<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Rhuthmos</title>
	<link>https://www.rhuthmos.eu/</link>
	<description></description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Rhuthmos</title>
		<url>https://www.rhuthmos.eu/local/cache-vignettes/L101xH101/favico-9e775.png?1711303950</url>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/</link>
		<height>101</height>
		<width>101</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Nos d&#233;mocraties ne survivront pas longtemps &#224; la d&#233;fiance croissante des citoyens &#224; l'&#233;gard de leurs repr&#233;sentants &#233;lus
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1702</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article1702</guid>
		<dc:date>2016-01-06T08:05:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Vignal
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;On doit s&#233;rieusement s'interroger sur la bonne sant&#233; de notre d&#233;mocratie quand un responsable politique du calibre de Monsieur Jean-Claude Juncker peut d&#233;clarer publiquement sans risquer d'&#234;tre renvoy&#233; &#224; ses ch&#232;res &#233;tudes qu'&#171; il ne peut y avoir de choix d&#233;mocratique contre les trait&#233;s europ&#233;ens &#187;, et quand, par ailleurs, 4 citoyens sur 5 d&#233;clarent ne pas avoir confiance dans leurs repr&#233;sentants &#233;lus, m&#234;me si cette d&#233;fiance a des sources contradictoires. Elle pose en effet une question (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;D&#233;bats
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On doit s&#233;rieusement s'interroger sur la bonne sant&#233; de notre d&#233;mocratie quand un responsable politique du calibre de Monsieur Jean-Claude Juncker peut d&#233;clarer publiquement sans risquer d'&#234;tre renvoy&#233; &#224; ses ch&#232;res &#233;tudes qu'&#171; il ne peut y avoir de choix d&#233;mocratique contre les trait&#233;s europ&#233;ens &#187;, et quand, par ailleurs, 4 citoyens sur 5 d&#233;clarent ne pas avoir confiance dans leurs repr&#233;sentants &#233;lus, m&#234;me si cette d&#233;fiance a des sources contradictoires. Elle pose en effet une question essentielle : celle se savoir ce qui pourrait aujourd'hui mobiliser des citoyens d&#233;&#231;us d'avoir &#233;t&#233; sans cesse tromp&#233;s depuis la premi&#232;re crise p&#233;troli&#232;re de 1974 par une classe politique dont la vison de la conduite des affaires publiques se limite de plus en plus &#224; la soumission inconditionnelle au pouvoir de l'argent, et la motivation &#224; la prise du pouvoir et/ou au d&#233;sir de s'y maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Thomas Piketty a brillamment d&#233;montr&#233; la mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s sociales sous les coups de boutoir d'un n&#233;olib&#233;ralisme grand pourfendeur de protection sociale solidaire. Sans surprise, ses th&#232;ses sur les causes exclusivement &#233;conomiques de la mont&#233;e de ces in&#233;galit&#233;s sont bien sur &#226;prement combattues par le fan club n&#233;olib&#233;ral, mais elles sont justes sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'analyse du r&#233;sultat des derniers votes en France peut cependant permettre de douter qu'elles soient suffisantes pour mobiliser des citoyens qui ne croient plus &#8211; quand ils croient encore &#224; quelque chose &#8211; qu'&#224; la radicalit&#233; des extr&#234;mes, voire &#224; la violence, pour r&#233;duire rapidement une fracture sociale de plus en plus &#233;vidente. Sans doute pour une raison simple : le creusement des in&#233;galit&#233;s n'est probablement lui-m&#234;me que la manifestation d'une cause plus profonde. Le peuple ne sait sans doute pas toujours exprimer clairement ses intuitions dans des expos&#233;s brillants &#224; la logique formelle imparable, mais il reste de tr&#232;s loin le meilleur juge de l'int&#233;r&#234;t du plus grand nombre, et sait toujours faire la diff&#233;rence entre ce qui est nuisible &#224; l'int&#233;r&#234;t collectif, et ce qui lui est favorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il essentiel pour la d&#233;mocratie que son avis soit respect&#233; quand il s'exprime, ce qui n'est plus le cas en France depuis le funeste r&#233;f&#233;rendum de 2005 sur le trait&#233; &#233;tablissant une constitution pour l'Europe. Le g&#233;n&#233;ral de Gaulle, malgr&#233; tous les reproches qu'on lui a faits, a &#233;t&#233; le dernier chef d'Etat fran&#231;ais &#224; vraiment respecter le verdict du suffrage universel en refusant de se refugier piteusement derri&#232;re le &#171; There is no alternative &#187; des comptables, ou la mis&#233;rable feuille de vigne des sondages soigneusement retravaill&#233;s pour passer outre : il n'a certainement pas toujours r&#233;uni sur son nom le vote de la majorit&#233; des int&#233;r&#234;ts cat&#233;goriels, mais il n'a jamais &#233;t&#233; &#233;lu en trompant la majorit&#233; des Fran&#231;ais, et &#224; chaque fois qu'il a &#233;t&#233; battu, il a eu l'&#233;l&#233;gante intransigeance de se retirer, ne remettant ainsi jamais en cause le lien de confiance qui doit exister entre le peuple et ses repr&#233;sentants &#233;lus pour qu'une d&#233;mocratie soit saine et vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L&#224; est probablement le c&#339;ur du probl&#232;me actuel : vote apr&#232;s vote, les &#233;lus de la France ont depuis 40 ans pris l'habitude de consid&#233;rer que le peuple &#233;tait trop ignorant pour savoir ce qu'est l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Pour s'assurer qu'il en soit ainsi, une de leurs pr&#233;occupations principales a &#233;t&#233; de d&#233;tricoter soigneusement un syst&#232;me d'&#233;ducation &#171; au m&#233;rite &#187;, qui avait ses d&#233;fauts mais restait unique par son aptitude &#224; assurer &#171; globalement &#187; l'&#233;galit&#233; des chances pour tous par la s&#233;lection sur l'intelligence, contre la s&#233;lection sociale et culturelle par la naissance, ou mat&#233;rielle, par l'argent, qui pr&#233;valent de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Quel choix propose-t-on aux Fran&#231;ais aujourd'hui pour contrer cette tendance qui ne peut conduire qu'au chaos de la guerre civile du tous contre tous ? Objectivement, pas grand-chose entre la peste de la maximisation du profit individuel au d&#233;triment de l'humain, et le chol&#233;ra du culte de Gaia au d&#233;triment lui aussi &#8211; et malheureusement &#8211; de l'humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le n&#233;olib&#233;ralisme ne peut pas &#234;tre la solution, car il n&#233;glige l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral pour ne retenir que la maximisation des int&#233;r&#234;ts particuliers. Thomas Piketty a le m&#233;rite d'avoir d&#233;montr&#233; de fa&#231;on cr&#233;dible, quoiqu'en disent ses d&#233;tracteurs, que l'infaillibilit&#233; du dogme de la croissance &#233;conomique &#224; tout va par marchandisation acc&#233;l&#233;r&#233;e des activit&#233;s humaines, et son effet redistributeur naturel, par &#171; ruissellement &#187;, pour r&#233;partir &#233;quitablement la richesse, &#233;tait un leurre : plus on maximise l'int&#233;r&#234;t particulier, plus on accentue les in&#233;galit&#233;s en d&#233;truisant d'une part le capital social des acquis collectifs et, de l'autre, le capital environnemental de la biosph&#232;re, n'en d&#233;plaise aux thurif&#233;raires du soi-disant &#171; immense succ&#232;s &#187; de la r&#233;cente COP 21. Mais il n&#233;glige trop ce faisant le fait que de mani&#232;re plus inqui&#233;tante &#224; moyen et surtout &#224; long terme, l'aptitude de la biosph&#232;re &#224; supporter physiquement la survie d'&lt;i&gt;homo sapiens&lt;/i&gt; diminue de ce fait dangereusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mont&#233;e de la prise de conscience &#171; environnementale &#187;, &#8211; symbolis&#233;e par celle de la mouvance d&#233;croissantiste qui remet en cause le mythe de la croissance &#8211; pourrait compenser cette vision utilitariste et courtermiste. Mais, en pr&#244;nant plus ou moins un retour au malthusianisme &#233;litiste, en mettant de cot&#233; l'obligation de solidarit&#233; et de fraternit&#233; humaine, elle privil&#233;gie trop la protection de la biosph&#232;re au d&#233;triment de celle d'homo sapiens pour &#234;tre cr&#233;dible pour une majorit&#233; de citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La solution semble claire : il faut r&#233;concilier ces deux tendances en d&#233;passant ce d&#233;bat pour replacer l'humain au centre des crit&#232;res des d&#233;cisions humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Simple &#224; dire, difficile &#224; faire, surtout quand ce retour &#224; l'humain, quand il se manifeste, a trop tendance &#224; passer par le retour &#224; l'extr&#233;misme religieux, qui appara&#238;t instinctivement, mais regrettablement, &#224; beaucoup comme le dernier recours contre cette deshumanisation des nos modernes soci&#233;t&#233;s de consommation passive. Teilhard en son temps a tent&#233; une audacieuse synth&#232;se entre croyance &#224; un au-del&#224; humain et mat&#233;rialisme. Symptomatiquement, sa th&#232;se centrale de la complexit&#233;/conscience a &#233;t&#233; mieux accueillie par les &#171; mat&#233;rialistes &#187; humanistes que par les croyants. Il faudrait sans doute la revisiter en reprenant ses r&#233;flexions sur le &#171; ph&#233;nom&#232;ne humain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cet indispensable retour &#224; l'humain commence n&#233;anmoins &#224; se manifester sous diverses formes, parmi lesquelles on peut citer le convivialisme pr&#244;n&#233; &#224; juste titre par les membres du groupe MAUSS&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Convivialisme :&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ou dans un autre domaine par l'&#233;mergence de la th&#233;orie du rythme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rhuthmos :&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; : qu'est ce qui fait qu'un groupe est capable de passer r&#233;versiblement du mouvement chaotique qu'implique la maximisation des int&#233;r&#234;ts individuels de ses membres au mouvement collectif harmonieux qui permet de r&#233;sister aux agressions ext&#233;rieures et de promouvoir des valeurs collectives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Intuitivement, on peut estimer que c'est l'existence de valeurs communes, et l'ob&#233;issance stricte &#224; des r&#232;gles de &#171; bon voisinage &#187; librement consenties, m&#234;me quand elles sont contraires &#224; certains int&#233;r&#234;ts particuliers, qu'ils soient li&#233;s &#224; la propri&#233;t&#233; priv&#233;e symbole moderne de l'int&#233;r&#234;t particulier, ou m&#234;me &#224; la vie elle-m&#234;me quand il s'agit de d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Nos &#233;lus actuels se sont av&#233;r&#233;s incapable de porter ce message d'espoir collectif par veulerie opportuniste qui les a conduits &#224; n&#233;gliger l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral au profit d'int&#233;r&#234;ts particuliers. Pour y rem&#233;dier, certains appellent de leurs v&#339;ux la descente miraculeuse sur terre, &#8211; au bon endroit et au bon moment &#8211;, d'un homme providentiel porteur de &#171; la &#187; solution grav&#233;e dans le marbre de l'&#233;ternit&#233;. D'autres, plus conscients que tout changement significatif impose en pr&#233;alable la prise de conscience et la &#171; conversion &#187; des individus &#224; l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de remettre homo sapiens plut&#244;t que la croissance &#233;conomique ou Gaia au centre de nos chois de soci&#233;t&#233;s, pr&#233;f&#232;rent la robustesse op&#233;rationnelle d'un mouvement auto organis&#233;, qui pourra, ou non, se choisir ensuite un mandataire pour le repr&#233;senter vis &#224; vis du monde ext&#233;rieur quand il aura accumul&#233; suffisamment de force pour &#234;tre capable d'emporter l'adh&#233;sion de la majorit&#233; des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'enjeu est de taille, il s'agit de refonder nos d&#233;mocraties us&#233;es et vid&#233;es de leur substance par le consum&#233;risme et la pollution des esprits et de la biosph&#232;re par l'argent, sur la transparence, qui est seule capable de recr&#233;er le lien de confiance r&#233;ciproque entre les citoyens et leurs &#233;lus sans lequel elles ne sauraient fonctionner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Le Convivialisme : &lt;a href=&#034;http://www.lesconvivialistes.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.lesconvivialistes.org/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Rhuthmos : &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://rhuthmos.eu/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour l'&#233;mergence d'une soci&#233;t&#233; humaine apais&#233;e et r&#233;concili&#233;e avec sa biosph&#232;re
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article172</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article172</guid>
		<dc:date>2010-09-03T16:31:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Vignal
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'instabilit&#233; qui caract&#233;rise la p&#233;riode actuelle n'est pas vraiment une surprise pour les nombreux observateurs qui ont diagnostiqu&#233; depuis quelques d&#233;cennies d&#233;j&#224; que les paradigmes de l'&#232;re industrielle n'&#233;taient pas soutenables &#224; long terme. Techniquement, il aurait en effet &#233;t&#233; surprenant que l'on puisse passer, sans remise en cause profonde de ces paradigmes, d'un mode de production &#171; nomadique &#187; qui consid&#233;rait les ressources de la biosph&#232;re comme infinies et inalt&#233;rables, &#224; un monde (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique47" rel="directory"&gt;Comment penser le pouvoir dans le monde contemporain ?
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;cs_sommaire cs_sommaire_avec_fond&#034; id=&#034;outil_sommaire&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_titre_avec_fond&#034;&gt; Sommaire &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;cs_sommaire_corps&#034;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a title=&#034;La contraction du temps et la complexit&#233; croissante qui en r&#233;sulte&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_0'&gt;La contraction du temps et la complexit&#233; croissante qui en r&#233;sulte&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Crise &#233;cologique, redistribution g&#233;ographique et d&#233;centralisation&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_1'&gt;Crise &#233;cologique, redistribution g&#233;ographique et d&#233;centralisation&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Crise des valeurs&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_2'&gt;Crise des valeurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Crise de la production et de la diffusion des savoirs&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_3'&gt;Crise de la production et de la diffusion des savoirs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;volution des techniques d'information et modes de r&#233;organisation sociale&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_4'&gt;R&#233;volution des techniques d'information et modes de r&#233;organisation sociale&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Pour un retour &#224; un meilleur &#233;quilibre entre efficacit&#233; &#233;conomique et garantie des valeurs sociales&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_5'&gt;Pour un retour &#224; un meilleur &#233;quilibre entre efficacit&#233; &#233;conomique et garantie des (&#8230;)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;Quelques exemples d'organisation r&#233;ticulaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_6'&gt;Quelques exemples d'organisation r&#233;ticulaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a title=&#034;R&#233;sistances &#224; la r&#233;organisation r&#233;ticulaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire_7'&gt;R&#233;sistances &#224; la r&#233;organisation r&#233;ticulaire&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;p&gt;L'instabilit&#233; qui caract&#233;rise la p&#233;riode actuelle n'est pas vraiment une surprise pour les nombreux observateurs qui ont diagnostiqu&#233; depuis quelques d&#233;cennies d&#233;j&#224; que les paradigmes de l'&#232;re industrielle n'&#233;taient pas soutenables &#224; long terme. Techniquement, il aurait en effet &#233;t&#233; surprenant que l'on puisse passer, sans remise en cause profonde de ces paradigmes, d'un mode de production &#171; nomadique &#187; qui consid&#233;rait les ressources de la biosph&#232;re comme infinies et inalt&#233;rables, &#224; un monde &#171; fini &#187;, dans lequel les ressources sont limit&#233;es et susceptibles d'&#234;tre d&#233;grad&#233;es par l'action humaine au point de remettre &#233;ventuellement en cause la survie de l'esp&#232;ce en tant que telle. Institutionnellement, les syst&#232;mes extrapol&#233;s de la vision m&#233;caniste du monde ont de plus en plus de difficult&#233;s &#224; g&#233;rer des interactions dont la complexit&#233; va croissant, que la simplification r&#233;ductrice du lien univoque entre cause et effet n'est de toute &#233;vidence plus op&#233;rationnelle. On peut, comme le pense par exemple Dee Hock, le promoteur d'un nouveau mode de fonctionnement , estimer que le changement n&#233;cessaire a spontan&#233;ment &#171; autant de chance de r&#233;ussite qu'une boule de neige en enfer &#187; et ne pourra intervenir qu'apr&#232;s un d&#233;sastre social et &#233;conomique majeur. On peut aussi observer un monde qui vit et agit &#171; malgr&#233; &#187; les crises, et y chercher les germes des d&#233;marches qui permettront une transition moins violente, comme le fait d'ailleurs avec beaucoup de talent Dee Hock lui m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette instabilit&#233; se manifeste par la convergence de plusieurs &#171; crises d'&#233;volution &#187; que nos esprits impr&#233;gn&#233;s de rationalisme et d'horlogerie &#171; newtono-cart&#233;sienne &#187; ont tendance &#224; consid&#233;rer et &#224; traiter isol&#233;ment, mais qu'il convient de tenter d'appr&#233;hender globalement si l'on souhaite trouver de v&#233;ritables pistes de solution. Ce document de travail en analyse bri&#232;vement quelques-unes, en essayant de sugg&#233;rer qu'elles ne sont pas sans issues, et propose ensuite une d&#233;marche qui pourrait structurer et rythmer cette transhumance vers une soci&#233;t&#233; r&#233;concili&#233;e avec elle m&#234;me et avec la biosph&#232;re qui lui pr&#234;te vie.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_0&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;La contraction du temps et la complexit&#233; croissante qui en r&#233;sulte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'une des plus spectaculaires de ces crises est provoqu&#233;e par la contraction du &#171; temps &#187;. Elle est due pour l'essentiel &#224; l'acc&#233;l&#233;ration vertigineuse des progr&#232;s de l'informatique et des t&#233;l&#233;communications. &#192; titre d'exemple, l'invention du langage a permis un progr&#232;s consid&#233;rable dans le traitement de l'information, mais il a fallu attendre plusieurs mill&#233;naires pour que l'imprimerie multiplie ces possibilit&#233;s, puis encore quelques si&#232;cles pour que le t&#233;l&#233;graphe puis le t&#233;l&#233;phone et la radio permettent la transmission de la parole, la t&#233;l&#233;vision celle des images, et le fax celle des documents. Et puis, en moins de vingt ans, toutes ces technologies ont converg&#233; dans des appareils mobiles qui donnent au plus grand nombre la possibilit&#233; de recevoir et de transmettre sons, images et documents de presque partout dans le monde. Cette irruption de l'instantan&#233; au niveau plan&#233;taire entra&#238;ne dans son sillage un rapport diff&#233;rent &#224; l'espace : l'endroit ou l'on se trouve physiquement d&#233;termine de moins en moins ce que nous faisons tandis que les capacit&#233;s de traitement de l'information de la technologie qui nous relie aux diff&#233;rents r&#233;seaux de t&#233;l&#233;communications le font de plus en plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La manifestation la moins perceptible et la moins ma&#238;tris&#233;e socialement de cette acc&#233;l&#233;ration du temps est incontestablement la mont&#233;e en puissance d'un syst&#232;me financier obs&#233;d&#233; par la rotation toujours plus rapide de ses capitaux, qui a pleinement pris avantage des possibilit&#233;s des technologies les plus sophistiqu&#233;es de traitement de l'information dans le seul but de multiplier les transactions g&#233;n&#233;ratrices de profits&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme il ne peut normalement pas y avoir de transaction qui ne soit pas (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. De &#171; chevaliers blancs &#187; neutres charg&#233;s d'assurer de temps &#224; autres la stabilit&#233; des &#171; march&#233;s &#187; de toute sorte en fournissant la contrepartie &#233;ventuellement absente des transactions physiques, les financiers en sont devenus de fait les op&#233;rateurs principaux. Leur obsession de rentabilit&#233; imm&#233;diate est telle que le monde r&#233;el &#8211; celui qui subvient tant bien que mal aux besoins d'une humanit&#233; de plus en plus nombreuse &#8211; devient progressivement un simple pr&#233;texte &#224; un tourbillon incontr&#244;l&#233; de mouvements financiers virtuels qui, de fait, extraient par le biais de la sp&#233;culation le maximum de richesses possible du monde r&#233;el, en le r&#233;duisant &#224; la portion congrue du strict indispensable &#224; la survie de cette providentielle poule aux &#339;ufs d'or&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La sp&#233;culation n'est pourtant pas une n&#233;cessit&#233; ; dans un monde aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Si rien ne change, comme cela semble &#234;tre le cas malgr&#233; les gesticulations m&#233;diatis&#233;es des politiques, la crise actuelle ne sera qu'un &#233;pisode dans une longue s&#233;rie de catastrophes qui conduiront &#224; l'effondrement final pr&#233;vue par les sc&#233;narios catastrophes, simplement et tr&#232;s normalement parce qu'&#224; chaque fois que la ponction devient trop forte, le monde r&#233;el s'effondre sous la charge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce raccourcissement du temps entra&#238;ne une complexification des choix que les sch&#233;mas analytiques traditionnels de causalit&#233; simple permettent de moins en moins de maitriser : pris de panique devant le nombre des choix possibles &#8211; et l'importance de chacun d'entre eux &#8211;, les syst&#232;mes qui ont assur&#233; tant bien que mal la r&#233;gulation pendant l'&#232;re industrielle sont de moins en moins op&#233;rationnels et, faute d'imagination et de volont&#233; politique, abandonnent progressivement leurs pr&#233;rogatives au plus fort du moment, le soit disant &#171; march&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_1&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Crise &#233;cologique, redistribution g&#233;ographique et d&#233;centralisation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;cologique est maintenant reconnue par tous ; sauf cataclysme nucl&#233;aire, et encore, elle ne remet pas en cause la vie elle-m&#234;me qui a su surmonter d'autres crises. Certains des privil&#233;gi&#233;s qui profitent du syst&#232;me actuel pensent de ce fait pouvoir s'en prot&#233;ger et nient sa gravit&#233;, mais ils sont de moins en moins cr&#233;dibles car l'&#233;puisement des ressources min&#233;rales et fossiles est, quant &#224; lui, incontestable et obligera un jour certes lointain, mais certain, &#224; vivre de ressources renouvelables, en principe moins agressives pour la biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#192; d&#233;faut donc de d&#233;j&#224; faire vraiment l'unanimit&#233;, les solutions possibles sont connues : il faudrait passer de nos mod&#232;les pillards et pollueurs, &#224; des mod&#232;les qui, dans l'id&#233;al, ne pr&#233;l&#232;veraient aucune ressource non renouvelable, ne rejetteraient aucun d&#233;chet non recyclable et ne pollueraient donc plus ni l'air, ni l'eau, ni les sols. En pratique, cela revient &#224; passer d'une activit&#233; &#233;conomique de chasseur/cueilleur/diss&#233;minateur de d&#233;chets &#224; une activit&#233; de type agricole, fond&#233;e sur l'exploitation de ressources renouvelables et le recyclage de celles qui ne le sont pas, dans laquelle l'arc et les fl&#232;ches du nomade sont remplac&#233;s par les investissements lourds en infrastructure du paysan s&#233;dentaire (d&#233;frichage, irrigation, b&#226;timents, &#233;quipements, cheptel&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette s&#233;dentarisation effraie : ce serait, nous promet-on, le retour &#224; la bougie et aux cavernes. Est-ce bien exact ? On peut en douter, notamment en ce qui concerne l'&#233;nergie. Tout ce qui est renouvelable d&#233;rive plus ou moins directement de l'&#233;nergie que la terre re&#231;oit du soleil, que ce soit sous forme de rayonnement direct, de biomasse, de vent ou d'&#233;nergie hydraulique et/ou mar&#233;e motrice. L'&#233;nergie solaire totale re&#231;ue par la terre est consid&#233;rable ; on l'estime en g&#233;n&#233;ral &#224; 120 000 TW. &#192; titre indicatif, la consommation humaine actuelle est &#233;valu&#233;e &#224; moins de 20 TW, avec des rendements utiles souvent inf&#233;rieurs &#224; 20 %, quand ce n'est pas nettement moins. M&#234;me en tenant compte du fait que 2 milliards d'humains seulement participent r&#233;ellement &#224; cette consommation, on peut consid&#233;rer sans grand risque d'erreur que 50 TW devraient suffire pour permettre &#224; une dizaine de milliards d'humains &#233;conomes et autonomes de vivre comme ils l'entendront, et non plus comme ils le peuvent. &#192; l'&#233;chelle g&#233;ologique, il est possible que les 120 000 TW s'&#233;puisent eux aussi ou ne suffisent pas un jour. A l'&#233;chelle humaine, cela semble peu probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faudra bien s&#251;r de nombreux et remarquables progr&#232;s scientifiques et techniques pour ramener l'empreinte &#233;nerg&#233;tique humaine &#224; des niveaux soutenables, mais il faudra surtout, et d'abord, cesser de raisonner en termes d'&#233;conomies d'&#233;chelle par la taille : &#224; l'inverse des mines de charbon et des puits de p&#233;trole, les 120 000 TW solaires sont repartis de mani&#232;re connue et assez stable &#224; la surface du globe, et la meilleure fa&#231;on de les exploiter, quelle que soit leur forme, est de le faire localement : comme dans le cas des micro-ordinateurs, les &#233;conomies d'&#233;chelle ne proviennent alors plus de la taille, mais du nombre d'installations. Il est &#224; ce titre curieux de vouloir couvrir des milliers d'hectares de d&#233;sert de capteurs solaires pour alimenter l'Europe en &#233;lectricit&#233;, alors que la solution la plus naturelle consiste &#224; &#233;quiper chaque toiture et/ou chaque fa&#231;ade de capteurs solaires qui, en prime en am&#233;lioreront l&#233;g&#232;rement l'isolation, diminuant d'autant les besoins en climatisation. Le m&#234;me raisonnement s'applique &#224; la biomasse : il n'y a pas si longtemps , de nombreux agriculteurs distillaient officiellement leur alcool gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me bien rod&#233; d'alambiques fixes ou ambulants : pourquoi ne produiraient ils pas &#224; nouveau demain leur &#233;thanol, leur biogaz, leur biodiesel ou leur biohuile &#224; la ferme ou dans des coop&#233;ratives de proximit&#233;, pour leur propre consommation, mais aussi pour leurs voisins ? C'est techniquement possible et relativement simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette redistribution g&#233;ographique des activit&#233;s n'est pas du go&#251;t de tout le monde, et &#8211; c'est vrai &#8211; pose de nombreux probl&#232;mes. Elle augmente en effet le degr&#233; de complexit&#233; en multipliant les cellules op&#233;rationnelles, au lieu de les concentrer dans des sites de plus en plus gigantesques comme cela s'est pass&#233; pendant toute l'&#232;re industrielle. Pour &#234;tre fonctionnelles et &#233;conomique, ces cellules doivent avoir acc&#232;s aux connaissances et aux services n&#233;cessaires pour exploiter localement leur micro-unit&#233;s, sans devoir pour autant maintenir localement de couteuses &#233;quipes polyvalentes qui seraient forcement sous employ&#233;es et &#233;conomiquement injustifiables. &#192; d&#233;faut, pour le moment, d'apporter une solution pratique, faute de volont&#233; politique, l'am&#233;lioration exponentielle des possibilit&#233;s de traitement de l'information devrait un jour prochain fournir une solution technique ; mais au lieu d'&#233;quiper prioritairement les zones &#224; faible densit&#233; de population dans lesquelles ces technologies pourraient rendre de r&#233;els services, les politiques ont d&#233;cid&#233;, dans leur grande sagesse lib&#233;rale avanc&#233;e, de laisser la main magique du march&#233; r&#233;gler seule ce probl&#232;me. R&#233;sultat : une offre surabondante et dispendieuse dans les grandes agglom&#233;rations pour diffuser essentiellement du contenu loisir plus ou moins vertueux, et le service minimum dans toutes les zones rurales dont les conseils g&#233;n&#233;raux n'ont pas encore compris que dans nos soci&#233;t&#233;s dites postmodernes, l'acc&#232;s &#224; l'information est un droit au m&#234;me titre que celui aux infrastructures de transport ou &#224; l'eau courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Elle pose aussi un probl&#232;me important de mode de fonctionnement et de gouvernance. Elle entra&#238;ne en effet la cr&#233;ation de syst&#232;mes tr&#232;s complexes de r&#233;seaux interd&#233;pendants, r&#233;partis g&#233;ographiquement et fonctionnellement, dont la coordination est essentielle au bon fonctionnement et &#224; l'&#233;quilibre des syst&#232;mes &#233;conomiques, politiques et sociaux dans leur ensemble. Il est clair en effet que l'optimum de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral n'est pas la somme des optima particuliers comme vient de le montrer la crise financi&#232;re, ou comme le montre chaque jour la d&#233;localisation des activit&#233;s &#233;conomiques vers des paradis fiscaux ou sociaux. Elle cr&#233;e, ce faisant, des probl&#232;mes nouveaux, dont la solution passe par l'apparition de concepts et de technologies nouvelles, qui auront en commun de remettre en cause &#224; des degr&#233;s divers les mod&#232;les de d&#233;veloppements qui ont sous tendu la r&#233;volution industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_2&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Crise des valeurs &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette complexit&#233; croissante intervient dans un contexte o&#249; la fin &#8211; l'argent roi r&#233;sument sobrement les grincheux &#8211; l'emporte de plus en plus sur les motivations et les moyens. Cette &#233;volution se traduit par un affaiblissement des institutions traditionnellement garantes des valeurs et de l'int&#233;r&#234;t communs, au profit d'organisations qui sont, elles, plus centr&#233;es sur la d&#233;fense et la promotion d'int&#233;r&#234;ts particuliers. Ce glissement vers l'attribution de plus de pouvoir aux organismes centr&#233;s sur la r&#233;alisation de projets, n'est pas un mal en soi, car il permet d'obtenir des r&#233;sultats efficaces et de compartimenter la complexit&#233; des syst&#232;mes politiques, sociaux et &#233;conomiques en unit&#233;s plus faciles &#224; g&#233;rer. Mais il est extr&#234;mement dangereux quand le &#171; chacun pour soi &#187; caract&#233;ristique des organisations devient la seule valeur v&#233;ritablement partag&#233;e, comme c'est de plus ne plus le cas. Pour reprendre une analogie biologique, un &#234;tre humain ne survivrait pas plus de quelques minutes si chacune des parties qui le constituent cherchait &#224; optimiser sa performance sans se soucier de ses voisines. Heureusement, le cerveau est dot&#233; de m&#233;canismes de r&#233;gulations, automatiques et inconscients pour l'essentiel, conscients dans les cas exceptionnels, qui permettent une survie harmonieuse. Il n'y a regrettablement plus de cerveau garant de l'int&#233;r&#234;t collectif dans nos soci&#233;t&#233;s modernes : il a c&#233;d&#233; la place &#224; la main magique du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La difficult&#233; principale &#224; court terme vient de l'in&#233;galit&#233; croissante entre ces diff&#233;rentes organisations. La plus puissante d'entre elles, les fameux &#171; march&#233;s financiers &#187;, a r&#233;ussi le v&#233;ritable tour de force d'&#233;liminer &#224; son seul profit, en les ringardisant, tous les contr&#244;les qui permettaient aux &#201;tats de garder un droit de regard sur la cr&#233;ation de monnaie, et aux autres organisations de ne pas leur &#234;tre totalement asservies. Le r&#233;sultat est &#233;tonnant : au terme d'une crise dont ils sont les principaux responsables, un &lt;i&gt;hold up&lt;/i&gt; parfaitement l&#233;gal, mais compl&#232;tement immoral, que les autorit&#233;s les plus prudentes chiffrent &#224; au moins 10 % du PNB mondial ; et un syst&#232;me financier qui nage &#224; nouveau dans l'opulence et se permet sans vergogne ni pudeur de distribuer bons et mauvais points aux gouvernements qui l'ont tir&#233; d'affaire. Tout ceci aux d&#233;pens des citoyens/contribuables qui doivent maintenant faire des sacrifices pour amortir ce d&#233;tournement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Faute de valeurs communes fortes, la mont&#233;e en puissance des particularismes li&#233;s au communautarisme ambiant exaltent et privil&#233;gient les valeurs de diff&#233;rentiation, de comp&#233;tition, de d&#233;fiance, d'appropriation priv&#233;e et d'exclusion propres au monde &#233;conomique lib&#233;ral &#171; avanc&#233; &#187; ; elles l'emportent de plus en plus dans tous les secteurs de la vie humaine sur celles de responsabilit&#233;, de confiance, de coop&#233;ration et de partage qui fondent et rendent possible la vie en soci&#233;t&#233;. Le syst&#232;me est tellement corrompu que contester cette forme ab&#226;tardie de lib&#233;ralisme qui n'en a gu&#232;re que le nom est d&#233;sormais consid&#233;r&#233; comme un crime de l&#232;se-majest&#233; contre l'&#233;conomie de march&#233;, alors que ce devrait &#234;tre exactement l'inverse : l'&#233;conomie de march&#233; quand elle est pratiqu&#233;e suivant ses principes fondateurs, est a l'&#233;conomie ce que la d&#233;mocratie est &#224; la politique : le moins mauvais des syst&#232;mes possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une des difficult&#233;s majeures actuelles consiste &#224; retrouver un &#233;quilibre durable entre &#171; institutions &#187; et &#171; organisations &#187;, ou, comme pr&#233;f&#232;rent dire certains, entre ordre gestionnaire et rassurant, et chaos d&#233;stabilisateur cr&#233;ateur de valeur. Il est impossible en effet de laisser les int&#233;r&#234;ts particuliers compl&#232;tement libres. Comme le dit la sagesse populaire, la libert&#233; des uns s'arr&#234;te l&#224; o&#249; commence celle des autres. Aucune organisation simplement &#171; ex&#233;cutive &#187; ne peut assurer ce respect du plus &#233;l&#233;mentaire principe de la vie en soci&#233;t&#233;. Seules des institutions porteuses de valeurs accept&#233;es par tous peuvent le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il faut noter que cette crise des valeurs est en fait surtout celle des valeurs de l'occident, qui ont pr&#233;valu pendant les ann&#233;es glorieuses de l'&#232;re industrielle, que de celle de l'humanit&#233; dans son ensemble. La r&#233;volution industrielle se fondait sur un triptyque qui n'a pas r&#233;sist&#233; &#224; sa dissolution dans l'argent roi : la morale chr&#233;tienne, une croyance forte dans le caract&#232;re essentiellement b&#233;n&#233;fique de la science, et la confiance dans l'&#233;conomie comme source de bonheur pour tous. Or, &#171; Aimer son prochain comme soi m&#234;me &#187; dans un monde o&#249; le quotidien est fait d'envies le plus souvent frustr&#233;es, de comp&#233;tition et de pr&#233;dation n'est pas simple, pas plus qu'il n'est facile de croire en la science quand on constate qu'elle est la source de la plupart des maux, &#224; commencer par le terrible perspective d'un holocauste nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pendant ce temps, le Japon d'abord, puis maintenant la Chine et l'Inde, en fins connaisseurs du th&#233;or&#232;me d'Heisenberg sur l'incertitude, ont montr&#233; que l'on pouvait battre l'occident sur son terrain quand on &#233;tait capable d'assimiler son savoir faire scientifique et technique mais en conservant ses valeurs traditionnelles &#224; base de consensus entre points de vue diff&#233;rents voire oppos&#233;es qui se compl&#232;tent et s'enrichissent parce que le principe de d&#233;cision n'est pas de &#171; convaincre &#187; l'autre, mais de trouver le meilleur compromis possible pour le groupe entre ces points de vue. Dans ces cultures, la solution n'est pas binaire, avec un gagnant et un perdant, mais &#171; quelque part &#187; au point d'&#233;quilibre entre les forces contradictoires qui s'expriment pendant son &#233;laboration.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_3&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Crise de la production et de la diffusion des savoirs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; Nous sommes, para&#238;t-il, entr&#233;s dans l'&#232;re du savoir. Quoi de plus pr&#233;cieux dans cette perspective que les lieux o&#249; se cr&#233;e, se transmet et s'applique ce savoir ? En principe rien. Or, que constate-t-on ? : une &#233;volution rapide vers un mod&#232;le d'universit&#233;/organisation, enti&#232;rement tourn&#233;e vers la &#171; production &#187; de r&#233;sultats de recherche et d'&#233;tudiants hyper-sp&#233;cialis&#233;s, pr&#234;ts &#224; l'emploi, mais qui, sauf exceptions, a la plus grande difficult&#233; &#224; atteindre ces objectifs, car, du fait de la rapidit&#233; de la progression des connaissances, son &#171; offre &#187; est par nature, d&#233;cal&#233;e par rapport &#224; la &#171; demande &#187; d'un environnement sans cesse en mouvement. De plus, laisser &#171; la main magique &#187; fixer les programmes de recherche revient au mieux &#224; enrichir de fa&#231;on excessive les &#171; clients &#187; de cette recherche, car on n'a jamais vu, par exemple, un transfert de technologie public/priv&#233; assorti de clauses pr&#233;voyant un partage des r&#233;sultats entre &#171; salari&#233;s &#187; et &#171; actionnaires &#187;, et au pire &#224; d&#233;velopper des savoirs dont la mise en &#339;uvre est toxique pour la soci&#233;t&#233; et/ou pour la pour la biosph&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce glissement vers des mod&#232;les marchands a, de plus, le grave d&#233;faut de susciter un violent mouvement de n&#233;gation du savoir en tant que tel par certains chercheurs eux-m&#234;mes, l'int&#233;r&#234;t de la connaissance &#233;tant alors radicalement ni&#233; au nom de l'utilisation mercantile et socialement contestable qui en est faite. La contestation en vrac et sans appel des &#171; biotechnologies &#187; par les tenants de la d&#233;croissance et/ou du bio est une bonne illustration des dangers de cette condamnation manich&#233;enne de la recherche fondamentale. Il para&#238;t assez &#233;vident, par exemple que la base scientifique qui sera n&#233;cessaire pour vraiment optimiser le rendement de la photosynth&#232;se des plantes est en majorit&#233; la m&#234;me que celle, tr&#232;s partielle aujourd'hui, qu'utilisent certains industriels de l'agrochimie pour promouvoir la vente de leurs produits agrochimiques gr&#226;ce &#224; la mise au point de semences modifi&#233;es g&#233;n&#233;tiquement pour r&#233;sister aux herbicides ou aux pesticides qu'ils commercialisent. Il est pr&#233;occupant que l'on rejette l'am&#233;lioration des connaissance scientifique des m&#233;canismes de la vie au nom de l'utilisation contestable qu'en font certains industriels, simplement parce que l'on ne dispose pas de m&#233;canismes de r&#233;f&#233;rence pour encadrer et limiter plus strictement ce genre d'application, en exigeant par exemple dans ce cas particulier que les industriels et le complexe agro-industriel apportent des preuves convaincantes de la robustesse de leur connaissance scientifique des cons&#233;quences de l'introduction d'un mat&#233;riel g&#233;n&#233;tique nouveau dans un &#233;cosyst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans les meilleurs cas &#8211; ceux des universit&#233;s que l'on cite toujours comme de brillantes r&#233;ussites d'int&#233;gration dans la vie de la cit&#233;&#8211;, on assiste &#224; la marchandisation de valeurs essentielles et &#224; une privatisation au profit d'organisations ext&#233;rieures, qui trouvent ainsi un moyen efficace et peu couteux d'externaliser leur recherche et leur formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La solution n'est pas &#233;vidente. Sans nier la n&#233;cessit&#233; d'une interface forte entre soci&#233;t&#233; et universit&#233; qui veille &#224; ce que &#171; l'argent des contribuables &#187; comme disent les am&#233;ricains, ne soient pas inutilement englouti dans des projets essentiellement personnels, elle passe vraisemblablement par un r&#233;&#233;quilibrage en faveur des valeurs de cr&#233;ation et de transmission du savoir qui ont fond&#233; l'universit&#233;, au lieu de pers&#233;v&#233;rer dans la volont&#233; de la transformer progressivement en laboratoire de recherche et en service de formation d'une &#233;conomie lib&#233;rale globalis&#233;e. Dans un monde ou tout va tr&#232;s vite, l'essentiel n'est pas de &#171; produire &#187; de l'innovation et de la formation focalis&#233;es, mais de cr&#233;er l'environnement qui permet de le faire dans les meilleures conditions, (i) en fournissant les indispensables connaissances fondamentales, (ii) en formant des &#233;tudiants qui soient capables de s'adapter &#224; leur environnement plut&#244;t que de les diriger dans les impasses de l'hypersp&#233;cialisation sur tel ou tel gadget qui sera forc&#233;ment d&#233;mod&#233;, comme eux, en moins de 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Cette crise de l'Universit&#233; est d'autant plus pr&#233;occupante qu'elle co&#239;ncide d'une part avec la mise en cause radicale du bien fond&#233; de la connaissance, comme on vient de le voir avec l'exemple des biotechnologies, et d'autre part avec l'&#233;mergence de nouvelles th&#233;ories scientifiques qui d&#233;stabilisent les certitudes de la science classique en remettant en cause certains de ses cr&#233;dos. Ainsi, pour n'en citer que quelques-unes, celle de la relativit&#233; modifie les r&#233;f&#233;rences &#224; l'espace et au temps et celle de la m&#233;canique quantique celles sur la continuit&#233; de la mati&#232;re ; le th&#233;or&#232;me de G&#246;del sur l'indicibilit&#233;, en affirmant que l'on ne peut conna&#238;tre enti&#232;rement un syst&#232;me &#171; de l'int&#233;rieur &#187; et celui sur l'incertitude de Heisenberg qui montre qu'on ne peut conna&#238;tre &#224; la fois la vitesse et l'emplacement d'une particule au niveau subatomique &#224; un instant donn&#233;, posent quant &#224; eux des limites que l'on avait pu croire infinies.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_4&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;volution des techniques d'information et modes de r&#233;organisation sociale&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La recherche d'un bon &#233;quilibre, si possible auto-stable, entre int&#233;r&#234;t collectif et initiative individuelle dans un syst&#232;me capable de dig&#233;rer sans l'&#233;touffer la complexit&#233; croissante de nos soci&#233;t&#233;s n'est de toute &#233;vidence pas une mince affaire. Commencer par reconna&#238;tre que c'est un probl&#232;me central est un premier pas indispensable, que relativement peu de personnes ont vraiment accompli. En accepter les cons&#233;quences en est un autre tout aussi n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
L'une des raisons essentielles du recul des institutions provient de leur gouvernance, qui est le plus souvent hi&#233;rarchique. Les limites de ces syst&#232;mes sont d'autant plus patentes que les possibilit&#233;s sans cesse am&#233;lior&#233;es des technologies de l'information incitent les organisations &#224; cr&#233;er sans cesse de nouvelles passerelles entre les diff&#233;rents r&#233;seaux dans lesquels elles inscrivent leurs activit&#233;s, qu'elles soient &#233;conomiques, sociales ou politiques, afin d'am&#233;liorer la qualit&#233; et la diversit&#233; des prestations qu'ils peuvent rendre &#224; leurs utilisateurs. Il est tr&#232;s probable que cette tendance &#224; la complexification des relations d'interd&#233;pendance va aller en s'amplifiant : plus il y aura de possibilit&#233;s de cr&#233;er des liaisons, plus elles seront exploit&#233;es comme le montre le d&#233;veloppement remarquable des services offerts gr&#226;ce &#224; l'existence d'Internet au cours des 15 derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Bien qu'il soit difficile de pr&#233;voir les formes d'organisation nouvelles qui r&#233;sulteront de l'&#233;volution du r&#244;le des syst&#232;mes de traitement de l'information, il semble n&#233;anmoins que quelques tendances fortes commencent &#224; appara&#238;tre. Dans le domaine du traitement de l'information lui-m&#234;me, par exemple, tandis que la plupart des pr&#233;dictions des ann&#233;es 1960/70 proposaient de confier le destin du monde &#224; quelques ordinateurs centraux, le succ&#232;s inattendu du PC, puis la mise en &#339;uvre du syst&#232;me d'information d'entreprise des ann&#233;es 1980/90 sont venus mettre &#224; mal cette vision monolithique, h&#233;riti&#232;re directe des paradigmes centralisateurs qui pr&#233;valaient lors de l'introduction de l'informatique. De m&#234;me, dans le domaine de la communication, l'av&#232;nement de l'Internet et de son protocole coop&#233;ratif et unificateur a confirm&#233; depuis ce changement radical de cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Les choix possibles pour l'organisation de ces r&#233;seaux sont multiples, car les syst&#232;mes complexes et r&#233;partis peuvent effectivement &#234;tre organis&#233;s soit de fa&#231;on hi&#233;rarchique, soit en mode &#171; pair &#224; pair &#187;, soit de fa&#231;on hybride, hi&#233;rarchique/pair &#224; pair, comme c'est le plus souvent le cas dans les syst&#232;mes biologiques. Dans le premier cas, l'intelligence qui pilote le syst&#232;me se situe essentiellement au niveau du coordinateur qui centralise les commandes. Techniquement, cela signifie des puissances de calcul consid&#233;rables d&#232;s que le nombre de variables &#224; g&#233;rer et de composants augmente. On a donc plut&#244;t tendance &#224; limiter le nombre de ces variables, et &#224; multiplier les niveaux hi&#233;rarchiques pour r&#233;duire les risques d'engorgement, ce qui a pour effet principal de diminuer consid&#233;rablement l'adaptabilit&#233; et la flexibilit&#233; du syst&#232;me, et d'en diminuer le rendement, car tous ces &#233;chelons interm&#233;diaires ne sont souvent que des courroies de transmission, qui produisent peu ou pas de valeur ajout&#233;e valorisable en &#171; externe &#187;, mais essentiellement de la &#171; facilitation &#187; interne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le second et le troisi&#232;me cas, l'absence de d&#233;cideur unique (consensus distribu&#233;) implique l'utilisation de m&#233;canismes plus complexes, et donc une distribution de l'intelligence dans le syst&#232;me, qui procure des avantages notables en mati&#232;re d'adaptabilit&#233;, et permet une plus grande s&#233;curit&#233; de fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&#201;conomiquement, les infrastructures organis&#233;es de fa&#231;on hi&#233;rarchis&#233;e impliquent en g&#233;n&#233;ral un investissement initial massif, que compense ensuite un co&#251;t d'investissement par participant suppl&#233;mentaire marginal, jusqu'&#224; saturation du dispositif mis en place initialement, et des co&#251;ts de fonctionnement moindres, car ces syst&#232;mes sont relativement simples. C'est un avantage quand il s'agit de structures dont on conna&#238;t assez pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'avance les fonctions et le nombre de participants ou d'utilisateurs, mais c'est un inconv&#233;nient qui peut &#234;tre s&#233;rieux dans un contexte difficile &#224; pr&#233;voir. Leur rigidit&#233; exposent en effet leurs promoteurs &#224; au moins deux risques :
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un risque &#171; commercial &#187; : si les succ&#232;s n'est pas &#224; la hauteur des projections, l'investissement sera difficile a amortir,
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un risque d' &#171; exploitation &#187; : on peut &#234;tre amen&#233; &#224; surdimensionner l'investissement pour assurer une bonne qualit&#233; de service dans des conditions d'utilisation extr&#234;mes mais trop limit&#233;es dans le temps pour justifier l'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le premier risque peut &#234;tre illustr&#233; par les difficult&#233;s des soci&#233;t&#233;s de t&#233;l&#233;phonie mobile qui doivent consentir des investissements massifs pour exploiter leurs licences, sans savoir si la technologie correspond vraiment &#224; un besoin et sera un succ&#232;s. Celui de devoir disposer d'infrastructures tr&#232;s lourdes pour faire face &#224; des utilisations ponctuelles dans certains lieux (transports, &#233;v&#232;nements sportifs&#8230;) correspond au second.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le cas des syst&#232;mes d&#233;centralis&#233;s, l'investissement par utilisateur est beaucoup plus divis&#233;, et, proche du co&#251;t du syst&#232;me mis en place en chaque point op&#233;rationnel du syst&#232;me, les frais de structure &#233;tant par d&#233;finition plus limit&#233;s, et m&#234;me en principe nuls dans le cas des syst&#232;mes totalement &#171; pair &#224; pair &#187;. Ainsi, pour autant que l'on fasse abstraction du co&#251;t de la mise au point initiale de la technologie (conception, algorithmes, &#233;quipements) le co&#251;t d'investissement marginal par utilisateur dans un r&#233;seau &lt;i&gt;ad hoc&lt;/i&gt; de t&#233;l&#233;communication est limit&#233; au co&#251;t du terminal &#233;metteur/r&#233;cepteur du nouvel utilisateur. Le fait de produire ces terminaux en tr&#232;s grande s&#233;rie permet de baisser leur co&#251;t de fa&#231;on &#224; ce que le co&#251;t global d'investissement par unit&#233; de capacit&#233; soit inf&#233;rieur &#224; celui des syst&#232;mes centralis&#233;s. Mais &#231;a n'est pas toujours le cas, particuli&#232;rement dans les phases transitoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ainsi, en simplifiant &#224; l'extr&#234;me, et sans tenir compte de l'impact &#224; long terme sur l'environnement, ni de la notion de qualit&#233; de service, il est aujourd'hui d&#233;j&#224; probablement moins co&#251;teux de faire travailler des micro-ordinateurs en r&#233;seau que d'acqu&#233;rir un superordinateur, sauf pour certaines applications tr&#232;s sp&#233;cifiques. Par contre, si l'on fait &#233;galement abstraction de l'impact &#224; long terme sur l'environnement, produire de l'&#233;lectricit&#233; dans des centrales nucl&#233;aires et la transporter dans des r&#233;seaux centralis&#233;s est encore, sauf exception (faibles consommations dans des lieux &#233;loign&#233;s des r&#233;seaux de transport principaux) moins co&#251;teux, malheureusement diront certains, que de la produire localement sur les lieux de consommations.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_5&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Pour un retour &#224; un meilleur &#233;quilibre entre efficacit&#233; &#233;conomique et garantie des valeurs sociales&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette profonde modification des modes de fonctionnement offre des opportunit&#233;s consid&#233;rables car, dans un contexte &#233;conomique et social o&#249; les &#233;conomies d'&#233;chelle ne cr&#233;ent plus de barri&#232;res d'entr&#233;e difficiles &#224; franchir ou m&#234;me &#224; contourner, la capacit&#233; d'imaginer, de concevoir et de mettre en place des solutions nouvelles devient un avantage comp&#233;titif fort, ce qui contribue &#224; r&#233;&#233;quilibrer les relations entre pouvoir en place &#8211; quelle qu'en soit la nature (politique, &#233;conomique, financier, syndical...) &#8211; et capacit&#233; de cr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Mais elle pose aussi des probl&#232;mes consid&#233;rables d'organisation. Le monde du vivant a trouv&#233; depuis son origine une solution, qui consiste &#224; d&#233;centraliser la responsabilit&#233; de l'action. Sans entrer dans une digression sur la th&#233;orie des syst&#232;mes, la prise en compte de quatre facteurs principaux affecte l'auto-organisation qui r&#233;sulte de cette d&#233;centralisation :
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; celle des interactions entre les influences locales et globales, non hi&#233;rarchis&#233;es, qui caract&#233;risent les syst&#232;mes auto-organis&#233;s ;
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; celle de l'existence de points de tensions qui proviennent de la multitude de contraintes &#224; satisfaire (local/global, sp&#233;cifications, contraintes externes et &lt;i&gt;feed back&lt;/i&gt; ...) ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; celle du &lt;i&gt;feed back&lt;/i&gt; et des ph&#233;nom&#232;nes de r&#233;currence ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; celle de la notion de syst&#232;me complexe, par opposition aux syst&#232;mes m&#233;caniques simples et aux syst&#232;mes r&#233;gis par les lois statistiques sur les grands nombres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ces facteurs viennent se surimposer &#8211; et compl&#233;ter &#8211; les quatre contraintes classiques auxquelles doit satisfaire tout syst&#232;me, &#224; savoir : &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ma&#238;triser en permanence leurs rapports avec leur environnement ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#234;tre structur&#233;s et organis&#233;s de mani&#232;re simple et efficace, en g&#233;n&#233;ral en niveaux et modules ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; conserver leur identit&#233;, c'est-&#224;-dire maintenir la stabilit&#233; de leur forme et de leur organisation, quels que soient les flux de, et vers, l'ext&#233;rieur qui les traversent ; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#234;tre suffisamment vari&#233;s, afin de conserver la redondance de moyens qui est n&#233;cessaire pour faire face aux situations impr&#233;vues. Un syst&#232;me qui ne dispose pas de suffisamment de vari&#233;t&#233; est susceptible de blocage ou de scl&#233;rose. Cette caract&#233;ristique est importante dans des architectures hi&#233;rarchis&#233;es car il faut, dans ce cas, trouver le bon &#233;quilibre entre adaptabilit&#233; et contr&#244;le. La loi dite de la vari&#233;t&#233; requise &#233;nonc&#233;e par Ashby stipule que &#171; pour contr&#244;ler un syst&#232;me donn&#233;, il faut en effet disposer d'un contr&#244;le dont la variabilit&#233; est au moins &#233;gale &#224; la vari&#233;t&#233; de ce syst&#232;me &#187;. R&#233;ciproquement, quand la vari&#233;t&#233; du serviteur augmente et d&#233;passe celle du ma&#238;tre, les r&#244;les s'inversent, comme on peut le constater tous les jours dans le combat in&#233;gal entre entreprises multinationales &#8211; qu'elles soient financi&#232;res ou pas &#8211; et &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il existe de ce fait un risque important que trop de contr&#244;le pr&#233;vienne rapidement toute possibilit&#233; d'adaptation. Ce n'est pas important dans des syst&#232;mes bien connus, &#233;voluant dans un environnement stable ou pr&#233;visible. C'est par contre vital dans un environnement instable. Dans le cas des syst&#232;mes ouverts, ou partiellement ouverts, qu'il s'agisse de syst&#232;mes sociaux, biologiques, ou m&#233;caniques, ils doivent avoir une capacit&#233; d'&#233;volution qui leur permette d'assurer leur survie en cas de modification des flux &#233;chang&#233;s avec l'ext&#233;rieur. Pour compl&#233;ter ces br&#232;ves remarques il convient de noter que particuli&#232;rement dans les syst&#232;mes hi&#233;rarchis&#233;s, ce sont toujours les &#233;l&#233;ments les plus faibles et/ou les plus marginaux qui sont sacrifi&#233;s en premier quand l'adaptation n'est pas possible, s&#233;lection oblige&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_6&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;Quelques exemples d'organisation r&#233;ticulaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Parmi les manifestations concr&#232;tes de l'&#233;mergence de ces nouveaux modes de fonctionnement, plus autonomes, coop&#233;ratifs et solidaires, on peut relever le recours de plus en plus fr&#233;quent &#224; l'&lt;i&gt;empowerment &lt;/i&gt; des salari&#233;s dans de nombreuses entreprises, recours qui semble d&#233;sormais avoir franchi avec succ&#232;s le cap de l'effet de mode. On peut &#233;galement citer la notion d'&lt;i&gt;&#233;cologie industrielle&lt;/i&gt; ; il faut souligner &#224; son propos qu'elle est par essence incompatible avec les r&#232;gles de fonctionnement actuelles des march&#233;s ; elle se fonde en effet sur des engagements mutuels de fourniture et d'acquisition de produits ou de services et s'effondre d&#232;s qu'un participant fait appel &#224; un tiers pour acheter ou vendre ses produits ou ses services parce qu'il y trouve un int&#233;r&#234;t financier momentan&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La mise en place d'&lt;i&gt;Internet&lt;/i&gt;, dont la premi&#232;re &#233;bauche permet d&#233;j&#224; de &#171; d&#233;sinterm&#233;dier &#187; beaucoup de relations en mettant en contact directement et &#224; bas prix, &#224; peu pr&#232;s tout le monde avec tout le monde &#224; la surface du globe est un premier pas vers des syst&#232;mes maill&#233;s dans lesquels les membres du r&#233;seau &#171; seront &#187; la structure, chaque participant &#233;tant &#224; la fois &#233;metteur, r&#233;cepteur et transmetteur. La mont&#233;e en puissance du principe de &lt;i&gt;supply chain&lt;/i&gt;, est une autre illustration ; bien que plus contestable, car souvent pilot&#233; d'une main de fer par le membre le plus &#171; puissant &#187;, celui qui contr&#244;le le contact avec le client ou l'utilisateur final, substitue progressivement au rapport de force entre clients et fournisseurs, la notion de &#171; cha&#238;nes de production &#187; constitu&#233;es de soci&#233;t&#233;s ind&#233;pendantes juridiquement mais fonctionnant en &#233;troite coop&#233;ration pour fournir &#224; l'utilisateur le meilleur service au meilleur prix. Enfin, pour prendre un exemple issu d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle le consensus est une r&#232;gle &#233;tablie et respect&#233;e, l'apparition au Japon du concept de &lt;i&gt;Ba &lt;/i&gt; que Pierre Marie Fayard d&#233;finit comme une &#171; communaut&#233; strat&#233;gique de connaissance &#187; est une application int&#233;ressante au domaine de la connaissance plus que jamais r&#233;gi par la comp&#233;tition et la propri&#233;t&#233; intellectuelle. D'une fa&#231;on plus conventionnelle et acceptable par les syst&#232;mes en place, mais au m&#234;me titre que les r&#233;flexions am&#233;ricaines qui remettent en cause la propri&#233;t&#233; intellectuelle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. par exemple les sites Creative Commons () ou le livre de James Boyle &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, il pr&#244;ne le retour &#224; la coop&#233;ration et &#224; l'ouverture dans le domaine de la cr&#233;ation de la connaissance et de l'innovation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Dans le domaine du management, le concept de &lt;i&gt;chaordique &lt;/i&gt; semble particuli&#232;rement prometteur. Il a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; par un groupe r&#233;uni autours de Dee Hock, le cr&#233;ateur du syst&#232;me de carte bancaire VISA. Le nom qu'ils ont choisi traduit bien la tentative de cr&#233;ation d'un mode de fonctionnement &#171; &#224; l'&#233;quilibre &#187;, qui concilierait le chaos cr&#233;ateur de l'action avec l'ordre n&#233;cessaire &#224; la survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La r&#233;flexion de Dee Hock s'est organis&#233;e autour de 3 questions :
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Pourquoi les organisations, partout, qu'elles soient commerciales, sociales ou religieuses, ont-elles de plus en plus de difficult&#233; &#224; mener leurs affaires ? &#187; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Pourquoi, partout dans le monde, des individus se sentent-ils de plus en plus en conflit avec les organisations dont ils font partie et s'en sentent &#233;trangers ? &#187; &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#171; Pourquoi la soci&#233;t&#233; et la biosph&#232;re sont-elles de plus en plus en d&#233;b&#226;cle ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il r&#233;sume l'inspiration de sa d&#233;marche dans la fa&#231;on dont il aborde la pr&#233;sentation qu'il en fait aux dirigeants d'entreprises en utilisant une analogie avec le cerveau &#171; Je (leur) demande : Prenez toutes vous id&#233;es et croyances traditionnelles sur l'organisation et appliquez-les aux neurones de votre cerveau. Organisez les neurones de votre cerveau, cet organe infiniment diversifi&#233;, le plus complexe qui soit apparu dans l'histoire de l'&#233;volution, de la m&#234;me fa&#231;on que vous organiseriez une entreprise. D'abord, il faudrait nommer un neurone PDG, n'est-ce pas ? Ensuite, vous devez d&#233;cider quels neurones vont faire partie du conseil d'administration, puis lesquels vont s'occuper des Ressources humaines, et puis il faudra &#233;crire un manuel d'utilisation. Si vous pouviez organiser votre cerveau selon ce mod&#232;le, qu'est-ce qui arriverait ? Vous seriez instantan&#233;ment incapable de respirer jusqu'&#224; ce que quelqu'un vous indique comment, o&#249;, quand et &#224; quelle vitesse. Vous ne seriez pas capable de penser ni de voir. Et si votre syst&#232;me immunitaire &#233;tait organis&#233; selon ces m&#234;mes id&#233;es ? D'abord il faudrait faire une &#233;tude de march&#233; afin de d&#233;terminer quel virus vous a attaqu&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il estime que notre vision m&#233;caniste du monde est tellement int&#233;gr&#233;e dans nos modes de raisonnement qu'elle nous emp&#234;che de penser &#171; autrement &#187;, et d'avoir la plus grande difficult&#233; &#224; concevoir la possibilit&#233; d'autres syst&#232;mes, alors m&#234;me que c'est le cas de celui qui r&#232;gle notre fonctionnement biologique : &#171; Depuis quatre cents ans nous avons essay&#233; de construire toutes nos organisations comme si le mod&#232;le newtonien de la r&#233;alit&#233; &#233;tait applicable universellement. Une personne fait un rapport &#224; celle-l&#224; qui rapporte &#224; son tour &#224; celle-ci et ainsi de suite. Les ordres venant d'en haut sont transmis vers le bas [&#8230;] Si vous regardez bien, vous verrez que chaque institution que vous avec connue dans votre vie est consciemment ou inconsciemment fond&#233;e sur cette m&#233;taphore et ce mod&#232;le. Votre &#233;cole fonctionnait de cette fa&#231;on, votre &#233;glise, votre communaut&#233;, et votre &#201;tat &#233;galement. C'est votre vision de la r&#233;alit&#233; qui est la machine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Pour refonder notre vision des organisations, il part du postulat que toute organisation saine se fonde sur un but et des principes. Pour lui, ce but ne se r&#233;sume pas &#224; un classique objectif, ou &#224; une mission, c'est &#171; l'expression sans ambigu&#239;t&#233; de ce que des personnes souhaitent devenir ensemble. &#187;. De m&#234;me, un principe n'est pas un vague pr&#233;cepte &#233;thique ou moral complaisamment affich&#233; au vu et au su de tous pour &#234;tre mieux oubli&#233; d&#232;s qu'il pourrait s'opposer &#224; la r&#232;gle du profit maximum &#224; court terme, mais &#171; une conviction fondamentale sur la fa&#231;on dont vous avez l'intention de vous conduire dans la poursuite de ce but &#187;. Reprenant l'analogie avec le monde du vivant, il pense &#171; que le but et les principes, clairement compris et articul&#233;s, et partag&#233;s, constituent le code g&#233;n&#233;tique de toute organisation saine. C'est dans la mesure o&#249; le but et les principes sont partag&#233;s que l'on peut se passer de commandement et de contr&#244;le. Les personnes impliqu&#233;es vont savoir comment se conduire en accord avec ces buts et principes, et elles le feront de mille mani&#232;res inattendues et cr&#233;atives. L'organisation va devenir un organisme de convictions, un organisme vivant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La piste est passionnante, car, que l'on appr&#233;cie ou pas son inspiration, le mouvement VISA est une formidable r&#233;ussite, qui parvient &#224; concilier les int&#233;r&#234;ts de centaines de milliers de structures aussi diverses que des associations sans but lucratif et les plus grandes institutions financi&#232;res du monde. VISA est une incontestable preuve &lt;i&gt;in vivo&lt;/i&gt; qu'un mod&#232;le d'organisation combinant libert&#233; d'action des membres, autodiscipline et coordination tr&#232;s structur&#233;e, n'est pas utopique puisqu'il peut fonctionner &#224; la satisfaction g&#233;n&#233;rale m&#234;me dans l'univers suppos&#233; impitoyable de la finance. Il a de plus l'avantage d'&#234;tre tr&#232;s r&#233;silient : dans le cas de VISA, les difficult&#233;s r&#233;centes du syst&#232;me financier ne l'ont jamais emp&#234;ch&#233; de fonctionner, et m&#234;me si certains membres, grands ou petits, disparaissent, il est fort probable que VISA leur survivra sous une forme ou une autre, ne serait-ce que parce qu'elle est devenue indispensable &#224; 3 univers distincts : celui de la finance, celui du commerce et de l'industrie, et celui des consommateurs. Il est rassurant pour l'avenir que cette organisation ait pu voir le jour dans le domaine le plus pollu&#233; par les id&#233;es lib&#233;rales et soit en fait, au niveau individuel, l'un des plus beaux fleurons de la globalisation qui en contournant la plupart des contr&#244;les r&#233;galiens nationaux sur la monnaie, transforme chacun des porteurs de cartes en d&#233;tenteur cr&#233;dible de monnaie virtuelle presque partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il y a d'autres exemples, moins contestables sur le fond ; l'un des plus connus est LINUX, le syst&#232;me d'exploitation pour ordinateurs, qui, m&#234;me si certaines soci&#233;t&#233;s commerciales en vivent tr&#232;s bien, a l'avantage de ne pas &#234;tre construit sur et par l'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, tous ces exemples ont pour but de trouver le bon &#233;quilibre entre l'incontestable efficacit&#233; des organisations &#171; projets centriques &#187; et le respect du bien commun en redonnant de la force aux institutions et aux valeurs qui les sous-tendent. Le simulacre actuel de &#171; re-r&#233;gulation &#187; qui est suppos&#233; r&#233;tablir un peu de contr&#244;le sur la libert&#233; unilat&#233;rale d'un syst&#232;me financier qui privatise ses gains en &#233;chappant m&#234;me &#224; l'imp&#244;t gr&#226;ce aux paradis fiscaux, mais collectivise ses pertes sans la moindre honte, est de ce point de vue affligeant : les &#201;tats ne font que remettre &#224; flots les fauteurs de trouble : la preuve en est que la majorit&#233; des citoyens va plus mal qu'avant la &#171; crise &#187; alors que la fine fleur de la finance a retrouv&#233; ses revenus et son arrogance, et a m&#234;me r&#233;ussit &#224; transformer en plantureuse source de profit son propre renflouement gr&#226;ce &#224; la main magique des march&#233;s qui distribue maintenant bons et mauvais points &#224; ces &#201;tats gaspilleurs de ressources publiques qui ont eu la faiblesse de la tirer d'affaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La partie la plus innovante et porteuse d'avenir des id&#233;es de Dee Hock et la chaordique est celle qui souligne le primat de la d&#233;marche et de la m&#233;thode sur les objectifs qui deviennent les sous-produits d'un processus vivant, la n&#233;cessit&#233; de fonctionner par consensus et d'y parvenir non pas en &#233;liminant les oppositions, mais en recherchant et en identifiant dans un dialogue permanent entre int&#233;r&#234;t particulier et int&#233;r&#234;t collectif, ordre et chaos, holisme et individualisme, id&#233;ologie et pragmatisme &#8211; on pourrait dire entre &lt;i&gt;yin &lt;/i&gt; et &lt;i&gt;yang &lt;/i&gt; &#8211;, celle, pour finir, qui estime que le vrai pouvoir sera de plus en plus celui d'influencer la fa&#231;on dont se d&#233;cide le comportement des hommes ou des institutions dans le sens qui est jug&#233; favorable, bien plus que celui de contraindre ou m&#234;me d'inspirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sa principale faiblesse est de ne pas &#234;tre une solution toute faite, pr&#234;te &#224; l'emploi apr&#232;s lecture du manuel et s&#233;minaire de formation, mais d'&#234;tre une d&#233;marche qui oblige &#224; accepter de prendre le risque de se remettre en cause personnellement pour pouvoir changer collectivement.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034; id=&#034;outil_sommaire_7&#034;&gt;&lt;a title=&#034;Sommaire&#034; href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?id_auteur=9&amp;page=backend#outil_sommaire' class=&#034;sommaire_ancre&#034;&gt; &lt;/a&gt;R&#233;sistances &#224; la r&#233;organisation r&#233;ticulaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si elle a tant d'avantages, la question qui se pose est alors de savoir pourquoi ce genre de synth&#232;se entre libert&#233; d'action et int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ne s'impose pas comme une &#233;vidence &#224; tous. Il y a pour cela deux s&#233;ries de raisons principales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Sans surprise, la premi&#232;re est que les &#233;lites qui vivent &#171; richement &#187; du syst&#232;me dissym&#233;trique et immoral actuel n'ont absolument aucune raison de lui laisser se substituer un syst&#232;me moins avantageux pour eux sans combattre pied &#224; pied. Leur contr&#244;le sur les medias est tel qu'il n'est pas n&#233;cessaire d'&#234;tre un futurologue chevronn&#233; pour deviner que le combat sera rude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Plus paradoxalement, la seconde tient &#224; la r&#233;sistance au changement de la majorit&#233; qui subit et fait vivre &#224; ses d&#233;pens le syst&#232;me en place. Cette nouvelle fa&#231;on de &#171; vivre &#187; les organisation remet en effet en cause les habitudes confortables, et souvent d&#233;responsabilisantes des organisations classiques rigides, fond&#233;es sur l'application de la loi lin&#233;aire de cause &#224; effet, dans laquelle chacun a une place et un r&#244;le connu et stable. Cette attitude n'est pas exceptionnelle dans le monde du vivant o&#249; victimes et pr&#233;dateurs vivent souvent en bonne intelligence &#8211; jusqu'&#224; un certain point. Elle est en grande partie le r&#233;sultat d'un conditionnement des esprits par une propagande qui clame haut et fort que le syst&#232;me actuel est celui qui garantit la meilleure protection possible contre l'univers hyperconcurrentiel de la globalisation et que le marketing, loin de cr&#233;er des besoins futiles, est la science exacte qui permet de g&#233;n&#233;reusement r&#233;pondre aux attentes et aux besoins des citoyens consommateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Changer de paradigme n'est certainement pas facile. Refuser de le faire quand un environnement radicalement diff&#233;rent l'impose est suicidaire en termes d'&#233;volution. Combien de &#171; bulles financi&#232;res &#187; faudra-t-il crever avant que cette &#233;vidence ne soit admise par la majorit&#233; bien pensante, &lt;i&gt;that is the question&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
En attendant, un peu plus d'attention au r&#233;tablissement des valeurs collectives et aux institutions qui en assurent la promotion et la d&#233;fense ne ferait sans aucun doute pas de mal. Un animal social ne peut pas survivre bien longtemps en tant que tel s'il s'en tient seulement au respect de pr&#233;ceptes essentiellement narcissiques. Trouver le bon dosage entre libert&#233; de faire et respect de l'autre est &#224; coup s&#251;r une des principales pistes pour trouver une sortie durable au d&#233;sordre actuel. Les &#233;lites ayant depuis longtemps abandonn&#233; sans aucune pudeur le concept de la primaut&#233; de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, et plus encore celui de la survie dans le temps long, cette solution ne peut provenir que du terrain et &#234;tre auto-organis&#233;e, car c'est la seule fa&#231;on r&#233;aliste de d&#233;montrer, par l'exemple, comme l'a fait VISA, que comp&#233;tition et exclusion ne sont pas les seules r&#232;gles universelles de la postmodernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Jean-Paul Vignal, juillet 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;BR/&gt;
&lt;strong&gt;Bibliographie :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P. Berg&#233;, Y. Pomeau, M. Dubois-Gance, &lt;i&gt;Des rythmes au chaos&lt;/i&gt;, Paris, Odile Jacob, 1994.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L. Bres, &lt;a href=&#034;http://www.irec.net/index.jsp?p=28&amp;f=456&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;L'organisation : un essai de d&#233;finition&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, M&#233;moire de ma&#238;trise de l'Universit&#233; Laval, Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine (IR&#201;C), 2007.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href=&#034;http://www.chaordic.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Chaordic Commons&lt;/a&gt; Site qui reprend et d&#233;veloppe les id&#233;es avanc&#233;es initialement par Dee Hock, le cr&#233;ateur de VISA.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Y. Citton, &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/spip.php?article22&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Improvisation, rythmes et mondialisation. Quatorze th&#232;ses sur la fluidification sociale et les r&#233;sistances idiorrythmiques &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;, 2 juillet 2010.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D. Durand, &lt;i&gt;La Syst&#233;mique&lt;/i&gt;, Paris, PUF, 1998, coll. Que Sais-je ?
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; S. Dzimira, &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/spip.php?article97&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pascal Michon. &lt;i&gt;Les Rythmes du politique. D&#233;mocratie et capitalisme mondialis&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;, 12 juillet 2010 .
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P.-M. Fayard, &lt;a href=&#034;http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm03_046.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Le concept de &#8220;Ba&#8221; dans la voie japonaise de la cr&#233;ation du savoir &#187;&lt;/a&gt;, Ambassade de France &#224; Tokyo, Mars 2002.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; D. W. Hock, &lt;a href=&#034;http://www.fastforwardblog.com/wp-content/uploads/2008/11/dee-hock-the-chaordic-organization.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; The Chaordic Organization : Out of Control and Into Order &#187;&lt;/a&gt;, World Business Academy Perspectives, Vol. 9, No. 1, 1995.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; M. Hoffman, &lt;a href=&#034;http://www.enlightennext.org/magazine/fr/j22/hock3.asp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Chaos et organisation naturelle &#8211; Transformation par conception &#187;&lt;/a&gt;, entretien avec Dee Hock.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; J. Lichtman, &lt;a href=&#034;http://www.biotechniques.com/BiotechniquesJournal/2010/July/Profile-of-Jeff-Lichtman/biotechniques-299171.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Letting the Animals Teach &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;BioTechniques&lt;/i&gt;, Vol. 49, No. 1, July 2010, p. 489.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P. Michon, &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/spip.php?article94&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Idiorrythmie ou eurythmie ? R&#233;ponse &#224; Yves Citton &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;, 11 ao&#251;t 2010.
&lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; P. Michon, &lt;a href=&#034;http://rhuthmos.eu/spip.php?article98&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; R&#233;ponse &#224; la recension des &lt;i&gt;Rythmes du politique&lt;/i&gt; par Sylvain Dzimira &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Rhuthmos&lt;/i&gt;, 12 juillet 2010 . &lt;BR/&gt;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; G. Paquet, &lt;a href=&#034;http://www.gouvernance.ca/publications/06-04.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Qui a peur de la gouvernance d&#233;centralis&#233;e ? &#187;&lt;/a&gt;, postface &#224; un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;Pour une d&#233;centralisation d&#233;mocratique&lt;/i&gt;, Laval, Presses de l'Universit&#233; Laval pour Solidarit&#233; rurale du Qu&#233;bec, Mars 2006. &lt;BR/&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Comme il ne peut normalement pas y avoir de transaction qui ne soit pas physique sans &#233;cart de prix, le but principal des march&#233;s est de cr&#233;er de l'instabilit&#233;, au lieu de la contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;La sp&#233;culation n'est pourtant pas une n&#233;cessit&#233; ; dans un monde aux ressources finies, on ne devrait pas parier sur la valeur d'un bien ou d'un service qui n'existe pas encore ; un m&#233;canisme assurantiel devrait plut&#244;t permettre de s'assurer contre le risque qu'il ne soit pas disponible en quantit&#233;, en temps et au prix souhaitables. La sp&#233;culation est particuli&#232;rement choquante dans le domaine de la sant&#233; : nos soi-disant syst&#232;mes de sant&#233; sont essentiellement curatifs et sp&#233;culent sur la maladie, qui leur assure leur revenu, plus que sur la recherche d'un maintien en &#171; bonne sant&#233; &#187; qui serait pr&#233;ventive et fond&#233;e sur une meilleure connaissance des m&#233;canismes immunitaires, une alimentation saine&#8230; et un peu d'exercice physique ! Un modeste pr&#233;l&#232;vement sur l'&#233;norme valeur ajout&#233;e qu'il y a entre la ferme et l'assiette du consommateur (80 % aux USA) devrait permettre de trouver le financement n&#233;cessaire aux recherches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;Cf. par exemple les sites Creative Commons (&lt;a href=&#034;http://creativecommons.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://creativecommons.org/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;) ou le livre de James Boyle &#171; The Public Domain : Enclosing the Commons of the Mind&#8221;(&lt;a href=&#034;http://www.thepublicdomain.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;http://www.thepublicdomain.org/&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pour une nouvelle forme de planification publique
</title>
		<link>https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article84</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article84</guid>
		<dc:date>2010-06-30T08:38:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Vignal
</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;L'un des &#233;l&#233;ments les plus intrigants, lorsque l'on compare les structures hi&#233;rarchis&#233;es et les structures auto-organis&#233;es en r&#233;seaux, est la quasi-disparition de la planification publique dans la seconde moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Alors qu'elle est rest&#233;e l'un des principes fondateurs des soci&#233;t&#233;s humaines depuis que nos lointains anc&#234;tres se sont organis&#233;s pour chasser en groupe des animaux plus gros et mieux arm&#233;s qu'eux, la planification publique a presque totalement c&#233;d&#233; la place &#224; une vague (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.rhuthmos.eu/spip.php?rubrique8" rel="directory"&gt;D&#233;bats
&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'un des &#233;l&#233;ments les plus intrigants, lorsque l'on compare les structures hi&#233;rarchis&#233;es et les structures auto-organis&#233;es en r&#233;seaux, est la quasi-disparition de la planification publique dans la seconde moiti&#233; du XX&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle. Alors qu'elle est rest&#233;e l'un des principes fondateurs des soci&#233;t&#233;s humaines depuis que nos lointains anc&#234;tres se sont organis&#233;s pour chasser en groupe des animaux plus gros et mieux arm&#233;s qu'eux, la planification publique a presque totalement c&#233;d&#233; la place &#224; une vague programmation, et &#224; une planification du chacun pour soi que les organisations publiques et priv&#233;es sont d&#233;sormais pratiquement les seules &#224; pratiquer, quand elles n'ont pas abandonn&#233; toute vision &#224; long terme au profit de la maximisation du retour sur investissement du trimestre &#224; venir. Ce naufrage avait une certaine logique dans une perspective lib&#233;rale avanc&#233;e de croissance infinie, mais n'en a plus aucune dans une perspective de fonctionnement durable fond&#233;e sur l'optimisation de l'utilisation des ressources disponibles plus que sur la course co&#251;te que co&#251;te &#224; la d&#233;couverte perp&#233;tuelle de ressources nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La n&#233;cessit&#233; de revenir &#224; une certaine forme de planification publique me para&#238;t &#234;tre une condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; de la sortie de crise. Elle est illustr&#233;e par le meilleur comportement relatif des pays dont l'&#233;conomie est plus ou moins dirig&#233;e, que ce soit pour des raisons id&#233;ologiques et/ou pratiques (p&#233;nuries). Or, on fait actuellement exactement l'inverse : tels les Shadocks pompant, les banquent centrales injectent sans compter de l'argent dans le syst&#232;me en esp&#233;rant, na&#239;vement ou cyniquement suivant le cas, que la main magique du march&#233; en fera bon usage, mais en engloutissant au passage toutes les ressources disponibles qui sont imm&#233;diatement converties par les march&#233;s en instruments sp&#233;culatifs et/ou en liquidit&#233;s parqu&#233;es dans des paradis fiscaux au lieu d'&#234;tre affect&#233;es au financement de nouveaux investissements productifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
La fa&#231;on dont cette &#171; nouvelle planification &#187; doit &#234;tre con&#231;ue est la seconde condition de sortie de crise. On le dit peu, pour le moment, mais l'apocalypse financi&#232;re n'est que l'une des cons&#233;quences d&#233;sastreuses d'une d&#233;rive incontr&#244;l&#233;e des modes de gouvernance hi&#233;rarchis&#233;e h&#233;rit&#233;s de la longue p&#233;riode pendant laquelle la pr&#233;valence des &#233;conomies d'&#233;chelle par la taille a favoris&#233; la centralisation et la hi&#233;rarchisation. Cette &#233;poque est termin&#233;e. Non pas qu'il n'existe plus d'&#233;conomies d'&#233;chelle par la taille, mais parce que les &#233;conomies d'&#233;chelles par le nombre, illustr&#233;es par les fantastiques progr&#232;s du traitement de l'information &#171; personnelle &#187; sont d&#233;sormais au moins aussi importantes, et redistribuent de fait le pouvoir d'agir et de faire de fa&#231;on beaucoup plus &#233;quitable en donnant au plus grand nombre l'acc&#232;s &#224; des moyens de collecte, de traitement et de transmission de l'information qui &#233;taient, jusqu'&#224; il y a peu, le privil&#232;ge exclusif des &#233;lites dirigeantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Or, que se passe-t-il ? Les modes de gouvernance restent les m&#234;mes que quand le cheval et le pigeon voyageur &#233;taient les moyens de transport de l'information les plus rapides, et que le transfert d'information &#233;tait de ce fait essentiellement unilat&#233;ral, du haut vers le bas, du chef vers les sujets &#8211; les &#233;meutes et les r&#233;volutions, d'une part, les triomphes et les f&#234;tes publiques de l'autre, &#233;tant en pratique les seules fa&#231;ons, dramatiquement binaires, de faire remonter de l'information.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Ce syst&#232;mes fonctionnent de moins en moins bien pour des raisons qui semblent assez claires techniquement : dans un monde r&#233;el de plus en plus complexe en raison de la globalisation et de l'interconnexion croissante des multiples r&#233;seaux (politiques, religieux, sociaux, &#233;conomiques, etc&#8230;) dans lesquels s'inscrit notre vie au quotidien, il n'est plus possible de fonctionner dans des syst&#232;mes hi&#233;rarchis&#233;es rigides, surtout s'ils s'ignorent entre eux. Or, pour qu'ils ne s'ignorent pas il faudrait des organisations centrales capables d'optimiser les d&#233;cisions de terrain &#224; tout moment. C'est ce qui a &#233;t&#233; fait pendant longtemps, et cette option reste possible en th&#233;orie, mais il est relativement simple de voir en pratique que l'&#233;nergie que pr&#233;l&#232;verait cette structure centrale sur l'ensemble du syst&#232;me pour pouvoir fonctionner serait tellement consid&#233;rable qu'elle tuerait rapidement le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Il est donc essentiel de r&#233;inventer de nouveaux modes de gouvernances, dont le pouvoir de proposition sera organis&#233; du bas vers le haut, afin de pouvoir prendre en compte toutes les sp&#233;cificit&#233;s &#171; locales &#187;, et les syst&#232;mes de r&#233;gulation multi-&#233;tag&#233;s, comme actuellement, mais qui au lieu de r&#233;pondre &#224; une logique de d&#233;cision hi&#233;rarchis&#233;e (que veut l'&#233;tage d'au-dessus), r&#233;pondraient &#224; une logique d'arbitrage local (quel est l'int&#233;r&#234;t de notre communaut&#233; en tant que telle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Le plan deviendrait dans ce cadre la &#171; feuille de route &#187; et la r&#233;f&#233;rence de chaque niveau. Compte tenu de l'acc&#233;l&#233;ration des changements dans nos soci&#233;t&#233;s, il faudrait qu'il ne soit pas con&#231;u comme une Bible absolue pour une p&#233;riode donn&#233;e, mais qu'il soit mis &#224; jour en permanence pour prendre au mieux en compte l'&#233;volution des capacit&#233;s internes et de l'environnement du groupe auquel il s'appliquerait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
Une des cons&#233;quences les plus dramatiques du courtermisme absolu impos&#233; par les financiers est, logiquement, d'avoir sacrifi&#233; le futur &#224; l'instant. Il est douteux qu'on puisse sortir des difficult&#233;s que cette terrible erreur implique sans redonner au plus grand nombre la possibilit&#233; de se r&#233;inventer collectivement un futur qui soit plus respectueux des aspirations de chacun et remplace un syst&#232;me qui n'a plus de d&#233;mocratique que le nom et dont les &#233;lections ne servent plus gu&#232;re qu'&#224; manifester une pr&#233;f&#233;rence pour des personnes sur lesquelles on sait n'avoir aucun contr&#244;le pratique pendant toute la dur&#233;e du mandat plus que d'exprimer sa pr&#233;f&#233;rence pour des projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;BR/&gt;
&lt;i&gt;Nota : on trouvera une discussion de ce texte &lt;a href='https://www.rhuthmos.eu/spip.php?article23' class=&#034;spip_in&#034;&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
