, &#224; &#233;tablir les relations n&#233;cessaires entre l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; de l'homme dans la permanence des traits de son caract&#232;re et son &lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt; anim&#233; par la conscience ; dans la d&#233;lib&#233;ration, l'&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; repr&#233;senterait le point focal et instable r&#233;unissant les diff&#233;rents param&#232;tres qui d&#233;terminent et mod&#232;lent l'action de l'individu, une action partag&#233;e entre le m&#234;me, dans son corps propre et sa conscience, et l'autre avec son identit&#233; narrative. C'est donc dans la dialectique englobante du M&#234;me et de l'Autre, tous deux canonis&#233;s (et ontologis&#233;s ?) par des majuscules, que l'&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; atteindrait le maintien de soi : &#171; En fait c'est le p&#244;le du M&#234;me qui a le premier perdu son univocit&#233;, en se fracturant en m&#234;me temps que l'identique &#233;tait travers&#233; par la ligne de partage qui s&#233;pare l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt; de l'&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ric&#339;ur, 1990 : 368. Pour une critique du substantialisme que pr&#233;suppose (&#8230;)&#034; id=&#034;nh19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. D&#232;s lors, c'est la &#171; polys&#233;mie de l'Autre &#187; qui servirait de r&#233;v&#233;lateur &#224; la polys&#233;mie de l'ips&#233;it&#233;, identifi&#233;e avec le M&#234;me devenu soi-m&#234;me. L'alt&#233;rit&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en Autre ? L'Autre dans son identit&#233; narrative ? L'Autre comme &lt;i&gt;il &lt;/i&gt; ou comme &lt;i&gt;tu &lt;/i&gt; face au &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;, si l'on en revient &#224; l'analogie narrative, puis &#233;nonciative ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; en instance de discours : d&#233;calages &#233;nonciatifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Or il s'av&#232;re que toute forme de discours, aussi fictionnelle soit-elle, offre avec une remarquable r&#233;gularit&#233; une consistance s&#233;mantique et, par ce biais, une relation r&#233;f&#233;rentielle avec le monde naturel et social dont elle est par ailleurs issue&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir, &#224; propos de l'exemple offert par les mythes grecs, l'hypoth&#232;se de la &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. C'est en particulier sur ce point de la r&#233;f&#233;rence extra-discursive que le souci pressant de r&#233;soudre les pr&#233;tendues apories de la philosophie des actes de langage conduit Ric&#339;ur au glissement. Dans l'interaction suppos&#233;e entre la constitution du soi en &lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt; et la construction d'une identit&#233; personnelle, on passe trop rapidement chez le philosophe herm&#233;neute de l'autor&#233;f&#233;rentialit&#233; impliqu&#233;e par tout acte verbal en &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; (du type &#171; je promets &#187;) aux formes narratives offertes par la litt&#233;rature ; ces formes narratives de roman qui, en g&#233;n&#233;ral, substituent au &lt;i&gt;je/tu&lt;/i&gt; un &lt;i&gt;il/elle&lt;/i&gt;, &#224; l'&lt;i&gt;ici &lt;/i&gt; un &lt;i&gt;l&#224;-bas&lt;/i&gt;, au &lt;i&gt;maintenant &lt;/i&gt; un &lt;i&gt;autrefois&lt;/i&gt;. Or, m&#234;me s'il est d&#233;sormais largement av&#233;r&#233; qu'elle est perm&#233;able, essentielle reste la distinction classique trac&#233;e par Benveniste entre &#171; histoire/r&#233;cit &#187; et &#171; discours &#187; : distinction donc, par l'interm&#233;diaire de &#171; l'appareil formel de l'&#233;nonciation &#187;, entre les marques verbales du &lt;i&gt;il/elle&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;l&#224;-bas&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;autrefois &lt;/i&gt; et celles du &lt;i&gt;je/tu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;. Distinction &#224; caract&#232;re op&#233;ratoire puisque de fait, entre l'ordre du narratif (et de l'&#233;noncif) et l'ordre du discursif (et de l'&#233;nonciatif), les interf&#233;rences sont nombreuses ; ceci en particulier dans la mesure o&#249; tout &#233;nonc&#233; est forc&#233;ment assum&#233; par un locuteur qui est pr&#233;sent dans le discours en tant qu'&#171; instance d'&#233;nonciation &#187;, une instance dans un premier temps purement verbale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Benveniste, 1966 : 237-250 et 251-266 ainsi que 1974 : 79-88, avec les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi les d&#233;terminations modelantes et rythmiques auxquelles est soumise l'action de l'homme par l'interm&#233;diaire de diff&#233;rentes formes discursives ne sauraient se r&#233;duire, du point de vue de l'analogie avec l'action narrative en &lt;i&gt;il/elle&lt;/i&gt;, ni au roman bourgeois du XIX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ou &#224; ses h&#233;ritiers modernes, ni &#224; la trag&#233;die grecque r&#233;duite, comme le fait Aristote, &#224; son intrigue et aux diff&#233;rentes motivations de ses protagonistes. &#192; c&#244;t&#233; d'une &#171; litt&#233;rature &#187; qui s'adresse d&#233;sormais &#224; un public de formation essentiellement universitaire il faudrait compter, pour juger par l'analogie narrative des possibilit&#233;s et des formes du maintien rythmique de soi dans le temps, avec ces autres formes de r&#233;cit efficace que sont les romans et les bandes dessin&#233;es de kiosque de gare, les innombrables s&#233;ries t&#233;l&#233;vis&#233;es en g&#233;n&#233;ral contr&#244;l&#233;es par Hollywood, les soap-operas et les reality-shows, toute la production cin&#233;matographique &#171; sex and blood &#187; ; mais aussi les formes musicales impliquant davantage le corps propre par leurs rythmes constitutifs, allant des expressions sentimentales du blues ou du soul aux sc&#233;narios d&#233;bit&#233;s &#224; la cadence du hip hop, du rap ou du krump avec la participation rythmique que l'on sait du c&#244;t&#233; du public ; sans oublier par ailleurs la po&#233;sie litt&#233;raire plus &#233;rudite travaillant de mani&#232;re sophistiqu&#233;e sur substance verbale et mati&#232;re s&#233;mantique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michon, 2010 : 143-157, a montr&#233; que, d&#233;pendant d'une analyse narrative tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pratiquement toutes ces formes de fiction po&#233;tique rythm&#233;e sont focalis&#233;es non pas sur le &lt;i&gt;il/elle&lt;/i&gt;, mais sur un &lt;i&gt;je&lt;/i&gt;. Ce &lt;i&gt;je/nous&lt;/i&gt; linguistique est le lieu, dans le d&#233;roulement de l'expression verbale cadenc&#233;e, d'une double forme d'autor&#233;f&#233;rentalit&#233; : r&#233;f&#233;rence d'une part au soi (extra-discursif) au sens o&#249; l'entend Ric&#339;ur, sans doute, entre &lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; ; mais r&#233;f&#233;rence, d'autre part, au &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; qui se dit et se construit, de mani&#232;re intra-discursive, dans le discours : sujet de discours, ou, mieux encore, instance d'&#233;nonciation, non substantielle. Tel est le double aspect de l'acte d'&#233;nonciation : d'une part le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; du locuteur en s'&#233;non&#231;ant intervient avec son corps propre dans son environnement social et culturel ne serait-ce que par l'expressivit&#233; verbale et rythmique de sa voix ; d'autre part, dans l'acte d'&#233;nonciation, le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; construit en se disant sa propre posture, d'ordre discursif. Point focal de l'&#233;nonciation comme processus discursif et comme acte verbal, l'instance d'&#233;nonciation acquiert dans l'&#233;nonc&#233; une consistance s&#233;mantique et une figure spatio-temporelle d'ordre discursif. C'est par cette m&#233;diation verbale que l'instance d'&#233;nonciation renvoie au soi agissant dans le monde, avec son identit&#233; personnelle ; c'est ainsi que le sujet est renvoy&#233; &#224; l'individu. La m&#233;diation est ici double : de l'ordre des potentialit&#233;s purement linguistiques de la cr&#233;ation verbale fond&#233;e sur l'instance d'&#233;nonciation d'une part ; de l'ordre de l'interpr&#233;tation que les autres donnent, au cours de l'acte de communication (ou de lecture), aux &#233;nonc&#233;s verbaux de l'&#233;nonciation d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi le sujet de discours se construit &#224; travers les diff&#233;rents rythmes qui animent son propre discours, impliquant souvent le corps propre : intonation verbale et prosodie, cadence imprim&#233;e &#224; la substance phonique dans son flux notamment par l'accentuation, r&#233;gime des pauses et des reprises, r&#233;it&#233;rations lexicales et s&#233;mantiques, tournures de l'argumentation telles les structures annulaires, gestualit&#233; accompagnant l'&#233;mission vocale rythm&#233;e, etc. ; et, quand il s'agit de formes discursives po&#233;tiques, rythme m&#233;trique pouvant renvoyer &#224; une chor&#233;graphie et &#224; une pratique ritualis&#233;e du corps, force d'entra&#238;nement d'une &#233;ventuelle m&#233;lodie musicale d'accompagnement, rythmes s&#233;mantiques engendr&#233;s par les isotopies traversant l'&#233;mission discursive surtout quand elle est po&#233;tique, couleurs et figures s&#233;mantiques organis&#233;es par le jeu rythmique des m&#233;taphores, etc. Rythmes linguistiques et rythmes rh&#233;toriques d'un c&#244;t&#233;, rythmes po&#233;tiques induisant une &#171; signifiance &#187; de l'autre, si l'on veut se r&#233;f&#233;rer aux cat&#233;gories propos&#233;es par Henri Meschonnic en rupture avec le dualisme saussurien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Meschonnic, 1982 : 208-227, opportun&#233;ment comment&#233; par Michon, 2010 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; mais avec la conscience que ces rythmes s'entrelacent dans des formes de discours en acte, impliquant la pratique vocale et corporelle ; avec la conscience qu'ils sont tous soumis &#224; la variabilit&#233; et &#224; l'historicit&#233; culturelles par le biais d'un sujet d'&#233;nonciation qui peut &#234;tre po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs l'&#233;nonciation elle-m&#234;me, qu'elle soit simplement discursive ou de mani&#232;re plus cr&#233;ative po&#233;tique, correspond &#224; une forme de subjectivation non substantielle, non essentialiste ; de m&#234;me qu'elle est &#171; act&#233;e &#187; dans chaque performance &#233;nonciative singuli&#232;re, de m&#234;me est-elle r&#233;it&#233;r&#233;e dans chaque moment de r&#233;ception de l'&#233;nonc&#233; et de la forme de discours concern&#233;s. On assiste donc, notamment par la cr&#233;ation et la communication po&#233;tiques, &#224; un encha&#238;nement de processus de subjectivation ; celui-ci est davantage de l'ordre de l'interaction intersubjective, sinon herm&#233;neutique, que de l'ordre de la fid&#233;lit&#233; &#224; la parole &#233;nonc&#233;e, comme le proposait Ric&#339;ur. Par l'&#233;nonciation discursive et par la communication intersubjective et interactive gr&#226;ce &#224; la pragmatique propre &#224; tout &#233;nonc&#233; en acte, il s'agit de processus de subjectivation &#171; anthropopoi&#233;tique &#187; s'il en est, comme on le verra en conclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ajoutons que, propre &#224; toute forme de discours, le d&#233;calage &#233;nonciatif entre le &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; qui se dit et le &lt;i&gt;soi&lt;/i&gt; qui agit a &#233;t&#233; entrevu par Aristote lui-m&#234;me, non pas dans la &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, mais dans la &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;. En tant qu'art de la persuasion, l'art oratoire dispose, dans la d&#233;finition premi&#232;re qu'en donne le philosophe, de trois types de moyens aptes &#224; susciter confiance et conviction et par cons&#233;quent &#224; asseoir l'autorit&#233; de l'orateur : les premiers reposeraient sur le caract&#232;re &lt;i&gt;(&#234;thos)&lt;/i&gt; de l'orateur ; les seconds d&#233;pendraient des dispositions dans lesquelles l'auditeur est mis ; les troisi&#232;mes enfin seraient internes au discours entendu dans sa facult&#233; de montrer et de d&#233;montrer. Or, on remarque que dans cette esquisse d'un premier sch&#233;ma de la communication envisag&#233; dans une pragmatique de la persuasion, l'efficacit&#233; du p&#244;le occup&#233; par l'orateur d&#233;pend moins de son caract&#232;re propre que de l'image qu'il donne de lui dans le discours :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;[La persuasion] s'op&#232;re donc par le caract&#232;re, quand le discours est dit de mani&#232;re &#224; rendre celui qui le prononce digne de foi [...]. Il faut que la confiance soit l'effet du discours et non pas d'un pr&#233;jug&#233; sur la qualit&#233; de l'orateur : il n'est pas exact d'admettre, comme le font certains techniciens de la rh&#233;torique, que la probit&#233; de l'orateur ne contribue en rien &#224; la persuasion ; mais, pour ainsi dire, c'est pratiquement le caract&#232;re qui d&#233;tient la force de conviction la plus efficace.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Rh&#233;torique 1, 1355b 25-1356a 13 (1356a 4-13 pour la citation).&#034; id=&#034;nh24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;C'est sans doute la raison pour laquelle, au d&#233;but du livre III, l'action rh&#233;torique qui inclut volume de la voix, rythme verbal, intonation, gestualit&#233;, est soigneusement distingu&#233;e de la diction &lt;i&gt;(l&#233;xis)&lt;/i&gt; qui comprend toutes les tournures &#224; proprement parler linguistiques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Rh&#233;torique 3, 1403b 15-1404a 8 ; &#224; propos de l'&#233;thos discursif, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Entre le caract&#232;re propre de l'orateur tel qu'il s'exprime dans son action rh&#233;torique et le profil du locuteur tel qu'il se dessine dans le d&#233;roulement de discours, il y a un partage &#224; op&#233;rer pour en expliquer la compl&#233;mentarit&#233;. Distincte, la constellation des traits d'attitude et de caract&#232;re propres &#224; l'orateur dans sa r&#233;alit&#233; biographique et dans le rythme qui marque son intervention verbale se combine avec la posture &#233;nonciative qui se construit dans le &lt;i&gt;l&#243;gos &lt;/i&gt; par les moyens du discours cadenc&#233; pour emporter la conviction. M&#234;me si elles interagissent, il faut aborder la seconde sans avoir d'id&#233;e pr&#233;con&#231;ue sur la premi&#232;re ; toutes deux sont travers&#233;es par des formes de subjectivation et des rythmes d'ordre, une fois encore, anthropopoi&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. Po&#233;tiques grecques de l'&#233;nonciation : ips&#233;it&#233;s discursives et collectives&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On rejoint ainsi la triple distinction, &#224; caract&#232;re &#233;videmment op&#233;ratoire, qu'impose en particulier l'&#233;tude d'une po&#233;sie grecque dont la communication orale est toujours ritualis&#233;e dans une performance rythmique. En effet le po&#232;me est en g&#233;n&#233;ral chant&#233; &#224; une occasion rituelle, sinon cultuelle, qui s'inscrit dans le calendrier rythmant la vie civique et culturelle des diff&#233;rents groupes formant la communaut&#233; civique : rythme de la performance chant&#233;e et chor&#233;graphique avec les diff&#233;rents niveaux d'expression que l'on a mentionn&#233;s ; rythme des c&#233;l&#233;brations scandant le calendrier politico-religieux de la cit&#233; ; rythme des pratiques rituelles marquant (de mani&#232;re anthropopoi&#233;tique !) les moments de passage dans la carri&#232;re de l'individu, homme ou femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Du point de vue interne &#224; toute forme de discours, d'abord, est indispensable le partage que permet de tracer la distinction op&#233;ratoire que l'on a vue entre &#171; discours &#187; et &#171; histoire/r&#233;cit &#187; : partage entre d'une part la figure qui se d&#233;veloppe &#224; partir de l'instance d'&#233;nonciation focale que repr&#233;sente le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; (avec son rep&#233;rage spatio-temporel propre, &lt;i&gt;hic et nunc&lt;/i&gt;), et d'autre part les figures qui se construisent dans l'action racont&#233;e ou dramatis&#233;e &lt;i&gt;(il/elles)&lt;/i&gt; dans un temps et des espaces plus ou moins distants (par exemple le temps et les espaces de l'&#226;ge des h&#233;ros, &#224; nos yeux de l'ordre du mythe) ; tout en tenant compte de tous les recoupements et toutes les co&#239;ncidences possibles entre les param&#232;tres du &#171; discours &#187; et ceux de l' &#171; histoire/r&#233;cit &#187;. Locuteur-&lt;i&gt;je &lt;/i&gt; d'une part, protagonistes-&lt;i&gt;ils/elles&lt;/i&gt; de l'autre ; identit&#233; &#233;nonciative d'un c&#244;t&#233;, identit&#233;s narratives de l'autre&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je n'ai d&#233;sormais que trop insist&#233; sur l'importance de cette distinction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. L'identit&#233; &#233;nonciative propre &#224; toute forme de discours, sp&#233;cialement po&#233;tique, peut &#234;tre interpr&#233;t&#233;e en termes de simulacre discursif, de masque d'autorit&#233;, de posture &#233;nonciative, de figure auctoriale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Par ailleurs, incontournable est le passage r&#233;f&#233;rentiel de l'int&#233;rieur du discours avec le monde possible narratif et le monde possible &#233;nonciatif qu'il construit, vers un ext&#233;rieur correspondant &#224; sa situation d'&#233;nonciation et &#224; la conjoncture historique et culturelle qui la sous-tend. Dans ce passage essentielle s'av&#232;re &#234;tre la distinction, d&#233;j&#224; esquiss&#233;e, entre d'une part l'identit&#233; &#233;nonciative et auctoriale telle qu'elle se construit rythmiquement par des moyens verbaux, et d'autre part l'identit&#233; de l'auteur tel qu'il se laisse saisir en tant qu'acteur social, autant dans sa &#171; fonction-auteur &#187; d'ordre institutionnel que dans sa r&#233;alit&#233; psycho-culturelle d'&#234;tre ins&#233;r&#233; dans le monde. &#192; cela s'ajoute que dans une po&#233;sie de la performance rituelle et non pas de l'&#233;criture et de la lecture silencieuse qu'est la po&#233;sie grecque, l'ex&#233;cutant individuel ou choral qui assume les paroles chant&#233;es est souvent distinct du po&#232;te ; par l'interm&#233;diaire de la posture &#233;nonciative construite dans le discours le &#171; performer &#187; (souvent un groupe choral) assume la communication entre le po&#232;te et la communaut&#233; &#224; laquelle le po&#232;me est adress&#233;, tout en lui donnant un corps verbal dans la parole chant&#233;e et rythmiquement ritualis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ces distinctions, cf. Calame, 2005a : 13-26 ; la notion de &#171; posture &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;4.1. &#201;nonciation polyphonique et identit&#233; auctoriale mixte&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour nous r&#233;f&#233;rer &#224; nouveau &#224; l'art po&#233;tique hell&#232;ne, illustrons le propos par un po&#232;me non pas lyrique au sens commun du terme, mais m&#233;lique ; un po&#232;me compos&#233; par l'un de ces &#171; tr&#232;s anciens po&#232;tes &#187; (identifi&#233;s par Barthes en contraste avec le scripteur consacrant la mort de l'auteur) sur le mode du performatif dans une &#233;nonciation qui d&#233;signe l'acte dans lequel le po&#232;me est chant&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En particulier dans l'&#233;tude de 1998/2008a, je me suis fait l'avocat du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ex&#233;cut&#233; par un groupe choral de jeunes filles, ce chant po&#233;tique fut certainement compos&#233; par le po&#232;te Pindare de Th&#232;bes, au d&#233;but de l'&#233;poque classique. Sa structure rythmique &#233;tait faite d'une s&#233;quence de sept ou huit triades de quinze &#171; vers &#187; ; les triades sont elles-m&#234;mes articul&#233;es en deux unit&#233;s qui se r&#233;pondent avant de d&#233;boucher sur une unit&#233; offrant des variations sur le m&#234;me rythme : strophe, antistrophe, &#233;pode. Ces triades rythmiques sont chant&#233;es selon les m&#234;mes sch&#233;mas de cadence m&#233;trique &#233;olienne que ceux offerts par les po&#232;mes de Sappho ; dans&#233;es sur le rythme chor&#233;graphique correspondant, elles renvoient &#224; une performance musicale chorale, ritualis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De m&#234;me que les po&#232;mes strophiques de Sappho, les strophes du parth&#233;n&#233;e de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet Apollon est venu,&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;d'un c&#339;ur empress&#233;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;verser sur Th&#232;bes un gr&#226;ce immortelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, mon p&#233;plos ajust&#233; sans retard,&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;tenant dans mes tendres mains&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;un rameau de laurier aux reflets brillants,&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;je m'appr&#234;te &#224; chanter la demeure glorieuse d'Aioladas&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;et de son fils Pagondas,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
ma chevelure de jeune fille&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;couverte de couronnes fleurissantes.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;Et, au son des hautbois de l&#244;tos&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;je vais imiter dans mes chants&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;la voix sonore des Sir&#232;nes&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;qui r&#233;duit au silence le souffle l&#233;ger du Z&#233;phyr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
[&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nombreuses sont les actions du pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;que j'ai orn&#233;es dans mes vers [...] ;&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;Zeus le sait. Mais il me sied&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;d'avoir des pens&#233;es de jeune fille&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;et de les dire par ma voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ni homme, ni femme dont j'honore les rejetons&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;ne doit &#233;chapper &#224; mon chant empress&#233;.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;Je me suis jointe au ch&#339;ur&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;en t&#233;moin fid&#232;le d'Agasicl&#232;s&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;et de ses nobles parents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En raison de leur hospitalit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;tous deux ont &#233;t&#233; honor&#233;s par leurs voisins&lt;/BLOCKQUOTE&gt;&lt;BLOCKQUOTE&gt;dans le pass&#233; comme aujourd'hui,&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;pour leurs fameuses victoires&lt;/p&gt;
&lt;BLOCKQUOTE&gt;aux courses des chevaux rapides.&lt;/BLOCKQUOTE&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Telles sont les parties les plus lisibles d'un chant choral dont le texte nous est parvenu sur les lambeaux d'un rouleau de papyrus exhum&#233; des ruines ensabl&#233;es d'une petite cit&#233; grecque d'&#201;gypte&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pindare fr. 94b Maehler ; pour un commentaire assorti des r&#233;f&#233;rences au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. La c&#233;r&#233;monie cultuelle &#224; laquelle ce po&#232;me rituel &#233;tait destin&#233; nous est bien connue. &#192; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration &#224; Th&#232;bes en B&#233;otie de la daphn&#233;phorie, une procession se rendait au temple d'Apollon Ism&#233;nios situ&#233; pr&#232;s du fleuve du m&#234;me nom sur une petite &#233;minence proche des portes de la ville. La procession &#233;tait conduite par un enfant daphn&#233;phore, ayant son p&#232;re et sa m&#232;re ; le petit adolescent &#233;tait assist&#233; par son plus proche parent pour le port d'une hampe rituelle d&#233;cor&#233;e de rameau de laurier, de fleurs et de diff&#233;rents objets &#224; signification cosmologique. Ce jeune adulte assumait le r&#244;le de chor&#232;ge d'un groupe choral d'adolescentes alors que ces jeunes Th&#233;baines portaient des rameaux de supplication tout en chantant des hymnes. Le po&#232;me compos&#233; par Pindare le Th&#233;bain est sans doute l'un d'eux. Appartenant au genre du parth&#233;n&#233;e, ce po&#232;me pr&#233;sente en effet assez d'indices &#233;nonciatifs pour affirmer qu'il est ex&#233;cut&#233; par un groupe choral de jeunes filles &lt;i&gt;(parth&#233;noi)&lt;/i&gt; ; ces indices permettent l'identification d'Agasicl&#232;s avec l'enfant daphn&#233;phore alors que sa s&#339;ur Damaina semble assumer le r&#244;le de la chor&#232;ge. Ce sont donc les membres de la famille du daphn&#233;phore dans sa fonction cultuelle qui font l'objet de l'&#233;loge chant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans un mouvement d'autor&#233;f&#233;rentialit&#233; tr&#232;s fr&#233;quent dans les po&#232;mes appartenant au grand genre du &lt;i&gt;m&#233;los&lt;/i&gt;, les choreutes d&#233;crivent en &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; l'action chant&#233;e dans laquelle ils ou elles sont engag&#233;-es (soit par r&#233;f&#233;rence &#224; un pass&#233; tout proche, soit par une l&#233;g&#232;re anticipation de l'ordre de l'intention). Cette proc&#233;dure d'autor&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;gard de l'expression verbale et vocale est souvent port&#233;e par l'usage de formes du &#171; futur performatif &#187; : dans le cas particulier du parth&#233;n&#233;e de Pindare, &lt;i&gt;humn&#233;so &lt;/i&gt; (vers 11), &#171; je vais chanter &#187; (et je chante maintenant), et &lt;i&gt;mim&#233;somai aoida&#238;s&lt;/i&gt; (vers 15), &#171; je vais repr&#233;senter par mes chants &#187;. Ces descriptions d'action &#224; la premi&#232;re personne, dans une alternance occasionnelle de formes au singulier et de formes au pluriel, font de ces &#233;nonc&#233;s autor&#233;f&#233;rentiels des actes de parole et par cons&#233;quent des actes de chant. Par le rythme chor&#233;graphique impos&#233; &#224; la marche processionnelle ou &#224; la danse chorale, ces actes chant&#233;s sont ins&#233;r&#233;s dans une c&#233;l&#233;bration rituelle pour l'un des h&#233;ros ou l'un des dieux de la cit&#233;, tel Apollon Ism&#233;nios ; la c&#233;l&#233;bration rituelle en fait des actes de culte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est dire que se construisent dans le po&#232;me non seulement des identit&#233;s-&lt;i&gt;ils/elles&lt;/i&gt;, soit au pr&#233;sent par l'&#233;loge des hauts faits d'une famille aristocratique soit au pass&#233; par la narration d'un r&#233;cit h&#233;ro&#239;que exemplaire (le &#171; mythe &#187;) ; mais s'y constitue &#233;galement une identit&#233;-&lt;i&gt;je&lt;/i&gt;. Il s'agit d'une identit&#233; auctoriale &#224; l'&lt;i&gt;&#234;thos &lt;/i&gt; d'autant plus complexe qu'elle est non seulement collective, mais qu'elle est double : elle renvoie aussi bien &#224; la voix du po&#232;te masculin comme t&#233;moin qu'&#224; la voix f&#233;minine des choreutes en tant qu'actrices chorales. Dans le parth&#233;n&#233;e de Pindare cette polyphonie &#233;nonciative est d'autant plus frappante que le &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; po&#233;tique donne une tournure chorale et f&#233;minine &#224; sa fonction d'attestation : &#171; je me suis jointe au ch&#339;ur en t&#233;moin fid&#232;le &#171; (&lt;i&gt;pist&#224; m&#225;rtus&lt;/i&gt;, vers 38-39) &#8211; chantent les jeunes filles du groupe choral. La parole f&#233;minine, soutenue par des &#171; pens&#233;es de jeune fille &#187;, s'accompagne du geste choral, d'ordre performatif. Cette posture &#233;nonciative, qui se construit dans le po&#232;me et dans sa performance, est ambivalente. Par le caract&#232;re performatif de l'autor&#233;f&#233;rentialit&#233; &#233;nonciative, cet &lt;i&gt;&#233;thos &lt;/i&gt; auctorial renvoie &#224; la fois au po&#232;te qui compose au service de sa cit&#233; natale pour faire l'&#233;loge de l'une de ses grandes familles et aux jeunes filles en tant que servantes pour le culte du dieu Apollon : le po&#232;te historique dans sa &#171; fonction-auteur &#187; ; les jeunes Th&#233;baines dans leur &#171; fonction-ex&#233;cutant &#187;. Cette identit&#233; verbale et &#233;nonciative se situe au-del&#224; des diff&#233;rences de sexe et d'&#226;ge, avant toute identit&#233; biographique et psycho-sociale individuelle, par l'association dans la performance chorale et rituelle du po&#232;te homme adulte et des choreutes jeunes filles &#224; une m&#234;me voix d'autorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le sc&#233;nario &#233;nonciatif offert par le po&#232;me daphn&#233;phorique de Pindare pr&#233;sente en somme un cas de figure inverse de celui envisag&#233; par Pierre Bourdieu dans son &#233;tude sur le &#171; langage autoris&#233; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Bourdieu, 1975/2001 : 159-165. &#171; Mort et r&#233;surrection &#187; de l'auteur, comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : le &#171; fond&#233; de pouvoir &#187; est ici le groupe (choral) qui, dans sa fonction rituelle au service d'Apollon Ism&#233;nios, assume par la performance po&#233;tique la voix du po&#232;te agissant dans sa fonction&#8211;auteur, au b&#233;n&#233;fice du r&#244;le social assum&#233; par une famille aristocratique de la cit&#233; de Th&#232;bes. La voix de l'auteur est bien pr&#233;sente dans la performance collective du po&#232;me chant&#233;, mais son autorit&#233; &#233;nonciative est d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; un groupe choral de jeunes filles. Auteur id&#233;al (ou impliqu&#233;) polyphonique, auteur empirique d&#233;doubl&#233; dans la performance po&#233;tique ritualis&#233;e, ind&#233;pendamment des identit&#233;s relatives &#224; l'&#226;ge et au sexe&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme d'autres parth&#233;n&#233;es, le po&#232;me de Pindare chant&#233; par un groupe choral (&#8230;)&#034; id=&#034;nh32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;4.2. Sujet d'&#233;nonciation rythmique et collectif&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Davantage encore que l'identit&#233; narrative, sans doute est-ce l'identit&#233; &#233;nonciative, souvent polyphonique, qui peut contribuer &#224; la constitution du soi-&lt;i&gt;ipse &lt;/i&gt; &#224; partir de la permanence dans le temps du soi-&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, si l'on veut bien reprendre l'id&#233;e dialectique d&#233;velopp&#233;e par Ric&#339;ur dans &lt;i&gt;Soi-m&#234;me comme un autre&lt;/i&gt;. Et l'autre d&#233;sormais non seulement perdra sa majuscule, mais il acquerra la marque du pluriel : non plus l'Autre, mais les autres associ&#233;s au m&#234;me dans un groupe s'exprimant d'une seule voix et dans un seul engagement corporel d'autorit&#233;. Il s'agit d'un soi discursif collectif, d'un soi-&lt;i&gt;je &lt;/i&gt; partag&#233; qui, dans la performance vocale rythmique et par cons&#233;quent dans un processus de subjectivation d'ordre &#224; la fois discursif et physique, subsume les sp&#233;cificit&#233;s des caract&#232;res individuels : mani&#232;re d'&#234;tre vocalement et physiquement dans l'espace et dans le temps, de se r&#233;aliser collectivement et rythmiquement dans l'espace-temps, par l'action rituelle en syntonie cadenc&#233;e avec d'autres et par l'adh&#233;sion communautaire dans et par la performance chant&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et non pas pour parvenir &#224; une alt&#233;rit&#233; con&#231;ue comme &#171; &#234;tre-enjoint en tant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les mouvements du corps sont ainsi associ&#233;s dans une m&#234;me esth&#233;tique &#224; la r&#233;alisation du rythme musical de l'&#233;nonciation vocale et po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette participation physique rythm&#233;e fait de la manifestation po&#233;tique de l'identit&#233; discursive et &#233;nonciative un v&#233;ritable processus d' &#171; anthropopoi&#233;sis &#187;, de construction sociale et culturelle de l'homme comme &#234;tre de culture dans une conjoncture morale, religieuse et symbolique particuli&#232;re. La performance chorale ritualis&#233;e et rythm&#233;e est un moyen sans doute privil&#233;gi&#233; d'une fabrication identitaire de l'humain qui s'op&#232;re &#224; partir d'une incompl&#233;tude et d'une plasticit&#233; constitutives, par le biais d'une cr&#233;ation symbolique pratique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les potentialit&#233;s anthropologiques et critiques du concept op&#233;ratoire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les strat&#233;gies &#233;nonciatives qui portent l'&#233;mission vocale et verbale des choreutes en font un processus de subjectivation discursive sans doute d'autant plus efficace qu'elles incluent la voix d'autorit&#233; du po&#232;te ; non seulement ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie, celui-ci est souvent consid&#233;r&#233; dans sa fonction-auteur comme le &#171; ma&#238;tre de ch&#339;ur &#187; &lt;i&gt;(khorodid&#225;skalos)&lt;/i&gt; des jeunes choreutes, adolescentes ou adolescents&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb35&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est le cas par exemple du po&#232;te Alcman qui, dans la cit&#233; de Sparte de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh35&#034;&gt;35&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sujet de discours engag&#233; dans des actes performatifs impliquant expressions et mouvements rythm&#233;s du corps et de la voix, dans une esth&#233;tique po&#233;tique et autoriale d'autant plus fortement anthropopoi&#233;tique que ces actes correspondent &#224; des pratiques de culture : pratiques de construction rythmique et culturelle, pratiques rituelles &#224; caract&#232;re initiatique dans le cas du parth&#233;n&#233;e de Pindare.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;5. Retour &#224; l'individualisme contemporain&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'identit&#233; &#233;nonciative qui se dessine dans toute forme de discours, en particulier litt&#233;raire et po&#233;tique, est aussi pr&#233;gnante que l'identit&#233; narrative qu'un r&#233;cit peut y dessiner. Au-del&#224; des formes performatives de la po&#233;sie m&#233;lique grecque, c'est par l'interm&#233;diaire de la figure &#233;nonciative complexe de l'auteur que chaque lecteur est appel&#233; &#224; se r&#233;approprier, dans l'acte de la lecture, l'autorit&#233; discursive du texte &#8211; pour l'enrichissement de son ips&#233;it&#233; singuli&#232;re, en dialogue avec l'identit&#233;-&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt; (et l'identit&#233;-&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt; !) des protagonistes de la sc&#232;ne &#233;nonciative et ceux de l'&#233;ventuelle sc&#232;ne narrative, dans un encha&#238;nement rythmique qui est de l'ordre moins de la performance que d'une herm&#233;neutique anthropopoi&#233;tique. Pour le dire avec Henri Meschonnic : &#171; Si une &#233;criture produit une reprise peut-&#234;tre ind&#233;finie de la lecture, sa subjectivit&#233; est une &lt;i&gt;intersubjectivit&#233;&lt;/i&gt;, une &lt;i&gt;trans-subjectivit&#233;&lt;/i&gt; [&#8230;]. Cette &#233;criture est une &#233;nonciation qui n'aboutit pas seulement &#224; un &#233;nonc&#233;, mais &#224; une cha&#238;ne de r&#233;&#233;nonciations. C'est une &#233;nonciation trans-historique, trans-id&#233;ologique. Une &lt;i&gt;hypersubjectivit&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb36&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Meschonnic, 1982 : 86-87, que l'on relira ici aussi avec la mise en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh36&#034;&gt;36&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; partir d'une instance d'&#233;nonciation qui se constitue en instance de subjectivation discursive et avant la production de toute identit&#233; narrative, le passage par la po&#233;sie grecque et par ses strat&#233;gies &#233;nonciatives ouvre de nouvelles perspectives sur une forme d'ips&#233;it&#233;, sur une forme-sujet &#224; penser en termes d'interaction et d'intersubjectivit&#233; anthropopoi&#233;tiques et rythmiques ; sujet collectif de discours en probable contraste avec le soi personnel et avec l'individu lib&#233;ral promus par la philosophie europ&#233;ocentr&#233;e de la conscience (morale), mais sans retour au grand partage anthropologique et &#233;volutionniste entre un &#171; nous &#187; holiste et un individu dou&#233; de l'intimit&#233; de la conscience et institu&#233; en personne, sinon en sujet juridique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;5.1. De la sociologie &#224; l'anthropologie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les nombreuses perspectives sociologiques offertes &#224; ce propos nous invitent d&#233;sormais &#224; choisir une voie moyenne entre individualisme et holisme m&#233;thodologiques. Cela signifie qu'on a en g&#233;n&#233;ral reconnu que les individus sont de nature essentiellement relationnelle et qu'ils ne sauraient exister sans la soci&#233;t&#233; qui &#224; son tour n'existerait pas sans elles et eux. Dans l'essai qu'il a consacr&#233; (dans un premier volet en 1939 d&#233;j&#224;) &#224; &lt;i&gt;Die Gesellschaft der Individuen&lt;/i&gt;, Norbert Elias montrait d&#233;j&#224; l'interd&#233;pendance de ce que nous d&#233;nommons l'&#171; individualit&#233; &#187; de l'homme d'un c&#244;t&#233; et son &#171; conditionnement social &#187; de l'autre. De fait il ne s'agit que deux fonctions de l'homme et l'une ne saurait exister sans l'autre. En raison de sa mall&#233;abilit&#233;, l'homme d&#233;pend de l'activit&#233; des autres de m&#234;me que les autres d&#233;pendent de ses propres pratiques. Si les &#234;tres humains pr&#233;sentent sans aucun doute des diff&#233;rences constitutionnelles, n&#233;anmoins le destin de l'individu est model&#233; par son entourage, par la soci&#233;t&#233; : &#171; L'enfant n'est pas seulement plus &lt;i&gt;influen&#231;able &lt;/i&gt; que l'adulte. Il a &lt;i&gt;besoin &lt;/i&gt; de l'&lt;i&gt;influence &lt;/i&gt; des autres, il a &lt;i&gt;besoin &lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; pour acc&#233;der &#224; la maturit&#233; psychique. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb37&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elias, 1987/1991 : 97-108 et 58-65 (63 pour la citation) ; en contraste avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh37&#034;&gt;37&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; L'individu est donc cr&#233;&#233; dans son identit&#233; par l'interaction sociale. Par la n&#233;cessit&#233; du &#171; modelage social &#187;, c'est la soci&#233;t&#233; qui s'av&#232;re &#234;tre un facteur indispensable d'individualisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le volet ultime de l'enqu&#234;te (qui date de 1987), la question de la constitution et de la permanence dans le temps de l'identit&#233; individuelle est envisag&#233;e en termes de positions discursives : &#171; je/nous &#187;, face &#224; des &#171; tu &#187; et des &#171; il &#187;. Individualit&#233;s correspondant &#224; des habitus sociaux plac&#233;s dans une histoire &#233;volutive des soci&#233;t&#233;s humaines dont on ne partagera pas forc&#233;ment la ligne encore marqu&#233;e par un certain &#233;volutionnisme. Quoi qu'il en soit, assur&#233;e intellectuellement par la continuit&#233; de la m&#233;moire et physiquement par la permanence des traits du visage, appuy&#233;e sur un organisme unique, l'identit&#233; personnelle de l'homme peut se dire, et donc en quelque sorte s'objectiver par le langage : &#171; Cette particularit&#233; de leur organisme physique (&lt;i&gt;i. e.&lt;/i&gt; le cerveau humain dou&#233; de conscience) qui leur permet de s'identifier eux-m&#234;mes en tant que formes dans le temps et dans l'espace parmi d'autres formes semblables [&#8230;] les rend aussi capables de d&#233;finir leur position parmi les autres par l'utilisation du symbole &#8220;je&#8221; et la position des autres par l'utilisation des symboles comme &#8220;tu&#8221;, &#8220;il&#8221; ou &#8220;elle&#8221; &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb38&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elias, 1987/1991 : 232-255 (245 pour la citation) ; voir, d&#233;j&#224; en 1939, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh38&#034;&gt;38&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On trouve donc chez Elias l'esquisse d'une th&#233;orie de l'individu qui se d&#233;finirait socialement en tant que sujet de discours, dans des processus de subjectivation relevant de l'&#233;nonciation. Engag&#233; dans une histoire (encore tr&#232;s europ&#233;ocentr&#233;e) des diff&#233;rents modes et stylisations de la vie sociale, l'individu se d&#233;veloppe dans des r&#233;seaux d'interd&#233;pendance ; il se situe avec son corps propre en particulier en tant que &#171; je &#187;, et par cons&#233;quent comme &lt;i&gt;je&lt;/i&gt; dans l'&#233;nonciation discursive &#8211; &#224; nos yeux un puissant moyen de subjectivation interactionnelle &#224; condition de tenir compte &#233;galement de la po&#233;ticit&#233; et par cons&#233;quent du pouvoir anthropopoi&#233;tique des formes de discours les plus &#233;labor&#233;es du point de vue s&#233;mantique, et donc culturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si &#224; l'aube du Romantisme allemand l'&#234;tre humain a pu &#234;tre caract&#233;ris&#233; par un inach&#232;vement constitutif qui rend indispensable le travail de sa fabrication individuelle par l'&#233;ducation et la culture, si les th&#233;ories sociologiques proposent d&#233;sormais de la constitution de l'individu des programmes relationnalistes, dans une perspective d'histoire anthropologique de l'humanit&#233; on a pu &#233;mettre l'hypoth&#232;se que pour l'homme, la culture pr&#233;c&#232;de en quelque sorte la nature tant l'interaction sociale et culturelle est n&#233;cessaire au d&#233;veloppement du cerveau humain et de ses facult&#233;s ; et ceci aussi bien du point de vue de la phylog&#233;n&#232;se que de l'ontog&#233;n&#232;se. En &#233;tablissant l'extraordinaire plasticit&#233; de l'&#234;tre humain, en particulier du point de vue neuronal, les sciences du vivant confirment que les capacit&#233;s pratiquement infinies du cerveau de l'homme ne peuvent se r&#233;aliser que dans les contraintes modelantes impos&#233;es par l'interaction avec d'autres &#234;tres humains et avec le monde environnant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb39&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En suivant les suggestions offertes par l'&#233;tude de Remotti, 2003, j'ai tent&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh39&#034;&gt;39&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cela signifie que l'interaction polymorphe avec les autres (et non pas &#171; l'Autre &#187;&#8230;) est indispensable non seulement &#224; sa constitution en individu, non seulement &#224; sa survie en g&#233;n&#233;ral, mais aussi aux diff&#233;rents processus de subjectivation dont il est le centre. Ce n'est que dans la mesure de cette interaction sociale et culturelle que l'individu peut se constituer en sujet ; ce n'est qu'&#224; cette condition qu'il est capable de s'affirmer en tant que &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; (discursif). C'est dans cette mesure aussi qu'il est susceptible de devenir un &#171; agent &#187; : la pragmatique de ses &#233;nonciations et formes de discours joue &#224; cet &#233;gard un r&#244;le d&#233;terminant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb40&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'entends revenir dans une autre &#233;tude, portant sur la trag&#233;die grecque, sur (&#8230;)&#034; id=&#034;nh40&#034;&gt;40&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En raison de facult&#233;s neuronales et intellectuelles qu'il ne parvient &#224; d&#233;velopper que dans l'&#233;change avec son environnement mat&#233;riel et humain, l'individu se per&#231;oit et se donne en sujet en se fondant sur une identit&#233; qui n'est pas uniquement de l'ordre de l'&#171; ips&#233;it&#233; &#187; morale et philosophique ou de l'intimit&#233; affective. Avec ses dispositions et capacit&#233;s organiques &#224; la fois communes et diff&#233;renci&#233;es, avec son corps propre et sa sensibilit&#233; sensorielle et &#233;motionnelle, l'individu, se fabrique dans le tissu des relations et d&#233;terminations physiques, psychiques, &#233;motionnelles, sociales, institutionnelles et discursives que l'on a indiqu&#233;es &#224; propos de la constitution du sujet dans la modernit&#233; d'apr&#232;s 1968. Ce vaste r&#233;seau relationnel et affectif est sans doute &#224; saisir comme un &#171; syst&#232;me complexe &#187; avec les hi&#233;rarchies, les interactions et les tensions que cela engendre entre les param&#232;tres d&#233;terminants, et avec la part d'ind&#233;termination et de hasard impliqu&#233;e par le dynamisme &#233;volutif de ce type de r&#233;seau&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb41&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une mise au point sur les th&#233;ories de la complexit&#233;, voir par exemple (&#8230;)&#034; id=&#034;nh41&#034;&gt;41&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans une telle perspective relationnaliste, d'ordre &#224; la fois sociologique et anthropologique, le sujet comme foyer de processus complexes de subjectivation est en quelque sorte interd&#233;pendant &#224; l'&#233;gard de l'institution de l'individu relationnel avec son dispositif psychique et ses diff&#233;rents statuts sociaux et symboliques ; il peut assumer diff&#233;rentes formes (et diff&#233;rentes positions &#233;nonciatives) suivant les cultures et suivant les moments de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;5.2. Individu culturel et sujet de discours&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Individu relationnel et social, l'homme use des dispositions physiologiques et intellectuelles, des capacit&#233;s sensorielles et c&#233;r&#233;brales qu'il ne peut d&#233;ployer qu'en interaction avec d'autres pour se faire des &#171; re-pr&#233;sentations &#187; partag&#233;es, &#224; la fois en tant que &lt;i&gt;Vorstellungen&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Darstellungen&lt;/i&gt; : reproductions mentales des donn&#233;es sensibles ainsi que fabrications configurantes (et &#233;motionnelles) &#224; partir de ces donn&#233;es&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb42&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Borutti, 2006 : XXIV-XLVIII.&#034; id=&#034;nh42&#034;&gt;42&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Par l'interm&#233;diaire de ces diff&#233;rentes formes symboliques qui se mat&#233;rialisent en g&#233;n&#233;ral en configurations discursives, l'homme se constitue, en tant qu'&lt;i&gt;homo symbolicus&lt;/i&gt;, en individu relationnel et rythmique de culture. En tant que repr&#233;sentations partag&#233;es et pratiques, en g&#233;n&#233;ral communiqu&#233;es par les moyens configurants de la langue, ces fictions au sens &#233;tymologique du terme engagent l'individu &#224; l'action sur l'environnement naturel et social qui l'a &#171; fait &#187;. Outre &#224; rendre probl&#233;matique la distinction entre nature et culture, ce processus d'anthropopoi&#233;sis interactive se poursuit, au-del&#224; de l'enfance et de l'adolescence, pendant toute la carri&#232;re de l'&#234;tre humain mortel ; par diff&#233;rents processus de subjectivation, il assure la permanence parfois contradictoire et conflictuelle d'un soi psychique et moral fond&#233; sur un donn&#233; neuronal qui ne peut subsister et se d&#233;velopper que s'il est d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une telle conception anthropopoi&#233;tique de l'individu et du sujet rend caduque par exemple la distinction entre &lt;i&gt;homo hierarchicus&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;homo aequalis&lt;/i&gt; de m&#234;me que la coupure entre soci&#233;t&#233;s holistes et soci&#233;t&#233;s individualistes. Les premi&#232;res correspondraient aux soci&#233;t&#233;s traditionnelles o&#249; chaque membre n'a d'existence et de r&#233;alit&#233; que par rapport &#224; l'ensemble, par la place et la fonction qu'il occupe dans un syst&#232;me en g&#233;n&#233;ral hi&#233;rarchis&#233; comme l'est la soci&#233;t&#233; holiste de l'Inde ancienne ; les secondes co&#239;ncideraient avec les soci&#233;t&#233;s modernes dont les membres sont constitu&#233;s en individus, comme &#234;tres de raison, en tant que sujets normatifs de leurs propres lois et institutions &#8211; l'&#233;mergence de l'individu impliquant lib&#233;ration des contraintes sociales et autonomie subjective et assum&#233;e, &#171; ind&#233;pendamment de toute attache sociale et politique &#187;, de mani&#232;re autosuffisante. Le passage suppos&#233; de l'une &#224; l'autre dans une perspective qui reste europ&#233;ocentr&#233;e serait assur&#233;, sur le plan th&#233;orique et par contraste comparatif, par les &#171; individus hors-du-monde &#187; que sont par exemple les renon&#231;ants indiens ou les asc&#232;tes chr&#233;tiens : figures d'individus autonomes qui annonceraient les &#171; individus-dans-le-monde &#187; que sont au contraire devenus les membres des soci&#233;t&#233;s modernes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb43&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dumont, 1983 : 33-67, avec la critique partielle propos&#233;e par Renaut, 1989 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh43&#034;&gt;43&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De mani&#232;re comparative, la distinction trac&#233;e dans les travaux de Louis Dumont &#224; partir du terrain indien a &#233;t&#233; confront&#233;e par Jean-Pierre Vernant au monde grec classique ; l'hell&#233;niste a donc tent&#233; de situer &#171; l'individu dans la cit&#233; &#187;, entre une soci&#233;t&#233; traditionnelle, holiste, et une soci&#233;t&#233; moderne, individualiste. Le passage par le souci de soi dont Foucault a retrac&#233; l'histoire occidentale engage l'hell&#233;niste anthropologue &#224; distinguer trois cat&#233;gories : l'individu se d&#233;finissant par sa place et sa fonction dans un groupe d'appartenance ; le sujet identifi&#233; avec l'individu qui s'exprime &#224; la premi&#232;re personne ; et finalement le moi ou la personne qui en son int&#233;riorit&#233; constitue l'individu comme &#234;tre singulier&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb44&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vernant, 1989 : 211-232, avec le commentaire de Michon, 2011 : 295-301, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh44&#034;&gt;44&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sans doute des individus d'exception peuvent-ils &#234;tre trouv&#233;s parmi les h&#233;ros hom&#233;riques (Achille) ou parmi des hommes aux pouvoirs divins tels que les mages ou encore parmi les citoyens h&#233;ro&#239;s&#233;s en raison de leurs hauts faits guerriers ; sans doute, comme on y a bri&#232;vement fait allusion, le d&#233;veloppement du droit institue-t-il la notion d'un individu agent, responsable de ses actes. Mais le moi hom&#233;rique serait encore &#224; consid&#233;rer comme un &#171; champ ouvert de forces multiples &#187; avant qu'il ne soit identifi&#233; par les philosophes avec une &#226;me consid&#233;r&#233;e comme suprapersonnelle pour ne d&#233;boucher que tr&#232;s tardivement sur le souci de soi-m&#234;me). Quant au sujet, il correspondrait au &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; de la po&#233;sie &#171; lyrique &#187; ; dans ce &#171; discours o&#249; le sujet s'exprime en disant &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; &#187;, ce &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; d'ordre discursif renverrait directement &#224; l'auteur et au po&#232;te dans sa subjectivit&#233; critique, dans l'exp&#233;rience &#233;motionnelle du temps, entre nostalgie et espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; l'exemple du parth&#233;n&#233;e de Pindare, on vient de montrer le manque de pertinence de cette mani&#232;re de projeter sur les diff&#233;rentes formes de la po&#233;sie m&#233;lique grecque le concept romantique allemand de la subjectivit&#233; lyrique. M&#234;me les vers qui nous apparaissent comme l'expression po&#233;tique des sentiments les plus intimes renvoient &#224; un &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; polymorphe, d'ordre communautaire qui assume plusieurs positions &#233;nonciatives avant de renvoyer &#224; des statuts sociaux et culturels particuliers. Comme l'indique par ailleurs Vernant lui-m&#234;me, la culture grecque antique nous offre diff&#233;rents modes de subjectivation et d'individualisation, ne serait-ce que dans la conscience chr&#233;tienne du moi d&#233;fini par Augustin, ni &lt;i&gt;homo aequalis&lt;/i&gt; de la cit&#233; grecque classique, ni &lt;i&gt;homo hierarchicus&lt;/i&gt; de la soci&#233;t&#233; traditionnelle indienne. Il s'agit de modes autres d'&#234;tre soi qu'il faut se garder de placer sur une ligne &#233;volutive qui nous conduirait de la soumission collective au &lt;i&gt;m&#251;thos &lt;/i&gt; &#224; l'&#233;panouissement &#233;mancip&#233; du &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt; : dans le cas particulier de l'homme &lt;i&gt;sub-jectum&lt;/i&gt; parce que soumis &#224; des puissances ext&#233;rieures &#224; l'individu autonome, rationnel et conscient de la modernit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Que la communaut&#233; sociale soit traditionnelle, moderne ou postmoderne, l'autonomie auto-suffisante de l'individu tient du pur fantasme : c'est ce que semble nous indiquer le passage par la Gr&#232;ce antique, dans le regard d&#233;centr&#233; qu'induit la confrontation anthropologique avec une culture &#233;loign&#233;e. &#192; l'&#233;cart de toute distinction tendant &#224; renforcer le Grand Partage (entre primitif et civilis&#233;, entre holiste et individualiste), la n&#233;cessaire fabrication sociale et culturelle de l'homme et le d&#233;veloppement de la singularit&#233; de l'individu comme sujet sont &#224; envisager en termes dialectiques et interactifs. L'identit&#233; humaine qui co&#239;ncide avec le statut social et symbolique dans la reconnaissance par les proches et par l'identit&#233; qui est attach&#233;e &#224; l'&#233;panouissement de l'individu-personne, avec sa r&#233;flexivit&#233; critique, sont perm&#233;ables l'une &#224; l'autre ; le sujet correspondant est &#224; la fois &lt;i&gt;sub-jectum&lt;/i&gt; et agent, en raison m&#234;me des statuts et fonctions qui lui sont socialement attribu&#233;es et reconnus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Que l'on ne se m&#233;prenne pas sur l'usage fait ici du concept d&#233;sormais galvaud&#233; de l'identit&#233; apr&#232;s son entr&#233;e dans l'intitul&#233; d'un minist&#232;re de sinistre m&#233;moire. Ni identit&#233; individuelle, ni identit&#233; nationale, mais pour chaque &#234;tre humain, une identit&#233; qui, au-del&#224; la dialectique ric&#339;urienne entre l'&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;, se constitue et se modifie &#224; partir d'une seul corps propre avec ses dispositions g&#233;n&#233;tiques et avec ses capacit&#233;s neuronales : dispositions et capacit&#233;s singuli&#232;res, certes, mais sur un socle largement partag&#233; par tous les humains ; sans ce socle commun pas de communication et d'interaction possibles ni entre les individus, ni entre les cultures. &#192; cet &#233;gard s'il est juste de d&#233;noncer les identit&#233;s, singuli&#232;res ou collectives, qui s'affirmeraient dans une pr&#233;tendue puret&#233; par opposition avec les autres, il ne suffit pas de d&#233;finir une identit&#233; par rapport &#224; une alt&#233;rit&#233; qui ferait de nous un autre (singulier ou collectif). Mais ce serait aussi une erreur de renoncer &#224; la notion de reconnaissance r&#233;ciproque pour lui substituer celle de &#171; convivenza &#187; : il ne s'agit pas uniquement de savoir vivre avec les autres (et avec la nature) dans un esprit de tol&#233;rance et de respect. Mais une conception plurielle et relationnelle du sujet, renvoyant &#224; une identit&#233; se d&#233;ployant sur plusieurs niveaux entrelac&#233;s, implique une interaction entre les individus ins&#233;r&#233;s dans diff&#233;rentes r&#233;seaux communautaires dans un sens non pas substantiel, mais anthropopoi&#233;tique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb45&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ceci par allusion aux deux tentatives critiques de Remotti (1996, puis 2010 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh45&#034;&gt;45&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt; Marqu&#233;es par une certaine fluidit&#233;, les profils singuliers et communautaires auxquels nous attribuons une identit&#233; se r&#233;f&#232;rent &#224; des sujets biologiquement et psychologiquement relativement plastiques ; ce sont aussi des sujets (autoris&#233;s) de discours qui renvoient &#224; des positions &#233;nonciatives accompagn&#233;es d'attitudes corporelles et gestuelles. Ne l'oublions pas : sans doute, les identit&#233;s individuelles aussi bien que les identit&#233;s collectives qui se construisent en r&#233;ciprocit&#233; interactionnelle sont des fictions ; mais ce sont des fictions au sens &#224; la fois culturel et litt&#233;ral, et donc anthropopoi&#233;tique, du terme. Partag&#233;es entre le biologique, le psychique et le symbolique, elles sont complexes, relationnelles et dynamiques, d&#233;terminant largement non seulement nos actions individuelles et collectives, mais encore nos discours, &#224; l'&#233;cart de toute naturalisation. Dans un d&#233;bat qui sent le postmodernisme relativisant, il faut rappeler que l'individu avec l'identit&#233; qu'on lui pr&#234;te est fond&#233; sur un corps propre et sur un psychisme que l'on peut violenter, torturer, mutiler et an&#233;antir en raison m&#234;me de cette identit&#233;. M&#234;me si elle peut &#234;tre ou fantasm&#233;e ou r&#233;ifi&#233;e, on ne saurait &#233;carter la notion d'identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le r&#233;gime n&#233;o-lib&#233;ral d'un capitalisme exacerb&#233;, le d&#233;veloppement d'un individualisme marchand enti&#232;rement &#233;gocentr&#233; n'est possible, du point de vue des formes de discours et des repr&#233;sentations culturelles, que par l'invasion dans tous les m&#233;dias d'une publicit&#233; aux formes &#233;nonciatives et s&#233;mantiques particuli&#232;rement frappantes et insidieuses. Avec l'impact psychologique sur lequel les acteurs de la publicit&#233; ne manquent pas de jouer et les constructions identitaires qu'ils s'emploient &#224; induire, la diffusion publicitaire implique l'adoption collective et la &lt;i&gt;mim&#233;sis&lt;/i&gt; anthropopoi&#233;tique (d&#233;sormais mondialis&#233;e) des repr&#233;sentations sociales et symboliques qu'elle v&#233;hicule. La contradiction est &#233;vidente entre la pr&#233;tention au d&#233;veloppement individualis&#233; des capacit&#233;s et aspirations de la personne singuli&#232;re et l'uniformisation des mod&#232;les offerts par la soci&#233;t&#233; marchande dont les pratiques sont soumises au seul imp&#233;ratif du profit. Par la diffusion de mod&#232;les &#233;litaires et m&#233;diatiques fond&#233;s sur la carri&#232;re individuelle et la richesse affich&#233;e, l'individualisme contemporain appara&#238;t en d&#233;finitive comme une entreprise de d&#233;structuration psychologique et physique de la personne au profit d'une petite minorit&#233; de dirigeants et d'actionnaires dont le pouvoir &#233;conomique et politique est &#224; la mesure de l'importance de leur patrimoine financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si l'on tient &#224; &#233;viter les &#233;tats discriminatoires d'individualisation, de pr&#233;carit&#233;, de marginalit&#233;, de d&#233;sint&#233;gration et finalement de n&#233;gation radicale de soi par le suicide entra&#238;n&#233;s en particulier par des m&#233;thodes de management enti&#232;rement centr&#233;es sur l'efficacit&#233; concurrentielle de l'individu, l'affirmation et le maintien d'une identit&#233; personnelle &#233;panouie d&#233;pend de processus de subjectivation anthropopoi&#233;tique multiples, dans un entrelacs de pratiques collectives rythm&#233;es. L'&#233;mancipation affective, intellectuelle et culturelle de l'individu ne peut advenir qu'en interaction avec plusieurs cercles et r&#233;seaux d'appartenance sociale, institutionnelle et culturelle, par le croisement de plusieurs niveaux identitaires collectifs et dans le d&#233;ploiement des rythmes diff&#233;renci&#233;s qu'ils impliquent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb46&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment Wieviorka, 2005 : 67-102 ; je me permets aussi de renvoyer &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh46&#034;&gt;46&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : processus de subjectivation interactionnelle et anthropopoi&#233;tique dans des rythmes sociaux communs (&#224; partir d'un organisme physique et neuronal dont nous ne sommes qu'en train de d&#233;couvrir les puissantes capacit&#233;s) et dans des pratiques discursives partag&#233;es. Dans ces processus d'individualisation sociale et de subjectivation du &#171; self &#187;, les positions auctoriales en tant que sujet de discours jouent un r&#244;le d&#233;terminant, ne serait-ce que comme miroirs &#233;nonciatifs dans lesquels ne manqueront pas de se refl&#233;ter d'autres &lt;i&gt;je &lt;/i&gt; et d'autres &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt; discursifs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb47&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'id&#233;e du miroir que nous tendent les soci&#233;t&#233;s autres pour que s'y refl&#232;tent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh47&#034;&gt;47&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; cet &#233;gard la contribution de l'anthropologie comparative et critique est de nous offrir des processus de construction &#233;nonciative et discursive qui mettent en cause les repr&#233;sentations que nous nous faisons de nous-m&#234;mes en tant que sujets et individus (relationnels) de parole efficace.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J.-M. Adam &amp; U. Heidmann (&#233;ds), &lt;i&gt;Sciences du texte et analyse des discours. Enjeux d'une interdisciplinarit&#233;&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve (Slatkine) 2005b&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Affergan, S. Borutti, C. Calame, U. Fabietti, M. Kilani, F. Remotti, &lt;i&gt;Figures de l'humain. Les repr&#233;sentations de l'anthropologie&lt;/i&gt;, Paris (&#201;ditions de l'EHESS) 2003&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Alhadeff-Jones, &#171; Three Generations of Complexity Theories. Nuances and Ambiguities &#187;, &lt;i&gt;Educational Philosophy and Theory&lt;/i&gt; 40, 2008 : 66-82 (trad. fr. : &lt;a href=&#034;http://www.rhuthmos.eu/spip.php?article610&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rhuthmos.eu/spip.php?article610&lt;/a&gt; &#8211; 26.6.12)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. Amossy (&#233;d.), &lt;i&gt;Images de soi dans le discours. La construction de l'&#233;thos&lt;/i&gt;, Lausanne &#8211; Paris (Delachaux &amp; Niestl&#233;) 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. Barthes, &#171; La mort de l'Auteur &#187;, &lt;i&gt;Manteia &lt;/i&gt; 5, 1968 : 12-17, repris dans &lt;i&gt;Le bruissement de la langue. Essais critiques IV&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1984 : 63-69&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Le plaisir du texte&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1973&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;. Benveniste, &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris (Gallimard) 1966&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale II&lt;/i&gt;, Paris (Gallimard) 1974&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Bettini, &lt;i&gt;Contro le radici. Tradizione, identit&#224;, memoria&lt;/i&gt;, Bologna (Il Mulino) 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Bonzon, &#171; Paul Ric&#339;ur, Temps et r&#233;cit : une intrigue philosophique &#187;, &lt;i&gt;Revue de Th&#233;ologie et de Philosophie&lt;/i&gt; 119, 1987 : 341-367&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S. Borutti, &lt;i&gt;Filosofia dei sensi. Estetica del pensiero tra filosofia, arte e letteratura&lt;/i&gt;, Milano (Raffaello Cortina) 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Bourdieu, &#171; Le langage autoris&#233;. Les conditions sociales de l'efficacit&#233; du discours rituel &#187;, &lt;i&gt;Actes de la recherche en sciences sociales&lt;/i&gt; 4, 1975 : 183-190, repris dans &lt;i&gt;Langage et Pouvoir symbolique&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 2001 : 159-173&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Brown, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; et le sacr&#233; dans l'Antiquit&#233; tardive&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1985 (&#233;d. or. : London, Faber &amp; Faber, 1982)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;K. B&#252;hler, &lt;i&gt;Sprachtheorie. Die Darstellungsfunktion der Sprache&lt;/i&gt;, Jena (Gustav Fischer) 1934 (trad. fr. : Marseille, Agone, 2009)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Calame, &#171; Pour une s&#233;miotique de l'&#233;nonciation : discours et sujet &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; M. Costantini &amp; I. Darrault-Harris (&#233;ds), &lt;i&gt;S&#233;miotique, ph&#233;nom&#233;nologie, discours. Du corps pr&#233;sent au sujet &#233;non&#231;ant&lt;/i&gt;, Paris &#8211; Montr&#233;al (L'Harmattan) 1996 : 143-150 (repris en 2008a : 169-176)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; La po&#233;sie lyrique grecque, un genre inexistant ? &#187;, &lt;i&gt;Litt&#233;rature &lt;/i&gt; 111, 1998 : 87-110 (repris en 2008a : 85-106)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Le R&#233;cit en Gr&#232;ce ancienne. &#201;nonciations et repr&#233;sentations de po&#232;tes&lt;/i&gt;, Paris (Belin) 2000 (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Choruses of Young Women in Ancient Greece. Their Morphology, Religious Role, and Social Functions&lt;/i&gt;, Lanham &#8211; Boulder &#8211; New York &#8211; Oxford (Rowman &amp; Littlefield) 2002a (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; Interpr&#233;tation et traduction des cultures. Les cat&#233;gories de la pens&#233;e et du discours anthropologique &#187;, &lt;i&gt;L'Homme&lt;/i&gt; 163, 2002b : 51-78&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; Identit&#233;s d'auteur &#224; l'exemple de la Gr&#232;ce classique : signatures, &#233;nonciations, citations &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Calame &amp; Chartier (&#233;ds), 2004 : 11-39&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Masques d'autorit&#233;. Fiction et pragmatique dans la po&#233;tique grecque antique&lt;/i&gt;, Paris (Les Belles Lettres) 2005a&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; Pragmatique de la fiction : quelques proc&#233;dures de &lt;i&gt;deixis &lt;/i&gt; narrative et &#233;nonciative en comparaison (po&#233;tique grecque) &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Adam &amp; Heidmann (&#233;ds), 2005b : 119-143&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Pratiques po&#233;tiques de la m&#233;moire. Repr&#233;sentations de l'espace-temps en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Paris (La D&#233;couverte) 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Sentiers transversaux. Entre po&#233;tiques grecques et politiques contemporaines&lt;/i&gt;. Grenoble (J&#233;r&#244;me Millon) 2008a&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; Entre personne et sujet, l'individu et ses identit&#233;s &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Calame (&#233;d.), 2008b : 15-32&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;L'&#201;ros dans la Gr&#232;ce antique&lt;/i&gt;, Paris (Belin) 2009 (3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Prom&#233;th&#233;e g&#233;n&#233;ticien. Profits techniques et usages de m&#233;taphores&lt;/i&gt;, Paris (Les Belles Lettres &#8211; Encre Marine) 2010a, 204 pp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; La pragmatique po&#233;tique des mythes grecs : fiction r&#233;f&#233;rentielle et performance rituelle &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; F. Lavocat &amp; A. Duprat (&#233;ds.), &lt;i&gt;Fiction et Cultures&lt;/i&gt;, Paris (SFLGC) 2010b : 33-56&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Calame (&#233;d.), &lt;i&gt;Identit&#233;s de l'individu contemporain&lt;/i&gt;, Paris (Textuel) 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. Calame &amp; R. Chartier (&#233;ds), &lt;i&gt;Identit&#233;s d'auteur dans l'Antiquit&#233; et la tradition europ&#233;enne&lt;/i&gt;, Grenoble (Millon) 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.-C. Coquet, &lt;i&gt;Le discours et son sujet I. Essai de grammaire modale&lt;/i&gt;, Paris (Klincksieck) 1989 (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ph. Corcuff, Les nouvelles sociologies, Paris (Armand Colin) 2007 (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Dumont, &lt;i&gt;Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'id&#233;ologie moderne&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1983&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N. Elias, &lt;i&gt;La soci&#233;t&#233; des individus&lt;/i&gt;, Paris (Fayard) 1991 (&#233;d. or. : &lt;i&gt;Die Gesellschaft der Individuen&lt;/i&gt;, Frankfurt a/M, Suhrkamp, 1987)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Foucault, &#171; Qu'est-ce qu'un auteur ? &#187;, &lt;i&gt;Bulletin de la Soci&#233;t&#233; fran&#231;aise de philosophie&lt;/i&gt; 63, 1969 : 73-104 ; repris dans &lt;i&gt;Dits et &#233;crits, 1954-1988 I&lt;/i&gt;, Paris (Gallimard) 1994 : 789-821&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Jeanneret, &#171; Je lis, donc je suis. Herm&#233;neutique et conscience de soi &#224; la Renaissance &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; O. Pot (&#233;d.), &lt;i&gt;&#201;mergence du sujet. De l'Amant vert au Misanthrope&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve (Droz) 2005 : 151-169 (n. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne L. Klinck, &#171; Male Poets and Maiden Voices : Gender and Genre in Pindar and Alcman &#187;, &lt;i&gt;Hermes &lt;/i&gt; 129, 2001 : 276-279 (n. 33)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. Meizoz, &#171; Ethos et posture d'auteur (Rousseau, C&#233;line, Ajar, Houellebecq) &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Adam &amp; Heidmann (&#233;ds), 2005 : 181-195.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Meschonnic, &lt;i&gt;Critique du rythme. Anthropologie historique du langage&lt;/i&gt;, Lagrasse (Verdier) 1982&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Michon, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments d'une histoire du sujet&lt;/i&gt;, Paris (Kim&#233;) 1999&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Fragments d'inconnu. Pour une histoire du sujet&lt;/i&gt;, Paris (Cerf) 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Sujet et individu en Occident. Dumont, Elias, Meyerson, Vernant&lt;/i&gt;, Paris (Rhuthmos : &#171; en ligne &#187;) 2011&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Remotti, &#171; De l'incompl&#233;tude &#187;, &lt;i&gt;in &lt;/i&gt; Affergan, Borutti, Calame, Fabietti, Kilani, Remotti, 2003 : 19-74&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Noi, primitivi. Lo spechio dell'antropologia&lt;/i&gt;, Torino (Bollati Boringhieri) 2009&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;L'ossessione identitaria&lt;/i&gt;, Roma &#8211; Bari (Laterza) 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &#171; L'ossessione identitaria &#187;, &lt;i&gt;Rivista Italiana di Gruppanalisi&lt;/i&gt; 25, 2011 : 9-29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Renaut, &lt;i&gt;L'&#232;re de l'individu. Contribution &#224; une histoire de la subjectivit&#233;&lt;/i&gt;, Paris (Gallimard) 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Ric&#339;ur, &lt;i&gt;Temps et R&#233;cit. Tome I&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1983&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Temps et r&#233;cit III&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;Le temps racont&#233;&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1985&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; , &lt;i&gt;Soi-m&#234;me comme un autre&lt;/i&gt;, Paris (Seuil) 1990&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F.D.E. Schleiermacher, &lt;i&gt;Herm&#233;neutique. Pour une logique du discours individuel&lt;/i&gt;, Paris (Cerf) 1987 : 73-110 (traduction de Ch. Berner, sur la base en particulier de &lt;i&gt;Hermeneutik und Kritik mit besonderer Beziehung auf das Neue Testament&lt;/i&gt;, &#233;d. F. L&#252;cke, Berlin (Reimer) 1838 : &#8211; notes de cours 1809/1810)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. Snell, &lt;i&gt;Die Entdeckung des Geistes. Studien zur Enstehung des europ&#228;ischen Denkens&lt;/i&gt;, G&#246;ttingen (Vandenhoeck &amp; Ruprecht) 1975 (3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d. ; 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; &#233;d. : 1948)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch. Taylor, &lt;i&gt;Sources of the Self. The Making of the Modern Identity&lt;/i&gt;, Cambridge (Cambridge University Press) 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J.-P. Vernant, &lt;i&gt;L'individu, la mort, l'amour. Soi-m&#234;me et l'autre en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Paris (Gallimard) 1989&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Wieviorka, &lt;i&gt;La diff&#233;rence. Identit&#233;s culturelles : enjeux d&#233;bats et politiques&lt;/i&gt;, Paris (Balland) 2001 (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d. : Paris, &#201;ditions de l'Aube, 2005)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Barthes, 1968/1984 : 64 et 69, avec les nuances introduites en 1973 : 45-46 : &#171; Comme institution l'auteur est mort : sa personne civile, passionnelle, biographique, a disparu ; d&#233;poss&#233;d&#233;e, elle n'exerce plus sur son &#339;uvre la formidable paternit&#233; dont l'histoire litt&#233;raire, l'enseignement, l'opinion avaient &#224; charge d'&#233;tablir et de renouveler le r&#233;cit : mais dans le texte, d'une certaine fa&#231;on, &lt;i&gt;je d&#233;sire&lt;/i&gt; l'auteur : j'ai besoin de sa figure (qui n'est ni sa repr&#233;sentation, ni sa projection)&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Schleiermacher, 1809/1987 : 73-110.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Foucault, 1969/1994 : 798 pour la citation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur la question controvers&#233;e de l'identit&#233;, voir les r&#233;f&#233;rences donn&#233;es infra note 44.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir les perspectives critiques vis-&#224;-vis de l'individualisme contemporain et son culte du &#171; self &#187; pr&#233;sent&#233;es dans Calame (&#233;d.), 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour le d&#233;fi d'un tel effort, cf. Calame, 2002b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Snell, 1975 : 81 et 13-29, dans un ouvrage qui, marqu&#233; par un h&#233;g&#233;lianisme par ailleurs intelligent, s'intitule de mani&#232;re significative &lt;i&gt;Die Entdeckung des Geistes. Studien zur Enstehung des europ&#228;ischen Denkens&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur l'absence de pertinence de la notion de &#171; lyrique &#187; pour ces diff&#233;rentes formes de po&#233;sie pratique que les Grecs pla&#231;aient dans le grand genre du &lt;i&gt;m&#233;los&lt;/i&gt;, voir les r&#233;f&#233;rences donn&#233;es infra note 28.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir par exemple Brown, 1985, 72-87.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On se r&#233;f&#233;rera &#224; ce propos au changement de perspective propos&#233; par les &#233;tudes de Johan Huizinga : cf. Michon, 1999 : 119-139 ; voir aussi Jeanneret, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour d'autres &#233;tapes marquantes de la naissance r&#233;it&#233;r&#233;e du sujet/self europ&#233;en, on peut se r&#233;f&#233;rer &#224; l'&#233;tude devenue classique de Taylor, 1989 : 139-198.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir en particulier Ric&#339;ur, 1983 : 55-136 (sur les trois &lt;i&gt;Mimeseis &lt;/i&gt; comme pr&#233;figuration, configuration et refiguration du temps) et 173-246 (sur la mise en intrigue) ; dans l'introduction &#224; l'ouvrage de 2006 : 15-40, j'ai tent&#233; de montrer, &#224; propos des arts grecs de la m&#233;moire culturelle, les malentendus entretenus par cette conception trop narratologique de l'histoire, en particulier du point de vue de l'&#233;nonciation du discours historiographique et de sa pragmatique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ric&#339;ur, 1990 : 55-72 ; cf. infra &#167; 4.2.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ric&#339;ur, 1990 : 56.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ric&#339;ur, 1990 : 68-70.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aux r&#233;f&#233;rences donn&#233;es supra n. 9, il faut ajouter Ric&#339;ur, 1985 : 228-279, avec la tr&#232;s utile mise au point Bonzon, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Po&#233;tique &lt;/i&gt; 6, 1449b 36-1450a6 (traduction de R. Dupont-Roc et J. Lallot, l&#233;g&#232;rement modifi&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ric&#339;ur 1990 : 170 et 196. Le philosophe ne retient apparemment pas les deux concepts qui, pour l'Aristote de l'&lt;i&gt;Art po&#233;tique&lt;/i&gt;, sont d&#233;terminants pour l'action et l'agent narratifs et mim&#233;tiques ; d'un c&#244;t&#233; l'habitus &lt;i&gt;(&#234;thos)&lt;/i&gt; entendu comme disposition ; de l'autre la pens&#233;e &lt;i&gt;(di&#225;noia)&lt;/i&gt;, &#224; entendre comme r&#233;flexion marqu&#233;e par l'intention ; cf. Platon, Sophiste 263&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; : &#171; le dialogue int&#233;rieur de l'&#226;me avec elle-m&#234;me est appel&#233; r&#233;flexion &lt;i&gt;(dian&#243;ia)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ric&#339;ur, 1990 : 368. Pour une critique du substantialisme que pr&#233;suppose l'id&#233;e d'une identit&#233;-&lt;i&gt;idem&lt;/i&gt;, voir Remotti, 2010 : 79-86.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir, &#224; propos de l'exemple offert par les mythes grecs, l'hypoth&#232;se de la &#171; fiction r&#233;f&#233;rentielle &#187; que j'ai formul&#233;e en particulier dans l'&#233;tude de 2010b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Benveniste, 1966 : 237-250 et 251-266 ainsi que 1974 : 79-88, avec les nuances que j'ai tent&#233; d'introduire notamment dans les &#233;tudes de 2005a : 14-26, et de 2005b : 119-128.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Michon, 2010 : 143-157, a montr&#233; que, d&#233;pendant d'une analyse narrative tr&#232;s structuraliste et d'une perspective sur le sujet fortement christianocentr&#233;e, Ric&#339;ur n'a pas tir&#233; du tournant linguistique le profit que lui aurait offert une &#171; anthropologie historique du langage &#187; (par allusion au sous-titre de l'ouvrage de Meschonnic, 1982) et de la po&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir Meschonnic, 1982 : 208-227, opportun&#233;ment comment&#233; par Michon, 2010 : 164-181, &#224; propos d'une &#171; critique po&#233;tique du sujet &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt; 1, 1355b 25-1356a 13 (1356a 4-13 pour la citation).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt; 3, 1403b 15-1404a 8 ; &#224; propos de l'&#233;thos discursif, voir les diff&#233;rentes contributions publi&#233;es par Amossy (&#233;d.), 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je n'ai d&#233;sormais que trop insist&#233; sur l'importance de cette distinction pour l'&#233;tude de la po&#233;sie grecque notamment dans le chapitre introductif de l'ouvrage de 2000 : 17-40.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour ces distinctions, cf. Calame, 2005a : 13-26 ; la notion de &#171; posture &#187; discursive d'une part, sociale de l'autre, re&#231;oit une bonne d&#233;finition par exemple dans l'&#233;tude Meizoz, 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En particulier dans l'&#233;tude de 1998/2008a, je me suis fait l'avocat du retour &#224; la cat&#233;gorie indig&#232;ne du &lt;i&gt;m&#233;los &lt;/i&gt; pour &#233;viter les graves malentendus entretenus par la cat&#233;gorie moderne du &#171; lyrique &#187; qui renvoie, dans notre savoir encyclop&#233;dique, &#224; l'expression po&#233;tique directe des sentiments intimes de l'auteur ; cf. Barthes 1968/1973 : 66-67.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;De m&#234;me que les po&#232;mes strophiques de Sappho, les strophes du parth&#233;n&#233;e de Pindare, organis&#233;es en triades, pr&#233;sentent la structure choriambique du glyconien et du ph&#233;r&#233;crat&#233;en ac&#233;phale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pindare fr. 94b Maehler ; pour un commentaire assorti des r&#233;f&#233;rences au culte d'Apollon Ism&#233;nios et des nombreuses indications bibliographiques de rigueur dans toute &#233;tude d'&lt;i&gt;Altertumswissenschaft&lt;/i&gt;, je me livre encore une fois au jeu de l'autor&#233;f&#233;rence en renvoyant &#224; l'ouvrage de 2002a : 59-62 et 101-104.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Bourdieu, 1975/2001 : 159-165. &#171; Mort et r&#233;surrection &#187; de l'auteur, comme le propose Antoine Compagnon sur le site &lt;i&gt;Fabula &lt;/i&gt; dans l'introduction &#224; un cours r&#233;cent adress&#233; aux &#233;tudiants en litt&#233;rature fran&#231;aise et compar&#233;e de l'Universit&#233; de Paris IV Sorbonne (&lt;a href=&#034;http://www.fabula.org/compagnon/auteur1.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.fabula.org/compagnon/auteur1.php&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;) ? Retour au premier pilier de l'herm&#233;neutique classique de Schleiermacher &#233;voqu&#233;e en introduction ? Non point puisque &#171; la figure de l'auteur dans le texte &#187; nous renvoie en Gr&#232;ce classique &#224; sa fonction-auteur en tant que po&#232;te au service de la communaut&#233; civique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme d'autres parth&#233;n&#233;es, le po&#232;me de Pindare chant&#233; par un groupe choral de jeunes filles met en cause la notion moderne de &#171; genre &#187; quand on la fonde sur une simple opposition entre &#171; masculin &#187; et &#171; f&#233;minin &#187; ; voir l'&#233;tude de Klinck, 2001, sur laquelle je reviendrai &#224; une autre occasion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Et non pas pour parvenir &#224; une alt&#233;rit&#233; con&#231;ue comme &#171; &#234;tre-enjoint en tant que structure de l'ips&#233;it&#233; &#187; comme le propose Ric&#339;ur dans la conclusion ontologique qu'il a tenu &#224; donner &#224; son enqu&#234;te de 1990 : 401-409, dans un vain dialogue avec Heidegger.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour les potentialit&#233;s anthropologiques et critiques du concept op&#233;ratoire d' &#171; anthropopoi&#233;sis &#187;, voir la recherche collective conduite par Affergan, Borutti, Calame, Fabietti, Kilani, Remotti, 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb35&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh35&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 35&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;35&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;C'est le cas par exemple du po&#232;te Alcman qui, dans la cit&#233; de Sparte de la fin du V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, compose lui aussi des parth&#233;n&#233;es pour des groupes de jeunes filles dont il est le ma&#238;tre de ch&#339;ur ; cf. Calame, 2005a : 21-26, ainsi que Klinck, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb36&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh36&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 36&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;36&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Meschonnic, 1982 : 86-87, que l'on relira ici aussi avec la mise en perspective propos&#233;e par Michon, 2010 : 159-181 (cf. supra note 23).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb37&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh37&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 37&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;37&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elias, 1987/1991 : 97-108 et 58-65 (63 pour la citation) ; en contraste avec la dialectique ric&#339;urienne entre identit&#233;-&lt;i&gt;idem &lt;/i&gt; et identit&#233;s-&lt;i&gt;ipse&lt;/i&gt;, Corcuff, 2007 : 86-94, donne un compte-rendu critique fort commode de diff&#233;rentes th&#233;ories sociologiques contemporaines de l'individu comme &#234;tre &#224; la fois social et individualis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb38&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh38&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 38&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;38&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Elias, 1987/1991 : 232-255 (245 pour la citation) ; voir, d&#233;j&#224; en 1939, 104-106 ; &#171; C'est uniquement parce que les hommes vivent dans la soci&#233;t&#233; des autres qu'ils peuvent se sentir des individus diff&#233;rents des autres. Et cette perception de soi-m&#234;me comme d'un &#234;tre diff&#233;rent est indissociable de la conscience d'&#234;tre &#233;galement per&#231;u par les autres non seulement comme un &#234;tre semblable &#224; eux mais en m&#234;me temps comme un individu &#224; bien des &#233;gards diff&#233;rent de tous les autres. &#187; (254-255) Sur le r&#244;le novateur attribu&#233; au langage dans l'anthropologie historique de l'individu propos&#233;e par Elias, on se r&#233;f&#233;rera &#224; Michon, 2011 : 133-157.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb39&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh39&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 39&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;39&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En suivant les suggestions offertes par l'&#233;tude de Remotti, 2003, j'ai tent&#233; de donner un compte-rendu des implications anthropologiques de l'incompl&#233;tude constitutive de l'homme dans l'essai de 2010a : 67-98.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb40&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh40&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 40&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;40&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;J'entends revenir dans une autre &#233;tude, portant sur la trag&#233;die grecque, sur la notion de l'agent et de ses motivations dans l'action dont il est le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb41&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh41&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 41&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;41&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour une mise au point sur les th&#233;ories de la complexit&#233;, voir par exemple la contribution d'Alhadeff-Jones 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb42&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh42&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 42&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;42&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Borutti, 2006 : XXIV-XLVIII.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb43&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh43&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 43&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;43&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Dumont, 1983 : 33-67, avec la critique partielle propos&#233;e par Renaut, 1989 : 69-112, dans sa tentative de fonder un humanisme non m&#233;taphysique et par cons&#233;quent non individualiste (penser le sujet non pas comme absolu, mais dans un horizon d'autonomie), et la critique plus d&#233;cisive formul&#233;e par Michon 2011 : 11-31 et 57-64, quant &#224; la restitution &#233;volutionniste d'une mod&#232;le dualiste dans le passage de la soci&#233;t&#233; traditionnelle et holiste &#224; la soci&#233;t&#233; moderne et individualiste.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb44&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh44&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 44&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;44&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Vernant, 1989 : 211-232, avec le commentaire de Michon, 2011 : 295-301, qui ne tient pas suffisamment compte du malentendu fondamental entretenu quant &#224; l'instance d'&#233;nonciation des formes po&#233;tiques grecques par le concept romantique de &#171; lyrique &#187; (voir supra note 29).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb45&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh45&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 45&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;45&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ceci par allusion aux deux tentatives critiques de Remotti (1996, puis 2010 : 100-141) &#224; l'&#233;gard de la notion moderne d'identit&#233; ; il en r&#233;sume le parcours dans sa contribution de 2011. &#192; cet &#233;gard, Bettini, 2011 : 39-46 (cf. aussi 67-70), propose de maintenir le concept d'identit&#233; tout en substituant au mod&#232;le vertical des racines celui, horizontal, du fleuve avec ses affluents.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb46&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh46&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 46&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;46&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir notamment Wieviorka, 2005 : 67-102 ; je me permets aussi de renvoyer &#224; mes propres &#233;tudes critiques sur l'individualisme contemporain : voir notamment 2008b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb47&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh47&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 47&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;47&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;L'id&#233;e du miroir que nous tendent les soci&#233;t&#233;s autres pour que s'y refl&#232;tent des traits de nos propres &#171; nous &#187; est d&#233;velopp&#233;e par Remotti, 2009 : 325-341. Voir aussi la proposition formul&#233;e par Michon, 2010 : 216-217 : &#171; Du point de vue po&#233;tique nous n'avons pas affaire seulement &#224; des individus qui parlent (les &#8220;locuteurs&#8221;), ou m&#234;me, comme le dit parfois Meschonnic, &#224; des &#8220;corps-langages&#8221;, mais v&#233;ritablement &#224; une m&#234;me gigantesque activit&#233; langagi&#232;re, corporelle et sociale, dont les organisations rythmiques permettent aux individus collectifs (et singuliers), qui s'y font et s'y d&#233;font sans cesse, d'acc&#233;der &#224; des sujets multiples &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rythme, voix et m&#233;moire de l'&#233;criture en Gr&#232;ce classique
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article254</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article254</guid>
		<dc:date>2011-01-11T19:57:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Calame
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cet article constitue une version revue et corrig&#233;e d'une &#233;tude originairement parue dans R. Pretagostini (&#233;d.), Tradizione e innovazione nella cultura greca da Omero all'et&#224; ellenistica. Scritti in onore di Bruno Gentili, Roma, Gruppo editoriale internazionale, 1993, I, p. 785-799, puis reprise dans Sentiers transversaux. Entre po&#233;tiques grecques et po&#233;tiques contemporaines, Grenoble, J&#233;r&#244;me Millon, 2008, p. 205-216. Nous remercions Claude Calame de nous avoir propos&#233; de le republier ici. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Histoire &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Images graphiques de l'&#233;criture&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Images graphiques de l'&#233;criture&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. M&#233;moires de l'&#233;crit&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. M&#233;moires de l'&#233;crit&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article constitue une version revue et corrig&#233;e d'une &#233;tude originairement parue dans R. Pretagostini (&#233;d.),&lt;/i&gt; Tradizione e innovazione nella cultura greca da Omero all'et&#224; ellenistica. Scritti in onore di Bruno Gentili, &lt;i&gt;Roma, Gruppo editoriale internazionale, 1993, I, p. 785-799, puis reprise dans&lt;/i&gt; Sentiers transversaux. Entre po&#233;tiques grecques et po&#233;tiques contemporaines, &lt;i&gt;Grenoble, J&#233;r&#244;me Millon, 2008, p. 205-216. Nous remercions Claude Calame de nous avoir propos&#233; de le republier ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
Sur Prom&#233;th&#233;e h&#233;ros culturel, il n'y a sans doute plus mati&#232;re &#224; de longs d&#233;veloppements. Et le passage en Gr&#232;ce antique d'une culture orale &#224; une culture de l'&#233;criture ne devrait probablement plus &#234;tre en mesure de susciter de nouveaux commentaires ; &#224; moins que la perspective lin&#233;aire sous laquelle cette transition essentielle a &#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral envisag&#233;e n'ait contribu&#233; &#224; effacer quelques nuances dans la lecture des textes cens&#233;s nous autoriser &#224; la dessiner. On se rappelle le Prom&#233;th&#233;e d'Eschyle qui, attach&#233; nu &#224; un rocher et d&#233;pourvu de l'exp&#233;dient artificieux &lt;i&gt;(s&#243;phisma) &lt;/i&gt; susceptible de le d&#233;livrer, lui oppose d&#233;sesp&#233;r&#233;ment tous les moyens techniques &lt;i&gt;(mekhan&#233;mata)&lt;/i&gt; qu'il a lui-m&#234;me mis &#224; disposition des hommes pour les tirer de leur &#233;tat premier de c&#233;cit&#233; et de surdit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eschyle, Prom&#233;th&#233;e, 441 ss. Sa&#239;d 1985, 83 ss. et 138 ss., a mis en lumi&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Parmi ces inventions cr&#233;atrices de civilisation &#8212; constructions architectoniques, rep&#232;res astronomiques de la m&#233;t&#233;orologie, &lt;i&gt;s&#243;phisma &lt;/i&gt; du nombre, joug et attelage ou navires &#171; ail&#233;s &#187;, puis m&#233;dicaments gu&#233;risseurs, art divinatoire dans toutes ses modalit&#233;s s&#233;miotiques et techniques m&#233;tallurgiques &#8212;, les caract&#232;res de l'&#233;criture &lt;i&gt;(gr&#225;mmata)&lt;/i&gt; occupent une place de choix. Les mots par lesquels Prom&#233;th&#233;e l'inventeur nous pr&#233;sente cette technique essentielle en pr&#233;cisent deux aspects singuliers : plus que les lettres isol&#233;es, ce sont les possibilit&#233;s de combinaison des caract&#232;res de l'&#233;criture &lt;i&gt;(gramm&#225;ton sunth&#233;seis) &lt;/i&gt; que le h&#233;ros civilisateur a imagin&#233;es pour le bienfait des hommes. Par ailleurs, ces dispositions combinatoires des &#233;l&#233;ments de l'&#233;crit sont pr&#233;sent&#233;es comme la m&#233;moire de toute chose &lt;i&gt;(mn&#233;me hap&#225;nton)&lt;/i&gt; ; l'&#233;criture c'est donc &#171; une artisane, m&#232;re des Muses &#187; &lt;i&gt;(mousom&#233;tor erg&#225;ne)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'explique Griffith 1983, 169 s., la le&#231;on erg&#225;nen doit &#234;tre pr&#233;f&#233;r&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#201;criture per&#231;ue dans son aspect de succession combinatoire et de d&#233;veloppement lin&#233;aire ; &#233;criture se substituant &#224; Mn&#233;mosyne, l'incarnation de la m&#233;moire, comme m&#232;re des Muses, dans un passage subreptice de l'oral &#224; l'&#233;crit ! Deux aspects inattendus, m&#233;ritant &#233;clairage.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Images graphiques de l'&#233;criture&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par le concept de &lt;i&gt;s&#250;nthesis &lt;/i&gt; dont le signifiant ne va pas tarder &#224; devenir un terme technique utilis&#233; dans le domaine de la rh&#233;torique ; suivant le nom qui la compl&#232;te au g&#233;nitif, &lt;i&gt;s&#250;nthesis &lt;/i&gt; d&#233;signe tour &#224; tour la combinaison des voyelles et des consonnes dans un mot, l'agencement des m&#232;tres d&#233;finissant une p&#233;riode rythmique, la s&#233;quence des mots produisant un &#233;nonc&#233;, l'ensemble des &#233;nonc&#233;s constituant un discours &#233;crit &lt;i&gt;(s&#250;ngramma / l&#243;gos)&lt;/i&gt; ou un po&#232;me &#233;pique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;S&#250;nthesis &#233;quivalent de t&#224; &#225;phona pr&#242;s t&#224; phon&#233;enta sunde&#238;n : Aristote, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le terme re&#231;oit d&#232;s lors une acception technique assez marqu&#233;e pour &#234;tre utilis&#233; par Denys d'Halicarnasse dans la d&#233;signation de son trait&#233; de stylistique : la &lt;i&gt;s&#250;nthesis onom&#225;ton&lt;/i&gt;, ce sont d&#233;sormais aussi bien l'agencement phon&#233;tique et rythmique des syllabes composant les mots que la combinaison des mots et des &#233;nonc&#233;s produisant un d&#233;veloppement argument&#233;. On va y revenir &#224; propos du rythme ; mais non sans avoir encore signal&#233; qu'Alc&#233;e d&#233;j&#224;, puis Pindare usent tour &#224; tour du terme &lt;i&gt;th&#233;sis &lt;/i&gt; pour d&#233;noter le processus de construction architectonique dont le po&#232;me est le produit artisanal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alc&#233;e, fr. 204, 6 Voigt et Pindare, Olympique, 3, 8, comment&#233;s par Gentili (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En tant qu'invention technique, l'&#233;criture est donc moins envisag&#233;e par le Prom&#233;th&#233;e &#233;schyl&#233;en comme un ensemble paradigmatique d'&#233;l&#233;ments discrets que sous l'aspect combinatoire des mises en s&#233;quence multiples dont ses composants sont l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.1. Morphologie scripturale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pourtant les nombreux passages de textes tragiques cit&#233;s par Ath&#233;n&#233;e &#224; propos de l'alphabet ne t&#233;moignent-ils pas qu'au V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle la sensibilit&#233; des Ath&#233;niens aux lettres de l'alphabet se portait sur leurs formes individuelles, ind&#233;pendamment de leur insertion et de leur combinaison dans une cha&#238;ne graphique continue ? Le h&#233;ros du fameux &lt;i&gt;Spectacle de l'alphabet &lt;/i&gt; de Callias d&#233;clame les lettres de l'alphabet dans leur ordre canonique avant que les choreutes (incarnant les 24 lettres de l'alphabet ?) n'associent successivement chaque consonne aux sept voyelles de l'alphabet classique pour former autant de syllabes : premi&#232;res possibilit&#233;s combinatoires, mais aussi passage du signe &#233;crit &#224; son correspondant phonique. Apr&#232;s une seconde sc&#232;ne de d&#233;clamation consacr&#233;e &#224; la prononciation rythm&#233;e des voyelles, on revient &#224; la qualit&#233; graphique de l'&#233;criture en pr&#234;tant voix aux lettres elles-m&#234;mes : les voil&#224; susceptibles de d&#233;crire g&#233;om&#233;triquement et m&#233;taphoriquement leur propre forme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Callias test. 7 Kassel-Austin, cit&#233; par Ath&#233;n&#233;e, 10, 453c ss., cf. aussi 7, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le caract&#232;re d'&#233;criture vu isol&#233;ment comme un assemblage de formes g&#233;om&#233;triques (cercles, traits et points), qui mieux qu'un illettr&#233; pourrait en donner l'image ? Pour l'analphab&#232;te, aucune possibilit&#233; de donner du trac&#233; iconique une interpr&#233;tation vocale. C'est ainsi &#224; un pauvre berger illettr&#233; qu'ont recouru successivement Euripide, Agathon et Th&#233;odect&#232;s de Phas&#233;lis, tous trag&#233;diens, pour r&#233;duire le nom de Th&#233;s&#233;e &#224; sa pure expression graphique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Euripide, fr. 381 et 382 Kannicht, Agathon, 39 F 4 Snell, Th&#233;odecte, 72 F 6 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans ces descriptions, les lettres sont consid&#233;r&#233;es dans leur succession certes, mais comme entit&#233;s distinctes les unes des autres, &#224; leur tour d&#233;composables individuellement en figures g&#233;om&#233;triques simples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces quelques indices n'ont fait que confirmer la repr&#233;sentation en &#233;l&#233;ments d&#233;tach&#233;s que, nous modernes, nous nous faisons de l'&#233;criture ; marqu&#233;e aussi bien par un apprentissage analytique que par l'aspect discret des caract&#232;res imprim&#233;s, cette conception moderne a tout normalement &#233;t&#233; projet&#233;e sur la conception antique. C'est dans ce sens que tout naturellement a &#233;t&#233; lu le fameux passage d'H&#233;rodote narrant la reprise et l'adaptation par les Grecs du syst&#232;me d'&#233;criture ph&#233;nicien : parmi d'autres connaissances &lt;i&gt;(didaskal&#237;a)&lt;/i&gt;, les Ph&#233;niciens accompagnant Cadmos dans son &#233;migration en B&#233;otie auraient introduit en Gr&#232;ce ces &lt;i&gt;gr&#225;mmata &lt;/i&gt; dont l'usage &#233;tait r&#233;pandu en Ph&#233;nicie depuis longtemps ; avec le temps, ils en modifi&#232;rent la &#171; prononciation &#187; &lt;i&gt;(phon&#233;)&lt;/i&gt;, et la &#171; forme &#187; &lt;i&gt;(rhuthm&#243;s)&lt;/i&gt; &#8212; traduit-on g&#233;n&#233;ralement. Ces &#171; lettres cadm&#233;ennes &#187;, adapt&#233;es au grec, H&#233;rodote dit les avoir vu utiliser dans des inscriptions archa&#239;ques ornant des objets d&#233;pos&#233;s dans le temple d'Apollon Ism&#233;nios &#224; Th&#232;bes. Puis les Ioniens, qui habitaient alors la plupart des r&#233;gions environnantes, auraient repris les signes graphiques de ces migrants, par apprentissage &lt;i&gt;(did&#225;skei)&lt;/i&gt;, en en modifiant &#224; leur tour quelque peu la &#171; forme &#187; &lt;i&gt;(metarruthm&#237;santes)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;H&#233;rodote, 5, 58 ; voir l'ex&#233;g&#232;se de ce r&#233;cit propos&#233;e par Grassl 1972 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.2. Le flux du rythme musical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, &#224; envisager le terme &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; et ses d&#233;riv&#233;s dans leurs aspects s&#233;mantiques fondamentaux, on s'aper&#231;oit rapidement qu'il ne s'agit pas exactement de d&#233;signer une forme. &#192; l'&#233;poque d'H&#233;rodote, &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; ressort essentiellement au domaine musical, dans le sens grec, compr&#233;hensif de cette d&#233;signation. &#171; Rythme &#187; d&#233;note ainsi la cadence du pas d'une arm&#233;e avan&#231;ant dans un ordre &lt;i&gt;(t&#225;xis)&lt;/i&gt; r&#233;gl&#233; par le son de la fl&#251;te, ou plus simplement la mesure d'un pas dans&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pas d'une arm&#233;e : Thucydide, 5, 70, cf. aussi Aristophane, Ploutos, 759, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pour d&#233;terminer le r&#244;le de la musique dans la cit&#233; id&#233;ale, le Platon des Lois est conduit &#224; pr&#233;ciser ce sens chor&#233;graphique de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; ; ce terme d&#233;signe la cadence &lt;i&gt;(t&#225;xis)&lt;/i&gt; du mouvement en relation avec la m&#233;lodie de la voix qui, en tant qu'harmonie, est soutenue par la succession et l'accord des aigu&#235;s et des graves&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, Lois, 665a, cf. &#233;galement 670b et d, o&#249; le terme rhuthm&#243;s qualifie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais dans la th&#233;orie musicale, &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; para&#238;t assumer un sens encore plus sp&#233;cifique. Par la voix des protagonistes de la &lt;i&gt;R&#233;publique &lt;/i&gt; de Platon, on apprend que Damon semble avoir distingu&#233; d&#232;s le V&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle entre l'harmonie du &lt;i&gt;m&#233;los &lt;/i&gt; (vocal et instrumental), les cadences des pas de danse &lt;i&gt;(b&#225;seis)&lt;/i&gt; et les rythmes m&#233;triques produits par l'alternance des br&#232;ves et des longues dans l'&#233;mission du &lt;i&gt;logos&lt;/i&gt;. Du rythme march&#233; ou dans&#233;, on passe donc au rythme vocal. Et ceci par homologie. En effet, cette acception m&#233;trique et vocale du concept du &lt;i&gt;rhuthm&#243;s&lt;/i&gt;, se retrouve, &#224; l'&#233;poque m&#234;me de Damon, chez Aristophane ; dans la c&#233;l&#232;bre tentative d'initiation musicale de Str&#233;psiade par Socrate, ce terme est r&#233;serv&#233; aux &#171; rythmes &#187; dans&#233;s, tels que le &lt;i&gt;kat'en&#243;plion&lt;/i&gt;, en opposition aux m&#232;tres r&#233;cit&#233;s, trim&#232;tre (iambique) et t&#233;tram&#232;tre (trocha&#239;que) d'un c&#244;t&#233;, m&#232;tre &#233;pique de l'autre. Dans ce sens tr&#232;s pr&#233;cis, le &#171; rythme &#187; &#8212; mesure de l'&#233;mission vocale &#8212; est envisag&#233; dans son accord avec la cadence d'un pas de danse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, R&#233;publique, 399 e ss. = Damon 37 B 9 Diels-Kranz ; Aristophane, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est d&#232;s lors av&#233;r&#233; que compl&#233;mentairement aux &#171; m&#232;tres &#187; qui d&#233;signent les cadences de la p&#233;riode dans la po&#233;sie r&#233;cit&#233;e, les &#171; rythmes &#187; se r&#233;f&#232;rent aux cadences des po&#232;mes chant&#233;s, et par cons&#233;quent dans&#233;s. C'est ainsi qu'Isocrate d&#233;finit la prose par opposition aux &#171; m&#232;tres &#187; et aux &#171; rythmes &#187; utilis&#233;s par les po&#232;tes ; c'est ainsi &#233;galement qu'on a pu attribuer &#224; Philolaos un trait&#233; consacr&#233; aux m&#232;tres et aux rythmes et que Platon juge dangereux les trait&#233;s r&#233;dig&#233;s par &#233;crit qui, sans &#234;tre faits pour &#234;tre chant&#233;s &lt;i&gt;(&#225;lura)&lt;/i&gt;, sont n&#233;anmoins soit r&#233;dig&#233;s dans une prose m&#233;trique, soit en prose pure, priv&#233;s de rythme et d'harmonie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Isocrate, 9, 10 ; Philolaos, 44 B 22 Diels-Krauz ; Platon, Lois, 810b. Voir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le rythme grec est bien une notion musicale : cadence de l'&#233;mission verbale faite de la succession de syllabes br&#232;ves et longues comme le pr&#233;cise Denys d'Halicarnasse&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Denys d'Halicarnasse, Composition des mots, 11, 62 ss.&#034; id=&#034;nh2-12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, cadence phonique dans sa relation avec la cadence de la danse et avec la m&#233;lodie qui l'accompagne. Cette relation de co&#239;ncidence rythmique entre l'&#233;mission vocale et le pas de danse, les po&#232;tes eux-m&#234;mes l'ont sentie et exprim&#233;e par l'utilisation du terme &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; ; ainsi Ion de Chios frappant le sol &#224; un rythme &#171; de course &#187; &lt;i&gt;(tr&#233;khonti)&lt;/i&gt; tout en jouant de la fl&#251;te, ou ces choreutes anonymes d&#233;crivant l'ex&#233;cution musicale qu'ils sont en train de consacrer &#224; Dionysos comme le &#171; flux &#187; &lt;i&gt;(kh&#233;ontes)&lt;/i&gt; d'un rythme simple dans&#233; (et probablement &#233;nonc&#233;) sur une m&#233;lodie modul&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ion, 19 F 42 Snell ; Carmina popularia, fr. 851 (b) Page ; cf. encore (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-13&#034;&gt;13&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La m&#233;taphore de l'&#233;coulement d'un rythme nous renvoie directement &#224; l'&#233;tymologie de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s&lt;/i&gt;. L'analyse morphologique du terme montre non seulement sa d&#233;rivation &#224; partir du verbe &lt;i&gt;rh&#233;o&lt;/i&gt;, &#171; couler &#187;, mais aussi le caract&#232;re dynamique que lui ajoute le suffixe &lt;i&gt;-thm&#243;s&lt;/i&gt;. Du point de vue de la morphologie, &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; d&#233;signe donc une &#171; configuration d'&#233;l&#233;ments en mouvement &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la formulation heureuse propos&#233;e par Sandoz 1971, 68 s. Les linguistes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-14&#034;&gt;14&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; il d&#233;signe une s&#233;quence d'&#233;l&#233;ments saisie dans le proc&#232;s de sa construction et de son organisation (en l'occurrence cadenc&#233;es), dans le dessin de son trac&#233; (rythm&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.3. &#201;critures de la voix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si, dans la description d'H&#233;rodote, travail du temps et intervention ponctuelle des Ioniens conduisent &#224; des modifications de l'alphabet ph&#233;nicien, la d&#233;signation de ces transformations par le verbe &lt;i&gt;metarrhuthm&#237;zein &lt;/i&gt; porte moins sur la forme individuelle de chaque lettre que sur la configuration de la s&#233;quence qu'elles dessinent quand elles sont encha&#238;n&#233;es dans la repr&#233;sentation graphique d'un &#233;nonc&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Eschyle, Perses, 747, fournit de ce verbe un emploi singuli&#232;rement proche de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-15&#034;&gt;15&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les inscriptions archa&#239;ques, consid&#233;r&#233;es dans leur aspect formel, sont &#224; cet &#233;gard fort instructives. Dans l'adaptation de l'instrument ph&#233;nicien &#224; leurs propres besoins et repr&#233;sentations, les Grecs semblent avoir &#233;prouv&#233; moins de difficult&#233;s au sujet de la forme des lettres qu'&#224; l'&#233;gard de leur articulation dans la transcription d'un &#233;nonc&#233;. Connaissant de nombreuses variations locales, les diff&#233;rents ab&#233;c&#233;daires grecs, attest&#233;s &#224; l'&#233;poque archa&#239;que, se laissent ais&#233;ment reconduire aux formes des alphabets s&#233;mitiques consid&#233;r&#233;s comme leurs anc&#234;tres. En revanche, la d&#233;termination de la direction de l'&#233;nonc&#233; graphique et de sa configuration a &#233;t&#233; l'objet de nombreuses tentatives ; la plus connue est celle qui, compar&#233;e au parcours en va-et-vient de l'attelage des b&#339;ufs laboureurs tra&#231;ant des sillons, a pris le nom de boustroph&#233;don. Encore au II&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ap. J.-C., ce trac&#233; suscite la curiosit&#233; de Pausanias quand &#224; Olympie il tente de d&#233;chiffrer les inscriptions commentant les sc&#232;nes reproduites sur le coffre archa&#239;que de Cyps&#233;los&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pausanias, 5, 17, 6, qui parle des voltes (heligmo&#237;) de l'&#233;criture. Jeffery (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-16&#034;&gt;16&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans leurs premi&#232;res inscriptions sur pierre, et plus encore dans la c&#233;ramique, les Grecs ont montr&#233; une sensibilit&#233; singuli&#232;re &#224; la configuration graphique d'un &#233;nonc&#233; dans l'entier de son d&#233;veloppement. L&#224; o&#249; elles rehaussent une repr&#233;sentation figur&#233;e de la c&#233;ramique, les inscriptions s'int&#232;grent &#224; l'image, achevant volontiers la coh&#233;sion architecturale et esth&#233;tique de son trac&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La fonction publique de la calligraphie des lapicides est soulign&#233;e par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-17&#034;&gt;17&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quand les Grecs &#171; changent le rythme &#187; des &lt;i&gt;gr&#225;mmata &lt;/i&gt; import&#233;s par les Ph&#233;niciens, ils en modifient surtout l'encha&#238;nement apte &#224; transcrire le flux phonique des &#233;nonc&#233;s de leur propre langue ; de l&#224; ces inscriptions ondoyantes, sinueuses ou rectilignes qui &#233;prouvent bien de la peine &#224; se plier &#224; une orientation unique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;1.4. &#201;nonc&#233;s rythmiques et po&#233;tiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Car H&#233;rodote dit parfaitement l'interd&#233;pendance entre l'&#233;nonc&#233; phonique et sa transcription graphique : le &#171; rythme &#187; des lettres se modifie en accord avec celui de la langue. Or on sait bien que, parmi les probl&#232;mes phon&#233;tiques que posa aux Grecs l'adaptation d'un syst&#232;me graphique &#233;labor&#233; pour une langue diff&#233;rente, plus que la transcription des aspir&#233;es ou des doubles consonnes, l'&#233;laboration des signes aptes &#224; rendre les voyelles exigea les solutions les plus d&#233;licates&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#224; ce propos Heubeck 1979, X 88 ss., et la r&#233;flexion de Platon, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-18&#034;&gt;18&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Introduire des voyelles dans un syst&#232;me graphique consonantique &#8212; c'est-&#224;-dire syllabique &#8212;, c'est vraiment en modifier le rythme au moment de son utilisation dans la transcription d'&#233;nonc&#233;s concrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais l&#224; encore la r&#233;alisation graphique est ins&#233;parablement li&#233;e au flux phonique de l'&#233;nonc&#233;. Et ceci &#224; d'autant plus forte raison que les inscriptions les plus anciennes parmi celles qui nous sont parvenues &#8212; copi&#233;es en &lt;i&gt;scriptio continua&lt;/i&gt; &#8212; correspondent volontiers &#224; des &#233;nonc&#233;s m&#233;triques et par cons&#233;quent po&#233;tiques. On sait donc qu'en Gr&#232;ce &#171; archa&#239;que &#187; et classique, la mesure de la cadence d'une p&#233;riode po&#233;tique est constitu&#233;e par l'alternance r&#233;gl&#233;e de longues et de br&#232;ves (dans une proportion moyenne de 2 : 1) et que l'unit&#233; en est la syllabe ; de l&#224; plusieurs sch&#233;mas m&#233;triques (d&#233;nomm&#233;s &lt;i&gt;k&#244;la&lt;/i&gt;) dont la combinaison donne sa mesure et sa cadence &#224; la p&#233;riode (et qui ont fait l'objet de plusieurs tentatives de transcription arithm&#233;tique)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un r&#233;sum&#233; des principes de la m&#233;trique grecque, on se r&#233;f&#233;rera, par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-19&#034;&gt;19&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On comprend d&#232;s lors la n&#233;cessit&#233; pour les hell&#233;nophones d'introduire, dans un syst&#232;me de transcription graphique consonantique, des signes aptes &#224; transcrire &#233;galement les voyelles. Par ailleurs, comme on l'a indiqu&#233;, toute forme chant&#233;e &#233;tait doubl&#233;e de mouvements du corps, d'ordre chor&#233;graphique ; &#224; la cadence du flux vocal correspond donc, dans tout &#233;nonc&#233; po&#233;tique, une pratique chor&#233;graphique dont le rythme suit celui de l'&#233;mission vocale avec sa mesure. On retrouve ainsi la notion musicale de rythme, puisque la cadence phonique constitu&#233;e par la s&#233;quence des syllabes br&#232;ves et des syllabes longues d&#233;termine celle du pas de danse qui &#224; son tour souligne organiquement et collectivement l'&#233;mission vocale. Relevant d'un accent tonal et non pas tonique, l'intonation relative &#224; l'accentuation ne sera quant &#224; elle marqu&#233;e graphiquement que beaucoup plus tard, en g&#233;n&#233;ral de mani&#232;re tr&#232;s ponctuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans ce flux continu et cadenc&#233;, la distinction des p&#233;riodes trouve en g&#233;n&#233;ral son correspondant dans l'organisation en lignes du texte &#233;crit&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le recueil d'inscriptions m&#233;triques publi&#233; par Hansen 1983, ainsi que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-20&#034;&gt;20&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est ainsi que, sur papyrus et manuscrits, les textes po&#233;tiques, parmi lesquels en particulier les parties chorales de la trag&#233;die, sont dispos&#233;s en une succession de lignes dont l'organisation correspond aux p&#233;riodes m&#233;triques des paroles dites, chant&#233;es et anim&#233;es par le mouvement du corps ; &#171; mesure des &lt;i&gt;k&#244;la &lt;/i&gt; &#187; , la colom&#233;trie graphique renvoie &#224; la cadence m&#233;trique et chor&#233;graphique du flux vocal po&#233;tique. Ainsi, par un jeu de m&#233;taphore gestuelle, non seulement l'un des protagonistes de la &lt;i&gt;Trag&#233;die Lettreuse&lt;/i&gt; de Callias parvient-il &#224; r&#233;citer l'ab&#233;c&#233;daire en trim&#232;tres iambiques, mais &#8212; rappelons-le &#8212; le ch&#339;ur de femmes de cette trag&#233;die se permet de le danser et de le chanter &lt;i&gt;(&#233;mmetros ka&#236; memelopepoiem&#233;nos)&lt;/i&gt; en unissant successivement chaque consonne &#224; chacune des sept voyelles de l'alphabet grec. Ce sont donc les syllabes et leur s&#233;quence qui permettent la mise en discours strophique, vocale et rythm&#233;e, de l'&#233;criture emprunt&#233;e aux Ph&#233;niciens ! Elles le font si bien qu'en un autre passage, Ath&#233;n&#233;e nous raconte que selon le P&#233;ripat&#233;ticien Cl&#233;arque, les parties chorales, chant&#233;es et dans&#233;es, de la trag&#233;die alphab&#233;tique de Callias servirent de mod&#232;les pour des compositions po&#233;tiques aussi c&#233;l&#232;bres que l'&lt;i&gt;&#338;dipe-Roi&lt;/i&gt; de Sophocle et la &lt;i&gt;M&#233;d&#233;e &lt;/i&gt; d'Euripide&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rences supra n. 5. On rel&#232;vera &#224; ce propos qu'en particulier chez (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-21&#034;&gt;21&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'&#233;criture ph&#233;nicienne transpos&#233;e par les Grecs ne semble viser en premier lieu qu'&#224; donner une image graphique d'un &#233;nonc&#233; phonique rythm&#233;, d'un &#233;nonc&#233; po&#233;tique prof&#233;r&#233; oralement et correspondant &#224; un mouvement corporel ; probabilit&#233; historique qui fonde sans doute la repr&#233;sentation classique de l'&#233;criture en Gr&#232;ce. M&#234;me si la prudence philologique nous interdit d'accorder cr&#233;ance aux &#233;l&#233;ments d'une biographie largement l&#233;gendaire, peut-&#234;tre est-ce dans le sens de la reprise de l'analogie rythmique qu'il faut interpr&#233;ter l'effort esth&#233;tisant attribu&#233; &#224; Pythagore qui entreprit de retracer &lt;i&gt;(rhuthm&#237;zein)&lt;/i&gt; la forme des lettres &#224; partir de figures g&#233;om&#233;triques &#233;l&#233;mentaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce renseignement nous est transmis de troisi&#232;me main par la scholie &#224; Denys (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-22&#034;&gt;22&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. M&#233;moires de l'&#233;crit&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, les affinit&#233;s que la repr&#233;sentation grecque de l'&#233;criture semble entretenir avec les effets de flux cadenc&#233; provoqu&#233;s par l'&#233;nonc&#233; oral expliquent mieux la r&#233;f&#233;rence prom&#233;th&#233;enne, de pair avec la valeur combinatoire des lettres, &#224; la m&#233;moire et &#224; la Muse. Cette r&#233;f&#233;rence n'est-elle pourtant pas paradoxale ? Ne contredit-elle pas la c&#233;l&#232;bre critique de l'&#233;criture, instrument d&#233;l&#233;t&#232;re de la m&#233;moire, formul&#233;e dans le &lt;i&gt;Ph&#232;dre &lt;/i&gt; par Platon ? L'illustre r&#233;cit de Thoth ne fonde-t-il pas toute la th&#233;orie moderne de la relation &#233;troite existant entre l'exercice de la m&#233;moire, incarn&#233;e en Gr&#232;ce dans le r&#244;le inspirateur attribu&#233; aux Muses et &#224; Mn&#233;mosyne leur m&#232;re, et une tradition po&#233;tique essentiellement orale&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, Ph&#232;dre, 274 e ss., comment&#233; par Derrida 1968 (repris dans Derrida (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-23&#034;&gt;23&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2.1. Rem&#232;des scripturaux &#224; l'oubli&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; vrai dire, plusieurs indices tendent &#224; confirmer l'existence en Gr&#232;ce classique d'une repr&#233;sentation dans laquelle l'&#233;criture entendue comme activit&#233; artisane vient prendre le r&#244;le traditionnellement attribu&#233; &#224; la m&#233;moire ; comme chez Eschyle, l'&#233;criture peut d&#233;sormais assumer les traits de la m&#232;re des Muses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains de ces indices ont d&#233;j&#224; fait l'objet d'une large publicit&#233;. Tel le c&#233;l&#232;bre passage de l'&lt;i&gt;&#201;loge de Palam&#232;de&lt;/i&gt; par Gorgias le Sophiste qui, au nombre des ressources donn&#233;es &#224; l'homme pour tirer sa vie de l'impasse &lt;i&gt;(p&#243;rimon ex ap&#243;rou)&lt;/i&gt;, attribue au h&#233;ros l'&#233;criture, cet instrument de la m&#233;moire &lt;i&gt;(mn&#233;mes &#243;rganon)&lt;/i&gt; ; tel aussi ce fragment de la trag&#233;die consacr&#233;e par Euripide au m&#234;me h&#233;ros civilisateur, qui pr&#233;sente l'&#233;criture comme une invention susceptible, par la combinaison des voyelles et des consonnes en syllabes, de fournir un rem&#232;de &#224; l'oubli &lt;i&gt;(t&#224; t&#234;s l&#233;thes ph&#225;rmaka)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gorgias, 82 B 11a, 30 Diels-Kranz ; Euripide, fr. 578 Kannicht.&#034; id=&#034;nh2-24&#034;&gt;24&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Et c'est encore le &lt;i&gt;poinikast&#225;s &lt;/i&gt; de Cr&#232;te, ce sp&#233;cialiste en lettres ph&#233;niciennes, qui a pour fonction d'&#233;crire et par cons&#233;quent de m&#233;moriser &lt;i&gt;(mnamone&#250;ein)&lt;/i&gt; les affaires publiques ; ce scribe, on le d&#233;nomme d'ailleurs parfois, en Cr&#232;te m&#234;me, &lt;i&gt;mn&#225;mon&lt;/i&gt;, le &#171; m&#233;morisateur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les attestations &#233;pigraphiques de ces d&#233;nominations d'une fonction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-25&#034;&gt;25&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#201;criture-m&#233;moire, &#233;criture instrument d'artisan, &#233;criture sans doute de plus en plus largement utilis&#233;e dans la composition po&#233;tique, elle-m&#234;me envisag&#233;e comme une activit&#233; technique de construction savante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;2. 2. L'oral &#233;crit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais cet av&#232;nement de l'&#233;criture dans le champ de la m&#233;moire n'entra&#238;ne avec lui aucune d&#233;pr&#233;ciation de l'oral. Les quelques textes all&#233;gu&#233;s jusqu'ici devraient nous convaincre que, d&#232;s sa reprise par les Grecs, l'&#233;criture devient une sorte de simple m&#233;taphore de la parole, et plus sp&#233;cifiquement de la parole po&#233;tique, avec ses rythmes propres &#224; la fois chant&#233;s et dans&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette assimilation de l'&#233;nonc&#233; &#233;crit &#224; la parole orale est &#233;galement &#224; l'origine du paradoxe relev&#233; par d'autres quant au r&#244;le parfois jou&#233; par l'&#233;criture dans la construction de l'intrigue tragique. Les causes de l'insucc&#232;s du premier &lt;i&gt;Hippolyte &lt;/i&gt; d'Euripide sont connues ; elles trouvent un &#233;cho chez Aristophane. La premi&#232;re version pr&#233;sent&#233;e par le tragique sur la sc&#232;ne attique aurait fait de Ph&#232;dre une &lt;i&gt;p&#243;rne&lt;/i&gt;, une d&#233;bauch&#233;e, et la trag&#233;die fut tax&#233;e d'ind&#233;cence&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon l'Argument de l'Hippolyte, 29 s., le second Hippolyte devait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-26&#034;&gt;26&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Pour &#233;viter la confrontation entre une belle-m&#232;re et un beau-fils que la honte devait conduire &#224; se voiler la face devant elle (de l&#224; le titre de ce premier &lt;i&gt;Hippolyte voil&#233;&lt;/i&gt;), Euripide imagina dans la seconde version d'anticiper le suicide de Ph&#232;dre et de faire mourir l'h&#233;ro&#239;ne avant la rencontre avec Hippolyte. Comment concilier d&#232;s lors pr&#233;servation de la pudeur et accusation coupable d'un amour inexistant ? Le moyen technique offert par l'&#233;criture est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; pour r&#233;duire l'impasse chronologique provoqu&#233;e par la modification de l'intrigue. C'est par la tablette attach&#233;e &#224; sa main et les signes qui y sont trac&#233;s que Ph&#232;dre, qui s'est d&#233;j&#224; donn&#233; la mort, va pouvoir porter contre son beau-fils l'accusation destin&#233;e &#224; entra&#238;ner sa chute. Marqu&#233;e du sceau de la d&#233;funte, la tablette se manifeste naturellement &#224; Th&#233;s&#233;e par l'interm&#233;diaire de la vue. Mais d&#232;s que s'est exprim&#233;e la violente &#233;motion provoqu&#233;e par la vision du cadavre de son &#233;pouse, le h&#233;ros cherche &#224; conna&#238;tre la signification du message port&#233; par la tablette ; celle-ci est d&#232;s lors pourvue non seulement d'une volont&#233;, mais aussi d'une voix &lt;i&gt;(&#237;do t&#237; l&#233;xai delt&#242;s h&#233;de moi th&#233;lei)&lt;/i&gt;. D&#233;cachet&#233;e, la tablette se met alors &#224; crier ; mieux, elle prof&#232;re un chant qui, par l'&#233;criture, est donn&#233; &#224; voir &lt;i&gt;(e&#238;don grapha&#238;s m&#233;los phthegg&#243;menon)&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Euripide, Hippolyte, 856 ss. et 877 ss.&#034; id=&#034;nh2-27&#034;&gt;27&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Le syncr&#233;tisme est donc entier entre vue/lecture et ou&#239;e/&#171; oralit&#233; &#187;, mais aussi, du point de vue de l'&#233;metteur, entre &#233;crit et oral. Une telle int&#233;gration de deux modes de communication et de deux types de tradition avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; annonc&#233;e par la nourrice ; celle-ci montrait que la connaissance de la tradition l&#233;gendaire d&#233;pend aussi bien de la fr&#233;quentation des po&#232;tes &lt;i&gt;(en mo&#250;sais)&lt;/i&gt; que de la possession des &#233;crits &lt;i&gt;(grapha&#237;)&lt;/i&gt; des anciens&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Euripide, Hippolyte, 451 s. ; sur le sens de grapha&#237;, on lira avec profit le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-28&#034;&gt;28&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#233;sormais, m&#234;me si elle rapporte le mensonge forg&#233; par Ph&#232;dre, la tablette constitue un t&#233;moignage et un signe plus s&#251;r que ceux de la divination ; c'est elle qui accuse oralement Hippolyte. Sans doute mensong&#232;re, elle n'en provoque pas moins, pratiquement, la mort du jeune h&#233;ros&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Euripide, Hippolyte, 1057 ss. On verra &#224; ce sujet le commentaire de Segal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-29&#034;&gt;29&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D&#232;s lors, au IV&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'&#233;criture est-elle vraiment de la part de Platon la victime du m&#233;pris et du rejet que l'on a dits ? &#192; parcourir tous les passages traitant de cet instrument dont l'usage a d&#233;sormais profond&#233;ment p&#233;n&#233;tr&#233; les modes de la tradition de la culture grecque, on la trouve soumise &#224; des jugements nuanc&#233;s, sinon ambivalents. Dans le r&#233;cit exemplaire qui dans le &lt;i&gt;Tim&#233;e &lt;/i&gt; introduit la narration du mythe de l'Atlantide, les efforts d&#233;ploy&#233;s par Solon pour se rem&#233;morer le pass&#233; de la Gr&#232;ce faillissent devant le savoir des pr&#234;tres &#233;gyptiens de Sa&#239;s ; ils sont en effet les d&#233;tenteurs d'un syst&#232;me d'&#233;criture qui leur a permis d'enregistrer dans leurs temples les &#233;v&#233;nements les plus recul&#233;s &lt;i&gt;(gegramm&#233;na ek palaio&#251; ka&#236; sesosm&#233;na)&lt;/i&gt; parmi ceux transmis dans un premier temps par ou&#239;-dire &lt;i&gt;(ako&#234;i)&lt;/i&gt;. Mais quand ce mythe est repris dans le Critias, sa narration est introduite par une invocation &#224; Mn&#233;mosyne ; le r&#233;cit consign&#233; par &#233;crit dans les archives des pr&#234;tres d'&#201;gypte est en effet racont&#233; oralement &#224; Solon qui en rapporte &#224; Ath&#232;nes sa version &lt;i&gt;(t&#225; pote rheth&#233;nta hup&#242; t&#244;n hier&#233;on ka&#236; de&#251;ro hup&#242; S&#243;lonos komisth&#233;nta)&lt;/i&gt; avant qu'il fasse l'objet des efforts de m&#233;moire &lt;i&gt;(mnesth&#233;ntes)&lt;/i&gt; du vieux Critias et de ses interlocuteurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, Tim&#233;e, 22a ss. et Critias, 108c ss. Cf. Detienne 1988a, repris dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-30&#034;&gt;30&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Quand il s'agit du r&#233;cit &lt;i&gt;(l&#243;gos)&lt;/i&gt; et en particulier des discours vrais relatifs au pass&#233; de la cit&#233;, tradition &#233;crite et tradition orale concourent &#224; l'exercice de la m&#234;me fonction m&#233;moriale. Dans le passage du &lt;i&gt;Ph&#232;dre &lt;/i&gt; si souvent all&#233;gu&#233;, si l'on attribue &#224; l'&#233;criture un r&#244;le n&#233;gatif dans l'exercice de la m&#233;moire int&#233;rieure, de la m&#233;moire philosophique &lt;i&gt;(anamimneiskom&#233;nous)&lt;/i&gt;, on lui reconna&#238;t tout de m&#234;me une valeur comme rem&#232;de &#224; la rem&#233;moration du r&#233;cit &lt;i&gt;(hup&#243;mnesis)&lt;/i&gt;. Et n'oublions pas que dans le &lt;i&gt;Phil&#232;be&lt;/i&gt;, l'explication de la nature des sensations recourt &#224; la double m&#233;taphore d'une m&#233;moire-scribe utilisant l'&#233;criture pour enregistrer dans l'&#226;me des discours, que ceux-ci soient v&#233;ridiques ou mensongers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Platon, Phil&#232;be, 39a. Sur le sens narratif de hup&#243;mnesis, voir Euripide, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-31&#034;&gt;31&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sans doute n'est-ce qu'avec Aristote que l'&#233;criture devient garantie d'exactitude et de v&#233;rit&#233; ; mais la r&#233;alisation discursive de l'&#233;crit est encore d&#233;sign&#233;e par le terme &lt;i&gt;l&#233;xis&lt;/i&gt;, un d&#233;riv&#233; du verbe &#171; dire &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aristote, Rh&#233;torique, 1413b 8 ss. ; &#233;sti l&#233;xis graphik&#232; he akribest&#225;te ; cf. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-32&#034;&gt;32&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi &#224; travers l'impression visuelle de l'&#233;criture, Grecques et Grecs per&#231;oivent toujours l'intonation d'une voix. Quand elle assume une forme po&#233;tique la cadence de cette voix renvoie &#224; un rythme chor&#233;graphique. C'est ainsi le corps qui, dans ses mouvements ritualis&#233;s, est marqu&#233; par ce flux cadenc&#233; avant que celui-ci n'entra&#238;ne l'&#226;me elle-m&#234;me ; c'est ce qu'indique en particulier la th&#233;orie musicale d&#233;velopp&#233;e par Platon. En effet, destin&#233; &#224; une performance musicale dans des circonstances publiques rituelles, le po&#232;me grec se pr&#233;sente souvent comme un acte de chant. Ex&#233;cut&#233; dans un cadre rituel et souvent religieux, ce chant volontiers choral inscrit en particulier le &#171; mythe &#187; qu'il repr&#233;sente, relatif au pass&#233; h&#233;ro&#239;que de la cit&#233;, dans la m&#233;moire culturelle de la communaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Quant &#224; ces fonctions de m&#233;moire collective et active des formes po&#233;tiques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-33&#034;&gt;33&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; la fois vocale, musicale et corporelle, la pratique po&#233;tique cadenc&#233;e implique donc, dans une culture traditionnelle comme celle de la Gr&#232;ce classique, une &#171; rythmicisation &#187; rituelle et collective, &#224; la fois organique et mentale, des processus individuels de subjectivation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On se r&#233;f&#233;rera &#224; ce sujet aux propositions formul&#233;es par Michon 2010, 159 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-34&#034;&gt;34&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce sera l&#224; l'objet d'une autre &#233;tude !&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=48&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Barrett 1964 :	&lt;i&gt;Euripides. Hippolytos&lt;/i&gt;, Oxford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benveniste 1966 :	&lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, vol. I, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouvier 1988 :	&#171; L'a&#232;de et l'aventure de m&#233;moire : Remarques sur le probl&#232;me d'une dimension religieuse de la m&#233;moire dans l'&lt;i&gt;Iliade &lt;/i&gt; et l'&lt;i&gt;Odyss&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, in P. Borgeaud (&#233;d.), &lt;i&gt;La m&#233;moire des religions&lt;/i&gt;,	Gen&#232;ve, 63-78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calame 1977 :	&lt;i&gt;Les ch&#339;urs de jeunes filles en Gr&#232;ce archa&#239;que.&lt;/i&gt; 2 vol. Roma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calame 2006a :	&lt;i&gt;Pratiques po&#233;tiques de la m&#233;moire. Repr&#233;sentations de l'espace-temps en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calame 2006b : &#171; R&#233;cit h&#233;ro&#239;que et pratique religieuse ; le pass&#233; po&#233;tique des cit&#233;s grecques classiques &#187;, &lt;i&gt;Annales. Histoire, Sciences Sociales&lt;/i&gt; 61, 527-551.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantraine 1968 :	&lt;i&gt;Dictionnaire &#233;tymologique de la langue grecque&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantraine 1971 :	&#171; &#192; propos du nom des Ph&#233;niciens et du nom de la pourpre &#187;, &lt;i&gt;Studii Classicae&lt;/i&gt; 14, 7-15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derrida 1968 : &#171; La pharmacie de Platon &#187;, &lt;i&gt;Tel Quel&lt;/i&gt; 32, 3-48 et 33, 18-59.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derrida 1972 :	&lt;i&gt;La Diss&#233;mination&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Detienne 1988a :	&#171; La double &#233;criture de la mythologie entre le Tim&#233;e et le Critias &#187;, in C. Calame	(&#233;d.),&lt;i&gt; M&#233;tamorphoses du mythe en Gr&#232;ce antique&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, 17-33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Detienne 1988b :	&#171; L'espace de la publicit&#233; : ses op&#233;rateurs intellectuels dans la cit&#233; &#187;, in M. Detienne (&#233;d.), &lt;i&gt;Les savoirs de l'&#233;criture en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Lille, 29-81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Detienne 1989 :	&lt;i&gt;L'&#233;criture d'Orph&#233;e&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Edwards 1979 :	&lt;i&gt;Kadmos the Phoenician. A Study of Greek Legend and the Mycenean Age&lt;/i&gt;, Amsterdam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gentili 1988 :	&#171; Metro e ritmo nella teoria degli antichi e nella prassi della &#8220;performance&#8221; &#187;, in B. Gentili &amp; R. Pretagostini (&#233;ds), &lt;i&gt;La musica in Grecia&lt;/i&gt;, Roma&#8211;Bari, 5-16.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gentili 2006 :	Poesia e pubblico nella Grecia antica da Omero al V secolo, Roma&#8211;Bari (4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gentili &amp; Giannini 1977 :	&#171; Preistoria e formazione dell'esametro &#187;, &lt;i&gt;Quaderni Urbinati di Cultura Classica&lt;/i&gt; 26, 7-51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grassl 1972 :	&#171; Herodot und die griechische Schrift &#187;, &lt;i&gt;Hermes &lt;/i&gt; 100, 169-175.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Griffith 1983 :	&lt;i&gt; Aeschylus. Prometheus Bound&lt;/i&gt;, Cambridge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hansen 1983 :	&lt;i&gt;Carmina Epigraphica Graeca saeculorum&lt;/i&gt; VIII-V a. Chr. n., Berlin&#8211;New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heubeck 1979 :	&lt;i&gt;Schrift&lt;/i&gt;, G&#246;ttingen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeffery 1982 :	&#171; Greek Alphabet Writing &#187;, &lt;i&gt;Cambridge Ancient History&lt;/i&gt; (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.), vol. III/1, Cambridge, 819-833.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeffery 1990 :	&lt;i&gt;The Local Scripts of Archaic Greece&lt;/i&gt;, Oxford (2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;d.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lentz 1989 :	&lt;i&gt;Orality and Literacy in Hellenic Greece&lt;/i&gt;, Carbondale&#8211;Edwardsville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lissarrague 1987 : &#171; Graphein. Scrivere e disegnare &#187;, &lt;i&gt;Grafica &lt;/i&gt; 3, 10-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loraux 1989 :	&#171; Les mots qui voient &#187;, in C. Reichler (&#233;d.), &lt;i&gt;L'interpr&#233;tation des textes&lt;/i&gt;, Paris, 157	182.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucas 1968 :	&lt;i&gt;Aristotle. Poetics&lt;/i&gt;, Oxford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maffi 1988 :	&#171; Ecriture et pratique juridique dans la Gr&#232;ce classique &#187;, in M. Detienne (&#233;d.), Les savoirs de l'&#233;criture en Gr&#232;ce ancienne, Lille, 188-210.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michon 2010 : &lt;i&gt;Fragments d'inconnu. Pour une histoire du sujet&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renehan 1963 : &#171; The Derivation of &lt;i&gt;rhuthmos&lt;/i&gt; &#187;, &lt;i&gt;Classical Philology&lt;/i&gt; 58, 36-37.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#246;sler 1989 : &#171; Typenh&#228;user bei Aischylos ? &#187;, in W. Scehuller (&#233;d.), &lt;i&gt;Demokratie und Architektur.	Der hippodamische St&#228;dtebau und die Entstehung der Demokratie&lt;/i&gt;, M&#252;nchen, 109-114.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ruz&#233; 1988 :	&#171; Aux d&#233;buts de l'&#233;criture politique : le pouvoir de l'&#233;crit dans la cit&#233; &#187;, in M. Detienne	(&#233;d.), &lt;i&gt;Les savoirs de l'&#233;criture en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Lille, 82-94.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa&#239;d 1985 :	&lt;i&gt;Sophiste et tyran ou le probl&#232;me du Prom&#233;th&#233;e encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sandoz 1971 :	&lt;i&gt;Les noms grecs de la forme. &#201;tude linguistique&lt;/i&gt;, Neuch&#226;tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Segal 1982 :	&#171; Trag&#233;die, oralit&#233;, &#233;criture &#187;, &lt;i&gt;Po&#233;tique &lt;/i&gt; 50, 131-154.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Segal 1987 : La musique du Sphinx. Po&#233;sie et structure dans la trag&#233;die grecque, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steinr&#252;ck 2007 :	&lt;i&gt;&#192; quoi sert la m&#233;trique ? Interpr&#233;tation litt&#233;raire et analyse des formes m&#233;triques grecques : une introduction&lt;/i&gt;, Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Svenbro 1988 :	&lt;i&gt;Phrasikleia. Anthropologie de la lecture en Gr&#232;ce ancienne&lt;/i&gt;, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Svenbro 1990 :	&#171; La cigale et les fourmis. Voix et &#233;criture dans une all&#233;gorie grecque &#187;, Opuscula	Romana 17, 7-21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;West 1982 :	&lt;i&gt;Greek Metre&lt;/i&gt;, Oxford.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eschyle, &lt;i&gt;Prom&#233;th&#233;e&lt;/i&gt;, 441 ss. Sa&#239;d 1985, 83 ss. et 138 ss., a mis en lumi&#232;re le caract&#232;re technique des savoirs-faire revendiqu&#233;s par Prom&#233;th&#233;e, avec leurs limites.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme l'explique Griffith 1983, 169 s., la le&#231;on &lt;i&gt;erg&#225;nen &lt;/i&gt; doit &#234;tre pr&#233;f&#233;r&#233;e comme &lt;i&gt;lectio difficilior&lt;/i&gt; &#224; l'&lt;i&gt;erg&#225;tin&lt;/i&gt; qu'offrent la plupart des manuscrits. Ce terme d&#233;signe volontiers les abeilles dans leur qualit&#233; industrieuse (Aristote, &lt;i&gt;Histoire des Animaux&lt;/i&gt;, 627a 12 ; &lt;i&gt;Anthologie Palatine&lt;/i&gt;, 9, 404, 8, etc.) alors que le premier correspond pr&#233;cis&#233;ment &#224; Ath&#232;nes &#224; une &#233;picl&#232;se d'Ath&#233;na d&#233;signant la d&#233;esse en sa qualit&#233; d'artisane : Sophocle, fr. 844 Radt et Pausianas, 1, 24, 3, confirm&#233;s par &lt;i&gt;IG&lt;/i&gt; I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;2&lt;/sup&gt; 561, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;S&#250;nthesis &lt;/i&gt; &#233;quivalent de &lt;i&gt;t&#224; &#225;phona pr&#242;s t&#224; phon&#233;enta sunde&#238;n&lt;/i&gt; : Aristote, &lt;i&gt;Rh&#233;torique &#224; Alexandre&lt;/i&gt;, 1434b 34 ss. ; &lt;i&gt;he t&#244;n m&#233;tron s&#250;nthesis&lt;/i&gt; (correspondant &#224; &lt;i&gt;l&#233;xis &lt;/i&gt; de la trag&#233;die) : Aristote, &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, 1449b 35 ; &lt;i&gt;s&#250;nthesis &#233;k te rhem&#225;ton ginom&#233;ne ka&#236; onom&#225;ton&lt;/i&gt; : Platon, &lt;i&gt;Sophiste&lt;/i&gt;, 263d (en 262 e, emploi dans ce sens du verbe &lt;i&gt;sunt&#237;themi&lt;/i&gt;), cf. &lt;i&gt;Cratyle&lt;/i&gt;, 431bc ainsi qu'Aristote, &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, 1458a 28 ; &lt;i&gt;s&#250;nthesis &lt;/i&gt; d'une production rh&#233;torique ou &#233;pique : Isocrate, 10, 11, Aristote, &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, 1459a 22. Le verbe correspondant est surtout utilis&#233; dans ce dernier sens : Euripide, &lt;i&gt;Bacchantes&lt;/i&gt;, 297, Thucydide, 1, 97, Antiphon, 6, 9, Platon, &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt;, 260b et 278 e, &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;, 377d, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Alc&#233;e, fr. 204, 6 Voigt et Pindare, &lt;i&gt;Olympique&lt;/i&gt;, 3, 8, comment&#233;s par Gentili 2006, 87 s. ainsi que p. 6 n. 4. &#192; propos du sens &#224; donner au terme &lt;i&gt;s&#250;nthesis &lt;/i&gt; tel qu'il est utilis&#233; par Pindare, fr. 205 Maehler, cf. Gentili 2006, 251 n. 64.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Callias test. 7 Kassel-Austin, cit&#233; par Ath&#233;n&#233;e, 10, 453c ss., cf. aussi 7, 276a. Sur le probl&#232;me de l'identit&#233; de Callias, cf. le commentaire &lt;i&gt;ad loc.&lt;/i&gt; ainsi que Sophocle, test. 175 Radt. Ces passages ont &#233;t&#233; comment&#233;s par Svenbro 1988, 202 ss., sous l'aspect vocal de l'&#233;criture davantage que sous son aspect graphique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euripide, fr. 381 et 382 Kannicht, Agathon, 39 F 4 Snell, Th&#233;odecte, 72 F 6 Snell, tous cit&#233;s par Ath&#233;n&#233;e, 10, 454b ss. Dans son &lt;i&gt;Amphiaraos&lt;/i&gt;, un drame satyrique (fr. 121 Radt), Sophocle faisait danser &#224; un acteur les formes des lettres de l'alphabet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;H&#233;rodote, 5, 58 ; voir l'ex&#233;g&#232;se de ce r&#233;cit propos&#233;e par Grassl 1972 (article aimablement signal&#233; &#224; mon attention par Marcel Detienne), et par Heubeck 1979, p. X 106 ss. On ne s'attardera pas ici sur l'&#233;nigme que pose l'&#233;tymologie de ces &lt;i&gt;phoinik&#233;ia &lt;/i&gt; qu'on peut aussi bien r&#233;f&#233;rer, &#224; la suite d'H&#233;rodote, au peuple qui en a fourni le mod&#232;le qu'&#224; la couleur rouge utilis&#233;e parfois pour en relever le trac&#233; : cf. &#224; ce sujet Chantraine 1971, et Edwards 1979, 174 ss. ; la pol&#233;mique &#224; ce propos &#233;tait d&#233;j&#224; vive dans l'Antiquit&#233; : cf. scholies &#224; Denys de Thrace, III, p. 184, 20 ss. Hilgard.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pas d'une arm&#233;e : Thucydide, 5, 70, cf. aussi Aristophane, &lt;i&gt;Ploutos&lt;/i&gt;, 759, Platon, &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 670b ou X&#233;nophon, &lt;i&gt;Anabase&lt;/i&gt;, 5, 4, 14 ; Aristote, &lt;i&gt;Probl&#232;mes&lt;/i&gt;, 882b 1 ss., met en rapport le rythme d'une course avec celui de la respiration. Pas d'un groupe choral : Aristophane, &lt;i&gt;Thesmophories&lt;/i&gt;, 955, X&#233;nophon, &lt;i&gt;Cyrop&#233;die&lt;/i&gt;, 1, 3, 10, &lt;i&gt;Anabase&lt;/i&gt;, 6, 1, 8, etc. Le dossier de tous les emplois de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; et de ses compos&#233;s est analys&#233; avec beaucoup de finesse par Sandoz 1971, 67 ss. et 119 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 665a, cf. &#233;galement 670b et d, o&#249; le terme &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; qualifie l'acte de &lt;i&gt;ba&#237;nein&lt;/i&gt;, ainsi que Sophiste 253b et infra n. 10 ; la m&#234;me conception de 1'analogie entre mesure des tons de la voix &lt;i&gt;(harmon&#237;a)&lt;/i&gt; et mesure des mouvements du corps &lt;i&gt;(rhuthmo&#236; ka&#236; m&#233;tra)&lt;/i&gt; est mise dans la bouche de Socrate dans le &lt;i&gt;Phil&#232;be&lt;/i&gt;, 17d-e. Cet accord entre harmonie et rythme, Eryximaque l'utilise dans le &lt;i&gt;Banquet &lt;/i&gt; (187a ss.) pour montrer par analogie l'accord entre &#233;l&#233;ments diff&#233;rents provoqu&#233; par l'amour : le rythme est alors vu comme une alternance harmonis&#233;e entre le rapide et le lent ; cf. encore &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt;, 307a, &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 654a, etc. Dans le &lt;i&gt;Protagoras &lt;/i&gt; 326b, harmonie et rythme concourent explicitement &#224; &#171; civiliser &#187; les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;R&#233;publique&lt;/i&gt;, 399 e ss. = Damon 37 B 9 Diels-Kranz ; Aristophane, &lt;i&gt;Nu&#233;es&lt;/i&gt;, 638 ss. cf. Gentili 1988. On remarquera que m&#234;me quand il ne se r&#233;f&#232;re pas explicitement &#224; la th&#233;orie musicale de Damon, le Socrate de la R&#233;publique d&#233;signe par le terme &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; la cadence dans&#233;e du chant choral &lt;i&gt;(m&#233;los)&lt;/i&gt; ; elle est compl&#233;mentaire du &lt;i&gt;l&#243;gos &lt;/i&gt; (ou du &lt;i&gt;m&#233;tron&lt;/i&gt;) et de l'&lt;i&gt;harmon&#237;a &lt;/i&gt; : R&#233;publique, 398d et 601a ; cf. aussi 397b-e et 401d ainsi que la d&#233;finition de la &lt;i&gt;khore&#237;a &lt;/i&gt; donn&#233;e dans Lois, 672 e, avec tout le d&#233;veloppement conduisant &#224; cette r&#233;flexion (669d ss.) : tout l'art choral r&#233;side dans le choix de chants adapt&#233;s aux rythmes des pas de danse et aux m&#233;lodies instrumentales (670d) ; voir encore Gorgias, 502 e. Pour la th&#233;orie aristot&#233;licienne, qui demanderait un d&#233;veloppement en soi, cf. &lt;i&gt;Po&#233;tique&lt;/i&gt;, 1447a 18ss., avec le commentaire de Lucas 1968, 57 s. et 261 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Isocrate, 9, 10 ; Philolaos, 44 B 22 Diels-Krauz ; Platon, &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 810b. Voir aussi Timoth&#233;e, fr. 791, 229 ss. Page.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Denys d'Halicarnasse, &lt;i&gt;Composition des mots&lt;/i&gt;, 11, 62 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-13&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-13&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-13&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;13&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ion, 19 F 42 Snell ; &lt;i&gt;Carmina popularia&lt;/i&gt;, fr. 851 (b) Page ; cf. encore Aristophane, fr. 147 Kassel-Austin et Platon, &lt;i&gt;Ion&lt;/i&gt;, 534a. Le contexte de citation du fr. 851 Page (Ath&#233;n&#233;e, 14, 622c-d) confirme que le terme &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; d&#233;signe bien la cadence du pas de danse de ces &lt;i&gt;phallophores&lt;/i&gt;. Voir aussi, parmi les &lt;i&gt;fragmenta melica adespota&lt;/i&gt;, le fr. 967 Page avec son invitation &#224; chanter &lt;i&gt;(m&#233;lpsomen)&lt;/i&gt; un enfant sur un rythme cr&#233;tois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-14&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-14&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-14&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;14&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon la formulation heureuse propos&#233;e par Sandoz 1971, 68 s. Les linguistes sont en g&#233;n&#233;ral partis de cette explication &#233;tymologique pour attribuer &#224; ce terme le sens premier de &#171; forme &#187; : cf. Benveniste 1966, 327 ss., et Chantraine 1968, 979 ; voir aussi Renehan 1963, 36-37. Forme &#171; en devenir &#187;, en rapport avec le proc&#232;s de sa constitution, ajoute Sandoz 1971, 71.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attribuant &#224; &lt;i&gt;rhuthm&#243;s&lt;/i&gt; le sens de &#171; forme &#187;, les modernes ont &#233;t&#233; probablement induits en erreur par un passage c&#233;l&#232;bre de la &lt;i&gt;M&#233;taphysique&lt;/i&gt; d'Aristote qui, commentant la th&#233;orie atomiste de Leucippe et de D&#233;mocrite, traduit le terme &lt;i&gt;rhusm&#243;s&lt;/i&gt; par celui de &lt;i&gt;skh&#234;ma&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Metaphysique&lt;/i&gt;, 985b 4 ss. = Leucippe, 67 A 6 Diels-Kranz). Plus exactement Aristote glose par les termes de &lt;i&gt;skh&#234;ma&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;t&#225;xis &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;th&#233;sis&lt;/i&gt;, les trois processus qui, pour les atomistes, provoqueraient la diff&#233;renciation entre les &#234;tres &#224; partir des ins&#233;cables : &lt;i&gt;rhusm&#243;s&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;diathig&#233; &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;trop&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple choisi par Aristote pour illustrer son propos est pr&#233;cis&#233;ment emprunt&#233; aux lettres de l'alphabet et si les lettres cit&#233;es sont A, N et Z, c'est probablement parce qu'elles sont compos&#233;es d'&#233;l&#233;ments analogues. La &#171; forme &#187; de &#171; A &#187; diff&#232;re donc de celle de &#171; N &#187; par la combinaison des lignes qui en constituent le trac&#233; (&lt;i&gt;rhusm&#243;s &lt;/i&gt; ; ainsi existe-t-il parmi les atomes aussi des &lt;i&gt;skh&#233;mata &lt;/i&gt; d'apparence sph&#233;rique : Aristote, &lt;i&gt;De l'&#226;me&lt;/i&gt;, 404a 1 ss. = Leucippe, 67 A 28) ; &#171; AN &#187; diff&#232;re de &#171; NA &#187; par l'ordre de contigu&#239;t&#233; des lettres (&lt;i&gt;diathig&#233; &lt;/i&gt; de &lt;i&gt;diathigg&#225;no&lt;/i&gt;) ; et &#171; Z &#187; diff&#232;re de &#171; N &#187; par sa position, par sa &#171; tournure &#187; (&lt;i&gt;trop&#233;&lt;/i&gt;, au sens propre du terme ; sur le probl&#232;me de la forme des deux derni&#232;res lettres compar&#233;es par Aristote, voir Ross 1924, I, 141). &lt;i&gt;Rhusm&#243;s &lt;/i&gt; renvoie donc &#224; l'agencement d'&#233;l&#233;ments (g&#233;om&#233;triques) : cf. L&#246;bl 1987, 134 s. et 143 s. Cela signifie que le principe du &lt;i&gt;rhusm&#243;s &lt;/i&gt; se r&#233;f&#232;re au proc&#232;s conduisant aux diff&#233;rentes formes que peuvent en effet assumer les atomes (cf. D&#233;mocrite, 68 A 37) alors que les deux autres principes concernent l'ordre et la position relatifs des atomes dans le corps qu'ils constituent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reprenant la m&#234;me explication par synonymie, Simplicius, Commentaire de la Physique d'Aristote, 28, 15 (= D&#233;mocrite, 68 A 38 ; cf. aussi 68 A 44), pr&#233;cise que ces trois concepts correspondent aux trois principes de diff&#233;renciation des &#234;tres compos&#233;s &#224; partir des atomes. Et A&#233;tius, 1, 15, 8 (= D&#233;mocrite, 68 A 125), d'ajouter que ces m&#234;mes trois principes sont &#224; l'origine de la coloration des &#234;tres &#224; partir d'&#233;l&#233;ments non marqu&#233;s ; ils en constituent les modes de combinaison. Une &#339;uvre de D&#233;mocrite &#233;tait d'ailleurs consacr&#233;e aux diff&#233;rents &lt;i&gt;rhusmo&#237; &lt;/i&gt; : 68 A 33, V 3 = B 5 i (cf. aussi A 33, V 4 = B 8 a : &lt;i&gt;Per&#236; ameipsirhusm&#244;n&lt;/i&gt;). On remarquera que le m&#234;me philosophe utilise ce terme &#233;galement pour d&#233;signer un ordre (une articulation ?) constitutionnel : 68 B 266 ; cf. encore infra n. 15. Dans l'interpr&#233;tation analogue qu'ils proposent du &lt;i&gt;rhusm&#243;s &lt;/i&gt; d&#233;mocrit&#233;en, Wismann 1980 et Ferrari 1980 attribuent aux atomistes eux-m&#234;mes l'analogie avec le trac&#233; de l'&#233;criture ; voir aussi Joly 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes plus ancien, le sens moral de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; correspond &#224; une disposition de caract&#232;re vue dans la succession d'&#233;tats affectifs contrast&#233;s qu'elle provoque : Archiloque, fr. 128, 7 West, Th&#233;ognis, 964 ss. (o&#249; le contexte d'emploi de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; implique clairement l'id&#233;e de changement), Anacr&#233;on, fr. 416 Page. Pour le sens g&#233;om&#233;trique de &lt;i&gt;rhuthm&#243;s &lt;/i&gt; comme &#171; forme en devenir &#187;, cf. Sandoz 1971, 70 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-15&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-15&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-15&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;15&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Eschyle, &lt;i&gt;Perses&lt;/i&gt;, 747, fournit de ce verbe un emploi singuli&#232;rement proche de son &#233;tymologie quand il montre que l'asservissement du Bosphore par Xerx&#232;s correspond litt&#233;ralement &#224; l'acte de &#171; changer le cours &#187; du d&#233;troit &lt;i&gt;(p&#243;ron meterrh&#250;thmize)&lt;/i&gt;, d&#232;s lors repr&#233;sent&#233; comme une fleuve. Voir &#224; ce sujet le commentaire de Sandoz 1971, 119 ss., qui insiste sur la composante temporelle de la mutation progressive impliqu&#233;e par d'autres emplois de ce m&#234;me verbe (voir par exemple, au sens moral, D&#233;mocrite, 68 B 33 et 197 Diels-Kranz et X&#233;nophon, &lt;i&gt;Economique&lt;/i&gt;, 11, 2, ou Platon, &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt;, 253b : &lt;i&gt;t&#224; paidik&#224; rhuthm&#237;zontes&lt;/i&gt;). Mais la transformation ainsi d&#233;sign&#233;e est vue avant tout dans sa continuit&#233; spatiale : cf. D&#233;mocrite, 68 A 132 et B 7, Platon, &lt;i&gt;Tim&#233;e&lt;/i&gt;, 45 e (domaines de la g&#233;om&#233;trie, de la perception et de l'optique) et &lt;i&gt;supra &lt;/i&gt; n. 14 ; de m&#234;me les &lt;i&gt;mon&#243;rrhuthmoi d&#243;moi&lt;/i&gt; propos&#233;es aux Dana&#239;des par le &lt;i&gt;P&#233;lasgos &lt;/i&gt; d'Eschyle (&lt;i&gt;Suppliantes&lt;/i&gt;, 957 ss.) sont-elles vues davantage dans leur succession uniforme que dans leur forme unique : cf. R&#246;sler 1989. Pour le domaine linguistique cf. Aristote, &lt;i&gt;Physique&lt;/i&gt;, 185b 28. Von Fritz 1938, 250, interpr&#232;te &lt;i&gt;rhusm&#243;s &lt;/i&gt; comme &#171; Duktus der Buchstaben &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-16&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-16&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-16&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;16&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pausanias, 5, 17, 6, qui parle des voltes &lt;i&gt;(heligmo&#237;) &lt;/i&gt; de l'&#233;criture. Jeffery 1990, 43 ss., a montr&#233; le caract&#232;re original de la solution du boustroph&#233;don. Les analogies entre alphabets grecs archa&#239;ques et alphabets s&#233;mitiques ont fait l'objet de tr&#232;s nombreuses &#233;tudes : voir notamment Heubeck 1979, p. X 87 ss., Jeffery 1982, ainsi que les diff&#233;rentes contributions reprises par Pfohl 1968 (avec une abondante bibliographie !).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-17&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-17&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-17&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;17&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La fonction publique de la calligraphie des lapicides est soulign&#233;e par Detienne 1988. Les aspects esth&#233;tiques des inscriptions iconiques ont &#233;t&#233; mis en lumi&#232;re par Lissarrague 1987. Parfois synonyme de &lt;i&gt;gr&#225;mmata&lt;/i&gt;, la d&#233;signation des lettres par &lt;i&gt;stoikhe&#238;a &lt;/i&gt; se fonde sur la m&#234;me id&#233;e de continuit&#233; : cf. Svenbro 1990 et, pour l'image d'une file de choreutes, Alcman, fr. 33 Davies, avec le commentaire que j'en ai pr&#233;sent&#233; (Calame 1977a, I, 84 ss.).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-18&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-18&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-18&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;18&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir &#224; ce propos Heubeck 1979, X 88 ss., et la r&#233;flexion de Platon, &lt;i&gt;Sophiste&lt;/i&gt;, 253a, sur le r&#244;le des voyelles.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-19&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-19&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-19&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;19&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Pour un r&#233;sum&#233; des principes de la m&#233;trique grecque, on se r&#233;f&#233;rera, par exemple, &#224; l'&#233;tude de West 1982, 4 ss. et 18 ss., ainsi qu'&#224; celle de Steinr&#252;ck 2007, 9 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-20&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-20&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-20&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;20&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Voir le recueil d'inscriptions m&#233;triques publi&#233; par Hansen 1983, ainsi que Heubeck 1979, p. X 109 ss. L'analyse rythmique la plus stimulante qu'on ait pr&#233;sent&#233;e de ces inscriptions reste celle de Gentili &amp; Giannini 1977.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-21&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-21&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-21&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;21&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rences &lt;i&gt;supra &lt;/i&gt; n. 5. On rel&#232;vera &#224; ce propos qu'en particulier chez Platon la notion de lettre est associ&#233;e bien davantage &#224; une image acoustique et vocale qu'&#224; une image graphique : cf. &lt;i&gt;Th&#233;&#233;th&#232;te&lt;/i&gt;, 163b (analogie entre incompr&#233;hension auditive d'une langue barbare et m&#233;connaissance visuelle de l'&#233;criture), &lt;i&gt;Tim&#233;e&lt;/i&gt;, 23a et c (&#234;tre &lt;i&gt;agr&#225;mmatos &lt;/i&gt; c'est aussi &#234;tre &lt;i&gt;&#225;mousos&lt;/i&gt; ; ne pas recourir &#224; 1'&#233;criture, c'est rester &#171; aphone &#187;), &lt;i&gt;Hippias Majeur&lt;/i&gt;, 285d (&lt;i&gt;gr&#225;mmata &lt;/i&gt; vus dans leur aspect acoustique de m&#234;me que les syllabes, les rythmes et les harmonies), etc. De plus, la familiarit&#233; avec les &lt;i&gt;gr&#225;mmata &lt;/i&gt; passe par leur reconnaissance vocale &lt;i&gt;(prosagore&#250;esthai)&lt;/i&gt; dans les syllabes (?) : &lt;i&gt;Politique&lt;/i&gt;, 277 e ss. Sur les &#233;pigraphes parlantes, cf. Svenbro, 1988, 67 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-22&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-22&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-22&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;22&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce renseignement nous est transmis de troisi&#232;me main par la scholie &#224; Denys de Thrace, III, p. 183, 31 ss. Hilgard, dans un long d&#233;veloppement sur les nombreuses versions grecques de l'invention de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-23&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-23&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-23&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;23&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;Ph&#232;dre&lt;/i&gt;, 274 e ss., comment&#233; par Derrida 1968 (repris dans Derrida 1972, 71-197) ; voir Lentz 1989, 11 ss. Sur &lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;Mn&#233;mosyne&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt; et les Muses comme source d'inspiration po&#233;tique sacralis&#233;e (dans une tradition orale), voir Bouvier 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-24&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-24&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-24&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;24&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Gorgias, 82 B 11a, 30 Diels-Kranz ; Euripide, fr. 578 Kannicht.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-25&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-25&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-25&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;25&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Sur les attestations &#233;pigraphiques de ces d&#233;nominations d'une fonction probablement unique, cf. Ruz&#233; 1988 et Maffi 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-26&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-26&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-26&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;26&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Selon l'&lt;i&gt;Argument &lt;/i&gt; de l'&lt;i&gt;Hippolyte&lt;/i&gt;, 29 s., le second &lt;i&gt;Hippolyte &lt;/i&gt; devait corriger &lt;i&gt;(di&#243;rthotai) t&#242; aprep&#232;s ka&#236; kategor&#237;as &#225;xion&lt;/i&gt; du premier ; cf. Aristophane, &lt;i&gt;Grenouilles&lt;/i&gt;, 1043 ss. &#192; propos du titre du premier &lt;i&gt;Hippolyte &lt;/i&gt; et de son intrigue, voir Barrett 1964, 10 ss. et 15 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-27&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-27&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-27&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;27&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euripide, &lt;i&gt;Hippolyte&lt;/i&gt;, 856 ss. et 877 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-28&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-28&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-28&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;28&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euripide, &lt;i&gt;Hippolyte&lt;/i&gt;, 451 s. ; sur le sens de &lt;i&gt;grapha&#237;&lt;/i&gt;, on lira avec profit le commentaire de Barrett 1964, 241 s. De m&#234;me au v. 1004 s., quant &#224; 1'exp&#233;rience de l'amour charnel qu'il ne conna&#238;t que dans ses repr&#233;sentations, Hippolyte situe sur le m&#234;me pied le r&#233;cit per&#231;u par l'ou&#239;e &lt;i&gt;(l&#243;goi kl&#250;on)&lt;/i&gt; et l'image per&#231;ue par la vue &lt;i&gt;(graph&#234;i le&#250;sson)&lt;/i&gt;. Inversement, dans la trag&#233;die classique la voix conduit volontiers &#224; la vue : cf. Loraux 1989.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-29&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-29&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-29&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;29&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Euripide, &lt;i&gt;Hippolyte&lt;/i&gt;, 1057 ss. On verra &#224; ce sujet le commentaire de Segal 1982, repris dans Segal 1987, 263-298, qui donne d'autres exemples de mises en sc&#232;ne tragiques d'&#233;critures parlantes ; c'est notamment le cas de la tablette-messager qu'Iphig&#233;nie prisonni&#232;re en Tauride fait parvenir &#224; son fr&#232;re Oreste &#224; Argos : &lt;i&gt;Iphig&#233;nie en Tauride&lt;/i&gt;, 582 ss. et 641 ss. Mais dans la mesure m&#234;me o&#249; l'&#233;criture ne devient qu'un moyen technique pour diff&#233;rer dans le temps l'&#233;nonciation de la parole, elle reste neutre quant &#224; l'opposition entre mensonge et v&#233;rit&#233; ou apparence et r&#233;alit&#233;. Cette neutralit&#233; lui est assur&#233;e par l'ambigu&#239;t&#233; de son statut : son caract&#232;re mat&#233;riel et artisanal la situe du c&#244;t&#233; de l'&lt;i&gt;&#233;rgon &lt;/i&gt; alors que sa facult&#233; de prof&#233;rer une parole la met du c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;l&#243;gos&lt;/i&gt; ! Non pas &#171; muette &#187; (comme la qualifie Segal) mais vocale, l'&#233;criture peut se faire l'auxiliaire des deux voix antagonistes &#233;voqu&#233;es par Th&#233;s&#233;e (&lt;i&gt;Hippolyte&lt;/i&gt;, 925 ss.) ! Le message &#233;crit est mensonger dans l'Hippolyte (v. 1311 ss., en contraste avec le &lt;i&gt;m&#251;thos &lt;/i&gt; (!) v&#233;ridique d'Art&#233;mis ; cf. aussi v. 1336 s.) ; il est v&#233;ridique dans l'&lt;i&gt;Iphig&#233;nie en Tauride&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-30&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-30&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-30&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;30&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;Tim&#233;e&lt;/i&gt;, 22a ss. et &lt;i&gt;Critias&lt;/i&gt;, 108c ss. Cf. Detienne 1988a, repris dans Detienne 1989, 167-188, et surtout Vegetti 1988.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-31&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-31&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-31&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;31&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Platon, &lt;i&gt;Phil&#232;be&lt;/i&gt;, 39a. Sur le sens narratif de &lt;i&gt;hup&#243;mnesis&lt;/i&gt;, voir Euripide, &lt;i&gt;Oreste&lt;/i&gt;, 1032 et Platon, &lt;i&gt;Lois&lt;/i&gt;, 732d.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-32&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-32&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-32&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;32&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Aristote, &lt;i&gt;Rh&#233;torique&lt;/i&gt;, 1413b 8 ss. ; &lt;i&gt;&#233;sti l&#233;xis graphik&#232; he akribest&#225;te&lt;/i&gt; ; cf. &#233;galement 1414a 18 ss. o&#249; le style &#233;crit est explicitement mis en relation avec la lecture !&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-33&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-33&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-33&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;33&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Quant &#224; ces fonctions de m&#233;moire collective et active des formes po&#233;tiques grecques, je renvoie &#224; mes &#233;tudes de 2006a, 143ss., et de 2006b.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-34&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-34&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-34&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;34&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On se r&#233;f&#233;rera &#224; ce sujet aux propositions formul&#233;es par Michon 2010, 159 ss, et 185 ss.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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