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		<title>Le Rendez-vous
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		<dc:creator>Odilon Cabat
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&lt;p&gt;Le tableau &#171; Le Rendez-vous &#187; (&#233;galement nomm&#233; : &#171; la vieille id&#233;e de raccord &#187;) est une recherche sur la po&#233;tique des confins. Les confins sont les lieux imaginaires o&#249; viennent se rencontrer et se s&#233;parer deux mondes, deux types d'espace, deux temps, deux civilisations ou deux p&#233;riodes de l'activit&#233; humaine et qui sont aussi les lieux o&#249; ces mondes, espaces et temps se r&#233;v&#232;lent mutuellement par le contraste de la collision. Le premier des confins, le confins arch&#233;type est celui de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique29" rel="directory"&gt;Arts plastiques et autres &#8211; GALERIES &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/IMG/jpg/5_la_vieille_idee_de_raccord2589.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH413/5_la_vieille_idee_de_raccord2589-7fa1f.jpg?1714928454' width='500' height='413' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le tableau &#171; Le Rendez-vous &#187; (&#233;galement nomm&#233; : &#171; la vieille id&#233;e de raccord &#187;) est une recherche sur la po&#233;tique des confins. Les confins sont les lieux imaginaires o&#249; viennent se rencontrer et se s&#233;parer deux mondes, deux types d'espace, deux temps, deux civilisations ou deux p&#233;riodes de l'activit&#233; humaine et qui sont aussi les lieux o&#249; ces mondes, espaces et temps se r&#233;v&#232;lent mutuellement par le contraste de la collision. Le premier des confins, le confins arch&#233;type est celui de l'horizon. Repouss&#233; &#224; l'infini, il ne si&#232;ge nulle part, c'est le lieu o&#249;, selon la tradition des anciens mythes le ciel et la terre se r&#233;unissent avant que le D&#233;miurge ne s&#233;pare les eaux c&#233;lestes des eaux d'en bas. Et l'infini de cette rencontre est une invitation au voyage, &#224; un voyage sans fin, celui en qu&#234;te de l'horizon pouvant marcher longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il y a donc le th&#232;me de la limite, d'abord la limite fondatrice qui s&#233;pare le ciel et la terre, s&#233;paration sans retour et qui convoque la nostalgie des l&#233;gendes de jadis. Ensuite celle de la zone ind&#233;cise o&#249; s'arr&#234;te et s'effrite le macadam des routes pour faire place &#224; des chemins perdus ; zone ind&#233;cise, elle-m&#234;me un confins qui r&#233;p&#232;te le confins arch&#233;type de l'horizon. Car on notera que si les chemins retrouvent l'ocre des v&#233;g&#233;tations lointaines sur la terre, le macadam bleu p&#226;le de la chauss&#233;e retrouve le bleu du ciel et le gris des nuages. Car ce qui est en bas est comme ce qui est en haut selon la table d'&#233;meraude d'Herm&#232;s Trism&#233;giste, dieu des chemins et des voyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e, les deux routes qui s'ach&#232;vent dans la poudre blanche font se confiner deux p&#233;riodes, deux moments de l'Histoire propres &#224; susciter la m&#233;lancolie de l'inach&#232;vement, le temps des chemins rustiques de jadis et celui des machines goudronneuses de l'&#232;re industrielle. A quoi il faut ajouter les indices en sourdine d'une activit&#233; plus secr&#232;te, qu'&#233;voquent les couvercles de regard, les bouches d'&#233;gout, et qui laissent entendre l'existence d'un monde souterrain, myst&#233;rieux o&#249; jadis des hommes invisibles ont &#339;uvr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Enfin ces routes qui ne se rencontrent pas, qui se croisent en s'ignorant, illustrent le th&#232;me de la faille, de la f&#234;lure : de la divergence inconsolable des destin&#233;es sans retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Note : La cabane, la cabane aux outils, appartient aux deux mondes, elle est la signature du peintre, par le r&#233;bus du nom de Cabat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les palais de la m&#233;moire
</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odilon Cabat
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les r&#232;gles de l'art de la m&#233;moire furent &#233;tablies par les rh&#233;teurs de l'Antiquit&#233;. Le principe &#233;tait le suivant : pour m&#233;moriser les parties des discours, leurs articulations et jusqu'&#224; leurs mots et phrases, des images mentales &#233;taient organis&#233;es dans un certain ordre auquel on donnait une configuration spatiale. Les Anciens initi&#233;s aux sentiers secrets et aux parcours l&#233;gendaires des anc&#234;tres mythiques dans la for&#234;t primordiale, balis&#233;e d'arbres v&#233;n&#233;r&#233;s ou de pierres marqu&#233;es, pouvaient (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;&#201;tudes grecques et latines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#232;gles de l'art de la m&#233;moire furent &#233;tablies par les rh&#233;teurs de l'Antiquit&#233;. Le principe &#233;tait le suivant : pour m&#233;moriser les parties des discours, leurs articulations et jusqu'&#224; leurs mots et phrases, des images mentales &#233;taient organis&#233;es dans un certain ordre auquel on donnait une configuration spatiale. Les Anciens initi&#233;s aux sentiers secrets et aux parcours l&#233;gendaires des anc&#234;tres mythiques dans la for&#234;t primordiale, balis&#233;e d'arbres v&#233;n&#233;r&#233;s ou de pierres marqu&#233;es, pouvaient accrocher des po&#232;mes de plus de cent mille mots qu'ils connaissaient par c&#339;ur en mettant &#224; la cha&#238;ne quelques dizaines de contes de leurs nourrices. Mais plus tard, la &#171; m&#233;moire &#187; s'affaiblissant, les mythes de la grande For&#234;t oubli&#233;s, les G&#233;n&#233;rations suivantes recoururent &#224; des labyrinthes artificiels puis &#224; des structures architecturales. Des chefs d'&#339;uvre insens&#233;s virent le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le rh&#233;teur se promenait mentalement d'une pi&#232;ce &#224; l'autre, d'une salle des livres aux entrep&#244;ts des pr&#234;tres, et l'on dit que selon la nature du texte, l'usage consacr&#233; des pi&#232;ces &#233;tait de la plus haute importance. Au rythme de son discours, il trouvait mentalement les images et les mots qu'il y avait pr&#233;alablement d&#233;pos&#233;. On dit qu'&#224; certains caract&#232;res du discours, des gens habiles pouvaient reconna&#238;tre les pi&#232;ces et leurs usages ainsi visit&#233;es mentalement. On dit m&#234;me qu'il y avait de la litt&#233;rature d'entrep&#244;t, de la litt&#233;rature de salle royale, de tour de garde et que tous les genres litt&#233;raires eux-m&#234;mes avaient leurs racines dans les plans diff&#233;rents des &#233;difices de leur m&#233;moire. On ne sait plus ce que les textes disaient et de quoi parlaient les ma&#238;tres rh&#233;teurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Avec le temps, et par un paradoxe vraiment monstrueux, les mots et les id&#233;es qu'ils avaient sem&#233;s dans ces structures fabuleuses furent laiss&#233;s de c&#244;t&#233; et l'int&#233;r&#234;t du vulgaire se porta sur l'architecture elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'opinion pris corps que de pareilles merveilles avaient d&#251; exister quelque part. Et, au lieu de s'en tenir aux mots ainsi qu'au sens profond des discours savants, l'on se mit &#224; disputer de plans et de fa&#231;ades et l'on en vint &#224; &#233;difier des temples, des palais et des villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les Moralistes se plaignirent que des merveilles de sens et de philosophie, de sagesse et de science autrefois d&#233;pos&#233;es par ces rh&#233;teurs g&#233;niaux dans ces coquilles de fiction les g&#233;n&#233;rations suivantes n'en aient gard&#233; que l'&#233;corce et que dans les sanctuaires les statues des dieux eussent pris en pierre ou en or la place volatile des divins propos. Mais la secte des Arpenteurs s'en indigne et pr&#233;tend au contraire que non seulement chaque &#233;difice sur terre, chaque palais, temple, maison, kiosque, voire ornement ou frise, contient l'image fig&#233;e d'un po&#232;me de sagesse des anciens rh&#233;teurs mais que, m&#234;me les villes les plus chaotiques, &#224; la voirie la plus d&#233;sordonn&#233;e, d&#233;veloppent secr&#232;tement des textes inou&#239;s qui en forment le plan v&#233;ritable. Mais d'autres se moquent de ces conceptions et ne voient pas qu'on ait jamais trouv&#233;, depuis des temps remontant avant l'invention du calendrier, qu'on n'ait jamais trouv&#233;, la moindre id&#233;e int&#233;ressante dans les all&#233;gories architecturales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains, plus d&#233;sesp&#233;r&#233;s encore poussent l'id&#233;e jusqu'&#224; son terme m&#233;taphysique au-del&#224; des bornes de l'effroi. Ils affirment que le monde lui-m&#234;me, la Terre, le Soleil et la Lune, les plan&#232;tes et la sph&#232;re des Fixes, sont de telles structures insens&#233;es pour aider, dans des temps incroyablement anciens, la m&#233;moire d&#233;ficiente de d&#233;miurges oublieux, et qu'il y a des myriades d'&#233;ons que lesdits d&#233;miurges ont abandonn&#233; ces cailloux pour aller jouer &#224; d'autres jeux, et que, peut-&#234;tre, des mondes comme le n&#244;tre, ou selon de tout autres mod&#232;les, supports artificiels de vaines rh&#233;toriques ou de discussions inconcevables, errent-ils par milliards dans les cavit&#233;s de l'ab&#238;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le P&#232;re l'Heure
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1205</link>
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		<dc:date>2014-05-26T20:13:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odilon Cabat
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Autrefois on avait l'heure locale, qui &#233;tait l'heure solaire. L'instrument en &#233;tait essentiellement la lunette m&#233;ridienne. Il &#233;tait midi lorsque le soleil passait au m&#233;ridien du lieu. Il arrivait que cette lunette f&#251;t mont&#233;e sur un canon. &#192; travers une loupe, le soleil enflammait l'&#233;toupe et le canon tirait un coup, qui avertissait ainsi le voisinage. Comme on divisait le temps entre le lever du soleil et celui du coucher par douze et qu'on faisait de m&#234;me pour la nuit, il fallait, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Histoire &#8211; Nouvel article
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autrefois on avait l'heure locale, qui &#233;tait l'heure solaire. L'instrument en &#233;tait essentiellement la lunette m&#233;ridienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il &#233;tait midi lorsque le soleil passait au m&#233;ridien du lieu. Il arrivait que cette lunette f&#251;t mont&#233;e sur un canon. &#192; travers une loupe, le soleil enflammait l'&#233;toupe et le canon tirait un coup, qui avertissait ainsi le voisinage. Comme on divisait le temps entre le lever du soleil et celui du coucher par douze et qu'on faisait de m&#234;me pour la nuit, il fallait, suivant les saisons, allonger ou raccourcir les pendules dans les &#233;glises. Personne n'avait donc la m&#234;me heure, &#224; moins d'&#234;tre sur le m&#234;me m&#233;ridien, et les heures elles m&#234;mes voyaient leur dur&#233;e varier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est la navigation au long cours qui oblig&#233; &#224; plus de rigueur. En effet la longitude d'un lieu mesure l'&#233;cart entre l'heure du m&#233;ridien d'origine et l'heure locale. Il a donc fallu attendre que les horloges deviennent pr&#233;cises et fiables ; ce qui est arriv&#233; du temps de Huygens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il suffisait d'emporter l'heure du lieu de d&#233;part, et de calculer l'heure locale pour conna&#238;tre la longitude. Transporter le temps a donc &#233;t&#233; une chose importante et pour le transporter il fallait le &#171; garder &#187; d'o&#249; les pr&#233;cautions et le luxe de soins dont on entourait les horloges de bord et les chronom&#232;tres de marine. On a d'abord utilis&#233; le temps du m&#233;ridien Paris, puis celui de Greenwich, et on se rappellera, &#224; cet &#233;gard, la confusion qui a fait perdre tant de temps &#224; Tintin dans &lt;i&gt;Le Secret de la Licorne&lt;/i&gt;, o&#249; le capitaine Haddock avait d'abord fait ses calculs selon l'habitude moderne, &#224; partir de Greenwich, avant de se rappeler que son anc&#234;tre &#171; transportait &#187; l'heure de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1835 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L500xH166/planche-meridien-paris-0f058.jpg?1715156263' width='500' height='166' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est le chemin de fer qui a caus&#233; la disparition de l'heure locale. Il est &#233;vident qu'on ne pouvait pas faire respecter aux trains, o&#249; une minute est, on le sait bien souvent fatale, des horaires en heures locales. Et le rail s'est fait le vecteur de la religion de l'heure. Voil&#224; comment les choses se passaient, selon Henri Vincenot. Dans toutes les compagnies de chemin de fer, alors dirig&#233;es par des polytechniciens saint-simoniens, qui croyaient que le train allait donner au monde une paix universelle en unifiant le temps et l'espace (alors qu'il a fourni la logistique de la premi&#232;re grande guerre moderne : la guerre de S&#233;cession), il y avait un employ&#233; pr&#233;pos&#233; &#224; l'heure. On l'appelait le &#171; P&#232;re l'Heure &#187; et m&#234;me le &#171; Perleur &#187;. Ce personnage, d'une extr&#234;me importance, allait tous les matins, muni de son &#171; r&#233;gulateur &#187;, &#171; prendre l'heure &#187; &#224; l'horloge de l'Observatoire de Paris. L'Observatoire, qui h&#233;berge maintenant le Bureau des Longitudes et le Bureau International de l'Heure, d&#233;terminait jadis le temps universel et le temps civil par des m&#233;thodes d'observation astronomique. Cette horloge est toujours accessible et on peut toujours y r&#233;gler sa montre de visu sur le rythme m&#234;me du syst&#232;me solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le &#171; P&#232;re l'Heure &#187; allait ensuite distribuer le temps astronomique &#224; toutes les horloges de la Compagnie et toutes les pendules de la Gare. Nul ne pouvait s'interposer sur son passage. Notamment on dit que le &#171; Perleur &#187; avait le droit d'entrer sans frapper, et d'autorit&#233;, dans les bureaux directoriaux pour y remettre &#224; l'heure les pendules patronales. Tant y &#233;tait v&#233;n&#233;r&#233;e l'heure par les saint-simoniens, qu'il y p&#233;n&#233;trait comme un messager des dieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Puis cette m&#234;me heure &#233;tait ensuite transmise aux &#171; r&#233;gulateurs &#187; (c'&#233;tait le nom de leur chronom&#232;tres qui valait plus d'un mois de salaire) des &#171; Seigneurs &#187;, les m&#233;caniciens des locomotives, l'aristocratie du rail qu'on voyait arborer le chapeau haut-de-forme. Ceux-l&#224;, qui emportaient l'heure de l'Observatoire de Paris avec eux, allaient la r&#233;pandre dans les campagnes les plus lointaines, et, avec elle, le mod&#232;le de pr&#233;cision et de r&#233;gularit&#233; ferroviaire qui faisaient leur fiert&#233;. Ainsi, dans toutes les villes de France, dans toutes les usines, tous les bureaux de la Province, les populations se mettaient &#224; vivre selon le m&#234;me horaire, celui du temps civil conventionnel, en prenant conscience de l'importance de la pr&#233;cision et des vertus (r&#233;publicaines, patriotiques et familiales) des coordonn&#233;es spatio-temporelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Et c'est ainsi que le train a fait descendre l'heure des &#233;toiles dans les campagnes, y op&#233;rant un v&#233;ritable dressage des populations en mati&#232;re de pr&#233;cision horaire. Non sans souffrance. Car le fait de rater son train, ressenti alors comme une insupportable punition et gronderie de la part d'une machine monstrueuse et inhumaine, a pu &#234;tre, para&#238;t-il, v&#233;cu comme un v&#233;ritable traumatisme, traumatisme impensable du temps des diligences, ainsi qu'en t&#233;moignent les caricatures de l'&#233;poque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Numismatique urbaine
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article426</link>
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		<dc:date>2011-11-09T14:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Odilon Cabat
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les villes ont leurs armoiries, souvent tr&#232;s belles, leurs sceaux, leurs embl&#232;mes, leurs drapeaux. Ces insignes de souverainet&#233; sont au grand jour, se voient sur les murs, dans les documents officiels, rel&#232;vent du bien connu, de l'&#233;vidence. Mais il y a d'autres objets hautement symboliques de l'urbain auxquels, &#233;trangement, on ne pr&#234;te aucune attention. Je veux parler des couvercles de regard autrement dit des plaques d'&#233;gout. Elles sont innombrables pourtant on ne les voit pas, on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Urbanisme et &#233;tudes urbaines
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L338xH249/9782930018744_3-c0221.jpg?1711407002' width='338' height='249' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les villes ont leurs armoiries, souvent tr&#232;s belles, leurs sceaux, leurs embl&#232;mes, leurs drapeaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces insignes de souverainet&#233; sont au grand jour, se voient sur les murs, dans les documents officiels, rel&#232;vent du bien connu, de l'&#233;vidence. Mais il y a d'autres objets hautement symboliques de l'urbain auxquels, &#233;trangement, on ne pr&#234;te aucune attention. Je veux parler des couvercles de regard autrement dit des plaques d'&#233;gout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elles sont innombrables pourtant on ne les voit pas, on marche dessus pourtant on ne s'en rend pas compte ; on entend parfois leur bruit de gong issu des profondeurs, pourtant on fait la sourde oreille. En v&#233;rit&#233; on les &#233;vacue du champ de conscience comme&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L192xH189/images-9813f.jpg?1711407002' width='192' height='189' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;s'il fallait ob&#233;ir justement &#224; leur fonction d'interdire aux mortels de suivre sous terre les flux us&#233;s, sans cesse expuls&#233;s du quotidien, qu'on ne veut ni sentir ni voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Opercules protecteurs sur les ab&#238;mes de la ville, elles sont d'avance marqu&#233;es du sceau de l'invisibilit&#233; d'Had&#232;s comme les spectres de l'au-del&#224; dont elles nous prot&#232;gent ; boucliers de bronze aux portes des Enfers, qui &#233;loignent de nous la cohorte des pestes insalubres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#201;trange aveuglement &#224; l'&#233;gard de ces plaques d'&#233;gout aux dessins incomparables, &lt;i&gt;apotropa&#239;ques&lt;/i&gt;, aux motifs et m&#233;andres &#224; la fois hi&#233;ratiques et rigoureux,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L343xH242/317-ce8e3.jpg?1711407002' width='343' height='242' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;guillochis et godrons magiques, pentagrammes &#233;toil&#233;s &#224; effrayer les d&#233;mons miasmatiques, mais aussi le&#231;on ornementale pour servir &#224; l'Histoire de la Sid&#233;rurgie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Parfois nickel comme un sou neuf, d'autres fois estomp&#233;es, &#224; peine &#233;mergentes d'une couche us&#233;e de bitume, d'une dalle de ciment qui semble leur avoir servi jadis de moule, elles paraissent avoir &#233;t&#233; l&#224; depuis avant la cr&#233;ation du monde. Arch&#233;ologie de civilisations englouties sur lesquelles on aurait b&#226;ti nos &#233;difices d&#233;ficients, imm&#233;diatement d&#233;labr&#233;s et nos trottoirs crevass&#233;s sans d&#233;lais en comparaison du poli parfait de leur avers comme de leur patine de bronze d'art. Si parfaites parfois que, comme les ic&#244;nes de Byzance, on ne peut croire qu'elles soient faites de main d'homme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L252xH260/Schachtdeckel_Svolvaer_Lofoten-2-7b0e9.jpg?1711407002' width='252' height='260' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Si parfaite qu'elles inscrivent la ville dans l'intemporel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faut aussi parler du sentiment de confiance qu'elles procurent ; car d&#232;s lors qu'on les aper&#231;oit, on prend conscience que l&#224; o&#249; on marche n'est pas un espace trivial, juste aplani pour faciliter la circulation, mais une strate savante qui recouvre des r&#233;seaux sans nombre, myst&#233;rieusement actifs. R&#233;seaux qui font marcher la ville, qui la rendent vivable &#224; notre insu, qui tissent autour de nous le filet de s&#233;curit&#233; de la solidarit&#233; humaine. Leurs bouches &#233;parpill&#233;es sur le macadam manifestent le travail des hommes anonymes qui construisent le monde. A croire que ces plaques repr&#233;sentent, &#224; la lettre, autant d'indices de la marche souterraine de la &#171; vieille taupe &#187; dont parlait Marx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Certains pourraient dire que la m&#234;me mauvaise foi est &#224; l'&#339;uvre pour occulter le fonctionnement de la force du travail que pour masquer les plaques d'&#233;gout.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L180xH180/SexerNY-2-f840e.jpg?1711407002' width='180' height='180' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elles rappellent que le monde est un art&#233;fact rendu vivable par des g&#233;n&#233;rations de travailleurs dont on a oubli&#233; les noms et qui, pour les usufruitiers de la cit&#233; que nous sommes, ont jou&#233; le r&#244;le des serviteurs invisibles des contes de f&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
C'est pourquoi, en m&#234;me temps qu'aux acteurs oubli&#233;s de la machine urbaine, il convient de rendre un hommage &#224; l'esth&#233;tique industrielle de ces plaques ; et, authentiques armoiries de la cit&#233; moderne, les voir comme autant de m&#233;dailles comm&#233;moratives frapp&#233;es en l'honneur du travailleur anonyme, de l'ouvrier inconnu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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