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		<title>Des temporalit&#233;s &#233;ducatives (4) : donner forme &#224; son histoire
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		<dc:date>2011-04-04T16:51:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lesourd
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&lt;p&gt;Ce texte constitue la quatri&#232;me et derni&#232;re section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera des trois premi&#232;res ici, ici et ici. En formation d'adultes, c'est sans doute le courant des histoires de vie qui vise le plus explicitement &#224; favoriser la construction par le sujet de sa propre dur&#233;e. &#171; En permettant aux sujets de ramasser et de mettre en forme leurs diff&#233;rents morceaux de vie, sem&#233;s et dispers&#233;s au fil des ans, des temps et des contretemps, l'histoire de vie leur fait construire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Sciences de l'&#233;ducation et de la formation &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Temps humain et narration&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Temps humain et narration&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Construction non verbale du temps long et mythe personnel&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. Construction non verbale du temps long et mythe personnel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Perspectives &#171; psychoph&#233;nom&#233;nologiques &#187;&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3. Perspectives &#171; psychoph&#233;nom&#233;nologiques &amp;#187&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Conclusion&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Conclusion&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte constitue la quatri&#232;me et derni&#232;re section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera des trois premi&#232;res &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article218' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article275' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article289' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En formation d'adultes, c'est sans doute le courant des histoires de vie qui vise le plus explicitement &#224; favoriser la construction par le sujet de sa propre dur&#233;e. &#171; En permettant aux sujets de ramasser et de mettre en forme leurs diff&#233;rents morceaux de vie, sem&#233;s et dispers&#233;s au fil des ans, des temps et des contretemps, l'histoire de vie leur fait construire un temps propre qui leur donne une consistance temporelle sp&#233;cifique, une histoire &#187; (Pineau G., 1987, p. 121). Pour les travaux qui se situent dans cette perspective, le sujet est en outre implicitement compar&#233; &#224; un artisan dont la mati&#232;re premi&#232;re est constitu&#233;e par les temps successifs et co-pr&#233;sents qui l'affectent et dont il se saisit en retour (Lesourd F., 2005b). Cette acception des temps comme mati&#232;re premi&#232;re appara&#238;t comme l'une des sp&#233;cificit&#233;s majeures de l'approche des histoires de vie en formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au plan anthropologique, les histoires de vie sont envisag&#233;es par Pineau et Le Grand comme &#171; recherche et construction de sens &#224; partir de faits temporels personnels &#187; (1993, p. 3). Elles d&#233;signent diff&#233;rentes activit&#233;s &#171; quasi r&#233;flexes &#187; (t&#233;moignages d'a&#239;eux sur le pass&#233; social et familial, rencontres de pairs &#224; qui l'on donne de ses nouvelles, anniversaires comme occasions de faire le point, traces &#8211; photos, bibelots &#8211; qui r&#233;sonnent avec les &#233;tapes d'une vie, comm&#233;morations, etc.) qui rel&#232;vent d'un &#171; processus biocognitif fondamental &#187; (Pineau G., Le Grand J.-L., 1993, p. 4) de construction et d'unification temporelle de l'identit&#233;. L'investigation d'un tel processus, dont les modalit&#233;s sont fort variables en fonction des sujets, des &#233;poques (Delory-Momberger C., 2000) et des cultures (Gregg G., 1991 ; Galvani P., 1997, 1998), s'inscrit dans le cadre d'une anthropologie du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les pratiques d'histoires de vie en formation (cf. Josso C., 2000, pour une bibliographie), au-del&#224; de leur h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; (cf. Le Grand J.-L., 2002), partagent une centration a priori sur le v&#233;cu du temps long, sur la consistance que la narration op&#233;r&#233;e par le sujet lui donne, sur ce que cette donation change dans sa vie. Ces pratiques peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme un &#171; art formateur de l'existence &#187; (Pineau G., 1996 qui prolonge Foucault M., 1984). Contrairement aux histoires de vie ethnologiques et sociologiques, qui visent la compr&#233;hension d'une soci&#233;t&#233; ou d'un public (Bertaux D., 1997 ; Demazi&#232;re D. et Dubar C., 1997), les histoires de vie en formation s'attachent au cheminement d'un sujet. En cela, elles rel&#232;vent d'une logique idiographique, renvoyant aux faits singuliers, et non d'une rationalit&#233; nomoth&#233;tique, qui cherche &#224; &#233;tablir des lois (Le Grand J.-L., 2004, cf. &#233;galement Finger M., 1984) d'o&#249;, malgr&#233; la richesse de leurs filiations th&#233;oriques&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le dossier &#171; Les filiations th&#233;oriques des histoires de vie en formation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, un statut scientifique qui reste ambigu (Pineau G., 2003).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Temps humain et narration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s contemporaines, le support de l'identit&#233; serait textuel (Shotter J., Gergen K. J., 1989). La capacit&#233; de donner &#224; sa propre identit&#233; une coh&#233;sion dans la dur&#233;e s'appuierait sur l'acquisition d'habilet&#233;s narratives (McAdams D., 1996, 2006). Selon P. Ric&#339;ur, &#171; c'est pr&#233;cis&#233;ment en raison du caract&#232;re &#233;vasif de la vie r&#233;elle que nous avons besoin du secours de la fiction pour organiser cette derni&#232;re r&#233;trospectivement &#187; (1990, p. 191-192). Ce sont les commencements et les fins narratives qui permettent, dans l'apr&#232;s-coup, de fixer les contours des actions r&#233;elles, de leur donner une armature. En somme, chercher son identit&#233; &#224; l'&#233;chelle d'une vie enti&#232;re suppose de se mettre en intrigue. On con&#231;oit, en terme de d&#233;veloppement, la distance qui, d&#233;j&#224;, s&#233;pare une telle &#171; mise en intrigue &#187;, n&#233;cessairement r&#233;flexive, des pratiques &#171; quasi r&#233;flexes &#187; d'o&#249; nous sommes partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais, pour qu'advienne ce que P. Ric&#339;ur appelle une &#171; identit&#233; narrative &#187;, on doit supposer la constitution progressive d'un savoir organiser son temps &#171; &#233;vasif &#187; pour en faire un r&#233;cit. La gen&#232;se d'un tel savoir-se-raconter a surtout fait l'objet de recherches anglo-saxonnes (cf. McAdams D., 2006 pour une revue de la question). La mise en &#339;uvre de ce type de savoir appara&#238;t comme une condition de l'appropriation d'une &#171; fonction d'historicit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire d'une capacit&#233; du sujet &#171; d'intervenir sur ce qui le produit, d'agir sur les d&#233;terminations, non pour les supprimer, mais pour en modifier les effets &#187; (De Gaulejac V., 1998, p. 47-48). En d'autres termes, la fonction d'historicit&#233; peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme assomption par le sujet d'une re-signification permanente de son temps propre. Elle appara&#238;t, via l'activit&#233; narrative, &#224; l'horizon du &#171; processus biocognitif fondamental &#187; point&#233; par G. Pineau et J.-L. Le Grand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La fonction d'historicit&#233; renvoie aussi au d&#233;veloppement de ce que F. Lesourd (2004b) a propos&#233; de nommer une &#171; r&#233;flexivit&#233; existentielle &#187;. Faute d'envisager le d&#233;veloppement d'une telle r&#233;flexivit&#233; existentielle, on voit mal ce que les pratiques d'histoires de vie en formation auraient pour vocation d'accompagner. Pour reprendre une m&#233;taphore d&#233;j&#224; propos&#233;e, la r&#233;flexivit&#233; existentielle correspond aux modalit&#233;s de prise de conscience par le sujet artisan de la fa&#231;on dont il travaille, assemble et d&#233;sassemble les temporalit&#233;s multiples qui constituent sa mati&#232;re premi&#232;re (Lesourd F., 2005b). La notion de r&#233;flexivit&#233; existentielle se d&#233;cline en termes de fonction d'historicit&#233; mais aussi en termes d'&#233;mancipation, comme critique des contraintes symboliques qui p&#232;sent sur la relation du sujet avec les autres et avec lui-m&#234;me. Pour qui d&#233;veloppe sa fonction d'historicit&#233;, il s'agit bien d'op&#233;rer un retour critique sur des contraintes telles que le projet parental qui pr&#233;figure son cheminement (De Gaulejac V., 1987), ou encore sur les attendus sociaux d'une certaine position professionnelle en fonction de l'&#226;ge (Riverin-Simard D., 1984). Le d&#233;veloppement de la r&#233;flexivit&#233; existentielle semble d&#232;s lors difficilement s&#233;parable d'une perspective &#233;mancipatoire et d'une fonction d'historicit&#233;. Dans une perspective dont le travail de J. Mezirow (2001) est exemplaire, le d&#233;veloppement de l'adulte fait retour sur lui-m&#234;me et &#224; travers l'&#233;mancipation g&#233;n&#232;re une critique, en position m&#233;ta, des contextes qui lui sont ou non favorables.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Construction non verbale du temps long et mythe personnel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le temps devient temps humain dans la mesure o&#249; il est articul&#233; sur un mode narratif &#187;, &#233;crit P. Ric&#339;ur (1983, p. 85). Ce point de vue est devenu central dans les approches biographiques : &#171; Ric&#339;ur fonde la possibilit&#233; des histoires de vie qui utilisent le r&#233;cit comme moyen d'articuler les temporalit&#233;s pour s'y retrouver &#187; (Pineau G., Le Grand J.-L., 1993, p. 85). Mais plusieurs arguments mettent en doute le monopole du langage dans la donation d'une consistance et d'un sens au temps long. L'identit&#233;, en tant que temporelle, ne peut se r&#233;duire &#224; sa dimension narrative : le corps en proie au temps est &#171; soi-m&#234;me comme un autre &#187;, une histoire sans paroles. &#192; lui seul, le visage nous met devant le temps. En outre, l'&#233;vocation d'une tranche de vie peut se donner au sujet &#224; travers un mouvement ou une image, qui portent une v&#233;racit&#233; quelquefois bien sup&#233;rieure aux mots qui viendraient s'y ajouter par la suite. P. Galvani souligne que, dans diff&#233;rentes cultures, &#171; les &#171; r&#233;cits &#187; biographiques peuvent aussi se faire sous forme de chants, de danses, de peintures ou de broderies &#187; (Galvani P., 1998, p. 208-209). L'image, le graphisme, sont &#233;galement utilis&#233;s par certains praticiens (Gigu&#232;re P.-A., 2000) et, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, les travaux qui rel&#232;vent d'une approche sensible (Barbier R., 1997) ou qui s'efforcent de &#171; penser le sensible en formation &#187; (Dominic&#233; P. &lt;i&gt;et al&lt;/i&gt;., 2000) sugg&#232;rent que d'autres miroirs que celui du r&#233;cit peuvent &#234;tre tendus aux temps personnels. Diff&#233;rents niveaux de communication et de repr&#233;sentation se tissent fr&#233;quemment, dans l'une ou l'autre culture, pour donner forme au temps et, ce, dans des combinaisons o&#249; le langage verbal, s'il est rarement absent, n'a peut-&#234;tre pas toujours la place principale &#8211; ce que les recherches suivantes mettent au travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.1. Le mythe personnel&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'histoire de vie peut &#233;galement &#234;tre envisag&#233;e, suivant la terminologie du psychologue am&#233;ricain Dan McAdams&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En France, l'analyse de Gilles Ferry (2005) rejoint &#224; maints &#233;gards celle de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, comme un mythe personnel qui &#171; trace les contours d'une identit&#233;, &#233;claire les valeurs d'une existence individuelle &#187; (1993, p. 34). Compos&#233; tacitement au cours des ann&#233;es, un mythe personnel est un r&#233;cit qui permet de &#171; rassembler les diff&#233;rentes parties de nous-m&#234;mes et de nos vies en un tout convaincant. Comme toutes les histoires, le mythe personnel a un d&#233;but, un milieu et une fin, d&#233;finis d'apr&#232;s le d&#233;veloppement de l'intrigue et du personnage. Nous tentons, avec notre histoire, de produire un expos&#233; esth&#233;tique finalis&#233;. Un mythe personnel, comme acte d'imagination, est une int&#233;gration mod&#233;lis&#233;e de notre pass&#233; rem&#233;mor&#233;, de notre pr&#233;sent per&#231;u et de notre futur anticip&#233; &#187; (p. 12). Sa fonction premi&#232;re &#233;tant d'&#171; alimenter la vie en signification, unit&#233;, finalit&#233; &#187; (p. 265), la v&#233;rit&#233; du mythe personnel est avant tout biographique : &#171; une histoire tr&#232;s embellie [peut s'av&#233;rer] quand m&#234;me vraie, en ce que la v&#233;rit&#233; n'est pas simplement ce qui est arriv&#233; mais comment nous l'avons ressenti quand c'est arriv&#233;, et comment nous le ressentons maintenant &#187; (p. 29). Cependant le mythe personnel n'est pas une vague r&#234;verie ; il doit &#234;tre op&#233;rant : capable de fournir coh&#233;sion et direction &#224; la vie du sujet. Lorsqu'il ne parvient plus &#224; assurer ces fonctions, il doit &#234;tre si possible modifi&#233; voire reconstruit, &#171; r&#233;&#233;crit &#187;. Le mythe personnel appara&#238;t donc comme une instance permettant au sujet de s'auto-orienter dans l'existence (Lesourd F., 2004a).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour McAdams &#8211; qui prend l&#224; ses distances avec une perspective narrativiste classique -, le mythe personnel se pr&#233;sente comme une structure complexe, compos&#233;e de &#171; couches &#187; s'&#233;tant constitu&#233;es &#224; diff&#233;rentes &#233;tapes du d&#233;veloppement du sujet, ou encore : compos&#233;e de fonctionnements qui vont de l'archa&#239;que aux &#233;laborations r&#233;fl&#233;chies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans les deux premi&#232;res ann&#233;es de la vie, avant m&#234;me que les enfants ne sachent ce qu'est une histoire, ils d&#233;veloppent ce que McAdams appelle une tonalit&#233; narrative constituant le soubassement du mythe personnel qu'ils construiront par la suite. On peut ainsi distinguer deux tonalit&#233;s de base, qui se forment &#224; travers l'exp&#233;rience des relations pr&#233;coces de l'enfant &#224; ses proches, et qui correspondent d'une part &#224; l'espoir et &#224; la confiance, et d'autre part &#224; la r&#233;signation et &#224; la m&#233;fiance. Selon que la satisfaction survient le plus souvent dans un d&#233;lai qui convient ou non au nourrisson, la &#171; courbe dramatique &#187; est associ&#233;e &#224; la confiance et &#224; l'espoir dans la venue de la satisfaction ou, au contraire, &#224; la r&#233;signation et &#224; la m&#233;fiance. La premi&#232;re de ces tonalit&#233;s appara&#238;t comme un pr&#233;curseur de formes narratives telles que de la com&#233;die et de la romance, alors que la seconde constitue les racines de la trag&#233;die et de l'ironie, de l'absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les enfants d'&#226;ge pr&#233;scolaire s'impr&#232;gnent d'images qui deviendront centrales dans leur mythe personnel. L'enfant se les approprie, &#224; sa mesure, &#224; travers ses r&#234;veries et ses jeux symboliques. Leur &#233;laboration d&#233;pend cependant en grande partie des mat&#233;riaux disponibles dans la culture (livres, t&#233;l&#233;vision, etc.) et dans la famille. Ainsi, un proto-mythe personnel se construit progressivement &#224; partir de ces images qui, elles-m&#234;mes, s'&#233;tayent sur des tonalit&#233;s narratives plus archa&#239;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les enfants d'&#226;ge scolaire en viennent &#224; s'int&#233;resser aux histoire comme &#224; des totalit&#233;s organis&#233;es autour de th&#232;mes qui rendent les actions signifiantes. Ils deviennent concern&#233;s par ce que les personnages du r&#233;cit veulent et par la fa&#231;on dont ils poursuivent leurs objectifs et &lt;i&gt;mutatis mutandis&lt;/i&gt; commencent &#224; comprendre leur propre comportement en termes de buts, motiv&#233;s et intentionnels. Les &#171; th&#232;mes &#187;, ou mod&#232;les culturels r&#233;currents qui contribuent &#224; l'organisation des motifs int&#233;rieurs, s'organisent alors autour de deux tendances g&#233;n&#233;rales antagonistes. La premi&#232;re tendance, &#171; l'agentivit&#233; &#187;, sous-tend le souhait de devenir puissant, autonome, distinct des autres ; elle inclut la recherche simultan&#233;e du pouvoir, de l'autonomie, de l'ind&#233;pendance, du statut, et d'exp&#233;riences excitantes. La seconde tendance, la &#171; communion &#187;, subsume la recherche simultan&#233;e d'amour, d'intimit&#233;, d'accueil, d'interd&#233;pendance, de participation &#224; quelque chose de plus grand que le soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Durant l'adolescence, le mythe personnel &#233;merge en tant que tel &#224; travers la mise en place d'une id&#233;ologie, au sens d'un ensemble syst&#233;matis&#233; de valeurs et de croyances qui prend fonction de cadre pour l'identit&#233;. Avec l'acc&#232;s au questionnement des possibles, apparaissent des interrogations (portant sur le bien, le vrai, la fa&#231;on dont le monde fonctionne et devrait fonctionner, sur les m&#233;rites compar&#233;s des diff&#233;rentes vies qu'il pourrait vivre, etc.) qui ne semblent pas pouvoir se contenter de r&#233;ponses narratives. Dans la continuit&#233; de l'&#233;tape pr&#233;c&#233;dente, les deux th&#232;mes fondamentaux de l'agentivit&#233; et de la communion vont donner forme, cette fois, &#224; des cadres id&#233;ologiques distincts : id&#233;ologies de la conqu&#234;te, id&#233;ologies de la reliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
A travers ses tribulations, le jeune adulte acquiert une meilleur appr&#233;ciation des diff&#233;rentes ressources disponibles dans son environnement (r&#233;seaux sociaux, emplois, formations, relations interpersonnelles, syst&#232;mes culturels, styles de vie, etc.) qui viennent s'articuler aux tonalit&#233;s narratives, images, th&#232;mes et id&#233;ologies qui constituaient d&#233;j&#224; le mythe personnel et qui r&#233;activent &#233;galement des conflits entre parties cliv&#233;es de celui-ci. Par exemple, pour un certain nombre de jeunes adultes, &#171; le clivage entre les soi du travail et du foyer majore la dichotomie parall&#232;le dans leur mythe personnel alors qu'ils essaient de satisfaire les buts oppos&#233;s d'agentivit&#233; et de communion &#187; (McAdams D., 1993, p. 132).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La &#171; maturit&#233; &#187; se caract&#233;rise, quant &#224; elle, par la construction d'un mythe personnel qui tol&#232;re l'ambigu&#239;t&#233;, qui, par exemple, permet au sujet de consid&#233;rer comme vrais deux regards contradictoires sur sa vie. Plut&#244;t que d'op&#233;rer en r&#233;f&#233;rence &#224; des v&#233;rit&#233;s absolues, la pens&#233;e portant sur l'existence personnelle devient &#171; post-formelle &#187; ; elle se focalise sur des &#171; v&#233;rit&#233;s sp&#233;cifiques d'une situation, sur des solutions et des inf&#233;rences logiques qui sont reli&#233;s &#224;, et d&#233;finis par des contextes particuliers &#187; (p. 200).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la perspective d'une construction non verbale des temps personnels, l'apport de McAdams permet de consid&#233;rer que si les mythes personnels sont tiss&#233;s de mots, ils s'enracinent &#233;galement &#171; plus bas &#187;, dans de nombreux types de repr&#233;sentations plus archa&#239;ques. Ce travail sugg&#232;re que le langage verbal n'a pas le monopole de la production du tenir-ensemble des &#233;l&#233;ments temporels h&#233;t&#233;rog&#232;nes d'une histoire personnelle. En certaines occasions, lorsque l'histoire construite par un sujet est d&#233;bord&#233;e par le mouvement m&#234;me de la vie de celui-ci, lorsque cette vie refuse de se mouler dans un texte, et peut aller jusqu'&#224; d&#233;sorganiser l'histoire pr&#233;existante, le sujet peut appeler, comme &#224; la rescousse, quelques mots isol&#233;s, des images plus ou moins organis&#233;es par un th&#232;me, des tonalit&#233;s narratives proches d'&#233;prouv&#233;s corporels. Ces repr&#233;sentations unissent leurs sp&#233;cificit&#233;s pour donner &#224; son existence un sentiment d'unit&#233;. Ainsi, le mythe personnel ne se r&#233;duit pas &#224; une mise en intrigue. Il repose sur la mise en r&#233;sonance, &#224; chaque fois singuli&#232;re, de diff&#233;rents niveaux de fonctionnement du psychisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;2.2. Enveloppe temporelle&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le mythe personnel peut &#234;tre &#233;galement consid&#233;r&#233; comme un contenant des temps, une enveloppe temporelle (Lesourd F., 2005a). On peut en effet consid&#233;rer que toute temporalit&#233; v&#233;cue, &#224; court ou &#224; long terme, lors d'une rencontre ou &#224; l'&#233;chelle de l'existence, constitue pour le sujet une forme. De l'id&#233;e de cette forme temporelle, il est possible d'extraire deux d&#233;terminations. La premi&#232;re, qu'on pourrait nommer diachronique, correspond &#224; ce qui m'assure de ma propre coh&#233;sion ou de mon tenir-ensemble dans la dur&#233;e, ce qui me donne, par exemple, le sentiment de l'unit&#233; relative de cette tranche de vie-l&#224;. La seconde d&#233;termination, qu'on dira synchronique, renvoie &#224; ce qui, &#224; chaque instant, distingue &#224; la mani&#232;re d'une interface mes temporalit&#233;s intimes, par exemple le rythme ou la vitesse qui me conviennent, de temporalit&#233;s qui me sont ext&#233;rieures, telles que le rythme ou la vitesse qu'on voudrait m'imposer. Au plan psychologique, les deux pr&#233;c&#233;dentes d&#233;terminations apparaissent comme des fonctions. C'est de l'&#233;tayage de ces deux fonctions l'une sur l'autre que veut rendre compte la notion d'enveloppe temporelle. Dans cette perspective morphologique, les dynamiques qui produisent ma dur&#233;e et celles qui distinguent mes temps propres des temps du monde g&#233;n&#232;rent, dans leur inh&#233;rence r&#233;ciproque, une forme qui, &#224; la fois, maintient, contient, d&#233;limite, r&#233;g&#233;n&#232;re et contraint l'existence temporelle du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La notion d'enveloppe temporelle est inspir&#233;e du travail de D. Anzieu (1985) sur le Moi-peau et les enveloppes psychiques (cf. Houzel D., 2005 pour une revue de la question). &#192; partir d'une intuition de Freud, Anzieu d&#233;veloppe l'id&#233;e d'un Moi interface, fronti&#232;re, limite entre la r&#233;alit&#233; intrapsychique et la r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure, faisant fonction de m&#233;diateur charg&#233; de g&#233;rer les flux entrant et sortant. Le Moi-peau se constitue d'abord, chez l'enfant, &#171; &#224; partir de son exp&#233;rience de la surface du corps &#187; (1985, p. 39) et, partant, sa &#171; texture &#187; d&#233;rive des premiers contacts prodigu&#233;s par la m&#232;re. Loin d'&#234;tre d&#233;truites, ces communications primaires tactiles constituent, chez l'adulte, comme une toile de fond sur quoi d&#233;poser son exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
F. Lesourd (2001a, 2005a) a consid&#233;r&#233; que la notion d'enveloppe psychique permettait de penser l'exp&#233;rience du temps. Une telle perspective a &#233;t&#233; &#233;bauch&#233;e par quelques analystes (S. Canovas, 1988 ; F. Duparc, 1997 ; M. Henriquez, 1987 ; D. Stern, 1993). Afin d'&#233;laborer des &#233;l&#233;ments d'une approche morphologique du temps, F. Lesourd a subsum&#233; ces apports sous la d&#233;nomination g&#233;n&#233;rale d'enveloppe temporelle : la fonction de coh&#233;sion de celle-ci permet aux &#233;l&#233;ments temporels d'une exp&#233;rience, d'une existence, de tenir ensemble ; sa fonction d'interface permet au sujet de distinguer les temporalit&#233;s et les rythmes du monde int&#233;rieur et du monde ext&#233;rieur et de r&#233;guler leurs &#233;changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Selon D. Houzel (1987), l'enveloppe psychique est dot&#233;e de &#171; qualit&#233;s plastiques &#187; qui se distribuent entre deux polarit&#233;s &#171; de r&#233;ceptivit&#233; et de souplesse &#187; et &#171; de consistance et de solidit&#233; &#187;. Pour F. Lesourd (2005a), ces qualit&#233;s plastiques permettent &#233;galement de d&#233;crire des formes d'exp&#233;rience subjective du temps : comme le Moi-peau, l'enveloppe temporelle peut voir ses qualit&#233;s plastiques basculer de part et d'autre d'une forme optimale, souple et consistante ; elle peut tendre vers une trop grande rigidit&#233; ou une trop grande porosit&#233;. &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Suivant une approche synchronique des temps co-pr&#233;sents, l'interface d'une enveloppe temporelle peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme trop poreuse lorsqu'elle laisse le rythme de l'autre envahir le rythme int&#233;rieur. &lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, l'interface d'une enveloppe temporelle de type carapace se caract&#233;riserait par une tr&#232;s faible capacit&#233; du sujet de se synchroniser &#224; des rythmes ou des temps ext&#233;rieurs, de les laisser ressourcer, soutenir, influer sur les siens propres. &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Suivant une approche diachronique des temps successifs, la coh&#233;sion d'une enveloppe durcie, comme cristallis&#233;e, &#233;voque le manque de flexibilit&#233; dans la conduite de sa propre vie, lorsque les diff&#233;rentes &#233;tapes de celle-ci semblent soud&#233;es les unes aux autres, sans jeu permettant l'improvisation. Les cas o&#249; la coh&#233;sion se dissout renvoient, quant &#224; eux, &#224; l'&#233;vanescence d'une vie dont les instant ne parviennent pas &#224; s'articuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Diff&#233;rentes observations sugg&#232;rent que, en r&#233;f&#233;rence &#224; une approche morphologique du temps, la notion de qualit&#233; plastique des enveloppes temporelles peut &#234;tre utilis&#233;e comme grille de lecture, dans le champ de la formation et du travail social pour rep&#233;rer des changements chez les sujets (Lesourd (2001a, 2005a). Enfin, dans une perspective plus vaste, la relation p&#233;dagogique peut &#234;tre pens&#233;e comme reposant sur la mise au travail d'une &#171; contenance &#187; temporelle. Il est probable que le form&#233;, en particulier au cours des in&#233;vitables moments de d&#233;sorientation de son processus de formation, doive &#233;tayer son propre rapport au temps sur celui du formateur. Quelle que soit la singularit&#233; toujours renouvel&#233;e de ce processus, le formateur en poss&#232;de une pr&#233;-connaissance susceptible d'apporter une certaine consistance au temps v&#233;cu du form&#233; ; dans d'autres cas, dans la mesure o&#249; le formateur poss&#232;de une certaine capacit&#233; d'improviser, celle-ci apporte une certaine souplesse temporelle au form&#233;. Le premier propose ainsi au second, &#224; titre provisoire, une enveloppe temporelle proth&#233;tique, contenante, par le truchement d'un mode de pr&#233;sence o&#249; les &#233;l&#233;ments non verbaux importent au moins autant que la teneur du discours. On retrouve sans doute la mise en &#339;uvre d'une telle contenance temporelle chez le conseiller d'orientation pour qui il ne va pas de soi d'accueillir chez l'autre plusieurs &#171; r&#233;gimes d'historicit&#233; &#187; (entre l'urgence du &#171; tout de suite &#187; et la construction d'un projet), et qui, de plus, doit, &#224; partir de ces temps h&#233;t&#233;rog&#232;nes, penser et pressentir pour l'autre une forme temporelle s&#233;curisante o&#249; la continuit&#233; d'un projet et l'al&#233;atoire des conditions d'existence contemporaines auraient trouv&#233; &#224; s'apprivoiser (Boivin M.-D., Goyer L., 2006).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Perspectives &#171; psychoph&#233;nom&#233;nologiques &#187;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Selon Ric&#339;ur, &#171; le temps racont&#233; est comme un pont jet&#233; par-dessus la br&#232;che que la sp&#233;culation ne cesse de creuser entre le temps ph&#233;nom&#233;nologique et le temps cosmologique &#187; (1985, p.439) c'est-&#224;-dire entre le temps qui m'appara&#238;t et le temps dans lequel j'apparais, entre le temps de la conscience et le temps du monde objectif. La mise au travail par Ric&#339;ur de cette aporie du temps et sa r&#233;ponse &#224; travers la notion de temps racont&#233; jouent d'un nuancier trop vaste pour qu'on les r&#233;interroge en d&#233;tail. Mais si le temps racont&#233; &#8211; par quoi l'identit&#233; humaine dans le temps se r&#233;v&#232;le comme narrative &#8211; prend son statut de constituer un pont entre approche objectivante du temps et approche ph&#233;nom&#233;nologique du temps tel qu'il m'appara&#238;t, tout changement d'importance de l'une des rives ne peut qu'obliger &#224; revoir la structure du pont. Si un nouveau regard advient sur l'une des rives, cosmologique ou ph&#233;nom&#233;nologique, la notion d'identit&#233; narrative doit &#234;tre revue, cette r&#233;vision r&#233;percutant &#233;ventuellement son questionnement jusqu'au courant des histoires de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, depuis quelques ann&#233;es, la ph&#233;nom&#233;nologie ne se d&#233;ploie plus dans le champ sp&#233;culatif ; elle est mise en pratique : les questions du ressouvenir ou de l'attention, abord&#233;es par Husserl et ses successeurs au plan de l'exp&#233;rience g&#233;n&#233;rique sont maintenant susceptibles d'&#234;tre explor&#233;es &#224; travers l'exp&#233;rience singuli&#232;re de ce ressouvenir-l&#224; ou de cette modalit&#233; attentionnelle-l&#224; chez ce sujet-l&#224;. Ceci s'op&#232;re &#224; travers &#171; l'analyse du travail du ph&#233;nom&#233;nologue professionnel, non pas &#224; travers ce qu'il en dit, mais &#224; travers ce qui en appara&#238;t dans les textes o&#249; il pratique sa m&#233;thode. Il y a une lecture pragmatique d'Husserl que seul un psychologue du travail ou un ergonome peut faire &#187; (Vermersch P., 2000, p. 5-6). &#192; la suite de quoi, il reste &#224; refaire, avec d'autres sujets, l'exp&#233;rience de pens&#233;e de r&#233;f&#233;rence, afin de rep&#233;rer d'&#233;ventuelles lacunes dans sa premi&#232;re description et de v&#233;rifier la mise en &#339;uvre des actes mentaux que celle-ci mentionnait. Si, au plan scientifique, la d&#233;marche reste fort classique, sa mise en &#339;uvre l'est beaucoup moins. D&#233;crire avec fiabilit&#233; ses propres exp&#233;riences de pens&#233;e ne va pas de soi (nous n'en avons pas une connaissance savante infuse) et c'est d'ailleurs pour cette raison que l'introspection a &#233;t&#233; occult&#233;e pendant un si&#232;cle (Vermersch P., 1997). En l'occurrence, l'entretien d'explicitation (Vermersch P., 1994) est une technique fond&#233;e sur un guidage de l'acc&#232;s et de la description des actes (y compris des actes mentaux) mis en &#339;uvre dans une exp&#233;rience. Elle permet de p&#233;n&#233;trer plus avant dans la granularit&#233; du v&#233;cu pour rep&#233;rer ce qui a rendu l'action op&#233;rante&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par exemple, on ne saisira ce qui fait la comp&#233;tence d'un pianiste, d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Appliqu&#233;e &#224; des notions husserliennes comme la r&#233;duction (Depraz N., Varela F., Vermersch P., 1999 ; Vermersch P., 2001) ou l'attention (Vermersch P., 2002), la d&#233;marche ph&#233;nom&#233;nologique devient &#224; la fois exp&#233;rimentale et clinique : ce que Vermersch (1996) appelle une psychoph&#233;nom&#233;nologie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le terme &#171; psychoph&#233;nom&#233;nologie &#187; r&#233;interroge la distinction voire le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au plan m&#233;thodologique, cette perspective psychoph&#233;nom&#233;nologique a &#233;t&#233; associ&#233;e &#224; la d&#233;marche des histoires de vie, suivant des perspectives de recherche diff&#233;rentes, en analyse de pratiques d'enseignants (Faingold N., 2001), de formateurs (Lesourd F., 2005a) et dans le champ de l'orientation (Cartier J.-P., 2004 ; Sauter C., 2005). Ce m&#233;tissage m&#233;thodologique, nomm&#233; &#171; explicitation biographique &#187; par F. Lesourd (2002, 2004b, 2006b), sugg&#232;re &#233;galement une nouvelle approche &#233;ducative des transitions existentielles. Il permet en effet de questionner ce que le &#171; sujet artisan &#187; fait &#8211; et non ce qu'il pense faire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La distinction n'est pas aussi tranch&#233;e : dire, c'est aussi faire (Austin (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; pour orchestrer les temps de son monde v&#233;cu lors de ses &#171; moments privil&#233;gi&#233;s &#187;, ou moments forts du processus de transition &#8211; et, partant, pour guider ce processus de mani&#232;re semi-d&#233;lib&#233;r&#233;e (Lesourd F., 2004b, 2005b, 2006a). L'exploration a permis de d&#233;gager plusieurs &#171; gestes psychiques &#187; mis en &#339;uvre par les interview&#233;s au cours de ces moments forts (Lesourd F., 2004b) ainsi que certains &#171; &#233;prouv&#233;s non verbaux du temps long &#187; (Lesourd F., 2005a) proches de ce que L. Binswanger (1971) appelle une &#171; histoire int&#233;rieure de la vie &#187;. Ces premiers r&#233;sultats constituent des &#233;l&#233;ments pour une r&#233;&#233;valuation &#224; venir de la notion d'identit&#233; narrative &#224; partir de celle de construction ant&#233;pr&#233;dicative de l'histoire personnelle (Lesourd F., 2006c).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Techniquement, l'&#171; explicitation biographique &#187; repose sur le guidage de l'attention du sujet du niveau d'observation des temporalit&#233;s longues (histoire de vie) &#224; celui des micro-moments (entretien d'explicitation) o&#249; apparaissent les &#171; gestes psychiques &#187; d'orchestration des temps ainsi que la dynamique attentionnelle pr&#233;sidant &#224; la temporalisation d'un sens &#233;mergeant&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce dernier travail s'inscrit dans un chantier de recherche impuls&#233; par P. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En donnant acc&#232;s &#224; ce niveau d'observation, cette d&#233;marche ouvre une nouvelle voie d'investigation des moments transformateurs qui, comme l'a point&#233; P.-A. Dupuis, renvoient sans doute davantage &#224; l'&lt;i&gt;ai&#244;n &lt;/i&gt; sto&#239;cien, permettant de penser &#171; l'&lt;i&gt;intensit&#233; qualitative&lt;/i&gt;, le jaillissement, l'&#233;mergence &#187; (2002, p. 76 ; 2006) qu'&#224; ces autres figures du temps que sont le &lt;i&gt;kairos &lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;chronos&lt;/i&gt;. &#192; ce titre, l'explicitation biographique appara&#238;t compl&#233;menter des recherches concernant, en Sciences de l'&#233;ducation, les changements et les &#233;mergences, notamment les travaux portant sur l'engagement en formation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le dossier &#171; Motivation et engagement en formation &#187;, &#201;ducation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, les transformations de l'exp&#233;rience en histoire de vie (Pr&#233;vost H., 2005), les recommencements (Paul M., 2002), les &#171; flash existentiels &#187; (Barbier R., 1997), les &#171; transes biographiques &#187; (Lesourd F., 2004c). Autant de chantiers dont l'un des points communs est d'orienter l'attention du chercheur vers des modalit&#233;s du temps v&#233;cu rarement questionn&#233;es, que le psychanalyste J. Guillaumin &#233;voque en ces termes : &#171; Le temps ne saurait jamais s'assumer comme temps personnel, temps de l'histoire v&#233;cue du dedans, que par le surgissement de ce regard transverse port&#233; sur son mouvement que je consid&#232;re comme une quatri&#232;me dimension de la temporalit&#233;, dimension &#224; certains &#233;gards elle-m&#234;me intemporelle &#8211; comme une sorte de pr&#233;sent suspendu du deuxi&#232;me degr&#233; &#187; (1997, p. 1661-1662). L'apprentissage du faire singulier par quoi le sujet acc&#232;de &#224; ces temps &#171; suspendus &#187; &#8211; et, paradoxalement, historicisants &#8211; appara&#238;t constituer une ressource transitionnelle non n&#233;gligeable pour une &#233;ducation dans le monde mouvant.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;A travers cette note de synth&#232;se, nous avons voulu resituer les enjeux de travaux auparavant &#233;pars qui, issus des sciences humaines et sociales ou, directement, des sciences de l'&#233;ducation, permettent de penser les temporalit&#233;s &#233;ducatives. En fin de parcours, plusieurs approches et d&#233;bats se sont pr&#233;cis&#233;s et des voies de recherches heuristiques ont &#233;t&#233; visibilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au plan &#233;pist&#233;mologique, l'approche des temps &#224; travers une pens&#233;e complexe, explicit&#233;e ou simplement utilis&#233;e, nous semble permettre, en ce qu'elle s'appuie sur diff&#233;rents niveaux d'observation, de resituer les praxis &#233;ducatives dans un vaste r&#233;seau de r&#233;sonances temporelles qu'elles contribuent &#224; produire. L'approche complexe des temps permet &#233;galement, au plan &#233;thique, d'appr&#233;cier les incidences des &#171; prises de positions temporelles &#187; qui, au plan &#233;ducatif, apparaissent susceptibles de favoriser, d'entraver ou d'ignorer le processus de subjectivation. En cela, une telle approche se dote &#233;galement d'une dimension critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les recherches portant sur les rythmes articulent d'embl&#233;e la complexit&#233; des temps co-pr&#233;sents, synchroniques, et la complexit&#233; diachronique. L'&#233;tude de cette derni&#232;re indique deux grandes voies de recherche. On peut, d'une part, consid&#233;rer que, dans la mesure o&#249; &#171; le temps du &lt;i&gt;d&#233;veloppement &lt;/i&gt; est aussi celui de l'invention &lt;i&gt;singuli&#232;re &lt;/i&gt; du sens &#187; (Dupuis, 2002, p. 177) et non celui d'un mod&#232;le de vie normatif et lin&#233;aire, la notion de d&#233;veloppement participe &#224; la vis&#233;e scientifique d'une intelligence du devenir-sujet et, &#224; ce titre, est en position d'&#233;tablir un dialogue fructueux avec les recherches portant sur l'&#233;ducation tout au long de la vie. D'autre part, et quant &#224; la formation de l'histoire du sujet, les travaux interrogeant la construction non verbale des dur&#233;es personnelles remettent en cause le monopole attribu&#233; au langage dans la donation de sens au temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Outre les points pr&#233;c&#233;dents, diff&#233;rents chantiers de recherche nous semblent &#224; la fois th&#233;oriquement prometteurs et pertinents en termes de conjoncture. Les recherches portant sur les temps de l'&#233;cole, sur le temps v&#233;cu des exclus, et celles qui recourent aux notions de &#171; synchroniseurs &#187; et de &#171; schizo-chronies &#187; rel&#232;vent tout particuli&#232;rement de la fonction critique de l'&#233;ducation, la prolongeant notamment en &#233;ducation &#224; la sant&#233; et en &#233;ducation &#224; l'environnement. La formation des temps longs, condition de possibilit&#233; d'une &#233;ducation tout au long de la vie, est profond&#233;ment r&#233;interrog&#233;e par les notions de &#171; mythe personnel &#187; et d'&#171; enveloppe temporelle &#187; et, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt;, par la &#171; th&#233;orie des moments &#187;. &#192; des niveaux d'observation diff&#233;rents, la &#171; th&#233;orie des transformations &#187; et l'approche psychoph&#233;nom&#233;nologique des temps permettent une nouvelle exploration des &#171; &#233;mergences &#187; &#233;ducatives et des &#171; tournants &#187; existentiels, o&#249; le tissus du temps v&#233;cu s'alt&#232;re et se d&#233;chire, &#171; tournants &#187; qui apparaissent, aujourd'hui plus que jamais, comme des constituants cruciaux du processus de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin, au regard des temporalit&#233;s &#233;ducatives, un des d&#233;fis de la recherche consiste, nous semble-t-il, &#224; penser les formes &#233;ducatives favorisant ou entravant l'apprentissage de capacit&#233;s personnelles et collectives d'orchestrer les temps, de rythmer les rythmes, d'&#339;uvrer sur la mati&#232;re premi&#232;re des temps. Pour relever ce d&#233;fi, la premi&#232;re &#233;tape consiste &#8211; et ce travail y participe &#8211; en une formation de l'attention port&#233;e aux temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;CENTER&gt;FIN&lt;/CENTER&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La bibliographie de cet article est disponible &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. le dossier &#171; Les filiations th&#233;oriques des histoires de vie en formation &#187; (coord. J.-L. Le Grand), &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt; n&#176; 31, f&#233;vrier 1996.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;En France, l'analyse de Gilles Ferry (2005) rejoint &#224; maints &#233;gards celle de McAdams. Pour Ferry, le r&#233;cit de vie est apocryphe, ce n'est pas une restitution fid&#232;le du pass&#233; mais une occasion de r&#233;ajustement de l'image de soi ; c'est une &#171; l&#233;gende de soi &#187; qui, compte tenu de ce que peut livrer la m&#233;moire, permet au sujet de refigurer son devenir singulier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Par exemple, on ne saisira ce qui fait la comp&#233;tence d'un pianiste, d'un arbitre sportif, d'un lecteur ou d'un cuisinier qu'en interrogeant, au del&#224; de ce qu'il pense avoir fait, ce qu'il a r&#233;ellement fait, par exemple &#224; quel micro d&#233;tail il a reconnu qu'il &#233;tait temps d'ajouter tel ingr&#233;dient &#224; la sauce pour qu'elle soit r&#233;ussie, ce qui suppose de guider son &#233;vocation de la situation pass&#233;e et la description qu'il en fait &#224; un degr&#233; de justesse et de pr&#233;cision l'amenant fr&#233;quemment &#224; conscientiser son agir pour la premi&#232;re fois. Ce guidage constitue la principale difficult&#233; de l'entretien d'explicitation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le terme &#171; psychoph&#233;nom&#233;nologie &#187; r&#233;interroge la distinction voire le clivage entre ph&#233;nom&#233;nologie et psychologie que Husserl a r&#233;guli&#232;rement prescrit. Cependant cette distinction semble davantage fond&#233;e historiquement et strat&#233;giquement (Husserl voulait &#233;viter d'&#234;tre accus&#233; de psychologisme) qu'&#233;pist&#233;mologiquement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La distinction n'est pas aussi tranch&#233;e : dire, c'est aussi faire (Austin J., 1991) et Pineau rappelle le caract&#232;re performatif des histoires de vie (2000, p. 170). Cependant, le sujet pour r&#233;ussir son action n'a pas besoin de savoir qu'il sait. De sorte que, l'action constituant une connaissance autonome (Piaget, 1974), les actes d'orchestration des temps peuvent &#234;tre effectu&#233;s sans avoir jamais &#233;t&#233; mis en mots.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce dernier travail s'inscrit dans un chantier de recherche impuls&#233; par P. Vermersch (2005a, 2005b) sur le &#171; sens se faisant &#187; qui s'appuie non plus sur de travail de E. Husserl mais sur celui de M. Richir (1992).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. le dossier &#171; Motivation et engagement en formation &#187;, &lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt; n&#176;136, 1998.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des temporalit&#233;s &#233;ducatives (3) : du d&#233;veloppement
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article289</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article289</guid>
		<dc:date>2011-03-04T11:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lesourd
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte constitue la troisi&#232;me section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera des deux premi&#232;res ici et ici. 1. Une notion probl&#233;matique Pris dans sa dimension diachronique, la question du temps est indissociable de celle du devenir. Celui-ci se r&#233;duit-il &#224; l'actualisation d'un mod&#232;le de vie pour l'Homme, donn&#233; de l'ext&#233;rieur ou pr&#233;form&#233; en lui-m&#234;me ? Rel&#232;ve-t-il, au contraire de l'action de l'Homme sur sa propre histoire ? Ces questions qui, pour faire bref, rel&#232;vent respectivement de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Sciences de l'&#233;ducation et de la formation &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Une notion probl&#233;matique&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Une notion probl&#233;matique&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Lifespan perspective et formation des adultes&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. Lifespan perspective et formation des adultes&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Mod&#232;les du d&#233;veloppement adulte&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3. Mod&#232;les du d&#233;veloppement adulte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. La th&#233;orie des transformations&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;4. La th&#233;orie des transformations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte constitue la troisi&#232;me section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera des deux premi&#232;res &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article218' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article275' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Une notion probl&#233;matique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pris dans sa dimension diachronique, la question du temps est indissociable de celle du devenir. Celui-ci se r&#233;duit-il &#224; l'actualisation d'un mod&#232;le de vie pour l'Homme, donn&#233; de l'ext&#233;rieur ou pr&#233;form&#233; en lui-m&#234;me ? Rel&#232;ve-t-il, au contraire de l'action de l'Homme sur sa propre histoire ? Ces questions qui, pour faire bref, rel&#232;vent respectivement de positions qu'on peut nommer essentialistes et existentialistes ont donn&#233; lieu &#224; des &#339;uvres qui vont certes bien au-del&#224; d'une telle bipolarit&#233; (Wahl J., 1954). Cette derni&#232;re reste cependant op&#233;rante pour comprendre les repr&#233;sentations du temps sous-jacentes au devenir-sujet. Sous la notion de d&#233;veloppement, accept&#233;e comme un allant de soi ou rejet&#233;e avec v&#233;h&#233;mence, on retrouve en effet des positions essentialiste ou existentialiste. De sorte que cette notion de d&#233;veloppement appara&#238;t comme un analyseur des repr&#233;sentations du temps de vie ; et, pour autant que les repr&#233;sentations sont imm&#233;diatement des modes de construire, les diff&#233;rentes acceptions du d&#233;veloppement se prolongent en diff&#233;rentes mani&#232;res de se temporaliser. Il convient donc de &#171; r&#233;-interroger la notion de d&#233;veloppement, en relation avec celle du devenir-sujet &#187; (Dupuis P.-A., 2002, p.34 ; cf. &#233;galement 1990, chap. 5) &#8211; chantier de recherche qui concerne bien &#233;videmment l'ensemble des praxis &#233;ducatives consid&#233;r&#233;es sous l'angle des temporalit&#233;s longues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le terme &#171; d&#233;veloppement &#187;, lorsqu'il est connot&#233; de mani&#232;re n&#233;gative, &#233;voque une sorte de programme pr&#233;&#233;tabli ou d'avatar &#233;volutionniste du destin, interdisant au sujet toute cr&#233;ation de formes et de sens r&#233;ellement nouveaux. Mais de telles acceptions essentialistes du d&#233;veloppement, si elles existent bien, voisinent avec d'autres acceptions qui, aussi bien du point de vue th&#233;orique que du point de vue axiologique, leur sont franchement oppos&#233;es ou apparaissent simplement diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le champ des psychologies de l'enfant, &#224; quoi les praxis &#233;ducatives ont largement puis&#233;, les mod&#232;les du d&#233;veloppement renvoient classiquement aux &#339;uvres fondatrices de Piaget et de Freud. C'est de la premi&#232;re qu'est issu le mod&#232;le dit des &#171; stades durs &#187; qui consid&#232;re une progression s&#233;quentielle et universelle et qui n'admet ni r&#233;gression, ni diversit&#233; des voies de passage d'un stade &#224; l'autre, ni positionnement du sujet &#224; cheval sur plusieurs stades &#8211; ce dont tient compte, au contraire, le mod&#232;le psychanalytique. D&#232;s 1895, Freud utilise le terme d'apr&#232;s-coup (1973) pour d&#233;signer le remaniement des traces m&#233;moris&#233;es des exp&#233;riences infantiles en fonction d'exp&#233;riences ult&#233;rieures. Aujourd'hui, A. Green y voit un &#171; mouvement d'ouverture et de fermeture par lequel le sens se d&#233;passe lui-m&#234;me en se compl&#233;tant, s'enrichissant, se donnant, &#224; la limite, la possibilit&#233; d'une r&#233;vision r&#233;trospective par ce mouvement m&#234;me qui pousse &#224; accro&#238;tre le champ de ses formulations significatives &#187; (2000, p. 180). Pour L. Colin (2006), l'inach&#232;vement que l'apr&#232;s-coup souligne constitue une ressource pour penser le paradigme d'une &#233;ducation tout au long de la vie. Comme le note F. Duparc, &#171; un sujet ne peut avancer, changer, &#233;voluer au fil des &#233;v&#233;nements de sa vie qu'en passant par des moments de r&#233;gression transitoire qui lui permettent de garder le contact avec son identit&#233; &#187; (1997, p. 1463). Si, dans la pens&#233;e freudienne, la s&#233;quence des stades reste bien invariable, les retours en arri&#232;re sont indissociables du d&#233;veloppement, de m&#234;me que la co-pr&#233;sence de processus relevant de stades diff&#233;rents. La notion de d&#233;veloppement s'est pourtant trouv&#233;e en partie disqualifi&#233;e dans les recherches psychanalytiques du fait de ses connotations &#233;volutionnistes. En partie seulement car elle r&#233;appara&#238;t sous d'autres d&#233;nominations, comme celle de &#171; croissance &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le dossier &#171; La croissance psychique &#187;, Journal de la psychanalyse de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; En fait, comme le note F. Duparc (1997), il est difficile en psychanalyse de se passer des stades (oral, anal, phallique, g&#233;nital) sans perdre la r&#233;f&#233;rence au corps.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. &lt;i&gt;Lifespan perspective&lt;/i&gt; et formation des adultes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les recherches consacr&#233;es au d&#233;veloppement de l'adulte sont, en langue fran&#231;aise, fort rares (Boutinet J.-P., 2004b, 2005b) &#8211; &#224; l'exception de celles consacr&#233;es &#224; la vieillesse. Tout se passe comme si, en France plus encore qu'en Belgique, en Suisse et &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; au Qu&#233;bec, l'expression &#171; d&#233;veloppement de l'adulte &#187; restait inf&#233;od&#233;e aux d&#233;finitions qui la posent comme contradictoire dans les termes puisque &#171; adulte &#187; signifie &#233;tymologiquement &#171; parvenu au terme de sa croissance &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il existe par contre, un peu partout ailleurs, un ensemble de recherches regroup&#233;es sous l'appellation &#171; d&#233;veloppement tout au long de la vie &#187; &#8211; &lt;i&gt;lifespan developmental perspective&lt;/i&gt; &#8211; dont on peut situer les d&#233;buts en 1933 avec les premiers travaux de Charlotte B&#252;hler &#224; Leipzig. A partir d'entretiens, de biographies, de journaux intimes, B&#252;hler propose un mod&#232;le en stades, fond&#233; sur des crit&#232;res quantitatifs, qui met l'accent sur l'&#233;volution des objectifs de vie que se donnent les personnes de 40 &#224; 65 ans (cf. Vandenplas-Holper C., 1998, p. 113-115). Ce courant peut &#233;galement trouver son origine chez Jung qui, dans une perspective psycho-spirituelle, propose &#233;galement un mod&#232;le de d&#233;veloppement en stades (le processus d'individuation), construit par analogie avec la succession des saisons, et comportant d&#233;j&#224; l'id&#233;e de crise du milieu de la vie (Houde R., 1999, p. 19-41). Par la suite, les th&#233;ories du d&#233;veloppement de l'adulte se distribueront entre ces deux approches, exp&#233;rimentaliste d'une part, clinique de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les recherches portant sur le d&#233;veloppement de l'adulte et sur les pratiques et les th&#233;ories de la formation peuvent-elles s'inter-questionner et, de ce fait, s'enrichir mutuellement ? Suite &#224; une revue de travaux portant sur le d&#233;veloppement de l'adulte, P. Dominic&#233; demande &#171; quelles seraient les raisons qui permettraient de se dispenser d'un savoir qui a fortement enrichi la pratique &#233;ducative des populations plus jeunes ? Au nom de quelle option &#233;pist&#233;mologique faudrait-il refuser un apport th&#233;orique qui permet de mieux comprendre l'acteur principal de la formation et l'effort qu'il fournit au-del&#224; de sa formation de base ? &#187; (1994, p. 51 ; cf. &#233;galement Bourgeois E., 2003, et les conclusions de C. Vandenplas-Holper, 1998). Dans notre aire g&#233;ographique, des interactions f&#233;condes apparaissent donc envisag&#233;es, au moins dans leur principe, entre formation et d&#233;veloppement de l'adulte. A noter que dans d'autres aires, notamment aux USA, &#171; il est difficile d'imaginer le champ de l'&#233;ducation des adultes s&#233;par&#233; des travaux portant sur le d&#233;veloppement de l'adulte ; de nombreux aspects de ce que nous pensons au sujet des apprenants adultes et du processus d'apprentissage sont fa&#231;onn&#233;s par notre connaissance de la mani&#232;re dont les adultes changent et se d&#233;veloppent tout au long de leur vie &#187; (Clark M. C., Caffarella R.S., 1999, p. 1).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Mod&#232;les du d&#233;veloppement adulte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans les recherches portant sur le d&#233;veloppement de l'adulte, la notion de stade, adopt&#233;e ou controvers&#233;e, reste centrale. Elle renvoie &#224; des mod&#232;les qui sont, selon le cas, m&#233;canistes, organismiques ou multidimensionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans les mod&#232;les m&#233;canistes, &#171; la personne serait d&#233;termin&#233;e essentiellement par les influences ext&#233;rieures que l'environnement exerce sur elle &#187; (Vandenplas-Holper C., 1998, p. 19). Ce point de vue peut &#234;tre illustr&#233; par les th&#233;ories apparent&#233;es &#224; celle de &#171; l'horloge sociale &#187; (Neugarten B., 1968), qui veut d&#233;crire et diff&#233;rencier les conduites et les accomplissements qu'une soci&#233;t&#233; donn&#233;e prescrit &#224; ses membres en fonction de leur &#226;ge. Toute soci&#233;t&#233; fournit ainsi &#224; ses membres un mod&#232;le d&#233;veloppemental s&#233;quenc&#233; afin de maintenir son organisation ; et les sujets se r&#233;f&#232;rent &#224; cette &#171; horloge &#187; pour &#233;valuer s'ils sont ou non &#171; dans les temps &#187; au plan professionnel ou personnel. Bien que les diff&#233;rentes &#233;tapes prescrites fassent, pour Neugarten, l'objet de reprises singuli&#232;res par les personnes, il n'en reste pas moins que, de son point de vue, ils sont d'abord produits et mis en place par une soci&#233;t&#233;. Le mode d'explication pr&#233;valent reste unidimensionnel ; le mod&#232;le pose un d&#233;veloppement essentiellement d&#233;termin&#233; de l'ext&#233;rieur et, corollairement, un sujet qui tend &#224; &#234;tre r&#233;duit &#224; sa seule r&#233;activit&#233;. Dans le cadre d'une approche complexe du d&#233;veloppement, les travaux relevant de ce type de mod&#232;le doivent ainsi faire l'objet d'une relecture critique, quel que soit leur int&#233;r&#234;t par ailleurs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce constat englobe tout un courant outre-atlantique, dont les recherches de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; l'insuffisance des mod&#232;les posant le d&#233;veloppement comme ext&#233;rieurement d&#233;termin&#233; r&#233;pond celle des mod&#232;les &#171; organismiques &#187; qui envisagent le d&#233;veloppement &#224; l'image de la croissance biologique. Des auteurs post-piag&#233;tiens comme Kohlberg ont adopt&#233; un tel mod&#232;le. Kohlberg (1981) d&#233;crit le d&#233;veloppement moral, de l'enfance &#224; la vieillesse, suivant une telle s&#233;quence irr&#233;versible et finalis&#233;e&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On trouvera une analyse contextualis&#233;e de la th&#233;orie de Kohlberg dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Sa recherche s'appuie sur des dilemmes moraux hypoth&#233;tiques pr&#233;sent&#233;s aux sujets. De son point de vue, le jugement moral se d&#233;veloppe en six stades &#224; travers quoi, &#224; l'inverse du mod&#232;le m&#233;caniste pr&#233;c&#233;dent, le d&#233;veloppement est con&#231;u &#224; l'image d'un &#171; programme &#187; dont le sujet serait porteur, et que l'environnement, s'il s'av&#232;re favorable, pourrait ou non permettre d'actualiser. &#192; la r&#233;duction du sujet &#224; sa r&#233;activit&#233; r&#233;pond la r&#233;duction de l'environnement &#224; un r&#233;v&#233;lateur du d&#233;j&#224;-l&#224;. Les principales th&#233;ories, explicites ou implicites, qui sous-tendent les pratiques du d&#233;veloppement personnel s'inscrivent, dans une large mesure, dans le cadre de ce mod&#232;le &#8211; moins, cependant, par la pr&#233;cision du syst&#232;me de stades qu'ils utilisent que par le poids qu'ils donnent aux d&#233;terminants internes (Lacroix M., 2004).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les critiques adress&#233;es aux mod&#232;les m&#233;canistes et organismiques ont par la suite encourag&#233; l'&#233;laboration de mod&#232;les d&#233;veloppementaux plus complexes, multidimensionnels. Par exemple, K. W. Schaie et G. Labouvie-Vief (1974) &#233;valuent l'incidence des effets de cohorte sur les performances cognitives de sujet du m&#234;me &#226;ge. Les diff&#233;rences statistiquement significatives entre les r&#233;sultats des diff&#233;rents groupes indiquent, pour les auteurs, l'intrication de facteurs physiologiques li&#233;s &#224; l'&#226;ge, de facteurs psychologiques aff&#233;rents au d&#233;veloppement de la personne et aux &#233;v&#233;nements de vie, et de facteurs socio-historiques. Dans cette perspective, la notion de d&#233;veloppement, loin de se r&#233;duire &#224; l'une ou l'autre de ses dimensions, devient ici bio-psycho-socio-historique ; elle s'efforce d'articuler plusieurs lignes de causalit&#233; h&#233;t&#233;rog&#232;nes distinctes. Ainsi, le d&#233;veloppement n'est ni donn&#233; par le monde ext&#233;rieur, ni r&#233;duit au d&#233;ploiement d'une inn&#233;it&#233; : le sujet et le monde co-&#233;voluent. Le d&#233;veloppement prend forme aussi en fonction de l'action du sujet ; il est &#224; &#171; faire &#233;merger &#187;. Les travaux mentionn&#233;s ne le limitent pas &#224; ses dimensions purement intellectuelles, purement affectives ou purement sociales ; ils portent sur leurs tissages et, &#224; ce titre, se situeraient davantage dans la perspective de Wallon (Bautier E., Rochex J.-Y., 1999) que dans celle de Freud ou de Piaget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les recherches portant sur la pens&#233;e &#171; postformelle &#187; rel&#232;vent d'une telle approche complexe du d&#233;veloppement. Quoique le terme comporte d'&#233;videntes connotations piag&#233;tiennes, les recherches se pr&#233;sentent dans un rapport &#224; Piaget analogue &#224; celui d'Einstein &#224; Newton (Sinnott J., 1984) de par le passage qu'elles op&#232;rent d'une conception absolutiste &#224; une conception relativiste de la connaissance. De nombreux auteurs ont en effet avanc&#233; que les caract&#233;ristiques de la pens&#233;e adulte tiennent davantage &#224; l'assomption de &#171; v&#233;rit&#233;s &#187; ou de &#171; champs du possible &#187; non plus uniques mais pluriels, souvent incompatibles, et hautement d&#233;pendants des contextes. Ainsi le d&#233;veloppement vers la pens&#233;e post-formelle s'appuie sur la notion de rationalit&#233; limit&#233;e, et sur la prise de conscience du caract&#232;re strat&#233;gique, contextuel et culturel de toute activit&#233;. Les prolongements &#233;ducatifs de ces recherches sont patents, depuis l'&#233;tude pionni&#232;re de Perry (1970) qui questionne, en termes de pens&#233;e postformelle, les changements dans la fa&#231;on dont les &#233;tudiants de Harvard apprennent &#224; se situer face &#224; la multiplicit&#233; des cadres de r&#233;f&#233;rence pr&#233;sent&#233;s par leurs enseignants, jusqu'aux travaux r&#233;cents qui s'arriment &#224; une pluralit&#233; de questionnements et de pratiques en &#233;ducation (cf. Griffin B., Kincheloe J., Hinchey P., 1999, pour une revue d&#233;taill&#233;e de la question).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sur le versant clinique, on peut mentionner notamment le mod&#232;le d&#233;veloppemental multicausal de E. Erikson (1963) et, dans ce mod&#232;le, l'&#233;mergence chez l'adulte de la g&#233;n&#233;rativit&#233;, comme disposition par quoi les sujets d&#233;finissent &#171; ce qu'ils tiennent &#224; bien faire, et comment ils comptent s'occuper de ce qu'ils ont commenc&#233; et cr&#233;&#233; &#187; (1974, p. 377). Cette disposition implique de s'adresser &#224; la g&#233;n&#233;ration suivante dans un &#171; souci du v&#233;ridique &#187;, &#171; comme relation mutuelle de sa propre int&#233;grit&#233; et de celle de l'autre &#187; (Dupuis P.-A., 2002, p. 96). L'assomption du d&#233;sir d'&#233;duquer, par quoi le sujet investit une temporalit&#233; qui d&#233;borde sa propre vie, appara&#238;t alors situ&#233;e dans un processus d&#233;veloppemental qui prend, en retour, statut de condition de l'intention de transmettre.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. La th&#233;orie des transformations&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le travail r&#233;cemment traduit de J. Mezirow (2001) montre particuli&#232;rement bien l'int&#233;r&#234;t de l'articulation des probl&#233;matiques de la formation et du d&#233;veloppement de l'adulte, par rapport auxquels il se situe en position d'interface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'ouvrage s'organise autour d'une id&#233;e centrale : celle de la prise en compte, en formation d'adultes, des cadres de r&#233;f&#233;rence implicites des sujets, leurs &#171; perspectives de sens &#187;, qui s'expriment &#224; travers leurs interpr&#233;tations du monde. La r&#233;&#233;valuation, au cours de la vie adulte, de ces cadres de r&#233;f&#233;rence implicites constitue des &#171; transformations de perspective &#187;, qui s'accompagnent de v&#233;ritables changements du monde v&#233;cu. Selon Mezirow, le d&#233;veloppement s'exprime, quant &#224; lui, en une succession (non programm&#233;e) de transformations de perspective, de sorte que ce qui favorise les derni&#232;res dynamise &#233;galement le premier. C'est &#224; la formation que revient ce caract&#232;re dynamisant, &#224; travers ce que l'auteur nomme &#171; l'apprentissage &#233;mancipateur &#187;, consid&#233;r&#233; &#224; son tour comme &#171; r&#233;sultant de la r&#233;flexivit&#233; [qui concerne en particulier] notre propre histoire et notre biographie et la mani&#232;re dont elles se traduisent dans l'image que nous avons de nous-m&#234;mes ; dans nos pr&#233;somptions concernant l'apprentissage, la nature du savoir et l'utilisation que nous en faisons ; dans notre mani&#232;re de voir nos r&#244;les et les attentes de la soci&#233;t&#233; ainsi que les sentiments refoul&#233;s qui influencent ces &#233;l&#233;ments &#187; (2001, p. 104)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; noter que Mezirow associe explicitement cette r&#233;flexivit&#233; &#224; la pens&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, dans le syst&#232;me notionnel form&#233; par les transformations de perspective, le d&#233;veloppement, l'apprentissage &#233;mancipateur et la r&#233;flexivit&#233; &#171; biographique &#187;, c'est cette derni&#232;re qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme le &#171; moteur &#187; du d&#233;veloppement de l'adulte. Partant, il revient &#224; la formation d'organiser les conditions d'apprentissage d'une telle r&#233;flexivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En somme, le d&#233;veloppement de l'adulte appara&#238;t, &#224; travers les derni&#232;res approches mentionn&#233;es, dot&#233; des caract&#233;ristiques suivantes : non-s&#233;parabilit&#233; de ses dimensions (psychologiques, groupales, sociales, etc.) ; caract&#232;re dynamique, &#224; la fois continu et discontinu (sujets et contextes composent en permanence avec l'ordre, le d&#233;sordre et l'organisation) ; statut accord&#233; aux sujets de &#171; producteurs &#187; ou d'&#171; auteurs &#187; de leur propre d&#233;veloppement. En tout &#233;tat de cause, la notion de d&#233;veloppement ne renvoie plus ici au temps du progr&#232;s lin&#233;aire des modernes, sous-jacent au mod&#232;le des &#171; stades durs &#187;, mais &#224; une intrication de mouvements progressifs et r&#233;gressifs, organisateurs et d&#233;sorganisateurs, porteurs d'incertitude. La repr&#233;sentation du temps associ&#233;e nous semble analogue &#224; une boucle &#233;trange (Hofstadter) qui s'&#233;tablirait non seulement comme r&#233;sonance &#171; verticale &#187; entre les &#171; niveaux &#187; (entre les temporalit&#233;s sociales, groupales, psychiques co-pr&#233;sentes ou synchroniques), mais aussi comme r&#233;sonance &#171; horizontale &#187; ou diachronique entre les &#171; moments &#187; ou les &#171; p&#233;riodes &#187; de la vie du sujet, r&#233;sonance diachronique par quoi les intentions d'avenir et le pass&#233; se co-d&#233;terminent sans cesse sans que l'un puisse devenir un destin pour l'autre. Le sujet en d&#233;veloppement est alors consid&#233;r&#233; non plus comme agi par celui-ci, dont quelque programme interne ou externe pr&#233;formerait les temps personnels, mais bien comme co-auteur de sa propre dur&#233;e. La notion de d&#233;veloppement rel&#232;ve ainsi d'un existentialisme mod&#233;r&#233;, &#233;vitant le double &#233;cueil du pessimisme et de la toute-puissance. Une fois d&#233;barrass&#233;e de sa gangue &#233;volutionniste, cette notion rejoint la pens&#233;e critique en &#233;ducation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. le dossier &#171; De la critique en &#233;ducation &#187;, coord. B&#233;zille H., Le Grand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, dans la mesure o&#249; il devient possible de penser d&#233;veloppement et &#233;mancipation comme non s&#233;parables. Au plan des pratiques, la question n'est plus alors de savoir si telle intervention &#233;ducative est ou non &#171; adapt&#233;e &#187; au stade o&#249; se trouverait le form&#233; mais de se demander si elle favorise la prise en main qu'il est susceptible d'op&#233;rer vis-&#224;-vis de son propre processus de d&#233;veloppement, indissociable de la formation au long cours de ses temps personnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; SUIVRE...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La bibliographie de cet article est disponible &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. le dossier &#171; La croissance psychique &#187;, &lt;i&gt;Journal de la psychanalyse de l'enfant&lt;/i&gt;, 2000, n&#176; 26.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce constat englobe tout un courant outre-atlantique, dont les recherches de D. Levinson (1974) sont exemplaires, et qui constitue une r&#233;f&#233;rence importante pour la probl&#233;matique des &#171; cycles de vie &#187; ou des &#171; &#226;ges de la vie &#187; (Houde R., 1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;On trouvera une analyse contextualis&#233;e de la th&#233;orie de Kohlberg dans Tostain M., 1999. Cf. &#233;galement Vandenplas-Holper C., 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&#192; noter que Mezirow associe explicitement cette r&#233;flexivit&#233; &#224; la pens&#233;e postformelle (2001, p. 172-174).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. le dossier &#171; De la critique en &#233;ducation &#187;, coord. B&#233;zille H., Le Grand J.-L., &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, 2002, n&#176; 43.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Des temporalit&#233;s &#233;ducatives (2) : rythmes et &#233;ducation
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article275</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article275</guid>
		<dc:date>2011-02-13T08:04:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lesourd
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ce texte constitue la deuxi&#232;me section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera le d&#233;but ici. Comme toute typologie, celle des positions temporelles comporte une connotation d'immobilisme &#224; l'instar d'une structure, quelle que soit l'insistance d&#233;ploy&#233;e pour signifier que ces positions se prolongent aussi en modes d'organisation de l'histoire. Il faut donc encore les articuler au rythme qui, quant &#224; lui, est d'embl&#233;e porteur de l'&#233;vidence de diachronie : il n'existe pas de rythme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Sciences de l'&#233;ducation et de la formation &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Rythmes et individuation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;1. Rythmes et individuation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Rythmanalyses&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;2. Rythmanalyses&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Des schizo-chronies&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;3. Des schizo-chronies&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ce texte constitue la deuxi&#232;me section d'une &#233;tude plus large dont on trouvera le d&#233;but &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article218' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;BR/&gt;
Comme toute typologie, celle des positions temporelles comporte une connotation d'immobilisme &#224; l'instar d'une structure, quelle que soit l'insistance d&#233;ploy&#233;e pour signifier que ces positions se prolongent aussi en modes d'organisation de l'histoire. Il faut donc encore les articuler au rythme qui, quant &#224; lui, est d'embl&#233;e porteur de l'&#233;vidence de diachronie : il n'existe pas de rythme instantan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Rythmes et individuation &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'essai de Pascal Michon, &lt;i&gt;Rythme, pouvoir, mondialisation&lt;/i&gt;, est d'un grand int&#233;r&#234;t pour une pens&#233;e du rythme en &#233;ducation aujourd'hui. L'auteur d&#233;crit la mondialisation comme entr&#233;e dans un monde postmoderne r&#233;ticulaire, c'est-&#224;-dire &#171; organis&#233; &#224; partir d'assemblages de connexions en perp&#233;tuelle mutation &#187; (Michon, p., 2005, p. 4), monde fluide dont les &#233;pist&#233;mologies contemporaines ne peuvent plus rendre compte. Cependant, &#171; le monde fluide n'est pas un monde sans formes &#187; (p. 8) &#8211; quoiqu'il ne s'agisse pas ici de formes spatiales ou de formes de sens que la notion de structure pourrait &#233;clairer. De fait, les formes d&#233;terminantes pour les individus, psychiques ou collectifs, sont devenues temporelles. Davantage : &#171; ces formes s'imposent aux mouvements m&#234;mes par lesquels ces individus sont produits ; elles sont des formes du mouvement de l'individuation ; et le pouvoir [&#8230;] r&#233;side de plus en plus dans leur contr&#244;le et leur d&#233;finition &#187; (p. 8). Partant, nous avons aujourd'hui besoin d'une analyse &#171; qui soit apte &#224; reconna&#238;tre les formes du mouvement de l'individuation &#187; (p. 14). Pascal Michon veut montrer que la notion de rythme permet de d&#233;finir au mieux les formes de l'individuation psychique et collective contemporaine. Se d&#233;gageant d'embl&#233;e d'une d&#233;finition classique du rythme qui l'associe &#224; une m&#233;trique, l'auteur construit progressivement une acception des rythmes, comme &#171; formes descriptibles de r&#233;alit&#233;s mouvantes &#187; (p. 423) ou comme &#171; organisation non m&#233;trique du mouvant &#187; (p. 427), qui rejoint celle de Benveniste. Pour celui-ci, le rythme &#171; d&#233;signe la forme dans l'instant qu'elle est assum&#233;e par ce qui est mouvant, fluide, la forme de ce qui n'a pas de consistance organique : il convient au &lt;i&gt;pattern&lt;/i&gt; d'un &#233;l&#233;ment fluide [&#8230;] C'est la forme improvis&#233;e, momentan&#233;e, modifiable &#187; (1966, p. 333). L'exploration de Pascal Michon passe par une enqu&#234;te historique. Il remarque que, lors de ce qu'on a appel&#233; &#171; la premi&#232;re mondialisation &#187; (Berger S., 2003), &#171; un autre monde fluide [est] n&#233; il y a un peu plus d'une centaine d'ann&#233;es, &#224; la suite d'une s&#233;rie de ph&#233;nom&#232;nes en grande partie analogues &#224; ceux dont nous venons d'&#234;tre les t&#233;moins &#187; (Michon P., 2005, p. 14) : r&#233;volution technologique et des moyens de communication, internationalisation du march&#233; des capitaux, etc. Or, si &#171; entre 1890 et 1950, le rythme a constitu&#233; un objet de pr&#233;occupation r&#233;current pour des disciplines extr&#234;mement vari&#233;es &#187; (p. 413), parmi lesquelles sociologie, anthropologie, psychanalyse, critique litt&#233;raire, etc., il a par la suite laiss&#233; place, en sciences sociales, aux structures et aux syst&#232;mes avant de rena&#238;tre de mani&#232;re dispers&#233;e dans les ann&#233;es 1980. Aujourd'hui, dit Pascal Michon, &#171; ce sont ces rythmes qu'il nous faut analyser, comprendre, critiquer et &#233;ventuellement remplacer , si nous voulons avoir une prise sur le monde fluide &#187; (p. 459) et sur les formes d'individuation qui peuvent s'y jouer. L'enqu&#234;te historique est alors de premi&#232;re importance pour penser, &#224; partir des travaux-ressources sur le rythme produits au cours de la premi&#232;re mondialisation, les formes rythmiques d'individuation qui caract&#233;risent la seconde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la mesure o&#249;, d'une part, l'individuation constitue, comme processus, une vis&#233;e cruciale des sciences de l'&#233;ducation et o&#249;, d'autre part, l'individuation peut &#234;tre relue comme rythme, le travail de Pascal Michon &#8211; sur lequel nous reviendrons &#8211; ne peut qu'interroger les composantes rythmiques de l'&#233;ducation. En l'occurrence, il y aurait une histoire &#224; faire du rythme en &#233;ducation, qui s'appuierait notamment sur M. Foucault (1975) ou sur M.-A. Jullien (cf. Hess R., 1998, 2006), et &#224; travers quoi l'on pourrait, en reprenant la d&#233;marche de Pascal Michon, faire dialoguer des travaux actuels et anciens portant sur le rythme d'un point de vue &#233;ducatif.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Rythmanalyses&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;2.1. Rythmes et moments&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Un autre courant de recherche sur le rythme peut &#234;tre identifi&#233; &#224; partir de deux approches &#233;galement nomm&#233;es &#171; rythmanalyse &#187; : celle qui part de H. Lef&#232;vre (1992) et, en Sciences de l'&#233;ducation, se d&#233;ploie, en s'associant aux ouvrages pionniers de M.-A. Jullien, au travail de R. Hess (1998, 2006) ; celle qui part de G. Bachelard (1963), se prolonge avec les travaux de J.-J. Wunenburger (1992 ; Sauvanet P., Wunenburger J.-J., 1994) et aboutit, en Sciences de l'&#233;ducation aux recherches de G. Pineau (1987, 2000, 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'approche rythmanalytique de Lefebvre correspond &#224; l'introduction explicite du probl&#232;me du temps dans sa &lt;i&gt;Critique de la vie quotidienne&lt;/i&gt;. La rythmanalyse lefebvrienne vise &#224; une interdisciplinarit&#233;, int&#233;grant l'&#233;tude des rythmes de la ville, de la musique, de la parole, de la pens&#233;e, mais aussi la chronobiologie, les rythmes et cycles d'origine naturelle socialement alt&#233;r&#233;s. Cette rythmanalyse appara&#238;t aussi dans la &#171; th&#233;orie des moments &#187; de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Contrairement &#224; l'acception habituelle, le moment n'est pas assimil&#233; chez Lefebvre &#224; une &#171; courte dur&#233;e &#187; ou &#224; un &#171; instant &#187;. Il s'agit d'un &#171; centre du v&#233;cu &#187; qui &#171; condense autour d'une image centrale ce qui existe, mais &#233;pars dans la vie spontan&#233;e [&#8230;] &#224; travers une unit&#233; d'ensemble, rassemblant des paroles et des actes, des situations et des attitudes, des sentiments et des repr&#233;sentations &#187; (Lefebvre H., 1989, p. 253, 713). Ainsi &#171; le moment de la contemplation, le moment de la lutte, le moment de l'amour, le moment du jeu ou celui du repos, celui de la po&#233;sie ou de l'art, etc. &#187; (p. 713) se r&#233;p&#232;tent au cours d'une vie ; chacun de ces moments se construit en se r&#233;p&#233;tant. &#171; Le moment a sa m&#233;moire ; il s'est form&#233; ; il a m&#251;ri &#187; (p. 253). En fait, il suppose une dur&#233;e et, dans sa coexistence avec les autres moments, g&#233;n&#232;re une histoire. La th&#233;orie des moments propose &#171; d'organiser concr&#232;tement la conscience sur le type du contrepoint, les moments comme les voix et th&#232;mes de la fugue, se repr&#233;sentent l'un l'autre, se r&#233;pondant, se tressant, et refl&#233;tant l'unit&#233; tonale de l'ensemble &#187; (p. 280). Les moments alternent, r&#233;sonnent, se recouvrent, &#233;mergent, durent et disparaissent et, &#224; ce titre, rel&#232;vent bien de la rythmanalyse lefebvrienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La notion de moment a &#233;t&#233; reprise et amplifi&#233;e par Remi Hess en un v&#233;ritable paradigme &#224; travers plusieurs ouvrages, o&#249; il explore entre autres moments celui de la danse, de la famille, du travail, celui du loisir, le moment sportif, le moment de cr&#233;ation, etc. Hess aborde ces diff&#233;rents moments dans la perspective d'une clinique de l'exp&#233;rience. Ainsi, le &#171; moment de la recherche &#187; n'est pas s&#233;parable du dispositif d'&#233;criture, de l'espace concret et sp&#233;cialement am&#233;nag&#233; o&#249; il se d&#233;roule (Hess R., De Luze A., 2001). Chaque moment est associ&#233; &#224; ses espaces d'&#233;lection. L'observation m&#233;thodique, qui favorise la conscientisation des moments, appara&#238;t &#233;galement dans la perspective anthropologique adopt&#233;e comme une condition du devenir-auteur de sa propre itin&#233;rance. Hess note l'existence d'un &#171; rituel d'entr&#233;e et un rituel de sortie dans les moments &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Communication personnelle.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. On ne soulignera jamais trop le caract&#232;re &#224; maints &#233;gards crucial d'un tel passage d'un moment &#224; l'autre. La difficult&#233; de n&#233;gocier ce type de passage ne vient-elle pas au premier plan lorsque, par exemple, le sujet se trouve dans l'incapacit&#233; de circuler entre les moments de la recherche, du travail et de la famille et, de ce fait, fragilise son processus de formation existentielle ? Porter son attention sur ces passages devrait lui permettre, au contraire, de &#171; prendre et de reprendre tel ou tel moment pour le d&#233;ployer ou le red&#233;ployer &#187; (Hess R. , 2004, p. 20), d'inventer en quelque sorte des rythmes pour &#171; passer &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans cette perspective, &#171; l'histoire de vie devient une &#8220;clinique&#8221; des moments, un effort pour les d&#233;crire, pour les articuler &#187; (Delory-Momberger C., Hess R., 2001, 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; de couv.). Le terme &#171; articuler &#187; est ici essentiel. Il renvoie &#224; la notion de &#171; transversalit&#233; &#187; c'est-&#224;-dire &#224; la dynamique d'ensemble des moments d'un sujet qui s'efforce de la conscientiser. Or, comme l'&#233;crit R. Hess, cette transversalit&#233; des moments est rythm&#233;e : &#171; la vie des moments ne suit pas des rythmes constants. Comme dans les symphonies, d'un mouvement &#224; l'autre, on peut passer du 3/4 au 2/4. Il y a des phras&#233;s lents, d'autres tr&#232;s rapides. Les rythmes des moments sont comparables &#224; ceux de la valse &#187; (2006). Partant, dans la mesure o&#249; l'Homme, &#171; par ses choix, forge des &#171; moments &#187; &#187; (Lefebvre H., 1989, p. 355), il appara&#238;t capable d'en rythmer l'alternance. Cette invention rythmique constitutive de la transversalit&#233; des moments par quoi l'histoire de vie se construit nous porte &#224; questionner dans quelle mesure la construction de cette histoire ne rel&#232;ve pas tout autant d'une intelligibilit&#233; musicale que d'une intelligibilit&#233; narrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt; &lt;i&gt;2.2. Chrono-formation&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Comme nous l'avons mentionn&#233;, G. Pineau a propos&#233; le terme de &#171; chrono-formation &#187; pour rendre compte de la fa&#231;on la plus extensive des diff&#233;rentes temporalit&#233;s qui peuvent &#234;tre occasions et objets de formation. La chrono-formation consiste &#224; apprendre une pluralit&#233; de rythmes sociaux, cosmiques, biologiques, &#171; mais implique aussi d'articuler pour soi ces rythmes, de les synchroniser personnellement [&#8230;] Formation permanente, &#233;quilibre m&#233;tastable, toujours compromis et le plus souvent r&#233;tabli. [...] Il faut donner sa mesure ; rythmer les rythmes &#187; (Pineau G., 1987, p. 103). Ainsi, le sujet acquiert, invente ou d&#233;couvre des moyens personnels pour configurer les temps, pour &#171; rythmer les rythmes &#187; suivant &#171; un optimum de r&#233;partition, une combinaison sp&#233;cifique de temps &#233;quilibr&#233;s, variable d'un individu &#224; l'autre, [qui] doit produire un temps biographique propre &#187; (p. 97). Le sujet est ainsi consid&#233;r&#233; capable de r&#233;partir, de combiner, d'&#233;quilibrer les rythmes et les temps. &#171; Cette capacit&#233;, dit Pineau, nous semble s'exercer aux fronti&#232;res de ces diverses temporalit&#233;s par un travail &#8211; un jeu &#8211; de synchronisation qui produit un son nouveau avec et par-del&#224; ces diff&#233;rentes partitions &#187; (p. 97). Le processus de subjectivation suppose &#171; une chronog&#233;n&#232;se, une production sp&#233;cifique d'un temps propre, personnel &#187; (p. 96) et, ce, &#224; partir de la trivialit&#233; du quotidien lui-m&#234;me (Pineau G., 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette chronog&#233;n&#232;se rencontre cependant d'embl&#233;e aussi bien des ressources qu'une ali&#233;nation temporelles, dont la notion de synchroniseur ou de &#171; donneur de temps &#187; (Sansot P. et al., 1981) permet de prendre la mesure. Issue de travaux de chronobiologistes (Reinberg A., Ghata J., 1982 ; Reinberg A., 1979), la notion de synchroniseur d&#233;signe par extension &#171; un chef d'orchestre temporel &#8230;un cycle de base influen&#231;ant suffisamment les autres pour battre la mesure, en tout ou en partie &#187; (Pineau G., 2000, p. 120). En somme, tout rythme qui commande un autre rythme est un synchroniseur &#8211; social (par exemple, des rythmes de travail, de l'&#233;ducation, etc.), &#233;cologiques (rotation de la terre sur elle-m&#234;me &#8211; la nuit, le jour &#8211; et autour du soleil &#8211; le rythme des saisons) et personnels (le sujet humain produisant son histoire de vie) (Pineau G., 1987, p. 104-105). On pourrait encore mentionner des synchroniseurs relationnels (par exemple, les rythmes du conjoint). Faire couple ou entamer une reconversion professionnelle revient &#224; s'affilier plus ou moins d&#233;lib&#233;r&#233;ment &#224; de nouveaux synchroniseurs avec quoi le sujet pourra construire de nouveaux rythmes propres et, partant, de nouvelles perspectives &#224; plus ou moins long terme. Comme le pointe Pineau, &#171; un synchroniseur est un rythme donneur de temps et de sens &#187; (2000, p. 152).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La question des synchroniseurs est indissociable de celle du pouvoir. Le sujet peut en effet pressentir que certaines configurations de rythmes tendent &#224; faciliter ou, au contraire, &#224; entraver, et en tout cas &#224; alt&#233;rer l'&#233;laboration encore h&#233;sitante de ses nouveaux rythmes propres &#8211; lesquels, scandant sa vie autrement, favorisent &#233;galement l'&#233;mergence d'un nouveau sens &#224; lui donner. Le sujet doit alors se pencher sur de nouvelles fa&#231;ons de synchroniser les rythmes, d'en co-op&#233;rer une reconfiguration, de synchroniser les synchroniseurs. Pour ce faire, il lui appartient de conscientiser ces synchroniseurs, quel que soit l'environnement (social, culturel, interpersonnel, intrapsychique) auquel ils renvoient. L'&#233;ducation, dans cette perspective vise une &#233;mancipation des rythmes, une critique des contraintes rythmiques, une prise en charge des conditions rythmiques de formation du sens. En l'occurrence, si chaque ph&#233;nom&#232;ne &#8211; culturel, social, interpersonnel, intrapsychique &#8211; appara&#238;t producteur et, r&#233;cursivement, produit de rythmes qui s'alt&#232;rent, se synchronisent, se chevauchent &#8211; rythmes horlogers, saisonniers, rythmes du travail, des conversations &#8211; qui entrent en r&#233;sonance avec un sujet lui-m&#234;me rythm&#233; dans son int&#233;riorit&#233;, sujet qui se forme activement, dans cette polyrythmie ; si la vie du sujet appara&#238;t partie prenante du vaste mouvement en avant et au long cours d'un syst&#232;me complexe de rythmes sociaux, psychologiques, biologiques, &#233;cologiques distincts et reli&#233;s, alors le sens que le sujet attribue &#224; sa vie ne jaillira en un temps fort qu'&#224; travers le syst&#232;me englobant des rythmes multiples. Ainsi, peut-on dire que c'est le rythme qui donne sa force au sens, dans l'existence comme en po&#233;sie (Lesourd F., 2001b). Et, outre cette perspective explicitement existentielle, les chantiers de recherche consacr&#233;s &#224; l'alternance en formation d'adultes (cf. notamment Lerbet G., 1995 ; Geay A., 1998 ; Pineau G., 2000, 2005 ; Boutinet J.-P., 2005a)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#233;galement les dossiers &#171; L'alternance : pour une approche complexe &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sont exemplaires de l'effort de penser le rythme comme condition de la production de sens, d'interroger le caract&#232;re formateur du rythme &#224; travers ses dimensions sociales, institutionnelles voire &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Soulignons les analogies et les diff&#233;rences des approches des auteurs mentionn&#233;s. A un premier niveau d'analyse, la &#171; valse &#187; des moments tissant l'histoire de vie (R. Hess), l'action de &#171; rythmer les rythmes &#187; qui d&#233;bouche sur la construction d'un &#171; m&#233;so-temps personnel &#187; (Pineau) et le rythme comme &#171; mouvement de l'individuation &#187; &#8211; o&#249; les &#171; individus &#187; sont, en outre, d&#233;crits comme des &#171; rythmes de rythmes &#187; (Michon P., 2005, p. 423) &#8211; renvoient, pourrait-on dire, &#224; une vision commune du rythme comme cr&#233;ation de mobilit&#233;s identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cependant, les auteurs fondent leurs approches du rythme sur des sch&#232;mes d'intelligibilit&#233; diff&#233;rents. Michon exclut explicitement les rythmes cosmiques et biologiques de son questionnement : &#171; les rythmes de l'individuation sont ontologiquement diff&#233;rents des rythmes naturels &#187; ; les rythmes biologiques &#171; font partie d'une sph&#232;re de complexit&#233; inf&#233;rieure relativement ind&#233;pendante des &#233;volutions historiques &#187; (2005, p. 425). Cette s&#233;paration est affirm&#233;e comme un principe : &#171; Le rythme, en tant que forme du mouvement de l'individuation ne constitue donc pas un principe universel reliant le biologique &#224; l'&#233;conomique en passant par l'individu et le social. Il d&#233;pend d'une histoire qu'il est possible de restituer et sur laquelle nous sommes en mesure d'agir. &#187; (p. 425-426) L'enqu&#234;te historique de l'auteur constitue en effet une ressource de premi&#232;re importance. Pineau, au contraire, envisage l'interd&#233;pendance des rythmes bio-psycho-socio-anthropo-cosmiques au fondement de la formation d'une histoire, suivant une &#233;pist&#233;mologie proche de celle d'Edgar Morin. Et, chez Hess, la notion m&#234;me de moment, de par son enracinement dans le v&#233;cu du quotidien, ne peut que tenir compte de l'ensemble des modalit&#233;s rythmiques qui, en tant qu'elles affectent le sujet, participent &#224; la &#171; condensation &#187; des moments en &#171; centres du v&#233;cu &#187; et &#224; la &#171; valse &#187; de leur transversalit&#233; historicisante. Chez Pineau comme chez Hess, le rythme d&#233;signe donc un mouvement d'individuation ou de subjectivation, mais la rythmanalyse des deux auteurs comprend aussi bien les alternances non m&#233;triques entre les &#171; temps de solitude et temps de contact social &#187;, etc. (Pineau), ou entre les moments dont la vie &#171; ne suit pas des rythmes constants &#187; (R. Hess), que des cycles plus r&#233;guliers tels que les rythmes cosmiques et biologiques. Une telle approche nous para&#238;t particuli&#232;rement f&#233;conde en ce qu'elle permet d'envisager une &#233;ducation de l'attention port&#233;e par le sujet : &#224; ses propres rythmes biologiques (relevant de la pr&#233;vention en &#233;ducation &#224; la sant&#233;) ; aux rythmes cosmiques (le jour, la nuit, les saisons, etc., relevant de l'&#233;coformation) ; au tissage de ces deux types de rythmes dans le mouvement de construction de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Des schizo-chronies&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une critique des rythmes en &#233;ducation suppose &#233;galement le rep&#233;rage des configurations de rythmes susceptibles de favoriser ou, au contraire, d'entraver le renouvellement ou le surgissement de nouvelles modalit&#233;s de sens. Ce renouvellement est vraisemblablement barr&#233; par les configurations dans lesquelles les rythmes biologiques, psychologiques, sociaux et les rythmes de l'environnement naturel sont cliv&#233;s. Pour parler de ce clivage des temps, des rythmes, o&#249; les synchroniseurs sont d&#233;synchronis&#233;s, Pineau a forg&#233; le n&#233;ologisme de &#171; schizo-chronie &#187;, c'est-&#224;-dire de coupure des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La premi&#232;re schizo-chronie s'op&#232;re entre le sujet et son propre temps singulier. Le temps chronologique et la quantification associ&#233;e du temps v&#233;cu, qui rythment de nombreux secteurs de la vie sociale, constituent une configuration de synchroniseurs puissante s'il en est. Or, comme l'&#233;crit Pineau, &#171; l'utilisation-r&#233;flexe de la seule plate-forme du temps universel [&#8230;] coupe de la production de ce qui peut &#234;tre appel&#233; le m&#233;so-temps personnel, celui que la personne doit prendre, se donner pour exister entre le biologique, le social, le cosmique [...] Cette ali&#233;nation temporelle est si forte qu'elle parait in&#233;vitable &#187; (Pineau G., 1987, p. 36). C'est, en effet, de par cette coupure, toute l'&#233;laboration de configurations rythmiques personnelles qui tend &#224; s'immobiliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On retrouve l&#224;, en termes de position temporelle, ce que nous avons d&#233;crit comme une objectivation des temps : celle-ci renvoie bien &#224; une coupure par quoi l'acc&#232;s du sujet &#224; sa propre capacit&#233; de temporaliser cr&#233;ativement est barr&#233; par la pression du temps chronologique (renforc&#233;e par d'autres temps : sociaux, institutionnels, etc.). Cette objectivation ali&#233;nante des temps correspondrait &#224; une coupure &#171; par exc&#232;s &#187; de pression temporelle. On peut cependant rep&#233;rer une seconde coupure entre le sujet et son temps singulier, une coupure &#171; par d&#233;faut &#187; de rep&#232;res temporels qui s'exprime &#224; travers la d&#233;synchronisation et l'effroi face &#224; l'histoire des sujets en exil temporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains synchroniseurs semble cependant susceptibles de r&#233;tablir la production du &#171; m&#233;so-temps &#187; qui constitue une condition du processus de subjectivation. Pineau mentionne les &#171; synchroniseurs narratifs &#187; que constituent les histoires de vie (Pineau G., 1987, p. 150). Raconter son histoire c'est, en effet, intervenir sur sa propre rythmique existentielle pour confirmer le statut de temps fort accord&#233; &#224; certains &#233;v&#233;nements personnels ou aux tournants qui marquent les grandes &#233;tapes de son existence ; pour d&#233;placer, dans d'autres cas, &#171; l'accent rythmique &#187;, au sens o&#249; certains moments prenant ou perdant r&#233;trospectivement de l'importance, leurs alt&#233;rations modifient par r&#233;sonance l'ensemble des scansions d'une vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette premi&#232;re schizo-chronie se prolonge en une seconde, entre le sujet et ses rythmes biologiques, dont elle n'est pas toujours ais&#233;ment dissociable. Par exemple, les souffrances temporelles dues aux conditions de travail relevant d'un processus d'objectivation des temps proc&#232;dent autant de la paralysie des rythmes psychiques et des rythmes des communications interpersonnelles que de d&#233;sorganisations des rythmes biologiques. Les activit&#233;s qui emp&#234;chent le sujet de ralentir ou d'acc&#233;l&#233;rer son activit&#233; suivant sa propre d&#233;cision constituent des synchroniseurs responsables &#224; long terme de troubles nombreux (&#233;voqu&#233;s plus haut) &#224; travers quoi la faillite conjointe du rythme, de la sant&#233; et du sens personnels est patente. Ceci vaut &#233;galement pour l'exil temporel : les maladies des exclus sont, pour une part, des chronopathologies dans la mesure o&#249; les sujets sont en difficult&#233; m&#234;me de prendre rendez-vous avec des soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On notera pourtant l'&#233;mergence d'occasions de reliance &#224; ses propres rythmes biologiques qui, bien que minoritaires, veulent penser le processus de subjectivation sans &#233;vacuer sa corpor&#233;it&#233;. Ainsi, l'on s'interroge quant aux synchronisations ad&#233;quates entre rythmes scolaires et rythmes biologiques de l'enfant (Montagner H., 1990 ; Leconte P. et Leconte-Lambert C., 1995 ; Testu F., 2000). Cependant, en formation des adultes, les recherches sont rares qui relient rythmes biologiques et processus de formation (cf. Pineau G., 2005). Ces &#233;l&#233;ments esquissent un chantier de recherche qui, relevant de l'&#233;ducation &#224; la sant&#233;, permettrait d'interroger les corr&#233;lats somatiques des positions temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La troisi&#232;me coupure, qui s'inscrit dans le chantier de recherche de l'&#233;coformation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce n&#233;ologisme, propos&#233; dans les ann&#233;es 1980 par G. Pineau, d&#233;signe &#171; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , se situe entre le sujet et les rythmes naturels. Elle est d'autant moins visible que ces rythmes semblent avoir perdu de leur sens pour beaucoup. Ces rythmes, consid&#233;r&#233;s dans leurs interactions avec les rythmes biologiques, sociaux et personnels, ont cependant des effets formateurs que leur coupure supprime. Outre ses corr&#233;lats physiologiques, l'alternance du jour et de la nuit organise les rythmes dans l'imaginaire m&#234;me, en r&#233;sonance avec ses &#171; r&#233;gimes &#187; anthropologiques diurne et nocturne (Durand G., 1969), associ&#233;s &#224; des modes de connaissance contrast&#233;s (Pineau G., Marie-Mich&#232;le, 1983). Les rythme annuels, &#233;galement synchroniseurs de rythmes biologiques (Reinberg A. et Ghata J., 1982), font bien l'objet de reprises mythopo&#233;tiques collectives (l'id&#233;e de &#171; saisons &#187; de la vie) dont l'apprentissage favorise la mod&#233;lisation intuitive du temps long de l'existence (Lesourd, 2001b). Quant aux rythmes climatiques, &#224; la fronti&#232;re du cyclique et du chaotique, ils semblent surtout, si l'on peut dire, exemplaires de l'impr&#233;visible de par la charge d'incertitude qu'ils v&#233;hiculent mat&#233;riellement, socialement et symboliquement. Le climat creuse dans le sujet le go&#251;t du moment opportun, du Kairos, moment qu'il faudra bien saisir, autant pour semer que pour conduire le troupeau (Moneyron A., 2001) ou pour changer de vie. Si le sujet peut sans cesse red&#233;couvrir que les occasions existentielles &#224; ne pas manquer sont, &#224; l'instar du climat, tout sauf contr&#244;lables, c'est sans doute en partie &#224; son incorporation des rythmes climatiques et de leurs reprises symboliques qu'il le doit (Lesourd, 2001b).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
LA SUITE &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article289' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ICI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La bibliographie de cet article est disponible &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Communication personnelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#233;galement les dossiers &#171; L'alternance : pour une approche complexe &#187;, &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de p&#233;dagogie&lt;/i&gt;, 1999, n&#176; 128, et &#171; L'alternance, une alternative &#233;ducative ? &#187;, &lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt;, 2005-2, n&#176; 163.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Ce n&#233;ologisme, propos&#233; dans les ann&#233;es 1980 par G. Pineau, d&#233;signe &lt;i&gt;&#171; la formation que chacun re&#231;oit par contact direct et r&#233;fl&#233;chi avec l'environnement (l'&lt;/i&gt;o&#239;kos &lt;i&gt; : habitat). Notre hypoth&#232;se centrale est que nous saurons peut-&#234;tre former un environnement viable et durable si nous savons comment l'environnement nous forme, nous, &#234;tres humains reli&#233;s et &#233;co-d&#233;pendants &#187;&lt;/i&gt; (Cottereau D., 2002). En d'autres termes, il s'agit d'&#233;prouver comment l'environnement naturel nous forme pour mieux d&#233;cider de la fa&#231;on dont on le forme en retour.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des temporalit&#233;s &#233;ducatives (1) : positions temporelles
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article218</link>
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		<dc:date>2011-01-26T15:40:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lesourd
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		<description>
&lt;p&gt;Cet article pr&#233;sente un panorama quasi-complet des recherches pass&#233;es et en cours concernant le temps et les rythmes dans les pratiques d'&#233;ducation et de formation. Il a d&#233;j&#224; paru dans Pratiques de formation / Analyses n&#176; 51-52 (2006) : &#171; Les temporalit&#233;s &#233;ducatives &#8211; Approches plurielles &#187;, num&#233;ro coordonn&#233; par Francis Lesourd. Nous remercions chaleureusement celui-ci de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici. Introduction La mise au travail de la notion de temporalit&#233; &#233;ducative (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Sciences de l'&#233;ducation et de la formation &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Introduction&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;Introduction&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;1. Chronos : fin de r&#232;gne ?&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;1. Chronos : fin de r&#232;gne ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;2. Objectivation des temps&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;2. Objectivation des temps&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;3. Temporalit&#233;s et subjectivation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;3. Temporalit&#233;s et subjectivation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;4. De l'exil temporel&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;4. De l'exil temporel&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;5. R&#233;sonances psychanalytiques&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;5. R&#233;sonances psychanalytiques&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;6. Position temporelle et &#233;ducation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;6. Position temporelle et &#233;ducation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Vers une mod&#233;lisation quaternaire &#8211; Addendum (janvier 2011)&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_7'&gt;Vers une mod&#233;lisation quaternaire &#8211; Addendum (janvier 2011)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Bibliographie&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire_8'&gt;Bibliographie&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article pr&#233;sente un panorama quasi-complet des recherches pass&#233;es et en cours concernant le temps et les rythmes dans les pratiques d'&#233;ducation et de formation. Il a d&#233;j&#224; paru dans &lt;/i&gt; Pratiques de formation / Analyses n&#176; 51-52 (2006) : &lt;i&gt;&#171; Les temporalit&#233;s &#233;ducatives &#8211; Approches plurielles &#187;, num&#233;ro coordonn&#233; par Francis Lesourd. Nous remercions chaleureusement celui-ci de nous avoir autoris&#233; &#224; le reproduire ici.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Introduction&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La mise au travail de la notion de temporalit&#233; &#233;ducative conduit &#224; envisager d'embl&#233;e un double rapport du temps &#224; l'&#233;ducation. La dynamique temporelle appara&#238;t, d'une part, comme &lt;i&gt;condition &lt;/i&gt; des &#339;uvres &#233;ducatives en ce que la dur&#233;e, le &lt;i&gt;tempo &lt;/i&gt; qui sous-tendent ces &#339;uvres ou ces situations influent radicalement sur les effets de sens qu'elles visent ou improvisent, qu'un surcro&#238;t de lenteur ou de pr&#233;cipitation peut ruiner. D'autre part, cette dynamique temporelle constitue, en retour, un &lt;i&gt;objet &lt;/i&gt; de praxis &#233;ducatives, pour autant que celles-ci s'efforcent directement de la moduler, port&#233;es par un projet r&#233;flexif de &#171; formation de temps formateurs &#187; (Pineau G., 1987, p. 152). Nous nous trouvons donc fond&#233;s &#224; rassembler les temps de construction de l'&#233;ducatif et l'&#233;ducation &#224; la construction du temps dans un m&#234;me questionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais si les praxis visant frontalement l'&#233;ducation &#224; la construction du temps sont relativement rares, les apports heuristiques portant de mani&#232;re plus ou moins directe sur les temps par quoi les situations &#233;ducatives prennent forme pars&#232;ment les contributions de tant d'auteurs qu'on en viendrait presque &#224; se demander qui n'a pas abord&#233; la question. L'investigation tendant &#224; l'exhaustivit&#233; est, certes, souhaitable dans son principe : elle permettrait de retracer l'histoire de l'inter-questionnement du temps et de l'&#233;ducation &#224; travers un grand nombre de situations et en d&#233;gagerait les enjeux actuels en les resituant sur le vaste fond des recherches en sciences humaines et sociales. Peu d'auteurs se sont risqu&#233;s &#224; contribuer &#224; un tel d&#233;frichage (Ardoino J., 2000 ; Pineau G., 1987, 2000) qui, de notre point de vue, suppose un travail collectif, un r&#233;seau de recherche &#224; mettre en place&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous n'avons connaissance que d'une seule tentative &#233;tant all&#233;e dans ce sens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Partant de ce constat, nous souhaitons esquisser de nouvelles voies de probl&#233;matisation. Celles-ci restent bien &#233;videmment centr&#233;es sur des apports qui s'inscrivent dans le champ des Sciences de l'&#233;ducation mais, &#224; l'image des ondes qui s'&#233;largissent &#224; partir des points d'impact, ouvrent &#224; des interrogations des temps issues de champs disciplinaires vari&#233;s, qui d&#233;bordent et nourrissent les intelligibilit&#233;s &#233;ducatives. Concr&#232;tement, nous avons propos&#233; un cadre notionnel arbitraire mais commode, sur lequel les travaux mentionn&#233;s sont autrement situ&#233;s les uns par rapport aux autres en vue de d&#233;gager des lignes de force et de sens propres &#224; favoriser, nous l'esp&#233;rons, de futurs d&#233;bats sur le temps et l'&#233;ducation dans la communaut&#233; des chercheurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Tout d'abord, l'expression &#171; temporalit&#233;s &#233;ducatives &#187; sugg&#232;re, en fonction du pluriel utilis&#233;, un premier parti pris : en l'occurrence, un choix th&#233;orique de relativiser la repr&#233;sentation encore pr&#233;gnante d'un temps chronologique, unique, transcendantal, dans quoi viendraient s'inscrire les ph&#233;nom&#232;nes, au profit d'un temps pens&#233; comme produit au contraire par nos actions, nos &#339;uvres, notre vie. De ce point de vue, il existe &#171; non pas un mais plusieurs temps, diff&#233;rant les uns des autres, caract&#233;ris&#233;s par des qualit&#233;s propres &#224; chacun d'eux. Loin de se fondre et de dispara&#238;tre dans un grand temps unique, ils coexistent ou se succ&#232;dent. Ils naissent durent et meurent comme les &#234;tres qui les portent, comme les activit&#233;s qui les rythment. Ils se composent ou s'opposent selon leur provenance et la fonction qu'ils assument &#187; (Grossin W., 2000)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. &#233;galement le dossier &#171; &#171; Rythmes et temps collectifs &#187;, in Projet, n&#176; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Dans cette perspective o&#249; les temps sont &#224; la fois multiples et construits, le temps chronologique n'appara&#238;t que comme une figure du temps parmi d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Notre second parti pris nous vient de G. Bachelard pour qui &#171; la vie [&#8230;] est faite, verticalement, d'instant superpos&#233;s richement orchestr&#233;s ; elle se relie &#224; elle-m&#234;me, horizontalement par la juste cadence des instants successifs &#187; (1963, p. 139), de sorte que le temps humain devient pensable comme une superposition &#171; verticale &#187;, ou synchronique, d'instants, de temps ou de rythmes pluriels, perpendiculairement conjugu&#233;s &#224; une diachronie &#171; horizontale &#187; rythm&#233;e ; en d'autres termes, les temps successifs sont &#224; la m&#233;lodie ce que les temps co-pr&#233;sents sont &#224; l'harmonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En r&#233;f&#233;rence &#224; cette toile de fond bachelardienne, notre premi&#232;re partie est majoritairement centr&#233;e sur l'exploration &#171; verticale &#187; ou synchronique des temps co-pr&#233;sents. Si toute situation &#233;ducative se d&#233;roule &#171; dans le temps &#187;, on peut commencer par se demander dans lequel. Suivant le niveau d'observation choisi (soci&#233;tal, institutionnel, interpersonnel, intrapsychique, biologique), les formes apparaissantes du temps sont en effet fort h&#233;t&#233;rog&#232;nes. De la mesure mondialis&#233;e du temps atomique universel, aux alternances des temps de travail, de loisirs, de transport&#8230;, en passant par les rythmes des groupes et la capacit&#233; du sujet de diff&#233;rer la d&#233;charge pulsionnelle, ces formes du temps, distinctes et reli&#233;es, entrent en r&#233;sonance les unes avec les autres. Elles constituent un vaste syst&#232;me de temporalit&#233;s en d&#233;sorganisation / r&#233;organisation permanente qui sous-tend les situations &#233;ducatives, lesquelles contribuent r&#233;cursivement &#224; le produire. C'est &#8211; voici notre troisi&#232;me parti pris &#8211; &#224; travers une approche complexe (Morin E., 1977, 1980, 1986, 1991) que nous interrogerons le tissage et les r&#233;sonances des temporalit&#233;s plurielles associ&#233;es aux situations &#233;ducatives, autrement dit leur &lt;i&gt;complexit&#233; synchronique&lt;/i&gt; &#8211; que plusieurs chercheurs ont, chacun avec leur terminologie, commenc&#233; &#224; mettre au travail en Sciences de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La deuxi&#232;me partie op&#232;re une reprise de cette complexit&#233; &#224; travers la th&#233;matique du rythme en &#233;ducation. L'utilisation, en particulier, de la notion de synchroniseur en formation d'adultes (Pineau G., 2000) permet notamment de poser la question des temps en relation &#224; celle du pouvoir. Qui donne la mesure &#224; qui ? Cette partie permet &#233;galement de souligner que les temporalit&#233;s &#233;ducatives se constituent pour une part &#224; travers la pluralit&#233; des actions du sujet, c'est-&#224;-dire la &lt;i&gt;complexit&#233; pragmatique&lt;/i&gt; qu'il met en &#339;uvre, de mani&#232;re semi-d&#233;lib&#233;r&#233;e, pour moduler en lui-m&#234;me et dans son monde la pr&#233;gnance de l'un ou l'autre temps. Ni tout-puissant, ni tout-impuissant, le sujet, de notre point de vue, participe en effet au processus d'&#171; orchestration &#187; des temps et des rythmes sous-jacents &#224; son propre cheminement ; il est co-auteur des temps qui le portent &#8211; ce que les recherches portant sur les alternances en formation d'adultes sugg&#232;rent fortement. Loin d'&#234;tre une cat&#233;gorie de l'entendement (Aristote) ou une forme a priori de la sensibilit&#233; (Kant), le temps est une mati&#232;re premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La troisi&#232;me partie est consacr&#233;e, en termes bachelardiens, &#224; l'&#171; horizontalit&#233; &#187; des instants successifs, c'est-&#224;-dire &#224; la &lt;i&gt;complexit&#233; diachronique&lt;/i&gt;. Celle-ci est abord&#233;e &#224; travers le questionnement crois&#233; des travaux portant sur les processus, d'une part, de formation et, d'autre part, de d&#233;veloppement de l'adulte. Essentiellement mise au travail par des recherches anglo-saxonnes, la notion de d&#233;veloppement de l'adulte renvoie &#224; des repr&#233;sentations plurielles des longues dur&#233;es personnelles, repr&#233;sentations qui se distribuent entre un p&#244;le normatif et lin&#233;aire et un p&#244;le &#233;mancipateur associ&#233; &#224; des retours en arri&#232;re cr&#233;ateurs, dont nous interrogeons le potentiel heuristique en &#233;ducation &#224; travers, notamment, la contribution de J. Mezirow (2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La quatri&#232;me partie, &#233;galement centr&#233;e sur les longues dur&#233;es, interroge, en partant des histoires de vie en formation, le processus de construction par le sujet d'une histoire personnelle. Plus sp&#233;cifiquement, elle met en d&#233;bat les r&#244;les respectifs des registres verbal et non verbal dans ce processus, en visibilisant quelques chantiers de recherche innovants, francophones ou anglo-saxons. Cette partie permet &#233;galement de revenir sur la complexit&#233; pragmatique que le sujet met en &#339;uvre non seulement pour orchestrer les temps co-pr&#233;sents mais aussi pour relier, d&#233;lier, tisser les temps successifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'id&#233;e d'une co-pr&#233;sence &#171; verticale &#187; des temps et des rythmes est bien ant&#233;rieure au travail d&#233;j&#224; mentionn&#233; de G. Bachelard (1963). Dans les &#233;tudes de M. Mauss consacr&#233;es en 1903 aux danses (1969) et en 1909 aux grandes c&#233;r&#233;monies de soci&#233;t&#233;s traditionnelles (1968), le rythme comme ph&#233;nom&#232;ne total coordonne des rythmes sociaux (les grandes c&#233;r&#233;monies scandent l'ann&#233;e), langagiers (essentiels &#224; l'efficacit&#233; des incantations) et corporels (&#224; travers les mouvements des participants). Aujourd'hui, de nombreuses recherches permettent de distinguer une multiplicit&#233; de rythmes et de temps co-pr&#233;sents relevant de niveaux d'observation diff&#233;rents. Au niveau soci&#233;tal, apparaissent notamment des horizons temporels collectifs qui correspondent &#224; la mani&#232;re des soci&#233;t&#233;s de se repr&#233;senter l'avenir et de s'y projeter (Mercure D., 1995 ; Sue R., 1995 ; Boutinet J.-P., 2004a). A l'&#233;chelle des institutions, en particulier celle du travail, les effets de certains rythmes sont aujourd'hui relativement bien connus (Reinberg A., 1986, 1997 ; Rohmer O. et al., 2004). Les rites d'interaction sont &#233;galement pens&#233;s comme des rythmes (Goffman E., 1974 ; Hall E.T., 1984), y compris ceux de la famille (Hantrais L., 1988 ; Courtois A., 2002). Et, de l'interpersonnel &#224; l'intrapsychique, la multiplicit&#233; des conduites des sujets expriment, en toute singularit&#233;, la pr&#233;gnance et le retour de temporalit&#233;s archa&#239;ques &#224; travers, par exemple, le projet (Ridel L., 2004) ou l'addiction professionnelle &#224; l'urgence (Aubert N., 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment penser cette complexit&#233; temporelle au-del&#224; de la caract&#233;risation, certes n&#233;cessaire, de tel ou tel temps sp&#233;cifique ? En l'occurrence, la sociologie est sans doute en position privil&#233;gi&#233;e : c'est en se d&#233;gageant des conceptions philosophiques unifiantes du temps (Elias N., 1984) qu'elle a permis l'&#233;mergence d'une tradition de recherche portant sur les temporalit&#233;s sociales (Pronovost G., 1996) dont le pluriel, pos&#233; d'embl&#233;e, favorise le questionnement des r&#233;sonances entre diff&#233;rents temps. Ainsi, lorsqu'un sociologue comme R. Sue se penche sur les temps de l'&#233;cole, ses travaux tiennent compte de leurs dimensions politiques, sociales, institutionnelles, interpersonnelles, voire chronobiologiques et chronopsychologiques (Sue R., Caccia M.-F., 2005). D'autres approches disciplinaires permettent cependant de penser les temps : en Sciences de l'&#233;ducation, J. Ardoino (1977, 2000) a soulign&#233;, dans une perspective dialectique, le caract&#232;re conflictuel des temps ainsi que la n&#233;cessit&#233; de leur questionnement : &#171; dans les situations &#233;ducatives, c'est le temps qui est la structure m&#234;me de la rencontre &#187; (1977, p. 152). Adoptant une perspective dialectique et syst&#233;mique, G. Pineau a propos&#233; le terme de &#171; chrono-formation &#187; pour mettre au travail les diff&#233;rentes temporalit&#233;s qui peuvent constituer &#224; la fois des occasions et des objets de formation. En d'autres termes, pour se former &#171; dans &#187; des temps, il faut former ces temps. Ce qui suppose de &#171; faire l'apprentissage de rythmes tr&#232;s oppos&#233;s, allant du biologique au cosmique en passant par le social &#187; (1987, p. 103) ou, encore, de conjuguer &#171; ces diff&#233;rents temps qui fonctionnent souvent par couples d'oppos&#233;s : temps de solitude et temps de contact social ; de travail ou de d&#233;s&#339;uvrement ; d'activit&#233;s physiques ou intellectuelles ; contraint ou choisi. Entre ces temps, doit exister un optimum de r&#233;partition, une combinaison sp&#233;cifique de temps &#233;quilibr&#233;s, variable d'un individu &#224; l'autre, selon ce que l'on conviendra d'appeler &#171; l'&#233;quation temporelle personnelle &#187; (W. Grossin, 1985) &#187; (Pineau G., 1987, p. 96-97). Les pionniers de l'&#233;tude des temporalit&#233;s &#233;ducatives ont ainsi soulign&#233; d'embl&#233;e leur caract&#232;re crucial, leur dynamique conflictuelle et leur multiplicit&#233;. Suivant une approche syst&#233;mique, ces temporalit&#233;s sont &#233;galement pens&#233;es comme susceptibles d'&#234;tre r&#233;parties ou combin&#233;es, c'est-&#224;-dire rassembl&#233;es en tant que sous-processus de totalit&#233;s dynamiques englobantes. La question du rapport entre parties et tout temporels a &#233;t&#233; clairement pos&#233;e par W. Grossin. Celui-ci souligne, par exemple, que le temps ludique d'une personne qui joue aux &#233;checs sur son ordinateur pendant son temps de travail, c'est-&#224;-dire en fraudant, ou qui joue chez lui pendant le week-end, n'est pas dot&#233; des m&#234;mes qualit&#233;s, indiquant par l&#224; qu'un temps englobant (en l'occurrence de travail ou de loisir) exerce une contrainte sur les temps qu'il est susceptible de &#171; contenir &#187; (1996a, p. 139). Ce constat d'une action du tout temporel sur la partie temporelle peut encore s'arrimer &#224; la proposition de G. Gurvitch (1963) reprise par G. Pronovost (1996) d'analyser les temps sociaux suivant des &#171; niveaux de temporalit&#233;s &#187; ou des &#171; paliers de profondeur &#187; o&#249; sont notamment distingu&#233;s, entre temps macro et micro-sociaux, des temps institutionnels et groupaux. Cependant le mod&#232;le sous-jacent peut aussi renvoyer &#224; un fonctionnalisme statique et hi&#233;rarchis&#233; o&#249; la &#171; commande &#187; viendrait toujours du niveau &#171; sup&#233;rieur &#187;. F. Lesourd (2004b) a propos&#233; une relecture de la notion de niveaux de temporalit&#233;s &#224; travers les notions de &#171; hi&#233;rarchies enchev&#234;tr&#233;es &#187; et de &#171; boucle &#233;trange &#187; propos&#233;es par D. Hofstadter. Une boucle &#233;trange constitue une &#171; interaction entre des niveaux dans laquelle le niveau sup&#233;rieur redescend vers le niveau inf&#233;rieur et l'influence tout en &#233;tant lui-m&#234;me en m&#234;me temps d&#233;termin&#233; par le niveau inf&#233;rieur. Il y aurait donc, autrement dit, une &#171; r&#233;sonance &#187; auto-renfor&#231;ante entre diff&#233;rents niveaux &#187; (2000, p. 799). De ce point de vue, le mod&#232;le des niveaux de temporalit&#233;s peut s'inscrire dans le questionnement des th&#233;ories de la complexit&#233; (E. Morin). Mais combien de &#171; niveaux de temporalit&#233; &#187; doit-on alors distinguer ? Et selon quels crit&#232;res ? Entre les temps macro-sociaux et les temps du corps, une multiplicit&#233; d'interm&#233;diaires apparaissent &#8211; dont rien ne dit qu'il se distribuent dans un continuum - tels que les temps des groupes, des familles ou des conversations. Ne pouvant &#234;tre exhaustif, nous porterons notre attention vers les niveaux d'observation dont la prise en compte nous para&#238;t, ici, cruciale.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;1. Chronos : fin de r&#232;gne ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des auteurs s'&#233;tant situ&#233; &#224; l'&#233;chelle du temps soci&#233;tal, et pench&#233; sur l'histoire de ce temps sp&#233;cifique (Mercure D., 1989, 1995 ; Sue R., 1995 ; Grossin W., 1996a) consid&#232;rent que le temps du travail s'y est progressivement &#233;tabli comme temps dominant, entra&#238;nant notamment une condamnation du temps perdu, le contr&#244;le des horaires et des dur&#233;es &#224; travers l'usage g&#233;n&#233;ralis&#233; d'un autre temps, celui de l'horloge. De sorte que &#171; la repr&#233;sentation actuelle du temps dans les pays occidentaux industrialis&#233;s appara&#238;t comme un &#233;coulement lin&#233;aire abstrait, continu, homog&#232;ne, orient&#233;, irr&#233;sistible, ext&#233;rieur aux &#234;tres, infini dans son pass&#233; comme dans son &#224;-venir, divisible, mesurable, construisant de lui-m&#234;me une chronologie exacte o&#249; les &#233;v&#233;nements inscrivent leur impact. &#187; (Grossin W., 1996a, p. 202). R. Sue distingue cependant le caract&#232;re dominant &#171; objectif &#187; et le caract&#232;re de &#171; repr&#233;sentation &#187; d'un temps social dominant. &#171; Ainsi, &#233;crit-il, le temps lib&#233;r&#233; qui est sans conteste le temps social le plus long n'est-il pas toujours per&#231;u comme tel et encore plus rarement repr&#233;sent&#233; comme plus important que le temps de travail [...] D'une certaine mani&#232;re, le temps de travail n'est plus dominant que dans la mesure o&#249; l'on s'efforce de faire croire (de plus en plus mal) qu'il l'est encore &#187; (1995, p. 250). Il n'en reste pas moins que, si le temps de travail ne peut plus, en effet, &#234;tre consid&#233;r&#233; comme dominant, le temps chronologique avec lequel il avait, pour ainsi dire, fait alliance semble bien l'&#234;tre rest&#233; de par la mondialisation du temps, commenc&#233;e au 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec le temps-GMT (du m&#233;ridien de Greenwich) qui normalise les d&#233;calages horaires et, depuis 1972, avec le temps atomique universel (TAI) par quoi se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es des proc&#233;dures de mesure extr&#234;mement rigoureuses. Comme le note J. Chesneaux, &#171; le temps universel fond&#233; sur les mouvements respectifs de la terre et du soleil est comme descendu des hauteurs abstraites de l'astrophysique ; il vient s'imposer aux temps locaux, dont la diversit&#233; faisait notre richesse politique &#187; (1996, p. 199). Le temps libre, des soir&#233;es, du week-end ou des vacances, reste ainsi majoritairement scand&#233; par l'horloge ou, si l'on veut, par les horloges - pluriel qui ne renvoie pas moins, au niveau o&#249; nous nous situons, &#224; un temps chronologique profond&#233;ment int&#233;rioris&#233;. Il en est de m&#234;me du temps de la famille et du temps de l'&#233;ducation. L'agenda (Boutinet J.-P., 2004a) s'utilise sur fond de succession chronologique des heures, des jours et des mois ; et si sa forme &#233;lectronique permet d'effacer toute trace d'un rendez-vous annul&#233;, c'est alors l'engagement que l'on a pu y faire dispara&#238;tre, non la date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
A partir de ce niveau de temporalit&#233; soci&#233;tal, notre d&#233;marche adoptera une allure &#171; descendante &#187; pour interroger de quelles mani&#232;res, &#224; d'autres niveaux d'observation, les groupes et les sujets subissent, comme agents, ou subvertissent, comme auteurs, le temps chronologique. Nous envisagerons &#233;galement le cas de figure o&#249; l'acc&#232;s au temps semble leur &#234;tre barr&#233;. Nous parlerons dans le premier cas d'objectivation, dans le second cas de subjectivation et dans le troisi&#232;me cas d'exil temporels.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;2. Objectivation des temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le niveau d'observation des institutions peut &#234;tre questionn&#233; &#224; partir notamment de la sociologie du travail. Dans ce contexte, W. Grossin (1996a) a propos&#233; la notion de &#171; cadre temporel &#187; pour d&#233;signer, d'une part, des temps &#171; enfermants &#187;, ou ext&#233;rieurs, caract&#233;ris&#233;s par la rigidit&#233; (celle des horaires), la coercition (sanctions en cas de retard) et la r&#233;gularit&#233; (&#224; la fois de la pr&#233;sence du travailleur et de l'existence d'un travail &#224; fournir) et, d'autre part, des temps &#171; enferm&#233;s &#187;, ceux des actions m&#234;mes des sujets, coordonn&#233;es par les temps &#171; enfermants &#187;. La notion de cadre temporel reste pertinente dans un contexte post-taylorien : si les op&#233;rateurs industriels subissant aujourd'hui le temps des cadences n'en deviennent pas pour autant totalement d&#233;nu&#233;s de pouvoir d'action et de formation (Olry P., 2004), leurs capacit&#233;s de construire leurs temps n'en sont pas moins consid&#233;rablement entrav&#233;es. Chez les cadres, Grossin notait en 1996 que la gestion du temps pourchassait les lenteurs dans une atmosph&#232;re de challenge o&#249; divers stimulants associ&#233;s &#224; des repos sommaires laissaient les participants en difficult&#233; de r&#233;cup&#233;rer rapidement. Aujourd'hui, les &#171; cadres fusibles &#187; (Jaur&#233;guiberry F., 2003), g&#233;rant les d&#233;cisions de la direction vers les &#233;quipes internes &#224; l'entreprise et vers les march&#233;s ext&#233;rieurs, doivent &#234;tre joignables &#224; tout moment. Si la rigidit&#233; de leur cadre temporel s'est dilu&#233;e (les horaires de travail recouvrent quasiment l'ensemble du temps vigile), celui-ci n'en reste pas moins r&#233;gulier et coercitif (la disponibilit&#233; permanente est une obligation profond&#233;ment int&#233;rioris&#233;e) et commande &#224; tout moment le temps des actions propres du sujet enferm&#233; dans l'urgence chronique. Par ailleurs, les effets des nombreux cadres temporels institu&#233;s sur un certain nombre de difficult&#233;s graves de la vie personnelle, familiale et sociale ont &#233;t&#233; r&#233;guli&#232;rement questionn&#233;s. P. Sivadon et A. Fernandez-Zo&#239;la (1983) ont point&#233;, en psychopathologie du travail, l'existence de d&#233;synchronisations pathog&#232;nes entre temps personnel et temps de travail. Certaines &#233;tudes portant sur les rythmes biologiques se situent dans la m&#234;me perspective (Reinberg A., 1979, 1997 ; Qu&#233;innec Y. et al., 1992 ; Rohmer O. et al, 2004) et compl&#233;mentent les travaux consacr&#233;s au stress au travail (Ettighoffer D., Blanc G., 1998 ; Aubert N., Pag&#232;s M., 1989 ; Aubert N., 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'&#233;cole elle-m&#234;me peut &#234;tre, &#224; maints &#233;gards, consid&#233;r&#233;e comme un cadre temporel. Comme le note Husti, &#171; le type de structure temporelle utilis&#233;e, l'organisation de la journ&#233;e et de l'ann&#233;e scolaire, le rythme de la progression des mati&#232;res enseign&#233;es sont les reflets fid&#232;les et exacts des principes p&#233;dagogiques, psychologiques, biologiques, sociologiques d'un enseignement [...] La s&#233;quence de base est &#171; l'heure de cours &#187;, uniform&#233;ment admise pour les &#233;l&#232;ves de 6&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ou de terminale. Les changements essentiels intervenus aux plans physiologique, psychologique et intellectuel pendant une &#233;tape aussi singuli&#232;re que l'adolescence ne sont nullement pris en compte pour d&#233;terminer la dur&#233;e de la s&#233;quence d'enseignement. Entre 10 et 18 ans l'&#233;l&#232;ve ne conna&#238;t qu'une seule et unique structure temporelle pour son apprentissage &#187; (Husti A, 1986, p. 8 ; cf. &#233;galement Comp&#232;re M.-M., 1997 ; Sue R., Caccia M.-F., 2005 ; Sue R., 2006). Chez l'adulte, les formations &#224; la gestion du temps cautionnent, quant &#224; elles, la mise en place d'un v&#233;cu temporel personnel qui, englob&#233; dans des cadres temporels collectifs, s'inf&#233;ode &#224; une temporalit&#233; r&#233;duite au temps mesurable. En l'occurrence, il s'agit bien, pour reprendre les notions-cl&#233;s de la gestion du temps, de planifier, de s'organiser, d'&#233;viter l'impr&#233;vu, de faire ou de faire faire ce qui est important en terme de rendement. Ainsi r&#233;servera-t-on, dans son planning, un &#171; temps pour &#234;tre &#187; (Cruellas P., Benayoun R., 1993, p. 26)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette m&#234;me posture p&#233;dagogique se retrouve &#224; l'identique, sous-jacente &#224; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Comme le souligne &#233;galement V. de Gaulejac, tout au long de la vie, &#171; la gestion de la carri&#232;re scolaire et professionnelle [s'associe &#224;] l'introduction de l'id&#233;ologie du management dans la famille &#187; (1998, p. 50) o&#249; &#171; le moi de chaque individu est devenu un capital qu'il faut faire fructifier &#187; (p. 49).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si les pratiques de gestion du temps ne semblent r&#233;serv&#233;es qu'&#224; certaines cat&#233;gories socioprofessionnelles, la tradition philosophique sur laquelle elles s'appuient appara&#238;t dominante aussi bien dans le monde du travail que dans le champ de la formation. Sans doute cette tradition peut-elle &#234;tre rapproch&#233;e, avec M. Fabre, du pragmatisme anglo-saxon, lequel s'exprime d'abord dans la poursuite du contr&#244;le technique. En formation, &#224; travers l'interpr&#233;tation pragmatique, l'exp&#233;rience du sujet est rationalis&#233;e, instrumentalis&#233;e, et jug&#233;e &#224; l'aune du succ&#232;s. Dans cette perspective, &#171; la formation est pens&#233;e sur le mod&#232;le technologique du modelage d'un form&#233; ou comme &#171; ajustage &#187; &#224; un poste de travail. On cherche alors l'identification &#224; un mod&#232;le et la production de copies conformes &#187; (Fabre M., 1994, p. 29). En somme, &#171; l'interpr&#233;tation pragmatique de l'exp&#233;rience &#233;pure la vie pour n'en retenir que des invariants objectivables et testables. Elle laisse de c&#244;t&#233; tout le pathos de la subjectivit&#233; (les sentiments, les valeurs), tout ce qui pr&#233;cis&#233;ment donne &#224; la vie son prix. [...] Par l&#224; est d&#233;finitivement perdu le trait historique de l'exp&#233;rience, ce qui en elle rel&#232;ve de l'instant singulier, non r&#233;p&#233;table, son caract&#232;re ind&#233;passable d'&#233;preuve dans une qu&#234;te &#187; (p. 162). Dans une perspective voisine, J. Ardoino note, dans l'ensemble des situations &#233;ducatives, une r&#233;duction des processus aux proc&#233;dures, un d&#233;ni du temps v&#233;cu comme alt&#233;ration (Castoriadis C., 1975) et, partant, comme histoire. La notion-cl&#233; est ici celle de r&#233;ification, reprise de G. Lukacs (1960) et de J. Gabel (1962), qui d&#233;signe &#171; le proc&#232;s par lequel une id&#233;e, ou un ensemble d'id&#233;es s'autonomisent, se substantialisent (&lt;i&gt;res&lt;/i&gt;, la chose), en quelque sorte, en figeant toute d&#233;marche dialectique, pour fonctionner d&#233;sormais ind&#233;pendamment de la praxis, c'est-&#224;-dire au m&#233;pris de toute forme de r&#233;alit&#233; ext&#233;rieure &#187; (Ardoino J., 2000, p. 166). Comme le pragmatisme au sens que lui donne M. Fabre, la r&#233;ification permet de subsumer &#171; les formes contemporaines de d&#233;ch&#233;ance de la temporalit&#233;, d&#233;celables &#224; la fois dans nos conduites et dans nos modes collectifs de perceptions et de repr&#233;sentations &#187; (p. 166).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;3. Temporalit&#233;s et subjectivation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une seconde orientation du rapport collectif et individuel aux temps, fort diff&#233;rente de la pr&#233;c&#233;dente, peut cependant &#234;tre d&#233;gag&#233;e. Aux &#171; cadres temporels &#187; s'opposent ce que Grossin nomme des &#171; milieux temporels &#187;, d&#233;finis comme un assemblage fluide de plusieurs temps qui &#171; se m&#234;lent, s'entrem&#234;lent, se conditionnent, se r&#233;percutent les uns sur les autres &#187;. Associ&#233;s sans &#234;tre rigoureusement synchronis&#233;s, en interaction souple, &#171; ils ne s'ajustent pas forc&#233;ment dans l'instant, mais selon des d&#233;calages variables. Certains se trouvent en &#233;troite d&#233;pendance, d'autres non [&#8230;] R&#233;guliers ou non ces temps sont susceptibles de changer de rythme ou de fr&#233;quence, sans cesser de relever d'une m&#234;me fonction. Nous les dirons modifiables, ou modulables [&#8230;] ils ne s'enferment pas dans des limites chronologiques comme les temps du cadre temporel. Ils s'av&#232;rent perm&#233;ables &#224; d'autres temps &#187; (Grossin W., 1996b, p. 21-22). A titre d'exemple de milieux temporels, Grossin mentionne le syst&#232;me d'horaires variables, o&#249; &#171; la labilit&#233; de l'horaire permet au salari&#233; de r&#233;gler son horaire sur des choix personnels qui rel&#232;vent de souhaits ou d'&#233;tats qui n'&#233;taient jamais pris en consid&#233;ration auparavant : sa condition physique, ses dispositions psychologiques, son humeur, ses go&#251;ts changeants ou non, ses obligations familiales &#187;, etc. (Grossin W., 1996a, p. 75-76 ; cf. &#233;galement Colle R., 2005). En l'occurrence, le milieu temporel inh&#233;rent aux horaires variables donne au sujet l'occasion d'apprendre &#224; orchestrer des temporalit&#233;s h&#233;t&#233;rog&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le contexte scolaire, l'exp&#233;rimentation d'un &#171; emploi du temps mobile &#187; a &#233;t&#233; conduite par l'INRP, &#171; au coll&#232;ge et au lyc&#233;e, dans toutes les disciplines, en respectant rigoureusement les conditions r&#233;glementaires, programme, horaire des disciplines, des professeurs et des &#233;l&#232;ves. Elle s'est d&#233;roul&#233;e de 1980 a 1985 dans quinze coll&#232;ges et cinq lyc&#233;es et de 1985 &#224; 1988 dans dix coll&#232;ges et cinq lyc&#233;es &#187; (Husti A., 1992, p. 12). Les r&#233;sultats comportent chez les &#233;l&#232;ves : l'int&#233;gration du travail personnel dans l'apprentissage scolaire ; la pratique du travail en petits groupes ; une disponibilit&#233; de temps pour r&#233;fl&#233;chir, approfondir, s'impliquer ; une dispersion r&#233;duite, une concentration plus pouss&#233;e ; la possibilit&#233; d'achever la t&#226;che ; l'adaptation de la dur&#233;e d'apprentissage selon le rythme individuel ; la capacit&#233; d'autonomie, d'utilisation et d'organisation du temps (Husti A., 1985). Plus r&#233;cemment, des exp&#233;riences d'am&#233;nagement des rythmes scolaires, men&#233;es sur trois sites pilotes, aboutissent &#224; des r&#233;sultats analogues mais, en outre, sugg&#232;rent l'int&#233;r&#234;t d'une prise en compte des temps interm&#233;diaires entre &#233;cole et famille (activit&#233;s de plein air, ateliers bricolage, sensibilisation &#224; des activit&#233;s artistiques, etc.) afin de favoriser une &#171; reliance &#233;ducative &#187; qui cesse de r&#233;duire les temps &#233;ducatifs aux temps de l'&#233;cole (Sue R., Caccia M.-F., 2005 ; Sue R., 2006 ; cf. &#233;galement Zaffran J., 2001 ; Rondel Y., 2002). En formation des adultes, il existe &#233;galement des prises de position d&#233;bouchant sur des pratiques, qui visent l'instauration de milieux temporels, telles que la &#171; chrono-formation &#187; d&#233;velopp&#233;e par G. Pineau, qui se d&#233;marque radicalement des pratiques de gestion du temps. D&#233;finie comme &#171; formation de temps formateurs &#187; (Pineau G., 1987, p. 152), la chrono-formation tourne en effet son attention vers des temps pouvant difficilement &#234;tre pragmatiquement &#171; g&#233;r&#233;s &#187; mais sur lesquels le sujet a tout de m&#234;me plus ou moins prise : temps de sa propre vie &#224; quoi il peut donner forme ; temps formateurs du jour et de la nuit, porteurs chacun de son mode de connaissance sp&#233;cifique (Pineau G., Marie-Mich&#232;le, 1983) ; temps des alternances complexes &#224; s'approprier entre travail, formation continue et vie priv&#233;e ; instant formateur dont l'advenue ne peut &#234;tre contr&#244;l&#233;e mais dont on peut cr&#233;er les conditions (Pineau G. 1987, 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Alors que les pratiques de la gestion du temps s'appuient sur la tradition philosophique du pragmatisme anglo-saxon, rep&#233;r&#233;e comme dominante dans le champ de la formation, la chrono-formation renvoie &#224; la tradition oppos&#233;e, l'approche herm&#233;neutique. Il convient, selon M. Fabre, de distinguer &#171; l'exp&#233;rience au sens du pragmatisme anglo-saxon, qui fonctionne sur le paradigme de l'exp&#233;rimentation scientifique, et l'exp&#233;rience du point de vue herm&#233;neutique, qui rel&#232;ve d'une qu&#234;te du sens &#187; (1994, p. 153). Pour l'essentiel, l'approche herm&#233;neutique r&#233;v&#232;le le temps humain comme d&#233;ploy&#233; &#224; travers un cheminement existentiel par lequel le sujet cherche &#224; se comprendre en comprenant le monde. Ce processus historique complexe tire sa consistance de pouvoir &#234;tre racont&#233; ; on cherchera alors non point &#224; l'expliquer mais &#224; le comprendre intersubjectivement, dans l'interpr&#233;tation de buts, de valeurs, de raisons. Le temps formatif n'est plus abord&#233; &#224; travers une posture technique et distante ni re&#231;u &#224; travers les valeurs pragmatiques de l'&#233;chec ou du succ&#232;s, de la productivit&#233; ; il rel&#232;ve plut&#244;t d'un ordre esth&#233;tique ou &#233;thique, d'une coh&#233;rence dans le contraste des &#233;pisodes existentiels qui participent du processus de subjectivation. Le v&#233;ridique, notion qui accueille sentiments et valeurs, prime ici l'efficace. De m&#234;me, pour J. Ardoino, la temporalit&#233; appara&#238;t &#171; tout &#224; fait impensable hors d'une r&#233;f&#233;rence explicite au vivant, donc &#224; la mort. En ce sens, et tout &#224; la fois, elle nous implique, elle nous affecte, elle nous alt&#232;re. Nous nous situons, de ce seul fait, dans un ordre, si ordre il y a, o&#249; ce sont les processus qui vont jouer un r&#244;le essentiel. &#187; (2000, p. 159). Processus, donc, et non proc&#233;dures ; dialectique et non r&#233;ification.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;4. De l'exil temporel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans doute devons-nous, ici, questionner l'existence d'un troisi&#232;me cas de figure, manifestement de plus en plus pr&#233;sent aujourd'hui. &#171; L'homme, &#233;crit Grossin, se plaint d'exc&#232;s de temps structur&#233;s. Plus insidieusement les temps d&#233;structur&#233;s l'affectent &#187; (1996a, p. 134). Dominique Schnapper d&#233;crit l'exp&#233;rience du ch&#244;mage comme une &#171; d&#233;sorganisation du temps quotidien : c'&#233;tait le temps de travail qui d&#233;finissait a contrario le temps libre et lui donnait son sens v&#233;ritable. Depuis le ch&#244;mage le temps dit libre n'est plus libre pour aucune organisation rationnelle &#187; (1991, p. 83 ; cf. &#233;galement Ambrosino V., 2003). S. Aquatias mentionne une exp&#233;rience analogue chez les jeunes des cit&#233;s. De leur situation d'exclusion &#171; na&#238;t un sentiment d'urgence, l'envie d'avoir tout de suite ce qui fait d&#233;faut, ce qui fait envie, ce qui peut changer le cours de la vie. [Ainsi], la d&#233;linquance juv&#233;nile prend deux sens, l'un o&#249; elle constitue un moyen, celui d'obtenir des ressources financi&#232;res, l'autre o&#249; elle est une fin et sert alors &#224; cr&#233;er des discontinuit&#233;s temporelles &#187; (1999, p. 30). Il s'agit l&#224; d'une &#171; exp&#233;rience collective du &#8220;temps mort&#8221; &#187; (p. 33) qui sugg&#232;re que les sujets se voient en partie priv&#233;s d'un acc&#232;s au temps du reste de la soci&#233;t&#233;. Plus g&#233;n&#233;ralement, D. Ettighoffer et G. Blanc d&#233;crivent un &#171; homme stochastique &#187;, soumis au hasard, dont &#171; on ne sait pas s'il rentrera chez lui ce soir et &#224; quelle heure (&#8230;) Branch&#233; sur les r&#233;seaux &#233;lectroniques, l'homme stochastique est vid&#233; de son sens, soumis aux pures sensations de l'imm&#233;diatet&#233; qui lui sert d&#233;sormais de stimulus artificiel dont il a du mal &#224; se passer&#8230; Ses sens sont surstimul&#233;s, son esprit survolt&#233;, son langage hach&#233;, comme ses phrases qu'il ne finit jamais : il surfe &#187; (1998, p. 131-132).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Au plan des temporalit&#233;s psychiques, ces diff&#233;rentes situations de &#171; temps d&#233;structur&#233; &#187; p&#232;sent fortement sur le devenir-sujet des personnes (Furtos J., 1999), lequel pourrait &#234;tre compris comme se construisant alors autour d'un &#171; exil temporel &#187;. Cette notion, que nous proposons &#224; titre heuristique, nous semble diff&#233;rer des addictions &#224; l'urgence d&#233;crites par Nicole Aubert (2003) : celles-ci renvoient en effet &#224; la jouissance de pousser des &#171; comp&#233;tences &#187; temporelles particuli&#232;rement op&#233;rationnelles jusqu'&#224; leur extr&#234;me limite alors que l'exil temporel associ&#233; &#224; diverses formes d'exclusion ou de pr&#233;carit&#233; semble plut&#244;t relever d'une non-appropriation ou d'une d&#233;sappropriation des rep&#232;res temporels de la soci&#233;t&#233; dans laquelle le sujet s'inscrit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le champ de la formation-insertion, on constate que les personnes &#171; temporellement exil&#233;es &#187; &#233;prouvent de grandes difficult&#233;s &#224; prendre rendez-vous, &#224; diff&#233;rer les actions et les prises de parole, &#224; se donner une repr&#233;sentation de leur propre histoire. &#171; Les personnes en situation d'exclusion vivent dans une temporalit&#233; diff&#233;rente de celle du reste de la population. Pour elles, qui sont aux prises avec les exigences de la survie au jour le jour, le long terme n'a plus de sens. On pourrait dire qu'&#224; l'&#233;chelle individuelle, il faut autant de temps pour sortir de l'exclusion qu'il en a fallu pour en arriver l&#224;. Et lorsque l'exclusion est collective, le poids du temps est encore plus important &#187; (Estivill J., 2004, p. 107). Quand on sait que, en mati&#232;re d'insertion, les financements sont attribu&#233;s en r&#233;ponse &#224; des appels d'offre n'autorisant pas de dur&#233;e d'action de formation sup&#233;rieure &#224; un an, il devient clair que l'accueil de ces publics constitue une v&#233;ritable gageure et repose sans doute sur l'&#233;laboration de temporalit&#233;s formatrices sp&#233;cifiques (Lesourd F., 2001a) qui, dans de nombreux cas, doivent adopter une perspective interculturelle pour accompagner chez les personnes un processus de &#171; m&#233;tissage temporel &#187; (Barbier R., 1993).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le temps v&#233;cu des sujets n'&#233;tant pas s&#233;parable des figures sociales du temps qui participent &#224; sa formation, il n'est pas &#233;tonnant qu'aucune orientation philosophique pr&#233;valente ne semble sous-tendre l'exil temporel, &#224; la mani&#232;re dont les traditions pragmatique et herm&#233;neutique consolidaient, respectivement, l'objectivation et la subjectivation des temps. Temps sociaux d&#233;structur&#233;s et exils temporels individuels ne semblent se soutenir que d'&#233;clats de sagesses instantan&#233;es et de bribes de sitcom anim&#233;s d'un mouvement brownien.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;5. R&#233;sonances psychanalytiques&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Questionner les r&#233;sonances entre niveaux de temporalit&#233;s &#224; travers l'approche psychanalytique suppose, dans un premier temps, d'aller au-del&#224; de l'affirmation freudienne selon quoi &#171; les processus du syst&#232;me Ics sont intemporels, c'est-&#224;-dire qu'ils ne sont pas ordonn&#233;s dans le temps, ne sont pas modifi&#233;s par l'&#233;coulement du temps, n'ont absolument aucune relation avec le temps &#187; (Freud S., 1940, p. 96). Cette remise en question ne va pas sans d&#233;bats (cf. Le Guen C., 1997). Cependant A. Green propose le terme &#171; h&#233;t&#233;rochronie &#187; (2000, chap. 3) qui semble particuli&#232;rement appropri&#233; pour d&#233;crire une pluralit&#233; de temporalit&#233;s intrapsychiques ; M. Neyraut (1998) rep&#232;re des &#171; vitesses psychiques &#187; appari&#233;es aux diff&#233;rentes instances de la m&#233;tapsychologie freudienne ; J.P. Valabrega souligne, entre autres arguments, que l'inconscient, de par ses relations m&#234;mes au conscient en proie au temps ne peut totalement ignorer celui-ci (2006, p. 129-130). Mais c'est peut-&#234;tre l'avanc&#233;e de F. Duparc (1997) qui doit &#234;tre soulign&#233;e dans la mesure o&#249; l'auteur associe un fonctionnement temporel sp&#233;cifique &#224; chacune des strates de l'appareil psychique, ce qui, de proche en proche, permet de penser diff&#233;rentes voies de passage entre l'intemporalit&#233; de l'inconscient et le temps lin&#233;aire pr&#233;valent dans le conscient. Ainsi peut-on aussi envisager les articulations des diff&#233;rents niveaux de fonctionnement de l'appareil psychique comme mises en r&#233;sonance des diff&#233;rentes temporalit&#233;s qui leurs sont associ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Partant, dans une perspective, cette fois, psychosociologique clinique, il devient possible d'interroger les modalit&#233;s de rencontre des modes d'&lt;i&gt;investissement &lt;/i&gt; temporels subjectifs et des modes de &lt;i&gt;sollicitation &lt;/i&gt; temporels sociaux. Ces rencontres s'op&#232;rent transductivement, de proche en proche, entre les pulsions, les fantasmes du sujet, les projets qu'il construit plus ou moins sciemment, ses pratiques, ses activit&#233;s quotidiennes dans les cadres ou les milieux temporels eux-m&#234;mes englob&#233;s par le temps dominant de sa soci&#233;t&#233;. De m&#234;me que &#171; les individus &#233;pousent les syst&#232;mes auxquels leurs sc&#233;narios s'accommodent le mieux. &#187; (Barus-Michel J. et coll., 1996, p. 289), ils choisissent - autant que faire se peut - les situations sociales, y compris &#233;ducatives, qui s'accordent &#224; leur propre style temporel. Comme l'&#233;crivait Norbert Elias, &#171; l'autor&#233;gulation en mati&#232;re de temps [&#8230;] [est] une donn&#233;e sociale de la structure de la personnalit&#233; &#187; (1984, p. 166). De m&#234;me, les analyses de Nicole Aubert (2003) sur la construction culturelle de l'urgence proposent une &#233;bauche d'articulation entre le versant social de cette construction et son versant intrapsychique, entre d&#233;sir de ma&#238;trise du temps, jouissance de l'exploit et imaginaire h&#233;ro&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les processus d'objectivation, de subjectivation et d'exil des temps se prolongent ainsi, aux niveaux d'observation intrapsychiques. M. Sami-Ali (1998) note que le &#171; temps social [&#8230;] ne devient une exigence que dans la mesure o&#249; il est int&#233;rioris&#233;, la pression qu'il est susceptible d'exercer passant par l'entremise d'une relation. Externe, celle-ci finit par devenir interne [&#8230;] C'est l&#224;, d&#232;s l'abord, que peut s'insinuer, au nom d'une norme adaptative qu'on cherche &#224; appliquer, une discorde si caract&#233;ristique du temps appartenant au surmoi, parce qu'il s'impose et impose l'exigence li&#233;e au travail &#187; (p. 87). Dans les cas o&#249; il s'av&#232;re par trop dominateur, &#171; le Surmoi fait sentir la pr&#233;sence du refoulement, un refoulement qui s'abat simultan&#233;ment sur la subjectivit&#233; en tant qu'imaginaire et sur la temporalit&#233; en tant que possibilit&#233; de cr&#233;er [Il s'ensuit que] en lieu et place d'une cr&#233;ation, maintenant son lien avec le r&#234;ve et les &#233;quivalents du r&#234;ve dans la vie vigile, c'est une organisation toute faite emprunt&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; sociale qui vient investir le vide laiss&#233; par une subjectivit&#233; qui se retire &#187; (p. 76).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La clinique de l'exclusion permet &#233;galement d'envisager les effets, notamment temporels, de la perte des &#171; objets sociaux &#187; (travail, argent, logement, formation, etc., qui donnent au sujet un statut, une valeur et qui l&#233;gitiment ses relations interpersonnelles). La perte de ces objets remet en cause le &#171; contrat narcissique &#187; pass&#233; d&#232;s l'enfance via la famille (&#171; Si tu rentres dans notre culture, tu y auras ta place &#187; c'est-&#224;-dire les objets sociaux promis). Dans de telles situations de perte, la question est &#171; de savoir s'il y a ou non possibilit&#233; de deuil, d&#233;sillusion possible &#187; (Furtos J., 1999, p. 11). En cas de d&#233;saffiliation (Castel R., 1995), la personne peut &#234;tre terroris&#233;e et, en cons&#233;quence, utiliser des m&#233;canismes de d&#233;fense extr&#234;mement co&#251;teux (clivage, d&#233;ni, projection) : &#171; l'exclusion sociale se double d'une auto-exclusion psychique &#187; (Furtos J., 1999, p. 13). Par voie de cons&#233;quences, le travail de deuil devient alors compromis, par l'impossibilit&#233; de penser l'objet manquant, d'o&#249; une immobilisation des temps personnels. A celle-ci s'ajoute une d&#233;synchronisation des temps intrapsychiques et des temps sociaux : comme le deuil, la demande devient impossible (puisque demander suppose de reconna&#238;tre l'objet manquant) - une situation qui &#171; entame la temporalit&#233;, ce dont t&#233;moigne l'impossibilit&#233; de prendre un rendez-vous &#187; (p. 13). Parall&#232;lement, &#171; le sentiment croissant de l'urgence pour des situations qui durent quelquefois depuis longtemps met en rapport une impuissance dans la r&#233;alit&#233; conjugu&#233;e avec la toute puissance imaginaire du narcissisme primaire : perte d'objet, perte de limite, perte de temporalit&#233;, retourn&#233;es en Tout, tout de suite, tout le temps &#187; (p. 13). Ainsi peut-on constater, un &#171; court-circuit &#187; dans le rapport au temps (Rivoyre F., 2001).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;6. Position temporelle et &#233;ducation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous proposons de consid&#233;rer que ces diff&#233;rents &#233;l&#233;ments (du temps soci&#233;tal dominant aux temporalit&#233;s intrapsychiques), qui rel&#232;vent de niveaux d'observation h&#233;t&#233;rog&#232;nes, font syst&#232;me. Chacun d'eux est pris dans un ensemble de processus difficilement s&#233;parables, qui peut &#234;tre pens&#233; suivant la notion d&#233;j&#224; mentionn&#233;e de &#171; boucle &#233;trange &#187; suivant D. Hofstadter (2000), c'est-&#224;-dire d'interaction entre niveaux se co-d&#233;terminant. L'expression de &#171; hi&#233;rarchies enchev&#234;tr&#233;es &#187; &#233;galement utilis&#233;e par l'auteur souligne bien la distance &#233;pist&#233;mologique entre la pr&#233;sente acception du &#171; syst&#232;me &#187; et le paradigme de l'ancienne syst&#233;mique o&#249; les processus, r&#233;duits aux proc&#233;dures, &#233;taient command&#233;s par le &#171; niveau sup&#233;rieur &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. Lerbet G., 1997, pour une comparaison d&#233;taill&#233;e de la premi&#232;re et de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans la perspective ici d&#233;fendue, c'est donc une causalit&#233; circulaire multi-niveaux qui s'&#233;tablit entre les cadres temporels, un surmoi exer&#231;ant une forte pression temporelle, les pratiques de gestion du temps, le pragmatisme en formation, la r&#233;ification du temps v&#233;cu, sa r&#233;duction aux proc&#233;dures &#8211; autant d'&#233;l&#233;ments qui se structurent, s'&#233;tayent et se cautionnent mutuellement comme objectivation des temps. De m&#234;me, les milieux temporels, un surmoi plus souple, la chronoformation, la sensibilit&#233; herm&#233;neutique et l'approche dialectique et impliqu&#233;e des processus apparaissent en relation de facilitation r&#233;ciproque dans un mouvement de subjectivation des temps. Quant &#224; l'exil temporel, il rel&#232;ve d'une d&#233;structuration ou d'une dissolution &#8211; dont il est difficile d'&#233;valuer l'extension &#8211; du tissu temporel collectif par quoi les rythmes organisateurs du quotidien sont pulv&#233;ris&#233;s et les horizons temporels d&#233;l&#233;gitim&#233;s, situation favorisant une r&#233;gression massive qui conduit les sujets &#224; s'auto-exclure via l'impossibilit&#233; d'accomplir le deuil et de formuler des demandes, ces sujets ne pouvant, &#224; leur tour, que laisser &#224; ceux qui les accompagnent le soin de leur donner un temps qui s'av&#232;re institutionnellement introuvable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une telle approche nous semble favoriser une approche multir&#233;f&#233;rentielle des temps, les reconnaissant dans leurs irr&#233;ductibilit&#233;s et leurs interd&#233;pendances. Elle sugg&#232;re &#233;galement que, &#224; l'instar de toutes les formes d'organisation du vivant, les modalit&#233;s de l'exp&#233;rience temporelle se distribuent &#171; entre le cristal et la fum&#233;e &#187; (Atlan H, 1979). En l'occurrence, la cristallisation correspond &#224; l'objectivation des temps, &#233;voquant la figure mythologique du destin, lorsque les diff&#233;rentes &#233;tapes de la vie semblent soud&#233;es les unes aux autres, sans jeu permettant l'improvisation ; la fum&#233;e renvoie &#224; l'exil, &#224; l'&#233;vanescence des temps personnels lorsque les &#233;tapes ne parviennent pas s'articuler ni entre elles ni aux temps sociaux ; la subjectivation consiste, quant &#224; elle, &#224; se maintenir sur la ligne de cr&#234;te &lt;i&gt;entre &lt;/i&gt; ces deux p&#244;les extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce mod&#232;le temporel &#224; tiers inclus n'est pas sans analogie forte avec les trois &#171; modalit&#233;s d'identit&#233; &#187; d&#233;gag&#233;es par P. Ric&#339;ur dans son enqu&#234;te sur le r&#233;cit et le temps humain. La premi&#232;re modalit&#233; d'identit&#233;, le premier p&#244;le, correspond &#224; la &#171; m&#234;met&#233; &#187; par quoi il est &#171; possible de penser le changement comme arrivant &#224; quelque chose qui ne change pas &#187; (1990, p. 142), le personnage devenant &#171; un caract&#232;re identifiable et r&#233;identifiable comme m&#234;me &#187; (p. 176). L'&#171; ips&#233;it&#233; &#187; constitue le second &#171; p&#244;le extr&#234;me de variation, o&#249; le personnage a cess&#233; d'&#234;tre un caract&#232;re &#187; (p. 176), o&#249; il appara&#238;t comme &#171; un soi priv&#233; du secours de la m&#234;met&#233; &#187; (p. 196), pris dans &#171; l'errance &#224; laquelle peut conduire la confrontation de soi-m&#234;me avec une multitude de mod&#232;les d'action et de vie, dont certains vont jusqu'&#224; paralyser la capacit&#233; d'engagement ferme &#187; (p. 197). Entre fatum et errance, entre m&#234;met&#233; et ips&#233;it&#233;, le troisi&#232;me terme, l'&#171; identit&#233; narrative &#187; est con&#231;u comme moyen terme instable qui ne cesse de se faire et de se d&#233;faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces trois constellations d'&#233;l&#233;ments relevant de diff&#233;rents niveaux d'observation peuvent &#234;tre nomm&#233;es &#171; positions temporelles &#187;. La notion, d'embl&#233;e psycho-socio-anthropologique, renvoie &#224; des &#171; prises de position &#187;, individuelles et collectives, qui concernent en premier lieu l'&#233;ducation. Celle-ci, en effet, ne peut &#234;tre simplement situ&#233;e dans la complexit&#233; des temps, comme si cette complexit&#233; lui pr&#233;existait alors que, au contraire, elle contribue &#224; la g&#233;n&#233;rer. Si, donc, &#171; &#224; partir de l'id&#233;e de libert&#233; dans la finitude [&#8230;] l'&#233;ducation peut &#234;tre comprise comme un accomplissement temporel qui rend lui-m&#234;me le temps &#171; habitable &#187; &#187; (Dupuis P.-A., 2002, p. 55), la mise au travail des positions qui s'expriment respectivement comme objectivation, comme subjectivation et comme exil temporels s'inscrit dans ses priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans son livre &#171; Introduction &#224; l'&#233;ducation permanente &#187; (1970), P. Lengrand &#233;crit : &#171; l'&#233;ducation doit viser &#224; faire de chaque homme un autodidacte dans le sens plein du terme, non pas, comme on l'entend trop souvent avec une teinte de condescendance, celui qui a &#233;t&#233; priv&#233; d'une instruction primaire mais celui qui prend en main ses destin&#233;es intellectuelles, morales et spirituelles &#187; (cit&#233; par Dumazedier J., 1994). D'embl&#233;e, l'&#233;ducation permanente traverse les champs du travail, des loisirs, de la famille et de la formation &#8211; dont elle constitue le p&#244;le &#233;mancipateur. Si la loi du 12 Juillet 1971 organise la formation professionnelle continue dans le cadre de l'&#233;ducation permanente, &#171; les zones d'ombres quant &#224; l'initiative du d&#233;part en formation &#8211; l'employeur ou le salari&#233; &#8211;, l'introduction du terme &#233;ducation permanente dans l'intitul&#233;, et une d&#233;finition tr&#232;s large des buts possibles de la formation, incluant le non-professionnel, ouvrent toutes les interpr&#233;tations quant aux finalit&#233;s. L'acc&#233;l&#233;ration de la concurrence dans une &#233;conomie de march&#233; s'internationalisant confirme la formation dans sa dimension professionnelle, mais jamais l'id&#233;e d'&#233;ducation permanente, comme r&#233;f&#233;rent d'un usage de la formation &#224; des fins de d&#233;veloppement culturel et de transformation sociale, n'a &#233;t&#233; autant m&#233;diatis&#233;e [...] Un d&#233;bat s'installe : la formation est-elle au service de l'entreprise ou de l'individu ? &#187; (Palazzeschi Y., 1999, p. 36), d&#233;bat que la loi du 4 mai 2004 relative &#224; la formation professionnelle tout au long de la vie est loin de rendre obsol&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce d&#233;bat, ce questionnement peut, dans une approche qui souligne ses dimensions temporelles, &#234;tre &#233;tendu &#224; toutes les situations &#233;ducatives que nous sommes amen&#233;s &#224; construire. Pour chacune de ces situations, on peut se demander dans quelle mesure elle vise le modelage des form&#233;s ou veut favoriser leurs accomplissements dans et hors du travail. Cette situation &#233;ducative-l&#224; est-elle sous-tendue par une approche pragmatique ou par une approche herm&#233;neutique ? S'organise-t-elle comme cadre ou comme milieu temporel ? Les proc&#233;dures l'emportent-elles sur les processus ou est-ce l'inverse ? Tient-elle compte, en outre, de l'&#233;ventuel exil temporel des sujets rencontr&#233;s, tant au plan personnel qu'au plan socioculturel ? Quels sont, dans la situation interrog&#233;e, les temps que celle-ci permet de prendre en compte ou qui, au contraire, se trouvent, en elle, d&#233;ni&#233;s ou renvoy&#233;s dans l'insignifiance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
De notre point de vue, les diff&#233;rentes positions temporelles d&#233;gag&#233;es apportent une intelligibilit&#233; nouvelle &#224; un grand nombre de situations concr&#232;te, quoiqu'on ne les y trouve bien entendu jamais pures. Elles constituent ainsi une ressource critique qui se situe dans la filiation &#233;pist&#233;mologique d'approches complexes telles que l'&#171; &#233;cologie temporelle &#187; de W. Grossin (1996a) ou la chronoformation de G. Pineau (2000).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_7&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Vers une mod&#233;lisation quaternaire &#8211; &lt;i&gt;Addendum&lt;/i&gt; (janvier 2011)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a aujourd'hui, pour moi, quelque ambivalence &#224; adopter un mod&#232;le &#224; tiers inclus. Celui-ci s'accompagne, certes, d'une ouverture consid&#233;rable par rapport aux mod&#232;les unaires ou binaires, mais il appara&#238;t en m&#234;me temps quasi-ind&#233;passable. Ne pourrait-on pas consid&#233;rer un mod&#232;le quaternaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si j'ai commenc&#233; &#224; d&#233;gager deux positions temporelles extr&#234;mes (objectivation et exil) et leurs tiers inclus (subjectivation), je n'ai pas envisag&#233; le cas de figure du d&#233;veloppement parall&#232;le, cliv&#233;, de ces deux positions extr&#234;mes &lt;i&gt;sans tiers inclus&lt;/i&gt;, le cas o&#249; elles voisineraient sans se rencontrer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Je n'ai trouv&#233; qu'un seul exemple de mod&#233;lisation quaternaire au sens (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cette quatri&#232;me position temporelle impliquerait alors la copr&#233;sence des deux p&#244;les et l'effacement de leur articulation, c'est-&#224;-dire dans le termes de Ric&#339;ur la pr&#233;sence de m&#234;met&#233; &lt;i&gt;et &lt;/i&gt; d'ips&#233;it&#233; &lt;i&gt;sans &lt;/i&gt; identit&#233; narrative, et donc sans qu&#234;te de sens ni autonomie temporelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il semble que les sujets vivant ainsi, de mani&#232;re &#224; la fois temporellement structur&#233;e et temporellement d&#233;sorient&#233;e, sont ceux qui, faute d'une autonomie temporelle suffisante, &#233;tayent leur emploi du temps, leurs rythmes, leurs projets et leur vie sur le temps d'un autre (personne, groupe ou institution), lequel, sans n&#233;cessairement le savoir, d&#233;cide r&#233;guli&#232;rement pour eux de ce qui va &#234;tre fait aujourd'hui, cette semaine, cette ann&#233;e, et dans quel ordre cela doit &#234;tre fait, et qui leur indique &#233;ventuellement la &#171; bonne version &#187; de leur histoire de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
On trouve en psychanalyse quelques &#233;l&#233;ments pour commencer &#224; caract&#233;riser cette position. Selon Sami-Ali, certains sujets pr&#233;sentent de grandes difficult&#233;s en termes d'autonomie et de cr&#233;ativit&#233; temporelle. &#171; Ils compensent, et camouflent, en g&#233;n&#233;ral, cette incapacit&#233; en adoptant des cadres ext&#233;rieurs &#8211; sociaux &#8211; rigides, principalement et d'abord les cadres scolaires. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt; P., allergique, s'appuie sur un autre, son mari, qui porte pour elle le temps, ses cadres et ses d&#233;terminations &#187; (1998, p. 116). Plus g&#233;n&#233;ralement, souligne A. Laget, &#171; les difficult&#233;s portant sur le temps peuvent, dans certains cas, &#234;tre accompagn&#233;es d'un &#233;tayage sur autrui qui les pallie &#187;(1995, p. 92).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce cas de figure renvoie &#224; ce qu'on appelle en psychanalyse la relation d'objet anaclitique (Bergeret J., 2003), caract&#233;ris&#233;e notamment par la reconnaissance de la diff&#233;rence de l'autre, l'angoisse de perdre l'autre et la n&#233;cessite de s'appuyer sur lui. Mais, outre cette entr&#233;e par l'intrapsychique et l'interpersonnel, cette quatri&#232;me position, cette quatri&#232;me &#171; boucle &#233;trange &#187; incite, &#224; d'autres niveaux d'observation, &#224; une relecture temporelle des situations sociales et &#233;ducatives de d&#233;pendance qui, pour certains sujets, entreraient dans une relation de facilitation r&#233;ciproque avec un imp&#233;ratif personnel de prendre appui sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;LA SUITE &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article275' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ICI&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_8&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=49&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Bibliographie&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La bibliographie de cet article est disponible &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Nous n'avons connaissance que d'une seule tentative &#233;tant all&#233;e dans ce sens ; cf. Actes du colloque AFIRSE (1993).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. &#233;galement le dossier &#171; &#171; Rythmes et temps collectifs &#187;, in &lt;i&gt;Projet&lt;/i&gt;, n&#176; 273, Mars 2003.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cette m&#234;me posture p&#233;dagogique se retrouve &#224; l'identique, sous-jacente &#224; des changements mineurs du propos, dans les ouvrages actuellement les plus vendus en ligne, par exemple Covey S. (1995), Gleeson K. (2005).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. Lerbet G., 1997, pour une comparaison d&#233;taill&#233;e de la premi&#232;re et de la deuxi&#232;me syst&#233;mique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Je n'ai trouv&#233; qu'un seul exemple de mod&#233;lisation quaternaire au sens envisag&#233; ici : la recherche de Y. Durand (2005), qui rel&#232;ve de la psychologie de l'imaginaire, et qui propose bien un mod&#232;le &#224; tiers inclus &#224; quoi s'ajoute un quatri&#232;me cas de figure caract&#233;ris&#233; par la coexistence cliv&#233;e des polarit&#233;s antagonistes. L'auteur parle en l'occurrence de &#171; doubles-univers existentiels &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des temporalit&#233;s &#233;ducatives : une bibliographie
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article262</guid>
		<dc:date>2011-01-26T15:38:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Francis Lesourd
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Actes du colloque AFIRSE, L. Marmoz, &amp; A. Poulnais, (&#233;d.). Temps, &#233;ducation, soci&#233;t&#233;s, CERSE (Universit&#233; de Caen),1993, 2 tomes. AMBROSINO V&#233;ronique, 2003, &#171; Aider les ch&#244;meurs reconstruire leurs rep&#232;res temporels : Une &#233;tude des strat&#233;gies mises en place pour mieux vivre le ch&#244;mage &#187;, in L'orientation scolaire et professionnelle, vol. 32, no 1 , p. 123 &#8211; 144. ANZIEU Didier, 1985, Le Moi-peau, Paris, Dunod, 291 p. AQUATIAS Sylvain, 1999, &#171; Un temps d'arr&#234;t / un arr&#234;t du temps. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique66" rel="directory"&gt;Sciences de l'&#233;ducation et de la formation &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Actes du colloque AFIRSE, L. Marmoz, &amp; A. Poulnais, (&#233;d.). &lt;i&gt;Temps, &#233;ducation, soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, CERSE (Universit&#233; de Caen),1993, 2 tomes.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
AMBROSINO V&#233;ronique, 2003, &#171; Aider les ch&#244;meurs reconstruire leurs rep&#232;res temporels : Une &#233;tude des strat&#233;gies mises en place pour mieux vivre le ch&#244;mage &#187;, in &lt;i&gt;L'orientation scolaire et professionnelle&lt;/i&gt;, vol. 32, no 1 , p. 123 &#8211; 144.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANZIEU Didier, 1985, &lt;i&gt;Le Moi-peau&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, 291 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AQUATIAS Sylvain, 1999, &#171; Un temps d'arr&#234;t / un arr&#234;t du temps. Temporalit&#233;s des jeunes des cit&#233;s de banlieue en &#233;chec social &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes &lt;/i&gt; n&#176; 40, p. 26-34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ARDOINO Jacques, 1977, &lt;i&gt;&#201;ducation et politique. Propos actuels sur l'&#233;ducation II &lt;/i&gt; , Paris, Gauthier-Villars, 416 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ARDOINO Jacques, 2000, &lt;i&gt;Les avatars de l'&#233;ducation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 288 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ATLAN Henri, 1979, &lt;i&gt;Entre le cristal et la fum&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 285 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUBERT Nicole, 2003, &lt;i&gt;Le culte de l'urgence. La soci&#233;t&#233; malade du temps&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 376 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUBERT Nicole, PAG&#200;S Max, 1989, &lt;i&gt;Le stress professionnel&lt;/i&gt;, Paris, Klincksieck, 280 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUSTIN John, 1991, &lt;i&gt;Quand dire, c'est faire&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 202 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BACHELARD Gaston, 1963, &lt;i&gt;La dialectique de la dur&#233;e&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 150 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARBIER Ren&#233;, 1993, &#171; La question du &#8220;m&#233;tissage temporel&#8221; &#187;, in Actes du Colloque A.F.I.R.S.E, &lt;i&gt;Temps, &#233;ducation, soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, CERSE (Universit&#233; de Caen), p. 263-293.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARBIER Ren&#233;, 1997, &lt;i&gt;L'approche transversale&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 357 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARUS-MICHEL Jacqueline, GIUST-DESPRAIRIES Florence, RIDEL Luc, 1996, &lt;i&gt;Crises &#8211; approche psychosociale clinique&lt;/i&gt;, Paris, Descl&#233;e de Brouwer, 315 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BAUTIER Elisabeth, ROCHEX Jean-Yves, 1999, &lt;i&gt;Henri Wallon : l'enfant et ses milieux&lt;/i&gt;, Paris, Hachette, 142 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BENVENISTE &#201;mile, 1966, &#171; La notion de &#8220;rythme&#8221; dans son expression linguistique &#187;, in &lt;i&gt;Probl&#232;mes de linguistique g&#233;n&#233;rale&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERGER Simone, 2003, &lt;i&gt;Notre premi&#232;re mondialisation. Le&#231;ons d'un &#233;chec oubli&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 95 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERGERET Jean, 2003, &lt;i&gt;La personnalit&#233; normale et pathologique&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, 336 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BERTAUX Daniel, 1997, &lt;i&gt;Les r&#233;cits de vie, perspective ethnosociologique&lt;/i&gt;, Paris, Nathan, 128 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BINSWANGER Ludwig, 1971, &#171; Fonction vitale et histoire int&#233;rieure de la vie &#187;, in&lt;i&gt; Introduction &#224; l'analyse existentielle&lt;/i&gt;, Paris, Minuit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOIVIN Marie-Denyse, GOYER Liette, 2006, &#171; De l'orientation &#224; vie &#224; l'orientation tout au long de la vie : quels d&#233;fis pour les pratiques en orientation &#187;, in&lt;i&gt; Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, n&#176; 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOURGEOIS &#201;tienne , 2003, &#171; L'adulte, un &#234;tre en d&#233;veloppement &#187;, in &lt;i&gt;Sciences Humaines&lt;/i&gt;, HS n&#176; 40, p. 56-59.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUTINET Jean-Pierre, 2004a, &lt;i&gt;Vers une soci&#233;t&#233; des agendas. Une mutation des temporalit&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 224 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUTINET Jean-Pierre, 2004b, &#171; Que savons-nous sur cet adulte qui part en formation ? &#187;, in &lt;i&gt;Savoirs &lt;/i&gt; n&#176; 4, p. 11-49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUTINET Jean-Pierre, 2005a, &#171; Les temporalit&#233;s de l'alternance et leur actualit&#233; en culture post-moderne &#187;, in &lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt;, n&#176; 163, p. 89-98&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUTINET Jean-Pierre, 2005b, &lt;i&gt;Psychologie de la vie adulte&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 126 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CANOVAS Sylvie, 1988, &#171; Les paradoxes temporels et la chute th&#233;rapeutique &#187;, in &lt;i&gt;Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie&lt;/i&gt;, n&#176; 11, p.13-24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CARTIER Jean-Pierre, 2004, &#171; Un dispositif d'entretiens de recherche pour appr&#233;hender les transitions &#187;, &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 56, p.1-17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CASTEL Robert, 1995, &lt;i&gt;Les m&#233;tamorphoses de la question sociale&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 813 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CASTORIADIS Corn&#233;lius, 1975, &lt;i&gt;L'institution imaginaire de la soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Le Seuil, 540 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHESNEAUX Jean, 1996, &lt;i&gt;Habiter le temps&lt;/i&gt;, Paris, Bayard, 344 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CLARK Carolyn, CAFFARELLA Rosemary, 1999, &#171; An Update on Adult Development Theory : New Ways of Thinking about the Life Course &#187;, in &lt;i&gt;New Directions for Adult and Continuing Education&lt;/i&gt;, n&#176; 84, San Francisco, Jossey-Bass, p. 3-112.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COLIN Lucette, 2006, &#171; La notion freudienne de l'apr&#232;s-coup (nachtr&#228;glich) : un sale coup en mati&#232;re &#233;ducative ? &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, n&#176; 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COLLE Rodolphe, 2005, &#171; L'am&#233;lioration du bien-&#234;tre des salari&#233;s par les temps de travail &#224; la carte &#187;, in &lt;i&gt;Performances&lt;/i&gt;, n&#176; 24 , p. 27 - 35&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COMP&#200;RE Marie-Madeleine (Dir.), 1997, &lt;i&gt;Histoire du temps scolaire en Europe&lt;/i&gt;, Paris, INRP : Economica, 392 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COTTEREAU Dominique, 2002, Ecoformation : origines d'un concept, &lt;a href=&#034;http://www.barbier-rd.nom.fr/GREFDCottereau2002.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.barbier-rd.nom.fr/GREFDCottereau2002.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COURTOIS Anne, 2002, &#171; Le temps familial, une question de rythmes ? R&#233;flexions &#233;pist&#233;mologiques et cliniques &#187;, in &lt;i&gt;Th&#233;rapie familiale&lt;/i&gt;, vol. 23 , n&#176;1 , p. 21-34.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;COVEY Stephen, 1995, &lt;i&gt;Priorit&#233; aux Priorit&#233;s&lt;/i&gt;, Paris, Editions G&#233;n&#233;rales First, 247 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CRUELLAS Philippe et BENAYOUN Rapha&#235;l, 1993, &lt;i&gt;Le temps : mode d'emploi&lt;/i&gt;, Paris, ESF, 118 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE GAULEJAC Vincent, 1987, &lt;i&gt;La n&#233;vrose de classe&lt;/i&gt;, Paris, Hommes et groupes, 310 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DE GAULEJAC Vincent, 1998, &#171; Le sujet entre l'inconscient et les d&#233;terminismes sociaux &#187;, in BOURDAGES J., LAPOINTE S., RH&#201;AUME J., &lt;i&gt;Le &#171; Je &#187; et le &#171; Nous &#187; en histoire de vie&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DELORY-MOMBERGER Christine, 2000,&lt;i&gt; Les histoires de vie. De l'invention de soi au projet de formation&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 289 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DELORY-MOMBERGER Christine, HESS R&#233;mi, 2001, &lt;i&gt;Le sens de l'histoire. Moments d'une biographie&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 414 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEMAZI&#200;RE Didier, DUBAR Claude, 1997,&lt;i&gt; Analyser les entretiens biographiques&lt;/i&gt;, Paris, Nathan, 350 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DEPRAZ Nathalie, VARELA Francisco, VERMERSCH Pierre, 1999, &#171; The gesture of awarenass &#187;, in M.Velmans (Ed.), &lt;i&gt;Investigating Phenomenal Consciousness&lt;/i&gt;, Amsterdam, Benjamin Publishers, p. 121-139.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOMINIC&#201; Pierre, 1994, &lt;i&gt;L'histoire de vie comme processus de formation&lt;/i&gt;, Paris, l'Harmattan, 174 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DOMINICE Pierre, JOSSO Christine, MONBARON Jacqueline, M&#220;LLER Ronald, 2000, &#171; Donner une place au sensible pour penser la formation &#187;, in &lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt; n&#176;142, p. 95-104&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUMAZEDIER Joffre, 1994, &#171; &#201;ducation permanente &#187;, in &lt;i&gt;Dictionnaire encyclop&#233;dique de l'&#233;ducation et de la formation&lt;/i&gt;, Paris, Nathan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUPARC Fran&#231;ois, 1997, &#171; Le temps en psychanalyse, figurations et construction &#187; in &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise de psychanalyse&lt;/i&gt;, LXI, 5, p. 1429-1588.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUPUIS Pierre-Andr&#233;, 1990, Eduquer : une longue histoire, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, 198 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUPUIS Pierre-Andr&#233;, 2002, &lt;i&gt;Anthropologie temporelle des parcours singuliers en &#233;ducation et en formation&lt;/i&gt;, Th&#232;se d'habilitation &#224; diriger des recherches, Universit&#233; Nancy II.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DUPUIS Pierre-Andr&#233;, 2006, &#171; Temporalit&#233;s du v&#233;ridique &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, n&#176; 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DURAND Gilbert, 1969, &lt;i&gt;Les structures anthropologiques de l'imaginaire&lt;/i&gt;, Paris, Bordas, 535 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DURAND Yves, 2005, &lt;i&gt;Une technique d'&#233;tude de l'imaginaire : L'Anthropologique Test &#224; 9 &#233;l&#233;ments&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 284 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt;, 2005, n&#176; 163, &#171; L'alternance, une alternative &#233;ducative ? &#187;. Coord. PINEAU Gaston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;ducation permanente&lt;/i&gt;, 1998, n&#176;136, &#171; Motivation et engagement en formation &#187;, Coord. CARR&#201; Philippe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ELIAS Norbert, 1984, &lt;i&gt;Du temps&lt;/i&gt;, Paris, Fayard, 223 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ERIKSON Erik, 1972, &lt;i&gt;Adolescence et crise : la qu&#234;te de l'identit&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 323 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ERIKSON Erik, 1974,&lt;i&gt; La v&#233;rit&#233; de Gandhi. Les origines de la non-violence&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 428 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ERIKSON Erik, 1963,&lt;i&gt; Enfance et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, Neuch&#226;tel, Delachaux et Niestl&#233;, 285 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ESTIVILL Jordi, 2004, &lt;i&gt;Panorama de la lutte contre l'exclusion sociale. Concepts et strat&#233;gies&lt;/i&gt;, Gen&#232;ve, Bureau international du Travail, 148 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ETTIGHOFFER Denis, BLANC G&#233;rard, 1998, &lt;i&gt;Le syndrome de Chronos&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, 280 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FABRE Michel, 1994, &lt;i&gt;Penser la formation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 288 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FAINGOLD Nadine, 2001, &#171; De moment en moment, le d&#233;cryptage du sens &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter&lt;/i&gt;, n&#176; 42, p. 40-47.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FERNANDEZ-ZO&#207;LA Adolfo et SIVADON Paul, 1983, &lt;i&gt;Temps de travail, temps de vivre&lt;/i&gt;, Bruxelles, Mardaga, 229 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FERRY Gilles, 2005, &#171; Histoire de vie ou l&#233;gende de soi &#187;, in Filloux J.C. (coord.), &lt;i&gt;Analyse d'un r&#233;cit de vie&lt;/i&gt;, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FINGER Matthias, 1984, &lt;i&gt;Biographie et herm&#233;neutique&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, FEP, Universit&#233; de Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FOND-HARMANT Laurence, 1997, &lt;i&gt;Des adultes &#224; l'universit&#233;. Cadre institutionnel et dimensions biographiques&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 294 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FOUCAULT Michel, 1975, &lt;i&gt;Surveiller et punir&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 318 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FOUCAULT Michel, 1984,&lt;i&gt; Le souci de soi. Histoire de la sexualit&#233; II&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard, 284 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FREUD Sigmund, 1940, &#171; L'inconscient &#187;, in &lt;i&gt;M&#233;tapsychologie&lt;/i&gt;, Paris, Gallimard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FREUD Sigmund, 1973, &#171; Esquisse d'une psychologie scientifique &#187;, in &lt;i&gt;Naissance de la psychanalyse&lt;/i&gt;, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FURTOS Jean, 1999, &#171; Contexte de pr&#233;carit&#233; et souffrance psychique : quelques particularit&#233;s de la clinique psychosociale &#187;, in &lt;i&gt;Soins Psychiatrie&lt;/i&gt;, n&#176; 204 , p. 11-15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GABEL Joseph, 1962, &lt;i&gt;La fausse conscience&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 273 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GALVANI Pascal, 1997, &lt;i&gt;Qu&#234;te de sens et formation&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 240 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GALVANI Pascal, 1998, &#171; Biographie et formation spirituelle am&#233;rindiennes &#187;, in Pineau G. (coord.), &lt;i&gt;Accompagnement et histoire de vie&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GEAY Andr&#233;, 1998, &lt;i&gt;L'&#233;cole de l'alternance&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 192 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GIGU&#200;RE Paul-Andr&#233;, 2000, &#171; Derri&#232;re les r&#233;cits de vie, un r&#233;cit de vie &#187;, in JOSSO Christine (coord.), &lt;i&gt;La formation au c&#339;ur des r&#233;cits de vie : exp&#233;riences et savoirs universitaires&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GLEESON Kerry, 2005, &lt;i&gt;Mieux s'organiser pour gagner du temps : Un Programme d'Efficacit&#233; Personnalis&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Editions Maxima, 355 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GOFFMAN Erving, 1974, &lt;i&gt;Les rites d'interaction&lt;/i&gt;, Paris, Editions de Minuit, 236 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GREEN Andr&#233;, 2000, &lt;i&gt;Le temps &#233;clat&#233;&lt;/i&gt;, Paris, Editions de Minuit, 186 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GREGG Gary, 1991, &lt;i&gt;Self-representation : Life narrative studies in identity and ideology&lt;/i&gt;, New York, Greenwood Press, 248 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GRIFFIN Barbara, KINCHELOE Joe, HINCHEY Patricia (coord.), 1999, &lt;i&gt;The Post-Formal Reader : Cognition and Education&lt;/i&gt;, London, Falmer Press, 483 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROSSIN William, 1985, &#171; Les &#233;quations temporelles personnelles &#187;, in &lt;i&gt;&#201;changes et projets&lt;/i&gt;, n&#176; 41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROSSIN William, 1996a, &lt;i&gt;Pour une science des temps&lt;/i&gt;, Toulouse, Octar&#232;s, 268 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROSSIN William, 1996b, &#171; La notion de milieu temporel &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes&lt;/i&gt;, n&#176; 32, p. 20-26.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GROSSIN William, 2000, &#171; Les configurations temporelles &#187;, in &lt;i&gt;Revue de l'Association Rh&#244;ne Alpes&lt;/i&gt; (ARA), n&#176; 47, p. 5-9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GUILLAUMIN Jean, 1997, &#171; La quatri&#232;me dimension du temps &#187;, in &lt;i&gt;Revue Fran&#231;aise de Psychanalyse&lt;/i&gt;, LXI, 5, p. 1657-1668.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GURVITCH Georges, 1963, &#171; La multiplicit&#233; des temps sociaux &#187;, in &lt;i&gt;La vocation actuelle de la sociologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HALL Edward, 1984, &lt;i&gt;La danse de la vie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 279 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HANTRAIS Laurence, 1988, &#171; Une analyse comparative de la rencontre des temps sociaux au sein de la famille, en France et en Grande-Bretagne &#187;, in Mercure D. et Wallemacq A. (coord.), &lt;i&gt;Les temps sociaux&lt;/i&gt;, Bruxelles, De Boeck.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HENRIQUEZ Micheline, 1987, &#171; L'enveloppe de m&#233;moire et ses trous &#187;, in Anzieu D. (coord.),&lt;i&gt; Les enveloppes psychiques&lt;/i&gt;, Paris, Dunod&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HESS Remi, 1998, &lt;i&gt;La pratique du journal. L'enqu&#234;te au quotidien&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 144 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HESS Remi, DE LUZE Hubert, 2001, &lt;i&gt;Le moment de la cr&#233;ation&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 357 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HESS Remi, 2004, &lt;i&gt;Produire son &#339;uvre &#8211; Le moment de la th&#232;se&lt;/i&gt;, Paris, &#233;ditions T&#233;ra&#232;dre, 176 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HESS Remi, 2006, &#171; Rythmanalyse et th&#233;orie des moments &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyse&lt;/i&gt; n&#176; 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOFSTADTER Douglas, 2000, &lt;i&gt;G&#246;del, Escher, Bach. Les brins d'une guirlande &#233;ternelle&lt;/i&gt;, Paris, Dunod, 883 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOUDE Ren&#233;e, 1999, &lt;i&gt;Les temps de la vie. Le d&#233;veloppement psychosocial de l'adulte&lt;/i&gt;, Paris/Montr&#233;al, Ga&#235;tan Morin, 437 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOUZEL Didier, 1987, &#171; Le concept d'enveloppe psychique &#187;, in ANZIEU Didier, (coord.), &lt;i&gt;Les enveloppes psychiques&lt;/i&gt;, Paris, Dunod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HOUZEL Didier, 2005, &lt;i&gt;Le concept d'enveloppe psychique&lt;/i&gt;, Paris, In Press &#233;ditions, 182 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUSTI Aniko, 1985, &lt;i&gt;Temps mobile&lt;/i&gt;, Paris, I.N.R.P., 128 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUSTI Aniko, 1986, &#171; L'organisation du temps &#224; l'&#233;cole &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes &lt;/i&gt; n&#176; 3, p. 8-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HUSTI Aniko, 1992, &#171; Le temps, une variable de la d&#233;marche p&#233;dagogique &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes&lt;/i&gt;, n&#176; 21, p.12-15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JAUR&#201;GUIBERRY Francis, 2003, &lt;i&gt;Les branch&#233;s du portable. Sociologie des usages&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 160 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Journal de la psychanalyse de l'enfant&lt;/i&gt;, 2000, n&#176; 26, &#171; La croissance psychique &#187;. Coord. C. GEISSMANN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;JOSSO Christine (coord.), 2000, &lt;i&gt;La formation au c&#339;ur des r&#233;cits de vie : exp&#233;riences et savoirs universitaires&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 314 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KOHLBERG Lawrence, 1981, &lt;i&gt;Essays on moral development&lt;/i&gt;, Cambridge, Harper and Row, 441 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LACROIX Michel, 2004, &lt;i&gt;Le d&#233;veloppement personnel&lt;/i&gt;, Paris, Flammarion, 158 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAGET Annette, 1995, &lt;i&gt;Freud et le temps&lt;/i&gt;, Lyon, PUL, 153 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LECONTE Pierre et LECONTE-LAMBERT Claire, 1995, &lt;i&gt;La Chronopsychologie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 127 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEFEBVRE Henri, 1989, &lt;i&gt;La Somme et le Reste&lt;/i&gt;, Paris, M&#233;ridiens Klincksieck, 777 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEFEBVRE Henri, R&#201;GULIER Catherine, 1992, &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments de rythmanalyse : Introduction &#224; la connaissance des rythmes&lt;/i&gt;, Paris, Ed. Syllepse, 116 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GRAND Jean-Louis, 2002, &#171; Histoires de vie &#187;, in Barus-Michel Jacqueline, Henriquez Eug&#232;ne, L&#233;vy A. (coord.), &lt;i&gt;Vocabulaire de psychosociologie&lt;/i&gt;, Paris, Er&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GRAND Jean-Louis, 2004, &#171; Rationalit&#233;s scientifiques et r&#233;cit biographique : deux logiques conflictuelles ? &#187; in Robin J.-Y., Maumigny-Garban B., So&#235;tard M. (coord.), &lt;i&gt;Le r&#233;cit biographique. Tome I : Enjeux anthropologiques&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LE GUEN Claude, 1997, &#171; L'inconscient ignore le temps &#187;, in &lt;i&gt;Revue Fran&#231;aise de Psychanalyse&lt;/i&gt;, Tome LXI, n&#176; 5, p. 1639-1952.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LENGRAND Paul, 1970, &lt;i&gt;Introduction &#224; l'&#233;ducation permanente&lt;/i&gt;, Paris, UNESCO, 100 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LERBET Georges, 1995, &lt;i&gt;Bio-cognition, formation et alternance&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 181 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LERBET Georges, 1997, &lt;i&gt;P&#233;dagogie et syst&#233;mique&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 128 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2001a, &#171; Le Moi-temps : &#233;cologie temporelle et histoires de vie en formation &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes &lt;/i&gt; n&#176; 43, p. 38-49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2001b, &#171; Ecoformation et apprentissage au long cours par les rythmes de l'environnement &#187;, in &lt;i&gt;Education Permanente&lt;/i&gt; n&#176; 148, p. 255-265.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2002, &#171; Des fen&#234;tres attentionnelles temporelles. Discussion avec Pierre Vermersch &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 46, p. 2-22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2004a, &#171; Mythe personnel et orientation tout au long de la vie &#187;, in &lt;i&gt;Questions d'orientation&lt;/i&gt;, n&#176;4, p. 45-54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2004b, &lt;i&gt;Les moments privil&#233;gi&#233;s en formation existentielle. Contribution multir&#233;f&#233;rentielle &#224; la recherche sur les temporalit&#233;s &#233;ducatives chez les adultes en transformation dans les situations liminaires&lt;/i&gt;, Th&#232;se en Sciences de l'&#233;ducation, Universit&#233; Paris VIII.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2004c, &#171; Peut-on parler de transe biographique ? &#187;, in Robin J.-Y., Maumigny-Garban B., So&#235;tard M. (coord.), &lt;i&gt;Le r&#233;cit biographique. Tome II : De la recherche &#224; la formation. Exp&#233;riences et questionnements&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2005a, &#171; Explorations psychanalytiques et psycho ph&#233;nom&#233;nologiques de la notion d'enveloppe temporelle en formation d'adultes &#187;, &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 60, p. 1-24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2005b, &#171; L'&#233;piphanie comme r&#233;-orchestration des temps &#187; in &lt;i&gt;Chemins de formation&lt;/i&gt;, n&#176;8, p. 56-65.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2006a, &#171; Temporalit&#233;s, &#233;ducation et sant&#233; &#187;, in Les Sciences de l'&#233;ducation &#8211; Pour l'&#232;re nouvelle, Vol. 39, n&#176; 1, p. 55-73.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2006b, &#171; L'explicitation biographique des moments transformateurs &#187;, in B&#233;zille H&#233;l&#232;ne et Courtois Bernadette (coord.), &lt;i&gt;Penser la relation exp&#233;rience-formation&lt;/i&gt;, Lyon, Chronique sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LESOURD Francis, 2006c, &#171; Contribution &#224; l'&#233;tude des actes mentaux menant &#224; l'&#233;mergence du sens &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 63, p.1-17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LEVINSON Daniel, 1974, &#171; The Psychological Development of Men in Early Adulthood and the Mid-Life Transition &#187;, in B. Ricks et al., (eds.) &lt;i&gt;Life History in Psychopathology&lt;/i&gt;, Minnreapolis : University of Minnesota Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LUKACS Georg, 1960, &lt;i&gt;Histoire et conscience de classe&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 381 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAUSS Marcel, 1968, &#171; La pri&#232;re &#187;, in &lt;i&gt;&#338;uvres &lt;/i&gt; T1, Paris, &#201;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAUSS Marcel, 1969, &#171; Les d&#233;buts de la po&#233;sie selon Gummere &#187;, in &lt;i&gt;&#338;uvres &lt;/i&gt; T2, Paris, &#201;ditions de Minuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MCADAMS Dan, 1993, &lt;i&gt;The stories we live by, Personal Myths ans the Making of the Self&lt;/i&gt;, New York, Guilford Press, 336 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MCADAMS Dan, 1996, &#171; Personality, modernity, and the storied self : A contemporary framework for studying persons &#187;, in &lt;i&gt;Psychological Inquiry &lt;/i&gt; n&#176; 7, p. 295-321.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MCADAMS Dan, 2006, &#171; La psychologie des histoires de vie &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, n&#176; 53.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE Daniel, 1989, &#171; L'&#233;clatement des temporalit&#233;s v&#233;cues &#187;, in &lt;i&gt;Temporalistes&lt;/i&gt;, n&#176; 12, p. 10-13.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MERCURE Daniel, 1995, &lt;i&gt;Les temporalit&#233;s sociales&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 175 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MEZIROW Jack, 2001, &lt;i&gt;Penser son exp&#233;rience&lt;/i&gt;, Lyon, Chronique sociale, 272 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MICHON Pascal, 2005, &lt;i&gt;Rythmes, pouvoir, mondialisation&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 467 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MONEYRON Anne, 2001, &lt;i&gt;Eco-savoir, transformation exp&#233;rientielle et alternances&lt;/i&gt;, th&#232;se de doctorat en Sciences de l'Education et de la Formation, universit&#233; Fran&#231;ois Rabelais, Tours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MONTAGNER Hubert, 1990, &lt;i&gt;Les Rythmes de l'enfant et de l'adolescent : ces jeunes en mal de temps et d'espace&lt;/i&gt;, Paris, Stock, 447 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORIN Edgar, 1977, &lt;i&gt;La M&#233;thode T1, La nature de la nature&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 399 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORIN Edgar, 1980, &lt;i&gt;La m&#233;thode, T2 : La vie de la vie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 472 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORIN Edgar, 1986, &lt;i&gt;La m&#233;thode, T3 : La connaissance de la connaissance&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 245 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MORIN Edgar, 1991, &lt;i&gt;La M&#233;thode T4 : les id&#233;es, leur habitat, leur vie, Leurs m&#339;urs, leur organisation&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 262 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEUGARTEN Bernice, 1968, &lt;i&gt;Middle Age and Aging&lt;/i&gt;, Chicago, University of Chicago Press, 603 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NEYRAUT Michel, 1998, &lt;i&gt;Les raisons de l'irrationnel&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 304 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OLRY Paul, 2004, &#171; Se former dans les temps de travail : les conditions d'un pouvoir d'agir &#187;, in Collectif GRIOT, &lt;i&gt;Figures du temps. Les nouvelles temporalit&#233;s du travail et de la formation&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PALAZZESCHI Yves, 1999, &#171; Histoire de la formation post-scolaire &#187;, in Carr&#233; P., Caspar P. (coord.), &lt;i&gt;Trait&#233; des sciences et techniques de la formation&lt;/i&gt;, Paris, Dunod.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PAUL Maela, 2002, &lt;i&gt;Recommencer &#224; vivre. Crise, rupture et rencontre dans la vie professionnelle&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 284 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PERRY William, 1970, &lt;i&gt;Forms of intellectical ans ethical development in the college years. A scheme&lt;/i&gt;, New York, Holt, Rinehart and Winston, 336 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PIAGET Jean, 1974, &lt;i&gt;R&#233;ussir et comprendre&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 253 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, Marie-Mich&#232;le, 1983, &lt;i&gt;Produire sa vie. Autoformation et autobiographie&lt;/i&gt;, Paris, Edilig, 419 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 1987, &lt;i&gt;Temps et contretemps&lt;/i&gt;, Montr&#233;al, St Martin, 165 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, LE GRAND Jean-Louis, 1993, &lt;i&gt;Les histoires de vie&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 128 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 1996, &#171; Les histoires de vie comme art formateur de l'existence &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt; n&#176; 31, p. 65-80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 2000, &lt;i&gt;Temporalit&#233;s en formation&lt;/i&gt;, Paris, Anthropos, 208 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 2003, &#171; Vers une anthropoformation en deux temps, trois mouvements &#187;, in &lt;i&gt;Spirales&lt;/i&gt;, n&#176; 31, p. 35-45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 2005, &#171; Respirer sa vie : d&#233;verrouiller l'apprentissage des rythmes vitaux &#187;, in &lt;i&gt;Education permanente&lt;/i&gt;, no 163 , p. 111-130.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PINEAU Gaston, 2006, &#171; Pour une rythmo-formation du quotidien &#187;, in &lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt; n&#176; 51.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, 1996, n&#176; 31, &#171; Les filiations th&#233;oriques des histoires de vie en formation &#187;. Coord. Le Grand Jean-Louis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pratiques de formation / Analyses&lt;/i&gt;, 2002, n&#176; 43, &#171; De la critique en &#233;ducation &#187;. Coord. B&#233;zille H&#233;l&#232;ne, Le Grand Jean-Louis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PR&#201;VOST Herv&#233;, 2005, &lt;i&gt;Commencer &#224; gagner sa vie sans la perdre. Recherche sur le premier cours de la vie professionnelle&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 326 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Projet&lt;/i&gt;, 2003, n&#176;273, &#171; Rythmes et temps collectifs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PRONOVOST Gilles, 1996, &lt;i&gt;Sociologie du temps&lt;/i&gt;, Bruxelles, De Boeck, 181 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QU&#201;INNEC Yvon, MAURY Pierre, MIQUEL Marie-Th&#233;r&#232;se, 1992, &#171; Apports de la chronobiologie et de la chronoergonomie &#224; l'am&#233;nagement du travail en horaires atypiques &#187;, in &lt;i&gt;Cahiers d'Ergonomie&lt;/i&gt; n&#176; 6, p. 7-24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REINBERG Alain, 1979, &lt;i&gt;Des rythmes biologiques &#224; la chronobiologie&lt;/i&gt;, Paris, Gauthier-Villars, 159 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REINBERG Alain, GHATA Jean, 1982, &lt;i&gt;Les rythmes biologiques&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 128 p.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;REINBERG Alain, 1997, &lt;i&gt;Les rythmes biologiques&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 128 p.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;RIC&#338;UR Paul, 1990, &lt;i&gt;Soi-m&#234;me comme un autre&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 424 p.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;RONDEL Yves, 2002, &#171; L'am&#233;nagement du temps libre des enfants &#187;, in &lt;i&gt;Informations sociales&lt;/i&gt;, n&#176; 100 , p. 54&#8211;63.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 1994, &lt;i&gt;L'entretien d'explicitation&lt;/i&gt;, Paris, ESF, 181 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 1996, &#171; Vers une psychoph&#233;nom&#233;nologie &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 13, p. 1-6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 1997, &#171; L'introspection, une histoire difficile &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 20, p. 1-4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 2000, &#171; L'explicitation ph&#233;nom&#233;nologique &#224; partir du point de vue en premi&#232;re personne &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 36, p. 5-11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 2001, &#171; Psychoph&#233;nom&#233;nologie de la r&#233;duction &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 42, p. 1-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 2002, &#171; La prise en compte de la dynamique attentionnelle : &#233;l&#233;ments th&#233;oriques &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter&lt;/i&gt;, n&#176; 43, p. 27-39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 2005a, &#171; Tentative d'approche exp&#233;rientielle du &#171; sens se faisant &#187; &#187; , in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 60, p. 48-55.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VERMERSCH Pierre, 2005b, &#171; Approche psycho-ph&#233;nom&#233;nologique d'un &#171; sens se faisant &#187;. II. Analyse du processus en r&#233;f&#233;rence &#224; Marc Richir &#187;, in &lt;i&gt;Expliciter &lt;/i&gt; n&#176; 61, p. 26-47.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WAHL Jean, 1954, &lt;i&gt;Les philosophes de l'existence&lt;/i&gt;, Paris, Armand Colin, 178 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;WUNENBURGER Jean-Jacques, 1992, &lt;i&gt;Les rythmes, lectures et th&#233;ories&lt;/i&gt;, Paris, L'Harmattan, 247 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ZAFFRAN Jo&#235;l, 2001, &#171; Le temps scolaire, le temps libre et le temps des loisirs : Comment r&#233;ussir au coll&#232;ge fran&#231;ais en s'engageant dans la course des temps sociaux &#187;, in &lt;i&gt;Loisir et soci&#233;t&#233;&lt;/i&gt;, N&#176; 1 , p. 137-160.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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